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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 06:11
Un dernier hommage sera rendu à Louis AMINOT vendredi à 17h au Patronage Laïque Sanquer
59 Rue Richelieu Salle Georges VIGIER
29200 Brest - Le Pilier Rouge
 
 
 
Nous avons eu la nouvelle lundi matin du décès de notre ancien camarade Louis Aminot qui a joué un rôle notable dans l'histoire du PCF finistérien dans les années 70-80. Il nous avait appris être atteint d'une grave maladie l'an passé. 
 
Au-delà de ce qui a pu l'opposer au Parti Communiste depuis la rupture de 1985, période de crise intense qui a laissé un mauvais souvenir, et pour certains les souvenirs sont plus douloureux que pour d'autres, cette nouvelle nous peine car nous avions des échanges fréquents et amicaux avec Louis qui continuait à vivre pour la politique, avec un regard paradoxalement passionné et distancié, désormais en s'intéressant surtout aux questions stratégiques de fond, et qui avait gardé des convictions communistes profondes et des liens de dialogue avec plusieurs camarades à la direction du PCF. 
 
Ismaël Dupont
 

LOUIS AMINOT : LE COMBAT CONTINUE

Je viens d'apprendre avec beaucoup de tristesse la disparition de Louis .
Depuis ses 15 ans son existence a été placée sous le signe du communisme ...dans ou en dehors du Parti .
Après des années de combats communs nos chemins se sont éloignés . Dans des circonstances parfois rudes . Mais Louis ne générait pas la tiédeur . Lors d'une réunion du Front de Gauche il me disait qu'il voulait écrire sur cette période et souhaitait mes souvenirs . Nous n'aurons pas eu le temps de le faire . 
Et puis nous nous sommes retrouvés dans les combats et dans cette belle tentative , avortée ou plutôt assassinée , que fut le Front de Gauche dans le Finistère .
Une vie de combats vient de s'éteindre . Le meilleur hommage qu'on puisse rendre à Louis est de les poursuivre sans relâche...et de gagner .

 

ALAIN DAVID .

 

 

A Notre Ami et Camarade Louis Aminot
Louis Aminot a également été conseiller municipal pendant 24 ans. (Photo d'archive Le Télégramme)

Louis Aminot a également été conseiller municipal pendant 24 ans. (Photo d'archive Le Télégramme)

Article Le Télégramme Brest - 17 avril 2018 

Louis Aminot est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 76 ans. Personnage haut en couleur, fort en verbe et militant acharné, Louis Aminot aura été d'une fidélité sans faille à ce que l'on appelle sans doute un peu vite la gauche non socialiste. Entré aux Jeunesses communistes à l'âge de 15 ans, il adhère cinq ans plus tard au Parti communiste pendant son service militaire. Il devient cadre de la fédération du Finistère nord du PCF tout en travaillant à l'Arsenal comme électricien puis devient permanent. Élu communiste, il rompra avec le PCF en 1985 pour rejoindre le groupe des rénovateurs communistes. Louis Aminot restera dans le giron des communistes unitaires, « il aura gardé au coeur jusqu'au bout l'idée de communisme », salue la section locale du PCF dans un communiqué.

Adjoint aux sports en 1989


Élu en 1977 sur la liste d'union de la gauche de Francis Le Blé, Louis Aminot a également été conseiller municipal pendant 24 ans, étant régulièrement élu sur la liste de Pierre Maille et accédant également aux fonctions d'adjoint, dont celle d'adjoint aux sports en 1989. En 2001, il partira vers Sevran en banlieue parisienne pour travailler auprès d'un maire communiste. Il était revenu vers Brest pour sa retraite et restait attentif aux débats de la ville et notamment ceux ayant trait à la défense et au désarmement nucléaire.
 

Le Télégramme, 17 avril 2018

La section  du Pays de Brest et la fédération du PCF saluent la mémoire de Louis Aminot décédé cette nuit. 
 
Il a été élu de la ville de Brest pendant vingt-quatre ans depuis la première municipalité de gauche en 1977.
 
Entré aux Jeunesses communistes à l'âge de 15 ans,  il adhère cinq ans plus tard au Parti communiste pendant son service militaire.
 
Il devient cadre de la fédération du Finistère nord du PCF tout en travaillant à l'Arsenal comme électricien puis devient permanent.
 
Élu communiste, il rompra avec le PCF en 1985 pour rejoindre le groupe des rénovateurs  communistes.
 
Toujours membre de Communistes unitaires il aura gardé au cœur jusqu’au bout l’idée de communisme.
 
Passionné par les questions de Défense et de Désarmement nucléaire, il avait animé un débat de la fédération PCF du Finistère à la fête de l'Humanité de la Courneuve il y a trois ans, et participé encore il y a trois mois à un débat que nous organisions sur l'activité et l'industrie maritime à Brest, et nos échanges ont été fréquents et fraternels dans le cadre du Front de Gauche où Louis était un militant d'Ensemble soucieux de convergence et soucieux d'engager le débat sur le fond des questions sociales et politiques. 
 
Aujourd'hui, nous exprimons nos condoléances à la famille et aux amis de Louis.
Louis Aminot aux Rencontres du Front de Gauche Finistère (2014, photo Pierre-Yvon Boisnard)

Louis Aminot aux Rencontres du Front de Gauche Finistère (2014, photo Pierre-Yvon Boisnard)

Un dernier hommage sera rendu à Louis AMINOT vendredi à 17h au Patronage Laïque Sanquer
59 Rue Richelieu Salle Georges VIGIER
29200 Brest - Le Pilier Rouge
 
 
Disparition de Louis Aminot, ancien cadre du PCF jusqu'en 1985, militant d'Ensemble, des Communistes Unitaires, et de l'Université Européenne de la Paix, figure haute en couleur de la gauche brestoise
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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:55
Le samedi 26 mai à la Forêt-Fouesnant, salle de l'archipel: la section PCF de Fouesnant nous invite à un voyage cinématographique avec René Vautier et Michel Le Thomas
René Vautier

René Vautier

Le samedi 26 mai à la Forêt-Fouesnant (salle de l'archipel). 

 

Repas des Amis du PCF - Après-midi et soirée politique culturelle autour de la colonisation et de l'immigration. 

 

On projette 3 films de René Vautier et 1 de Michel Le Thomas, compagnon de route de René Vautier

 

Afrique 50  René Vautier 15mn

 

Les trois cousins  René Vautier 10 mn

 

Les Ajoncs  René Vautier 10 mn

 

De Sable et de sang René Vautier.

 

 

Avant ça on projette également en solidarité avec les cheminots et les usagers en lutte un film sur le combat pour le maintien de la gare de Plouaret-Tregor, de Michel Le Thomas, qui sera présent.  

 

Hommage de Pierre Laurent à René Vautier

Un témoignage exceptionnel de René Vautier: une enfance héroïque - avoir 13-16 ans dans la Résistance à Quimper (Des enfants dans la Résistance, Philippe Chapleau, Ouest-France)

"René Vautier, un immense bonhomme" - hommage de Louis Aminot

René Vautier sur la mort d'Edouard Mazé, tué par les forces de l'ordre établi en 1950: un documentaire de Tébéo raconte le contexte de ce conflit social à Brest

 

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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:34
Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens: 6000 Palestiniens incarcéré-e-s dans les geôles de l'occupant!

Journée internationale de solidarité avec les prisonnier-e-s politiques palestinien-ne-s.

Plus de 6000 Palestinien-ne-s sont actuellement incarcéré-e-s dans les geôles de l'occupant, dont 427 détenus administratifs, 356 enfants, 62 femmes, 7 député-e-s.

Pensées et solidarité avec tous ces "prisonniers invisibles de l'occupation" et leurs familles. 

#PalestinianPrisonersDay #StopAD #FreePoliticalPrisoners

Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens: 6000 Palestiniens incarcéré-e-s dans les geôles de l'occupant!
Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens: 6000 Palestiniens incarcéré-e-s dans les geôles de l'occupant!
Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens: 6000 Palestiniens incarcéré-e-s dans les geôles de l'occupant!
Journée internationale de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens: 6000 Palestiniens incarcéré-e-s dans les geôles de l'occupant!
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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:32
Réforme de la SNCF: il y a de faux arguments absolus (le réalisateur Robert Guédiguian, France Info)

Le réalisateur Robert Guédiguian a réagi dimanche 15 avril sur franceinfo à la tribune qu'il signe sur un blog de Mediapart. Avec une trentaine d'écrivains, de réalisateurs ou d'universitaires ils ont lancé une cagnotte pour aider financièrement les cheminots grévistes. Sur franceinfo, le cinéaste a voulu expliquer qu'à ses yeux la réforme ferroviaire ne se justifie pas.

franceinfo : Pourquoi soutenez-vous les cheminots ?

Robert Guédiguian : Je considère qu'ils ne défendent pas seulement leurs positions, je crois qu'ils défendent l'unité générale qu'on pourrait appeler l'idée du service public. L'idée du service public est pour moi un marqueur très fort de la gauche. Depuis que je suis né les services publics se réduisent comme peau de chagrin.

Le gouvernement explique-que la SNCF ne fonctionne pas. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas exact. Cela fait des mois que les uns et les autres, pour préparer cette réforme, prétendent que la SNCF est un désastre. Ce n'est absolument pas vrai. Il y a des choses qu'il faut améliorer, mais je trouve que ça marche plutôt bien. Quant à la dette, c'est une chose qui ne dépend absolument pas du statut des cheminots. Cela dépend des politiques de droite et de gauche menées depuis 30 ans et qui ont conduit à cet endettement.

Que pensez-vous de la réforme ferroviaire ?

Il y a de faux arguments absolus. C'est une croyance d'un côté et les autres ne croient pas à la même chose. A partir de là, il y a un rapport de force qui s'installe. C'est une opposition droite-gauche sur une conception du monde : ou le libéralisme ou le service public.

Emmanuel Macron a dit que l'État allait reprendre la dette. Cela vous rassure-t-il ?

Non, parce qu'il est très flou sur les dates de la reprise de la dette. Très franchement je ne le crois pas. Je ne comprends pas pourquoi on change le statut. Donc, je suis obligé de penser qu'on le change parce qu'on glisse, comme on dit en maçonnerie. On met un coin dans une faille pour qu'elle s'élargisse. Donc, on change le statut et on a un peu grignoté cette affaire. Je n'y vois là qu'un cheval de Troie.

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18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 05:20
Journée de solidarité: une "cerise sur le gâteau du président des riches" pour André Chassaigne

Journée de solidarité: une "cerise sur le gâteau du président des riches" pour André Chassaigne

AFP | mardi 17 avril 2018

Le président du groupe communiste à l'Assemblée, André Chassaigne, s'est insurgé mardi contre l'idée évoquée par Emmanuel Macron d'une seconde journée de solidarité pour financer la dépendance, y voyant "la cerise sur la gâteau du président des riches".

"Ça, c'est la cerise sur le gâteau du président des riches", a réagi M. Chassaigne sur RFI.

"C'est quand même un peu gros. On a sur le budget 2018 des cadeaux faramineux qui sont faits aux plus riches. (...) On fait des cadeaux qui au final vont alimenter l'évasion fiscale, avec des sommes d'argent colossales, des milliards qui vont partir dans les paradis fiscaux et on dit aujourd'hui il faut que ce soit les salariés, les travailleurs, qui puissent travailler une journée gratis pour financer la dépendance", a-t-il développé.

"Je trouve que non seulement c'est inacceptable, mais ça a un côté que je pourrais qualifier d'immoral", a déclaré l'élu du Puy-de-Dôme.

Évoquée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, l'idée d'une deuxième journée de solidarité a été jugée "intéressante" dimanche soir par le président Emmanuel Macron.

"C'est une piste (...) Est-ce que ça a bien marché la dernière fois? Je ne suis pas contre, je pense que c'est une piste intéressante, il faut la regarder (...) Ça peut être une option", a déclaré le chef de l'Etat.

La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003. En 2017, elle a rapporté 2,37 milliards d'euros, dont 1,42 milliard ont été octroyés aux personnes âgées et 946 millions aux personnes handicapées.

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17 avril 2018 2 17 /04 /avril /2018 05:39
Maha Hassan

Maha Hassan

La prochaine conférence-débat des Mardi de l'éducation populaire de la section PCF du pays de Morlaix aura lieu le mardi 17 avril de 18h à 20h. 

Réunion publique ouverte à tous, au local du PCF, 2 petite rue de Callac

 

Témoignage exceptionnel - 

Rencontre avec l'écrivaine, Maha Hassan, originaire d'Alep, réfugiée en France depuis 2004 et d'origine kurde, vivant à Morlaix depuis deux ans.  

Les thèmes de cette intervention:

L'écriture de l'identité, la mémoire, de la dictature et de la guerre, de l'exil et de la condition féminine  

Le combat des femmes pour la liberté dans une société traditionaliste et musulmane

La révolution et la guerre en Syrie

Les Kurdes syriens: quelle histoire? quelles réponses possibles à l'agression d'Erdogan et des islamistes?  

La place du communisme et des idées progressistes dans l'histoire syrienne contemporaine

 

Le 17 avril, la section PCF de Morlaix organise une réunion publique avec l'écrivaine syrienne Maha Hassan; Celle-ci est réfugiée en France depuis 2004 et vit depuis deux ans dans le Finistère. Après avoir écrit sa première nouvelle publiée dans un grand magazine libanais sur la sexualité féminine à 18 ans, elle est l'auteur de huit romans écrits en langue arabe qui lui ont valu deux nominations sur la short list de la plus haute distinction littéraire arabe. Elle présentera au local du PCF Morlaix (2, petite rue de Callac à 18h) son témoignage sur la guerre en Syrie, la cruauté et le cynisme du régime des Al-Assad et du Baas, la condition des femmes, le long combat des Kurdes pour le droit à la dignité, l'écriture de la mémoire, de l'identité et de l'exil. 
 
Maha est réfugiée politique à Paris après la répression du printemps kurde en 2004, Maha Hassan. C'est la petite-fille d'une rescapée arménienne du génocide des Arméniens adoptée en Syrie alors qu'elle n'avait pas quatre ans. Elle a obtenu le prix Hellman-Hammet d'Human Rights Watch en 2005, un prix créé au départ pour s'opposer aux persécutions du maccarthysme aux Etats-Unis contre les intellectuels de gauche. Cela lui vaudra une résidence d'écrivain de six mois dans la maison d'Anne Frank à Amsterdam où elle affrontera les démons de son exil et des histoires douloureuses qu'elle porte avec elle. 
 
Maha Hassan qualifie elle-même son écriture de "littérature bâtarde". Ce n'est pas de la littérature kurde car elle écrit en arabe. Ce n'est pas de la littérature arabe "pure" parce qu'elle porte une mémoire collective kurde contractée avant même qu'elle ait appris à parler. La littérature et la philosophie européenne, l'existentialisme notamment, ont été constitutives aussi de son projet d'écriture s'affrontant aux tabous d'un Islam conservateur: l'oppression et la sexualité des femmes, leur volonté d'émancipation, l'athéisme.  
 
Comme bon nombre d'intellectuels laïcs et progressistes, dont beaucoup ont connu la prison et la torture du régime, elle a soutenu la révolution citoyenne en Syrie. Maha Hassan porte aujourd'hui un regard aigu sur la répression d'une férocité inouïe de la révolte populaire, d'abord pacifique, par les sbires de Bachar-al-Assad, comme sur les dangers de l'islamisme djihadiste qui a fait une OPA sur la rébellion avec la complicité du régime lui-même, des états du Moyen-Orient et de Turquie. Les pays occidentaux et la communauté internationale ont aussi leur part de responsabilité, qui ont laissé Bachar massacrer son peuple. Même en France, avec ses parents coincés à Alep, ses amis pris dans la tourmente de la guerre, et jusqu'à aujourd'hui sa famille et ses amis bombardés dans l'enclave d'Afrin, Maha Hassan a vécu la guerre de manière extrêmement cruelle, avec d'autant plus d'envie de raconter un pays et une culture qui n'existeront plus jamais comme avant, mais aussi de comprendre les racines du mal et de la violence.   

Romans de Maha Hassan publiés au Liban ou en Syrie :

Titres traduits de l'arabe:

- Métro d'Alep

- Bonjour la guerre

- Les Tambours de l’Amour, éditions El-Rayyes, Beyrouth, Liban, 2012.
Les filles de prairies (roman), éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2011.
Cordon ombilical, éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2010. (sélectionné sur la liste du prix du roman arabe «Booker»).
Chants du néant, éditions El- Rayyes, Beyrouth, Liban, 2009.
Le tableau de la couverture. Les murs de déception sont plus hauts, éditions Nashiron, Syrie, 2002.
L’infini- récit de l’autre, éditions Al-Hiwar, Syrie, 1995

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17 avril 2018 2 17 /04 /avril /2018 05:35
Manif du 22 mars à Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Manif du 22 mars à Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Manif du 22 mars à Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Manif du 22 mars à Morlaix (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Communiqué de presse de la section PCF du pays de Morlaix

 

Face à la casse sociale et au mépris, unissons-nous !

Toutes et tous jeudi 19 avril à 11h place des Otages à Morlaix à l’appel des syndicats.

 

La politique d’Emmanuel Macron, c’est toujours plus de cadeaux aux très riches et aux multinationales, et une grande violence à l’égard des salariés, des retraités, des précaires, des jeunes comme des anciens, des familles, des personnels et usagers des services publics : hausse de la CSG et baisse des APL, casse du logement social, de l’hôpital public, du code du travail, privatisation de la SNCF et casse du statut de ses personnels, tri social des étudiants à l’entrée de l’Université, suppression du service d’information et d’orientation de l’Éducation Nationale, amputation des budgets publics et du nombre d’agents au service de la population, braderie au privé de ce qui est notre propriété commune.

Et à la casse sociale s’ajoutent le mépris et la surdité vis-à-vis des souffrances et des colères.

Ces choix creusent les inégalités sociales, territoriales, augmentent la pauvreté et la précarité, piétinent les valeurs qui fondent notre vie commune, tournent le dos au progrès social comme aux engagements pris sur le climat, fracturent notre société, rabaissent notre pays.

À l’opposé, les luttes actuelles des cheminots, des personnels des hôpitaux et des Ehpad, des postiers, et de tous les personnels et usagers des services publics, celles des salariés mobilisés pour leur emploi, leurs conditions de travail, leurs salaires, celles des étudiants, des citoyens engagés pour les droits humains et la solidarité, portent l’intérêt général.

Jeudi 19 avril une première journée de convergence des luttes est organisée par les syndicats.

Les communistes lui apportent tout leur soutien et appellent toutes et tous à se joindre au rassemblement prévu jeudi à 11h à Morlaix place des Otages 

Unissons-nous contre la politique de Macron et pour des propositions alternatives progressistes, pour une société d’égalité, de solidarité, d’émancipation humaine, pour la sécurisation de l’emploi et de la formation, le développement des services publics et de la protection sociale, l’accès de chacun-e aux droits fondamentaux et aux biens communs.

Morlaix, le 16 avril 2018

Le PCF pays de Morlaix appelle à participer nombreux à la manifestation du jeudi 19 avril à 11h: Face à la casse sociale et au mépris, unissons-nous!
Le PCF pays de Morlaix appelle à participer nombreux à la manifestation du jeudi 19 avril à 11h: Face à la casse sociale et au mépris, unissons-nous!
Le PCF pays de Morlaix appelle à participer nombreux à la manifestation du jeudi 19 avril à 11h: Face à la casse sociale et au mépris, unissons-nous!
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15 avril 2018 7 15 /04 /avril /2018 19:10

Converger , ensemble le 19 avril !

Rarement une période économique et sociale n’aura été autant porteuse de dangers et d’incertitudes pour l’avenir de l’ensemble des salariés... Contradictoirement, rarement la séquence qui s’ouvre ne nous aura offert la possibilité de construire un mouvement capable d’inverser la courbe des remises en cause et des mauvais coups.

Ces dernières semaines, des initiatives d’actions avec des grèves et manifestations ont été organisées dans plusieurs secteurs professionnels et territoires. Les retraités et les salariés des EHPAD étaient mobilisés dans l’unité le 15 mars dernier. Ils étaient des milliers dans les rues. Les uns aspirent – à juste titre – à des niveaux de pensions leur permettant de vivre dignement, et les autres à travailler dans des conditions décentes.


Le 22 mars, les salariés de la fonction publique, des entreprises privées et publiques, les cheminots, étaient en arrêt de travail et en manifestation dans tout le pays.

Le 30 mars, les salariés de Carrefour se sont mobilisés contre le démantèlement du groupe orchestré pour répondre aux seules exigences de rentabilité des principaux actionnaires.

Depuis le 3 avril, une mobilisation massive des cheminots est engagée pour le service public ferroviaire.

Toutes ces actions montrent que les salariés, les retraités, les jeunes ne s’en laissent pas conter. Ils exigent une autre action politique du gouvernement et que le patronat réponde à leurs revendications dans les entreprises.


Tous les éléments semblent être réunis pour contraindre gouvernement et patronat à répondre aux attentes légitimes des salariés et des retraités. Pour se faire il est certes nécessaire d’amplifier le mouvement dans les entreprises, mais il faut également, de toute évidence, créer les conditions de leur convergence. C’est dans ces conditions et avec cet objectif que les organisations syndicales du Finistère CGT, FSU, Solidaires, avec le soutien de FO prennent l’initiative de faire du 19 avril 2018 une journée de convergences revendicatives et de luttes interprofessionnelles, appellent à se rassembler :

 

à partir de 11 heures dans les localités le 19 avril 2018,

à Brest-place de la liberté, Quimper-place St Corentin

Morlaix-place des otages

 Carhaix-place du champ de foire

Quimperlé (avec un rendez-vous à 10h30 place Jean Jaurès)

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15 avril 2018 7 15 /04 /avril /2018 10:23
No pasaran: demande d'interdiction de la manifestation néo-nazie prévue par l'extrême-droite radicale bretonne à Scrignac le 21 avril avec pour mot d'ordre Communistes assassins: question écrite de Pierre Laurent au Sénat et au ministère de l'intérieur

Question écrite de Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste, sénateur: 

Monsieur Pierre Laurent attire l’attention de Monsieur le Ministre de l’Intérieur sur un projet de manifestation le 21 avril 2018 à 18h00 à Scrignac.
Le média internet de sensibilité d'extrême-droite Breiz Info indique que plusieurs groupuscules de l'extrême-droite radicale bretonne, racistes, antisémites, antirépublicains comme l’ADSAV et la mouvance du réseau social néo-nazi de Boris Le Lay, Breiz Atao - projetaient de faire une manifestation ce jour sous le mot d'ordre de "Communistes assassins".
Ces groupes comptent dans leurs rangs des antidémocrates et des extrémistes violents qui ont déjà sévi à plusieurs reprises en envahissant un CADA de migrants et en s'attaquant à des militants et citoyens de gauche. Ils profèrent, pour certains d’entre eux, des menaces de mort sur les réseaux sociaux et cultivent la nostalgie du nazisme.
Il y a un risque réel que ces personnes s’attaquent à des biens et/ou à des personnes à Scrignac, explicitement désignée par eux comme une commune indigne car encore sous influence communiste depuis la Résistance. Cela peut donc générer des troubles graves à l'ordre public.
Il est à noter que le 24 novembre 2016 dans des conditions similaires un arrêté d'interdiction contre une manifestation de Génération Identitaire a été pris par la Préfecture de Police  afin d'éviter des affrontements violents et des troubles à l'ordre public.
Il lui demande ce qu’il compte faire face au projet de manifestation du 21 avril 2018 à Scrignac.

Menaces de l'ultra-droite à Scrignac
La tombe a été vandalisée le week-end de Pâques.

Le week-end de Pâques, la tombe de l’abbé Perrot, à côté de la chapelle de Koat Keo, en Scrignac, a été vandalisée. Ce prêtre, engagé politiquement, notamment à travers le mouvement catholique « Feiz ha Breiz » a été tué le 12 décembre 1943. Attribué aux FTP et à la résistance, cet acte n’a jamais été revendiqué officiellement. Le nom de Perrot a été ensuite récupéré par des nationalistes bretons radicaux qui ont formé une petite milice, le Bezenn Perrot. Avec une soixantaine de membres combattant sous uniforme allemand, elle a été engagée en 1944 contre la résistance. Avant son décès, l’abbé Perrot avait condamné ce projet de groupe armé.

Un hommage est rendu chaque année à l’abbé Perrot, le lundi de Pâques, près de sa tombe à la chapelle de Koat Keo. Il est organisé par l’association Unvaniezh koat Keo, de tendance catholique. Mais des organisations d’extrême droite ont régulièrement tenté de récupérer la figure de l’abbé Perrot. La chapelle, dessinée par l’architecte James Bouillé, est classée monument historique. Elle a fait l’objet de dégradations il y a quelques jours. La croix celtique qui surplombait la tombe a ainsi été cassée. Des inscriptions antifascistes en breton et en français ont été relevées sur la chapelle et une maison voisine. Deux plaintes ont été déposées.

Un rassemblement inquiétant

Depuis quelques jours, un appel à un rassemblement circule sur les réseaux sociaux. Il émane d’un groupuscule, Yaouankiz Breizh (« Jeune Bretagne ») et annonce un rassemblement le 21 avril, à 18 heures. Sur le flyer, on voit un homme armé d’un marteau fracasser une étoile rouge. On y lit « Communistes assassins » et « en mémoire de l’abbé Perrot et des nationalistes bretons assassinés. D’autres sites d’extrême droite relayaient des informations inquiétantes. Ainsi, Breiz-Info.com, proche du mouvement d’ultra-droite, les identitaires, rappelle qu’« historiquement, le communisme a eu une influence très importante dans la commune (on parlait durant la guerre du « maquis rouge » de Scrignac) et la petite commune était considérée comme étant le coeur de la « montagne rouge » à l’entrée des Monts d’Arrée ». Entre les lignes, on devine que c’est la population qui pourrait être une cible parce qu’elle « vote à gauche ».

Les menaces sont tout aussi explicites sur le site « Breiz Atao », dont le responsable, Boris Le Lay, a été condamné à plusieurs reprises. Il vivrait actuellement au Japon, ce qui lui permet d’échapper à la justice. On y découvre un article intitulé « Profanation de la tombe de l’Abbé Perrot : la gauche doit se préparer à déguster ».

Condamnation sans ambiguïté

Le site « Breiz Atao » met en cause un militant breton de gauche, Gaël Roblin. Contacté, ce dernier condamne sans ambiguïté les dégradations de Scrignac. « je ne comprends pas qu’on s’en prenne à une tombe. En tant que militant politique, je désapprouve cet acte qui victimise l’extrême droite et qui donne de l’importance à ces groupuscules ». Suite à cet article, il a décidé de porter plainte, en référé, contre le site « Breiz Atao ».

S’il avait lieu, le rassemblement de Scrignac pourrait attirer quelques dizaines de militants de l’ultra-droite, avec des profils potentiellement violents. Yaouankiz Breizh s’était ainsi distinguée, il y a quelques années, en s’invitant dans la Breizh manif à Nantes. Il y a quelques mois, une autre manifestation pour la réunification de la Bretagne avait été annulée par crainte d’affrontements en ce groupe et les militants de gauche. Le risque est d’ailleurs important que les associations antifascistes appellent à un contre rassemblement. Contacté, le maire de Scrignac, Georges Morvan, indiquait « n’avoir reçu aucune demande d’autorisation pour un tel rassemblement ». La gendarmerie de Carhaix étudie la situation. Il est fort probable que ce rassemblement d’extrême droite fasse l’objet de mesures d’interdiction. Reste à savoir si elles seront dissuasives.

Contactés, des membres de l’association Unvaniezh Koat Keo, qui entretiennent l’héritage de l’abbé Perrot, désapprouvent le rassemblement du 21 avril. Ils préfèrent insister sur l’appel aux dons qui a été lancé pour la restauration du monument.

Le Poher, 14 avril 2018 

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15 avril 2018 7 15 /04 /avril /2018 09:10

Je veux faire part de mon étonnement, au surlendemain des lancements de missiles dans la banlieue de Damas et de Homs. 

De mon étonnement et de mon agacement face à ceux qui ont supporté sans trop s'en émouvoir les dizaines de milliers de prisonniers torturés et massacrés dans les geôles de Bachar-al-Assad, les villes, les villages et les régions entières affamés, bombardés par des barils d'explosifs, attaqués à l'arme chimique à plusieurs dizaines de reprises, les viols utilisés à échelle massive comme armes de guerre, les disparitions, les bombardements et les assauts des forces spéciales russes et iraniennes pour permettre à un régime honni par une majorité des Syriens et auteur d'innombrables crimes de guerre et crimes contre l'humanité, responsables de 80% au moins des 4 ou 5 millions de morts de cette guerre atroce depuis 2011, et de l'exil de près d'un tiers de la population syrienne, qui aujourd'hui condamnent avec la plus ferme résolution des bombardements américains, français, anglais essentiellement symboliques et d'avertissement qui visent des installations militaires et n'auraient pas fait de victimes au demeurant, parlant d'escalade dans cette guerre, faisant flotter les colombes de la paix comme si antérieurement c'était la paix en Syrie.  

Dans une partie de la gauche de gauche, il semble parfois que la guerre et les interventions extérieures ne sont illégitimes et condamnables que quand elles sont portées par les Américains et les forces de l'OTAN.

Pour eux, il semblerait que l'on soit toujours dans une logique de Guerre Froide (elles existent, entre la Russie et l'OTAN, n'où n'en doutons pas) où l'OTAN et les Américains, c'est le mal, le capitalisme, l'impérialisme, et les interventions russes la défense d'un monde multipolaire vivable. Et qu'importe que Poutine finance en Europe tout ce que le vieux continent compte de forces d'extrême-droite et qu'il propage une idéologie fasciste, nationaliste, xénophobe. Qu'importe les crimes qu'il a organisé en Syrie et en Tchétchénie par exemple. 

La réduction de la résistance syrienne à la dictature de Bachar-al-Assad et de la guerre civile à un jeu international de puissances qui s'affrontent sur un terrain étranger - la Turquie, l'Iran, l'Arabie Saoudite, le Qatar, la Russie, les Etats-Unis et l'Otan, Israël, l'Irak à gouvernement chiite - n'est pas fausse, et de moins en moins malheureusement, mais elle ne saurait épuiser le sens des événements ni servir à disqualifier les souffrances et la résistance du peuple syrien qui avait très majoritairement voulu le départ de Bachar-al-Assad, et le droit de résistance à l'oppression est un droit de l'homme inaliénable. Nombreux sont les experts géo-stratégiques qui ne lisent le conflit syrien que comme une volonté de reprise en main de la Syrie, alliée traditionnelle de la Russie, par les Américains, avec le concours de l'Arabie Saoudite et d'Etats du Golfe, et l'appui d'Israël en sous-main: c'est valider la propagande de Bachar-al-Assad et faire peu de cas du mouvement populaire réel. 

De même, prétendre que finalement il faudrait mieux des dictatures laïques dans le monde arabe, même à base mafieuses et criminelles, plutôt que le chaos islamiste et le conflit communautaire, c'est valider l'idée suivant laquelle certains peuples ne seraient pas mûrs et armés pour la démocratie, ne seraient pas entrés dans une histoire de sujets de l'histoire, ce qui est théoriquement inadmissible et condescendant. S'il n'y avait pas eu l'intervention russe et iranienne, la révolution syrienne aurait probablement eu raison du régime, ce qui ne veut pas dire qu'elle aurait su trouver la voie, parmi ses contradictions, d'une société tolérante et libre, mais un régime dégueulasse aurait été lui abattu, et il ne revient qu'aux Syriens de savoir si le jeu en valait la chandelle ou non!       

De mon côté, je ne considère pas a priori les ennemis ou adversaires désignés par les Américains qui portent les casseroles que l'on sait et sont la "démocratie" libérale que l'on sait, avec pour l'heure un demi dément à leur tête, comme des acteurs "diaboliques" ou à combattre a priori , mais je ne considère pas non plus les ennemis des Américains comme des amis ou des régimes résistants à défendre. En matière de relations internationales, comme en tout, il faut sortir de la pensée réflexe et des schémas complètement dogmatiques et rigides, pour ne pas dire purement idéologiques, et regarder de près ce que le réel a à nous apprendre. 

S'est-on autant ému, a t-on autant condamné les bombardements russes et les engagements du Hezbollah et des forces iraniennes et libanaises chiites responsables pourtant de la mort de dizaines de milliers de syriens? Agissaient-ils sans aucun souci de peser en faveur de leurs propres intérêts, sans aucune velléité impérialiste? Evidemment non.

Alors pourquoi deux poids, deux mesures dans nos jugements. 

J'ai passé un mois et demi en Syrie avant la révolution à l'occasion d'un voyage touristique qui m'a permis de m'y faire plusieurs amis, j'ai énormément lu de témoignages et de travaux universitaires et journalistiques sur l'évolution du conflit, la barbarie du régime de Hafez-al-Assad et de Bachar-al-Assad (disparitions, viols, tortures, quartiers rayés de la carte), sur la Révolution et ses acteurs, sur la manière dont Bachar-al-Assad a libéré et favorisé les islamistes les plus dangereux pour accréditer sa ligne de communication de départ, de la défense de l'ordre et de la laïcité face au terrorisme islamiste: soyons sérieux, ce n'est pas ces frappes de l'OTAN qui vont faire plonger la Syrie dans une situation plus noire encore. 

Veut-on que Bachar-al-Assad et la colonie de sadiques qui l'entourent, qui ont l'ascendant sur le terrain grâce à ses tuteurs russes et iraniens continuent à employer des armes chimiques quand ça lui chante afin de "punir" les habitants des dernières poches de résistance à sa dictature? Appellera t-on Paix sa victoire qui le fera triompher sur des cimetières et des villes détruites qui couvrent toute la Syrie?

Soyons lucides: aucun avenir de paix ne peut être fondé sur le triomphe d'un pouvoir criminel et fasciste appuyé sur des armées étrangères, et qui a humilié, martyrisé, chassé de chez lui, la majeure partie de son peuple.

Seul un départ de Bachar-al-Assad, un commencement de reconnaissance des crimes et de justice, peut faire revenir un semblant de paix en Syrie, et le retour des millions des réfugiés, fusse sous l'égide de ceux qui lui ont permis de s'acheminer vers la victoire militaire, russes et iraniens.

Les forces rebelles et les chefs de guerre islamistes de la rébellion, l'ASL, de Al-Qaida, du Front al Nosra, et a fortiori de Daesch, les pires de tous, ont aussi commis des crimes contre les populations, mais il n'y aurait peut-être pas eu une telle islamisation de la résistance à Bachar-al-Assad, qui était au départ en grande partie pacifique, laïque, progressiste, multiculturelle, si les occidentaux n'avaient pas abandonnés les populations syriennes révoltées à la brutalité de la répression qui ne laissait aucun échappatoire, notamment aux déserteurs refusant de massacrer leurs compatriotes.

Ceux qui à l'époque n'envisageaient même pas la possibilité d'une intervention internationale pour former des couloirs aériens et empêcher les avions et hélicoptères de Bachar-al-Assad de massacrer des populations de zones révoltées mais largement désarmées doivent tout de même aux conséquences qui cette fois-ci sont avérées: ce sont l'Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie qui ont armé les rebelles, en orientant la résistance vers l'islamisme politique, et les massacres ont pu continué avec une violence inouïe rappelant la sauvagerie de la guerre du Liban.   

Parler de pacifisme, de refus de toute intervention militaire, de paix à tout prix quand la guerre est déjà là peut être une manière de faire son Ponce Pilate qui s'en lave les mains. 

Les interrogations que nous pouvons avoir par rapport à l'intervention militaire d'il y a deux jours concernent moins sa légitimité (il n'y avait aucun cadre pour faire en sorte qu'elle se déroule sous la houlette multilatérale de l'ONU, tout le monde entre et bombarde en Syrie, et depuis bien longtemps...) que ses buts, son utilité et son efficacité.

S'agit-il seulement de messages politiciens envoyés aux opinions nationales? "Voyez, on fait quelque chose à la énième attaque chimique du régime de Bachar-al-Assad (il y a sans doute eu aussi des attaques des forces islamistes rebelles, mais moins nombreuses), comme on l'avait annoncé: on n'est pas impuissants". Ou d'un message envoyé aux russes et à Bachar-al-Assad: "il faudra compter avec nous pour l'avenir de la Syrie, vous ne pourrez pas régler les choses à votre seule convenance... " En tout cas, par rapport à des forces en présence qui ont fait la preuve de leur cynisme et de leur absence totale de scrupule, et je n'exclue pas les Américains, les Russes et les Européens, qui ont lâché les Kurdes vainqueurs de Daesch à Afrin, pas sûr que ces messages appuyés sur une réaction assez inoffensive et faible qui ne changera rien au rapport de force existant (mais est-ce encore possible?) soient vraiment efficaces.  

C'est plus sur ce critère des vrais buts et de l'efficacité de ces frappes militaires à mon avis qu'on peut critiquer cette intervention extérieure des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne que sur le principe, au nom d'un anti-impérialisme ou d'un anti-américanisme de réflexe que l'on aura mis précédemment en sourdine quand il s'agissait d'aller frapper Daesch et armer les forces qui combattaient Daesch sur le terrain. 

Ismaël Dupont, le 15 avril 2018    

     

 

       

 

Frappes occidentales sur la Syrie: une escalade dans la guerre? Des indignations sélectives - point de vue d'Ismaël Dupont et lien avec un article de Jean-Pierre Perrin dans Médiapart (14 avril 2018)
Un avertissement pour le pouvoir syrien
 PAR - Médiapart

Les frappes menées contre les installations syriennes vont réduire la capacité du régime Assad à mener d’autres attaques chimiques contre les dernières poches qui lui résistent, en particulier la grande province d’Idlib. Elles pourraient conduire à une reprise des négociations en vue d’une solution politique. 

Après les frappes américaines, françaises et britanniques, les premières images de la télévision syrienne sont étonnantes : elles montrent Bachar al-Assad traversant en diagonale et en silence l’immense salle de l’un de ses palais. Même si ce n’était évidemment pas leur but, elles révèlent à leur façon l’isolement du dictateur, qui ne doit sa survie qu’au soutien de Moscou, du régime iranien, du Hezbollah libanais et de quelques groupes chiites affidés.

Sans doute le cours de la guerre en Syrie ne va-t-il pas en être changé – avec la prise de la totalité de la Ghouta, Bachar al-Assad et, surtout, ses alliés l’ont gagnée militairement. Mais les frappes constituent néanmoins une étape importante en ce sens qu’elles vont réduire la capacité du régime à mener d’autres attaques chimiques contre les dernières poches qui lui résistent, en particulier la grande province d’Idlib.

Une grave attaque chimique avait d’ailleurs déjà eu lieu, le 4 avril 2017, contre Khan Cheikhoun, une localité de cette province, qui avait fait 84 morts, provoqué la fuite de tous ses habitants et déclenché, pour la première fois, une riposte américaine – 59 missiles de croisière Tomahawk avaient été alors tirés contre la base d’Al-Chaayrate, d’où avaient décollé les avions syriens. 

Le message politique principal de l’opération occidentale survenue dans la nuit du 13 au 14 avril est donc d’abord de dissuader le régime syrien – il s’adresse aussi à d’autres pays susceptibles d’y avoir recours –  d’employer à nouveau l’arme chimique. « Sur la question de l’arme chimique, il y a une ligne rouge qu'il ne faut pas franchir et si d’aventure elle était refranchie, il y aurait une autre intervention », a bien pris soin de préciser Jean-Yves Le Drian, le ministre français des affaires étrangères. Il a même ajouté : « Mais je pense que la leçon sera comprise. » Donald Trump et James Mattis, son secrétaire d’État à la défense, ont de leur côté précisé dans leurs discours respectifs que Bachar al-Assad n’avait pas compris le message lors des précédentes frappes, et qu’il y en aurait encore d’autres s’il utilisait à nouveau les armes chimiques. Si Mattis a admis qu’il était impossible d’être sûr que ces nouvelles frappes allaient être en mesure de le dissuader, il demeure que la punition semble plus dure que celle de l’an dernier.

Dès lors, les frappes ont été clairement limitées à cet aspect. Deux centres de stockage à Homs, la « capitale militaire » du régime, un autre de production et de recherches, à Damas, dans le quartier de Barzeh (nord-est de la ville), ont ainsi été pris pour cibles. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), « plusieurs bases militaires », dont semble-t-il deux aéroports, et des locaux de la Garde républicaine, la garde prétorienne du régime, la seule en capacité d’utiliser des armes de destruction massive, ont également été visés dans la capitale syrienne et ses environs. En revanche, aucun centre de commandement de l’armée n’a été attaqué. Il s’agit donc d’une attaque a minima.

Même si seules les principales attaques ont été véritablement documentées, l’arme chimique a été constamment utilisée par le régime baasiste depuis le début de la guerre civile, à l’été 2011. Les experts estiment que celle-ci a été employée à environ 80 reprises – à noter, un cas d’utilisation de gaz ypérite imputé à l’État islamique. Selon un rapport d’évaluation émanant du Quai d’Orsay, Damas utilise l’arme chimique à la fois « pour punir les populations civiles présentes dans les zones tenues par des combattants opposés au régime » et pour « provoquer sur elles un effet de terreur et de panique incitant à la reddition ». « Alors que la guerre n’est pas terminée pour le régime, il s’agit, par des frappes indiscriminées, de démontrer que toute résistance est inutile et de préparer la réduction des dernières poches », ajoute le rapport diplomatique. 


Jusqu’aux frappes occidentales de la nuit contre le régime, les attaques chimiques étaient donc attendues contre la province d’Idlib, la dernière enclave rebelle importante que l’armée syrienne n’a pas encore reconquise et sans laquelle le régime syrien ne peut complètement crier victoire. D’où la nécessité d’une vaste offensive pour atteindre cet objectif. Or, celui-ci est autrement plus difficile que celui de la Ghouta orientale. D’une part, la province d’Idlib compte une population de près de trois millions de personnes – contre moins de 400 000 dans la Ghouta. D’autre part, sa frontière avec la Turquie permet l’acheminement régulier d’armes, de munitions et de volontaires au profit des rebelles, dont certains des groupes comptent parmi les plus radicalisés. Ankara s’est d’ailleurs félicité de l’attaque américano-franco-britannique qui, selon le ministère turc des affaires étrangères, « exprime la conscience de l’humanité tout entière face à l’attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime » syrien.

 

Enfin, l’insurrection dans la province d’Idlib s’est encore renforcée ces derniers mois avec l’arrivée des combattants évacués ces dernières semaines de la Ghouta orientale, dans le cadre d’accords de reddition négociés. Près de 20 000 hommes aguerris, appartenant à Ahrar al-Cham, Faïlaq al-Rahmane et Jaïch al-Islam ont ainsi pu sortir de l’enclave dans le cadre de ces arrangements. Sans l’arme chimique, comment l’armée syrienne, très affaiblie – elle serait réduite à un tiers de ses effectifs par rapport à 2011 – et épuisée par sept années de guerre, pourra-t-elle repartir à l’assaut d’Idlib ?

L’offensive contre la Ghouta orientale a été à ce sujet éloquente. La localité de Douma, pourtant aux portes de Damas, n’a pu être reconquise qu’avec l’appoint de combattants russes et sans doute iraniens. Dès lors, si l’offensive contre Idlib n’est pas à la portée des forces loyalistes, l’attaque occidentale relance l’hypothèse d’une solution politique au conflit syrien. À une condition : est-ce que leurs frappes vont amener les Occidentaux, en particulier les États-Unis qui donnent pour le moment des indications contraires, à s’engager davantage en Syrie pour faire émerger une solution politique ? Sans cet engagement, elles n’auront qu’un effet limité sur la suite du conflit.

Pour le politologue et chercheur Ziad Majed, trois possibilités se dégagent : « Soit les Russes cherchent à se venger, en bombardant plus intensivement les zones rebelles pour montrer leur défiance, mais je doute fort qu’ils puissent lancer une grande offensive. Soit il y a une fermeté occidentale mettant fin à toute ambiguïté vis-à-vis du régime Assad et au rejet de toute normalisation avec lui, ce qui pourrait amener dans ce cas de nouvelles négociations à travers les processus de Genève ou d’Astana, sans grandes escalades sur le terrain ». Soit, enfin, conclut-il, « l’administration américaine ira plus loin et tentera, à travers des contacts, à causer des contradictions entre Russes et Iraniens en proposant aux premiers des arrangements et des solutions à condition qu’ils expulsent les Iraniens de Syrie – les Russes pourraient être tentés par cette solution à long terme mais, évidemment, les Iraniens ne sont prêts pas se laisser faire ».  Là, sont les véritables enjeux au lendemain du bombardement. 

 

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