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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 15:05
Dominique Adenot

Dominique Adenot

Dominique Adenot vient donc de nous quitter. C'est une bien triste nouvelle pour ses proches, pour toutes celles et tous ceux qui l'ont connu, pour la population de sa ville qu'il aimait tant et à laquelle il a tant apporté. Dominique a aussi été le responsable de l'Association Nationale des Elus Communistes et Républicains. 

 

Expression de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste Français: 

Je viens d’apprendre le décès de Dominique Adenot. Je suis bouleversé. Je perds un ami proche, un camarade avec qui j’ai maintes fois échangé pendant de nombreuses années. Je connaissais sa maladie, je savais que le cancer qui le rongeait s’était aggravé ces dernières semaines. Nous en parlions encore ensemble la semaine dernière.

J’ai pu à cette occasion mesurer une fois de plus la lucidité, le courage et la combativité de Dominique. Son humanité. 
Son courage force le respect, comme le souci qu’il a eu jusqu’au bout d’informer de son état de santé les habitant-e-s de Champigny-sur-Marne, ville dont il était maire, notamment lorsque, très affaibli, il a décidé le 23 mars de laisser son mandat de maire.

Dominique aimait sa ville de Champigny, aimait ses habitant-e-s. Il avait un sens aigu de l’écoute, de la transparence dans toutes les décisions qu’il était amené à prendre, de la construction avec les gens des choix politiques les plus opportuns pour eux et pour la ville. Il a su impulser et mettre en place à Champigny des initiatives et des pratiques de démocratie directe et participative, d’une grande modernité, qui tranchent  avec les dérives autocratiques et autoritaires souvent en vigueur aujourd’hui.     

Dominique  avait Champigny et le Val-de-Marne à cœur. Il avait tout simplement confiance dans les gens, il travaillait main dans la main  avec Christian Favier, Président communiste du département, comme avec tous les élus, et ses collègues maires des villes du département. Il était aimé de la population, respecté bien au-delà des rangs du Parti communiste.
 
Sa dernière lettre aux campinoises et campinois témoigne de qui était profondément Dominique : un homme soucieux de la transparence et de la clarté, qui avait l’intérêt général chevillé au corps et qui prenait pour cela toutes ses responsabilités avec courage, détermination, lucidité.

C’est ce qui fit de lui un grand maire, un président de l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains qui marquera son histoire par son souci de l’écoute, de l’unité et du rassemblement autour d’objectifs travaillés en commun. C’est ce qui fit de lui un dirigeant national du PCF exigeant, constructif, dont l’avis et les réflexions étaient précieuses aux communistes comme à moi-même.
 
Dominique, comme militant, comme élu et comme maire, a marqué les habitant-e-s de sa ville et du Val-de-Marne. Il a marqué le Parti communiste, il a marqué et fait honneur à la politique. Je veux dire aux habitant-e-s de la ville de Champigny et du Val-de-Marne, aux élu-e-s de toutes sensibilités de sa ville et du département, à ses camarades du Parti communiste, combien je partage leur tristesse  mais aussi combien ils ont tout lieu d’être fiers du chemin parcouru à ses côtés. 

Je veux faire part à Marie-Claire, son épouse, à ses enfants, sa famille et ses proches qui l’ont soutenu sans faille dans son combat contre la maladie de toute mon affection, de toute ma disponibilité dans ce moment si difficile. 

Je veux enfin exprimer à Christian Fautré premier adjoint de la ville, toute ma solidarité, en lui demandant de la relayer auprès des élus et de la population. Christian  a  secondé Dominique à chaque instant dans l’activité municipale, notamment au cours de sa maladie. Dominique, dans ce souci de clarté et de responsabilité que j’évoquais, a proposé au Conseil municipal que Christian lui succède comme maire et a informé la population de ce souhait. Christian, comme tous les élus, savent pouvoir compter sur notre solidarité active dans leur mission de poursuivre, avec les campinoises et campinois, l’action de Dominique Adenot.

 

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

 

Dominique Adenot, maire PCF de Champigny sur Marne depuis 2004, est décédé ce jeudi 5 avril 2018 dans sa 64 ème année, vient d’annoncer la ville de Champigny. 

Atteint d’un cancer, il avait démissionné de son mandat de maire le 23 mars dernier.

« Avec son épouse, ses enfants, sa famille, nous lui rendrons l’hommage officiel et populaire qui lui est dû. Nous leur adressons, au nom de la Municipalité, du Conseil municipal, des agents du service public communal, de toute la population de notre ville, nos plus attristées condoléances. A cette heure, nous ne pouvons que nous recueillir et leur adresser toute notre tendresse, notre soutien, et notre détermination à poursuivre l’engagement qui a été le sien, comme communiste, comme humaniste, comme maire de notre ville. C’était son souhait le plus cher« , réagit la municipalité.

Un livre de condoléances sera ouvert à l’Hôtel de ville dès cet après-midi.

Le jour et l’heure de ses obsèques, publiques, seront publiées dès qu’elles seront connues.

Né en 1954, Dominique Adenot avait rejoint le PCF alors qu’il était encore étudiant en lettres à l’université de Besançon. Après avoir travaillé à Reims, il s’était installé à Champigny-sur-Marne en 1983.  Au sein du Conseil municipal de Champigny, il fut notamment adjoint en charge de l’éducation puis premier adjoint de 2002 à 2004, date à laquelle il succède à Jean-Louis Bargero. Il sera réélu ensuite à la tête du Conseil municipal en 2008 et en 2014. Il fut également président de l’Association départementale des élus communistes et républicains (ADECR) du Val-de-Marne puis président de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR).

Réactions-hommages de ses proches et alliés politiques
Disparition de Dominique Adenot : Une immense tristesse

Sa disparition, après de longs mois de lutte contre la maladie, constitue un choc brutal pour celles et ceux qui l’ont côtoyé.

Homme de conviction et de dialogue, profondément attaché à sa ville, à ses concitoyens, et tout particulièrement aux plus fragiles d’entre eux, Dominique Adenot a toujours su se mobiliser pour sa commune et les intérêts des campinoises et des campinois.

Premier dirigeant de l’Association nationale des élus communistes et républicains, il a toujours eu à cœur de défendre la décentralisation, la démocratie locale et les moyens indispensables aux collectivités territoriales pour exercer leurs missions et mener à bien leurs projets.

Je perds aujourd’hui un ami et un camarade de longue date.

Le Val-de-Marne et Champigny perdent un élu disponible, exigent, chaleureux et attentif aux plus faibles.

Je tiens à rendre un hommage ému à sa mémoire et exprimer, au nom du Conseil départemental, à ses proches, à son fils Matthieu et à son épouse Marie-Claire, mes plus sincères condoléances et toute ma solidarité.

Christian Favier 
Président du Conseil départemental du Val-de-Marne

Christian Favier, président du Conseil départemental du Val-de-Marne (PCF)
« Je viens d’apprendre avec une immense tristesse la disparition de Dominique Adenot, Maire de Champigny-sur-Marne jusqu’à il y a quelques jours. Sa disparition, après de longs mois de lutte contre la maladie, constitue un choc brutal pour celles et ceux qui l’ont côtoyé. Homme de conviction et de dialogue, profondément attaché à sa ville, à ses concitoyens, et tout particulièrement aux plus fragiles d’entre eux, Dominique Adenot a toujours su se mobiliser pour sa commune et les intérêts des campinoises et des campinois. Premier dirigeant de l’Association nationale des élus communistes et républicains, il a toujours eu à cœur de défendre la décentralisation, la démocratie locale et les moyens indispensables aux collectivités territoriales pour exercer leurs missions et mener à bien leurs projets. Je perds aujourd’hui un ami et un camarade de longue date. Le Val-de-Marne et Champigny perdent un élu disponible, exigent, chaleureux et attentif aux plus faibles. Je tiens à rendre un hommage ému à sa mémoire et exprimer, au nom du Conseil départemental, à ses proches, à son fils Matthieu et à son épouse Marie-Claire, mes plus sincères condoléances et toute ma solidarité. »

Caroline Adomo, présidente du groupe des élus PS du Conseil municipal
« Engagé pour Champigny depuis 1983,  il était une figure emblématique de la vie politique locale et aura contribué au développement et au rayonnement de notre commune. Maire depuis 2004,  il a agi jusqu’à la fin pour Champigny. Membre du Parti communiste français, il devint président de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR) en octobre 2010 succédant à André Chassaigne. Reconnu par tous, son engagement pour la ville aura dépassé les clivages et les partis politiques. C’est donc avec une grande émotion et beaucoup de peine que nous adressons nos plus sincères condoléances à son épouse, ses enfants ainsi qu’à ses proches et collègues du PCF. »

Jean-Philippe Gautrais, maire de Fontenay-sous-Bois
« C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de mon ami et collègue Dominique Adenot qui a été pendant de longues années une figure du communisme municipal et de l’engagement politique en faveur de celles et ceux qui souffrent le plus dans notre société. Il commence son parcours de militant auprès de jeunesses communistes et en deviendra plus tard l’un des principaux dirigeants en 1983, date aussi de son engagement local dans la ville de Champigny où il s’installe. Il sera l’un des animateurs du lancement de la lutte pour la libération de Mandela en France. Elu local à partir de 1989, il deviendra premier adjoint en 2002, puis Maire en 2004 suite à la démission de Jean-Louis Bargero. En parallèle de cet engagement profondément local, et de ce rapport si passionné qu’il avait avec sa ville, il deviendra un responsable local, départemental et national du parti communiste français pour lequel il milita tout au long de son engagement. Il sera aussi président de l’Association Nationale des élus communistes et républicains de 2010 à 2016. J’adresse à son épouse, ses enfants, sa famille et ses proches, ainsi qu’à l’ensemble de la population Campinoise mes sincères condoléances. Champigny a perdu aujourd’hui un homme qui a mis l’ensemble de son action au service de l’intérêt général et du progrès social. »

Elus du groupe Uces (Union pour la citoyenneté, l’écologie et le socialisme)
« C’est avec une immense peine que le groupe des élus de l’Ucès du Conseil Municipal de Champigny-sur-Marne vient d’apprendre le décès brutal de Dominique Adenot. Nous le savions souffrant, mais nous savions aussi sa détermination à combattre la maladie qui vient de l’emporter. Nous présentons nos condoléances les plus sincères à son épouse, à ses enfants, à sa famille et à ses amis, en espérant qu’ils puissent trouver la force de surmonter cette épreuve cruelle. Dominique Adenot laissera un grand vide à Champigny, ville qu’il aimait et au destin de laquelle il s’est dévoué comme Maire-adjoint puis comme Maire depuis près de trente années. Qu’il en soit ici sincèrement remercié, notamment pour avoir su rassembler autour de lui des équipes constituées d’élus aux sensibilités diverses, sans jamais avoir manqué de les respecter dans leurs convictions et la conduite de leur action au service du bien commun. »

Elus campinois de la France Insoumise
« C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris ce soir le décès de Dominique Adenot. Dominique Adenot mérite d’être remercié et salué pour l’engagement et le dévouement qui furent les siens pour faire de Champigny-sur-Marne une ville solidaire. Actifs à ses côtés ces dernières années, nous avons pu apprécier son sens du débat et sa capacité à créer du commun dans le respect de la diversité des approches. Les campinois.es perdent un élu de terrain auquel ils étaient fortement attachés. À son épouse Marie-Claire, ses enfants et ses petits-enfants, nous présentons nos plus sincères condoléances. A tous ses camarades, nous adressons nos pensées fraternelles amicales dans ces temps douloureux. Avec tous les campinois.es, nous partageons ce moment de recueillement et de tristesse. »

 

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 14:57
Réforme constitutionnelle: Macron et Philippe veulent encore affaiblir le Parlement et en limiter le pluralisme
Édouard Philippe confirme une lourde attaque contre le Parlement

jeudi 5 avril 2018

Edouard Philippe a présenté le 4 avril, de manière souvent imprécise, les grandes lignes de la réforme institutionnelle.

 

Au-delà de telle ou telle mesure, le fil conducteur de cette réforme est l’affaiblissement du Parlement.

La mesure démagogique de réduction du nombre de députés et sénateurs à hauteur de 30% occulte la raison essentielle du désamour entre la population et les assemblées : leur faible représentativité, leur pouvoir déclinant face à un pouvoir exécutif renforcé et des autorités européennes toutes puissantes et leur inefficacité depuis des années à répondre aux attentes de nos concitoyens, à changer leur vie.

Réduire le nombre de parlementaires, c’est affaiblir la démocratie représentative. Réduire le nombre de parlementaires, c’est moins de pluralisme, moins de lien entre élu-e-s et population. Réduire le nombre de parlementaires, c’est la marche vers un Parlement de technocrates au détriment de la représentation du peuple.

L’inscription de nouvelles restrictions du droit d’amendement dans la Constitution confirme cette volonté de museler le pouvoir législatif ou du moins ce qu’il en restera.

Ce pouvoir législatif c’est le socle de la République, l’héritage des lumières et de la grande Révolution de 1789.

L’imprécision d’Edouard Philippe pour présenter des mesures d’une importance historique marque un rare mépris vis-à-vis du peuple. Cette imprécision masque la volonté de continuer à négocier en catimini, entre gouvernement et Présidents de l’Assemblée nationale et Sénat, une véritable trahison de l’esprit même de la République.

La référence au « Pacte girondin » sonne comme une lourde menace à l’égard de l’Etat républicain dont l’unicité est l’une des caractéristiques premières.
Cette lourde attaque contre le Parlement a un sens profond : celle de laisser la voie libre au marché qui ne supporte plus l’obstacle démocratique que représentent le débat pluraliste et la représentation populaire, même imparfaite.

C’est pourquoi ce débat institutionnel en cours ne peut être distingué de l’offensive contre les services publics et l’intérêt général. Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE demandent que les présidents de groupes et dirigeants d’organisations politiques représentés au Parlement soient à nouveau reçus par le Premier ministre et cela sans délai pour que les projets de loi leur soient présentés dans leur totalité. Enfin, ils exigent que la voie du référendum prévale après un premier examen des textes par le Parlement, en particulier sur les questions liées à la représentation et aux pouvoirs des assemblées. Le Parlement est dans le viseur d’Emmanuel Macron. C’est au peuple de décider de l’avenir de la démocratie dans notre pays.

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 14:51
Les députés communistes à l'Assemblée Nationale

Les députés communistes à l'Assemblée Nationale

Immigration : Collomb porte une "politique de la peur"

jeudi 5 avril 2018

Le 4 avril dernier, les députés communistes ont dénoncé une volonté de G. Collomb "d’accompagner la politique de la peur" avec le projet de loi asile-immigration, déplorant aussi son "entêtement" à défendre un texte "d’exclusion".

C’est "un texte d’exclusion, un texte profondément déséquilibré" et "également inutile", a affirmé Elsa Faucillon lors d’un point presse, alors que le projet de loi est en cours d’examen en commission des Lois, dont elle est membre.

Le projet a "une portée hyper-communicationnelle pour le gouvernement et pour le ministre", qui a tenté lors de son propos liminaire en commission mardi soir "en permanence, sans chiffres à l’appui, de parler d’une immigration en submersion, massive", ajouté la députée des Hauts-de-Seine.

"On a bien senti dans sa présentation, le 3 avril, qu’il y avait une volonté d’accompagner la politique de la peur", a-t-elle poursuivi. Et d’ajouter avoir perçu de "la colère" chez certains élus LREM face au discours de Gérard Collomb, qui lui a laissé un sentiment de "nausée".

Le groupe entend "dénoncer l’intox qui est faite et qui accompagne ce discours de la peur", en luttant notamment contre "cette idée d’invasion" et en dénonçant "l’amalgame fait entre asile et immigration".

Pour E. Faucillon, "quand on essaie de surfer sur la logique de la peur, les gens finissent par préférer l’original à la copie et il n’est pas nécessaire de rappeler qu’Emmanuel Macron a été élu au second tour face à Marine Le Pen".

De son côté, Stéphane Peu 77 a dénoncé une "fuite en avant politiquement très dangereuse", soulignant que "partout" où cela s’est produit, "ce sont les extrêmes droites européennes qui en ont tiré profit".

Il a critiqué un "entêtement à légiférer en dépit des (critiques des) professionnels et des spécialistes du secteur".

Le député de Seine-Saint-Denis a épinglé "une façon de gouverner les yeux fixés sur les enquêtes d’opinion". "Emmanuel Macron emprunte les mêmes chaussures que (l’ex-Premier ministre italien) Matteo Renzi ou d’autres en Europe, avec malheureusement les résultats qu’on connaît".

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 14:47
Ferroviaire: Une étude démonte les arguments du gouvernement
Ferroviaire : Une étude démonte les arguments du gouvernement

jeudi 5 avril 2018

Rapport Spinetta sur le ferroviaire : et si le coût du capital était l’enjeu clé plutôt que le coût du statut ? titre une étude faite par le cabinet d’expertise économique Degest. 

Le rapport Spinetta, sur lequel s’appuie le gouvernement pour préparer sa réforme de la SNCF, met en avant une dérive des coûts du mode ferroviaire qu’il attribue au coût des « petites » lignes jugées non « pertinentes » et au coût du travail trop important en raison du statut de cheminot. Le cabinet DEGEST démontre que c’est, en réalité, l’absence de financements à la hauteur des ambitions ferroviaires de l’Etat qui coûte cher. Depuis 2010, en raison de l’état vieillissant du réseau et de la volonté de développer de nouvelles lignes de TGV, l’Etat a engagé SNCF Réseau dans un programme d’investissements dépassant les 5 Mds€ annuels. Au même moment, l’Etat réduit drastiquement ses subventions ce qui créé un effet ciseau et contraint SNCF Réseau à recourir massivement à l’endettement (17,5 Mds€ de dette supplémentaires depuis 2010).

La dette accumulée est devenue tellement importante que SNCF Réseau est obligée de s’endetter … pour rembourser sa dette … créée par l’Etat.

Cette politique est inefficace économiquement : sur la période, lorsque SNCF Réseau emprunte 100€ sur les marchés, seuls 41€ vont réellement sur le réseau ; les 59€ restants sont ponctionnés par les acteurs financiers … entretenant une sorte d’économie de la rente occasionnant un surcoût de plus de 140% ! Si l’Etat avait repris la dette de SNCF Réseau en 2010, celle-ci atteindrait uniquement 7,2Mds€ aujourd’hui : le diagnostic du rapport Spinetta en serait sans doute différent. Dans ces conditions, c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités, d’assumer le poids de sa dette et de dégager les financements nécessaires au rééquilibrage modal : Pourquoi s’engager dans la fermeture du réseau secondaire au moment même où tous les spécialistes s’accordent à reconnaitre que le mode ferroviaire génère 9 fois moins de coûts « externes » (pollution, congestion, accidents, etc.) que la voiture ?

Pourquoi ne pas chercher à valoriser un aménagement du territoire plus équilibré dans lequel le train aurait toute sa place puisque le réseau est déjà existant ?

Pourquoi entretenir l’idée que le problème clé est le statut des cheminots alors que ces derniers ont accru leur productivité 1,7 fois plus vite que la moyenne de l’économie nationale ces dernières années et que leur espérance de vie à 60 ans est inférieure, toutes catégories socioprofessionnelles confondues, à celle de la population en général ?

Le mode ferroviaire est un atout face aux nouveaux défis de la mobilité et de l’environnement : il ne peut se satisfaire d’une vision purement comptable de court terme.

 Télécharger l’étude

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 14:23
CONSEIL MÉTROPOLE 30 MARS – Vœu sur le Crédit Mutuel Arkéa

Intervention d’Eric Guellec, Vice-président de Brest Métropole, délégué à la proximité territoriale et à l’urbanisme réglementaire:
 

 

Monsieur Le Président,

Chers collègues,

Quelques mots pour expliquer notre positionnement.

Il y a maintenant plus de deux ans, plusieurs conseils municipaux de commune de la métropole votaient un vœu défendant l’autonomie du Crédit Mutuel Arkéa au sein de de la confédération auquel il appartient.

Ce vœu, les élus communistes l’avaient soutenu afin de défendre et de consolider l’emploi sur notre territoire.

C’était un vœu rassurant pour les salariés.

Le vœu qui nous est présenté aujourd’hui ne porte plus sur une autonomie à l’intérieur de la maison mutualiste mais sur une volonté d’indépendance du Crédit Mutuel Arkéa. Il porte sur sa sortie de la confédération.

Sur le fond, ce projet de scission nous pose question, comme il pose question aux syndicats CGT, UNSA, CFDT et SNB (syndicat national de la banque) qui sont très inquiets. Nous le sommes également.

Quelle pérennité pour les salariés des 332 caisses locales concernées par la scission? N’y aura-t-il pas risque de voir s’installer des agences concurrentes sur les territoires où existent déjà des agences Arkéa?

Par ailleurs, les communistes, s’ils ne croient pas au mythe du banquier philanthrope, sont attachés aux valeurs mutualistes.

Et aujourd’hui, comme en témoignent les mises en garde de la Banque Centrale Européenne et de la Banque de France, le modèle mutualiste du CM Arkéa pourrait ne plus être assuré en cas de scission.

Cette possible démutualisation est tout sauf rassurante.

Enfin, sur la forme, et ça nous ramène directement à la question du vote, nous, groupe des élu-e-s communistes et de progrès, estimons que notre conseil de Brest métropole, n’a pas à donner son aval à cette stratégie d’entreprise qui pourrait avoir des effets néfastes pour les salariés.

Aussi, nous avons décidé de ne pas prendre part au vote de ce vœu.

Je vous remercie.

 

 

Pour info, la Caisse locale de Saint Brieuc, présidée par Armand Allouard a voté hier soir contre la scission proposée par Jean Pierre Denis.

 

 Il n'est pas dans nos habitudes, locales, d'intervenir dans les stratégies bancaires. Une fois que l'on a exposé notre proposition de "pole public bancaire", généralement on s'en tient là.

  

 Pourtant  les établissements bancaires mutualistes et coopératifs représentent une part déterminante des activités financières (gestion des dépôts, prêts...) qui financent l'économie des régions et du pays.

  

 Si l'on considère les 4 plus grands réseaux de banques mutualistes- le Crédit Agricole, la Caisse d'Epargne, le Crédit Mutuel dont fait parrtie le CMB, la Banque populaire -ils comptent à eux seuls 58 750 administrateurs "bénévoles" et 25,9 millions de sociétaires.

 Les banques mutualistes françaises ont été créées au cours du 19e siècle et font partie à leur fondation de ce que l'on appelle "le mouvement ouvrier et progressiste". Certaines des caisses locales du Crédit Mutuel ont d'ailleurs été créées par la CGT et le PCF !

 Elles avaient toutes, à l'origine, la même vocation : financer l'activité de catégories professionnelles qui n'avaient pas, auparavant, accès au crédit.

 Elles participent à ce vaste mouvement de l'Economie Sociale et Solidaire où l'on retrouve les SCOP, les Coopératives agricoles, les Coopératives d'achat pour ne citer qu'elles que nous avons il est vrai considéré avec distance pendant tout un temps.  

 La préparation du Congrès, le déploiement de notre réflexion sur les sujets touchant à l'économie, à la démocratie, à la participation commune à la gestion des entreprises des usagers et des salariés nous conduisent certainement à réévaluer nos approches et nos propositions concrètes.

C'est cette approche nouvelle et expérimentale par bien des aspects qui nous conduit à nous préoccuper des grandes manœuvres dont le Crédit Mutel de Bretagne-ARKEA fait l'objet depuis sa prise de contrôle par Jean Pierre Denis, libéral grand teint. 

  

 C'est un dossier que nous suivons depuis 2016. Il faut dire que le coté remake des Beaux Niais Rouges de 2013 nous avait un peu énervé et l'association capital-travail-élus locaux dFN au PS en passant par l'UDB- tentation régionaliste-binious et flon-flon dissimulait mal une simple opération de captation et de prédation menée par JP Denis et sa bande.

  

 Cependant Jean Pierre Denis et ses potes poursuivent leur petit bonhomme de chemin et travaillent à la sécession du CMB ARKEA de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel Et ce malgré les mises en garde du Michel Sapin en son temps, du ministère des finances actuel, de la Banque Central Européenne et de la Banque de France ces jours ci. 

  

 Mais pourquoi nous en mêler  ? Pour tout un tas de bonnes raisons...Au hasard et sans ordre de priorité:

  

  • le secteur mutualiste et coopératif fait partie de notre histoire, même si nous l'associons au "socialisme utopique", puis au socialisme de compromission.
  • le secteur mutualiste et coopératif a été crée par les acteurs du mouvement social et selon les cas des ouvriers, des employés, des artisans; des enseignants, des marins pêcheurs,des paysans.
  • la dérive du secteur mutualiste et coopératif qui s'est rangé aux dogmes libéraux dans la plupart des cas depuis une quarantaine d'année ne nous interdit pas, au contraire, d'intervenir dans son fonctionnement, là où nous le pouvons et de partir à sa reconquête. 
  • Notre réflexion sur le travail passe nécessairement sur son organisation et la place des travailleurs dans les structures des production. Elle ne peut faire l'économie du débat sur le  financement des activités économiques, le rôle du secteur bancaire.

Cette liste de bonnes raisons n'est pas exhaustive et nous en trouverons bien d'autres en avançant.

  

 Alors revenons-en au CMB ARKEA.

 

 Nous pouvons "profiter" de la tentative de sécession de la Caisse Nationale, qui met en danger les sociétaires, les clients et le salariés, pour lancer au niveau de Finistère et peut être de la Région,  la bataille contre de le découplement qui ne ferait qu'aggraver la dérive et pour le retour aux valeurs mutualistes.

  

  

 Enfin pour terminer mais "last is not the least" comme disent les grands bretons, le secteur Economie Sociale et Solidaire du CN est très intéressé par notre démarche et y participe sans l'ombre d'une hésitation.

  


L’origine du mouvement mutualiste bancaire se situe en Allemagne, en Rhénanie, plus précisément. Un fonctionnaire municipal, issu d’un milieu de pauvreté, Frédéric-Guillaume Raiffeisen, marqué par la grande disette qui a sévi entre 1846 et 1847 crée une caisse de secours aux agriculteurs pour lutter contre l’usure. La première caisse mutuelle de dépôts et prêts, permettant aux agriculteurs disposant de finances de recevoir un intérêt en déposant leurs avoirs dans cette caisse qui prêtait cet argent aux paysans, à taux faibles, pour leur permettre de survivre, de s’installer ou d’investir. Cette caisse fait rapidement des petits en Alsace, qui fonctionnent grâce aux bénévoles qui décident d’y consacrer leur temps. Cette idée, dans ces régions, émane d’un courant « chrétien-social ». Les premières caisses mutuelles de dépôts et prêts crées en Bretagne, sont également initiées par ce même courant, et sont d’ailleurs ouvertes le plus souvent dans les presbytères.

Un autre courant de pensée et d’action participe à la mise sur pieds de fédérations de crédit mutuel, le syndicalisme (principalement la CGT) et la gauche ouvrière, singulièrement le Parti Communiste. Longtemps, les dirigeants du Crédit Mutuel Méditerranéen et du Dauphiné-Vivarais (Pierrev Juvin qui fut aussi Président de la MACIF), étaient des communistes. La fédération du Sud-Ouest (Angoulême/Bordeaux) a été  crée par les militants CGT de la poudrerie d’Angoulême.

Au fil du temps, le besoin de fédérer ce mouvement s’est traduit par la création de La Confédération Nationale du Crédit Mutuel. Cette « unification » du Crédit Mutuel a mis plusieurs décennies avant d’aboutir.

En Bretagne, les Caisses Rurales et Urbaines du CM du sud finistère, les Caisses d’Entraides des Côtes d’Armor et la Fédération du CM de Landerneau, qui se nommait déjà CMB, ont fusionné dans la période allant de fin des années 1970 au début des années 1980.

La philosophie du mouvement mutualiste est : "un homme, une voix". C’est sur la base de ce principe que chaque fédération se Crédit Mutuel  est représentée au niveau confédéral en fonction du nombre de sociétaires qu’elle compte en ses livres.

Lors de la privatisation du groupe CIC, le Crédit Mutuel d’Alsace (le plus puissant financièrement) s’est porté candidat au rachat, en obtenant  l’appui politique des autres fédérations du CM, et a emporté la mise.

Dans le même temps, les regroupements se poursuivent en interne et rapidement, trois groupes cohabitent : l’Alsace qui s’entoure de 10 fédérations satellites ( Champagne-Ardennes, Lyon, Ile de France, Nantes, Laval, La Roche/Yon, Caen, Chateaudun, Méditerranée, Dauphiné-Vivarais) Ce groupe, ainsi constitué est appelé CM11/CIC. La fédération de CM du Nord conserve son indépendance politique, tout en dépendant de l’informatique du CM11/CIC. Le CMB s’allie au CM du Sud-Ouest et au CM Massif Central et dispose de son informatique propre, ainsi que de sa compagnie d’assurance vie et IARD (SURAVENIR).

Ces trois groupes possèdent chacun un nombre important de filiales, telles que des banques en ligne.

2008 : arrivée à la tête du CMB, qui avait déjà fait le choix de se nommer « Groupe Arkéa », Jean-Pierre Denis, ex directeur de cabinet de Chirac à la mairie de Paris et ex membre du cabinet de Sarkozy à l’Elysée.

Homme de droite et libéral convaincu, Jean-Pierre Denis crée rapidement la Société des Cadres de Direction(SCD) qui devient prestataire de service pour diriger toutes les sociétés du groupe. A son arrivée, la rémunération des principaux dirigeant étaient inférieure à 100 000€/an.

Très rapidement, la rémunération s’emballe pour atteindre 1,6 millions € en 2016.

Pas très mutualiste dans la démarche comme dans les montants…

Pour comparaison, La rémunération annuelle du Président de la Confédération du CM est de 800 000€ en 2016.

Au regard des ces faits, on peut mieux comprendre la volonté d’indépendance de Jean-Pierre Denis qui ne veut à aucun prix rendre des comptes à la Confédération et continuer à acquérir ou prendre des participations dans les secteurs qu’il juge opportuns.

L’organisation nationale du CM implique une solidarité financière entre tous les membres de la Confédération et les résultats, ainsi que le ratio prudentiel consolidé servent de critère aux agences internationales de notations pour apprécier la solidité de l’entité Crédit Mutuel.

La note attribuée par ces agences influe sur les taux de refinancement que paie le CM sur les marchés.

L’indépendance du Groupe Arkéa aura, inévitablement une influence sur les taux pratiqués, ce qui risque fort d’entraîner, mécaniquement, une hausse des taux appliqués aux sociétaires et clients ainsi qu’une augmentation significative des frais de gestion facturés.

Dans une logique capitaliste de réduction des coûts, nous savons à l’avance qui devra payer l’addition : ce sont les salariés.

De plus, cette indépendance implique la perte de la « marque » Crédit Mutuel et donc, selon toute vraisemblance, la perte du statut de banque mutualiste. Pour quel statut ??? 

Notre responsabilité politique tient à demander qu’un médiateur soit nommé par le gouvernement pour que les liens soient renoués et que l’aventure de la sécession soit évitée.

  •  Les dirigeants du Groupe Arkéa se glorifient de l’excellence des résultats depuis 2008 et s’en servent pour justifier l’indépendance par rapport à la Confédération.
  • Cet argument se retourne très facilement : ce développement très favorable s’est bien déroulé alors qu’Arkéa demeurait au sein de la Confédération, donc l’appartenance à la Confédération n’a empêché en rien le développement autonome du Groupe Arkéa.
  •  Quel serait le statut bancaire du Groupe Arkéa en cas de départ de la Confédération ??
  • De quel manière les dirigeants du CMB Arkéa peuvent-ils rassurer ses clients-sociétaires quant à l’appréciation du groupe sur les marchés financiers ??
  • Les parts sociales détenues par les sociétaires continueront-elles d’être incluses dans les fonds propres ??
  • Quels engagements en terme de pérennisation  et de progression de l’emploi ??
  • Quelle influence sur la fidélité de la clientèle pourrait avoir la disparition de la marque Crédit Mutuel ??

La Fédération du Finistère du Parti Communiste Français

1 er MARS 2018 

 
Volonté de séparation du Crédit Mutuel Arkéa: les élus communistes de Brest Métropole émettent de sérieux doutes sur l'opportunité - intervention d'Eric Guellec

Le Samedi 17 février, le Ouest-France a publié notre communiqué sur le conflit au Crédit Mutuel Arkéa. Merci au journal de faire son travail pour l'expression du pluralisme politique

Arkéa: les communistes contre le "divorce"

La fédération du Finistère se positionne sur la situation du CMB Arkéa et le conflit qui pourrait mener à "un divorce qui, pour nous, aurait des conséquences très dangereuses pour les salariés et la pérennité de l'activité". Les communistes se disent "très attachés aux valeurs du mouvement mutualiste". Selon eux, "la scission comporte des risques et des interrogations multiples". 
Ils évoquent ainsi le risque de la dégradation de la note du CMB-Arkéa, ce qui pèserait sur le coût des ressources; le risque de voir exclues des fonds propres les parts sociales qui y sont actuellement intégrées; la perte de la "marque" Crédit Mutuel, et pour quel statut bancaire: mutualiste, coopératif, banque classique...? ; l'abandon de la solidarité nationale interfédérale. 
Les élus communistes soulignent aussi que "la crainte la plus importante à nos yeux, ce sont les interrogations sur les conséquences à terme sur les salariés, leurs conditions de travail et leurs emplois". 
Pour conclure, ils indiquent que "si les craintes que nous ne sommes pas les seuls à redouter viennent à se réaliser, les dirigeants du CMB Arkéa, et singulièrement son président, porteraient une très lourde responsabilité".

Ouest-France, pages Finistère, samedi 17 février 2018

Fédération du Finistère du Parti Communiste Français, 16 février 2018 

CMB-ARKEA: un divorce qui doit être évité car il aurait des conséquences plus que périlleuses!

La volonté exprimée par les dirigeant du CMB-ARKEA et de la fédération du CMB de quitter la confédération Nationale du Crédit Mutuel s’affirme de jour en jour. Les administrateurs des caisses locales vont avoir à exprimer leur choix.

Les communistes qui ont été à l’origine de la création de plusieurs fédérations de Crédit Mutuel (Marseille, Valence, Angoulême), sont très attachés aux valeurs du mouvement mutualiste et souhaitent attirer l’attention de chacun(e) sur les enjeux du conflit en cours.

La scission comporte des risques et des interrogations multiples :

-Risque de dégradation de la note du CMB-ARKEA , comme Standars & Poors vient de le signifier, ce qui pèserait sur le coût des ressources, voire sur le ratio prudentiel à moyen terme

-Risque de voir exclues des fonds propres les parts sociales qui y sont actuellement intégrées

-Perte de la « marque » Crédit Mutuel qui est la banque préférée des français, pour quel statut bancaire (mutualiste, coopératif, banque classique…?

-Abandon de la solidarité nationale interfédérale

Enfin,  une crainte importante à nos yeux concerne les interrogations sur les conséquences à terme sur les salariés, leur conditions de travail et leurs emplois.

Les craintes que nous exprimons sont également exposées dans les conclusions du rapport commandé par la Direction Générale du Trésor et la Banque de France à Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France : «  Le maintien de l’unité serait nettement préférable, tant pour la stabilité de l’ensemble du monde bancaire mutualiste et la crédibilité du modèle mutualiste eu sein de l’union bancaire, que d’un point de vue prudentiel dans la mesure ou la viabilité d’ARKEA dans un scénario de séparation reste à vérifier »

Le Crédit Mutuel, composé de multiples caisses départementales ou régionales a mis des décennies avant de trouver son unité nationale. Un retour en arrière aurait un effet désastreux sur l’image de cette « famille » mutualiste en risquant de fragiliser fortement les composantes essentielles et historiques que constituent le Crédit Mutuel de Bretagne et le CMB-ARKEA.

D’ores et déjà, la fédération du Crédit Mutuel Massif Central, qui fait partie d’ARKEA, jusqu’à présent, s’est désolidarisée de la démarche engagée.

Si les craintes que nous ne sommes pas les seuls à redouter venaient à se réaliser, les dirigeants du CMB-ARKEA, et singulièrement son Président, porteraient une très lourde responsabilité.

Il n’est jamais trop tard pour renouer un dialogue et entrer en négociation sur le champ d’autonomie qui pourrait être reconnu au CMB-ARKEA, ce que n’interdisent pas les statuts de la CNCM. La nomination d’un médiateur pourrait faciliter cette démarche, le gouvernement ne pouvant se désintéresser d’un sujet aussi brûlant.

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5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 05:28
Révision constitutionnelle: plus d'autoritarisme, moins de pluralisme (Pierre Laurent, PCF)

"Cheminots, étudiants, salariés, le pays est mobilisé pour la défense des services publics, la relance du pouvoir d’achat, la réduction des inégalités, et s’inquiète de l’autoritarisme du pouvoir qui gouverne par ordonnances et par oukase décrété à l’Élysée. Comme par provocation, c’est pourtant le moment que choisit le premier ministre pour annoncer une révision constitutionnelle qui, au-delà des mots, est, sans aucun doute, la plus antidémocratique depuis la naissance de la 5ème République.

Cette révision n’a qu’une logique : renforcer toujours davantage la concentration des pouvoirs autour du seul président et de l’exécutif, réduire les droits du Parlement et le pluralisme politique, éloigner encore les représentants élus des citoyens. 
Cette révision n’a qu’un objectif : avoir les mains les plus libres possibles pour servir les intérêts des actionnaires et des milieux financiers !

La réduction de 30 % du nombre de parlementaires, au moment où sont déjà diminués les moyens et le nombre d’élus dans les communes, éloignera encore plus le contrôle des citoyens sur le pouvoir législatif. Réduire ainsi d’un tiers le nombre de députés aboutirait à un député pour 171 500 habitants. Cela n’a pas d’équivalent au sein des démocraties européennes ! Tout cela au profit d’une « technocrature » galopante au seul service de l’Élysée."

Révision constitutionnelle : "plus d’autoritarisme, moins de pluralisme" (Pierre Laurent)

Cheminots, étudiants, salariés, le  pays est mobilisé pour la défense des services publics, la relance du pouvoir d’achat, la réduction des inégalités, et s’inquiète de l’autoritarisme du pouvoir qui gouverne par ordonnances et par oukase décrété à l’Élysée. Comme par provocation, c’est pourtant le moment que choisit le premier ministre pour annoncer une révision  constitutionnelle qui, au-delà des mots, est, sans aucun doute,  la plus antidémocratique depuis la naissance de la 5ème République. 

Cette révision  n’a qu’une logique : renforcer toujours davantage la  concentration  des pouvoirs autour du seul président et de l’exécutif, réduire les droits du Parlement et le pluralisme politique, éloigner encore les représentants élus des citoyens.  
Cette révision n’a qu’un objectif : avoir les mains les plus libres possibles pour servir les intérêts des actionnaires et des milieux financiers ! 

La réduction de 30 % du nombre de parlementaires, au moment où sont déjà diminués les moyens et le nombre d’élus dans les communes, éloignera encore plus le contrôle   des citoyens sur le  pouvoir législatif. Réduire ainsi d’un tiers le nombre de députés aboutirait à un député pour 171 500 habitants. Cela n’a pas d’équivalent au sein des démocraties européennes ! Tout cela au profit d’une « technocrature » galopante au seul service de l’Élysée.


Cette réduction du nombre de parlementaires annonce en fait, au nom d’une prétendue efficacité nouvelle de la procédure législative, un recul sans précédent des pouvoirs du Parlement : limitation du droit d’amendement, renforcement de la priorité donnée aux textes gouvernementaux, discussion de certaines lois en commission et non plus en séance publique, réduction de la durée d’examen du budget. L’objectif est de faire taire les élus progressistes, en les empêchant d’accompagner les luttes et de porter jusqu’au Parlement les revendications populaires. Ce n’est pas une dose de  15 % de proportionnelle dans un Parlement rabougri qui permettra de sauvegarder le pluralisme politique, constitutif de notre pays et de réconcilier les citoyens avec la politique.  

Et, comme si cela ne suffisait pas, le premier ministre annonce la division par deux du CESE et  la mise en cause des lois communes de la République par l’extension d’un pouvoir d’adaptation réglementaire  donné aux collectivités locales et à la Corse.
La suppression de la Cour de justice de la République, la sortie des anciens présidents de la République du Conseil Constitutionnel et l’inscription de la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution, déjà contredite par la réforme anti- écologique du ferroviaire, n’équilibrent en rien le contenu globalement inquiétant de ce projet pour la démocratie.   


Une telle réforme  ne peut se faire en catimini. Une toute autre ambition démocratique est urgente pour le pays. Le pays a besoin d’une nouvelle Constitution mais certainement pas celle là. Le PCF exige un véritable débat public, où la parole soit donnée aux citoyens et aux projets alternatifs comme celui que nous portons avec la VIème République. 
Le débat parlementaire doit s’organiser ensuite en respectant les différents projets mis sur la table. A l’issue de ce débat parlementaire, nous exigeons une consultation populaire par référendum en 2019 pour que la démocratie retrouve ses droits !  

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 11:58
photo Glenn Le Saout

photo Glenn Le Saout

photo Glenn Le Saout

photo Glenn Le Saout

De 5h à 19h ce mardi 3 avril 2018, la grève des agents de collecte des ordures ménagères de Morlaix-Communauté: 95% de grévistes, de nombreuses revendications satisfaites
De 5h à 19h ce mardi 3 avril 2018, la grève des agents de collecte des ordures ménagères de Morlaix-Communauté: 95% de grévistes, de nombreuses revendications satisfaites
De 5h à 19h ce mardi 3 avril 2018, la grève des agents de collecte des ordures ménagères de Morlaix-Communauté: 95% de grévistes, de nombreuses revendications satisfaites

Quand la détermination et le nombre sont là, que la cause est légitime, les mobilisations sont payantes. 

En témoigne l'issue de la grève d'hier au service Environnement de Morlaix Communauté, suivie par 95% des agents de déchetteries titulaires et des agents de collecte au ramassage des ordures, et animée par la CGT et notamment son délégué du personnel et porte-parole sur Morlaix-Communauté, Marc Corbel.

Une grève commencée à 5 heures du matin, clôturée à 19h, menée dans la bonne humeur, la résolution, les agents concernés ayant envisagé un mouvement prolongé si leurs revendications étaient ignorées, comme en 2010, où, après 10 jours de grève, il avait obtenu satisfaction, du moins à titre de promesse, d'un certain nombre d'exigences. 

Là, une première discussion a eu lieu le matin avec Thierry Piriou, le président de Morlaix-Communauté, et Guy Pennec, le vice-président Transport, et Guy Pouliquen, le vice-président au personnel, puis une autre en fin d'après-midi. 

22 points des grévistes ont été examinés sérieusement les uns après les autres: problème d'encadrement avec une rupture de confiance et de dialogue avec un cadre, besoin que les agents soient associés à la réflexion sur les réorganisations de tournée, création d'un poste, titularisation des contractuels, temps de travail, CHSCT, accès au document de l'audit flash en 2017.... 

Tout a été mis sur la table et finalement, du fait des engagements du président et des vice-présidents de Morlaix-Communauté à se pencher sérieusement sur un certain nombre de questions, les agents grévistes ont décidé de mettre fin à la grève.

Glenn Le Saout (FIDL et PCF) , Patrick Le Goas (FO), et Ismaël Dupont (élu communautaire PCF, membre de la commission environnement) étaient venus rencontrer et soutenir les grévistes du service collecte de Morlaix-Communauté et écouter ce qu'ils avaient à formuler sur leurs conditions de travail et leurs revendications.     

Ouest-France
Morlaix communauté. La grève levée, la collecte des ordures reprend

Publié le 03/04/2018

 

Piquet de grève devant le service environnement, à la Boissière. | Photo Ouest-France

La CGT indique avoir obtenu des engagements concernant plusieurs revendications. Le blocage du dépôt des camions de collecte est levé, la collecte des ordures reprendra ce mercredi.

Mardi, aucun camion n’a pu quitter de dépôt, à la Boissière. Un blocage était en place, pour « faire entendre nos revendications auprès de Morlaix communauté », indiquait Marc Corbel, délégué CGT. En conséquence, la collecte des ordures n’a pas pu se tenir dans le territoire de l’Agglo.

La grève est levée, fait savoir Marc Corbel mardi soir. « On a été reçus pendant plus d’une heure par le président, Thierry Piriou, et deux vice-présidents. On a obtenu plusieurs engagements avec un planning, concernant la prise en compte des risques psychosociaux, la constitution de groupes de travail pour le régime indemnitaire. »

Il salue aussi « un engagement fort qui valorisera les agents : ils seront associés à la réorganisation des tournées de collecte, qui doit entrer en vigueur début juin ».

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-communaute-la-greve-levee-la-collecte-des-ordures-reprend-5670756

Le Télégramme, 4 avril 2018

Le Télégramme, 4 avril 2018

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 11:56
Stéphane Peu : "Le gouvernement veut affaiblir le secteur public HLM"

Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis, était l’invité du Grand Matin Sud Radioce mercredi dans le cadre du projet de loi logement présenté aujourd’hui en conseil des ministres.

Il a fait part de ses réserves sur cette loi. "C’est toujours un peu le même problème avec ce gouvernement : il y a un diagnostic, sur lequel on pose non pas des mesures pragmatiques, mais un dogme libéral, hors-sol, qui ignore les réalités du terrain".

"J’ai été adjoint à l’urbanisme pendant 20 ans dans une ville, bien sûr qu’on peut être confronté à ce type de problèmes. Mais il y a une palette de mesures à prendre. C’est très bien d’empêcher les recours abusifs, mais il faudrait peut-être mieux sanctionner les avocats qui font leur beurre en allant proposer leurs services à des riverains de futurs projets et en se rémunérant au pourcentage de ce qu’ils vont gagner (Souvent suite à des négociations clandestines). Il faut aussi que les promoteurs arrêtent de céder au chantage ! Ce sont des méthodes de voyous. Je connais des promoteurs qui sont allés dans des arrières-salles de cafés verser des enveloppes pour lever des recours…", explique Stéphane Peu.

Alors que le gouvernement souhaiterait vendre près de 40 000 logements sociaux par an pour financer la construction d’autres logements, Stéphane Peu n’y voit pas un signe encourageant. "Pour que les organismes HLM puissent retirer de l’argent des ventes et ainsi construire et réinvestir, il faut vendre du patrimoine amorti. Or, pour vendre du patrimoine amorti, dans le logement HLM ce sont des immeubles de plus de 40 ans. Veut-on dans notre pays, par une vente massive de HLM de plus de 40 ans, fabriquer des copropriétés dégradées, répéter ce que Mme Thatcher a fait dans les années 1980 dans les bassins miniers de l’Angleterre ? Non seulement on va aggraver les ghettos, mais on va mettre dans la difficulté des gens qui vont se mettre au taquet de leur capacité d’emprunt pour acheter ces logements, qui seront des logements vieillissants nécessitant des travaux que, bien souvent, les gens ne pourront pas faire", assure-t-il.

Quant à l’attribution des logements HLM que le gouvernement souhaiterait rendre plus transparente, Stéphane Peu met les choses au clair. "Tous les gouvernements le disent. Ils améliorent un peu le système, mais le problème d’une file d’attente, c’est qu’on peut certes mieux l’organiser à l’infini, mais le mieux reste de la réduire ! Or, il n’y aura pas dans cette loi le choc de l’offre attendu, cette augmentation de la production de logements qui serait la seule méthode susceptible de faire baisser les listes d’attente", indique-t-il.

Enfin, il aimerait voir le gouvernement prendre davantage en compte les exemples européens. "Il faut maintenir l’équilibre entre le secteur privé et le secteur public dans notre pays. Dans le domaine du logement, on a une tradition d’économie mixte et on a mieux amorti les crises que nos pays voisins. Là, le gouvernement veut affaiblir le secteur public HLM en donnant l’essentiel de la réponse des problèmes de logement au secteur privé. Partout où ça s’est fait en Europe (Espagne, Angleterre, Allemagne…), c’est un échec patent et la crise du logement est encore plus grande que chez nous. Dans les réunions préalables, j’avais recommandé au ministre de faire un peu de benchmarking européen. Ils ont refusé et appliquent à la France un dogme libéral qui n’a rien à voir avec notre histoire et qui a échoué partout où il a été mis en œuvre", conclut-il.

Stéphane Peu

Stéphane Peu

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 11:51

« L’INTÉRÊT GÉNÉRAL À LA CASSE » – dossier du Monde diplomatique, avril 2018

 

Propageant la plus grande confusion entre rentabilité à des fins particulières et efficacité au bénéfice de tous, le gouvernement français veut délégitimer un peu plus l’État social qui fut pourtant gage d’émancipation pour de nombreuses générations. Après avoir multiplié les cadeaux fiscaux aux vrais privilégiés, il tente de dévier l’attention sur la fonction publique.

 

 

Les fonctionnaires, voilà l’ennemi

 

Par Anicet Le Pors *

Début février, le premier ministre Édouard Philippe a livré les premières décisions du gouvernement concernant la fonction publique : plans de départs volontaires, recrutement accéléré de contractuels, rémunérations dites « au mérite », multiplication des indicateurs individuels de résultat… Il inaugurait ainsi une croisade contre les statuts : d’abord celui des cheminots, puis les autres, en particulier la pièce maîtresse du « statut général des fonctionnaires », qui concerne quelque 5,5 millions de salariés, soit 20 % de la population active.

Dans ce domaine comme dans les autres, le président Emmanuel Macron entend aller vite. Mandaté par les dominants – la finance internationale dont il émane, les cercles dirigeants de l’Union européenne, le patronat, la technocratie administrative, les flagorneurs du show-business, la quasi-totalité des médias –, le jeune dirigeant sait que le temps ne travaille pas pour lui.

Durant la campagne pour l’élection présidentielle, M. Macron a jugé le statut des fonctionnaires « inapproprié » et prévu la suppression de 120 000 emplois. Il a stigmatisé les insiders[1], ceux qui se seraient construit un nid douillet à l’intérieur du « système » et dont les privilèges barreraient la route aux moins chanceux. Le 13 octobre 2017, le premier ministre s’est adressé aux ministres pour leur annoncer la création d’un Comité action publique 2022 (CAP 22) prévoyant « des transferts au secteur privé, voire des abandons de missions », et présenté comme la pièce centrale du chantier de réforme de l’État. La réforme du code du travail – priorité répondant aux vœux du Mouvement des entreprises de France (Medef) – a par ailleurs élevé le contrat et, plus spécifiquement, le contrat individuel d’entreprise au rang de référence sociale susceptible d’être généralisée à l’ensemble des salariés des secteurs privé et public. Et, ce faisant, permis de fourbir les armes qui permettront de s’attaquer directement aux statuts des personnels du secteur public, qui se situent dans la filiation de celui élaboré au lendemain de la Libération, puis en 1983. En rappeler la genèse éclaire la situation présente.

L’histoire de la fonction publique française révèle deux lignes de force : une conception autoritaire donnant la primauté au pouvoir hiérarchique, et une autre fondée sur la responsabilité du fonctionnaire, quelle que soit sa place dans la hiérarchie – la conception du fonctionnaire-citoyen. Adopté en 1944, le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) ne prévoyait pas de réforme spécifique dans ce domaine. Le général de Gaulle souhaitait toutefois pouvoir s’appuyer sur une administration loyale et efficace. Sous l’impulsion de Michel Debré[2], chargé d’une mission dans ce domaine, un premier train de reformes est adopté par ordonnance le 9 octobre 1945. Elles donnent naissance à l’École nationale d’administration (ENA), à la Direction de la fonction publique, aux corps interministériels d’administrateur et de secrétaire d’administration, au Conseil permanent paritaire de l’administration civile ainsi qu’aux Instituts d’études politiques (IEP).

Nommé ministre d’État chargé de la fonction publique le 21 novembre 1945, Maurice Thorez, secrétaire général du Parti communiste français (PCF), se heurte à plusieurs difficultés dans l’élaboration d’un statut propre. À commencer par les réserves de la Fédération générale des fonctionnaires (FGF-CGT), qui demeure campée sur sa revendication d’un « contrat collectif », associant l’idée de statut à celle de « carcan ». Jacques Pruja, l’un des dirigeants de la fédération, prendra toutefois le contrepied de la position de son organisation, qu’il finira par convaincre. De leur côté, la Confédération générale du travail (CGT) et la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) – les deux seuls syndicats de l’époque – divergent sur le mode de représentation des syndicats.

Le premier projet de loi essuie de vives critiques, dont beaucoup s’articulent autour de la création d’un poste de secrétaire général de l’administration, suspectée de refléter une volonté de placer l’administration sous contrôle politique. Thorez transige sur ce point, mais tient bon sur le reste. Son entreprise se trouve encore contrariée par le rejet, le 5 mai 1946, d’un premier projet de Constitution, qui contraint à de nouvelles élections législatives. Après la formation du gouvernement, Thorez – alors vice-président d’un conseil des ministres présidé par Georges Bidault – obtient que son projet soit discuté le 5 octobre à l’Assemblée. Il est adopté à l’unanimité, sans discussion générale, après seulement quatre heures de débat. Pour Thorez, la loi du 19 octobre 1946 constitue un premier pas vers « la libération” du fonctionnaire, enfin considéré comme un homme et non comme le rouage impersonnel de la machine administrative[3] ».

Le statut alors créé ne concerne que les fonctionnaires de l’État, un effectif de 1 105 000 agents dont seulement 47 % sont titulaires. Il instaure de nombreuses garanties en matière de rémunération, d’emploi, de carrière, de droit syndical, de protection sociale et de retraite. L’innovation la plus surprenante est la définition d’un « minimum vital » : « La somme en dessous de laquelle les besoins individuels et sociaux de la personne humaine considérés comme élémentaires et incompressibles ne peuvent plus être satisfaits » (Art. 32, 3e al.). Cette mesure constitue la base d’une disposition prévoyant qu’aucun traitement de début de carrière ne soit inférieur à 120 % de ce minimum vital. Le agents des collectivités territoriales devront attendre la loi du 28 avril 1952 pour obtenir de nouvelles dispositions statutaires ; ceux des établissements hospitaliers, le décret-loi du 20 mai 1955.

Lors de l’avènement de la Ve République, l’ordonnance du 4 février 1959 abroge la loi du 19 octobre 1946, mais les dispositions essentielles du statut sont conservées. À la suite du mouvement social de 1968, les fonctionnaires bénéficient des retombées des événements (comme la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise), avant que l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, le 10 mai 1981, n’ouvre un nouveau chantier statutaire…

Ayant fait de la décentralisation l’une de ses priorités, Mitterrand avait chargé son ministre de l’intérieur et de la décentralisation, le maire de Marseille Gaston Defferre, d’élaborer un projet de loi sur le sujet. J’occupais alors le poste de ministre de la fonction publique, et la question des garanties statutaires à accorder aux personnels des collectivités territoriales m’opposa rapidement à la logique de Defferre. Il envisageait un simple renforcement des dispositions existantes ; je souhaitais au contraire une unification statutaire globale au niveau des garanties de carrière prévues pour les fonctionnaires de l’État.

Avant même l’arbitrage du premier ministre, Pierre Mauroy, j’intervins à l’Assemblée nationale, le 27 juillet 1981, en faveur de la « mise en place pour les personnels locaux d’un statut calqué sur celui de la fonction publique de l’État, c’est-à-dire sur le statut général des fonctionnaires ». On pouvait craindre la coexistence de deux types de fonction publique : celle de l’État, fondée sur le système de la carrière, et celle de la fonction publique territoriale, soumettant l’emploi aux aléas du métier, peu mobile et plus sensible aux pressions de toute nature. À terme, la seconde pouvait l’emporter sur la première, au préjudice de la neutralité de l’administration, des garanties des fonctionnaires, de la mobilité des effectifs et de l’efficacité du service public. M. Olivier Schrameck, alors conseiller technique de Gaston Defferre, radicalisera plus tard ma position, écrivant à mon sujet : « Jacobin de tempérament et tout particulièrement méfiant à l’égard des tentations clientélistes des élus, il était résolu à n’accorder à l’autonomie des collectivités locales que ce qui leur était constitutionnellement dû. » Après bien des péripéties, Mauroy arbitra en ce sens. « Ce compromis fut ainsi la traduction d’un rapport de forces », conclura M. Schrameck[4].

Le statut unifié fut inauguré par la loi du 13 juillet 1983 relative aux droits et obligations de tous les fonctionnaires, suivie de trois lois concernant respectivement la fonction publique de l’État, la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière, caractérisant un système « à trois versants ». Le nouveau statut intégra des droits qui ne s’y trouvaient pas (droit de grève, liberté d’opinion, capacité de négociation des organisations syndicales, garantie de mobilité, droit à la formation permanente, etc.) et étendit son champ d’application aux agents territoriaux et hospitaliers. Après quelques hésitations de certaines d’entre elles, les organisations syndicales soutinrent la réforme. Les associations d’élus se montrèrent réservées, voire hostiles, craignant que ce statut ne limite leurs prérogatives. Mais, au Parlement, l’opposition se découragea vite.

Au départ, François Mitterrand ne s’intéressait guère à ces questions. Il était beaucoup plus vigilant concernant les réformes administratives, craignant sans doute qu’on lui reproche de laisser un ministre communiste s’intéresser de trop près à l’appareil d’État. Dès la composition du gouvernement et ma nomination, il n’avait accepté qu’avec réserve que les attributions du ministre de la fonction publique soient étendues aux réformes administratives. Il multiplia ensuite les objections à nos propositions en la matière. Il ne pouvait cependant manquer de douter des réformes en cours après son « tournant libéral » de 1983. M. Jacques Fournier, alors secrétaire général du gouvernement, le raconte : « Le président s’interrogea à haute voix, le 29 mai 1985, sur l’utilité de l’ensemble législatif concernant le statut de la fonction publique. (…)Passait ce jour-là en conseil des ministres le projet de loi sur la fonction publique hospitalière, dernier volet de cet ensemble. Le commentaire de Mitterrand est en demi-teinte. L’adoption de ce texte s’inscrit dans la logique de ce que nous avons fait. À mon sens, ce n’est pas ce que nous avons fait de mieux. Il évoque une rigidité qui peut devenir insupportable et des solutions discutables. On ne peut plus recruter un fossoyeur dans une commune sans procéder à un concours”. Il est vrai que j’ai présidé moi-même à l’élaboration de ces lois. Peut-être n’ai-je pas été suffisamment informé. Tout ceci charge l’administration et conduit à la paralysie de l’État. Il reste que c’est la quatrième et la dernière partie d’un ensemble. Je ne suis pas sûr, en définitive, que ces lois auront longue vie[5]. » C’était il y a trente-trois ans…

La séquence libérale étant ouverte, on aurait tort de s’étonner de l’obstination des partisans de la marchandisation de la vie publique et du « détricotage » des statuts législatifs ou réglementaires (et tout spécialement du statut général des fonctionnaires), soit sous la forme d’offensives brutales, soit par l’action de « transformations souterraines » plus insidieuses. Ainsi, la loi Galland du 13 juillet 1987 (sous le gouvernement de M. Jacques Chirac) changeait pour le symbole les corps des fonctionnaires territoriaux en cadres et rétablissait le système dit des « reçus-collés », soit la substitution, à l’issue d’un concours, de la liste des candidats admis par ordre alphabétique à la liste présentée par ordre du mérite dans la fonction publique territoriale. Elle nuisait à la comparabilité des fonctions publiques et, par là, à la mobilité des fonctionnaires, que le statut a érigée au rang de « garantie fondamentale » (article 14 du titre Ier su statut). Mais aussi : faux pas du Conseil d’État préconisant dans son rapport annuel de 2003 de faire du contrat une « source autonome du droit de la fonction publique ». Proclamation imprudente de M. Nicolas Sarkozy appelant en septembre 2007 à une « révolution culturelle » et déclarant son intention de promouvoir le « contrat de droit privé négocié de gré à gré », mais forcé d’y renoncer face à la crise financière de 2008, l’opinion reconnaissant que la France disposait d’un précieux atout anticrise dans l’existence d’un important secteur public, efficace « amortisseur social ».

Les attaques frontales ayant échoué, s’est développée une stratégie plus sournoise : d’une part, l’expansion du paradigme de l’entreprise privée dans le service public sous la forme du new public management (« nouvelle gestion publique ») ; d’autre part, un « mitage » du statut : 225 modifications législatives en trente ans, la plupart des dénaturations, démontrant, malgré tout, à la fois sa solidité et son adaptabilité.

La conception française du service public et la traduction juridique qu’en donne le statut général des fonctionnaires expriment une logique inacceptable aux yeux d’oligarchies qui s’efforcent de faire « ruisseler » leur idéologie libérale dans la société. Y compris lorsqu’elle se voit disqualifiée sur le plan théorique et contredite par le mouvement du monde.

« On empêchera plutôt la Terre de tourner que l’homme de se socialiser », aurait déclaré Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955), paléontologue et jésuite, homme de science et prophète[6]. Il n’est au pouvoir d’aucun gouvernement d’inverser des tendances lourdes qui portent l’évolution des sociétés. Depuis la fin du Moyen Âge, on assiste à une sécularisation du pouvoir politique qui s’accompagne d’une autonomisation de l’appareil d’État et d’une expansion administrative constante. La socialisation des financements répondant à des besoins fondamentaux apparaît irréversible : en France, les prélèvements obligatoires ne dépassaient pas 15 % du produit intérieur brut (PIB) avant la première guerre mondiale ; ils s’élèvent désormais à 45 %. Il n’y avait pas plus de 200 000 agents de l’État au début du XXe siècle ; le secteur public (administrations, entreprises, organismes publics) approche les sept millions de salariés en 2018.

Pour autant, la France n’est pas « suradministrée ». Elle se situe au contraire en haut de la moyenne des pays développés, comme l’a démontré une récente étude de France Stratégie : on y compte 89 agents publics pour 1 000 habitants, loin derrière les pays scandinaves, derrière le Canada et juste devant le Royaume-Uni[7]. Ce n’est ni l’ampleur des effectifs ni leur évolution qui distinguent la France des autres pays, mais le fait que les agents y sont protégés par la loi, dans le cadre d’un statut regardé comme la condition d’une administration neutre et intègre.

Les libéraux ont cru pouvoir annoncer la victoire définitive de leur doctrine, la fin de l’histoire, et consacrer l’horizon indépassable d’un capitalisme hégémonique sur la planète. En ce début de XXIe siècle, le monde tel qu’il est dévoile leur erreur. Comme sous l’effet d’une nécessité, une forme de socialisation objective se développe, quand bien même elle s’exprime dans des contextes capitalistes. Dans une crise qu’Edgar Morin analyse comme une « métamorphose[8] », des valeurs universelles émergent et s’affirment : les droits humains, la protection de l’écosystème mondial, l’accès aux ressources naturelles indispensables, le droit au développement, la mobilité des personnes, l’égalité hommes-femmes, le devoir d’hospitalité, la sécurité. D’autres sont en gestation, qui exacerbent les contradictions. La mondialisation n’est pas seulement celle du capital ; elle touche toutes les formes d’échange et de formation de la citoyenneté : révolution informationnelle, coopérations administratives et scientifiques, conventions internationales, floraison de créations culturelles. Bref, ce siècle sera peut-être celui des interdépendances, des interconnexions, des coopérations, des solidarités, toutes formules qui se condensent en France dans le concept de service public. On ne s’en rend peut-être pas compte tous les jours en écoutant M. Macron, mais, contrairement aux espoirs et aux proclamations des thuriféraires du libéralisme, le XXIesiècle pourrait annoncer l’âge d’or du service public* 

 

Anicet Le Pors Ancien ministre de la fonction publique et des réformes administratives, conseiller d’État honoraire.

 

 

 

[1] Le Point, Paris, 31 août 2017.

[2] Michel Debré inaugurera le poste de premier ministre prévu par la Constitution de la Ve République, à la rédaction de laquelle il avait pris une part importante.

[3] Cité par René Bidouze, Fonctionnaire, sujet ou citoyen, Éditions sociales, Paris, 1979.

[4] Olivier Schrameck, La Fonction publique territoriale, Dalloz, coll. « Connaissance du droit », Paris, 1995.

[5] Jacques Fournier, Itinéraire d’un fonctionnaire engagé, Dalloz, 2008.

[6] Cité par Gérard Donnadieu, « Comprendre Teilhard de Chardin », Saint-Léger Productions, 2013.

[7] Florence Deschard et Marie-Françoise Le Guilly, « Tableau de bord de l’emploi public », France Stratégie, Paris, décembre 2017, http://www.strategie.gouv.fr

[8] « Edgar Morin : “L’idée de métamorphose dit qu’au fond tout doit changer” »,L’Humanité, Saint-Denis, 19 juillet 2013. Dans le même esprit : Anicet Le Pors, Pendant la mue le serpent est aveugle, Albin Michel, Paris, 1993.

[9] Gérard Aschieri et Anicet Le Pors, La Fonction publique du XXIe siècle, Éditions de l’Atelier, Ivry-sur-Seine, 2015.

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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 11:39
conflit Elisabeth B-SNCF : Elle dépasse les bornes et déraille: les députés communistes prêts au combat

SNCF: Borne "déraille", pour les députés communistes, prêts au "combat"

AFP | mardi 03 avril 2018

Les députés communistes, prêts au "combat" contre la réforme ferroviaire au nom de la défense des usagers et des territoires, ont jugé mardi que la ministre des Transports Elisabeth Borne "déraille" et montre de la "fébrilité".

"Pas dans une protestation simple" et porteurs de "propositions innovantes", ils veulent batailler autour de deux questions "fondamentales": "qu'est-ce que cette réforme va apporter aux usagers" et "quels seront les effets pour les territoires", l'environnement, a résumé devant la presse leur président André Chassaigne.

Avec la grève, "il y a une gêne pour les travailleurs et la population, mais quand il y a de tels enjeux historiques, il faut en passer par là", a-t-il plaidé.

Pour cet élu du Puy-de-Dôme, "si l'on perd la bataille du rail, avec la porte ouverte à l'ouverture à la concurrence, cela va détériorer le service, comme dans tous les pays où cela s'est fait", de la Grande-Bretagne à l'Europe du nord en passant par l'Allemagne.

Sur cette réforme, "au lendemain de Pâques, il semble que Mme Borne se soit fait sonner les cloches", montrant "une fébrilité certaine" avant "un mouvement social particulièrement fort", a jugé Hubert Wulfranc. "On va tâcher de lui faire perdre les pédales davantage et de reprendre le train du service public à la française".

Et d'observer que "le gouvernement ouvre un espace au moins de débat avec les parlementaires" sur deux articles qui ne feront plus l'objet d'ordonnances, et "dit qu'il va faire beaucoup plus sur le rail sans dire d'où vient l'argent".

La ministre, "elle déraille", a renchéri Sébastien Jumel, un porte-parole, la jugeant "désarmée lorsqu'il s'agit d'évoquer la question de la dette" de la SNCF.

Quand "la réalité des enjeux sera dans le débat public, je crois qu'une majorité d'opinion va se construire sur l'idée que cette réforme va dans la mauvaise direction", a complété Pierre Dharréville.

"La question sociale est en train de rattraper ce gouvernement", a-t-il jugé. "Il y a quelque chose d'inédit et d'imprévu à voir autant de secteurs, SNCF, énergie, Carrefour, etc, se mettre en lutte" face à des "attaques extrêmement brutales" et "une politique favorisant les ultra riches", a ajouté Elsa Faucillon, autre porte-parole.

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