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Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran
"Alice Sportisse (qui dirige à la libération l'Union des Femmes Algériennes avec Lise Oculi) était une très belle femme, mais son visage était marqué par la maladie qui l'avait frappée dans sa jeunesse (la tuberculose je crois) et par la vie rude qui avait été la sienne alors qu'elle avait été, durant la Guerre d'Espagne, l'une des assistantes de Dolorès Ibarruri, la Passionaria (combattante communiste pendant la Guerre d'Espagne et pour la République, autrice du célèbre "No pasaran"). Ayant été élue députée d'Oran, elle s'était ensuite installée à Paris où elle avait rencontré un universitaire exilé avec lequel elle avait une fille handicapée dont elle devait s'occuper exclusivement." (Lucette Larribère Hadj Ali, Itinéraire d'une militante algérienne).
Alice a eu pour premier mari Lucien Sportisse, dirigeant communiste algérien d'origine juive expulsé avant guerre au moment du Front Populaire et qui sera tué par la Gestapo et la milice à Lyon à la fin de la guerre dans la Résistance. En 36, Lucien et son épouse, Alice Cremades, se sont séparés.
William Sportisse précise dans ses mémoires, "Le Camp des Oliviers" qu'Alice Cremades est une "militante importante du PCA à Oran, élue au Comité central aux côtés de Lucien en 1936" et qu'elle était allée à Paris puis en Espagne organiser la solidarité concrète avec le peuple espagnol contre le franquisme. Alice gardera le nom de Sportisse quand elle militera au PCF et au PCA clandestin pendant la seconde guerre mondiale et qu'elle sera élue conseillère générale d'Alger-Bab al Oued (1945-1951) et députée communiste d'Oran (1945-1951). En décembre 1954, c'est elle qui intervient à l'Assemblée Nationale pour dénoncer la politique du tout répressif conduite par Mitterrand et Mendès-France après le 1er novembre 1954 et exiger des réformes politiques et sociales en Algérie qui prennent en compte le fait national algérien et l'aspiration à la liberté du peuple algérien.
Elle est députée communiste d'Oran de 1945 à 1955.
Elle dénonça la répression en Tunisie et au Maroc, et la proclamation de l’état d’urgence en Algérie. Le report des élections législatives du 2 janvier 1956 en Algérie, lui enleva la faculté de se représenter à la députation.
Après l'indépendance algérienne, elle s'établit en France, à Valence d'Agen, et reste membre du parti communiste français jusqu'à sa mort à 86 ans à Agen.
A lire:
La grande aventure d'Alger Républicain, par Henri Alleg, Abdelhamid Benzine, Boualem Khalfa
Communist'Art: Anne Greki, poétesse algérienne (1931-1966)
Histoires d'Algérie - "Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien" (PUR, 2012)
Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix
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