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8 février 2026 7 08 /02 /février /2026 06:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire "Communistes" lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936

 

1-9 février 1936 (5)
Les factieux s’agitent

Pour le deuxième anniversaire du 6 février 1934, le comité régional de coordination PC/PS décide d’une série de meetings en région parisienne pour rendre hommage aux « morts tombés dans la lutte antifasciste » ; les noms des quatre manifestants progressistes tués sont : Vincent Perez, Maurice Bureau, Ernest Schnarbach, Louis Lauchin. Ces meetings sont prévus alors même que les milieux fascistes s’agitent à Paris : avocats d’extrême droite qui attaquent un confrère progressiste au Palais de Justice, défilé d’étudiants d’ultra droite au Quartier Latin, milices armées de « Solidarité française » paradant en uniforme à un meeting à Wagram, ouverture par les Allemands « d’une maison brune » à Paris. Les antifascistes s’organisent. « Un peu de poigne et tout rentrerait dans l’ordre. Mais quelle poigne peut-on attendre de ce gouvernement… », écrit l’Humanité. Un rassemblement est donc prévu dimanche 9 février place de la République, à 14 h, « pour barrer la route au fascisme ».

Le jour de la manifestation, un communiqué du PCF lance un dernier appel au « peuple de Paris, du Paris du 14 juillet 1789 et de la Commune de Paris » de venir nombreux à la République. Le texte se termine ainsi : « Avec nous, en avant pour la République française des soviets ! »

Marcel Cachin (9 février) appelle à relancer la souscription du Parti afin d’assurer aux 600 candidats communistes aux prochaines législatives un matériel « de propagande » efficace. Son article est ironiquement intitulé « L’or de Moscou ».

Gros succès dimanche 2 du cross de l’Humanité à La Courneuve ; on parle de 4 000 participants (« les sportifs ouvriers ») et de 35 000 spectateurs.

À l’occasion de la visite à Paris de Maxime Litvinov, ministre soviétique (commissaire du peuple) des Affaires étrangères, Marcel Cachin en une de l’Humanité du 3 février appelle la Chambre des députés à ratifier le « pacte franco-soviétique contre la guerre » (et à confirmer ainsi le traité signé à Moscou en mai 1935), alors que la droite et l’extrême droite déclenchent une violente campagne antisoviétique.

Long article (9 février) de Gabriel Péri intitulé « La paix, partout ! » ; il rappelle l’histoire de la politique communiste depuis le traité de Versailles, celle de l’URSS aussi « désireuse de vivre en bonne intelligence avec tous les pays », l’importance d’un pacte franco-soviétique (combattu par la droite), les différences de positions entre communistes et socialistes ; une analyse qui donne déjà toutes les clés pour comprendre ce qui adviendra trois ans plus tard, le pacte de non-agression germano-soviétique.

À Vienne, le parti communiste autrichien anime une radio clandestine, lançant des appels au front unique ; les émissions se terminent par l’Internationale ; la police n’a pas réussi à repérer la station.

Gérard Streiff

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7 février 2026 6 07 /02 /février /2026 09:10

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire "Communistes" lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

 

Vers la réunification de la CGT

« Il n’y a plus qu’une seule CGT », titre l’Humanité du 29 janvier. En prévision de son congrès d’unité de Toulouse (mars), le comité confédéral national a désigné, la veille, le bureau provisoire de la CGT réunifiée. Dans un article du 31, Benoit Frachon écrit : « Pendant le mois qui nous sépare du congrès, les assemblées syndicales vont se réunir pour étudier les problèmes qui seront débattus à Toulouse. Sur certains d’entre eux des opinions diverses se feront jour. Elles exprimeront les courants d’idées qui existent dans le mouvement ouvrier. Mais nous connaissons assez les travailleurs de notre pays pour savoir que, le plus souvent, ces discussions se dérouleront sans passion partisane. Chacun s’efforcera de convaincre son camarade de la justesse de son opinion. Chacun fera son possible pour faire triompher, dans le cadre de la démocratie syndicale, les conceptions qu’il estime être les meilleures. »

29 janvier encore : Message de Georges Dimitrov pour le soixante-dixième anniversaire de Romain Rolland : « Je vous envoie mes meilleurs souhaits, à vous l’écrivain mondial, le maître de la littérature, l’ami fidèle de l’Union Soviétique et des travailleurs du monde entier ; le combattant inlassable contre la guerre, le fascisme et la réaction ; le défenseur inébranlable des victimes de l’oppression et de l’asservissement capitalistes, dont le nom glorieux est prononcé avec amour et espoir par les prisonniers languissant dans les cachots fascistes : Thaelmann, Ossietsky et Ludwig Renn ; Gramcsi et Terraccini ; Rakosi, Antikainen, Itsikava, et par des milliers d’autres prisonniers du fascisme et de la réaction dans les pays capitalistes. »

Un hommage à Romain Rolland est rendu à la Mutualité pour son 70e anniversaire Le meeting est sous la présidence d’André Gide. Parmi les orateurs, Aragon, Jean-Richard Bloch, Léon Blum, Marcel Cachin, Jean Guéhenno, Paul Langevin, Paul Vaillant-Couturier. L’historien Michel Winnock y voit « l’acte de naissance du Front populaire ».

Ces jours de fin janvier, deux questions reviennent assez régulièrement dans la presse : la montée du mouvement revendicatif (grève des traminots de Lille-Roubaix-Tourcoing ; mineurs d’Isère ; métallos de St-Nazaire, dockers de Marseille, tisseurs du Nord) ; et les provocations répétées des groupes fascistes. Le chef des Croix-de-Feu, La Rocque, traite le nouveau gouvernement (le ministère Sarraut) de « fumier » et déclare « qu’il préparait un coup dur pour qu’il n’y ait pas d’élection ». La gauche demande l’application rapide de la loi d’interdiction des ligues.
Au plan international, à noter la visite à Londres du Soviétique Toukhatchevsky, commisaire du peuple (ministre) à la Défense, et les victoires des communistes chinois dans plusieurs régions du pays.

Gérard Streiff

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3 février 2026 2 03 /02 /février /2026 17:02
Marcel Boucher

Marcel Boucher

Louis Le Guen

Louis Le Guen

Remise de la médaille de la Résistance française à nos camarades Marcel Boucher et Louis Le Guen

Mercredi 4 février

Par décrets du Président de la République en date du 30 septembre 2024 et 8 juillet 2025, la médaille de la Résistance française a été décernée à titre posthume aux résistants brestois Marcel Boucher et Louis Le Guen.

La remise officielle de ces décorations à leurs familles se déroulera à Brest, le mercredi 4 février 2026, à 11 h devant le monument aux morts.

 

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31 janvier 2026 6 31 /01 /janvier /2026 08:30
Nicole Dreyfus

Nicole Dreyfus

Caricature de Nicole Dreyfus pendant la guerre d'Algérie

Caricature de Nicole Dreyfus pendant la guerre d'Algérie

Nicole DREYFUS (1924-2010): une avocate communiste pendant la guerre d'Algérie 
 

Nicole Dreyfus est née à Mulhouse en 1924, d'une famille juive alsacienne et dreyfusarde.

"Issue d’une famille installée en Alsace depuis de nombreuses générations (ses ancêtres y étant déjà recensés en 1784 lors du dénombrement des juifs d’Alsace sous Louis XVI), Nicole Dreyfus fut détournée en 1932 de sa première vocation, la médecine, dont elle avait constaté l’impuissance, à cause du décès de son père, Armand Dreyfus", rappelle Vanessa Codaccioni dans le Maitron. 

Cinq ans après la mort de son père, elle part vivre à Nice avec sa mère, Berthe Dreyfus, en 1937. Il y est lycéenne au lycée des jeunes filles moment de la défaite. Jusqu'en septembre 1943, l'occupation italienne leur épargne les persécutions antisémites.

"La guerre éclata et, après la défaite, le statut des juifs, promulgué le 2 octobre 1940, introduisit le numerus clausus dans les universités. Elle ne put donc être admise en première année de droit mais la faculté des lettres se montra plus clémente. Elle s’inscrivit en philosophie à l’Institut d’études littéraires de Nice qui dépendait de l’université d’Aix-en-Provence." (Vanessa Codaccioni, Maitron)

Quand la situation est devenue plus difficile avec l'arrivée des Allemands, elle et sa mère ont pu, grâce au soutien de réseaux de résistants, obtenir des faux papiers pour résider à Monte-Carlo, qui n'était pas occupé, puis, en mars 1944, grâce à l'aide de cousins vivant en Suisse qui leur avaient envoyé un passeur, elles ont pu se réfugier six mois à Genève.

À la Libération, elle s'est lancée dans des études de philosophie puis de droit, à Nice et Aix-en-Provence, et, en 1946, à l'âge de 22 ans, elle est devenue avocate, un métier que, dès l'âge de huit ans, avant de quitter Mulhouse, elle avait décidé de faire.

En 1949, elle adhéra au Parti communiste français, qui, selon elle, était « le seul qui ouvrait vraiment l’avenir, un avenir favorable à la classe ouvrière ».

Elle anima successivement deux cellules, celle de Passy, dans le XVIe arrondissement, et la cellule Pittard, l’une des cellules du Palais.

En pleine crise du logement, elle devint l’un des avocats de la fédération des locataires. Lors de la période de répression politique pendant les grandes grèves des mineurs et la lutte contre la guerre d’Indochine, elle participa, sous les auspices du Secours populaire français, à la défense des militants poursuivis. En 1952, elle fit partie du groupe d’avocats défenseurs des militants emprisonnés à la suite du prétendu « Complot des pigeons voyageurs ».

Nicole Dreyfus raconte: "Devenue membre du parti communiste en 1949, j'ai vite plaidé dans des affaires politiques : pour des résistants qui avaient conservé leurs armes après la Libération, pour des mineurs poursuivis à la suite des grèves dures de 1947, ainsi que pour des militants qui s'étaient opposés au départ de soldats pour la guerre d'Indochine. C'est à cette époque que j'ai commencé à faire équipe avec l'avocat martiniquais Marcel Manville. Puis ce fut la guerre d'Algérie, qui a été la période la plus intense de ma vie. Je faisais partie de l'un des collectifs d'avocats qui défendaient des militants algériens, celui qui était proche du parti communiste et comprenait aussi Pierre Braun, Michel Bruguier (qui avait participé à la Résistance dans le Midi), Henri Douzon et Marcel Manville."

En 1957 donc, anticolonialiste et solidaire des aspirations du peuple algérien à l’indépendance, elle fit alors partie du collectif d’avocats communistes chargés de la défense des militants FLN et PCA animé par Henri Douzon, Michel Bruguier et Pierre Braun.

Elle participa au « pont aérien » entre Paris et Alger qui permettait aux avocats métropolitains d’aller plaider bénévolement en Algérie. Elle réalisa ainsi, entre 1957 et 1962, trois à quatre voyages par an pour le collectif communiste mais également pour le collectif de gauche non communiste dirigé par Pierre Stibbe.

Elle prend la défense de militants du FLN (Front de libération nationale) et du PCA (Parti communiste algérien) accusés de terrorisme et de résistance armée. Par son action, elle sauve la vie de nombreux détenus. Mais la justice coloniale est impitoyable et Nicole ne réussit pas toujours à garder en vie les accusés qu’elle représente. En mars 1957, quatre militants défendus par elle sont condamnés à mort.

Elle raconte : « La salle criait À mort ! , aussi bien à leur encontre qu’à l’égard du défenseur que j’étais. Charles Lederman, présent à Alger pour plaider dans une autre affaire, a estimé que j’étais personnellement en danger et m’a fait rentrer aussitôt en France. »

Parmi les nombreuses affaires qu’elle plaida, il faut citer l’affaire Gacem et Labti, accusés du meurtre d’un commissaire de police. Le 13 mars, la salle d’audience du tribunal militaire était pleine de monde, et dans la foule se trouvait le bourreau d’Alger. L’atmosphère de l’audience était particulièrement lourde. Les deux accusés furent condamnés à mort et exécutés.

En 1956, elle assure la défense, à Alger, de deux jeunes femmes, Baya Hocine et Djhor Akrou, accusées d'actes de terrorisme, puis celle de Zohra Drif, dirigeante du FLN pendant la bataille d'Alger, responsable de l'attentat du Milk Bar en 1957 en réponse au massacre de la rue de Thèbes par des Ultras de l'Algérie Française, ce qui lui vaudra d'être menacée de mort.

A cet engagement initial. Nicole Dreyfus est toujours restée fidèle. Avec d'autres avocats, elle mène un combat judiciaire destiné à faire reconnaître l'imprescriptibilité des crimes commis en Algérie.

Elle défend notamment Josette Audin, l'épouse de Maurice Audin - un universitaire communiste disparu à Alger, en juin 1957, après être passé entre les mains des hommes du général Massu - qui tente en vain d'obtenir l'ouverture d'une information judiciaire pour "crime contre l'humanité ", " enlèvement " et " séquestration " de son mari.

En novembre 2000, elle fait partie des douze signataires de " l'appel pour condamner la torture lors de la guerre d'Algérie", aux côtés d'Henri Alleg, ancien directeur d'Alger républicain et auteur du livre La Question, Josette Audin, Germaine Tillion et plusieurs historiens.

Évoquant dans un entretien à L'Humanité, le 15 novembre 2000, les obstacles juridiques - amnistie, prescription - qui lui avaient été opposés, elle observait: "Je ne pense pas que l'on puisse aboutir sur le plan pénal, c'est trop tard. Mais au fond, ce qui est important, c'est la reconnaissance d'une condamnation sur le plan moral et politique de la torture pendant la guerre d'Algérie. "

Vanessa  Codaccioni rapporte dans le Maitron: " Parallèlement, Nicole Dreyfus fut membre du conseil national de l’Union des femmes françaises (UFF) de 1959 à 1989, et à ce titre, participa notamment après Sabra et Chatila à une délégation internationale pour s’informer de la situation au Liban. Elle fut aussi membre de l’Association française des juristes démocrates dont elle devint de 1966 à 1979 la secrétaire générale. Dès lors, et souvent à la demande de l’Association internationale des juristes démocrates, elle participa à de nombreuses missions d’observations judiciaires. Peu de temps après le massacre de Tlatelolco à Mexico du 2 octobre 1968, elle rendit visite dans leur prison aux manifestants arrêtés à cette occasion, notamment l’écrivain José Revueltas, incarcéré pour sa participation au mouvement étudiant. Puis, deux mois plus tard, elle partit en Grèce alors que se déroulait le procès de seize étudiants (20-23 novembre 1968), membres de l’organisation Rigos Ferraios, procès à propos duquel elle publia ses observations dans un ouvrage, Les étudiants grecs accusent. Dossier du procès d’Athènes aux Éditeurs français réunis. Puis, elle partit au Canada assister au « procès des cinq » felquistes (1er février au 12 février 1971), accusés de conspiration séditieuse, pendant les actions du Front de Libération du Québec (FLQ). À partir de cette date, elle se rendit plusieurs fois au Sénégal, plaida devant la Cour suprême au moment de la dissolution du syndicat sénégalais, et défendit notamment Iba Der Thiam, futur ministre de l’Éducation nationale."

Dans les années 1980, elle se rendit à deux reprises en Israël. Son premier déplacement eut lieu en 1988 lors de l’affaire Mordechaï Vanunu. Ayant révélé au Sunday Times l’existence d’une usine où se fabriquaient les bombes atomiques israëliennes, Vanunu fut condamné à dix-huit ans de prison pour trahison, espionnage et divulgation de secrets d’État. Elle y partit une seconde fois à la demande de certains juristes palestiniens lors de la première Intifada pour observer la situation des territoires occupés. Durant cette période, elle devint l’avocate du bureau de l’African national congress (ANC) et de la famille de Dulcie September, assassinée le 26 mars 1988 à Paris.

"En 1990, Nicole Dreyfus fut désignée par Pierre Arpaillange, ministre de la Justice, pour participer au travail du Comité de libération conditionnelle dont elle fut membre pendant six ans. À cette période commença l’un des plus grands procès de sa carrière, le procès du sang contaminé, où elle défendit Jacques Roux, membre de l’académie de médecine, ancien président de l’Organisation mondiale de la santé mais aussi responsable de la commission médicale du PCF et ancien membre du comité central où il fut élu en 1965. Devant l’importance du procès, elle cessa de se présenter sur les listes du Parti communiste, ce qu’elle avait fait auparavant de nombreuses fois pour le XVIe arrondissement. Enfin, en 1993, elle plaida l’affaire « Manufrance », un procès qui donna lieu à de grandes manifestations de la part de la CGT et à de nombreux appels du Comité de défense des libertés et des droits de l’homme en France et dans le monde".

Le militantisme politique de Nicole Dreyfus l'a donc amenée à défendre des dirigeants de l'ANC en Afrique du Sud, des responsables de l'opposition dans la Grèce des colonels et à soutenir la cause palestinienne. Elle a aussi conduit de nombreuses missions d'observation judiciaire dans des pays où les droits de l'homme étaient bafoués, en sa qualité de secrétaire générale de l'Association française des juristes démocrates (AJD).

 

https://maitron.fr/dreyfus-nicole/

https://maitron.fr/dreyfus-nicole/, notice DREYFUS Nicole par Vanessa Codaccioni, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Le judaïsme d'Alsace et de Lorraine: https://www.judaisme-alsalor.fr/perso/nicdreyf/nicdreyf.htm

https://revuecommune.fr/2023/09/12/nicole-dreyfus-une-vie-pour-les-droits-de-lhomme/

Témoignage de Nicole Dreyfus sur son rôle d'avocate pendant la guerre d'Algérie: 

Extrait de Être dreyfusard, hier et aujourd'hui édité sous la direction de  Gilles Manceron et Emmanuel Naquet aux Presses Universitaire de Rennes, 2009.
Actes du colloque organisé par la Ligue des Droits de l'Homme, 8-9-décembre 2006 à l'École Militaire de Paris,
à l'occasion du centenaire de la fin de
l'Affaire Dreyfus.
Publié grâce à l'obligeance des Presses Universitaires de Rennes.
Site sur le Judaïsme alsacien: https://www.judaisme-alsalor.fr/perso/nicdreyf/nicdreyf.htm

 

" J'ai retrouvé dans la guerre d'Algérie l'exaltation qu'ont dû connaître les dreyfusards, en raison de notre certitude absolue d'être du côté du droit. Les Algériens luttaient pour leur indépendance, or, ce combat était un combat légitime qui devait être reconnu comme tel. Les moyens qu'ils employaient n'étaient pas toujours conformes à la morale, c'était vrai aussi, mais leur cause était juste, et, pour moi, c'était le principal. Les moyens engagés contre eux étaient, eux aussi, contraires à la morale : tortures, assassinats, "corvées de bois" consistant à abattre des prisonniers au prétexte d'une tentative d'évasion, autant de méthodes employées systématiquement par l'armée à l'encontre d'algériens engagés dans ce combat légitime.

Le rôle que nous avons pu jouer, très modestement, comme avocats dans la guerre d'Algérie était pour moi dans le droit fil d'un itinéraire que j'avais choisi bien avant et c'est resté la part la plus exaltante de mon métier d'avocat et de mon activité militante. C'était une ambiance très dure, mais la justesse de notre travail nous était tellement chevillée au corps, les contacts humains avec les prisonniers étaient tellement enrichissants qu'il en a résulté toute une série d'amitiés, de liens, d'expériences que je ne pourrai jamais oublier.

Il y avait plusieurs centaines, plusieurs milliers même, de militants algériens détenus dans les diverses prisons, notamment à Alger, Oran, Constantine et Bône, et il fallait défendre en priorité ceux qui couraient un risque vital. Cela représentait souvent plusieurs personnes par jour, qui comparaissaient, de surcroît, devant des tribunaux militaires différents. Et en même temps, il y avait l'état d'urgence, la détention administrative dans les camps, les gardes à vue qui n'en finissaient pas, et les tortures préalables et concomitantes à tous les interrogatoires. Tout cela débouchait sur des comparutions devant des tribunaux uniques dans leur forme, les tribunaux militaires.

Il y a eu quatre collectifs d'avocats. Le premier avait été créé par Yves Dechézelles, qui était un ami personnel de Messali Hadj et dont l'engagement datait du temps du MTLD, avant 1954. Puis Pierre Stibbe avait pris la responsabilité d'un deuxième collectif, avec sa femme Renée, le FLN s'étant tourné vers lui (il avait été l'avocat des députés malgaches au moment de la révolte de Madagascar en 1947, puis des dirigeants du Rassemblement démocratique africain, le RDA, un peu plus tard), et un troisième collectif s'est formé, composé d'avocats communistes, auquel j'appartenais. Les membres de ces collectifs ont travaillé ensemble : on se remplaçait les uns les autres, il y avait trop de travail pour que l'on puisse songer à polémiquer. Des tensions sont apparues néanmoins quand un quatrième collectif, créé par le FLN, a voulu éliminer les autres et prendre entièrement leur place. Mais le responsable du FLN dans la prison Barberousse à Alger qui s'appelait Fétal (qui deviendra préfet d'Alger après l'indépendance) s'est opposé à ce que des avocats qui, depuis des années, plaidaient pour les détenus algériens soient éliminés. Et ces avocats ont continué à le faire.

Des avocats européens d'Algérie sont morts en raison de leur engagement : Me Pierre Popie, un chrétien social, assassiné à Alger par l'OAS, comme Me Pierre Garrigues, qui avait eu le courage de reprendre son cabinet, ce qui revenait à affronter son arrêt de mort ; tandis que Me Thuveny, a été assassiné au Maroc par les services secrets français à l'aide d'une bombe placée dans sa voiture. Un avocat algérien, Me Amokrane Ould Aoudia, a été assassiné sur le palier de son cabinet à Paris par ces mêmes services, et, à Bonn, Me Aït Ahcène a été, lui aussi, assassiné par les services français, tandis qu'à Alger, Me Ali Boumendjel a été jeté du sixième étage de l'immeuble où il avait été torturé à mort par les parachutistes du général Massu. Mais les risques que nous courions étaient bien peu de choses à côté de ceux qu'affrontaient nos clients.

J'ai le souvenir d'une période particulièrement douloureuse, en mars 1957, en pleine période de la "Bataille d'Alger", où, mandatée par Pierre Stibbe, j'ai eu à défendre devant le tribunal militaire siégeant dans la Cour d'assises d'Alger, présidé par le juge Roynard, trois affaires en une semaine, dans lesquelles il a été prononcé, au total, neuf condamnations à mort.
L'un des procès concernait une quinzaine de prévenus, tous militants indépendantistes, anciens membres du MTLD, dont plusieurs n'étaient pas membres du FLN mais du MNA, et qui n'étaient accusés d'aucun attentat. Quatre d'entre eux ont été condamnés à mort, dont les frères Mezzi, Chafik, Mohamed et Salah, que je défendais, bien que les inculpations qui pesaient sur eux ne relevaient pas, aux termes du Code pénal, la peine capitale. Leurs condamnations ont été cassées ensuite par la Cour de cassation. Signe de la manière dont une grande partie des européens d'Algérie considérait notre travail d'avocat, Le Journal d'Alger a publié en première page de son numéro annonçant le verdict une caricature me représentant aux côtés de ces trois frères condamnés à mort.

Dans une autre affaire, deux condamnations à la peine capitale ont été prononcées par la cour d'assises militaire contre deux hommes que je défendais, Mohamed Gacem et Djaffar Labdi, accusés d'avoir assassiné le commissaire de police René Frédy. Ils avaient tous deux été torturés. Le tout Alger s'était rendu au procès, y compris "Monsieur d'Alger", le bourreau, qui était venu sans doute prendre ses mesures… Le public s'en est pris violemment aux avocats, sifflant, hurlant pendant les plaidoiries et applaudissant aux propos du président du tribunal militaire. Quand les condamnations furent prononcées, j'étais assez abattue, d'autant que ce n'était pas la première fois que j'avais des clients condamnés à mort au cours de cette même semaine. Gacem et Labdi m'ont réconfortée en me disant qu'ils iraient à la mort sinon avec joie du moins avec fierté, qu'ils étaient des militants de l'indépendance algérienne et qu'ils mourraient pour leur pays. Une attitude qui ne pouvait que susciter mon respect. Tous les deux ont été exécutés.

Mais l'épreuve la plus dure a été pour mois le procès des accusés des attentats commis, quelques semaines auparavant, au stade d'El Biar et au stade municipal d'Alger, à l'époque où le FLN avait décidé la tactique des attentats aveugles pour forcer le dialogue, tactique discutable, bien entendu (un attentat qui fit 17 morts et 45 blessés). 

Je défendais personnellement six personnes, dont deux jeunes filles de seize ans, Baya Hocine et Djouer Akhrour, qui n'ont pas été déférées devant ce tribunal mais jugées plus tard par la Cour d'assises des mineurs d'Alger. À leur procès qui a eu lieu en décembre, où j'ai plaidé avec Renée Stibbe, le tribunal les a condamnées à mort, mais le jugement a été cassé par la Cour de cassation, et la Cour d'assises pour mineurs d'Oran les a condamnées ensuite à la détention à perpétuité. À Alger, en mars 1957, je défendais les quatre hommes, tous considérés comme majeurs, qui étaient les principaux accusés. L'attentat du stade municipal d'Alger avait causé la mort de huit personnes, dont un enfant de neuf ans, et blessé 24 spectateurs, et celui d'El Biar avait fait deux morts et treize blessés. C'était la première fois que nous nous trouvions devant une affaire de terrorisme aveugle et il fallait dire si, oui ou non, nous assumions leur défense. J'ai téléphoné à Stibbe, puisque je le représentais, et il m'a fait cette réponse : "Fais selon ta conscience !". Je les ai défendus et mes clients ont tous été condamnés à mort (en l'occurrence, l'accusation reposait sur des preuves matérielles et ils n'ont pas été torturés). Le président Coty refusera la grâce et les quatre hommes seront exécutés. La salle, d'ailleurs, criait "À mort !", aussi bien à leur encontre qu'à l'égard du défenseur que j'étais. Charles Lederman, présent à Alger pour plaider dans une autre affaire, a estimé que j'étais personnellement en danger et m'a fait rentrer aussitôt en France.

Je me souviens aussi des exécutions, au terme de nuits absolument folles, dramatiques, où le patriotisme s'exhalait par des chants à travers toute la prison de Barberousse. Il y avait les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Cela commençait à la tombée de la nuit et durait jusqu'à trois heures du matin. Cela m'a été raconté souvent aussi par d'anciens clients, qui, bien des années après, sont devenus des amis.

J'en viens à la question qui nous est posée : comment peut-on être aujourd'hui dreyfusard ? Les temps ont changé, mais il est évident qu'être aujourd'hui dreyfusard, c'est faire revivre, d'une façon ou d'une autre, dans des conditions différentes, l'héritage des Justes qui ont défendu Dreyfus et qui ont amené finalement le pouvoir à céder et à réhabiliter cet homme. Etre dreyfusard, c'était, au temps de la Résistance, prendre parti contre les nazis, c'était au temps de la guerre d'Algérie soutenir par tous les moyens le peuple algérien dans sa résistance au colonisateur. Et aujourd'hui, la lutte contre les discriminations n'a pas pris fin, bien au contraire. L'antisémitisme existe toujours, mais il n'est plus seul. La colonisation a laissé bien des traces et il s'est trouvé un parlement pour proclamer son caractère prétendument positif. Heureusement, on a renoncé à ce texte. La guerre d'Algérie continue d'empoisonner les souvenirs. Être dreyfusard aujourd'hui, c'est être avide de vérité et de justice et ne pas supporter les discriminations quelles qu'elles soient. C'est lutter contre toute forme de discrimination, d'une façon essentielle, y compris contre celles qui touchent des peuples tout entiers et les réduit à la misère ; or la pauvreté, à l'heure actuelle, est étendue sur le globe d'une façon qu'aucun esprit ne peut supporter s'il est attaché à la dignité et à la justice. C'est le combat qui s'offre aujourd'hui aux hommes de bonne volonté."

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 15:25
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur
Guerre d'Algérie, colonisation, histoire et mémoires: un mardi de l'éducation populaire exceptionnel avec l'historien Tramor Quemeneur

La France face à son histoire... au miroir de l'Algérie.  

Des millions de français ont un lien avec l'Algérie, de près ou de loin. Cette guerre terrible de décolonisation de 8 ans a fait 28 000 morts côté français, au moins 400 000 à 500 000 côté algérien.   

Ce mardi 27 janvier 2026, nous avons vécu une passionnante et précieuse conférence sur la conquête et la guerre d'Algérie, le choix de l'insoumission et du refus, la mémoire de cette guerre, de l'historien Tramor Quemeneur, président pour la partie française de la commission mixte d'historiens franco-algérienne, pour le premier des Mardis de l'Éducation Populaire de l'année 2026.

Le local du PCF était bien rempli avec plus de 40 participants à cette conférence- débat (malgré une publicité minimaliste de la presse). Avec pondération, sens de la nuance, sans langue de bois, l'historien Tramor Quemeneur, auteur d'une thèse remarquée sous la direction de Benjamin Stora sur l'insoumission pendant la guerre d'Algérie, nous a éclairés sur les enjeux mémoriels autour de la conquête et de la guerre de l'Algérie. 

Cette conférence s'est prolongée au bout d'une heure et demi d'intervention très complète de Tramor Quemeneur, l'enfant du pays, dont c'était la première conférence à Morlaix sur son sujet de thèse et de spécialité historique, lui qui a écrit déjà pas loin de 10 livres, dont le plus connu s'est vendu à 55 000 exemplaires (Algérie, 1954-1962: Lettres, carnets, et récits des Français et des Algériens dans la guerre, aux éditions Les Arènes, écrit avec Benjamin Stora), par une heure de questions et de témoignages jusqu'à 20h30, avec notamment le témoignage de Michel Marzin qui s'engagea avec courage comme appelé du contingent contre le putsch des officiers ultras jusqu'au-boutistes de l'Algérie française, mais aussi le témoignage de plusieurs autres participants sur les traumas, les relations franco algériennes, le rôle et les mots d'ordre du PCF et du Parti communiste algérien à l'époque par rapport à la paix et l'indépendance, l'état de l'opinion pendant la guerre d'Algérie, les conséquences et prolongements politiques pour le gauche et le droite française, le rôle de l'enseignement de l'histoire de la guerre d'Algérie, de sa place dans les programmes scolaires, de séries générales, technologiques, et professionnelles, la désagrégation de notre relation à l'Algérie, les passions politiques qu'elle suscite, elle et la mémoire de cette sale guerre, etc.

Un immense merci à Tramor Quemeneur et tous les participants de ce beau et précieux moment d'éducation populaire et d'éclaircissement comme d'approfondissement d'une question douloureuse qui continue de travailler la mémoire collective.

Merci à Pierre-Yvon Boisnard pour ses photos et son diaporama! 

Merci à Jean-Yves Quemeneur son oncle, et à Anne Guillou de nous avoir mis en relation avec Tramor Quemeneur. 

Prochaines conférences des Mardis de l'éducation populaire: 

- le mardi 17 février, 18h: Greg Oxley sur la poussée de l'extrême-droite, du nationalisme et de l'autoritarisme dans le monde, notamment en occident et dans les pays anglo-saxons

- le mardi 31 mars, 18h: Morgane Le Guyader sur la Colombie du président Petro et l'expérience politique de la gauche dans ce pays 

Mardi de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix avec Tramor Quéméneur le 27 janvier 2026. Diaporama Pierre-Yvon Boisnard

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 15:25
« L’histoire bégaie sacrément » : la leçon d’humanité de Lucienne Nayet, fille de déporté juif, au lycée de Kerneuzec (Ouest-France Quimperlé, 9 janvier 2026)

Ouest-France, 9 janvier 2026

Fille de déporté, cachée à sa naissance sous l’Occupation, la
Locquénolésienne (Finistère) Lucienne Nayet, présidente du Réseau
national des musées de la Résistance, est intervenue jeudi 8 janvier
2026 au lycée de Kerneuzec, à Quimperlé (Finistère). Le récit d’une
enfance brisée et d’un appel aux jeunes à ne pas subir et à être vigilants
pour éviter que l’histoire ne se répète.


"Ne baissez jamais la tête. Soyez vigilants et faites attention à ce qui se
passe autour de vous. Surtout réagissez et n’acceptez pas
l’inacceptable, parce que l’insoutenable est peut- être devant vous."
Ces
quelques mots ont empli jeudi 8 janvier 2026 l’amphithéâtre du lycée de
Kerneuzec à Quimperlé (Finistère) à l’issue d’une poignante leçon de
résilience et d’humanité, dispensée aux cinq classes de terminale.
Déclarée morte-née le 4 août 1941


Le récit de sa vie est d’abord celui d’une enfance brisée. Ses parents,
juifs polonais, émigrent en France en 1930 pour fuir la montée de
l’antisémitisme. Ils s’imaginent à l’abri au Pays des Lumières. Ils ouvrent
une boutique de tailleur à Paris. La grande sœur de Lucienne naît en
1933. Arrive la guerre. Le 15 mai 1941, son père reçoit un billet vert de la
police française. Convoqué comme 4 600 autres juifs étrangers pour une
vérification de papiers, il s’y rend sans crainte, laissant sa femme,
enceinte de Lucienne. C’est pour lui le début de l’enfer. Il ne reviendra
pas, d’abord interné puis déporté en 1942 à Auschwitz.


Lucienne naît le 4 août 1941, à l’hôpital Rothschild. Comme beaucoup
d’enfants juifs, elle est déclarée morte-née par le personnel médical, qui
ainsi la protège en la faisant disparaître des radars. Ce qui scelle de
facto un destin d’apatride, et une vie dans l’illégalité avec des faux
papiers. On la cache à la morgue, avant le départ pour Pouzauges en
Vendée, où son aînée est déjà accueillie dans une famille de fermiers.
Impossible pour la mère et le nourrisson d’y trouver refuge. 

Elles atterrissent dans un logement de 20 m², proposé par le curé du
village. On y est resté quatre ans, avec interdiction de sortir. Il ne fallait
pas faire de bruit, ni pleurer, ni parler, ni courir, ni jouer. Des gens nous
apportaient à manger. Ils étaient des héros de l’ombre, parmi tant
d’autres. Lucienne leur rend hommage. Il faut savoir résister. La France
était aussi un pays courageux, à côté de ceux qui vous dénonçaient pour
un morceau de pain.


Une inlassable passeuse de mémoire
À la Libération, le retour à Paris. La clé n’ouvre plus la porte de
l’appartement familial dans le XI e arrondissement. L’association le
Croissant rouge leur trouve un logement dans le XX e. Trop petit pour
elles trois. La priorité était que ma sœur aille à l’école. J’ai été placée
dans une famille d’accueil. Des gens merveilleux , raconte Lucienne.
Les déportés qui étaient rapatriés arrivaient à l’hôtel Lutetia. L’un d’entre
eux a reconnu mon père sur une photo et a dit qu’il était mort. L’homme
deviendra par la suite son beau-père. En résumé : l’histoire d’une
jeunesse fracassée et d’un profond mal être persistant. Officiellement ni
née, ni déclarée, son admission à l’école n’avait tenu qu’à l’obtention de
faux papiers. J’étais infernale, très turbulente. Elle voulait savoir, posait
beaucoup de questions et se heurtait au silence. Ma mère ne voulait
sans doute pas partager mes souffrances. Elle n’avait qu’un seul désir
que je travaille bien à l’école. Le déclic intervient à sa mort en 1988. J’ai
commencé mes recherches.
Jusqu’à reconstituer peu à peu le fil de son enfance, en se rendant à
Pouzauges, puis en consultant les archives nationales. Recueillir des
témoignages sur l’occupation n’a pas été simple. Les gens ne parlaient
pas beaucoup de cette période. Il a fallu qu’en 1995, Chirac reconnaisse
la responsabilité de la France pour que les bouches s’ouvrent.
Présidente du réseau national des musées de la résistance, Lucienne
Nayet se voit aujourd’hui en passeuse de mémoire. Elle multiplie les
interventions auprès des scolaires et est ainsi intervenue jeudi à
Kerneuzec, à la demande de deux professeures, Lisa Dubeau et Céline
Guillemin. À l’arrivée, deux heures d’échanges, beaucoup de questions
et une charge émotionnelle parfois difficilement contenue. Mais elle
l’assure : Je ne suis pas là pour faire pleurer. Je ne suis pas animée par
la haine ni par la vengeance. J’essaie toujours de comprendre le
pourquoi des choses. L’histoire ne se répète pas, mais elle bégaie
sacrément.

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27 janvier 2026 2 27 /01 /janvier /2026 06:41
Mardi 27 janvier, 18h: La Guerre d'Algérie: Mardi de l'éducation populaire avec l'historien Tramor Quemeneur,  Secrétaire général de la commission mixte franco-algérienne d'historiens
Mardi 27 janvier, 18h: La Guerre d'Algérie: Mardi de l'éducation populaire avec l'historien Tramor Quemeneur,  Secrétaire général de la commission mixte franco-algérienne d'historiens
Mardi 27 janvier, 18h: La Guerre d'Algérie: Mardi de l'éducation populaire avec l'historien Tramor Quemeneur,  Secrétaire général de la commission mixte franco-algérienne d'historiens
Mardi de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix 
 
" la Guerre d'Algérie: l'engrenage de la violence, le refus de la guerre, la mémoire et l'empreinte"
 
Mardi 27 janvier à 18h au local du PCF Morlaix, 2 petite rue de Callac
 
avec Tramor Quemeneur, historien spécialiste de la guerre d'Algérie, de l'Algérie coloniale et de l'insoumission
 
 Tramor Quemeneur est le secrétaire général de la commission mixte franco-algérienne d'historiens (pour la partie française), travaillant pour la présidence de la République. 
 
Il est l'auteur d'une thèse remarquée en 2007 sous la direction de Benjamin Stora : Une guerre sans "non"? Insoumissions, refus d'obéissance et désertions de soldats français pendant la guerre d'Algérie (1954-1962)
 
Tramor Quemeneur est aussi l'auteur de nombreux ouvrages: parmi lesquels le "Dictionnaire de la guerre d'Algérie", "Vivre en Algérie. Du XIXe au XXe siècle", "La guerre d'Algérie en direct", de "Algérie : 1954-1962 - lettres, carnets et récits des français et des algériens dans la guerre". 
Mardi 27 janvier, 18h: La Guerre d'Algérie: Mardi de l'éducation populaire avec l'historien Tramor Quemeneur,  Secrétaire général de la commission mixte franco-algérienne d'historiens
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26 janvier 2026 1 26 /01 /janvier /2026 15:36

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire "Communistes" lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

 

Les 200 familles

François DE WENDEL

Le 22 janvier s’ouvre à Lyon Villeurbanne le 8e congrès du PCF (jusqu’au 25 janvier). Le Parti revendique 74 000 membres (contre 28 000 en 1933). En deux ans le chiffre a plus que doublé. On compterait 25 000 JC. « En avant pour les 100 000 adhérents », clame une banderole du congrès. Maurice Thorez est réélu secrétaire général.

Le manifeste adopté à l’issue du congrès évoque notamment le poids des « 200 familles » qui contrôleraient l’économie française. Le thème fait écho aux 200 actionnaires qui supervisent la Banque de France à sa création (en 1800). On dit qu’à l’origine c’est le radical Daladier qui utilise l’expression, dès 1934 ; mais ce sont les communistes qui vont assurer à ce mot d’ordre un succès phénoménal au cours de l’année 1936.

Dans le film « La vie est à nous » de Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois (1936), produit par le PCF, le personnage d’un instituteur, interprété par le comédien Jean Dasté, fustige ainsi les grandes fortunes : « La France n’est pas aux Français car elle est à deux cents familles. La France n’est pas aux Français car elle est à ceux qui la pillent. »

À partir du 19 janvier 1936, le journal l’Humanité consacre une longue série d’articles (jusqu’en août), bien documentés, signés Augustin Hamon et surtitrés : « Et voici les 200 familles », où défilent les de Wendel, les Schneider, les Neuflize. La série commence ainsi : « On croit communément que la France vit sous un régime démocratique. C’est une erreur complète. Le régime de la France est celui d’une oligarchie ploutocratique. Ce sont les grands riches qui sont les maîtres quasi absolus du pays. Nous disons quasi absolus parce qu’il faut tout de même tenir un peu compte de l’opinion et des aspirations des millions de dirigés. Ces grands riches détiennent entre leurs mains toute l’économie du pays. Ils en administrent, ils en gèrent tous les éléments, dans toutes les branches, l’eau, le gaz, l’électricité, les transports par voie ferrée et par air ; les canaux, les ports ; les transports par route ; les mines, la métallurgie, le textile, qui sont les industries de base de l’économie ; les industries de l’alimentation et de la construction ; les entreprises coloniales et à l’étranger les assurances et enfin les banques. »

En ce début 1936, des informations de presse font état de la fabrication massive (et secrète ? mais c’est un secret de Polichinelle) du bombardier Heinkel He 111 pour la Luftwaffe, alors que l’Allemagne n’avait pourtant pas le droit, selon le traité de Versailles, de concevoir des appareils militaires. Ces avions seront engagés dès l’année suivante dans la légion Condor pour bombarder les Républicains espagnols.

Gérard Streiff

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23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 20:45
L'évangile de la révolution: un excellent film sur l'influence du christianisme d'émancipation porté par la théologie de la libération dans les luttes sociales et révolutionnaires en Amérique Latine, par François Xavier Drouet
L'évangile de la révolution: un excellent film sur l'influence du christianisme d'émancipation porté par la théologie de la libération dans les luttes sociales et révolutionnaires en Amérique Latine, par François Xavier Drouet
Un grand merci à l'ACAT, au Festisol, et à la Salamandre de nous avoir fait découvrir ce jeudi 22 janvier à Morlaix "L'évangile de la révolution" en présence du réalisateur François Xavier Drouet, un film soutenu aussi bien par l'ACAT, le CCFD- Terre solidaire, que par les amis de l'Huma, et les amis du Monde Diplomatique.
Ce film d'une grande profondeur, alternant interviews et images d'archives, revisite les mouvements révolutionnaires des années 60, 70, 80, soutenus par une partie de l'Eglise, et notamment de nombreux prêtres, moines et évêques, et surtout des communautés chrétiennes de base, chrétiennes et marxistes, en Amérique latine, du Salvador au Nicaragua, en passant par le Mexique et le Brésil, là où tout a commencé. Des luttes émancipatrices contre des dictatures de droite et d'extrême-droite ardemment soutenues et armées par les États-Unis pour faire face au péril communiste et rouge dans le cadre du plan "Condor" qui s'est traduit par des dizaines de milliers d'exécutions, d'enlèvements, de tortures, d'assassinats de prêtres, de religieuses, de communautés chrétiennes pendant des messes. Il montre l'engagement de certains religieux, y compris d'origine européenne, dans les guerillas populaires pour protéger le peuple contre le terrorisme des oligarchies et de leurs dictatures. Ce film est une leçon de courage et d'humanité, il montre la force de l'unité et de l'organisation des humbles en Amérique Latine, notamment avec Lula pendant les grandes grèves de Sao Paolo qui ont fait tombé la dictature brésilienne. La théologie de la libération, violemment combattue par le pape Jean-Paul II, ardemment anti-communiste qui a réformé l'église pour marginaliser les marxistes, reposait sur l'idée que les pauvres ne sont pas objets de charité et de bonne conscience pour les riches, mais le parti pris de Dieu, et des acteurs de leur libération. Donner à celui qui a faim d'accord, mais surtout empêcher que des gens aient faim quand d'autres vivent dans l'opulence. Les chrétiens se réclamant de la théologie de la libération n'opposaient pas salut terrestre et salut céleste, ils vivaient pour que la vie humaine ait de la valeur ici et maintenant, toutes les vies, notamment celles des pauvres, reprenant le message initial des Évangiles, et son approche égalitaire. Cette affirmation est à l'origine du mouvement des sans terre au Brésil, de la lutte des indiens marxistes du Chiapas, et sans doute un des points de départ de l'altermondialisme même si la violence de la répression et de l'effort de marginalisation de la théologie de la libération au sein de l'église ont ouvert la voie au retour des régimes d'extrême-droite en Amérique Latine, appuyées sur des églises évangélistes intégrées à l'idéologie capitaliste et états-unienne. Ce film avec des images d'archive incroyables est foisonnant d'enseignements et nous donne des clefs à la fois sur la construction d'une réponse collective d'émancipation populaire, le lien entre le national, le religieux, et l'idéal révolutionnaire, et sur les raisons du reflux de l'espérance révolutionnaire. Il donne aussi la parole à des chrétiennes et des chrétiens d'une intelligence, d'une dignité et d'une force morale exceptionnelle, qui ont lutté avec le peuple et pour lui, contre le pouvoir et la morgue de l'argent et des régimes oligarchiques hérités de la colonisation, de l'esclavage, de siècles d'exploitation capitaliste.
 
Ismaël Dupont 
 
« L’Évangile de la Révolution » : sur les traces de la théologie de la libération

Du Salvador au Mexique, le documentariste François-Xavier Drouet promène sa caméra sur les traces des révolutions latino-américaines inachevées, dans lesquelles la théologie de la libération a joué un grand rôle.

Cyprien Caddeo, L'Humanité, 2 septembre 2025

Le voyage de François-Xavier Drouet tient du pèlerinage. Le documentariste français, âgé de 46 ans, arpente l’Amérique latine depuis les années 1990, mais livre ici son premier film sur ce continent marqué par de fraîches révolutions. Du Salvador au Mexique, en passant par le Brésil et le Nicaragua, il s’agit d’en restituer les traces, de constater les impasses, les échecs.

De reconnecter surtout avec une spécificité locale : la théologie de la libération. Karl Marx a beau avoir déclaré que la religion est l’opium du peuple, les soulèvements sud-américains se sont faits avec le christianisme, et en son nom.

Drouet opte donc pour une approche didactique appréciable pour ceux qui ne connaîtraient rien à ce continent politique, intellectuel et spirituel. Le documentaire alterne entre images d’archives et témoignages sur place. C’est une histoire d’enthousiasme révolutionnaire et de répression sanglante.

Au Salvador, un prêtre belge raconte ses années de maquis avec le Front Farabundo Marti de libération nationale et explique comment les guérilleros ont résolu – ou plutôt enjambé – l’équation insoluble suivante : concilier exigence de non-violence et lutte armée. À El Mozote, on exhume encore les corps des 988 paysans tués par la contre-révolution financée par les États-Unis, en 1981.

Une Église dans l’Église

Au Brésil, on convoque un vieux sermon de Helder Camara et cette phrase : « Quand je donne à manger aux pauvres, on me qualifie de saint. Quand je demande pourquoi ils sont pauvres, on me traite de communiste. » Des suiveurs du célèbre évêque témoignent de leur excommunication pour avoir poursuivi ce travail doctrinal. Au Mexique, Drouet retrouve des vétérans zapatistes du Chiapas, où perdurent les rêves d’auto-organisation.

 

Dans le sillage de la révolution cubaine de 1959 et de Vatican II, les tenants de la théologie de la libération ont formé une Église dans l’Église. Ces croyants révolutionnaires, qui se réfèrent au « Dieu des pauvres » et au message du Christ plutôt que sa traduction dévoyée par les élites pontificales, ont fâché le Vatican. Jésus n’était-il pas précisément une figure d’opposition à une puissance impériale, Rome, dont l’Église a désormais fait son siège ? C’est ce que défendent les témoins interrogés par Drouet.

’Évangile de la révolution consacre par ailleurs une longue séquence à un moment historique pour l’Amérique centrale, très largement méconnu sous nos latitudes : la visite en 1983 de Jean-Paul II au Nicaragua, alors gouverné par les révolutionnaires sandinistes.

Le souverain pontife refuse de bénir les ministres « mauvais chrétiens » et accuse tout un peuple abasourdi « d’affaiblir l’unité de l’église » en préférant la doctrine marxiste au christianisme. En partie hué, Karol Wojtyla devra prendre ses mules papales à son cou et écourter sa visite. Ce jour-là, le Saint-Siège perd une bataille, mais le documentaire nous rappelle, amer, qu’il finira par gagner la guerre.

L’Évangile de la Révolution, de François-Xavier Drouet, France-Belgique, 1 h 55

Le précieux héritage d’un christianisme de libération

Née en Amérique latine, la théologie de la libération entendait faire des pauvres et des exclus les acteurs de leur émancipation. Une lecture marxiste du message de Jésus qui s’attirera, hélas, les foudres des forces réactionnaires.

Rosa Moussaoui, 24 décembre2022

Peut-être faut-il rechercher les sources de ce profond mouvement d’émancipation parmi les premières voix qui s’élevèrent contre la traite esclavagiste. Celles, par exemple, quelques décennies avant les premières lueurs des Lumières, de deux moines capucins : le Jurassien Épiphane de Moirans et l’Aragonais Francisco José de Jaca. Dans le XVIIe siècle finissant, tous deux plaidèrent avec ferveur auprès de la cour espagnole et de la cour pontificale pour la liberté des Noirs. L’un était établi à la Martinique, l’autre à Caracas. Partout sur les rives de l’Atlantique et des Caraïbes, ils jetèrent l’anathème sur le commerce des êtres humains, soufflèrent sur les braises des révoltes, jusqu’à susciter l’ire des propriétaires d’esclaves, des gouverneurs coloniaux et de la hiérarchie ecclésiastique.

L’Église des pauvres

Au mitan du siècle dernier, c’est dans la filiation de ces religieux insurgés contre l’esclavage et les ignominies du colonialisme que s’inscrivirent les jeunes prêtres latino-américains initiés au marxisme à l’occasion de séjours d’études en Europe. Cette génération fit émerger au sein du clergé, sur ce continent défiguré par la misère, traversé par l’onde de choc de la révolution cubaine, une nouvelle élite sensible au sort des opprimés, mue par un profond désir d’égalité, de justice et de transformation sociale. Leur christianisme de libération se cristallisa lors de la deuxième conférence générale de l’épiscopat latino-américain qu’ouvrit à Medellin, le 24 août 1968, le pape Paul VI. Là surgit cette « Église des pauvres » au diapason des souffrances du peuple, prête à faire front contre les régimes autoritaires. Prête, aussi, à reconnaître la légitimité de la voie insurrectionnelle. Les fonts baptismaux de la théologie de la libération étaient posés ; celle-ci encouragera l’émergence d’une praxis pastorale donnant corps à une Église populaire aux marges des hiérarchies officielles ; elle portera des religieux vers le compagnonnage avec les mouvements révolutionnaires, jusqu’à la prise d’armes pour certains. De quoi faire écumer le Vatican comme les États-Unis, parrains de dictatures fantoches décidées à éradiquer à tout prix toute forme de subversion. La théologie de la libération paiera un lourd tribut à cette répression féroce, jusqu’au martyr pour certaines figures.

Dès 1978, l’accession de Jean-Paul II au pontificat avait engagé la hiérarchie de l’Église catholique dans cette même croisade anticommuniste : Karol Wojtyla s’est employé à réduire au silence le christianisme de libération, quitte à laisser la voie libre aux églises évangéliques. « Finalement, ils ont aidé l’oppression, remarquait le théologien brésilien Leonardo Boff dans les colonnes de l’Humanité en 2005. Si l’Église n’écoute pas le cri des opprimés, elle perd les pauvres. Et si elle perd les pauvres, peut-on dire qu’elle s’inscrit dans l’héritage de Jésus, le libérateur ? » Ce cri des opprimés, au terme d’une ère d’ostracisme et de bannissement, de représailles et de chasse aux sorcières, des prêtres et des fidèles catholiques l’accueillent encore malgré tout, du Chiapas aux barrios de Caracas, des favelas de Rio de Janeiro jusqu’aux plantations de l’Arauca en Colombie. Et ce cri dit, encore, un irrépressible désir de libération.

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21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 16:23
Conférence-débat organisée le jeudi 22 janvier à la Salamandre par l'ACAT sur le film "L'évangile de la révolution"
L'ACAT a le plaisir de vous convier plus particulièrement à participer à la projection du film "L'Evangile de la Révolution" qui sera projeté à la Salamandre ce Jeudi 22 Janvier à 20h30.
 
(C'est la dernière manifestation entrant dans le programme de FESTISOL. )
 
Ce film a été soutenu par l'ACAT France et rejoint nos luttes et actions en faveur des populations qui se battent aujourd'hui encore pour la protection de leurs terres indigènes
 

Jeudi 22 janvier : Rencontre avec François-Xavier Drouet, réalisateur de “L’évangile de la Révolution”

Le Jeudi 22 Janvier, le cinéma La Salamandre à l'honneur d'accueillir François-Xavier Drouet, réalisateur, pour participer à un échange à l’issue de la projection de son documentaire, "L'Évangile de la Révolution", dans le cadre du Festisol.

L'ACAT Morlaix (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture) sera également présente pour participer à la discussion.

François-Xavier Drouet, né en 1980, a suivi le master de réalisation documentaire de Lussas, en Ardèche, après des études en sciences sociales. Fasciné par l'histoire politique de l'Amérique Latine, il y voyage depuis ses 20 ans.

SYNOPSIS

Le souffle révolutionnaire qu’a connu l’Amérique latine au XX siècle doit beaucoup à la participation de millions de chrétiens, engagés dans les luttes politiques au nom de leur foi. Portés par la théologie de la libération, ils ont défié les régimes militaires et les oligarchies au péril de leur vie. À rebours de l’idée de la religion comme opium du peuple, le film part à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont cru voir dans la révolution l’avènement du Royaume de Dieu, sur la terre plutôt qu’au ciel.

Jeudi 22 janvier

20h30 - Début du film

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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