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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 12:20
Après quatre jours de débats, le projet de loi autorisant le gouvernement à réformer par ordonnances le code du travail, a été adopté hier soir par 270 voix contre 50. Les députés communistes ont combattu, alinéa après alinéa, les neuf articles de ce texte de régression sociale.
Loi Travail, saison 2: tout passe, on se lasse
 PAR  ET 

Troisième séance de discussions sur la loi Travail, saison 2. Ce mercredi 13 juillet à l'Assemblée, l'article 3 était à l'ordre du jour et avec lui, la barémisation des indemnités prud'homales, le CDI de chantier et le périmètre de licenciement économique des entreprises. Si communistes et Insoumis ne cessent de marteler leur opposition, le gouvernement ne lâche rien. 

 

Grillant leur cigarette dans les beaux jardins de l’Assemblée nationale, les députés le concèdent : ils s’épuisent. En ce 13 juillet, troisième jour de débat sur la loi Travail, saison 2, Stéphane Trompille, nouvel élu de l’Ain pour La République en marche (LREM), raconte : « Hier, nous avons discuté du regroupement des instances de représentation du personnel, en répétant les mêmes arguments pendant trois, quatre heures. Il y a beaucoup d’amendements sur les mêmes alinéas. On tourne en rond. Chacun martèle ses amendements, sans que ce soit très constructif. C’est un apprentissage. » « Chacun exprime ses désaccords, mais on ne se convainc pas. À force de répéter, tout le monde sature », admet Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse. Plus que quelques heures à tenir, pour une discussion qui devrait s'achever jeudi soir. 

À l’intérieur de l’hémicycle, l’ambiance est moins survoltée qu’au premier jour. Contrairement aux premières heures de la discussion, quelques députés de la majorité prennent la parole, bien souvent pour évoquer leurs expériences individuelles, de l’ancienne avocate en droit du travail à l’ancien manager ayant créé sa société de conseil, allant même jusqu’à évoquer une opposition cherchant à « protéger les salariés contre eux-mêmes ». À 16 h 25, après les questions au gouvernement, chacun revient à son pupitre. André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, prend le micro pour reprocher à la ministre sa générosité, en termes d’informations, vis-à-vis de la presse, alors qu’elle ne délivre d’informations aux députés qu’au « compte-gouttes »

Le député communiste Sébastien Jumel

Le député communiste Sébastien Jumel

La discussion sur l’article n° 2 termine une offensive des députés Les Républicains, notamment contre le monopole syndical. En effet, seules les organisations syndicales sont autorisées à se présenter au premier tour des élections professionnelles, tandis que le second tour est ouvert à tout salarié de l’entreprise. Une règle garantie par l’Organisation internationale du travail et dont la suppression est une vieille lune des organisations patronales. La discussion donne lieu à une passe d’armes entre le Républicain Patrick Hetzel et Sébastien Jumel, député communiste, le premier étant qualifié de « représentant du Medef » quand le second serait « dogmatique ». Sylvain Maillard, de La République en marche, arbitre la querelle en suggérant de trouver une« solution plus dynamique pour créer de l’emploi ». Le rejet de l’amendement proposé par Les Républicains leur donne l’occasion de traiter de « godillots » leurs collègues “en marche”.

 

La question de savoir qui est dogmatique et qui ne l’est pas continue, lors de l’ouverture de la discussion sur l’article 3 du projet de loi d’habilitation. Elle vise, selon l’exposé des motifs de Muriel Pénicaud, à « sécuriser les relations de travail, tant pour les employeurs que pour les salariés » et regroupe pêle-mêle les articles portant sur la barémisation des dommages et intérêts en cas de licenciement abusif aux prud’hommes, les motifs du licenciement, le délai de recours contentieux portant sur ce licenciement, le périmètre de licenciement d’une entreprise, le télétravail, le CDI de chantier. Une salve d’interventions du groupe de la Gauche démocrate et républicaine suit la prise de parole de leur président, pour répéter leur opposition franche à ces mesures.

Elsa Faucillon, née à la politique lors du mouvement contre le CPE, intervient logiquement contre la destruction du CDI. Les autres s’adonnent avec gourmandise à la critique de la barémisation des dommages et intérêts. Un « casus belli » pour Sébastien Jumel, car elle restreint la liberté d’appréciation des juges et contrevient à l’obligation, dans le droit français, de réparer l’intégralité du préjudice subi. Son collègue du Nord, Alain Bruneel, déplore quant à lui la désormais possible budgétisation en amont d’un licenciement abusif, laissant à Hubert Wulfranc et Jean-Paul Lecoq la critique politique générale.

De l’autre côté de l’hémicycle, Patrick Mignola, député du MoDem, défend le projet d’Emmanuel Macron, permettant de mettre en place « des planchers assez solides pour être rassurants et des plafonds assez élevés pour permettre la conciliation » et laissant la condamnation libre seulement pour les délits « plus graves » qu’un licenciement abusif. Par exemple, les discriminations, les atteintes à la grossesse, à la maternité et les accidents du travail. Adrien Taquet, inventeur du slogan « En Marche ! », argue lui de l’égalité rétablie entre grandes entreprises, capables de budgéter les licenciements, et petites entreprises en « leur donnant enfin de la visibilité quant au montant des dommages et intérêts et en excluant des causes de condamnation le vice de forme ».

Alors qu’on n’avait pas entendu les socialistes jusque-là, Boris Vallaud se fait tranchant :« Le plafonnement des indemnités prud’homales pourrait signifier l’institution d’un droit nouveau : le droit au licenciement abusif (…). »

Sébastien Chenu porte la voix du FN, muet jusqu’ici, critiquant la possible budgétisation des licenciements abusifs d’une part et, de l’autre, faisant entendre sa crainte de l’effet pervers d’une telle mesure, à savoir que le juge fasse systématiquement usage du montant « plafond », y compris pour les TPE et PME, là où il aurait été plus clément si les condamnations avaient été individualisées.

Lui succède l’étoile montante de La France insoumise, Adrien Quatennens : « Vous définissez donc le montant d’un préjudice a priori : entendez-vous, à l’avenir, faire de même pour les délits et les autres conflits en justice ? » Après que François Ruffin a proposé, comme alternative à la réforme des prud'hommes, celle des tribunaux de commerce, le chef de groupe Jean-Luc Mélenchon conclut, sur le mode des leçons de morale de la IIIe République : « Il ne faut pas rassurer les patrons délinquants, il faut les châtier rudement ! »

S’ensuit la discussion, amendement par amendement, où les mêmes arguments sont déclinés à loisir. Seul le tonnerre d’André Chassaigne vient interrompre le ronron du rejet quasi systématique des amendements : « Je tiens à faire un rappel au règlement. Depuis le début de la discussion, les députés de La République en marche votent systématiquement tous ensemble. Alors, certes, ils ont signé un acte d’engagement. Mais se soumettre systématiquement à un vote impératif, c’est anticonstitutionnel. »

« Une arme de destruction massive du CDI »

Il est ensuite question de réduire les délais de recours contentieux en cas de rupture du contrat de travail. Actuellement, en cas de litige, un recours peut être déposé dans les deux ans qui suivent la rupture du contrat de travail, un délai réduit à un an en cas de licenciement pour motif économique. « L’immense majorité de ces recours, jugés aux prud’hommes en première instance, aboutissent à une décision favorable aux salariés. En d’autres termes, on voudrait aujourd’hui nous faire accepter de réduire le délai de recours en cas de licenciement, alors même que ces licenciements se révèlent abusifs dans la majorité des cas », objecte Michel Larive de La France insoumise.

Face à lui, le rapporteur de la commission des affaires sociales Laurent Pietraszewski campe sur la position maintes fois répétée : « L’objectif du projet de loi est la clarification, la simplification, et non la diminution de la protection des salariés. » Autre élément de réponse, qui lui aussi reviendra à plusieurs reprises dans la bouche de la ministre : il s’agit d’une question encore en discussion avec les partenaires sociaux, sur laquelle les conclusions ne sont toujours pas connues. Des concertations décidément au centre des débats, dont l’absence actuelle de conclusion freine le travail parlementaire.

Ainsi, arrive dans la discussion la question brûlante du périmètre de licenciement. Alors qu’aujourd’hui, le juge étudie au niveau mondial les difficultés d’une entreprise souhaitant procéder à des licenciements économiques, il pourrait, à l’avenir, les examiner uniquement au niveau du territoire français. Une idée qui fait bondir l’opposition, prompte à dénoncer ces « grandes entreprises habiles à mettre leurs profits à l’abri dans les paradis fiscaux » et qui pourraient maquiller leurs comptes afin de licencier en France, alors que leurs résultats économiques sont au beau fixe dans le reste du monde. Les rares Républicains, eux, ne voient aucun inconvénient à ce rétrécissement du périmètre de licenciement. Mieux encore, ils demandent à le restreindre encore plus, le délimitant uniquement aux secteurs d’activité des« entreprises du groupe situées sur le territoire national ». L’amendement sera adopté. Une rareté lorsque les propositions ne viennent ni du rapporteur, ni du gouvernement.

Face à la gauche, la ministre défend sa mesure. Elle évoque la nécessité de défendre l’attractivité internationale de la France, tout en travaillant à « une règle commune au niveau européen », sans en dire beaucoup plus. Surtout, elle rappelle que le législateur restera vigilant sur la « possibilité de création de difficultés artificielles » par les entreprises, ce qui fait, sans surprise, l’objet d’une discussion avec les syndicats. « Il aurait été souhaitable qu’on ait eu les conclusions de la concertation avec les syndicats », lui rétorque un Boris Vallaud un peu lassé, se faisant l’écho d’une opinion largement partagée sur les bancs de l’opposition.

S’ensuit un débat enflammé sur le télétravail. Communistes et Insoumis déplorent la fin des collectifs de travail, le faible contrôle des conditions de travail à la maison et craignent des sanctions pour les salariés qui le refuseraient, quand les élus LREM évoquent un « monde qui change », une envie partagée par de nombreux salariés et la possibilité d’une meilleure articulation entre vie professionnelle et familiale. « Le télétravail répond à une attente très forte dans la société inclusive que nous voulons », insiste la ministre.

 

Arrive enfin la discussion tant attendue sur les contrats de chantier. S’ils portent le nom de CDI, ces contrats venus du bâtiment n’en ont pas moins une durée limitée : celle du chantier défini à l’avance. Une fois le projet terminé, le contrat prend fin, sans indemnités de précarité pour le salarié. Ce qui en fait une « arme de destruction massive du CDI », selon Éric Coquerel. Ce que dément Muriel Pénicaud. Pour la ministre, un CDI de chantier reste un CDI, qui ouvre des droits à la formation, permet de louer un logement ou de contracter un prêt. Pas de quoi convaincre le député communiste Pierre Dharréville, qui croit qu’un CDI de chantier ne sera jamais perçu comme un CDI classique par les banques.

Mené par les Insoumis et les communistes, le débat n’aura pas empêché l’adoption de cet article 3 tant décrié. Quelques minutes après un vote nocturne, le député LREM Aurélien Taché défend un amendement destiné à revaloriser les indemnités légales de licenciement. Si la ministre ne l’approuve pas, elle promet néanmoins d’augmenter ces indemnités à la rentrée « par mesure réglementaire ». Dont acte : autour de 2 heures du matin, le ministère du travail envoyait un communiqué de presse annonçant« l'engagement du gouvernement à augmenter les indemnités légales de licenciement pour tous les salariés ». Une contrepartie à tant de gages offerts par la ministre aux entrepreneurs ?

(Le compte-rendu de la troisième séance d'examen de l'ordonnance sur la réforme du code du travail à l'Assemblée nationale est disponible ici) 

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 12:11
"Il n’y a pas de progrès social, de développement économique pérenne et équilibré, sans une Fonction publique forte et développée"

jeudi 13 juillet 2017

Déclaration de la CGT Fonction publique au Conseil commun de la Fonction publique qui s’est tenu le 10 juillet dernier présidé par le ministre Gérald Darmanin :

Monsieur le Ministre,

C’est peu de dire que les premières annonces du Premier ministre et de vous-même ne réjouissent que modérément la CGT, c’est une façon élégante et adoucie pour vous dire – mais est-ce une surprise ? – que nous y sommes profondément hostiles.

Une formule du Premier ministre, à elle seule, concentre le cœur de notre désaccord : « Il y a une addiction française à la dépense publique dont il faut se désintoxiquer. »

Et, comme c’est de cette doxa libérale – qui ne détient pas un mandat clair des élections – que découlent les arguments fallacieux et préconisation austéritaires, la CGT, à titre d’exemple, veut rappeler un certain nombre d’éléments.

Lorsque Monsieur le Premier Ministre affirme « qu’il faut stopper l’inflation de la masse salariale du secteur public », au mieux, il commet une erreur et, en tout cas, il profère une contre-vérité.

En effet, sur les vingt dernières années, l’ensemble des salaires versés dans les administrations publiques a reculé d’un point dans les dépenses publiques.
Et lorsque, Monsieur le Ministre, vous annoncez, sans la moindre concertation, la reprise du gel de la valeur du point d’indice pour 2017 et 2018, vous prenez la responsabilité d’aggraver une situation déjà bien détériorée.

Quelques illustrations – guère réjouissantes, il faut bien l’avouer – le soulignent amplement :

- Il y a vingt ans, un agent de catégorie C avait une amplitude de carrière théorique de 56%, c’est 43% aujourd’hui ;

- Il y a vingt ans, un cadre était recruté à 60% au-dessus du SMIC, c’est 21% aujourd’hui ;

- Aujourd’hui, un agent recruté dans la 1ère échelle de rémunération peut espérer – au bout de 9 ans – un gain mensuel net d’environ…vingt euros !

Oui, Monsieur le Ministre, ce n’est pas parce que des affirmations sont avancées comme autant de sentences irréfutables qu’elles deviennent des vérités scientifiques.

Les antiennes sur le niveau de la dépense publique – qui handicaperaient notre économie – font partie de ces fausses évidences qui arrangent les visées de celles et ceux qui les mettent en avant.

- En 2012, le Danemark affichait des dépenses publiques à 59,4% de son PIB, davantage donc que la France, le chômage y était de 7%, contre une moyenne de 10,6% dans l’Union européenne (UE), et la croissance y était 4 fois supérieure à celle de l’UE.

- La même année, le Portugal avait des dépenses publiques à hauteur de 47,4% du PIB, mais le chômage y était de 15,3% et la croissance de -1,4%, c’est-à-dire en récession.

- Pour lutter contre la crise, les États-Unis ont fait monter leur déficit public à 13% du PIB en 2009, 2010 et 2011 (plus du double de la France sur la même période) et leur taux de chômage a baissé de deux points.

Monsieur le Ministre, lors de votre discours du 6 juillet « aux États généraux des comptes de la nation » vous avez convoqué deux illustres prédécesseurs…

En effet, en pratiquant l’anaphore, c’est François Hollande qui était à vos côtés, en choisissant les mots de « la vérité » comme socle, c’est Lénine et sa vérité toujours révolutionnaire qui étaient des vôtres.

Permettez-moi au nom de la CGT de – modestement – me glisser dans vos pas.
La vérité, c’est que le Pacte de compétitivité et le CICE coûtent 40 milliards d’euros annuels aux finances publiques. Et, depuis leur mise en place, notre pays compte 500 000 chômeurs en plus ! Et vous ne les remettez pas en cause !

La vérité, c’est que lorsqu’on augmente les salaires des agents de la Fonction publique, ils payent davantage d’impôts, ils s’acquittent de cotisations sociales supplémentaires, ils consomment davantage et participent donc de la relance de l’économie.

La vérité, c’est que les entreprises du CAC 40 ont versé 46 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2016, 13% de plus qu’en 2015. Et dans le même temps, leurs investissements dans le développement et la recherche sont en baisse !

La vérité, en revanche, c’est que les administrations publiques participent à la création de richesses à hauteur de 20% du PIB et de 17% de l’investissement global.

La vérité, c’est que lorsqu’on transfère au secteur privé des missions publiques, le plus souvent, le résultat est dispendieux en matière budgétaire, mauvais en qualité du service public rendu. C’est vrai pour la gestion de l’eau, par exemple. Et que dire de la privatisation des autoroutes qui a conduit le prix moyen du kilomètre à augmenter deux fois plus vite que l’inflation !

Tout cela pour dire, Monsieur le Ministre, que – dans ce qui vous occupe – il n’y a pas de vérité indépassable, seulement des choix politiques.

Et ceux-là, que ce soit le gel de la valeur du point d’indice, les nouvelles suppressions d’emplois, ou le rétablissement du jour de carence, nous les contestons et nous les combattrons.

Pour autant, la CGT n’est pas pour l’immobilisme : elle est favorable aux réformes et à l’adaptabilité du Service public.

La CGT n’est pas pour la défense étroite de prés carrés : au contraire, la CGT estime et affirme que la Fonction publique et le Statut général des fonctionnaires n’ont de pertinence que si on les lie indissociablement aux besoins de la population, aux enjeux de citoyenneté.

Mais, ce dont la CGT a la conviction, c’est qu’il n’y a pas de progrès social, de développement économique pérenne et équilibré, sans une Fonction publique forte et développée.

Pour cela, nous sommes et serons disponibles.

Nous le serons à partir des nombreuses propositions dont nous sommes porteurs, tant sur les élections professionnelles, que sur le dialogue social, sur les conditions de vie et de santé au travail, sur la pénibilité, sur la formation, sur l’égalité professionnelle, pour citer quelques thèmes que vous avez vous-même mis en avant.
Nous le serons également sur bien d’autres enjeux que nous vous soumettrons dès la rentrée.

La CGT sera donc une interlocutrice franche, exigeante et ambitieuse, parce que, encore une fois, la Fonction publique le vaut bien.

Il n'y a pas de progrès social, de développement économique pérenne et équilibré, sans une Fonction publique forte et développée (déclaration CGT Fonction Publique)
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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 12:08
Interdiction des emplois familiaux : le Sénat doit être exemplaire

jeudi 13 juillet 2017

Contre l’avis du gouvernement et de la commission des lois, le 11 juillet dernier les sénateurs ont supprimé l’interdiction des emplois familiaux au Parlement au sein du projet de loi de moralisation de la vie politique. Le12 juillet, le président de la commission, Philippe Bas, demande un nouveau vote pour rétablir la disposition initiale avant le vote définitif du texte.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC s’associent à la demande d’une seconde délibération formulée par le Président de la Commission des Lois sur cet amendement qui lève l’interdiction des emplois familiaux.

Le communiqué du groupe :

La perte de confiance de notre peuple à l’égard d’un système politique et institutionnel vacillant est patente.

Le gouvernement a soumis aux assemblées un projet de loi d’affichage qui ne répond que très partiellement à l’attente de nos concitoyens.

Des pans entiers de « l’immoralité » de notre société ne sont pas pris en compte : liens entre médias, argent et politique ; question du mode de scrutin et de la représentativité des parlementaires, question de la dérive monarchique de nos institutions, et bien sûr, l’action contre de détestables pratiques économiques et financières.

Cependant, les dispositions du projet répondent de toute évidence à une exigence de probité. Interdire les emplois par les parlementaires et les membres du gouvernement, de membres de leur famille est un élément parmi d’autres, mais très visible d’une manière de fonctionner dont notre peuple ne veut plus.

Les sénatrices et sénateurs du groupe communiste républicain et citoyen ont approuvé cette disposition du projet de loi dont ils soulignent par ailleurs la timidité et les grandes insuffisances. Ils regrettent fortement le vote d’hier soir au Sénat d’un amendement qui supprime l’interdiction des emplois familiaux qui ternit les avancées significatives votées par ailleurs sur le statut des collaborateurs parlementaires. Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC s’associent à la demande d’une seconde délibération formulée par le Président de la Commission des Lois sur cet amendement qui lève l’interdiction des emplois familiaux. Ils voteront contre cet amendement lors de cette nouvelle délibération comme lors de la première délibération.

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste au Sénat

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 11:39
Macron déroule le tapis rouge au nationaliste de la Maison-Blanche
JEUDI, 13 JUILLET, 2017
L'HUMANITÉ
 

L’accueil réservé, un 14 juillet, à un Donald Trump prêt à jouer de la puissance militaire et à s’opposer au multilatéralisme pour recentrer le monde autour des intérêts états-uniens n’est pas qu’indigne, il est aussi le signe de terribles convergences.

Le président français s'emploie à faire passer la visite de Donald Trump comme un moyen d'éviter l'isolement d'un « précieux allié historique », voire de le « ramener dans le cercle international ». Mais ces efforts rhétoriques, destinés à amoindrir l'impact du choc suscité dans l'opinion par la décision de dérouler le tapis rouge au président nationaliste si contesté et controversé aux États-Unis même, cachent bien mal l'essentiel. Sur plusieurs grands dossiers du moment, les deux hommes affichent, si ce n'est dans la forme, du moins dans les faits, des convergences redoutables.
Donald Trump a décidé d'enclencher une nouvelle course aux armements en augmentant de quelque 9 % le budget militaire de l'hyperpuissance en 2018, alors que l'Oncle Sam dépense déjà autant en équipement et en soldats que les dix puissances militaires qui le suivent (Chine, Inde, France, Grande-Bretagne et Italie comprises). Il exerça en début d'année un chantage sur ses alliés de l'Otan, en les menaçant de quitter l'Alliance. Il les accusa de comportement « déloyal » puisque, affirmait-il, ils bénéficieraient du « parapluie militaire » américain « sans en payer la facture ». Et il revendiqua une augmentation significative de leurs investissements militaires.
Emmanuel Macron fut alors le premier à répondre présent. Il annonça, de concert avec la chancelière Angela Merkel, un projet d'« Europe de la défense» présentée comme un moyen de resserrer les rangs d'une Europe menacée de dislocation après le Brexit. Trump est exaucé. Un bond spectaculaire des dépenses militaires est programmé, Paris s'engageant par la voix d'Emmanuel Macron à porter les investissements dans « les capacités et l'industrie militaire » à 2 % de son PIB (contre 1,7 % aujourd'hui) d'ici au milieu de la prochaine décennie. Soit, à terme, une charge considérable pour les finances publiques qui va entraîner un manque, du même coup, pour les financements de projets européens de coopération et de solidarité. Pourtant plus indispensables que jamais pour qui entend vraiment sauver l'Europe.
 
« UNE DIPLOMATIE DU DEAL »
Du côté de la Maison-Blanche, on présente sans ambages cette « montée en puissance historique de l'armée » (Donald Trump dans son discours sur l'état de l'Union) comme une clé majeure pour « rendre sa grandeur à l'Amérique ». Aux yeux des oligarques de Wall Street, omniprésents au sein du gouvernement, elle constitue une variable d'ajustement essentielle pour la compétitivité des firmes états-uniennes. Autrement dit : un moyen de restaurer ou de conforter leur domination sur le marché globalisé. Cette détermination à user de la puissance militaire découle de ce que les stratèges nationalistes de la MaisonBlanche appellent « une diplomatie du deal », destinée à transformer le cadre des règlements multilatéraux hérité de la Seconde Guerre mondiale, voire à s'y substituer. Ainsi une menace d'une gravité inédite se profile-t-elle sur la paix.
Du côté de l'Élysée, on cherche, selon une tradition malheureusement bien établie au sein des exécutifs français successifs, à installer la France, puissance nucléaire, dans un rôle de lieutenant régional majeur du monde occidental au sein de l'Otan. En en espérant des retombées politiques et économiques favorables. Même si l'on prend soin d'instrumentaliser la déflagration provoquée par les attentats djihadistes pour masquer cette volonté derrière les besoins de la « lutte antiterroriste ». Au mépris de l'avis de l'immense majorité des spécialistes, pour qui les instruments les plus efficaces en la matière ne résident pas dans l'acquisition d'arsenaux de mort chers et sophistiqués, mais bien davantage dans le renseignement et la prévention des phénomènes intégristes et sectaires. Comme dans les moyens qu'il conviendrait de déployer pour résorber partout ces hideuses poches de misère et d'exclusion desquelles suinte le fanatisme.
 
« TRUMP EST UN PERSONNAGE HYBRIDE, ENTRE DR FOLAMOUR ET FRANKENSTEIN. » NICOLAS HULOT, MINISTRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE.
 
Le climat est l'autre avatar de la complicité paradoxale entre Emmanuel Macron et Donald Trump. Le président français s'est beaucoup démené, la semaine dernière à Hambourg, pour rendre « trumpo-compatible » la déclaration du G20. Résultat : le sommet a donné un blanc-seing à Washington pour qu'il puisse conduire une politique « divergente » en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Extraordinaire victoire d'étape pour le nouvel ordre que veut imposer Trump à ses partenaires : l'oligarque de l'immobilier a pu aller jusqu'à plaider un recyclage de la contribution promise jadis par les ÉtatsUnis en soutien aux pays en développement pour leur permettre « d'avoir accès et d'utiliser les énergies fossiles ». Traduisez : un encouragement à émettre, à l'avenir, davantage de CO2. Ce qui contredit ouvertement les engagements de la COP 21. Et cela pour le plus grand bénéfice de l'industrie des hydrocarbures conventionnels ou de schiste des États-Unis, fortement représentée au sein d'un cabinet Trump aux allures de conseil d'administration. On peut difficilement mieux réitérer le doigt d'honneur infligé début juin à la communauté internationale, quand Donald Trump a choisi de s'extraire de l'accord international trouvé sur le climat à la fin 2015 à Paris. Incompatible avec les visées des stratèges du national-libéralisme au sein de la Maison-Blanche.
 
Trump un président délinquant
Emmanuel Macron a beau jurer sans rire qu'il a choisi d'adouber son turbulent homologue parce qu'il « ne désespère pas » de le réintégrer, un jour, dans le cercle des discussions internationales. Il se démasque en fait par l'usage de logiques finalement très voisines. Austérité oblige, il vient d'annoncer des coupes claires dans le budget français des aides au développement, déjà très en dessous des minima onusiens. Comme il avait abandonné la concrétisation d'une taxe sur les transactions financières dédiée aux pays du Sud pour qu'ils puissent financer leurs propres transitions énergétiques. Ce qui augure bien mal du soutien sonnant et trébuchant des grands pays pollueurs pour aider les plus pauvres à se mettre en capacité de lutter contre le changement climatique. Le national-libéralisme de Trump et le libéralisme européiste par ordonnances de Macron font ainsi preuve de bien singulières convergences. Une autre proximité concrète, bien mal à propos, du président français existe quand il partage, avec son homologue, une très forte tentation autoritaire sur le front social. Donald Trump et les Républicains s'efforcent ainsi de faire adopter de nouvelles réglementations qui ruineraient les syndicats et les empêcheraient de négocier la moindre convention collective, quand Emmanuel Macron se met en marche pour détruire le Code du travail par ordonnances.
 
Sur les Champs-Élysées, le défilé militaire. Sur la place de la République, la contestation. Donald Trump « a refusé d'entrer au Royaume-Uni si des manifestations étaient prévues : nous savons ce qu'il nous reste à faire », annonce Nuit debout. Politique climatique, course à l'armement, décret anti-immigration, deals de libre-échange bilatéraux, discrimination des femmes... pour tout cela, « Trump n'est pas le bienvenu à Paris » un 14 Juillet. Ces politiques feront l'objet d'une assemblée générale avec des prises de parole libres vendredi à partir de 19 heures, avant de laisser place à l'Orchestre debout à 21 heures, au bal Brésil debout à 22 heures et aux différents ateliers répartis sur la place et dont le mouvement est féru (fabrication de pinata Trump, espace d'information sur les luttes en cours...).
Donald Trump est un président bien plus délinquant que ne le suggèrent les enquêtes qui font grand bruit outre-Atlantique sur son éventuelle capacité à avoir comploté avec la Russie de Vladimir Poutine contre Hillary Clinton, son adversaire démocrate lors de la présidentielle de novembre dernier. Quand il passe en force contre la justice pour imposer un racisme d'État par la construction d'un mur antimigrants à sa frontière avec le Mexique, ou par un décret, validé par une nomination très opportune à la Cour suprême, qui interdit de séjour aux États-Unis des citoyens de six pays majoritairement musulmans, il foule aux pieds certaines des valeurs fondamentales de son propre pays. Dérouler le tapis rouge à un individu de cet acabit que des centaines de milliers de citoyens des États-Unis, en lutte pour la défense du droit et d'une certaine idée de la civilisation, cherchent à isoler, voire à destituer, n'est-ce pas lui offrir sur un plateau un certificat de bonne conduite inespéré? Et donner la preuve de la pire des complicités ?
Journaliste
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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 07:38
L'Union Juive Française pour la Paix proteste contre l'invitation de Nétanyahou aux cérémonies de commémoration du crime franco-français du Vel d'Hiv
Les Français juifs seraient-ils des citoyens à part ?
dimanche 9 juillet 2017 par le Bureau national de l’UJFP

C’est ce que suggère notre Président en invitant un chef d’État étranger pour commémorer une tragédie française, la rafle du Vél’ d’Hiv’.

3 octobre 1940. Le premier Statut des Juifs fait d’une partie des français sous Vichy des citoyens « à part ». Le lendemain, la loi du 4 octobre 1940 sur « les ressortissants étrangers de race juive » étend cette distinction à l’ensemble des Juifs vivant en France.

Les 16 et 17 juillet 1942, 7000 policiers et gendarmes français, sous les ordres du régime de Vichy, procédaient à une rafle des Juifs parisiens. Les fascistes français avaient poussé le zèle jusqu’à l’arrestation des enfants, devançant ainsi les demandes de l’occupant nazi. Plus de 13000 Juifs dont 4000 enfants étaient parqués au vélodrome d’hiver avant d’être déportés et, pour la quasi-totalité, assassinés.

Ni les auteurs ni les exécutants français de cette rafle ne seront poursuivis, en particulier René Bousquet qui sera assassiné sans jamais avoir été jugé. Il faudra attendre 1995 pour que le président Chirac reconnaisse la responsabilité de l’État français.

En quoi ce crime contre l’humanité « franco-français » concerne-t-il un chef d’État étranger ? A quel titre un chef d’État étranger pourrait parler au nom des victimes et de leurs proches ?

Sauf à considérer que les Juifs français sont des citoyens un peu différents, qu’ils ne sont pas tout à fait Français et doivent être représentés par l’État d’Israël… Curieuse vision de notre République que nous présente-là son nouveau Président.

Nous, Juifs français sommes doublement choqués par cette invitation. Non seulement elle fait de nous des citoyens « à part » mais en plus le Président Macron nous fait représenter par le chef d’un État où un citoyen sur cinq n’a pas les mêmes droits que ses quatre compatriotes juifs. Une puissance occupante qui, au mépris des Conventions de Genève et des rappels à l’ordre de l’ONU vole l’eau et la terre des Palestiniens pour y installer des colonies, nie les droits des Palestiniens (enfermement administratif, exécutions extrajudiciaires…) quand il ne les enferme pas dans la cage infernale qu’est devenue Gaza.

Comment, en plus, oser nous faire représenter nous, enfants de la République, par le représentant d’un régime dont le racisme s’affiche ouvertement, assimilant les Palestiniens à des serpents ou appelant au meurtre contre les mères palestiniennes. Un racisme qui s’étend même à ses propres citoyens juifs, orientaux ou venus d’Afrique de l’Est.

L’UJFP dénonce l’invitation de Benyamin Nétanyahou par notre Président. Cette visite est une insulte aux victimes et à leurs proches.

La lutte contre le racisme et pour l’égalité des droits ne se divise pas.

Le Bureau national de l’UJFP, le 9 juillet 2017

L'Union Juive Française pour la Paix proteste contre l'invitation de Nétanyahou aux cérémonies de commémoration du crime franco-français du Vel d'Hiv

Le Parti communiste a déploré samedi la venue du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv. La commémoration de la rafle, le 16 juillet, "doit envoyer un message fort de paix, et Benjamin Netanyahu n'est pas l'homme de ce message", écrit le Parti communiste dans un communiqué. 

"Ce n'est pas faire honneur aux 13.152 juifs, parmi lesquels plus de 4.000 enfants, que la police de Pétain rafla dans la région parisienne pour les envoyer à la mort et complaire à l'Occupant allemand", ajoute le parti.

"Le Premier ministre israélien dont l'obédience d'extrême droite n'est plus un secret"

"Nul n'a oublié qu'en octobre 2015, le dirigeant israélien avait provoqué une indignation unanime, jusqu'au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu'Hitler n'(avait) pas souhaité exterminer les juifs", affirme le PCF.

"Le Premier ministre israélien, dont l'obédience d'extrême droite n'est plus un secret pour personne, est un homme de guerres et de violences qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d'un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens", poursuit le parti, qui "réprouve l'invitation faite à Benjamin Netanyahu par le président Emmanuel Macron".

Dernière venue en France après les attentats de janvier 2015

La dernière visite du Premier ministre israélien remonte à janvier 2015 quand il avait défilé à Paris aux côtés de plusieurs dirigeants étrangers, à l'invitation du président François Hollande, pour exprimer sa solidarité après une série d'attaques jihadistes ayant visé Charlie Hebdo, des policiers et des juifs.

Le 16 juillet prochain, Emmanuel Macron et son homologue israélien devraient commémorer la rafle du Vel d'Hiv qui a eu lieu les 16 et 17 juillet 1942. Il s'agit de la plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde guerre mondiale. Au total, plus de 13.000 personnes avaient été arrêtées à Paris et en banlieue pour être déportées.

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 15:58
"Les 4,5 millards d’euros d’économies auront des conséquences sur les services publics"

mercredi 12 juillet 2017

Le 11 juillet dernier, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a annoncé "4,5 milliards d’euros d’économies pour respecter la règle des 3 % de déficit".

Dans une interview à l’Humanité du jour, Fabien Roussel, député PCF du Nord estime que les économies annoncées, malgré les promesses du gouvernement, auront des conséquences sur les services publics.

Extraits :

"Les dépenses publiques ont déjà été tellement diminuées que chaque milliard qui disparaît correspond à moins de services publics, moins d’égalité dans nos territoires. Dans l’éducation, par exemple, pour mettre en place la réforme du dédoublement des classes primaires dans les écoles en REP+, d’autres dispositifs comme plus de maîtres que de classes seront amputés. On déshabille Paul pour habiller Pierre. De même, quoi qu’en dise Gérald Darmanin, les collectivités territoriales et la Sécurité sociale vont encore devoir produire des efforts, cela a été annoncé en commission des Finances de l’Assemblée. M. Darmanin dit blanc un jour, noir le lendemain. À l’image du Canal Seine Nord, dont le ministre avait assuré qu’il se ferait et pour lequel nous avons aujourd’hui les plus grandes craintes au vu des déclarations mettant en cause les grands projets d’infrastructures. Quant au système de santé, c’est le basculement de la Sécurité sociale vers un système assurantiel qui se prépare, ainsi que des mesures d’économies dans nos hôpitaux publics et des fermetures de permanences de la Carsat, de la CAF, de caisses primaires d’assurance-maladie… Autant de services de proximité qui comptent et qui vont disparaître."

- Lire l’interview

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 15:55

Taxe d’habitation

Cette annonce masque l’indécence de l’exonération de l’ISF pour les fortunes mobilières

mercredi 12 juillet 2017

Question de Cécile Cukierman sénatrice de la Loire à Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, le 11 juillet au Sénat :

Première recette fiscale des communes, premier échelon de la démocratie vivante, la taxe d’habitation va connaître, à partir de 2018, une réduction sensible du nombre de ses redevables, jusqu’à la transformer, à 80 %, en dotation d’État.

Impôt injuste, dont les valeurs de référence commençaient à peine d’être révisées en allégeant, notamment, la fiscalité pesant sur les logements locatifs sociaux, la taxe d’habitation va donc être réformée.

Nul doute que les contribuables qui ne la paieront plus du tout seront dans un premier temps, satisfaits.

Mais il est clair, vu les autres mesures annoncées, qu’il s’agit là de faire passer la pilule amère de la hausse de la CSG, celle de l’absence de « coup de pouce » pour le SMIC, en attendant la hausse des taxes sur l’essence, le tabac et le maintien de la TVA à 21,2 % !

Cette annonce masque aussi et surtout l’indécence de l’exonération de l’ISF pour les fortunes mobilières.

D’un côté, 3 milliards d’euros à partager entre 28 millions de redevables : c’est la TH !

De l’autre, 3 à 4 Mds à partager entre 330 000 contribuables ! C’est l’ISF.

Ma question, Monsieur le Ministre est claire :

− Comment allez-vous assurer aux collectivités locales et notamment aux communes dont elle conditionne l’autonomie financière, les ressources que cette réforme risque de leur faire perdre ?

− Ne serait-il pas préférable de prolonger et renforcer les actuels abattements et dégrèvements applicables à la taxe d’habitation aux fins de limiter l’effort fiscal des redevables ?

Deux trois mots rapides, suite à la réponse du ministre.

Sur la durée, se pose clairement la question du financement de la mesure.

17 Mds d’euros d’impôt local en moins, cela nécessite de trouver un financement solide et pérenne. Les « économies » budgétaires ne suffiront pas et nous savons tous que la compensation ne sera pas intégrale, au grand dam des élus locaux des villes et des campagnes.

Ce que nous croyons, en fait, c’est que le Gouvernement entend renforcer encore l’étranglement financier des communes qui ont déjà été ponctionnées de 10 milliards, aux fins de les contraindre aux regroupements les plus divers.

Et cela ne sera nullement positif pour les habitants qui subiront la perte de substance d’un service public appauvri

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 07:37
Eliane Assassi, présidente du groupe communiste républicain citoyen au Sénat

Eliane Assassi, présidente du groupe communiste républicain citoyen au Sénat

Il faut désintoxiquer notre société de la finance, de l’argent facile, de l’argent qui corrompt

mardi 11 juillet 2017

Le 10 juillet au Sénat avait lieu l’examen du projet de loi et du projet de loi organique rétablissant la confiance dans l’action publique.

Eliane ASSASSI, Sénatrice de Seine-Saint-Denis - Présidente du groupe CRC est intervenu dans la discussion générale.

Pour le groupe, si ce texte, est utile, il consiste en une rustine sur un pneumatique au bord de l’explosion. Le CRC soutiendra les améliorations apportées par le rapporteur en proposant de s’affranchir du cadre restreint que veut imposer le Gouvernement pour, entre autres, donner enfin aux collaborateurs parlementaires un véritable statut.

E. Assassi regrette que le gouvernement ait renoncé à une consultation démocratique sur ce projet de loi. Elle précise "qu’un aller-retour démocratique aurait été profitable quand un grand quotidien du soir a souligné, dans un dossier récent, la montée en puissance du secteur privé dans nos vieilles démocraties. Le poison de l’argent dans la vie publique, et c’est là où notre position diffère, doit, non pas être régulé, mais combattu et éradiqué. Montesquieu le disait trois siècles plus tôt, « Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu’un gouvernement monarchique ou un gouvernement despotique se maintienne ou se soutienne (...). Mais dans un État populaire, il faut un ressort de plus qui est la vertu."

- Lire son intervention en intégralité

 

L'intervention d'Eliane Assassi le 10 juillet 2017: 

"Les projets de loi ordinaire et organique dont nous commençons l’examen ont pour objectif de répondre au ras le bol général de nos concitoyens à l’égard de certains comportements de femmes et d’hommes politiques, à l’égard des vases communicants entre fonctions électives ou ministérielles, fonction publique et postes et intérêts privés.

La dernière campagne électorale pour les élections présidentielles a porté à son sommet cette exaspération avec les affaires à tiroir d’un des candidats.

Ce grand déballage est intervenu comme l’aboutissement d’un parcours apportant régulièrement, trop régulièrement, son lot de révélations, défrayant la chronique : de l’organisation de la campagne d’un ancien Président à l’aveu sur une chaîne d’information, de la fuite de sa fortune sur des comptes en banque suisses pour un ministre des Finances.

Il faut se le dire, cette situation est insupportable pour nos concitoyennes et concitoyens, mais aussi pour la grande majorité des élus qui ont à cœur le débat politique et la défense de l’intérêt de leurs administrés.

Le nouveau Chef de l’État a annoncé très vite sa volonté de présenter un projet de loi sur la moralisation de la vie publique. Celui-ci est rapidement devenu un projet relatif à la confiance dans la vie démocratique, pour finalement viser à restaurer la confiance dans l’action publique.

Cette hésitation sémantique provient, à mon avis, d’une difficulté à délimiter le champ d’intervention du législateur. Quelle est la source de la perte de confiance, évidente, de la population dans ceux qui font la politique, gouvernement, élus, en particulier parlementaires ?

Comment ne pas constater que, déjà, le nouveau pouvoir fait face à un rejet dans l’opinion, rejet frappant des ordonnances qui s’attaquent au Code du Travail, alors qu’une victoire importante aux élections législatives aurait dû signifier une popularité inédite ?

De toute évidence, la raison de la perte de confiance ne provient pas que d’une vision désenchantée de l’exercice du pouvoir, mais plutôt d’un doute profond sur l’utilité du vote, pour obtenir les changements attendus.

Or, ces changements ne sont pas seulement la suppression des emplois familiaux ou la transparence dans les revenus ou patrimoines des parlementaires ou ministres. Le vrai changement attendu, les priorités attendues et respectées depuis des décennies, c’est une vie meilleure, le retour du plein emploi, des conditions de logement et de soins décents, des études gratuites et de qualité, des retraites permettant de vivre dignement, une lutte résolue, efficace, pour une transition écologique échappant aux lobbies industriel et financier.

C’est l’absence de résultats et les promesses non tenues qui exaspèrent nos concitoyens.

Ceux qui ne sont rien, ceux qui n’ont pas grand-chose, ne supportent plus l’image de certains qui réussissent en violant la loi, en profitant de la situation acquise par leur vote.

Deuxième élément de la perte de confiance du peuple. Nos institutions qui ne permettent pas une juste représentation de la réalité politique du pays, qui ne permettent pas une réelle proximité entre représentants, gouvernants et citoyens. Le dernier épisode des élections législatives est frappant. Emmanuel Macron et son gouvernement ont obtenu une large majorité à l’Assemblée nationale alors qu’ils sont minoritaires dans le pays, comme l’a illustré le vote de confiance à l’Assemblée nationale.

L’opposition est donc totalement minorée par le rouleau compresseur de la Vème République.

Que dire du Président de la République élu face à Mme Le Pen par un vote nécessaire, mais en rien d’adhésion.

Pourtant le Chef de l’État entend appliquer à la lettre son programme, armé des prérogatives exceptionnelles que lui accorde la Constitution de 1958, sans tenir compte le moins du monde de la relativité de son élection. Bien au contraire, il fonce tête baissée, repoussant chaque semaine les limites de l’hyperprésidence.

Rétablir la confiance dans l’action publique exige un débat sur le caractère de plus en plus monarchique de notre régime.

Irriguer la démocratie demande de casser la verticalité rigide qu’impose le nouveau pouvoir alors que le mouvement En Marche, qui se voulait révolutionnaire, me semble-t-il, visait à privilégier l’horizontalité. Comme trop souvent, on annonce des choses et on fait le contraire une fois élu. C’est cela dont le peuple a assez.

Instaurer la proportionnelle intégrale et non un saupoudrage est une exigence pour rétablir la confiance.

Le mode de scrutin actuel apparaît de plus en plus comme un miroir déformant et déformé de la volonté populaire. Il y a danger. Persister dans cette voie peut conduire à une remise en cause de l’institution parlementaire elle-même.

Redonner dans le même temps ses pouvoirs au Parlement doit être une priorité : fin du 49-3, droit d’amendement pleinement restauré, en particulier en matière budgétaire et pouvoir de contrôle accru sont une exigence.

Comment redonner confiance au peuple dans son Parlement si les pouvoirs de ce dernier s’amenuisent en peau de chagrin ?

Les sujets sont vastes, comme celui par exemple d’une justice au service de tous, accessible aux plus faibles, et à l’indépendance confortée pour affronter les dérives constatées au sein du pouvoir politique.

Le fonctionnement de la haute administration, ses relations avec le pouvoir politique doit aussi être profondément modifié et les aller-retours entre ces deux mondes interdits.

Que dire des excès du CAC 40, de l’explosion des fortunes, des profits indécents gagnés sur des vies asservies et parfois brisées, comme à Whirpool et GM & S !

La répartition des richesses est une clé essentielle du retour de la confiance dans notre système politique.

Enfin, comment moraliser et rétablir la confiance sans s’attaquer aux liens frappants entre médias, pouvoir politique et la finance ?

Qui n’a pas constaté durant la dernière campagne l’influence que certaines chaînes d’information, tombées comme par enchantement peu de temps auparavant aux mains d’hommes d’affaires comme MM. Drahi et Bolloré, avaient choisi leur camp et le défendaient bec et ongles.

Comment ne pas noter également la proximité des instituts de sondage avec les allées du pouvoir ou de la bourse ou des deux.

Le texte dont nous allons débattre peut apparaître utile pour poser quelques rustines sur un pneumatique au bord de l’explosion.

Interdire les emplois familiaux, remettre en cause les réserves parlementaires et ministérielles, s’interroger sur les moyens de fonctionnement des élus, améliorer encore le tracé des financements des partis politiques et campagnes électorales constituent parfois des évidences et toujours des progrès incontestables.

Au cours de la discussion, nous apporterons notre soutien à de telles dispositions améliorées de façon souvent pertinente par le Président rapporteur de la Commission des Lois.

Nous proposerons par des amendements d’aller plus loin, même dans ce champ restreint, je pense en particulier à la création d’un véritable statut pour les collaborateurs parlementaires.

Mais nous avons déposé d’autres amendements pour élargir le débat, desserrer le cadre imposé par le gouvernement. Je regrette que la consultation publique sur le projet de loi envisagée à l’origine ait été abandonnée.

Un aller et retour démocratique sur un tel sujet aurait sans doute été profitable. Vous n’en avez plus voulu, M. le Ministre, et c’est dommageable.

Mes chers collègues, comme le notait un dossier d’un grand quotidien sur la montée en puissance du secteur privé dans nos sociétés occidentales et tout particulièrement en France, vieux pays de mixité de l’économie, des intérêts privés, en un mot de l’argent, a multiplié les occasions de conflits d’intérêts à un point tel que les penseurs officiels constatent leur normalité.

Ce texte, comme d’autres, viserait à réguler cette nouvelle normalité.

C’est sur cette question de fond que nous divergeons avec les partisans, parfois béats, de ce texte. Le poison de l’argent distillé dans la vie publique ne peut être régulé, il doit être combattu, éradiqué.

Pour reprendre les mots utilisés par le Premier ministre sur un autre thème, nous estimons nécessaire de désintoxiquer notre société de la finance, de l’argent facile, de l’argent qui corrompt.

Pour notre part, trois siècles plus tard, nous serons guidés par ces propos extraits de l’esprit des lois de Montesquieu : « Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu’un gouvernement monarchique ou un gouvernement despotique se maintienne ou se soutienne, les forces des lois dans l’un, le bras du prince toujours levé dans l’autre. Mais dans un État populaire, il faut un ressort de plus qui est la VERTU ».

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 07:32
le député communiste Sébastien Jumel, co-porte-parole du groupe avec Pierre Darhéville

le député communiste Sébastien Jumel, co-porte-parole du groupe avec Pierre Darhéville

Code du travail

A l’Assemblée, les députés communistes dénoncent le fond et la forme de la réforme

 

L’examen du projet de loi d’habilitation pour réformer par ordonnances a débuté le 10 juillet à l’Assemblée nationale.

Avant même que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ait présenté son projet de loi Jean-Paul Lecoq a pris la parole pour un rappel au règlement.

"Les conditions d’examen de ce texte sont inédites et inacceptables. Les délais sont complètement fous. À peine plus de 24 heures pour laisser aux députés le temps de prendre connaissance du texte de la commission et exercer leur droit d’amendement. Le gouvernement veut faire vite, au cœur de l’été, pour rendre impossible la mobilisation populaire". Il a dénoncé "le dédain du gouvernement pour les salariés."

De son côté, Pierre Dharrévillle a déchiré ses feuilles : "Voilà ce que vous voulez faire du code du travail !"

Et de préciser entre autre, "votre projet de loi vise à élargir la brèche ouverte par la loi El Khomri lorsque notre président était ministre de l’économie. Votre projet va d’abord, quoi que vous en disiez, renverser la hiérarchie des normes et instituer le principe de défaveur puisque la loi pourra ainsi être contournée par des accords d’entreprise. Chacune aura le droit d’établir ses propres règles – des règles au rabais. Et vous continuez de nous dire que vous voulez lutter contre la complexité du droit pour le rendre effectif, alors que vous allez démultiplier le dumping social au sein même de notre pays et à l’intérieur de chaque branche. Quelle force restera-t-il à la loi ?

Votre projet va fusionner et rabougrir les instances représentatives du personnel, faisant au passage disparaître le CHSCT, pourtant si décisif sur les enjeux de santé et de sécurité.

Votre projet va créer encore de meilleures conditions pour les chantages à l’emploi dont nous avons eu moult exemples dans la période passée. Quels outils restera-t-il aux salariés ?

Votre projet va sanctuariser un nouveau concept, le CDI précaire, et élargir les possibilités de modification unilatérale du contrat de travail. Ainsi, vous souhaitez augmenter la latitude des employeurs tandis que vous limiteriez le pouvoir des juges.

Vos ordonnances ressemblent à celles des docteurs de Molière. La représentation nationale doit savoir que les organisations syndicales représentatives des salariés n’ont quasiment émis que des inquiétudes, tant sur la forme que sur le fond.

Si le Président de la République a expliqué aux salariés qu’il n’était pas le Père Noël, il distribue en revanche déjà des étrennes au Medef, qui en serait presque gêné.

Sa gêne, je vous rassure, madame la ministre, ne dure jamais longtemps ; il continue à vouloir faire baisser le prétendu coût du travail et n’a même pas besoin de promettre d’hypothétiques créations d’emploi – que vos mesures ne provoqueront d’ailleurs pas – puisque tout lui est donné sans effort, comme on l’a vu encore ces derniers jours sur la question de la pénibilité. Je rappelle que la droite a donné en commission son blanc-seing à votre projet.

C’est un signal éloquent, et pour nous pas une surprise.

Quant à ceux qui sont ici la majorité, je leur demande : « Qu’allez-vous faire de votre pouvoir ? Au nom de qui, au nom de quoi allez-vous faire la loi ? » Ce texte constituera l’acte de naissance de votre majorité et de votre force politique. Cet acte vous nomme. Il dira qui vous êtes.

Il va s’agir d’un grave bouleversement dans l’ordre public social, d’un changement de philosophie majeur. Longtemps encore, vous devrez alors expliquer que vous n’êtes pas le Père Noël pour justifier l’impuissance publique et la régression sociale imposée par une finance dont le journal Le Monde dénonçait hier encore les excès.

Ce choix politique nous conduit dans le mur. Il va encore aggraver les conditions de travail et faire des salariés les variables d’ajustement. Au lieu d’enclencher de nouvelles dynamiques sociales et économiques, il va alimenter la spirale de la crise. Il n’y a pas de majorité dans ce pays pour votre entreprise de démolition sociale, ne vous en déplaise.

Nous ferons des propositions pour un véritable code du travail du XXIe siècle, en pointant les défis du temps qui vient : la lutte contre la financiarisation de l’économie et la domination de la finance, l’obtention de nouveaux pouvoirs pour les salariés dans la gestion afin de relever les défis économiques, sociaux et écologiques, la sécurisation des parcours professionnels à travers l’emploi et la formation, l’encadrement du recours à la précarité et celui de l’échelle des salaires, une protection sociale de haut niveau, etc. Tous les gestes que nous poserons viseront à empêcher, ou tout au moins à limiter, non pas le champ de la concertation mais la portée de votre habilitation.

Voilà ce que vous voulez faire du code du travail. Mais nombreux sont celles et ceux qui veulent en écrire des pages d’avenir. Et vous ne pourrez longtemps les ignorer !"

- En savoir plus sur la page Facebook des députés du Front de gauche

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 06:47

Quand Sarkozy déclarait, avec pour bréviaire le discours culturaliste et essentialiste de Henri Guaino, inspiré des thèses de Hegel au 19e siècle, que l'homme africain n'était pas entré dans l'histoire... Macron, qui a travaillé dans ses études de philosophie sur Machiavel et ... sur Hegel, lui aussi, y est allé au sommet du G 20 de Hambourg le 8 juillet 2017 de sa propre explication, sur le mode Tintin au Congo: d'abord "le continent est confronté à un défi civilisationnel" et enchaîne le problème de ce continent vient du fait que "femmes font sept ou huit enfants".  Des propos racistes, misogynes, nourri de préjugés généralisateurs et insultants, de la part de notre représentant officiel, qui sont à nouveau une vraie honte pour notre pays, ancienne puissance coloniale, puissance néo-coloniale déclinante, pleine encore d'arrogance dans son rapport aux pays africains.  Cela en dit long sur des réserves de connerie insoupçonnées de gens qui au demeurant sont intelligents, manière bêtes calculatrices et rusées, nées de leur sentiment de supériorité usurpé et de leur suffisance.  Les illettrées de GAD, ceux et celles qui ne sont rien et qu'on croise tous les jours dans les gares, en savent quelque chose. 

Ismaël Dupont 

 

Le Point: 

C'est une petite phrase qui est passée relativement inaperçue samedi 8 juillet, mais qui a été repérée par le site Politis. Alors qu'il faisait face à la presse lors du sommet du G20 à Hambourg, Emmanuel Macron a été interrogé au sujet de la situation actuelle de l'Afrique. Évoquant un continent qui fait face à un défi « civilisationnel », il explique que, selon lui, les problèmes de l'Afrique sont liés aux « États faillis », aux « transitions démocratiques complexes » et à la « transition démographique ».

« Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d'y dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien », ajoute-t-il ensuite. Une déclaration qui a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains taxant le chef de l'État de racisme. Il y a un mois, Emmanuel Macron avait déjà dû faire face à une polémique après avoir déclaré au sujet des kwassa-kwassa, ces embarcations typiques de Mayotte, qu'elles « pêchaient peu », mais « amenaient du Comorien », référence à l'immigration très forte en provenance de l'archipel.

L'Élysée avait dû se justifier, évoquant des propos maladroits et un trait d'humour malheureux. Cette nouvelle sortie du président de la République sur l'Afrique a fait réagir certains médias étrangers, comme le site Quartz, qui parle d'une « tradition » française de déclarations « condescendantes » faisant totalement abstraction des séquelles encore importantes du colonialisme.

Une problématique envisagée de la mauvaise manière

Dans un ouvrage paru en 2017 et intitulé « Le Ventre des femmes », la politologue Françoise Vergès relate un épisode peu glorieux de l'histoire coloniale française, celui des avortements et des stérilisations forcés de nombreuses femmes sur l'île de La Réunion dans les années 70. Une réponse complètement erronée, selon elle, à un problème que les autorités françaises ont envisagé à l'envers : « On rend les femmes du tiers-monde responsables du sous-développement. En réalité, on inverse la causalité : la plupart des études prouvent aujourd'hui que c'est le sous-développement qui entraîne la surpopulation. »

En 2007, le discours controversé prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar avait provoqué de très fortes réactions, notamment en raison de cette phrase : « L'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. » Celui qui était alors président de la République et son conseiller Henri Guaino avaient mis l'accent sur la responsabilité des Africains et pas suffisamment, au goût de certains observateurs, sur celle de la principale puissance coloniale du continent, la France.

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