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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 13:24
Morlaix. 200 salariés de Hop ! ont débrayé (Ouest-France, 7 avril 2017)

La grève est nationale, mais les inquiétudes sont aussi locales. Un an après la fusion, les ex-Brit Air, à Morlaix, craignent pour leur avenir.

Répondant à un appel national, environ 200 salariés de Hop ! Air France ont débrayé, vendredi, à Morlaix.

Un an après la fusion des filiales régionales (Brit Air, Airlinair et Regional), les salariés craignent pour l’avenir de la compagnie. L’intersyndicale CGT-Unsa-CFDT dénonce notamment l’absence de business plan. « En termes de développement et de renouvellement de flotte, quelle place pour Hop ! dans Air France ? »,

« Ambiance morose » à Morlaix

À Morlaix, la fusion s’était accompagnée d’un plan de départs volontaires (PDV) chez Brit Air (65 personnes). Aujourd’hui, ils sont environ 300 (maintenance et administration), plus 36 salariés chez Hop ! Training by Icare, filiale dédiée à la formation des pilotes.

« Au service administration, l’ambiance est morose », raconte Sébastien Grandjean, délégué CGT, expliquant que « la baisse des effectifs entraîne du surmenage ». Au moment de la fusion, des engagements avaient été pris pour ne pas déshabiller le site. « Pourtant, le service paie risque de partir à Nantes. »

Perte d’acquis sociaux
 

La renégociation des accords collectifs, suite à la fusion, inquiète aussi l’intersyndicale. « On ne tient pas compte de l’historique des compagnies, 40 ans à Morlaix, déplore Valérie Scattolin, déléguée Unsa. On risque de perdre des acquis sociaux, comme la récupération des jours fériés. »

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 08:56

Le site ultranationaliste breton Breiz Atao, animé par le blogueur Boris Le Lay, est déréférencé depuis quelques jours par le moteur de recherche Google. Conséquence d'un procès qui a eu lieu à Brest, le 15 décembre.

Le 15 décembre, le blogueur ultranationaliste Boris Le Lay a une nouvelle fois été condamné par le tribunal de Brest pour avoir accusé, sur son site Breiz Atao, le responsable d'une chaîne de magasins d'origine algérienne, d'avoir financé d'une manière occulte la mosquée Sunna de Brest, dirigée par Rachid Aboud Houdeyfa. Imam qui avait défrayé la chronique ces derniers mois en déclarant qu'écouter de la musique était un péché.

Ce jour-là, à l'audience, l'avocat de la défense avait demandé que le site Breiz Atao soit fermé. Le tribunal l'avait suivi dans ses réquisitions. Mais difficile d'appliquer cette décision quand on sait que ce site est hébergé à Houston, au Texas. Et que, dans cet État américain, comme dans les autres, une totale liberté d'expression est garantie par le premier amendement de la constitution américaine. Quant à l'auteur de ces propos diffamatoires, difficile de l'appréhender. Originaire de Rosporden (29), il vit depuis de longues années au Japon, hors de portée de la justice française.

Une volonté d'étendre l'interdiction

Début mars, Gilles Clavreul, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, a informé Google de la décision de justice de Brest. Au vu du jugement, le groupe américain a décidé de déréférencer Breiz Atao de son moteur de recherche. En clair, depuis quelques jours, tout internaute qui tape le nom du site ne peut plus y accéder par ce biais. Un tel déréférencement est assez rare. De telles décisions sont généralement prises à l'encontre de sites pédopornographiques ou terroristes. Mais depuis quelques mois, la délégation interministérielle de lutte contre le racisme a décidé de cibler davantage les discours de haine véhiculés sur le Net.

Ce déréférencement, qui a été validé le 28 mars dernier, pourrait être étendu à d'autres moteurs de recherche.

Boris Le Lay, rappelons-le, a été condamné à plusieurs reprises à Quimper, Paris et Brest pour incitation à la haine raciale et apologie de crime contre l'humanité. La condamnation la plus lourde prise à son encontre est de 2 ans de prison ferme.


© Le Télégrammehttp

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:47

Suite à la plainte portée par la BNP de Quimper à la suite de l'action citoyenne contre l'évasion fiscale de samedi dernier, le collectif de défense des services publics Cornouaille (dont le PCF est partie prenante avec des associations et des syndicats) a réalisé ce communiqué.. 

 Nous accusons la BNP Paribas de participer à l’organisation de l'évasion fiscale comme l’ont révélée les Panama Papers. Avec 2,4 milliards d’euros en 2014, la BNP est la banque française qui réalise le plus gros volume de bénéfices dans les paradis fiscaux.
 

Nous accusons la BNP Paribas d’aggraver la crise climatique, en finançant les énergies fossiles ainsi que le nucléaire et autres activités incompatibles avec la transition sociale et écologique. La BNP Paribas continue à financer les entreprises qui développent, extraient et brûlent le charbon, nocif pour le climat et la santé ! La BNP cherche aussi à financer des projets d’énergies fossiles, comme le terminal d’exportation de gaz de schiste Texas LNG, aux Etats-Unis, alors que les gaz de schiste sont interdits en France !
 

Nous accusons la BNP Paribas de bafouer les droits des populations à un environnement sain et à décider par elles-mêmes de leurs conditions de vie, en finançant des entreprises connues pour les exactions menées à l’encontre de ceux qui contestent leurs activités.

Parce que les 5 à 10 prochaines années sont cruciales pour stabiliser le climat, l’argent qui est aujourd’hui dissimulé dans les paradis fiscaux et qui sert à financer les entreprises les plus polluantes doit être réorienté, de façon urgente, vers une transition écologique et sociale qui nous permette de relever le défi climatique.

 Ce ne sont pas les militants contre l'évasion fiscale qu’il faut poursuivre, mais les puissantes multinationales qui organisent le système de l’évasion fiscale, la destruction de l’environnement et des conditions de vie des populations partout dans le monde.
 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:37
Le peuple équatorien a tranché ! Moreno succède à Correa ( PCF)

Le peuple équatorien a tranché ! Moreno succède à Correa

 

Avec 5 057 149 voix contre 4 827 753 suffrages exprimés pour son adversaire de droite Lenin Moreno succède à son camarade de combat Rafael Correa pour la présidence de la République d’Equateur. C’est un échec symbolique pour la droite réactionnaire conduite par Guillermo Lasso.

Dorénavant, d’ici 2021, avec une majorité à l’Assemblée nationale sortie des urnes lors du 1er tour de la présidentielle, les conditions sont créées pour poursuivre l’ambition de développement économique et humain engagé depuis 10 ans autour de grands objectifs nationaux d'éducation, de santé, de la jeunesse, d’environnement, de logement, d’augmentation de la production, de progrès social et de l’emploi, contre les drogues et la corruption. Autant de questions à continuer de résoudre pour faire avancer la paix et l'harmonie du bien vivre ensemble.

La victoire d’Alianza Païs avec Lenin Moreno est une vraie bouffée d’oxygène pour celles et ceux, qui dans des rassemblements des plus larges et divers, résistent et luttent pour la transformation sociale.

Le Parti communiste français tient à saluer cette victoire qui est un encouragement pour tous les progressistes de la région et de la planète.

Le Parti communiste français,
Jeudi 6 avril 2017

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:28
STX: la navale ne doit pas passer sous pavillon italien (PCF)

STX : La navale française ne doit pas passer sous pavillon italien

 

Alors même que plusieurs candidats à la présidentielle, dont le candidat socialiste, appelait à la nationalisation, au moins temporaire, des chantiers de Saint-Nazaire, le gouvernement a finalement donné son feu vert à Fincantieri pour racheter le chantier naval de Saint-Nazaire.

Loin de  « l’Airbus de la navale » affiché par le gouvernement les dangers sont grands : les capacités de productions sont concurrentes plus que complémentaires et le recours aux statuts précaires est massif sur les chantiers italiens. Avec 20 chantiers dans le monde l’état italien, actionnaire majoritaire de Fincantieri, vient de se payer la navale française.

 

Quand au montage capitalistique grossier, visant à montrer que le groupe n’aurait qu’une majorité relative de 47% sur le site français, il ne trompera personne : un fond privé italien CR Trieste est également entré au capital à hauteur de 7%. Le capital italien est bien majoritaire face aux 33% de l’Etat français et aux 12% de DCNS. Dès les premières fuites concernant cette vente,  l’action Fincantieri a fait un bond de plus de 10%. 

 

Malgré les garanties obtenues, le montage présenté risque d’être ingouvernable et l’avenir n’est pas garanti à moyen terme: Un fleuron industriel aussi important ne peut pas devenir la variable d’ajustement des capacités de productions italiennes. Il est temps d’engager la diversification de la production qui ne peut se limiter aux paquebots de luxe et à quelques navires militaires.

 

Dans la campagne présidentielle les communistes portent une autre ambition répondant aux besoins du pays pour engager un nouvel essor de l’industrie et la transition écologique. Nous demandons que l’Etat français utilise son droit de préemption pour construire enfin le projet garantissant, l’indépendance de la navale française et les garanties sociales et  industrielles nécessaires. 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 07:24
L'opposition municipale de Morlaix a souhaité réagir après l'annonce d'Agnès Le Brun, maire, de projet de taxe sur les friches commerciales pour résoudre le problème des locaux vides (Le Télégramme d'hier). « Nous prenons acte de voir enfin ce problème reconnu car, malgré nos questions en conseil municipal, on nous répondait encore dernièrement que tout allait bien ! La réponse d'Annie Piriou, alors, avait été saisissante : « Dormez braves gens, tout va bien, et vous, l'opposition, n'êtes que des oiseaux de mauvais augure ! », entament les élus de l'opposition avant de s'interroger sur l'efficacité de cette taxe : « Le niveau des impôts sur Morlaix n'est-il pas déjà largement rédhibitoire ? », avant d'évoquer « un véritable frein aux transactions immobilières des locaux vacants » et le « découragement des investisseurs, peu nombreux, qui prendraient le risque d'une surtaxe en cas de vacance ». Pour les élus, si on ajoute « secteur sauvegardé, nouvelle taxe, parkings payants, etc., l'addition peut apparaître salée ». Et de regretter le manque de réflexion avec Morlaix communauté, « partenaire incontournable ». « Une nouvelle fois, sur un enjeu majeur du centre aggloméré, la ville joue seule ». « Plus largement, le commerce de proximité fait partie de l'attractivité globale d'une ville, au même titre que l'habitat, la présence des services publics, le niveau d'imposition, l'installation des professionnels de santé, l'aménagement du pôle d'échange multimodal... Pour cela, il faut une vision du développement de sa ville à long terme, une stratégie globale ! Bref, tout ce qui manque à Morlaix ! », conclut l'opposition.
 
Le Télégramme, 6 avril 2017
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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 20:19
Fédération du Finistère du Parti Communiste - 5 rue Henri Moreau - 29200 BREST

Fédération du Finistère du Parti Communiste - 5 rue Henri Moreau - 29200 BREST

L'alternative, c'est maintenant! 
Inventons ensemble un autre avenir. 
Il est possible de changer et de construire un nouveau mode de développement, luttant contre la finance et la prédation capitaliste, pour rendre possible l'égalité des droits et des modes de vie préservant la Terre et l'Humain. 
Il est possible de faire gagner une gauche qui ne renie pas ses valeurs.
Il est possible d'éviter le retour de la droite (Fillon, Macron) ou l'accession au pouvoir et aux responsabilités de l'extrême-droite (Le Pen). 
Il est urgent que toutes celles et ceux qui veulent sortir le pays de l'ornière se rassemblent pour construire l'alternative au libéralisme économique et à l'austérité. 
Le peuple de gauche, les femmes et les hommes de progrès, la jeunesse ont tout intérêt à dire Stop à l'austérité.
Ne restons pas au milieu du gué.
Ensemble, ouvrons des perspectives nouvelles, conjurons les dangers de régressions démocratique et sociale extrêmement graves qui nous menacent. Soyons à la hauteur des responsabilités historiques de ce moment charnière.
Une majorité populaire peut se constituer. 
Ensemble, cette force tranquille qui ne renonce jamais peut changer la donne.
Pour les communistes, l'alternative est un projet progressiste pour la France, l'Europe, le Monde.
Ecrivons ensemble ce projet qui se fera dans le mouvement de la vie.
Ce projet a besoin de vous toutes et vous tous.
Il a besoin de l'irruption citoyenne. 
Cela commence par le vote Jean-Luc Mélenchon lors du premier tour de la présidentielle, le 23 avril. 
La fédération du Parti Communiste du Finistère, le 5 avril 2017    
L'alternative, c'est maintenant! (Communiqué de la Fédération du Parti Communiste du Finistère, 5 avril 2017)
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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 09:50
L'intervention des frères Bocquet a été suivie par plus d'une centaine de personnes.

L'intervention des frères Bocquet a été suivie par plus d'une centaine de personnes.

Invités par la section quimpéroise du Parti communiste français, les frères Bocquet, deux parlementaires français communistes, ont fait hier après-midi salle comble aux Halles Saint-François où ils donnaient une conférence sur le thème de l'évasion fiscale. Éric Bocquet, sénateur, est l'auteur d'un rapport pour la Commission d'enquête sur l'évasion des capitaux et des actifs hors de France et ses incidences fiscales en 2012. Avec son frère Alain, député, il a rédigé un livre « Sans domicile fisc » publié aux éditions du Cherche Midi en 2016.

60 conférences en trois mois


Hier, à l'occasion de leur 60e réunion organisée en France en l'espace de trois mois, ils ont redit que « l'évasion fiscale fait perdre entre 60 et 100 milliards d'euros au budget de la France ». Un chiffre astronomique qui permettrait de compenser la dette française. Dans la salle, plus d'une centaine de personnes ont écouté attentivement les deux intervenants qui ont dénoncé l'attitude des grands groupes français. Ils leur reprochent de placer les profits réalisés en France dans les paradis fiscaux. Les 50 exemplaires de leur livre « Sans domicile fisc » sont partis comme des petits pains. Hier, il était impossible de s'approvisionner dans les librairies de la ville, elles aussi dévalisées, selon Piero Rainero, conseiller municipal communiste de Quimper.
 
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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 21:15
photo Jean-Marc Nayet

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Yvonne Rainero, secrétaire de section PCF de Quimper, organisatrice de l'événement, Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère, Alain er Eric Bocquet

Yvonne Rainero, secrétaire de section PCF de Quimper, organisatrice de l'événement, Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère, Alain er Eric Bocquet

Lutte contre l'évasion fiscale, 5 avril à Quimper: une centaine de personnes à la réunion publique de Eric et Alain Bocquet aux Halles Saint François à Quimper pour une intervention extrêmement forte sur la finance et les paradis fiscaux
photo JM Nayet

photo JM Nayet

photo JM Nayet

photo JM Nayet

Voilà deux parlementaires qui font honneur à la politique et à l'engagement communiste, de grands pédagogues appuyés sur la longue enquête et le travail de rencontres. 

Pendant deux heures, sur un créneau pas évident pour faire venir du monde, Alain et Eric Bocquet ont fait le travail de porter à connaissance du public, avec beaucoup d'anecdotes truculentes et d'humour malgré le caractère sombre et plus qu'inquiétant du sujet, le fonctionnement du capitalisme financiarisé en tant qu'il repose, "normalement" dans le système actuel, sur l'évasion fiscale et le pillage des nations.

Plus de cent personnes étaient venues assister à cette conférence-débat, très bien annoncée par une quatrième de couverture et une pleine page dans le Télégramme lundi, et seraient bien rester encore davantage à échanger et écouter les frères Bocquet tant le discours était intéressant et nourrie d'une vraie connaissance du sujet. 

C'était la soixantième conférence du tour de France des frères Bocquet, et la quatrième de leur Breizh Tour les 4 et 5 avril, mais Eric et Alain Bocquet ont déjà pris rendez-vous pour une table ronde à la prochaine fête de l'Humanité Bretagne à Lorient à la fin novembre, avec une plateforme avec un lanceur d'alerte (d'UBS probablement) et un responsable du CCFD. 

Comme à Ploufragan hier soir, où 120 personnes ont participé à la réunion publique organisée par le PCF et ses candidats aux législatives dans les Côtes d'Armor, comme dans la plupart des départements où ils sont passés, les frères Bocquet ont fait salle comble, preuve que ce sujet de l'évasion fiscale est au coeur des préoccupations et des soucis des citoyens, la clef de voûte, non seulement, de la justice devant l'impôt, mais de la capacité à dégager des moyens pour les services publics, les retraites et les retraités, la sécurité sociale, les jeunes, et pour réduire le déficit de l'Etat. 

Pour Alain Bocquet, "Sans domicile fisc" est un "livre de combat afin de ramener cette finance folle à la raison". Pour Eric Bocquet, il est la preuve que "l'argent du monde nouveau existe". Ce livre constitue, selon Jean Ziegler, "une arme formidable dans la phase paroxystique de la lutte des classes que les oligarchies du monde financier globalisé livrent aux peuples du monde".   

Quelques morceaux choisis de l'intervention d'Eric Bocquet et Alain Bocquet. 

Ce livre, écrit avec la collaboration du journaliste Pierre Gaumeton, et qui s'ouvre par une très longue citation du Pape François, reprenant les mots de Basile de Césarée sur "l'argent, fumier du diable" pour stigmatiser le système capitaliste financier producteur d'inégalités indécentes et destructeur des démocraties, est le produit de travaux d'enquête parlementaire, au sein de trois enquêtes parlementaires que nous présidions, et qui ont été adoptées à l'unanimité au Parlement, à chaque fois, preuve que le diagnostic peut être partagé même si les moyens d'action ne suivent pas. C'est aussi le produit de rencontres avec des grands témoins comme Eva Joly, Nicolas Hulot, Michel Barnier, Alain Lamassoure, plusieurs lanceurs d'alertes, des responsables d'ONG (OXFAM, CCFD-Terre Solidaire, ATTAC, qui s'intéressaient déjà de prêt au sujet), des journalistes d'investigation.  

Chaque année, la France perd entre 60 et 80 milliards dans l'évasion fiscale et toutes les formes d'évitement de l'impôt. Quand on sait que le déficit de l'Etat monte à 70 milliards en ce moment, et que les recettes de l'Etat sont de 300 milliards à l'année, cette évasion fiscale à des conséquences considérables. Elle produit le recours à l'emprunt auprès des banques et marchés financiers, les intérêts de la dette: c'est donc double bénéfice pour les super riches, double peine pour la société. La dette est une arme de destruction massive contre les demandes sociales, les solidarités, le volontarisme politique. Elle est organisée méthodiquement, c'est un outil au service d'un système de marchandisation de la société pour le profit des multinationales et de quelques grandes fortunes. 

A côté de cela, les 200 millions annuels de fraude aux allocations sociales ne pèse pas grand chose. Mais on parle surtout de ceux-ci pour faire diversion! 

L'évasion fiscale à l'échelle mondiale, c'est 8% de la richesse produite chaque année: 75 000 milliards de dollars, c'est le PIB mondial. 5800 milliards sont gérés dans les paradis fiscaux, en gros une cinquantaine d'Etats. 

Il n'y a pas de définition internationale commune des Paradis Fiscaux. Avec ses critères, la France n'en reconnaît que 9, quand la liste européenne en reconnaît 30. 

Plusieurs critères:

- une fiscalité faible ou nulle. Par exemple, l'Etat Irlandais, avec sa fiscalité sur les sociétés très faible, était prêt à s'asseoir sur les 13 milliards d'euros qu'Apple lui devait, ce qui représente pourtant un quart de son budget annuel, 20 hôpitaux, un triplement des crédits alloués pour la construction de logement sociaux. Le taux de fiscalité effectif d'Apple est de 0,05%.

- un système d'évasion assumé, organisé méthodiquement, avec des institutions ayant pignon sur rue

- la confidentialité, c'est à dire l'opacité des transactions qui ne doivent pas pouvoir faire l'objet d'une tracabilité

- aucune coopération avec les administrations fiscales des pays tiers

- un système de contrôle juridique extrêmement léger

50 à 60 territoires remplissent à des degrés divers ces 5 critères et servent de paradis fiscaux. En Amérique et aux Caraïbes, plusieurs micro-Etats: Iles Caïman, Iles Vierges Britanniques, Bermudes... Aux Etats-Unis, le Nevada, le Delaware (qui a plus de sociétés que d'habitants). En Europe: le Luxembourg, les Pays-Bas, Monaco, Jersey et Guernesey, l'Autriche, l'Irlande. Dans la zone Asie, des places comme Hong Kong, Singapour. 

L'évasion fiscale n'est pas un dysfonctionnement, elle fait partie du système de la mondialisation et de la financiarisation de l'économie, géré notamment par le Big Four des 4 institutions financières spécialisées dans la fraude et l'évasion fiscale. Dans leurs enquêtes parlementaires, Alain Bocquet (qui a travaillé pendant 6 mois avec un député de droite, selon les règles des commissions d'enquête à l'Assemblée: Dupont-Aignan) et Eric Bocquet ont découvert un monde mystérieux, tabou, complexifié à dessein. Ils ont perçu combien la finance savait désormais directement placer ses hommes. Aujourd'hui, c'est évident avec Trump à la Maison Blanche, Macron aux portes du pouvoir. Juncker succédant à Barroso à la tête de l'Europe. 

La grosse masse de l'évasion fiscale de vient pas des stars du show-biz ou du cinéma, des sportifs, mais des multinationales, des grands groupes internationaux qui ont pignon sur rue. 

Les transactions s'opèrent par dizaines de milliers à la seconde, le temps d'une transaction financière avec le trading à haute fréquence géré par des ordinateurs, c'est dix puissance moins neuf seconde, 1 nanoseconde, et parfois même dix puissance moins douze seconde. Pour contrôler 10 mn de trading haute fréquence, il faudrait 6 ou 8 mois à un inspecteur des impôts. 

1,8% des transactions financières reposent sur de l'économie réelle, des échanges réels de biens ou de services: tout le reste est spéculation.   

Aujourd'hui, une grande partie de l'argent des mafias est recyclé à la City de Londres, bourse à laquelle la bourse de Paris est directement rattachée.   

Qu'est-ce qui peut être efficace contre l'évasion fiscale? 

- La sensibilisation, la compréhension et la mobilisation des citoyens: Henry Ford, qui fricotait avec les nazis, disait: "C'est une assez bonne chose que le peuple de la Nation ne comprenne rien aux choses bancaires et monétaires" sans cela il y aurait une révolution! 

- Atteindre à la réputation des sociétés qui ne paient pas leurs impôts, des banques qui organisent l'évasion fiscale

- Faire sauter le verrou de Bercy, c'est à dire arrêter de négocier des demi-mesures négociées de récupération d'une partie de l'argent quand on constate une fraude. Criminaliser véritablement l'évasion fiscale. Aujourd'hui, personne ne va en prison pour de l'évasion fiscale. Bercy encourage la fraude fiscale. Il faut obtenir la suppression du verrou de Bercy. 

- Mettre la pression sur les banques. Notre argent dans les banques françaises, c'est 1500 milliards d'euros, le produit de nos salaires, pensions, épargnes. 

- Les appels d'offre des collectivités, de l'Etat.

- Il faut organiser une COP mondiale de la fiscalité et de la finance: c'est une proposition que porte le PCF comme le CESER. 

- Il faut de l'harmonisation fiscale en Europe, plus de transparence. 

- Ce n'est pas la suppression des impôts pour les plus riches, de cet ISF qui concerne 40 000 familles, qui nous fera avancer vers un début de solution. "L'impôt est le prix à payer d'une société civilisée" disait Morganto, conseiller de Roosevelt. 

- Il faut rétablir la progressivité de l'impôt avec 14 tranches et cesser de protéger les tranches les plus hautes, comme l'a fait Hollande. 

- Il faut remonter l'impôt sur les sociétés. 

- Il faut faire en sorte que les Etats ne se financent plus auprès des marchés financiers en alimentant ainsi les bulles spéculatives (merci Giscard et Pompidou, l'homme de la banque Rotschild, déjà!). Actuellement, le remboursement des intérêts de la dette est le deuxième poste du budget de l'Etat, derrière l'Education: 47 milliards d'euros. 

Actuellement, les multinationales, qui disposent de champs de marchandisation, de mise sous influence et d'aliénation énormes avec les nouvelles technologies, la numérisation, ne rêvent que d'une chose: faire disparaître tout à fait le politique, le discréditer, pour laisser la place au rêve d'un contrôle direct par quelques multinationales et leurs grands actionnaires multi-milliardaires. Le tout marchand, le tout marché, comme horizon de leur fin de l'histoire!    

 

  

photo JM Nayet

photo JM Nayet

Alain Bocquet, député communiste du Nord, et Eric Bocquet, sénateur communiste, tous deux responsables de commissions parlementaires sur l'évasion fiscale

Alain Bocquet, député communiste du Nord, et Eric Bocquet, sénateur communiste, tous deux responsables de commissions parlementaires sur l'évasion fiscale

Eric Bocquet et un journaliste du Ouest-France

Eric Bocquet et un journaliste du Ouest-France

Lutte contre l'évasion fiscale, 5 avril à Quimper: une centaine de personnes à la réunion publique de Eric et Alain Bocquet aux Halles Saint François à Quimper pour une intervention extrêmement forte sur la finance et les paradis fiscaux
Lutte contre l'évasion fiscale, 5 avril à Quimper: une centaine de personnes à la réunion publique de Eric et Alain Bocquet aux Halles Saint François à Quimper pour une intervention extrêmement forte sur la finance et les paradis fiscaux
Lutte contre l'évasion fiscale, 5 avril à Quimper: une centaine de personnes à la réunion publique de Eric et Alain Bocquet aux Halles Saint François à Quimper pour une intervention extrêmement forte sur la finance et les paradis fiscaux
photo Jean-Marc Nayet

photo Jean-Marc Nayet

Lutte contre l'évasion fiscale, 5 avril à Quimper: une centaine de personnes à la réunion publique de Eric et Alain Bocquet aux Halles Saint François à Quimper pour une intervention extrêmement forte sur la finance et les paradis fiscaux
Lutte contre l'évasion fiscale, 5 avril à Quimper: une centaine de personnes à la réunion publique de Eric et Alain Bocquet aux Halles Saint François à Quimper pour une intervention extrêmement forte sur la finance et les paradis fiscaux
Lutte contre l'évasion fiscale, 5 avril à Quimper: une centaine de personnes à la réunion publique de Eric et Alain Bocquet aux Halles Saint François à Quimper pour une intervention extrêmement forte sur la finance et les paradis fiscaux
photo Jean-Marc Nayet

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 21:15
Les frères Bocquet mobilisent en Bretagne pour la lutte contre l'évasion fiscale(Le Télégramme, 3 avril 2017)
Les frères Bocquet mobilisent en Bretagne pour la lutte contre l'évasion fiscale(Le Télégramme, 3 avril 2017)

Évasion fiscale.

Les frères Bocquet mobilisent en Bretagne

Publié le 03 avril 2017. Le Télégramme.

 Propos recueillis par Julien Vaillant Alain (à gauche) et Éric Bocquet sont les auteurs de ce livre qui dénonce l'évasion fiscale. Alain (à gauche) et Éric Bocquet sont les auteurs de ce livre qui dénonce l'évasion fiscale.

Les frères Bocquet, parlementaires communistes, sont en Bretagne en ce début de semaine pour les 57e et 58e débats organisés autour de leur livre «Sans domicile fisc», vendu à 11.000 exemplaires.

Un sujet d'actualité alors que l’OCDE publie son rapport intitulé Outils technologiques pour parer l’évasion et la fraude fiscales.

 

Votre livre débute sur un discours du pape François dénonçant « le fumier du diable : le désir sans retenue de l'argent qui commande ». Pourquoi ?

Alain Bocquet : Nous avons voulu dire que la lutte contre l'inégalité criante et angoissante du monde n'était pas un combat partisan mais une affaire qui dépasse les obédiences et les courants de pensée. Si nous n'en faisons pas une lutte citoyenne, nous allons léguer à nos enfants et petits-enfants une société d'horreur et de misère, de guerre et d'esclavage. Et c'est déjà parti dans ce sens-là. Aujourd'hui, les huit milliardaires les plus riches de la planète possèdent une fortune équivalente à ce que détiennent les 3,6 milliards d'habitants les plus démunis du globe. Il y a un an, ils étaient 62 milliardaires à posséder l'équivalent des 3,6 milliards d'êtres humains les moins payés. Et en 2010, 388 multimilliardaires. Cela montre bien qu'il y a une tendance forte à l'accumulation de richesses vers un pôle minoritaire, tandis que la misère s'étend par ailleurs.

 

Quel est le rôle de l'évasion fiscale dans l'accroissement des inégalités ?

Les paradis fiscaux font partie du système financier et les sommes accumulées y sont impressionnantes. Les chiffres peuvent donner le tournis : selon les différents rapports, il y a entre 21.000 milliards et 32.000 milliards d'euros planqués dans ces paradis fiscaux. Pour la France , le montant estimé de la fraude fiscale, c'est-à-dire les sommes qui échappent à l'impôt, c'est entre 60 milliards et 80 milliards d'euros tous les ans. Alors que notre déficit budgétaire est de 70 milliards d'euros. Pour l'Europe entière, c'est 1.000 milliards d'euros annuels. Dans notre livre, nous démontrons que, contrairement à ce qui est fréquemment dit, de l'argent, il y en a beaucoup, largement assez pour garantir l'avenir environnemental, social et humain de la planète. Mais au lieu de lutter contre l'évasion fiscale, nos gouvernements accablent les gens de cette construction culpabilisante qu'est la dette.

Car si vous prenez les 80 milliards d'euros qui manquent au pays dans le cadre de l'évasion fiscale, les bébés français ne naissent pas avec 31.000 € de dette comme certains le prétendent, mais avec 70.000 € de crédit.

C'est un peu caricatural comme présentation, mais cela montre qu'on peut faire dire ce que l'on veut aux chiffres. Vous écrivez que seul 1,8 % des flux financiers concernent l'économie réelle... Le reste, soit 98,2 % de l'économie, c'est de la spéculation pure. Nous sommes dans un monde où la finance est devenue folle. Elle tourne sur elle-même. Mais le système est très sophistiqué.

Le trading à haute fréquence permet, notamment, à des robots qui fonctionnent sans interruption de réaliser 7.000 transactions financières le temps d'un clin d'oeil. Et ce système sera bientôt dépassé : Goldman Sachs, la plus grande banque du monde, surnommée L'Empire, vient de licencier 600 traders et de les remplacer par 200 ingénieurs de très haut niveau pour introduire l'intelligence artificielle dans le système des transactions, devenu totalement immaîtrisable humainement. Nous sommes très loin de l'époque où le général de Gaulle, pour condamner quelques spéculateurs, déclarait que la politique de la France ne se faisait pas à la Corbeille , c'est-à-dire au Palais Brongniart, à la Bourse de Paris.

 

Quelles sont les techniques les plus utilisées en matière d'évasion fiscale ?

Il y en a des dizaines. Les grandes multinationales ont, à leur service, des sociétés de conseil et d'ingénierie composées d'experts comptables, de juristes, d'avocats fiscalistes. Ils s'engouffrent dans les failles. L'imagination est au pouvoir dans ce domaine. Beaucoup de multinationales se facturent ainsi en interne (communication, merchandising, publicité...), via leurs filiales logées aux Bahamas, à Singapour ou au Luxembourg, afin d'évacuer leurs bénéfices dans ces paradis fiscaux. Ils déclarent, par contre, leurs pertes dans des États avec une forte fiscalité, pour profiter de déductions d'impôts.

En France, le taux d'imposition des entreprises du Cac 40 ne dépasse pas 6 % à 8 %. On a même connu des années où Total ne payait aucun impôt à l'État français. Les scandales (Clearstream, Panama Papers, Lux Leaks...) se sont multipliés ces dernières années mais rien ne change... Mais parce qu'il y a des complicités tacites. Donald Trump et Hillary Clinton ont des sociétés immatriculées au Delaware, un État américain qui est un des plus grands paradis fiscaux de la Terre où il y a 900.000 habitants et un million de sociétés. La gestion du club de l'Olympique de Marseille, qui vient d'être racheté par un richissime Américain, est d'ailleurs maintenant réalisée depuis le Delaware. En Europe, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, est aussi l'inventeur du « ruling » fiscal, qui permet aux multinationales de venir s'installer dans un pays en bénéficiant de cadeaux fiscaux. Son prédécesseur, Barroso, est chez Goldman Sachs. Nous dénonçons aussi les pantouflages, lorsque de hauts fonctionnaires vont travailler dans le privé. Ancien directeur du Trésor pendant deux ans, Bruno Bézard - qui connaît toutes les ficelles fiscales et les secrets d'État français - est désormais à la tête d'un fonds franco-chinois qui a des intérêts aux Bahamas.

Que préconisez-vous pour sortir de cette situation ?

Il y a douze ans, à la télévision américaine, Warren Buffet, le troisième multimilliardaire le plus riche du monde, déclarait que la lutte des classes existait bel et bien et c'était sa classe à lui, les riches, qui l'avait gagnée. Nous, nous pensons qu'ils ont gagné une bataille mais pas la guerre. Mais il s'agit du combat d'une génération. Ça prendra au moins vingt-cinq ans. Il faut que tous les gens qui ont des valeurs humanistes s'emparent de ce sujet complexe pour que l'argent devienne, non pas le nerf de la guerre, mais le nerf de la paix. Dans notre bouquin, nous faisons beaucoup de propositions. L'une d'elles, c'est l'organisation d'une COP fiscale aux Nations Unies. L'Assemblée nationale en a adopté l'idée au mois de février. Il faut maintenant réussir à la porter jusque devant l'Onu.

 

Conférence-débat avec les frères Bocquet, à la salle des Villes-Moisan de Ploufragan (22), mardi, à 19h, et mercredi, aux halles Saint-François de Quimper, entre 15h et 17h.

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/bretagne/evasion-fiscale-deux-freres-mobilises-03-04-2017-11459314.php

 

 

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