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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 07:13

Non seulement les Français subiront les hausses d'impôts, notamment de la CSG, de plein fouet, mais cette réforme fiscale fragilise le financement de la protection sociale.

La contribution sociale généralisée (CSG) a augmenté de 1,7 point, à 9,2 %, le 1er janvier. Presque tout le monde est touché, puisque l'assiette de cet impôt s'applique à tous les types de revenus : salaires du privé, du public, retraites, épargne et dans une moindre mesure, aux revenus du capital et des jeux... Le taux de la CSG appliqué aux allocations chômage et aux indemnités journalières reste, lui, fixé à 6,2 %. Cette hausse, qui doit rapporter 22,5 milliards d'euros à l'État cette année – selon l'étude d'impact réalisée par l'Assemblée nationale –, doit compenser, si l'on en croit la communication gouvernementale, la baisse progressive des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé. Mais on est loin d'être dans un jeu à somme nulle. La baisse est en effet estimée à 14,2 milliards d'euros, dont 4,8 milliards pour la suppression de la cotisation salariale maladie et 9,4 milliards pour la fin de la contribution salariale d'assurance-chômage. Rappelons que seuls les salariés du privé verront les effets de cette baisse sur leur fiche de paye, alors que tout le monde va subir la hausse. Les retraités subiront la hausse de la CSG sans aucune compensation, tandis que les fonctionnaires toucheront une prime différenciée et bénéficieront de la suppression de la cotisation exceptionnelle de solidarité.

1 POINT D’AUGMENTATION DE LA CSG POUR LES REVENUS DU CAPITAL ET DES JEUX, ALORS QUE LA HAUSSE EST DE 1,7 POINT POUR LES SALAIRES ET LES RETRAITES.

Intox sur le pouvoir d'achat. Ainsi, le gain net pour le budget de l'État devrait s'élever à 5,3 milliards d'euros, dont le gros sera ponctionné directement sur le pouvoir d'achat des Français. Un tour de passe-passe qui repose essentiellement sur le fait que la hausse de la CSG se ressentira sur les fiches de paye dès ce mois de janvier, alors que la totalité des baisses de cotisations promises ne sera effective qu'en octobre prochain. Ce gouvernement semble particulièrement affectionner les manipulations du calendrier fiscal. Comme l'a montré l'Insee dans ses prévisions pour la France en 2018, les mesures défavorables au pouvoir d'achat (hausse de la CSG, de la fiscalité sur le tabac et les produits pétroliers) seront en effet concentrées sur le début d'année, tandis que les mesures dites « favorables », comme la réduction de la taxe d'habitation, interviendront en fin d'année. Au total, « la combinaison de ces hausses et de ces baisses augmenterait les prélèvements obligatoires de 4,5 milliards d'euros » pour les familles cette année, avance l'Insee. À noter que l'institut a inclus dans les baisses la suppression de l'ISF : le poids à payer pour les classes moyennes et modestes avoisine donc plutôt les 9 milliards d'euros...

Outre cette intox sur le pouvoir d'achat savamment entretenue par la communication gouvernementale, cette hausse de la CSG pour « compenser » des baisses de cotisations fait peser une menace de fond sur le financement de la protection sociale. Il y a une différence de logique entre la cotisation, forme de salaire différé et socialisé, et l'impôt payé par tous et qui pis est, non progressif. « Avec cette réforme du financement, la porte serait ouverte pour que les assurances sociales deviennent des prestations universelles d'un montant uniforme et relativement faible », estime l'Économiste atterré Henri Sterdyniak dans le rapport « 2018: un budget de classe » qu'il a co-rédigé. Ce pourquoi les trois groupes de gauche (PCF, FI et Nouvelle Gauche) à l'Assemblée nationale ont saisi, en décembre, le Conseil constitutionnel, au motif notamment que la hausse de la CSG contrevient « au principe d'égalité devant les charges publiques », ajoutant que « la complexité de cet article contrevient par ailleurs au principe de clarté et à l'objectif d'intelligibilité des lois ».

PIERRIC MARISSAL (Journal L’Humanité)

Augmentation de la CSG: le mauvais tour de passe-passe (Pierric Marrisal, L'Humanité)
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:54
Tableau de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de Turquie emprisonnée (exposition à Traon Nevez, Plouézoc'h, du 5 au 21 janvier 2017

Tableau de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de Turquie emprisonnée (exposition à Traon Nevez, Plouézoc'h, du 5 au 21 janvier 2017

France-Turquie. Macron 0 - Erdogan 1
VENDREDI, 5 JANVIER, 2018
L'HUMANITE

Le président français avait cru pouvoir redorer son blason international en recevant l’homme fort d’Ankara que peut bien peu dans le monde souhaitent rencontrer. Il en a été pour ses frais. Le président turc n’a pratiquement rien laché.

Ce vendredi matin, l’édition papier de » l’Humanité » titrait sur « la diplomatie de Macron à l’épreuve d’Erdogan » pour présenter la rencontre officielle entre les deux hommes. Epreuve il y a eu. Terrible pour le président de la république française qui a peut-être cru qu’il pouvait apprendre à un singe à faire des grimaces. Fidèle à lui-même, Recep Tayyip Erdogan, avec son allure dégingandée de sultan en vadrouille, a compris que son homologue français avait besoin de lui sur pratiquement tous les dossiers. Alors, il n’a fait aucune concession, prenant même son hôte à son propre jeu lorsque celui-ci a évoqué des dossiers et des noms de journalistes et d’intellectuels incarcérés. « En Turquie aussi la justice est indépendante », a répondu le président turc en réprimant un sourire. « Je soumettrai ces dossiers au ministre de la justice qui me dira ce qu’il en est pour chaque cas ». Après cela, Emmanuel Macron pouvait bien appeler Erdogan à « respecter l'Etat de droit », l’homme fort de Turquie n’en avait cure. La preuve par sa façon de répondre, cinglante, à un journaliste français qui l’interrogeait sur les facilités données par la Turquie aux djihadistes voire à l’envoi d’armes en Syrie: « Vous parlez comme un adepte de Fethullah Gülen », du nom de la confrérie qui l’avait aidé à accéder au pouvoir et devenue, depuis, son pire ennemie au même titre que tous ceux qui ne partagent pas ses visions politiques.
Emmanuel Macron aura pourtant tout tenté pour se gagner les bonnes grâces de Recep Tayyip Erdogan. Au point d’en être gênant tant le président français semblait précéder les désirs de son invité. Concernant la « lutte contre le terrorisme », par exemple, « notre coopération est exemplaire », a insisté Emmanuel Macron. « Les accords passés fonctionnent très bien ». Et de citer immédiatement comme « organisation terroriste », non pas Daech (l’Etat islamique) mais… le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et « en particulier ses formes de financement ». A la veille de la commémoration de l’assassinat il y a cinq ans de trois militantes kurdes à Paris, l’implication avérée des services de renseignements turcs, le MIT, et les révélations faites le matin même par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) du nom de l’organisateur de cet assassinat, Macron a perdu tout sens de l’honneur de la France. Comme il semble oublier que les populations Yézidis au Sinjar (Irak), promis à un génocide par Daech, n’ont du leur salut qu’à l’intervention des guérilleros du PKK et des unités de défense (YPG, kurdes de Syrie).
En fait, le dialogue s’est apparenté à un dialogue de sourds. Qu’il s’agisse de l’Union européenne - où Macron a du admettre que « les évolutions récentes et les choix ne permettent aucune avancée du processus engagé », alors que Erdogan lâchait que la Turquie était « fatiguée » d'attendre une éventuelle adhésion à l'Union européenne, ajoutant: « On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE ». Ce qui a le mérite de la clarté.
Macron, voyant que la France demeurait la seule porte d’entrée pour la Turquie dans le monde occidental (les relations d’Ankara sont exécrables avec la plupart des chancelleries, de Washington à Berlin en passant par Londres), pensait que son jeu allait payer, notamment pour prendre une place à la table des grands dans le dossier syrien en insistant sur l’importance des rencontres d’Astana « qui ont permis l’installation de zones de désescalades », soucieux de s’inscrire « dans le processus de Sotchi », mais argumentant sur la décision souveraine des Syriens dans le respect de toutes ses composantes. Mais, là encore, il s’est fait bousculer par Erdogan qui a redit qu’il était hors de question pour la Turquie de laisser un groupe terroriste gagner la Méditerranée. Dans son langage cela signifie empêcher les YPG d’avancer plus à l’ouest pour opérer une jonction entre les trois cantons du Roja, les YPG étant pour lui une émanation du PKK terroriste!
Finalement, le seul point sur lequel a pu s’appuyer Emmanuel Macron est la signature entre Paris et Ankara d’un contrat qui porte sur l'étude de définition du système de défense aérienne et antimissile longue portée Loramids (Long-Range Air and Missile Defense System, ndlr) entre les sociétés turques Aselsan et Roketsan et franco-italienne Eurosam et le gouvernement turc. Bilan assez maigre. La diplomatie de Macron a été vraiment mise à rude épreuve par Erdogan.
Grand reporter
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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:31
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 

Présence importante du PCF aujourd’hui à la très belle manif à Paris, 5 ans après l’assassinat, le 9 janvier 2013, de nos trois camarades kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez qui ont été froidement exécutées dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan à Paris. L'enquête menacée en France a révélé l'implication des services secrets turcs. Malgré les promesses faites par le ministre de l'intérieur de l'époque, Manuel Valls, les autorités n'ont jamais cherché à faire la lumière sur ce triple assassinat, refusant de lever le secret défense. L'enquête n'a donc pas pu avancer et a été classé. Par ailleurs, les familles des victimes et les représentants de la communauté kurde n'ont jamais été reçus par les autorités françaises. 

Nous exigeons que la justice soit rendue et réaffirmons toute notre solidarité avec le combat du peuple kurde, pour sa liberté, la paix et l’avènement d’une société féministe et de justice sociale.

Après la prise de parole de Pierre Laurent exprimant la solidarité des Communistes envers les kurdes, leurs luttes et l’urgence de faire éclater la vérité sur les meurtres de Sakine, Rojbin et Leyla, Laurence Cohen a apporté à mon tour tout notre soutien aux femmes kurdes. Leur combat pour l’émancipation des femmes est exemplaire car elles le livrent en même temps que celui contre Daesh. Espoir très fort pour tous les progressistes. Solidarité avec nos sœurs de combats, les militantes kurdes de Syrie, d’Irak et de Turquie.

Didier Le Rest, maire adjoint communiste du 10e arrondissement où ont été exécutés les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez a également pris la parole. 

Et voici en PDF la lettre que Patrick Le Hyaric, député européen communiste, directeur de l'Humanité, a envoyé à Emmanuel Macron par rapport à l'assassinat de Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 

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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 06:40
Droits des migrants: la France est hors la loi! (par Francis Wurtz, ancien député européen communiste, L'Humanité Dimanche, 4-10 janvier 2018)

En ce qui concerne les droits des migrants en France, 2018 commence comme a fini 2017: Emmanuel Macron et son ministre de l'intérieur Gérard Collomb, peaufinent leur arsenal de mesures durcissant de plus en plus leur politique migratoire, au point de risquer la condamnation de la France - une de plus! - par la Cour européenne des droits de l'homme. La honte! 

Rappel de quelques données utiles à qui entend contribuer à faire de ce combat de civilisation l'une des priorités de l'année qui s'ouvre. 

2017. Non contentes de détruire délibérément les effets des migrants des camps de fortune (tentes, couvertures...), voire de les priver d'eau et de toilettes, ou bien de les refouler avant même qu'ils ne puissent déposer une demande d'asile, ou encore d'instaurer un "délit de solidarité" à l'encontre des bénévoles portant secours à des réfugiés "illégaux", les autorités ont multiplié, courant décembre, les "circulaires" ministérielles et les instructions aux préfets destinées à accélérer à tout prix les expulsions. Le dernier de ces textes prévoit l'envoi d'"équipes mobiles" d'agents dans les centres d'hébergement d'urgence pour y organiser le tri des résidents afin d'en expulser les personnes sans papiers. Un comble lorsqu'on sait que l'accueil dans ces centres repose précisément sur le principe de l'inconditionnalité!

Le seul résultat à attendre d'un tel dispositif serait que les personnes sans papiers, se sentant menacées dans ces lieux, se résolvent à reconstituer des campements sauvages... 

2018. Les fêtes passées. L'offensive reprend de plus belle. Certes, le 11 janvier prochain, le gouvernement organise une réunion de "concertation". C'est qu'il se voit contraint de tenter d'enrayer l'impressionnante mobilisation du mouvement associatif au grand complet contre les régressions programmées. 

Il ne s'attendait pas davantage aux effets sur de larges secteurs de l'opinion publique des vives critiques formulées par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, à l'encontre des violations des droits fondamentaux des migrants que représentent les mesures décidées ou en préparation. 

Il se voit obligé de répondre au malaise qui s'exprime au sein même de l'actuelle majorité contre cette dérive indigne.

Cela étant, le projet de loi "immigration et asile" si redouté n'est nullement remis en question.  

Attendu au premier trimestre de cette année, il prévoit notamment le doublement de la durée de rétention des étrangers en attente d'expulsion; l'accélération des "réconductions", en particulier des "migrants économiques"; la réduction des possibilités pour les déboutés du droit d'asile de déposer un recours; et même le refus de l'asile aux demandeurs pouvant être "réadmis dans un pays tiers sûr". On aura une idée de ce que l'exécutif entend par "pays sûr" en se souvenant que le président de la République envisageait l'été dernier d'installer des "hots-pots" (centres d'examen des demandes d'asile) ... en Libye, un pays si "sûr" qu'on y a découvert récemment des marchés aux esclaves! Inconcevable! 

Telle est la situation en ce début 2018. Une action à poursuivre et un débat à relancer en cette année marquée par le 65e anniversaire de l'entrée en vigueur de la convention européenne des droits de l'homme, dont notre pays est signataire.     

Droits des migrants: la France est hors la loi! (par Francis Wurtz, ancien député européen communiste, L'Humanité Dimanche, 4-10 janvier 2018)
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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:56
100 000 emplois d'intérimaire en plus l'année dernière, et un bilan du CICE de 45 milliards d'euros accordés aux entreprises, avec un coût global de l'emploi conservé ou créé à 225 000€

Dans l'Humanité du jeudi 4 janvier, on peut lire, sur les bases des notes de l'INSEE et de la banque de France, un état des lieux de la situation de l'emploi en France et des effets des politiques économiques. 

Le bilan est plus que révélateur: 

Entre 2012 et 2017, les bénéfices du CAC 40 ont été multipliés par deux et les dividendes ont augmenté de 50%. Pour autant, sur la même période, le nombre de chômeurs catégories A, B et C seulement a augmenté d'un million de personnes, passant de 4,7 millions à 5,7 millions de femmes et d'hommes. 

Le CICE voulu par Hollande, Valls, Macron pour complaire à leurs amis de la finance et du patronat, s'est traduit par 45 milliards d'euros versés aux entreprises, avec un bilan de 225 000€ accordés pour un emploi conservé ou créé. C'est complètement dément au regard de la justification prétendue du dispositif d"exonération de charges: en réalité, il s'agissait de justifier une augmentation de la profitabilité des entreprises pour les actionnaires ou les patrons et une baisse drastique de la dépense publique et sociale, selon un credo néo-libéral assumé. 

La part de l'emploi intérimaire dans l'emploi général augmente fortement: 100 000 de plus en an l'année dernière. On retrouve les niveaux d'avant la crise financière de 2008.

En 2018, la suppression des emplois aidés selon l'OFCE va causer 63 000 destructions d'emplois.      

100 000 emplois d'intérimaire en plus l'année dernière, et un bilan du CICE de 45 milliards d'euros accordés aux entreprises, avec un coût global de l'emploi conservé ou créé à 225 000€
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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:28
Christophe Ramaux, économiste attérré, maître de conférence

Christophe Ramaux, économiste attérré, maître de conférence

Entretien de l'Humanité (Audrey Paillasse) avec Christophe Ramaux - jeudi 4 janvier 2018

Le gouvernement préfère pointer les autres du doigt plutôt que de réfléchir à une politique macroéconomique efficace pour enrayer le chômage. 

Emmanuel Macron promet une nouvelle baisse des charges pour les entreprises. Quel effet cette baisse va t-elle avoir sur l'emploi? 

Ce n'est pas une bonne stratégie. Les études montrent que les allègements généraux sur les bas salaires améliorent peu la compétitivité, puisque cela bénéficie massivement à des entreprises qui ne sont pas exportatrices. On crée des effets d'aubaine, c'est-à-dire des sommes dont les entreprises n'ont pas besoin pour maintenir ou créer de l'emploi. Elles pourront donc augmenter les dividendes, les hautes rémunérations des cadres dirigeants mais cela ne bénéficiera absolument pas à l'emploi. Le gouvernement s'inscrit dans une logique de déflation interne, de course à la compétitivité par l'abaissement des coûts salariaux. A l'échelle européenne, tous les pays se livrent à ce genre de politique; c'est une spirale par le bas qui nous entraîne. 

Qu'est-ce que vous proposer de faire alors?  

Il faudrait lancer un vaste plan de relance en France et dans l'Union européenne pour le logement, la transition énergétique, la santé, l'éducation, etc. Il y a d'immenses besoins sociaux, et de fortes inégalités contre lesquelles il faut lutter. L'Union européenne fait trop d'austérité, alors qu'elle a un excédent commercial! Elle a les moyens de mettre en place une autre politique économique.

Pour faire baisser le chômage, le gouvernement entend durcir le contrôle des chômeurs. Qu'en pensez-vous? 

C'est proprement indécent. On accuse les chômeurs en laissant entendre que, s'il y a du chômage, c'est parce qu'ils le veulent bien. La mesure est mesquine car l'écrasante majorité d'entre eux n'aspire qu'à une seule chose: travailler; pour des raisons financières, mais aussi de dignité. Le chômage résulte d'une responsabilité sociale, de la responsabilité gouvernementale. Il est inconvenant de transférer le poids de cette faute sur les épaules des chômeurs. Nous avons un problème de création d'emplois qui dépend de la politique macroéconomique du gouvernement. Il faut insister là-dessus: le gouvernement est dans la diversion permanente; il détourne l'attention des vrais enjeux. Par ailleurs, ces mesures vont inciter les chômeurs à accepter des emplois précaires. Le projet libéral du gouvernement repose sur l'idée qu'on ne peut plus offrir le plein-emploi, et que la seule chose que la société puisse viser, c'est de contraindre les gens à accepter des miettes de travail. Et en effet, sur le papier, si vous obligez tous les chômeurs à travailler deux ou trois heures par semaine, vous n'avez plus de chômage.

Un important volet des réformes concerne la formation professionnelle. Comment faire pour qu'elle soit un outil efficace pour lutter contre le chômage?   

Il faudrait commencer par réhabiliter l'enseignement professionnel, qui a mauvaise réputation. En France, nous vivons dans un système élitiste qui n'a rien de républicain, où l'on a tendance à dévaloriser, voire mépriser les filières professionnelles, les métiers manuels, et personne ne peut s'en satisfaire. C'est aussi lié à des modes de gestion des entreprises, qui sont marquées par la financiarisation, et par un management trop souvent autocrate, où le travailleur n'est pas respecté ni valorisé. On est dans une spirale négative, où l'entreprise ne rend pas le travail manuel attrayant. Pour cela au moins, on pourrait prendre exemple sur l'Allemagne: quand un enfant obtient un poste d'ouvrier, sa famille le fête, elle en est fière. Ce n'est pas le cas en France.  

Il y a donc bien un problème de formation, mais gare à laisser entendre que ce soit la priorité. Finalement, on nous chante toujours la même petite musique: s'il y a du chômage, ce n'est pas en raison du manque d'emplois mais parce que les chômeurs ne seraient pas assez formés. Encore une fois, on fait de la diversion en prenant d'autres cibles, et cela ne fait que déstabiliser le tissu social.  

 

 

"Le gouvernement est dans la diversion permanente, il détourne l'attention des vrais enjeux" (Christophe Ramaux, économiste atterré et maître de conférences, l'Humanité du 4 janvier 2017)
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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:10
Auxiliaire de vie, un métier qui contribue au maintien à domicile de millions de personnes âgées et handicapées et qui est très peu considéré pourtant (L'Humanité, 4 janvier 2018)

Sylvie Ducatteau, dans l'Humanité du jeudi 4 janvier 2018,  suit Marina (un pseudonyme), une auxiliaire de vie de 50 ans qui accompagne des personnes âgées ou handicapées pour les toilettes, l'accompagnement du lever et du coucher, l'aide à la prise des repas. Marina est salariée à mi-temps en région parisienne: pourtant, elle quitte son domicile chaque jour à 7h50 pour ne rentrer le soir qu'à 20h. Elle se déplace en bus et en RER et travaille pour une entreprise privée d'aide à domicile. Malgré son goût d'être avec les personnes âgées pour leur rendre service, elle parle d'un "travail d'esclave" avec une entreprise qui a mis en place un système de contrôle du temps de présence des auxiliaires de vie chez ses clients via un flash code imprimé à valider sur le livret personnel de chaque client. On pointe comme à l'usine pour fliquer les Auxiliaires de vie. Le temps de transport entre "chaque client" n'est pas rémunéré. 

" Des Marina, il en existe des milliers.

72% des aides à domicile sont employées à temps partiel.

Le ministère du Travail recense 536 000 aides à domicile ou aides ménagères. Ces salariées, essentiellement des femmes, occupent le bas de l'échelle salariale. Elles perçoivent le plus faible salaire médian de toutes les professions. Elles sont souvent âgées et ont connu des parcours professionnel heurtés par la précarité et le chômage. C'est le cas de Marina, qui depuis deux décennies cumule les CDD à l'hôpital, dans les EHPAD, dans les crèches même. Les stages, les formations. 800 euros, c'est ce qu'elle gagne chaque mois. Soit un peu plus de 9 euros brut de l'heure". (Sylvie Ducatteau, l'Humanité du jeudi 4 janvier).    

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 14:19
Sylvain Maillard, Macron, l'oligarchie et la chasse aux chômeurs!

Retenez bien son nom.

Sylvain Maillard. Ancien membre du RPR puis de l'UDI, aujourd'hui chez Macron. Ce chef d'entreprise veut s'en prendre violemment aux chômeurs pour les priver d'indemnités. 
Sur Internet on trouve sa déclaration de ressources: 30 000 euros, plus 12 000 € d'indemnités comme conseiller de Paris, plus son indemnité de parlementaire, plus 48% des parts de son entreprise d'un capital de presque 5 millions d'euros. 
Les revenus de son épouse n'ont pas été communiqués. On sait juste qu'elle travaille pour une société américaine.
Ses autres sources de revenus, son patrimoine ne sont pas non plus connus.

C'est ce genre de petit coq suffisant et sans scrupule plein aux as qui veulent s'acharner sur les privés d'emplois, ceux-là même que leur politique libérale et d'austérité condamne au chômage.

Jusqu'à quand allons-nous tolérer que ces pauvres types fassent la loi dans notre pays! 

Site de Europe 1: 

Le député de Paris LREM Sylvain Maillard estime qu'il faut "une pénalisation plus importante" des chômeurs "parce qu'on met beaucoup d'argent sur la table".

Le député La République en marche Sylvain Maillard a défendu jeudi sur LCI "une pénalisation plus importante" des chômeurs ne recherchant pas assez activement un emploi, soulignant que "c'est une promesse de campagne".

"La réflexion est en cours". Selon une note confidentielle du ministère du Travail citée mercredi par le Canard enchaîné, une recherche insuffisante, un refus de formation ou un refus de deux offres d'emploi jugées raisonnables entraîneraitune réduction des allocations de 50% (contre 20% actuellement) pendant deux mois. Interrogé sur ce chiffre de 50%, Sylvain Maillard a indiqué que "la réflexion est en cours".

"C'est un document de travail, il y aura des discussions avec les partenaires sociaux, il y aura des discussions aussi au Parlement. Donc pour le moment, ce n'est pas un projet abouti mais en tout cas c'est une promesse de campagne".

"Une pénalisation plus importante". Pour le député de Paris, "il faut qu'il y ait une pénalisation plus importante, en tout cas une incitation, parce qu'on met beaucoup d'argent sur la table pour aider les demandeurs d'emploi (...) et de l'autre côté on veut une responsabilité plus importante". 

"Nous sommes dans une situation de profonde mutation économique. Nous avons été élus, et Emmanuel Macron a été élu, pour transformer économiquement aussi le pays. Et dans cette politique, nous avons toujours dit qu'il y aurait des efforts à faire pour l'ensemble des Français, il y aurait des droits et des devoirs", a plaidé Sylvain Maillard.

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 14:11
Emmanuel Macron veut programmer la mort de la Sécurité sociale !
budget 2018.
MARDI, 21 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
Dr Fabien Cohen
Commission santé/protection sociale du PCF
Dr Fabien Cohen Commission santé/protection sociale du PCF
 

par  Dr Fabien Cohen Commission santé/protection sociale du PCF

Après la casse du Code du travail, le gouvernement Macron s’en prend à la Sécu, avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2018. Ce PLFSS n’est pas seulement dans la continuité des précédents, il représente pour notre société un vrai changement de paradigme. Au-delà des mesures prises (hausse de 1,7 point de la CSG, augmentation de 2 euros du forfait hospitalier, saignée de 4,2 milliards du budget maladie de la Sécu s’ajoutant à celles des années précédentes…), c’est la Sécurité sociale de 1945, ses valeurs de solidarité et d’universalité, sa cotisation sociale, la participation de la richesse produite par les travailleurs-ses à leur protection sociale, qui sont remises en cause, après celle de la démocratie ! Après Sarkozy et Hollande, Macron veut non seulement nous imposer cette même politique d’austérité budgétaire, mais mettre un terme à la Sécurité sociale, en utilisant les PLFSS. Si les lois Bachelot et Touraine s’étaient évertuées à remettre en cause notre système de santé publique en l’étatisant et en le restructurant, pour libéraliser son économie, favoriser sa marchandisation et sa financiarisation ; celle de Macron, en poursuivant le rationnement des soins, les déserts médicaux et la casse de l’hôpital sans réponse publique… veut parachever ce projet libéral en « expérimentant » dans ces cinq prochaines années le système des États-Unis, et aboutir au « zéro pour cent Sécu », en faveur du secteur privé, des complémentaires.

Il est urgent, voire opportun pour le Medef, non seulement d’obtenir des mesures comme la suppression de l’impôt sur la fortune ou le remboursement de 13 milliards de taxes sur les dividendes, mais la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) en exonération de cotisations patronales (20 milliards par an en moyenne) qui va accroître la fiscalisation de la branche maladie après celle de la famille, au détriment de la cotisation sociale…

Les parlementaires communistes ont montré à l’Assemblée nationale comme au Sénat, ces jours-ci, qu’une autre stratégie est possible dès maintenant pour aller vers une « santé 100 % Sécu ». Le PCF a lancé un appel pour se rassembler contre ce PLFSS (et les suivants) et pour le 100 % Sécu. La convergence nationale des services publics a publié dans son manifeste une démarche dans ce sens, mais aussi d’autres personnalités… Il nous faut aller encore plus loin, mettre en commun pour être au niveau des enjeux et créer les conditions d’un large front pour aller ensemble vers la Sécurité sociale du XXIe siècle sur les valeurs tracées par Ambroise Croizat au lendemain de la Libération.

Dr Fabien Cohen

Commission santé/protection sociale du PCF

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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 09:42
Point de vue: un appel pour abolir les armes atomiques (Ouest-France, 29 janvier 2017)

Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire.

Par un collectif créé à l'appel de l'association Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN).

Les bombes atomiques, 70 000 à l'apogée de la Guerre froide, 15 000 aujourd'hui, peuvent provoquer la guerre, en Corée par exemple, et anéantir l'humanité. Un espoir cependant : le prix Nobel de la Paix couronne la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (Ican) et son action en faveur du Traité sur l'Interdiction des Armes Nucléaires (Tian), traité que 122 États de l'Onu ont voté le 7 juillet 2017.

Voulu pour abolir les armes nucléaires, ce traité est à la fois nécessaire et insuffisant. Nécessaire, car il fallait les interdire comme les armes biologiques et chimiques, les mines antipersonnel et les bombes à sous-munitions qui frappent indistinctement civils et militaires, commettant des crimes contre l'humanité.

Ce traité est insuffisant. Il entrera en vigueur quand cinquante États l'auront ratifié. Mais il n'engagera qu'eux. Aucun des neuf États dotés d'armes nucléaires n'a annoncé son intention de le signer. Pour les États nucléaires, deux procédures d'adhésion sont prévues : avant ou après avoir désarmé. Mais rien n'est prévu pour un désarmement multilatéral, seul moyen, pour des États qui croient à l'efficacité dissuasive des armes, d'accepter de les éliminer.

Il interdit « à jamais » les armes nucléaires sous tous leurs aspects : possession, fabrication, acquisition, hébergement, transfert, menace d'emploi, emploi « en toutes circonstances »... Mais il autorise un État à s'affranchir de ces interdictions un an après avoir invoqué des circonstances « extraordinaires » qui, soit existent déjà, soit peuvent se présenter à tout moment. Il admet donc les « politiques de dissuasion » qu'il condamne par ailleurs.

« Créer un mouvement citoyen »

Il souligne que l'emploi d'armes nucléaires serait catastrophique, mais néglige de rappeler que, selon une résolution de l'Onu du 24 novembre 1961, ce serait un crime contre l'humanité - rappel qui aurait fait de leur interdiction une norme impérative du droit international.

Enfin, il outrepasse son objet lorsqu'il affirme, comme le TNP (Traité de non-prolifération des armes nucléaires), un « droit inaliénable de tous les États parties de développer la recherche, la production et l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques », « droit » que le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (Tian) n'avait pas à interdire, mais pas non plus à proclamer.

Il n'existe aucun droit de contaminer la planète, même pacifiquement. En outre, les centrales, stocks et transports de matières nucléaires sont autant de « bombes sales » à la merci d'attentats ou d'accidents.

Continuant à moderniser ses armes pour quatre et bientôt six milliards par an, la France ne signera pas ce traité. Mais elle est tenue par le traité de non-prolifération des armes nucléaires de négocier avec les autres États l'élimination planifiée de leurs armes, sous un contrôle strict. Et mutuel. Elle doit donc s'engager sans délai pour un traité d'abolition à deux volets : l'interdiction universelle, et l'élimination totale, définitive et contrôlée des armes nucléaires.

Car il ne suffit pas d'interdire les armes nucléaires, il faut les abolir. Seul un vaste mouvement citoyen se fixant clairement cet objectif pourra y parvenir. Nous appelons à le créer.

Le collectif des signataires :

Jean-Marie Matagne, président d'ACDN ; Patrick Viveret, philosophe ; Bruno Boussagol, metteur en scène ; Françoise Boman, médecin chercheur ; Stéphane Lhomme, directeur de l'Observatoire du nucléaire ; Jean-Jacques Delfour, philosophe ; Pierre Peguin, docteur ès-sciences ; Kolin Kobayashi, journaliste indépendant ; Chantal Bourry, écrivaine ; Jacques Terracher, officier mécanicien navigant.

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