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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 19:10
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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 18:53
Photo ouest-france

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 16:24

Permanences en mairie de Morlaix dans le local de l'opposition:


samedi 30/01/2016, 10h-12h: Jean-Paul Vermot
samedi 6/02/2016, 10h-12h: Ismaël Dupont
samedi 13/02/2016, 10h-12h: Sarah Noll

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 06:46
L'Avant-Garde, 1er avril 1944 : Archives Pierre Le Rose

L'Avant-Garde, 1er avril 1944 : Archives Pierre Le Rose

Archives Pierre Le Rose

Archives Pierre Le Rose

L'Avant Garde, 1er avril 1944

Organe central de la fédération des jeunesses communistes de France

Si chacun fait son devoir, la victoire sera proche

Poursuivant son impétueuse marche en avant, l'Armée Rouge a pénétré en Roumanie, au-delà du Pruth, elle a également refoulé les troupes nazies aux abords de la Tchécoslovaquie et de la frontière germano-soviétique. L'Allemagne a définitivement perdu la bataille de Russie.

La glorieuse Armée Rouge a fait craquer la résistance fanatique de la Wermacht et l'on voit approcher le jour où Hitler sera assez voisin de la catastrophe pour que les Anglo-Américains puissent se livrer sans trop de risques aux invasions promises.

Cette situation sème la débandade parmi les satellites de l'axe, Hitler se voit contraint d'occuper leurs territoires et de procéder à une nouvelle mobilisation (une de plus) de chair à travail et de chair à canon. La Wilhestrase dans un communiqué en date du 20 mars nous en avertit sans ambage: "LES ALLIES DE L'ALLEMAGNE AYANT SUPPORTE DANS LA PLUS LARGE MESURE LE POIDS DE LA GUERRE, IL EST NORMAL QUE LES AUTRES PEUPLES PARTICIPENT DANS UNE MÊME MESURE A LA DÉFENSE DE L'EUROPE".

De là les nouvelles mesures de terreur prises en France: l'attaque contre certains maquis et les rafles dans les villes pour accélérer la déportation en bochie, le transfert de la main-d'oeuvre dans les chantiers Todt et dans l'Industrie de guerre, la venue des hitleriens DARNAND HENRIOT DEAT au gouvernement de l'Anti France.

Mais toutes ces mesures ne sont et ne seront que des mesures de détresse si la jeunesse de France amplifie son action contre l'ennemi. SEULS CEUX QUI COMBATTRONT POURRONT ÉCHAPPER A L'ENFER NAZI.

Ce ne seront que des mesures de détresse si les juges qui siègent à Alger CONDAMNENT PROMPTEMENT ET SANS PITIÉ tous les traîtres, seul langage qui puisse faire réfléchir les spadassins de la Milice.

Ce ne seront que des mesures de détresse si les Anglo-Américains, non seulement développent les bombardements en Allemagne mais, profitant de la débâcle nazie à l'Est, DÉCLENCHENT ENFIN le 2ème front, car l'île de Malte et CASSINO sont la démonstration que les bombardements ne sont pas suffisants pour acculer l'adversaire à la défaite.

Forte de son unité réalisée dans LES FORCES DE LA JEUNESSE PATRIOTIQUE, la jeunesse de France fera son devoir, tout son devoir, si le C.F.L.N et les Anglo-Américains font le leur, jusqu'à la Victoire.

La jeunesse est sur la bonne voie

La presse nazie de Paris, ces jours derniers, s'en prend avec violence à la Jeunesse Communiste. Le vieux traître BONNARD, de son côté, reconnait dans une circulaire embarrassée l'action efficace de la Jeunesse des écoles.

Ce n'est pas par hasard. La splendide démonstration du 4 mars sur le Boulevard St Michel, les raids réussis, tant à Paris qu'à Lyon et dans de nombreuses autres villes de province, contre les fichiers du S.T.O, les grèves des jeunes cheminots à Vitry, Chatillon sur Bagneux, Villeneuve St Georges et Montrouge, à l'occasion du 2ème anniversaire de la mort de PIERRE SEMARD, fusillé par les boches le 7 mars 1942, tout indique aux nazis que la jeunesse patriote de France a fait son choix: elle se bat.

Ce bilan éloquent signifie clairement que nous avons pris le bon chemin. L'ennemi accuse le coup? Parfait. Continuons.

Aussi bien, l'ouvrage ne manque pas.

Nous avons à redoubler d'effort pour entraver le recensement, pour faire échec aux déportations. Nous avons à organiser les réfractaires, nous avons à lutter pour le ravitaillement qui devient chaque jour de plus en plus mauvais, pour les salaires qui sont dérisoires, pour la culture française qu'un BONNARD espère amoindrir (il vient pour commencer de faire fermer les Facultés d'Aix, de Marseille et Montpellier). Nous avons à aider les maquis sauvagement attaqués en portant des coups deux fois plus forts là où les forces de police ont été, du fait de la concentration en Savoie et en Corrèze, sensiblement affaiblies.

Tous ces efforts en nous endurcissant nous préparent à l'action décisive des jours glorieux de l'Insurrection Nationale. Allons hardiment de l'avant: c'est l'ennemi qui, par sa fureur, nous enseigne et nous dit que nous sommes dans la bonne voie. Perséverons.

Et que le C.F.L.N comprenne son devoir, qu'il nous envoie enfin des armes, la Jeunesse Patriote qui se bat, qui risque sa vie pour abréger les souffrances de la Patrie ne comprendra ni ne tolérera aucun nouveau retard.

Sur le Front de France

Dans les ateliers des chemins de fer, les jeunes cheminots ont manifesté leur volonté de venger leur grand ami Pierre Semard. Ainsi, rien que dans une partie de la banlieue parisienne:

- A Vitry: sous l'impulsion des jeunes, les cheminots font grève 2 heures et observent une minute de silence. A Châtillon sur Bagneux, sous la conduite des jeunes, grève d'une demi-heure dirigée par les jeunes. A Villeneuve St Georges, jeunes et adultes déclanchent une grève d'une demi-heure.

Voilà de nombreuses heures de travail perdues pour les boches dans un moment où les transports sont leur principal souci. Bravo les jeunes cheminots de la banlieue du Sud-Parisien. Votre défi est lancé à tous les cheminots de France: qui fera mieux?

******

Le 2 mars, en Saône-et-Loire, au début de la nuit, 600 boches viennent encercler un camp d'une quinzaine de jeunes réfractaires armés. Le chef du détachement n'hésite pas et décide d'attaquer avant que les bandits aient pris leur position de combat. Comme les nazis forment deux groupes, par une manœuvre hardie quelques réfractaires se glissent avec leurs armes automatiques entre les deux groupes et tirent des deux côtés. Les boches affolés répliquent. Résultat: 46 morts et 140 blessés et les allemands abandonnent le terrain. Les réfractaires ont eu 3 blessés dont un grièvement. Ne pouvant l'évacuer ils le mettent dans une ferme environnante. Le lendemain les feldgendarmes perquisitionnent partout, retrouvent le blessé et fous de rage, incendient la ferme où il était avec les deux propriétaires ainsi que les 2 fermes les plus proches.

Bravo les réfractaires, avec de la hardiesse vous avez prouvé qu'il était possible de refouler un ennemi supérieur en nombre, de lui infliger de lourdes pertes tout en en subissant très peu vous-mêmes.

*******

Jeunes Français des usines, des Universités et des champs, réfractaires, pour hâter l'heure de la délivrance de la Patrie, pour châtier et chasser l'ennemi, enrôlez-vous dans la glorieuse armée des F.T.P.F

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 06:40

Déclaration du PCF Finistère: "Crédit Mutuel Arkéa, veut-on nous faire prendre des vessies pour des lanternes?"

La direction du Crédit Mutuel de Bretagne ARKEA en conflit ouvert avec la Confédération Nationale des Caisses de Crédit Mutuel organise dimanche 24 janvier à Brest une manifestation au nom de la défense de l'emploi et de l'autonomie de la structure.

Cette initiative qui doit rassembler des salariés de la banque, des administrateurs sociétaires, des élus et des chefs d'entreprise participe de l'agitation organisée par la direction de l'organisme depuis de long mois.

Engagée dans un bras de fer avec la Confédération dans lequel les enjeux de pouvoir et la lutte des égos tiennent toute leur place, la direction du CMB ARKEA a fait le choix de la rupture sans même tenter de négocier de nouveaux statuts. A-t-elle réellement mesuré les risques alors que, comme tous les organismes bancaires, le Crédit Mutuel dans son ensemble doit se plier aux critères de « bonne gestion » imposés par la Commission Européenne ?

Les conséquences de cette rupture ont-elles été objectivement évaluées à l'aune des nouveaux critères de gestion imposés : coût de refinancement, ratios risques, ratios prudentiels, appréciation des agences de notation, par exemple ? Sans même évoquer la solidarité obligatoire inter-caisse dont le nouveau groupe hors réseau ne pourrait plus bénéficier.

Dans ces conditions, qui peut assurer que la stratégie de scission à marche forcée, dissimulée sous les éléments de langage officiel « d'autonomie », n'accroisse les risques pour les salariés et pour l'avenir du groupe ?

Remarquons que, malgré plusieurs décennies de relations tendues, la Confédération Nationale des Caisses de Crédits Mutuel n’a jamais empêché le CMB d’affirmer son identité régionale, ni le groupe d’investir et de s’agrandir.

Le bilan de la direction, qui se veut aujourd’hui chantre de la protection de l’emploi régional, demande à être examiné de près. Déménagements divers et souvent coûteux, externalisations multiples ont pesé lourd en terme d'emplois et seule la grève conduite par l'intersyndicale en juin 2015 a permis d'arrêter l'hémorragie.

Comme à Quimper en novembre 2013, cette journée est marquée par le mélange des genres et porteuse de confusion et de graves désillusions.

Charité bien ordonnée commençant par soi-même la direction qui entonne le refrain de « tous dans la même galère » a pris soin de se mettre à l'abri en créant la Société des Cadres Dirigeants distincte des autres salariés du groupe ! Bel exemple de solidarité et de confiance mutuelle.

Il y a dans l'attitude des dirigeants du CMB une certaine dose d'outrecuidance dès lors qu'ils imaginent gagner sur tous les tableaux et faire cavalier seul, tout en conservant l'image de la marque. Cette politique de gribouille ouvre des horizons bien incertains.

Le CMB ARKEA est un des acteurs majeurs de l'économie bretonne. La bonne santé financière du groupe est le fruit de la qualité du travail, de la compétence et de l'engagement continu des salariés. 3e employeur régional, il s’appuie sur le maillage territorial serré de ses 226 caisses locales et de ses 2 935 sociétaires administrateurs, sur son influence dans les cercles dirigeants régionaux publics ou privés.

Son assise locale est puissante et son influence, voire sa présence dans de nombreuses instances consulaires, paritaires ou professionnelles est certainement un gage d'efficacité, parfois hors de tout contrôle démocratique.

Son intervention est déterminante dans le financement et le portage de nombreux projets régionaux et il serait incompréhensible de laisser cet outil structurant partir à vau -l'eau .

La puissance publique et notamment le ministère de tutelle doivent se saisir intelligemment du dossier.

Les questions posées ne peuvent se régler avec une tournée générale de pâté Hénaff, le port obligatoire du bonnet tricoté par la direction de l'entreprise. Nul n'a à choisir entre les hommes aux salaires mirobolants que sont Jean Pierre Denis ou Michel Lucas.

Il faut que la puissance publique :

- exige et obtienne la reprise des discussions entre les Caisses, y compris pour la

modification des statuts, les nouvelles règle de gouvernance, l'autonomie des Caisses,

l'indépendance et la pérennité des métiers supports

 - exige du CMB ARKEA le retour à sa vocation première de banque mutualiste en

redonnant toute leur place aux administrateurs sociétaires

 - appuie la création d'un pôle de financement public sous le contrôle de la Région et de l’État et la création d'un pôle public bancaire national

Et que dire du soutien apporté au projet de Jean Pierre Denis par les milieux patronaux dont

on connaît le souci de l’emploi et des droits de leurs salariés…

Crédit Mutuel Arkéa: veut-on nous faire prendre des vessies pour des lanternes? (PCF Finistère)
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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 06:36

Heureux comme un patron au travail, chiche?
"Le ministre Macron pleure soudain la « dure vie » des entrepreneurs, « bien plus dure que celle des salariés ». Le sociologue Marc Loriol revient pour Mediapart sur la manière dont le travail peut rendre heureux et comment, a contrario, la souffrance s'installe. « Le bonheur au travail monte avec l’échelle sociale », dit-il."

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 15:58
Macron : un multirécidiviste en charge du mépris de classe

Olivier DARTIGOLLES

PCF

Après ses propos sur les «illettrés» de Gad ou sa volonté de voir de jeunes Français «rêver de devenir milliardaires», après « l'absence de la figure du roi » puis « le FN, Syriza à la française », Emmanuel Macron a récidivé ce matin sur BFM TV-RMC en déclarant que « bien souvent, la vie d'un entrepreneur est bien plus dure que celle d'un salarié, il ne faut pas l'oublier ».

Lui, par contre, n'a pas oublié, par ce procédé grossier, d'opposer une nouvelle fois les Français entre eux. Personne ne croit que les grands patrons et leurs actionnaires ont la vie dure, surtout au lendemain de la publication du rapport de l'Oxfam.

Des millions de salariés peuvent, eux, témoigner d'un quotidien difficile, de conditions de travail et de rémunération en dégradation constante. Si comme le dit Emmanuel Macron « un entrepreneur peut, lui, tout perdre », il devrait se rapprocher au plus vite des salariés de notre pays pour prendre la juste mesure des pertes. Chaque année, des salariés, comme ceux de Continental ou de Goodyear, perdent tout. Et parfois même leur propre vie.

Quand il retournera dans le privé, il aura gagné une nouvelle ligne à son CV : « Hollandisme : au nom de la modernité, en charge du mépris de classe, des outrages et des adieux aux valeurs de gauche".

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 15:55

SÉBASTIEN CRÉPEL

L’HUMANITE – 21 janvier 2016

Le voile se déchire sur l'imposture sociale du FN, son vice-président réaffirmant clairement les fondamentaux libéraux du parti en se prononçant pour un « État au service des entreprises ».

Bas les masques. Comme l'imposture sociale du Front national ne fonctionne pas autant qu'espéré, le parti d'extrême droite s'apprête à revenir à ses fondamentaux économiques. Après avoir trébuché sur le dernier obstacle dans la course des régionales, celui de la conquête d'au moins un exécutif dans l'une des six régions où il était arrivé en tête au premier tour en décembre, la formation lepéniste s'apprête à en tirer les enseignements lors d'une réunion de ses principaux responsables et élus, le mois prochain. Au menu des discussions, la question du programme économique à mettre en avant devrait s'inviter comme un mets de choix.

Hier, dans le Figaro, le compagnon dans la vie de Marine Le Pen et vice-président de l'organisation, Louis Aliot, a mis les points sur les « i » : « La crédibilité du Front (national -- NDLR) à pouvoir gérer les affaires publiques à un niveau important est le sujet. Il existe encore une crainte ». « L'État stratège ou l'État fort » doit « être au service des entreprises. Il doit peser sur un certain nombre de lois pour libérer, faciliter et simplifier le travail des PME-PMI », poursuit Louis Aliot.

Le FN prêt à bazarder la sortie de l'euro

S'adresser aux artisans et aux petits entrepreneurs aujourd'hui maltraités par la concurrence mondialisée, et qui ont toujours été le coeur de cible de l'extrême droite, redeviendrait la priorité pour le FN. « Ce sont eux qui créent l'emploi », affirme Aliot, n'hésitant pas à les opposer aux fonctionnaires : « Il faut bien admettre que les fonctionnaires, même les petits, sont mieux lotis. » Et de proposer, dans un langage purement libéral, un « audit de l'État » pour pointer les « disparités » entre « des secteurs où ils sont embauchés à tour de bras (sic) et d'autres où il y a pénurie, notamment au sein des structures régaliennes comme la police et la justice ».

Virage idéologique ? En réalité, pas du tout. Simplement, le voile se déchire enfin sur les ambiguïtés entretenues du FN quant à sa dénonciation du « modèle ultralibéral ». À ceux qui feignaient de croire qu'il était devenu de gauche, le FN avait déjà riposté par des mises au point successives ces derniers mois, par peur que l'imposture imaginée pour faire venir à lui un électorat populaire déboussolé n'effraie au final les artisans et commerçants. « Ce qui reste à prendre, c'est à droite », résume crûment Franck Alisio, un cadre du FN récemment débauché de... la droite. Pour cela, le FN doit se montrer à nouveau tel qu'il n'a jamais cessé d'être. Car, pour qui se donnait la peine d'entendre, Marine Le Pen a indiqué très clairement, à plusieurs reprises et sans jamais se contredire entre 2012 et 2015, quel est son camp sur les questions économiques et sociales. Ainsi, par exemple, sur le temps de travail : en juin 2012, la présidente du FN dit vouloir « donner aux entreprises la possibilité de faire ce retour (aux 39 heures) » ; en août 2014, elle se prononce pour « supprimer les 35 heures » ; en juin dernier, elle répète qu'elle veut « revenir aux 39 heures »... Idem sur la retraite à 60 ans, le conseiller économique du FN, Bernard Monot, ayant opposé un démenti très ferme à son rétablissement. Seule vraie nouveauté programmatique guidée par son appétit de pouvoir, le FN serait désormais prêt à bazarder certaines de ses positions historiques sur la sortie de l'euro, ravalée au rang d'« objectif » à poursuivre et non de mesure à mettre en oeuvre, selon Aliot. De quoi ruiner les illusions de l'économiste venu de la gauche, Jacques Sapir, qui voyait dans le FN un potentiel allié pour défaire l'euro. Et donner raison à son confrère Frédéric Lordon, qui prévenait, en août, que le FN « ne fera pas la sortie de l'euro », car la « seule chose à laquelle il croit vraiment est sans doute à situer du côté du droit du petit patron à être « maître chez lui » »... CQFD.

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 15:37

GÉRARD LE PUILL pour l'Humanité

La possible fermeture de l’usine Pentair Griss à Ham dans la Somme annoncé en fin de semaine doit aussi être examinée sous l’angle des augmentations des émissions de gaz à effet de serre que constituerait le transfert de cette production dans un pays à bas coût de main d’œuvre et à production électrique issue du charbon.

Le temps d’un week-end, les 133 salariés de l’usine de robinetterie Pentair Griss, à Ham dans la Somme, ont pu bénéficier de quelques images furtives à la télé. La direction américaine dont le siège social est en Irlande, pays connu pour sa politique de dumping fiscal, veut fermer en France une unité de production dont le carnet de commande est plein et qui réalise aussi des bénéfices confortables. A tel point qu’il était demandé aux salariés de travailler jusqu’à 46 heures par semaine en 2015. Mais les dirigeants de la firme ont fait savoir qu’une délocalisation de la production en Chine, voire en Inde, permettrait d’augmenter les profits en raison d’une baisse sensible du coût de la main d’œuvre.

Au gouvernement, tout le monde est resté muet devant cette casse industrielle annoncée. La sénatrice communiste Michèle Demessine s’est engagée à interpeler Manuel Valls et ses ministres au Sénat. Présenté aux Français comme un homme neuf depuis son élection à la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Xavier Bertrand s’est rendu sur le site pour y rencontrer les dirigeants locaux du groupe. « Avec Stéphane Demilly, le député (UDI), nous avons exposé les arguments des salariés. Il faut qu’ils aient la possibilité de rebondir, professionnellement et financièrement. Nous sauront le 18 janvier à l’occasion de prochain CCE si ce déplacement a été utile ou non », a-t-il déclaré à l’issue de cette rencontre.

En guise de soutien aux salariés, voilà qui relève plutôt du service minimum. A juste titre, les médias ont relayé les arguments d’un responsable CGT de l’usine mettant en exergue les profits réalisés sur le site. Ce qui veut dire que la délocalisation vise à faire plus de profits dans un où plusieurs pays à bas coûts de main d’œuvre. Alors que la conférence de Paris sur le climat s’est achevée il y a tout juste un mois, ce choix patronal en quête de profits élevés via la délocalisation soulève des questions que les économistes libéraux ne n’abordent jamais : quel sera le bilan carbone de cette délocalisation industrielle et celui de chaque objet ensuite produit dans un pays à bas coûts de main d’œuvre ?

A Ham, si l’usine ferme, le plus gros de l’outil de production ira à la casse ou restera longtemps à rouiller sur place. Sur le nouveau site de production localisé en Asie, on aura construit des locaux et installé de nouvelles machines avec un bilan carbone déjà élevé avant d’avoir commencé à produire. Ensuite, quand la nouvelle usine sera en phase de production, on peut considérer que ce transfert augmentera encore le bilan carbone de chaque robinet produit pour l’industrie pétrolière, puisque c’est la spécialité de cette entreprise. En effet, cette de production industrielle est gourmande en énergie électrique. En France, en raison de la place prise par le nucléaire et les barrages, le bilan carbone de la production électrique est l’un des plus faibles au monde. En Chine comme en Inde, il figure parmi les plus élevés de la planète car on utilise surtout du charbon pour produire de l’électricité.

Plus généralement, chaque délocalisation de production industrielle ou agricole d’un pays développé vers un pays à bas coûts de main œuvre fait bondir le bilan carbone d’un même volume de production transféré d’un pays à l’autre. De fait, la théorise de la « destruction créatrice » conceptualisée au milieu du XXème siècle par l’économiste autrichien Joseph Schumpeter se traduit toujours par plus de destruction que de création. La délocalisation servant à fabriquer les mêmes objets à moins coût est souvent plus rentable pour le patronat. Mais ces transferts augmentent la consommation de matières premières et d’énergie fossile qui entrent finalement dans le processus de production de chaque objet.

A ceux et celles qui auraient du mal à suivre ce raisonnement, je peux faire part d’une expérience personnelle: avant de devenir journaliste à 42 ans, suite à un licenciement pour cause de fermeture d’usine, j’ai fabriqué des pneus pendant 18 ans à Colombes chez Kléber. En 1983, Michelin, actionnaire unique de Kléber, a fermé le site, abandonné au passage une partie de la production de pneus et transféré la plus grande partie de la production colombienne dans deux usines de construction récente à Troyes et à Toul où les ouvriers étaient alors moins payés. En 2008, Michelin a fermé Toul pour transférer la production de cette usine en Serbie où les salaires étaient trois fois moins élevés.

~~Le site de Colombes a été rasé et progressivement réindustrialisés avec des PME mais pas seulement. Thomson CSF, qui deviendra plus tard Thalès, s’y est implanté à la fin des années 80 et y comptera jusqu’à 2.200 salariés dans de très beaux locaux neufs. Mais, 20 ans plus tard, Thalès a jugé que ces locaux qui comprenaient quatre bâtiments distincts n’étaient plus assez fonctionnels ni assez sûrs pour dissuader l’espionnage industriel. Thalès abandonnera le site en 2012 pour s’installer à 5 kilomètres de là sur la commune de Gennevilliers. Depuis plus de trois ans, les locaux de Colombes sont vides, tout comme les parkings. Le site se trouve pourtant à cinq minutes à pied d’une gare bien desservie tandis que deux lignes de bus ont un arrêt devant l’usine.

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 09:35
photo France 3 Régions

photo France 3 Régions

Voici l'analyse d'un ancien délégué CGT du Crédit-Mutuel Arkéa sur les enjeux de la manifestation pour l'emploi du 24 janvier soutenue par le PS, l'UDB et d'autres, et sur les mouvements d'alerte en cours au Crédit Mutuel Arkéa:

CMB-Arkéa et « Vent Debout »

2008, Jean-Pierre Denis prend les rennes du groupe CMB-ARKEA (Bretagne, Clermont-Ferrand et Bordeaux).

Il était jusque là au cabinet de Chirac à la mairie de Paris puis au cabinet de Sarkosy à l’Elysée. Avant son arrivée, la rémunération des dirigeants du CMB ne dépassait pas 100 000€.

Depuis lors, la rémunération de JP Denis est passée à plus du million d’euros.

Son ambition, dès son arrivée, était de prendre la place de Michel Lucas, président de la confédération du CM et du CM 11-CIC. Il s’est vite rendu compte qu’il n’y arriverait pas.

Le CM11( Strasbourg, Paris, Lyon, Marseille, Valence, Toulouse, Nantes, Laval, Chateaudun, Evian et Arras) pèse, à lui seul, plus de 60% du bilan global du Crédit mutuel et possède, à ce titre, la majorité absolue au niveau de la CNCM.

Courant 2009/2010, JP Denis décide de créer la SCD (Société des Cadres de Direction) qui devient prestataire de service du CMB et de ses filiales et a tout loisir d’être prestataire pour n’importe quelle autre entité. Les rémunérations ne sont donc plus décidées et versées par le CMB, Mais par cette SCD.

JP Denis s’affranchit alors de toute participation au conseil d’administration de la CNCM et s’insurge contre la situation de concurrence du CIC sur le territoire d’activité du CMB-ARKEA ; (Rappelons que le CIC est contrôlé par le CM11).

Il entame, alors, un bras de fer avec la CNCM, visant à être totalement indépendant de cette dernière, tout en conservant la marque Crédit Mutuel.

Déjà, Arkéa possède sa propre informatique, ses propres filiales d’assurances (vie et iard), de banque en ligne (Fortunéo).

Il estime donc pouvoir se passer de la CNCM qui n’avait, jusqu'à présent, qu’un pouvoir de contrôle à posteriori par l’intermédiaire de l’inspection confédérale. M Lucas, se saisit d’une anomalie de statut de la CNCM (loi 1901) qui ne permet pas à la Banque Centrale Européenne de contrôler son fonctionnement, pour bâtir un statut coopératif, plus conforme aux réglementations européennes.

Les représentants du CMB Arkéa ne participent pas, volontairement, à la rédaction de ces nouveaux statuts qui organisent la vie et les décisions du groupe au plan national, mais précisent également les règles de subordination en matière de gestion, d’investissements, de ratio prudentiel des fédérations vis à vis de la CNCM. Nous en sommes là aujourd’hui.

Sentant le rapport des forces lui échapper, JP Denis instrumentalise une association baptisée Vent Debout pour l’Emploi, crée par lui, financée par la direction du CMB.

Sous prétexte d’un abandon du pouvoir de décision du CMB, cette « association » alarme les élus politiques en demandant leur soutien et communique sur les risques de suppressions d’emplois au sein d’Arkéa.

Les salariés des caisses et du siège subissent une pression énorme pour adhérer à cette association et participer à une manif organisée le 24 janvier 2015.

Il s’agit d’une véritable manipulation des esprits.

En effet qui peut comprendre qu’une entreprise qui choisit de quitter un réseau national puisse le faire en conservant le nom de cette marque ?

Il existe au sein du CM national, une obligation de solidarité interfédérale.

En prenant la décision de se séparer de la CNCM, le CMB-Arkéa ne bénéficie plus de cette solidarité. Il se trouve donc, vu sa taille, dans l’obligation de présenter des ratios de gestion des risques draconiens, ce que ne manquera pas de lui imposer la BCE.

En résumé : La guerre des chefs entre Denis et Lucas se transforme en un conflit grave, économique et politique qui n’a que très peu d’impact sur la CM11-CIC du fait de sa taille, mais qui conduit le CMB a se fragiliser gravement. Seul, le CMB-Arkéa tiendra difficilement et ce sont les salariés qui en ferons les frais. Le seul responsable en est JP Denis qui, lui, pourra se vendre ailleurs.

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"La Direction veut mettre aujourd’hui les salarié-es et leurs organisations syndicales dans la logique du « tous dans le même bateau » alors qu’hier, en créant la SCD, elle a quitté ce même bateau pour voguer sur son propre yacht de luxe. Elle prépare ainsi le terrain à trop de renoncements dont nous avons déjà eu quelques exemples avec la suppression du MPA et le détricotage en cours de la convention collective. Cette logique n’est pas la nôtre."

(CGT Crédit Mutuel-Arkéa)

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Voici une Communication de la CGT du Crédit Mutuel de Bretagne - Arkéa

Vous n'êtes pas sans savoir, vu la débauche de communications internes et externes et la mise en mouvement de tous les réseaux du CMB que le 24 janvier aura lieu une manifestation pour "sauver l'emploi" à l'initiative d'un collectif de salariés appelé "vent debout pour l'emploi".

A ce jour seule la CFDT (et le siège uniquement, traduisant de réelles divergences d'appréciations) appelle à cette journée, ni le SNB, ni l'UNSA, ni la CGT de l'entreprise ne le font.

La direction a largement contribué à aggraver la situation conflictuelle (très ancienne) qui existe au sein du Crédit Mutuel : à commencer par toute une série de plaintes contre la confédération déposées il y a un peu plus d'un an.

Le collectif en question est apparu comme par hasard dès le lundi qui a suivi les réunions dites d'automne ou la direction a soigneusement annoncé aux salariés qu'un coup de force de la confédération était en préparation (Il s'agit en fait d'une modification de statuts ... demandée par la BCE, nouvelle autorité de contrôle des banques ; statuts qui, d'ailleurs, avaient été mis en exergue comme non conformes dans une des plaintes du CM Arkea).

Avec une débauche de moyens et un soutien sans faille de la direction, les initiateurs du collectif ont mis le paquet pour mobiliser les salariés et générer du stress chez certains salariés du Siège, mais aussi pas mal d'agacements chez d'autres . Je pense qu'il faut comprendre tout ce remue ménage, avec un discours catastrophiste sur l'emploi, comme une volonté de mettre les pouvoirs publics devant le fait accompli et ainsi de les faire entériner une séparation fortement souhaitée par notre belle direction qui veut avoir les coudées franches pour se développer sur tout le territoire national, voir internationale. Le 24 janvier dans ce contexte n'est ni plus ni moins que d'une manif de soutien à la direction du CM Arkea où l'on reverra d'ailleurs Armorlux avec cette fois ci des bonnets rouge et gris (couleur crédit mutuel) et, cerise sur le gâteau, une distribution de pâté Hénaff en prime ... Bien sûr de nombreux salariés seront présents et on peut le comprendre compte tenu du matraquage qui est fait.

Vous trouverez ici un article de René Perez assez équilibré sur les enjeux : http://www.bretagne-bretons.fr/cmb-arkea-bras-de-fer/

La CGT du Crédit Mutuel Arkéa n'appelle pas à cette journée

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