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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:27

Lu sur le site du Cidefe. Allez parcourir le compte rendu intégral (en lien actif) de ces rencontres-débats introduites par Didier Le Reste vaut le coup.

Compte rendu des Assises nationales du service public Ferroviaire

mardi 19 juillet 2016

Le 8 juillet, la Convergence nationale des services publics a publié le compte-rendu complet des Assises nationales du service public Ferroviaire qui se sont tenues le 30 avril.

Didier Le Reste a, en introduction, rappelé les objectifs de cette journée de travail : permettre, non seulement d’échanger les expériences et de partager les expertises, mais aussi de venir alimenter utilement les travaux des Assises de la Convergence Nationale des Services Publics qui se tiendront à l’automne 2016.

Beaucoup d’idées ont fusé dans le débat avec une ligne directrice, l’implication des citoyens.


Table-Ronde n°1 : Un Service Public Ferroviaire au service de tous les citoyens

Intervenants :
Martine SELLIER (INDECOSA-CGT)
Marc PÉLISSIER (FNAUT-IDF)
Michel JALLAMION (Convergence Nationale des Services Publics)
Patrick BACOT (ALF)

Les intervenants ont notamment souligné la désertification des services publics dans les zones rurales et populaires, avec un accompagnement de la concentration des capitaux sur les métropoles.
Autre constat, du fait des politiques de régionalisation, il y aura en pratique autant de politiques ferroviaires que de majorités régionales. Il faut que l’Etat joue son rôle d’aménagement du territoire. Les lignes d’importance nationales ne doivent pas être transférées aux Régions.

Ont également été abordées les questions de la sécurité, du fret, des conditions de travail des cheminots, l’environnement, la « discrimination territoriale », à la fois en terme de desserte et de tarification.

Table- Ronde n°2 - Un Service Public Ferroviaire moteur de l’économie nationale et des économies régionales

Intervenants :
Dominique LAUNAY (UIT-CGT)
Roger DILLENSEGER (UNSA cheminots)
Pierre MÉNARD (CNR)
Luc BOURDUGE (ancien vice-président du conseil régional Auvergne en charge de la mobilité et des transports)

Les différentes réformes de régionalisation amènent à une recentralisation et donc une désertification des territoires. Les intervenant ont réfléchi à un véritable Service Public du transport de marchandises.

Les responsabilités de l’Etat, avec le manque de moyens donnés aux collectivités territoriales et son désengagement ont été pointées ainsi que les choix politiques des régions et la complicité du groupe SNCF. Les lois NOtre, MAPTAM, MACRON ... .
Ouverture à la concurrence, TAFTA ont également été abordés...


Table-Ronde n°3 – Un Service Public Ferroviaire garant de l’environnement et du développement durable

Intervenants :
Alain PATOUILLARD (MNLE)
Jean-Yves PETIT (ancien Vice-Président transports PACA)
Hervé GOMET (Administrateur CGT SNCF)
René DAHON (Ligne de vie Nice-Tende-Cuneo-Vintimille)

La question du transfert sur route et des impacts en matière de santé sont revenus fortement tout comme l’enjeu du Fret.
Le développement durable, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et la lutte contre le réchauffement climatique sont des objectifs politiques sans cesse affichés. Mais à la COP 21, dans la loi sur la transition énergétique, voire dernièrement dans la 4ème conférence environnementale, le transport est systématiquement négligé. Il y a un décalage entre les intentions affichées et les faits, ce qui laisse un espace à investir pour la Convergence National du Rail.

L’enjeu du Service Public, c’est un choix de civilisation a déclaré en conclusion Didier Le Reste.

Le compte rendu intégral

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:23

Lu sur le site du CIDEFE, Elunet.

Hausse du point d’indice : pas de compensation aux communes

mardi 19 juillet 2016

Dans une interview à la Gazette des communes, la ministre de la fonction publique revient notamment sur le gel/dégel du point d’indice des fonctionnaires.

"Le gel du point d’indice depuis 2010 a permis aux employeurs publics d’économiser 7 milliards d’euros. Il était temps que nous passions au dégel. Il a donc été décidé d’augmenter le point de 1,2% en deux fois : 0,6% en juillet 2016 et 0,6% en février 2017.

Il faudra que ce débat sur le point d’indice puisse se faire chaque année et ne plus attendre aussi longtemps. 2017 étant une année d’élection présidentielle, nous donnons rendez-vous aux syndicats après cette date.

Le dégel du point coûte 2,4 milliards d’euros en année pleine, c’est une réponse significative, selon les termes mêmes de François Hollande, parce que les fonctionnaires représentent 20% de la population active. Le coût est partagé entre l’Etat à hauteur de 49%, de 27% pour la territoriale et de 23 % pour l’hospitalière".

La ministre a confirmé qu’il n’y aura pas de compensation financière pour les collectivités territoriales. Elle estime que la diminution de la baisse des dotations aux communes annoncée par François Hollande, apportait une réponse à cette compensation réclamée par les élus.

L’interview dans la Gazette

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:13
Troisième 49-3 pour la loi travail, définitivement adoptée

20 JUILLET 2016 | PAR CHRISTOPHE GUEUGNEAU

En dix minutes, mercredi à l’Assemblée, le premier ministre a engagé la responsabilité de son gouvernement sur le texte, entraînant son adoption sans débat. L’aile gauche du PS ne tente pas cette fois-ci de déposer une motion de censure. La loi n’a donc jamais vraiment été débattue dans l’hémicycle.

Ils n’avaient même pas fait semblant. À l’ordre du jour à l’Assemblée mercredi 20 juillet, l’examen du texte de loi sur le travail était suivi lors de la même séance d’une discussion sur un rapport, de la lecture définitive de la loi sur la biodiversité, et encore de plusieurs autres points. Dans une courte allocution, vers 16 h 30, le premier ministre n’a donc pas beaucoup développé, assénant, une fois de plus, qu’« il n’y a pas de majorité alternative dans cet hémicycle et chacun le sait ».

La loi sur le travail portée par la ministre Myriam El Khomri n’aura donc jamais été débattue au gré de ses trois passages devant les députés. L’aile gauche du PS, emmenée par le député de la Nièvre Christian Paul, ne compte pas tenter de réunir les 58 signatures nécessaires au dépôt d’une motion de censure. Les « frondeurs » n’en promettent pas moins d’autres initiatives à venir.

En février, alors que le projet de loi sur le travail n’était pas encore rendu public, les députés étaient sortis fatigués, « lessivés » pour reprendre l’expression de l’un d’eux, du long et fastidieux débat sur la déchéance de nationalité et la révision de la Constitution. Le gouvernement a fini par perdre la partie face au Sénat et sa majorité de droite. Mais le vote à l’Assemblée avait déjà donné lieu à un tel jeu de pressions, de menaces, de manœuvres dans les couloirs, que les députés socialistes avaient accueilli avec soulagement l’annonce par François Hollande de l’abandon de sa réforme constitutionnelle.

Cette défaite avait cependant été immédiatement suivie de la fuite dans la presse de la première version du projet de loi sur le travail. Levée de boucliers, premières alarmes du côté syndical comme du côté de la majorité. Le gouvernement recule une première fois, se donne deux semaines de plus avant la présentation au conseil des ministres, le temps de convaincre les syndicats amis (la CFDT et la CFE-CGC notamment). Il présente alors un texte déjà expurgé de certains points bloquants.

À son arrivée en séance publique dans l’hémicycle, le 3 mai, le texte se voyait garni de près de 5 000 amendements, et doté de seulement quelques jours d’examen au calendrier parlementaire – un vote sur le texte était prévu le 17 mai. Le 49-3, dont Myriam El Khomri avait brandi la menace avant même la présentation du texte, frappait déjà doucement à la porte. Ne restait qu’à habiller son entrée en scène. Ce sera chose faite le 10 mai.

« Prendre une telle décision n’est jamais facile, mais nous le faisons car nous avons la conviction que ce projet agit pour l’emploi durable », lance le premier ministre à la tribune de l’Assemblée. Vantant la « recherche permanente du compromis » de son gouvernement sur ce texte, le premier ministre s’en est vivement pris aux opposants au texte, une « alliance des contraires, des conservatismes ». « Poursuivre le débat parlementaire fait courir le risque de revenir sur l’équilibre du projet de loi », a ajouté Valls, qui a jugé que l’enclenchement de la procédure du 49-3 était une sorte de « fronde contre la division ».

Le lendemain, le 11 mai, après une journée d’intenses discussions, les « frondeurs » du PS, emmenés par les députés Christian Paul (Nièvre) et Laurent Baumel (Indre-et-Loire), ne sont pas parvenus à réunir les 58 signatures de députés nécessaires pour déposer une motion de censure « de gauche » contre le gouvernement.

Rebelote le 5 juillet. Lorsque le premier ministre monte à la tribune pour ouvrir la discussion sur le texte en seconde lecture, tous les députés, de droite comme de gauche, savent déjà que le 49-3 va être dégainé. Manuel Valls tente néanmoins, pour la forme, de faire avaler la pilule, et accumule les éléments de langage déployés depuis quatre mois.« Nous avons fait des choix, et des choix clairs, de décentraliser le dialogue social et de faire confiance à la négociation. » « L’entreprise est l’échelon pertinent pour décider du taux de rémunération des heures supplémentaires », martèle Manuel Valls à l’adresse des frondeurs et associés.

Le premier ministre enchaîne, sa voix couverte par le brouhaha qui monte des travées :« Ce texte est un texte de progrès social, il a fait l’objet d’une large concertation. » Huées à droite. « Il y a ceux qui font semblant de vouloir construire artificiellement le compromis. » Huées à gauche. Pour finir par la déclaration attendue : « Nous avons rencontré l’ensemble des organisations syndicales et présenté la semaine dernière de nouveaux amendements. Malgré ces avancées, une alliance des contraires, des immobilismes et des conservatismes s’est constituée. Face à cela, le gouvernement est déterminé à avancer. »

C’est reparti pour la motion de censure, comme au mois de mai, ou presque. Car cette fois-ci, les députés de droite ont décidé de ne rien déposer. Pour le député PS Denys Robiliard, l’explication est terre à terre : « Ils savent qu’une motion de censure de droite est vouée à l’échec, et ils veulent partir en congé et aller voir le foot [nous sommes en plein Euro – ndlr], c’est méchant mais il faut le dire. » À gauche, le même groupe de communistes, d’écologistes et de frondeurs du PS, à l’origine de la première tentative en mai, annoncent qu’ils retentent le coup.

Le lendemain, ils sont obligés de s’avouer à nouveau vaincus. Entre la première tentative et la seconde, le PS avait menacé d'exclure de ses rangs les députés qui voteraient une motion de censure. D'autres menaces visaient les investitures des députés.

La loi sur le travail n'en a pas pour autant fini avec la contestation. Un recours devant le conseil constitutionnel, pour non respect par la France de conventions internationales sur le travail, a été plusieurs fois évoqué, notamment par l'alliance communistes-écolos-frondeurs. Par ailleurs, les syndicats, qui sont parvenus à organiser une dizaine de manifestations entre mars et juillet, ont d'ores et déjà donné rendez-vous à la rentrée pour d'autres actions. Les collectifs qui se sont créés autour de Nuit debout ne comptent pas non plus lâcher l'affaire. On a d'ailleurs aperçu des militants au meeting d'Emmanuel Macron à Paris, le 12 juillet, ou bien à Avignon pour la représentation à laquelle devait assister le président François Hollande le 14 juillet (il s'est en fait envolé pour Paris après l'attentat de Nice et n'a donc pas assisté au spectacle).

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:11

Après la tuerie de Nice, il faut s’opposer à la récupération indécente par Israël et ses soutiens

Communiqué de l’AFPS, mardi 19 juillet 2016

Le choc de l’attentat de Nice suscite des réactions extrêmement inquiétantes parmi les responsables politiques et singulièrement chez certains élus des Alpes-Maritimes.

Venant d’habituels supporters inconditionnels de la politique israélienne, nous ne sommes pas surpris de les voir jour après jour montrer en modèle l’exemple israélien en matière de lutte contre le terrorisme, la France ayant comme le dit savamment l’un d’eux « les mêmes ennemis (sic) ». Ces propos sonnent comme une insulte aux victimes et à leurs familles qui méritent autre chose que ce genre de business sur leur dos.

Pour tel « penseur » de haut vol qui se lâche dans « Le Figaro », il faut « restreindre le spectre des libertés fondamentales », « passer au niveau supérieur dans la répression et s’inspirer de l’exemple d’Israël confronté à cette situation depuis 40 ans ».

Non, nous ne sommes pas confrontés à la même situation : ce n’est pas à l’organisation de l’"Etat Islamique" que l’Etat d’Israël est confronté, mais à un peuple, le peuple palestinien, dont il continue à confisquer la terre, qu’il occupe, colonise, assiège, et plonge dans la misère et la révolte.

Et non, nous ne voulons en aucun cas prendre modèle sur l’Etat d’Israël : jamais dans l’histoire le pouvoir israélien, dont toutes les références morales ont disparu au profit de l’occupation et de la colonisation de la Palestine, ne s’est autant attaqué aux libertés de ses propres citoyens, au point qu’un ancien Premier ministre déclare y déceler des "germes de fascisme".

Non, nous ne devons pas nous inspirer de l’"exemple israélien", mais au contraire cesser toute coopération militaire et sécuritaire avec l’Etat d’Israël tant que ce pays viole le droit international. Pour éviter de voir à nouveau les familles de Gaza massacrées par des missiles israéliens utilisant des composants français, comme vient de le mettre en évidence la plainte d’une famille de Gaza soutenue par l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).

Et parce que le combat pour la sécurité ne peut pas être séparé du combat pour le droit.

Le Bureau national de l'AFPS

Après la tuerie de Nice, il faut s'opposer à la récupération indécente par Israël et ses soutiens (AFPS)
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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:05

Impossible paix israélo-palestinienne : deux siècles d’histoire vus par Henry Laurens

Le cinquième et dernier tome de La question de Palestine conclut sur une note pessimiste vingt ans de travail d’Henry Laurens sur deux cents ans d’histoire. Car après les échecs successifs d’Oslo et de Camp David et la persistance d’un jeu à somme nulle entre Israéliens et Palestiniens, force est de constater que la « réinvention » de la Terre sainte entreprise par l’Occident au début du XIXe siècle finit dans le sang, la spoliation et le malheur.

Pierre Prier, Orient XXI, lundi 18 juillet 2016

Henry Laurens a terminé son grand œuvre. Le tome V de La question de Palestine sera le dernier. Vingt ans de travail pour peindre minutieusement deux cents ans d’histoire, qui forment une boucle… Dans le tome I (couvrant la période de 1799 à 1922, de l’expédition d’Égypte au mandat britannique), on voit « la petite Palestine, pas plus grande qu’un ou deux départements français », prendre « une place qu’elle n’avait jamais occupée dans les imaginaires, sauf peut-être dans la période des croisades ». Au début du XIXe siècle, « après s’en être passé pendant cinq siècles, l’Occident réinvente la Terre sainte ».

Les ingérences étrangères sont multiformes : recherche des origines qui voit une France de plus en plus laïque défendre ses droits sur les lieux saints chrétiens, débarquement en masse des ordres enseignants catholiques et des missionnaires protestants, montée des nationalismes sioniste et arabe qui croisent les volontés impérialistes occidentales, tout cela se cristallise autour de Jérusalem. La question de Palestineest aussi une question d’Occident.

À l’horizon 1900, toutes les questions la définissant sont présentes : deux groupes humains se constituant en peuples revendiquant une même terre, avec un rôle permanent des acteurs impériaux extérieurs à la région et la double caractéristique d’un irrédentisme absolu et d’un jeu à somme nulle. Les uns et les autres se battront tout aussi bien pour avoir le droit à exister que pour conquérir ou défendre quelques mètres carrés.

Le dernier chapitre du premier tome s’intitule « L’impossible conciliation ». Il annonce le titre du tome V, dernier paru : La paix impossible (de 1982 à 2001). La boucle est bouclée. L’auteur se dit, dans une récente interview à L’Orient le jour, d’un « pessimisme total » pour l’avenir de la Palestine et même de la région. Le « jeu à somme nulle », où il doit y avoir un perdant et un gagnant, sans possibilité de compromis, est toujours à l’ordre du jour. Sauf qu’il s’agit d’un match inégal. La réserve propre à l’historien ne l’empêche pas de constater que l’un des joueurs ne respecte pas les règles de base. Sans que l’arbitre — les États-Unis — brandisse le carton rouge.

Oslo, un jeu à somme nulle

Le tome V commence avec la guerre du Liban, « première guerre israélo-palestinienne », à l’issue de laquelle l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) s’installe à Tunis et entame sa longue marche vers la reconnaissance d’Israël et les accords d’Oslo de 1993. Une grande partie de l’ouvrage est consacrée au lent processus d’étouffement de ces accords par le gouvernement de droite qui a succédé au signataire israélien des accords, le premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné par un militant israélien juif d’extrême droite le 4 novembre 1995. Le vice est dans les détails de négociations d’une grande complexité, mais il est d’abord au cœur des accords d’Oslo eux-mêmes, écrit Henry Laurens, pour qui le climat de confiance nécessaire n’a jamais été installé. Les gouvernements israéliens de la période — tant de droite que de gauche — en sont pour lui les premiers responsables, en continuant de coloniser les terres d’un éventuel État palestinien.

Oslo aurait été jouable si l’on était entré dans un processus de décolonisation, mais on est allé au contraire dans le sens d’une colonisation et d’une cantonisation renforcées... La dépossession n’a jamais été aussi forte que durant l’application des accords.

Les Israéliens établissent des « faits sur le terrain » dans le but de les voir traduits en droit à la fin de la partie. Ils utilisent ainsi à leur avantage la faille principale des accords, « la contradiction essentielle du processus » : il ne précise pas où il va. Toutes les questions importantes, du statut de Jérusalem aux frontières et à la question des réfugiés, sont remises à plus tard. Oslo ne précisait pas la nature de la future entité palestinienne. État indépendant ou simple autonomie ? Yasser Arafat s’en tenait aux lignes du 4 juin 1967, avant la guerre, y compris Jérusalem-Est, annexée par Israël après la guerre — annexion jamais reconnue internationalement. Les Israéliens ne voulaient pas de cette référence, les États-Unis les ont soutenus. C’est le déséquilibre fondamental d’Oslo, et la cause de son échec. « Deux juridismes s’opposent », dit Laurens.

Aux yeux des Palestiniens, le droit est pour eux, puisque les résolutions des Nations unies, y compris celle du Conseil de sécurité ont fixé que toute la colonisation, y compris celle de Jérusalem, est illégale : ils ne font donc que négocier dans le cadre de l’application de ce droit, auquel s’ajoute le principe fondamental du droit à l’autodétermination. Or, les Américains ont suivi les Israéliens en mettant de côté ces droits au profit d’une négociation définie comme pragmatique… Américains et Israéliens entendent établir un nouveau droit fondé sur les accords qui mettraient fin au conflit.

Il n’est pas certain que Rabin, s’il était resté en vie, aurait changé la donne. Rien n’indique que le premier ministre assassiné, malgré la légende qui s’est répandue, aurait envisagé un autre schéma.

Les Palestiniens de leur côté ont-ils eux aussi voulu saper le processus d’Oslo ? Les Israéliens ont fréquemment dénoncé les divisions palestiniennes, principalement entre l’OLP, chargée des négociations, et les partis islamistes Hamas et Djihad islamique, opposés aux accords. L’auteur n’adhère pas à cette explication. « Les dernières années du processus ont été les moins violentes de la période. Arafat a réussi à neutraliser le Hamas ». Les militants islamistes n’ont pas oublié les rafles de la « sécurité préventive », la police politique palestinienne. La relative modération (il y eut tout de même des attentats sanglants) du Hamas devait toutefois autant à une réflexion très politique qu’à la répression : « le Hamas avait de toute façon fait le diagnostic sûr que la politique israélienne réussirait à faire échouer le processus ».

L’échec de Camp David

Le sommet de Camp David, en présence de Ehoud Barak et de Yasser Arafat, sous l’égide de Bill Clinton donnera raison au Hamas. Même s’il peut paraître facile de trancher quand on connaît la fin de l’histoire, on se demande encore comment le président des États-Unis a pu sérieusement croire à un règlement final du conflit ; ce n’est pas faute d’avoir été averti. À la veille de la rencontre encore, les négociateurs palestiniens « supplient les Américains de ne pas tout miser sur un sommet unique ; personne n’est prêt pour un accord qui serait à prendre ou à laisser. On ne veut pas les entendre ». Clinton cède au premier ministre Ehoud Barak, qui veut à tout prix une victoire diplomatique. Privé de majorité, Barak compte sur un succès pour reprendre la main. Pourtant il le rend lui-même impossible en publiant des « lignes rouges » inacceptables par Arafat : pas de retour aux lignes du 4 juin 1967, pas de retour des réfugiés palestiniens en Israël, pas de division de Jérusalem, pas d’armée étrangère à l’ouest du Jourdain, regroupement de 80 à 90 % des colons israéliens dans des blocs de colonies. Arafat devra non seulement accepter tout cela, mais en outre faire une déclaration mettant fin au conflit.

Dans la perspective israélienne, le sommet abolira toutes les négociations précédentes et tous les textes juridiques — y compris les résolutions de l’ONU. Clinton a traité cet enjeu colossal avec désinvolture. « Camp David a été l’une des négociations les moins bien préparées de l’histoire », écrit Henry Laurens. Les pays arabes n’ont pas été consultés, malgré l’importance pour eux de Jérusalem. On n’a même pas prévu de cartes ! Clinton se fait faute de mieux le porte-parole des Israéliens. Ehoud Barak refusant le contact direct avec Arafat, c’est le président des États-Unis qui présente les propositions israéliennes comme si elles étaient américaines, après en avoir discuté avec Barak qui ne lâche pas grand-chose. La véritable négociation se déroule entre Israéliens et Américains. Et si des versions différentes de ce fiasco peuvent encore circuler aujourd’hui, c’est parce que de nombreuses réunions n’ont pas fait l’objet de transcriptions écrites... Il n’existe pas non plus de procès-verbal unifié du sommet.

La négociation échoue. Sur Jérusalem et l’esplanade des Mosquées, mais aussi sur la question territoriale, les Israéliens proposant des territoires morcelés, plutôt « contigus » que « continus ». Pour couronner le tout, Clinton désignera publiquement Yasser Arafat comme le responsable de l’échec, en violation de la promesse qu’il lui avait faite de ne pas l’accuser en cas d’insuccès.

Un double mensonge, un simple procédé de « com’ » surtout destiné à sauver le soldat Barak vis-à-vis de l’opinion israélienne, relayé par nombre de journalistes occidentaux qui répètent jusqu’à plus soif le mot d’ordre israélo-américain : Arafat a « refusé les offres généreuses d’Ehoud Barak ». Alors que Camp David n’était finalement qu’une étape. Le communiqué final précise que « les deux parties s’engagent à poursuivre leurs efforts » sous l’égide des États-Unis. Ce qu’ils firent d’ailleurs.

L’esplanade des Mosquées, théâtre du malheur

En décembre 2000, Clinton publie des « paramètres » qui vont plus loin que les soi-disant « offres généreuses » de Barak. Les négociations continuent, jusqu’à la rencontre de la dernière chance dans la ville égyptienne de Taba, sur la mer Rouge, du 21 au 27 janvier 2001. Le représentant européen Miguel Angel Moratinos en rédigera un compte-rendu officieux ; est-on passé à côté de la paix, comme on l’entend dire parfois ? C’était en réalité trop tard, des élections étaient programmées en Israël et la défaite de Barak assurée. Et Taba n’a pas résolu les principaux problèmes. Certes, des cartes ont été présentées pour la première fois, les Palestiniens se sont montrés flexibles sur le droit au retour des réfugiés — et ont obtenu qu’Israël reconnaisse, pour la première fois, la nécessité de résoudre la question centrale des réfugiés et d’envisager la question de « l’application de la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies » [1], et on a avancé sur le partage de Jérusalem. Mais Moratinos ne peut que constater les désaccords qui subsistent. Sur les frontières et les colonies, et surtout sur le cœur du problème, l’esplanade des Mosquées (le Mont du temple pour les Israéliens). Aucun accord n’a été trouvé, et la solution a été renvoyée à plus tard.

Ce lieu saint est à la fois symbolique et essentiel, selon Henry Laurens, qui en tire l’argument principal de son pessimisme.

C’est là que réside l’irréductibilité du conflit… avec une confusion totale du national et du religieux chez les Israéliens comme chez les Palestiniens, et un biblisme américain incompréhensible pour les musulmans.

Le futur premier ministre Ariel Sharon, adversaire de toute négociation avec les Palestiniens, l’a bien compris. Le 28 septembre 2000, en effectuant une « visite » sur l’esplanade, escorté par une centaine de policiers, il déclenche la seconde intifada, qui permettra à Israël de réoccuper la plus grande partie des territoires palestiniens. La « réinvention de la Terre sainte » s’achève dans le sang et le malheur.

[1] Lire Alain Gresh, « Proche-Orient, la paix manquée », Le Monde diplomatique, septembre 2001.

Maison dite de Sharon à Jérusalem, symbole de la colonisation rampante des quartiers arabes musulmans et chrétiens de Jérusalem

Maison dite de Sharon à Jérusalem, symbole de la colonisation rampante des quartiers arabes musulmans et chrétiens de Jérusalem

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:05
Rennes: la communauté kurde manifeste en ville le 20 juillet (Ouest-France)

Rennes. La communauté kurde manifeste en ville
http://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-la-communaute-kurde-manifeste-en-ville-4377943

150 personnes ont défilé dans le centre de Rennes, entre le Colombier et la place de la mairie, ce mercredi en début de soirée. Des Kurdes qui réclament la libération du leader du PKK, Abdullah Öcalan, fustigent Daech et s'inquiètent de la situation en Turquie.

Le cortège a surpris les Rennais et les touristes qui patientaient place de la mairie entre deux concerts du festival Transat en ville.

Partis du Colombier, peu avant 20 h, environ 150 membres de la communauté kurde ont défilé jusqu'à l'hôtel de ville de Rennes, ce mercredi soir.

Des slogans hostiles à Erdogan et Daech

Réclamant une « solution politique pour le Kurdistan » et scandant des slogans hostiles au président turc Recep Tayyip Erdoğan et à Daech, les Kurdes ont aussi réclamé la libération du leader du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan), Abdullah Öcalan, emprisonné sur l'île d'Imrali.

Inquiétude

Les manifestants, issus de plusieurs associations, dont le Centre démocratique kurde de Rennes, ont fait part de leur inquiétude quant au sort de leur leader et face à la situation en Turquie, quelques jours après un coup d'état avorté.

Avant de se disperser, le cortège a observé une minute de silence, en mémoire des victimes de la répression au Kurdistan et de celles de l'attentat de Nice.

Un temps de recueillement partagé par les spectateurs de Transat en ville. Le festival a repris, comme prévu, à 20 h 30.

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 06:00
Barnenez: plus vieux que les pyramides (Christian Gouerou, Ouest-France)

Le monumental mégalithe, bâti entre 5000 et 3800 avant J.-C., interroge sur la vie et la mort de nos ancêtres.

Le lieu

Imaginez-vous plus vieux de 7 000 ans. Le visiteur se place sur les hauteurs de la presqu'île de Kernéléhen en Plouézoc'h, au nord de Morlaix (29). Là, tourné vers le Sud, face au cairn de Barnenez (Kerdi Bras en breton), il voit, vers l'ouest, la baie de Morlaix dans laquelle se jettent le Dourduff et la rivière de Morlaix. Sur la rive opposée, Carantec. Il faut imaginer qu'à cette époque, la mer ne recouvre pas toute la baie. Les humains qui vivent ici trouvent leur nourriture dans une vallée qui n'est pas (encore) complètement inondée par la Manche.

Des symboles

Deux cairns en pierre sèche accolés recouvrent onze dolmens à couloir. L'ensemble s'étire sur 75 m pour 28 m dans sa plus grande largeur, et une hauteur moyenne de 6 m. La construction du cairn primaire a eu lieu vers 4 700 avant notre ère (entre - 5 010 et - 4 400), soit quelque 2 100 ans avant la plus ancienne pyramide d'Égypte. La construction du cairn secondaire commence vers - 4 300.

Ces grands cairns d'Europe occidentale, amoncellement de pierres qui recouvrent des dolmens à couloirs, témoignent d'une économie de production et d'un homme qui se sédentarise. Les sociétés humaines s'organisent et se hiérarchisent. Pour Pierre-Roland Giot (1919-2002), préhistorien qui, le premier, travailla à Barnenez, ces ouvrages ont d'abord une signification symbolique du monde des morts et des vivants. Ce ne sont pas seulement des sépultures.

L'histoire dans l'histoire

En 1954 et 1955, un entrepreneur de travaux publics pille les cairns, éventre les chambres funéraires. Venu sur place pour Ouest-France, le journaliste Francis Gourvil alerte le préhistorien Pierre-Roland Giot qui intervient. Les autorités font stopper les travaux. Le chercheur du CNRS commence des fouilles. Parmi les étudiants qui travailleront sur le site avec Giot, le Vannetais Yves Coppens, paléontologue qui découvrit Lucy. Le 18 janvier 1956, le cairn fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques. André Malraux, alors ministres des Affaires culturelles, le qualifie de « Parthénon de la Préhistoire ».

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 05:33
Turquie: Erdogan purge l'appareil d'Etat (Stéphanie Fontenoy, Médiapart: le 18 juillet 2016)

Turquie: Erdogan purge l’appareil d’Etat

18 JUILLET 2016 | PAR STÉPHANIE FONTENOY

Après le coup d’État militaire avorté, le président Erdogan veut mettre la société au pas. Une purge immédiate et radicale a commencé dans l’armée, la justice, la police et la bureaucratie.

Istanbul (Turquie), correspondance.- Les nuits d’Istanbul ont des airs de fête nationale depuis le coup d’État militaire avorté du 15 juillet, au cours duquel au moins 308 personnes ont été tuées, et 1 440 blessées. Des cortèges de voitures toutes vitres ouvertes, d’où dépassent de jeunes Turcs euphoriques brandissant le drapeau carmin frappé d’un croissant de lune et d’une étoile, circulent en boucle dans les rues, répandant dans leur sillage un concert de klaxons. De leurs stéréos émanent l’hymne républicain et des chants politiques à la gloire du président Recep Tayyip Erdogan et de son Parti de la justice et du développement (AKP). En plus des appels à la prière, les haut-parleurs des mosquées invitent les fidèles à descendre dans la rue « pour défendre le pays ». « Nous sommes très fiers de notre peuple, car nous nous sommes opposés aux comploteurs de l’armée. La Turquie sort grandie et plus forte de cette épreuve », explique un électeur de l’AKP qui a sorti son drapeau au lendemain du coup d’État manqué.

Usant comme d’habitude de fortes métaphores religieuses, le président islamo-conservateur joue sur la fierté nationale et la ferveur musulmane pour mobiliser ses partisans et les inviter à faire front, en particulier dans les grandes villes comme Ankara et Istanbul.

Les funérailles des antiputschistes lui ont servi dimanche de tribune pour galvaniser ses troupes. « La semaine à venir est très importante. Vous allez remplir les places, nous ne pouvons pas, pour le moment, être tranquilles. Il ne s'agit pas là d'une opération d'une douzaine d'heures. Nous allons poursuivre les opérations avec conviction », a exhorté le président turc devant une foule compacte.

Funérailles ou meeting politique ? Les notables de l’AKP étaient venus en nombre avec leurs grosses berlines noires, garées en double file dans les rues de Fatih, un quartier conservateur où avait lieu la cérémonie. Des participants levaient l’index et l’auriculaire, signe de rassemblement du mouvement nationaliste turc. Par moments sereine et familiale, l’atmosphère devenait plus partisane lors du passage des cercueils contenant les dépouilles, encadrées par des forces de l’ordre, ovationnées de puissants « Allahu akbar » (« Dieu est grand ») pour se donner du baume au cœur. Les corps des soldats putschistes, pour la plupart de jeunes appelés, ont été exclus des hommages nationaux, puisqu’ils sont considérés avant tout comme des traîtres.

Après le recueillement, place aux règlements de comptes. Une purge immédiate et radicale a commencé dans l’armée, la justice, la police et la bureaucratie. Le président Erdogan a fait arrêter son plus proche conseiller militaire, le colonel Ali Yazici, ainsi que le général Mehmet Disli et le commandant de la base aérienne d’Incirlik, le général Bekir Ercan Van. Au total, 36 généraux seraient détenus. Des milliers de militaires, un tiers des juges et des procureurs, 30 préfets, 46 sous-préfets, 8 000 agents de police ont été limogés, interrogés, placés en garde à vue. L'agence de presse progouvernementale turque Anadolu rapporte en outre ce lundi que des mandats d'arrêt ont été délivrés à l'encontre de 2 745 juges et procureurs dans toute la Turquie. Près de 9 000 fonctionnaires du ministère de l’intérieur ont également été limogés.

Et ce n’est qu’un début. Ce grand nettoyage vise surtout les milieux gülenistes, proches de l’iman Fethullah Gülen, un ancien allié devenu ennemi juré du président turc. Ce dernier accuse le prédicateur d’être l’instigateur du coup d’État, à travers son influente confrérie « Hizmet » dont les membres sont présents au sein de l’armée, de la magistrature et de l’administration. Bien qu’il soit exilé aux États-Unis depuis 1999, le prédicateur musulman est accusé par les autorités turques de diriger un État dans l’État. Sa plateforme, qui comprend notamment des médias, des écoles et un groupe financier, a d’ailleurs été récemment classée comme organisation terroriste en Turquie. « Erdogan va utiliser cette tentative de coup d’État pour purger tous les sympathisants de Gülen des services publics », affirme Aykan Erdermir, chercheur à la Foundation for Defense of Democracies basée à Washington aux États-Unis et ancien député turc du parti d’opposition CHP (républicain – laïc).

Ce coup d’État manqué constitue un prétexte en or pour l’homme fort de la Turquie, qui peut désormais imposer toutes ses volontés. Ce qui laisse planer de nombreux doutes sur l’origine et les motivations réelles de ce soulèvement. Fethullah Gülen a réfuté toute implication, suggérant qu’il pourrait s’agir d’un coup monté depuis le palais présidentiel. Certains, parmi l’opposition, dénoncent une « farce » et n’hésitent pas à comparer les événements du 15 juillet à l’incendie du Reichstag en 1933. Il se dit aussi que le président avait eu vent d’un complot, mais qu’il aurait fermé les yeux pour mieux mater la rébellion et sortir grandi de cet épisode. Pour Inar Izci, analyste politique turc, les racines du putsch proviennent des divisions internes au sein de l’appareil d’État. « C’est une lutte fratricide entre les responsables du pouvoir. Que les auteurs soient les gülenistes ou une fraction dissidente de l’armée, ils appartiennent tous à l’élite dirigeante », affirme-t-il.

« On a l’impression d’avoir eu affaire à des desperados »

Vrai ou faux, la rapidité avec laquelle s’est déroulée le putsch, la façon dont les militaires se sont rendus en opposant très peu de résistance, soulèvent de nombreuses questions.« Le mode opératoire avait l’air trop maladroit. On connaît la puissance de l’armée turque et sa puissance de feu. Quand elle veut obtenir quelque chose, elle va jusqu’au bout. Elle est allée jusqu’à pendre un premier ministre dans le cas d’Adnan Menderes en 1960 ou de nombreux militants d’extrême gauche et d’extrême droite à la suite du coup d’État de 1980. On constate qu’il y a un manque de volonté, comme si cette entreprise était perdue d’avance. On a l’impression d’avoir eu affaire à des desperados », souligne Bahar Kimyongür, journaliste d’opposition visé par la justice en Turquie.

Pour ce dernier, qui le tient de source militaire, les jeunes appelés ayant participé au coup d’État auraient pu être manipulés. « Certains soldats pourraient ne pas avoir été mis au courant de leur participation à un putsch, affirme-t-il. Ils auraient reçu la consigne de bloquer certains axes, ponts et édifices officiels, dans le cadre d’une opération antiterroriste. Il se peut que ces militaires aient été manipulés et n’aient pas forcément été au courant de cette opération et de ce qui se tramait. »

D’autres ont vu dans cette tentative de renversement une intervention totalement déconnectée de la société turque dans son ensemble. « Cette tentative de coup d’État dénotait une méconnaissance de ce qu’est devenue la Turquie. Elle a été menée avec l’état d’esprit de 1980. Le fait qu’on ait laissé les réseaux sociaux fonctionner, par exemple. Ce n’est plus en prenant la télévision publique qu’on contrôle l’opinion. La façon de faire était incroyablement archaïque », souligne Jean-François Pérouse, directeur de l’Institut français des études anatoliennes d’Istanbul et auteur, avec le journaliste Nicolas Cheviron, du récent ouvrage Erdogan, Nouveau Père de la Turquie ?(lire l'entretien réalisé par Pierre Puchot).

Une seule certitude : l’homme fort d’Ankara sort grandi de l’épreuve, ayant réussi sa démonstration de force en direct devant les caméras du monde entier, le « peuple » prétendument derrière lui. « Cela crée une nouvelle configuration pour les années à venir, car Recep Tayyip Erdogan est intouchable, il est devenu un héros de la démocratie. Par un référendum, il va obtenir la possibilité de changer la Constitution très facilement, de passer au système présidentiel, et surtout il va devenir très difficile de construire une opposition politique », poursuit Jean-François Pérouse.

La gauche turque est sur des charbons ardents, pendant que les minorités, notamment les alévis, se sentent menacées par la montée en puissance des musulmans sunnites. « Je ne sais pas ce qui va se passer demain, mon pays m’échappe », explique un étudiant turc, qui préfère rester anonyme, par peur des représailles. « Après les militaires, s'inquiète-t-il, Erdogan va s’attaquer aux gens éduqués, aux intellectuels, car ils sont une menace pour lui. Il veut nous réduire au silence car nous ne sommes pas avec lui. Il n’y aura plus de juges pour me représenter, car ils seront tous à la botte du pouvoir. »

La peur de l’avenir est palpable, au point que de nombreux Turcs réfléchissent à quitter le pays. « Le gouvernement va agir comme s’il avait les pleins pouvoirs. Ma plus grande inquiétude est que le soutien populaire à l’AKP devienne plus fort et plus interventionniste, et qu’il nous influence dans la vie de tous les jours. Les personnes de gauche, laïques ou non conservatrices, les personnes LGBT, se sentent menacées. Je crains encore plus de fragmentations dans la société. À moyen terme, je pense que ce pays pourrait descendre dans une guerre civile, avec des éliminations d’opposants et des emprisonnements », redoute Inan Izci.

Signe avant-coureur de ses tendances répressives, le président Erdogan n’a pas exclu de rétablir la peine de mort, abolie en 2004. Répondant à une foule qui scandait « Nous voulons la peine de mort » pour les putschistes, le président turc a affirmé, dimanche :« Je pense que notre gouvernement va en discuter avec l’opposition et qu’une décision sera sans aucun doute prise », a t-il affirmé. « En démocratie, la décision, c’est ce que veut le peuple. Nous ne pouvons pas trop retarder cette décision car dans ce pays, ceux qui mènent un coup contre l’État sont dans l’obligation d’en payer le prix. »

Dans l’immédiat, les quatre partis représentés au Parlement turc affichent une unité de façade, condamnant de concert le coup d’État et vantant la victoire de la démocratie. Dans ce contexte, il est probable que le chef de l’État obtienne rapidement le soutien des députés pour approuver son projet de référendum en vue d’établir un régime présidentiel en Turquie, qui assoirait officiellement son pouvoir. Son rêve est désormais à portée de main.

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 13:22

Les conseils municipaux de Morlaix du 26 mai et du 28 juin sont visibles en intégralité sur le site internet de la ville.

Et ce sera aussi le cas pour les suivants.

Tout n'est certainement pas passionnant pour un regard extérieur (surtout quand on a pas pu étudier les documents, souvent assez techniques, au préalableà mais c'est un pas en avant important dans la transparence, l'information du citoyen, la sensibilisation aux enjeux de la vie publique locale que nous avons réclamé en début de mandat et qui se trouve aujourd'hui traduit dans les faits, ce que nous saluons.

Le Conseil Municipal en vidéo

Retrouvez les débats du Conseil Municipal en ligne.

Rendez-vous sur la chaine vidéo de la Ville de Morlaix

Sur ce conseil Municipal du 28 juin:

Conseil municipal du 28 juin à Morlaix: compte rendus de la presse

Ordre du jour synthétique:

- Election des nouveaux conseillers municipaux d'opposition dans les commissions et structures

- Demande d'approbation du rapport de la Commission Locale d'Evaluation des Charges Transférées (dépendant de Morlaix Communauté)

- Décisions modificatives au budget primitif 2016

- Mécénat pour la réhabilitation du musée de Morlaix

- Tarif de la salle socio-culturelle de Ploujean (création d'un tarif réduit pour une réservation de la petite salle à la demi-journée)

- achats et fournitures de la ville (carburants, télécommunications, matériel scolaire)

- Projet Educatif Local: projets à soutenir.

- avenant au règlement intérieur des cantines scolaires

- ajouts aux attributions de subventions aux associations (Association des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation du Finistère 200€/ MAJ 13000€/ Théâtre de Morlaix 8000€/ association de jumelage Morlaix-Wavel 100€)

- tarifs aidés par la ville du patio en fonction du quotient familial

- changements de statuts de Morlaix-Communauté pour les prises de compétence eau et assainissement, la fusion des syndicats mixtes de l'eau du Trégor et du Léon

- actualisation du tableau des effectifs

- attribution de titres-restaurant au personnel communal

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 11:40

Rapport de la cour des comptes

Maintien à domicile des personnes âgées : faire payer les ménages

lundi 18 juillet 2016

Pour la Cour des comptes, les ménages devront payer plus et les pouvoirs publics moins.

"Quelles que soient les incertitudes qui pèsent sur les perspectives financières, la Cour estime qu’à long terme la contribution des ménages au financement du maintien à domicile tendra à s’accroître plus rapidement que celle des pouvoirs publics. Il convient donc de veiller à ce que les proches aidants soient davantage soutenus et que l’APA soit attribuée de façon à mieux tenir compte des ressources des bénéficiaires".

La Cour formule les 12 recommandations suivantes :

- procéder à une analyse précise et harmonisée des besoins des personnes âgées dépendantes
- fédérer les organismes dispensant l’information et leur donner une bonne visibilité ;
- identifier des structures d’appui aux médecins traitants et aux professionnels de premier

- recours pour accompagner les personnes les plus dépendantes ;
- développer et généraliser les outils techniques nécessaires à la coordination ;
- mener à son terme la réforme de la tarification des services d’aide et de soins à domicile ;
- simplifier et rationaliser les qualifications et les diplômes des intervenants à domicile ;
- favoriser le regroupement des services de soins et d’accompagnement à domicile ;
- élargir à la programmation de l’offre la compétence de la conférence départementale des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées ;
- améliorer le chiffrage du coût de la dépendance et du maintien à domicile ;
- suivre et soutenir, dans les plans d’aide, les expérimentations locales faisant appel à des offres de service de téléassistance et de domotique ;
- développer la connaissance des restes à charge par des études, en mesurant précisément les coûts respectifs du maintien à domicile et de l’hébergement en établissement ;
- faire face aux besoins de financement futurs en modulant plus fortement l’APA en fonction des ressources des bénéficiaires.

Consulter le rapport

Synthèse du rapport

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