Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 05:53

Dirigeante syndicale de la Disk, Arzu Çerkezoglu dénonce les coups d’État dans son pays. Exprimant de vives craintes pour les libertés publiques et les droits des salariés, elle appelle à l’unité des forces progressistes, politiques, syndicales et associatives, face à Erdogan.

Deux semaines après la tentative de coup d’État avortée, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, continue son OPA sur l’armée. Un nouveau décret place désormais l’institution militaire sous la tutelle du ministère de la Défense. Une révision constitutionnelle pourrait donner au chef de l’AKP (Parti de la justice et du développement) la maîtrise de l’état-major ainsi que des services de renseignement. Environ 10 000 personnes font l’objet de poursuites et sont en détention préventive, dont des journalistes. Plus de 50 000 Turcs ont été limogés. « Le grand ménage » des sympathisants du prédicateur exilé Fethullah Gülen – accusé par Ankara du putsch avorté – se poursuit également dans les domaines de la justice, l’éducation et les médias. Dans cette ambiance délétère, le pouvoir a néanmoins admis pour la première fois hier que la purge post coup d’État avait pu donner lieu à des « erreurs »... Dans ce contexte, la secrétaire générale de la Confédération des syndicats révolutionnaires de Turquie (Disk), Arzu Çerkezoglu, est particulièrement exposée. Au mois de juin, elle a été arrêtée à l’aéroport d’Istanbul et incarcérée alors qu’elle devait participer à une réunion en Allemagne. Elle a été libérée grâce aux pressions internationales et, comme on pourra le constater à travers cet entretien accordé à l’Humanité, continue plus que jamais son combat.

Avez-vous été surprise par la tentative de coup d’État, le 15 juillet ?

ARZU ÇERKEZOGLU Si l’on tient compte du processus en cours depuis un an en Turquie – je veux parler des élections de juin qui n’ont pas plu au pouvoir et des nouvelles élections organisées en novembre, l’état de guerre non déclarée… – rien ne nous étonne ! Nous sommes dans un processus hors du commun. Le parti au pouvoir, l’AKP, pensait obtenir une majorité nécessaire lors du scrutin du 7 juin 2015 pour instaurer un système présidentiel, mais ce n’est pas ce qui est arrivé. Dès le 8 juin, l’AKP a joué un jeu dangereux. Dans un pays normal, y compris la Turquie avant la venue au pouvoir de l’AKP, au vu des résultats des élections, il était possible de former une alliance pour permettre d’avancer. Mais, à partir du 8 juin, c’est comme si les hommes au pouvoir avaient appuyé sur un bouton. Une nouvelle phase a alors commencé, qui s’est caractérisée par des massacres, des assassinats, une atmosphère de chaos politique, dans laquelle on a entraîné les Turcs. De nouvelles élections ont été convoquées qui n’avaient pas lieu d’être. Vingt jours avant les élections de novembre, le 10 octobre, nous avons organisé une manifestation à Ankara, un grand rassemblement pacifique et pacifiste avec d’autres forces syndicales et soutenu par le HDP (Parti démocratique des peuples, qui soutient la lutte des Kurdes – NDLR). La participation était monstre. Un événement qui aurait pu avoir un grand impact sur le résultat du scrutin parce qu’il délivrait un message de paix. Mais il a été saboté par un attentat dans lequel nous avons perdu une centaine de nos camarades. D’ailleurs, quelques jours après, celui qui était alors premier ministre, Ahmet Davutoglu, a annoncé que l’AKP gagnait des voix. C’est dire… On connaît la suite. L’AKP a eu une majorité suffisante et a généralisé l’état de guerre.

À partir de là et vu l’atmosphère de tension, de non-démocratie, nous étions dans le processus dont j’ai parlé.Quelle en a été la traduction concrète ?

ARZU ÇERKEZOGLU Bien avant la tentative de coup d’État, les arrestations se sont multipliées : des universitaires, des journalistes… La presse a été muselée. Sous prétexte d’insultes au président, des poursuites ont été déclenchées. Toute critique a été verrouillée. Il s’agit en réalité de nous faire taire. Il y a eu régulièrement des attentats qui n’ont jamais été élucidés. Et des centaines de personnes ont été tuées au Kurdistan. Avec ces méthodes, en réalité, ils ont fait prisonniers tous les peuples de Turquie.

Il faut également souligner que nous avons vécu un processus de coups d’État issus des contradictions internes du pouvoir. Ceux qui sont responsables de cette situation depuis une quinzaine d’années sont entrés en conflit. Il est invraisemblable que les trois institutions, l’armée, la police et la justice, soient entrées dans un conflit interne suivi d’une épuration de dizaines de milliers de personnes. Il n’y a pas de précédent dans l’histoire de la Turquie. Pour la première fois, l’Assemblée nationale a été bombardée. À la suite de l’échec du coup d’État, le gouvernement essaie de trouver des solutions pour faire perdurer son pouvoir antidémocratique. Voilà aussi pourquoi nous ne sommes pas vraiment surpris de ce qui se passe.

Pourquoi l’AKP et la confrérie Fethullah Gülen sont-ils entrés en conflit ?

ARZU ÇERKEZOGLU Ce sont deux entités très semblables qui ont travaillé en parfaite coopération depuis des années. Ce qui montre l’infiltration de Fethullah Gülen au sein du pouvoir. Même des préfets nommés il y a à peine trois mois sont maintenant en état d’arrestation, car considérés comme putschistes ! Idem pour le haut commandement de l’armée. Le propre aide de camp de Reçep Erdogan a été arrêté. Il s’agit donc de gens auxquels le président avait confié sa sécurité personnelle. Il est question d’une infiltration hors du commun. Il s’agit de milliers de policiers, de juges, de fonctionnaires, de personnes directement responsables des décisions d’État.

Ces trois dernières années, ils sont effectivement entrés en conflit sur les questions de pouvoir, mais aussi de profits de toutes sortes. Ils ont pourtant poursuivi cette coexistence. Il y a toujours eu des tendances différentes au sein du pouvoir, c’est partout le cas, mais pas comme ça. Même si on n’a pas vraiment les détails du conflit qui les oppose, on sait par contre qu’ils peuvent le surmonter et s’allier à nouveau si le besoin s’en fait sentir pour garder le pouvoir. Par exemple, on a assisté à ce procès retentissant concernant la filière dite Ergenekon (réseau politico-criminel, impliquant des officiers de l’armée, des universitaires, des journalistes, des membres de l’extrême droite, qui aurait eu pour but le renversement de l’État AKP, mais qui s’apparente également à une manipulation pour discréditer également la gauche – NDLR). À l’époque déjà, des soldats et des officiers avaient été limogés. Ils sont réhabilités et appelés à occuper les postes laissés vacants avec l’arrestation de ceux soupçonnés d’avoir participé au putsch. En tant que syndicalistes, de toute manière, nous ne pouvons ni accepter ni tolérer la suspension d’une action démocratique de la part du gouvernement.

Mais ce gouvernement avait-il vraiment une action démocratique jusque-là ?

ARZU ÇERKEZOGLU Si l’on regarde tout ce qui s’est passé depuis treize ans et la réaction du gouvernement après la tentative de coup d’État, rien ne nous amène à être optimistes. L’état d’urgence a été instauré, ce qui met hors-jeu l’Assemblée nationale et, d’une certaine manière, correspond au bombardement par les putschistes. L’idée développée maintenant du rétablissement de la peine de mort ne correspond-elle pas à la même idée que les putschistes, en 1980, qui déclaraient à propos des condamnés : « Si on ne les pend pas, vous voulez qu’on les nourrisse ? » Que penser également de la suspension de la Cour européenne des droits de l’homme ?

En réalité, ce que Erdogan a appelé « riposter au coup d’État par la démocratie » revient en fait à répondre par un nouveau coup d’État. C’est la première fois que l’état d’urgence est décrété sur l’ensemble du territoire turc. Celui instauré de 1987 à 2002 était régional. Tout le monde se souvient de l’état d’urgence comme synonyme de morts, de disparus et de déportation de population. Le pouvoir dit que ça ne se passera pas comme ça, mais il récidive sans arrêt, notamment avec la politique mise en œuvre à l’Est (au Kurdistan – NDLR). Le premier décret pris a été d’étendre la garde à vue de quatre jours à un mois. Ce qui confirme nos inquiétudes. Il est clair que l’état d’urgence ne sera pas comparable à la démocratie mais à un régime répressif. Les Turcs n’ont pas besoin de choisir entre deux dictatures ou entre deux coups d’État. Pas non plus entre la torture, la peine de mort ou l’état d’urgence. Ils n’ont pas besoin que l’Assemblée nationale soit écartée. Non, ce dont ils ont besoin, c’est la démocratie, la paix, la laïcité. Ils ont besoin d’un système démocratique où ils peuvent avoir la croyance qu’ils veulent et exprimer leurs idées telles qu’elles leur paraissent justes.

Quelles conséquences cela peut-il avoir pour les salariés, leurs droits, leurs conditions de travail ?

ARZU ÇERKEZOGLU Les victimes des coups d’État et des périodes non démocratiques ont toujours été les syndicats, notamment le nôtre, la Disk, et la classe ouvrière. Après le coup d’État de septembre 1980, nous avons été interdits pendant onze ans. Juste avant, le président de la Disk avait été assassiné et ses assassins n’ont jamais été condamnés sous prétexte de prescription. En revanche, avec l’état d’exception, 52 de nos dirigeants ont été jugés et tous les droits syndicaux avaient été suspendus. Aujourd’hui, les droits des salariés sont menacés et ils vont nous empêcher de nous défendre. Il existe déjà une multitude de projets de lois préparés par le gouvernement et le patronat, qui suppriment les dernières défenses sociales. Or, ils peuvent maintenant légiférer par décret, sans passer par l’Assemblée nationale, sous prétexte d’état d’urgence. Ils veulent une généralisation de la sous-traitance, l’annulation des primes d’ancienneté et balayer les dernières miettes de la sécurité de l’emploi et de la sécurité au travail. Chaque jour, trois à quatre ouvriers meurent sur leur lieu de travail par manque de protection. Les droits sociaux ont reculé. En revanche, quand l’AKP est arrivé au pouvoir, il y avait trois milliardaires, et maintenant ils sont 42 !

Comment entendez-vous mener la bataille dans ces conditions ? Avec qui ?

ARZU ÇERKEZOGLU La question essentielle est la création du front démocratique. Le pays se dirige vers un régime personnel, antidémocratique. C’est pour cela que la Disk avec d’autres organisations de travailleurs et les forces démocratiques du pays se sont battues contre cette tentative de dictature et que l’idée d’un front démocratique est apparue. Nous commencions à avoir des réunions dans ce sens quand il y a eu la tentative de coup d’État. Aujourd’hui, il y a encore plus besoin de cette unité des forces progressistes, des associations alévies, mais aussi des partis de l’opposition comme le HDP et le CHP et aussi des révolutionnaires socialistes. On a besoin de leur union. Ceux qui ont conscience de leurs droits et ceux qui luttent au péril de leur vie. Le front démocratique n’en est qu’à sa phase de départ. Mais les évolutions politiques depuis le 15 juillet nous poussent à accélérer les choses, à oser de nouveaux pas. Les limites de l’état d’urgence seront définies par notre résistance dans la rue. Nous sommes donc obligés de réaliser cette union.

Partager cet article
Repost0
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 05:39

Clotilde Mathieu

Lundi, 22 Août, 2016

L'Humanité

Près de 40 milliards d’euros. Tels sont les profits cumulés des groupes du CAC 40 sur les six premiers mois de l’année, en hausse de près de 4 % par rapport à 2015. Alors que de son côté le salaire mensuel de base a évolué moins vite que l’inflation.

En effet, monsieur le président, pour le CAC, « ça va mieux »

On aurait pu penser que le Brexit, la faible croissance européenne, le ralentissement économique de la Chine notamment, et autres signes de mauvais augure auraient fragilisé l’activité des entreprises du CAC 40, mais non, pour elles, « ça va mieux » selon une formule que répète François Hollande. Avec près de 40 milliards d’euros de bénéfices engrangés en milieu d’année, en hausse de près de 4 %, les 40 plus fortes valeurs boursières font le bonheur de leurs actionnaires. Certes, le groupe Total, avec la chute des cours du pétrole, a connu six mois difficiles !, avec plus de 3 milliards d’euros de profit en six mois, mais dans leur ensemble, « les entreprises françaises ont bien résisté ». « Des résultats de qualité. » Les analystes boursiers applaudissent. Car, après une année calamiteuse où les résultats, rappelons-le, avaient reculé de 9 % en 2015, 2016 semble être enfin un bon cru. Les politiques du gouvernement et de la Banque centrale européenne semblent enfin porter leurs fruits.

Les industriels ont pu s’appuyer sur la politique du gouvernement

À commencer par la baisse des taux d’intérêt, qui a permis aux groupes de réaliser des opérations juteuses, comme Air Liquide, qui au premier semestre a racheté l’américain Airgas. Quand d’autres ont privilégié le rachat de leurs propres titres afin de récompenser leurs actionnaires, car cela permet d’augmenter mécaniquement le bénéfice par action (BPA) de l’entreprise cotée. Dans ce monde du tout financier, même les banques françaises, que ce soit BNP Paribas, qui a ouvert le bal des publications des bancaires avec une hausse de son bénéfice net part du groupe (+ 4,1 %), ou la Société générale (+ 7,4 %), ont amélioré leurs résultats, grâce à leur banque d’investissement, dont l’activité est concentrée sur les marchés financiers.

Les industriels ont de leur côté pu s’appuyer sur la politique du gouvernement, qui pour les stars du CAC 40 a porté ses fruits. Accords de compétitivité, crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), pacte de responsabilité… autant d’instruments au service de la hausse de la rentabilité. En perfusant les entreprises d’argent public tout en les incitants à baisser les « coûts », et notamment les salaires. La « performance est due (…) à une stratégie claire avec des progrès significatifs sur les initiatives de réduction de coûts et de simplification », a par exemple expliqué Jean-Pascal Tricoire, président-directeur général de Schneider Electric, en présentant les comptes du groupe.

Au premier semestre, les groupes du CAC 40 ont donc utilisé tous les outils du gouvernement. En juillet, PSA a négocié un nouvel accord de compétitivité que la CGT n’a pas signé et dont l’objectif est de permettre au groupe de réaliser 700 euros d’économies pour la production d’une voiture construite en France et ainsi « de démontrer que l’industrie automobile peut vivre et être rentable », souligne Xavier Chéreau, le directeur des ressources humaines. Alors qu’en six mois le groupe a doublé son résultat et enregistré 1,2 milliard d’euros de bénéfices.

Si les profits culminent, les salaires, eux, chutent

Vendredi, c’était au tour de Bouygues Telecom, qui n’a pas hésité à profiter des vacances pour « réorganiser » le travail de ses salariés en proposant à ses employés d’abandonner leurs 23 jours ou 11 jours de RTT (selon leur catégorie) pour une hausse de salaire symbolique de 2 %. Une modification du contrat de travail qui se ferait sur la base du volontariat pour les personnes actuellement employées, mais qui serait imposée aux personnes nouvellement embauchées.

Si les profits culminent, les salaires, eux, chutent. Au deuxième trimestre, le salaire brut de base, en clair le salaire sans les primes et sans les heures supplémentaires, a progressé moins vite que l’inflation (0,3 % contre + 0,6 % pour la hausse des prix).

Mais peu importe pour le gouvernement, qui après les 33 milliards d’euros prévus en 2016 pour le CICE et le pacte de responsabilité s’apprête à baisser l’impôt sur les sociétés progressivement pour passer son taux de 33,3 % à 28 %. Le président de la République a toutefois précisé que cette modification ne s’appliquerait pour le moment qu’aux PME. Mais c’est oublier que grand nombre d’entre elles sont des filiales de grands groupes ou des entreprises sous-traitantes

Partager cet article
Repost0
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 05:35
Prix de la consultation de médecine générale, les vraies questions...

Un projet d'accord se dessine autour du montant de la consultation à 25 euros pour la médecine générale. Cette situation nous amène plusieurs commentaires.

Tout d'abord il est indispensable que le montant de la rémunération des médecins comme des professionnels paramédicaux soient déterminée par un accord majoritaire à l'issue d'une négociation avec les organisations représentatives.

La demande de revalorisation est légitime au vu de la durée de formation et des responsabilités.

En complément, nous portons une proposition de remboursement à 100% par la Sécurité sociale ce qui induit une convention unique et la suppression des dépassements d'honoraires. Enfin, il est indispensable d'augmenter de manière sensible et durable le nombre de médecins et de paramédicaux en formation…

Ce sont les réponses positives à ces propositions qui construisent une politique réellement de gauche.

Prix de la consultation de médecine générale, les vraies questions...
Partager cet article
Repost0
23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 05:31
Agriculture: le candidat Juppé envoie le combat écologique sur les roses

Gérard Le Puill

Vendredi, 19 Août, 2016

Humanité Dimanche

Les Français voteront, fin avril 2017, au premier tour de l’élection présidentielle. Nous serons alors à la date limite concernant la ratification du texte adopté à la COP21 sur le réchauffement climatique.

L’Europe doit, d’ici là, se mettre d’accord sur le taux d’effort de chaque pays proposé récemment par la Commission en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre à partir de 2020.

« hors-sol »

En France, les enjeux climatiques sont absents de la politique conduite par le gouvernement de Manuel Valls. Les livres programmes de François Fillon, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire pour 2017 n’en disent rien. Alain Juppé écrit que, « si nous ne sommes pas capables de tenir les engagements pris lors de la COP21 à Paris en décembre 2015 pour contenir le réchauffement climatique à 1,5 ° C d’ici à la fin du siècle, nous épuiserons la Terre, qui est en grande souffrance », en page 20 de son livre (1). Il récidive en page 180, affirmant que, si nous ne luttons pas contre le réchauffement, « les conséquences seront désastreuses et nous les connaissons : montée des eaux, disparition d’États entiers, déplacements massifs de populations, conflits pour l’accès aux ressources, pics de pollution atmosphérique “jamais atteints” ».

Voilà qui ressemble à une prise de conscience. Sauf que, interrogé dès la page suivante sur la politique exportatrice de la France, il affirme que « l’exemple des Pays-Bas (deuxième exportateur agricole au monde) doit vivement nous inciter à réorganiser et moderniser notre modèle agricole ». C’est vrai que les Pays-Bas exportent beaucoup de viande et de produits laitiers. Mais ils le font en important énormément de nourriture et du bétail en provenance d’Amérique du Sud. Or, ces cultures d’exportation accélèrent là-bas la déforestation et le retournement des prairies. De fait, les Pays-Bas ont une agriculture « hors-sol » qui augmente sensiblement le bilan carbone de chaque calorie produite.

Les Pays-Bas exportent beaucoup de fleurs et de légumes frais. Mais les fleurs sont surtout cultivées en Afrique, en lieu et place des productions pour les populations locales. De plus, ces champs de fleurs pompent et polluent l’eau des lacs en pesticides via les rejets non traités des cultures d’exportation. Les fleurs sont ensuite transportées en Europe par avion pour gagner du temps. Puis, elles accèdent à des milliers de points de vente en camion, avec un bilan carbone désastreux par bouquet vendu.

vive l’autocar !

Dans son livre, Alain Juppé regrette enfin que la loi Macron ne soit pas allée assez loin dans la dérégulation de l’économie, estimant toutefois que « son principal apport est le développement du transport en autocar »… Comme cela se fait au détriment du rail, l’énarque Juppé nous démontre, là encore, qu’il n’a rien compris à l’ampleur du combat qu’il convient de mener pour contenir le réchauffement climatique. À le lire, on comprend pourquoi les trois autres ne parlent pas du climat.

Partager cet article
Repost0
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 06:07
Nouveau record de chaleur dans le monde en juillet 2016

Gérard Le Puill

Samedi, 20 Août, 2016

Humanite.fr

Depuis la conférence de Paris sur le climat en décembre 2015, les records de chaleur se multiplient mois après mois. Pourtant la formule célèbre consistant à dire «notre maison brûle et nous regardons ailleurs» que Nicolas Hulot avait soufflée à Jacques Chirac pour son discours au sommet de Johannesburg le 11 mars 2007 est plus vraie que jamais s’agissant des principaux dirigeants politiques de la planète, à commencer par ceux de l’Union européenne. Car nos décideurs politiques ne décident de rien sur le sujet

Il y a urgence à réduire les émissions de gaz à effet de serre en France, en Europe et dans le monde entier. Après le mois de juin le plus chaud de tous les temps, juillet 2016 bat un nouveau record avec une température plus élevée de 0,83% que la moyenne des températures relevées à cette époque de l’année par rapport à la moyenne des années comprises entre 1951 et 1980 . Pour ce qui est du premier semestre de cette année, il est aussi le plus chaud depuis que l’on fait des relevés de température. On dépasse de 1,3°C la température moyenne de 1880, début de l’industrialisation des pays capitalistes. Nous ne sommes donc pas loin du 1,5°C que les signataires du texte de la Cop 21 à Paris ont jugé souhaitable d’atteindre comme limite d’ici la fin du siècle en cours, les + 2°C étant le niveau à ne pas atteindre si nous voulons garder une planète vivable pour les générations futures.

Alors que le processus de ratification de l’accord de Paris est ouvert depuis le mois d’avril dernier et doit être terminé en avril 2017, la France et la Hongrie sont les deux seuls pays européens à l’avoir ratifié tandis que les quelques 22 pays sur 195 qui l’ont fait ne représentent que 2% des émissions de gaz à effet de serre(GES) 50% de ce chiffre étant imputable à la France. Ce sont souvent des petites îles dévastées par des tempêtes et menacées par la montée du niveau de la mer qui ont signé le texte de la Cop 21. Ce n’est pas le cas des Etats Unis et e la Chine. Ces deux pays responsables de 40% des GES sont pourtant très touchés par les conséquences du changement climatique, qu’il s’agisse des incendies en Californie, des inondations en Louisiane ou dans certaines provinces chinoises sans même parler de l’insupportable pollution des villes. En Inde et au Pakistan on a dépassé les 54° C à l’ombre ces derniers mois dans certaines régions soumises à des sécheresses prolongées.

Mais le réchauffement global fait alterner la sécheresse et les inondations. C’est vrai en France où certains départements doivent restreindre l’usage de l’eau tandis qu’une région comme l’Ile-de-France a subit en mai et juin des inondations dévastatrices dans de nombreuses villes et villages. La récolte céréalière y a été amputée de 30 à 40% par rapport à l’an dernier du fait des pluies de la fin du printemps et d’un manque de luminosité défavorable à la formation des grains dans les épis. Nous voyons là que les conséquences du réchauffement climatiques sont multiples et variées, mais globalement négatives pour la production agricole. Car le réchauffement durant l’hiver favorise un démarrage précoce de la végétation qu’une gelée tardive de printemps peut ensuite détruire comme ce fut le cas cette année pour les vignobles de certaines régions. Au point que l’on sait déjà que la récolte de vin sera inférieure de 10% à la moyenne des dernières années. A conditions que les orages de grêle de la fin de l’été ne viennent pas alourdir le bilan.

A ce propos, 2.000 hectares de vignes viennent d’être grêlées dans le département de l’Hérault, notamment du côté du Pic Saint Loup où 60 à 80% de la récolte ont été perdus en quelques minutes suite à la chute de grêlons gros comme des balles de ping-pong. C’est cela aussi le réchauffement climatique : la température à la surface de la terre et des océans se réchauffant, il y a beaucoup plus d’évaporation. Quand les nuages rencontrent ensuite des courants d’air froid en altitude, ils nous font tomber des glaçons sur la tête.

Suite à cette nouvelle catastrophe, le ministre de l’Agriculture a publie un communiqué pour indiquer que les vignerons sinistrés pourront « solliciter un dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti 2016 pour les parcelles touchées par la grêle » et « solliciter auprès des caisses de la Mutualité sociale agricole (MSA) un report de paiement des cotisations ». Mais ça ne va pas leur donner du revenu. Ségolène Royal vient de partir en Arctique avec Jean-Louis -Etienne pour constater l’évolution accélérée du réchauffement dans cette zone.

Si cette mission d’information peut avoir de l’intérêt, force est de constater qu’aucun ministre du gouvernement Valls et moins encore le président de la République n’est à l’initiative en France pour tenter de mettre en place progressivement une économie à faible bilan carbone. Au contraire, d’accord en cela avec les candidats de la droite pour l’élection présidentielle, ils continuent de soutenir la négociation avec les Etats Unis et les pays d’Amérique du sud pour parvenir à des accords de libre échange qui augmentent le bilan carbone de chaque calorie produite dans le monde en raison notamment de la déforestation et des sécheresses que ces échanges suscitent, à quoi s’ajoutent les transports de marchandises sur des distances de plus en plus longues.

A ce propos, on nous annonce que les récoltes d’orange à jus destinés à l’Europe seront en forte baisse cette année en Floride et au Brésil du fait de sécheresses prolongées. Pour les même raisons, les fleuves et rivières du Paraguay, notamment la rivière Pilcomayo, s’assèchent et deviennent des cimetières pour les poissons et les caïmans dont les vautours viennent désormais se repaître.

A droite, comme dans le camp de François Hollande, l’enjeu relatif au port du burkini sur les plages à pris le pas sur les enjeux climatiques. C’est aussi au quand de tels débats prennent le pas sur les enjeux essentiels que l’on mesure la nullité des gens qui prétendent nous représenter au plus haut sommet de l’Etat.

Partager cet article
Repost0
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 06:03
Pourquoi les banques vont mal ?

Jean-Christophe Le Duigou

Economiste et syndicaliste.

Vendredi, 19 Août, 2016

Humanité Dimanche

Les banques avaient été au cœur de la tourmente financière de 2008. Environ 8 000 milliards de dollars ont été mobilisés de New York à Tokyo, en passant par Francfort, pour éviter leur faillite.

Pourtant, 8 ans après, leur situation génère à nouveau des craintes. Si les banques anglo-saxonnes paraissent tirer leur épingle du jeu, tel n’est pas le cas des établissements européens, qui demeurent plus que fragiles. Les tests de résistance aux risques auxquels ces derniers ont été soumis il y a quinze jours n’ont pas levé les doutes. L’exercice consiste à examiner, dans des situations dégradées données, la capacité des établissements bancaires à rembourser leurs dettes et les dépôts qu’ils gèrent. La conclusion de l’étude menée sur la situation de 51 des plus grandes banques de l’Union par l’Autorité bancaire européenne aurait dû rassurer : « Les établissements sont devenus plus résistants face à une éventuelle crise », ont écrit les experts.

Le problème est que personne ne semble y croire, à commencer par les marchés financiers, qui ont rapidement marqué leur défiance en provoquant, en Bourses, une baisse des actions bancaires. Ainsi UniCredit, la première banque italienne, a perdu près de 10 % de sa valeur boursière tout simplement parce qu’elle ne figurait pas à une bonne place dans le classement du « stress test ». Se trouve aussi dans la tourmente Monte dei Paschi di Siena, la plus vieille banque du monde, créée au XVe siècle, qui porte une masse considérable de créances douteuses. Une autre banque, et non la moindre, la Deutsche Bank, est sous surveillance. Elle croule sous le poids des produits dérivés, ces fameuses valeurs spéculatives qui ont été à l’origine de la crise de 2008. Le Fonds monétaire international pointe un risque systémique, c’est-à-dire l’effet d’entraînement provoqué par la défaillance d’un grand établissement bancaire.

La conjoncture explique les difficultés du système. La baisse des taux d’intérêt, conséquence du flot de liquidités déversé par les banques centrales, ne garantit pas la rémunération des opérations de crédit classique. La marge bancaire s’est réduite comme peau de chagrin. Bonne nouvelle, direz-vous ! Sauf que cette faible rémunération pousse les établissements bancaires à faire autre chose que des opérations de crédit pour le développement de l’activité économique. Ils préfèrent participer à des opérations spéculatives plus rentables, accompagnant la formation de bulles comme sur les actions ou certains compartiments de l’immobilier.

Plus structurellement, les mesures prises, soi-disant pour « consolider les banques », consistant à leur demander de renforcer leurs fonds propres en fonction des prêts qu’elles réalisent, ont eu un effet désastreux. Ce dispositif européen a encore plus limité l’intérêt des banques à distribuer des crédits à l’économie. L’alternative a été le « shadow banking », c’est-à-dire l’intervention des établissements financiers non bancaires, qui a pris le relais, portant des risques importants, sans régulations ni garanties de quelque sorte. C’est le modèle bancaire classique qui se trouve ainsi déstabilisé et avec lui le financement d’une partie des activités économiques.

Il serait nécessaire de sortir de cette impasse au plus vite en organisant en Europe une vaste opération d’effacement des créances douteuses en contrepartie d’un retour des institutions bancaires à leur métier de base et d’un véritable contrôle public sur les activités de crédit.

Partager cet article
Repost0
22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 05:59

Clotilde Mathieu

L'HUMANITE

Le taux de chômage est passé de justesse sous la barre symbolique des 10 %. Mais la précarité augmente.

À un cheveu, ou plus exactement à 0,1 point, le taux de chômage, avec 9,9 %, est passé au deuxième trimestre sous la barre symbolique des 10 %, selon l'Insee. Une première depuis l'élection de François Hollande en 2012 que n'a pas manqué de saluer, à huit mois des prochaines échéances électorales, le gouvernement, qui a multiplié les réactions euphoriques. À l'image de celle de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, qui voit dans cette statistique « le fruit de l'action volontariste du gouvernement ». Un nouveau « ça va mieux » qui pourrait être vite contredit, lors de la prochaine publication de l'Insee.

23,7 % C'est la part de Chômeurs Chez les 15-24 ans, selon l'insee.

Des chiffres attribués à une fraction réduite de chômeurs En attendant, le taux de chômage publié hier par l'institut concerne une fraction bien délimitée des demandeurs d'emploi et ne constitue pas une référence, puisque seules les personnes qui n'ont pas travaillé, ne serait-ce qu'une seule heure, durant la semaine de référence sont prises en compte. À l'inverse, ceux qui ne sont pas disponibles immédiatement ou n'ont pas entrepris de « démarches actives » de recherche d'emploi dans le mois précédent en sont exclus. Ce qui représente la bagatelle de 1,5 million de chômeurs, un nombre en hausse au deuxième trimestre. Si le nombre de CDD tend à diminuer et celui des CDI à progresser, en revanche, le nombre de personnes en sous-emploi, c'est-à-dire à temps partiel et qui souhaiteraient travailler davantage, est sensiblement en hausse. À cela s'ajoutent les autres indicateurs de l'emploi qui, de leur côté, ont marqué le pas entre avril et juin. Après un premier trimestre exceptionnel, le nombre d'inscrits à Pôle emploi n'a que très légèrement baissé au deuxième trimestre (- 5 300 en catégorie A), les embauches ont reculé de 2,2 % et les créations d'emplois privés ont ralenti (+ 24 100 postes, après quatre trimestres autour de + 40 000). Et les perspectives à venir ne sont pas plus réjouissantes. La croissance est tombée en panne au deuxième trimestre, et il serait sage de ne pas oublier qu'il existe un décalage d'un ou deux trimestres entre la croissance et son effet sur l'emploi...

Ces éléments devraient normalement tempérer les ardeurs de François Hollande et des membres de son gouvernement. Reste que, pour arriver à inverser la courbe du chômage, le chef de l'État a établi un plan, révélé au début de l'été par le Canard enchaîné. Il consiste à orienter 500 000 chômeurs supplémentaires vers des formations professionnelles, qui glisseront ainsi de la catégorie A (sans aucune activité) à la catégorie D (personne sans emploi momentanément indisponible), qui n'est pas comptabilisée dans les chiffres du chômage commentés chaque mois par le gouvernement.

QUAND LE CHÔMAGE RECULE, FRANÇOIS HOLLANDE TROUVE QUE C'EST « TROP BON TROP TÔT ! »

L'inversion de la courbe du chômage, François Hollande en a fait LA promesse du quinquennat... Mais encore faut-il que ça tombe quand ça l'arrange. Les bonnes feuilles ¬ sélectionnées jeudi par le Point ¬ du livre à paraître Conversations privées avec le président, des journalistes Antonin André et Karim Rissouli, sont éclairantes. « Je suis en déplacement (en octobre 2013 ¬ NDLR) quand j'apprends qu'il y a 20 000 chômeurs de moins. C'est bien ! Mais pour l'inversion je me dis : "C'est la plus mauvaise nouvelle qui puisse arriver" », raconte le chef de l'État. Avec cynisme pour ceux qui ont alors trouvé un emploi, il s'explique : « Parce que ce chiffre est trop bon trop tôt ! » Quant à sa promesse d'inversion de la courbe, le président semble regretter d'avoir répété « cet engagement lors des vœux le 31 décembre 2012. J'ai eu tort ! J'ai pas eu de bol ! En même temps, j'aurais pu gagner ».

Partager cet article
Repost0
21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 08:37
Les « barbares » ne sont pas ceux qu'on nous désigne comme tels

Ce que veut voiler Nicolas Sarkozy

Jean Ortiz Maître de conférences retraité, université de Pau

Si Sarkozy, l'homme au Kärcher, le dit... les « barbares » nous attaquent. Aux armes, camarades « civilisés » ! Les « barbares », ce sont tous les autres, les Arabes, les Africains, les Latinos, les migrants, les pauvres, les syndicalistes de classe, tous ceux qui ont une histoire incomplète (dixit jadis Sarkozy), tous ceux qui ne sont pas « civilisés », tous ceux qui ne font pas partie de cet « Occident » si civilisateur, colonisateur altruiste, cultivé, généreux, solidaire, exemplaire, modèle des modèles, imposant, si besoin l'exige, « notre civilisation » à coups de Mirage, de Rafale, d'outils pédagogiques aussi émancipateurs que les bombes sur l'Irak, la Syrie, la Libye, les armes les plus modernes, donc civilisatrices. Un Occident aussi tolérant avec les « bons barbares », le Qatar, l'Arabie saoudite... Ah ! si la prochaine présidentielle pouvait se jouer sur la lutte contre la « barbarie », l'islam, amalgamé à la violence, le « terrorisme », l'insécurité, dans un climat de trouille exacerbée et d'angoisse attisée. Ah ! si l'on pouvait évacuer du débat la « barbarie » sociale, le pire des terrorismes, celui de l'argent (dixit le pape François), du capitalisme. Le capitalisme est un crime, social, économique, culturel, humain...

Depuis Bologne, Lisbonne, Barcelone... depuis plus de vingt ans, l'université n'est plus un ascenseur social, un service public assurant la sélection des « meilleurs » par la promotion de tous, mais une usine à gaz qui reproduit grosso modo les inégalités sociales, qui clone, qui chasse l'esprit critique de ses murs, qui crève du manque délibéré de moyens (les « héritiers » passent par les grandes écoles). Une usine à gaz qui marchandise le savoir, les diplômes, les contenus, qui est gérée comme une entreprise : DRH, chemises impeccables, flexibilité, compétition, concurrence mortelle, hiérarchie étouffante, autoritarisme, médiocratie, sprint à « l'excellence », primes aux plus « flexibles », obligation de « résultats », de « rendement », individualisation en marche des statuts, des carrières, des salaires, guerre de tous contre tous, saccage de la recherche, privatisation rampante...

Voilà ce qu'il faudrait « voiler » aux yeux du plus grand nombre ! Voilà ce que voudraient voiler tous les nouveaux pétainistes, tous les néo-sociaux-ultralibéraux. Tout ça pour racoler les électeurs du FN, quitte à tout renier, tout démolir... Certains pyromanes devraient se voiler la face de honte au lieu de privilégier la force, le cynisme sur l'esprit, l'irresponsabilité sur le « tous ensemble », au lieu de jouer avec les fractures sociales béantes que leur politique a provoquées, afin de maintenir leur système criminel.

Il ne faut rien lâcher ! Il faut s'opposer à tout prosélytisme religieux à l'université, certes, défendre et pratiquer une laïcité ouverte, plurielle, qui refuse l'exclusion, l'endoctrinement, l'ostracisme ; il faut que la religion relève de la sphère privée, certes, mais il faut surtout relancer la machine à intégrer, à réduire les inégalités, à créer du lien social, et clairement indiquer un cap, avec du souffle, du rêve, de la passion : une société qui en finisse avec la barbarie du capitalisme et de tous ses petits soldats kärchérisés, thatchérisés. Il y a des petits messieurs qui ne seront jamais des aigles.

Partager cet article
Repost0
21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 08:30
Allemagne: les ultralibéraux à nouveaux pris en défaut

Mercredi, 17 Août, 2016

Humanite.fr

Héritage de l’accord de coalition entre les conservateurs et les sociaux démocrates au pouvoir, l’Allemagne a instauré en 2015 un salaire minimum. La droite et les économistes orthodoxes promettaient l’enfer du chômage, qui n’a pas eu lieu.

La réalité égratigne une nouvelle fois les défenseurs du modèle du moins-disant social allemand. Selon l'institut IAB de recherche sur l'emploi, qui s'est penché sur l’instauration d’un Smic au moyen d'un sondage auprès de 16.000 entreprises, une quantité négligeable des employeurs concernés par le salaire minimum, c'est-à-dire qui ont dû au 1er janvier 2015 augmenter la rémunération de certains salariés, ont réagi par des licenciements.

Au total, l'IAB estime à 60.000 le nombre de postes perdus ou non-créés à cause du salaire minimum - sur un total de plus de 42 millions d'actifs en Allemagne. A comparer aux 436000 mini-jobs ultra-précaires convertis en vrais emplois, décemment payés et soumis à cotisations sociales, grâce à cette réforme. Et aux 3,7 millions d’Allemands qui ont été augmentés. C’est une évidence, du côté des bénéficiaires de la mesure, "les effets positifs sur la rémunération sont incontestés", relève l'IAB. Le salaire minimum va d’ailleurs être relevé à 8,84 euros de l'heure au 1er janvier 2017.

L’introduction au 1er janvier 2015 de ce salaire minimum de 8,50 euros de l'heure était une concession majeure des conservateurs d'Angela Merkel au partenaire de coalition social-démocrate. Une décision qui allait à l’encontre du modèle allemand, où l’Etat se désengage de la gestion des entreprises et où on tend vers le moins disant social. Des élus de droite et de nombreux économistes orthodoxes avaient prédit des licenciements à la pelle.

Ce n’est toutefois pas la première fois que le modèle ultralibéral se prend du plomb dans l’aile en Allemagne. Dans la métallurgie, une augmentation de 5 % des salaires dope l’emploi, de même que la réduction du temps de travail à 34 heures chez certains constructeurs automobiles…

Partager cet article
Repost0
21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 08:12

Le jeudi 18 août, le PCF organisait, avec le MODEF (syndicat agricole), des ventes solidaires de fruits et légumes. Nectarines, prunes rouges, poires, melons, tomates, pommes de terre, haricots verts, salades... étaient vendus dans plus de 50 points de vente dans toute l'Île-de- France et à Paris place de la Bastille.

Une initiative solidaire, du vivre ensemble en ces temps difficiles, de soutien aux producteurs, mais aussi de résistance et d’alternative.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011