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11 août 2025 1 11 /08 /août /2025 05:00
Affiche commandée par le ministère du travail algérien finançant également la pièce de Kateb Yacine, l'ami d'Issiakhem, que cette affiche illustre

Affiche commandée par le ministère du travail algérien finançant également la pièce de Kateb Yacine, l'ami d'Issiakhem, que cette affiche illustre

Histoires d'Algérie: M'hamed Issiakhem, peintre emblématique de l'Algérie indépendante et artiste sympathisant communiste
M'hamed Issiakhem est un artiste emblématique de l'Algérie qui gagne à être connu pour ceux qui n'auraient pas cette chance déjà. Il est né en 1928 en région kabyle près d'Azeffoun (ex Port Gueydon) et a grandi à Relizane où son père est propriétaire de bain maure dans l'ouest algerien. Un événement tragique fait basculer son destin à la fin de la seconde guerre mondiale: une grenade volée aux troupes américaines avec des amis à 15 ans lui explose dans les mains et lui coûte en plus d'un bras, la vie de trois membres de sa famille. C'est lors de son hospitalisation à la suite de ce terrible accident qu'il va prendre le goût du dessin, comme Frida Kahlo. En 1950 il s'inscrit à l'école nationale des Beaux Arts puis rejoint Paris où il suit des cours de gravure. Il y rencontre le poète et romancier Kateb Yacine, journaliste à Alger Républicain également, et devient son ami. Proche des communistes et des étudiants algériens de Paris il défend la lutte pour l'indépendance de son pays pendant la guerre d'Algérie. En 1962 il retrouve Kateb Yacine à Alger et ils travaillent tous deux pour Alger Républicain qui reparaît en juillet 62, le journal de Henri Alleg, Boualem Khalfa, et Abdelhamid Benzine dont il devient un intime, tous trois des communistes indépendantistes du PCA ayant intégré le front national de libération algérien et subi les affres de la répression et des bagnes du colonialisme français. Issiakhem illustre à ce moment le récit témoignage "Le camp", journal de prison du dirigeant communiste Abdelhamid Benzine qui paraît en feuilleton dans "Alger Républicain" en 1962, comme "La question" d'Henri Alleg. Ses dessins de presse et caricatures sont mordants. Et à plusieurs reprises il illustre en pleine page les Unes d'Alger Républicain avec des dessins populaires, enthousiastes et rassembleurs au service de la révolution algérienne.
Issiakhem fait partie des artistes révolutionnaires qui comme Malek Haddad et Kateb Yacine veulent "gagner un public populaire à leur art" et affirmer leur solidarité avec le peuple. Il enseigne à l'école des Beaux Arts d'Alger et à l'école des Beaux Arts d'Oran et pratique le dessin de presse tout autant qu'une peinture plus savante, sombre et exigeante, hantée par le sacrifice des femmes dans la révolution algerienne, la torture et la mort. Il illustre aussi dans son style personnel les poèmes de Kateb Yacine de manière somptueuse. En 1972 il visite le Vietnam et il y affirme son soutien à la lutte contre l'impérialisme du Vietminh. Il séjourne à Moscou en 1977 et 1978 et y approfondit à la fois sa connaissance du communisme et son amour de la littérature russe, de Dostoïevski, Pouchkine, Maïakovski. Il réalise des affiches de pièces de théâtre et de couvertures de nouvelles et de romans de Kateb Yacine, des unes de magazines qui font penser à des affiches politiques aussi bien que des tableaux plus personnels, mélancoliques, torturés et expressionnistes. On lui doit de superbes visuels de billets de banque de l'Algérie indépendante, de timbres de l'état algérien, des pochettes de disques de musique algérienne, et beaucoup de portraits de femmes.
Issiakhem meurt le 1er décembre 1985. 
 
 
Source: livre collectif paru sous la direction de Djaafar Inal en 2007 "Issiakhem la face oubliée de l'artiste". 
Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Couverture d'Alger Républicain par M'hamed Issiakhem

Autoportrait de M'hamed Issiakhem

Autoportrait de M'hamed Issiakhem

Histoires d'Algérie: M'hamed Issiakhem, peintre emblématique de l'Algérie indépendante et artiste sympathisant communiste
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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 11:53
Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
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Histoires d'Algérie - Le grand retour d'Alger Républicain à l'Indépendance de l'Algérie
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"Alger Républicain" ne connaîtra un nouveau départ qu'après 7 ans d'interdiction pendant la e guerre d'Algérie, à l'Indépendance, en 1962.

A l'heure de l'indépendance, Henri Alleg, torturé par l'armée française, qui a exécuté son ami le mathématicien Maurice Audin, Henri Alleg l'inoubliable auteur de "La Question", est évadé de la prison de Rennes, où sera également enfermée Djamila Boupacha, défendue par l'avocate Gisèle Halimi, et réfugié à Prague.

Boualem Khalfa est évadé, et clandestin en France. Abdelhamid Benzine a été fait prisonnier au maquis comme Jacques Salort.

Le numéro 1 du nouvel "Alger républicain" est daté des mardis 17 et mercredi 18 juillet 1968. En réalité, il est rédigé plus de 15 jours avant. Les communistes algériens n'ont pas l'accord du GPRA et du FLN pour faire reparaître le journal mais ils décident de passer outre, sachant que des centaines de milliers d'Algériens attendent la reparution du journal principal de grande diffusion qui défendait des idées anticolonialistes avant la guerre d'indépendance. Ce sont des ouvriers de "La Marseillaise" organe régional du PCF dans le sud de la France qui vont préparer ce premier numéro d'Alger Républicain nouvelle formule. 

Un titre barre la première page: "Unis comme pendant la guerre de libération nationale, en avant pour l'indépendance, pour la construction de la République algérienne, pour la démocratie, la justice et le progrès!".

Henri Alleg, dans son dernier livre de mémoire, "Mémoire algérienne" (Stock, 2005) , rappelle les termes de cet éditorial: 

"Une Algérie détruisant les séquelles du colonialisme, offrant à tous, quelle que soit leur origine, les mêmes droits et les mêmes devoirs, avançant hardiment dans la voie de la démocratie, de la justice et du progrès... Une Algérie où la terre appartiendra enfin aux fellahs, aux ouvriers agricoles, où les richesses essentielles seront la propriété du peuple tout entier...". 

L'accent était mis sur la nécessité d'une large démocratie et du respect de la diversité des opinions: 

"Il est normal et utile que des nuances de pensée existent et s'expriment et c'est dans la libre discussion entre patriotes, tous également soucieux des intérêts de la patrie, que s'élaboreront les solutions les meilleures aux problèmes posés. Plus large et plus libre sera la discussion, plus clairs et plus nets apparaîtront à chacun les dangers à éviter et les objectifs à atteindre, plus profonde sera la mobilisation populaire autour d'eux et plus ferme sera l'autorité intérieure et extérieure du nouvel État algérien".  

Nous avons retrouvé l'original de ce n°1 d'Alger Républicain nouvelle formule, rédigé essentiellement par Henri Alleg, et publié en accord avec Salort et Benzine à Alger. 

"Alger Républicain" a troqué son en-tête bleu d'autrefois pour la couleur nationale de l'Algérie indépendante: le vert.

Le nouvel "Alger républicain" de l'Algérie nouvelle, toujours dirigé par Alleg et Benzine (Khalfa n'est pas encore rentré de France) tire à 80 000 exemplaires, un nombre d'exemplaires inégalé pour le journal progressiste et communiste. 

Ce tirage allait s'avérer insuffisant, bien que l'absence d'un service de messagerie allait en limiter la diffusion à Alger et sa banlieue. Le journal fut acclamé par des clameurs de joie dans les quartiers d'Alger: "Haoua dja Alger'publicain mta'na!" ("Notre Alger Républicain est revenu!"). Il est placardé sur les murs par des mains inconnues et bénévoles, collés dans les halls et devant les immeubles des cités HLM à Diar El Mahçoul, et au Clos Salambier. 

Les premiers mois, le tirage d'Alger Républicain de l'indépendance varie entre 80 000 et 100 000 exemplaires pour se stabiliser, après la parution de quotidiens du FLN dans les régions d'Oran et de Constantine, autour de 65 000 à 70 000 exemplaires, tandis que l'organe centrale du FLN, "Le Peuple" ("Ech Chaab" dans la version arabe) ne parvient pas à dépasser les 15 000 ou 20 000 exemplaires. L'étendue de la diffusion fait à cette époque d'"Alger Républicain" le plus grand quotidien d'Algérie.  

Le journal sera de nouveau de nouveau interdit au moment du coup d’État de Boumediene en 1965 faisant suite à l'interdiction du PCA en novembre 1962. Il reparaîtra à la fin des années 80 et pendant les années 90 au moment où les militants communistes du PAGS sortent de la clandestinité mais devra paraître dans un contexte où ses journalistes et équipes peuvent être la cible d'attentats terroristes islamistes. 

Ismaël Dupont 

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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 08:15
Histoires d'Algérie: Danielle Minne, alias Djamila Amrane Minne, une française d'Algérie engagée pour l'indépendance avec le FLN
Ils ne désarment pas... contre les partisans et acteurs de la décolonisation de l'Algérie.
Des militants d'extrême-droite, très certainement racistes et nostalgiques de l'OAS et de l'Algérie française, s'en sont pris de nouveau violemment à la maison départementale du parc de la Bergère à Bobigny qui porte depuis juin suite à une décision du Conseil départemental de Seine Saint-Denis le nom de Djamila Amrane-Minne, ex membre du Parti communiste algérien, puis du FLN, comme sa mère et son beau-père, ancienne combattante pour l’indépendance de l’Algérie.
La maison départementale de Bobigny Djamila Amrane-Minne a été partiellement incendiée dans la nuit du 4 au 5 août. Des tags haineux avaient déjà été inscrits trois semaines auparavant.
Djamila Amrane-Minne, née Danièle Minne, est une écrivaine, poète, militante et professeure des universités née le 13 août 1939 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et morte le 11 février 2017 à Alger.
Fille et belle-fille d'activistes communistes condamnés à mort, militante du PCA ayant intégré l'ALN comme sa mère Jacqueline Guerroudj, et son beau-père, Abdelkader Guerroudj, chef avec Yahia Briki du groupe communiste des Combattants de la Libération, camarade de Fernand Iveton et André Castel, ces militants communistes engagés en coordination avec l'ALN dans la lutte armée pour l'indépendance de l'Algérie, elle fut une militante du Front de libération nationale à Alger durant la guerre d'Algérie.
Arrêtée, condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison, emprisonnée d'abord à Barberousse d'abord à Alger, puis en France, à Rennes, elle a bénéficié de l'amnistie générale de 1962.
Installée en Algérie, après l'indépendance, elle est devenue professeure d'histoire . Durant les années 1990, se sentant menacée par les terroristes islamistes, en tant qu'intellectuelle femme progressiste et laïque, fuyant la violence en Algérie, elle a enseigné l'histoire de la décolonisation en France, à l'université Toulouse II-Le Mirail ; elle est devenue membre du Groupe de recherche sur l'histoire immédiate. Outre des poèmes, elle a écrit plusieurs ouvrages, dont l'un fondé sur 88 entretiens réalisés entre 1978 et 1986, sur la participation des femmes algériennes à la « Guerre de libération », un ouvrage préfacé par Pierre Vidal Naquet. Des poèmes de Djamila Amrane figurent parmi ceux de vingt-six auteurs dans "Espoir et parole", anthologie de poèmes algériens essentiellement écrits durant la « guerre de libération » et rassemblés par Denise Barrat, que publie en 1963 Pierre Seghers, avec des illustrations d'Abdallah Benanteur.
La nouvelle "Le Couscous du rêve" de Danièle Amrane a été publiée dans Alger-républicain en 1963.
Les parents de Danièle Minne, Jacqueline Netter, d'origine rouennaise, et Pierre Minne, professeur de philosophie, étaient arrivés en Algérie en 1948. Pierre Minne était un ancien résistant, militant anticolonial au Sénégal, qui en a été expulsé en 1947. Il s'est installé alors en Algérie, dans la campagne de Tlemcen où sa femme, Jacqueline Netter, allait devenir institutrice. Après son divorce, cette dernière se remarie avec Abdelkader Guerroudj et tous deux militent au PCA (parti communiste algérien). Danièle suit sa mère dans son travail militant dans les campagnes environnantes où elle découvre « les différences flagrantes, énormes, entre Algériens misérables et Européens largement à leur aise », ce qui la « choque profondément ». « Je ne comprenais pas comment ça pouvait être possible », ajoute-t-elle rétrospectivement.
Engagés dans l’insurrection de novembre 1954, ses parents sont visés, en mai 1955, par un avis d'expulsion du préfet d’Oran mais peuvent s’installer à Alger en janvier 1956.
En mai, à l’âge de 16 ans, Danièle participe à la grève des lycéen.ne.s et étudiant.e.s, puis épousant la cause de l’indépendance du peuple algérien, elle s’y engage à son tour. En pleine bataille d’Alger, elle entre dans la clandestinité sous le nom de Djamila, dans le groupe de Mohand Arezki Bennaceur.
Elle est formée et chargée de transports de documents, d’armes, ainsi que d’actions de sabotage. Elle participe en janvier 1957 à l’explosion du café l’Otomatic.
Activement recherchée, elle est conduite au maquis de la Wilaya III, où elle passe près d’un an en marches épuisantes, pour fuir les ratissages et les bombardements, à soigner les combattant.e.s et les populations blessées. Elle est arrêtée en novembre 1957, alors qu’elle est sur le chemin de la frontière tunisienne à la suite de la décision du colonel Amirouche d’évacuer des maquis les femmes et les étudiant.e.s, après le durcissement des opérations militaires en Kabylie. Condamnée à sept ans de prison, elle rejoint à la prison d’Alger ses sœurs de combat et sa mère (arrêtée en janvier 1957 dans l’affaire Fernand Iveton).
https://journals.openedition.org/clio/13782 - Article de Jacqueline Martin
Wikipédia.
 
ARCHIVES
DANIELLE MINNE, devant la cour d'assises des mineurs d'Alger
 
Le Monde
Alger, 9 juillet. - La jeune militante communiste Danielle Minne doit être jugée aujourd'hui à huis clos par la cour d'assises des mineurs d'Alger. Elle est impliquée dans plusieurs attentats commis en 1956 et 1957, tandis qu'elle était encore mineure. Sa défense est assurée par Me Bruguier, du barreau de Paris.
Danielle Minne a été arrêtée par une unité militaire le 26 novembre 1957 près de Bordj-Bou-Arreridj alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre la Tunisie dans un convoi sanitaire rebelle en compagnie de la doctoresse Nefissa Hamoud et de Louise Attouche.
Trois faits lui sont notamment reprochés : avoir fait le guet lors d'un sabotage de lignes téléphoniques le 10 novembre 1956 ; avoir transporté une bombe qui a explosé à Radio-Algérie le 14 janvier 1957 en causant des dégâts matériels; avoir accompagné Kerfallah Zaïa quand celle-ci déposa une bombe au bar de l'Otomatic le 26 janvier 1957.
La jeune Danielle Minne a toujours soutenu qu'elle ignorait la nature du paquet qu'elle avait transporté et la mission de Kerfallah Zaïa.
[Danielle Minne est la fille de Jacqueline Guerroudj et la belle-fille d'Adbelkader Guerroudj, tous deux condamnés à mort le 7 décembre 1957 lors du procès des " combattants de la libération ". Jacqueline Guerroudj et Abdelkader Guerroudj ont vu depuis lors leur peine commuée en celle des travaux forcés à perpétuité par suite de" mesures générales de grâce prises par le président de la République au début de l'année.)
Histoires d'Algérie: Danielle Minne, alias Djamila Amrane Minne, une française d'Algérie engagée pour l'indépendance avec le FLN
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8 août 2025 5 08 /08 /août /2025 05:15

 

En 1996, le président sud-africain Nelson Mandela se fend d’une allocution vidéo à destination du public de la Fête de l’Humanité. Un événement, après des années de combat en faveur de sa libération et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, auxquels notre journal a contribué.

 

Ce n’est pas le visage d’un ange, mais celui d’une icône qui est apparu au peuple de la Fête. Alors qu’il est à 12 000 kilomètres du stand de l’Association des élus communistes et républicains (Anecr) de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le sourire de Nelson Mandela s’affiche sur un écran géant : « Je souhaite m’adresser à chacun d’entre vous qui êtes présents à la Fête de l’Humanité, et plus particulièrement aux jeunes. »

Ce samedi 14 septembre 1996, devant plusieurs centaines de personnes, le président sud-africain lance un message d’espoir : « Nous pouvons regarder le XXe siècle et le millénaire qui est sur le point de se terminer avec la certitude que nous, de la vieille génération, avons au moins réalisé certaines tâches majeures. »

« Pour nous c’était formidable »

Dans une déclaration vidéo, le héros de la lutte contre l’apartheid poursuit : « Au milieu du siècle, le nazisme et le fascisme ont subi une défaite écrasante. Lors de la seconde moitié de ce siècle, le système colonial, qui privait la majorité des peuples du monde des droits fondamentaux, a été vaincu dans la plupart des endroits de la planète. » Avant de mettre en garde quant aux défis à venir : « Mais qui oserait affirmer que tous les problèmes de ce monde ont été résolus ? »

Dans la foulée de ce message du président Sud Africain, un échange entre la célèbre township de Soweto et la Courneuve a lieu en direct par liaison sattelite. A la tribue du stand de l'Anecr, Jean Louis Tessié, de la CGT Energie, rappelle qu'EDF avait su consctruire une centrale nucléaire au Cap durant l'Apartheid mais que sur les 4 milliards de francs de l'investissement à l'étranger en 1996, la somme consacrée à l'Afrique du Sud était dérisoire. Une remarque qui fait mouche.

À ses côtés, le président de l’Anecr, André Lajoinie, assure que la tâche des élus français était d’intervenir auprès de l’exécutif et des entreprises publiques pour obtenir des réparations. La conclusion reviendra à Sophie Masité, la maire de Soweto.

 

« Pour nous, c’était formidable », lance en guise de remerciements l’édile, avant que ne retentisse l’hymne national de l’Afrique du Sud chanté par les amis Soweto. Cet incroyable dialogue illustre la dimension internationaliste de la Fête, qui connaît un tournant après la chute du bloc soviétique.

Nelson Mandela célébré par « l’Humanité » bien avant sa libération

Cette forme d’échange rendue possible par les nouvelles technologies de l’époque sera reproduite en 1997 depuis le camp de Dheisheh, près de Bethléem, après la diffusion d’un message vidéo du président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. « La personnalité de Nelson Mandela a été tellement évoquée lors de la Fête ces dix dernières années que son intervention apparaît comme la suite logique d’une histoire déjà longue », assure l’Humanité dans son édition de la veille.

Dès l’embastillement du leader de l’African National Congress (ANC) lors du procès de Rivonia (1963-1964), la députée communiste Marie-Claude Vaillant-Couturier réclame sa libération à la tribune de l’Assemblée. Impulsé par la jeunesse communiste, le combat se matérialise par des manifestations de masse dans les rues, des meetings, ainsi que des actions pour entraver les transactions commerciales, notamment sur le charbon.

En 1984, 68 % des Français n’avaient jamais entendu parler de Mandela

Moins de six ans avant sa libération, une enquête de l’Humanité dimanche d’octobre 1984 révélait que 68 % des Français n’avaient jamais entendu parler de Nelson Mandela. « Le point d’orgue d’une campagne qui va croissante. (…) Nelson Mandela sera dans les cœurs à la Fête de l’Humanité. Il y sera d’autant plus naturellement que si son nom a franchi les barrières du silence complice en France, c’est grâce à la presse communiste », affirme l’Humanité dimanche.

Pour sa 50e édition, en 1985, la Fête de l’Humanité est dédiée au « plus ancien prisonnier politique du monde, comme l’ont été Julian Grimau, le communiste espagnol fusillé par Franco, et Angela Davis, l’Américaine, au moment où elle risquait la mort dans sa prison », précise le quotidien du 8 août.

La Cité internationale accueille un « espace Mandela » regroupant les stands de l’ANC, du Parti communiste sud-africain et de la Swapo, l’organisation de libération qui lutte en Namibie contre l’occupation illégale du régime ségrégationniste sud-africain.

En 1988, l’appel de Georges Marchais pour le prix Nobel

Ce dernier « est le seul pays du monde où le racisme fait partie intégrante de la Constitution et des lois. Dernier avatar des théories nazies, le régime de l’apartheid maintient au rang d’esclaves, sans partie sur leur propre terre, vingt millions de Noirs », poursuit l’Humanité sous la plume Michel Müller.

L’année suivante, en 1986, Yves Moreau, ancien résistant et chef du service international de l’Humanité, parvient à se rendre clandestinement à Soweto pour y réaliser un reportage. En 1988, Nelson Mandela fête ses 70 ans en prison. Sur la Grande Scène, le dimanche 11 septembre, Georges Marchais réitère sa demande de rupture de toute relation « avec ce régime monstrueux » d’Afrique du Sud, « comme le réclame l’ANC ».

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6 août 2025 3 06 /08 /août /2025 08:46

 

Théâtre d’un camp de concentration infâme de 1939 à 1942, la plage d’Argelès-sur-Mer fut pour les républicains espagnols synonyme de double peine. Déracinés par le franquisme, contraints de fuir les phalangistes en traversant les cols enneigés des Pyrénées, ils finissent entassés par milliers dans le sable et la promiscuité.

 

Le Caudillo les avait déjà arrachés à leur patrie, harassés, meurtris ; les voilà désormais parqués à même le sable, dépossédés de tout, flagellés par le vent glacial. Tout est à reconstruire. L’histoire de la Retirada (la retraite, en français), de nombreux réfugiés espagnols l’ont relatée des années plus tard, quand d’autres ont préféré enfouir ce souvenir déchirant.

Un événement qu’Albert Sarraut, alors ministre de l’Intérieur sous le gouvernement d’Édouard Daladier, qualifia salement de « mascaret humain » à la Chambre des députés1.

Entre janvier et février 1939, en moins de quinze jours, un demi-million de républicains espagnols trouvent refuge en France, dans ce qu’on appellera ultérieurement les « camps du mépris ». Lorsqu’on se prélasse aujourd’hui sur la plage d’Argelès-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), on est loin de se douter qu’elle fut l’un de ces camps de concentration français. Seul indice, un monolithe dressé en lieu et place de l’entrée sud du camp.

160 000 personnes entassées dès 1939

Marie Testas, née Navarro, était internée à ceux d’Agde et de Rivesaltes avec sa mère et sa petite sœur de 1939 à 1940, après un long calvaire depuis Madrid. Son père et son frère aîné avaient de leur côté été transférés à Argelès. Là-bas, « rien n’était prévu pour se protéger du froid, les gens n’avaient que l’immense plage de sable où ils creusaient des trous avec les mains pour s’abriter et coucher les enfants », se remémorait-elle dans un témoignage écrit.

Au total, ils sont plus de 160 000 à avoir été entassés dans les dix-huit îlots de cet enfer, du mois de février 1939, date à laquelle le camp est délimité à la hâte par des barbelés, jusqu’à sa fermeture en 1942, avec l’arrivée des nazis.

 

Parmi eux, des exilés espagnols, des anciens des brigades internationales, des nomades français ou encore des réfugiés de l’est de l’Europe, juifs étrangers compris. Le camp est surveillé par des spahis, ces unités de cavalerie française issues de l’armée d’Afrique. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Les conditions de vie à l’intérieur sont déplorables.

La faim ronge les corps. « Avec des bois flottés, des roseaux, des branches arrachées aux vergers, des couvertures, des murettes de sable, les internés confectionnent des « chabolas », des huttes de fortunes, retraçait l’ancien journaliste à la Dépêche du Midi, René Grando, dans sa contribution à l’ouvrage Républicains espagnols en Midi-Pyrénées. Dysenterie, typhus, paludisme ne vont pas tarder à apparaître, mais aussi les maladies mentales. »

L’afflux est tel qu’au « bout d’une semaine, le camp d’Argelès était déjà surpeuplé », notait l’historien Bartolomé Bennassar dans la Guerre d’Espagne et ses lendemains. Pendant ce temps, des camps similaires sont érigés sur le littoral, en plus de ceux implantés dans le Midi, comme sur les plages de Saint-Cyprien et du Barcarès.

À Argelès, si des baraquements sont ensuite bâtis, au départ, il n’y avait « ni cuisines, ni points d’eau, ni sanitaires, ni latrines. Pas un médecin ou une infirmière, malgré la présence de nombreux blessés et de femmes enceintes ! » précisait Bartolomé Bennassar, décédé en 2018.

Les internés effectuent leurs besoins directement dans la Méditerranée. Ils s’approprient à leur manière les lieux, à l’image de l’allée centrale du camp, renommée la « Rambla », une avenue de Barcelone.

Les durées d’enfermement varient. Sous le régime de Vichy, le camp sera transformé en Chantier de la jeunesse. De nombreux internés sont réquisitionnés pour faire tourner l’économie militaire. D’autres parviennent à rejoindre le maquis.

La IIe République espagnole déchue

Aux prémices de la Seconde Guerre mondiale, la guerre d’Espagne s’achève dans la douleur. Le 26 janvier 1939, Barcelone tombe aux mains des phalangistes. Le front de Catalogne s’effondre. Soutenu par l’Axe fasciste, profitant des politiques non interventionnistes des démocraties occidentales et du fait que la France ait lâché « les rouges », Franco parvient à triompher sur la jeune IIe République espagnole et instaure un régime dictatorial durable et sanglant.

Tel est le point de départ de la traversée des cols enneigés des Pyrénées, bien que des vagues de réfugiés aient afflué dès 1936. Un exode massif dont le gouvernement Daladier va sous-estimer l’ampleur : le camp d’Argelès est théorisé dès 1938 en anticipation de la chute de la République, mais rien n’en a été fait.

Alors que les exécutions arbitraires font couler le sang, il va surtout tarder à ouvrir les frontières et ce, après avoir tenté de négocier avec Franco la création d’une zone neutre entre Andorre et Portbou.

Si la part de responsabilité de la France dans cette débâcle divise les chercheurs, l’accueil indigne réservé aux républicains demeure une tache sur « le pays des droits de l’homme ». « Voilà quel aspect le gouvernement a donné à l’hospitalité française ! » résumait l’Humanité le 19 février 1939.

 
  1. « La Guerre d’Espagne et ses lendemains », Bartolomé Bennassar. ↩︎
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4 août 2025 1 04 /08 /août /2025 05:15

 

Dans l’ombre rouge de la vieille gare, le souvenir du tribun socialiste résonne encore. De la verrerie aux puits de mine, Carmaux fut le théâtre des luttes ouvrières menées aux côtés de Jean Jaurès.

 

À Carmaux, la gare voit arriver son rare lot de voyageurs. Quelques pigeons s’égarent sur les rails rouillés, tandis que le soleil cogne la façade ocre. L’édifice, imposant, révèle la singularité de ses briques de type belge, caractéristiques de l’architecture ferroviaire du début du XXe siècle. Ici et là, des fleurs de céramique de Sarreguemines s’épanouissent sur les murs. Elles semblent capter encore la ferveur passée.

Inaugurée en 1908, à l’initiative de la famille de Solages – puissants propriétaires des mines – cette station élégante remplace une première gare en bois bâtie un demi-siècle plus tôt, cent mètres plus loin. Les premiers wagons y transitent dès 1864, au cœur de l’essor industriel du Tarn. La gare s’inscrit dans la mise en service de la ligne reliant Albi à Rodez, dans le sillage de celle de Castres-Carmaux. Il faut transporter rapidement et massivement le charbon extrait des mines de Carmaux vers les centres urbains en développement, comme Toulouse ou Albi.

Sous la direction de la Compagnie des chemins de fer du Midi, la gare devient un nœud stratégique. Si elle dessert les voyageurs, son activité principale reste le fret. Chaque jour, charbon, produits agricoles et matériaux y circulent. Alors que les convois de wagons noirs symbolisent l’élan industriel de toute une région, pas de révolution pour les mineurs. Ils continuent à parcourir à pied les quelques kilomètres les séparant des puits… La gare, c’est le lieu où ces ouvriers se rassemblent, en cortège ou en colère, aux heures vives du bassin minier. C’est aussi là qu’il voit passer Jaurès, le député de Carmaux.

Aux côtés de Jaurès, dans la mêlée ouvrière

Sur les quais, Patrick Trouche, spécialiste de l’histoire locale, nous attend, reproductions de photographies noir et blanc en main. On y découvre l’ancien bâtiment des voyageurs près de la verrerie Sainte-Clotilde, aujourd’hui transformée en halle culturelle. À la fin du XIXe siècle, Carmaux vibre d’un socialisme bouillonnant : 2 000 mineurs, plus de 800 verriers, et un militantisme structuré autour du Cercle d’études sociales. C’est là que le jeune Jaurès, alors républicain modéré, se politise au contact des oubliés de la République.

En 1892, à l’approche de sa candidature, le Cercle lui délivre un certificat attestant de ses idées « très avancées ». Quelques mois avant le scrutin, il soutient publiquement Jean-Baptiste Calvignac, maire socialiste destitué de son poste à la mine par le marquis de Solages pour « absences injustifiées ». La riposte est massive. La grève éclate, la première d’une telle ampleur. Carmaux s’impose dans le débat national. Jaurès prend la plume dans « la Dépêche », pour dénoncer le marquis, patron des mines. Le scrutin législatif scelle leur duel : Jean Jaurès succède au marquis de Solages démissionnaire, début janvier 1893, et fait son entrée à la Chambre des députés. « Mes amis, je ne serai et je ne veux jamais être que le député de Carmaux, et c’est avec vous à la vie, à la mort », clame-t-il en 1898, unique élection qu’il perdra.

À Carmaux, il ne se contente pas de discours. Il écoute, conseille, défend. Pendant ses « vacances parlementaires », il retrouve ses camarades et amis de Bourgnounac, Pampelonne, Valence ou Valderiès. Place Gambetta, le café Boyer bruisse de débats enflammés. Aujourd’hui, la CGT, rue Victor-Hugo, occupe l’ancienne chambre syndicale des mineurs. Sa chambre à lui ? À l’hôtel Malaterre jusqu’en 1908, en face de la verrerie, à deux pas de la première gare. Transformé en boucherie, le lieu garde trace du passage du fondateur de « l’Humanité ». Sur les photos d’époque, on le voit accueilli place de la gare par ses camarades socialistes. Près de l’hôtel où il fut un jour violemment pris à partie, des ouvriers verriers restent fidèles à leur patron Eugène Rességuier. Plus loin, avenue Jaurès, on distingue les cortèges du 16 juin 1895, lors du rassemblement des élus socialistes.

Une image réveille les souvenirs de Pierre Battaglia, président du Cercle Jaurès. Son arrière-grand-père, figure locale du socialisme, fut de ceux qui portèrent le cercueil de Jaurès jusqu’au Panthéon, en novembre 1924. « On a reconnu son visage sur plusieurs clichés d’époque », glisse-t-il, ému. Jaurès revendiquait cette filiation populaire. Né à Castres, à 60 kilomètres au sud, il construit un socialisme humaniste, nourri de la réalité ouvrière. Il milite pour la nationalisation des mines, le droit de grève, la liberté syndicale, de meilleures conditions de travail et un crédit agricole pour les paysans.

Sur les rails des combats sociaux

Fin juillet 1895, la colère explose de nouveau. Les idées réformistes du tribun exacerbent le mouvement ouvrier. Une seconde grève s’enclenche après le licenciement de syndicalistes verriers. Les patrons remplacent tous les grévistes. En réaction, une utopie naît : la Verrerie ouvrière d’Albi, coopérative soutenue par le mouvement syndical et Jaurès. À Carmaux, certains lui reprochent la délocalisation de la production à Albi.

L’ancienne gare en bois peinte en rouge, elle, reste un témoin discret. Elle voit défiler gendarmes, militants, élus socialistes. Elle accueille Jaurès, de retour de Paris après dix heures de train, la voix toujours vibrante. À Dijon, quelques heures avant son assassinat, son train est stoppé par une panne. Il dicte un article depuis les locaux du « Progrès de la Côte-d’Or » à ses camarades de « l’Humanité ». « Sa voix martela admirablement, sans une hésitation, les mots qui disent toute la gravité de l’heure et la suprême espérance d’une solution diplomatique », rapportera le journal dijonnais.

À Carmaux, la mémoire tient bon. Inauguré en 1923, le monument de la place Jean-Jaurès incarne son engagement : le socialiste y est entouré des figures du monde ouvrier et rural — mineur, verrier, métallurgiste, paysan. « Il a voulu se fondre au milieu paysan et ouvrier car sa légitimité du discours, il l’a tenue de ceux qu’ils côtoyaient », rappelle Patrick Trouche. Pourtant, la ville rouge vacille. En 2024, l’extrême droite est arrivée en tête à Carmaux. Un séisme local dans ce bastion historique, corrigé toutefois par le reste de la circonscription. Comme un appel à réveiller les mémoires.

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2 août 2025 6 02 /08 /août /2025 05:30

 

En juillet 2017, alors que la révolte du Rif dure depuis près de dix mois, les manifestants vont investir les plages de la ville pour échapper au contrôle policier dans les rues. Les images, qui font le tour du monde, vont ridiculiser les forces de l’ordre marocaines.

 

 

Sous les pavés, la plage. Jamais sans doute la célèbre expression de Mai 68 n’avait été si appropriée que pour les révoltes du Rif, territoire berbère sous domination marocaine, en 2016 et 2017. Lorsque le 2 juillet 2017, une nouvelle manifestation de la population rifaine est organisée après déjà plusieurs mois de contestation, la répression policière du régime marocain est implacable.

Interdiction a été décrétée de se rassembler, les rues d’Al Hoceima, la capitale historique et culturelle de la région du Rif, sont quadrillées. De même que celles de toutes les villes d’envergure, où le mouvement, le hirak (mouvement en arabe, le mot a essaimé dans plusieurs pays), a fait tache d’huile.

Qu’à cela ne tienne, les manifestants rifains vont avoir une idée géniale. Puisque la rue est prise d’assaut par les forces de l’ordre, le lieu de rendez-vous choisi a des allures de vacances : la plage. L’appel est lancé sur les réseaux sociaux, principal vecteur d’organisation et d’échanges politiques, alors que les médias traditionnels sont muselés.

Des scènes improbables sur les bords de mer

À 10 kilomètres du centre-ville d’Al Hoceima, des milliers de Rifains se rassemblent sur le sable de Sfiha et de Souani pour exiger la libération des prisonniers politiques et le retrait des militaires déployés en masse pour mater la rébellion. Les images vont faire le tour des réseaux sociaux, détournées pour moquer ces compagnies de policiers et gendarmes antiémeute poursuivant en vain, de l’eau jusqu’aux genoux, des manifestants hilares en maillot de bain. Les bottes noires, ça fait du bruit, mais ce n’est pas pratique dans le sable du bord de mer…

« Baywatch Morocco », se marre un internaute, en détournant la célèbre série télévisée américaine des années 1990, Alerte à Malibu (Baywatch en VO). Tandis que d’autres détournent la météo des plages en titrant « État de la mer : makhzen (terme désignant le pouvoir royal marocain – NDLR) agité à peu agité entre les plages de Sfiha à Essouani tout au long de la semaine ». Un dernier enfin légende ainsi une photo des policiers ensablés et nargués par quelques manifestants : « Les forces de l’ordre marocaines tentent d’arrêter Bob l’éponge ».

C’est le 28 octobre 2016 que le soulèvement avait débuté par un énième drame consécutif à la répression policière des Rifains : la mort de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson d’Al Hoceima, à qui un policier avait confisqué les 500 kg d’espadon qu’il venait d’acheter au port. Monté à l’arrière d’un camion à ordures pour le récupérer, celui-ci avait été broyé par la machine, activée selon plusieurs témoins par l’ordre des policiers. À ses funérailles, le 30 octobre, des milliers de manifestants lui rendent hommage à Al Hoceima, mais aussi dans d’autres villes du Rif, ainsi qu’à Rabat, Casablanca ou Marrakech.

Les rassemblements, où se mêlent drapeaux rifains et berbères, contestent non seulement les violences policières mais également la « hogra », le mépris dont font preuve les autorités envers ces territoires délaissés et la corruption. Écoles, hôpitaux, emplois : le Rif manque de tout, délaissé par le pouvoir central, qui facilite même l’émigration des jeunes vers l’étranger, notamment l’Europe. La région demeure à part. Sous domination marocaine, le territoire a toujours affirmé son autonomie et son indépendance, symbolisée par la figure du leader Abdelkrim Al Khattabi, président de la République du Rif entre 1921 et 1926 et icône de la lutte anticoloniale.

Vingt-cinq militants condamnés

Le 8 mars 2017, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les habitantes se mobilisent : une marche de protestation uniquement féminine pour réclamer l’égalité entre les sexes, la liberté et la justice. À partir d’avril, la contestation prend une tournure de plus en plus politique, et la répression policière, qui évacue sans ménagement les rassemblements, ne fait que renforcer le hirak.

 

Rapidement, le pouvoir marocain réprime sur le terrain judiciaire. Le 29 mai 2017, l’un des leaders du mouvement, Nasser Zefzafi, est arrêté pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État » et transféré à Casablanca. Condamné à vingt ans de prison en 2018, ainsi que 41 autres opposants politiques, il est toujours derrière les barreaux. Trois semaines avant l’épisode des plages, le 14 juin 2017, vingt-cinq militants de cette contestation avaient déjà été condamnés à dix-huit mois de prison ferme, à l’issue d’une parodie de procès. Huit ans après le début du hirak dans le Rif, les plages ont retrouvé leurs touristes, mais la douleur reste vive.

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31 juillet 2025 4 31 /07 /juillet /2025 08:27

 

Le 17 avril 1961, des mercenaires anticastristes à la solde de la CIA débarquent à Cuba pour renverser la révolution. Cette barbouzerie, qui fait 170 morts dont la mère de Nemesia, fille de charbonniers, est un fiasco. La résistance populaire inflige une première défaite à l’impérialisme en Amérique latine.

Tout à coup, le ciel s’est assombri. Le bruit des moteurs d’avion est devenu assourdissant. La famille de Nemesia Rodriguez Montalvo tente de fuir ces monstres d’acier prêts à cracher leur feu sur la Ciénaga de Zapata. Malgré la précipitation, l’adolescente de 13 ans ne lâche pas les souliers blancs dont elle est si fière. Elle a tellement insisté auprès de ses parents charbonniers pour les avoir.

Avant la révolution de 1959, Nemesia et les siens étaient des va-nu-pieds miséreux qui survivaient dans l’indifférence de la dictature de Fulgencio Batista. Ce 17 avril 1961, alors que la famille est évacuée en camion, la fillette, son frère et sa grand-mère sont grièvement blessés. Sa mère meurt sous ses yeux, touchée à l’abdomen.

Une déroute après soixante-cinq heures de combat

Les habitants isolés de ces terres marécageuses sont les premières victimes des mercenaires de la brigade 2 506. Exilés aux États-Unis, ces agents anticastristes ont pour mission de débarquer le long des plages Larga et Giron, dans la baie des Cochons située sur la côte sud du centre de Cuba. Leur objectif est d’en finir avec la révolution initiée le 1er janvier 1959 par Fidel Castro et les commandants de la Sierra Maestra.

Mais, en soixante-cinq heures, l’armée révolutionnaire, les milices populaires et le peuple mettent en déroute ces bandits et signent la première défaite de l’impérialisme en Amérique latine. Ce haut lieu de la résistance est désormais une destination prisée des touristes, des passionnés de faune, de flore et de fonds marins. À quelques pas du sable fin des plages, le village de Gironcito accueille un mémorial dédié à ces trois jours d’héroïsme.

Il retrace les temps forts de cette tragique invasion, et conserve sous verre les souliers de Nemesia. La chaussure gauche est éventrée, celle de droite lacérée ; on peut y voir quelques gouttelettes de sang. Elles disent toute la violence des bombardements.

 

« La patrie ou la mort, Cubains ! »

Les États-Unis n’en sont pas à leur première barbouzerie. Le 4 mars 1960, une double déflagration souffle le port de la capitale, après l’explosion du bateau La Coubre, qui transportait des armes pour défendre le processus politique. L’ombre de Washington plane sur cet attentat terroriste qui fait des dizaines de morts. « La patrie ou la mort, Cubains ! Nous vaincrons ! », lance Fidel Castro, lors de l’hommage aux victimes.

Le 7 juillet, la loi de défense de l’économie est promulguée « au nom de l’intérêt national » ; elle ouvre la voie aux nationalisations et à l’expropriation de toutes les entreprises états-uniennes. Pour le gouvernement révolutionnaire, il s’agit de leviers économiques fondamentaux pour financer les politiques publiques : réforme agraire, démocratisation de l’enseignement avec la campagne d’alphabétisation, etc.

CIA, Maison-Blanche et mercenaires

Les États-Unis enragent que Cuba, hier encore sous leur emprise, s’émancipe. En pleine guerre froide, Washington craint que le pays ne tombe dans l’escarcelle du camp soviétique ; pire, que la grande île fasse des émules dans un continent sous tutelle états-unienne. L’opération s’orchestre dans les bureaux de la CIA. Les présidents Dwight D. Eisenhower puis John F. Kennedy, élu un an plus tôt, sont au parfum. Pas de hasard, les relations diplomatiques sont rompues avec Cuba en janvier 1961.

 

Les sales manœuvres débutent le 15 avril : des vieux avions siglés des forces armées cubaines pilonnent la petite flotte de l’île, et tuent plusieurs civils. Un engin se pose à Miami, fief des anticastristes. Le pilote se présente en déserteur de la « tyrannie » des révolutionnaires.

L’idée est de faire croire qu’une rébellion est en cours et qu’il convient de la soutenir en vue de proclamer l’existence d’un gouvernement transitoire qui serait aussitôt reconnu par les États-Unis. Mais le plan est très vite douché. L’esprit patriotique est à son comble après les attaques du 15 avril.

La population fait sienne les consignes de défense du pays tandis que les mercenaires s’embourbent en raison même du lieu de leur débarquement. Cette tentative de coup d’État, qui fera plus de 170 morts, est un fiasco.

Une élégie pour les souliers blancs de Nemesia

En échange de tonnes de vivres et de médicaments, La Havane renvoie à Washington les plus de 1 100 mercenaires arrêtés. « Les familles de 800 d’entre eux possédaient 370 628 hectares, 966 maisons et édifices, 70 industries, 10 centrales sucrières, 5 mines et deux banques », peut-on lire au musée Giron.

Au-dessus des chaussures de Nemesia, il y a aussi cette élégie que lui a consacrée le poète cubain Jesus Orta Ruiz (el Indio Nabori) : « Elle sait que rien dans ce monde/ni Yankees ni mercenaires/n’éteindra dans la patrie ce soleil qui brille pour que toutes les fillettes aient des petits souliers blancs ! »

À Cuba, on sait combien le prix de l’indépendance est cher. Après leur défaite cuisante, les États-Unis humiliés ont imposé à Cuba un blocus ravageur, le plus long de l’histoire, qui a toujours cours.

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8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 06:22
Pierre Caillaud-Croizat: son grand-père a fondé la Sécurité Sociale (Ouest-France, Rennes, vendredi 4 juillet)
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12 juin 2025 4 12 /06 /juin /2025 05:33
Michel Beyer vient de nous quitter. L'hommage de Michel Lespagnol

Le PCF Finistère adresse ses condoléances à la famille de Michel Beyer et sa reconnaissance pour les années d'engagement de Michel Beyer.

Nous publions ici le beau texte d'hommage de Michel Lespagnol qui l'a bien connu.

 

"Michel Beyer vient de nous quitter.

Je voudrai témoigner du temps où je l'ai connu, l'ayant bien apprécié. 

Dans les années 60, Michel a travaillé pour l'Huma, faisant à Brest le partage à domicile de l'Huma quotidienne. Et puis, il est devenu employé à EDF, et grand militant communiste.

A partir de 1972, je militais au bureau de l'UEC, je le voyais fréquemment, car il passait le soir à la fédé rue de Glasgow.

Un grand costaud, joyeux, un rire inoubliable, une grande conscience de classe.

En ces années 70, il y avait de grandes manifs à Brest, les fêtes de l'Unité (10 000 personnes), un parti qui avait le vent en poupe, et la joie de militer.

A la conférence de 1975 il est élu au secrétariat fédéral, responsable à l'organisation du Parti communiste.

Souvenir. Fête de l'île de Batz, avec "Dédée" Moat où il venait faire le discours politique.

Le temps passe, et en 1981, il exprime son désaccord avec la participation de ministres communistes au gouvernement de Mitterrand.

Il quitte donc le parti, mais sans animosité, restant je pense un communiste de raison.

Il était aussi amoureux du vélo, réalisant la Brest-Paris-Brest.

Sans doute motivé par son camarade Michel Nedelec (de la cellule de Plougastel) qui a gagné Bordeaux-Paris en 1964, ancien équipier de Tom Simpson.

Nous avons pensé que les années de militantisme de Michel Beyer au service de l'Humanité et du Parti communiste méritaient bien cet hommage à ce grand militant".

Michel Lespagnol

 

 
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