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10 août 2025 7 10 /08 /août /2025 08:15
Histoires d'Algérie: Danielle Minne, alias Djamila Amrane Minne, une française d'Algérie engagée pour l'indépendance avec le FLN
Ils ne désarment pas... contre les partisans et acteurs de la décolonisation de l'Algérie.
Des militants d'extrême-droite, très certainement racistes et nostalgiques de l'OAS et de l'Algérie française, s'en sont pris de nouveau violemment à la maison départementale du parc de la Bergère à Bobigny qui porte depuis juin suite à une décision du Conseil départemental de Seine Saint-Denis le nom de Djamila Amrane-Minne, ex membre du Parti communiste algérien, puis du FLN, comme sa mère et son beau-père, ancienne combattante pour l’indépendance de l’Algérie.
La maison départementale de Bobigny Djamila Amrane-Minne a été partiellement incendiée dans la nuit du 4 au 5 août. Des tags haineux avaient déjà été inscrits trois semaines auparavant.
Djamila Amrane-Minne, née Danièle Minne, est une écrivaine, poète, militante et professeure des universités née le 13 août 1939 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et morte le 11 février 2017 à Alger.
Fille et belle-fille d'activistes communistes condamnés à mort, militante du PCA ayant intégré l'ALN comme sa mère Jacqueline Guerroudj, et son beau-père, Abdelkader Guerroudj, chef avec Yahia Briki du groupe communiste des Combattants de la Libération, camarade de Fernand Iveton et André Castel, ces militants communistes engagés en coordination avec l'ALN dans la lutte armée pour l'indépendance de l'Algérie, elle fut une militante du Front de libération nationale à Alger durant la guerre d'Algérie.
Arrêtée, condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison, emprisonnée d'abord à Barberousse d'abord à Alger, puis en France, à Rennes, elle a bénéficié de l'amnistie générale de 1962.
Installée en Algérie, après l'indépendance, elle est devenue professeure d'histoire . Durant les années 1990, se sentant menacée par les terroristes islamistes, en tant qu'intellectuelle femme progressiste et laïque, fuyant la violence en Algérie, elle a enseigné l'histoire de la décolonisation en France, à l'université Toulouse II-Le Mirail ; elle est devenue membre du Groupe de recherche sur l'histoire immédiate. Outre des poèmes, elle a écrit plusieurs ouvrages, dont l'un fondé sur 88 entretiens réalisés entre 1978 et 1986, sur la participation des femmes algériennes à la « Guerre de libération », un ouvrage préfacé par Pierre Vidal Naquet. Des poèmes de Djamila Amrane figurent parmi ceux de vingt-six auteurs dans "Espoir et parole", anthologie de poèmes algériens essentiellement écrits durant la « guerre de libération » et rassemblés par Denise Barrat, que publie en 1963 Pierre Seghers, avec des illustrations d'Abdallah Benanteur.
La nouvelle "Le Couscous du rêve" de Danièle Amrane a été publiée dans Alger-républicain en 1963.
Les parents de Danièle Minne, Jacqueline Netter, d'origine rouennaise, et Pierre Minne, professeur de philosophie, étaient arrivés en Algérie en 1948. Pierre Minne était un ancien résistant, militant anticolonial au Sénégal, qui en a été expulsé en 1947. Il s'est installé alors en Algérie, dans la campagne de Tlemcen où sa femme, Jacqueline Netter, allait devenir institutrice. Après son divorce, cette dernière se remarie avec Abdelkader Guerroudj et tous deux militent au PCA (parti communiste algérien). Danièle suit sa mère dans son travail militant dans les campagnes environnantes où elle découvre « les différences flagrantes, énormes, entre Algériens misérables et Européens largement à leur aise », ce qui la « choque profondément ». « Je ne comprenais pas comment ça pouvait être possible », ajoute-t-elle rétrospectivement.
Engagés dans l’insurrection de novembre 1954, ses parents sont visés, en mai 1955, par un avis d'expulsion du préfet d’Oran mais peuvent s’installer à Alger en janvier 1956.
En mai, à l’âge de 16 ans, Danièle participe à la grève des lycéen.ne.s et étudiant.e.s, puis épousant la cause de l’indépendance du peuple algérien, elle s’y engage à son tour. En pleine bataille d’Alger, elle entre dans la clandestinité sous le nom de Djamila, dans le groupe de Mohand Arezki Bennaceur.
Elle est formée et chargée de transports de documents, d’armes, ainsi que d’actions de sabotage. Elle participe en janvier 1957 à l’explosion du café l’Otomatic.
Activement recherchée, elle est conduite au maquis de la Wilaya III, où elle passe près d’un an en marches épuisantes, pour fuir les ratissages et les bombardements, à soigner les combattant.e.s et les populations blessées. Elle est arrêtée en novembre 1957, alors qu’elle est sur le chemin de la frontière tunisienne à la suite de la décision du colonel Amirouche d’évacuer des maquis les femmes et les étudiant.e.s, après le durcissement des opérations militaires en Kabylie. Condamnée à sept ans de prison, elle rejoint à la prison d’Alger ses sœurs de combat et sa mère (arrêtée en janvier 1957 dans l’affaire Fernand Iveton).
https://journals.openedition.org/clio/13782 - Article de Jacqueline Martin
Wikipédia.
 
ARCHIVES
DANIELLE MINNE, devant la cour d'assises des mineurs d'Alger
 
Le Monde
Alger, 9 juillet. - La jeune militante communiste Danielle Minne doit être jugée aujourd'hui à huis clos par la cour d'assises des mineurs d'Alger. Elle est impliquée dans plusieurs attentats commis en 1956 et 1957, tandis qu'elle était encore mineure. Sa défense est assurée par Me Bruguier, du barreau de Paris.
Danielle Minne a été arrêtée par une unité militaire le 26 novembre 1957 près de Bordj-Bou-Arreridj alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre la Tunisie dans un convoi sanitaire rebelle en compagnie de la doctoresse Nefissa Hamoud et de Louise Attouche.
Trois faits lui sont notamment reprochés : avoir fait le guet lors d'un sabotage de lignes téléphoniques le 10 novembre 1956 ; avoir transporté une bombe qui a explosé à Radio-Algérie le 14 janvier 1957 en causant des dégâts matériels; avoir accompagné Kerfallah Zaïa quand celle-ci déposa une bombe au bar de l'Otomatic le 26 janvier 1957.
La jeune Danielle Minne a toujours soutenu qu'elle ignorait la nature du paquet qu'elle avait transporté et la mission de Kerfallah Zaïa.
[Danielle Minne est la fille de Jacqueline Guerroudj et la belle-fille d'Adbelkader Guerroudj, tous deux condamnés à mort le 7 décembre 1957 lors du procès des " combattants de la libération ". Jacqueline Guerroudj et Abdelkader Guerroudj ont vu depuis lors leur peine commuée en celle des travaux forcés à perpétuité par suite de" mesures générales de grâce prises par le président de la République au début de l'année.)
Histoires d'Algérie: Danielle Minne, alias Djamila Amrane Minne, une française d'Algérie engagée pour l'indépendance avec le FLN
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