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9 janvier 2026 5 09 /01 /janvier /2026 06:24
Mort de l’historien Mohammed Harbi, figure intellectuelle de l’indépendance algérienne (Pierre Chaillon, L'Humanité, 2 janvier 2026)
Mort de l’historien Mohammed Harbi, figure intellectuelle de l’indépendance algérienne
 
Figure emblématique de la lutte pour l’autodétermination et l’émancipation du peuple algérien, l’historien Mohammed Harbi est décédé à l’âge de 92 ans à Paris.
 
Carnet
 
Publié le 2 janvier 2026
 
Pierre Chaillan
 
L’historien et figure du mouvement pour l’indépendance algérienne Mohammed Harbi est décédé ce jeudi 1er janvier à l’âge de 92 ans « après avoir lutté, pendant quatre jours, contre une infection pulmonaire dans un hôpital parisien », a annoncé Ali Guenoun, historien et ami de la famille.
« Sa contribution en tant qu’historien, jusqu’à la fin de sa vie, a été majeure. Mohammed Harbi est resté digne jusqu’à ses derniers instants. Son souvenir demeure intact et continuera à jamais à éclairer nos mémoires, et la mémoire algérienne. Rappelons-nous de cette phrase tirée de sa dernière déclaration : “Œuvrons tous ensemble pour construire une nation de citoyens et vivre en paix avec nos voisins” », écrit encore Ali Guenoun.
Né le 16 juin 1933 à El Harrouch, près de Skikda, dans l’Est de l’Algérie, Mohammed Harbi s’engage très tôt dans le mouvement national algérien. En 1948, il adhère au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj, et poursuit son combat à Paris au sein de l’Association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord. Militant pour l’autodétermination et l’émancipation du peuple algérien, il participe aux débats qui traversent le mouvement indépendantiste au début des années 1950 et compte parmi les membres fondateurs du Front de libération nationale (FLN).
Du combat indépendantiste à l’exil intellectuel
Durant la guerre d’indépendance, il dirige la Fédération de France du FLN. Il sera associé aux premières négociations des accords d’Évian. Il occupe ensuite plusieurs fonctions politiques et diplomatiques au sein du pouvoir FLN et du gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).
Après l’indépendance en 1962, il devient conseiller politique du président Ahmed Ben Bella et pilote l’hebdomadaire Révolution africaine. Après le coup d’État de 1965, il est emprisonné, puis assigné à résidence pendant plusieurs années. Il parvient à s’évader et s’exile en France dans les années 1970, où il entame une carrière universitaire et se consacre à l’écriture et à la recherche historique.
En 1974, l’historien enseigne à l’université de Paris-V et Paris-VI. En 1975, il publie son ouvrage inaugural Aux origines du FLN. Le populisme révolutionnaire en Algérie, qui ouvre la voie à une lecture critique inédite de l’histoire de l’indépendance algérienne et du FLN. Son travail fait référence.
Plusieurs autres ouvrages suivent : Les Archives de la révolution algérienne (1981) ; 1954, la guerre commence en Algérie (1984) ; L’Algérie et son destin : Croyants ou citoyens (1992) ; Prisonniers politiques FLN en France pendant la guerre d’Algérie 1954-1962 : La prison, un champ de bataille (2012)… Mohammed Harbi cumule ainsi une dizaine d’ouvrages.
« Un pionnier dans la déconstruction de l’idéologie officielle véhiculée en Algérie »
L’historien Benjamin Stora salue l’importance de cette œuvre historiographique dans un hommage à retrouver sur son blog Mediapart : « Mohammed Harbi a été un pionnier dans la déconstruction de l’idéologie officielle véhiculée en Algérie sur l’histoire du pays, et la guerre d’indépendance contre la France. Sa critique, souvent très aiguisée, des pratiques du FLN pendant la guerre, de la constitution d’un appareil bureaucratique s’élevant au-dessus de la société et « confisquant » les acquis de cette action anticoloniale ne sont pas passées inaperçues. »
L’intellectuel algérien marqué par la grille de lecture marxiste poursuit avec rigueur son engagement en faveur de la reconnaissance de la mémoire de la lutte anticoloniale et de son combat actuel. Dans les années 2000, s’élevant contre la guerre en Irak, Mohammed Harbi accorde de nombreux entretiens et lance de multiples appels et tribunes dont plusieurs dans l’Humanité dont il était un lecteur attentif et fidèle. En 2001, il entreprend d’écrire ses mémoires sous le titre Une vie Debout. Dans la dernière période de sa vie, il s’exprime encore en faveur d’une reconnaissance de la responsabilité de la France de ses crimes coloniaux ou encore en faveur de la langue berbère.
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