Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 06:15
Loi travail: le rappel au réglement du député communiste Jean-Paul Le Coq (Paris-Normandie, 11 juillet 2017)

LE HAVRE (Normandie) -

Jean-Paul Lecoq, député PCF de la 8e circonscription de Seine-Maritime (Le Havre - Gonfreville-l’Orcher) a fait un rappel au règlement au sujet de l’examen de la loi Travail par les députés. L’élu communiste pointe « des délais complètement fous ». « Il ne m’a pas échappé que les conditions d’examen de ce texte et le déroulement de la séance sont inédits. Inédits et inacceptables ! Le gouvernement aurait souhaité empêcher le législateur d’intervenir sur ce texte, il ne s’y serait pas pris autrement. Notre commission a achevé l’examen du texte ce jeudi 6 juillet en fin de matinée. Il a été mis en ligne à 15 heures le jour même pour un dépôt des amendements le vendredi 7 juillet à 17 heures. À peine plus de 24 heures pour laisser le temps aux députés de prendre connaissance du texte de la commission et exercer leur droit d’amendement. Des délais complètement fous ! À tel point que la commission a sorti son rapport bien après le délai imposé pour déposer les amendements : le 7 juillet à 22 h 10. Et que dire du temps consacré à la concertation sociale ! L’article 86 de notre règlement prévoir que le délai qui sépare la mise à disposition par voie électronique du texte adopté par la commission et le début de son examen en séance ne peut être inférieur à 7 jours. Un délai serré mais acceptable. Lorsque la procédure accélérée est engagée, comme c’est le cas sur ce texte, le texte doit être mis à disposition dans les « meilleurs délais ». Nul doute ici : cette condition n’est pas remplie».

Le gouvernement veut faire vite, très vite, à tel point qu’il fait ce week-end son annonce sur la pénibilité. Il veut décrocher son habilitation au cœur de l’été pour rendre impossible la mobilisation populaire. Cette précipitation, qui conduit à traiter avec dédain l’exigence constitutionnelle « de garantir le caractère effectif du droit d’amendement », traduit le mépris du gouvernement à l’égard des premières victimes de votre réforme : les travailleurs» conclut le député communiste du Havre.

Partager cet article
Repost0
12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 05:44
Le gouvernement Macron-Philippe veut encore affaiblir les prud'hommes (Médiapart - 11 juillet 2017)
Le gouvernement veut encore affaiblir les prud'hommes
 PAR 

Emmanuel Macron et sa ministre du travail, Muriel Pénicaud, souhaitent raboter le montant des indemnités versées aux salariés licenciés abusivement. Alors même que le nombre de cas portés devant les tribunaux fond comme neige au soleil, comme le révèle Mediapart.

 

Emmanuel Macron a décidément une dent contre les prud’hommes. Parmi les mesures emblématiques de la réforme du code du travail qu’il pousse son gouvernement à adopter séance tenante, figurent en bonne place le plafonnement et la barémisation des dommages et intérêts que les conseils des prud’hommes peuvent accorder lorsqu’ils jugent qu’un licenciement est abusif. Cette mesure sera l’un des symboles de la loi sur le travail, saison 2, et devrait concentrer une bonne partie des polémiques autour du débat parlementaire qui s’est ouvert ce lundi 10 juillet. Mais qui l’a compris ? Ce n’est pas la première fois que, sous la tutelle d'Emmanuel Macron, une mesure est prise qui aboutit à restreindre le pouvoir des prud’hommes, ces juridictions que les représentants du patronat présentent quasi unanimement comme une nuisance potentielle.

Comme Mediapart l’avait expliqué en mai, une discrète mesure de la loi Macron, passée inaperçue en 2015, complique très sérieusement l’accès des salariés aux prud’hommes. À l’époque, nous ne disposions pas des données officielles. Nous avons depuis obtenu les statistiques du ministère de la justice, telles qu’elles ont été remontées de tous les conseils des prud’hommes de France, et elles sont ahurissantes. En 2016, selon les chiffres officiels révélés aujourd’hui par Mediapart, le nombre de saisines des prud’hommes a diminué de 20 % par rapport à l’année précédente. Et la tendance n’a fait que s’accélérer au premier trimestre 2017 : concernant les affaires au fond (qui ne comprennent pas les référés), la baisse a été de 22 % en janvier 2017 par rapport à janvier 2016, de 33 % en février, et de 46 % en mars. Selon Le Parisien, cette baisse au premier trimestre 2017 est de 30 à 40 % à Bobigny, et de 66 % à Créteil… Alors que jusqu’en 2015, entre 190 000 et 200 000 personnes saisissaient les prud’hommes chaque année, ce chiffre fond donc à une vitesse vertigineuse.

Qu’à cela ne tienne. Les projets gouvernementaux, qui devraient se concrétiser dans les ordonnances publiées à la fin de l’été, ne vont pas rendre les prud’hommes plus attractifs, loin s’en faut. La loi d’habilitation, actuellement débattue à l’Assemblée, devrait déterminer de façon très précise quelle somme pourra être versée au salarié dont le licenciement a été jugé abusif par les prud’hommes, en plus des indemnités légales qui sont toujours versées en cas de licenciement (un cinquième de mois par année d’ancienneté). Sont prévus un plancher sous lequel ne pas descendre et un plafond à ne pas dépasser, le tout en fonction de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise, avec une série de curseurs intermédiaires obligatoires. Ce barème sera exprimé en nombre de mois de salaire pour chaque salarié.

 

L’idée d'un barème, à l’époque indicatif, a été suggérée dans le dernier rapport portant sur les prud’hommes, rendu en juillet 2014 par Alain Lacabarats, président honoraire de la chambre sociale de la Cour de cassation. L’idée a immédiatement séduit le ministre de l’économie Emmanuel Macron, et a été reprise par le gouvernement pendant le débat parlementaire sur la loi portant son nom. En 2015, la loi Macron établit donc un plafonnement des indemnités versées et un « référentiel indicatif » en fonction de l'ancienneté, de l'âge et de la situation du demandeur par rapport à l'emploi. Mais la mesure est invalidée par le Conseil constitutionnel, qui refuse que le barème se fonde en partie sur la taille de l’entreprise. Pourtant, sur le fond, le Conseil a validé le principe du barème, estimant qu’il poursuivait « des buts d’intérêt général ».

L’année suivante, toujours à Bercy, Emmanuel Macron a de nouveau tenté de faire passer le principe, dans la loi sur le travail défendue par El Khomri. Un pas de plus était franchi : le barème devenait obligatoire, et très restrictif, alignant tous les seuils sur des montants très faibles, destinés aux petites entreprises dans la loi précédente. Mais craignant de s’ajouter une épine dans le pied en pleins mois de manifestations, François Hollande et Manuel Valls avaient finalement désavoué leur ministre, optant pour un barème purement indicatif. Les seuils d’indemnisation conseillés, publiés seulement fin 2016, se sont révélés plus généreux que ceux que le ministre souhaitait initialement. La nouvelle réglementation ne date donc que de six mois et il va sans dire, comme Mediapart l’a déjà pointé, que la réforme voulue par Macron se fera donc sans que personne ne soit capable de tirer un vrai bilan des règles actuelles, tout juste stabilisées.

Aujourd’hui, le gouvernement avance deux raisons pour justifier sa réforme. Il s’agirait d’abord d’en terminer avec« l’imprévisibilité » des décisions des prud’hommes à propos des indemnités à accorder à un salarié licencié abusivement. La ministre du travail Muriel Pénicaud a affirmé à plusieurs reprises que « l’insécurité juridique »serait « un frein à l’emploi et un frein à l’initiative » pour les entreprises, qui craindraient de vivre sous l’épée de Damoclès d’un jugement potentiellement sévère. La ministre assure aussi que les indemnités accordées seraient inéquitables, car pouvant fortement varier pour des contentieux qui se ressemblent fortement. La réforme permettrait, assure le gouvernement dans l’étude d’impact du texte, de « lever les freins au recrutement, en accroissant la prévisibilité des décisions rendues et en sécurisant les entreprises, notamment les TPE-PME, au regard des risques liés à la rupture du contrat de travail ».

 

Le problème, c’est qu’aucune étude sérieuse n’a pu établir que les prud’hommes, et le montant des indemnités qu’ils accordent, étaient vraiment des « freins au recrutement ». Au contraire, même. Dans une toute récente étude, dont Mediapart s’est déjà fait l’écho, l’Insee a résumé les positions des chefs d’entreprise qu’elle interroge très régulièrement. Il apparaît que ceux qui estiment qu’il y a des barrières à l’embauche en France ne dirigent que 48 % des salariés du pays, et que même parmi eux, les risques juridiques du licenciement et les coûts qui y sont liés n’arrivent qu’en quatrième et cinquième positions des motifs cités (ils sont nommés par des entreprises employant respectivement 14 % et 10 % des salariés). Loin derrière l’incertitude de la situation économique (28 %), l’absence de main-d’œuvre compétente (27 %) et les cotisations sociales jugées trop élevées (18 %)…

« C’est un peu désespérant. Les statistiques et les études sont moins puissantes que les récits et les anecdotes qui circulent. Quand Emmanuel Macron dit que les PME ont peur d’embaucher, il est au niveau de l’anecdote. Aucun chiffre sérieux ne valide cette idée. Quand on descend dans les faits, cela ne tient pas », estime Sebastian Schulze-Marmeling. Chercheur associé au Centre d’études de l’emploi, spécialiste du conflit au travail, il a réalisé une étude en 2014 qui montre que les prud’hommes ne sont pas un frein à l’embauche. Il a établi qu’en France, on constate plutôt une grande stabilité du nombre de saisines entre la fin des années 1970 et le milieu des années 2010, et que le taux de recours à cette instance en France était bien en dessous de la moyenne européenne (lire ici l’interview où il détaille ses conclusions).

« Depuis trois ans, ce sujet n’a fait que monter, et atteint désormais le discours politique à la tête de l’État, note Sebastian Schulze-Marmeling. Il y a peut-être des abus aux prud’hommes, comme partout, mais aucune statistique n’existe sur le sujet. Et bien que les audiences soient publiques, les récits de décisions favorisant exagérément les salariés n’émergent pas. » Le chercheur rappelle également que l’on trouve facilement des abus dans l’emploi des CDD de la part d’entreprises. « Et pourtant, ce n’est pas pour ça qu’on trouve un seul membre du gouvernement qui propose de supprimer le recours aux CDD », souligne-t-il pour mieux critiquer la position politique du gouvernement. Quant à l’argument de Muriel Pénicaud et du premier ministre Édouard Philippe selon lequel il est anormal que des décisions judiciaires ne soient pas les mêmes pour des cas proches, cela ne l’émeut guère : « Justement, cette incertitude joue un rôle. La justice n’est pas là pour mettre une étiquette disant combien cela coûte de violer la loi en licenciant un salarié de façon abusive… » C’est pourtant l’objectif affiché du gouvernement.

Sur quelles bases travaille donc l’exécutif ? Comment évalue-t-il l’échelle des condamnations prononcées par les prud’hommes pour affirmer, comme vient de le faire Muriel Pénicaud dans l’hémicycle, qu’une situation similaire entre deux salariés pouvait déboucher sur une indemnisation allant « de un à cinq » ? En fait, une seule étude sérieuse a été réalisée. En 2015, le ministère de la justice a fait étudier un échantillon de quelque 400 arrêts rendus en appel, jusqu’en octobre 2014. Elle concluait que les dédommagements liés à l’absence de cause réelle et sérieuse de licenciement s’élevaient en moyenne à un peu plus de 24 000 euros et étaient supérieurs à 29 000 euros dans un quart des décisions. En intégrant tous les coûts de la rupture du contrat de travail (indemnités légales de licenciement, salaires ou heures supplémentaires impayés), la somme moyenne atteint 40 000 euros. Mais les variations sont très fortes, s’étageant de 1 225 à 350 000 euros.

Et puis, au fond, cette étude sur 400 cas peut difficilement prétendre être représentative : à cette époque, plus de 180 000 cas étaient jugés tous les ans, et 80 % d’entre eux donnaient lieu à un appel. Qui plus est, cette étude n’est pas publique. Mais un article détaillé en a dévoilé le contenu l’an dernier dans La Revue du droit du travail. Il est signé par Évelyne Serverin, directrice de recherche émérite au CNRS, membre du Conseil supérieur de la magistrature et l’une des meilleures spécialistes des prud’hommes, et il est disponible sous l’onglet Prolonger de cet article.

De fait, à l’image d’une bonne partie de cette loi sur le travail, saison 2, la réforme des prud’hommes répond à une vieille doléance patronale. Les chefs d’entreprise rêvent de pouvoir provisionner par avance le coût d’un licenciement potentiellement illégal. Et pour appuyer leurs demandes, ils n’hésitent pas à relayer les cas qu’ils ont repérés au fil du temps et qui ont mis en difficulté une entreprise, souvent de petite taille. Et puisque l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le vice-président de la CPME, Jean-Michel Pottier, décrit inlassablement depuis plusieurs années un cas concernant la petite entreprise de textile qu’il dirige.

Il a encore raconté sa mésaventure ce lundi sur France Info, comme il l’avait faitdevant la commission des affaires sociales de l’Assemblée, le 30 mars 2016

Il explique qu’il a perdu aux prud’hommes après avoir licencié un salarié lui ayant« prélevé » du tissu. Bien que la cour d’appel de Douai ait reconnu la faute du salarié, elle a estimé que le licenciement n’était pas une sanction adaptée, et a condamné l’entreprise à lui payer 40 000 euros de dommages et intérêts. Résultat, assure le représentant patronal, il a dû mettre de son argent personnel dans la trésorerie de son entreprise, pour lui permettre de passer ce cap difficile. Devant l’Assemblée, il a assuré que le « pouvoir d’appréciation » des juges « peut conduire à des situations catastrophiques pour l'emploi et pour l'entreprise ».

 

Mais la chercheuse Évelyne Serverin a un autre regard sur ce cas présenté comme emblématique. Dans son article, elle en donne une version plus nuancée, après avoir lu l’arrêt de la cour d’appel : « La faute de la salariée consistait à avoir réalisé un travail personnel (un tablier), avec des chutes de tissu et dans le temps de travail. Or, selon les termes mêmes de la lettre de licenciement, il existait une “tolérance” à l'égard de l'utilisation des machines à coudre pour des travaux personnels pendant les périodes de pause, y compris en utilisant des chutes de coupe non valorisables. » Ce que la justice a retenu contre cette salariée, 26 ans d’ancienneté, est qu’elle a confectionné ce tablier pendant ses heures de travail, et non de pause. Pas de quoi valoir un licenciement.« Qu'un employeur puisse se présenter comme une victime dans une telle affaire, et recevoir une écoute complaisante, en dit long sur l'état d'avancement du processus de délégitimation de la justice du travail », assène l’auteure.

L’article d’Évelyne Serverin est aussi, et surtout, intéressant parce qu’il se penche sur le nerf de la guerre : l’argent. Il compare les sommes accordées par les cours d’appel, telles qu’elles ont été recensées par la Chancellerie sur 400 décisions, au barème qu’Emmanuel Macron avait tenté d’imposer dans la loi sur le travail avant de se faire désavouer par l’Élysée et Matignon. Une échelle qu’il est pertinent de considérer, puisque nul ne sait pour l’instant à quel niveau sera fixé le nouveau barème 2017, institué par les ordonnances. Or, l’article « met en évidence la tendance à l'écrêtage des indemnisations, limitant la compensation des dommages subis par les salariés les plus anciens dans l'entreprise ».

Le barème, tel que l’avait pensé l’alors ministre de l’économie en 2016, plafonnait les dommages et intérêts versés à 12 mois de salaire pour une ancienneté de 10 à 20 ans, et à 15 mois pour plus de 20 ans de présence dans l’entreprise. Si l’on s’en tient aux moyennes constatées par la Chancellerie sur son échantillon restreint, les plafonds proposés correspondent à peu près aux sommes accordées par la justice. Mais il y a un nombre substantiel de décisions qui accordaient aussi beaucoup plus, au-delà de deux ans de salaire. Or, constate la chercheuse, la proportion des salariés ayant obtenu plus de deux ans de salaire « s'accroît en fonction de l'ancienneté : c'est le cas d'un cinquième des salariés dans la tranche des 10 à 15 ans, d'un quart dans celle des 15 à 20 ans, et de la moitié dans celle des plus de 20 ans ».

Conclusion, « ce sont les droits des salariés les plus anciens qui étaient les plus menacés par l'avant-projet de loi travail », avec de très sérieuses conséquences, car « la part des salariés âgés demandeurs aux prud'hommes n'a cessé de croître entre 2004 et 2013 : la fraction des plus de 50 ans est passée de 21 % à 34 %, et celle des plus de 60 ans de 2 % à 10 % ». Et donc, « un plafonnement à des niveaux aussi bas que celui qui avait été envisagé par le projet de loi travail était porteur d'un risque réel de faciliter le licenciement des salariés les plus anciens, venant grossir la population des demandeurs d'emploi de longue durée ».

Cette catégorie de la population ne sera sans doute pas davantage protégée par la future barémisation. Mais il faut considérer l’intérêt que pourrait y trouver, ou non, une autre catégorie d’acteurs, les petites entreprises. Car tous les conseillers siégeant aux prud’hommes donnent une explication simple sur la grande disparité des indemnités accordées selon les cas : lorsqu’il s’agit de prendre leur décision, les conseillers, qui sont répartis à égalité entre représentants des employeurs et des salariés, prennent largement en compte la taille et la santé de l’entreprise. Dans une étude publiée par le site The Conversation, Thierry Kirat, directeur de recherche au CNRS, a justement étudié 83 décisions prud’homales selon cet axe. Il a établi que lorsque l’employeur est une TPE ou une PME, le conseil donne tort au salarié dans 43 % des cas, contre 31 % des cas pour les grandes entreprises. Et lorsqu’une réparation financière est accordée, son montant moyen est de 8 000 euros pour les petites entreprises, soit quatre fois moins que pour les grandes…

« Les juges ne sont pas des enfants. Si un licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse, c’est qu’il y a un abus, et c'est uniquement cet abus qui est sanctionné par le conseil des prud’hommes, qui doit rester maître de ses décisions, rappelle Emmanuel Boutterin, un des responsables de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), conseiller prud'homal à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) et membre du Conseil supérieur de la prud’homie. Chaque cas est pesé raisonnablement par le juge, en fonction de multiples critères. Un plancher, par exemple, pourrait être contre-productif dans le cas de petites entreprises, qui vont plutôt souffrir d'une barémisation. »

Emmanuel Boutterin indique que l’Udes « n’est pas opposée en soi à la barémisation, notamment à cause des chiffres surréalistes qui peuvent être atteints dans la section encadrement », mais estime qu’une telle réforme « ne va pas au bout du raisonnement » :« Si on veut vraiment sécuriser les entreprises, on peut, pourquoi pas, travailler sur une meilleure définition des causes réelles et sérieuses du licenciement ? Pourquoi ne pas barémiser les parachutes dorés et les soumettre au juge ? Mais l’affaiblissement du pouvoir du juge, cela ne peut pas être positif. » Une opinion qui sera partagée par une grande majorité des conseillers prud’homaux, tout comme des syndicats, mais qui a peu de chances de convaincre dans les rangs de La République en marche.

 

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 07:16
75 ème anniversaire de la Rafle du Vel d'Hiv: Benjamin Netanyahu, le dirigeant d'extrême-droite israélien invité par Macron, n'est pas l'homme des messages de paix et de tolérance (PCF)

75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv : "La commémoration doit envoyer un message fort de paix, et Benjamin Netanyahu n'est pas l'homme de ce message "

 

L'Elysée a confirmé la venue, le 16 juillet prochain, du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv par la police française du régime de Vichy. Ce n'est pas faire honneur aux 13 152 juifs, parmi lesquels plus de 4 000 enfants, que la police de Pétain rafla dans la région parisienne pour les envoyer à la mort et complaire à l'Occupant allemand dont la « solution finale » était une des pierres angulaires de son idéologie dévastatrice.


La commémoration de la Rafle du Vél d'Hiv se doit de porter un message fort de paix, de lutte déterminée contre l'antisémitisme, contre toutes les formes de racisme et de haine dont étaient porteurs le régime nazi et ses collaborateurs français.


Benjamin Netanyahu n'est pas l'homme de ce message. Nul n'a oublié qu'en octobre 2015, le dirigeant israélien avait provoqué une indignation unanime, jusqu'au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu' « Hitler n'(avait) pas souhaité exterminer les juifs ».


Le premier ministre israélien dont l'obédience d'extrême droite n'est plus un secret pour personne est un homme de guerres et de violences qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d'un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens. Il n'est pas le bienvenu à ces cérémonies qui doivent rassembler notre pays tout entier dans l'hommage aux martyrs du Vél d'Hiv, aux 42 000 juifs de notre pays et 6 millions de morts de la Shoah exterminés méthodiquement par les Nazis et les régimes, comme celui de Vichy, qui en furent les complices.


Le Parti communiste français réprouve l'invitation faite à Benjamin Netanyahu par le président Emmanuel Macron et récuse toute instrumentalisation de ce douloureux 75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv.


Le combat contre le révisionnisme historique est un combat quotidien qui appelle à la plus grande vigilance et qui n'autorise aucun petit calcul politicien.

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 07:14
Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique: Une mesure purement idéologique (PCF)

Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique : Une mesure purement idéologique

 

Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique: Une mesure purement idéologique 

En marge des états généraux des comptes de la Nation, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé le rétablissement du jour de carence dans la fonction publique.

Après le gel du point d’indice pour les agents de la fonction publique et la volonté de supprimer 120 00 postes en 5 ans, cette décision est une nouvelle fois guidée par un seul objectif : s'attaquer aux fonctionnaires et, à travers eux, aux missions de service public pour l'égalité. 

Quand le gouvernement justifie cette décision par un retour à l’égalité entre les salarié-e-s du privé et du public, il ment.  En réalité la grande majorité des salarié-e-s du secteur privé n’est pas assujettie au jour de carence en vertu de différentes  prise  en charge  par  les  employeurs.

Inefficace pour lutter contre l’absentéisme, cette mesure est purement idéologique. 

Plutôt que de stigmatiser chaque salarié en arrêt maladie, insinuant qu’il s’agit d’un fraudeur, Gérald Darmanin devrait s’interroger sur les raisons de la souffrance au travail.

Si le gouvernement souhaite réduire les arrêts maladie, il faut s’attaquer frontalement aux causes qui les génèrent. À savoir la dégradation généralisée des conditions de travail et la souffrance occasionnée par les politiques d’austérité.

L’argent existe pour financer une toute autre politique. Chaque année, 80 milliards s’évaporent dans les paradis fiscaux, utilisons cet argent pour renforcer le rôle préventif de la médecine du travail et développer des mesures destinées à améliorer les conditions de travail des fonctionnaires.

Le gouvernement doit entendre les revendications des fonctionnaires qui sont porteuses d'intérêt général.

Pour le Parti communiste français, il ne doit y avoir aucun jour de carence. Ni dans le privé, ni dans le public. 

Nous appelons à participer massivement à la journée de mobilisation prévue le 12 septembre.
Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique: Une mesure purement idéologique (PCF)
Partager cet article
Repost0
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 14:15
Suppression de 120 000 postes de fonctionnaires et rétablissement du Jour de carence dans la Fonction Publique

vendredi 7 juillet 2017

Aujourd’hui, Christian Favier, sénateur du Val-de-Marne, a interrogé Gérald Darmanin le Ministre de l’Action et des Comptes Publics, au sujet de l’instauration annoncée d’un jour de carence dans la fonction publique, compensé par des mesures dites de prévention et de prévoyance.

Il l’interroge d’abord quant à la pertinence de la mise en place d’un jour de carence, mesure vexatoire qui n’aurait d’autres conséquences concrètes que celle d’entretenir le mythe de fonctionnaires abusant des arrêts maladies.

Surtout, cette mesure pourrait générer une inégalité entre agents du public et salariés du privé, étant donné qu’en cas d’arrêt maladie, la grande majorité des mutuelles du privé opèrent un versement sans délais de carence.

Il lui demande enfin des précisions quant aux mesures de compensation évoquées lors des rencontres organisées 30 mai dernier 2017 avec les syndicats de la Fonction Publique.

Christian Favier

Christian Favier

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 06:37

Contre une Majorité sourde et résolument libérale : La bataille des ordonances ne fait que commencer...

 

Ordonnances travail: la bataille ne fait que commencer (communiqué de Pierre Dharréville, porte-parole du groupe PCF à l'Assemblée)
Ordonnances travail: la bataille ne fait que commencer (communiqué de Pierre Dharréville, porte-parole du groupe PCF à l'Assemblée)
Partager cet article
Repost0
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 06:18
La Banque Postale: une réorganisation destructrice selon les syndicats CGT, CFDT, FO, SUD
Les syndicats CGT, CFDT, FO et SUD de La Poste dénoncent mercredi la réorganisation en cours à la Banque Postale, « programme de destruction des services financiers », qui leur fait craindre pour l'avenir d'environ « 500 salariés ».

« La Banque Postale poursuit son programme de destruction des services financiers (...) nouvelle étape qui ne prévoit ni plus, ni moins que la délocalisation complète des activités de traitement du chèque », déplorent les syndicats dans un communiqué commun. « Alors que 2018 sera l'année du centenaire du chèque postal (créé en janvier 1918), la Banque Postale fait le choix d'externaliser une activité essentielle au fonctionnement de la banque », ajoutent-ils, en rappelant que nombre d'usagers continuent de l'utiliser.

Un virage numérique au « détriment de la qualité des services »

Cette réorganisation concerne potentiellement « environ 500 personnes qui devront être reclassées, risquent de ne pas retrouver d'activité, et dont certaines, à quelques années de la retraite, ne pourront pas être formées », a expliqué à l'AFP Hélène Gorce de SUD PTT.

Reconnaissant les effets positifs de la numérisation de certains services, Hélène Gorce dénonce cependant un « développement commercial forcené » et un « manque d'anticipation », « sans phase de transition et d'accompagnement adaptée pour les salariés », au « détriment de la qualité des services », qui fait « fuir les clients vers d'autres banques ».

Une réorganisation trop « rapide » selon le médiateur

Le programme de réorganisation de la Banque Postale prévoit notamment de regrouper au sein de trois établissements un grand nombre d'activités de traitement des moyens de paiement qui étaient exécutées dans 23 centres régionaux jusqu'à présent. Il prévoit aussi de regrouper la réception des services courrier des clients de la banque et les services de production des relevés de compte à Bordeaux et Orléans. Les syndicats citent un rapport du médiateur de la Banque Postale mettant en garde contre une réorganisation trop « rapide ».

Interrogée par l'AFP, la direction de La Poste a assuré que « ce transfert d'activité n'entraîne aucun licenciement et ne s'accompagne d'aucun plan de départ volontaire ». Elle assure également que cette « évolution » se réalisera avec « un accompagnement individualisé des équipes, et un dialogue régulier avec les partenaires sociaux », passant notamment par « un important dispositif de formation ».

AFP, 5 juillet

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 05:28
Malgré les avertissements, la France s'enfonce dans l'état d'urgence
 PAR 

Le Parlement a définitivement adopté, jeudi en fin d'après-midi, la loi prolongeant pour une sixième fois l'état d'urgence jusqu'au 1er novembre. Au même moment, la Commission nationale consultative des droits de l'homme adoptait un avis dénonçant une dérive sécuritaire « affectant gravement le régime français des libertés et droits fondamentaux ».

Jeudi 6 juillet en fin de journée, les députés ont définitivement adopté la loi prorogeant pour la sixième fois l’état d’urgence en France jusqu’au 1er novembre 2017. À peu près au même moment, l’assemblée plénière de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNDH) adoptait un avis dénonçant, une nouvelle fois, l’enracinement des mesures d’exception dans notre droit et le recul des libertés fondamentales.

Comme à chaque prolongation, le texte a été adopté à une très large majorité des députés présents (137 voix pour et 13 contre), comme il l’avait été la veille par les sénateurs.

Dans un communiqué publié mercredi, un collectif composé de douze associations, universitaires et avocats (dont la LDH, le syndicat de la magistrature, le syndicat des avocats de France, Human Rights Watch, La Quadrature du Net ou encore Greenpeace) appelait « les députés à ne pas voter la loi de prorogation de l’état d’urgence et tous les parlementaires à rejeter la loi renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure ».

Ces deux textes font en réalité partie d’un même plan du gouvernement visant à mettre fin à l’état d’urgence en vigueur depuis le mois de novembre 2015 tout en en inscrivant les principales mesures dans le droit commun. Pour cela, le gouvernement a déjà réussi à faire adopter en un temps record la prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 1ernovembre 2017 et, d’ici là, il espère voir adopté son projet de loi antiterroriste, actuellement en cours d'examen en première lecture au Sénat, inscrivant dans le code de la sécurité intérieure (CSI) quatre mesures phares tirées de l’état d’urgence.

Ce texte permettra aux préfets d’ordonner, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, des perquisitions administratives, d’obliger des personnes à résider dans une zone déterminée, d’instaurer des « périmètres de sécurité » lors d’événements, au sein desquels les règles de contrôle seront assouplies ou encore d’ordonner la fermeture de lieux de culte. L’ensemble de ces mesures pourront être décidées sur de simples soupçons des services de renseignement et sans le contrôle d’un juge judiciaire, hormis dans le cas des perquisitions qui devront être autorisées par une juge des libertés et des détentions (JLD).

Vendredi dernier, le président Emmanuel Macron avait reçu des représentants du collectif d’associations mobilisées depuis le début du mois de juin contre ce projet. À celles-ci, le chef de l’État a promis qu’il s’agissait là de « la première et la dernière loi en matière antiterroriste » de son mandat, a fait savoir la délégation. Mais, pour le reste, cette dernière n’a pu faire que « le constat d'une divergence de fond avec le président de la République sur la nature et les effets du projet de loi antiterroriste, directement inspiré des mesures de l'état d'urgence ». Emmanuel Macron a également refusé de revenir sur la procédure d’urgence décrétée sur ce texte « bien que celle-ci empêchera un débat démocratique approfondi ».

Les associations en avaient donc appelé aux parlementaires. « Tandis que l’état d’urgence se voulait temporaire et ses mesures exceptionnelles, les fouilles indifférenciées, les assignations et les perquisitions de la loi à venir seront permanentes », soulignait leur communiqué. « Les atteintes aux libertés d’aller et de venir, de se réunir et de manifester, la stigmatisation des personnes de confession musulmane ou supposées telles, et avec elle la division de la société, prendront, elles aussi, un tour permanent, par l’effet de cliquet propre aux législations antiterroristes, comme le montre l’expérience de celles accumulées, presque sans débat, ces dernières années », estiment les associations

Elles soulignent au passage que la nouvelle loi de prorogation de l’état d’urgence a réintroduit une mesure pourtant censurée il y a quelques semaines par le Conseil constitutionnel : les interdictions de manifester. « Autre preuve de duplicité du discours officiel : les interdictions dites “de séjour” (valant interdiction de se déplacer pour participer à une manifestation), censurées par le Conseil constitutionnel, ont été réintroduites par le gouvernement et aussitôt adoptées en commission des lois du Sénat, écrivent-elles. Cette disposition spécifique pourra être utilisée contre des manifestants ou militants, sans lien avec le terrorisme, comme cela été le cas ces derniers mois. »

Les associations ont reçu, jeudi 6 juillet, le soutien de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), laquelle a adopté en assemblée plénière un avis extrêmement sévère sur le projet de loi antiterroriste, dénonçant « des pouvoirs de police exorbitants », « des garanties insuffisantes » et un « dispositif inefficace », voire « contre-productif ».

Tout en reconnaissant la nécessité « de protéger les populations et d’apporter des réponses concrètes » à la menace terroriste, la CNCDH « tient une nouvelle fois à rappeler solennellement que la restriction des libertés fondamentales ne saurait être le prix à payer pour la lutte contre le terrorisme ». Plus précisément, la commission rappelle « le caractère nécessairement exceptionnel et provisoire de dispositions de l’état d’urgence » et « s’inquiète de la forme prise par cette sortie (de l’état d’urgence), si celle-ci passe par l’inscription des mesures emblématiques de l’état d’urgence dans le droit commun ».

L'avis de la CNCDH estime que le projet de loi du gouvernement « s’apparente à une prolongation indéfinie de l’état d’urgence ». « Des mesures prévues dans le cadre du régime dérogatoire à l’état d’urgence, conçu comme une suspension temporaire des droits et libertés garantis par la Constitution, se voient aggravées et pérennisées par leurs inscription dans le droit ordinaire, affectant gravement le régime français des libertés et droits fondamentaux ».

La commission dénonce notamment les « pouvoirs exorbitants » confiés aux préfets et au ministère de l’intérieur pour sanctionner de manière préventive des citoyens, avec un minimum de garanties. « En octroyant aux autorités administratives de telles prérogatives, le projet de loi soumet l’exercice des droits et libertés fondamentaux à un régime d’encadrement préventif aux fins de lutter contre la menace terroriste. Autrement dit, poursuit l’avis, les personnes ne feront pas l’objet de ces mesures parce que leur comportement s’avère répréhensible au regard d’un interdit pénal, mais simplement parce que les autorités administratives les considéreront, elles-mêmes ou leurs proches, comme menaçantes au regard du risque terroriste ».

 

La CNCDH regrette par ailleurs que, une nouvelle fois, le gouvernement n’ait pas souhaité recueillir son avis d’autorité administrative indépendante lors de la préparation du texte. La commission « déplore ne pas avoir été saisie par le gouvernement, alors qu’une telle démarche se justifiait pleinement étant donné le caractère extrêmement sensible de la matière au regard de la protection des droits et libertés fondamentaux ».

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 05:21
Migrants: Hidalgo somme Collomb d’adopter un plan national d’accueil
 PAR 

Moins d’une semaine avant la présentation par le ministre de l’intérieur d’un « plan asile », la maire de Paris Anne Hidalgo a exhorté, jeudi, Gérard Collomb à abandonner son approche répressive au profit d’une politique assumée d’accueil et d’intégration. Pour ce faire, elle a rendu publique une proposition de loi.

 

 politique migratoire d’un pays ne se résume pas au recours aux forces de l’ordre : ce message, le nouveau ministre de l’intérieur va devoir l’entendre rapidement avant que la situation ne devienne si explosive, à Calais, à Paris et à la frontière franco-italienne, qu’il ne soit trop tard pour agir. La maire de Paris, Anne Hidalgo, vient de le marteler à Gérard Collomb, jeudi 6 juillet, en rendant public un plan national sur cinq ans visant à favoriser « l’accueil et l’intégration des migrants ».

Ce plan, dans lequel elle rappelle que la politique menée « ne peut se restreindre à la gestion de l’immigration sous l’angle de l’ordre public », elle l’a présenté sous la forme d’une proposition de loi (le retrouver ici dans son intégralité (pdf, 133.2 kB)). N’étant pas elle-même parlementaire, elle compte sur des relais à l’Assemblée et au Sénat pour le défendre dans l’hémicycle. À la place Beauvau d’en prendre bonne note ! Elle, dont les interlocuteurs préférés sont les maires des mégapoles mondiales (de Sadiq Khan, à Londres, à Bill de Blasio, à New York, en passant par Manuela Carmena, à Madrid), se fait ministre à la place du ministre.

Son plan de 11 pages en vue du vote d’une « loi d’orientation et de programmation » propose un changement de regard sur la politique migratoire. Plutôt que de chercher à « endiguer » les « flux », lutter contre un hypothétique « appel d’air » ou empêcher les migrants de « s’enkyster », selon les termes utilisés par Gérard Collomb (lire notre article), elle préconise la méthode inverse : mieux accueillir les personnes arrivant sur le territoire et favoriser leur intégration. « Au-delà de la crise, c’est la faiblesse structurelle de notre politique d’intégration qui est en cause », affirme-t-elle. « C’est parce que notre politique d’intégration est faible que nous peinons à faire face à la crise », insiste-t-elle. Pour sortir de l’opposition souvent stérile entre « réfugiés » (sous-entendu : fuyant la guerre, donc susceptibles d’être protégés) et « migrants économiques » (sous-entendu : fuyant la misère, donc expulsables), elle recourt assez habilement au terme de « migrants humanitaires ». 

 

« Les urgences géopolitiques, climatiques, la résurgence de conflits d’une grande violence, ont généré ces dernières années des migrations d’une ampleur nouvelle, inédite, qui placent l’Europe et la France devant un défi considérable », observe-t-elle. « Malgré les efforts engagés, la situation actuelle génère une grande tension sur les dispositifs existants », remarque-t-elle, prenant comme exemple la « reconstitution régulière de campements de migrants ».

Elle envisage trois étapes. La première concerne l’accueil des primo-arrivants. Pour cela, elle demande à l’État de mieux organiser la répartition des migrants sur le territoire, en fonction de critères démographiques et économiques, « comme cela se fait en Allemagne et en Italie ». Des centres de premier accueil, sur le modèle de celui qu’elle a installé à la Porte de La Chapelle à Paris, devraient ouvrir leurs portes partout en France, avec pour mission de « mettre à l’abri » les personnes, de les informer sur leur droit en matière d’asile, de les faire bénéficier d’un examen de santé et, le cas échéant, d’évaluer leur minorité.

Pour faciliter la mise en place de ces structures et gagner en réactivité, elle propose de créer un fonds d’accueil d’urgence, financé par l’État et doté de 10 millions d’euros par an, qui pourrait également soutenir des « initiatives citoyennes solidaires ». Le traitement des demandes d’asile devrait être réduit à six mois, en intégrant l’examen par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et l’éventuel recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), afin d’« éviter l’embolie du système d’hébergement et favoriser l’intégration des personnes ayant droit à la protection ». Anne Hidalgo note en effet que les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) accueillent trop de réfugiés statutaires « parce que trop peu est fait pour faciliter leur accès à l’emploi et au logement ordinaire » ; ce faisant, ces Cada ne sont pas en mesure d’accueillir les nouveaux demandeurs d’asile obligés de recourir à des solutions d’urgence, soit dans des hôtels sociaux miteux au coût prohibitif, soit en trouvant refuge dans la rue, dans des campements de fortune. Le nombre de places devrait presque doubler en cinq ans, passant de 40 ­000 en 2017 à 75 000 en 2022, pour un budget annuel atteignant à terme 406 millions d’euros.

Le deuxième axe consiste à construire une « véritable politique d’intégration inscrite dans la durée ». En son absence, actuellement, les pouvoirs publics naviguent à vue. Plutôt que d’anticiper les besoins, ils en sont réduits à calfeutrer les brèches, dans le meilleur des cas. Ainsi, les crédits nécessaires à l’hébergement ainsi qu’aux formations linguistiques, civiques et professionnelles devraient être planifiés sur cinq ans. Le délai à l’issue duquel les demandeurs d’asile seraient autorisés à travailler serait ramené de neuf à six mois. La durée du contrat d’accueil et d’intégration, aujourd’hui de cinq ans, pourrait être allongée lorsque la situation l’exige.

Enfin, la maire de Paris propose que le ministère de l’intérieur ne soit plus seul responsable de la politique d’intégration des migrants. Celle-ci, affirme-t-elle, devrait faire l’objet d’une délégation interministérielle. Traitée en partenariat avec les collectivités territoriales, les associations et les initiatives locales, elle devrait être coordonnée par une Agence de l’accueil et de l’intégration, placée sous la responsabilité d’un haut-commissaire, lui-même sous la tutelle du premier ministre. Cette agence disposerait également de compétences en matière de gestion des situations d’urgence humanitaire.

Cette annonce intervient alors que le centre de premier accueil de Paris, ouvert depuis le 10 novembre, est saturé. Le flux des sorties vers les centres d’accueil et d’orientation (CAO) est trop réduit pour permettre d’accueillir les quelque 70 nouvelles personnes se présentant chaque jour. En attendant de pouvoir rentrer, ces migrants dorment la nuit dans les alentours. Ils sont à ce jour environ 1 600.

Les préconisations d’Anne Hidalgo, qui ont récemment été soutenues à l’unanimité par le conseil de Paris, interviennent par ailleurs à quelques jours de la présentation, prévue le 12 juillet par le ministre de l’intérieur, d’un plan sur l’asile dont la priorité est de renvoyer le plus possible de déboutés du droit d’asile. En prenant le contre-pied d’une politique répressive, elle court le risque de la confrontation avec Gérard Collomb dont la seule réponse à l’égard du retour des migrants à Calais a été d’envoyer des unités de policiers supplémentaires tout en refusant l’ouverture de centres d’accueil dans la région.

Alors qu’arrive à échéance le délai fixé par le tribunal administratif de Lille exigeant de l’État la mise en place de points d’eau, de sanitaires et de douches ainsi que l’accès à des repas (lire notre article), les autorités n’ont rien fait. À Paris, anticipant peut-être l’annonce de la maire de Paris, le préfet d’Île-de-France, Michel Cadot, a promis, quelques heures avant son intervention publique, une opération de « mise à l’abri » des migrants installés à proximité du centre de premier accueil.

Partager cet article
Repost0
5 juillet 2017 3 05 /07 /juillet /2017 11:35
Intervention du député Sébastien Jumel à l'Assemblée Nationale le 4 juillet 2017 au nom des députés communistes suite au discours du premier ministre

Allocution de Sébastien JUMEL

Député de Seine-Maritime

Monsieur le Président,

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mes chers collègues,

Monsieur le Premier Ministre,

Voici donc le vent de fraicheur censé dépoussiérer et moderniser nos vieilles institutions !

Voici venue l’année des 2.000 disettes, du sang et des larmes.

Un Parlement humilié, une opposition sommée de se mettre au pas face au Bulldozer mis en marche. Optimisant, au profit de quelques-uns, les institutions d’une Vème République tombée en désuétude, la verticalité du pouvoir s’annonce maximale.

Votre intervention, Monsieur le Premier ministre, s’est contentée de nous expliciter «le grand dessein présidentiel».

Aucune surprise donc. Et pas plus de rêve ! Les classes populaires et les classes moyennes peuvent déjà mesurer que ce projet n’est pas pour elles mais pour celles qui les surplombent et les toisent.

Ce projet néo-libéral et technocratique, si éloigné du pays réel, n’a pas vocation à traiter des problèmes quotidiens du peuple :

- payer ses factures à la fin du mois,

- trouver un médecin,

- scolariser ses enfants dans une classe à moins de 30 élèves,

- se former près de chez soi,

- se déplacer par le train sans aléas quotidiens,

-  échapper au licenciement boursier,

-  vivre de sa production agricole, de sa pêche, de son travail d’artisan ou de commerçant sans être pénalisé par la concurrence déloyale du travail dérégulé,

traité d’illettrée quand on est ouvrière, être tout simplement respecté y compris dans ses difficultés de vie.

 

Monsieur le Premier ministre, chers collègues : On n’est pas rien quand on ne réussit pas, sauf à confondre l’être et l’avoir !

Votre projet signe le renoncement à notre modèle de protection sociale, il signe l’avènement de la précarisation et de l’uberisation du travail. Plus dure sera la vie, et il faudrait s’y faire. Quant aux élites, elles, elles se frottent les mains.

Ce projet, il renonce au rêve républicain et à sa part centrale, celle de la République sociale. Un projet qui estompe de nos frontons l’égalité et la fraternité.

Monsieur le Premier Ministre, jamais dans notre histoire récente, les ailes de l’exécutif n’avaient fait autant d’ombre au pouvoir législatif !

Le Président de la République, dispose certes d’une très confortable majorité dans cet hémicycle, cependant le quart des suffrages recueilli sur son nom au premier tour dans un contexte politique troublé, ne lui confère pas la légitimité suffisante pour appliquer son programme sans discussion.

Dans la situation de crise politique dans laquelle nous sommes plongés, liquider une partie des droits des salariés, sans véritable débat, en deux mois, en ordonnant, est donc une folie.

Je doute d’ailleurs, Monsieur le Premier ministre, qu’au fond de vous-même cette méthode, que vous subissez plus que vous ne la choisissez, vous fasse rêver…

Nous, nous voulons, au contraire, dans cette enceinte, donner à voir, à entendre, le pays réel, ce qu’il vit, ce qu’il souffre, ce qu’il espère.

Une réalité amplifiée, quoique singulière dans les Outre-mer. Des territoires pour lesquels nous demanderons, lors des assises de l’outre-mer, la justice sociale, la reconnaissance des spécificités, le respect des identités.

Vous nous accuserez peut-être de dresser un noir portrait de cette réalité sociale que la majorité ne veut pas voir. Et pourtant : elle s’impose.

Dans le même temps, il existe une formidable énergie dans notre peuple qui n’en peut plus d’étouffer sous le joug de la loi du plus fort et de l’argent. Nous nous attacherons à la libérer.

Nous voulons vous parler, pour commencer, de l’industrie, de l’artisanat, plus largement du monde du travail et de l’emploi.

Une récente note de conjoncture de l’INSEE, s’appuyant sur un questionnaire adressé à des dirigeants d’entreprise, pointe l’absence de perspectives économiques comme obstacle principal au développement de l’activité et de l’emploi.

La question du code du travail n’apparaît que dans la queue de peloton des préoccupations de ces patrons.

Nous avons, dans nos circonscriptions, des témoignages qui vont dans le même sens : dans l’économie réelle, c’est l’investissement, la formation, le savoir-faire des salariés, la commande, dont la commande publique est un vecteur essentiel, et le soutien des banques qui jouent sur le niveau de l’emploi.

Et pas la mise en concurrence des entreprises entre elles, l’atomisation des relations sociales, la liquidation du droit du travail, la liquidation de ce qui fait la sève de la démocratie de proximité, la commune.

Je pourrais parler du renouveau industriel d’Alpine à Dieppe, du maintien de la filière verrière en vallée de la Bresle ou bien encore du nouvel équipement d’électrolyse à Kem One sur le site de Martigues : le savoir-faire des salariés, la possibilité de contrôler les manœuvres des fonds vautours grâce au droit du travail ou bien encore la ténacité des salariés : voilà ce qui a été moteur d’emploi ou protecteur d’emploi.

Mais cela vous préférez l’ignorer.

Mieux, vous demandez au monde ouvrier d’abandonner le syndicalisme qui protège pour un syndicalisme imaginé dans les salons parisiens. Un monde qui devrait renoncer à ce que justice soit rendue aux victimes de l’amiante.

Nous voulons vous parler de l’agriculture en détresse qui se débat dans un modèle dérégulé où le prix de vente du producteur ne couvre plus les coûts de production.

Et que promettez-vous à ce monde paysan ? Des traités transatlantiques, comme le CETA, qui seront aussi destructeurs pour notre filière alimentaire que pour notre environnement.

Vous parler de la pêche artisanale, ignorée des pouvoirs publics, de l’absence totale de planification des usages de l’espace maritime qui la menace.

Vous parler des ports français, que vous connaissez, qui doivent attendre désarmés, faute d’une stratégie nationale et d’investissements de l’Etat, que les places portuaires du Nord de l’Europe, bénéficiant des aménagements de l’axe Seine-Escaut, leur taillent des digues.

Vous parler des services publics de proximité qui tombent comme à Gravelotte dans les campagnes et pour lesquels l’objectif de diminution de 3% de la dépense publique fait craindre le pire.

Une désertification qui alimente le sentiment d’abandon, de relégation, le repli sur soi et la colère. Vous parlez de ces jeunes sans qualification et sans emploi sortis du système scolaire.

Vous parlez de la difficulté que l’on à ouvrir des formations aux métiers de l’industrie au cœur des bassins d’emploi éloignés des métropoles.

Vous parlez des fractures territoriales qui se creusent avec des métropoles «attrape-tout», d’un côté, des campagnes et villes moyennes en difficulté, de l’autre.

Nous voulons vous parler Monsieur le Premier Ministre, de l’école. Vous alerter sur la colère qui monte devant la multiplication des fermetures de classes dans nos villes et dans nos campagnes. Vous parlez de ces classes à 32 élèves sur 5 niveaux à la prochaine rentrée scolaire pour satisfaire en toute hâte la promesse de campagne de Monsieur Macron de ramener à 12 élèves les CP de REP +.

Votre gestion des nouveaux rythmes scolaires, en vous défaussant de vos responsabilités sur les maires, ébranle plus encore le caractère national de notre service public d’éducation.

Nous voulons vous parler de l’hôpital dont la présence sur le territoire se réduit par pans entiers. Dans le même temps, la population vieillit, les besoins de santé en proximité s’accroissent et les agences régionales suivant leur feuille de route de la tarification à l’activité serrent chaque jour davantage la vis.

Nous voulons vous parler, dans ce contexte, du désarroi de la communauté hospitalière, de tous ceux qui font métier d’apporter du soin ou d’aider au soin.

Face à cette France réelle, que nous propose le Président de la République, que nous proposez-vous, Monsieur le Premier ministre ?

Une réduction du rôle de l’Etat, de l’Etat protecteur, de l’Etat stratège, de l’Etat aménageur, de l’Etat producteur déjà singulièrement affaibli par dix ans d’une politique soumise aux injonctions de Bruxelles.

L’engagement providentiel d’organiser une conférence des territoires n’a de sens que s’il se débarrasse de l’étau austéritaire et s’il est accompagné dans chacun de nos territoires, par un moratoire préservant nos services publics de proximité.

Nous sommes profondément inquiets de votre annonce d’assassiner la commune ou le département.

Grâce à une habile conduite de la partie d’attrape-tout, politique qui permet de réunir tous ceux qui ont le néolibéralisme pour dénominateur de pensée commun, l’état de grâce est encore bien réel.

Il ne durera pas. Très vite, le brouillard des illusions se dissipera sur le mur de l’argent.

Il y a cinq ans de cela, la finance avait été désignée comme l’ennemi, elle fût finalement choyée. Les électeurs ne l’ont pas pardonné.

Aujourd’hui, vous avez annoncé vouloir câliner la finance par la hausse de la CSG, l’allègement de l’ISF et la baisse de l’impôt sur les sociétés.

Les mesures d’austérité annoncées pour les plus vulnérables et les mesures pour garantir le marché en son fonctionnement débridé pourraient rapidement faire redescendre Jupiter sur terre.

Il ne s’agit pas pour nous de pleurnicher mais de montrer ce que vous ne voulez pas voir.

Il y a des mouvements populaires auxquels vous ne pourrez échapper même en accélérant comme des chauffards sur la route.

Et vous chers collègues, qui parfois faites ici vos premiers pas en politique, vous aurez ces réalités aux trousses. Bientôt vous comprendrez que la compétence libérale ne résout rien.

Il existe des contradictions dans la société qui imposent que l’on prenne parti.

Le nôtre est sans ambiguïté : Le parti pris des gens contre le parti pris de l’argent

Le nôtre est sans ambiguité : l’engagement absolu contre l’évasion fiscale qui coûte 80 milliards d’euros par an à la France.

Vous voulez libérer les entreprises, nous, nous voulons libérer les hommes et le travail de l’emprise de la finance.

Voilà pourquoi les députés communistes ne voteront pas aujourd’hui la confiance au Gouvernement.

Quant aux députés d’outre-mer qui constituent avec nous le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, ils assumeront leur pleine liberté de vote, en toute autonomie, comme c’est la règle dans notre groupe parlementaire. 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011