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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 12:39

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

9/15 mars 1936 (10) Sauver la paix

La question de la guerre ou de la paix domine toute la semaine. Le président du Conseil, Albert Sarraut, juge « inacceptable » la décision de Hitler de remilitariser la Rhénanie, mais rien ne suit. La SDN, la Société des Nations, sorte d’ancêtre de l’ONU, se réunit ; le Royaume-Uni déconseille toute action militaire en Rhénanie. Alors que le Sénat ratifie le pacte franco-soviétique, Gabriel Péri interroge : « Loi de la jungle ou sécurité collective ? »

L’Humanité dénonce la complicité des fascistes français (Les Croix-de-feu ou les « Jeunesses patriotes » de Taittinger ou Marcel Bucard) avec les fauteurs de guerre. Tous ces gens étaient officiellement représentés, dénonce Lucien Sampaix dans l’Humanité, au congrès nazi de Nuremberg. « Les chefs fascistes français soutiennent Hitler depuis son accession au pouvoir. Ils le soutiennent parce qu’ils le considèrent, avec Mussolini, comme le chef de l’Internationale fasciste appelé à réaliser le bloc de l’ultra-droite de tous les pays pour une croisade contre l’Union Soviétique, patrie des travailleurs. » L’article est titré « L’Internationale fasciste au travail ».

Le PC propose au PS « d’organiser l’unité d’action internationale pour défendre la paix ». Il s’agit à la fois de tenir des actions communes « contre la guerre préparée et voulue par l’hitlérisme » et de s’adresser ensemble « aux deux Internationales en leur demandant de réaliser l’action commune internationale pour la défense de la paix. » Le PS refuse. « Un refus regrettable » titre l’Humanité.

En Espagne, la Phalange espagnole, organisation fasciste, est déclarée hors la loi et son chef Primo de Rivera est arrêté. Le PCE de son côté se renforce : 35 000 militants en février, 102 000 en mai.

À lire la presse, faisant écho à d’effrayants faits-divers, l’époque semble particulièrement violente. Les assassinats, les meurtres, les parricides sont le lot quotidien. Paul Vaillant-Couturier consacre à ce sujet un éditorial intitulé « Contre le crime ». Le crime a toujours été là, ce qui change, s’amplifie, c’est le crime de la misère et le gangstérisme. « Ils sont typiquement des crimes d’un monde où sévit la crise. » Il y voit « un monde à l’envers où l’on meurt de faim dans un enfer d’abondance ». Et le gangstérisme est l’enfant légitime d’une société où le profit est roi. Il conclut ainsi : « Il faut rendre aux hommes la confiance dans l’avenir et leur donner le sens de leur dignité. »

La date des élections législatives est fixée : 26 avril et 3 mai.

Gérard Streiff

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18 juillet 2026 6 18 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

1/8 mars 1936 (9)


L’unité syndicale

Deux informations dominent la semaine

Le congrès de réunification de la CGT se tient du 2 au 6 mars à Toulouse. 1 709 délégués, représentant 3 834 syndicats. Ils confirment leur adhésion au programme du Front populaire et leur attachement aux principes de la lutte des classes. On peut lire dans la résolution finale : « Le congrès déclare avec la plus grande fermeté qu’il ne suffit pas d’énoncer devant le peuple des revendications et des aspirations qui lui sont chères ; il faut sous peine de déceptions cruelles et graves les faire passer dans la réalité. » Ses effectifs vont passer dans l’année de 750 000 à 4 millions d’adhérents. Ont été élus à l’unanimité membres du Bureau confédéral : Jouhaux, Frachon, Racamond, Belin, Bothereau, Bouyer, Dupont.

« La classe ouvrière a maintenant en main une arme que les jours qui viennent vont rendre encore plus forte et mieux trempée », commente Paul Vaillant-Couturier qui ajoute : « Nous, communistes, n’avons jamais considéré pour notre part le Front populaire comme une simple et banale formation électorale ni, pour employer une expression chère aux réactionnaires et aux fascistes, comme un cartel tripartite. C’est beaucoup plus et beaucoup mieux à nos yeux. C’est une étape vers la libération définitive des travailleurs de France. C’est un rassemblement qui doit constituer, après comme avant les élections, une force durable de contrôle et d’action ayant, par ses comités, des ramifications dans les entreprises et jusque dans les moindres bourgades du pays. »

La seconde information qui domine la semaine est alarmante: Hitler, en réponse provocatrice au traité franco-soviétique juste signé, décide le 7 mars de réoccuper militairement la Rhénanie. La région était démilitarisée depuis la signature du traité de Versailles. Interdiction était faite à l’Allemagne d’établir des places fortes et de déplacer des troupes dans une zone de 50 kilomètres à l’est du Rhin. Les accords de Locarno (1925) renforçaient ces dispositions et toute violation serait considérée comme une agression allemande. Or Hitler réinstalle la Wehrmacht en Rhénanie. C’est dans cette région que se concentrent les industries de guerre allemandes. Et la France (comme la Grande-Bretagne) laissera faire. Comme elle laissera faire l’invasion de l’Autriche puis des Sudètes tchécoslovaques (traité de Munich). « La paix en danger », titre l’Humanité sur toute sa Une. Un appel du PCF déclare que « Hitler veut la guerre. (…) Face aux puissances de mort qui nous menacent, toutes les forces de vie doivent se rassembler. »

Gérard Streiff

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16 juillet 2026 4 16 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

24/29 février 1936 (8) Ernst Thaelmann 

Jean Craignou avait été blessé lors de la manifestation antifasciste du 9 février 1934 : ce communiste du 12e arrondissement, tapissier de son métier, avait reçu une balle de revolver qui lui avait traversé le cou ; il est mort le 23 février. Un communiqué du Comité central du PCF souligne que Jean Craignou « s’est battu héroïquement pour épargner à notre pays la honte du fascisme » et appelle les travailleurs de la région parisienne à lui « apporter un dernier salut » et « lui assurer des obsèques grandioses samedi après-midi ».

Le 28 février, l’Humanité consacre un dossier de huit pages intitulé « Il faut arracher Thaelmann aux griffes du fascisme hitlérien ». Né à Hambourg en 1886, il avait rejoint le KPD en 1920, dirige l’insurrection de Hambourg, passe à la clandestinité, devient président du parti en 1925, double le score électoral communiste de 1928 à 1932. Il est arrêté le 3 mars 1933 par les nazis. Thorez propose qu’il soit le président d’honneur du 7e congrès de l’Internationale communiste en 1935.

La Chambre des députés ratifie le 26 février le pacte franco-soviétique. Par 353 voix contre 164. « Un succès important des défenseurs de la paix » titre l’Humanité. Dans un éditorial intitulé « Qui provoque ? », le directeur du quotidien Marcel Cachin évoque le dépit des forces réactionnaires et pro-allemandes. « La signature du pacte franco-soviétique fut dans le monde un spectacle inédit. C’est la première fois que l’on entend des représentants de grands peuples comme la France et l’Union Soviétique déclarer que jamais ils ne se feront la guerre l’un à l’autre. C’est la première fois qu’ils admettent que s’ils sont attaqués, ils se prêteront assistance contre le criminel qui brisera la paix. »

La guerre, la paix, il en est beaucoup question dans la presse. On parle ainsi d’un étrange putsch qui s’est passé au Japon, organisé par des officiers fascistes qui bénéficient de la complicité de l’armée. Les mutins pourraient se rendre, mais on parle aussi du glissement de ce pays vers une dictature militaire. La guerre, la paix, c’est aussi le sujet d’un article de Jacques Duclos qui se félicite de l’initiative de l’ARAC, l’Association républicaine des anciens combattants, fondée par Henri Barbusse, d’organiser un « pèlerinage » à Verdun, pour le vingtième anniversaire des combats sur ce front. « Qu’ils aillent nombreux les anciens combattants sur les champs de bataille de Verdun, qu’ils aillent puiser dans le souvenir des heures atroces qu’ils ont vécues, la volonté inébranlable de tout faire pour empêcher la guerre. »

Gérard Streiff

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14 juillet 2026 2 14 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936. 17/23 février 1936 (7) La pasionaria

Toute la semaine, c’est l’actualité espagnole qui fait la Une. On parle des 14 communistes élus au parlement de Madrid ; des droites défaites en Andalousie et en Asturies ; d’une grève générale proclamée à Saragosse ; de la constitution d’un gouvernement de gauche sous la présidence de Mabuel Azana.

Celui-ci proclame aussitôt l’amnistie en faveur « des condamnés pour délits politiques et sociaux et des conseillers municipaux condamnés en septembre 1934 ». Il est vrai que dès l’annonce de la victoire du Frente Popular, et sans attendre ce décret, des prisons commençaient à se vider sous la pression populaire. 30 000 détenus quittent leurs pénitenciers.

À Madrid, gare du nord, une manifestation, drapeaux rouges en tête, salue l’arrivée d’une élue des Asturies, la pasionaria, surnom de Dolorès Ibaruri. Elle est née en 1895 dans une famille de mineurs, huitième enfant d’une fratrie de onze.

Militante révolutionnaire dès 1917, elle participe à la fondation du PCE, est élue à sa direction dès 1930. Elle est déléguée au Komintern à Moscou en 1933. Deux de ses enfants (les quatre autres sont morts très jeunes) vivent à Moscou, dont Ruben, mort dans la bataille de Stalingrad.

En France, une série de grèves traverse le pays. Celle des dockers de Marseille qui a paralysé le port est victorieuse ; l’accord reconnaît le droit syndical, « garantit les us et coutumes » des travailleurs du port et précise que tous les dockers seront réembauchés. L’animateur de la lutte n’est autre que Charles Tillon (futur député communiste d’Aubervilliers).

Alors que se précise le congrès de réunification de la CGT à Toulouse, des dirigeants syndicalistes interviennent très régulièrement en Une de l’Humanité sur les différents enjeux de ce congrès.

Ainsi le 21 février, Julien Racamond (responsable de la CGTU et du Parti communiste) revient sur un des points du programme : « la mise en œuvre rapide d’un véritable programme de grands travaux d’utilité publique pour lutter contre le chômage ».

Les deux courants (CGT et CGTU) partagent cette revendication comme l’ont montré leurs derniers congrès confédéraux respectifs. Sur ce point il y aura unanimité à Toulouse.

Mais « une différence importante subsiste en ce qui concerne les moyens de financement de ces travaux et on trouve dans ces positions divergentes les caractéristiques qui marquent les plans de la CGT et de la CGTU. » Pour Racamond, la solution consiste à « faire payer les riches », mot d’ordre qui est d’ailleurs le titre de son article.

Gérard Streiff

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12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 12:32

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

10/16 février 1936 (6)


Victoire du Frente Popular

Le 13 février, Léon Blum est agressé et blessé par les Camelots du roi, la milice de l’Action française. Le directeur du Populaire quittait la Chambre des députés quand sa voiture est immobilisée, boulevard St-Germain, bloquée par le cortège funèbre de l’académicien royaliste Jacques Bainville. Les factieux reconnaissent le dirigeant socialiste, se mettent à crier « Blum à la Seine ! » et s’apprêtent à le lyncher ; il est sauvé par l’intervention d’ouvriers maçons travaillant dans les environs. Blum a été transporté à l’Hôtel-Dieu. Protestation indignée du PCF qui déplore la mansuétude du gouvernement à l’égard de l’extrême droite. « Le secrétariat du parti fait un devoir aux organisations du parti d’assurer la protection des militants », dit un communiqué. Une délégation de députés de gauche, dont Maurice Thorez, demande des mesures contre les ultras ; dans la soirée, l’Action française est mise hors-la-loi.

Une manifestation de protestation des organisations de gauche est organisée le dimanche 16, du Panthéon à la Nation; l’Humanité titre : « En prison, tous les chefs factieux sans exception ! Désarmement et dissolution de toutes les ligues fascistes ! » Plus d’un demi-million de Parisiens manifestent contre le fascisme assassin, titrera le lendemain le journal.

Toujours ce 16 février, victoire du Frente Popular en Espagne ; la coalition de gauche l’emporte avec 47,03 % des voix et 286 sièges (+ 186) devant le Bloc national, coalition des droites, 46,4 % (141 sièges, - 56). La coalition du Frente Popular inclut notamment le Parti communiste d’Espagne (PCE), le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), le Parti ouvrier d’unification marxiste (POUM), des partis républicains et l’Union générale des travailleurs (UGT). Il est soutenu par les indépendantistes galiciens et catalans et par la CNT, Confédération nationale du travail (qui pour la première fois ne boycotte pas les élections).

Au programme du Frente Popular la libération des prisonniers politiques arrêtés après novembre 1933, réintégration des fonctionnaires suspendus ou licenciés pour des raisons politiques, révision de la loi sur l’ordre public, enquêtes sur les violences policières ; au plan économique extension de l’intervention de l’État dans les travaux publics. Notons que les femmes en Espagne ont le droit de vote depuis 1931.

Gérard Streiff

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10 juillet 2026 5 10 /07 /juillet /2026 12:31

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

1-9 février 1936 (5)

Les factieux s’agitent

Pour le deuxième anniversaire du 6 février 1934, le comité régional de coordination PC/PS décide d’une série de meetings en région parisienne pour rendre hommage aux « morts tombés dans la lutte antifasciste » ; les noms des quatre manifestants progressistes tués sont : Vincent Perez, Maurice Bureau, Ernest Schnarbach, Louis Lauchin. Ces meetings sont prévus alors même que les milieux fascistes s’agitent à Paris : avocats d’extrême droite qui attaquent un confrère progressiste au Palais de Justice, défilé d’étudiants d’ultra droite au Quartier Latin, milices armées de « Solidarité française » paradant en uniforme à un meeting à Wagram, ouverture par les Allemands « d’une maison brune » à Paris. Les antifascistes s’organisent. « Un peu de poigne et tout rentrerait dans l’ordre. Mais quelle poigne peut-on attendre de ce gouvernement… », écrit l’Humanité. Un rassemblement est donc prévu dimanche 9 février place de la République, à 14 h, « pour barrer la route au fascisme ».

Le jour de la manifestation, un communiqué du PCF lance un dernier appel au « peuple de Paris, du Paris du 14 juillet 1789 et de la Commune de Paris » de venir nombreux à la République. Le texte se termine ainsi : « Avec nous, en avant pour la République française des soviets ! »

Marcel Cachin (9 février) appelle à relancer la souscription du Parti afin d’assurer aux 600 candidats communistes aux prochaines législatives un matériel « de propagande » efficace. Son article est ironiquement intitulé « L’or de Moscou ».

Gros succès dimanche 2 du cross de l’Humanité à La Courneuve ; on parle de 4 000 participants (« les sportifs ouvriers ») et de 35 000 spectateurs.

À l’occasion de la visite à Paris de Maxime Litvinov, ministre soviétique (commissaire du peuple) des Affaires étrangères, Marcel Cachin en une de l’Humanité du 3 février appelle la Chambre des députés à ratifier le « pacte franco-soviétique contre la guerre » (et à confirmer ainsi le traité signé à Moscou en mai 1935), alors que la droite et l’extrême droite déclenchent une violente campagne antisoviétique.

Long article (9 février) de Gabriel Péri intitulé « La paix, partout ! » ; il rappelle l’histoire de la politique communiste depuis le traité de Versailles, celle de l’URSS aussi « désireuse de vivre en bonne intelligence avec tous les pays », l’importance d’un pacte franco-soviétique (combattu par la droite), les différences de positions entre communistes et socialistes ; une analyse qui donne déjà toutes les clés pour comprendre ce qui adviendra trois ans plus tard, le pacte de non-agression germano-soviétique.

À Vienne, le parti communiste autrichien anime une radio clandestine, lançant des appels au front unique ; les émissions se terminent par l’Internationale ; la police n’a pas réussi à repérer la station.

Gérard Streiff

Les quatre manifestants progressistes tués en 1934 sont :

 

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8 juillet 2026 3 08 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

26/31 janvier 1936 (4)

Vers la réunification de la CGT

« Il n’y a plus qu’une seule CGT », titre l’Humanité du 29 janvier. En prévision de son congrès d’unité de Toulouse (mars), le comité confédéral national a désigné, la veille, le bureau provisoire de la CGT réunifiée. Dans un article du 31, Benoit Frachon écrit : « Pendant le mois qui nous sépare du congrès, les assemblées syndicales vont se réunir pour étudier les problèmes qui seront débattus à Toulouse. Sur certains d’entre eux des opinions diverses se feront jour. Elles exprimeront les courants d’idées qui existent dans le mouvement ouvrier. Mais nous connaissons assez les travailleurs de notre pays pour savoir que, le plus souvent, ces discussions se dérouleront sans passion partisane. Chacun s’efforcera de convaincre son camarade de la justesse de son opinion. Chacun fera son possible pour faire triompher, dans le cadre de la démocratie syndicale, les conceptions qu’il estime être les meilleures. »

29 janvier encore : Message de Georges Dimitrov pour le soixante-dixième anniversaire de Romain Rolland : « Je vous envoie mes meilleurs souhaits, à vous l’écrivain mondial, le maître de la littérature, l’ami fidèle de l’Union Soviétique et des travailleurs du monde entier ; le combattant inlassable contre la guerre, le fascisme et la réaction ; le défenseur inébranlable des victimes de l’oppression et de l’asservissement capitalistes, dont le nom glorieux est prononcé avec amour et espoir par les prisonniers languissant dans les cachots fascistes : Thaelmann, Ossietsky et Ludwig Renn ; Gramcsi et Terraccini ; Rakosi, Antikainen, Itsikava, et par des milliers d’autres prisonniers du fascisme et de la réaction dans les pays capitalistes. »

Un hommage à Romain Rolland est rendu à la Mutualité pour son 70e anniversaire Le meeting est sous la présidence d’André Gide. Parmi les orateurs, Aragon, Jean-Richard Bloch, Léon Blum, Marcel Cachin, Jean Guéhenno, Paul Langevin, Paul Vaillant-Couturier. L’historien Michel Winnock y voit « l’acte de naissance du Front populaire ».

Ces jours de fin janvier, deux questions reviennent assez régulièrement dans la presse : la montée du mouvement revendicatif (grève des traminots de Lille-Roubaix-Tourcoing ; mineurs d’Isère ; métallos de St-Nazaire, dockers de Marseille, tisseurs du Nord) ; et les provocations répétées des groupes fascistes. Le chef des Croix-de-Feu, La Rocque, traite le nouveau gouvernement (le ministère Sarraut) de « fumier » et déclare « qu’il préparait un coup dur pour qu’il n’y ait pas d’élection ». La gauche demande l’application rapide de la loi d’interdiction des ligues.

Au plan international, à noter la visite à Londres du Soviétique Toukhatchevsky, commisaire du peuple (ministre) à la Défense, et les victoires des communistes chinois dans plusieurs régions du pays.

Gérard Streiff

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6 juillet 2026 1 06 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

19/25 janvier 1936 (3)

Les 200 familles

Le 22 janvier s’ouvre à Lyon Villeurbanne le 8e congrès du PCF (jusqu’au 25 janvier). Le Parti revendique 74 000 membres (contre 28 000 en 1933). En deux ans le chiffre a plus que doublé. On compterait 25 000 JC. « En avant pour les 100 000 adhérents », clame une banderole du congrès. Maurice Thorez est réélu secrétaire général.

Le manifeste adopté à l’issue du congrès évoque notamment le poids des « 200 familles » qui contrôleraient l’économie française. Le thème fait écho aux 200 actionnaires qui supervisent la Banque de France à sa création (en 1800). On dit qu’à l’origine c’est le radical Daladier qui utilise l’expression, dès 1934 ; mais ce sont les communistes qui vont assurer à ce mot d’ordre un succès phénoménal au cours de l’année 1936.

Dans le film « La vie est à nous » de Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois (1936), produit par le PCF, le personnage d’un instituteur, interprété par le comédien Jean Dasté, fustige ainsi les grandes fortunes : « La France n’est pas aux Français car elle est à deux cents familles. La France n’est pas aux Français car elle est à ceux qui la pillent. »

À partir du 19 janvier 1936, le journal l’Humanité consacre une longue série d’articles (jusqu’en août), bien documentés, signés Augustin Hamon et surtitrés : « Et voici les 200 familles », où défilent les de Wendel, les Schneider, les Neuflize. La série commence ainsi : « On croit communément que la France vit sous un régime démocratique. C’est une erreur complète. Le régime de la France est celui d’une oligarchie ploutocratique. Ce sont les grands riches qui sont les maîtres quasi absolus du pays. Nous disons quasi absolus parce qu’il faut tout de même tenir un peu compte de l’opinion et des aspirations des millions de dirigés. Ces grands riches détiennent entre leurs mains toute l’économie du pays. Ils en administrent, ils en gèrent tous les éléments, dans toutes les branches, l’eau, le gaz, l’électricité, les transports par voie ferrée et par air ; les canaux, les ports ; les transports par route ; les mines, la métallurgie, le textile, qui sont les industries de base de l’économie ; les industries de l’alimentation et de la construction ; les entreprises coloniales et à l’étranger les assurances et enfin les banques. »

En ce début 1936, des informations de presse font état de la fabrication massive (et secrète ? mais c’est un secret de Polichinelle) du bombardier Heinkel He 111 pour la Luftwaffe, alors que l’Allemagne n’avait pourtant pas le droit, selon le traité de Versailles, de concevoir des appareils militaires. Ces avions seront engagés dès l’année suivante dans la légion Condor pour bombarder les Républicains espagnols.

Gérard Streiff

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4 juillet 2026 6 04 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

12/18 janvier 1936 - Le programme, version janvier (2)

Le 12 janvier 1936 (curieusement des documents parlent aussi du 9, ou du 10, ou du 11), les partis radical, socialiste et communiste rendent public le programme du « rassemblement populaire » en vue des législatives du printemps (avril/mai). S’y associent la CGT en voie de réunification, des associations de défense des droits de l’homme et antifascistes (Ligue des droits de l’homme, Comité de vigilance des intellectuels antifascistes…).

Ce programme est intéressant et assez mal connu. Il parle de « la réduction de la semaine de travail sans réduction du salaire hebdomadaire », d’« un régime de retraites suffisantes pour les vieux travailleurs », de « l’institution d’un Fonds national de chômage ».

Il y est aussi question de la suppression immédiate des mesures frappant les plus faibles par les décrets lois ; de revalorisation des produits de la terre, création d’un office interprofessionnel des céréales, soutien aux coopératives agricoles ; de la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans ; de l’exécution rapide d’un plan de grands travaux d’utilité publique, citadine et rurale, et associant à l’effort de l’État et des collectivités l’effort de l’épargne locale. En matière de défense de la paix, le texte prône la nationalisation des industries de guerre et la suppression du commerce privé d’armes.

L’intervention du parti radical dans la rédaction du programme a limité des propositions qui étaient contenues dans l’accord PC/SFIO de septembre 1935. Ainsi on ne mentionne plus la « semaine des 40 heures ». Il faudra les puissantes grèves ouvrières du printemps, trois mois plus tard, pour que cette revendication phare du Front populaire s’impose à nouveau.

Georges Politzer commente ainsi ce programme : « C’est parce que le programme du Rassemblement est une liste de revendications qu’il a pu rallier l’unanimité. (…) Ce qui importe aux chômeurs, c’est le Fonds national du chômage et non la théorie au nom de laquelle on adhère à cette revendication. (…) L’accord sur le programme a pu être réalisé parce que c’est un programme de revendications et non un traité d’économie politique. »

Le 17 janvier marque la fin du procès de l’affaire Stavisky, un scandale politico-financier faisant suite au « suicide » du susnommé Stavisky. Le Canard Enchaîné titrera : « Stavisky s’est suicidé d’une balle tirée à 3 mètres ; voilà ce que c’est que d’avoir le bras long. »

Cette crise, mettant en cause des notables de la presse, de la justice, de la politique et de la police, secoua le pays et aboutit à l’émeute du 6 février 1934.

Gérard Streiff

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2 juillet 2026 4 02 /07 /juillet /2026 12:23

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

1-11 janvier 1936 - Une loi importante (1)

Depuis le début des années trente, la France est frappée par une crise économique, sociale, démocratique grave. Les gouvernements qui se succèdent imposent sans fin des politiques d’austérité. (Le gouvernement Laval en 1935). Il en est de même en Europe où l’extrême droite montre son groin (Mussolini, Hitler). Mais cette crise suscite aussi un puissant mouvement de résistance. Face à la montée des périls, aux injustices sociales, aux diktats patronaux, les communistes revendiquent « un front populaire du travail, de la liberté et de la paix » (discours de Maurice Thorez à la Chambre des députés le 13 novembre 1934). Une dynamique unitaire à gauche est à l’œuvre. Les municipales de mai 1935 sont favorables à la gauche. Le PCF gagne 90 communes de plus de 5 000 habitants (+ 43) ; c’est un peu l’acte de naissance des « banlieues rouges ». Le 14 juillet de la même année, pour la première fois, tous les partis de gauche défilent ensemble de Bastille à Vincennes.

On parle de 500 000 personnes qui scandent le slogan de « paix, pain, liberté ». En septembre, le PC et la SFIO conviennent d’une plate-forme programmatique commune où il est notamment question de la semaine de 40 heures.

C’est dans ce climat que s’ouvre l’année 1936. Les premiers jours de la nouvelle année sont marqués par l’adoption d’une loi importante, le 10 janvier, la « Loi sur les groupes de combat et milices privées ». Elle va permettre de dissoudre plusieurs ligues d’extrême droite, qui avaient participé aux émeutes fascistes du 6 février 1934. Soit l’Action française, un des groupes les plus virulents (notamment sa fédération étudiante), adepte du nationalisme intégral de Charles Maurras ; les Camelots du roi, le service d’ordre de l’Action française, xénophobe (parmi eux on repère un certain Norbert Pinochet, oncle d’Augusto Pinochet) ; le mouvement des Croix-de-feu, aussi nommée « Association des combattants de l’avant et des blessés de guerre cités pour actions d’éclat », dirigé par le colonel de La Rocque, un mouvement puissant, on parle de 500 000 adhérents ; le Parti franciste de Marcel Bucard (ils portent l’uniforme, la chemise bleue, et saluent à la romaine).

Autant de groupes plus ou moins issus du courant antidreyfusard, et que l’on retrouvera, quatre ans plus tard, parmi les adeptes de la collaboration vichyste. (Loi importante mais loi qui, au fil du temps, sera dévoyée : elle permettra de réprimer durement la gauche et notamment les mouvements indépendantistes, de libération nationale). Notons encore que le 7 janvier 1936, le parlement espagnol, les Cortes, est dissous. On va voir que les histoires du Front populaire en France et du Frente popular en Espagne sont intensément, dramatiquement liées.

Gérard Streiff

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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