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photo Pierre-Yvon Boisnard - les défenseurs du droit d'asile interpellent la députée macroniste Sandrine Le Feur sur les aspects repressifs, liberticides, xénophobes de la loi asile immigration de Gérard Collomb, leur ministre
photo Pierre Yvon Boisnard- les défenseurs du droit d'asile interpellent la députée macroniste Sandrine Le Feur sur les aspects repressifs, liberticides, xénophobes de la loi asile immigration de Gérard Collomb, leur ministre
Le Télégramme, 8 avril 2018, Gwendal Hameury
C’est ce qu‘on appelle un télescopage. Ce samedi matin, place des Otages, à Morlaix, militants locaux de LREM et soutiens des sans-papiers réunis sous la bannière Morlaix Libertés, se sont fait face pendant de longues minutes, en plein marché. Les premiers, juchés sur le kiosque, décoré de drapeaux français et européens, lançaient leur "Grande Marche pour l'Europe". Une démarche citoyenne dont l'objectif est d'aller à la rencontre des Français pour leur demander leur opinion sur l'Europe. Les autres, réunis au pied de l'édifice et derrière leur banderole "Des papiers pour tous", avaient prévu, comme ils en ont l'habitude, une action de sensibilisation au sort des demandeurs d'asile et de dénonciation de la loi Colomb sur l'immigration.
Les policiers municipaux interviennent
La rencontre n'était pas prévue. Et comme on pouvait s'y attendre, elle s'est rapidement tendue, certains noms d'oiseaux fusant des rangs de la "France d'en bas" à l'endroit d'une "France d'en Haut" un brin surprise. Puis carrément déconcertée lorsque, scène surréaliste, les policiers municipaux ont demandé aux militants LREM, dont la députée Sandrine Le Feur, de quitter les lieux en ôtant immédiatement les drapeaux du kiosque. Sous les applaudissements du collectif Morlaix Libertés, il va sans dire... La raison ? Pas un trouble à l'ordre public, mais l'interdiction formelle de faire de la publicité sur un Monument historique ! S'en est suivi un face-à-face entre Sandrine Le Feur et les soutiens aux sans-papiers, la première refusant de signer la pétition des seconds mais les invitant néanmoins à passer à sa permanence pour discuter du sujet.
"Pacifiste convaincu, sympathisant communiste et fervent critique du militarisme de l’actuel premier ministre Shinzo Abe, Isao Takahata laisse une œuvre empreinte de poésie où la pureté de l’enfance le dispute aux affres du monde(...) l’histoire du Tombeau des Lucioles est aussi un peu la sienne. Après le bombardement américain sur Okayama, en juin 1945, alors âgé de dix ans, il fuit en pyjama avec l’une de ses sœurs. Pendant deux jours, il est sans nouvelle de ses parents."
Lina Sankari
Sympathisant communiste, le cofondateur des studios Ghibli laisse derrière lui une œuvre empreinte de poésie et de pureté.
C’est une part de sensible et de poésie qui s’en va avec Isao Takahata. Décédé jeudi 5 avril à l’âge de 82 ans, le réalisateur japonais du Tombeau des Lucioles a succombé des suites d’un cancer des poumons. Depuis l’été dernier, il vivait au rythme des problèmes cardiaques. Pacifiste convaincu, sympathisant communiste et fervent critique du militarisme de l’actuel premier ministre Shinzo Abe, Isao Takahata laisse une œuvre empreinte de poésie où la pureté de l’enfance le dispute aux affres du monde. Nommé aux Oscars en 2015 et sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs, à Cannes, pour Le Conte de la princesse Kaguya, il a cofondé les studios Ghibli en 1985 avec son compère de toujours Hayao Miyazaki.
Né en 1935 à Ujiyamada (depuis renommé Ise, au centre du pays), dans un Japon sombrant dans le totalitarisme, Isao Takahata est issu d’une famille de sept enfants. Il étudie la littérature française à l’université polytechnique de Tokyo et se prend de passion pour l’œuvre de Jacques Prévert et Paul Grimault. Leur travail agit sur lui comme un électrochoc. « Au cours de mes études, j'ai vu La Bergère et le Ramoneur de Paul Grimault, et cela a changé ma vie : j'ai décidé que je ferais des dessins animés (…) Sans doute Grimault est-il parvenu, plus que tout autre, à marier littérature et animation. Il m'a éveillé à la culture française, et à la sensibilité européenne, dont vous devez trouver des traces dans Le Tombeau des lucioles », expliquait-il dans Positif. Il rejoint en 1959 la société de production Toei où, en tant qu’assistant, il effectue tous les travaux, y compris le balayage. C’est quatre ans plus tard, en 1963, qu’il signe la série Ken, l’enfant loup. C’est dans ce studio qu’il fait connaissance de Hayao Miyazaki avec qui il partage nombre de luttes syndicales. « Nous sommes devenus amis immédiatement », dira plus tard Takahata. Leur premier film commun, Horus, prince du soleil, série télé d'inspiration mythologique qui se déroule au nord de l'île d'Hokkaido, sort en 1968. Déjà le voyage initiatique est au centre de l’œuvre. Ensemble, ils collaborent à la série Heidi, la petite fille des Alpes (1974),Nausicaä de la vallée du vent (1984). L’Histoire du canal de Yanagawa(1987, réalisé en prise de vue réelle, lui permet d’expérimenter d’autres formes. Au sein du studio Ghibli, vingt-six films voient le jour avec à chaque fois un succès qui dépasse largement les frontières de l’archipel. En 2003, Le Voyage de Chihiro sera couronné d’un Oscar.
Bien qu’il ne dessine pas lui-même, Takahata reste très attaché au dessin à la main à l’ère du numérique, laissant, selon lui, l’imagination du spectateur plus libre. Dans tous ses films, la nature est un personnage à part entière qui s’anime dans la plus pure tradition des légendes japonaises. Dans Pompoko (1994), il s’inspire également de la mythologie en mettant en scène des Tanuki, esprits facétieux de la forêt, confrontés à la destruction de leur forêt par l’homme. « Finalement, ce qui leur arrive, c'est ce que nous vivons : nous sommes des tanukis obligés de nous déguiser en citadins ! C'est particulièrement vrai, par exemple, pour les ruraux qui viennent travailler à Tokyo, et qui sont victimes du stress, des maladies cardiaques ». En 2011, après la catastrophe de Fukushima, le studio Ghibli s’engage pour une sortie du nucléaire. Il contribue par ailleurs à fonder le groupe Eigajin Kyujo no Kai (Les cinéastes pour l’article 9) qui entend préserver le caractère pacifiste de la Constitution japonaise d’après-guerre contre les projets de réarmement du Japon et de participation à des théâtres d’opération extérieurs du nationaliste Shinzo Abe.
Car l’histoire du Tombeau des Lucioles est aussi un peu la sienne. Après le bombardement américain sur Okayama, en juin 1945, alors âgé de dix ans, il fuit en pyjama avec l’une de ses sœurs. Pendant deux jours, il est sans nouvelle de ses parents.
« Je me suis dit que la tragédie pouvait être un genre pour le dessin animé. Le Japon a une longue tradition de récits où dessins et textes sont liés et ces récits n'étaient pas forcément des farces. Comme d'autre part je considère que le dessin animé ne doit pas s'adresser uniquement aux enfants, je veux faire en sorte que toute la famille aille voir mes films. La guerre est horrible, des enfants meurent, et cela apparaît rarement à l'écran. Pour ce film j'ai recherché une manière simple de montrer ces choses. Ce n'est pas parce que c'est un film d'animation qu'il doit épargner les spectateurs, même les plus jeunes : ils doivent prendre conscience de la réalité », dit-il encore.
Le Tombeau des Lucioles inspiré du roman d’Akiyuki Nosaka, est salué comme son chef d’œuvre. Pour le réaliser, Takahata se rend dans des jardins d’enfants afin d’observer leurs réactions. Au contraire, les adultes y sont dépeints comme dénués de sentiments et de bienveillance. « Ce n'était pas de la méchanceté, c'était la guerre ! », dira-t-il a posteriori. Aujourd’hui, on se demande avec le fantôme de Setsuko, quatre ans, et personnage central du film : « Pourquoi est-ce que les lucioles meurent tellement vite » ?
Aujourd'hui nous sommes le 7 avril. Il y a 24 ans, jour pour jour, commençait le génocide des Tutsi au Rwanda. La France, via certains de ses responsables politiques et militaires, est complice. Avant, pendant,après le génocide,la France a soutenu le régime responsable de ce génocide. Aucun de ces responsables n'a à ce jour été jugé, renforçant un discours officiel fait de déni et d'hypocrisie, celui-ci s'auto-protégeant en ne déclassifiant pas ses archives (l'histoire officielle étant toujours écrite par le pouvoir). Aujourd'hui c'est donc jour de commémoration, de mémoire mais pour nous c'est surtout, une nouvelle fois, l'occasion de dire qu'on ne lâchera pas, jamais!
https://survie.org/themes/genocide-des-tutsis-au-rwanda/
https://jumophoto.wordpress.com/.../la-france-au-rwanda.../
ethttps://jumophoto.wordpress.com/.../rwanda-1994-20-ans.../
Dossier de presse pour la Marche Solidaire des 7, 8, 9 avril - rédigé par Fraternité Douarnenez
Appel pour le droit d’asile et la suppression du règlement Dublin
Pour comprendre le règlement Dublin : https://www.youtube.com/watch? v=f4mCR1N5HCQ
Marche pacifique et solidaire
Brest-Quimper
Les 7/8/9 avril 2018
Le règlement de Dublin bafoue la Déclaration universelle des droits humains, la Constitution française et la Convention de Genève. La menace qui pèse sur ces droits fondamentaux nous concerne toutes et tous !
Pour leur survie et pour trouver la paix, beaucoup d'hommes, de femmes, d'adolescents, d'enfants, ou de familles entières, sont contraints de fuir leur pays. Mais le règlement Dublin ne donne pas aux exilés le droit de choisir un pays plutôt qu'un autre dans l'Europe de Shengen. Ainsi, pour mériter de demander l'asile à la France, il faut réussir à y entrer en traversant tous les pays qui l'entourent sans jamais avoir été contrôlé et contraint par la police de donner ses empreintes pour le fichier Eurodac qui stocke les empreintes digitales des demandeurs d'asile.
Sinon, c'est « Dublin », le statut de toutes les personnes que le préfet se permet d'assigner à résidence ou qu'elle enferme en centre de rétention, ce que la future loi asile et immigration projette de systématiser, puis qu'elle expulse hors de France. Ces enfermements sont honteux car l’exil n’est pas un délit !
Pourtant, grâce à l'article 17 du règlement Dublin, la préfecture peut les autoriser à déposer leur demande d’asile en France. Hélas, malgré les nombreuses demandes qui lui sont faites, le préfet du Finistère ne semble pas décidé à user de son droit. Un article de la constitution française permet également de passer outre le règlement Dublin. *
De nombreux collectifs et associations travaillant aux côtés des personnes en exil et pour la défense de leurs droits, se sont rassemblés. Ils vous invitent à participer à une marche pacifique en solidarité avec les dublinés, de Brest à Quimper, les 7, 8 et 9 avril. (programme détaillé en pj)
- Samedi 7 avril : rassemblement à l’aéroport de Brest à 9h30, puis marche
- Dimanche 8 avril : journée infos-débats-films-ateliers à Châteaulin
- Lundi 9 avril : rassemblement à Douarnenez à 10h00 place de la mairie, puis place saint Corentin à Quimper à 12h00, avec prises de parole, et marche jusqu'à la préfecture.
Merci de partager largement cet appel : informons, mobilisons-nous pour la solidarité et le respect des droits humains !
Lien pour vous inscrire et participer à l’organisation :
https://goo.gl/forms/f3a8xNvNL NfS1Mzq2
Pour les collectifs engagés sur la marche : Informez-nous très vite si vous souhaitez proposer quelque chose à mettre au programme (sujet de discussion ou débat, animation, film, etc) de la journée de dimanche, afin que cela figure au programme.
Higelin. Marchais. Krasucki. Concert de solidarité pour les 10 de Billancourt. Prestation gratuite d'un chanteur très engagé ! Photo Jean-Luc Villin
« Pourra-t-on un jour vive sur la Terre sans colère, sans mépris... » Des milliards d’étoiles pour Jacques Higelin.
JACQUES HIGELIN, L'ADIEU A UN AMI
Nous venons de perdre un ami, un grand ami de l'Humanité et de la Fête de l'Humanité, alors que la France, elle, perd une figure artistique cardinale. Nous sommes tous sous le choc et très attristés par la disparition de Jacques Higelin. Depuis les années 60, il a marqué le monde de la chanson et plus largement le champ artistique avec une créativité toujours renouvelée et sur le qui-vive, avec une audace rare, une liberté totale d'esprit au service de son art. De la chanson artisanale au rock français aux accents contestataires, il a été un immense inventeur de la création contemporaine engagée. Ses héritiers sont nombreux...
Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste à l'Humanité
Le chanteur Jacques Higelin, un des pionniers du rock français, est décédé vendredi matin à Paris à l'âge de 77 ans, a annoncé sa famille.
Jacques Higelin, est l'auteur-compositeuir d'une vingtaine d'albums et quelques chansons inoubliables, parmi lesquelles "Pars", "Champagne" ou encore "Tombé du ciel". Il est le père de trois enfants artistes, le chanteur Arthur H, la chanteuse Izia Higelin, et le réalisateur Kên Higelin.
Artiste attachant aux airs d'éternel adolescent, cet "enchanteur", auteur, compositeur et interprète, a rassemblé un public de fidèles autour de ses chansons et de ses concerts incarnés, durant desquels il improvisait sans relâche, passait du piano à l'accordéon ou la guitare et apostrophait les spectateurs Homme de coups de gueule et de coups de coeur, toujours révolté, Higelin évoque dans certaines de ses chansons la société, les sans-papiers ou les difficultés économiques, et s'engage à plusieurs reprises aux côtés des sans domicile fixe. Alternant ballades aériennes, rock énergique et envolées lyriques, jonglant avec le texte en amoureux des mots. Né le 18 octobre 1940 à Brou-sur-Chantereine (Seine-et-Marne), d'une mère belge et d'un père alsacien, Jacques Higelin quitte l'école à 14 ans. Il grandit en écoutant du jazz et de la chanson, Léo Ferré ou Jacques Brel, et rencontre à la fin des années 50 Henri Crolla, guitariste d'Yves Montand, figure familière de son adolescence.
Mais c'est comme comédien qu'il commence sa carrière. Au début des années 60, il s'inscrit au Cours Simon. Il débute au théâtre en 1959 avec "Bon week-end, Monsieur Bennett", mis en scène par Michel Vitold, et se lance aussi au cinéma avec "Le bonheur est pour demain" d'Henri Fabiani (1961), "Bébert et l'Omnibus" d'Yves Robert (1963) ou "Elle court, elle court, la banlieue" de Gérard Pirès (1972). Il jouera au total dans une trentaine de films.
Son destin bascule avec une double rencontre décisive au milieu des années 60, celle des musiciens Areski et Brigitte Fontaine, avec lesquels il se produit en trio sous la houlette de Pierre Barouh. C'est l'époque de ses débuts dans la chanson, des communautés et des expériences. En 1965, il sort l'album "Douze chansons d'avant le déluge", enregistré en duo avec Brigitte Fontaine.
Lire aussi : Jacques Higelin, mémoires d’un libre chanteur
C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Jacques Higelin. Il disparait au moment du cinquantième anniversaire des mouvements de 1968 alors qu’il fut l’une des figures les plus marquantes de l’élan artistique né de la révolte de la société, de la jeunesse, des femmes. On se souvient de sa collaboration avec Brigitte Fontaine qui marqua l’avant-garde musicale au début des années 1970, tout comme de sa formidable capacité de réinvention pendant toute sa carrière, son talent hybride, sa passion si communicative et les liens intenses qu’il avait noué avec un public fidèle.
Jacques Higelin aura été l’un des fers de lance du renouvellement de la chanson populaire française dans le pas de Charles Trenet dont il avait perpétué l’allure du « fou chantant » ou de Boris Vian auquel il empruntait l’impertinence et l’humour. Sa chanson mettait en avant la poésie avec des textes qui empruntait à la tradition surréaliste alliés à une musique ouverte sur les nouvelles sonorités. Il était quelque part aussi beau poète que grand musicien, sans oublier ses talents d’acteurs prêtés à de nombreux rôles de cinéma.
Homme au grand cœur, engagé à gauche, mobilisé aux cotés de la fondation Abbé Pierre pour le droit au logement, dans les luttes ouvrières, antiracistes, internationalistes ou écologiques, il était en permanence concerné par le sort des plus humbles. Jacques Higelin aura enchanté le public fervent de la Fête de l’Humanité à cinq reprises, de 1975 à 1999. Il lègue un héritage musical riche et fécond aux nouvelles générations d’artistes. Il nous laisse une immense œuvre.
C’est une voix aussi populaire qu’exigeante que nous pleurons aujourd’hui en gardant en tête ses inépuisables mélodies qui appartiennent désormais au bel et grand patrimoine populaire.
COMMUNIQUE DE PRESSE du PCF
Higelin : "Les communistes perdent un ami, la France perd une figure artistique cardinale" (Pierre Laurent)
Je suis choqué et très attristé de la disparition de Jacques Higelin. Depuis les années 60 il a marqué profondément le monde de la chanson et plus largement le champ artistique avec une créativité toujours renouvelée et sur le qui-vive.
Promoteur d’une chanson artisanale, puis d’un rock français aux accents libertaires, inclassable inventeur de formes métissées et hybrides, il a nourri l’oreille de plusieurs générations et laisse une marque profonde et durable dans la création contemporaine. Sa descendance artistique est riche. Homme de cœur et d’engagement il a toujours conservé une grande proximité avec les gens ordinaires et a su rester attentif au monde qui l’entoure ce dont ont témoigné ses nombreuses participations à des concerts de solidarité avec le monde ouvrier, les sans-papiers ou de soutien aux causes de la justice, de l’écologie et de la liberté.
Les communistes perdent un ami, la France perd une figure artistique cardinale, une des belles incarnations de cet esprit français généreux et audacieux que nous célébrons en cette année anniversaire de mai 68, dont l’œuvre de Jacques Higelin garde à jamais l’irrévérence rieuse.
Je m’incline devant sa mémoire et adresse mes plus vives condoléances à ses proches et à ses enfants Arthur, Isïa et Kên.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,
Paris, le 6 avril 2018.
Yasser Mourtaja, journaliste palestinien, tombé sous les balles de l’armée israélienne. Il avait 20 ans.
À Gaza, 20.000 participants aux manifestations du vendredi 6 avril.
8 Palestiniens tués (dont 1 mort des suites de blessures subies vendredi dernier).
Plus de 1 300 blessés. Au total, 29 Palestiniens tués et près de 3000 blessés en une semaine.
M. Collomb et le "grand remplacement"
En défendant son projet de loi "asile et immigration" le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, s’est laissé aller ce mardi 3 avril à des propos que ne renieraient pas les tenants de la droite la plus dure en déclarant que «certaines régions sont en train de se déconstruire parce qu’elles sont submergées par les flux de demandeurs d’asile». 100 000 demandeurs d'asile en 2017 suffiraient donc à "déconstruire" 67 millions d'habitants !
M. Collomb serait-il devenu un adepte du "Grand Remplacement" cher à Renaud Camus, écrivain engagé à l’extrême-droite et au "Rassemblement National" (ex FN) ?
Il est pour le moins curieux d’entendre M. Collomb rejeter la responsabilité des difficultés des "quartiers paupérisés" (selon ses propres termes) sur les migrants comme si cette responsabilité n’incombait pas d’abord aux politiques néo-libérales conduites par ce gouvernement comme par ses prédécesseurs ! Ses appels à faire preuve «de solidarité, de générosité» ne sauraient faire illusion.
Le MRAP, comme les associations d’aide aux migrants exige une autre politique de l’immigration et de l’asile et le retrait du projet de loi gouvernemental.
Paris, le 5 avril 2018
Au total, ce sont trois rassemblements "pour l'égalité" qui étaient organisés en solidarité avec les sans-papiers autour de trois revendications : un centre d'hébergement inconditionnel ouvert à Rennes toute l'année, la suppression des accords de Dublin et l'arrêt du tri des mineurs isolés étrangers et des tests médicaux qui leur sont réservés.
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/rennes-600-personnes-aux-marches-pour-l-egalite-07-04-2018-11918127.php#MTVpkyxZ25yiKlSt.99
"Ces rassemblements, qui se déroulent aussi à Caen, Chateaubriand, Lannion, Brest et Quimper se font autour de ces thématiques régionales qui sont celles auxquelles nous sommes le plus souvent confrontés", explique Camille, du collectif de soutien aux personnes sans-papiers qui précise "les accords de Dublin, qui permettent aux pays de reconduire les personnes sans-papiers vers le premier pays par lequel elles sont entrées dans l'espace Schengen, remettent en cause le droit d'asile. Les tests médicaux que subissent les mineurs étrangers, comme les tests osseux, sont un détournement de la médecine. Enfin c'est la fin de la trêve hivernale et il reste beaucoup de gens dans la rue, nous considérons comme minimum d'avoir au moins un lieu d'hébergement ouvert à tous sans condition tout au long de l'année. C'est un droit fondamental".
Projet de loi "liberticide"
Les trois cortèges, partis vers 15 h, de quartiers différents, Villejean, Le Blosne et Maurepas, portaient chacun l'une de ces revendications. L'ensemble des défilés ont ensuite convergé en direction de la préfecture de région, située rue Martenot, dans le centre-ville où différentes prises de paroles ont eu lieu. Ces trois marches s'inscrivaient de plus dans le cadre d'une journée nationale de protestation contre le projet de loi sur l'asile et l'immigration qualifié par les manifestants de "liberticide". "Cette loi ne va pas empêcher l'immigration clandestine, mais ajouter de la précarité à la précarité déjà existante", souligne l'un des 80 sans-papiers qui ont participé à ce rassemblement.
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/rennes/rennes-600-personnes-aux-marches-pour-l-egalite-07-04-2018-11918127.php#MTVpkyxZ25yiKlSt.99
Jacques Higelin, ici en 2010, aux côtés de sa fille Izia et de l'un de ses fils, Arthur H, a considérablement marqué plusieurs générations d'amateurs de rock et de chanson française
Immense émotion hier d'apprendre la mort d'un de nos trois ou quatre chanteurs fétiches qui nous accompagne depuis l'enfance, l'adolescence, qu'on a vu trois fois en concert, pour des spectacles d'une générosité exceptionnelle. Un homme d'un charisme fou, qui, ne serait-ce que dans une émission de radio, avait le pouvoir de vous faire voyager et de vous ouvrir l'esprit.
Jacques Higelin, c'était la poésie, le talent, la fureur de vivre, la fête, l'amour, les mots qui résonnent dans l'intimité. Comme son amie et sœur de cœur, Brigitte Fontaine, qui aujourd'hui ne peut que crier.
Pour nous qui avons grandi avec lui, il restera à jamais le compagnon de nos rêves et de nos moments de joie aérienne.
En son honneur, j'ai appelé mon ancienne chatte "Champagne"...
"La nuit promet d'être belle, car voici qu'au fond du ciel, apparaît la lune rousse".
I. Dupont.
« Aziza, sa femme, Arthur H, Kên Higelin et Izia Higelin ont la douleur d'annoncer la disparition de Jacques Higelin ce matin », a annoncé sa famille dans un communiqué. Ces derniers mois, son entourage avait fait état d'une « fatigue » du chanteur et des rumeurs alarmantes circulaient sur son état de santé. Les causes de son décès n'ont pas été communiquées par la famille. « Je ne peux que crier », a réagi son acolyte, depuis les années 60, Brigitte Fontaine, la voix déchirée par l'émotion. « C'était quelqu'un de bien, c'était d'abord un poète, un rebelle et puis un fidèle. Le propre d'un poète, c'est qu'on ne peut pas l'imaginer mort... Il était dans la vie, l'énergie, la joie de vivre, tout ce qui est positif », a indiqué Françoise Canetti, directrice du label Jacques Canetti, créé par son père qui enregistra les premières chansons d'Higelin, sur des textes de Boris Vian, en 1964. « Jacques Higelin est mort. Cauchemars, fantômes et squelettes, laissez flotter vos idées noires... Mais déjà le ciel blanchit... La folie qui l'accompagne et jamais ne l'a trahi... Champagne pour les poètes et tristesse pour ceux qui les voient partir ! », a tweeté le Premier ministre, Édouard Philippe.
Le chanteur Jean-Louis Aubert a salué, sur RTL, celui qui était pour sa génération de musiciens un « géniteur ». « Tout jeune, quand je n'avais pas de groupe, on s'est collé à lui. On habitait tous ensemble. Il se dirigeait vers le rock mais il chantait en français », a-t-il raconté. « Jacques Higelin a fait le Printemps de Bourges », a, pour sa part, rappelé Boris Vedel, patron du festival, dont la première édition avait été portée par le chanteur. Père de trois enfants artistes, le chanteur Arthur H, la chanteuse Izia Higelin, et le réalisateur Kên Higelin, il laisse derrière lui une vingtaine d'albums qui ont marqué la chanson française, comme « BBH 75 » (1974), « Alertez les bébés » (1976) ou encore le diptyque « Champagne pour tout le monde... » et «... Caviar pour les autres », sortis en 1979. À la fin des années 80, il réussit un retour spectaculaire avec l'album « Tombé du ciel », son plus gros succès, qui contient le single éponyme, hommage à son idole Charles Trénet, et restera l'un de ses plus grands tubes. Poète survolté, généreux, engagé, Jacques Higelin aura été l'auteur d'autres chansons restées dans les mémoires telles que « Pars », « Champagne » ou « Poil dans la main ».
Né pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1940, il avait débuté sa carrière artistique au théâtre, au début des années soixante, avant de rencontrer les musiciens Areski et Brigitte Fontaine, avec lesquels il incarna un renouveau de la chanson française au milieu de la décennie. Ses talents de comédien - une trentaine de films en tant qu'acteur - lui ont permis de se tailler une réputation de showman aussi ébouriffant qu'imprévisible. Que ce soit dans la rue, où il improvisait des concerts-happenings, à la télévision et évidemment sur scène, lors de concerts marathon. En 2005, Higelin rend hommage à Charles Trenet, « le fou chantant », mort quatre ans auparavant, avec un spectacle qui témoigne de l'étendue de ses talents d'interprète. Aussi à l'aise dans la poésie, le rock, la chanson, le folk ou même le psychédélisme, il avait célébré ses 50 ans de carrière en 2015, à la Philharmonie de Paris. Beaucoup d'émotion avait accompagné cette soirée où on le voyait notamment chanter aux côtés de sa fille, Izia, et de son fils, Arthur H. Un an plus tard, il sortait, en octobre 2016, « Higelin 75 », son dernier album en date, dans lequel il clamait attendre crânement, « en fumant » que « le temps s'arrête ».
Le Télégramme, 7 avril 2018