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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 17:22
Le 9 octobre, mobilisé.e.s contre la politique de Macron pour de nouvelles conquêtes sociales !

Le 9 octobre.... Ensemble faisons raisonner nos voix pour que cesse cette politique et sélection et de casse des droits sociaux au travail et des services publics !
Rdv à 10h30 devant la mairie de Morlaix !

Appel CGT, FO, FSU, SUD-Solidaires

 

Le 9 octobre, mobilisé.e.s contre la politique de Macron

pour de nouvelles conquêtes sociales !

 

 

La situation sociale de notre pays est très alarmante : poursuite de la casse industrielle, privatisations à tout va pour des intérêts financiers, dégradation considérable de la situation des retraité.e.s, casse du service public, chômage et précarité en hausse, attaques sur le logement social, protection sociale mise à mal, blocage des salaires, etc.

 

Au même moment tout va bien pour les actionnaires qui ont touché 57 milliards de dividendes en 2017 et 46 milliards pour les seuls premiers mois de 2018.

 

Oui, Macron est bien le « Président des riches » et des patrons !

 

Selon des sondages : 68 % des Français pensent que Macron mène une mauvaise politique économique.

 

Face à cette situation l’heure est à la défense des fondements de notre modèle social

et à la conquête de nouveaux droits.

 

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires considèrent que la situation n’est pas inéluctable et que d’autres choix sont possibles. Il faut passer du rejet de cette politique à une mobilisation pour construire une société plus juste.

 

Ensemble, nous voulons nous battre :

 

  • pour une augmentation des salaires et des pensions,
  • pour une protection sociale et des retraites dignes de notre siècle,
  • pour une autre répartition des richesses au service de toutes et tous et pas d’une minorité,
  • pour des créations d’emplois partout dans le privé et dans le public,
  • pour une réduction du temps de travail,
  • pour des conditions de travail respectueuses des femmes et des hommes.

 

 

C’est pourquoi, les organisations signataires appellent à faire du 9 octobre prochain une journée de grèves, de mobilisation et de manifestations.

 

Mardi 9 octobre grèves, manifestations dans le Finistère

 

 

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 17:04
Salah Hamouri: l'avocat franco-palestinien enfin libre après 403 jours de prison sans motif d'arrestation connu?
Salah Hamouri: l'avocat franco-palestinien enfin libre après 403 jours de prison sans motif d'arrestation connu?

Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF)
Notre ami et camarade Salah Hamouri enfin libre ! Après 403 jours sans raisons passés dans les geôles israéliennes, Salah a été libéré ce matin ! C'est avec une grande joie que nous accueillons sa libération !

 

RFI, avec l'AFP

L’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, 33 ans, a été libéré de prison dimanche après plus d'un an de détention administrative en Israël. Il lui est interdit de célébrer sa libération et de participer à des activités militantes pendant 30 jours. Il a rejoint le domicile familial à Jérusalem-Est.

Dans leur maison située dans un faubourg de Jérusalem-Est, les parents de Salah Hamouri, ont mis de la musique en fond sonore, même si l’avocat franco-palestinien a interdiction de fêter sa libération. Après 13 mois de prison, il fait son retour sous des cris de surprise, rapporte notre correspondante à Jérusalem, Marine Vlahovic.

Soupçonné de conduire des « activités illégales » en Cisjordanie et à Jérusalem et placé en détention administrative, c’est à dire sans inculpation, ni vrai procès, le trentenaire dénonce une arrestation arbitraire.

« Il n’y a rien qui explique pourquoi ils sont venus. Ils n’y a aucune charge. Rien. »

Désormais libre, Salah Hamouri a un objectif : retrouver sa femme française et son fils, qui sont interdits de territoire par Israël depuis bientôt deux ans.

 

« Le retour de ma femme et de mon enfant, c’est un deuxième combat pour moi, parce que je sais bien que le seul but pour les Israéliens c’est de se débarrasser de moi. Ils veulent m’obliger à sortir du pays. Ça je ne veux pas, c’est une décision définitive pour moi. Moi je reste là. Ils me manquent beaucoup, mais malgré cela, le moral ça va. Et j’espère que pour le reste des prisonniers, ils vont sortir au plus vite. »

Selon des organisations de défense des droits des prisonniers, 450 palestiniens sont incarcérés en Israël sous le régime de la détention administrative.

Emprisonné à plusieurs reprises

Salah Hamouri avait été arrêté à Jérusalem le 23 août 2017 et maintenu en détention administrative. L’avocat a passé la quasi-totalité de sa détention dans une prison du Néguev dans le sud d'Israël.

« La liberté est un sentiment indescriptible », a confié Salah Hamouri après sa libération, affirmant son innocence et regrettant que la France n'ait pas « fait assez pour obtenir sa libération ».

Le président français Emmanuel Macron avait évoqué à plusieurs reprises le cas de Salah Hamouri avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, selon le Quai d'Orsay.

Les accusations portées contre Salah Hamouri sont restées confidentielles comme c'est généralement le cas pour les détentions administratives. Le service de sécurité intérieure, le Shin Beth, n'a pas encore réagi aux raisons de sa détention.

L'avocat de Salah Hamouri, Me Mahmoud Hassan, a indiqué que son client avait notamment dû payer une caution de 3 000 shekels (709 euros) lors de sa libération.

Né à Jérusalem de mère française et de père palestinien, Salah Hamouri a déjà été emprisonné à plusieurs reprises, dont une longue incarcération entre 2005 et 2011. Il avait été libéré en décembre 2011 dans le cadre d'un échange de prisonniers et avait toujours clamé son innocence.

 

Salah Hamouri: l'avocat franco-palestinien enfin libre après 403 jours de prison sans motif d'arrestation connu?
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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 06:31
Notre parti doit redevenir celui de tous les exploités et dominés - Pierre Laurent, entretien à L'Humanité, jeudi 27 septembre
Entretien avec Pierre Laurent. 

Réalisé par Julia Hamlaoui et Maud Vergnol

L'Humanité, jeudi 27 septembre 2018

Politique de Macron, ubérisation et exploitation, élections à venir, communisme du XXIe siècle, congrès du PCF. En pleine offensive macroniste et à sept mois des prochaines élections européennes, le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, s'explique sur les enjeux du congrès du PCF qui aura lieu du 23 au 25 novembre. 

 

Après avoir frappé vite et fort pendant la première année du quinquennat, le pouvoir macroniste montre des signes de faiblesses. Le rapport de forces politique s’annonce-t-il plus favorable pour contrer les coups, notamment sur la réforme des retraites à venir ?

Pierre Laurent : Oui, le pouvoir est fragilisé, bien qu’il soit toujours aussi arrogant. Il perd peu à peu son soutien populaire. Les Français comprennent qu’avec Macron, ce sont toujours les dividendes qui gagnent, jamais les salaires, jamais les services publics, et que dans leur ‘immense majorité ils seront toujours les perdants de cette politique. Les luttes peuvent s’intensifier. Pour qu’elles se renforcent  et remportent des victoires, nous allons travailler à faire grandir des solutions progressistes dans ces luttes. Pour les retraites par exemple, qui vont être une bataille majeure, nous démontrerons  que les richesses existent pour permettre à chacun d’accéder à 60 ans à une retraite digne. Qui sait que les revenus financiers des entreprises et des banques,  342 milliards d’euros en 2017,  ne paient aucun euro au financement de la protection sociale ? Qui sait que si on appliquait réellement l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, on résoudrait durablement le problème du financement des retraites pour les décennies à venir ?

 

Les  élections européennes, premier scrutin depuis la présidentielle, seront décisives face à la poussée de  l’extrême droite. Comment le PCF aborde cette échéance ? 

Nous refusons le piège dans lequel on veut nous enfermer: ou Macron, ou Le Pen. Macron, c’est l’homme des politiques européennes actuelles: la mise en concurrence des travailleurs qui tirent sans cesse les conditions sociales vers le bas pour servir les appétits de profits des grands groupes, avec déréglementation et privatisation à la clé. Ces politiques provoquent un rejet de l’idée européenne que les extrêmes- droite essayent d’exploiter. Mais Orban et Salvini,  ce n’est pas la sortie du libéralisme ! C’est le libéralisme sans la démocratie avec plus de guerres entre les peuples: ce qu’ils appellent eux même l’ « illibéralisme ». Nous combattrons les uns comme les autres. Nous mènerons campagne contre les logiques de dumping social au cœur des traités européens. Macron ne  subit pas ces politiques, il est, comme ses prédécesseurs, un des décisionnaires. Et, là encore, nous proposerons des solutions. A la Fête de l’Humanité, j’ ai annoncé la tenue  début 2019 d’ Etats généraux du progrès social et écologique en Europe. Nous ne laisserons pas tuer l’idée de la coopération et du progrès partagé, car c’est l’avenir pour les peuples et la planète. Nous voulons élire le maximum  de députés qui se battent sur ces bases, et pour cela  unir les gauches européennes au Parlement européen.

 

Ces Etats généraux s’adressent-ils aussi à la gauche française ?

Pierre Laurent : Nous sommes entrés dans cette campagne en désignant un chef de file communiste, Ian Brossat, avec la volonté de faire gagner des idées qui desserrent l’étau dans lequel Macron veut nous enfermer.  Nous mènerons cette campagne en tendant la main à toutes les forces de gauche qui veulent construire avec nous ces solutions en France comme en Europe. Donc oui, les Etats généraux seront ouverts à toutes les forces de la gauche française.

 

Le PCF tient son congrès extraordinaire dans moins de deux mois, après une séquence électorale qui a balayé une grande partie du paysage politique. Dans un tel contexte, quel est l’état de vos forces  et quelle est l’ambition générale de ce congrès ?

 

Pierre Laurent  : Les forces militantes du PCF sont intactes. Elles ont traversé la tempête politique de 2017 et fait la démonstration dans l’année écoulée de leur capacité à être présentes dans toutes les mobilisations sociales. Le succès exceptionnel de la fête de l’Humanité est aussi le résultat de cette énergie militante. Mais l’enjeu de notre congrès n’est pas de préserver cette force, c’est de la remettre à l’offensive dans la nouvelle période politique. Nous voulons remettre à plat toutes les conditions de notre bataille, pour nous redonner un cap clair et durable. Le congrès doit avancer dans trois directions. D’abord celui d’une initiative communiste renouvelée, avec de la confiance dans nos idées. Nous savons souvent anticipé sur le diagnostic des crises capitalistes, mais nous devons mieux travailler avec la société pour construire des solutions de progrès social et écologique. Ensuite, notre stratégie n’a de valeur que si elle allie l’initiative communiste à une grande capacité de rassemblement, l’œil rivé sur le mouvement du peuple lui-même. Enfin, nous devons faire preuve de novation et d’audace car il y a des  défis nouveaux  qui prennent une ampleur considérable: l’écologie, la révolution numérique, les migrations, la libération mondiale des femmes. Nous avons besoin de transformations de la pensée et de l’activité des communistes. Certains camarades privilégient plutôt un de ces aspects sur l’autre. Pour ma part, je pense que nous retrouverons une place majeure dans la vie politique nationale qu’en étant capable d’articuler ces trois dimensions.

 

« Communisme de nouvelle génération », « communisme du XXIe siècle », « écommunisme »…de nombreuses formules ont cherché ces derniers temps à redéfinir le projet communiste….En quoi « le communisme est la question du 21 è siècle », comme vous l’affirmez ?

 Pierre Laurent : Il y a effectivement beaucoup d’effervescence et d’idées autour de cette question du communisme, et c’est d’ailleurs nouveau que notre congrès y consacre autant de temps. On observe aussi que le retour de Marx, des idées de mise en commun, n’ont jamais été autant d’actualité dans la société et une partie de la jeunesse. Pour ma part, j’affirme que le XXIe siècle posera la question d’un nécessaire dépassement du système actuel. Le capitalisme se montre aujourd’hui incapable de répondre aux grands défis de l’humanité. Ce système ne tombera pas comme un fruit mur, il peut perdurer en  générant plus de chaos, d’ inégalités, d’inhumanités. Il peut même entraîner la planète à la catastrophe écologique. C’est pourquoi des millions de gens se poseront la question d’inventer un autre mode de développement. Nous sommes dans ce moment historique où les anticipations de Marx sur le dépassement du système capitaliste trouvent une actualité toute particulière. Etre capable de dire ce que nous entendons par communisme dans ce moment historique, et que peut-être d’autres appellent autrement, peut permettre de créer des convergences et des rapports de forces capables de  changer progressivement le cours du monde.

 

Explosion du salariat, ubérisation, chômage de masse, précariat… La « classe ouvrière » ne semble plus être un concept opérant pour penser et organiser la lutte des classes.  Comment le PCF compte faire évoluer son logiciel idéologique ? 

Pierre Laurent : La lutte de classes n’a jamais été aussi vive. La concentration extrême du capital, permise conjointement par la mondialisation du capital et la main mise sur  la révolution numérique, conduit à l’exploitation concurrentielle de tous les travailleurs du monde. Les  exploités sont sans cesse plus nombreux et plus divers , ce sont les ouvriers, mais aussi quantité de travailleurs des services, des travailleurs intellectuels. Pour asseoir leur domination, les capitalistes jouent à fond des divisions entre les travailleurs. Le Parti communiste doit mettre au cœur de son projet la reconstruction de l’unité politique du salariat, de la conscience des conditions d’exploitation et de l’indispensable dimension internationaliste de ce combat. Si nous voulons, par exemple,  faire de la révolution numérique un objet d’émancipation et non un objet de domination piloté par les Gafam, il faudra faire travailler ensemble des scientifiques, des créateurs de start up, des ouvriers, des techniciens,des ubérisés, des salariés et des citoyens utilisateurs, pour produire des idées nouvelles sur l’utilisation de ces technologies. J’ajoute que les luttes contre les dominations étendent sans cesse leur champ d’action, écologie, féminisme, marchandisation du vivant… Nous ne sommes plus seulement le parti de la classe ouvrière mais le parti de tous les exploités et de tous les dominés en France, en Europe et dans le monde.

 

Les enjeux de ce congrès suscitent de nombreux débats internes,  portant notamment sur  la stratégie. La séquence électorale de 2017 cristallise beaucoup de mécontentements. Quels enseignements en tirez-vous ?

Pierre Laurent : Depuis la présidentielle de 2017, la crainte existe d’un effacement du PCF et cela soulève un débat sur la conduite de notre stratégie de rassemblement. Prenons cette question, puisqu’elle fait débat. D’abord, ne sous-estimons pas le combat de  nos adversaires pour  organiser notre effacement. Université d’été, Fête de l’Humanité, journées parlementaires… ces trois événements de nature différente mais tous réussis subissent le même traitement: ils sont  passés sous silence par les décideurs du monde politique et médiatique. Nous devons riposter unis à ce déni de démocratie. Ensuite, il y a ce qui tient à nos propres responsabilités. Nous avons construit le Front de gauche parce que nous avions compris après 2005 qu’une nouvelle gauche à vocation majoritaire devait naître. La faillite du quinquennat Hollande nous a donné raison. Notre ambition était et reste une gauche nouvelle qui construit son combat sur les questions sociales et écologiques dans un affrontement déterminé avec les logiques du capital. Le Front de gauche a ouvert une voie et sans cela  nous serions peut-être dans la situation de l’Italie. Mais c’est vrai aussi que l’idée dégagiste a été plus forte pour le moment que l’idée de la reconstruction d’un projet unitaire de changement. Or le dégagisme n’est pas un ciment d’espoir surtout quand cette idée est aussi utilisée par Macron et Le Pen. C’est vrai que cela doit nous conduire à mieux lier le contenu  de l’initiative communiste à  la construction de fronts d’unité populaire, sans lâcher ni l’un ni l’autre.  Ce débat stratégique est sain et nécessaire.

 

Plusieurs dirigeants communistes rappellent depuis quelques semaines « l’esprit unitaire » de vos adhérents. Craignez-vous des divisions? 

Pierre Laurent : Les communistes sont intelligents, ils comprennent parfaitement que dans cette situation se diviser serait impardonnable. Aboutir à des choix clairs en préservant notre unité, c’est l’exigence majeure qu’ont exprimé les communistes lors de la consultation préparatoire à notre congrès. Le conseil national de notre parti a souhaité pour cela une base commune ouverte, non pas pour arriver au congrès avec des choix mi-chèvre mi-chou mais pour permettre à la discussion des communistes d’aboutir à du commun dans l’unité. Le vote, début octobre,  pour choisir, parmi les quatre proposés, le texte sur lequel nous travaillerons jusqu’au congrès sera important de ce point de vue.

 

Vous avez dit votre disponibilité pour rester à la tête du PCF, pourquoi souhaitez vous un nouveau mandat?

Pierre Laurent : Quand je suis devenu secrétaire national, c’est avec l’ambition de refaire du Parti communiste une force majeure. Depuis  huit ans, je mesure chaque jour  combien c’est possible car la disponibilité est grande dans le parti et dans la société. Mais je mesure aussi les difficultés et la ténacité dont il faut faire preuve. J’ai envie de me consacrer encore pleinement à cette bataille, en ayant  conscience de ce qu’il faut corriger ou carrément changer, notamment dans le fonctionnement de la direction nationale.  Conduire dans la durée l’effort de redressement du PCF, son renouvellement nécessaire,  tout en garantissant l’unité des communistes, c’est le sens que je donne à cette disponibilité. Maintenant, ce sont les  communistes qui décideront, sur cela comme sur le reste. A eux de choisir.

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 05:34
ETRE DE GAUCHE FACE A L’IMMIGRATION

MIGRANTS Ainsi donc, une partie de la gauche européenne dite de «transformation sociale » ne cacherait pas son inclination pour l'Allemande Sahra Wagenknecht, une des principales figures de Die Linke et à l'origine d'un nouveau mouvement, Aufstehen (« Debout »), qui, certes, ambitionne de pousser les partis à replacer la question sociale au cœur des débats, mais en s'appuyant, en grande partie, sur la question de l’immigration pour y parvenir. Passons sur la visée politique consistant à ne pas laisser ce terrain idéologique aux extrêmes droites – cela répugne le bloc-noteur –, venons-en au sujet de fond. Car celui-ci semble hanter Sahra Wagenknecht. Ne dénonçait-elle pas, en 2016, «l'ouverture incontrôlée des frontières ? Et si elle continue de s'opposer au durcissement du droit d'asile, elle estime néanmoins que « plus de migrants économiques signifient plus de concurrence pour décrocher des jobs dans le secteur des bas salaires» et qu' « une frontière ouverte à tous, c'est naïf ». Cette vaste problématique polémique, qui lui valut d'être désavouée par Die Linke, a depuis dépassé la frontière.

Une interview dans l’Obs de Djordje Kuzmanovic, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, le confirme. L'orateur national de la France insoumise y déplore ainsi «la bonne conscience de gauche» qui empêcherait « de réfléchir concrètement » à la question migratoire. Son objectif affiché : «Ralentir, voire assécher, les flux migratoires» par le recours au fameux «protectionnisme solidaire ». Et il ajoute : « Lorsque vous êtes de gauche et que vous avez sur l'immigration le même discours que le patronat, il y a quand même un problème. »

L'historien Roger Martelli, dans une tribune publiée sur le site de Regards, dénonce l'argument en ces termes : « N'est-on pas en droit de s'étonner plus encore quand, se réclamant de la gauche, on tient des propos qui pourraient être taxés de proches du discours d'extrême droite ? »

 

MIGRATIONS Mais que se passe-t-il ? Tenter de (re)conquérir l’électorat populaire perdu à l'extrême droite, pourquoi pas. Mais de là à croire que le mouvement social critique parviendra à enrayer la poussée des pires idées identitaires en flirtant avec une part de ses discours...

Primo : peut-on affirmer que le capitalisme contemporain valorise la libre circulation des personnes, tels les marchandises et les capitaux ?

Roger Martelli répond : «Dans la pratique, la force de travail est la seule "marchandise" qui ne circule pas en pleine liberté. En fait, l'objectif fondamental du capital est de maximiser la compétition par la réduction globale des coûts salariaux. (...) Ce sont les masses laborieuses d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine qui pèsent le plus en faveur de la réduction relative de la masse salariale. Les migrants le font à la marge. »

Explication simple. En intégrant des zones de niveaux salariaux plus élevés, les masses laborieuses nourrissent plutôt une tendance inverse à la hausse, comme le démontre actuellement l'Allemagne. Secundo : le «protectionnisme solidaire » ne sonne-t-il pas comme un oxymore ? Dirait-on du capitalisme qu'il puisse être«solidaire » ou «partageux» ?  Mauvaise blague. Le protectionnisme vire vite souverainisme – il est rarement du côté du peuple et débouche sur la désillusion et le ressentiment. « La bataille n'est pas avant tout locale, nationale ou supranationale, écrit Martelli. Elle est à la fois locale, nationale et supranationale. (...) Ce ne sont pas les migrations qui sont au cœur du marasme vécu mais le trio infernal de la concurrence, de la gouvernance et de l’obsession identitaire. » Reste donc l'essentiel : ce que signifie être de gauche face à ces migrations, dont on exagère l'ampleur, surtout en France, sachant qu'elles constitueront toujours un fait social dont les effets ne dépendent pas de leur volume mais des politiques d'accueil et de l'environnement social. Alors ?

 

Face à la mondialisation de la finance globalisée, face aux replis identitaires, assumons la mondialité du développement et l'universalité des droits – l'internationalisme en somme. Ce n'est pas avoir une « bonne conscience de gauche »; c'est être de gauche.

 

Jean-Emmanuel Ducoin (Journal L’Humanité)

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en complément :

Migrants africains : la fable de « l'invasion »

Une étude tord le cou à une idée fausse. L'envolée démographique de l'Afrique subsaharienne ne submergera pas l'Europe.

 

La population africaine va exploser

Vrai. L'Afrique subsaharienne – ensemble de l'Afrique hors Maghreb, Libye et Egypte – devrait représenter 22 % de la population mondiale vers 2050, au lieu de 14 % aujourd'hui. Selon les projections démographiques de l'Onu, cette partie du globe devrait compter 2,2 milliards d'habitants dans une trentaine d'années, contre 970 millions actuellement.

 

La « jeune Afrique » va se ruer vers le « Vieux continent »

Faux. Dans une étude que vient de publier l'Institut national d'études démographiques (Ined), le démographe François Héran démontre que l'hypothèse d'un afflux migratoire vers l'Europe ne tient pas la route. Le scénario d'une Europe peuplée à 25 % d'immigrés subsahariens, en 2050, relève de la «rumeur ». Ils occuperont une place, certes grandissante dans les sociétés du Nord, mais resteront très minoritaires : environ 4 % de la population.

En France, ces immigrés avoisineraient 3 % de la population, contre 1,5 % aujourd'hui.

ETRE DE GAUCHE FACE A L’IMMIGRATION

Les Africains émigrent beaucoup

Faux. L'Afrique subsaharienne émigre peu, comparée aux autres régions. Comment l'expliquer ? C'est un phénomène connu de longue date des économistes ? plus un pays est pauvre, moins ses habitants ont de chances de migrer au loin. Lorsqu'un Africain quitte son pays d'origine, il s'installe, dans 70 % des cas, dans un pays voisin.

 

L'immigré ruine la protection sociale

Faux. « Les migrants sont aussi des producteurs, des consommateurs, des contribuables et des cotisants », rappelle François Héran.

 

Source : Journal Ouest-France

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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 05:29
La nouvelle économie du système de santé : la défaite du patient ? (Philippe Batifoulier est économiste. Il est professeur à l’université Paris 13-Villetaneuse./ Revue PCF • Cause commune n° 6 - juillet/août 2018)

Par Philippe Batifoulier

 
Si la Sécurité sociale joue un rôle fondamental dans l’amélioration de l’espérance de vie et des conditions de vie, les inégalités sociales de santé, les inégalités territoriales comme les barrières financières d’accès aux soins installent une importante fracture sanitaire. Le développement de l’assurance sociale privée vient encore accentuer ces inégalités, tandis que le management à la performance qui sévit à l’hôpital porte préjudice aux patients et renforce la souffrance au travail des soignants.

Philippe Batifoulier revient sur les effets délétères de ces différentes formes de privatisation et invite à construire la démocratie en santé.

 

Parce que des maladies ont été vaincues ou maîtrisées, nous vivons plus longtemps qu’au début du siècle dernier. Ce progrès considérable est très largement imputable à la Sécurité sociale. Les découvertes médicales aussi importantes soient-elles ne soignent pas si les malades ne peuvent pas se les payer. C’est la Sécurité sociale qui a permis l’accès à la pénicilline, aux antibiotiques, ou à la streptomycine contre la tuberculose. En France, la mortalité par infection a diminué de moitié entre 1945 et 1950 quand on a généralisé la Sécurité sociale, soit bien plus vite que de 1925 à 1945.
L’extension de la couverture sociale ne fait pas que reculer la mort, elle permet de vivre mieux le présent au-delà de l’accès au progrès médical. Il suffit de penser à ce que serait notre quotidien si notre salaire mensuel était amputé du temps de l’arrêt de travail pour cause de maladie. L’épidémie de grippe ou l’angine, pour ne citer que des « petits risques », auraient des effets catastrophiques sur le paiement du loyer ou des emprunts.


Ce que l’extension de la prise en charge solidaire des soins a fait, le retrait de la Sécurité sociale peut le défaire. Aujourd’hui en France et pas seulement aux États-Unis, la maladie est pour beaucoup une épreuve financière. Il faut parfois s’endetter pour payer des soins ou des dépassements d’honoraires. […]

La fracture sanitaire : une réalité solidement installée

La santé est un monde où les inégalités sont particulièrement fortes. Les inégalités d’état de santé, tout d’abord, obéissent à un fort déterminisme social et les conditions sociales d’existence s’inscrivent durement dans les corps. Au sein d’une vie plus courte (car leur espérance de vie est moindre), les plus modestes auront davantage de problèmes de santé que les plus aisés. Ces inégalités sociales de santé se doublent d’inégalités territoriales, synthétisées par l’expression « déserts médicaux » qui décrivent l’existence de difficultés pour certains patients d’accéder à un médecin. Si ces inégalités ont des causes médicales tenant à la liberté d’installation des médecins et à un nouveau modèle médical plaidant pour un temps de travail maîtrisé, elles ont surtout des racines sociétales. Les déserts médicaux sont des déserts globaux et témoignent de l’abandon de certains territoires par la république. Quand la poste, la gare ou l’école ont disparu, il est particulièrement difficile de maintenir le cabinet médical.
À ces inégalités s’ajoutent les barrières financières d’accès aux soins qui rendent ceux-ci coûteux pour certains malades et entraînent des renoncements et des retards de soins. Les obstacles financiers sont, pour une large part, imputables à la couverture complémentaire parce que certains en sont démunis et parce qu’elle est inégalement distribuée dans la population. Toutes ces inégalités n’agissent pas en sens contraire, les unes venant atténuer les autres. Au contraire, elles se cumulent. Ce sont ceux qui ont l’état de santé le plus dégradé qui sont le moins couverts par une couverture complémentaire et qui ont le plus de mal à accéder à un médecin. La fracture sanitaire est solidement installée. […]

Le développement de l’assurance privée : une stratégie inégalitaire et coûteuse

Le développement de l’assurance santé privée (mutuelles, assurances à but lucratif, institutions de prévoyance) s’inscrit dans la vision de la protection sociale comme un coût pour les finances publiques. Il vise à réduire les dépenses publiques de santé, mais pas les dépenses totales de santé, si elles trouvent un financement auprès d’un opérateur privé, ou par les ménages eux-mêmes. Il s’agit de transformer des prélèvements obligatoires publics en prélèvements obligatoires privés dans la mesure où les frais de santé sont des dépenses contraintes pour les ménages. La disposition d’une assurance privée (mutuelle ou autre) n’est pas vécue comme un luxe, mais comme une nécessité quand le ménage a les moyens d’y souscrire.[…]
La privatisation du financement du soin est inégalitaire et inefficace, mais aussi dangereuse, car elle nuit à la santé publique. Quand la Sécurité sociale ne rembourse pas ou plus et que l’assurance privée est trop chère pour les patients, les maladies progressent. Le renoncement aux soins conduit à des retards et c’est une chimère de croire que les déremboursements ne concernent que des soins superflus. Ils touchent aussi les plus essentiels.

À l’hôpital, la culture du résultat s’oppose à la culture de service public

Une autre privatisation sévit à l’hôpital. Elle porte moins sur le financement, car les taux de prise en charge publics y restent élevés. Elle concerne la délivrance du soin et repose sur la capacité du secteur public à se conformer aux règles du secteur privé. Cette privatisation est portée par le nouveau management public pour lequel il n’y a jamais de problèmes de moyens et de pénurie de personnel, mais uniquement des problèmes d’organisation. La réorganisation du travail médical se fait au nom de la réalisation de gains de productivité. L’hypothèse fondamentale est qu’il existe des marges d’amélioration au niveau des acteurs pour atteindre les meilleurs résultats possibles avec des ressources budgétaires identiques.
Selon cette conception, la bonne gestion n’a pas de lieu ni de frontière : elle est universelle. Les personnels sont invités à se former à ce management à la performance, même si un traitement rapide des dossiers ou des soins pénalise les patients précaires ou si l’application de standards de séjours ignore les différences sociales. La culture du résultat s’oppose à la culture de service public. Piloter un hôpital avec les mêmes références qu’une entreprise privée heurte les personnels qui y résistent souvent. L’hôpital est devenu l’un des lieux emblématiques de la souffrance au travail. […]

Il est aussi devenu peu hospitalier en dépit du dévouement des soignants. Les assurances santé privées ont été valorisées alors qu’elles sont plus coûteuses et plus inégalitaires que la Sécurité sociale. Le système de santé s’est largement retourné contre le patient parce que la santé est plongée dans un désert politique où les choix qui sont faits au nom du patient sont très peu discutés et souvent présentés comme inévitables ou indiscutables. Si on juge la démocratie dans le domaine de la santé par la place que joue le patient dans la prise de décision, alors force est de reconnaître le déficit démocratique. Le patient semble souvent écarté de décisions qui le concernent au premier chef, en matière de financement tout particulièrement. Des médicaments inutiles ou pire dangereux sont très bien remboursés alors que les lunettes ou les prothèses auditives ne le sont pas. Le recul de la démocratie dans la santé se conjugue avec le recul de la Sécurité sociale dans la prise en charge du soin. Le patient ne peut plus être privé d’un débat auquel il a droit puisqu’il s’agit de sa santé.

 

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 19:48
Européennes: Brossat (PCF) appelle la gauche hors PS à discuter

La tête de liste du Parti communiste français (PCF) pour les élections européennes, Ian Brossat, a lancé vendredi un appel à la gauche, hors Parti socialiste, pour se retrouver "autour d'une table" et discuter en vue du scrutin.

"Je ne me résous pas à cette division, à cette dispersion. Je lance d'ailleurs un appel à (Olivier) Besancenot (NPA), à (Benoît) Hamon (Generation.s), à (Jean-Luc) Mélenchon (La France insoumise, LFI), pour qu'on puisse quand même se retrouver autour d’une table, voir comment nous pouvons organiser la riposte à Macron", a-t-il déclaré sur Public Sénat, sans citer Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste (PS).

"Je ne suis pas d'accord avec tout, notamment avec Jean-Luc Mélenchon, mais je suis convaincu que nous avons des choses à nous dire et des choses à faire ensemble", a insisté l'adjoint à la maire de Paris en charge du Logement.

"Sur les délocalisations, sur le travail détaché, sur la rémunération du travail, sur le pouvoir d'achat, ce sont les questions qui intéressent les Français, et si la gauche doit travailler à des convergences, c'est d'abord là dessus qu'elle doit bosser", a-t-il énuméré, citant également le dossier des retraites.

L'élu parisien avait confié mi-septembre "ne pas se faire à l'état de dispersion de la gauche" et n'avait pas écarté la possibilité d'une liste commune avec Benoît Hamon.

Auparavant, le chef de file du PCF pour les européennes avait déjà, fin août à Angers, "regretté qu'il n'y ait pas d'unité de la gauche" ni de "liste qui porte la voix de tous ceux qui ne supportent plus l'Union européenne actuelle". "Nous souhaitons le rassemblement le plus large (...) mais je n'y crois pas", avait-il toutefois admis.

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 19:44
Les Jeunes Communistes du Nord Ouest de Paris collent les murs de la capitale pour construire notre avenir !

Les Jeunes Communistes du Nord Ouest de Paris collent les murs de la capitale pour construire notre avenir !

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 19:37
Congrès du PCF: l'heure des choix ( Cédric Clérin, L'Humanité - Jeudi 27 septembre 2018)
CONGRÈS DU PCF : L’HEURE DES CHOIX
Jeudi, 27 Septembre, 2018

Les communistes choisissent du 4 au 6 octobre, leur « base commune ». Un première option importante en vue d’un congrès extraordinaire qui doit redessiner le parti en profondeur.

Pour les communistes, l’heure des choix approche. Le congrès extraordinaire entre dans sa phase décisive. Les adhérents du PCF doivent, désormais, choisir le texte qui leur servira de base d’une discussion qui se clôturera la 25 novembre , lors du Congrès national. Le texte élaboré par le Conseil national ainsi que 3 textes alternatifs sont soumis au vote. Comment remettre les idées communistes à l’ordre du jour et refaire du PCF une force politique de premier plan ? Voilà les questions auxquelles chacun des textes tente de répondre. « Pour faire la révolution, nous avons aussi besoin de la nôtre », disait encore Pierre Laurent lors de la Fête de l’Humanité.

Rendre le communisme visible
« La question est de ré-identifier ce que l’on entend par communisme », selon Guillaume Roubaud-Quashie, qui a coordonné le travail du Conseil national pour sa proposition de base commune, « Le communisme est la question du XXIe siècle ». « Notre congrès s’inscrit dans le paradoxe du moment : l’urgence de dépassement du capitalisme est presque palpable, mais nous avons subi un revers électoral très sérieux », analyse-t-il. Il y a en fait deux paradoxes pour les communistes : pour la première fois depuis 1969, le candidat qu’ils ont soutenu à la présidentielle de 2017 a obtenu près de 20 % des suffrages mais, faute d’accord politique, les candidats communistes aux législatives ne réalisent que 2,79 % des voix, score historiquement bas, tout en faisant élire 4 députés de plus qu’en 2012.

« L’effacement » explique les difficultés actuelles du PCF pour les rédacteurs du texte « Reconstruire le parti de classe, donner la priorité au rassemblement dans les luttes » qui se veut en rupture avec les 3 autres. Il est soutenu par Emmanuel Dang Tran, plusieurs fois candidat à la tête du parti, et le réseau Vive le PCF, classé comme orthodoxe. Pour Dominique Negri, membre du PCF dans l’Isère, « il faut en finir avec la politique de liquidation-mutation-effacement et reconstruire un parti de classe ». « L’effacement » est également dénoncé par les signataires du texte « Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle ». Ce texte est notamment soutenu par plusieurs parlementaires, les animateurs de la section économique du PCF, les dirigeants de la fédération du Pas-de-Calais (qui présentaient leur propre texte lors des derniers congrès), le réseau Faire vivre le PCF – réputé identitaire –, et quelques anciens soutiens de Robert Hue. Pour Frédéric Boccara, économiste et l’un des rédacteurs du texte, « la question est : “Est-ce qu’on continue en améliorant un peu les choses ou est-ce qu’on réoriente la stratégie du parti ?” » Pour lui, le PCF doit faire le bilan de ses stratégies des dernières années, et notamment celle du Front de gauche, qui ont conduit à son « effacement ».

Une analyse que ne partage pas Frédérick Genevée, historien, promoteur du texte « Se réinventer ou disparaître, pour un printemps du communisme », qui se situe dans la lignée des « rénovateurs » dans le PCF. « Ce n’est pas qu’une question stratégique, mais une question beaucoup plus radicale qui nous est posée, tous les PC du monde sont confrontés à de profondes difficultés », argue-t-il. «je crois cependant qu’un parti communiste a une pertinence et le communisme une actualité.»

Sans être d’accord sur le constat, les communistes dans leur diversité se posent la question : que faire ? Pour Guillaume Roubaud-Quashie, « il faut ré-identifier le communisme autour de 3 axes : d’abord, sur le fait d’être les porteurs de l’idée que le grand nombre qui produit les richesses doit être celui qui décide. Ensuite, sur la question écologique qu’on ne peut pas penser en fermant les yeux sur le capitalisme. Et, enfin, sur la question de l’épanouissement des individus contre le patriarcat et le racisme, qui sont des combats essentiels qui ne nous sont pas forcément associés dans la société ».

Que faire  ?
Pour Frédéric Boccara, il s’agit pour le PCF de s’affirmer et d’« arrêter de croire que le rassemblement passe par l’effacement de nos propositions. Des idées comme la BCE abondant un fonds de développement des services publics ou la lutte contre le coût du capital sont de nature à rassembler ». Pour les économistes communistes, la proposition de sécurité d’emploi ou de formation est également au cœur d’un projet communiste pour transformer le marché du travail.

« Il faut sortir du carcan de l’Union européenne qui détermine toute notre politique, dénonce, pour sa part, Dominique Negri. Nos propositions doivent attaquer le cœur de la politique de l’UE et celle de Macron en demandant, par exemple, le monopole public sur le transport des voyageurs et du fret. »

Du côté du « printemps du communisme », on cherche à élaborer « une nouvelle fonction révolutionnaire pour le PCF », basée sur des « évolutions révolutionnaires » que l’on trouve chez Marx, puis chez Jaurès : « Il ne s’agit pas seulement de cumuler les réformes, mais, à partir des mouvements progressistes de la société, de proposer des réformes qui soient en elles-mêmes des ruptures qui permettent d’avancer vers une autre société. Et ce dans tous les domaines, sans hiérarchie des luttes », décrit Frédérick Genevée. Pour l’historien, « cela pourrait commencer par les sujets écologiques, on ne peut plus être le parti du tout-nucléaire et de Notre-Dame-des-Landes ».

Comme souvent, la question de la stratégie électorale fait débat. Pour Marie-Christine Burricand, qui soutient le « manifeste », le PCF doit travailler « à présenter des candidats à toutes les élections pour porter nos propositions », regrettant 2017 et la candidature Mélenchon. Il faut construire une « unité populaire et politique agissante en mettant au défi les forces politiques sur les réponses aux questions posées par les luttes », estime, pour sa part, Frédéric Boccara. « Des alliances, pourquoi pas ? Mais pour quoi faire ? On voit où a mené l’union de la gauche. Pour s’allier, il faut des positions très claires », revendique Dominique Negri. Pour le soutien du « printemps », il faut au contraire cons­truire « un front commun qui permette la convergence des forces antilibérales » au premier rang desquelles la France insoumise. Le Conseil national propose de son côté la mise en place de fronts de luttes divers, « parce que le spectre des gens à rassembler n’est pas toujours le même en fonction du sujet », et d’un « forum national politique » qui permettrait débats, campagnes et constructions programmatiques ou électorales communes sans frontières fixes.

Enfin, la question de l’organisation du parti est, elle aussi, en débat à l’heure de l’émergence des « mouvements » politiques. « Nous voulons un parti et pas un mouvement », dit, sans ambages, Marie-Christine Burricand, pour qui « il faut consacrer plus de temps et d’énergie à la reconstruction d’une organisation, à commencer par les cellules et les sections ». Le texte appuie aussi sur l’implantation dans l’entreprise. « Il est essentiel d’être sur le front de classe et donc dans les entreprises », abonde Dominique Negri.

Innovations
Du côté du Conseil national, comme du « printemps », on regarde plus volontiers vers des innovations organisationnelles : « Il faut un parti beaucoup plus horizontal, des fonctions moins centralisées et des commissions élues par les communistes », relève Frédérick Genevée. Pour Guillaume Roubaud-Quashie, « notre force militante est l’une des plus importantes du pays, il faut réussir à la rendre plus efficace ». Pour le professeur d’histoire, « une nouvelle plateforme numérique doit nous permettre d’être plus efficaces sur les réseaux sociaux et davantage en prise avec ce que les adhérents veulent faire de leur parti ». La base commune du Conseil national propose également « la mise en place de réseaux d’initiative permettant à des personnes de s’investir sur une question précise et donc pour le PCF d’être utile au plus grand nombre ».

Le vote des communistes, du 4 au 6 octobre, doit donc décider d’une première orientation pour le PCF. Les adhérents pourront, ensuite, amender le texte jusqu’au Congrès national, du 22 au 25 novembre, et choisir le Parti communiste qu’ils veulent pour demain.

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 07:41
Le communisme est la question du XXIe siècle - pourquoi je soutiendrai la base commune du Conseil National, par Ismaël Dupont

Le rôle d'une base commune pour nos congrès est de constituer un socle rassembleur à partir duquel les adhérents, les sections, et les fédérations pourront travailler pour l'amender et le compléter afin de donner au Parti Communiste une feuille de route pour les années à venir. 

La base commune doit être le résultat d'un travail collectif approfondi, s'appuyer sur les débats des camarades, permettre de poursuivre le débat dans un cadre unitaire et avoir une ambition de rassemblement des communistes et d'efficacité pour le déploiement de l'action des communistes. 

Je crois que c'est le cas pour la proposition de base commune votée par le Conseil National du PCF du 2-3 juin dernier: "Le communisme est la question du XXIe siècle"

Cette proposition de base commune rédigée en grande partie par Guillaume Roubaud-Quashie, historien et jeune dirigeant du Parti Communiste chargé du secteur Formation, responsable de l'excellente revue du projet communiste, Cause commune, et animateur de l'Université d'été du Parti Communiste, traduit bien me semble t-il les nouvelles ambitions du Parti Communiste qui, au regard du monde que crée sous nos yeux le capitalisme financier et tous les monstres qu'il produit, est convaincu d'avoir encore une vocation historique et un combat d'avenir.

"Le communisme est la question du XXIe siècle" est un texte qui a du souffle, qui donne de l'espoir et qui expose assez bien, je crois, ce qui fait la raison d'être de l'engagement communiste, sur un plan subjectif comme sur un plan objectif.

Cette proposition de base commune prend à bras le corps les défis de notre temps, et en premier lieu celui de la crise écologique, mais aussi la crise culturelle et intellectuelle liée à l'aliénation capitaliste et à la transformation des rapports sociaux selon des critères de type marchand.   

C'est un texte souple et ouvert, qui traduit les paradoxes et contradictions de la situation présente, les virtualités et les freins pour le combat émancipateur des communistes, qui dit certain de nos échecs sans chercher à cliver ni s'enfermer dans des formules simplificatrices très faciles à établir après coup, quand la messe est dite. 

C'est un texte qui procède d'un travail collectif, qui s'appuie sur les compte rendus de débats des communistes et leurs contributions avant la conférence nationale de novembre 2017, sur les dépouillements du questionnaire rempli par plus de 10 000 adhérents et sympathisants communistes. 

C'est un texte qui permet de poursuivre un certain nombre d'orientations très positives du Parti Communiste dans le domaine de la production d'idées, de la formation, de l'éducation populaire, des solidarités concrètes, du travail d'invention en matière de militantisme et d'organisation de terrain. 

C'est un texte qui veut réunir pour et non contre, qui s'appuie sur la confiance entre nous et en notre capacité collective à relancer un Parti Communiste avec une image et une utilité renouvelées et des fondamentaux intacts, remis au goût du jour en lien avec les enjeux des dominations et exploitations contemporaines, et non sur la défiance, l'amertume, ou l'envie de rejouer le match. 

C'est un texte qui part des possibles existants sans être dans l'incantation ou la nostalgie. 

La structuration du texte en thèses liées les unes aux autres dans un rapport progressif le rend aisément discutable, point par point, et je trouve aussi que les fenêtres de discussion ouvertes aux débats des communistes, pour avoir le débat en grand même après l'adoption de la base commune sur le bilan de nos expériences de rassemblement passées, la stratégie, le rôle de nos directions, était une très bonne idée pour produire du commun sans nier les différences d'appréciation dans le Parti et le besoin de bilan critique examinant toutes les questions importantes, sans tabous. 

Peut-être que les questions de ces fenêtres de discussion sont parfois formulées de manière un peu alambiquées ou restrictives mais, derrière, elles ouvrent véritablement au débat et permettent d'avoir ces débats et de prendre des décisions de congrès tout en s'entendant sur un fond commun politique. 

C'est pourquoi comme beaucoup de communistes, je regrette qu'il y ait autant de textes alternatifs proposés au vote des adhérents du 4 au 6 octobre. Pour moi, ce congrès extraordinaire ne devait pas se construire de manière ordinaire, avec chacun occupant son couloir, mais viser à poser les bases de manière rassemblée, sans éviter aucun débat mais sans figer non plus des oppositions factices, d'une nouvelle ambition communiste. Notre Parti perd beaucoup de son efficacité, de sa cohérence et de son unité en fonctionnant selon un principe de tendances ou de courants. 

Que dit d'important le texte "le communisme est la question du 21e siècle"? 

Il part déjà d'un paradoxe que nous devons reconnaître pour tenter de le surmonter: celui d'une "urgence de communisme" et d'une "crise de l'organisation en France et dans le monde", d'un hiatus entre ce que nous percevons comme nos valeurs et les ressorts de notre engagement, qui peuvent être partagés par beaucoup de nos concitoyens, et l'image que renvoie le communisme généralement: "Nous voulons porter de manière offensive notre communisme, dans un contexte où ce que nous mettons derrière ce mot coïncide trop peu avec ce que le grand nombre entend par là".

Il y a donc tout un travail de réancrage de notre combat dans la sémantique contemporaine, les préoccupations populaires, et les enjeux sociaux et économiques actuels, cela signifie la nécessité de nouvelles formulations et d'un travail d'éducation populaire, si on veut être écoutés et œuvrer efficacement à atteindre nos objectifs. 

Quels sont-ils, nos objectifs?

L'"écommunisme", "l'Humain d'abord": "la boussole doit être celle du bien-vivre, du développement durable de l'humanité, de la réponse à ses besoins, potentiels, et aspirations, incluant nécessairement la dimension écologique". 

Nous voulons "libérer l'activité et l'esprit des hommes de la sphère marchande capitaliste", refuser tous les faux clivages que le système crée pour se perpétuer, "les divisions culturelles, ethniques, religieuses artificielles, les théories du choc des civilisations". 

Pour cela, cela suppose une ambition de combattre et dépasser le capitalisme, et d'étendre les logiques d'appropriation par le grand nombre. "Le PCF a subi des revers historiques. Il doit produire toute la nouveauté que l'époque appelle". Il doit produire ce "communisme de nouvelle génération" par quoi nous entendons "démocratie poussée jusqu'au bout et orientation révolutionnaire visant à sortir de la société de classe et à relever jusqu'au bout le défi écologique". 

Pour cela, nous devons révolutionner notre parti pour redevenir le "parti de la politisation populaire", "le parti de masse de ceux qui ne veulent pas se laisser exploiter, dominer, aliéner. Le Parti de la jeunesse, parti féministe de notre temps, engagé dans les lieux de travail, les quartiers populaires, acteur des solidarités concrètes". 

Nous ne resterons pas entre nous mais allons continuer à créer "des réseaux d'initiatives ouvrant la porte à des non-adhérents". Le cœur de notre démarche est de joindre l'initiative communiste et des fronts d'unité populaire.   

En effet, aucun changement social majeur ne pourra se faire sans renforcer le mouvement populaire et la conscience de classe. Cela ne se décrète pas mais se travaille dans les luttes. 

La thèse n°20 de la proposition de base commune du Conseil National - "Le communisme est la question du 21e siècle" est importante, reprenant, à l'encontre notamment des conceptions romantiques du combat révolutionnaire comme "grand soir" de la "prise de pouvoir politique" décisive: 

"Notre stratégie communiste s'ancre dans les luttes concrètes pour engager le dépassement du capitalisme. C'est dans les luttes concrètes, sur tous les terrains, que se construisent les possibilités d'un dépassement réel du système capitaliste. C'est dans le mouvement réel, dans ces luttes et dans le combat pour y porter des alternatives que s'ancre notre stratégie révolutionnaire, ce processus multiforme fait de succès partiels mais aussi de possibles reculs, de victoire à longue portée et de ruptures, d'élévation progressive des objectifs de conquête à mesure que se construisent et évoluent les rapports de force". 

C'est l'évolutionnisme révolutionnaire créateur déjà théorisé par Jaurès, dépassant l'alternative réforme/révolution. 

Le cœur de notre stratégie dans "le communisme est la question du 21e siècle" est, face à "un capitalisme incapable de répondre aux besoins de développement humain, producteur de crises et de catastrophes écologiques, anthropologiques, culturelles, sociales, internationales", de travailler à l'unité populaire et à la politisation populaire, à travers le développement de "la conscience de classe et l'alliance de toutes celles et ceux qui ont intérêt à l'extinction des dominations".

"Le noyau de notre option stratégique est la mise en mouvement consciente du plus grand nombre pour des objectifs de conquête. Nous rejetons toutes les options autoritaires et délégataires qui viseraient à ce qu'un leader ou une organisation entraîne des masses réduites à l'état passif". 

Nous mettons en avant 5 transformations révolutionnaires constitutives de notre projet communiste:

- 1. ouvrir la porte au communisme dans la production et le travail.  

- 2. engager la révolution écologique

- 3. faire reculer les dominations patriarcales, combattre le racisme et les nationalismes

- 4. protéger et développer les services publics. 

- 5. prendre le pouvoir sur l'argent.

Cette proposition de base commune n'est pas très précise sur l'aspect programmatique mais renvoie à notre programme de 2017 "La France en commun", qu'il faudra très certainement retravailler et enrichir. 

"Le communisme est la question du 21e siècle" entend que nous restions "pleinement communistes, pleinement rassembleurs pour de nouvelles majorités communistes". 

L'un n'empêche pas l'autre, évidemment.

Comment ce texte qualifie t-il la situation politique française actuelle? Des forces du capital qui se recomposent autour de la nouvelle synthèse capitaliste néo-libérale de Macron, l'effondrement du PS en 2017 qui marque le "discrédit du projet social-démocrate", le "quinquennat Hollande qui a abîmé comme jamais l'idée de gauche", l'affaiblissement de la référence à l'idée de gauche dans notre peuple. "La géographie de la gauche s'en trouve d'autant plus chamboulée que la principale d'entre elles, la FI, refuse de s'en réclamer, usant de références multiples et variables dont celles de "populisme" et du "dégagisme". Pour autant, les forces sociales qui la soutiennent sont majoritairement issues du mouvement de la gauche antilibérale qui s'est amplifié à partir de 2005, et que nous avons contribué à développer. D'autres forces, dans le giron de la social-démocratie, comme le mouvement Génération.s de Benoît Hamon, apparaissent. Aujourd'hui, les repères politiques de celles et ceux que nous ambitionnons de rassembler sont éclatés et mouvants. La gauche sociale et politique est clairement diverse... Son rassemblement est nécessaire mais n'y suffira pas. Notre travail de rassemblement se reconstruira d'abord autour de contenus forts répondant aux exigences populaires".         

La thèse n°33 affirme que nous avons vocation à être présents à toutes les élections, y compris les élections présidentielles. Elle qualifie notre campagne des européennes de mai 2019 "avec un contenu de classe - portant les intérêts populaires contre ceux de la finance- et internationaliste - mettant en avant le besoin d'une France libre de dire non et à l'offensive pour construire sans attendre les coopérations de développement commun à géométrie choisie". Pour les élections municipales de 2020, il est écrit que "des rassemblements très larges sont possibles sur la base de projets promouvant la commune, les services publics, la démocratie locale, élaborés au plus près des citoyennes et des citoyens (...). Bien avant la constitution de listes, c'est autour de projets locaux et d'une bataille nationale contre les plans de liquidation et l'asphyxie financière du pouvoir communal que nous voulons engager sans attendre le combat". 

Toute la fin du texte de la proposition de base commune du CN " Le communisme est la question du 21e siècle", insiste sur les transformations du PCF à poursuivre et amplifier pour refaire du PCF un parti de masse et de proximité, sans prétendre que nous partons de rien ou d'une situation désastreuse. En effet, si nous avons perdu des dizaines de milliers d'adhérents depuis 2008, nous restons le deuxième partie de France en nombre d'adhérents et de militants, bien souvent la seule force militante organisée dans beaucoup de localités, et notre parti rajeuni, renouvelé, reste une force essentielle même s'il s'est affaibli, avec une capacité de production intellectuelle, et un ancrage véritable, dans beaucoup d'endroits, dans le monde salarial, syndical, et les quartiers populaires. 

Nous devons viser des dizaines de milliers d'adhésions supplémentaires d'ici le centenaire du Parti communiste en 2020, en continuant à être le parti de l'éducation populaire, de la formation, des solidarités concrètes, de l'honnêteté et de l'ancrage quotidien sur le terrain.  

Le texte se fait aussi écho à des insatisfactions et des fortes attentes des adhérents communistes: "Les attentes des communistes envers leurs directions sont fortes: l'aptitude à impulser des initiatives nationales et locales qui contribuent au rayonnement des idées communistes, à conduire des batailles dans la durée et les évaluer, à générer un travail collectif... Concernant notre parole nationale, en particulier, les communistes demandent plus de clarté, de visibilité, de cohérence dans les choix effectués et plus d'efficacité et de combativité". Le texte prévoit de réduire le nombre de membres du Conseil National du PCF et d'augmenter l'efficacité de cette instance de direction, de mieux coordonner les campagnes nationales et les initiatives des fédérations, de repenser des réseaux d'initiatives sur le plan départemental et national. 

Et les autres textes? Les textes alternatifs? 

Pour ma part, j'élimine déjà clairement le texte alternatif n°3 ("PCF: Reconstruire le Parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes"), un texte anti-européen qui se revendique d'une vision passéiste du marxisme-léninisme, tendance sectaire et "mao", qui accuse des décennies de directions communistes de trahison vis-à-vis de la classe ouvrière, de volonté de "liquidation", un texte qui se pose en procureur sans rien proposer et qui est de toute façon très marginal par rapport au PCF et à ses adhérents. 

J'élimine aussi très vite le texte alternatif n°1 "Se réinventer ou disparaître! Pour un printemps du communisme" (texte soutenu par Fréderick Genevée, Franck Mouly, Elsa Faucillon) car même s'il a des passages théoriquement très intéressants sur la visée communiste et notre projet de société, il propose pratiquement un rapprochement avec France Insoumise qui n'est pas possible dans les conditions actuelles où Mélenchon et ses amis souhaitent plutôt nous balayer du paysage politique et ont une volonté hégémonique plutôt que de vouloir construire dans le rassemblement, d'égal à égal. Ce texte fait d'ailleurs silence sur les dérives idéologiques, populistes, de plusieurs leaders de France Insoumise, sinon du mouvement lui-même, et sur son éloignement vis-à-vis du marxisme, de la lutte des classes, de l'idée de gauche et de progrès social, au profit du clivage élites-peuple. Les réorganisations profondes du PCF que ce texte propose, vers plus "d'horizontalité", l'implication des non-adhérents dans les prises de décision, l'autonomie des sections pour se fondre dans des collectifs locaux et départementaux, semblent calquées sur la transformation de notre parti en mouvement de type FI et pourraient préparer sa désintégration, à mon sens. Le fait de refuser sa position prééminente au combat anti-capitaliste dans notre combat communiste par rapport à d'autres combats sociétaux me semble caractériser un certain renoncement intellectuel marxiste et révolutionnaire. 

Le texte alternatif n°2 "Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle" qui réunit des soutiens très hétéroclites (des "orthodoxes" du parti à d'anciens proches de la ligne Robert Hue, d'anciens opposants au Front de Gauche, la commission économique du Parti qui fonctionne depuis des années en "tendance", et des parlementaires au demeurant excellents comme  Chassaigne, Eric Bocquet, Fabien Roussel) est un texte que je trouve dans l'ensemble bien écrit, avec des passages exprimés clairement et fortement, notamment sur l'analyse du capitalisme mondial, les contradictions de la situation économique actuel, notre ambition de transformation économique, les bases de notre pensée marxiste. 

Par contre, il est très ambigu sur l'Europe, réunissant des partisans et des opposants à la construction européenne, même si au PCF personne ne défend l'Europe telle qu'elle est et dans le cadre des traités existants. 

Il met en cause toutes les stratégies de rassemblement conduites depuis 20 ans, 2008, au profit d'une vision d'un parti d'avant-garde, qui se mettrait en avant des masses pour les conduire et les éclairer, oubliant un peu vite les espoirs et les élans de politisation qu'a créés par exemple le Front de Gauche. 

Il accuse les directions successives depuis 20 ans, et particulièrement l'actuelle, dont plusieurs signataires du texte dont pourtant partie, d'avoir contribué à un effacement du parti, d'avoir été gagnées par le renoncement, d'avoir fait des choix qui ont destabilisé et destructuré notre parti.

C'est un peu facile à mon sens. On ne tient pas compte dans ces appréciations sommaires du contexte complexe, des autres acteurs, des incertitudes de la prise de décision dans le moment, d'une évolution imprévisible de la situation politique, et d'une volonté de réaliser l'unité populaire pour servir les intérêts du plus grand nombre, battre les libéraux, la droite et l'extrême-droite, qui a toujours animé la direction du parti.

Il accuse la proposition de base commune du CN "de ne pas formuler clairement les termes du débat", ce qui est très largement injuste à mon avis. Les avis proposés par ce texte sur un plan idéologique et de projet assez proche du texte du CN pour l'essentiel auraient pu être défendus dans le cadre des fenêtres de discussion du texte "Le communisme est la question du 21e siècle". 

Mais l'objectif du texte et de ses signataires, au demeurant assez hétérogènes politiquement, semble être de changer la tête du PCF, de réorienter notre parti dans le sens d'un nouveau parti guide, d'avant-garde, qui risque à mon sens dans ce cas de rompre avec l'ambition de rassemblement à gauche et de se replier sur lui-même, et je ne crois pas que ce soit une recette magique pour reprendre des forces. 

A côté d'éléments théoriques et programmatiques que je trouve bien formulés et souhaiterais voir intégré à la base commune, ce  texte a des dimensions identitaires, nostalgiques, incantatoires (par exemple quand il parle de relancer notre implantation en entreprise), et il donne des leçons quand beaucoup de ses signataires et défenseurs n'ont pas toujours participé sur le terrain ou au CN à donner de la vigueur à l'action et la parole communiste ces dernières années. 

Certaines de ses affirmations par rapport au "communisme" chinois sur les réussites duquel on devrait plus réfléchir, ou à la dédiabolisation de l'URSS, s'opposent de mon point de vue à l'effort entrepris depuis des années pour situer l'horizon d'émancipation communiste auquel nous nous référons dans un cadre démocratique exclusif. Je ne suis pas d'accord non plus pour considérer que le choix du renouvellement du parc nucléaire serait le seul parti raisonnable pour réduire nos énergies carbonées et faire face au dérèglement climatique. 

Surtout, à mon avis, si ce texte alternatif a assurément les chances les plus sérieuses de concurrencer la base commune du CN "Le communisme est la question du 21e siècle", ses défenseurs qui mènent une campagne très offensive dans le Parti pour ce texte et pour changer de direction risquent en même temps de fragiliser notre bien le plus précieux, notre capacité à nous rassembler dans l'action et la riposte aux mauvais coups du capital et des libéraux.     

Je ne pense pas, en dépit de ses qualités dans certains passages d'analyse ou de formulation du projet communiste, que ce texte puisse être une base rassembleuse pour mettre en mouvement les communistes dans leur diversité et une mise en ballotage possible du texte de la direction nationale, même si les débats dans les sections et les fédérations sont souvent sereins et sans animosité (ce que ne reflètent pas les débats du CN), pourrait fragiliser encore notre parti dans un moment où nous avons besoin d'être unis, offensifs, rassembleurs, constructifs. 

Ismaël Dupont - le 23 septembre 2018     

     

        

  

 

 

     

  

 

 

  

 

 

Le communisme est la question du XXIe siècle - pourquoi je soutiendrai la base commune du Conseil National, par Ismaël Dupont
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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 06:02

 

Le gouvernement s’est félicité hier d’un retour à l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale pour 2019. Mais la flopée d’exonérations de cotisations qu’il a consentie sape les recettes de la Sécu et la condamne à l’austérité.

À la barre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale (PLFSS) : Gérald Darmanin, le ministre de l’Action publique et du Budget, et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Deux ministres heureux. « Le trou de la Sécurité sociale est en passe d’être résorbé. Ce n’était pas arrivé depuis 2001 », s’est autosatisfait le ministre du Budget, hier matin, lors de la présentation du projet de budget de la Sécu 2019, louant au passage « les efforts consentis par les Français, les gouvernements successifs et les gestionnaires des caisses ». « C’est une très bonne nouvelle pour les jeunes. Nous consolidons et pérennisons notre système de protection sociale », s’est réjouie la ministre de la Santé, ne lésinant pas sur les « ambitions du gouvernement » : « investir dans le système de santé » et « protéger les plus fragiles ».

Sans chiffre à l’appui, Agnès Buzyn a décliné une nouvelle fois les axes de la réorganisation du système de santé présentés mardi dernier par le président Emmanuel Macron. Et confirmé une série de promesses : la transformation de la CMU-C, l’entrée en vigueur progressive du reste à charge zéro pour certains soins dentaires, d’optiques et les audioprothèses, un coup de pouce pour la garde d’enfants handicapés, l’allongement du congé maternité pour les femmes des secteurs libéral et indépendant. Mais, prévient la commission des comptes de la Sécu : « sans mesures nouvelles, le déficit replongera à 3 milliards d’euros l’an prochain ».

Car tel est le hic dans ce projet de PLFSS. Une flopée d’exonérations de cotisations sociales salariales mais surtout patronales vont être soustraites aux ressources des caisses de la Sécurité sociale dès le mois de janvier 2019. L’ensemble des cotisations sociales des salariés baissera de 1,45 % à compter du 1er octobre. Les cotisations sur les heures supplémentaires et complémentaires disparaissent début janvier.

UNE AUSTÉRITÉ QUI A ENCORE DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE

La transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) en allégement de cotisations entrera également en vigueur. Les entreprises y gagneront 20 milliards d’euros en trésorerie. La Sécurité sociale, quant à elle, devra s’en remettre à l’État, qui a prévu de se montrer chiche. Le gouvernement a, en effet, prévu de revoir les modalités de compensation des exonérations qu’il décide. « Les règles de partage du financement des prélèvements obligatoires entre l’État et la Sécurité sociale seront rénovées », est-il indiqué dans le document de présentation du PLFSS. « À compter de 2019, les baisses seront supportées par la sphère à laquelle le prélèvement est affecté. » Explication de texte : « Le financement de l’exonération de cotisations des heures supplémentaires, par exemple, estimée à 600 millions d’euros, sera supporté par la Sécurité sociale. » Et si en 2019, l’État compensera en totalité les allégements de cotisations induites par la transformation du Cice, ce ne sera plus le cas les années suivantes. « Il est certain qu’une nouvelle répartition des relations entre l’État et la Sécurité sociale devra être rediscutée, sachant que 30 % du budget de la Sécu relève déjà de l’impôt et qu’Emmanuel Macron est favorable à peu d’impôts et peu de cotisations », a commenté Gérald Darmanin.

Côté Sécurité sociale, si les comptes sont au clair, l’austérité a encore de beaux jours devant elle. L’augmentation de 2,3 % à 2,5 % de l’Ondam, l’objectif de dépenses de santé pour 2019, ne permettra toujours pas de répondre aux besoins de tous, sachant que les dépenses naturelles de santé, du fait de la démographie en progression et du vieillissement de la population, augmentent de 4,5 % par an. Les 400 millions d’euros supplémentaires concédés par Emmanuel Macron risquent donc de faire long feu face à une inflation à 2,3 % (fin août 2018) et au ralentissement de l’activité économique.

DES ÉCONOMIES POUR 3,8 MILLIARDS D’EUROS

Plutôt avares sur les chiffres, les deux ministres n’ont pas contesté l’objectif « d’économies » de 3,8 milliards programmé. Agnès Buzyn a notamment ciblé la mutualisation des achats des hôpitaux publics, la maîtrise des dépenses de médicaments et des actes médicaux, la diminution des indemnités journalières pour les arrêts de travail de courte durée et le développement de l’ambulatoire « moins cher que les lits d’hospitalisation », a-t-elle concédé. Pas de quoi rassurer les hôpitaux exangues, dont la dette dépasse désormais le milliard d’euros.

Dans la ligne de mire du gouvernement, les dépenses de médicaments et les actes médicaux.

Sylvie Ducatteau

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