Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 12:51

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

20/26 avril 1936 (16) Le PCF double ses voix !

L’actualité de la semaine se concentre naturellement sur l’enjeu du premier tour des élections législatives du dimanche 26 avril.

La campagne est dynamique et le ton du journal l’Humanité est résolument offensif.

Les formes d’intervention militante bougent. Après Maurice Thorez à Radio-Paris, nombre de dirigeants communistes « parlent au poste de Paris-PTT » par exemple.

Le PC publie une Bande dessinée, reproduite dans le quotidien communiste, intitulée « Franchard et Lavisé » et signée « Image d’Épinal ».

Les derniers jours de la campagne, l’Humanité décline en Une les raisons de voter communiste : « Pour l’ordre, votez communiste ! » (24/4) ; « Pour la liberté, votez communiste ! » (25/4) ; « Votez communiste ! Contre la guerre ! Contre le fascisme ! Contre la misère ! » (26/4).

Rappelons que seuls les hommes ont le droit de vote ; d’où un article vindicatif du journal, le 22/4 : « La femme française doit voter ».

Un autre sujet toutefois s’invite également dans l’actualité. C’est l’amorce d’un mouvement social. Une grève est annoncée dans les bassins miniers, des corporations bougent : meetings des ouvriers du bâtiment, des travailleurs du vêtement, demandes des ouvriers agricoles, des chauffeurs de taxi, réunions des travailleurs des services publics. La fête du travail s’annonce puissante. La CGT va organiser 215 meetings dans les principales villes. « Contre la misère ! Participez aux manifestations du Premier mai », titre le quotidien, page 5, le jour même de l’élection.

C’est dans ce cadre que tombent, dimanche soir, les résultats tout à fait spectaculaires du premier tour. Le PCF double ses voix ; il passe de 796 000 voix en 1932 à 1 500 000. Soit de 6,7 % en 1932 à 12,5 (on trouve aussi ces chiffres : de 8,3 % à 15,2).

Neuf députés communistes sont élus au premier tour dont le secrétaire général Maurice Thorez, André Marty, qui est alors secrétaire de l’Internationale communiste, Renaud Jean, issu du monde rural, Arthur Ramette, député du Nord, le cheminot Gaston Monmousseau, l’écrivain et journaliste Paul Vaillant-Couturier. On parle de 60 ballottages favorables.

Le PS enregistre 1 900 000 voix et le parti radical 1 400 000.

Un double titre barre la Une de l’Humanité du lendemain : « Éclatante victoire du Parti communiste » (le journal l’Unité titrera début mai : « Éclatante victoire du Parti socialiste ») ; et « Discipline au second tour pour le triomphe du Front populaire ».

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
30 juillet 2026 4 30 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

13/19 avril 1936 (15) Le PCF à la radio

L’événement politique de la semaine, à dix jours du premier tour, est sans conteste l’intervention de Maurice Thorez le 17 avril sur Radio-Paris, radio d’État depuis 1933, dite « le poste national », relayé par toutes les antennes locales, donc diffusé aux quatre coins du pays. La presse communiste parle de l’émission depuis plusieurs jours, des écoutes collectives sont organisées. Le discours de Maurice Thorez est intégralement publié dans l’Humanité du 18 : « Pour une France libre, forte et heureuse ». « Un vent de détresse souffle sur notre beau pays », proclame le dirigeant qui dénonce les 200 familles, responsables de la crise, le poids des banques, la dureté de la crise, la ruine des paysans, la dégradation morale entretenue par les fascistes, « diviseurs de Français. » « Le fascisme, c’est la guerre », insiste le dirigeant, qui pointe les complices de Hitler, montre que les riches doivent payer et conclut sur la volonté d’unir, de réconcilier le peuple de France. Le discours se termine en effet par un appel aux catholiques (« nous te tendons la main, catholique, ouvrier, employé, artisan, paysan, nous qui sommes des laïques parce que tu es notre frère et que tu es comme nous accablé par les mêmes soucis ») et un rappel que « les communistes ont réconcilié le drapeau tricolore de nos pères et le drapeau rouge de nos espérances ».

L’actualité internationale est toujours aussi chargée : tensions entre Arabes et juifs en Palestine, intervention italienne en Éthiopie, provocations répétées d’Hitler, agitations fascistes en Espagne (on note un article de Paul Nizan). Alors que les menaces de guerre sont partout, « les diplomates sont en vacances », ironise l’Humanité.

À Paris, le 16 avril, se tient une « Mutu » en solidarité avec Ernst Thaelmann, chef du PC allemand, détenu à la prison berlinoise d’Alt-Moabit, à l’occasion de son cinquantième anniversaire. À la tribune, sous la présidence d’André Malraux, Florimond Bonte (PC), Jean Longuet (PS), Jacques Kayser (parti radical), Chauvet (Secours rouge).

Dans l’actualité sociale, on note une multiplication des grèves et des actions revendicatives : aux usines Berliet de Vénissieux ; chez les métallos de Longwy ; chez les « textiles » de Vaulx-en-Velin ; chez les papetiers de Saint-Junien ; dans la confection pour hommes ; dans le métro. Etc. Le congrès des (140 000) mineurs, à Lens, décide une grève générale le 1er mai, si le patronat reste sourd à ses demandes. Se prépare en effet un 1er mai combatif, dans le privé et dans « les grands services publics ». Le premier mai cette année tombe entre les deux tours des élections législatives… 

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
28 juillet 2026 2 28 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

6/12 avril 1936 (14) Espagne, en avant !

Les Cortes destituent le 7 avril le président de la République Zamora (Niceto Alcala-Zamora y Torres) ; il sera remplacé par Manuel Azana, qui était chef du gouvernement du Frente popular depuis février. C’est une grande figure du républicanisme espagnol.

L’enjeu espagnol passionne le public français et l’Humanité vient de consacrer vingt longs reportages à ce pays sous le titre « Espagne, en avant ! » Cette série se termine (11 avril) sur un entretien avec le leader socialiste (de gauche) Alvarez del Vayo. Celui-ci estime que le Frente popular est à l’avant-garde de la lutte pour la paix. Le journaliste (Laurent Darnar) rebondit sur ce terme et conclut ainsi ses enquêtes : « À l’avant-garde ! Tel est le mot qui clora cette enquête. À l’avant-garde dans la lutte contre le fascisme (…), voilà l’Espagne ! À l’avant-garde dans les mesures sociales et économiques qui libèrent le paysan, lui donnent le sol, améliorent le sort de l’ouvrier, défendent le petit commerçant contre l’usure et la haute finance, voilà l’Espagne ! (…) La meute réactionnaire peut hurler chez nous. Elle regrette qu’on ne puisse plus en Espagne abattre les travailleurs au coin des rues. Elle hait l’exemple de liberté donné par le Front populaire d’Espagne. C’est pourquoi nous, nous exaltons cet exemple. »

Un débat traverse le monde politique et sportif : faut-il participer aux prochains Jeux Olympiques de Berlin ? « Nous nous sommes prononcés, écrit l’Humanité, il y a plus d’un an contre la tenue à Berlin des Jeux Olympiques. Un mouvement populaire est né qui s’est assigné cette tâche d’honneur. (…) Nous communistes approuvons ce mouvement qui, loin de tout chauvinisme, ne vise au contraire qu’à soutenir de toutes ses forces la lutte que le peuple allemand mène contre ses bourreaux. Avec tous les amis de la paix, avec tous les ennemis du fascisme, nous crions : Pas un sou, pas un homme pour les Jeux Olympiques de Berlin ! »

Le 12 avril, le quotidien communiste publie son bilan financier. Son tirage serait passé de 211 000 en 1934 à 217 000 en 1935 et à 234 000 pour les six derniers mois et une vente qui dépasserait largement les 200 000 exemplaires par jour.

Dans le cadre de la campagne électorale, la radio occupe une part de plus en plus importante. On se rappelle que l’État avait racheté en 1933 « Radio-Paris » pour en faire le « Poste national ». Le quotidien communiste annonce ainsi que le 17 avril prochain, le représentant du PCF parlera de 20 h à 20 h 30 « au micro du Poste national. (…) C’est avec la plus grande satisfaction, nous en sommes persuadés, que les sans-filistes ont appris cette nouvelle et nous sommes persuadés qu’ils seront par dizaines et centaines de milliers à l’écoute pour entendre la voix de notre grand parti. »

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
26 juillet 2026 7 26 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

30 mars/5 avril 1936 (13) La vie est à nous

Les élections ayant lieu dans trois semaines, l’Humanité publie le 30 mars toute une série d’affiches communistes pour la campagne électorale (« Pour faire payer les riches, Votez communiste » ou « Pain, paix, liberté. Votez communiste ») ; puis, sur deux pleines pages, le 5 avril, la liste des 608 candidats communistes aux prochaines législatives.

La menace de guerre est omniprésente. Après la Rhénanie, on parle maintenant des ambitions allemandes sur l’Autriche et la Tchécoslovaquie. Le dimanche 5 avril se tient un puissant meeting « Pour la paix indivisible ! » à l’appel du PC (le quotidien communiste parle de 80 000 personnes) au stade Buffalo. Les discours de Maurice Thorez et de Marcel Cachin fustigent « Hitler fauteur de guerre » et « les hitlériens français ses complices ! » L’éditorial que signera le lendemain le directeur de l’Huma proclame : « Dissolution des ligues fascistes ! Les Soviets partout ! »

Dans la page Entreprises du quotidien, le secrétaire de la Fédération du textile prend de front la question : « Faut-il détruire les machines ? » pour réduire le chômage. Il trouve cette solution stupide et propose notamment comme remède les 40 heures.

Sortie du film « La vie est à nous ». Réalisé, bénévolement, à la demande du Parti communiste, pour les élections législatives, par un collectif d’artistes et de techniciens : Jean Renoir, Jacques Becker, Jean-Paul Le Chanois, Henri Alekan, Jacques B. Brunius, André Zwobada, Pierre Unik, Henri Cartier-Bresson... « Je dois à ce film d’avoir vécu dans l’esprit exaltant du Front populaire », dira Jean Renoir. (Le coffret du film est disponible à l’association Ciné-Archives.)

Dans son numéro du 3 avril, l’Humanité commente : « Le Parti communiste a su comprendre la valeur collective du cinéma, sur laquelle déjà Lénine avait tant insisté. Ce sera une grande fierté pour les communistes que leur parti ait pu grouper pour la réalisation de ce film des hommes venus d’un peu partout, dont beaucoup, hier, s’ignoraient encore, et leur ait donné la possibilité de se rejoindre, de travailler ensemble avec passion, avec leur amour du bon travail, avec leur dévouement à la cause des masses populaires. »

Côté faits divers, les USA annoncent l’exécution sur la chaise électrique de Bruno Hauptmann : il était accusé de l’enlèvement (en mars 1932), avec demande de rançon, et de la mort de la fille de l’aviateur Charles Lindbergh, âgée de 20 mois. L’affaire avait suscité une telle émotion qu’un journaliste US put la considérer comme « l’histoire la plus intéressante depuis la résurrection. »

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

23/29 mars 1936 (12) Romain Rolland

« Élections partielles : Succès partout ! » se félicite Paul Vaillant-Couturier en Une de l’Humanité du 24 mars. Il énumère les résultats communistes dans le Var (Saint-Raphaël), dans l’Oise (Creil), en Seine-et-Oise (Meudon), à Aulnay-sous-Bois. Des résultats qui apportent un démenti au discours de la droite selon lequel les tensions internationales allaient détourner les électeurs du Front populaire, et singulièrement du PCF.

Les groupes factieux français s’agitent et s’arment. Ainsi la police vient de découvrir tout un arsenal (mitrailleuse allemande, parabellum et divers revolvers) chez les Croix-de-Feu de Nice. « Ces armes étaient destinées à la défense de nos amis en cas de besoin », déclare Maurice Pujo, un chef des Camelots du roi.

À Montreuil s’est tenu le congrès national des Comités de défense de l’Humanité, en présence de Marcel Cachin et de Paul Vaillant-Couturier.

Le quotidien communiste publie en feuilleton le roman de Romain Rolland Colas Breugnon, publié en 1919. Un texte va bientôt (1936/1938) être adapté en opéra par Dimitri Kabalevsky. Le 70e anniversaire du prix Nobel de littérature de 1915 avait été fêté par l’ensemble de la gauche fin janvier.

Toute une page du quotidien, intitulée « Sur le front du travail », est consacrée aux entreprises : vie syndicale, luttes, organisation de chômeurs (dans le 11e arrondissement parisien), grèves…

Une rubrique du journal intitulée « Au pays du socialisme » informe sur l’état de la production industrielle lourde de l’URSS, sur sa production alimentaire ; il y est question de l’esprit inventif des ouvriers « dont l’afflux des propositions s’est particulièrement renforcé à la suite du mouvement de Stakhanov ».

Les questions de guerre et de paix sont toujours omniprésentes. L’Italie agresse l’Éthiopie. Hitler qui vient de réarmer la Rhénanie défie la France et l’Angleterre. Une affiche communiste intitulée « Que veut Hitler ? » suscite un bel intérêt. On parle d’une intervention japonaise contre les rouges en Chine.

Les élections au Reichstag ont lieu le 29 mars, quelques jours à peine après la remilitarisation de la Rhénanie. Les nazis obtiennent 44 millions de voix (98 %), on compte 500 000 votes contre (1 %). Le parti nazi emporte 722 députés (et 19 sympathisants), soit 100 % des sièges. « Un plébiscite sous la terreur », titre l’Humanité qui ajoute : « Sous la terreur et dans l’illégalité, les communistes ont mené une ardente campagne contre la politique de guerre de la croix gammée. »

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
22 juillet 2026 3 22 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

16/22 mars 1936 (11) Le sinistre Maurras

Charles Maurras passe devant la 10e chambre correctionnelle, poursuivi pour provocation au meurtre. Le doctrinaire de l’extrême droite, né en 1868, directeur de l’Action Française, antisémite virulent, est tenu pour responsable de la tentative de lynchage de Léon Blum le 13 février. Il a écrit des articles meurtriers contre le leader socialiste, « ce juif allemand naturalisé » qui a « usurpé notre nationalité pour la décomposer et la démembrer. C’est un homme à fusiller, mais dans le dos. » Le 21 mars le tribunal le condamne à 4 mois de prison ferme, peine qui sera aggravée car il répète ses menaces de mort. Il se retrouvera à la Santé du 29 octobre 1936 au 6 juillet 1937.

Tenue à Marseille du 8e congrès national de la Jeunesse communiste, salle du Brébant. Aux murs des banderoles « Sauvons la jeune génération de sa détresse » et « Vive l’unité des jeunesses révolutionnaires et antifascistes ! », des portraits de Lénine, Staline, Cachin, Dimitrov. Raymond Guyot en est le secrétaire général.

Les pourparlers avec l’Allemagne nazie, suite à la remilitarisation de la Ruhr, ne donnent rien mais font toujours la Une. Au plan international encore, série de longs reportages de l’Humanité sur l’actualité espagnole. L’enquête s’ouvre sur une photo des arènes de Madrid où 70 000 personnes écoutent la Pasionaria pour un hommage à la femme espagnole pour le 8 mars : « L’Espagne a toujours laissé dans la mémoire des voyageurs une fanfare d’images, foules chaleureuses, paysages grandioses et nobles, soleil des esprits et du ciel. Mais dans ces jours de luttes des masses, quand triomphe le Front populaire porté au gouvernement, quand des millions d’hommes et de femmes, conscients, unis, résolus, ceux des champs et ceux des villes, liés par un espoir et un héroïsme communs, tiennent dans leurs mains leurs destinées, alors, que de souvenirs ardents ! »

Sur le front social, débat au Parlement sur la création d’une « Caisse des pensions ». Comment financer la Caisse ? On parle de lui affecter le montant de la loterie nationale. Dans le débat budgétaire, il est aussi question de supprimer « le prélèvement Laval (10 %) dont les anciens combattants réclament avec raison l’abrogation. »

La date des élections ayant été fixée, le député communiste Renaud Jean « demande que la campagne électorale soit ouverte dès à présent afin de permettre aux partis ouvriers – qui ne disposent pas des millions des 200 familles – de profiter du droit de non-timbrage des affiches pour riposter à l’offensive des puissances d’argent. »

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 12:39

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

9/15 mars 1936 (10) Sauver la paix

La question de la guerre ou de la paix domine toute la semaine. Le président du Conseil, Albert Sarraut, juge « inacceptable » la décision de Hitler de remilitariser la Rhénanie, mais rien ne suit. La SDN, la Société des Nations, sorte d’ancêtre de l’ONU, se réunit ; le Royaume-Uni déconseille toute action militaire en Rhénanie. Alors que le Sénat ratifie le pacte franco-soviétique, Gabriel Péri interroge : « Loi de la jungle ou sécurité collective ? »

L’Humanité dénonce la complicité des fascistes français (Les Croix-de-feu ou les « Jeunesses patriotes » de Taittinger ou Marcel Bucard) avec les fauteurs de guerre. Tous ces gens étaient officiellement représentés, dénonce Lucien Sampaix dans l’Humanité, au congrès nazi de Nuremberg. « Les chefs fascistes français soutiennent Hitler depuis son accession au pouvoir. Ils le soutiennent parce qu’ils le considèrent, avec Mussolini, comme le chef de l’Internationale fasciste appelé à réaliser le bloc de l’ultra-droite de tous les pays pour une croisade contre l’Union Soviétique, patrie des travailleurs. » L’article est titré « L’Internationale fasciste au travail ».

Le PC propose au PS « d’organiser l’unité d’action internationale pour défendre la paix ». Il s’agit à la fois de tenir des actions communes « contre la guerre préparée et voulue par l’hitlérisme » et de s’adresser ensemble « aux deux Internationales en leur demandant de réaliser l’action commune internationale pour la défense de la paix. » Le PS refuse. « Un refus regrettable » titre l’Humanité.

En Espagne, la Phalange espagnole, organisation fasciste, est déclarée hors la loi et son chef Primo de Rivera est arrêté. Le PCE de son côté se renforce : 35 000 militants en février, 102 000 en mai.

À lire la presse, faisant écho à d’effrayants faits-divers, l’époque semble particulièrement violente. Les assassinats, les meurtres, les parricides sont le lot quotidien. Paul Vaillant-Couturier consacre à ce sujet un éditorial intitulé « Contre le crime ». Le crime a toujours été là, ce qui change, s’amplifie, c’est le crime de la misère et le gangstérisme. « Ils sont typiquement des crimes d’un monde où sévit la crise. » Il y voit « un monde à l’envers où l’on meurt de faim dans un enfer d’abondance ». Et le gangstérisme est l’enfant légitime d’une société où le profit est roi. Il conclut ainsi : « Il faut rendre aux hommes la confiance dans l’avenir et leur donner le sens de leur dignité. »

La date des élections législatives est fixée : 26 avril et 3 mai.

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
18 juillet 2026 6 18 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

1/8 mars 1936 (9)


L’unité syndicale

Deux informations dominent la semaine

Le congrès de réunification de la CGT se tient du 2 au 6 mars à Toulouse. 1 709 délégués, représentant 3 834 syndicats. Ils confirment leur adhésion au programme du Front populaire et leur attachement aux principes de la lutte des classes. On peut lire dans la résolution finale : « Le congrès déclare avec la plus grande fermeté qu’il ne suffit pas d’énoncer devant le peuple des revendications et des aspirations qui lui sont chères ; il faut sous peine de déceptions cruelles et graves les faire passer dans la réalité. » Ses effectifs vont passer dans l’année de 750 000 à 4 millions d’adhérents. Ont été élus à l’unanimité membres du Bureau confédéral : Jouhaux, Frachon, Racamond, Belin, Bothereau, Bouyer, Dupont.

« La classe ouvrière a maintenant en main une arme que les jours qui viennent vont rendre encore plus forte et mieux trempée », commente Paul Vaillant-Couturier qui ajoute : « Nous, communistes, n’avons jamais considéré pour notre part le Front populaire comme une simple et banale formation électorale ni, pour employer une expression chère aux réactionnaires et aux fascistes, comme un cartel tripartite. C’est beaucoup plus et beaucoup mieux à nos yeux. C’est une étape vers la libération définitive des travailleurs de France. C’est un rassemblement qui doit constituer, après comme avant les élections, une force durable de contrôle et d’action ayant, par ses comités, des ramifications dans les entreprises et jusque dans les moindres bourgades du pays. »

La seconde information qui domine la semaine est alarmante: Hitler, en réponse provocatrice au traité franco-soviétique juste signé, décide le 7 mars de réoccuper militairement la Rhénanie. La région était démilitarisée depuis la signature du traité de Versailles. Interdiction était faite à l’Allemagne d’établir des places fortes et de déplacer des troupes dans une zone de 50 kilomètres à l’est du Rhin. Les accords de Locarno (1925) renforçaient ces dispositions et toute violation serait considérée comme une agression allemande. Or Hitler réinstalle la Wehrmacht en Rhénanie. C’est dans cette région que se concentrent les industries de guerre allemandes. Et la France (comme la Grande-Bretagne) laissera faire. Comme elle laissera faire l’invasion de l’Autriche puis des Sudètes tchécoslovaques (traité de Munich). « La paix en danger », titre l’Humanité sur toute sa Une. Un appel du PCF déclare que « Hitler veut la guerre. (…) Face aux puissances de mort qui nous menacent, toutes les forces de vie doivent se rassembler. »

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2026 4 16 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

24/29 février 1936 (8) Ernst Thaelmann 

Jean Craignou avait été blessé lors de la manifestation antifasciste du 9 février 1934 : ce communiste du 12e arrondissement, tapissier de son métier, avait reçu une balle de revolver qui lui avait traversé le cou ; il est mort le 23 février. Un communiqué du Comité central du PCF souligne que Jean Craignou « s’est battu héroïquement pour épargner à notre pays la honte du fascisme » et appelle les travailleurs de la région parisienne à lui « apporter un dernier salut » et « lui assurer des obsèques grandioses samedi après-midi ».

Le 28 février, l’Humanité consacre un dossier de huit pages intitulé « Il faut arracher Thaelmann aux griffes du fascisme hitlérien ». Né à Hambourg en 1886, il avait rejoint le KPD en 1920, dirige l’insurrection de Hambourg, passe à la clandestinité, devient président du parti en 1925, double le score électoral communiste de 1928 à 1932. Il est arrêté le 3 mars 1933 par les nazis. Thorez propose qu’il soit le président d’honneur du 7e congrès de l’Internationale communiste en 1935.

La Chambre des députés ratifie le 26 février le pacte franco-soviétique. Par 353 voix contre 164. « Un succès important des défenseurs de la paix » titre l’Humanité. Dans un éditorial intitulé « Qui provoque ? », le directeur du quotidien Marcel Cachin évoque le dépit des forces réactionnaires et pro-allemandes. « La signature du pacte franco-soviétique fut dans le monde un spectacle inédit. C’est la première fois que l’on entend des représentants de grands peuples comme la France et l’Union Soviétique déclarer que jamais ils ne se feront la guerre l’un à l’autre. C’est la première fois qu’ils admettent que s’ils sont attaqués, ils se prêteront assistance contre le criminel qui brisera la paix. »

La guerre, la paix, il en est beaucoup question dans la presse. On parle ainsi d’un étrange putsch qui s’est passé au Japon, organisé par des officiers fascistes qui bénéficient de la complicité de l’armée. Les mutins pourraient se rendre, mais on parle aussi du glissement de ce pays vers une dictature militaire. La guerre, la paix, c’est aussi le sujet d’un article de Jacques Duclos qui se félicite de l’initiative de l’ARAC, l’Association républicaine des anciens combattants, fondée par Henri Barbusse, d’organiser un « pèlerinage » à Verdun, pour le vingtième anniversaire des combats sur ce front. « Qu’ils aillent nombreux les anciens combattants sur les champs de bataille de Verdun, qu’ils aillent puiser dans le souvenir des heures atroces qu’ils ont vécues, la volonté inébranlable de tout faire pour empêcher la guerre. »

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0
14 juillet 2026 2 14 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936. 17/23 février 1936 (7) La pasionaria

Toute la semaine, c’est l’actualité espagnole qui fait la Une. On parle des 14 communistes élus au parlement de Madrid ; des droites défaites en Andalousie et en Asturies ; d’une grève générale proclamée à Saragosse ; de la constitution d’un gouvernement de gauche sous la présidence de Mabuel Azana.

Celui-ci proclame aussitôt l’amnistie en faveur « des condamnés pour délits politiques et sociaux et des conseillers municipaux condamnés en septembre 1934 ». Il est vrai que dès l’annonce de la victoire du Frente Popular, et sans attendre ce décret, des prisons commençaient à se vider sous la pression populaire. 30 000 détenus quittent leurs pénitenciers.

À Madrid, gare du nord, une manifestation, drapeaux rouges en tête, salue l’arrivée d’une élue des Asturies, la pasionaria, surnom de Dolorès Ibaruri. Elle est née en 1895 dans une famille de mineurs, huitième enfant d’une fratrie de onze.

Militante révolutionnaire dès 1917, elle participe à la fondation du PCE, est élue à sa direction dès 1930. Elle est déléguée au Komintern à Moscou en 1933. Deux de ses enfants (les quatre autres sont morts très jeunes) vivent à Moscou, dont Ruben, mort dans la bataille de Stalingrad.

En France, une série de grèves traverse le pays. Celle des dockers de Marseille qui a paralysé le port est victorieuse ; l’accord reconnaît le droit syndical, « garantit les us et coutumes » des travailleurs du port et précise que tous les dockers seront réembauchés. L’animateur de la lutte n’est autre que Charles Tillon (futur député communiste d’Aubervilliers).

Alors que se précise le congrès de réunification de la CGT à Toulouse, des dirigeants syndicalistes interviennent très régulièrement en Une de l’Humanité sur les différents enjeux de ce congrès.

Ainsi le 21 février, Julien Racamond (responsable de la CGTU et du Parti communiste) revient sur un des points du programme : « la mise en œuvre rapide d’un véritable programme de grands travaux d’utilité publique pour lutter contre le chômage ».

Les deux courants (CGT et CGTU) partagent cette revendication comme l’ont montré leurs derniers congrès confédéraux respectifs. Sur ce point il y aura unanimité à Toulouse.

Mais « une différence importante subsiste en ce qui concerne les moyens de financement de ces travaux et on trouve dans ces positions divergentes les caractéristiques qui marquent les plans de la CGT et de la CGTU. » Pour Racamond, la solution consiste à « faire payer les riches », mot d’ordre qui est d’ailleurs le titre de son article.

Gérard Streiff

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011