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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 08:12
Viol ordinaire du droit du travail

LA CHRONIQUE DE GÉRARD FILOCHE

HUMANITE DIMANCHE

HUMANITE DIMANCHE 7 Avril 2016

LES PATRONS PIÉTINENT LA LOI ET LE GOUVERNEMENT LES ENCOURAGE EN ALLÉGEANT LE CODE DU TRAVAIL !

L'escalier de bois d'un immeuble en cours de réhabilitation (Paris, 2e) s'est effondré tandis que l'empruntaient 3 salariés et un chef d'équipe portant un moteur d'ascenseur d'environ 100 kg. Les 3 salariés, un CDD et deux intérimaires travaillant pour l'entreprise Avenir Construction (91 Crosne), ont été gravement blessés. A été constatée l'absence d'évaluation de la solidité de l'escalier et d'équipement de travail adapté (le lève-matériel du chantier ne montait pas assez haut).

Sur un chantier de rénovation d'une boutique Chloé Stora (Paris, 10e), où de nombreuses infractions en matière d'hygiène et de sécurité ont été constatées (chantier sans déclaration préalable, sans coordination, sans installations sanitaires, sans diagnostics amiante et plomb alors que les analyses ultérieures révéleront la présence de plomb et un taux de poussière de plomb plus de 50 fois supérieur à la concentration maximale autorisée), une situation de fausse sous-traitance a été mise en lumière.

Deux des entreprises de bâtiment intervenantes ont le même gérant ; l'une, la donneuse d'ordre, est immatriculée en France (Valibat), et l'autre, sous-traitante, immatriculée en Roumanie (Kos & Rosemary) bien qu'elle n'y ait aucune activité. La relation entre ces deux entreprises relève en fait du prêt illicite de main-d’œuvre. Le gérant a accepté d'embaucher les salariés de Kos & Rosemary au sein de l'entreprise Valibat et de régulariser les salaires.

Dans les Yvelines, une fraude en matière d'introduction de travailleurs agricoles saisonniers marocains a été décelée avec le concours du service MOE. L'enquête révèle un défaut de recherche de main-d’œuvre sur le marché local, ainsi que l'absence de travail dans l'entreprise demandeuse ou d'une durée très inférieure à celle prévue dans l'entreprise demandeuse. L'ordinaire de la vie au travail que MM. Hollande, Valls, Macron et Mme El Khomri décident de ne pas voir : ils font confiance aux patrons et « allègent » le Code du travail...

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 08:06
«La prise de conscience grandit d'un système gangrené par la finance»

Lionel VENTURINI

L’HUMANITE

Jeudi 7 avril 2016

Éric Bocquet Sénateur communiste, auteur d'un rapport parlementaire sur l'évasion fiscale

ÉVASION FISCALE L'ex-rapporteur à la commission d'enquête au Sénat sur l'évasion fiscale ne décolère pas contre le patron de la Société générale. Vous avez, hier après-midi, avec les sénateurs communistes, demandé des comptes au directeur de la Société générale pour l'implication supposée de la banque au Panama, alors qu'il vous déclarait en 2012 n'y avoir plus aucun intérêt.

ÉRIC BOCQUET

Frédéric Oudéanous déclarait avoir mis fin aux activités de la Société générale dans les pays dits « non coopératifs », tel le Panama. On apprend cette semaine qu'une filiale luxembourgeoise a créé 979 entités offshore via le cabinet Mossack Fonseca. Cela pose question sur le respect des parlementaires, de la République et des citoyens que nous représentons. La présidente du groupe communiste, Éliane Assassi, a saisi le bureau du Sénat pour examiner cette situation. Cela ne peut pas nous laisser indifférents.

Avec ces Panama Papers, l'opinion publique est saisie de vertiges par l'ampleur des dissimulations, plus sans doute que lors des affaires précédentes. Que manque-t-il, pour une lutte plus efficace contre l'évasion fiscale, un cadre légal renforcé, des peines ou amendes plus dissuasives ?

ÉRIC BOCQUET

C'est encore une activité à faible risque. Ce qui est nouveau c'est que le sujet devient incontournable dans le débat public. Il y a eu l'affaire UBS, l'affaire HSBC, les offshore leaks en 2013, Cahuzac, SwissLeaks, LuxLeaks... La prise de conscience grandit d'un système gangrené par la finance, y compris à la tête des États, ce qui n'est pas sans poser de problème en termes de souveraineté. Des évidences sautent aux yeux, comme le fait que Nicolas Sarkozy a sorti le Panama de la liste des paradis fiscaux. Par ailleurs, la liste française des paradis fiscaux ne compte plus que six territoires, mais ni la Suisse, le Luxembourg, les Bahamas, Singapour... Celle de l'Union européenne en comporte trente, et celle du groupe d'action financière du G20 (Gafi) est encore différente. Il va falloir à un moment donné harmoniser ces listes, car c'est déjà une faille dans le dispositif de lutte. Le second point clé, c'est évidemment de rompre avec trois décennies de dérégulation de la finance, qui ont mis à bas toute supervision sérieuse et sanction.

La question de la fraude fiscale, et au-delà du consentement à l'impôt peut-être, n'est elle pas en train de s'imposer comme l'un des thèmes de la prochaine élection présidentielle, à l'heure où chaque prétendant devra dire où il compte trouver des marges de manœuvre budgétaires?

ÉRIC BOCQUET

Complètement, cela peut même être la question des questions. Car si vous mettez les montants estimés de la fraude fiscale en regard des dettes publiques, qui justifient les politiques d'austérité menées en Europe et dans le monde, soyons clairs : la notion de déficit n'existerait plus. C'est nous, contribuables captifs dans nos territoires respectifs, qui subissons les manques de recettes en raison de cet argent qui échappe à l'impôt. Il y a évidemment la dissimulation de particuliers, mais il s'agit surtout de grands groupes internationaux. On résout cela, et alors on change aussitôt de logiciel, et l'on peut mettre en place des politiques de progrès.

C'est possible ?

ÉRIC BOCQUET

Écoutez, quand on voit comment la BCE a arrêté d'un coup les transactions financières à Chypre en 2013 en une nuit, cela veut dire qu'on peut le faire à l'échelle européenne, lorsque l'on a des doutes envers un territoire.

Pour l'heure la réponse de l'exécutif, c'est de replacer le Panama sur la liste des paradis fiscaux.

ÉRIC BOCQUET

C'est un début, mais qu'est-ce qu'on fait de Jersey et des Bermudes, inscrits sur la liste en août 2013 et retirés... cinq mois plus tard. Qu'est-ce qui avait tellement changé chez eux pour qu'on les retire ? Jersey est toujours championne du monde de la gestion de trusts, sans qu'il existe chez eux de registre des trusts. Voilà une question concrète. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, est-il prêt à lutter contre la fraude fiscale, quand son pays, le Luxembourg, accorde des faveurs fiscales qui font perdre des milliards

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 07:57
LIVRE : 99%, plaidoyer pour le «nous» en politique
L’HUMANITE
Mercredi 6 avril
JULIA HAMLAOUI

Dans son nouveau livre, 99 %, qui désigne ceux à qui Pierre Laurent s'adresse (l'immense majorité), le dirigeant du PCF leur délivre des outils de reprise de confiance en leur pouvoir de changer le monde.

Le chiffre 99 % n'est pas le résultat du dernier sondage d'impopularité de François Hollande, mais le titre du nouvel opus de Pierre Laurent. C'est un rapport sans appel d'Oxfam qui a inspiré au secrétaire national du PCF son livre, qui sort en librairie ce jeudi, aux éditions du Cherche midi. « Les 1 % les plus riches possèdent désormais davantage que les 99 % restants. Ils font usage de leur pouvoir et de leurs privilèges pour biaiser le modèle économique et creuser le fossé qui existe entre eux et le reste de la population », écrivait l'ONG en janvier à l'occasion de sa dernière étude. Dans ce contexte, explique le dirigeant communiste, son « livre est un appel à la prise de conscience ». Alors que les ouvrages politiques se multiplient à l'approche de la présidentielle de 2017, Pierre Laurent affirme, sur les réseaux sociaux, vouloir s'extraire de la logique du « J'ai changé, je suis meilleur, je suis l'homme ou la femme de la situation »: « J'ai choisi de parler de NOUS. Nous, les 99 %, nous qui formons la masse, le peuple, à qui les "1 %" veulent dicter leur loi. (...)

Ces 1 % dont je dévoile le système sur lequel repose leur pouvoir, pour mieux l'affronter et le dépasser. Encore faut-il que nous ayons confiance en nous et en notre capacité à reprendre le pouvoir ». Un « message de confiance à tous ceux qui ont le pouvoir de changer le monde » de la part de celui qui affirme depuis plusieurs mois, et a fortiori depuis le début de la mobilisation contre la loi El Khomri, que de nombreuses « forces sont disponibles » dans la gauche politique et sociale pour bâtir une alternative à la politique actuelle.

« Maudire ne suffit plus »

D'ailleurs, l'auteur n'est pas tendre avec le gouvernement: « La violence de Sarkozy a exaspéré la société française, la capitulation de Hollande la sidère et la décourage. Quand la gauche fait le sale boulot de la droite, les mots en perdent leur sens. » Quant à 2017, « c'est une grande consultation populaire qui peut nous sortir du piège (d'un affrontement entre Le Pen, Sarkozy, Hollande ou l'équivalent - NDLR). De cette consultation devra sortir un candidat qui porte la voix des 99 %, de notre engagement collectif sur un mandat en rupture avec le quinquennat Hollande.

Personne ne peut y parvenir seul », juge Pierre Laurent, qui reformule la proposition du Conseil national du PCF, celle d'un « processus de vote citoyen », sans toutefois faire de référence explicite dans le livre à une « primaire ».

Dès le préambule, le message se veut clair: « Maudire ne suffit plus », emprunte-t-il au poète grec Yannis Ritsos. Alors, après avoir mis au jour les mécanismes financiers qui confèrent le pouvoir aux banques et détruisent les services publics, qui préfèrent voir augmenter les dividendes que l'emploi ou les salaires, qui mettent à mort les solidarités sur le continent, ou qui, via la concentration des médias aux mains de grands groupes, fait main basse sur la démocratie... bref, après avoir décrit le monde des « 1 % », c'est au « réveil » des « 99 % » de la population que Pierre Laurent en appelle.

« Ce sont les peuples qui font l'histoire, dans un cocktail toujours différent et contradictoire. (...) L'avenir du monde dépend des 99 % », rappelle-t-il, persuadé que les Français y mettront leur « grain de sel ». Face à trois défis, ceux de la « sécurité », du « vivre bien, sur une planète respectée et protégée » et de la « révolution numérique mondiale », le communiste enjoint à « reprendre » cinq « bastilles » de notre temps : celles des « idées », des « divisions », du « capital », du « silence » et des « institutions ».

« LE POUVOIR EST CONCENTRÉ ENTRE QUELQUES MAINS. IL FAUT QUE LES 99 % (LE) RÉCUPÈRENT », A DÉCLARÉ PIERRE LAURENT, HIER, SUR FRANCE INTER.

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 09:10

Après la journée d'action du jeudi 31 mars, le samedi 9 avril était l'occasion de se rassembler pour manifester notre opposition à la loi travail du gouvernement.

Dans ce cadre un rassemblement sur la place Puyo à Morlaix (devant l'IUT), suivi par un défilé, a rassemblé 250 personnes.

Voici quelques photos de Daniel RAVASIO et Pierre Yvon BOISNARD (Homard Enchainé)

Dans la soirée un rassemblement "Nuits à Morlaix" a permis à plusieurs dizaines de personnes d'échanger et débattre.

Une nouvelle journée nationale d'action est programmée pour le 28 avril.

Ne lâchons rien ! Continuons le combat.

Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
Manif 9 avril contre la Loi travail : photos de Daniel RAVASIO
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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 09:06

Les lundis de gauche 8

Avec William Martinet ( unef ), Camille Lainé (MJCF ), Matthieu Bauhain (UEC), Samya Mokhtar (UNL), Fabienne Ferrerons (JOC), Barbara Gomes ( Jeunes-CGT)

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 09:01

Laurent MOULOUD

L’HUMANITE

Jeudi 7 avril 2016

ÉDUCATION : En quinze ans, la France a perdu 10 % de profs

L'effort du gouvernement pour recruter des enseignants est insuffisant pour combler le retard pris pendant les années Sarkozy. Dans les collèges et lycées, l'écart entre nombre d'élèves et de profs continue même de se creuser.

Depuis le début de l'année scolaire, la FCPE, première fédération de parents d'élèves, a comptabilisé quelque 20 000 journées de cours non remplacées de la maternelle au lycée. Un chiffre non exhaustif, fondé sur les signalements effectués sur son site (1), mais déjà vertigineux. Assurer la présence d'un enseignant dans chaque classe reste donc un défi dans de nombreux établissements. Et pose une question : les efforts entrepris par le gouvernement pour recruter 60 000 profs en cinq ans, après les 80 000 suppressions sous Nicolas Sarkozy, sont-ils suffisants ? La réponse est clairement non, notamment en ce qui concerne les collèges et les lycées. En comparant les effectifs du début des années 2000 à ceux d'aujourd'hui, on s'aperçoit qu'il y a, dans le secondaire, en moyenne 10 % de profs en moins pour un nombre d'élèves quasi équivalent !

Les matières dites « principales » souffrent particulièrement. Ainsi, en 2002, on comptait 57 567 profs de lettres dans les collèges et lycées d'enseignement général et technologique. À la rentrée 2014, ils ne sont plus que 47 432, soit 10 135 de moins (¬ 17,6 %). En mathématiques, sur la période, on est passé de 44 982 profs à 40 087 (¬ 10,8 %). En histoire-géo, le recul est de ¬ 8,3 %, en sciences de la vie et de la terre de ¬ 12,9 %... Et les élèves ? Leur courbe démographique, après un creux au milieu des années 2000, n'en finit plus de remonter. Elle est presque revenue à son niveau initial. Il y avait 4,9 millions de collégiens et lycéens en 2000 (hors lycées professionnels). Ils sont 4,8 millions en 2014, et plus encore en 2015 et 2016...

NOMBRE DE PROFESSEURS, NOMBRE D'ÉLÈVES : UN ÉCART QUI GRANDIT

Ce décrochage entre le nombre de profs et celui des élèves a été évidemment accentué sous le quinquennat précédent, avec la mise en place de la RGPP (révision générale des politiques publiques) et du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. « La situation s'est largement améliorée depuis 2012 grâce à l'effort du gouvernement en faveur des créations de postes », aime à faire remarquer régulièrement le ministère. « Largement améliorée » est un tantinet excessif, comme en témoigne la journée d'action organisée ce jeudi par la FCPE pour qui « le compte n'y est pas ». En vérité, cet effort du gouvernement, porté avant tout sur le primaire où 2 172 postes de profs remplaçants ont été créés depuis 2013, est bien trop timoré face à la hausse rapide du nombre d'élèves, notamment dans le secondaire, et des nombreux départs d'enseignants à la retraite.

Mais ce n'est pas tout. Les chiffres du ministère révèlent un autre phénomène inquiétant: au fur et à mesure que le nombre d'enseignants titulaires diminue, celui des non-titulaires, lui, augmente. Il passe de 15004 en 2007 à 25988 en 2014. En clair, confrontés aux pénuries de profs, rectorats et établissements ont pallié, de plus en plus, les absences par des emplois précaires. L dernier, 'an les contractuels ont ainsi représenté 4,8 % des profs de français et des profs de maths contre respectivement 2,3 % et 2,4 % en 2009-2010...

Une tendance qui devrait alerter les parents d'élèves. Ce recours accentué aux emplois contractuels, par essence plus volatils que les titulaires, rend encore plus aléatoire la fragile remontée des effectifs de profs de ces dernières années. Et, au passage, fait bon marché de la qualité des enseignements proposés aux élèves, les contractuels n'ayant pas de réels droits à la formation. Autant de sujets que la FCPE devrait porter aujourd'hui dans ses mobilisations. Elle invite à relayer sur les réseaux sociaux des selfies devant les établissements où il y a des absences non remplacées, avec le mot dièse #yapasdeprof, à alerter le rectorat ou encore à solliciter le soutien des élus locaux. Une autre journée d'action est d'ores et déjà prévue le 21 avril.

(1) ouyapacours.fcpe.asso.fr

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 06:08
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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 06:05
Olivier Dartigolles, porte-parole du Parti communiste français, était, mercredi 6 avril, l’invité du matin de RFI.
Panama Papers, loi travail, réforme des règles de l’élection présidentielle, il répond aux questions de Frederic Rivière.
« La réforme de la présidentielle est un tripatouillage qui vise à renforcer le tripartisme. »
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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 05:58

► L'évasion fiscale, c'est, pour l'estimation la plus basse, 25 000 milliards d'euros. Soit :15 fois le Produit Intérieur Brut de la France. Et avec la loi travail, ce sont les salarié-e-s qu'on veut encore ponctionner.

► Pour récupérer cet argent au services des peuples et de leurs besoins, il faut protéger les lanceurs d'alerte autrement qu'avec des mots creux et mettre en œuvre les préconisations du rapport du sénateur communiste Eric Bocquet, votées à l'unanimité il y a un an mais restées lettre morte.

Panama papers : les salarié-e-s sont pressurés par la loi El-Khomri et l'argent coule à flot vers les paradis fiscaux

11,5 millions de documents provenant de l’entreprise panaméenne Mossack Fonseca, spécialisée dans le montage de sociétés offshore pour extraire l'argent à l'imposition ou le blanchir, ont été analysés par des journalistes du monde entier. Tous les pays sont concernés par la fraude, 214 000 entreprises, plus de 500 banques, des dizaines de personnalités politiques... Se côtoient dans les « braqueurs », des chefs d’État, des mafieux, des chefs d'entreprises, le Hezbollah, des sportifs, des banquiers, des hommes politiques de droite, du Front national et du parti socialiste… Le Panama, après la Suisse, serait devenu leur nouvelle destination préférée. Et ces informations ne sont issues que d'un seul des nombreux cabinets qui aident les grandes fortunes à cacher leur argent.

TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER MOINS

Alors que ce scandale n'épargne, en France, ni la droite ni le PS, ni le FN, les gouvernements successifs nous disent qu'ils faut faire des sacrifices et mènent leurs politiques austéritaires. La loi El-Khomri enjoint les salariés d'accepter de réduire leurs salaires, le taux de leurs heures supplémentaires, leurs justes indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif… Tout cela pour alimenter les actionnaires et les paradis fiscaux ? Le peuple mobilisé doit obtenir le retrait de la loi El-Khomri.

LA GRANDE EVASION

L'évasion fiscale, c'est, pour l'estimation la plus basse, 25 000 milliards d'euros. Soit :

► 15 fois le Produit Intérieur Brut de la France

► La dette de tous les pays européens multipliée par plus de 2

► La dette de tous les pays du Tiers-Monde multipliée par 10

C'est d'autant plus indécent que selon le très officiel rapport Oxfam, les inégalités n'en finissent plus de se creuser : le patrimoine des 1 % des plus riches du monde dépasse désormais celui de 99 % de la population. 62 personnes ont autant d'argent que 3,5 milliard d'individus !

Contrairement aux idées reçues, la crise n’a pas contribué à réduire cette montagne de masse monétaire. Au contraire, elle n’en fini pas d’enfler. Mais évidemment, elle ne profite qu’à quelques-uns

Et en France, on continue d'alimenter les actionnaires avec le CICE et autres cadeaux, le chœur conjoint du gouvernement et du Medef entonne toujours la même chanson : « C'est le travail qui serait trop cher, à votre bon cœur pour les actionnaires ».

LES PROPOSITIONS EXISTENT

Nicolas Sarkozy avait dit en 2009, à la sortie du G20, « Les paradis fiscaux c'est fini. François Hollande, pour calmer l’indignation populaire, salue les lanceurs d'alerte – alors qu'il a refusé d'en accueillir deux : Snowden et Assange. Il promet des enquêtes sans que cela débouche sur des mesures concrètes et fortes. Pourtant, on les connaît les solutions !

Éric Bocquet, sénateur communiste, a permis l’adoption l’an passé par le Sénat d’un rapport qui formule 61 propositions pour en finir avec l’évasion fiscale. http://blogs.senat.fr/evasion-fiscale/ Le rapport a été adopté mais les propositions sont restée lettre morte.

On le voit, les solutions sont connues. Ce qui manque, ce ne sont donc pas les idées, les propositions. Ce qui manque, ce ne sont pas plus les déclarations velléitaires. Ce qui manque, c’est la volonté politique pour réorienter notre économie vers la satisfaction des besoins, pour mettre un terme au diktat des banques et de la finance. Et tout de suite, il faut mieux protéger et accueillir les lanceurs d'alerte, pour débusquer les fraudeurs. C’est la volonté du Parti communiste français et du Front de gauche.

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 05:57

Gregory MARIN

L'HUMANITE

Mercredi 6 avril 2016

FRAUDE IDÉOLOGIQUE Parmi les noms cités dans l'enquête journalistique, figurent sans surprises des proches du Front national. Loin de la pseudo-lutte contre la mondialisation et l'évasion fiscale, l'extrême droite déjoue l'impôt national.

La main dans le pot de confiture de lait. Mais ce n'est pas pour cette spécialité panaméenne-là que les noms de Frédéric Chatillon et Nicolas Crochet sont cités depuis hier. Les deux hommes auraient, selon les documents révélés par le Consortium international des journalistes d'investigations (ICIJ), relayé en France par Le Monde, mis en place « un système offshore sophistiqué », soustrayant 316 000 euros à l'impôt « au moyen de sociétés écrans et de fausses factures avec la volonté d'échapper aux services antiblanchiment français ». Ces proches de Marine Le Pen ¬ « le premier cercle des fidèles de la présidente du FN », précise le quotidien ¬, ne sont pas des inconnus: Chatillon, qui a rencontré comme dirigeant de l'ultraviolent GUD la future patronne du FN sur les bancs de la fac d'Assas, est devenu son principal prestataire en communication avec sa société Riwal ; Crochet était le commissaire aux comptes du parti, conseiller de Marine Le Pen en charge de son programme économique en 2012. Curieusement, on n'entend pas l'héritière du FN, pourtant prompte à dénoncer, en novembre 2014, le « scandale international » « éthique, moral (et) politique » qu'avait constitué la révélation, par les mêmes sources, de l'enquête LuxLeaks.

Une nouvelle affaire qui fait écho avec « l'affaire Jeanne »

Lundi, craignant de voir son principal donneur d'ordres éclaboussé, Frédéric Chatillon avait dégainé le premier : « C'est vrai que le sujet est sexy et ma proximité avec le FN le rend encore plus. (...) Comme j'ai l'impression que le but de ces journalistes est de créer le trouble et la suspicion, je vais prendre les devant (sic) », a-t-il écrit sur Facebook, développant sa vérité sur le montage financier. Stratégie concertée? Dans le même temps, sur Twitter, un communiqué du secrétaire général du Front national, Nicolas Bay, détournait l'attention sur « la question des frontières, évidemment », accusant « la mondialisation (d'avoir) généré cette évasion fiscale : l'Union européenne est impuissante dans ce domaine ». Florian Philippot affirmait, lui, que le FN, « assez pauvre », n'avait « pas de compte offshore au Panama ». Au nom du parti en tout cas... À ce titre, l'entretien du député apparenté FN Gilbert Collard, hier sur BFMTV est , intéressant. « D'un côté, dit-il, vous avez le mécanisme d'une structure politique qui se sert de tous les systèmes magouilleurs pour planquer de l'argent, le faire proliférer et, de l'autre, vous auriez ¬ si les faits sont avérés ¬ un ou deux individus qui, à titre personnel, auraient utilisé ces mécanismes de fuite des capitaux. » Problème de sa démonstration, cette nouvelle affaire, bien que Chatillon assure qu'elle n'a « rien à voir ni de près ni de loin avec le FN », fait écho, de son propre aveu, avec « l'affaire Jeanne », du nom du microparti de Marine Le Pen.

L'affaire Jeanne, qui consisterait en une « escroquerie, abus de biens sociaux, recel et complicité » de détournement de fonds publics, qui a ciblé le Front national jusqu'en janvier (le renvoi devant le tribunal n'est pas encore décidé) dans le cadre du financement des élections législatives de 2012, menait à... Riwal. La société de Frédéric Chatillon fournissait des kits de campagne dispendieux (16 650 euros pièce) aux candidats du Rassemblement bleu Marine. Était notamment visée la création de sites Internet personnalisés pour les candidats ¬ en fait des coquilles vides, se sont plaints certains. Bizarrement, c'est à ce titre qu'une fausse facture, « censée régler la réalisation de sites Internet du Rassemblement bleu Marine pour les législatives » (« des prestations bel et bien effectuées... mais par un tout autre prestataire », ironise Le Monde), a été émise par la société hongkongaise du frère de Nicolas Crochet à l'attention d'Unanime France. Cette autre entité liée à Riwal (ensemble, elles ont racheté une société-écran basée à Hongkong afin de faciliter les transferts d'argent vers les paradis fiscaux) ayant payé rubis sur l'ongle, « Frédéric Chatillon récupère ses fonds à Hongkong », écrit Le Monde. Simple comme un communiqué du FN sur la fraude fiscale.

La raison du silence assourdissant du Front national, passées les frappes médiatiques préventives ? Une immense gêne de se voir renvoyé à son rôle dans les mécanismes de dérégulation de la solidarité nationale. Ce que rappelait le Parti de gauche, hier, soulignant que « contourner les lois fiscales », c'est « priver ainsi l'État et la sécurité sociale de ressources ». Dur, pour qui se présente comme le défenseur du patriotisme, de justifier que ses alliés participent du « système ». En fait, sa participation de près ou de loin à « des affaires de fraude fiscale de cette ampleur montre bien qu'il fait partie intégrante de l'oligarchie », souligne la sociologue Monique Pinçon-Charlot. Jean-Marie Le Pen, atteint par ricochet par les « Panama papers » pour avoir confié à son homme de confiance, Gérald Gérin, la dissimulation d'une partie de sa fortune à Guernesey, via la firme panaméenne au cœur du scandale, Mossack Fonseca, a beau orienter « l'opération d'enfumage » vers les « ministres socialistes Cahuzac (cité dans l'enquête, avec le député LR Patrick Balkany) et Thévenoud ». À la lumière des derniers éléments, le souvenir de ses sorties sur le « capitalisme apatride » fait sourire...

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