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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 07:32
le député communiste Sébastien Jumel, co-porte-parole du groupe avec Pierre Darhéville

le député communiste Sébastien Jumel, co-porte-parole du groupe avec Pierre Darhéville

Code du travail

A l’Assemblée, les députés communistes dénoncent le fond et la forme de la réforme

 

L’examen du projet de loi d’habilitation pour réformer par ordonnances a débuté le 10 juillet à l’Assemblée nationale.

Avant même que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ait présenté son projet de loi Jean-Paul Lecoq a pris la parole pour un rappel au règlement.

"Les conditions d’examen de ce texte sont inédites et inacceptables. Les délais sont complètement fous. À peine plus de 24 heures pour laisser aux députés le temps de prendre connaissance du texte de la commission et exercer leur droit d’amendement. Le gouvernement veut faire vite, au cœur de l’été, pour rendre impossible la mobilisation populaire". Il a dénoncé "le dédain du gouvernement pour les salariés."

De son côté, Pierre Dharrévillle a déchiré ses feuilles : "Voilà ce que vous voulez faire du code du travail !"

Et de préciser entre autre, "votre projet de loi vise à élargir la brèche ouverte par la loi El Khomri lorsque notre président était ministre de l’économie. Votre projet va d’abord, quoi que vous en disiez, renverser la hiérarchie des normes et instituer le principe de défaveur puisque la loi pourra ainsi être contournée par des accords d’entreprise. Chacune aura le droit d’établir ses propres règles – des règles au rabais. Et vous continuez de nous dire que vous voulez lutter contre la complexité du droit pour le rendre effectif, alors que vous allez démultiplier le dumping social au sein même de notre pays et à l’intérieur de chaque branche. Quelle force restera-t-il à la loi ?

Votre projet va fusionner et rabougrir les instances représentatives du personnel, faisant au passage disparaître le CHSCT, pourtant si décisif sur les enjeux de santé et de sécurité.

Votre projet va créer encore de meilleures conditions pour les chantages à l’emploi dont nous avons eu moult exemples dans la période passée. Quels outils restera-t-il aux salariés ?

Votre projet va sanctuariser un nouveau concept, le CDI précaire, et élargir les possibilités de modification unilatérale du contrat de travail. Ainsi, vous souhaitez augmenter la latitude des employeurs tandis que vous limiteriez le pouvoir des juges.

Vos ordonnances ressemblent à celles des docteurs de Molière. La représentation nationale doit savoir que les organisations syndicales représentatives des salariés n’ont quasiment émis que des inquiétudes, tant sur la forme que sur le fond.

Si le Président de la République a expliqué aux salariés qu’il n’était pas le Père Noël, il distribue en revanche déjà des étrennes au Medef, qui en serait presque gêné.

Sa gêne, je vous rassure, madame la ministre, ne dure jamais longtemps ; il continue à vouloir faire baisser le prétendu coût du travail et n’a même pas besoin de promettre d’hypothétiques créations d’emploi – que vos mesures ne provoqueront d’ailleurs pas – puisque tout lui est donné sans effort, comme on l’a vu encore ces derniers jours sur la question de la pénibilité. Je rappelle que la droite a donné en commission son blanc-seing à votre projet.

C’est un signal éloquent, et pour nous pas une surprise.

Quant à ceux qui sont ici la majorité, je leur demande : « Qu’allez-vous faire de votre pouvoir ? Au nom de qui, au nom de quoi allez-vous faire la loi ? » Ce texte constituera l’acte de naissance de votre majorité et de votre force politique. Cet acte vous nomme. Il dira qui vous êtes.

Il va s’agir d’un grave bouleversement dans l’ordre public social, d’un changement de philosophie majeur. Longtemps encore, vous devrez alors expliquer que vous n’êtes pas le Père Noël pour justifier l’impuissance publique et la régression sociale imposée par une finance dont le journal Le Monde dénonçait hier encore les excès.

Ce choix politique nous conduit dans le mur. Il va encore aggraver les conditions de travail et faire des salariés les variables d’ajustement. Au lieu d’enclencher de nouvelles dynamiques sociales et économiques, il va alimenter la spirale de la crise. Il n’y a pas de majorité dans ce pays pour votre entreprise de démolition sociale, ne vous en déplaise.

Nous ferons des propositions pour un véritable code du travail du XXIe siècle, en pointant les défis du temps qui vient : la lutte contre la financiarisation de l’économie et la domination de la finance, l’obtention de nouveaux pouvoirs pour les salariés dans la gestion afin de relever les défis économiques, sociaux et écologiques, la sécurisation des parcours professionnels à travers l’emploi et la formation, l’encadrement du recours à la précarité et celui de l’échelle des salaires, une protection sociale de haut niveau, etc. Tous les gestes que nous poserons viseront à empêcher, ou tout au moins à limiter, non pas le champ de la concertation mais la portée de votre habilitation.

Voilà ce que vous voulez faire du code du travail. Mais nombreux sont celles et ceux qui veulent en écrire des pages d’avenir. Et vous ne pourrez longtemps les ignorer !"

- En savoir plus sur la page Facebook des députés du Front de gauche

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 06:47

Quand Sarkozy déclarait, avec pour bréviaire le discours culturaliste et essentialiste de Henri Guaino, inspiré des thèses de Hegel au 19e siècle, que l'homme africain n'était pas entré dans l'histoire... Macron, qui a travaillé dans ses études de philosophie sur Machiavel et ... sur Hegel, lui aussi, y est allé au sommet du G 20 de Hambourg le 8 juillet 2017 de sa propre explication, sur le mode Tintin au Congo: d'abord "le continent est confronté à un défi civilisationnel" et enchaîne le problème de ce continent vient du fait que "femmes font sept ou huit enfants".  Des propos racistes, misogynes, nourri de préjugés généralisateurs et insultants, de la part de notre représentant officiel, qui sont à nouveau une vraie honte pour notre pays, ancienne puissance coloniale, puissance néo-coloniale déclinante, pleine encore d'arrogance dans son rapport aux pays africains.  Cela en dit long sur des réserves de connerie insoupçonnées de gens qui au demeurant sont intelligents, manière bêtes calculatrices et rusées, nées de leur sentiment de supériorité usurpé et de leur suffisance.  Les illettrées de GAD, ceux et celles qui ne sont rien et qu'on croise tous les jours dans les gares, en savent quelque chose. 

Ismaël Dupont 

 

Le Point: 

C'est une petite phrase qui est passée relativement inaperçue samedi 8 juillet, mais qui a été repérée par le site Politis. Alors qu'il faisait face à la presse lors du sommet du G20 à Hambourg, Emmanuel Macron a été interrogé au sujet de la situation actuelle de l'Afrique. Évoquant un continent qui fait face à un défi « civilisationnel », il explique que, selon lui, les problèmes de l'Afrique sont liés aux « États faillis », aux « transitions démocratiques complexes » et à la « transition démographique ».

« Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d'y dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien », ajoute-t-il ensuite. Une déclaration qui a provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, certains taxant le chef de l'État de racisme. Il y a un mois, Emmanuel Macron avait déjà dû faire face à une polémique après avoir déclaré au sujet des kwassa-kwassa, ces embarcations typiques de Mayotte, qu'elles « pêchaient peu », mais « amenaient du Comorien », référence à l'immigration très forte en provenance de l'archipel.

L'Élysée avait dû se justifier, évoquant des propos maladroits et un trait d'humour malheureux. Cette nouvelle sortie du président de la République sur l'Afrique a fait réagir certains médias étrangers, comme le site Quartz, qui parle d'une « tradition » française de déclarations « condescendantes » faisant totalement abstraction des séquelles encore importantes du colonialisme.

Une problématique envisagée de la mauvaise manière

Dans un ouvrage paru en 2017 et intitulé « Le Ventre des femmes », la politologue Françoise Vergès relate un épisode peu glorieux de l'histoire coloniale française, celui des avortements et des stérilisations forcés de nombreuses femmes sur l'île de La Réunion dans les années 70. Une réponse complètement erronée, selon elle, à un problème que les autorités françaises ont envisagé à l'envers : « On rend les femmes du tiers-monde responsables du sous-développement. En réalité, on inverse la causalité : la plupart des études prouvent aujourd'hui que c'est le sous-développement qui entraîne la surpopulation. »

En 2007, le discours controversé prononcé par Nicolas Sarkozy à Dakar avait provoqué de très fortes réactions, notamment en raison de cette phrase : « L'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. » Celui qui était alors président de la République et son conseiller Henri Guaino avaient mis l'accent sur la responsabilité des Africains et pas suffisamment, au goût de certains observateurs, sur celle de la principale puissance coloniale du continent, la France.

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 06:15
Loi travail: le rappel au réglement du député communiste Jean-Paul Le Coq (Paris-Normandie, 11 juillet 2017)

LE HAVRE (Normandie) -

Jean-Paul Lecoq, député PCF de la 8e circonscription de Seine-Maritime (Le Havre - Gonfreville-l’Orcher) a fait un rappel au règlement au sujet de l’examen de la loi Travail par les députés. L’élu communiste pointe « des délais complètement fous ». « Il ne m’a pas échappé que les conditions d’examen de ce texte et le déroulement de la séance sont inédits. Inédits et inacceptables ! Le gouvernement aurait souhaité empêcher le législateur d’intervenir sur ce texte, il ne s’y serait pas pris autrement. Notre commission a achevé l’examen du texte ce jeudi 6 juillet en fin de matinée. Il a été mis en ligne à 15 heures le jour même pour un dépôt des amendements le vendredi 7 juillet à 17 heures. À peine plus de 24 heures pour laisser le temps aux députés de prendre connaissance du texte de la commission et exercer leur droit d’amendement. Des délais complètement fous ! À tel point que la commission a sorti son rapport bien après le délai imposé pour déposer les amendements : le 7 juillet à 22 h 10. Et que dire du temps consacré à la concertation sociale ! L’article 86 de notre règlement prévoir que le délai qui sépare la mise à disposition par voie électronique du texte adopté par la commission et le début de son examen en séance ne peut être inférieur à 7 jours. Un délai serré mais acceptable. Lorsque la procédure accélérée est engagée, comme c’est le cas sur ce texte, le texte doit être mis à disposition dans les « meilleurs délais ». Nul doute ici : cette condition n’est pas remplie».

Le gouvernement veut faire vite, très vite, à tel point qu’il fait ce week-end son annonce sur la pénibilité. Il veut décrocher son habilitation au cœur de l’été pour rendre impossible la mobilisation populaire. Cette précipitation, qui conduit à traiter avec dédain l’exigence constitutionnelle « de garantir le caractère effectif du droit d’amendement », traduit le mépris du gouvernement à l’égard des premières victimes de votre réforme : les travailleurs» conclut le député communiste du Havre.

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12 juillet 2017 3 12 /07 /juillet /2017 05:44
Le gouvernement Macron-Philippe veut encore affaiblir les prud'hommes (Médiapart - 11 juillet 2017)
Le gouvernement veut encore affaiblir les prud'hommes
 PAR 

Emmanuel Macron et sa ministre du travail, Muriel Pénicaud, souhaitent raboter le montant des indemnités versées aux salariés licenciés abusivement. Alors même que le nombre de cas portés devant les tribunaux fond comme neige au soleil, comme le révèle Mediapart.

 

Emmanuel Macron a décidément une dent contre les prud’hommes. Parmi les mesures emblématiques de la réforme du code du travail qu’il pousse son gouvernement à adopter séance tenante, figurent en bonne place le plafonnement et la barémisation des dommages et intérêts que les conseils des prud’hommes peuvent accorder lorsqu’ils jugent qu’un licenciement est abusif. Cette mesure sera l’un des symboles de la loi sur le travail, saison 2, et devrait concentrer une bonne partie des polémiques autour du débat parlementaire qui s’est ouvert ce lundi 10 juillet. Mais qui l’a compris ? Ce n’est pas la première fois que, sous la tutelle d'Emmanuel Macron, une mesure est prise qui aboutit à restreindre le pouvoir des prud’hommes, ces juridictions que les représentants du patronat présentent quasi unanimement comme une nuisance potentielle.

Comme Mediapart l’avait expliqué en mai, une discrète mesure de la loi Macron, passée inaperçue en 2015, complique très sérieusement l’accès des salariés aux prud’hommes. À l’époque, nous ne disposions pas des données officielles. Nous avons depuis obtenu les statistiques du ministère de la justice, telles qu’elles ont été remontées de tous les conseils des prud’hommes de France, et elles sont ahurissantes. En 2016, selon les chiffres officiels révélés aujourd’hui par Mediapart, le nombre de saisines des prud’hommes a diminué de 20 % par rapport à l’année précédente. Et la tendance n’a fait que s’accélérer au premier trimestre 2017 : concernant les affaires au fond (qui ne comprennent pas les référés), la baisse a été de 22 % en janvier 2017 par rapport à janvier 2016, de 33 % en février, et de 46 % en mars. Selon Le Parisien, cette baisse au premier trimestre 2017 est de 30 à 40 % à Bobigny, et de 66 % à Créteil… Alors que jusqu’en 2015, entre 190 000 et 200 000 personnes saisissaient les prud’hommes chaque année, ce chiffre fond donc à une vitesse vertigineuse.

Qu’à cela ne tienne. Les projets gouvernementaux, qui devraient se concrétiser dans les ordonnances publiées à la fin de l’été, ne vont pas rendre les prud’hommes plus attractifs, loin s’en faut. La loi d’habilitation, actuellement débattue à l’Assemblée, devrait déterminer de façon très précise quelle somme pourra être versée au salarié dont le licenciement a été jugé abusif par les prud’hommes, en plus des indemnités légales qui sont toujours versées en cas de licenciement (un cinquième de mois par année d’ancienneté). Sont prévus un plancher sous lequel ne pas descendre et un plafond à ne pas dépasser, le tout en fonction de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise, avec une série de curseurs intermédiaires obligatoires. Ce barème sera exprimé en nombre de mois de salaire pour chaque salarié.

 

L’idée d'un barème, à l’époque indicatif, a été suggérée dans le dernier rapport portant sur les prud’hommes, rendu en juillet 2014 par Alain Lacabarats, président honoraire de la chambre sociale de la Cour de cassation. L’idée a immédiatement séduit le ministre de l’économie Emmanuel Macron, et a été reprise par le gouvernement pendant le débat parlementaire sur la loi portant son nom. En 2015, la loi Macron établit donc un plafonnement des indemnités versées et un « référentiel indicatif » en fonction de l'ancienneté, de l'âge et de la situation du demandeur par rapport à l'emploi. Mais la mesure est invalidée par le Conseil constitutionnel, qui refuse que le barème se fonde en partie sur la taille de l’entreprise. Pourtant, sur le fond, le Conseil a validé le principe du barème, estimant qu’il poursuivait « des buts d’intérêt général ».

L’année suivante, toujours à Bercy, Emmanuel Macron a de nouveau tenté de faire passer le principe, dans la loi sur le travail défendue par El Khomri. Un pas de plus était franchi : le barème devenait obligatoire, et très restrictif, alignant tous les seuils sur des montants très faibles, destinés aux petites entreprises dans la loi précédente. Mais craignant de s’ajouter une épine dans le pied en pleins mois de manifestations, François Hollande et Manuel Valls avaient finalement désavoué leur ministre, optant pour un barème purement indicatif. Les seuils d’indemnisation conseillés, publiés seulement fin 2016, se sont révélés plus généreux que ceux que le ministre souhaitait initialement. La nouvelle réglementation ne date donc que de six mois et il va sans dire, comme Mediapart l’a déjà pointé, que la réforme voulue par Macron se fera donc sans que personne ne soit capable de tirer un vrai bilan des règles actuelles, tout juste stabilisées.

Aujourd’hui, le gouvernement avance deux raisons pour justifier sa réforme. Il s’agirait d’abord d’en terminer avec« l’imprévisibilité » des décisions des prud’hommes à propos des indemnités à accorder à un salarié licencié abusivement. La ministre du travail Muriel Pénicaud a affirmé à plusieurs reprises que « l’insécurité juridique »serait « un frein à l’emploi et un frein à l’initiative » pour les entreprises, qui craindraient de vivre sous l’épée de Damoclès d’un jugement potentiellement sévère. La ministre assure aussi que les indemnités accordées seraient inéquitables, car pouvant fortement varier pour des contentieux qui se ressemblent fortement. La réforme permettrait, assure le gouvernement dans l’étude d’impact du texte, de « lever les freins au recrutement, en accroissant la prévisibilité des décisions rendues et en sécurisant les entreprises, notamment les TPE-PME, au regard des risques liés à la rupture du contrat de travail ».

 

Le problème, c’est qu’aucune étude sérieuse n’a pu établir que les prud’hommes, et le montant des indemnités qu’ils accordent, étaient vraiment des « freins au recrutement ». Au contraire, même. Dans une toute récente étude, dont Mediapart s’est déjà fait l’écho, l’Insee a résumé les positions des chefs d’entreprise qu’elle interroge très régulièrement. Il apparaît que ceux qui estiment qu’il y a des barrières à l’embauche en France ne dirigent que 48 % des salariés du pays, et que même parmi eux, les risques juridiques du licenciement et les coûts qui y sont liés n’arrivent qu’en quatrième et cinquième positions des motifs cités (ils sont nommés par des entreprises employant respectivement 14 % et 10 % des salariés). Loin derrière l’incertitude de la situation économique (28 %), l’absence de main-d’œuvre compétente (27 %) et les cotisations sociales jugées trop élevées (18 %)…

« C’est un peu désespérant. Les statistiques et les études sont moins puissantes que les récits et les anecdotes qui circulent. Quand Emmanuel Macron dit que les PME ont peur d’embaucher, il est au niveau de l’anecdote. Aucun chiffre sérieux ne valide cette idée. Quand on descend dans les faits, cela ne tient pas », estime Sebastian Schulze-Marmeling. Chercheur associé au Centre d’études de l’emploi, spécialiste du conflit au travail, il a réalisé une étude en 2014 qui montre que les prud’hommes ne sont pas un frein à l’embauche. Il a établi qu’en France, on constate plutôt une grande stabilité du nombre de saisines entre la fin des années 1970 et le milieu des années 2010, et que le taux de recours à cette instance en France était bien en dessous de la moyenne européenne (lire ici l’interview où il détaille ses conclusions).

« Depuis trois ans, ce sujet n’a fait que monter, et atteint désormais le discours politique à la tête de l’État, note Sebastian Schulze-Marmeling. Il y a peut-être des abus aux prud’hommes, comme partout, mais aucune statistique n’existe sur le sujet. Et bien que les audiences soient publiques, les récits de décisions favorisant exagérément les salariés n’émergent pas. » Le chercheur rappelle également que l’on trouve facilement des abus dans l’emploi des CDD de la part d’entreprises. « Et pourtant, ce n’est pas pour ça qu’on trouve un seul membre du gouvernement qui propose de supprimer le recours aux CDD », souligne-t-il pour mieux critiquer la position politique du gouvernement. Quant à l’argument de Muriel Pénicaud et du premier ministre Édouard Philippe selon lequel il est anormal que des décisions judiciaires ne soient pas les mêmes pour des cas proches, cela ne l’émeut guère : « Justement, cette incertitude joue un rôle. La justice n’est pas là pour mettre une étiquette disant combien cela coûte de violer la loi en licenciant un salarié de façon abusive… » C’est pourtant l’objectif affiché du gouvernement.

Sur quelles bases travaille donc l’exécutif ? Comment évalue-t-il l’échelle des condamnations prononcées par les prud’hommes pour affirmer, comme vient de le faire Muriel Pénicaud dans l’hémicycle, qu’une situation similaire entre deux salariés pouvait déboucher sur une indemnisation allant « de un à cinq » ? En fait, une seule étude sérieuse a été réalisée. En 2015, le ministère de la justice a fait étudier un échantillon de quelque 400 arrêts rendus en appel, jusqu’en octobre 2014. Elle concluait que les dédommagements liés à l’absence de cause réelle et sérieuse de licenciement s’élevaient en moyenne à un peu plus de 24 000 euros et étaient supérieurs à 29 000 euros dans un quart des décisions. En intégrant tous les coûts de la rupture du contrat de travail (indemnités légales de licenciement, salaires ou heures supplémentaires impayés), la somme moyenne atteint 40 000 euros. Mais les variations sont très fortes, s’étageant de 1 225 à 350 000 euros.

Et puis, au fond, cette étude sur 400 cas peut difficilement prétendre être représentative : à cette époque, plus de 180 000 cas étaient jugés tous les ans, et 80 % d’entre eux donnaient lieu à un appel. Qui plus est, cette étude n’est pas publique. Mais un article détaillé en a dévoilé le contenu l’an dernier dans La Revue du droit du travail. Il est signé par Évelyne Serverin, directrice de recherche émérite au CNRS, membre du Conseil supérieur de la magistrature et l’une des meilleures spécialistes des prud’hommes, et il est disponible sous l’onglet Prolonger de cet article.

De fait, à l’image d’une bonne partie de cette loi sur le travail, saison 2, la réforme des prud’hommes répond à une vieille doléance patronale. Les chefs d’entreprise rêvent de pouvoir provisionner par avance le coût d’un licenciement potentiellement illégal. Et pour appuyer leurs demandes, ils n’hésitent pas à relayer les cas qu’ils ont repérés au fil du temps et qui ont mis en difficulté une entreprise, souvent de petite taille. Et puisque l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le vice-président de la CPME, Jean-Michel Pottier, décrit inlassablement depuis plusieurs années un cas concernant la petite entreprise de textile qu’il dirige.

Il a encore raconté sa mésaventure ce lundi sur France Info, comme il l’avait faitdevant la commission des affaires sociales de l’Assemblée, le 30 mars 2016

Il explique qu’il a perdu aux prud’hommes après avoir licencié un salarié lui ayant« prélevé » du tissu. Bien que la cour d’appel de Douai ait reconnu la faute du salarié, elle a estimé que le licenciement n’était pas une sanction adaptée, et a condamné l’entreprise à lui payer 40 000 euros de dommages et intérêts. Résultat, assure le représentant patronal, il a dû mettre de son argent personnel dans la trésorerie de son entreprise, pour lui permettre de passer ce cap difficile. Devant l’Assemblée, il a assuré que le « pouvoir d’appréciation » des juges « peut conduire à des situations catastrophiques pour l'emploi et pour l'entreprise ».

 

Mais la chercheuse Évelyne Serverin a un autre regard sur ce cas présenté comme emblématique. Dans son article, elle en donne une version plus nuancée, après avoir lu l’arrêt de la cour d’appel : « La faute de la salariée consistait à avoir réalisé un travail personnel (un tablier), avec des chutes de tissu et dans le temps de travail. Or, selon les termes mêmes de la lettre de licenciement, il existait une “tolérance” à l'égard de l'utilisation des machines à coudre pour des travaux personnels pendant les périodes de pause, y compris en utilisant des chutes de coupe non valorisables. » Ce que la justice a retenu contre cette salariée, 26 ans d’ancienneté, est qu’elle a confectionné ce tablier pendant ses heures de travail, et non de pause. Pas de quoi valoir un licenciement.« Qu'un employeur puisse se présenter comme une victime dans une telle affaire, et recevoir une écoute complaisante, en dit long sur l'état d'avancement du processus de délégitimation de la justice du travail », assène l’auteure.

L’article d’Évelyne Serverin est aussi, et surtout, intéressant parce qu’il se penche sur le nerf de la guerre : l’argent. Il compare les sommes accordées par les cours d’appel, telles qu’elles ont été recensées par la Chancellerie sur 400 décisions, au barème qu’Emmanuel Macron avait tenté d’imposer dans la loi sur le travail avant de se faire désavouer par l’Élysée et Matignon. Une échelle qu’il est pertinent de considérer, puisque nul ne sait pour l’instant à quel niveau sera fixé le nouveau barème 2017, institué par les ordonnances. Or, l’article « met en évidence la tendance à l'écrêtage des indemnisations, limitant la compensation des dommages subis par les salariés les plus anciens dans l'entreprise ».

Le barème, tel que l’avait pensé l’alors ministre de l’économie en 2016, plafonnait les dommages et intérêts versés à 12 mois de salaire pour une ancienneté de 10 à 20 ans, et à 15 mois pour plus de 20 ans de présence dans l’entreprise. Si l’on s’en tient aux moyennes constatées par la Chancellerie sur son échantillon restreint, les plafonds proposés correspondent à peu près aux sommes accordées par la justice. Mais il y a un nombre substantiel de décisions qui accordaient aussi beaucoup plus, au-delà de deux ans de salaire. Or, constate la chercheuse, la proportion des salariés ayant obtenu plus de deux ans de salaire « s'accroît en fonction de l'ancienneté : c'est le cas d'un cinquième des salariés dans la tranche des 10 à 15 ans, d'un quart dans celle des 15 à 20 ans, et de la moitié dans celle des plus de 20 ans ».

Conclusion, « ce sont les droits des salariés les plus anciens qui étaient les plus menacés par l'avant-projet de loi travail », avec de très sérieuses conséquences, car « la part des salariés âgés demandeurs aux prud'hommes n'a cessé de croître entre 2004 et 2013 : la fraction des plus de 50 ans est passée de 21 % à 34 %, et celle des plus de 60 ans de 2 % à 10 % ». Et donc, « un plafonnement à des niveaux aussi bas que celui qui avait été envisagé par le projet de loi travail était porteur d'un risque réel de faciliter le licenciement des salariés les plus anciens, venant grossir la population des demandeurs d'emploi de longue durée ».

Cette catégorie de la population ne sera sans doute pas davantage protégée par la future barémisation. Mais il faut considérer l’intérêt que pourrait y trouver, ou non, une autre catégorie d’acteurs, les petites entreprises. Car tous les conseillers siégeant aux prud’hommes donnent une explication simple sur la grande disparité des indemnités accordées selon les cas : lorsqu’il s’agit de prendre leur décision, les conseillers, qui sont répartis à égalité entre représentants des employeurs et des salariés, prennent largement en compte la taille et la santé de l’entreprise. Dans une étude publiée par le site The Conversation, Thierry Kirat, directeur de recherche au CNRS, a justement étudié 83 décisions prud’homales selon cet axe. Il a établi que lorsque l’employeur est une TPE ou une PME, le conseil donne tort au salarié dans 43 % des cas, contre 31 % des cas pour les grandes entreprises. Et lorsqu’une réparation financière est accordée, son montant moyen est de 8 000 euros pour les petites entreprises, soit quatre fois moins que pour les grandes…

« Les juges ne sont pas des enfants. Si un licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse, c’est qu’il y a un abus, et c'est uniquement cet abus qui est sanctionné par le conseil des prud’hommes, qui doit rester maître de ses décisions, rappelle Emmanuel Boutterin, un des responsables de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), conseiller prud'homal à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) et membre du Conseil supérieur de la prud’homie. Chaque cas est pesé raisonnablement par le juge, en fonction de multiples critères. Un plancher, par exemple, pourrait être contre-productif dans le cas de petites entreprises, qui vont plutôt souffrir d'une barémisation. »

Emmanuel Boutterin indique que l’Udes « n’est pas opposée en soi à la barémisation, notamment à cause des chiffres surréalistes qui peuvent être atteints dans la section encadrement », mais estime qu’une telle réforme « ne va pas au bout du raisonnement » :« Si on veut vraiment sécuriser les entreprises, on peut, pourquoi pas, travailler sur une meilleure définition des causes réelles et sérieuses du licenciement ? Pourquoi ne pas barémiser les parachutes dorés et les soumettre au juge ? Mais l’affaiblissement du pouvoir du juge, cela ne peut pas être positif. » Une opinion qui sera partagée par une grande majorité des conseillers prud’homaux, tout comme des syndicats, mais qui a peu de chances de convaincre dans les rangs de La République en marche.

 

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 07:16
75 ème anniversaire de la Rafle du Vel d'Hiv: Benjamin Netanyahu, le dirigeant d'extrême-droite israélien invité par Macron, n'est pas l'homme des messages de paix et de tolérance (PCF)

75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv : "La commémoration doit envoyer un message fort de paix, et Benjamin Netanyahu n'est pas l'homme de ce message "

 

L'Elysée a confirmé la venue, le 16 juillet prochain, du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, aux commémorations du 75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv par la police française du régime de Vichy. Ce n'est pas faire honneur aux 13 152 juifs, parmi lesquels plus de 4 000 enfants, que la police de Pétain rafla dans la région parisienne pour les envoyer à la mort et complaire à l'Occupant allemand dont la « solution finale » était une des pierres angulaires de son idéologie dévastatrice.


La commémoration de la Rafle du Vél d'Hiv se doit de porter un message fort de paix, de lutte déterminée contre l'antisémitisme, contre toutes les formes de racisme et de haine dont étaient porteurs le régime nazi et ses collaborateurs français.


Benjamin Netanyahu n'est pas l'homme de ce message. Nul n'a oublié qu'en octobre 2015, le dirigeant israélien avait provoqué une indignation unanime, jusqu'au gouvernement allemand, en affirmant, au mépris de la réalité historique et des faits, qu' « Hitler n'(avait) pas souhaité exterminer les juifs ».


Le premier ministre israélien dont l'obédience d'extrême droite n'est plus un secret pour personne est un homme de guerres et de violences qui, chaque jour, fait obstacle à la construction d'un processus de paix, juste et durable, entre Israéliens et Palestiniens. Il n'est pas le bienvenu à ces cérémonies qui doivent rassembler notre pays tout entier dans l'hommage aux martyrs du Vél d'Hiv, aux 42 000 juifs de notre pays et 6 millions de morts de la Shoah exterminés méthodiquement par les Nazis et les régimes, comme celui de Vichy, qui en furent les complices.


Le Parti communiste français réprouve l'invitation faite à Benjamin Netanyahu par le président Emmanuel Macron et récuse toute instrumentalisation de ce douloureux 75e anniversaire de la Rafle du Vél d'Hiv.


Le combat contre le révisionnisme historique est un combat quotidien qui appelle à la plus grande vigilance et qui n'autorise aucun petit calcul politicien.

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9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 07:14
Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique: Une mesure purement idéologique (PCF)

Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique : Une mesure purement idéologique

 

Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique: Une mesure purement idéologique 

En marge des états généraux des comptes de la Nation, le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, a annoncé le rétablissement du jour de carence dans la fonction publique.

Après le gel du point d’indice pour les agents de la fonction publique et la volonté de supprimer 120 00 postes en 5 ans, cette décision est une nouvelle fois guidée par un seul objectif : s'attaquer aux fonctionnaires et, à travers eux, aux missions de service public pour l'égalité. 

Quand le gouvernement justifie cette décision par un retour à l’égalité entre les salarié-e-s du privé et du public, il ment.  En réalité la grande majorité des salarié-e-s du secteur privé n’est pas assujettie au jour de carence en vertu de différentes  prise  en charge  par  les  employeurs.

Inefficace pour lutter contre l’absentéisme, cette mesure est purement idéologique. 

Plutôt que de stigmatiser chaque salarié en arrêt maladie, insinuant qu’il s’agit d’un fraudeur, Gérald Darmanin devrait s’interroger sur les raisons de la souffrance au travail.

Si le gouvernement souhaite réduire les arrêts maladie, il faut s’attaquer frontalement aux causes qui les génèrent. À savoir la dégradation généralisée des conditions de travail et la souffrance occasionnée par les politiques d’austérité.

L’argent existe pour financer une toute autre politique. Chaque année, 80 milliards s’évaporent dans les paradis fiscaux, utilisons cet argent pour renforcer le rôle préventif de la médecine du travail et développer des mesures destinées à améliorer les conditions de travail des fonctionnaires.

Le gouvernement doit entendre les revendications des fonctionnaires qui sont porteuses d'intérêt général.

Pour le Parti communiste français, il ne doit y avoir aucun jour de carence. Ni dans le privé, ni dans le public. 

Nous appelons à participer massivement à la journée de mobilisation prévue le 12 septembre.
Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique: Une mesure purement idéologique (PCF)
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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 14:15
Suppression de 120 000 postes de fonctionnaires et rétablissement du Jour de carence dans la Fonction Publique

vendredi 7 juillet 2017

Aujourd’hui, Christian Favier, sénateur du Val-de-Marne, a interrogé Gérald Darmanin le Ministre de l’Action et des Comptes Publics, au sujet de l’instauration annoncée d’un jour de carence dans la fonction publique, compensé par des mesures dites de prévention et de prévoyance.

Il l’interroge d’abord quant à la pertinence de la mise en place d’un jour de carence, mesure vexatoire qui n’aurait d’autres conséquences concrètes que celle d’entretenir le mythe de fonctionnaires abusant des arrêts maladies.

Surtout, cette mesure pourrait générer une inégalité entre agents du public et salariés du privé, étant donné qu’en cas d’arrêt maladie, la grande majorité des mutuelles du privé opèrent un versement sans délais de carence.

Il lui demande enfin des précisions quant aux mesures de compensation évoquées lors des rencontres organisées 30 mai dernier 2017 avec les syndicats de la Fonction Publique.

Christian Favier

Christian Favier

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 06:37

Contre une Majorité sourde et résolument libérale : La bataille des ordonances ne fait que commencer...

 

Ordonnances travail: la bataille ne fait que commencer (communiqué de Pierre Dharréville, porte-parole du groupe PCF à l'Assemblée)
Ordonnances travail: la bataille ne fait que commencer (communiqué de Pierre Dharréville, porte-parole du groupe PCF à l'Assemblée)
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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 06:18
La Banque Postale: une réorganisation destructrice selon les syndicats CGT, CFDT, FO, SUD
Les syndicats CGT, CFDT, FO et SUD de La Poste dénoncent mercredi la réorganisation en cours à la Banque Postale, « programme de destruction des services financiers », qui leur fait craindre pour l'avenir d'environ « 500 salariés ».

« La Banque Postale poursuit son programme de destruction des services financiers (...) nouvelle étape qui ne prévoit ni plus, ni moins que la délocalisation complète des activités de traitement du chèque », déplorent les syndicats dans un communiqué commun. « Alors que 2018 sera l'année du centenaire du chèque postal (créé en janvier 1918), la Banque Postale fait le choix d'externaliser une activité essentielle au fonctionnement de la banque », ajoutent-ils, en rappelant que nombre d'usagers continuent de l'utiliser.

Un virage numérique au « détriment de la qualité des services »

Cette réorganisation concerne potentiellement « environ 500 personnes qui devront être reclassées, risquent de ne pas retrouver d'activité, et dont certaines, à quelques années de la retraite, ne pourront pas être formées », a expliqué à l'AFP Hélène Gorce de SUD PTT.

Reconnaissant les effets positifs de la numérisation de certains services, Hélène Gorce dénonce cependant un « développement commercial forcené » et un « manque d'anticipation », « sans phase de transition et d'accompagnement adaptée pour les salariés », au « détriment de la qualité des services », qui fait « fuir les clients vers d'autres banques ».

Une réorganisation trop « rapide » selon le médiateur

Le programme de réorganisation de la Banque Postale prévoit notamment de regrouper au sein de trois établissements un grand nombre d'activités de traitement des moyens de paiement qui étaient exécutées dans 23 centres régionaux jusqu'à présent. Il prévoit aussi de regrouper la réception des services courrier des clients de la banque et les services de production des relevés de compte à Bordeaux et Orléans. Les syndicats citent un rapport du médiateur de la Banque Postale mettant en garde contre une réorganisation trop « rapide ».

Interrogée par l'AFP, la direction de La Poste a assuré que « ce transfert d'activité n'entraîne aucun licenciement et ne s'accompagne d'aucun plan de départ volontaire ». Elle assure également que cette « évolution » se réalisera avec « un accompagnement individualisé des équipes, et un dialogue régulier avec les partenaires sociaux », passant notamment par « un important dispositif de formation ».

AFP, 5 juillet

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 05:28
Malgré les avertissements, la France s'enfonce dans l'état d'urgence
 PAR 

Le Parlement a définitivement adopté, jeudi en fin d'après-midi, la loi prolongeant pour une sixième fois l'état d'urgence jusqu'au 1er novembre. Au même moment, la Commission nationale consultative des droits de l'homme adoptait un avis dénonçant une dérive sécuritaire « affectant gravement le régime français des libertés et droits fondamentaux ».

Jeudi 6 juillet en fin de journée, les députés ont définitivement adopté la loi prorogeant pour la sixième fois l’état d’urgence en France jusqu’au 1er novembre 2017. À peu près au même moment, l’assemblée plénière de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNDH) adoptait un avis dénonçant, une nouvelle fois, l’enracinement des mesures d’exception dans notre droit et le recul des libertés fondamentales.

Comme à chaque prolongation, le texte a été adopté à une très large majorité des députés présents (137 voix pour et 13 contre), comme il l’avait été la veille par les sénateurs.

Dans un communiqué publié mercredi, un collectif composé de douze associations, universitaires et avocats (dont la LDH, le syndicat de la magistrature, le syndicat des avocats de France, Human Rights Watch, La Quadrature du Net ou encore Greenpeace) appelait « les députés à ne pas voter la loi de prorogation de l’état d’urgence et tous les parlementaires à rejeter la loi renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure ».

Ces deux textes font en réalité partie d’un même plan du gouvernement visant à mettre fin à l’état d’urgence en vigueur depuis le mois de novembre 2015 tout en en inscrivant les principales mesures dans le droit commun. Pour cela, le gouvernement a déjà réussi à faire adopter en un temps record la prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 1ernovembre 2017 et, d’ici là, il espère voir adopté son projet de loi antiterroriste, actuellement en cours d'examen en première lecture au Sénat, inscrivant dans le code de la sécurité intérieure (CSI) quatre mesures phares tirées de l’état d’urgence.

Ce texte permettra aux préfets d’ordonner, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, des perquisitions administratives, d’obliger des personnes à résider dans une zone déterminée, d’instaurer des « périmètres de sécurité » lors d’événements, au sein desquels les règles de contrôle seront assouplies ou encore d’ordonner la fermeture de lieux de culte. L’ensemble de ces mesures pourront être décidées sur de simples soupçons des services de renseignement et sans le contrôle d’un juge judiciaire, hormis dans le cas des perquisitions qui devront être autorisées par une juge des libertés et des détentions (JLD).

Vendredi dernier, le président Emmanuel Macron avait reçu des représentants du collectif d’associations mobilisées depuis le début du mois de juin contre ce projet. À celles-ci, le chef de l’État a promis qu’il s’agissait là de « la première et la dernière loi en matière antiterroriste » de son mandat, a fait savoir la délégation. Mais, pour le reste, cette dernière n’a pu faire que « le constat d'une divergence de fond avec le président de la République sur la nature et les effets du projet de loi antiterroriste, directement inspiré des mesures de l'état d'urgence ». Emmanuel Macron a également refusé de revenir sur la procédure d’urgence décrétée sur ce texte « bien que celle-ci empêchera un débat démocratique approfondi ».

Les associations en avaient donc appelé aux parlementaires. « Tandis que l’état d’urgence se voulait temporaire et ses mesures exceptionnelles, les fouilles indifférenciées, les assignations et les perquisitions de la loi à venir seront permanentes », soulignait leur communiqué. « Les atteintes aux libertés d’aller et de venir, de se réunir et de manifester, la stigmatisation des personnes de confession musulmane ou supposées telles, et avec elle la division de la société, prendront, elles aussi, un tour permanent, par l’effet de cliquet propre aux législations antiterroristes, comme le montre l’expérience de celles accumulées, presque sans débat, ces dernières années », estiment les associations

Elles soulignent au passage que la nouvelle loi de prorogation de l’état d’urgence a réintroduit une mesure pourtant censurée il y a quelques semaines par le Conseil constitutionnel : les interdictions de manifester. « Autre preuve de duplicité du discours officiel : les interdictions dites “de séjour” (valant interdiction de se déplacer pour participer à une manifestation), censurées par le Conseil constitutionnel, ont été réintroduites par le gouvernement et aussitôt adoptées en commission des lois du Sénat, écrivent-elles. Cette disposition spécifique pourra être utilisée contre des manifestants ou militants, sans lien avec le terrorisme, comme cela été le cas ces derniers mois. »

Les associations ont reçu, jeudi 6 juillet, le soutien de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), laquelle a adopté en assemblée plénière un avis extrêmement sévère sur le projet de loi antiterroriste, dénonçant « des pouvoirs de police exorbitants », « des garanties insuffisantes » et un « dispositif inefficace », voire « contre-productif ».

Tout en reconnaissant la nécessité « de protéger les populations et d’apporter des réponses concrètes » à la menace terroriste, la CNCDH « tient une nouvelle fois à rappeler solennellement que la restriction des libertés fondamentales ne saurait être le prix à payer pour la lutte contre le terrorisme ». Plus précisément, la commission rappelle « le caractère nécessairement exceptionnel et provisoire de dispositions de l’état d’urgence » et « s’inquiète de la forme prise par cette sortie (de l’état d’urgence), si celle-ci passe par l’inscription des mesures emblématiques de l’état d’urgence dans le droit commun ».

L'avis de la CNCDH estime que le projet de loi du gouvernement « s’apparente à une prolongation indéfinie de l’état d’urgence ». « Des mesures prévues dans le cadre du régime dérogatoire à l’état d’urgence, conçu comme une suspension temporaire des droits et libertés garantis par la Constitution, se voient aggravées et pérennisées par leurs inscription dans le droit ordinaire, affectant gravement le régime français des libertés et droits fondamentaux ».

La commission dénonce notamment les « pouvoirs exorbitants » confiés aux préfets et au ministère de l’intérieur pour sanctionner de manière préventive des citoyens, avec un minimum de garanties. « En octroyant aux autorités administratives de telles prérogatives, le projet de loi soumet l’exercice des droits et libertés fondamentaux à un régime d’encadrement préventif aux fins de lutter contre la menace terroriste. Autrement dit, poursuit l’avis, les personnes ne feront pas l’objet de ces mesures parce que leur comportement s’avère répréhensible au regard d’un interdit pénal, mais simplement parce que les autorités administratives les considéreront, elles-mêmes ou leurs proches, comme menaçantes au regard du risque terroriste ».

 

La CNCDH regrette par ailleurs que, une nouvelle fois, le gouvernement n’ait pas souhaité recueillir son avis d’autorité administrative indépendante lors de la préparation du texte. La commission « déplore ne pas avoir été saisie par le gouvernement, alors qu’une telle démarche se justifiait pleinement étant donné le caractère extrêmement sensible de la matière au regard de la protection des droits et libertés fondamentaux ».

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