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28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 08:22
L'hommage de Jaurès à Robespierre dans sa monumentale Histoire socialiste de la Révolution Française
Il y a 200 ans, Robespierre
JEUDI, 28 JUILLET, 1994
L'HUMANITÉ

«AVEC qui es-tu? Avec qui viens-tu combattre et contre qui? Michelet a fait une réponse illusoire: «Je siégerais entre Cambon et Carnot: je ne serais pas jacobin, mais montagnard.» C'est une échappatoire... Cambon et Carnot: l'un organisait les Finances, l'autre organisait la Guerre. Sur eux ne pèse aucune responsabilité directe des décisions terribles; et il est commode de s'établir entre eux. Mais, comment Cambon aurait-il pu gouverner les Finances, comment Carnot aurait-il pu précipiter tout ensemble et discipliner l'élan des armées si des hommes politiques n'avaient assuré, au prix de douloureux efforts et de responsabilités effroyables, la puissance et l'unité de l'action révolutionnaire?

«Si grands qu'ils aient été, Cambon et Carnot ont été des administrateurs, non des gouvernants. Ils ont été des effets; Robespierre était une cause. Je ne veux pas faire à tous ces combattants qui m'interpellent une réponse évasive, hypocrite et poltronne. Je leur dis: ici, sous ce soleil de juin 93 qui échauffe votre âpre bataille, je suis avec Robespierre et c'est à côté de lui que je vais m'asseoir aux Jacobins.»

«OUI, je suis avec lui parce qu'il a à ce moment toute l'ampleur de la Révolution. Je suis avec lui parce que, s'il combat ceux qui veulent rapetisser Paris à une faction, il a gardé le sens révolutionnaire de Paris. Il empêchera l'hébertisme de confisquer l'énergie populaire; mais il ne rompt pas avec cette énergie; il défend le ministre Bouchotte, il défend le général Rossignol, il défend les officiers sortis du peuple; mais il veut qu'ils soient jugés et surveillés de haut par la Révolution de France, non pas par l'insurrection de Paris. Il n'a pas peur de Paris, et la preuve, c'est qu'il conseille aux sans-culottes parisiens de ne pas s'enrôler en masse pour les frontières, de rester armés au coeur de Paris pour préserver la capitale de toute surprise contre-révolutionnaire.

«S'il avait eu contre la Commune de mauvais desseins, il aurait fait le vide autour d'elle: il aurait expédié en Vendée ou en Flandre, ou en Roussillon, ou sur les bords du Rhin, les patriotes véhéments. Il s'applique au contraire à les retenir et il supplie la Commune de se servir de cette force populaire non pour subordonner, non pour violenter et menacer la Convention, mais pour la protéger au contraire, pour lui donner la confiance invincible qu'elle communiquera à la France et aux armées.».

«AINSI, il n'est pas plus le sectaire de la Convention que le sectaire de la Commune: il ne veut pas plus une coterie de salut public qu'une coterie des bureaux de la Guerre. La Convention est le centre légal et national de la force et de la pensée révolutionnaires. Quiconque maintenant la menace ou l'affaiblit ou la discrédite est un ennemi public et refait le crime de la Gironde.

«Par la Convention loyalement unie à une Commune ardente, mais respectueuse de la loi, c'est toute la France qui gouverne, qui administre, qui combat. Paris est le foyer le plus vaste, le plus ardent et le plus proche où la Révolution se réchauffe: il n'est pas à lui tout seul la Révolution. La démocratie est donc pour Robespierre à la fois le but et le moyen: le but puisqu'il tend à rendre possible l'application d'une Constitution en qui la démocratie s'exprime; le moyen, puisque c'est avec toute la force révolutionnaire nationale concentrée, mais non mutilée, qu'il veut accabler l'ennemi. Hors de lui, le reste est secte.

«O socialistes! mes compagnons, ne vous scandalisez pas. Si le socialisme était une secte, si la victoire devait être une victoire de secte, il devrait porter sur l'histoire un jugement de secte, il devait donner sa sympathie aux petits groupements dont les formules semblent le mieux annoncer les siennes, ou à ces factions ardentes qui, en poussant presque jusqu'au délire la passion du peuple, semblaient rendre intenable le régime que nous voulons abolir. Mais ce n'est pas d'une exaspération sectaire, c'est de la puissante et large évolution de la démocratie que le socialisme sortira: et voilà pourquoi, à chacun des moments de la Révolution française, je me demande: quelle est la politique qui sert le mieux toute la Révolution, toute la démocratie? Or, c'est maintenant la politique de Robespierre.»

«BABEUF, le communiste Babeuf, votre maître et le mien, celui qui a fondé en notre pays, non pas seulement la doctrine socialiste, mais surtout la politique socialiste, avait bien pressenti cela dans sa lettre à Coupé de l'Oise; et voici que quinze mois après la mort de Robespierre, quand Babeuf cherche à étayer son entreprise socialiste, c'est la politique de Robespierre qui lui apparaît comme le seul point d'appui.

«A Bodson, à ce cordelier ardent qui assistait aux séances du club dans la tragique semaine de mars 1794, où l'hébertisme prépara son mouvement insurrectionnel contre la Convention, à Bodson, resté fidèle au souvenir d'Hébert, Babeuf ne craint pas d'écrire, le 29 février 1796, qu'Hébert ne compte pas, qu'il n'avait su émouvoir que quelques quartiers de Paris, que le bonheur commun devait avoir pour organe toute la communauté et que Robespierre seul, au-delà des coteries, des sectes, des combinaisons artificielles et étroites, a représenté toute l'étendue de la démocratie.

«Je ne crois point encore, avec et comme toi, impolitique et superflu d'évoquer les cendres et les principes de Robespierre et de Saint-Just pour étayer notre doctrine. D'abord, nous ne faisons que rendre hommage à une grande vérité, sans laquelle nous serions trop au-dessous d'une équitable modestie. Cette vérité est que nous ne sommes que les seconds Gracques de la Révolution française. N'est-il pas utile de montrer que nous n'innovons rien, que nous ne faisons que succéder à des premiers généreux défenseurs du peuple, qui avant nous avaient marqué le même but de justice et de bonheur auquel le peuple doit atteindre?

«Et, en second lieu, réveiller Robespierre, c'est réveiller tous les patriotes énergiques de la République, et avec eux le peuple qui, autrefois, n'écoutait et ne suivait qu'eux. Rendons à sa mémoire son tribut légitime; tous ses disciples se relèvent et bientôt ils triomphent. Le robespierrisme atterre de nouveau toutes les factions. Le robespierrisme ne ressemble à aucune d'elles; il n'est ni factice ni limité. Le robespierrisme est dans toute la République, dans toute la classe judicieuse et clairvoyante et naturellement dans le peuple. La raison en est simple: c'est que le robespierrisme, c'est la démocratie, et ces deux mots sont parfaitement identiques. Donc, en relevant le robespierrisme, vous êtes sûrs de relever la démocratie.»

L'hommage de Jaurès à Robespierre dans sa monumentale Histoire socialiste de la Révolution Française
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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 20:08
Vera Baboun (photo La Vie)

Vera Baboun (photo La Vie)

La parole à Vera Baboun, maire de Bethléem
La chronique de Francis Wurtz (*)
FRANCIS WURTZ, DÉPUTÉ HONORAIRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
SAMEDI, 27 JANVIER, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE
 

Face aux épreuves, elle s’engage : pour l’émancipation des femmes palestiniennes, pour l’éducation des jeunes, pour les droits fondamentaux de son peuple.

Vera Baboun, Palestinienne chrétienne, première femme élue maire de Bethléem en 2012, vient à Strasbourg, le 27 janvier, à l’invitation d’une association interculturelle (chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, hindouistes), les Sacrées Journées. Elle présentera son livre au titre évocateur : « Pour l’amour de Bethléem. Ma ville emmurée » (1). Son récit autobiographique constitue à l’encontre de l’occupation, de la colonisation et tout particulièrement du mur d’annexion un acte d’accusation d’autant plus marquant qu’il émane d’une femme étrangère à tout extrémisme, à tout fondamentalisme, et qui parle de personnes juives israéliennes de son entourage – telle son enseignante à l’Université hébraïque – avec beaucoup de respect et de tendresse.

Sa narration est un condensé impressionnant de toutes les souffrances qu’endurent les Palestiniens : le traumatisme historique de la « Nakba » (la « catastrophe » de 1948) « en raison de l’expulsion et de la fuite de centaines de milliers de Palestiniens » ; le souvenir douloureux de l’enfant qu’elle était et de sa famille, en 1967, quand « les occupants lui ont tout pris » ; les espoirs déçus après les accords d’Oslo, en 1993, censés aboutir au règlement de « la question des frontières, des réfugiés, des colonies, de l’eau, du statut de Jérusalem... ». Aujourd’hui, c’est la rupture du lien sacré entre la Cisjordanie et Jérusalem-Est ; les humiliations aux « check-points » ; l’arbitraire total présidant à l’octroi des droits (exceptionnels) de passage de l’autre côté de « la muraille de béton de 8 mètres de haut » ; les confiscations de terres pour l’édification des colonies, pour la construction de routes de contournement interdites aux Palestiniens et pour l’érection du mur ; les interventions brutales et sanglantes des soldats israéliens contre des jeunes révoltés par l’oppression ; les arrestations de manifestants non armés ; les destructions de biens sur simple présomption de complicité ; sans parler des privations d’eau organisées, du chômage endémique et de la pauvreté de masse, faute d’activités économiques un tant soit peu normales. « L’emmurement est l’une des pratiques les plus radicales qu’une communauté humaine puisse endurer », souligne Vera Baboun.

Mais, pour elle, à l’image de son peuple, « baisser les bras, c’était couler ». Face aux épreuves, elle s’engage : pour l’émancipation des femmes palestiniennes, pour l’éducation des jeunes, pour les droits fondamentaux de son peuple. « Que fait le monde ? » s’interrogeait-elle, en 2003, dès l’apparition des premiers blocs de béton, des miradors, des projecteurs du futur mur de 773 km isolant 13 % du territoire de la Cisjordanie ! « Pourquoi les laisse-t-on construire ça ? » Et de relater la naïveté ou l’inconscience de tel représentant de l’Union européenne s’indignant récemment de l’absence des mères au chevet de leur enfant en train de mourir du cancer dans un hôpital spécialisé de Jérusalem ! La raison en est malheureusement simple : elles sont jeunes et habitent Gaza, aussi les autorités israéliennes leur ont-elles refusé le permis de passer !

En refermant ce livre poignant de vérité et de dignité, quiconque a du cœur se demande ce qu’il ou elle peut faire pour contribuer à faire avancer cette cause impérissable. Les priorités ne manquent pas : la reconnaissance de l’État palestinien par la France et l’Europe ; l’arrêt de toute importation de produits des colonies ; la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques, parmi lesquels notre concitoyen Salah Hamouri... Merci et bienvenue en France, Vera Baboun !

(*) Député honoraire du Parlement européen.
(1) Bayard Éditions, 2016.
Député honoraire du Parlement européen
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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 20:06
Ethique en politique. Les frères Bocquet récompensés par l’association Anticor
AURÉLIEN SOUCHEYRE
SAMEDI, 27 JANVIER, 2018
HUMANITE.FR
Le sénateur et l’ancien député PCF ont reçu le prix du « combat pour l’égalité des citoyens devant l’impôt », vendredi 26 janvier à Paris, au cour d’une soirée dédiée à la lutte contre la fraude, l’immoralité et la corruption.
Les élus communistes Alain et Eric Bocquet ont reçu vendredi 26 janvier le prix Anticor de l’éthique, venant récompenser leur « combat pour l’égalité des citoyens devant l’impôt ». « Il y a eu unanimité pour vous remettre ce prix afin de saluer votre combat contre la fraude fiscale », a lancé Lionel Bretonnet, administrateur d’Anticor, association fondée en 2002 pour lutter contre la corruption. L’apport des travaux parlementaires des deux frères (Alain a été député jusqu’en 2017, Eric est toujours sénateur), et de leur ouvrage Sans domicile fisc, pour dénoncer le fléau de la fraude fiscale a été souligné par les organisateurs. « Après 3000 pages de rapports, on a voulu rendre cette question accessible à tous, de façon pédagogique et didactique », a précisé Alain Bocquet, en recevant un petit buste blanc de Marianne en guise de trophée.
 
« On continue notre tournée, sans paillette, partout en France autour du livre, a raconté Eric Bocquet. Il est primordial de sonner l’alerte. La fraude fiscale coûte 80 milliards d’euros par an à la France, soit plus que son déficit, au nom duquel on nous impose une austérité qui mine partout notre société ». L’action déterminée des deux élus pour supprimer le verrou de Bercy (qui place le ministre du Budget au dessus de la justice en matière de poursuites contre la fraude fiscale), leur proposition de COP de la finance mondiale et de la fiscalité, ou encore leur volonté d’ajouter des normes fiscales obligatoires dans l’attribution de marchés publics ont aussi été vivement appréciées par Anticor.
 
« Après 39 ans à l’Assemblée nationale, je peux vous dire que la finance a pris le pouvoir mondialement. Si l’on en fait pas une affaire citoyenne, on arrivera pas à gagner ce combat », a prévenu Alain Bocquet. Le livre, dédié à leurs petits enfants, appelle à ne pas leur laisser « un monde en putréfaction ». S’il considère que le chemin est encore long (« On se retrouve un peu comme une poule qui a trouvé un couteau »), l’ancien député ne manque pas d’idées et a proposé d’accueillir un contre sommet de Davos sur le site minier d’Arenberg, à Wallers (Nord), là où se situe le siège de la communauté d’agglomération de la Porte du Hainaut, qu’il préside. « Ce sera là-haut dans les cimes blanches contre chez nous dans le trou noir », a-t-il plaisanté.
 
Plusieurs autres personnes ont été récompensées par Anticor, vendredi soir à la Maison de l’Amérique latine, à Paris. « Un anticorps est une protéine indispensable au système immunitaire. De la même manière, les personnes reçues ce soir sont des garde-fous nécessaires pour que la République tiennent debout », a lancée en introduction Marie-Claire Neveu, qui a présenté l’événement. « Nous sommes connus pour nos plaintes, nos recours en justice, mais nous aimons aussi mettre en lumière, reconnaître des comportements particulièrement vertueux. Nos récipiendaires donnent le goût de la République et tentent de la relever », a ajouté Jean-Christophe Picard, président d’Anticor.
 
Le lanceur d’alerte Alain Gautier a reçu le prix du « courage face aux procédures baillons », pour avoir fait face aux 12 procédures lancées contre lui par l’entreprise Vortex. Celui qui a dénoncé les agissements (fraude, maltraitance, travail dissimulé, surfacturation) de cette société chargée du transport public d’enfants handicapés dans plus de 70 départements à notamment salué le travail de Laurence Mauriaucourt dans l’Humanité, qui a participé à rendre public ce scandale (https://www.humanite.fr/le-requin-vortex-croque-le-transport-public-des-...).
 
Le prix de la « recherche sur la corruption » a été attribué à Adrien Roux. Le chercheur, auteur d’une thèse sur la corruption, a signalé qu’il n’existe aucun centre de recherches sur la corruption en France, quand c’est par exemple le cas en Italie, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. « J’ai été surpris des embuches inattendues et des difficultés rencontrées lors de ma thèse, alors que je ne suis ni lanceur d’alerte, ni journaliste, ni juge », a-t-il commenté, se désolant également de l’actuelle « hypocrisie du droit » dans notre pays, alors même que « l’honneur du droit est de permettre que les rapports sociaux ne soient pas que des rapports de force ».
 
Le site internet d’informations Médiacités, spécialisé dans l’investigation à l’échelle locale, a reçu le prix du « contre-pouvoir contre les féodalités locales ». « On a choisi l’investigation locale, très peu usitée, très peu pratiquée, car le local est un peu l’école de la corruption », a indiqué Jacques Trentesaux, directeur de la publication.
 
La journaliste Stéphanie Fontaine, membre du collectif Extra-Muros, s’est vue décerner le prix de la « vérité sur le business du contrôle routier », pour son travail sur la privatisation des radars mobiles et véhicules banalisés.
 
Mathilde Mathieu, de Médiapart, a reçu le prix de la « révélation des mauvaises pratiques parlementaires ». « Les cas Fillon, Le Roux, Mercier, ne constituent pas des dérives individuelles. C’est un écosystème qu’il faut révolutionner », a-t-elle mesuré, avant de remercier le Canard enchaîné pour ses révélations, ainsi que tous les assistants parlementaires, élus et fonctionnaires du parlement qui ont été des sources tout au long de l’année.
 
Enfin, le collectif Regards citoyen a lui aussi été distingué, avec le prix du « numérique au service de la démocratie », pour son travail de simplification dans l’accès à des ressources publiques, dont la publication en Open Data des comptes des partis politiques et des comptes de campagne des candidats aux élections.
 
La soirée s’est achevée avec une casserole, décernée au sénateur LR François-Noël Buffet, qui a présenté un amendement visant à ce que le calcul de la durée de prescription concernant une infraction clandestine démarre dès qu’elle est commise plutôt qu’au moment où elle est découverte… Jean-Jacques Urvoas, ministre socialiste de la Justice au moment des faits, a lui aussi reçu une casserole pour avoir soutenu cet amendement, et activement participé à son adoption. La mise à disposition par ses soins, alors qu’il était garde des Sceaux, de documents couverts par le secret de l’instruction auprès de Thierry Solère lui a valu une deuxième casserole. Il n’en manquait plus qu’une pour répondre à la célèbre expression, et elle était toute trouvée : l’action d’Urvoas pour faire condamner pour « atteinte à la vie privée » un citoyen qui avait dénoncé le montage lui ayant permis de faire entrer, de façon légale mais à partir de deniers publics, sa permanence parlementaire dans son patrimoine personnel, lui a offert une troisième casserole.
Ethique en politique. Les frères Bocquet récompensés par l’association Anticor (L'Humanité, samedi 27 janvier 2018)
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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 20:03
Fiscalité: et si on arrêtait de tout donner aux riches? (Cyprien Boganda, Humanité Dimanche, 27 janvier 2018)
Fiscalité. Et si on arrêtait de tout donner aux riches ?
CYPRIEN BOGANDA
SAMEDI, 27 JANVIER, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE

es études s’accumulent pour démontrer par les chiffres ce que tout le monde pressentait : la politique fiscale d’Emmanuel Macron favorise plus que jamais les contribuables les plus riches. L’association Attac jette un nouveau pavé dans la mare, pour alerter sur les risques de régression sociale et dessiner les contours d’une politique alternative.

Ils annoncent la couleur dès la première phrase : « Jamais un gouvernement de la Ve République n’avait osé décider d’une politique fiscale aussi clairement en faveur des riches et de la finance. » Dans leur dernier ouvrage (« Toujours plus pour les riches. Manifeste pour une fiscalité juste »), les économistes d’Attac passent à la moulinette les options économiques du pouvoir actuel, qui ne cache plus son orientation ultralibérale en la matière. Hasard du calendrier, l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) vient de sortir un nouveau rapport qui tente d’estimer l’impact de la réforme fiscale d’Emmanuel Macron sur les revenus des contribuables. Résultat des courses : tout le monde en profite, certes, mais les plus modestes en profitent un peu, et les riches beaucoup plus que les autres !

« En 2019, les ménages les plus aisés devraient rester les premiers bénéficiaires des réformes entamées, écrit l’OFCE. À eux seuls, les 5 % de ménages les plus aisés, et au sein d’eux, les 2 % les plus riches, capteraient 42 % des gains à attendre de la mise en place des mesures. » Dans le détail, les 5 % les plus aisés rafleraient, en 2018, 3 190 euros par ménage en moyenne, grâce à la réforme de l’imposition du capital – suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et introduction d’un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital. Une fois déduite la hausse de la CSG et de la fiscalité indirecte (tabac et environnement), la ristourne fiscale s’élève à environ 1 700 euros. Rappelons qu’il ne s’agit que d’une moyenne : les milliardaires empocheront beaucoup plus…

Les partisans de ­Macron (et les libéraux en général) invoquent souvent la « théorie du ruissellement », selon laquelle une réduction de la fiscalité pour les plus aisés finirait par profiter à tous, grâce à un regain d’investissements. Hélas, cette fable n’a jamais été démontrée. Pire, dans le cadre du capitalisme boursier, les cadeaux fiscaux faits aux plus riches risquent surtout d’alimenter les bulles financières. « La richesse ne ruisselle pas vers le bas, elle est pompée vers le haut ! » résument les économistes d’Attac.

Comment savoir si un système fiscal est juste ? Quand il est « composé de taxes prenant en compte la situation des différentes catégories de contribuables », écrivent-ils. Or c’est la loi inverse qui régit la fiscalité française : en 2017, la TVA (impôt le plus injuste car ne tenant pas compte de la situation financière de chacun) représentait 51 % des recettes de l’État, alors que l’impôt sur le revenu (le plus juste car progressif) ne représentait que 25 %.

dégâts collatéraux

Pour Attac, les dégâts collatéraux de cette politique fiscale ne se limitent pas au creusement – dramatique – des inégalités : par son iniquité revendiquée, elle risque aussi de miner le « consentement à l’impôt », en accréditant l’idée que ce dernier est nécessairement injuste et contraire à l’intérêt général.

Comment faire face au danger ? En modifiant de fond en comble le système fiscal. Dans leur livre, les économistes avancent plusieurs pistes de réformes répondant, selon eux, à un double impératif d’équité sociale et d’efficacité économique. Pas question de révolution ici, mais d’une remise à plat complète. Au programme : réforme de l’impôt sur le revenu (avec suppression de la plupart des niches et augmentation de sa progressivité) ; élargissement de l’ISF à l’ensemble des actifs (immobilier, produits financiers…) ; réforme de l’impôt sur les sociétés (avec maintien d’un taux réduit pour les PME et suppression du crédit d’impôt compétitivité) ; baisse de la TVA… Sans oublier une réforme de la fiscalité verte, qui renchérisse la tonne de CO2 (gaz carbonique) produite, tout en prévoyant des mesures compensatoires pour les plus modestes.

Pour que ces pistes ne se limitent pas à un catalogue de bonnes intentions, et l’exigence de justice fiscale à un vœu pieux, il reste encore à construire un rapport de forces politique, ce qui n’est pas une mince affaire. Comme le disent justement les auteurs, la fiscalité est bien l’affaire de tous…

Journaliste à l'humanité dimanche
Fiscalité: et si on arrêtait de tout donner aux riches? (Cyprien Boganda, Humanité Dimanche, 27 janvier 2018)
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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 19:56
photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

Photo de Pierre-Yvon Boisnard

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

photo Jean-Luc Le Calvez

Article du Télégramme, 27 janvier 2018: "La cuisine de l'hôpital fait bouillir les Syndicats"

Comme ils l'avaient annoncé, une petite centaine de personnels hospitaliers et de membres du comité de défense du CHPM ont manifesté pendant une heure, hier après-midi. Leur mot d'ordre : non à la fermeture programmée de la cuisine centrale de l'établissement, devant laquelle ils étaient regroupés. Car après l'externalisation du froid, la direction a, en effet, décidé de lancer un appel d'offres pour l'externalisation de la production chaude (cuisson).

Grève illimitée


Au-delà du gain financier que l'hôpital attend de cette privatisation, et que l'intersyndicale remet en cause sur le long terme, c'est surtout le coût humain que les manifestants ont pointé du doigt. L'externalisation va, en effet, entraîner la suppression de 20 postes à compter du 1e r juin. Soit un tiers des effectifs de ce service qui compte 60 agents et prépare quelque 800.000 repas par an. Et après les remous en psychiatrie puis en cardiologie, cette annonce ne passe pas du tout. À tel point que ce débrayage n'était, sans doute, que le premier d'une longue série. Un deuxième préavis de grève, illimité celui-là, en prévoit plusieurs par jour, à partir de lundi, échelonnés entre 11 h et 14 h. Pour l'intersyndicale, très remontée, cette décision s'apparente à un « plan social déguisé ». D'autant que, selon elle, ni le comité technique ni le CHSCT ni le conseil de surveillance n'ont été prévenus. C'est exactement ce qu'elle a redit à la direction, rencontrée dans l'après-midi, après l'envahissement du pavillon administratif. Réunion assez tendue à l'issue de laquelle la CFDT, la CGT et Sud ont réclamé la tenue d'un CHSCT exceptionnel. En soirée, ces organisations syndicales devaient rencontrer la députée Sandrine Le Feur pour évoquer ce sujet, et plus largement l'avenir de l'hôpital de Morlaix.
 

Photos du rassemblement à l'hôpital pour le maintien de la cuisine de l'hôpital de Morlaix: mobilisation du 24 janvier 2018 (photos Pierre-Yvon Boisnard et Jean-Luc Le Calvez)
Environ 80 personnes ont débrayé hier, pour dénoncer l'externalisation de la production chaude, et la suppression de 20 postes. | PYB

Environ 80 personnes ont débrayé hier, pour dénoncer l'externalisation de la production chaude, et la suppression de 20 postes. | PYB

Ouest-France, Delphine Van Hauwaert

Environ 80 personnes ont débrayé hier, pour dénoncer l'externalisation de la production chaude, et la suppression de 20 postes. Des agents concernés témoignent.

Vendredi après-midi, ils étaient environ 80 à débrayer devant la cuisine de l'hôpital.

Il y a une semaine, le personnel a appris que la production de plats chauds sera externalisée, comme l'est déjà celle des entrées. Selon les syndicats, au moins une vingtaine de postes seront supprimés en juin. Soit autant de contractuels.

« Il y a des familles derrière »

Plusieurs de ces agents non titulaires étaient présents dans le cortège. « Depuis une semaine, je dors très mal. Je n'arrête pas de me demander : que va-t-on devenir ? », confie l'une d'eux. Comme ses collègues, elle est employée polyvalente, affectée à la plonge, la chaîne plateaux, le magasin, le self ou encore le conditionnement.

Les personnes présentes souhaitent garder l'anonymat. Certaines travaillent depuis de nombreuses années, parfois près d'une décennie. Autant d'années « sans vacances ou presque, à répondre présent dès que l'on nous appelle », glisse l'un des contractuels.« Il y a des familles derrière », abonde une autre.

Certains évoquent des espoirs déçus de titularisation. On parle aussi de cet ancien de Gad qui, quelques années après la fermeture de l'abattoir, revit la même chose.

« Tout est mis en oeuvre pour faire en sorte que les personnels concernés puissent être réaffectés dans d'autres services de l'hôpital ou dans d'autres établissements », assurait Ariane Bénard dans nos colonnes (Ouest-France de mercredi). Les intéressés confirment qu'ils doivent rencontrer la direction des ressources humaines la semaine prochaine.

« Inacceptable »

Dans le hall de l'hôpital, Francis Landouar, pour l'intersyndicale CFDT-Sud-CGT, a dénoncé « une décision inacceptable, motivée par des arguments qui ne tiennent pas la route ». Selon les syndicats, la cuisine dégradée pourrait être rénovée, quand la direction évoque un chantier trop coûteux, à l'heure de la rigueur budgétaire.

Le cortège a ensuite pris la direction de l'administration. Au terme d'une réunion « très tendue »selon la CDFT, « la direction est restée sur sa position ».

La grève sera reconduite pour une durée illimitée à partir de lundi, avec des débrayages de 11 h à 14 h.

Morlaix. Cuisine de l'hôpital : « Que va-t-on devenir ? »
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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 09:32
Voeux de la Fédération du Parti Communiste du Finistère le samedi 27 janvier au Relecq Kerhuon: ce sera Cinéma Paradiso!
Bateau de pêche - Bretagne - Chabrol Jean-Pierre - Chalut - Chalutier - Coiffe du Pays Bigouden - Concarneau (29) - Marin - Mer - Montand Yves - Océan ...

Bateau de pêche - Bretagne - Chabrol Jean-Pierre - Chalut - Chalutier - Coiffe du Pays Bigouden - Concarneau (29) - Marin - Mer - Montand Yves - Océan ...

Voeux de la Fédération du Parti Communiste du Finistère le samedi 27 janvier au Relecq Kerhuon: ce sera Cinéma Paradiso!

INVITATION

 

VŒUX DE LA FEDERATION DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS DU FINISTERE

 

Le SAMEDI 27 JANVIER  à 16h

 

à l’Auditorium du RELECQ-KERHUON

 

 école primaire Jean Moulin, rue Jean Moulin (emprunter la rue Le Reun)

 

en partenariat avec Ciné-Archives :

 

Projection de films d’archives du PCF

 

« Breiz Nevez » (1938) : film sur la fête de la Bretagne du PCF avec Marcel Cachin, la montée du mouvement populaire dans le Sud-Finistère, dans le contexte du Front Populaire

 

« Magazine Populaire n°1 » (1938) : 34 minutes : Du rassemblement du 14 juillet à la Fête de l’Humanité, l’actualité politique et sociale, sportive et culturelle, de la France du Front Populaire, selon le Parti Communiste, déclinée en neuf sujets courts)

 

« Mon ami Pierre » (1951) : court-métrage primé au Festival de Venise : le travail en mer à bord du Franc-Tireur, chalutier bigouden basé à Concarneau. Une fois présenté l’équipage ce documentaire décrit la peine des pêcheurs : 20 jours en mer, deux jours à terre.

 

Suivie d’une intervention politique à 17h30 et d’un pot fraternel

 

Le Front Populaire dans le Finistère: C'était 1936, le Front Populaire vu de Bretagne

En dehors des vœux, beaucoup d'initiatives sont prévues dans les 2 mois à venir, avec des dates importantes déjà calées, témoignages du dynamisme de nos sections et de notre fédération.

Faisons de toutes ces initiatives des succès, à l'image du débat sur l'industrie maritime organisé hier par la section de Brest dans le cadre des états généraux du progrès social au bar « le mouton à cinq pattes » place Guérin qui a donné lieu à des échanges de très grande qualité.

Fraternellement, 

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère

Mercredi 31 JANVIER à 16h30 au local du PCF, 2 petite rue de Callac à Morlaix : Le philosophe Jean-Michel Galano ancien professeur agrégé en classe préparatoire, membre du PCF, sera à Morlaix, à l'invitation de la Fédération et de la section de Morlaix, pour animer une conférence débat sur l'actualité du Marxisme, à l'occasion de l'anniversaire de la publication des 150 ans du Capital. Toute personne intéressée peut y participer. Les adhérents des autres sections sont bien sûr chaleureusement invités à cette réunion publique d'éducation populaire. La section de Morlaix est derrière le bar Corto Maltese, sur la direction de Plourin en venant du parking de la place Traoulen au bout de la rue de Paris, de la rue de Callac, de la route de Paris, première rue à gauche en allant en direction de Plourin. 


Olivier Dartigolles, porte parole du Parti Communiste Français, sera dans le Sud Finistère et le Morbihan le mercredi 31 janvier, le jeudi 1er février et le vendredi 2 février. Dans le Finistère,  sera accueilli le jeudi 1er à Quimperlé dans l'après midi puis à Mellac au foyer communal à 18h. Il présentera son très récent ouvrage "Macron, entreprise de démolition. Force, failles et surpercheries" paru le 11 janvier dernier aux éditions de l'Atelier.

Le thème retenu pour la réunion publique du 1er février à Mellac portera sur le GHT Groupement Hospitalier de Territoire.

Olivier Dartigolles devrait ensuite intervenir à Vannes sur la question des Migrants et à Lorient sur la question de l'école.  

 

«Macron, entreprise de démolition : forces, failles et supercheries».

«Ce n'est pas un livre sur la personnalité de Macron ou sur la campagne électorale mais sur l'exercice du pouvoir par le président de la République et sa majorité présidentielle, un livre qui tente de présenter le vrai projet politique de Macron noyé sous la stratégie de communication présidentielle dite du «tapis de bombes», comme l'a défini un de ses conseillers, explique l'auteur. J'essaie de démontrer que la politique de Macron, contrairement aux apparences, n'est pas très équilibrée mais qu'elle est très dure et très inégalitaire. Un seul chiffre : le bouclier fiscal de Sarkozy représentait un transfert de 700 M€ vers les plus riches alors que les cadeaux fiscaux faits par Macron aux plus riches dans le budget 2018 atteignent les 8 à 9 milliards, c'est-à-dire que 5 % des plus riches vont capter 42 % des gains de la politique fiscale. Il ne s'agit en rien d'un gouvernement d'experts mais plutôt d'un gouvernement d'idéologues. Macron n'aime pas le Parlement, les élus locaux et les syndicats. C'est un pouvoir de plus en plus autoritaire qui se dessine avec beaucoup de brutalité, à l'encontre des plus démunis, notamment des réfugiés.» Enfin, le livre se conclut par des propositions «pour construire dans la durée les ripostes les plus unitaires».



Samedi 3 février 9h30/11h30  à la FD du PCF 
rue Henri Moreau/ rue Berger – Brest: Temps de formation sur la Sécurité Emploi Formation 

Avec Sylvian Chicote, membre de la commission économie du PCF, ancien inspecteur du travail, 
co-rédacteur de la proposition de loi du PCF sur la Sécurité Emploi Formation


Ouvert à tou.te.s les adhérent.e.s et sympathisant.e.s

Inscriptions auprès d’Erwan Rivoalan au  06 73 89 36 91 dans la limite des 20 places disponibles.


Sylvain Chicote interviendra ensuite l'après-midi à 14h à la Fac Segalen le samedi 3 février sur l'atelier "Repenser le travail" en débat avec Denis Bayon dans le cadre du Forum Social Brestois. 

Mercredi 31 janvier à Morlaix  : Formation Actualité de la Pensée de Marx :venue de Jean-Michel Galano, professeur de philosophie de classes préparatoires, membre du PCF, pour une conférence-débat sur le Capital dont on fête les 150 ans cette année

Jeudi 1er Février: Olivier Dartigolles présent à Quimperlé et à Mellac pour des rencontres autour de son livre: "Macron, entreprise de démolition: forces, failles et supercheries" aux éditions de l'atelier et sur la question des regroupements d'hôpitaux autoritaires dans les GHT 

 

Samedi 3 Février:   dans le cadre de l’atelier « repenser le travail » du forum social brestois, venue de Sylvain Chicote, inspecteur du travail, acteur de la proposition de loi du PCF sur la Sécurité Emploi Formation pour une intervention à la fac Ségalen de 14h à 15h30, précédée le matin par une formation ouverte aux adhérents à la fédération et sympathisants de 9h30 à 11h30

 

Samedi 10 février à 10 heures. Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture. Landerneau.

La fédération du Finistère du PCF organise une visite guidée de l'exposition "FIGURES LIBRES ANNES 80"

La visite sera suivie d'une conférence débat animée par Renaud Faroux, historien d'art, journaliste.

Et on pique niquera ensemble ! (chacun apporte un truc ou un machin..faites le nous savoir)

Inscrivez vous dès maintenant:  dominique-gontier5829@orange.fr / 06 74 44 04 90

  À la fin des années 1970 et au début des années 1980, un courant artistique se répand un peu partout dans le monde sous différentes appellations : Figuration libre en France (Rémi Blanchard, François Boisrond, Robert Combas, Hervé Di Rosa, Catherine Viollet…) ; Graffiti aux États-Unis (Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, Kenny Scharf…) ; Neue Wilde Malerei (Elvira Bach, Luciano Castelli, Rainer Fetting, Groupe Normal, Salomé…) en Allemagne ; Les Nouveaux artistes en URSS (Afrika, Timur Novikov, Oleg Kotelnikov)…

Dimanche 11 février: à 12h, à la petite salle polyvalente de la Forêt-Fouesnant, raclette de l'association des amis du PCF (15€ -  Apéritif - Raclette -Salade -  Tarte aux Pommes -  Café - Inscriptions avant le : samedi 3 février - Tel : 07 80 48 17 94 ou mail)

La demi-journée Aragon avec Valère Staraselski prévue initialement le 11 février est reportée pour des raisons d'organisation.  

Samedi 3 mars, à partir de 18h30 Soirée PCF au Relecq Kerhuon au local de la section 5 Bd Gambetta. A l'issue de ce pot convivial, le Café Crème nous accueillera autour d'un couscous. Participation aux frais : 20€/personne

 

Samedi 17 mars-dimanche 18 mars - Formation régionale PCF à l'auberge de jeunesse de Concarneau pour les Animateurs de section et de fédération – une dizaine de places pour notre fédé : inscription Dominique Gontier dominique-gontier5829@orange.fr / 06 74 44 04 90

Aujourd'hui Angela Davis, militante communiste, féministe, anti-raciste, anti-Trump, a 74 ans: bon anniversaire ANGELA!

Aujourd'hui Angela Davis, militante communiste, féministe, anti-raciste, anti-Trump, a 74 ans: bon anniversaire ANGELA!

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 09:10
Nazim Khalfa, à gauche à la fête de l'Huma Bretagne 2015

Nazim Khalfa, à gauche à la fête de l'Huma Bretagne 2015

Une terrible maladie a emporté Nazim Khalfa, militant de l'AFPS à Carhaix, que nous avons eu régulièrement l'occasion de côtoyer et d'apprécier.

 

Nous avons appris son décès par son ami Jean-Pierre Jeudy.

 

Membre du Conseil National de l'AFPS, président fondateur de l'AFPS-Centre Bretagne, Nazim Khalfa a eu un rôle décisif pour le jumelage de Carhaix avec le camp de réfugiés d'El Arroub. 

Un instantané pris à la fête de l'Huma Bretagne en décembre 2015. Nazim toujours sur le front de la solidarité avec la Palestine avec notre ami Raed, Piero Rainero et Xavier Compain.

 

Nazim était le fils d'un communiste algérien, Boualem Khalfa, disparu l'été dernier, ancien directeur d'Alger Républicain, héros de l'indépendance algérienne, compagnon de lutte d'Henri Alleg.

 

Nazim, qui est arrivé à Carhaix en 1980, a aussi milité au Parti Communiste, il était secrétaire de cellule et un des animateurs de la section de Carhaix dans les années 80-90, étant même secrétaire de la section PCF de Carhaix en 1998.   

 

Notre peine est grande.

 

Nous nous associons à la douleur de ses proches, et notamment de sa femme Colette et de ses filles, et de tous ses amis de l'AFPS Centre-Finistère et de l'AFPS en général. 

 

Nous venons de perdre un ami, la lutte continuera sans lui, comme il l'aurait voulu, pour les droits des peuples et particulièrement du peuple palestinien.

 

Le Parti Communiste Français du Finistère, le 23 janvier 2018 

 
 

 

Décès de notre camarade de lutte pour le droit des Palestiniens, Nazim Khalfa, président-fondateur de l'AFPS Centre-Bretagne

Nazim Khalfa, l'éternel militant

Le Télégramme, 25 janvier 2018

Le Carhaisien Nazim Khalfa, président honoraire et fondateur de l'association France-Palestine Solidarité-Centre Bretagne est décédé lundi, à l'âge de 67 ans. « C'est une grande tristesse et le sentiment qu'il a laissé un grand vide, a réagi Jean-Pierre Jeudy, ancien maire de Carhaix. Nazim était toujours engagé pour la justice ». « Je conserverai de Nazim le souvenir d'un homme engagé, d'une grande humanité et d'une grande convivialité », a également réagi le maire de Carhaix, faisant lui aussi part de sa grande tristesse. Né en 1950 en Algérie, Nazim Khalfa était très investi dans la vie associative carhaisienne, « tout particulièrement dans le sport équestre ». Il a créé et présidé le centre équestre de Carhaix puis l'association des Cavaliers extérieurs du Kreiz Breizh.

France Palestine solidarité


Il était membre du conseil national de France Palestine Solidarité. « En 2001, Nazim, Christian Troadec et moi avons participé aux premières délégations en Palestine, au camp de réfugiés d'El-Arroub, retrace Jean-Pierre Jeudy, actuel président de l'association. Depuis lors, il avait travaillé pour que les liens entre Carhaix et El-Arroub se resserrent, jusqu'à la signature du jumelage, en 2010 ». « Il n'a cessé de sensibiliser le public et les élus au sort du peuple palestinien », renchérit Christian Troadec. Père de deux filles, Nazim était marié à Colette Khalfa, ancienne directrice du centre de loisirs puis du foyer-logement de Carhaix. « Fils de Boualem Khalfa, communiste algérien, héros de l'indépendance algérienne et ancien directeur d'Alger Républicain disparu l'été dernier, Nazim Khala avait également été secrétaire de cellule et un des animateurs de la section de Carhaix dans les années 80 », décrit l'actuel maire de Carhaix
 

Le Télégramme

 

Hier, à la cérémonie d'hommage à Carhaix Jean-Pierre Jeudy a lu un émouvant et sobre discours pour dire son amitié et sa reconnaissance à Nazim. De nombreux camarades étaient présents aux Obsèques Civiles, qui ont réuni 300 à 400 personnes. 

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 08:43

Gwendal Rouillard, protégé et un des derniers dauphins de papi Jean-Yves Le Drian, député PS hollandais défenseur de sa politique libérale et pro-patronale sans cas de conscience, puis passé avec armes et bagages à Macron sans problème aucun derrière son mentor.

Je j'ai bien connu au MJS, où j'ai milité entre 1995 et 2001 et où il est arrivé après moi, avec très peu de bagage et de culture politique, mais a vite appris, non la profondeur d'un engagement de gauche au service des opprimés, mais plus sûrement la trajectoire et les us et manières du carriériste. Son idole à l'époque était Ségolène Royal...  Et non Jaurès malheureusement! 

Il raconte aujourd'hui dans une interview assez complaisante du Télégramme du jour pourquoi il faudrait aider de manière prioritaire les "chrétiens d'Orient" ne laissant pas cette cause à l'extrême-droite.

C'est vrai que les chrétiens d'Orient, en Irak, en Egypte, en Syrie, en Palestine, vivent des situations très angoissantes et qu'il faut s'en préoccuper car c'est toute une partie de cet héritage multiséculaire de l'orient métissé et pluri-confessionnel qui risque de disparaître, mais il faut s'en préoccuper comme de l'ensemble de ces peuples et des minorités ou "communautés" qui les composent, sans faire de discrimination sur des bases ethniques ou religieuses.  

Le devoir de solidarité humaine et l'internationalisme ne se divisent pas sur des critères confessionnels, ethniques ou sectaires.

Je me sens autant et plus solidaire même des Syriens qui sont opprimés par Bachar-al-Assad et luttent contre lui que de ceux qui, certes pour des raisons subjectives et historiques qu'on peut comprendre, parce qu'ils sont chrétiens et ont peur des islamistes, sont instrumentalisés par le régime et soutiennent, plus ou moins contraints, le pouvoir du tortionnaire de Damas.

Quant aux philippiques de Gwendal Rouillard sur la gauche laïcarde, on ne se sent pas concernés nous au Parti Communiste: il y a le pire et le meilleur dans le christianisme comme dans toutes les religions, et nous ne nions pas le potentiel révolutionnaire et émancipateur de certains aspects du christianisme, mais notre règle éthique et politique à nous, c'est de ne pas mélanger religion et politique, et de faire référence à une communauté universelle de l'humanité qui n'exclut pas les particularismes, les diversités culturelles, philosophiques, religieuses, mais ne s'appuie pas sur eu pour définir les droits à l'existence et à la considération.

Alors, oui, aider les Chrétiens d'Orient, comme tous nos frères humains syriens, égyptiens, irakiens, yéménites, palestiniens, libanais, sans solidarité sélective, et sans reprendre la vieille politique coloniale française d'instrumentalisation des minorités. 

Par rapport à l'accueil des réfugiés, des persécutés demandeurs d'asile aussi, il faut accueillir tous ceux qui ne peuvent plus vivre dans leurs pays et qui frappent à notre porte, pas seulement les chrétiens d'orient, comme on l'a entendu dans certains discours de ministres socialistes à l'époque de Hollande.   

Aider les chrétiens d'Orient, oui mais pas qu'eux, monsieur Rouillard...

Le Télégramme, 27 janvier 2018 

 

Le député du Morbihan (à droite) et le révérendissime père abbé Neemtallah Hachem, Supérieur général de l'Ordre libanais maronite, en 2016, au Liban.

Le député LREM (ex-PS) de Lorient (56), Gwendal Rouillard, vient d'être nommé coprésident du groupe d'études pour les chrétiens d'Orient à l'Assemblée nationale. La coprésidence sera exercée à ses côtés par un député LR, nommé prochainement. 



Pourquoi un groupe d'études sur les chrétiens d'Orient à l'Assemblée ?
Il a été créé en 2014. Beaucoup de parlementaires souhaitaient qu'on ait un espace de réflexion et de rencontre dédié à la question des chrétiens d'Orient et des minorités. J'ai souhaité reprendre le flambeau pour marquer le soutien de la France, et, en particulier, du Parlement, à cette cause. Elle a une relation privilégiée avec ces populations et elle est attendue. Nous devons être au rendez-vous de cette attente. 

Quelle est leur situation aujourd'hui ?
Daesh a exécuté nombre de chrétiens et de yézidis, beaucoup d'autres ont fui leur pays. Aujourd'hui, on constate un retour de ces populations : en Irak, à Qaraqosh, et dans la plaine de Ninive. En Syrie, à Homs et Hama, des réfugiés commencent à rentrer chez eux, et parmi eux, il y a des chrétiens. C'est encourageant mais il demeure encore des centaines de milliers de réfugiés loin de leurs territoires. L'enjeu est donc devant nous car il faudra garantir leur sécurité. Je souhaite que ce sujet soit un paramètre majeur des négociations de paix pour les pays de la Région. 

Quelles actions comptez-vous mener ?

 

D'abord, en apportant un soutien politique durable aux populations ; ensuite, par un soutien aux actions humanitaires, celles des autorités religieuses mais aussi celles des ONG françaises et des ONG locales, qui font un excellent travail. Enfin, par un soutien au développement dans la perspective de la reconstruction des différents pays. Je pense en particulier à la santé, à l'éducation, à la sécurité, aux infrastructures et bien sûr à l'économie. Je souhaite donner une dimension opérationnelle à nos travaux. Nous irons d'ailleurs sur place, ces prochains mois. 

On imagine que Jean-Yves Le Drian vous soutient ?
Il viendra naturellement s'exprimer devant notre groupe d'études. Ce sujet est un engagement personnel et constant de sa part, il en a encore parlé avant-hier au Sénat. C'est aussi un engagement personnel du Président Macron et je peux en témoigner. 

Vous avez dit récemment que la gauche ne s'était pas assez impliquée pour les chrétiens d'Orient...
Parce que la gauche a un problème avec les religions ! Elle est en tension permanente entre, d'un côté, un courant humaniste, ouvert et laïc auquel j'appartiens, et le courant laïcard avec des gens qui sont contre les religions et toute forme de croyance. Par ailleurs, je ne souhaite pas que le sujet des chrétiens d'Orient soit instrumentalisé, notamment par certaines mouvances d'extrême droite. C'est un combat républicain à partager. 

Vous êtes marié à une Libanaise maronite. C'est votre vie privée qui vous a inspiré cet intérêt pour les chrétiens d'Orient ?
C'est un sujet que je suis depuis plus de vingt ans. Mais avec mon épouse, j'ai la chance d'avoir à mes côtés une conseillère spéciale qui me fait part de ses connaissances et de ses analyses. Elle joue un rôle très précieux à mes côtés.
 

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 08:42
Stop à l'invasion Turque à Afrin - manifestation au conseil de l'Europe (photo L'Humanité)

Stop à l'invasion Turque à Afrin - manifestation au conseil de l'Europe (photo L'Humanité)

Feleknas Uca, députée kurde : « Nous sommes la force principale pour défendre les valeurs démocratiques au Moyen-Orient »
JEAN JACQUES RÉGIBIER
MERCREDI, 24 JANVIER, 2018
Manifestation devant le conseil de l'Europe

Députés et représentants politiques des mouvements kurdes se mobilisent en Europe pour dénoncer les bombardements ordonnés par Erdogan contre la ville d’Afrin en Syrie. Ils ont manifesté mardi à Strasbourg pour réclamer le soutien du Conseil de l’Europe.

Le Conseil de l’Europe à Strasbourg est depuis le début de la semaine le point de convergence de nombreux élus et représentants politiques Kurdes qui profitent de la session d’hiver de l’assemblée parlementaire ( qui réunit des députés de 48 pays d’Europe, dont la Turquie ), pour venir expliquer les conséquence des attaques menées depuis samedi par la Turquie contre le canton et la ville d’Efrin située en Syrie, et placée sous administration kurde. La tension est sensible, à l’intérieur même des bâtiments du Conseil, entre les élus et les diplomates turcs soutenant l’action militaire lancée par Erdogan, et les députés et les représentants kurdes qui dénoncent l’agression contre les civils, et soutiennent la résistance des combattants kurdes face à l’agression de la Turquie.

Dès samedi, les bombardements de l’aviation turque se sont accompagnés au sol d’une offensive du groupe djihadiste Hayet Al-Tahir ( ex-Font Al-Nosra, ex-Al-Qaïda ), allié d’Erdogan dans cette offensive menée contre une ville qui avait jusqu’à présent été épargnée par les combats de la guerre en Syrie. Selon plusieurs sources, il y aurait déjà plusieurs dizaines de morts, dont de nombreux civils. Erdogan vient de transformer la guerre contre Daesh en une guerre faite à ceux qui ont permis au Moyen-Orient de se débarrasser de Daesh.

Cette situation ubuesque n’a pas l’air pour l’instant de bouleverser la communauté internationale, Europe en tête, au delà des propos de circonstance : les Etats-Unis ont appelé la Turquie à « faire preuve de retenue », Emmanuel Macron a fait part à Erdogan de sa « préoccupation. » On ne saurait être plus aimable.

En attendant, sur place, les bombardements continuent.

« On a peur tous les jours. »

Hassan est originaire d’un village proche d’Afrin, situé à la frontière avec la Turquie. Aujourd’hui installé en Allemagne, il est venu mardi à Strasbourg participer à la manifestation, pour demander au  Conseil de l’Europe de réagir contre l’agression turque contre Afrin. En contact régulier avec ses trois sœurs et ses parents restés au village, il témoigne : « Les gens de ma famille m’expliquent qu’ils ont peur tous les jours, les enfants notamment sont très affectés. Ils me disent que les miliciens kurdes des YPG ( Unités de protection du peuple, ndlr ) les protègent, mais contre les bombardements de l’aviation, ils n’ont pas de solution. » Selon Hassan, ces bombardements n’empêcheront cependant pas les habitants d’Afrin et des villages voisins, de rester sur place. « On sait ce qu’on a vécu à Kobané ( 1 ), on risque de vivre la même chose à Afrin, mais on ne veut pas quitter notre terre, c’est là qu’on veut vivre en liberté, » affirme-t-il.

Un choix confirmé par une autre manifestante, Nazife Muhammed, qui habite depuis 2 ans en France, et qui elle aussi est en contact avec sa famille à Afrin. « Ce qui domine quand je les ai au téléphone, » explique-t-elle, « c’est effectivement la peur, mais malgré cela, ils vont rester sur place, ils veulent lutter car ils ne peuvent pas se résoudre à laisser faire Erdogan, qu’ils traitent de fasciste. »

Feleknas Uca, est une élue kurde turco-allemande. Elle a été députée européenne, membre de « Die Linke ». Elle est aujourd’hui députée du HDP de la ville de Diyarbakir à l’assemblée nationale de Turquie. C’est aussi une ancienne membre de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Elle explique : « selon nos dernières informations, ce sont les civils qui sont visés et tués. C’est triste à dire, mais ça ressemble à ce qui s’est déjà passé à Kobané, je suis vraiment inquiète de voir que les Turcs  font la même chose. Ce qu’ils veulent, c’est d’abord faire peur, installer la terreur à Afrin et dans les villages, pour ensuite faire partir la population. On insiste vraiment pour que cette opération cesse, sinon on ne sait pas jusqu’où ils vont aller.»

Pour Hassan également, ce sont bien les civils qui sont d’abord la cible de l’aviation turque. « J’insiste là-dessus », explique-t-il, « les Turcs disent qu’ils veulent s’en prendre aux milices armées, mais ce ne sont pas les YPG qui sont visés par les bombardements, ce sont les habitants. Et il n’y a pas que des Kurdes qui habitent à Afrin, c’est une ville très cosmopolite. Il y a des Arabes, des Syriens, des Arméniens, et différentes religions s’y côtoient. Beaucoup de gens sont venus se réfugier dans la région d’Afrin suite aux guerres qui ensanglantent le Moyen-Orient depuis des années. Ce qu’ils recherchent, c’est la protection des Kurdes, et ce qu’ils veulent, c’est simplement vivre en liberté. »

La députée de Dyarbakir Feleknas Uce, qui est elle-même Kurde yézidie, le confirme : la population d’Afrin et de ses environs est une mosaïque de communautés, de langues et de religions différentes :  « on parle d’Afrin et des Kurdes mais ce n’est pas qu’une communauté qui est visée. Il y a des Yézidis comme moi, mais aussi des Alevis et d’autres minorités ethniques. On ne veut pas qu’on connaisse encore une fois un massacre comme celui qui a été commis contre la population yézidie à Sinjar en août 2014 ( 2 ).»

Et elle ajoute : « Les Kurdes d’aujourd’hui ne sont pas les Kurdes d’il y a un siècle. Oui nous avons subi beaucoup de massacres et de génocides dans notre histoire. On peut dire que c’est la première fois malgré toute la répression, que les Kurdes sont autant unifiés pour défendre leurs territoires. On sait qui sont nos amis et qui sont nos ennemis, ceux qui font des calculs sur notre dos pour avancer leurs propres intérêts, on le sait, mais ce qu’on veut c’est qu’ils défendent les valeurs fondamentales de l’humanité. Ils ne doivent pas se taire face à une telle injustice, La Turquie n’a rien à faire à Afrin, il n’y a pas de Daesh à Afrin, c’est juste un système démocratique que les Kurdes ont organisé, c’est ça qui est visé, pas autre chose. »

 
 

Briser le mur du silence

Quand on demande aux Kurdes sur qui ils peuvent compter pour tenter de stopper l’agression de la Turquie contre Afrin, ils répondent invariablement : d’abord, sur nous-mêmes. Car, nul n’est dupe : si Erdogan a pu déclencher son attaque contre Afrin, alors que l’espace aérien de ce territoire syrien est sous le contrôle de la Russie, c’est que Moscou a donné son aval. Pourtant, selon Fayik Yagizay, le représentant du HDP auprès des institutions européennes, la Russie, pas plus que les Etats-Unis, ne peuvent être complètement d’accord avec l’invasion du nord de la Syrie par les Turcs. « Bien sûr, » explique-t-il, « on ne peut pas faire confiance aux grandes puissances, elles agissent toujours en fonction de leurs intérêts. Mais ni Les Russes, ni les Américains n’ont envie de perdre le contact avec les Kurdes. On ne pense pas qu’ils ont envie d’abandonner complètement les Kurdes, ils représentent une force de stabilité dans la région. »

Le représentant du HDP pense plutôt que les Russes ont donné leur accord à la Turquie pour un temps limité, « pas pour détruire complètement Afrin , » estime-t-il, ajoutant : «  nous ne pensons pas que ça va durer très longtemps.

L’Europe, dans cette agression menée par un pays membre du Conseil de l’Europe, et censé à ce titre en partager les valeurs, aura encore une fois, brillé par son silence. L’attaque contre Afrin a pourtant permis au régime d’Erdogan de donner quelques tours de vis supplémentaires dans les droits démocratiques et la liberté d’expression.

« En Turquie actuellement, » explique Feleknas Uca, « rien que le fait de prononcer le mot « Afrin », ou de l’écrire dans un article, suffit à vous faire arrêter. La seule propagande acceptée, c’est celle qui dit que l’on va tuer les miliciens kurdes. Erdogan l’a dit : il va tout faire pour faire taire tout le monde, surtout le HDP. L’Europe doit prendre une position claire. »

Ertogrul Kürkçü, est également député du HDP, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et militant de la cause Kurde depuis plus de 50 ans. Il déplore lui aussi la « neutralité » de l’Europe qui reste silencieuse face aux menées militaires d’Erdogan. Mais selon lui, non seulement l’Europe n’est pas vraiment unifiée et il faut faire la différence entre les gouvernements et les forces vives de chaque pays. « Il y a des intellectuels, des syndicats, des associations qui ont des positions très correctes sur la situation. Les gouvernements eux, n’arrêtent pas de faire des erreurs, mais heureusement les peuples européens contrebalancent ces erreurs en soutenant les Kurdes d’Afrin et du Rojava. Je fais la distinction, » explique-t-il.

« Il faut se souvenir, » ajoute  Feleknas Uca, « c’était hier, les jeunes Kurdes contre les djihadistes. Ils se sont battus, ils ont sacrifié leur vie pour les valeurs qui sont celles défendues par l’Europe. Maintenant, on ferme les yeux sur ces gens qui ont défendu nos valeurs. Il y aura une responsabilité de l’Europe s’il y a un massacre à Afrin. Cette escalade ne peut pas amener de bonnes choses pour l’Europe. Il faut agir aujourd’hui, pas demain. » Et elle ajoute : « Nous sommes la force principale actuellement pour défendre les valeurs démocratiques au Moyen Orient. Ceux qui défendent la stabilité, la paix, les valeurs démocratiques doivent être avec nous. »

  1. ( 1 ) En juillet 2014, les djihadistes de l’Etat islamique ont lancé une offensive contre la ville kurde de Kobané, située dans le nord de la Syrie, près de frontière avec la Turquie. Défendue par les combattants kurdes des YPG et du PKK, Kobané a été occupée en partie par les djihadistes, avant d’être finalement libérée par les groupes kurdes avec le soutien des forces aériennes de la coalition. Cette bataille qui a duré jusqu’en juin 2015, a fait plusieurs milliers de morts, et plusieurs centaines de civils ont été massacrés par Daesh. Kobané est aujourd’hui le symbole de la résistance kurde. La ville a été déclarée « ville martyr. »

  2. ( 2 ) Le 3 août 2014, à la suite de la prise de la ville de Sinjar, dans le nord-ouest de l’Irak, les djihadistes de l’EI ont massacré plus de 500 Yézidis, dont des femmes et des enfants, et en ont réduit plusieurs milliers d’autres, spécialement les femmes, en esclavage. Les Nations Unies ont qualifié ces actes barbares de « tentative de génocide. »

 

Le PCF appelle la France à agir de manière résolue contre l'agression du peuple kurde par le régime d'Erdogan

 

Le PCF appelle la France à agir de manière résolue contre l'agression du peuple kurde par le régime d'Erdogan

Les récents évènements placent à nouveau le Kurdistan au cœur de l’actualité.

L’agression criminelle de la Turquie contre le canton d’Êfrin (nord de la Syrie) vise sans ambiguïté à éliminer les combattants kurdes qui, avec la coalition internationale, ont infligé une déroute à Daesh et mis en place des institutions démocratiques qui promeuvent le progrès social, le féminisme, l’écologie et la paix. La Turquie ouvre ainsi un nouveau chapitre meurtrier de la guerre en Syrie, lourd de conséquence pour tout le Moyen-Orient.

Parallèlement, R.T. Erdogan poursuit la polarisation, la fragmentation et la radicalisation de la Turquie. Exerçant un pouvoir dictatorial sans partage, il interdit toute forme de dissensus politique et qualifie de « traîtres » ou de « terroristes » tous les démocrates s’opposant à lui. La guerre contre les Kurdes a été relancée provoquant la destruction de villes, la mort de centaines de personnes et l’exode de 500 000 d’entre eux. La force de résistance demeure le HDP (Parti Démocratique des Peuples). L’Assemblée de Turquie a levé l’immunité parlementaire des députés HDP dont 18 ont été incarcérés et risquent des peines extrêmement lourdes de prison. 86 de leurs maires sont destitués et emprisonnés à côté de 5 000 cadres de leur organisation. Dans des conditions très difficiles, le HDP devrait tenir son congrès le 11 février 2018. Notre parti y sera représenté.

Enfin, après l’assassinat des trois militantes kurdes à Paris en 2013, le procès qui devait se tenir n’aura pas lieu en raison du décès du présumé coupable. Comme l’ont montré l’instruction et des révélations récentes, l’implication des services secrets et de l’État turc est avérée. La France se doit de poursuivre dans la voie judiciaire afin de traduire les commanditaires devant les tribunaux. Parallèlement, le Tribunal permanent des Peuples tiendra en mars 2018 deux audiences à Paris afin de juger les crimes de la Turquie au Kurdistan.

Le peuple kurde connaît une période de versatilité meurtrière et un environnement brutalisé qui hypothèquent les acquis de ces dernières années. Le PCF entretient des liens d’amitié et de solidarité avec les Kurdes depuis de nombreuses années.

 

 

Afrin : Toute intervention militaire turque ouvrirait un nouveau chapitre de la guerre en Syrie (PCF)

L'enclave kurde d'Afrin en Syrie est en danger. Les forces turques bombardent depuis plusieurs jours maintenant ce territoire et une invasion est imminente. Le président turc, R.T. 
Erdogan, de plus en plus isolé sur la scène internationale, a juré la perte de l'expérience démocratique kurde du nord de la Syrie (Rojava) dont les combattants ont été au premier rang dans la lutte contre l'organisation de l'Etat islamique. R.T. Erdogan, après avoir soutenu les groupes djihadistes, menace de semer à nouveau la violence dans une Syrie déjà meurtrie.
La France qui recevait, voici quelques jours, le président turc, l'Union européenne, mais aussi les pays engagés dans la coalition, les Nations unies doivent, dans l'urgence, peser de tout leur poids pour dissuader la Turquie de poursuivre dans cette voie qui ne ferait qu'ouvrir un chapitre supplémentaire à la guerre qui déchire la Syrie.
Le Parti communiste français (PCF) en appelle au président de la République, Emmanuel Macron, et à toutes les forces démocratiques, pour s'élever contre cette nouvelle agression turque contre le peuple kurde et l'intégrité territoriale de la Syrie.

Parti communiste français
Paris, le 19 janvier 2018

AFRIN : STOPPONS L’AGRESSION CRIMINELLE DE LA TURQUIE

La Turquie vient de lancer une sauvage agression dans le canton d’Afrin (Syrie) peuplé de Kurdes, d’Assyro-Chaldéens et d’Arabes. Les tirs d’artillerie, les bombardements de l’aviation ont ce dimanche 21 janvier 2018 fait 8 morts parmi les civils et de nombreux blessés. L’offensive s’est concentrée sur la ville d’Afrin, des villages environnants et un camp de réfugiés. Les forces turques présentent au sol encadrent plus d’un millier de djihadistes issus d’Al Nosra ou d’Al Qaïda.

La Turquie tente par tous les moyens d’instaurer la terreur contre un peuple qui n’a jamais constitué le moindre danger pour Ankara si ce n’est de tenter de bâtir une société démocratique et pacifique.

Cette invasion ouvre un nouveau chapitre de la guerre en Syrie alors que la lutte contre l’État Islamique semblait arriver à son terme. Les Kurdes ont joué, aux côtés de la coalition, un rôle déterminant dans l’éradication de la barbarie obscurantiste. La Turquie sème le chaos dans une Syrie déjà meurtrie par 7 années de guerre et viole la souveraineté d’un État souverain.

Le Parti Communiste Français condamne cette agression, appelle à la mobilisation et à l’union de toutes les forces démocratiques afin d’exprimer notre solidarité avec les populations d’Afrin.

À la demande de la France, le Conseil de Sécurité des Nations Unies se réunira en urgence le 22 janvier 2018. La France, l’Union Européenne, les membres de la coalition doivent condamner l’invasion turque, exiger l’arrêt des combats et le retrait immédiat des forces d’occupation.

Comme pour le Kurdistan Irakien, le nord de la Syrie doit être placé sous protection des Nations Unies, seul moyen d’assurer la sécurité des populations civiles.

Parti Communiste Français

21 janvier 2018

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 07:00

Un nouveau progrès social pour la France

Faisons converger nos luttes au États généraux du progrès social - 3 février - Paris

La politique d'Emmanuel Macron vise à casser les piliers de notre modèle social au profit du capital financier

  • la nouvelle loi travail va faciliter les licenciements et développer la précarité
  • la suppression massive des cotisations sociales est une attaque inédite contre la Sécurité sociale
  • la réforme de l'assurance chômage vise à baisser l'indemnisation et déresponsabilise les entreprises
  • la formation professionnelle et les retraites sont également dans le colimateur du gouvernement
  • les services publics sont mis à mal par la baisse des budgets publics et des dotations aux collectivités.

D'autres mesures sont gravissimes, comme la suppression brutale des contrats aidés, alors même que ces postes devraient être pérennisés dans des CDI ou titularisés, ou encore l'introduction de la sélection à l'université.

Dans le budget 2018, le gouvernement vient de faire un cadeau de plus de 20 milliards d'euros aux plus riches et aux actionnaires, dont 3 milliards par la suppression de l'ISF. Un budget d'autant plus injuste qu'il baisse l'APL !

Pour les communistes, il est temps au contraire d'engager un nouveau progrès social pour la France.

Il s'agit à la fois de prolonger les conquêtes sociales du siècle dernier, qui font toujours la force de notre modèle social, et de construire les nouvelles avancées sociales qui permettront de répondre aux enjeux du XXIe siècle. Nous voulons débattre avec vous des politiques alternatives à mener dans cinq domaines clés : le travail et l'emploi, l'industrie, les services publics, le logement et l'utilisation de l'argent.

Pour cela nous avons élaboré des cahiers du progrès social, comme ceux que vous trouverez ici. Ces cahiers thématiques présentent nos propositions et vous permet d'apporter votre contribution.

LE 3 FEVRIER PROCHAIN, nous organiserons à Paris une restitution des contributions recueillies partout dans le pays lors des États généraux du progrès social.

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