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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:23

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200 personnes environ à avoir participé à cette journée de débats et de réflexion du Front de Gauche du Finistère. 150 personnes le matin pour travailler en ateliers thématiques (sur la transition écologique, la démocratie, la répartition des richesses, les perspectives d'avenir et le bilan d'étape du Front de Gauche). Une ambiance combative, fraternelle et joyeuse. Une présence d'autres mouvements de la gauche de transformation sociale (NPA, POI), d'associations (AFPS, pour le désarmement nucléaire et la paix), de syndicalistes. Ces Rencontres du Front de Gauche, une première dans le Finistère, qui ont réuni également les militants et sympathisans, cartés ou non, des 7 ou 8 collectifs citoyens locaux du Front de Gauche du Finistère, ont été un franc succès.     

 

 

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                                                                             l'Atelier Répartition des Richesses

 

 

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                                                                  l'atelier "Transition écologique"

 

Photos de l'atelier du matin qui a réuni 70 personnes environ: "bilan et perspectives du Front de Gauche", introduit par François Rippe (Gauche Anticapitaliste, collectif Front de Gauche Morlaix) et Marcel Tilly (PCF, collectif Front de Gauche Rosporden), et restitué l'après-midi par Patrick Le Nan (Parti de Gauche, collectif Front de Gauche Morlaix). avril 2013 012 avril 2013 011

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Patrick Le Nan et Franck Simonnet à la tribune, ce dernier ( Front de Gauche Morlaix) faisant la synthèse de l'atelier "transition écologique".

 

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Le discours, aussi "punchy" que réfléchi, de Pascale Le Neouannic (Secrétaire nationale du Parti de Gauche, animatrice du Front de Gauche, notamment des fronts thématiques sur les migrants et la question LGBT) pour clôturer la journée par un appel à la combativité. Violence nécessaire des mots qui décrivent le quotidien de la violence patronale et sociale, qui visent à établir la responsabilité politique du gouvernement au service du monde de la finance, Chypre sous le joug de la troïka, l'enjeu des municipales et européennes, présence dans les luttes contre l'ANI, la nouvelle réforme des retraites annoncée avec le même type de rhétorique mensongère que Sarkozy par François Hollande, une décentralisation acte III d'inspiration libérale qui s'opère pour fragiliser les services publics et les solidarités, renforcer le bipartisme et la mise en concurrence des territoires.

 

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 13:14
Trégunc. Gérard Filoche  au Sterenn le 18 avril
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 On l'a remarqué ces derniers temps pour sa dénonciation de l'Accord national interprofessionnel et son indignation allant jusqu'aux larmes face aux aveux de Cahuzac. Gérard Filoche, le membre réputé le plus à gauche du bureau national du PS et inspecteur du travail, est l'invité d'ATTAC et de la Ligue des droits de l'homme au Sterenn de Trégunc le 18 avril à 20h30. Après une pièce de théâtre, l'Eloge de l'oisiveté, il viendra débattre de droit du travail et de questions sociales.


 


Et à Quimper le lendemain

SUD SANTE invite Gérard FILOCHE, Inspecteur du Travail (en retraite)

le VENDREDI 19/04/13 à l' AMPHI de l'HOPITAL LAENNEC de QUIMPER

(entrée parking sur le côté), de 9h à 13 h,

pour un colloque sur : LE DROIT DU TRAVAIL, LES ACQUIS SOCIAUX AU REGARD DES
ATTAQUES EN COURS (ANI/Accord MEDEF-CFDT, Retraites...),

 

ouvert à tous, salariés syndiqués nonsyndiqués, chômeurs, Associations, partis politiques,étudiants,retraités etc..)

 

La colère de Gérard Filoche après l'affaire Cahuzac: http://t.co/SjvZ68qA2B

 

Gerard Filoche décrypte la nocivité de l'ANI - l'accord MEDEF-CFDT de flexibilisation du travail voulu et soutenu par le gouvernement:

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=rQe1qjqDX8Y#!

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 12:57
Le lien pour une petite vidéo, et un autre pour TOUTES mes photos, à diffuser à Toutes et Tous, et téléchargeables.
Yves Abramovicz
Photos:
 



    
 
 
 
 
 
Yves Abramovicz a partagé une vidéo avec vous sur YouTube :
 
 
 
RENCONTRES FDG 29
 
 
 
 
 
 
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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 15:32

Dans l’édition du 1er avril du Télégramme on pouvait lire en page7 (Bretagne) que le préfet du Finistère soutenait une campagne pour que le département reste en pointe pour la parité des élus

On sait que l’un des arguments utilisé pour défendre le texte dont a accouché M. Valls sur le futur scrutin départemental est l’imposition de la parité dans ces assemblées à forte domination masculine. Qui n’y souscrirait ?

 

C’est oublier ou plutôt masquer volontairement que le scrutin de liste, avec une parité obligatoire tel qu’il fonctionne dans différentes élections, permet parfaitement d’atteindre cet objectif. Il permet aussi d’introduire la proportionnelle (intégrale ou partielle) et donc d’assurer une juste représentation (totale ou partielle) de la diversité de la population. C'est-à-dire de faire progresser la démocratie.

 

Or c’est ce que ne veulent absolument pas ni la Droite, ni le Parti Socialiste. Ce serait porter atteinte au bipartisme dont ils bénéficient tous les deux et dont l’institutionnalisation les assure que, quel que soit le résultat des élections, la domination de la Finance et du Capital n’est jamais remise en cause. En fait, comme on le voit actuellement, on change de gouvernants et de majorité mais ON NE CHANGE PAS DE POLITIQUE..

 

On voit aujourd’hui avec l’abstention massive à chaque élection et la progression du vote Front National combien ce choix est rejeté par la population et la gravité des conséquences qu’il porte en lui. C’est pourquoi le Parti Communiste Français et ses partenaires du Front de Gauche mettent au cœur de leur combat le développement de la démocratie dont l’instauration de la proportionnelle intégrale à toutes les élections est un élément majeur

 

Alain David

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 08:10

 

Le Front de Gauche dans le Finistère : Introduction à la discussion par Marcel Tilly (PCF, collectif Front de Gauche Rosporden, candidat aux législatives en 2012) 

 

avril 2013 014

 

Pour savoir où nous voulons aller il est important de savoir d’où on vient !

 

2007 Les élections présidentielles :

En 2006 : création des collectifs antilibéraux en vue d’une candidature unique pour l’élection présidentielle de 2007. Cette volonté se soldera par un échec.

Résultats : l’émiettement du courant antilibéral se solde par des scores très faibles :

- Historiquement bas pour le PCF (1,93%) ; Le NPA, avec une campagne protestataire et verbalement radicale, fait un score honorable de 4,08% ;Bové : 1,32% ; Laguiller : 1,33%.

Le constat : après 12 ans de gouvernement catastrophique de la droite et des millions de personnes dans des difficultés accrues, le PS, battu, accentue sa dérive vers le centrisme. La gauche radicale, tous mouvements additionnés, recueille un peu plus de 8% des voix exprimées.

 

Création du Front de Gauche.

Le PCF au congrès de 2008, analysant ses résultats et devant la quasi-disparition des formations se réclamant de la gauche radicale, lance une proposition de constitution de fronts, pour s’opposer à la politique de Sarkozy.

Le PCF, le Parti de Gauche nouvellement créé par des militants de l’aile gauche du PS et la Gauche Unitaire décident de créer le Front de Gauche «Pour une autre Europe», en rupture avec l’orientation libérale du traité de Lisbonne. Le NPA refuse de s’y associer.

Meeting de lancement : mars 2009. Ce groupement a l’ambition de s’élargir à d’autres formations et à dépasser l’addition des forces mobilisées.

L’écho dans la population  pourra être apprécié lors des scrutins électoraux qui suivront.

 

2009 Elections européennes : nationalement le FdG recueille 6,47% des voix ; 5 élus. C’est un progrès relatif

 

Mars 2010 Elections régionales : nationalement 7,49%

Dans la région Bretagne, plutôt que d’essayer de relancer une activité des Collectifs antilibéraux, les dirigeants du PCF prennent l’option de négocier, contre l’avis d’une partie importante de ses militants, une participation sur la liste du PS dès le premier tour. Une liste concurrente est présentée au nom du FdG.

Le PCF perd un siège au Conseil régional, celui du secrétaire fédéral (conseiller sortant) du Finistère.

 

Mars 2011 Elections cantonales : nationalement 10,38%

Dans le 29, sauf erreur, sur 24 cantons où le FDG était présent, seuls dans 5 cantons nous ne franchissons pas la barre des 5% et dans 8 cantons nous dépassons les 10%. C’est sans commune mesure avec l’élection cantonale précédente, en ordre dispersé.

- Dans de nombreux endroits, les campagnes du FdG ont développé des argumentations précises  avec des actions de proximité, sur des problèmes que se posent effectivement les gens.

- Il est apparu que cette campagne commune n’avait en rien desservi les différents partenaires et qu’au contraire une synergie tendait à apparaître.

- Important et à noter : une participation plus grande de personnes non affiliées aux partis créateurs (non encartés) à la campagne électorale.

 

Et puis nous avons vécu les 2 séquences électorales de 2012, qui méritent qu’on s’y attarde quelque peu car elles sont riches d’enseignements à tirer.

Depuis sa création le cartel de départ n’a cessé de s’élargir, puisqu’il compte maintenant 9 composantes, y compris avec des militants démissionnaires du NPA.

 

 

2012 d’abord l’Election présidentielle :

Accord des composantes du FdG sur un candidat unique : J.L.Mélenchon et un programme : l’Humain d’abord.

- Pour la première fois est posé non pas la réforme du système institutionnel en place mais la rupture avec celui-ci : l’insurrection civique.

- L’intervention du peuple comme moteur et dirigeant du mouvement social et politique est placée en avant.

La montée d’un fort mouvement populaire a changé le caractère d’une campagne au départ classique, partitaire. De positions revendicatives de demandeurs et de futurs délégataires s’imposait une force désireuse de prendre en main son avenir.

Cela a abouti au gigantesque meeting de la Bastille porté par le nombre, par la volonté de liens et de solidarités, par la convergence des couches différentes de la société (classe ouvrière, cadres et couches moyennes, des femmes et beaucoup de jeunes que l’on ne voyait plus guère dans les manifestations de gauche, des émigrés qui posaient le besoin d’égalité et de dignité) et surtout par une population qui en ne reniant pas ses appartenances politiques posait fortement la nécessité de se rassembler et de trouver sa place dans le mouvement naissant.

 

A ce moment les sondages donnaient 14 à 15% voire plus pour le FdG ; beaucoup plus que la somme de ce qu’étaient capables d’engendrer séparément les différentes composantes du FdG.

Prolongée par les manifestations de Toulouse et Marseille et par un fort mouvement de sympathie en France ; cela a créé un choc.

La droite a eu peur, comparant le mouvement montant à la révolution française, c'est-à-dire, pour eux : à la violence et la terreur.

Le PS a eu également peur. Pour la première fois ceux qui se réclamaient d’une gauche radicale sans compromis avec le capital et la finance créaient un risque important pour sa politique d’accompagnement du libéralisme.

 

Cependant une question peut se poser : les composantes partitaires du FdG n’ont-elles pas également eu peur du mouvement qu’elles étaient en train d’engendrer ?

Car dans les jours qui ont suivi la Bastille, le FdG a complètement réorienté son axe de campagne politique en faisant du combat contre le FN sa priorité. Le FdG entrait alors dans une campagne classique, abandonnant ce qui faisait sa force d’attraction : la radicalité, la primauté au mouvement des citoyens, la remise en cause fondamentale de l’institutionnel c'est-à-dire le contenu même de la notion d’insurrection civique.

A partir de là, le FdG à baissé dans les sondages donnant ainsi une prise plus grande au vote utile dont a bénéficié le PS, l’objectif primordial devenant : «virer Sarkozy avant tout» : condition nécessaire mais certainement pas suffisante. Le score du FdG a été de 11,1%, bon score par rapport aux désastres précédents mais très en dessous du possible.

 

Les élections législatives

L’abstention : globalement 40% au premier tour, 44% au second. Ce chiffre qui augmente de scrutin en scrutin est un des plus importants enregistrés pendant la 5è République. Nous ne sommes plus dans le domaine du pêcheur à la ligne.

Cela traduit certainement une méfiance à l’égard de la politique, le sentiment de ne pas pouvoir peser sur les décisions nationales et, pour certains, le refus de déléguer leur pouvoir.

Le FdG perd entre la présidentielle et les législatives une moitié environ de ses voix. Il est probable qu’une partie de ses électeurs se soit reportée vers l’abstention, doutant de l’utilité de ce scrutin, refusant de cautionner une politique sociale-démocrate dont ils pressentent les effets et/ou vers un vote «utile» dès le premier tour. C’était le prix à payer d’une campagne partitaire qui avait «oubliée» la Bastille et où, sauf rares exceptions, le peuple ne trouvait plus sa place.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ? et dès lors : Quelles perspectives ?

 

- La référence du Front de Gauche à une 6ème République, à ce jour passée au 2e plan, n’arrive pas à contrebalancer l’ancrage idéologique sur un fonctionnement préférentiel de la société sur un mode délégataire, qui confisque aux citoyens une véritable possibilité d’intervention dans les affaires de la nation.

- Le mode de financement public des partis (mis en place par Mitterrand et refusé à l’époque par le PCF) amplifie cette tendance. Ce financement tend à couper les partis de leur base militante et sympathisante et conduit à des pratiques de négociations électorales passant souvent par-dessus la tête des militants et des citoyens.

- La politique droitière de Hollande met sous tension la gauche radicale qui ne peut accepter ces remises en causes fondamentales (Europe, droit du travail français, politique sociale …) et qui peut, en même temps, avoir la tentation de ménager le PS à la veille des municipales pour tenter de sauver quelques postes d’élus.

- Il devient évident que si les élections sont des moments de la vie politique, l’intervention du FdG ne peut s’y limiter ; elle se doit de développer une politique, continue dans le temps long de la société et au plus profond de celle-ci. Le désintérêt des citoyens (abstentions) montre que le temps des promesses se termine.

 

Si l’on pense faire la politique avec les gens – comme sujets – alors c’est l’organisation de base qui sera déterminante et il y aura une large part à accorder à l’expérimentation.

 

La mise en œuvre d’une politique recueillant l’adhésion et la participation de larges couches populaires ne peut être décrétée sans y associer largement tous les gens qui se sentent concernés par une rupture radicale avec la politique libérale. La nécessité d’ouvrir la vie et la prise de responsabilité au FdG à des personnes non encartées n’est-elle pas devenue plus pressante ?

Sur le principe, cette nécessité est soutenue par l’ensemble des formations du FdG, dans la pratique c’est moins simple et tout est à inventer. Comment faire ?

 

Les Collectifs et associations FdG peuvent-ils répondre à ces impératifs ? Quelques pistes :

- Passer d’un fonctionnement vertical à un fonctionnement horizontal semble être le moyen le plus efficace pour impliquer la population.

- Etablir un fonctionnement où les orientations et les actions spécifiques sont décidées par la population.

Il est bon de rappeler que le programme «L’humain d’abord» est une trame mise sur pied pour les présidentielle et législatives et ne doit donc, sous peine de répéter l’erreur du programme commun, être interprété que comme une trame politique, non une bible ou un petit livre rouge.

- Les partis sont présents au travers de leurs militants dans toutes les instances du FdG. Dès lors leur représentation es-qualité, s’impose-t-elle au-delà du principe de «une femme, un homme égal une voix» ?

- Parce qu’imposer un avis majoritaire à une minorité est contre-productif (l’expérience le prouve), parce que la stratégie doit être définie et mise en œuvre par l’ensemble des citoyens engagés il s’avère important que le maximum de décisions soient prises au consensus.

 

La coordination départementale : quel doit être son rôle ?

N’est-il pas de faire circuler horizontalement les informations, propositions, idées provenant des collectifs locaux ?

De faire circuler l’information du local au régional et national et réciproquement ?

De coordonner, de mettre en cohérence et faire converger, quand cela est possible, les problématiques et les actions permettant de globaliser les problèmes et les alternatives qui en découlent ?

De travailler avec les collectifs pour les propositions des candidats aux élections ?

De mettre sur pied une ou des structures de formation pour permettre aux militants d’acquérir les connaissances nécessaires à la résolution des problèmes complexes qu’ils rencontreront au jour le jour ?

Dans la coordination départementale, le consensus ne doit-il pas y être aussi une règle privilégiée ?

 

Le FdG, pour acquérir son autonomie politique et éditoriale, devra certainement mener une réflexion sur ses moyens financiers et dégager des propositions pour assurer cette autonomie et sa capacité d’action.

 

Dans toutes les strates du FdG, les propositions et actions décidées avec la population se devront de prendre en compte la crise sociétale (anthropologique) et la crise environnementale qui se développent dangereusement.

 

 

Le Débat: quelques interventions.

 

avril 2013 017

 

Alain David (PCF/ Front de Gauche Morlaix): le point de départ qu'il faut que l'on prenne, c'est le dynamisme que le Front de Gauche a suscité dans la population depuis la situation dont on était parti. Dynamisme qui doit continuer à se développer au niveau des organisations, au niveau des personnes qui nous rejoignent. Le Front de Gauche est un trésor, notre trésor commun. Ceci dit, il ne faut pas chercher des réponses d'organisation qui soient les mêmes partout. L'important, c'est de donner une place à chaque personne qui veut s'impliquer. On n'en est pas encore au rapport de force permettant la rupture, ce pourquoi il faut encore travailler pour rassembler plus largement. Le travail, les résultats sont devant nous. Il faut faire en sorte que le rapport de force soit tel que la résignation, l'abattement et la colère que l'on voit naître dans le vote protestataire, le vote d'extrême-droite, cèdent la place à une révolte positive pour la transformation progressiste du système. On a une forte responsabilité, surtout quand on voit que le gouvernement n'est pas prêt à changer la donne. Il faut montrer que le recours existe dans les forces de gauche et qu'il est capable de changer la donne.

 

Christian Beaumanoir (PCF/ Front de Gauche Crozon): le Front de Gauche est un rassemblement où chacun doit se sentir à l'aise. Il faut donc garder l'unité et la volonté d'ouverture. Ce n'est pas parce qu'il y a une politique du PS qui est complètement anti-sociale que c'est gagné de lutter contre une certaine forme de résignation. A Quimper, il n'y avait que 150 personnes à la manif des retraités l'autre jour. C'est peu... Comment on fait localement, en partant de ce que vivent les gens au quotidien, pour mener des actions au corps-à-corps, pour lutter contre la résignation? Il faut renouer avec le porte-à-porte. Les moyens de communication modernes, les mails, ce n'est pas suffisant. L'essentiel, c'est d'aller au combat en partant des combats locaux. Les gens se méfient des élections: il faut reconnaître que c'est complètement délégataire. Comme on s'approche des municipales, on a intérêt à regarder tout ce que l'on peut mettre en avant pour progresser.

 

Jean-Paul Cam (PCF/ Front de Gauche Brest): on est écrasé actuellement pas la présidentialisation de la vie politique. On n'a pas montré tout ce qu'on pouvait faire pour sortir de la crise. Cela suppose un travail de fourmi à réaliser, il ne suffit pas d'afficher le drapeau de la radicalité. Il faut travailler comme des fourmis en avançant avec les gens pour montrer qu'il y a une autre politique possible. Il faut travailler pied-à-pied avec la population pour faire comprendre les choses là-dessus. Le risque de récupération par l'extrême-droite de la colère et du dégoût nés de la crise est réel.

 

François Rippe (Gauche anticapitaliste/ Front de Gauche Morlaix): Cela ne suffit pas ... mais si le Front de Gauche dresse le drapeau de la radicalité, c'est bien aussi. Battre la droite et l'extrême-droite, bien sûr, mais à quel prix? Il y a actuellement de l'apathie, du désespoir, des difficultés à faire émerger un mouvement social dans des conditions austéritaires: cela fait le lit du populisme. Il faut que nous nous demandions: quel outil le Front de Gauche doit devenir pour susciter les luttes, le reveil de la population? Car il faut que le Front de Gauche avance sur ses deux pieds: ce soit être un outil d'expression électorale mais il doit aussi favoriser les luttes. Il faut également que nous ayons une démarche offensive en termes de formation, d'éducation populaire. Un profil offensivement unitaire. Nous devons toujours chercher à intégrer d'autres composantes: des partis politiques, des collectifs, des équipes militantes qui luttent contre un aéroport, une centrale à gaz, pour le droit au logement ou le droit des sans-papiers. Le sous-bassement, ça doit être la totale indépendance par rapport à la politique du PS et d'EELV. Il ne faut pas faire l'impasse sur d'éventuelles fusions de 2ème tour aux municipales pour battre la droite mais pas non plus rechercher la politique d'alliance avec le PS.

 

Philippe: Ce qui est intéressant dans le rapport qui nous a été présenté, c'est de s'interroger sur la différence entre les 15% qui nous étaient crédités à un moment donné pendant la campagne présidentielle et les quelques % que nous avons fait aux législatives. Cela renvoie à la représentation que les gens ont de la politique. Il y a certainement une nécessité à reconsidérer les pratiques: accepter que les choses nous échappe en tant que cartel, que Front de Gauche. On a besoin d'un message clair par rapport au PS et de trouver des formes d'organisation qui permettent d'aller à l'écoute des gens. 

 

Louis Aminot (Communistes Unitaires, FASE): Marcel Tilly a bien fait de souligner l'importance comme tournant de la Bastille: le contenu de l'intervention de Mélenchon a résonné comme un appel à la fin de campagne, comme si on avait décidé de revoir nos ambitions, comme si on avait pris peur de notre succès. A partir de moment, on a tout centré sur la campagne contre le FN pour ne pas compromettre les chances de battre Sarkozy, et le contenu social, le contenu transformateur de notre campagne s'est éclipsé. 

 

Ismaël Dupont (PCF/ Front de Gauche Morlaix): Je suis complètement d'accord avec Marcel Tilly quand il parle du tournant de la Bastille. Sur le terrain, on a senti dans les porte-à-portes, sur les marchés, que c'était le moment de la campagne électorale où le Front de Gauche commençait à être identifié et reconnu dans son ambition par la population, où on commençait à susciter de l'enthousiasme et de l'espoir même chez des gens "peu politisés" ou qui ces dernières années étaient désabusées. Cette dynamique, même si elle n'a sans doute pas été suffisamment loin, reste un point d'appui. Ce qui a permis cela, c'est la conjugaison d'un programme de propositions fortes porteur d'un projet de société réellement alternatif, en rupture avec le système, d'un discours de classe, transformateur, porté avec un talent extraordinaire par Jean-Luc Mélenchon, et d'une activité militante rarement vue depuis longtemps sur le terrain.

A ce moment, on a eu le sentiment que les choses pouvaient basculer, que le peuple pouvait redevenir acteur de son histoire. Il faut aujourd'hui que nous gardions, même dans la difficulté à se faire entendre médiatiquement et sans perspective immédiate de prise de pouvoir, le même niveau d'ambition. Il y a sur le plan national un brouillage organisé par les médias autour de l'identité et du projet du Front de Gauche. Que montre t-on de nous? "Mélenchon, c'est un amuseur, l'homme de toutes les outrances verbales, un apprenti dictateur"; "les parlementaires communistes votent avec la droite au Parlement et au Sénat parce qu'ils sont gricheux"; "il y a de l'eau dans le gaz entre le PCF et le Parti de Gauche au sujet des municipales et du rapport au PS".

Ces images déformantes sont construites intentionnellement pour nous affaiblir parce qu'on dérange et qu'on fait peur mais elles ne sont sans doute pas sans effet, ce pourquoi il est plus que jamais nécessaire d'y opposer pour la population notre dynamisme, notre exigence politique et notre ouverture à la participation citoyenne sur le terrain. Il faut être le plus rassembleurs possible, ne pas vérouiller les choses au niveau des partis, continuer à faire vivre cet espoir de participation politique citoyenne et populaire au service d'un vrai changement de société qu'incarne le Front de Gauche. Pour cela, je pense qu'il faut surtout éviter de se replier sur des logiques de boutiques, de défenses des intérêts d'appareil, de méfiance vis à vis de l'implication citoyenne et du rassemblement. La coordination départementale du Front de Gauche fonctionne actuellement comme un forum, un lieu de discussion, de partage d'informations, de fabrication d'orientations communes et de convergences entre les collectifs citoyens locaux du Front de Gauche et les représentants des partis composant le Front de Gauche. A chaque fois, le dialogue et la recherche de consensus, la mise en avant de ce qui nous rassemble, prime sur le rapport de force entre organisations. Il faut garder ce fonctionnement et ne pas créer, comme certains ont laissé entendre qu'ils voulaient le faire, un exécutif départemental du Front de Gauche où ne seraient plus, ou plus qu'à peine, représentés les collectifs citoyens du Front de Gauche, mais seulement les dirigeants locaux des partis. Ce serait une manière de ne pas reconnaître l'apport des citoyens non encartés dans le Front de Gauche et de recréer une instance bureaucratique, rigide, centralisé, ne permettant pas de développer réellement l'ancrage et la dynamique du Front de Gauche sur le terrain. Ce sont les collectifs citoyens qui font l'essentiel de l'activité et de la visibilité du Front de Gauche sur le terrain: pas question de les mettre au pas... Le rôle du Front de gauche ne doit pas se limiter à une machine électorale: il doit être un vecteur de réappropriation de la politique, d'activitation et de mise en cohérence des luttes. Pour cela, au niveau des municipales, il est évident que nous ne devons pas être associé à la politique du gouvernement et que nous devons chercher à nous présenter au premier tour, en cohérence avec notre refus de l'austérité, notre refus des orientations ultra-libérales de l'Union Européenne acceptées par les socialistes et EELV, sur des listes Front de Gauche élargi indépendantes, partout où c'est possible, et particulièrement dans les grandes villes et villes moyennes. Il en va de notre crédibilité, de notre capacité à incarner une alternative pour les années à venir et à échapper au vote sanction contre la gauche gouvernementale. Par ailleurs, les élections européennes suivent de très près les municipales: il faut envisager ces élections ensemble, et ne pas tenir une position puis une autre, différente, lors de ces élections qui se suivront à deux mois près. Les élections municipales auront bien une dimension nationale: ce serait l'occasion d'une appréciation à mi-parcours de la politique de Hollande et de son gouvernement, il s'agira d'en faire une tribune pour faire monter l'idée qu'une toute autre politique est possible et nécessaire et dénoncer le recul des services publics, des solidarités et des dotations de l'Etat, une décentralisation d'inspiration néo-libérale renforçant le bipartisme et la délégation de pouvoir. 

Une syndicaliste: Pendant des années, on a été confronté à des plans sociaux, de l'austérité, des politiques libérales qui ont matraqué la population et les salariés. On peut comprendre que les gens n'y croient plus trop, soient abattus. En même temps, il y a eu un vrai frémissant lors des présidentielles avec la campagne du Front de Gauche et le programme L'Humain d'abord  qui montraient qu'il y avait d'autres choix possibles. Maintenant la question, c'est: comment on fait pour intégrer les salariés, les jeunes, tous les gens qui veulent autre chose? 

Maxime Paul (PCF/ élu à Brest/ Front de Gauche Brest): Il ne pas en rester à l'incantation, à la posture révolutionnaire qui est parfois contre-productive comme on l'a observé au niveau de certains syndicalistes de PSA. Les élus sont utiles pour changer au quotidien la vie des gens. Il faut partir des besoins de la population pour lui apporter des réponses concrètes. Ne pas renvoyer à un horizon lointain, à des lendemains meilleurs. Ce n'est pas ça qui fait réellement avancer les choses. 

Yannick Hervé (FASE/ Front de gauche Landerneau): Le Front de Gauche c'est un outil essentiel qu'on peut être fiers d'avoir créé et de continuer à renforcer. C'est le grand acquis de ces dernières années, notre trésor commun. Cela permet de relativiser les difficultés inévitables auxquelles on va être confrontés pour les municipales. A Landerneau, en tout cas, nous sommes dans une démarche pour partir au premier tour avec une liste représentant ce qu'il y a à la gauche du PS. 

Annie Bergot Le Calvez (PCF/ Front de Gauche Morlaix): Je ne vais pas parler de ce qui est négatif. On a un collectif FDG très dynamique à Morlaix, tolérant, avec une vraie fraternité et une volonté de travailler ensemble. En ce moment, afin de bâtir un projet commun pour les municipales, on travaille tous les 15 jours, le samedi. Ce qu'on ressent en ce moment, c'est un vrai renouveau. On a organisé et on organise toujours régulièrement des porte-à-portes. Il y a de plus en plus de monde dans les distributions sur le marché. On a décidé de doter le Front de Gauche à Morlaix d'une autonomie financière en rendant possible la cotisation directe à l'association que nous avons créé: 12€/an, 20€/an ou plus... Chez nous cela fonctionne sur le principe du " 1 adhérent = 1 cotisant = 1 votant= 1 voix qui a autant d'importance que toute autre". Je suis contente, moi, d'être radicale de gauche. Je me félicite que l'on soit parti sur l'idée d'une liste indépendante Front de Gauche et citoyenne au 1er tour des municipales.

André Gac (Front de Gauche Plougastel Daoulas): Il ne faut pas considérer que tous ceux qui ne sont pas actuellement avec nous sont contre nous: il y a tout à travail à faire pour faire bouger les lignes chez certains au PS ou à EELV. Attention, il n'y a pas que le terrain à mettre en avant, il y a aussi l'intellectuel collectif qu'il faut faire en sorte de redevenir. Le terrain à lui seul ne produira pas de miracle. Il faut penser les propositions, la stratégie. Aux municipales, il faut se demander à chaque fois comment on renforce le Front de Gauche. 

André Bernard (PCF/ Front de Gauche Fouesnant-Quimper, candidat aux législatives en 2012): Le Front de Gauche, c'est la belle et bonne idée de ces dix dernières années sur le terrain politique. Il s'agit pour nous maintenant de combattre la résignation, d'ouvrir une perspective politique. Il faut continuer d'élargir, maintenir notre dynamique, ne pas renoncer à nos valeurs anti-capitalistes. Il ne faut pas créer d'opposition artificielle et contre-productive entre réflexion et travail de terrain. Il faut rappeler que la lutte contre le FN n'est pas l'objectif fondamental du Front de Gauche.  

Alain David (PCF/ Front de Gauche Morlaix): Il faut partir de la réalité. Ce qui domine, c'est le mécontentement, la colère, le désespoir, qui ne se traduisent pas encore en croyance en la possibilité de changer positivement les choses en votant pour nous. Il faut travailler sur la convergence entre les forces syndicales et les forces politiques: c'est absolument nécessaire. On est dans le Front de Gauche pour rompre avec cette société capitaliste, pour mettre l'homme au centre. Il faut remettre en cause la délégation de pouvoir et le bipartisme qui font que l'on reste dans le cadre d'une alternance sans alternative. 

Ismaël Dupont (PCF/ Front de Gauche Morlaix): j'aurais quelques remarques critiques, pour continuer à avancer, par rapport à l'activité actuelle du Front de gauche. La campagne contre l'austérité, d'abord. Est-ce que cela parle vraiment aux gens, est-ce que cela les aide à comprendre ce qui est en jeu aujourd'hui politiquement et économiquement? Est-ce que cela marque suffisamment une volonté de rupture avec le système? Je ne crois pas. On peut mener une politique de droite ou centriste, libérale, pro-capitaliste, qui ne soit pas une politique d'austérité pour autant. La politique d'austérité en elle-même n'est qu'une manière de faire payer aux peuples la facture des effets économiques et sociaux de la crise financière de 2008, liée à la dérégulation et à la financiarisation de l'économie. Il faut s'appuyer sur l'explication de cette crise pour dire qu'il faut transformer profondément ce système économique capitaliste à outrance qui plonge les sociétés occidentales dans une crise multiforme extrêmement grave. Ce n'est pas d'obtenir quelques augmentations de salaires, de pensions, de minimas sociaux, de services publics qui changera beaucoup à la donne. Il faut remettre en question le système lui-même. On avait déjà eu un premier renoncement au niveau de l'ambition en dénonçant le libéralisme plutôt que le capitalisme, il ne faudrait pas que l'on revienne au plus petit dénominateur commun en ne dénonçant plus que l'austérité, alors que la situation exige de repenser complètement le mode de production et de répartition des richesses.

Par ailleurs, il y a un manque au niveau du Front de Gauche actuellement, c'est qu'au niveau national on fonctionne essentiellement comme cartel d'organisations, sans représentation des collectifs locaux du Front de Gauche et des citoyens non encartés. Il ne serait pas forcément compliqué de leur faire une place pour décider des orientations, des stratégies, avec les 9 partis qui composent le Front de Gauche sans pour autant transformer le Front de Gauche en parti.

De la même manière, pour le choix des candidats du Front de Gauche lors des élections à venir, j'espère qu'on arrivera à faire une association commune de financement qui permette de reverser par avance toute une partie des financements et remboursements d'Etat aux partis du Front de Gauche selon une règle de proportion définie à l'avance et qui permette de choisir les candidats les plus rassembleurs sans considération prioritaire d'appartenance politique à telle ou telle composante du Front de Gauche.   

Jean-Paul Cam (PCF/ Front de Gauche Brest): Tout ce qui n'est pas dans le Front de Gauche n'est pas non plus notre adversaire. Le front de Gauche, c'est quelque chose qui doit être ouvert, qui est rassembleur. Il faut qu'on se positionne pour faire battre la droite et l'extrême-droite. Il faut avoir des élus du Front de Gauche dans un maximum de communes et, pour cela, il faut mettre en valeur les acquis locaux importants réalisés grâce aux élus du Front de Gauche. 

030

 

Alain Rebours (Gauche unitaire, Front de Gauche Morlaix): il faut partir d'une chose, le succès du Front de Gauche. Le fait que ça existe, c'est déjà un chemin énorme de franchi. La question, c'est maintenant de développer l'ambition du Front de Gauche pour les 10-15 ans qui viennent. C'est un instrument merveilleux: on arrive à se poser des questions politiques qu'on ne se posait pas précédemment. Comment peut-on être une alternative pour les transformations de la société? Pour les municipales, il faudrait pouvoir définir une taille significative des communes à partir de laquelle ça devient intéressant et nécessaire de partir avec une liste Front de Gauche au premier tour. Il faut à la fois que nous marquions notre indépendance de vue et que nous continuions à travailler sur les contradictions à EELV et au PS. Il y a deux tendances contraires également nuisibles qu'il faut éviter: aller de préférence avec le PS au premier tour des municipales sous prétexte qu'on a déjà des élus, tenir systématiquement le discours du Front de Gauche comme recours dans la catastrophe d'une montée du FN et d'un effondrement de la sociale-démocratie. N'oublions pas que quand la gauche va s'écrouler, on y risque d'y être associé en termes d'image, de résultats. Après, il ne faut pas trop que l'on s'inquiète des contradictions qui apparaissent dans une réunion comme celle-ci. Au niveau des municipales, on va sans doute être amené à bricoler mais l'essentiel est de préserver cet outil indispensable qu'est le Front de Gauche. 

 

032

Patrick Le Nan (Parti de Gauche, Front de Gauche Morlaix): Le Front de Gauche est divers, certes, mais il correspond à des objectifs politiques bien définis, liés à une autonomie conquérante par rapport au PS, une volonté de renverser le rapport de force en faveur d'une gauche qui refuse le libéralisme. Dès lors, si des élus ou des candidats veulent partir avec le PS aux municipales, il ne faut pas qu'ils le fassent sous l'étiquette Front de Gauche. Ne pourrait-on pas décider nationalement que les gens qui partiront avec le PS ne poteront pas l'étiquette Front de Gauche dans les villes de +50000 habitants. 

Un intervenant. Je suis d'accord pour dire que le Front de Gauche ne doit pas être une force politique classique mais un outil pour intégrer les travailleurs, les jeunes, etc. Il faut sortir des logiques d'appareil et considérer d'abord et avant tout l'intérêt du peuple. Il faut partir d'actions assez fortes pour pouvoir rassembler: contre la précarisation et le chômage, contre le système bancaire. Ce système là, il faut montrer qu'on peut en sortir. Il faut arriver à rassembler tous les gens qui ont intérêt au changement d'abord. La notion de gauche me semble engagée aujourd'hui: il faut rassembler au-delà des organisations du FDG.    

034                    

Renaud (Parti de Gauche): J'appuie l'idée que l'étiquette Front de Gauche ne peut que se revendiquer sous condition de poursuivre les objectifs fondateurs du Front de gauche: dès lors, dans les villes importantes, les élus qui voudront partir avec le PS au premier tour ne devront pas se revendiquer du Front de Gauche officiellement sur leurs documents de campagne.   

 

La restitution de Patrick Le Nan l'après-midi en AG plénière (Parti de Gauche, collectif Front de Gauche Morlaix). 

 

avril 2013 030

 Restitution d'après notes et mémoire incertaine :

-« Tout d'abord, je vous demande d'être indulgent, cette restitution est une première pour moi, et la qualité de l'assemblée me faisant face est assez impressionnante.

Dans cet atelier « perspective du front de gauche », On a donc commencé par un historique :

-Après le succès du non au référendum en 2005, c'est le constat d'échec en 2006. Le PS battu s'engageant dans le social libéralisme, et le score d'ensemble de la gauche radicale de 8% crée la nécessité du Front De Gauche dans les têtes et les esprits ;

-2008, c'est la naissance du Front De gauche.

La progression sera constante , d'élections en élections en % et en voix jusqu'à la législative de 2012. La campagne présidentielle de 2012 nous accorde même des sondages à 14 ou 15%, le résultat de 11.1% poussent certains à analyser cette baisse comme étant du à un changement de discours après le grand rassemblement de la Bastille.

Un retour à une campagne classique, le combat contre le FN, l'oubli de la primauté du citoyen, la mise au second plan du discours de rupture sont les arguments avancés.

La législative, avec une abstention de 40% et 44% au 2ème tour voit le % se diviser par deux par rapport à la présidentielle...

Il semble cependant que c'est oublier énormément d'éléments extérieurs, et en particulier le déchaînement médiacratique contre le FDG, et dont la dédiabolisation du FN à l'époque, s'entend maintenant par une tentative de diabolisation du FDG et en particulier de Mélenchon au travers de l'argument permanent d'opposition ou de rupture PCF/ PG, de Chavez dictateur, ami de JLM, d'outrance verbale et autre antisémitisme imaginaire...

Mais calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose....

 

Sur le terrain, auprès du grand public, du peuple, c'est pourtant à partir du moment charnière de la Bastille, suivi des rassemblements de Toulouse et de Marseille, qu'on a bien senti , dans les porte-à-porte entre autres, que le discours FDG, le discours de la transformation sociale, était identifié et portait davantage dans l'opinion, le peuple de gauche redevenant sujet de son histoire...

Le succès de la campagne se trouve dans le discours de rupture globale avec le système capitaliste et la délégation de pouvoir, et dans une campagne militante de niveau très élevée, porteuse d'un projet au travers de son programme, et par ce rassemblement du front de gauche...

Le recul aux législatives peut aussi s'expliquer simplement par la déception, le matraquage du vote utile, et la puissance du bipartisme par exemple... Il reste cependant très difficile de savoir ce qui se passe dans l'isoloir et dans la tête du citoyen au moment du vote...

 

le fonctionnement

 

- « Les fonctionnements sont divers : collectifs citoyens, associations... avec des poids différents des orga politiques. Ceci donne une hétérogénéité aux comités locaux des fronts de gauche dans le Finistère...

 

-A Morlaix par exemple, le consensus et l'engagement commun et pluraliste autour de la campagne présidentielle a permis la naissance de l'asso Front De gauche Morlaix. C'est la rencontres de militants se découvrant de nouveau.. ( ...mais où on était passé tout ce temps, on s'était perdu de vue, on s'est retrouvé ! ;-) ) Le travail en commun, l'arrivé de citoyens non-encartés, le déroulement de la campagne dans le consensus, le dialogue, y compris sur des sujets clivants ( NDDL, la centrale à gaz...) et l'écoute de chacun dans le respect, ont stabilisé la cohérence de celui-ci... A la création des statuts on s'est aperçu que le consensus fonctionnait très bien et naturellement depuis les présidentielles, que si un sujet posait problème on pouvait y revenir plus tard, que l'on pouvait aussi le contourner si cela un jour s'avérait nécessaire... Mais le consensus est un ciment car il évite les « frustrations minoritaires »... On a quand même mis une possiblité de vote dans les statuts, mais il doit être très largement majoritaire...

Le désir d'un fonctionnement horizontal répondant à l'engagement citoyen, le « place au peuple », est net, au-delà des « étiquettes », des couleurs politiques... Une vraie relation horizontale des comités locaux, aux comité départemental et national est exigée. Le fonctionnement au consensus est la vraie voie, car elle oblige à l'écoute et au respect de tous, la faiblesse apparente du Front De Gauche est probablement sa plus grande force, quand le processus est vraiment engagé... -Et je n'aimerai pas faire parti de l'orga qui oserai tenter de faire exploser le FDG.. -Non , j'aimerai pas !

 

-L'engagement aux côtés des salariés en lutte, dans la vie sociale, dans l'écoute des problèmes réels des citoyens dans leur vie quotidienne est sûrement un élément du futur succès du FDG et de sa cohérence citoyenne.

-L 'engagement dans la lutte concrète contre la politique environnementale et sociale actuelle, en point d'appui des organismes militants est indispensable.

 

-Le programme « l'humain d'abord » est retenu comme trame. La représentation es qualité, un homme ( une femme) -une voix, adhérent(e) d'un parti ou pas, devrait être la règle, et la représentation des « non-encartés » dans les organismes dirigeants doit se faire jour [ interpellation : « il y en a ! »- moi : - »ah bon ! Je savais pas!-Mais ils représentent qui alors ? »]

bref... doit se faire jour si l'on veut continuer notre politique d'ouverture vers le peuple, afin qu'il se réapproprie le pouvoir politique. La prise de responsabilité doit être possible pour tous.

La dynamisme de la présidentielle a perduré, et continue de se développer, sûrement de manière inégale, mais c'est notre trésor commun ! Les compromissions hasardeuses lors des élections municipales, suivi de près des européennes, pourrait tout renier, tout gâcher définitivement....

 

Les perspectives du front de gauche

 

La politique PS/ EELV recueille évidemment l'unanimité de la critique de l'atelier et radicalise les positions. Très majoritairement, la tendance est au refus de cette politique, et au désir, à la volonté d'un maximum de listes FDG aux municipales, par soucis de cohérence. L 'élection européenne à suivre pourrait gravement en souffrir si l'incohérence était de mise...Il reste évident que les petites municipalités ont plus de difficultés à constituer ces listes FDG, mais le discours de fond est net : Pas d'alliance au 1er tour !

… Et le cas échéant, une alliance au 1er tour avec le P. »S » ne doit pas se faire en portant les couleurs du FDG, mais seulement celle de son parti, éventuellement.

-Et je passe directement cette idée à Pascale, verticalité oblige !...:-)

-Mais il reste que le financement des partis, les positions de pouvoir et la tentations de « sauver » des postes, sont encore sous-jacent...

-Le FDG n'a pas qu'une vocation électorale, il a vocation à fédérer les luttes. Il doit se développer dans le temps long. L'horizon n'est pas demain, mais il est bien à 5 ou 10 ans à minima... Le FDG est notre meilleur outil de réappropriation populaire de la vie politique, et de convergence du mouvement syndical et social. C'est cette réappropriation et cette convergence qui feront la force nécessaire au renversement de la table !

(ensuite c'est plus « tout venant » et libre parole...)

-« autrement euh : - la montée de l’extrême-droite a fixé un temps le débat entre la lutte nécessaire et le risque d'enlisement... la confusion électorale entre battre Sarko ou Hollande est suspensive dans le « ...et alors !? »Ca ne doit pas susciter l 'apathie, la baisse du mouvement social faisant le lit du populisme.

-il faut 2 pieds au front de gauche : la progression électorale et une position de haut-parleur des luttes sociales.

-On a aussi beaucoup évoqué la nécessité impérieuse de formation des militants et d'éducation populaire.

-Le combat sur le terrain , le porte-à-porte a beaucoup été évoqué, mais nous avons aussi à organiser d'autres formes de militantisme sur le terrain, il y a des idées, n'est ce pas ?:-)

-Et face à la médiacratie, n'oublions pas que nous sommes notre propre média, notre meilleur média !

Ah oui, et puis on doit se battre contre le TINA de Tatcher, le « there is no alternative », le « on ne peut pas faire autrement », c'est très important....

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 07:58

 

Le Front de Gauche dans le Finistère

 

Pour savoir où nous voulons aller il est important de savoir d’où on vient !

 

2007 Les élections présidentielles :

En 2006, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2007, des collectifs antilibéraux se créent dans le pays en vue d’une candidature unique. Cet épisode se solde par un échec. Les adhérents communistes, par un vote national, confirment la candidature de Marie-George Buffet, avec la volonté de « rallier » les voix de la gauche de la gauche. En réaction, Olivier Besancenot, au nom de la LCR, se déclare aussi candidat. José Bové confirme également sa candidature. Résultat des courses : malgré une participation très importante (abstention : 16%), cet émiettement du courant antilibéral se solde par des scores très faibles, en particulier historiquement bas pour le PCF (1,93%); ce score prolonge une lente érosion amorcée dès les années 70, accentuée par la stratégie du Programme commun et sa participation aux divers gouvernements socialistes sous la présidence de F. Mitterrand. Le NPA, avec une campagne protestataire et verbalement radicale, fait un score honorable de 4,08%, qui lui donnera une appréciation faussée des rapports de forces au sein de la gauche radicale et de la stratégie de convergences qu’il aurait dû amorcer.

Bové : 1,32% ; Laguiller : 1,33%.

Le PS n’arrive pas à s’imposer. S’être aligné sur les thèmes de la droite (sécurité, Europe du capital …) ne lui a pas permis de développer un contrepoids à la politique et à la gestion catastrophiques de la droite.

Le constat est donc qu’après 12 ans de gouvernement catastrophique de la droite et des millions de personnes dans des difficultés accrues, le PS accentue sa dérive vers le centrisme (la droite) ; la gauche radicale, tous mouvements additionnés, recueille un peu plus de 8% des voix exprimées.

Lors du congrès de 2008, analysant ses résultats, le PCF lance à toutes les forces se réclamant de la gauche une proposition de constitution de fronts, pour s’opposer à la politique de Sarkozy.

 

Création du Front de Gauche.

Au plan national, toutes les forces se réclamant de la radicalité sont à un point d’étiage extrêmement bas. Une partie non négligeable de l’énergie de ces forces ayant été tournées vers une concurrence entre elles, les électeurs ne se sont pas retrouvés.

Face à cette quasi-disparition des formations à la gauche de la gauche, le PCF, le Parti de Gauche nouvellement créé par des militants de l’aile gauche du PS et la Gauche Unitaire décident de créer le Front de Gauche. Meeting de lancement : mars 2009. Il est à noter le refus du NPA de s’associer. Ce groupement a l’ambition de s’élargir à d’autres formations et à dépasser l’addition des forces mobilisées par chacun des participants, pris séparément.

 

Depuis son lancement, quel écho dans la population ? Peu d’instrument pour le mesurer sinon un certain nombre de scrutins électoraux qui, les uns après les autres, ont montré que la dynamique du FdG n’a cessé de grandir et que ce dernier s’est progressivement installé comme une forme politique nouvelle, avec laquelle il faut désormais compter.

 

2009 Elections européennes : nationalement le FdG recueille 6,47% des voix ; 5 élus.

 

2010 Elections régionales : nationalement 7,49%

Dans la région Bretagne, plutôt que d’essayer de relancer une activité des Collectifs antilibéraux – opération certainement difficile après l’amertume suscitée par les péripéties de l’élection présidentielle -, les dirigeants du PCF prennent l’option de négocier, contre l’avis d’une partie importante de ses militants, une participation sur la liste du PS dès le premier tour. Une liste concurrente est présentée au nom du FdG.

Le PCF perd un siège au Conseil régional, celui du secrétaire fédéral (conseiller sortant) du Finistère.

 

 

2011 Elections cantonales : nationalement 10,38%

Malgré un taux d’abstention important les résultats montrent le bien-fondé de la stratégie du FdG. Des résultats encourageants sont obtenus: nationalement 10,38% sur l’ensemble des cantons où le FdG présentait des candidats. Dans le Finistère il arrive que le FdG se retrouve en deuxième position face au PS, plus souvent en troisième position derrière le PS et l’UMP (ou équivalent) avec des scores dépassant souvent les deux chiffres.

Dans de nombreux endroits, les campagnes du FdG ont développé des argumentations précises, particulières (non généralistes) avec des actions de proximité, sur des problèmes que se posent effectivement les gens. Il est apparu que cette campagne commune n’avait en rien desservi les différents partenaires et qu’au contraire une synergie tendait à apparaître. Il est apparu (timidement) un autre phénomène qui est une participation plus grande de personnes non affiliées aux partis créateurs (non encartés) à la campagne électorale, mais également au-delà, en exprimant une volonté de poursuivre en dehors des phases électorales.

La caractéristique nouvelle de cette participation individuelle dénote-t-elle la volonté exprimée de prendre part aux responsabilités ?

 

Depuis sa création le cartel de départ n’a cessé de s’élargir, puisqu’il compte maintenant 9 composantes, y compris avec des militants démissionnaires du NPA mécontents de la stratégie isolationniste de leur ex-formation.

Et puis nous avons vécu les 2 séquences électorales de 2012, qui méritent qu’on s’y attarde quelque peu car elles sont riches d’enseignements à tirer.

 

 

2012 Elections présidentielles et législatives :

Les composantes du FdG se sont mises d’accord sur un candidat unique – J.L.Mélenchon – et un programme : l’Humain d’abord.

 

Présidentielle :

 

Pour la première fois un mouvement, au départ cartel de partis politiques, posait à travers les différentes interventions médiatiques de Mélenchon, non pas la problématique de réforme du système institutionnel en place mais la rupture avec celui-ci, l’insurrection civique (même si le mot civique en atténuait le contenu).

Ce qui était placé en avant était l’intervention du peuple comme moteur et dirigeant du mouvement social et politique qui commençait à émerger. Nous sommes passés d’une campagne au départ classique, c'est-à-dire partitaire, à la montée d’un fort mouvement populaire qui ne posait plus seulement le problème en terme revendicatif, de demandeurs et de futurs délégataires mais comme une force désireuse de prendre en main son avenir.

Cela a abouti au gigantesque meeting de la Bastille, gigantesque par le nombre mais aussi et surtout par l’énorme volonté populaire qui prenait corps. Par l’énorme besoin de lien et de solidarité qui se faisait jour, par la convergence des couches différentes de la société : classe ouvrière (eh oui, elle existe), cadres et couches moyennes, des femmes et beaucoup de jeunes que l’on ne voyait plus guère dans les manifestations de gauche, des émigrés. A travers eux se posait en force le besoin d’égalité et de dignité. Et peut être surtout une population qui en ne reniant pas ses appartenances politiques quand elle en avait, posait fortement la nécessité de se rassembler au-delà du cartel de départ et surtout la volonté pour ceux qui n’étaient pas encartés de trouver leur place, toute leur place dans le mouvement naissant.

Problème loin d’être résolu ; n’est-ce pas là un des enjeux importants pour l’avenir du FdG ?

A ce moment les sondages donnaient 14 à 15% voire plus pour le FdG. Il est évidemment nécessaire de prendre ces sondages avec beaucoup de prudence quand on sait qu’ils sont façonnés autant que façonneurs de l’opinion. Néanmoins c’était des indications montrant que le mouvement en cours était beaucoup plus que la somme de ce qu’étaient capables d’engendrer séparément les différentes composantes du FdG.

Les manifestations de la Bastille, Toulouse et Marseille ont montré une force symbolique montante, soutenu par des dizaines de milliers de personnes sur place et un fort mouvement de sympathie en France. Cela a créé un choc.

Les propos ironiques de la droite couvraient mal sa peur et elle a aussitôt commencé à comparer le mouvement montant à la révolution française, c'est-à-dire à ce que les cours d’histoire (écrits depuis des décennies voire des siècles par l’idéologie bourgeoise et capitaliste) ont laissé dans les têtes des gens : la violence et la terreur.

Le PS a eu également peur. Pour la première fois ceux qui se réclamaient d’une gauche radicale sans compromis avec le capital et la finance commençaient à dépasser les esprits de clochers, poussé par un mouvement populaire montant. Une force réelle ayant un poids commençait à faire converger la gauche non sociale-libérale et créait même des remous au sein de celle-ci. Le risque pour sa politique d’accompagnement de la politique libérale devenait plus grand et la liberté de manœuvre moins large.

A propos de gauche radicale, n’est-il pas urgent d’analyser et approfondir ce que radicalité veut dire ?

Notons également que dans la radicalité affichée par le FdG en général, la question de la remise en cause fondamentale des rapports d’appropriation des fruits du travail, c'est-à-dire la question de la remise en cause du capitalisme n’a-t-elle pas été par trop absente ?

 

Mais aussi, autre question que certains posent : les composantes partitaires du FdG n’ont-elles pas également eu peur du mouvement qu’elles étaient en train d’engendrer ?

Comme certains ont eu peur du mouvement de 1968, de ce que créait le refus populaire lors du référendum sur la constitution européenne, ou de ce qui montait du mouvement pour les retraites - et ont essayé de les canaliser, leur faisant perdre leur potentiel d’énergie et d’innovation? Nous entrions dans l’ère de l’incertitude et du non contrôlable.

Dans les jours qui ont suivi la Bastille, le FdG a complètement réorienté son axe de campagne politique en faisant du combat contre le FN sa priorité. Le FdG entrait alors dans une campagne classique, abandonnant ce qui faisait sa force d’attraction : la radicalité, la primauté au mouvement des citoyens, sa remise en cause fondamentale de l’institutionnel c'est-à-dire le contenu même de la notion d’insurrection civique.

A partir de là, le FdG a baissé dans les sondages (gardant paradoxalement une audience importante dans les couches moyennes) et donnant ainsi une prise plus grande au vote utile dont a bénéficié le PS, l’objectif primordial devenant : «virer Sarkozy avant tout et on verra ensuite». C’était une condition nécessaire mais certainement pas suffisante. Le score du FdG a été de ≈11%, bon score par rapport aux désastres enregistrés au paravent par le PCF et autres composantes de la gauche de la gauche (hors du sursaut momentané du NPA).

 

Les élections législatives

 

L’abstention

L’abstention : globalement 40% au premier tour, 44% au second. Ce chiffre est un des plus importants enregistrés pendant la 5è République. De scrutin en scrutin ce chiffre augmente et même à la présidentielle, élection où les électeurs se sentent les plus impliqués, l’abstention est forte et nous ne sommes plus depuis longtemps dans le domaine du pêcheur à la ligne. Que traduit cette abstention massive ?

Elle traduit pour certains la méfiance à l’égard de la politique, le sentiment qu’ils ne peuvent pas peser sur les décisions nationales ; certainement aussi l’expression, car c’est une expression, de personnes qui ne se reconnaissent plus dans le système institutionnel, qui n’ont plus envie de déléguer leur pouvoir. Mais aussi sans doute parfois l’expression que les élus nationaux sont vécus comme inutiles dans le système constitutionnel actuel – voire le vote du Congrès contre le résultat du référendum sur la constitution européenne.

 

Le FdG

Il perd entre la présidentielle et les législatives une moitié environ de ses voix. Il est probable qu’une partie de ses électeurs se soit reportée vers l’abstention doutant de l’utilité de ce scrutin et vers le vote utile dès le premier tour. C’était le prix à payer d’une campagne qui avait «oublié» la Bastille.

Le premier tour de la législative a confirmé toutes les tendances de la présidentielle même si le mode de scrutin inique en déforme les représentations électives. Du coté du FdG, le report des batailles au niveau des circonscriptions a fait perdre la lisibilité nationale qui avait été acquise. La polarisation de la campagne sur le risque représenté par le FN n’a-t-il pas été une erreur politique tant il est vrai et tout le prouve aujourd’hui que la cause principale de la crise est le capital et le système financier ?

Chacun s’est retrouvé à mener au mieux sa campagne au niveau de sa circonscription et financement publique des partis obligeant, a mené une campagne partitaire classique où sauf rares exceptions le peuple ne trouvait plus sa place. Nous retrouvions en de nombreux endroits, défaut difficile à corriger, les campagnes de promesses qui n’engagent que ceux qui les croient.

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Quelles perspectives ?

 

La référence du Front de Gauche à une 6ème République n’arrive pas, à ce jour, à contrebalancer l’ancrage idéologique, hérité d’un siècle d’histoire, sur un fonctionnement de la société sur un mode institutionnel délégataire qui, dans une certaine mesure, confisque aux citoyens une véritable possibilité d’intervention dans les affaires de la nation.

Le mode de financement public des partis (mis en place par Mitterrand et refusé à l’époque par le PCF) amplifie cette tendance. Outre qu’il rapporte plus aux partis riches et puissants, il tend à asphyxier les petites formations prises dans des campagnes dispendieuses (porté au paroxysme aux USA). Ce financement tend à couper les partis de leurs bases militantes et sympathisantes, et conduisent à des pratiques de négociations électorales passant souvent par-dessus la tête de leurs militants et plus largement des citoyens.
La politique droitière de Hollande met sous tension la gauche de la gauche qui peut difficilement accepter ces remises en causes fondamentales (Europe, droit du travail français) et la tentation de ménager le PS à la veille des municipales pour tenter de sauver quelques postes d’élus (tactique illusoire comme l’illustre ce qui ce passe dans le 93 pas exemple).

La nécessité d’ouvrir la vie et la prise de responsabilité au FdG à des personnes non encartées n’est-elle pas devenue plus pressante parce qu’il est clair que la mise en œuvre d’une politique recueillant l’adhésion de larges couches populaires ne peut être décrétée et animée par quelques formations sans y associer largement tous les gens qui se sentent concernés par une rupture radicale avec la politique libérale. Sur le principe, cette nécessité est soutenue par l’ensemble des formations du FdG. Dans la pratique c’est moins simple et tout est à inventer.

 

Si l’on pense faire la politique avec les gens – comme sujets – alors c’est l’organisation de base qui sera déterminante.

 

Il est donc évident qu’il y aura une large part à accorder à l’expérimentation et à l’incertitude qui en découle.

 

Les Collectifs et associations FdG : quel rôle ?

Avançons quelques idées. C’est à ce niveau que pourront être développées des stratégies adaptées dans les domaines de la santé publique, l’agriculture, des services publics ou les interventions adaptées dans les divers conflits sociaux (Doux, Boutet-Nicolas …). Il est clair que les préoccupations économiques, sociales et politiques sont certainement différentes à Douarnenez et à Carhaix. Associer les gens implique un contact au plus près d’eux et dans ce cas les mots d’ordre politiques passe-partout n’ont aucune utilité.

Pour la phase politique de préparation des municipales qui va s’ouvrir à la fin de l’année ou au début 2013, un engagement du FdG va dépendre fortement de l’action menée au long cours – les gens en ont ras le bol des promesses électorales – et que les stratégies singulières qui seront adoptées dans chaque localité ne pourront être menées à bien que par des Collectifs ou associations FdG vivants, au courant des problèmes et bien ancrés dans la population. La qualité et la pertinence des candidats retenus seront d’autant plus grandes que l’on saura sortir du cercle trop restreint des militants dévoués, accommodés à toutes les sauces de la politique et de la vie associative.

 

La coordination départementale : quel doit être son rôle ?

Le rôle de la coordination n’est-il pas de faire circuler au maximum les informations, propositions, idées provenant des collectifs locaux ?

- de faire circuler l’information du local au régional et national et réciproquement.

- de coordonner et faire converger, quand cela est possible, sur des manifestations permettant de globaliser le problème et les alternatives qui en découlent.

- de travailler avec les collectifs pour les propositions des candidats aux élections départementales, régionales et législatives ;

- et enfin, comme le travail dans les collectifs au plus près des gens et des problèmes ne peut seulement s’appuyer sur des mots d’ordre ou du pragmatisme, il sera nécessaire de mettre sur pied une ou des structures de formation pour permettre aux militants d’acquérir les connaissances nécessaires à la résolution des problèmes complexes qu’ils ne manqueront pas de rencontrer : l’éducation de masse – universités populaires … - n’est-ce pas la rançon à payer pour être une force radicale de proposition et d’action ?

 

Quelques pistes de travail et d’organisation

- Les élections sont des moments singuliers de la vie politique mais la crise, les licenciements, les problèmes de santé publique, la remise en cause de droits du travail frappent tous les jours les salariés, les citoyens. Ne faut-il pas s’attacher à créer des structures et une information locales permettant le contact permanent avec tous nos concitoyens ?

- La crise agresse tous les citoyens et tous les secteurs de la société. Ne faut-il pas entrer en contact (réel effectif) avec les différents acteurs de la société sur tous les sujets concernant l’environnement réel des gens (agro-alimentaire, paysans, médecins, enseignants et parents d’élèves …) ?

- Si nous souhaitons que les gens soient des acteurs responsables ne faut-il pas leur donner la parole, ouvrir les débats dans nos publications et ne pas parler à leur place ?

- Tout le monde sent que le FdG, cartel de partis au départ, doit s’ouvrir largement. Il devient nécessaire de trouver un équilibre et une dynamique permettant à tous ceux qui veulent s’impliquer de le faire et de compter pour un. C’est plus facile à dire qu’à faire.

Comment trouver un équilibre entre les partis ou associations membres du FdG et les citoyens non encartés ; équilibre permettant que tous s’y sentent à l’aise et y apportent sa richesse ?

- Dans cette démarche d’ouverture, les collectifs et associations FdG ne sont-ils pas des laboratoires sociaux au plus près des citoyens ? Ne sont-ils pas moins porteurs de rigidité car plus près d’une démocratie citoyenne ? Comment faire en sorte que l’inconnu, l’incertitude que sera forcément une expérience sociale nouvelle ne soit pas vécu avec crainte par les principaux intéressés (sauf les riches, les financiers et quelques autres) car tout ce qui est connu à ce jour est porteur de désastre ?

N’est-il pas nécessaire de prendre le temps de la réflexion et de la construction pour adapter cette démocratie citoyenne et cette souplesse à des échelons tels que la coordination départementale et régionale ?

- Parce que la crise touche tous les aspects de la société, l’action sociale, économique et politique devient plus complexe et nous ne pouvons plus nous contenter de mots d’ordre et de coups électoraux voire d’engagement sans stratégie et sans connaissance de fond dans les mouvements sociaux (Doux, Boutet Nicolas …). Quels sont les moyens dont doit ce doter le FdG au niveau du département pour développer la formation et l’information de ses militants ?

Cette responsabilité n’est-elle pas une des tâches centrales de la coordination départementale ? Quel rôle peut-elle jouer dans la diffusion de films tels que «le grand retournement» de Lordon et Mordillat ? N’y a-t-il pas un programme de débats sociaux, économiques, philosophiques voire scientifiques (problèmes de l’environnement, de l’énergie …) à mettre sur pied ?

- Dans ce fonctionnement forcément particulier, dans les expériences multiples et les besoins d’informations variées de chaque collectif ou association FdG, la coordination départementale ne doit-elle pas avoir un rôle à la fois de passage de l’information (structure horizontale du FdG) et d’aide à la mise en cohérence et à la convergence des actions décidées au plus près des gens pour leur donner une résonance plus globale ?

- Comme en 2014 se profilent quelques échéances électorales n’est-il pas nécessaire de se poser et de poser à nos concitoyens la question «à quoi servent les élus ?» ?

Leur rôle est-il de gérer les institutions et la crise (en prime !) ? Convaincus de l’aspect néfaste de la pratique délégataire, comment pratiquement faire en sorte que la relation élus (et candidats) et citoyens soient directe, égale, constante et responsable des deux cotés ?

Quels rôle doivent et peuvent jouer les élus pour que leur contribution à la lutte apporte à la fois une amélioration des conditions de vie des citoyens et fasse avancer vers la remise en cause globale (au plan national et international) du système générateur de ces désastres : le capitalisme ?

Quels moyens se donne le FdG à l’échelon départemental pour aider les collectifs et associations FdG ainsi que les amis(es) et camarades qui seront les candidats dans ces batailles électorales ?

Enfin, un détail qui a son importance : quels moyens financiers matériels comptons nous mobiliser pour nous permettre de mener cette lutte tous azimuts ?

 

Christian Vermeulin et Marcel Tilly

Collectif FDG du Pays de Rosporden

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 20:30

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Nous étions cette après-midi avec plusieurs militants du PCF et du Front de Gauche (qui manifestaient comme citoyens ou syndicalistes) de la région de Morlaix à Lampaul-Guimiliau puis à Landivisiau pour dire notre soutien aux 850 salariés de GAD qui défendent leur emploi menacé par une mauvaise gestion de l'entreprise, la concurrence très faussée avec les abattoirs allemands, la mise en crise de la filière porcine par la conjugaison de la spéculation sur les céréales qui servent d'aliment et des prix trop bas imposés par les supermarchés.

 

cf: Compte rendu d'un entretien avec un syndicaliste FO :   http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/article-gad-des-centaines-d-emplois-menaces-a-defendre-116032256.html

 

Nous y étions avec Corinne Nicole et une banderole de l'intersyndicale de Tilly-Sapco rappelant aussi que la filière avicole finistérienne est en danger avec la réduction brutale et sans préparation des aides à l'exportation, peut-être suivie bientôt par une suppression pure et simple.

Les syndicalistes de FO avaient voulu ce rendez-vous consensuel, défensif mais pas alarmiste ou rageur car la messe n'est pas dite, réunissant pour organiser la défense du sîte très largement hommes politiques, citoyens, syndicalistes, habitants de toutes tendances. Ils ont eu raison! Le succès et l'audience du rassemblement le prouvent, même si cette unanimité de façade n'est pas sans ambiguïté.

Mais maintenant, la balle est dans le camp du gouvernement! Chantale Guittet (députée PS de Landivisiau) a parlé de ses entretiens avec Stephane Le Foll et de leurs déterminations communes à défendre l'emploi dans les usines agro-alimentaires bretonnes et à GAD notamment.

Seront-ils plus efficaces et volontaristes qu'à Florange, à Goodyard, à Renaud... ? On veut y croire. Mais, maladresse de langage ou non, j'ai relevé tout de même que Mme Guittet a parlé d'un "nécessaire plan de restructuration de la filière porcine". Cette expression m'évoque - et pas qu'à moi - des "licenciements massifs"... Est-ce une nécessité? Non, évidemment.

Sauver l'emploi - cela exige la mise sous contrôle des salariés des entreprises en difficulté qui risquent de licencier. Cela suppose l'implication financière de l'Etat et des collectivités, et pas seulement pour laisser la jouissance des bénéfices aux actionnaires en socialisant les pertes et les charges financières comme la formation, etc. Cela suppose surtout des mesures énergiques sur le plan international pour lutter contre le dumping social, la mise en concurrence des salariés, la dérèglementation des prix et la spéculation sur les matières premières.

L'Europe gérée de manière ultra-libérale prescrit tout l'inverse, comme l'a justement noté un manifestant interpellant vivement Agnès Le Brun en lui reprochant son double langage: défense verbale des emplois bretons d'un côté, construction de l'Europe ultra-libérale de l'autre.

En tout cas, on se rejouit de cette formidable démonstration de soutien de la population du pays de Landivisiau à son usine, partie intégrante du patrimoine et de l'histoire de la région, absolument nécessaire à sa vie économique, à la survie des communes.  Cela a dû aller droit au coeur des salariés de sentir qu'ils ne sont pas seuls.  

Retroussons les manches pour défendre les GAD: ce n'est que le début de la lutte!  

 

I.D

 

 

 

      

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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 14:59
J'ai rencontré le 7 mars un syndicaliste FO de Gad Lampaul-Guimiliau afin d'avoir une meilleure connaissance de la situation et de ses évolutions possibles, de connaître l'état d'esprit des salariés et de voir ce que l'on pourrait faire à notre niveau pour faire pression afin que tout soit mis en oeuvre pour sauver les emplois.
FO est le syndicat majoritaire à Lampaul-Guimiliau: le syndicat a conduit l'an passé un mouvement revendicatif de 3 mois (se traduisant par un refus des heures supplémentaires, chacun quittant la chaîne après ses 7 heures de travail réglementaires) pour réclamer une prime exceptionnelle de 500€ à GAD Lampaul Guimiliau comme dans les abattoirs bénéficiaires du groupe. Les dirigeants n'ont pas donné satisfaction aux salariés.
Le groupe GAD a 650 salariés CDI à Josselin, 850 salariés CDI à Lampaul Guimiliau, 50 au siège social de Morlaix, 77 sur Saint Nazaire.
Signe inquiétant, les 30 derniers intérimaires à l'abattoir de Lampaul-Guimiliau sont partis la semaine dernière. Il n'y en a plus, pas plus que des CDD, dans le passé occupés par beaucoup de salariés d'origine étrangère faisant les tâches les plus difficiles et les plus ingrates. La variable d'ajustement quand il faut maintenant faire face à un surcroît d'activité, ce sont les contrats saisonniers étudiants offrant des réductions de charges très importantes pour l'employeur.
Le groupe GAD appartient depuis quelques années, non plus à la famille GAD mais à la coopérative légumière CECAB, également propriétaire de Boutet-Nicolas où des centaines d'emplois sont en train d'être supprimés à Rosporden. Cette coopérative est gérée de manière capitaliste et sans cohérence pour le maintien et le développement des activités, si l'on en croit le "plan de de sauvegarde" de l'emploi à Boutet-Nicolas, à Rosporden. Peut-être en partie parce que le groupe était au départ spécialisé dans le légume et pas dans la viande, il y a eu selon les syndicalistes une mauvaise gestion avérée.
Traditionnellement, GAD employait une main d'œuvre peu qualifiée et peu combative pour défendre ses droits issue du monde paysan – des enfants et des femmes d'agriculteurs qui voulaient rajouter un salaire à l'exploitation. C'est un milieu où le salarié avait tendance à encaisser, à ne rien dire, à ne pas se révolter.
Les conditions de travail sont évidemment très dures du fait de la nature de la tâche, des horaires décalées, des cadences, des gestes à faire à répétition: beaucoup d'ouvriers sont abîmés par le travail, souffrant de troubles musculo-squelettiques et de douleurs, utilisent des antidouleurs pour moins souffrir au travail. Les salaires sont très bas, à un niveau révoltant même par rapport à la pénibilité de ces métiers: de 1150€ à 1250€ net en général (avec une dizaine d'années d'ancienneté), 1500€ net pour des découpeurs avec la prime aux contraintes physiques.
Pour eux, le SMIC à 1700€ net que réclamait le Front de Gauche aux présidentielles et législatives, ce ne serait pas du luxe!
Les relations sociales entre la direction d'un côté , les salariés et les syndicats de l'autre, sont mauvaises. Récemment, à Lampaul-Guimiliau, on a viré un très bon découpeur polyvalent parce qu'il revendiquait trop et créait un climat de combativité autour de lui. Le syndicaliste avec qui j'ai échangé a lui été personnellement victime d'un changement de poste punitif, assorti pendant un an de convocations toutes les semaines pour voir où il en était et s'il allait craquer. Les gens cassés physiquement, moins performants, sont poussés au départ par du harcèlement ou des changements de postes qui visent à les pousser vers la sortie sans licenciement. C'est une gestion par la terreur: tu marches ou tu crèves.
Avant le regroupement avec Josselin qui appartenait à la CECAB, l'abattoir de Lampaul-Guimiliau était bénéficiaire. En 2012, il a fait 19,4 millions d'euros de pertes, ce qui est considérable.
Qu'est-ce qui en est responsable?
Pour FO, ce n'est pas seulement imputable à la crise porcine, qui provoqaue la fermeture d'autres abattoirs dans l'ouest, comme celui de Saint Brice en Cogles: un cours du porc très peu élevé en raison de la pression des hypermarchés et de la concurrence des pays à bas coût de production, le prix des aliments élevé en raison des logiques spéculatives sur les céréales, ce qui se traduit par de la casse chez les producteurs de porcs et un moindre approvisionnement. Cette crise porcine  « a bon dos » et permet un peu trop facilement à la direction de GAD de s'exonérer des conséquences d'une très mauvaise gestion. Le directeur commercial n'a pas fait grand chose pour trouver des marchés, récupérer des clients: il n'a pas été à la hauteur selon les salariés.
De plus, c'est indéniable que GAD souffre de la concurrence allemande. En Allemagne, la main d'œuvre des pays de l'est qui travaille dans les abattoirs (Pologne, ex-Yougoslavie) est payée 600€ par mois (ce qui n'est pas le cas des polonais qui travaillent chez GAD, payés comme les autres). Du coup, ces abattoirs peuvent se permettre d'acheter le porc aux producteurs à un meilleur prix. C'est comme ça que les producteurs indépendants du Finistère se trouvent à envoyer 2000 porcs par jour en Allemagne alors que GAD Lampaul-Guimiliau, qui a des marges suffisantes, dans « les belles années », avec 5200 cochons par jour, tourne aujourd'hui au ralenti, avec environ 3600 cochons par jour.
On marche sur la tête! A cause de cette libre concurrence et de ce dumping social lié à la mise en concurrence de systèmes sociaux inégaux, avec une main d'œuvre très peu payée outre Rhin, on multiplie les déplacements et on délaisse l'emploi local. Les producteurs de porcs de la région pourraient d'ailleurs s'en mordre les doigts si l'activité cessait complètement à GAD.
Il y a eu aussi un autre facteur qui explique les difficultés financières et les « difficultés d'approvisionnement » de GAD: en 2006, des mesures ont été adoptées au niveau européen pour le bien-être animal. Les éleveurs ont tardé beaucoup pour se mettre aux normes tout en empêchant pour certains groupements comme PRESTOR (800 producteurs) les subventions, ce qui fait qu'ils sont aujourd'hui en difficulté.
Aujourd'hui, GAD est en redressement judiciaire, le groupe doit beaucoup d'argent à Randstad, le "négrier hollandais", une agence d'intérim internationale. Les salaires sont payés à partir du compte de l'administrateur judiciaire depuis février.
Plusieurs options sont envisagées:
  • La première, mais personne n'y croit vraiment malgré la résolution à se battre pour garder les emplois, c'est le maintien de tous les emplois et de l'activité grâce à un repreneur providentiel.
  • La seconde, c'est la fermeture catastrophique des 4 sites (Lampaul, Morlaix, Saint Nazaire, Josselin) avec 1650 personnes privées d'emploi dans un contexte de montée du chômage, des couples où les deux conjoints se retrouveraient au chômage avec des tas de dettes sur le dos, alors que ces salariés ont peu de qualification auront des difficultés à retrouver un emploi stable et correct, sans compter les villages et les villes mis en difficulté par ces destructions d'activités, notamment dans la région de Morlaix et de Landivisiau.  
  • La troisième, c'est le rachat par un repreneur (peut-être Bigard qui s'était déjà proposé il y a quelques années) du site de Lampaul, qui a l'avantage de disposer d'un centre de méthanisation, d'une station d'épuration, d'une grande surface, et pourrait se recentrer sur l'abattage et la découpe primaire brute en délaissant l'activité découpe affinée, devenue moins rentable), tandis que Josselin resterait avec la CECAB, avec un avenir incertain. Mais qui nous dit que BIGARD, qui représente un capitalisme familial pragmatique, va investir dans une filière viande en crise en ce moment? C'est loin d'être acquis. Même dans l'hypothèse du rachat de Lampaul par GAD, il est à craindre qu'on en profite pour supprimer la moitié des emplois et tout automatiser.
    Il y a de nombreux signes inquiétants en ce moment: On a abandonné l'activité dessossage, triperie (elle fournissait pourtant une marge bénéficiaire à GAD), saucisserie à l'abattoir de Lampaul-Guimiliau.
  • Après l'échec du plan dit ORE - comme Retour à l'Equilibre -  conduit sur 2 ans et qui s'est traduit par l'application de techniques de management fumeuses, on a recruté les managers de transition de la compagnie « Amadeus Dirigeants », qui a déjà sévi chez Presstalis, spécialisés dans la « préparation » des plans sociaux: pousser les récalcitrants à la faute, les licencier pour mieux faire accepter les conditions de l'employeur lors du plan social, diviser le personnel... CF: sur le site internet du Parti de Gauche: lire l'article "la droite brune à Presstalis".  http://socialistemerysien.over-blog.com/article-la-droite-brune-a-presstalis-112087504.html Le directeur du site de Lampaul vient de Amadeus.dirigeants, le DRH Groupe de "transition" s'appelle Marc Bijaoui et son 2eme couteau qui sévit à Lampaul s'appelle Bouillard.
    Aujourd'hui, les syndicats ne peuvent plus revendiquer à l'intérieur de l'entreprise: jusqu'au 24 avril, c'est une période d'observation où les licenciements individuels sont à redouter. Les salariés sont écoeurés. Dans leur majorité, ils ont voté Hollande au deuxième tour des élections présidentielles. Ils attendaienbt eux aussi un changement, un progrès pour eux, leurs conditions de travail et leur quotidien. Ils ont fait part de leur colère et de leur scepticisme à Chantal Guittet et Gwenegan Bui, les députés PS de la circonscription de Landivisiau-Landerneau et Morlaix, qui sont venus leur dire qu'ils feraient tout pour sauver les emplois. Beaucoup sont prêts à en découdre et ne font plus confiance aux politiques. Certains partis essaient de tirer les marrons du feu, comme la droite qui se met au service des industriels et des lobbies agricoles et agro-alimentaires ou le FN qui surfe sur la désespérance sociale en venant tracter à Lampaul Guimiliau. Pourtant, ce que réclament les syndicalistes (FO et CGT du moins) et ce qui pourrait nous faire sortir par le haut de cette affaire, ce sont des propositions que le Front de Gauche est le seul à porter dans une logique de prise de responsabilité:
  • Priorité au bien-être des salariés par rapport aux logiques de profit financier: le « bien-être animal » est à prendre en compte, mais celui des ouvriers aussi!
  • Soutien de l'État pour une réappropriation publique et une gestion par les représentants des salariés et de la collectivité de l'entreprise où l'on est en train de casser l'emploi.
  • Droit de regard effectif des syndicats sur la direction d'entreprise.
  • Lutte contre le dumping fiscal et social en Europe par la promotion d'un salaire minimum européen garanti, un protectionnisme minimal permettant de relocaliser les circuits de production-distribution.
  • Contrôle des marges de la grande distribution.
  • Planification écologique visant la souveraineté alimentaire et industrielle comme la prise en compte réelle des enjeux environnementaux.
Sur le moyen terme, il faut évidemment transformer profondément le "modèle" agricole et agro-alimentaire breton, trop centré sur l'agriculture productiviste, l'élevage industriel, l'hyper-spécialisation (15 millions de cochons sont élevés en Bretagne). Il faut aller vers des productions de meilleure qualité (même si la viande porcine qui sort de Lampaul Guimiliau est de qualité tout à fait honorable, selon le salarié rencontré), une agriculture moins intensive, plus respectueuse de l'environnement. La qualité de la nourriture et la qualité des eaux, le recentrage sur les circuits courts sont à prendre en compte. En même temps, cette évolution doit se préparer, être dirigée par étapes, progressivement, sans être laissée aux mains des forces de marché. C'est la condition pour qu'elle soit le moins douloureuse possible socialement.
Aujourd'hui, dans l'agro-alimentaire, ce sont des milliers d'emplois qui sont menacés en Bretagne, particulièrement dans la filière avicole et porcine, alors que le chômage a progressé de manière très importante dans notre région ces dernières années (plus 55,6% en Bretagne depuis 2006, 78000 demandeurs d'emplois en plus).
Il faut donc exiger du gouvernement qu'il fasse tout pour sauver les emplois à GAD par un véritable interventionnisme politique et sur le moyen terme, en rompant avec les dogmes européens ultra-libéraux qui mettent en concurrence les salariés pour le plus grand profit du patronat.
Ismaël Dupont
 

 

Les syndicats de Gad organisent une manifestation devant la mairie de Lampaul-Guimiliau  le samedi 16 mars 2013 à 13h30 suivie d'un passage à Landivisiau. Soyons nombreux à les soutenir!

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:37

Une fois encore, le patronat profite de la fragilité sociale que la crise financière a installée en Europe et singulièrement en France pour imposer des reculs sur la protection des salariés. L'accord national interprofessionnel (ANI) signé sous la pression du gouvernement, par le MEDEF et trois confédérations syndicales représentant une minorité des salariés (CFDT, CFTC, CFE-CGC) constitue une régression sociale majeure.

 

Avec la CGT, FO, la FSU et Solidaires, le Front de Gauche appelle les salariés et les citoyens à se mobiliser en masse pour lui faire échec et faire pression sur les parlementaires afin qu'ils ne le transcrivent pas dans la loi.

 

Pour cela, il faut commencer par répondre présent et en nombre lors de la journée d'action syndicale du 5 mars, dans les quatre rassemblements prévus simultanément à 11h dans le Finistère, à l'initiative des Unions Départementales CGT, FO, FSU et Solidaires: à Brest (place de la liberté), à Morlaix (place de la mairie), à Quimper (place de la résistance), à Quimperlé (espace Coat Ker).

 

Rien n'est joué: les parlementaires peuvent encore rejeter ou transformer en profondeur cet accord CDFT-MEDEF, devenu depuis un projet de loi qui nie de façon outrancière dans l'exposé de ses motifs la divergence d'intérêts entre les patrons et les salariés. Or, derrière la fable du « gagnant-gagnant », seuls les patrons et les actionnaires retirent les bénéfices de ce énième chantage à l'emploi.

Pour qui met l'humain au coeur de ses préoccupations et de la nécessité d'un vrai partage des richesses, l'heure est au contraire à la hausse des salaires, à la pénalisation et à la taxation des CDD pour réduire la précarité, à la sécurisation contre le licenciement et les abus des entreprises qui profitent de la mondialisation et du chantage à la perte de compétitivité, à la concurrence étrangère et à la délocalisation pour réduire les droits des salariés.

Cet accord dit « de sécurisation de l'emploi et des parcours professionnels » fait exactement l'inverse.

Loin de sécuriser l'emploi, comme le gouvernement, le MEDEF et la CFDT le prétendent, il accentue la flexibilité et la précarité des salariés au bénéfice du patronat, libéré d'un certain nombre d'obligations. Il facilite les licenciements, normalise la possibilité pour les entreprises d'imposer aux salariés des CDD d'un mois et, s'ils ne veulent pas être virés, une baisse des salaires, une augmentation du temps de travail, des mobilités forcées.

On est là dans la réalisation des « accords compétitivité/ emploi » voulus par Sarkozy et qu'il n'avait pu imposer devant l'opposition majoritaire des français! Après avoir proposé pour remède à la crise la réduction prioritaire des déficits  par la baisse des dépenses publiques et sociales et l'augmentation des impôts populaires, puis la baisse du coût du travail  par les réductions des contributions des entreprises à la solidarité nationale, le gouvernement légitime dangereusement un troisième objectif historique de la droite libérale: casser le code du travail  en rendant les salariés corvéables à merci, et jetables façon "Kleenex".

Cette politique n'est ni socialiste ni de gauche. Elle est néo-libérale. Elle est une trahison !

Elle s'inscrit dans le droit fil de la ratification du TSCG, des préconisations de la Commission Européenne, de la BCE, du FMI: démantèlement du droit du travail, chantage à l'emploi pour baisser les salaires et les droits sociaux au nom de la compétitivité. Le résultat, c'est la croissance zéro, et la récession, accompagnées d'un accroissement de l'emprise des marchés et de la finance sur les sociétés, comme nous l'avions dénoncer de longue date.

Dans cet accord, tout ce qui est contraignant pour les entreprises (assurance complémentaire, compte épargne formation, représentation des salariés, sans réel pouvoir, dans les CA pour les entreprises de plus de 5000 salariés) est soumis à de futures négociations tandis que tout ce qui est contraignant et pénalisant pour les salariés s'applique immédiatement.

On ne peut accepter ce nouveau coup de bélier porté aux protections collectives conquises à la Libération et dans les décennies suivantes grâce aux mobilisations et aux luttes des salariés.C'est un recul sur cent ans de luttes ouvrières pied à pied.

 

 bandeau Front De Gauche 

 

 

 

 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 08:36

Le PCF Morlaix appelle à se joindre aux actions de protestation et de lutte et au rassemblement prévus par les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires à Morlaix le mardi 5 mars à 11h pour exiger d'autres solutions à la progression du chômage et de la crise que l'austérité et la casse du droit du travail. C'est maintenant la responsabilité personnelle des parlementaires qui est engagée pour ne pas retranscrire cet accord de régression sociale dans la loi, comme le voudrait le gouvernement.

 

Voici la déclaration des Unions Départementales syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires:

 

Les Unions Départementales Syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires réunies le 11 février 2013 réaffirment leur opposition résolue aux principales dispositions contenues dans l'accord interprofessionnel sur l'emploi du 11 janvier 2013.

Cet accord refusé par 2 des 3 grandes confédérations syndicales organise une plus grande flexibilité pour les salariés, un recul de leurs droits individuels et collectifs au bénéfice des employeurs.

La lutte contre le chômage appelle une rupture avec les politiques d'austérité et de rigueur préjudiciables à l'emploi en qualité et en quantité.

Le gouvernement annonçant son intention de retranscrire dans la loi un mauvais accord pour les droits sociaux, la CGT, FO, la FSU, Solidaires décident d'appeler les salariés à se mobiliser, à arrêter le travail et à exprimer leur désaccord en direction du gouvernement, des députés et des sénateurs.

Les UD appellent leurs organisations territoriales et professionnelles à créer les conditions de la mobilisation la plus large possible, d'organiser des arrêts de travail partout où cela est possible et de participer massivement aux quatre rassemblements organisés dans le département du Finistère.

 

* Brest: place de la liberté

* Morlaix: place de la mairie

* Quimper: place de la résistance

* Quimperlé: espace Coat Ker

 

Les quatre rassemblements auront lieu simultanément à 11h.

Le 5 mars 2013: "journée" où les salariés, les demandeurs d'emplois, les retraités doivent exprimer le refus de l'austérité et de la flexibilité, l'exigence de réponses nouvelles pour les droits sociaux, l'emploi, l'augmentation des salaires et des pensions.  

 

 

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