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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 06:46
Le budget s’annonce sous le signe de l'austérité
 PAR 

Comme il entend respecter ses engagements européens dès cette année, le gouvernement va devoir résoudre une équation budgétaire très complexe. Mais passer sous les 3 % du PIB de budget ne sera pas suffisant, compte tenu des règles européennes à moyen terme. L’austérité semble une option non seulement possible, mais également durable.

 

Ce sera un des premiers chantiers du gouvernement Édouard Philippe doté de sa nouvelle majorité parlementaire : construire une stratégie budgétaire. Cette dernière s’appuie sur une ligne : le respect des engagements européens, un des piliers de la stratégie européenne d’Emmanuel Macron. Dans un entretien à Ouest-France du 11 avril, le candidat Macron avait affirmé que « l’Allemagne, aujourd’hui, attend que la France soit au rendez-vous des réformes. Tant qu’elle ne le sera pas, on ne pourra pas retrouver la confiance des Allemands qu’on a trahis deux fois, en 2003 et en 2007 ». Or, les deux dates évoquées par le futur candidat concernent deux dérapages budgétaires (dont l’un, du reste, en 2003, était issu d’un accord avec Berlin). Les « réformes » dont il est question concernent donc bien la consolidation budgétaire.

Pour convaincre Angela Merkel de s’engager dans une plus forte intégration de la zone euro, le président de la République va donc s’appuyer sur deux projets : la réforme du marché du travail et la consolidation budgétaire. Son ambition est de « rassurer » Berlin sur le fait que toute mise en commun ne conduira pas à faire prendre de risques supplémentaires à l’Allemagne si elle s’engage dans cette intégration, parce qu’elle le fera avec un partenaire jugé « solide » selon les critères dominants parmi les dirigeants des deux rives du Rhin. Voilà pourquoi il ne faut pas compter sur une politique budgétaire « souple » du nouvel exécutif. Elle sera nécessairement fondée sur une trajectoire de retour à l’équilibre, et donc sur une politique d’austérité budgétaire.

Comme, par exemple, sur la réforme du droit du travail, il faudra donner le ton rapidement. Deux chantiers risquent ainsi de s’ouvrir vite : le bouclage du budget 2017 dans le cadre exigé par la Commission européenne et accepté par le précédent gouvernement, et la mise en place d’une stratégie déterminée sur l’ensemble du quinquennat.

Le premier dossier ne sera pas le plus facile. 2017 devait être, selon la loi de finances, l’année du retour de la France sous la barre des 3 % du PIB de déficit public, pour la première fois depuis dix ans. Initialement, Bercy prévoyait un passage à 2,7 % du PIB de ce déficit, avant de relever l’objectif à 2,8 %. Cela représente néanmoins un effort budgétaire important, puisque les administrations publiques françaises ont terminé l’année 2016 avec un déficit de 3,4 % du PIB.

Or, le budget 2017 a été déjà largement critiqué pour les questions qu’il ouvrait. À commencer par le socle de l’ensemble budgétaire : la prévision de croissance, fixée à 1,5 %. Certes, de très optimiste à la fin de l’année dernière, cette prévision est devenue plus réaliste avec l’amélioration des indicateurs depuis quelques mois. L’acquis de croissance à la fin du premier trimestre est, désormais, compte tenu des diverses révisions, de 0,9 point de PIB. Mais il n’empêche : cette prévision demeure au-dessus de celle des principales organisations de prévision. La Commission européenne et laBanque de France tablent sur une croissance de 1,4 %, le FMI et l’OCDE, de 1,3 %. Si ces institutions voient plus juste que le gouvernement, l’objectif budgétaire risque mécaniquement d’être manqué.

Cet objectif est d’autant plus en danger que, si le gouvernement précédent a engagé de nouvelles dépenses pour financer les priorités de son action, notamment dans l’éducation (3 milliards d’euros supplémentaires) et la sécurité (2 milliards d’euros supplémentaires), les modalités de la maîtrise des autres dépenses visant non seulement à financer ces engagements, mais aussi à assurer le recul du déficit sont, elles, demeurées très floues. Dès septembre 2016, le Haut Conseil des finances publiques soulignait le caractère « irréaliste » des baisses de dépenses envisagées sur l’assurance-chômage et l’assurance-maladie.

Apparemment, ces craintes n’étaient pas injustifiées. À fin avril 2017, la situation budgétaire montrait clairement une dégradation du solde d’exécution du budget de l’État, par rapport à fin avril 2016, de 1,5 milliard d’euros. Ce point intermédiaire ne préjuge en rien du niveau du déficit public sur l’ensemble de l’année, qui intègre le budget de la Sécurité sociale et celui des administrations locales. Mais il montre que l’effort durant les huit derniers mois de l’année va devoir être soutenu pour atteindre l’objectif d’une baisse de 0,3 point de PIB du déficit du seul budget de l’État.

Le 13 juin, le premier ministre Édouard Philippe a préparé le terrain sur France Info en évoquant un « risque extrêmement fort » de rater l’objectif de 2,8 % du PIB. Ce risque devrait être officialisé le 3 juillet, lors de la publication par la Cour des comptes de l’audit des comptes publics.

Si le scénario d’une dégradation de la situation budgétaire se confirme, quelle sera la réaction du gouvernement ? La marge de manœuvre pour accepter un dépassement de l’objectif est très faible, puisque, comme on l’a vu, le « respect des engagements » est essentiel pour le président de la République.

D’autant que la Commission, de son côté, sera peu encline à se montrer conciliante, alors qu’elle est menacée par les projets de réforme de la zone euro. On sait, par exemple, que le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, souhaite confier à un « ministre des finances de la zone euro » un contrôle renforcé des engagements budgétaires des États membres. Dès le 19 juin au matin, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, a mis en garde sur le risque pour la France de se retrouver seul pays en procédure de déficit excessif. « C’est de l’intérêt du pays d’être conforme à ses engagements », a-t-il indiqué sur Sud Radio.

Pierre Moscovici avait déjà rappelé, au lendemain de l’élection présidentielle, que la« France peut et doit sortir de la procédure de déficit excessif ». Bruxelles s’est ainsi montrée très ferme dans ses recommandations par pays au sujet la France, publiées le 22 mai dernier : « La France doit se tenir prête à prendre des mesures supplémentaires pour assurer le respect des dispositions du pacte de stabilité et de croissance en 2017. » 

En cas de dépassement et de non-respect de ses engagements, la France pourrait être menacée de sanctions. Ce serait politiquement un désastre pour Emmanuel Macron, qui serait alors en position de faiblesse face à l’Allemagne et à son nouveau gouvernement, peut-être issu d’une coalition CDU/CSU-FDP particulièrement à cheval sur l’orthodoxie budgétaire. Paris serait alors réduit à reprendre la stratégie de Nicolas Sarkozy et de François Hollande menée depuis 2010.

Édouard Philippe a donc prévenu qu’il fallait sans doute s’attendre à des mesures complémentaires. Donneront-elles lieu à une loi de finances rectificative ? L’option n’a pas été exclue, mais la priorité reste, selon le premier ministre, d’ajuster, sans collectif budgétaire, par « toute une série de mesures ». Autrement dit, si le dérapage budgétaire reste réduit, il sera réglé par une réduction des dépenses dans les ministères. S’il est trop élevé, il faudra envisager des mesures plus sévères et donc en passer par un collectif budgétaire. Le 6 juin dernier, Les Échos évoquaient un besoin de 5 à 6 milliards d’euros pour parvenir non pas à remplir l’objectif, mais à atteindre un déficit sous les 3 % du PIB. Or, Édouard Philippe a bien évoqué les 2,8 % promis à Bruxelles…

Passer sous les 3 % ne sera pas suffisant

Mais l’exécution du budget 2017 n’achèvera pas la tâche du gouvernement. Souvent réduites à une obsession des 3 % du PIB de déficit, les règles européennes ne se limitent plus à ce seuil symbolique. Depuis le renforcement des dispositions budgétaires et la ratification du pacte budgétaire en 2012, les objectifs sont fixés à moyen terme et en termes structurels, autrement dit indépendamment des évolutions de la conjoncture.

La Commission exige de la France un retour à un déficit structurel de 0,4 % du PIB en 2020, contre 1,5 % en 2016. Le précédent gouvernement avait prévu, dans son programme de stabilité, de revenir à l’équilibre structurel en 2020, mais là encore, Bruxelles doute de cette trajectoire et souligne qu’en 2018, une détérioration du solde structurel de 0,5 % du PIB est prévue. Il est vrai que le Sénat avait souligné, lors de l’examen du projet de loi de finances, une tendance du budget 2017 à reporter les dépenses et les charges engagées. La haute Assemblée avait évalué ces reports à 12 milliards d’euros.

Le pacte budgétaire prévoit de plus un amortissement progressif du stock de dettes. C’est ainsi que l’Italie se débat encore avec les exigences budgétaires de Bruxelles, alors même que son déficit est inférieur à 3 % du PIB. Là encore, Pierre Moscovici le 17 juin l’a rappelé : « C’est en 2018 qu’on constatera que la France est sortie ou non de la procédure de déficit excessif. »

Bref, passer sous les 3 % ne sera pas suffisant. Il faudra aussi engager une baisse sensible du déficit structurel et un processus de désendettement. Évidemment, le parcours budgétaire dépendra de l’évolution de la croissance, qu’il est impossible de prévoir réellement dans les prochaines années. Et si la consommation des ménages reste solide, elle n’est nullement portée par une dynamique salariale et est à la merci d’une remontée des prix et des taux. D’autant que la conjoncture pourrait être affaiblie par l’effet des réformes du marché du travail dans un premier temps. Cet effet négatif est largement accepté par les économistes, y compris les partisans des réformes, comme par exemple l’économiste de Natixis Patrick Artus, qui l’a reconnu dans une note du 30 mai dernier. Bref, il serait un peu audacieux de s’en remettre à la seule croissance pour rentrer dans les clous des règles européennes.

Là encore, le nouveau gouvernement et le président de la République semblent décidés à« respecter les règles ». C’est pourquoi, selon Les Échos du 13 juin, l’Élysée s’apprêterait à bousculer les habitudes budgétaires françaises. Finies les discussions de chaque ministère pour négocier sa propre marge de manœuvre budgétaire. Des grandes priorités budgétaires seront définies en septembre. Les ministres seront chargés de les mettre en œuvre et seront désormais aussi jugés sur « leurs capacités à faire des économies ». Autrement dit, la trajectoire budgétaire ne devrait plus seulement être indicative, mais elle sera le cadre de chaque ministère. En sortir sera beaucoup plus complexe que jusqu’à présent. Et comme il est évident que ce cadre sera celui inspiré par la trajectoire de la Commission, les ministères soumis aux économies seront donc plus nombreux que ceux généreusement dotés. Dans ce cas aussi, la politique budgétaire de la France s’annonce comme nécessairement restrictive.

Or, cette démarche est risquée. D’abord, si les politiques d’austérité ont marqué le pas en zone euro, la politique budgétaire en zone euro serait, de l’aveu même de la Commission, neutre, en 2017. Dans un tel contexte, il est beaucoup plus difficile de consolider le budget à marche forcée que lorsque les partenaires du pays s’engagent dans une politique expansive. À partir de 2005, l'Allemagne avait ainsi réduit son déficit dans un contexte d'expansion de la dépense publique dans la zone euro.

L’effet de cette politique budgétaire centrée sur le respect des objectifs européens sera nécessairement négatif sur la croissance. On ne peut, étant donné la fragilité de la reprise mondiale, écarter une spirale négative où l’affaiblissement de la demande, dans la foulée de la consolidation budgétaire, conduit à un affaiblissement de la demande, laquelle oblige à de nouveaux efforts pour rester dans les clous de la trajectoire budgétaire promise à Bruxelles. De plus, comme l’a souligné, voici un an, le FMI, le succès des réformes sur le marché du travail, si tant est que l’on puisse en attendre un, dépend d’une politique budgétaire en soutien.

C’est la politique officiellement défendue par le programme du président de la République, mais, compte tenu des priorités du gouvernement, on voit mal comment l’on pourra engager les 50 milliards d’euros d’investissements publics prévus d’ici 2022. Ces investissements, du reste, ne compenseraient pas les 60 milliards d’euros d’économies promises… Il faudra de plus financer les mesures dites de “compétitivité” auxquelles Bruxelles tient tant : transformation du CICE en baisse de charges (avec un effet de double paiement la première année) et baisse de l'impôt sur les sociétés. Le seul moyen alors sera de sabrer dans les dépenses, notamment les dépenses sociales.

Contrairement à ce qu’il a prétendu durant la campagne, il n’est pas sûr qu’Emmanuel Macron ait tiré les leçons de la crise de 2010 en zone euro. La route de l’austérité semble grande ouverte, avec toutes les conséquences négatives, désormais largement documentées par la science économique.

 

 

 
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 06:02

Communiqué du Syndicat National des Journalistes CGT, 20 juin 2017: 


Le nouveau président de la République a vraiment un problème avec la liberté d’information et avec le service public.
Après avoir porté plainte contre X après les articles publiés par Le Parisien, Libération et Médiapart sur la prochaine loi de casse du Code du travail, il a dû faire (un peu) machine arrière en retirant le qualificatif de recel. Cette plainte a été unanimement condamnée au point de faire reculer le gouvernement ; toutefois elle demeure et il paraît difficile, sinon impossible, de tenter de poursuivre les auteurs des fuites sans mettre en cause la publication des documents. Des documents qui permettent, grâce à l’excellent travail de nos confrères, de révéler les réelles intentions du pouvoir.
De plus, le gouvernement multiplie les pressions pour verrouiller toute « information sensible ».
C’est Bayrou qui téléphone à Radio France au sujet des révélations sur les problèmes du MODEM avec la justice et c’est le directeur de cabinet de la ministre du travail qui demande à la CGT une totale confidentialité sur le contenu des discussions en cours sur la loi travail, menaçant de réduire les informations délivrées à la centrale syndicale au minimum en cas de refus.
La CGT a affirmé sa totale liberté de rendre compte à ses adhérents de ce que sera demain le code du travail.
Enfin, la nouvelle ministre de la Culture a demandé aux patrons des sociétés du service public de l’audiovisuel, France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et Arte, « de rapprocher les sociétés audiovisuelles publiques, pour une plus
grande efficacité d’ensemble ».
On ne peut s’empêcher de rapprocher cette invitation de l’Objectif 7 du candidat Macron d’avoir « des chaînes moins nombreuses », entraînant de fait des suppressions d’emplois.
Le SNJ-CGT dénonce fermement toutes ces initiatives et pressions sur l’information, sur la liberté d’expression et, enfin, sur l’indépendance syndicale.
Le président de la République n’aura pas été long à montrer sa véritable nature ; face à cette dérive, le SNJ-CGT appelle la profession à se mobiliser et à rejoindre les rangs des organisations syndicales.


Montreuil, le 20/06/2017

SNJ-CGT Liberté d’information : Macron se démasque
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:45
"On vous dira le moment venu de manifester"... Mélenchon et le ministère des masses révolutionnaires
"On vous dira le moment venu de manifester"... Mélenchon et le ministère des masses révolutionnaires

On attend le feu vert?

Du grand patron de la "résistance sociale" qui nous dira s'il faut mieux manifester en ligne ou dans la rue? Quand il faut activer la marche avant pour rejoindre les cortèges et faire trembler Macron? 

Ces communications en disent long sur ce que Mélenchon le grand guide conçoit de son rôle et entend pas "révolution citoyenne", disciplinée, cohérente, menée à la baguette. 

Quelqu'un peut lui dire que ça fait 120 ans que la CGT et les syndicalistes en général n'ont pas attendu le groupe de Melenchon pour se mobiliser. Que les féministes , les LGBT, les discriminés ne vont pas attendre le groupe de Melenchon pour se mobiliser. Que la bataille sociale elle se passe tous les jours dans ce pays....ce sont les luttes qui déterminent le rapport de force politique, pas les parlementaires... Faut ouvrir un livre d'histoire un peu hein !

"On vous dira le moment venu de manifester"... Mélenchon et le ministère des masses révolutionnaires
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:35

François Ruffin, soutenu par le PCF, France Insoumise, Ensemble, EELV, présent aux élections avec une suppléante PCF, a refusé à raison de signer la charte France Insoumise ne voulant pas être "soumis" aux diktats de grand chef JLM. 

Les Insoumis locaux voulaient qu'ils ne soient plus leur candidat dans ces conditions.

Jean-Luc Mélenchon, qui ne voulait pas qu'il passe à l'ennemi, c'est à dire qu'il se présente en préfecture comme candidat PCF, a fait une exception pour lui. Intransigeance dogmatique à géométrie variable...   

 

" M. Ruffin partait avec un retard d’une dizaine de points à l’issue du premier tour, après avoir toutefois réalisé la prouesse de passer devant le Front national, dans un territoire où Marine Le Pen avait recueilli 28,81 % lors du premier tour de la présidentielle, et où le parti d’extrême droite avait présenté une figure médiatique : le comédien Franck de Lapersonne.

François Ruffin, « toujours entre le ridicule et le formidable »
Le journaliste et réalisateur de Merci patron ! – documentaire récompensé aux Césars – est parti en campagne sous une quadruple bannière à gauche. Le Parti communiste, La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts et Ensemble l’ont investi pour affronter la députée socialiste sortante et ancienne secrétaire d’Etat chargée des personnes âgées, Pascale Boistard. Cette dernière, qui n’a recueilli que 7 % des voix lors du premier tour, a appelé à voter pour lui dans l’entre-deux-tours. "

Le Monde, 19/06/2017

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:30
André Chassaigne, président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée de 2012 à 2017, réélu avec 63% des voix dimanche 18 juin dans le Puy-de-Dôme

André Chassaigne, président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée de 2012 à 2017, réélu avec 63% des voix dimanche 18 juin dans le Puy-de-Dôme

"Une fois la victoire fêtée, reste aussi à s’organiser. Les élus disposent de peu de temps puisque dès mardi prochain les groupes devront être constitués. Avec 29 députés au minimum (11 PCF, 2 Ensemble !, 14 France insoumise, 2 ultramarins soutenus par ces formations) auxquels pourraient se joindre d’autres élus de gauche ou d’outre-mer, la constitution d’un ou de deux groupes est envisageable. Les communistes se réuniront mercredi pour étudier les différentes « hypothèses sur la table avec la volonté d’un travail et d’une expression coordonnés entre les différentes sensibilités de la gauche radicale ». 

(L'Humanité) 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 05:24
Pierre Darhéville, nouveau député communiste dans les Bouches du Rhône

Pierre Darhéville, nouveau député communiste dans les Bouches du Rhône

Voici quelques uns des propos tenus ce matin par celui qui sera le chef du groupe de la France Insoumise. Voilà qui a le mérite d'être clair. 

******************************
"La question de l'appartenance à ce groupe des 10 élus du Parti communiste (PCF)* n'est pas encore tranchée. «On va parler ensemble. On a plusieurs questions préalables à régler», a lancé Jean-Luc Mélenchon. Avant d'évoquer sa succession au Parlement européen, qui passe mal: la PCF Marie-Pierre Vieu, devrait devenir eurodéputée, contre l'avis de Jean-Luc Mélenchon qui lui préférerait le suivant sur la liste, Manuel Bompard, son directeur de campagne pendant la présidentielle. «Si cela n'est pas réglé, si l'accord précédent n'est pas respecté, on ne peut pas envisager qu'il y en ait de nouveau», a déclaré Jean-Luc Mélenchon, qui tient à «l'autonomie» des deux mouvements. «Nous ne sommes pas le PCF, il a son siège, ses dirigeants, ses responsables. Nous, nous sommes la France Insoumise».

 

* En réalité, ils sont onze. 

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 05:36
Entreprise de liquidation des contre-pouvoirs à la société capitaliste: quand l'audiovisuel ignore le PCF, son groupe parlementaire et ses onze députés...

COUP DE GUEULE !
Cinq minutes de temps d’antenne au PCF dans la campagne officielle, alors qu’il compte un groupe à l’Assemblée nationale !

Dimanche soir on pouvait zapper sur toutes les chaînes de télévision, impossible d’y trouver le point de vue d’un responsable communiste !

L’ineffable et ignare Madame Saint Cricq, annonça même dimanche sur France 2 l’élection du « SOCIALISTE ANDRÉ CHASSAIGNE » !

Pierre Laurent n'a été invité sur aucun plateau télé alors qu'il est le responsable d'un parti qui compte 56 000 adhérents à jour de cotisation et des milliers d'élus. Ian Brossat, un de nos porte-paroles prévus pour la soirée télévisée, n'a pas non plus été invité. A côté, Clémentine Autain (Ensemble), plusieurs cadres de France Insoumise ont été invités sans problème. 

Sur France 2, toujours, lundi midi on annonce l’élection des députés, sauf les 11 appartenant au Parti Communiste ! Tous les médias d’aujourd’hui se sont donné le mot : on peut parler des élu-e-s de la France Insoumise, mais silence sur celles et ceux du PCF.

Si je me réjouis de l’élection de tous ces député-e-s appartenant aux forces de la transformation sociale, qui vont se retrouver pour mener les combats contre toutes les régressions et pour faire du commun – pour paraphraser Patrick Appel-Muller –, je suis profondément attaché au pluralisme, à une information honnête, respectueuse de toutes les sensibilités, qui ne soit pas aux ordres de la grande bourgeoisie et de la finance. C’est un combat, il doit être mené. Et oui, ils en avaient rêvé de la mort du PCF ! Mais le cadavre bouge encore. Mon coup de gueule n’enlève rien à la réflexion qui doit être celle de tous les communistes, dans une écoute et un respect mutuel, sur les échéances que nous venons de vivre et sur le chantier de la reconstruction politique à laquelle le PCF souhaite prendre toute sa part !

Hier soir sur France 2, nous avons eu droit à un passage en revue des député-e-s, LREM, LR, le FN, le PS, la FI, et même les nationalistes Corses. Mais Lettellier et saint-Cricq, n’ont pas encore retrouvé les députés communistes !

 

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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 18:47
André Chassaigne, ancien président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée Nationale, réélu au second tour avec 60% des voix

André Chassaigne, ancien président du groupe Front de Gauche à l'Assemblée Nationale, réélu au second tour avec 60% des voix

Fabien Roussel, député communiste du Nord. Fabien Roussel, secrétaire départemental de la Fédération PCF du Nord succède à Alain Bocquet comme député du Nord. Il devance le FN au second tour après l’avoir distancé d’une courte tête au premier. Alain Bocquet était député de cette circonscription, historiquement communiste, comprenant Saint-Amand-les-Eaux, dont il est maire depuis 1978.

Fabien Roussel, député communiste du Nord. Fabien Roussel, secrétaire départemental de la Fédération PCF du Nord succède à Alain Bocquet comme député du Nord. Il devance le FN au second tour après l’avoir distancé d’une courte tête au premier. Alain Bocquet était député de cette circonscription, historiquement communiste, comprenant Saint-Amand-les-Eaux, dont il est maire depuis 1978.

Hubert Wulfranc, député communiste de Seine Maritime Le maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, Hubert Wulfranc , devient député de Seine-Maritime avec 61,07% des voix après plusieurs tentatives. Cette circonscription, qui élit régulièrement un député socialiste, avait été communiste entre 1993 et 1997.

Hubert Wulfranc, député communiste de Seine Maritime Le maire de Saint-Etienne-du-Rouvray, Hubert Wulfranc , devient député de Seine-Maritime avec 61,07% des voix après plusieurs tentatives. Cette circonscription, qui élit régulièrement un député socialiste, avait été communiste entre 1993 et 1997.

Jean-Paul Le Coq, député communiste élu avec plus de 55% des voix dans la 8e circonscription de Seine-Maritime. Jean-Paul Lecoq (PCF), maire de Gonfreville-l’Orcher retrouve le siège de député qu’il occupait entre 2007-2012 perdu au profit du PS. Dans cette circonscription comprenant une partie du Havre, le communiste (62.70%) devance largement son adversaire de la « République en marche », Béatrice Delamotte, qui accusait 3 points de retard au soir du premier tour.

Jean-Paul Le Coq, député communiste élu avec plus de 55% des voix dans la 8e circonscription de Seine-Maritime. Jean-Paul Lecoq (PCF), maire de Gonfreville-l’Orcher retrouve le siège de député qu’il occupait entre 2007-2012 perdu au profit du PS. Dans cette circonscription comprenant une partie du Havre, le communiste (62.70%) devance largement son adversaire de la « République en marche », Béatrice Delamotte, qui accusait 3 points de retard au soir du premier tour.

Sébastien Jumel, député communiste en Seine-Maritime

Sébastien Jumel, député communiste en Seine-Maritime

Pierre Darhéville député communiste des Bouches-du-Rhône: elu avec 62.41% dans la 13eme circo des bouches du Rhône

Pierre Darhéville député communiste des Bouches-du-Rhône: elu avec 62.41% dans la 13eme circo des bouches du Rhône

Député communiste Alain Bruneel du Nord, élu face au Front National. Alain Bruneel (PCF) devient député du Nord, à la suite de Jean-Jacques Candelier. Il devance la candidate du Front national, Hortense de Mereuil, qui avait pourtant près de 10 points d’avance après le premier tour. Le maire de Lewarde et ancien syndicaliste cheminot était jusqu’alors le suppléant du député sortant.

Député communiste Alain Bruneel du Nord, élu face au Front National. Alain Bruneel (PCF) devient député du Nord, à la suite de Jean-Jacques Candelier. Il devance la candidate du Front national, Hortense de Mereuil, qui avait pourtant près de 10 points d’avance après le premier tour. Le maire de Lewarde et ancien syndicaliste cheminot était jusqu’alors le suppléant du député sortant.

Jean-Paul Dufrègne, nouveau député communiste de l'Allier: Dans la 1ere circonscription de l’Allier, Jean Paul Dufrègne (PCF) remporte le siège de député avec 51,85% des voix. L’ancien président du conseil départemental était pourtant en ballotage défavorable à l’issue du premier tour avec prés de 7 points (22,66%) de retard sur sa concurrente REM, Pauline Rivière (29,04). Le communiste a fortement rassemblé au second tour.

Jean-Paul Dufrègne, nouveau député communiste de l'Allier: Dans la 1ere circonscription de l’Allier, Jean Paul Dufrègne (PCF) remporte le siège de député avec 51,85% des voix. L’ancien président du conseil départemental était pourtant en ballotage défavorable à l’issue du premier tour avec prés de 7 points (22,66%) de retard sur sa concurrente REM, Pauline Rivière (29,04). Le communiste a fortement rassemblé au second tour.

Elsa Faucillon, députée communiste du Val-de-Marne

Elsa Faucillon, députée communiste du Val-de-Marne

Marie-George Buffet réélue députée communiste de Seine St Denis

Marie-George Buffet réélue députée communiste de Seine St Denis

Stephane Peu réélu en Seine St Denis

Stephane Peu réélu en Seine St Denis

Huguette Belo, réélue à la Réunion

Huguette Belo, réélue à la Réunion

Clémentine Autain, Ensemble, soutenue par le PCF et France Insoumise, élue sur la circonscription de François Assensi

Clémentine Autain, Ensemble, soutenue par le PCF et France Insoumise, élue sur la circonscription de François Assensi

François Ruffin, député soutenu par FI et le PCF dans la Somme. Le rédacteur en chef, François Ruffin, qui avait le soutien dès le premier tour du PCF, de la FI, d’Ensemble et d’EELV, l’emporte au second tour avec 19 329 voix (55,97 %) contre le candidat de la République en marche, le maire d’Abbeville Nicolas Dumont (15 205 voix, 44,03%). François Ruffin était arrivé deuxième lors du premier tour avec 9 545 voix (24,32%).

François Ruffin, député soutenu par FI et le PCF dans la Somme. Le rédacteur en chef, François Ruffin, qui avait le soutien dès le premier tour du PCF, de la FI, d’Ensemble et d’EELV, l’emporte au second tour avec 19 329 voix (55,97 %) contre le candidat de la République en marche, le maire d’Abbeville Nicolas Dumont (15 205 voix, 44,03%). François Ruffin était arrivé deuxième lors du premier tour avec 9 545 voix (24,32%).

Une soirée où En Marche et Macron raflent 100% des circonscriptions finistériennes, 90% des circonscriptions bretonnes, le reste échu à la droite (Loudéac, St Malo, Fougères) ou au PS centriste (Rennes-Pacé). 

Dans un contexte de très forte abstention (42% des électeurs seulement sont allés aux urnes) et de marginalisation de la gauche à l'Assemblée Nationale (44 députés PS, apparentés et radicaux, 14 à 16 députés France Insoumise selon les modes de calcul, 11 députés communistes: soit 70 députés), les candidats du Parti Communiste qualifiés au second tour ont fait mieux que se défendre, avec 11 députés élus, soit plus que sous la précédente mandature (7 adhérents PCF, 8 en comptant un apparenté: pour la première fois depuis 1997, le PCF regagne des députés), et 15 députés pour France insoumise.

3 députés PCF dans le département du premier ministre, Edouard Philippe, la Seine-Maritime. 

Une pensée de reconnaissance pour Nicolas Sansu, battu dans le Cher.  Nicolas Sansu (PCF) perd son siège dans le Cher avec 47,43% au second tour. Le retard de près de 10 points accusé après le premier tour sur la candidate du Modem, Nadia Essayan, était trop important pour être comblé. Le maire de Vierzon faisait parti des nouveaux élus communistes à l’Assemblée en 2012.

Une pensée de satisfaction pour Marie-Pierre Vieu, qui deviendra députée européenne du Sud-Ouest en lieu et place de Jean-Luc Mélenchon, élu député à Marseille. 

Dans les départements d'Outre-mer, 4 député.e.s sur 5 du groupe parlementaire Gauche Democrate et Républicaine (groupe PCF - Front de gauche et forces proches) sont réélus. 

Parmi les responsables de la politique anti-sociale du gouvernement Hollande-Valls, Marisol Touraine et Myriam El Khomri sont battues, Manuel Valls échapperait d'extrême-justesse, dans un climat extrêmement tendu, à une défaite face à une candidate France Insoumise.  

Parce ce qu'il veut son jouet à lui tout seul et qu'il a le sentiment que la politique nouvelle à gauche est née avec lui et son mouvement, Mélenchon, qui s'est félicité du taux important d'abstention, a exclu de constituer un groupe avec les députés communistes disant vouloir former un groupe "discipliné, cohérent, offensif" autour de son seul leadership.

Petit récapitulatif utile ! Après une analyse détaillée des résultats, voilà où nous en sommes : 11 députés communistes, 14 de la France Insoumise, + ClémentineAutain et François Ruffin + 4 députés progressistes en Outre-Mer qui étaient membres du groupe GDR présidé par André Chassaigne lors de la précédente mandature..... 

Pas sûr à écouter François Ruffin sur BFMTV:  "Je ne suis pas qu'un Insoumis, on a rassemblé derrière nous le PCF, les écologistes, Ensemble, la gauche unie derrière ma candidature, je suis pour cela" 

Les onze députés communistes pourront probablement de toute façon, et c'est la bonne nouvelle, car c'est compliqué de dépendre d'un Mélenchon mégalo qui veut la place pour lui seul, constituer un groupe avec les 4 députés d'outre-mer progressistes qui s'étaient joint au groupe PCF-Front de Gauche sous la précédente mandature. 

 

***

Elections législatives – Déclaration du Parti communiste français

Déclaration du PCF avec l'ensemble des 11 candidats communistes élu-e-s
Ce soir, les français peuvent compter sur 11 député-e-s communistes qui ont été élu-e-s, Jean-Paul Dufrègne (03), Pierre Dharréville (13), André Chassaigne (63), Fabien Roussel (59) et Alain Bruneel (59), Jean-Paul Lecoq (76), Sébastien Jumel (76) et Hubert Wulfranc (76), Elsa Faucillon (92), Marie-George Buffet (93), Stéphane Peu (93) et sur les député-e-s qui formeront, avec eux, un groupe parlementaire d'opposition au gouvernement pour permettre à cette voix libre et combative de servir les intérêts populaires. Les députés communistes travailleront dès cette semaine à constituer ce groupe et agiront sans attendre en faveur des propositions alternatives qu'ils ont élaborées durant leurs campagnes.

Le groupe PCF – Front de Gauche (GDR) est le seul groupe parlementaire qui progresse.

La cote d'alarme démocratique est une fois encore dépassée, avec une nouvelle baisse de la participation.

Le Parti communiste français demande d'urgence l'ouverture d'un débat national sur le changement de nos institutions, à commencer par l'instauration de la proportionnelle. Tout doit être repensé pour sortir progressivement de la présidentialisation à outrance et pour mieux représenter nos citoyens dans leur diversité.

Les résultats confirment par ailleurs que le Président de la République va disposer d'une majorité écrasante de députés. Le paradoxe est qu'elle ne correspond à aucune majorité dans le pays, ni chez les salariés, ni chez les jeunes et les privés d'emplois qui aspirent à une sécurité d'emploi et de formation pour une vie digne.

C'est inquiétant. Nous appelons à une riposte immédiate la plus large possible pour empêcher que l'été soit celui des mauvais coups.
En effet, dès cet été, les députés d'En Marche ! vont être sommés d'obéir au doigt et à l’œil au Président et au 1er ministre pour leur donner les pleins pouvoirs, au service des milieux financiers et du MEDEF, pour casser le Code du Travail par ordonnances et liquider des acquis que le mouvement progressiste et populaire a gagnés dans notre pays de haute lutte.

Au-delà, les résultats appellent les forces de transformation sociale à ouvrir un immense chantier de reconstruction politique.

Le Parti communiste français prendra pour sa part des décisions dès son Conseil national des 23 et 24 juin.

La Fête de l'Humanité, en septembre, sera un moment fort de cette riposte et de cette reconstruction.

Le Parti communiste français
Paris le 18 juin 2017


 

  

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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 06:15
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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 05:57
Je suis destinataire par la messagerie des chroniques de l’UFAL (Union des familles laïques).
 
Aujourd’hui je reçois cet article intéressant sur la CSG, même si à mon avis celui-ci n’insiste pas assez sur le caractère novateur (marxiste diraient certains) du système de financement prévu par le CNR par prélèvements sur les richesses créées.
 
Par ailleurs il dénonce la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu, en disant que c’est une idée de Thomas Piketty, sans préciser que cette proposition était contenue dans les programmes de Hamon et de Mélenchon.
 
Mais c’est bien quand même.
 
 
Roger Héré 
Démantèlement de la cotisation sociale, hausse de la CSG : Macron applique le programme du MEDEF

Par Olivier Nobile le 15 juin 2017 Santé - Protection sociale

Le Président Macron a annoncé son intention de procéder à une augmentation de la CSG de 1,7 point dans les prochaines semaines. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’augmentation de cet impôt qui est affecté à la Sécurité sociale. Toutefois la ligne de dénonciation brandie par ses contempteurs, fondée sur la baisse de pouvoir d’achat des travailleurs et de retraités est pour partie erronée et ne permet pas de comprendre en quoi cette augmentation de la CSG est effectivement critiquable.

Un peu d’histoire : qu’est-ce que la CSG ?

La Contribution sociale généralisée a été instaurée par Michel Rocard en 1991. À l’origine, cette nouvelle contribution a été présentée comme un mode d’élargissement de l’assiette du financement de la Sécurité sociale et un moyen de soumettre les revenus du capital à une fiscalité sociale. En effet, contrairement à la cotisation sociale, part indirecte des salaires uniquement acquittée par les employeurs et les salariés, la CSG s’étend sur les revenus d’activité, de remplacement, du patrimoine, du capital et des jeux. Les taux de CSG varient en fonction des revenus concernés.

 A l’origine, la CSG sur les revenus d’activité (du travail) est instaurée au taux de 1,1 % et a été compensée par la suppression de 1,05 % de cotisations salariale d’assurance vieillesse(1)). Déjà en 1991 Rocard usait du même subterfuge que celui qu’entend mettre en oeuvre le président Macron : compenser la baisse de pouvoir d’achat des salariés liée à l’introduction d’un impôt sur l’activité par une baisse corrélative de cotisations sociales. D’ailleurs la plupart des observateurs de l’époque n’ont vu dans la CSG qu’une nouvelle génération de cotisation sociale. La nature juridique de la CSG a toutefois immédiatement donné lieu à une décision du Conseil Constitutionnel qui a confirmé sa nature fiscale et non celle de cotisation sociale(2). La CSG est donc un impôt affecté à la Sécurité sociale et les postes d’affectation (branche famille initialement) sont un enjeu déterminant de la discussion. Quoiqu’il en soit la CSG marque le point de départ d’une introduction massive de la fiscalité dans les finances de la Sécurité sociale. Nous y reviendrons.

La CSG a très rapidement connu une expansion ininterrompue. En 1994 puis en 1997, la CSG sur les revenus d’activité est augmentée par deux fois dans des proportions importantes, et cette fois-ci sans compensation par une baisse de cotisation sociale. Le taux de CSG est aujourd’hui de 7,5 % et cette hausse a permis de diversifier ses postes d’affectation : outre la branche famille, la CSG est aujourd’hui affectée au Fonds de Solidarité Vieillesse, à l’Assurance maladie (dont elle représente 50 % des recettes), à la Caisse Nationale de solidarité pour l’autonomie, et à la CADES (qui a pour mission d’emprunter sur les marchés financiers pour amortir la dette sociale). À noter, en ce qui concerne l’affectation de la CSG à la CADES, qu’il s’agit d’une décision récente et pour le moins contestable, la CADES étant déjà financée par un autre impôt siamois de la CSG, crée par Alain Juppé en 1996, la CRDS. La question de l’affectation de la CSG à la CADES pourrait apparaître comme terriblement technique et il serait possible d’en épargner le lecteur si cette décision d’affectation ne s’était faite au détriment des recettes de la branche famille, créant artificiellement le déficit de la CNAF qui a justifié la réforme des prestations familiales de 2013, laquelle s’est traduite par une économie de 2,5 milliards d’euros au détriment des familles …

La CSG : un impôt social sur le capital ?

Beaucoup ont vu en 1991 et voient encore aujourd’hui dans la CSG une contribution du capital au financement de la Sécurité sociale et l’apport de ressources nouvelles permettant de garantir la pérennité financière de la Sécurité sociale. Le rendement de la CSG atteint 90 milliards d’euros par an et son rendement unitaire est en effet très supérieur à celui d’un point de cotisation sociale (12 milliards d’euros par point de CSG contre 8 milliards pour un point de cotisation sociale déplafonnée). Si l’on y regarde de plus près, le fort rendement de la CSG est une réalité en trompe-l’oeil.

En effet, en premier lieu, 70 % du rendement de la CSG repose sur les revenus d’activité. A tel point que la CSG est fréquemment présentée comme le premier impôt sur le revenu français, son rendement se situant loin devant celui de l’impôt sur le revenu (IR) acquitté par les contribuables. D’aucuns, tels Thomas Piketty, entendent-ils d’ailleurs fusionner les deux impôts sur le revenu (CSG et IR), occultant le fait que le premier est affecté à la Sécurité sociale et qu’une telle fusion ne manquerait pas de priver la Sécurité sociale de ressources essentielles au gré des projets de loi de finances.

Le rendement de la CSG sur les revenus d’activité est en réalité sensiblement identique à celui de la cotisation sociale déplafonnée acquittée par les employeurs et salariés, les seules différences sur cette assiette au profit de la CSG proviennent du fait que certains revenus du travail ont été précisément exonérés de cotisations sociales… mais pas de CSG (c’est le cas de l’épargne salariale par exemple).

Mais surtout, l’assiette qui apporte à la CSG un avantage comparatif décisif par rapport à la cotisation sociale en termes de rendement n’est nullement composée des revenus du capital. En effet 20 % du rendement de la CSG provient des revenus de remplacement, autrement dit les pensions de retraite, les indemnités de chômage, les pensions d’invalidité et les indemnités journalières de la Sécurité sociale. Présenté autrement, l’assujettissement des revenus de remplacement à la CSG correspond dans les faits à une réduction de 18 milliards d’euros de prestations sociales versées chaque année aux Français, elles-mêmes versées en contrepartie de la cotisation sociale qui est une partie indirecte de leur salaire !

En conséquence, si l’on ajoute la CSG sur les revenus d’activité (le salaire direct) et la CSG sur les revenus du remplacement (le salaire indirect), 90 % du rendement de la CSG repose sur les revenus du travail. La CSG sur les revenus du capital et du patrimoine, ne représentent guère que 10 % du rendement de cet impôt miracle. C’est certes une ressource non négligeable pour la Sécurité sociale mais marginale et qui ne frappe au demeurant que les revenus du capital des particuliers et non celui des entreprises.

La CSG, cheval de Troie de la fiscalisation de la Sécurité sociale et son étatisation

Comme nous l’avons dit plus haut, l’enjeu de la CSG réside dans son affectation. Et celle-ci ne tient nullement au hasard. Depuis sa création, la CSG vise dans les faits à se substituer à la cotisation sociale comme mode de financement des pans de la Sécurité sociale liés à l’assistance aux plus pauvres (Fonds de solidarité vieillesse qui verse le minimum vieillesse(3), Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) ou qualifiés d’universels (branche famille, assurance maladie). La CSG poursuit par conséquence un objectif univoque et correspond à une très vieille revendication du MEDEF : exonérer les employeurs de leur responsabilité sociale en qualité de financeurs des risques sociaux non directement liés à l’emploi et faire financer ces risques (prestations familiales, dépenses de santé, dépenses d’assistance) par leurs bénéficiaires eux-mêmes.

Il s’agit d’une stratégie politique assumée de séparation des prestations de sécurité sociale en deux catégories étanches : celle des risques sociaux dits contributifs, c’est à dire couverts par des prestations sociales versées en contrepartie d’une cotisation sociale préalable (retraites, indemnités journalières de l’assurance maladie, rentes d’accidents du travail …) et celle des prestations versées de manière universelle ou dans le cadre de le prise en charge de la pauvreté (prestations familiales sous conditions de ressources, prise en charge des soins médicaux, etc …). Cette stratégie s’appuie sur l’idée communément admise qu’il ne serait plus possible de faire financer par les employeurs (via la cotisation sociale) des prestations sociales à vocation universelle car versées à des bénéficiaires qui ne cotisent pas, dans un contexte de chômage de masse. Par conséquent l’impôt est appelé à se substituer à la cotisation sociale car il ne serait pas possible de faire financer par les cotisations des travailleurs des prestations sociales versées y compris à des inactifs…

Cet argument est spécieux à plus d’un titre. Tout d’abord la fiscalisation du financement de la Sécurité sociale participe directement de la réduction des salaires dans la valeur ajoutée, donc d’une augmentation des profits des entreprises, tout en faisant peser le financement des risques sociaux sur les assurés eux-mêmes, ce qui s’apparente pour ces derniers à une double peine. En effet, comme on l’a démontré plus haut, ce sont toujours les travailleurs qui sont appelés en définitive à financer les risques sociaux : en effet, comme on l’a démontré plus haut ce sont eux qui contribuent pour plus de 90% à la CSG. Or, et c’est le point le plus important, la CSG, contrairement à la cotisation sociale, n’ouvre droit à aucune prestation sociale. En conséquence, en faisant reposer le financement de la branche famille et de l’assurance maladie sur la CSG, le législateur a introduit la possibilité de faire financer, par la CSG des travailleurs, des prestations sociales … auxquelles ceux-ci ne peuvent prétendre ! Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’évolution des prestations de la branche famille qui sont toutes soumises à conditions de ressources et réservées aux familles les plus modestes. Seules les Allocations familiales demeurent encore universelles mais la modulation introduite en 2014 les a réduites pour les allocataires ayant un revenus supérieur à 6000 € par mois pour un couple. Il en va de même de l’assurance maladie, certes devenue universelle depuis 1999 (loi CMU orientée elle aussi vers les plus démunis) mais dont les montants de remboursement ont été continuellement abaissés, obligeant les assurés sociaux à souscrire massivement à des contrats d’assurance complémentaire, rendus d’ailleurs obligatoires depuis l’ANI de 2012. La fiscalisation des pans dits universels (ou non contributifs) de la Sécurité sociale s’accompagne systématiquement d’une transformation de la Sécurité sociale en un auxiliaire de l’Etat en matière de lutte contre la pauvreté, rompant précisément avec la vocation initiale de la Sécurité sociale, conçue comme une institution du salaire visant à protéger les travailleurs de notre pays.

Par ailleurs il est inepte de prétendre qu’il n’y aurait aucun lien entre les prestations sociales à vocation universelle et le monde de l’entreprise, et partant, justifierait de mettre fin à la responsabilité économique et sociale de l’employeur. Rappelons pour commencer la nature assurantielle de la Sécurité sociale érigée par le Conseil National de la Résistance n’excluait nullement que la Sécurité sociale poursuive un objectif affirmé d’universalisation des prestations sociales. C’est également nier le fait que rétrécissement du nombre de travailleurs cotisants est principalement liée à la situation de chômage de masse qui s’est traduite depuis 30 ans par l’éviction massive de travailleurs potentiels du monde du travail. C’est faire peu de cas des dizaines de milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales versées sans contrepartie au patronat, dont le CICE et le pacte de responsabilité sont les derniers avatars en date, et ce, sans impact sur la réduction du chômage… Mais cela mériterait d’autres développements.

Prétendre enfin qu’il n’y a aucun lien entre les prestations familiales ou les prestations de l’assurance maladie et le monde du travail est absurde. En effet, l’état de santé des travailleurs ou encore le fait que les parents de jeunes enfants puissent les faire garder pendant leur journée de travail contribuent directement à la productivité du travail et sont des facteurs de croissance endogène ; la Sécurité sociale génère pour le système capitaliste d’importantes externalités positives. C’est sur cette base que les employeurs se sont vu imposer en 1945 une responsabilité sociale et économique en se voyant contraints de financer la Sécurité sociale par la cotisation sociale. Vouloir mettre fin au financement salarial de la Sécurité sociale consiste à segmenter les branches de la Sécurité sociale et à rigidifier la frontière entre risques sociaux selon leur nature universelle ou assurantielle. Les conséquences politiques sont considérables : il s’agit de mettre fin au principe de solidarité entre les branches et liquider le principe de démocratie sociale qui sous-tendait le projet du Conseil National de la Résistance.

D’un côté les risques dits contributifs (vieillesse, chômage, prestations en espèce …) demeurent financés par la cotisation sociale uniquement car le patronat a un intérêt direct à en faire des leviers de son projet politique de régulation sociale des travailleurs. La réforme du paritarisme initiée dès 1967, de même que le développement considérable des organismes complémentaires et paritaires de Protection sociale (UNEDIC, AGIRC-ARRCO, institutions de prévoyance, complémentaires santé ANI …) ont contribué à donner au patronat un rôle prédominant dans la gouvernance des régimes de protection sociale directement connectés au projet capitaliste : chômage, retraite, prévoyance d’entreprise …

D’un autre côté, les risques dits universels de la protection sociale (prestations familiales, prestations en nature de l’assurance maladie, minima sociaux et aides au logement) sont très majoritairement financés par l’impôt et l’Etat a progressivement dessaisi les partenaires sociaux de toute responsabilité politique. L’Etatisation massive de la Sécurité sociale s’exerce en premier lieu sur les régimes de base de la Sécurité sociale et ceux-ci perdent progressivement toute vocation de protection sociale universelle des travailleurs au profit d’un objectif de prise en charge minimale des besoins sociaux des plus pauvres et des exclus du monde du travail. En ce sens la fiscalisation d la Sécurité contribue à créer un système de protection duale, écartelé ente la Protection sociale d’entreprise réservée aux travailleurs les plus favorisés des grands groupes et les dispositifs de prise en charge de la pauvreté financés par l’impôt et réservés exclusivement aux plus démunis. Quant aux travailleurs situés juste au dessus des seuils de prise en charge des prestations sous conditions de ressources (prestations familiales, CMU complémentaire, minima sociaux …), ils deviennent les éternels laissés pour compte d’un système qu’ils contribuent à financer sans pouvoir en bénéficier. Au prix d’un sentiment d’abandon et d’un ressentiment marqué à l’endroit des “assistés” et des “privilégiés” (fonctionnaires, salariés couverts des garanties collectives …). Oubliant au passage que les vrais privilégiés sont davantage à rechercher du côté des ultra-riches…

La CSG Macron : ne pas faire fausse route

Le projet d’accroissement de la CSG annoncé par le Président Macron ne fait que renouer avec le projet de son mentor Michel Rocard. Il s’agit d’accroître la part de cet impôt dans le financement de la Sécurité sociale et de réduire parallèlement les cotisations salariales acquittées par les salariés. Pour un salarié, ce système de vases communicants se traduira par une légère augmentation de pouvoir d’achat.

Les retraités risquent en revanche d’être les vrais perdants de cette mesure : la hausse de la CSG se fera en effet sans compensation de pouvoir d’achat mais il est d’ores et déjà prévu de ne pas toucher aux taux réduit des retraités les plus modestes, de telle sorte que cette augmentation touchera en définitive 60% des retraités dont le revenu est supérieur à 1200 € par mois. Cela étant, pour une partie d’entre eux, la baisse du montant des pensions devrait être compensée par l’exonération de la taxe d’habitation. Pour les fonctionnaires et les chômeurs, la situation est moins claire mais il est prévu des mécanismes de compensation, de telle sorte que cela ne se traduira pas ou peu par une baisse de pouvoir d’achat.

Nous pouvons en tout état de cause penser qu’Emmanuel Macron, en fin stratège, saura éviter le piège de baisses de pouvoir d’achat trop brutales orientées vers telle ou telle catégorie sociale afin d’éviter de heurter brutalement l’opinion publique ou attiser les oppositions. En ce sens, la critique de la mesure d’augmentation de la CSG à l’aune de la baisse du pouvoir d’achat semble faire fausse route.

La véritable finalité de cette mesure repose en revanche sur un nouvel affaiblissement de la cotisation sociale au profit d’une nouvelle extension de la fiscalisation du financement de la Sécurité sociale. Voila le sens de cette réforme qui vise à étatiser encore davantage les pans jugés universels du Droit social des travailleurs et parachever le mouvement de transformation de la Sécurité sociale en auxiliaire a minima des politiques d’assistance à destination des plus pauvres. Le tout au prix d’un réduction des droits sociaux des travailleurs, d’une liquidation de ce qui reste de démocratie sociale dans les Conseils d’Administration des organismes sociaux, et d’une incitation pour ces derniers à trouver leur salut dans les dispositifs de prévoyance d’entreprise et de régimes complémentaires inféodés aux intérêts du MEDEF. Soit quelques mètres de terre supplémentaires sur le cercueil d’Ambroise Croizat.

Position de l'Union des familles laïques sur une partie du programme de Macron: "démantèlement de la cotisation sociale, hausse de la CSG: Macron applique le programme du Medef"
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