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10 juillet 2026 5 10 /07 /juillet /2026 12:31

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

1-9 février 1936 (5)

Les factieux s’agitent

Pour le deuxième anniversaire du 6 février 1934, le comité régional de coordination PC/PS décide d’une série de meetings en région parisienne pour rendre hommage aux « morts tombés dans la lutte antifasciste » ; les noms des quatre manifestants progressistes tués sont : Vincent Perez, Maurice Bureau, Ernest Schnarbach, Louis Lauchin. Ces meetings sont prévus alors même que les milieux fascistes s’agitent à Paris : avocats d’extrême droite qui attaquent un confrère progressiste au Palais de Justice, défilé d’étudiants d’ultra droite au Quartier Latin, milices armées de « Solidarité française » paradant en uniforme à un meeting à Wagram, ouverture par les Allemands « d’une maison brune » à Paris. Les antifascistes s’organisent. « Un peu de poigne et tout rentrerait dans l’ordre. Mais quelle poigne peut-on attendre de ce gouvernement… », écrit l’Humanité. Un rassemblement est donc prévu dimanche 9 février place de la République, à 14 h, « pour barrer la route au fascisme ».

Le jour de la manifestation, un communiqué du PCF lance un dernier appel au « peuple de Paris, du Paris du 14 juillet 1789 et de la Commune de Paris » de venir nombreux à la République. Le texte se termine ainsi : « Avec nous, en avant pour la République française des soviets ! »

Marcel Cachin (9 février) appelle à relancer la souscription du Parti afin d’assurer aux 600 candidats communistes aux prochaines législatives un matériel « de propagande » efficace. Son article est ironiquement intitulé « L’or de Moscou ».

Gros succès dimanche 2 du cross de l’Humanité à La Courneuve ; on parle de 4 000 participants (« les sportifs ouvriers ») et de 35 000 spectateurs.

À l’occasion de la visite à Paris de Maxime Litvinov, ministre soviétique (commissaire du peuple) des Affaires étrangères, Marcel Cachin en une de l’Humanité du 3 février appelle la Chambre des députés à ratifier le « pacte franco-soviétique contre la guerre » (et à confirmer ainsi le traité signé à Moscou en mai 1935), alors que la droite et l’extrême droite déclenchent une violente campagne antisoviétique.

Long article (9 février) de Gabriel Péri intitulé « La paix, partout ! » ; il rappelle l’histoire de la politique communiste depuis le traité de Versailles, celle de l’URSS aussi « désireuse de vivre en bonne intelligence avec tous les pays », l’importance d’un pacte franco-soviétique (combattu par la droite), les différences de positions entre communistes et socialistes ; une analyse qui donne déjà toutes les clés pour comprendre ce qui adviendra trois ans plus tard, le pacte de non-agression germano-soviétique.

À Vienne, le parti communiste autrichien anime une radio clandestine, lançant des appels au front unique ; les émissions se terminent par l’Internationale ; la police n’a pas réussi à repérer la station.

Gérard Streiff

Les quatre manifestants progressistes tués en 1934 sont :

 

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8 juillet 2026 3 08 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

26/31 janvier 1936 (4)

Vers la réunification de la CGT

« Il n’y a plus qu’une seule CGT », titre l’Humanité du 29 janvier. En prévision de son congrès d’unité de Toulouse (mars), le comité confédéral national a désigné, la veille, le bureau provisoire de la CGT réunifiée. Dans un article du 31, Benoit Frachon écrit : « Pendant le mois qui nous sépare du congrès, les assemblées syndicales vont se réunir pour étudier les problèmes qui seront débattus à Toulouse. Sur certains d’entre eux des opinions diverses se feront jour. Elles exprimeront les courants d’idées qui existent dans le mouvement ouvrier. Mais nous connaissons assez les travailleurs de notre pays pour savoir que, le plus souvent, ces discussions se dérouleront sans passion partisane. Chacun s’efforcera de convaincre son camarade de la justesse de son opinion. Chacun fera son possible pour faire triompher, dans le cadre de la démocratie syndicale, les conceptions qu’il estime être les meilleures. »

29 janvier encore : Message de Georges Dimitrov pour le soixante-dixième anniversaire de Romain Rolland : « Je vous envoie mes meilleurs souhaits, à vous l’écrivain mondial, le maître de la littérature, l’ami fidèle de l’Union Soviétique et des travailleurs du monde entier ; le combattant inlassable contre la guerre, le fascisme et la réaction ; le défenseur inébranlable des victimes de l’oppression et de l’asservissement capitalistes, dont le nom glorieux est prononcé avec amour et espoir par les prisonniers languissant dans les cachots fascistes : Thaelmann, Ossietsky et Ludwig Renn ; Gramcsi et Terraccini ; Rakosi, Antikainen, Itsikava, et par des milliers d’autres prisonniers du fascisme et de la réaction dans les pays capitalistes. »

Un hommage à Romain Rolland est rendu à la Mutualité pour son 70e anniversaire Le meeting est sous la présidence d’André Gide. Parmi les orateurs, Aragon, Jean-Richard Bloch, Léon Blum, Marcel Cachin, Jean Guéhenno, Paul Langevin, Paul Vaillant-Couturier. L’historien Michel Winnock y voit « l’acte de naissance du Front populaire ».

Ces jours de fin janvier, deux questions reviennent assez régulièrement dans la presse : la montée du mouvement revendicatif (grève des traminots de Lille-Roubaix-Tourcoing ; mineurs d’Isère ; métallos de St-Nazaire, dockers de Marseille, tisseurs du Nord) ; et les provocations répétées des groupes fascistes. Le chef des Croix-de-Feu, La Rocque, traite le nouveau gouvernement (le ministère Sarraut) de « fumier » et déclare « qu’il préparait un coup dur pour qu’il n’y ait pas d’élection ». La gauche demande l’application rapide de la loi d’interdiction des ligues.

Au plan international, à noter la visite à Londres du Soviétique Toukhatchevsky, commisaire du peuple (ministre) à la Défense, et les victoires des communistes chinois dans plusieurs régions du pays.

Gérard Streiff

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6 juillet 2026 1 06 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

19/25 janvier 1936 (3)

Les 200 familles

Le 22 janvier s’ouvre à Lyon Villeurbanne le 8e congrès du PCF (jusqu’au 25 janvier). Le Parti revendique 74 000 membres (contre 28 000 en 1933). En deux ans le chiffre a plus que doublé. On compterait 25 000 JC. « En avant pour les 100 000 adhérents », clame une banderole du congrès. Maurice Thorez est réélu secrétaire général.

Le manifeste adopté à l’issue du congrès évoque notamment le poids des « 200 familles » qui contrôleraient l’économie française. Le thème fait écho aux 200 actionnaires qui supervisent la Banque de France à sa création (en 1800). On dit qu’à l’origine c’est le radical Daladier qui utilise l’expression, dès 1934 ; mais ce sont les communistes qui vont assurer à ce mot d’ordre un succès phénoménal au cours de l’année 1936.

Dans le film « La vie est à nous » de Jean Renoir et Jean-Paul Le Chanois (1936), produit par le PCF, le personnage d’un instituteur, interprété par le comédien Jean Dasté, fustige ainsi les grandes fortunes : « La France n’est pas aux Français car elle est à deux cents familles. La France n’est pas aux Français car elle est à ceux qui la pillent. »

À partir du 19 janvier 1936, le journal l’Humanité consacre une longue série d’articles (jusqu’en août), bien documentés, signés Augustin Hamon et surtitrés : « Et voici les 200 familles », où défilent les de Wendel, les Schneider, les Neuflize. La série commence ainsi : « On croit communément que la France vit sous un régime démocratique. C’est une erreur complète. Le régime de la France est celui d’une oligarchie ploutocratique. Ce sont les grands riches qui sont les maîtres quasi absolus du pays. Nous disons quasi absolus parce qu’il faut tout de même tenir un peu compte de l’opinion et des aspirations des millions de dirigés. Ces grands riches détiennent entre leurs mains toute l’économie du pays. Ils en administrent, ils en gèrent tous les éléments, dans toutes les branches, l’eau, le gaz, l’électricité, les transports par voie ferrée et par air ; les canaux, les ports ; les transports par route ; les mines, la métallurgie, le textile, qui sont les industries de base de l’économie ; les industries de l’alimentation et de la construction ; les entreprises coloniales et à l’étranger les assurances et enfin les banques. »

En ce début 1936, des informations de presse font état de la fabrication massive (et secrète ? mais c’est un secret de Polichinelle) du bombardier Heinkel He 111 pour la Luftwaffe, alors que l’Allemagne n’avait pourtant pas le droit, selon le traité de Versailles, de concevoir des appareils militaires. Ces avions seront engagés dès l’année suivante dans la légion Condor pour bombarder les Républicains espagnols.

Gérard Streiff

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4 juillet 2026 6 04 /07 /juillet /2026 05:00

 

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

12/18 janvier 1936 - Le programme, version janvier (2)

Le 12 janvier 1936 (curieusement des documents parlent aussi du 9, ou du 10, ou du 11), les partis radical, socialiste et communiste rendent public le programme du « rassemblement populaire » en vue des législatives du printemps (avril/mai). S’y associent la CGT en voie de réunification, des associations de défense des droits de l’homme et antifascistes (Ligue des droits de l’homme, Comité de vigilance des intellectuels antifascistes…).

Ce programme est intéressant et assez mal connu. Il parle de « la réduction de la semaine de travail sans réduction du salaire hebdomadaire », d’« un régime de retraites suffisantes pour les vieux travailleurs », de « l’institution d’un Fonds national de chômage ».

Il y est aussi question de la suppression immédiate des mesures frappant les plus faibles par les décrets lois ; de revalorisation des produits de la terre, création d’un office interprofessionnel des céréales, soutien aux coopératives agricoles ; de la prolongation de la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans ; de l’exécution rapide d’un plan de grands travaux d’utilité publique, citadine et rurale, et associant à l’effort de l’État et des collectivités l’effort de l’épargne locale. En matière de défense de la paix, le texte prône la nationalisation des industries de guerre et la suppression du commerce privé d’armes.

L’intervention du parti radical dans la rédaction du programme a limité des propositions qui étaient contenues dans l’accord PC/SFIO de septembre 1935. Ainsi on ne mentionne plus la « semaine des 40 heures ». Il faudra les puissantes grèves ouvrières du printemps, trois mois plus tard, pour que cette revendication phare du Front populaire s’impose à nouveau.

Georges Politzer commente ainsi ce programme : « C’est parce que le programme du Rassemblement est une liste de revendications qu’il a pu rallier l’unanimité. (…) Ce qui importe aux chômeurs, c’est le Fonds national du chômage et non la théorie au nom de laquelle on adhère à cette revendication. (…) L’accord sur le programme a pu être réalisé parce que c’est un programme de revendications et non un traité d’économie politique. »

Le 17 janvier marque la fin du procès de l’affaire Stavisky, un scandale politico-financier faisant suite au « suicide » du susnommé Stavisky. Le Canard Enchaîné titrera : « Stavisky s’est suicidé d’une balle tirée à 3 mètres ; voilà ce que c’est que d’avoir le bras long. »

Cette crise, mettant en cause des notables de la presse, de la justice, de la politique et de la police, secoua le pays et aboutit à l’émeute du 6 février 1934.

Gérard Streiff

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2 juillet 2026 4 02 /07 /juillet /2026 12:23

1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire Communistes lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.

1-11 janvier 1936 - Une loi importante (1)

Depuis le début des années trente, la France est frappée par une crise économique, sociale, démocratique grave. Les gouvernements qui se succèdent imposent sans fin des politiques d’austérité. (Le gouvernement Laval en 1935). Il en est de même en Europe où l’extrême droite montre son groin (Mussolini, Hitler). Mais cette crise suscite aussi un puissant mouvement de résistance. Face à la montée des périls, aux injustices sociales, aux diktats patronaux, les communistes revendiquent « un front populaire du travail, de la liberté et de la paix » (discours de Maurice Thorez à la Chambre des députés le 13 novembre 1934). Une dynamique unitaire à gauche est à l’œuvre. Les municipales de mai 1935 sont favorables à la gauche. Le PCF gagne 90 communes de plus de 5 000 habitants (+ 43) ; c’est un peu l’acte de naissance des « banlieues rouges ». Le 14 juillet de la même année, pour la première fois, tous les partis de gauche défilent ensemble de Bastille à Vincennes.

On parle de 500 000 personnes qui scandent le slogan de « paix, pain, liberté ». En septembre, le PC et la SFIO conviennent d’une plate-forme programmatique commune où il est notamment question de la semaine de 40 heures.

C’est dans ce climat que s’ouvre l’année 1936. Les premiers jours de la nouvelle année sont marqués par l’adoption d’une loi importante, le 10 janvier, la « Loi sur les groupes de combat et milices privées ». Elle va permettre de dissoudre plusieurs ligues d’extrême droite, qui avaient participé aux émeutes fascistes du 6 février 1934. Soit l’Action française, un des groupes les plus virulents (notamment sa fédération étudiante), adepte du nationalisme intégral de Charles Maurras ; les Camelots du roi, le service d’ordre de l’Action française, xénophobe (parmi eux on repère un certain Norbert Pinochet, oncle d’Augusto Pinochet) ; le mouvement des Croix-de-feu, aussi nommée « Association des combattants de l’avant et des blessés de guerre cités pour actions d’éclat », dirigé par le colonel de La Rocque, un mouvement puissant, on parle de 500 000 adhérents ; le Parti franciste de Marcel Bucard (ils portent l’uniforme, la chemise bleue, et saluent à la romaine).

Autant de groupes plus ou moins issus du courant antidreyfusard, et que l’on retrouvera, quatre ans plus tard, parmi les adeptes de la collaboration vichyste. (Loi importante mais loi qui, au fil du temps, sera dévoyée : elle permettra de réprimer durement la gauche et notamment les mouvements indépendantistes, de libération nationale). Notons encore que le 7 janvier 1936, le parlement espagnol, les Cortes, est dissous. On va voir que les histoires du Front populaire en France et du Frente popular en Espagne sont intensément, dramatiquement liées.

Gérard Streiff

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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 05:41
Maurice Audin, 69 ans après
Maurice Audin, 69 ans après
Maurice Audin, 69 ans après
Maurice Audin, soixante-neuf ans après
Il y’a soixante-neuf ans, au matin du 11 juin 1957, des parachutistes Français frappaient à la porte de Maurice Audin, à Alger. Maurice Audin avait vingt-cinq ans. Mathématicien, militant du Parti communiste algérien, il avait fait le choix d'embrasser pleinement le combat du peuple algérien pour son indépendance, ce combat qui était aussi le sien, celui d'un jeune homme enseignait en Algérie, qui y avait sa vie, sa femme Josette, ces trois enfants. Arrêté sous leurs yeux, il disparaissait dans les geôles de l'armée française. Sa famille ne le reverrait jamais.
Pendant plus de six décennies, le mensonge d'État a recouvert cette disparition. Pendant plus de soixante ans, ses proches, les historiens, les militants des droits humains ont dû se battre pour faire reconnaître ce qui s'était réellement passé. Maurice Audin n'avait pas disparu. Il avait été torturé et assassiné.
Cet après-midi du 11 juin, comme chaque année, l'association Josette et Maurice Audin s'est rassemblée au Père-Lachaise devant son cénotaphe. Une tombe sans corps. Un monument qui dit autant l'absence d'un homme que l'obstination de ceux qui ont refusé d'oublier.
À Bagnolet, nous avons notre propre lieu de mémoire. Le 7 juillet 2019, nous rebaptisions le parc du Château de l'Étang, parc Josette et Maurice Audin. Ce jour-là, Pierre Audin, leur fils, était parmi nous. Il est depuis disparu à son tour, laissant derrière lui le souvenir d'un homme qui avait porté toute sa vie le combat pour la vérité sur la disparition de son père et le combat inlassable de sa mère. Deux générations consumées par la même exigence de vérité.
Il a fallu soixante et un ans. En 2018, le président de la République Emmanuel Macron se rendait à Bagnolet, au domicile de Josette Audin, pour reconnaître enfin ce que sa famille réclamait depuis plus d'un demi-siècle : Maurice Audin avait été victime d'un « système légalement institué » permettant l'arrestation, la torture et la disparition forcée de milliers d'Algériens et de militants de l'indépendance. C'est dans ce salon, face à cette femme de quatre-vingt-trois ans qui avait attendu toute une vie, que l'État français admettait sa responsabilité.
Ce mot, « système », est essentiel. Il ne désigne pas une bavure, ni un acte isolé. Il désigne une politique organisée, assumée, couverte par les autorités de l'époque.
Deux autres vérités ont depuis émergé. Celle d'Ali Boumendjel, dont l'État a reconnu en 2021 qu'il avait été torturé et assassiné, et non suicidé, comme le soutenait la version officielle depuis 1957. Puis celle de Larbi Ben M'hidi, dont la France a admis en 2024 qu'il avait été assassiné par des militaires français.
Ces reconnaissances ont une immense valeur. Elles rendent justice aux familles. Elles brisent des décennies de déni. Mais elles posent aussi une question que l'on ne peut plus esquiver : combien de temps faudra-t-il encore ?
Le fichier tenu en 1957 par Paul Teitgen recensait 3 024 disparus pour la seule bataille d'Alger. Au rythme actuel, une reconnaissance tous les trois ans environ, il faudrait plus de neuf mille ans pour que chacun de ces dossiers reçoive une réponse officielle. L'absurdité de ce calcul dit tout des limites d'une approche au cas par cas.
Car Maurice Audin, Ali Boumendjel et Larbi Ben M'hidi ne sont pas des exceptions. Ils sont les visages les plus connus d'une réalité beaucoup plus vaste. La disparition forcée n'était pas une anomalie de la bataille d'Alger. C'était une pratique systématique, organisée, administrée. Chaque dossier renvoie aux mêmes méthodes, aux mêmes mécanismes, aux mêmes responsabilités.
La véritable leçon de l'affaire Audin n'est donc pas seulement la reconnaissance d'un crime. C'est la mise au jour d'un système. Et si la vérité sur Maurice Audin a fini par s'imposer, c'est qu'elle doit ouvrir la voie, pas refermer le dossier. La question que la République doit désormais affronter, c'est celle d'une reconnaissance globale, qui ne passe pas par une succession interminable de cas individuels mais qui nomme le système pour ce qu'il était.
Ce cénotaphe au Père-Lachaise, inauguré le 11 juin 2019, demeure à ce jour le seul monument en France dédié à un combattant de l'indépendance algérienne. Il est là, près du Mur des Fédérés, parmi les mémoires ouvrières et révolutionnaires que ce cimetière abrite. Ce n'est pas un hasard. Et ce n'est pas un aboutissement. C'est un point de départ. Un appel adressé à la République : la mémoire n'a de sens que lorsqu'elle s'accompagne de la vérité, et la vérité n'a de sens que lorsqu'elle vaut pour toutes les victimes, pas seulement pour celles dont le nom a traversé l'histoire.
Moh Djennane, militant communiste de la section de Bagnolet
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29 mai 2026 5 29 /05 /mai /2026 05:11
Vendredi 29 mai - Journée commémorative de la Commune de Paris à Morlaix avec reconnaissance des rues portant le souvenir de la Commune avec les Amis de la Commune du Tregor
Vendredi 29 mai - Journée commémorative de la Commune de Paris à Morlaix avec reconnaissance des rues portant le souvenir de la Commune avec les Amis de la Commune du Tregor
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27 mai 2026 3 27 /05 /mai /2026 05:42

À l’occasion de la Journée nationale de la Résistance, célébrée chaque 27 mai, la Ville de Morlaix accueille l’exposition « Les enfants de la Résistance », éditée par Le Lombard.

Cette édition 2026 met à l’honneur l’engagement des enfants dans la Résistance à travers une exposition inspirée de la célèbre série de bandes dessinées. Accessible et pédagogique, elle permet aux jeunes (8-12 ans) de découvrir la Seconde Guerre mondiale et les parcours de résistants à travers le regard de deux jeunes héros. 📚

📍 Salle Cornic – 1er étage de l’Hôtel de Ville
📅 Du mardi 26 mai au vendredi 29 mai

Des classes d’écoles primaires seront accueillies tout au long de la semaine, avec la présence de témoins et d’enfants de résistants morlaisiens venus partager leurs histoires et leur mémoire.

Journée nationale de la résistance - la Ville de Morlaix accueille l’exposition "Les enfants de la Résistance"
Journée nationale de la résistance - la Ville de Morlaix accueille l’exposition "Les enfants de la Résistance"
Journée nationale de la résistance - la Ville de Morlaix accueille l’exposition "Les enfants de la Résistance"
Journée nationale de la résistance - la Ville de Morlaix accueille l’exposition "Les enfants de la Résistance"
Journée nationale de la résistance - la Ville de Morlaix accueille l’exposition "Les enfants de la Résistance"
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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 19:33
8 mai 2026 à Morlaix, place Rol Tanguy - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet
8 mai 2026 à Morlaix, place Rol Tanguy - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet
8 mai 2026 à Morlaix, place Rol Tanguy - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet
8 mai 2026 à Morlaix, place Rol Tanguy - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet
8 mai 2026 à Morlaix, place Rol Tanguy - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet
8 mai 2026 à Morlaix, place Rol Tanguy - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet
8 mai 2026 à Morlaix, place Rol Tanguy - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet

8 mai 2026 - Discours d'hommage à Rol Tanguy par Lucienne Nayet 

Remerciements de Claire, Hélène et Francis de rendre hommage à leur père Henri Rol Tanguy ce 8 mai qui marque la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe, mettant fin aux années de conflits dévastateurs et où les combats ont enfin cessé. 

La vie de Henri Rol Tanguy a été au service de la liberté. Né en 1908 à Morlaix, il représente une génération pour qui l'engagement était une nécessité, un sens dans sa vie, un homme dont je vais retracer quelques grandes lignes de son parcours. 

Son engagement se déploie d'abord dans les brigades internationales puis dans la Résistance et après guerre dans son action mémorielle:  

à l'ANACR (association nationale des combattants et amis de la résistance) 

et à l'ACER (Amis des combattants de l'Espagne Républicaine)

Défendre la République espagnole en 1936, c'est une forme de conscience politique lucide à l'époque face aux menaces qui pèsent sur l'Europe. Pour Henry Rol Tanguy la lutte n'a pas de frontière, c'est déjà un chemin pour défendre la liberté en France. Il a eu de nombreuses activités syndicales et politiques. 

Il a été secrétaire de syndicat de la métallurgie de la région parisienne CGT avec Jean-Pierre Timbaud, commissaire politique avec les Brigades Internationales, chef d'état major des FFI de la région parisienne, colonel de l'Armée française, membre du Comité central du PCF.    

Depuis 1936, avec le syndicat de la métallurgie, Henri Tanguy menait une intense campagne de solidarité avec la République espagnole plongée dans la guerre civile depuis juillet 1936. 

Henri Tanguy demande à plusieurs reprises mais en vain à partir se battre en Espagne. En 1937, le PCF demanda à ses cadres de renforcer les Brigades, et Henri Rol Tanguy accepta de faire partie de ce contingent. Il a été désigné commissaire politique de la 14 ème Brigade "La Marseillaise". 

Blessé le 18 juin 1938, d'une balle dans la poitrine, il rejoint son poste après quelques journées passées à l'hôpital, refusant d'attendre l'extraction du projectile. Il participe à la vaste offensive de l'Ebre à Tortosa et dans la Sierra Cabalis de juillet à septembre 1938. 

Revenu en France, à la dissolution des Brigades, Henri Rol Tanguy reprend ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du PCF. 

Le 5 octobre 1940, apprenant qu'une vague d'arrestation frappe les militants du PC, il entre dans la clandestinité. Il participe à la mise sur pied de l'organisation spéciale (O.S), le PCF lui confie la responsabilité du secteur sud de Paris et de sa banlieue d'où il organise des sabotages contre les forces allemandes. 

Son épouse Cécile, entrée également dans la Résistance, comme agent de liaison, joue un rôle très important auprès de lui. En Août 1941, il est chargé avec Raymond Losserand et Gaston Carré dans la Région parisienne de groupes armées qui en 1942 deviennent les FTP (mouvement de résistance communiste armée). 

Et dans ce trio de résistance, il exerce la fonction de responsable militaire. Losserand et Carré sont arrêtés en 1942 et fusillés 5 mois plus tard. 

C'est là qu'il change de zone pour sa sécurité et œuvre dans la région du Poitou-Anjou.  Il revient en 1943 en Région Parisienne pour diriger avec Joseph Epstein les FTP en région parisienne. 

Il est aussi nommé en tant que FTP au sein des comités d'action contre la déportation chargés de saboter les départs au STO. 

Il passe à l'état major de toute la Région Parisienne qui regroupe 11 départements autour de Paris et le 1er juin 1944, il devient colonel régional des FFI et prend son pseudonyme Rol qui lui vient d'un ami des Brigades Internationales, le légendaire Rol, décédé pendant la guerre d'Espagne en combattant des Brigades internationales (Théo Rol, tué en 1938 pendant la bataille de l'Ebre alors que Henri Tanguy se trouvait à ses côtés). 

Oui il combat mais il comprend très vite qu'il faut s'organiser, se structurer, entretenir des réseaux et maintenir les liens entre les différents groupes de résistants. Son rôle a été très important et déterminant. 

Il s'engage totalement à la préparation de la libération de la capitale en liaison étroite avec le comité d'action militaire du CNR dirigé par le Général de Gaulle et Jacques Chaban Delmas. 

Le 17 août 1944, l'état-major de la Résistance appelle à la lutte décisive. Le 21 août, il fait afficher l'ordre de dresser des barricades, 600 brigades sont réalisées et avec 100 000 hommes sous ses ordres il libère une grande partie de la capitale, Paris, en 3 jours, jusqu'au 24 août. Le 25 août, c'est l'acte de reddition signé par Von Choltiz et le Général Leclerc, acte que Rol Tanguy contresigne. Ce moment marque l'aboutissement de plusieurs années de lutte, mais aussi la victoire d'un engagement collectif. 

Après la guerre, une phase moins connue, Henri Rol Tanguy ne se retire pas de la vie politique. Il comprend rapidement que l'histoire de la Résistance dans sa diversité ne s'arrête pas là, à la victoire des Alliés. Il s'engage pour poursuivre le combat mémoriel à l'ANACR dont il devient président en 1946, et à l'ACER pour transmettre les valeurs de l'engagement pour la République espagnole et les brigades internationales. Son objectif est évident et ses enfants le rappellent - sa fille Claire est aujourd'hui présidente de l'ACER: le souvenir ne doit pas s'effacer, les sacrifices jamais s'oublier, la volonté de construire une République d'égalité, de justice et de fraternité doit rester ce qui guide. 

Rendre hommage à Rol Tanguy aujourd'hui, ce n'est pas seulement honorer son histoire, c'est interroger le monde qui vacille bougrement. 

Les situations nationale et internationale sont graves, les guerres tuent tous les jours des populations civiles, détruisent les infrastructures nécessaires à la vie des peuples, le droit international est bafoué. Dans notre pays, l'extrême-droite s'installe, dangereuse pour notre démocratie, l'histoire nous l'a enseigné. Ils distillent des discours racistes, antisémites, complotistes, de rejet de la différence. 

Des bottes sont prêtes à écraser les esprits, la raison et la connaissance, de l'histoire, la mémoire de ces hommes et femmes qui ont donné leur vie, qui ont combattu comme Rol pour la liberté, l'égalité et la solidarité. 

Rol Tanguy c'est avant tout l'espoir, l'audace d'un monde meilleur. 

Engageons la jeunesse dans cette voie citoyenne courageuse. 

Lucienne Nayet, 

Célébration du 8 mai 2026, 1er moment devant la stèle d'hommage à Rol-Tanguy, place Rol-Tanguy devant la gare de Morlaix, de 9h30 à 10h.   

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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 18:55
8 mai 2026 - Hommage aux cheminots des gares de Morlaix et Plouigneau victimes de la seconde guerre mondiale par Loic Le Gall, pour la CGT Cheminots
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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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