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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 05:52

 

En remplissant les universités et en changeant l’apparence de la plateforme, le gouvernement espère cacher les faillites d’un système qui laisse des milliers de jeunes sans avenir.

Sauver les apparences, au moins. Cela semble être le credo de l’exécutif au sujet de Parcoursup. Pour camoufler le nombre de lycéens encore en attente d’une affectation dans le supérieur, le gouvernement a eu l’idée d’avoir recours au « surbooking » dans les universités. Lundi, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche leur a demandé d’accepter 10 % d’étudiants de plus que le nombre de places dont elles disposent effectivement. Cette technique va permettre d’effacer des listes d’attente les laissés-pour-compte de Parcoursup, pourtant plus nombreux que ceux de la plateforme APB l’année dernière à la même date.

Très controversée, la nouvelle plateforme d’attribution universitaire laisse en effet de nombreux jeunes sans avenir scolaire. Hier, seulement 56 % des lycéens étaient inscrits définitivement dans une filière. Les autres : ceux qui n’ont pas de proposition ou qui n’en ont accepté aucune. Le cabinet de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, se justifie en affirmant qu’il y a « 10 % de défections en septembre », et qu’une aide financière sera accordée aux filières si elles se retrouvaient surchargées. Cependant, le problème ne relève pas du manque de moyens, mais bien du manque de places dans les amphithéâtres. Pour Louis Boyard, président de l’Union nationale lycéenne (UNL), le problème n’est pas financier mais bien humain : « Est-ce que les lycéens veulent vraiment de ces places ? Le gouvernement, bon technocrate, veut seulement faire rentrer des chiffres dans des chiffres. Mais l’éducation doit servir à l’émancipation des lycéennes et lycéens. »

« AVEC PARCOURSUP, LA DÉSCOLARISATION EST UN FAIT »

L’UNL « s’attendait » à une faillite, « mais pas de cette ampleur ». C’est sûrement le même sentiment qui domine au sein du gouvernement, qui, en plus de remplir les facs, utilise une autre astuce pour cacher le nombre de lycéens victimes de la plateforme. Depuis ce lundi, Parcoursup dispose ainsi d’un nouveau tableau de bord. Alors que l’ancien affichage distinguait les candidats ayant reçu au moins une proposition de ceux, en attente, n’en ayant reçu aucune, le tableau de bord actuel est plus complexe. On y trouve les presque 600 000 candidats ayant accepté une proposition, ainsi que 18 000 « candidats qui souhaitent s’inscrire dans l’enseignement supérieur via Parcoursup ». La très grande partie des lycéens n’ayant pas reçu de proposition est désormais reclassée en « candidats inactifs », terme qui minimise la situation de ces 54 000 jeunes en attente d’un avenir. Autre chiffre intéressant, les 145 000 lycéens ayant abandonné Parcoursup, ce qui représente presque 20 % des inscrits sur la plateforme au départ et qui n’y figurent plus. « Certains vont dans le privé ou tentent des concours, mais d’autres n’ont pas les moyens. Je connais des gens qui ont redoublé à cause de Parcoursup, d’autres ne se sont même pas rendus aux examens du bac. C’est une désertion, la déscolarisation est un fait avec Parcoursup », témoigne Louis Boyard. D’autres, qui n’ont pas pu s’inscrire sur la plateforme pour cause de manque d’informations, n’apparaissent pas non plus dans ces chiffres que le gouvernement tente de taire. Le ministère de l’Enseignement supérieur a d’ailleurs déclaré que les statistiques n’avaient « plus de raison d’être après les résultats du bac ». « Parcoursup opère un tri social, et ce sont les statistiques qui permettront de le prouver », répond Louis Boyard. En attendant, plus de 217 000 lycéens ne savent toujours pas où ils seront en septembre.

Axel Nodinot

 

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 05:50

 

En cette semaine que l’on annonce caniculaire en France, des pays aussi différents que la Grèce et la Suède sont en proie à des incendies ravageurs. Trente mois seulement après la tenue de la conférence de Paris sur le climat, les signes tangibles des conséquences multiples du réchauffement climatique sont sous nos yeux. Tandis que « notre maison brûle », nos décideurs politiques continuent de regarder ailleurs.   

 

La place prise par les conséquences du comportement d’Alexandre Benalla le 1er mai à Paris occulte depuis près d’une semaine tous les autres sujets qui font l’actualité en France et dans le monde. Parmi ces sujets, figure la vague de chaleur qui sévit chez nous depuis des semaines et qui s’accentue actuellement tandis que des incendies dévastateurs se propagent dans certains pays. Tôt ce matin, une dépêche de l’Agence France Presse (AFP) indiquait que de violents incendies ont fait au moins 50 morts et plus d’une centaine de blessés aux alentours d’Athènes entre hier et le début de la nuit. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec est rentré précipitamment d’un voyage en Bosnie  pour suivre les opérations de secours avec 600 pompiers sur le terrain dont des renforts venus d’Espagne.

« Avec l’avancée des secours, nous risquons de découvrir de nouvelles victimes, la nuit va être longue», prévenait un pompier en cours de nuit. Ces incendies se sont produits alors qu’une vague de chaleur s’est abattue sur le pays avec des températures diurnes de 40°C à l’ombre. L’an dernier les incendies en Grèce avaient fait 77 morts et brûlé 250.000 hectares de forêts, de maquis et de cultures.

EN SUÈDE 25.000 HECTARES DE FORÊT ONT DÉJÀ BRÛLÉ

Du sud au nord de l’Europe, la sécheresse et la chaleur estivale battent des records. En Finlande, la Laponie est touchée par les feux de forêts de prairies asséchées, les incendies partant parfois de la Russie. Les feux sont également nombreux en Norvège, un pays qui a connu son mois de mai le plus chaud depuis qu’il existe des relevés de température tandis que celles de juin ont été souvent égales ou supérieures à 30°C. En Suède, il n’a pratiquement pas plu depuis trois mois, tandis que 25.000 hectares de forêt ont déjà brulé.

Après les incendies de forêt et de garigue qui ont brulé 214.000 hectares en octobre puis en décembre 2017 , les incendies ont repris en juin et juillet en Californie, mais aussi dans d’autres Etats américains dont la Floride et l’Alaska. Selon Renaud Barbero, écologue du feu, interrogé dans la Croix du 19 juillet dernier, « les feux dans l’ouest américain sont déclenchés pour moitié par la foudre, pour moitié par l’homme, volontairement ou pas. Le réchauffement climatique intensifie la sécheresse-mesurée par la teneur en eau dans le sol- et donc les départs de feu. Les chercheurs ont pu démontrer, qu’en l’absence de réchauffement, la sécheresse serait de 15 à 20% moins sévère», souligne-t-il.

En France, il suffit de voir à quelle vitesse l’herbe à séché dans les prairies sous l’influence des températures élevées pour constater les dégâts dans les zones  d’élevage. Mais l’herbe des sous-bois se dessèche de la même manière  et des incendies provoqués par la foudre ne sont pas à exclure  avec la persistance de ce temps chaud propice aux orages localisés.

Après avoir connues des pluies dévastatrices provoquant des centaines de morts dans plusieurs régions, le Japon subit désormais une vague de chaleur qui a déjà provoqué 80 décès et conduit quelques 35.000 personnes à l’hôpital. Là encore, une dépêche de l’AFP nous indique qu’avec une température « entre 35 et 40 °C  à l’ombre et une hygrométrie de plus de 80%, plusieurs villes japonaises affichent une combinaison mortelle » pour les personnes les plus fragiles. Toujours selon l’AFP, « les habitants des régions de l’ouest ravagées par les pluies torrentielles au début du mois sont particulièrement mis en garde, eux qui s’escriment à tenter de nettoyer leurs maisons et alentour ».

207 DÉFENSEURS DES FORÊTS ASSASSINÉS EN 2017

Préserver les forêts des incendies et d’autres formes de destruction devrait être considéré comme un combat vital afin que les générations futures puissent encore vivre sur une terre hospitalière. Mais, outre les incendies, volontaires ou non, la course au profit passe de plus en plus  avec une course à la déforestation pour pratiquer des extractions minière ou développer des cultures de rente comme le soja et le palmier à huile. Ainsi, selon l’ONG britannique Global Witness, 207 personnes ont été tuées dans 22 pays du monde en 2017 pour s’être opposés à la déforestation. 60% de ces meurtres ont été commis en Amérique latine dont 57 recensés au Brésil. La Colombie en a compté 24 et le Nicaragua 4. En Asie, on a comptabilisé 48 meurtres aux Philippines, un pays exportateur d’huile de palme. En Afrique ce sont surtout les opposants au braconnage des gros animaux qui ont payé de leur vie leur engagement dans la défense de la biodiversité liée à la forêt.

Faut-il voir là les signes avant-coureurs d’un possible recul de civilisation ? Ne sommes nous pas à un  moment où les peuples ont intérêt à s’unir pour que la vie sur terre demeure possible et agréable, dans une société qui devra accepter un peu plus de frugalité ? La question mérite d’être posée quel que soit l’épilogue de l’affaire Benalla qui mobilise tellement nos grands médias.

 

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 05:48

Étudier à travers le livre de Jean A. Chérassece que furent les objectifs de la Commune nous conduit aussi à penser les changements à promouvoir dans le pays pour en finir avec ce capitalisme prédateur en ce XXIème siècle. Photo : AFP

En cette année 2018 qui nous fait commémorer le bicentenaire de la naissance de Karl Marx et les cinquante ans de la grève générale de 1968 en France, Jean A. Chérasse, cinéaste documentariste et agrégé d’histoire, vient de sortir un livre de plus de 500 pages qui raconte, jour à après jour, ce que fut la Commune de Paris du 18 mars au 28 mai 1871 (1).

« Née dans la fête, noyée dans le sang, la Commune de Paris a surgi telle une fleur du cerisier de Jean-Baptiste Clément, à la fin d’un hiver effroyable rendu difficilement supportable par les rigueurs d’un siège, mais elle reste, par sa fulgurance, une page extraordinaire de l’histoire de France », nous dit l’auteur dans son avant propos.

Alors que les manifestations du 1er mai vont mettre dans la rue des centaines de milliers de travailleurs et de retraités mécontents de la politique du président des très riches et de son gouvernement, un livre vient de sortir et nous informe de manière détaillée sur la Commune de Paris. A la lecture des documents d’époque publiés dans cet ouvrage, on est frappé par le niveau élevé des revendications, mais aussi par la pertinence des arguments mis en avant pour les défendre, sans oublier la beauté des textes avec une qualité d’écriture qui impressionne le lecteur près d’un siècle-et-demi plus tard. Les journaux des communards étaient vendus à la criée. Parmi eux, figurait le Cri du Peuple, dans lequel Jean-Baptiste Clément écrivait en ce dixième jour de la Commune pour évoquer la fuite de d’Adolphe Thiers à Versailles : 

« C’est le plus grand jour de la République (…) Ce matin, c’est l’heure de la fraternité, c’est l’apothéose de la grande République(…) Il n’y aura parmi nous ni vainqueurs ni vaincus, il n’y aura plus qu’un grand peuple confondu dans un même sentiment :celui d’une régénération ».

Le lendemain, Charles Beslay, élu du cinquième arrondissement et doyen des « Communeux », lui-même âgé de 76 ans, déclarait dans un discours consacré à la relance de l’économie dans la  capitale :

 « la commune que nous fondons sera la commune modèle. Qui dit travail dit ordre, économie, honnêteté, contrôle sévère et ce n’est pas  dans la Commune républicaine  que Paris trouvera des fraudes de 400 millions!».

« Ce que tentent nos héroïques camarades de Paris »

Evoquant les premiers pas de la Commune le 12 avril 1971, Karl Marx écrivat à son ami Kigelmann : 

« La révolution en France doit avant tout tenter non pas de faire passer la machine bureaucratique et militaire  en d’autres mains- ce qui s’est produit  toujours jusqu’à maintenant- mais la briser. Là est précisément la condition préalable de toute révolution vraiment populaire sur le continent. C’est aussi ce que tentent nos héroïques camarades à Paris».

Mais les versaillais préparent l’offensive militaire ce qui conduisent Pierre Denis à lancer cette mise en garde dans le Cri du Peuple dès le 23 avril :

« Le véritable danger n’est pas dans l’implacable ressentiment du gouvernement et de l’assemblée, ni dans l’armement qui se produit à Versailles. Le danger est ici, dans le Conseil communal, s’il ne sait pas, prendre les mesures de défense rapides, sûres, à la fois intelligentes, sages et fermes;  il est dans l’organisation même de la défense, et il est surtout dans les illusions que pourrait faire naître une fausse conciliation… ».

Au fil des pages de ce livre ont voit en effet monter la puissance militaire des Versaillais qui ont réussi à conserver des sites stratégiques comme le Mont Valérien sur les hauteurs de Suresnes, d’où il est possible de tirer au canon sur Paris. Progressivement, les troupes de Thiers investissent la banlieue ouest de Paris et les obus font de plus en plus de dégâts dans la capitale où des enfants d’une dizaine d’années vont, au risque de leur vie, récupérer des éclats d’obus dans les rues afin de récupérer quelques sous en les vendant à des marchands de ferraille.

A chaque fois qu’ils prennent de nouvelles positions, les Versaillais achèvent les blessés et même les infirmières présentes pour les soigner comme en  témoigne le commandant Noro dans un courrier au communard Charles Delescluze. Après la victoire des Versaillais, les massacres vont se poursuivre avec notamment 400 personnes fusillées à la prison de Mazas et 1907 exécutions à la Roquette en une seule journée.

Donner une place centrale à l’éducation de tous les enfants

La chute de la Commune de Paris fut donc particulièrement douloureuse. Toutefois, ce que l’on retient avant tout du livre de Jean A. c’est la qualité du projet politique des communards. Ils se battaient pour une société de justice et d’égalité, y compris entre les hommes et les femmes. Ils voulaient la bâtir dans le pays tout entier comme le montre un texte adressé  aux paysans. Ils considéraient qu’il fallait pour cela donner une place centrale à l’éducation de tous les enfants.

Alors que l’actuel président de la République et son gouvernement n’ont que la précarité du plus grand nombre à nous proposer comme projet afin de donner toujours plus aux «les premiers de cordées » tels que les voit Emmanuel Macron, étudier à travers ce livre ce que furent les objectifs de la Commune nous conduit aussi à penser les changements à promouvoir dans le pays pour en finir avec ce capitalisme prédateur en ce XXIème siècle qui, de surcroît  accélère le réchauffement  climatique.

(1) Les 72 immortelles, la fraternité sans rivages, une éphéméride des grand rêve fracassé des Communeux, de Jean A. Chérasse, dessins d’Eloi Valat ; les éditions du Croquant, 560 pages, 24€

 

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3 août 2018 5 03 /08 /août /2018 05:44

 

Alors que se sont tenues les assises communistes de l’écologie les 4 et 5 mai dernier, dans le cadre de la préparation du congrès extraordinaire du PCF, Hervé Bramy, membre du conseil national chargé de l’écologie, nous présente les enjeux de cette initiative et plus largement, sa réflexion à propos de la place de l’écologie dans le projet communiste.

 

 

Congrès extraordinaire, des assises communistes de l’écologie. De quoi s’agit-il au juste ?
Deux aspects justifient le choix d’organiser un congrès extraordinaire en novembre : la situation politique à l’issue du cycle électoral 2017 et le souhait d’approfondir des sujets jugés prioritaires par les adhérentes et les adhérents dont les enjeux environnementaux et écologiques. Une très forte demande s’est exprimée sur ces thèmes. La décision d’inscrire l’organisation d’assises communistes de l’écologie doit donc conforter la place majeure de cet enjeu dans la visée communiste du XXIe siècle. Ces assises seront articulées autour de trois séquences : un « grand débat » pour préciser et actualiser, si nécessaire, nos partis pris écologiques ; approfondir, sous la forme d’ateliers ouverts sur sept questions d’urgence, nos positionnements ; favoriser le déploiement « décomplexé » des communistes sur le terrain des luttes environnementales. Le lancement de la campagne nationale contre la privatisation des barrages hydrauliques et l’organisation d’une chaîne humaine sur le barrage du Sautet en Isère, le 8 avril dernier, en est un exemple concret.

« La lutte de classe frappe à la porte de l’écologie. »

 

Est-ce le signe d’une prise en compte nouvelle des questions écologiques par les communistes ?

Je ne dirais pas les choses ainsi. Lors des derniers congrès, nos textes d’orientation ont largement intégré cet enjeu, mais, aujourd’hui, les communistes aspirent à ce que l’écologie devienne un marqueur, à part entière, du projet communiste du XXIe siècle. De très nombreux adhérents et adhérentes se sont engagés de longue date sur le terrain environnemental, souvent avec d’autres, sans être forcément à l’initiative. Là où ils et elles vivent, là où ils et elles travaillent, au cours de leurs voyages, les communistes constatent les dégradations faites à la nature, à la planète et en perçoivent les conséquences : perte de biodiversité, changements climatiques, pollutions, obsolescence programmée, scandales alimentaires, accidents industriels, ainsi que leur incidence sur la santé humaine et la faiblesse des moyens pour la recherche… Les communistes sont comme tous les citoyens, ils et elles formulent leur crainte d’un monde de moins en moins vivable, si rien n’est fait du point de vue des transformations nécessaires de la société. C’est aussi un monde où chacun n’a pas les mêmes moyens de s’en sortir. Aux inégalités sociales s’ajoutent les inégalités environnementales. La lutte de classe frappe à la porte de l’écologie. Le système dominant est mis en cause. On peut dire que les communistes participent, à leur façon, de la conscience écologique mondiale.

 

Quel sens donnez-vous au mot écologie ? Est-ce une science ? Une doctrine politique ? Un champ de lutte ?

Les trois à la fois. L’écologie est une science, certes jeune, mais une science à part entière. Par exemple, dans le domaine de la biodiversité, les écologues (les chercheurs spécialistes de l’écologie) observent les êtres vivants et leurs écosystèmes, recensent les espèces et en découvrent de nouvelles (de l’ordre de 20 000 par an), lancent des alertes toujours plus pressantes et formulent des préconisations. Je pense également au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) au sein duquel des milliers de scientifiques collaborent. Nombre de scientifiques, de toutes disciplines, conviennent que nous sommes entrés dans une nouvelle époque, celle de l’anthropocène, c’est-à-dire celle « où l’homme est devenu une force telle qu’il modifie la planète » (Catherine Jeandel).

« La préservation du climat est la mère de toutes les batailles. »

Chacun pressent bien que l’avenir de l’humanité se joue, en très grande partie, sur le rapport activités humaines/nature. Par leur comportement court-termiste, le capitalisme et ses promoteurs exploitent et dégradent, dans un même mouvement, les conditions de vie des êtres humains et la nature. Depuis les années 1970, les citoyens ont investi le champ politique environnemental : création d’associations les plus diverses ou bien de formations politiques. Ces dernières satisfont, en priorité, les couches intermédiaires de la société. Depuis, les partis politiques « historiques » ont tous, peu ou prou, intégré cette problématique. De façon majeure à gauche – devenant ainsi un axe central de réflexion sur la société – mais également à droite, voire à l’extrême droite, de façon nettement moins structurante et plus éparpillée. Aujourd’hui, toutes les couches de la société, y compris les couches populaires, sont concernées par les périls que fait peser le capitalisme mondialisé et financiarisé. L’écologie politique a fait preuve de son utilité mais elle n’est l’apanage d’aucune formation en particulier. Pour ce qui nous concerne, nous prenons à cœur de combattre, avec la même force, les inégalités sociales et environnementales que subissent les familles des quartiers populaires. Dès lors, qui peut nier que l’écologie ne soit pas porteuse de sens politique ?
Face au mode d’exploitation libéral, l’écologie est devenue un terrain de luttes de classes considérable. Le mot d’ordre « agir local, penser global » concentre, à lui seul, toute l’étendue du défi à relever. C’est un combat de tous les instants pour que chacun d’entre nous accorde, le mieux possible, ses actes avec ses convictions. C’est surtout un combat collectif et de convergences solidaires afin d’imposer auprès des autorités les politiques publiques conformes aux préoccupations des peuples.

« Le climat est un commun au sens où cette ressource doit être gérée par la communauté humaine mondiale afin de pérenniser ses bienfaits pour le présent et le futur. »

Quel premier bilan tirez-vous de l’action de Nicolas Hulot au gouvernement ?

Ce qu’il pouvait redouter est en train de se produire. Son aura écologiste est malmenée et sans doute est-il pétri, dans son action quotidienne de ministre, de contradictions. Rester ou ne pas rester ? Telle est la question à laquelle il doit répondre en permanence car le bilan, au regard de ses convictions affichées, est faible. Comment peut-il en être autrement dans un gouvernement qui se dit, avant tout, pragmatique, ni de droite ni de gauche ? En réalité, il est de droite et de droite sous pression du Mouvement des entreprises de France (Medef) et des lobbies des grands groupes industriels et financiers. Le sentiment qui domine, c’est qu’il ne peut aller au bout de ses convictions, contraint à des reculs – comme pour les perturbateurs endocriniens, le glyphosate ou encore l’énergie… Jusqu’où peut-il aller sans manger totalement son chapeau au risque de nier ce qui a fait de lui un des hommes engagés le plus apprécié des citoyens ? Sa prise de position pour la réforme de la SNCF est en contradiction totale avec la lutte contre les dérèglements climatiques. Est-il seulement au gouvernement pour utiliser son prestige sur les sujets de l’écologie de proximité – questions qui font partie du champ d’action des communistes et de leurs élus – mais sans considérer les problèmes profonds ? Face à la technocratie libérale du gouvernement Macron, l’ambition des nécessaires réformes de progrès sociaux et écologiques n’a pas de place.

 

Comment analysez-vous la multiplication des zones à défendre (ZAD) ? Crise du modèle de développement ou crise démocratique ?

C’est peut-être aller un peu vite que de parler de multiplication des ZAD. Certes, c’est une des formes d’opposition nouvelles à des projets d’aménagement, qui se caractérise par l’occupation d’espaces qui leur sont dédiés. Ces opposants disent inventer des formes de vie alternatives au système. Les luttes des zadistes empruntent, il est vrai, des formes peu usuelles. Pour autant leurs motivations sont très diverses. Si je prends l’exemple de Notre-Dame-des-Landes, on peut effectivement considérer que leur lutte a contribué à l’abandon du projet. Cependant, on ne saurait leur attribuer la totalité de ce qu’ils considèrent comme une victoire. En tout état de cause, rien ne justifie leur évacuation par la force.
Alors crise de développement ? Crise d’un certain développement, c’est clair. À partir du moment où l’État a abandonné toute ambition d’être aménageur du territoire en laissant le marché et les grands groupes industriels et financiers agir à sa place, cela provoque des clashs. Il ne convient pas de décider d’en haut mais de faire partager, avec la population, les raisons et les buts d’un projet. Lorsque les intérêts privés s’en mêlent, tout prête à croire que les citoyens, les usagers et les contribuables seront les dindons de la farce. Le privé n’est pas philanthrope, malgré tous les efforts qu’il produit pour prouver sa bonne foi environnementale.

« L’heure est à bâtir un nouveau mode de développement, de production et de consommation, débarrassé des oripeaux du consumérisme, vanté par nos pervers et géniaux publicitaires, et du productivisme effréné qui nous conduit à l’abîme. »

Crise démocratique, c’est évident ! Réaliser des projets d’aménagement qui ne correspondent pas aux besoins avérés des populations est une gageure. C’est le cas en région parisienne avec le projet Europacity. Les populations directement concernées n’ont pas été associées. D’une manière générale, les procédures de consultation et de concertation sont devenues obsolètes. La codécision et la coconstruction sont complètement absentes. Or c’est cette voie qu’il faut favoriser. Pour cela, il est incontournable de revisiter l’ensemble des processus de décision et les procédures de réalisation.

 

Diriez-vous que le climat est un « commun » ?

La préservation du climat est la mère de toutes les batailles. Si, comme on le constate, la température de l’atmosphère continue de s’emballer, alors on peut craindre le pire pour l’humanité. Cet enjeu ne peut être laissé entre les mains des dirigeants de la planète, même de celles et de ceux les mieux intentionnés. La démonstration a été faite lors de la COP 21 à Paris. Les peuples doivent s’en mêler car c’est l’affaire de tous, du petit agriculteur des Andes comme du citoyen urbain en Europe… Le climat est un « commun » au sens où cette ressource doit être gérée par la communauté humaine mondiale afin de pérenniser ses bienfaits pour le présent et le futur. Les sociétés doivent se décarbonner, principalement leurs économies et leurs industries. Cela veut dire réduire de façon conséquente, et le plus rapidement possible, toutes les énergies carbonées (gaz, charbon, pétrole) et organiser des mix énergétiques composés de ressources les moins productrices de gaz à effet de serre. Développer également le rail au détriment du camion ou du bus, rénover thermiquement les logements, penser un mode agricole économe en intrants chimiques… tout cela peut prendre du temps. C’est pourquoi il n’y a plus de temps à perdre pour décider en relation permanente avec les citoyens.

 

Comment relever les défis écologiques dans un monde dominé par le capitalisme financier et rythmé par la recherche de rentabilité immédiate ?

Le droit au développement reste une exigence moderne. Toutefois, celui-ci doit s’envisager avec la contrainte des limites de la planète et surtout accorder la priorité à l’humain. Face à sa propre crise, le capitalisme vend au peuple son système économique dit « vert ». Or les tenants du libéralisme, en récupérant le concept de développement durable, sont à mille lieues des urgences humaines, sociales et environnementales. En aucun cas, le profit ne peut être le but à atteindre. Aux critères du CAC 40 nous préférons nous doter d’indices de développement humains (IDH) qui mesurent le niveau de santé, d’éducation et de culture, bref le bien-être des femmes, des hommes et des enfants. L’heure est à bâtir un nouveau mode de développement, de production et de consommation, débarrassé des oripeaux du consumérisme, vanté par nos pervers et géniaux publicitaires, et du productivisme effréné qui nous conduit à l’abîme. C’est pourquoi nous faisons nôtre le concept de « développement humain durable ». C’est ce qu’il faut construire, au jour le jour, dans les consciences, dans les luttes et les rassemblements, jusqu’à rendre incompatibles les logiques libérales et financières et ainsi imposer d’autres modes de vie respectueux des êtres humains et de la planète.

• Cause commune n° 5 - mai/juin 2018

 

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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 00:12

 

Le retour de l'été ramène les plages et l'état des océans dans l'actualité. Le système actuel conduit à des modes de vie qui agressent gravement la biodiversité des océans. Ces phénomènes sont accentués par la mondialisation du commerce maritime et son augmentation du fait des grands groupes sous contraintes financières. Ainsi les barrières de corail sont fragilisées par le réchauffement climatique mais au cœur des océans, ce sont des tonnes de déchets. 7 millions de tonnes de détritus sont jetés chaque année dans les mers. 5.000 milliards de morceaux de plastiques flottent dans les eaux du globe.
Le flottage provoque la confusion entre un sac et une méduse : tortues, oiseaux, poissons croient s'en nourrir. Fragmentés par les vagues, les plastiques sont ingérés par les poissons puis retrouvent la chaîne alimentaire des humains avec des conséquences sur leur santé que l'on commence à appréhender.

Il n'est plus tolérable de continuer ainsi.

Les mesurettes prises, ici ou là, ne sont pas à la dimension du problème : incitations individuelles à la "vertu" et poubelles sur les ports ne suffisent pas. La "libre concurrence" est nocive pour la planète. Les autorités maritimes internationales et les États doivent réagir et vite.

Le PCF agit en ce sens et propose notamment des mesures concertées et vérifiables :

  • Interdiction de la décharge de déchets en remblais sur le trait de côte
  • Accélérer la dépollution des fleuves côtiers et des égouts des grandes villes côtières (avec aide aux pays pauvres)
  • Contrôler les produits embarqués et les déchets ramenés à terre
  • Bannir les plastiques pour les emballages embarqués
  • Surveiller les rejets de déchets en mer comme cela se pratique pour les déballastages et dégazages sauvages
  • Contrôler et réglementer la grande pêche hauturière et le chalutage. Modifier la nature des filets de pêche pour les rendre dégradables et éviter qu'ils ne se transforment en pièges redoutables ..…


Parti communiste français

 

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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 00:10

 

Les congés payés, ça vous plait ? La retraite par répartition, ça vous convient ? Les services publics de l’enseignement, des transports, de la santé, de l’énergie vous en priveriez-vous sans piper mot ? La société solidaire à la française construite au lendemain de la Seconde guerre mondiale, si elle devait être cassée, reléguée aux oubliettes au nom de la «  modernisation » et des changements « nécessaires » pour relever « le défi de la concurrence » serait-ce en fin de compte pas trop grave ?

Si vous pensez que ce « pognon dingue », selon la formule de sa majesté Macron 1er, mérite d’aller vers les actionnaires et non pour ceux qui en ont le plus besoin, passez votre chemin. Je ne vous convaincrai pas. Mais si vous hésitez et demandez à voir et à comprendre, prenez le temps de lire ces quelques mots. C’est une histoire nord-américaine. Elle nous pend au nez.

47 millions de citoyens au pays roi de la liberté d’entreprendre n’ont pas accès aux soins médicaux faute d’être détenteurs d’une assurance maladie. On peut crever en silence sauf parfois dans certains États ou la santé est une loterie. Formidable chance. Vous avez bien lu : une loterie dont dépendra le sort des malades !

Qui pourra être enfin traité d’un diabète, d’un problème cardiaque, de financer une chimiothérapie ? Si vous avez pioché le bon numéro, vous pourrez franchir les portes de l’hôpital, sinon vous reviendrez la semaine prochaine. Ce système de loteries pour malades en désespérance ne date pas d’hier aux États-Unis. En 2009 déjà, des reportages avaient été réalisés dans L’État de Virginie. Dans plusieurs autres villes le système a été repris « incapables que nous sommes, nous les bénévoles d’accueillir tout le monde », soupire un toubib volontaire.

En matière de santé, la première puissance mondiale se place en dernière position des pays développés et même derrière Cuba. Le mode de vie (l’obésité et les drogues) n’explique pas tout. Le système reposant pour l’essentiel sur le secteur privé, assureurs et géants pharmaceutiques enregistrent d’énormes profits alors que l’absence de couverture universelle contraint des millions de nord-américains à ne pas se soigner. La réforme Obama avait permis de réduire le pourcentage des non-assurés, il est reparti à la hausse depuis l’élection de Trump.

Faites votre choix. Conserver la sécurité sociale à la française créée par le ministre communiste Ambroise Croizat et non par un haut fonctionnaire du nom de Laroque (comme si la loi Veil était l’œuvre de son directeur de cabinet) en la modernisant et non en la rabotant. Ou s’engouffrer dans la spirale des assurances privées et autres officines d’argent à la sauce yankee.

Faites vite votre choix car Macron et ses boys se feraient bien un nouveau petit plaisir.

José Fort (chronique dans «  La Marseillaise »)

 

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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 00:09

 

Comptes en suisse et sociétés au Panama… la liste Falciani a démonté l’écheveau. Fin de partie et des conseils entre amis pour un redressement de 8,2 millions d’euros.

L’homme est soulagé à la fin du procès Ricci. Relaxé, il échappe à la condamnation pour complicité de fraude fiscale à laquelle aurait pu le conduire son bon cœur. ­Bertrand-Charles Leary voulait rendre service à une dame pour laquelle il avait éprouvé de doux sentiments. Le PDG du troisième groupe meunier français, Les Grands Moulins de Strasbourg, également propriétaire de malteries, croyait avoir soldé ses comptes avec la justice après le redressement de 8,2 millions d’euros que Bercy lui avait infligé. Une paille alors qu’il avait mis à l’ombre 88 millions d’euros chez HSBC, selon le Monde.

Comme nombre de fortunés bien installés, ­Bertrand-Charles Leary était devenu un spécialiste des circuits longs, des parcours tortueux où on perd la trace des pactoles. L’un de ses terrains de jeu favoris était le Panama, trou noir de l’évitement fiscal. Il y avait créé de multiples sociétés dans les années 1990-2000 : Karsis Industries, Challow, Nestor Investment… Au charme des Caraïbes, s’ajoutaient une quinzaine de comptes numérotés en Suisse, un pays sérieux. Il était même devenu un honorable correspondant de HSBC, administrateur en France de HSBC Private Bank et savait dispenser des conseils avisés aux amis. Dans la malheureuse affaire Ricci, il s’était ainsi rendu deux fois à Genève pour suivre l’état de ses comptes et surveiller ceux de son amie Arlette Ricci. Une manière de mandataire ­expert, désigné sous le pseudonyme de Nestor… La traditionnelle discrétion helvétique avait fait un émule.

UNE EXISTENCE SCANDÉE PAR LES RACHATS DE MOULINS EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE

Tout aurait pu suivre son cours, une vie d’honorabilité et de compétences, une existence scandée par les rachats de moulins un peu partout en France et en Allemagne, par des négociations serrées avec la grande distribution pour mettre en avant ses marques – Gruau d’Or, le Pain Boulanger, Toonuts – ou les plans stratégiques pour placer sa farine aux boulangers désireux de cuire les fameuses Banette Tradition. Bien vu, fort connu, pas pris.

Et voilà qu’une liste a gâché la trajectoire. En 2009, le ministre français de l’Économie annonce qu’il dispose d’une liste de 3 000 Français titulaires de comptes en Suisse pour un montant total de quelque 3 milliards d’euros. Claquements de dents sur les cuillères en argent. L’inquiétude gagne les fortunes. Puis, tout s’emballe autour d’un personnage, Hervé Falciani. Chargé de réorganiser la base de données de la filiale suisse de HSBC, il a, deux ans durant, recueilli les preuves de fraude fiscale potentielle d’un système qui, dira-t-il plus tard, constitue « une violation systématique des droits fondamentaux des citoyens par le retranchement de fonds qui devraient être affectés à l’intérêt général ». La justice suisse, alertée, ne veut rien voir, ni rien entendre, et lance même un mandat d’arrêt international contre lui, demandant à la France une perquisition chez ses parents à Castellar (Alpes-­Maritimes) et la saisie de son ordinateur portable.

Las, le procureur de Nice, Éric de Montgolfier, ouvre sa propre enquête. Hervé Falciani est traqué, puis reçoit une protection financée par l’ONU. Le personnage a des zones d’ombre, mais il a ouvert une boîte de Pandore d’où surgiront les SwissLeaks : 187 000 comptes bancaires de 79 000 personnes de 180 nationalités, dont 8 231 Français. Le secret bancaire suisse résiste plus difficilement…

Bertrand-Charles Leary choisit alors de négocier le redressement. Il invoque l’histoire familiale tourmentée, la confiscation de l’entreprise par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Sans doute utilise-t-il désormais de plus légales stratégies d’évitement fiscal. Nestor a vécu...

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Le guide touristique de la fraude

La City de Londres

Chapeau melon et parapluies... L’uniforme de la célèbre place financière anglaise dissimule la plus gigantesque toile d’araignée de l’évasion fiscale. Sur les bords, les minuscules territoires d’outre-mer restant de l’empire et qui accueillent les évadés : 110 000 comptes rien qu’aux Îles Vierges. En intermédiaires, une galaxie de firmes spécialisées dans la fiscalité (optimisée) et la comptabilité (arrangée). Les fonds déménagent, mais reviennent aussi, notamment sous la couverture d’actifs britanniques qui prospèrent dans le très spéculatif marché londonien de l’immobilier. De luxueuses propriétés s’achètent via des sociétés offshore. Le président des Émirats arabes unis s’est fait pincer dans l’un de ces montages. Les raisons de l’établissement à Londres de 40 % des sièges sociaux des 250 premières multinationales se comprennent mieux. La City est le carrefour de l’argent, sa lessiveuse mondiale. Le Brexit l’inquiète et la rassure à la fois. En s’allégeant des contraintes et des régulations fiscales communautaires, elle pourrait accentuer son rôle d’aspirateur des flux financiers gris. D’autres parient sur un affaiblissement : Paris convoite une part du marché et promet à ceux qui rejoindraient la France... des allégements fiscaux.

 

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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 00:07

 

Ahed Tamimi a recouvré aujourd’hui la liberté, après huit mois de détention aux mains des autorités israéliennes. C’est également le cas de sa mère Narimane. Alors âgée de 16 ans, Ahed Tamimi s’était opposée, sans arme, à l’intrusion de soldats israéliens dans sa maison alors que, le jour même, son cousin avait été défiguré par une balle caoutchouc tirée par les forces d’occupation.

Arrêtée par la suite ainsi que sa mère et sa cousine, Ahed Tamimi avait été contrainte de plaider coupable devant un tribunal militaire israélien.

A l’occasion de leur libération, le MJCF exprime sa joie pour Ahed et Narrimane Tamimi et toute leur famille, ainsi que pour la communauté de Nabi Saleh, qui retrouve deux grandes combattantes pour la cause de la liberté et des droits nationaux du peuple palestinien.

La détention injuste d’Ahed Tamimi a exposé une nouvelle fois aux yeux du monde la cruauté de l’occupation israélienne, qui n’hésite pas à enfermer des centaines de mineurs pour désarticuler la société palestinienne et asseoir sa domination. Au cours de son emprisonnement, Ahed Tamimi a été soumise à des mauvais traitements, interrogée en l’absence de son avocat et a dénoncé la “conduit inappropriée” d’un soldat israélien.

Ce cas emblématique n’est pas isolé. Il illustre une réalité qui touche aujourd’hui 350 enfants palestiniens, privés de leur liberté et de leurs droits fondamentaux. Une véritable politique d’Etat récemment dénoncée par le Haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Zeid Ra’ad Al Hussein, qui a rappelé qu’il “devrait être absolument clair que le droit international ne permet la détention d’enfants qu’en dernier ressort”.

Face à ces violations graves et répétées des droits humains, les gouvernements du monde – et plus particulièrement celui de la France – ne peuvent rester passifs, ne peuvent poursuivre leur complicité avec la politique criminelle d’Israël, pilier fondamental de son impunité.

Le MJCF demande de ce fait au gouvernement français d’agir pour prendre des sanctions politiques, diplomatiques et économiques à l’encontre de l’Etat d’Israël et de les maintenir jusqu’à ce que ce dernier respecte ses obligations internationales.

Parmi celles-ci, nous soulignons l’exigence de mettre fin à la détention de mineurs ainsi qu’au régime arbitraire de la détention administrative, auquel est actuellement soumis notre compatriote Salah Hamouri.

 

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2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 00:05

L’imposture macronienne

Voilà bien une enquête d’opinion qui a de quoi faire peur. Il paraît que 36 % des Français estiment que d’autres systèmes « peuvent être aussi bons que la démocratie ». Laquelle ne serait donc plus « le pire des systèmes à l’exception de tous les autres », selon la célèbre formule de Churchill. Et cette conviction atteint même 46 % chez les jeunes (1). On a évidemment envie de poser la question que les politologues n’ont pas osé poser : mais quel autre système ? Les choix que nous suggère l’histoire ne sont pas de nature à nous rassurer. La monarchie ? Les mauvaises langues diront qu’avec la prestation versaillaise d’Emmanuel Macron, lundi 9 juillet devant le Congrès, nous y sommes presque. Ou alors quoi ? Une variante d’un système autoritaire prétendant vouloir le bien du peuple ? Le sondage ne le dit pas. En vérité, la réponse est sans doute plus simple qu’on le pense. Elle est même dans la question.

Cet autre système dont rêve près de la moitié de notre jeunesse, c’est peut-être tout simplement la démocratie, mais la vraie, fort éloignée de la pâle copie que nous connaissons aujourd’hui. Les deux politologues de renom qui ont piloté l’enquête nous mettent d’ailleurs sur la voie car, nous disent-ils, les pauvres et les ouvriers sont les catégories les plus critiques du système actuel. Fines mouches, ils finissent par découvrir la lune : « La dimension sociale,concluent-ilsest consubstantielle à la démocratie. » L’un des commanditaires de l’étude étant le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, il aurait pu citer son auteur de référence : « Notre actiondisait Jaurès, est de compléter la démocratie politique par la démocratie sociale. »

Autant dire que nous allons aujourd’hui à rebours de cet objectif. Comment ne pas perdre foi en la démocratie, quand l’image que nous en avons est celle que nous propose Emmanuel Macron dans son discours devant les parlementaires à Versailles ? Tout sonnait faux. Les mots paraissaient piégés. Quel est donc cet« État-providence du XXIe siècle » qui surgit de nulle part, alors que tous les acquis sociaux sont malmenés ? À quoi peut bien ressembler cette « politique sociale d’émancipation » dont soudain il a été question, sinon au fameux « aide-toi, le ciel t’aidera » de la fable ? C’est-à-dire la négation des valeurs collectives qui ont fondé la démocratie sociale de l’après-guerre. Et lorsque le président de la République nous dit qu’il déteste « les rentes et les privilèges », on le soupçonne fortement de penser aux allocations chômage et aux minima sociaux…

Le discours de Macron, c’est « lâchez la proie pour l’ombre ! ». Le Président nous dit qu’il ne veut plus aider les pauvres « à mieux vivre », mais à « les sortir de la pauvreté ». Il ne se satisfait pas de « lutter contre les inégalités sociales », il se propose de combattre « les inégalités de destin ». Vaste ambition ! Ce n’est plus Macron, c’est Che Guevara ! Las, en attendant cette acmé révolutionnaire, il liquide méthodiquement tout ce qui peut aider les pauvres à mieux vivre ici et maintenant. Et avant de transformer les destins, il creuse les inégalités. Cela ressemble à une pensée téléologique, mais ce n’est qu’une imposture.

En fait, il faudrait interdire à Emmanuel Macron de prononcer le mot « social ». Chaque fois qu’il en fait usage, c’est aux dépens des pauvres ou des salariés. À tel point qu’on se demande si son « plan pauvreté », il faut l’espérer ou le redouter. Beaucoup de commentateurs, et ses « marcheurs » les plus ardents, l’aident à nous égarer quand ils nous promettent un « tournant social » pour la rentrée. Les engagements budgétaires pris à Bruxelles permettent d’autant moins d’y croire que les cadeaux fiscaux faits aux riches ont déjà mis la France en difficulté au regard de l’épure européenne. Quant à l’idée que la deuxième partie du quinquennat serait pour les classes moyennes ou inférieures, on nous l’a déjà servie. C’était, souvenez-vous, Pierre Moscovici, ministre de l’Économie de François Hollande… Mais, surtout, cette vision naïve d’un rééquilibrage social résulte d’une sous-estimation de ce qui se joue actuellement. Emmanuel Macron ne prend pas seulement des décisions qui profitent aux riches, et qui pourraient un jour être compensées par des mesures « de gauche » ; il attaque des structures qu’il détruit de façon irréversible.

Cet homme est habité par une philosophie libérale finalement assez bas de gamme. Il l’a résumée devant le Congrès : « Pour partager le gâteau, il faut un gâteau. » Dans l’enquête d’opinion déjà évoquée, les Français ont une vision nettement moins libérale de la répartition des richesses. Pour 62 % d’entre eux,« il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres ». Sans doute ont-ils l’impression, en regardant l’explosion des profits du CAC 40, et le hit-parade des plus grosses fortunes, que « le gâteau » existe, et qu’il est déjà bien écœurant.

Comment s’étonner qu’après un tel discours les perdants du système se prennent à douter de la démocratie ?

(1) Enquête annuelle sur les « fractures françaises », Ipsos, Fondation Jean-Jaurès, Sciences Po. Voir Le Monde daté du 10 juillet.

Denis Sieffert (Journal Politis)

 

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1 août 2018 3 01 /08 /août /2018 05:31

C'est André Chassaigne (député Communiste), président du groupe parlementaire GDR qui a présenté la motion de censure commune des trois groupes GDR, LFI et NG. 

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