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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 08:05
"C'était 1936 - Le Front Populaire en Bretagne" - un livre collectif à acquérir de toute urgence! (Le Télégramme, 16 décembre 2016)

Alain Le Moigne et Jean-Paul Sénéchal, du collectif d'historiens auteurs de « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (336 pages, 20 €).  Jean-Paul Sénéchal, syndicaliste chercheur, écrit aussi actuellement son propre livre sur le Front populaire dans le Finistère. Il paraîtra aux Presses universitaires de Rennes au printemps.

 

Le Télégramme : « C'était 1936, le Front populaire ». Un livre le décrypte en Bretagne

Publié le 16 décembre 2016

Le Front populaire est très présent dans la mémoire collective, mais ses 80 ans ont généré peu d'écrits. Un collectif d'une dizaine d'historiens publie « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (Goater).

« S'il y a un élan général vers la gauche et des idées progressistes en France en 1936, la Bretagne reste, quant à elle, une terre globalement conservatrice, rurale, à l'écart de l'industrialisation, avec quelques nuances, avec un poids du syndicalisme agricole et de l'Église assez fort. Il y a très peu de grèves en Bretagne en 1936 », expose le Cornouaillais Jean-Paul Sénéchal. Ce docteur en histoire a soutenu, fin 2015, une thèse sur l'impact du Front populaire dans le Finistère. Il fait partie des historiens chercheurs auteurs de l'ouvrage collectif « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (Goater), publié en novembre, sous la direction d'Erwan Le Gall et François Prigent. 

Bleue, rouge et blanche


« Espace pluriel, entre Haute et Basse Bretagne, Bretagne bleue, rouge et blanche, la péninsule armoricaine témoigne de ce que le Front populaire ne concerne pas que les grands centres ouvriers tels que Brest ou Lorient mais traverse des milieux aussi divers que les campagnes du Trégor ou les anciens combattants en Ille-et-Vilaine », décrivent ces deux derniers, à propos de la Bretagne du milieu des années 1930. À distance des images symboliques du Front populaire, entre grèves et congés payés, ce volume, à la fois très documenté, circonstancié et accessible, livre, en 336 pages, un point sur l'état des connaissances, apporte un regard pluriel sur la Bretagne de l'époque. Des focales locales viennent ainsi illustrer une approche régionale du sujet.
 
 
Il y est, par exemple, question des luttes hégémoniques, front contre blocs, dans le Finistère (Jean-Paul Sénéchal), du « Morbihan contre le Front populaire ? (Yves-Marie Evanno), des luttes sociales sur la Côte d'Émeraude (Daniel Bouffort) ou dans les teillages de lin du Trégor (Alain Prigent), des luttes antifascistes dans les Côtes du Nord (François Prigent), du poids électoral des Anciens combattants en Ille-et-Vilaine (Erwan Le Gall) ou des Bretons de Saint-Denis contre Jacques Doriot (Thomas Perrono), de l'invention d'un nouveau marché touristique, avec les congés payés (Johan Vincent). De son côté, le docteur en histoire Alain Le Moigne s'intéresse à la grève du 30 novembre 1938 à Brest. « La fin des illusions », émet-il. « S'il n'a pas eu de mobilisation à l'arsenal de Brest deux ans plus tôt en 1936, c'est sans doute parce qu'il y avait eu la grève d'août 1935, durement réprimée avec trois morts et des dizaines de blessés. Et que dans le cadre de négociations avec l'État, les 40 heures et trois semaines de congés payés y étaient déjà acquises », éclaire-t-il. 

Novembre 1938, le fiasco


« Mais lorsque Paul Reynaud revient sur les 40 heures en 1938, la CGT entame une grève dans les services publics. À Brest, il n'y a que 5.000 à 6.000 grévistes, c'est un fiasco. Dans le même temps, quand on lit " Le Courrier du Finistère " de l'époque, il y a carrément un appel de la CFTC à discréditer la CGT, elle-même exposée à une scission interne, qui va effectivement perdre de l'influence, s'effondrer », rappelle Alain Le Moigne. « Il faut dire que les années 1930 marquent un tournant en Bretagne avec l'émergence des mouvements spécialisés de l'Église catholique (Jac, Joc) qui accompagne la montée de la CFTC, véritable syndicat de l'Église catholique. Sur le plan politique, c'est le développement de la démocratie chrétienne et le début de la disparition du radicalisme : la SFIO ouvrière devient plus une SFIO d'élus, de cadres », complète Jean-Paul Sénéchal.

© Le Télégramme

Et la table des matières du livre, envoyée par Jean-Paul Sénéchal, qui donne toute la mesure de la richesse de contenu de ce livre d'histoire à offrir pendant les fêtes: 

Introduction : Pourquoi le Front populaire en 2016 ? 

Par Erwan Le Gall et François Prigent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

Espaces . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

Le Front Populaire en Bretagne, une mise en perspective 

Par Christian Bougeard . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Front contre blocs : Luttes hégémoniques dans le Finistère au moment du Front populaire 

Par Jean-Paul Sénéchal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56

Le Morbihan contre le Front Populaire ? 

Par Yves-Marie Evanno . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78

Conflits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102

Les luttes sociales sur la côte d’Emeraude au temps du Front populaire 

Par Daniel Bouffort . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  108

Un mai de combat ! La presse socialiste en Bretagne et le moment 1936 

Par Alban Bargain-Villéger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .132

La grève du 30 novembre 1938 à Brest ou la fin des illusions 

Par Alain Le Moigne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152

Le lin de colère au pays de Saint Yves. Les luttes sociales dans les teillages de lin du Trégor (octobre 1936-mars 1937) 

Par Alain Prigent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .176

Milieux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202

Les luttes antifascistes dans les Côtes-du-Nord (1932-1936). A la recherche de l’unité, mouvement Amsterdam-Pleyel et comités paysans 

Par François Prigent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206

Bretagne et congés payés. 1936, l’invention d’un nouveau marché touristique ? 

Par Johan Vincent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  236

Unis comme au Front (populaire) ? Les anciens combattants d’Ille-et-Vilaine et le scrutin du printemps 1936 

Par Erwan Le Gall . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .  256

Les Bretons de Saint-Denis : acteurs du Front populaire contre Jacques Doriot 

Par Thomas Perrono . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .286

Conclusion : Nouvelles perspectives pour le moment 1936 

Par Erwan Le Gall et François Prigent . . . . . . . . . . . . . . . . . 309

Orientations bibliographiques . . . . . . . . . . . . . . . . 325

Alain Le Moigne et Jean-Paul Sénéchal, du collectif d'historiens auteurs de « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (336 pages, 20 €).

Alain Le Moigne et Jean-Paul Sénéchal, du collectif d'historiens auteurs de « C'était 1936, le Front populaire vu de Bretagne » (336 pages, 20 €).

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