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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 05:23

 

« La société ? Cela n’existe pas ! Il n’y a que des individus », déclarait Margaret Thatcher. Depuis quarante ans, le projet antisocial du néolibéralisme accentue la tendance autocentrée des classes dominantes et leur séparatisme social. Débat entre Jérôme Fourquet, politologue et directeur du département opinion publique à l’Ifop (1), et la sociologue Monique Pinçon-Charlot (2).

 

Dans une étude réalisée par l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, l’idée d’une « sécession » des riches s’impose comme conclusion pour caractériser la situation actuelle. Qu’entendre par cette expression ?

Jérôme Fourquet

On a travaillé en effet dans cette note autour de l’idée d’une sécession des classes sociales les plus favorisées. On a essayé de lister quels étaient les processus multiples, pas forcément conscients, qui ont abouti au fait que les occasions de contacts entre ce qu’on va appeler les élites et le reste du corps social sont de moins en moins fréquentes, et cela aboutit au développement d’une catégorie qui est hors-sol, pourrait-on dire, de plus en plus autocentrée et qui a de plus en plus de difficultés à prendre conscience ou des difficultés ou du quotidien du reste de la population. Nous sommes partis de cas assez connus. Par exemple, si vous prenez ce qui se passe au niveau géographique, on a montré, grâce aux données du recensement de l’Insee, que dans les grandes métropoles on a une concentration des catégories les plus favorisées qui prend des proportions tout à fait spectaculaires. Je vous donne quelques chiffres. Au recensement de 1982, on a 25 % de la population active dans Paris intra-muros qui sont classés par l’Insee dans la catégorie des cadres et professions intellectuelles. Au dernier recensement, on est monté à 46 %, soit quasiment un sur deux. En l’espace de trente ans, cela a doublé. Ça, c’est pour Paris, mais si vous allez à l’ouest de la capitale, dans les Yvelines, on a une espèce d’écosystème qui s’est mis en place. Vous pouvez faire 30 ou 40 kilomètres et ne traverser que les communes où 40 à 50 % de la population appartiennent aux mêmes classes sociales. Les clubs de sport, les écoles, les commerces, les lieux de culture et de loisirs… tout est fréquenté par des gens qui se ressemblent. On atteint une telle masse critique qu’on peut vivre totalement dans une espèce d’autarcie. Cela, c’est ce qui se passe niveau géographique. C’est analogue avec ce qui se passe au plan scolaire ou au niveau des quartiers, où la ségrégation sociale est très forte. On avait d’autres institutions qui servaient de lieux de brassage où on pouvait se frotter aux autres groupes sociaux qu’on n’avait pas l’habitude de côtoyer le reste de l’année. Je pense notamment aux colonies de vacances. Les colonies de vacances n’ont pas disparu, mais vous en avez de plus en plus qui sont privées avec un ticket à l’entrée et des offres très segmentées. Compte tenu et des contenus et des tarifs pratiqués, le filtre est très fort. Autres éléments de brassage, le service militaire ou encore les partis politiques. Par une multiplicité de facteurs et de processus dont certains ne doivent rien à l’économique, on a abouti à cette situation où nous avons des catégories dites dirigeantes ou des élites qui aujourd’hui sont de plus en plus coupées du reste de la population, ce qui fait, selon le mot de Thomas Frank, l’essayiste américain, que ces élites vivent « comme des touristes dans leur propre pays ».

Cette volonté de rester dans l’entre-soi dans la bourgeoisie et les classes favorisées est-elle un phénomène ancien ou notez-vous une aggravation du séparatisme social ?

Monique Pinçon-Charlot

L’aggravation du phénomène de séparatisme social est absolument énorme. Les riches pour faire court, la classe dominante, qu’elle soit du XVIIIe, du XIXe, du XXe ou du XXIe siècle, a toujours été dans l’entre-soi, dans ses quartiers, dans ses cercles, dans ses conseils d’administration, dans les réunions internationales organisées pour affiner la prédation des dominants sur les peuples. Donc, de ce point de vue, rien de nouveau. Ce qui est intéressant dans la prestation de Jérôme Fourquet avec cette note « 1985-2017 : quand les classes favorisées ont fait sécession », c’est qu’elle prend sa logique dans un ensemble destiné à banaliser l’idée que les riches soient de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. C’est cela, le vrai problème. Cette banalisation est intéressante pour mettre en perspective le travail de Jérôme Fourquet. Par exemple, lorsque Emmanuel Macron déclare, parce qu’il essaye de se débarrasser du sobriquet du « président des riches », « les riches se débrouillent très bien tout seuls. Ils n’ont pas besoin d’un président », il dit cela justement pour qu’on ne comprenne pas qu’il leur fait des cadeaux parce qu’ils sont les détenteurs des titres de propriété qui permettent l’exploitation de la force de travail des autres et qu’ils ont besoin de lui. Emmanuel Macron essaye par tous les moyens idéologiques de banaliser la rupture des riches vis-à-vis des autres classes sociales. Ce n’est pas une sécession, c’est une guerre. C’est une guerre avec des armes extrêmement violentes, dont les armes idéologiques et linguistiques. Quand Jérôme Fourquet décortique les cinq évolutions qu’il a nommées, c’est intéressant, mais quelle est la cause de tout cela ? Ce n’est jamais abordé. Le système capitaliste, la prédation des richesses par les détenteurs des titres de propriété, est absolument absent de ce travail. Il ne remet pas en cause le fait que les riches, de plus en plus, veulent se protéger et, aujourd’hui, nous faire croire que ce sont eux les créateurs de richesses et que nous, nous ne sommes que des cyniques, des extrémistes, des fainéants, des charges, des coûts et maintenant des menaces. Pourquoi y a-t-il cette offensive idéologique ? Avec le dérèglement climatique qui est le moment fatal où le système capitaliste va soit détruire la Terre, soit rebondir en détruisant une grande partie de l’humanité qui est en trop aujourd’hui, voilà ce à quoi on tente de nous habituer ! Autre question : les riches, d’où tiennent-ils leur fortune ? Est-ce que ce ne sont pas nous, nous tous, qui sommes à l’origine de la richesse collective ? De qui dépend l’oppression ? De nous. De qui dépend qu’on supprime l’oppression ? De nous. Et donc ce travail, je le respecte, mais je le restitue dans cette perspective historique où on veut vous habituer à banaliser le fait que les riches ont absolument tous les droits et que nous n’en avons aucun.

Vous insistez sur l’exil fiscal comme expression importante de ce que vous appelez la « sécession des riches ».

Jérôme Fourquet

Sécession des riches, sécession des élites, je dirai que le stade ultime, ce serait l’exil fiscal. Je cite des chiffres qu’on a pu obtenir. Il y a toujours un certain halo de ce côté du point de vue de Bercy, mais ce qu’on voit, c’est qu’il y a plusieurs centaines d’individus qui partent tous les ans. Il y a aussi le comportement d’un certain nombre d’acteurs politiques qui est révélateur. Aujourd’hui, quand un candidat se lance dans la course présidentielle en France, cela coûte beaucoup d’argent. Il faut aller chercher l’argent là où il se trouve. Dans les cercles et les beaux quartiers, c’est connu depuis très longtemps, mais ce qu’on constate depuis quelques années, c’est que les candidats, plutôt de droite, mais encore davantage Emmanuel Macron, font des tournées à l’étranger. Les résultats électoraux dans les bureaux de vote des Français expatriés sont significatifs aussi à cet égard. Je vous ai sorti juste quelques chiffres sur les neuf bureaux de vote de Genève. Au premier tour, François Fillon fait 40 % et Emmanuel Macron, 31 %. À Zurich, les chiffres sont inverses avec 30 % pour Fillon et 48 % pour Emmanuel Macron.

Monique Pinçon-Charlot

François Fillon et Emmanuel Macron étaient les deux atouts de l’oligarchie. Comme François Fillon est tombé, l’oligarchie, évidemment, s’est retournée vers Emmanuel Macron. Mais je rajoute mon petit grain de sel pour compléter ce que Jérôme Fourquet a dit et écrit sur l’exil fiscal. Les exilés fiscaux n’ont pas bougé depuis plus de dix ans. Récemment, je suis passée à la télévision avec Éric Brunet. Il parlait des dizaines de milliers de milliardaires qui s’en vont de France pour des raisons fiscales. C’est faux. Cela fait partie encore de la propagande idéologique. Quand on regarde les statistiques, on s’aperçoit qu’il y a entre 700 à 800 exilés fiscaux chaque année et pas plus. Cela ne bouge pas. C’est très stable. Comme il y en a 200 qui reviennent chaque année en France, cela fait 500 en moyenne. Combien nous coûtent en recettes fiscales ces 500 exilés fiscaux ? Environ 170 millions d’euros, c’est-à-dire rien par rapport à la suppression de l’ISF par Emmanuel Macron, qui va nous coûter au moins 3 milliards d’euros par an. Cela correspond au budget du CNRS. Quand Jérôme Fourquet nous dit que le fait qu’Emmanuel Macron part à l’étranger pour lever des fonds pour une campagne politique présidentielle en France et que cela montre bien qu’une partie des grandes familles françaises se sont expatriées, cela fait partie, aussi, de cette manipulation idéologique de banalisation de la sécession des riches qui fait l’objet de ce débat.

Cette attitude de rupture n’est-elle pas un pari risqué pour la bourgeoisie en ce que qu’elle peut renforcer la conscience de classe des classes exploitées ?

Monique Pinçon-Charlot

La charge est tellement lourde que, sur toutes les ondes, dans les sondages, les médias qui appartiennent aux multimilliardaires français pour ce qui concerne la France, on ne cesse de nous parler des millions et des milliards de ces gens-là. Et qu’est-ce que cela fait ? Cela fait peur. Cela tétanise. C’est un élément de la violence de classe des riches. Avec Michel Pinçon, nous sommes passés de la lutte de classe à l’hypothèse d’une guerre de classe que mènent les plus riches contre les peuples. Tous les jours, tout donne raison à notre travail de sociologues. Et c’est une violence qui est tellement « dingue », qui est tellement forte qu’elle empêche la pensée critique, qu’elle empêche la conscience de classe des dominés par la sidération et la tétanisation.

Jérôme Fourquet

On a réalisé des enquêtes sur un certain nombre de sujets connexes. Par exemple, quand à la fin de l’année dernière, l’actuel gouvernement a annoncé la suppression de l’ISF, les enquêtes ont montré qu’il y avait plus des deux tiers des Français qui y étaient opposés. Nous avons réalisé aussi, il y a quelques années, pour l’Humanité, une enquête qui montrait que le sentiment de la persistance d’une lutte des classes était toujours très vivace dans la société française. Quand on dit qu’il y a un état de sidération et de tétanisation parce que cela ne se traduit pas par des manifestations ou des votes, c’est peut-être vrai. Cependant, l’attribut de « président des riches » est complètement accolé à Emmanuel Macron. Quand vous avez un même gouvernement qui fait la baisse des APL et la suppression de l’ISF, dans l’opinion publique, c’est ravageur et cela entretient le sentiment qu’il y a une politique qui est menée en faveur d’une catégorie sociale plutôt qu’une autre. En tant qu’observateur de l’opinion publique, je pense qu’Emmanuel Macron va maintenant traîner ce boulet jusqu’à la fin de son quinquennat. Quelles que soient les initiatives politiques ou de communication qu’il prenne. 

(1) Auteur de 1985-2017 : quand les classes favorisées ont fait sécession, Fondation Jean-Jaurès, 2018. (2) Auteur, récemment, avec Michel Pinçon, Des prédateurs au pouvoir. Main basse sur notre avenir, Textuel, 2017, et de Panique dans le 16e ! Une enquête sociologique et dessinée, dessins d’Étienne Lécroart, éditions La ville brûle, 2017.

Débat animé par Pierre Duquesne, retranscrit par Jérôme Skalski

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 19:24
Pascal Torre, responsable secteur Moyen-Orient du PCF, avec Berivan Firat, responsable du Mouvement des Femmes Kurdes en France, sur le stand du Finistère à la fête de l'Humanité 2018. Pascal Torre devrait être présent à la fête de l'Huma Bretagne du 1er au 2 décembre avec des militantes kurdes engagés pour la défense de la démocratie et de l'égalité des droits en Turquie et en Syrie

Pascal Torre, responsable secteur Moyen-Orient du PCF, avec Berivan Firat, responsable du Mouvement des Femmes Kurdes en France, sur le stand du Finistère à la fête de l'Humanité 2018. Pascal Torre devrait être présent à la fête de l'Huma Bretagne du 1er au 2 décembre avec des militantes kurdes engagés pour la défense de la démocratie et de l'égalité des droits en Turquie et en Syrie

MOYEN ORIENT

la poudrière

 

Le Moyen-Orient connaît une tragédie humaine et politique. Celle-ci conjugue des éléments de longue durée provoquant un engrenage de violence dont les solutions d’avenir peinent à émerger.

Un baromètre des changements mondiaux

La décolonisation n’a pas été suivie par un proces­sus de construction de l’État et s’est accompagnée d’une inadéquation entre l’État territorial et les espaces post-impériaux ou coloniaux alimentant des tensions. Pour y faire face, des régimes autoritaires stabilisateurs se sont installés afin de juguler les mouvements populaires. De plus toutes les promes­es de développement se sont progressivement enlisées. Enfin, les puissances occidentales, pour s’emparer des richesses régionales, ont soutenu ces dictatures et entretenu des conflits qui ont assommé ces sociétés.

Après avoir été au cœur des relations internationales dès l’après-guerre, le Moyen-Orient n’exerce plus la même attractivité. La fin de la Guerre Froide a mis un terme aux affiliations obligées engendrant une autonomie croissante des États ainsi qu’une atomi­sation du jeu régional. La substance des conflits s’en est trouvée modifiée opposant moins les États entre eux que les États à des lambeaux de sociétés. La nature sociale des conflits neutralise la puissance tandis que la menace devient plus mobile.

La solidité apparente du monde arabe a volé en éclat dans les années 90, permettant au néolibéra­lisme et à l’islamisme de laminer les forces progres­sistes. Le conflit israélo-palestinien a été structurant pour la région de 1950 à 1970. Le retour de la droite extrême au pouvoir a amplifié le caractère religieux et identitaire du projet sioniste. Les lois discrimina­toires se sont multipliées aboutissant au texte d’apartheid qui proclame qu’Israël est l’État nation du peuple juif. Le déplacement de l’épicentre de la conflictualité dans le Golfe marginalise aujourd’hui la question palestinienne favorisant la colonisation d’autant que l’Autorité palestinienne est durable­ment affaiblie. Pour autant, Israël est, du fait de sa politique, confronté à une crise profonde. Ces diffé­rents facteurs ont provoqué une véritable implosion du Moyen-Orient.

Mouvements populaires et engrenage de violences

Les printemps arabes de 2011 ont révélé la vitalité et les attentes des sociétés rejetant l’impéritie des États et leur violence tout en exigeant des réformes démocratiques. Ces mouvements ont suscité chez les dirigeants arabes un brusque retour de l’autori­tarisme. En Égypte, la répression a suspendu le temps politique n’atténuant pas la colère populaire. En Turquie, R.T. Erdogan multiplie les purges, les arrestations et la guerre à outrance contre les Kur­des. Ce régime de terreur a plongé le pays au bord du gouffre économique tandis que son expansion­nisme enracine au nord de la Syrie de véritables « djihadistans ». Dans ce contexte, la résistance du HDP, seule force progressiste et pacifiste, constitue un point d’appui pour les luttes à venir. Désormais, une conflictualité généralisée délite l’Irak, la Syrie et menace toute la région. On ne dira jamais assez combien l’intervention américaine en Irak a eu des effets déstabilisateurs sur la région. En dépit de la victoire de la coalition contre Daesh et l’esquisse de reconstruction de l’État irakien, la violence demeure tandis que la situation économique s’avère catastro­phique. Des mouvements sociaux secouent le pays et ont permis à la coalition conduite par Moqtada al-Sadr et les communistes d’arriver en tête du scrutin législatif.

En Syrie, le régime sanguinaire de Bachar al-Assad, avec l’appui des Russes et des Iraniens, est en voie de remporter le conflit. Pour autant, sa résolution pacifique est loin d’être acquise. Les Occidentaux, marginalisés sont réduits à miser sur la faillite diplomatique russe ou conduisent des expéditions punitives illégales sans lendemain. La Syrie est désormais divisée en trois zones d’influence entre le régime de Damas, les Turcs et une présence améri­caine au Rojava. Mais la Syrie de l’après Daesh devient le terrain d’affrontement des rivalités régio­nales comme en témoignent les bombardements israéliens qui font craindre un embrasement et place aussi la question kurde dans une position périphé­rique.

Ces guerres façonnent un nouveau paysage régional éclipsant l’Égypte, l’Irak et la Syrie tandis que les États du Golfe prospèrent et tentent de tirer parti des États fragilisés. L’Arabie Saoudite occupe une posi­tion dominante poursuivant une politique confes­sionnelle, hégémonique et mortifère au Yémen. Le Moyen-Orient est devenu une poudrière concentrant 40% des armes vendues dans le monde. Elles pro­viennent des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne et d’Allemagne favorisant l’internationali­sation des conflits et la souffrance humaine. L’Ara­bie Saoudite et Israël affirment ensemble désormais que l’Iran est pour eux une menace existentielle dans le sillage de D. Trump qui transfère l’ambas­sade américaine à Jérusalem et rompt l’accord de Vienne sur le nucléaire. D. Trump fait le pari que les difficultés de Téhéran à maintenir l’ordre isla­miste permettront un changement de régime. Rien n’est moins sûr d’autant que l’Iran ne renonce pas à sa politique milicienne qui contribue elle aussi à la fragmentation des sociétés. Cette politique peut conduire à une déflagration qu’attise la perspective de constitution d’un OTAN arabe.

Dans ce contexte le PCF appelle à des mobilisations de solidarité les plus larges possible pour atténuer les tensions et ouvrir une perspective de paix 

PCF 

 

Moyen-Orient: la poudrière (PCF)
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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 18:48
Libération de Salah Hamouri: D'abord de la joie, puis de la vigilance (Pierre Laurent, PCF)

Libération de Salah Hamouri : "D'abord de la joie, puis de la vigilance" (Pierre Laurent)


C'est d'abord de la joie. Salah est sorti de Prison. De la joie pour sa famille, ses proches, ses ami.e.s, ses camarades. De la joie que je partage avec les communistes, les participant.e.s de la fête de l'Humanité, les militant.e. du mouvement de la jeunesse communiste, des centaines de milliers de jeunes et moins jeunes qui se sont mobilisé.e.s dans tout le Pays pour sa libération.

Après plus de 400 jours de détention administrative, sans jugement ni motif, si ce n'est l'illégitime arbitraire de B. Netanyahou et de son ministre de la défense A. Liebermann, notre compatriote Salah Hamouri a enfin été libéré;
Avocat franco-palestinien, il fait, comme beaucoup d'autres, l'objet d'un harcèlement des autorités israéliennes qui entendent briser les voix qui dénoncent la colonisation, les arrestations et les massacres.

Mais c'est aussi de la vigilance. Salah Hamouri, par son engagement, est un militant de la paix qui doit désormais pouvoir rentrer chez lui à Jérusalem, recouvrer sa complète liberté de circulation et de déplacement, y compris à l'étranger. Aucune entrave ne doit lui être imposée pour pouvoir vivre avec sa famille, sa femme et son fils.

Encouragées par la politique de D. Trump qui a transféré l'ambassade américaine à Jérusalem, supprimé les aides financières à l'UNRAW et aux Palestiniens, la droite et l'extrême droite israéliennes multiplient les lois discriminatoires, amplifiant, par la loi d'"apartheid", le caractère religieux, identitaire et raciste du régime.

Des voix s'élèvent, plus nombreuses, pour dénoncer ceux qui tentent de nier l'existence du peuple palestinien et son droit à disposer d'un Etat.
Après la libération de Salah Hamouri nous appelons à la libération de tous les prisonniers politiques dont Marwan Barghouti. C'est un encouragement à amplifier la solidarité avec le peuple palestinien en constituant un front large, sans exclusive, avec toutes les forces démocratiques qui rejettent l'expansionnisme colonial et l'ultranationalisme.
Aucune paix ne sera possible dans la région sans le règlement de la question palestinienne.

Pierre Laurent,secrétaire national du PCF,

Paris, le 30 septembre 2018.

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 18:45

Décès d'Antoine Sfeir : le PCF salue sa mémoire
C'est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons la mort d'Antoine  Sfeir. Journaliste et intellectuel, spécialiste reconnu du Moyen-Orient,  il a durement payé cet esprit d'indépendance qui le caractérisait.
Esprit libre, il a su faire partager les exigences de rigueur à des générations de jeunes chercheurs tout en oeuvrant pour la paix dans cette région meurtrie.

Nous avions la fierté de partager avec lui les valeurs humanistes  auxquelles il est demeuré fidèle toute sa vie.
Le Parti Communiste Français salue sa mémoire et présente ses condoléances sincères à sa famille et ses proches.

Parti communiste français,

Paris, le 1er octobre 2018.

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 16:46
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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 16:45
Communiqué d'Elsa Lefort sur la libération de Salah Hamouri

Communiqué d’Elsa Lefort
 

Salah Hamouri est enfin sorti de la prison du Néguev où il était enfermé depuis 13 mois, suite à une décision strictement politique du gouvernement Netanyahu.

J’ai donc la joie de vous l’annoncer : Salah Hamouri est enfin libéré !

C’est lui, et personne d’autre, qui nous a annoncé la nouvelle de sa sortie. C’est totalement incroyable mais c’est particulièrement significatif.

Les plus hautes autorités françaises, jusqu’à la dernière minute et malgré nos demandes, nous ont expliqué qu’elles ne « savaient pas » ce qu’il adviendrait le 30 septembre quant à la libération de Salah Hamouri. Il convient de savoir aussi qu’un rendez-vous accepté en juillet entre le Président Emmanuel Macron et moi-même a été annulé brutalement au mois d’août. L’engagement élyséen a été rompu tandis que le Président recevait un député franco-israélien particulièrement extrémiste qui avait injurié Salah dans l’hémicycle. On peut difficilement faire plus complaisant avec les autorités israéliennes et ses inconditionnels soutiens français !

On ne peut pas concevoir des relations diplomatiques déloyales et déséquilibrées avec aucun pays au monde. Pourtant c’est ainsi avec Israël. Nous n’oublions pas qu’il y a eu des prises de position des autorités françaises – positions que nous avons saluées. Mais il n’y a pas eu, de toute évidence, les moyens de la réussite mis en œuvre qui soient à la hauteur de la situation concrète, ni d’éléments mis dans la balance qui soient de nature à lever le mutisme, le mépris et l’arbitraire des autorités israéliennes.

Cela pose un problème plus vaste à nos « élites ». Il faut, si la France veut jouer un rôle dans cette région, qu’elle soit au diapason des réalités de ce pays qui sort des normes classiques de la diplomatie et qui viole quotidiennement le droit international. Elle doit tirer des leçons de son impuissance à se faire respecter et à se faire entendre sur ce cas qui touchait clairement à des valeurs fondamentales non-négociables. C’est une question d’efficacité mais aussi d’honneur et d’image de notre pays dans le monde.

Cela ne fait que souligner un fait essentiel : la libération de Salah Hamouri est d’abord le fruit de l’action et du rassemblement d’élu-e-s de tous « niveaux », de nombreuses personnalités françaises ou étrangères ; de dizaines de milliers de citoyen-ne-s ; d’associations diverses multiples ; de quelques journaux et de journalistes qui ont fait leur travail honnêtement ; de partis, de syndicats et d’avocat-e-s. Une grande diversité s’est rassemblée, s’est élargie et est restée unie pour cette cause fondamentale : celle de la liberté.

En ce moment tout particulier je tiens à vous remercier chaleureusement, en mon nom bien sûr mais aussi au nom de Salah, et nous tenons à vous assurer de notre plus profonde et sincère reconnaissance. Nous n’oublierons pas ce moment de forte solidarité humaine.

La « détention administrative » telle que pratiquée en Israël est synonyme d’arbitraire. Salah Hamouri est libre au terme d’une rude bataille où jamais ses soutiens n’ont mis un genou à terre. Mais il reste des centaines d’autres cas similaires dans les prisons israéliennes, des enfants, des femmes et des hommes.

Il reste aussi des milliers de prisonniers politiques que Salah s’est engagé, et nous avec lui, à défendre plus efficacement en devenant avocat. Et nous pensons, en ce jour, à toutes celles et à tous ceux qui sont encore dans les glauques prisons israéliennes et qui ne devraient pourtant pas y être. C’est tout un peuple que la « Force occupante » veut casser ou chasser de sa terre natale.

Nous avons remporté un combat. Il y en a d’autres à venir. Et il nous faut remporter la bataille pour la pleine liberté du peuple palestinien. Cela fait 70 ans qu’il en est privé.

Avec cette belle nouvelle que nous savourons et que nous sommes heureux de vous annoncer et de partager avec vous, nous devons maintenant, vous le comprendrez, panser quelques plaies et prendre un peu de temps pour nous, pour nous retrouver tous les trois qui avons été privés si longtemps de vie familiale. De sorte que nous ne manquerons de vous informer des suites de cette libération car des obstacles peuvent encore être posés par les autorités israéliennes pour empêcher Salah de nous rejoindre rapidement en France et de nous serrer dans ses bras.

En vous remerciant de nouveau, nous vous prions de croire que nous n’entendons pas en rester là.

Merci encore et retenons la leçon : la preuve est une nouvelle fois apportée qu’il n’est de combats perdus que ceux qu’on ne mène pas ! Même contre des extrémistes notoires. C’est le bon chemin. La vie et l’histoire le montrent.

Nous avons bon espoir dans des temps meilleurs. C’est un « mal incurable » que nous avons en commun.


Elsa Lefort
Dimanche 30 septembre 2018

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 15:50

PORTS FRANÇAIS SACRIFIES

 

La Commission européenne choisit de revoir le tracé des corridors maritimes bordant le continent, en ne retenant aucun port français. Des députés communistes et la CGT montent au créneau.

Les vagues provoquées par le Brexit n’ont pas fini d’être utilisées par les instances de l’Union européenne pour libéraliser et désorganiser l’économie et l’activité des pays membres. Cette fois, la lame touche les ports français.

En effet, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE), entamée le 29 mars 2017, a conduit la Commission euro­péenne à modifier les trajets des navires marchands dans les océans et les mers qui entourent le continent. Une révision cen­sée éviter d’isoler l’Irlande de la partie continentale de l’UE. C’est ce qu’a annon­cé le 1er août dernier Violeta Bulc, la com­missaire européenne aux Transports, en présentant le projet de modification du corridor du réseau central transeuropéen entre la mer du Nord et la Méditerranée. Sauf que, si de nouvelles liaisons sont ajoutées entre les ports irlandais de Dublin et Cork et les ports belges de Zeebrugge et Anvers ou encore celui de Rotterdam (Pays-Bas), aucun port français n’est prévu dans ce nouveau plan.

Une situation que dénoncent les députés communistes Jean-Paul Lecoq et Pierre Dharréville dans une lettre au Premier ministre. Relayant « la stupéfaction et l’in­compréhension de la communauté mari­time et portuaire nationale », les parle­mentaires, dont les circonscriptions com­prennent notamment les ports du Havre et de Marseille-Fos-sur-Mer, rappellent l’évidence : « Il suffit de prendre une carte pour s’apercevoir que vouloir créer des corridors maritimes entre les ports irlandais et les ports belges et néerlandais en écartant nos ports nationaux constitue un non-sens. »

Un risque pour les ports français de regar­der passer les navires plutôt que de les voir accoster, et ce, alors que l’efficacité y est parfois supérieure aux autres places portuaires. C’est le cas au Havre, qui traite 23 conteneurs à l’heure, contre 16 seule­ment pour le port de Rotterdam, pourtant automatisé en grande partie.

Les députés communistes se sont associés avec d’au­tres parlementaires pour saisir la commis­saire européenne et lui réclamer d’intégrer les ports français au corridor, ils ont égale­ment demandé à Édouard Philippe de quelle façon une telle proposition a pu être élaborée sans que le gouvernement et la communauté portuaire n’y soient associés. En outre, comment ce dernier a-t-il pu ne pas voir que le financement des ports fran­çais par l’Europe dans le cadre des inves­tissements prévus pour le futur réseau transeuropéen de transport (RTE-T) serait remis en cause ?

Pour Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la fédération CGT des ports et docks, la réponse est à chercher du côté du lobbying exercé à Bruxelles par « des pla­ces portuaires qui ont déjà bénéficié large­ment des aides de l’Europe ». Il y a dix ans, le port de Rotterdam bénéficiait déjà de 900 millions d’euros de fonds euro­péens alors que les ports français devaient se partager seulement 174 millions d’eu­ros.

Le syndicaliste pointe aussi l’inertie du gouvernement, auquel la CGT réclame la création d’un véritable ministère de la Mer, afin de « promouvoir une politique d’investissement ambitieuse et à la hau­teur du statut de la France et de sa particu­larité géographique »

 

 

Union Européenne - les ports français sacrifiés (PCF)
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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 15:44
Salah Hamouri enfin libre ! - Communiqué de l'AFPS
Salah Hamouri enfin libre !

http://www.france-palestine.org/SALAH-HAMOURI-ENFIN-LIBRE

Cette fois, la détention administrative de Salah Hamouri n’a pas été prolongée, et il est aujourd’hui sorti de sa prison après plus de 400 jours de détention sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.

Enfin libre, mais après 400 jours de détention dans des conditions difficiles, 400 jours de privation de sa liberté, de toute relation avec son épouse et son jeune fils qui aura grandi sans lui. 400 jours volés à son activité professionnelle alors qu’il venait de passer son diplôme d’avocat.

400 jours emblématiques de la situation des prisonniers politiques palestiniens, condamnés dans des conditions arbitraires ou subissant le scandale de la détention administrative.

Avec tous les militants et les élus qui ont œuvré pour sa libération, nous nous réjouissons de la libération de Salah Hamouri, tout en observant que ces 13 mois de détention auront été un affront pour notre pays, et le symbole de l’injustice subie par les 6000 prisonniers politiques palestiniens actuels, dont 300 enfants et 400 détenus en détention administrative, et toutes celles et ceux qui ont été antérieurement emprisonnés.

Il est urgent maintenant que sa famille puisse être réunie pour vivre à Jérusalem, comme c’est leur demande parfaitement légitime. Nous demandons au gouvernement français de tout faire pour que cette demande puisse être satisfaite. Salah doit pouvoir aussi voyager librement, et nous nous ferons une joie de le recevoir en France.

 

Le Conseil national de l’Association France Palestine Solidarité
30 septembre 2018

Salah Hamouri enfin libre ! - Communiqué de l'AFPS
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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 05:33
Salah Hamouri: cachez cet avocat embastillé par Israël que je ne saurais voir

On a regardé hier soir, dimanche 30 septembre, les journaux télévisés de France3 puis de France 2 : Pas un mot de la libération de notre camarade Franco-Palestinien Salah Hamoury, c'est scandaleux! 

C'est vrai que notre ministre breton des affaires étrangères et notre roi Macron ne veulent pas gêner le colonisateur israélien et son système d'arrestation arbitraire datant de l'état d'urgence instauré par l'armée d'occupation britannique en 1945.  

Salah Hamouri: cachez cet avocat embastillé par Israël que je ne saurais voir
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30 septembre 2018 7 30 /09 /septembre /2018 20:16

Un excellent Ian Brossat face à l'agitateur de l'heure de l'ultra-libéralisme économique décomplexé, Charles Consigny, adversaire de classe bien identifié.   

Il a su rester calme, garder le sens de l'humour et distiller ses arguments de manière tout à fait claire face à la mauvaise foi et la connerie: 

"On est pas au Comité Central", "Votre objectif, c'est d'administrer la misère", "Ce que veulent les communistes, c'est l'égalité dans la pauvreté", "Vous êtes un des derniers survivants d'une espèce disparue". "Vous êtes professeur, ce qui m'inquiète pour les générations à venir". "La mairie de Paris n'est pas là pour divertir et amuser les enfants". 

« Charles Consigny, nous n'avons pas les mêmes valeurs. Moi ce qui m'indigne c'est qu'il y ait 9 millions de pauvres en France. Je suis un partageux, je suis favorable aux services publics et au partage des richesses. »

Ian Brossat

« Charles Consigny, nous n'avons pas les mêmes valeurs. Moi ce qui m'indigne c'est qu'il y ait 9 millions de pauvres en France. Je suis un partageux, je suis favorable aux services publics et au partage des richesses. »

Ian Brossat

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