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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 20:17
Les budgets des Ehpad publics amputés de 200 millions
MERCREDI, 7 JUIN, 2017
L'HUMANITÉ
Les établissements de retraites publics victimes de politiques d'austérité budgétaires. (Photos AFP)
Les établissements de retraites publics victimes de politiques d'austérité budgétaires. (Photos AFP)

La réforme de la tarification des maisons de retraite, adoptée par le précédent gouvernement, a un goût amer pour les établissements publics et associatifs d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad).

La réforme de la tarification des maisons de retraite, adoptée par le précédent gouvernement, a un goût amer pour les établissements publics et associatifs d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes (Ehpad). Dans une situation économique déjà très tendue, leurs budgets vont fondre de 200 millions d’euros selon la Fédération hospitalière de France (FHF), qui s’inquiète du sort des 3 250 établissements du secteur. Jusqu’alors fixée dans des négociations avec les conseils départementaux en fonction des particularités des établissements, la tarification des soins fera désormais l’objet d’une moyenne départementale. « Mais au détriment des établissements publics, explique Romain Gizolme, responsable de l’association des directeurs de maison de retraite et services à domicile (AD-PA). Leurs dotations étaient légèrement supérieures à celles des Ehpad commerciaux pour compenser la liberté des prix d’hébergement utilisée comme variable d’ajustement budgétaire par les établissements privés. » L’AD-PA a demandé un rendez-vous au premier ministre « puisqu’il n’y a ni ministre ni secrétaire d’État aux Personnes âgées ». Et exige l’abrogation du décret, déplorant « sa logique d’alignement à la baisse ». La Fédération hospitalière demande, elle, un moratoire au nouveau gouvernement. S. D.

Journaliste
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 19:54
Paroles de communistes après le 1er tour des élections législatives

Robert Clément, ancien président communiste du Conseil Départemental de Seine St Denis

Une crise démocratique aussi violente qu’inédite ! 95% des sièges de députés occupés par les candidats de la droite, LREM , RÉPUBLICAINS et MODEM réunis ! Une gauche en lambeaux, dont la division se paie très cher ! Une casse sociale et démocratique programmée ! Tout cela importe peu, les dirigeants de la « France Insoumise » sont satisfaits. « Ils ont réussi le défi de leur implantation locale ». Leurs candidats n’ont pas souffert de la division avec le Parti communiste ». Selon le porte parole de la FI, dans la campagne présidentielle ‘’Trois forces politiques existeraient aujourd’hui’’ : « L’extrême finance, l’extrême droite et la France Insoumise ». Au lendemain de cette triste soirée électorale, la pensée des communistes va vers les femmes, les hommes, les jeunes qui auraient à souffrir de toutes les régressions sociales.

Ils appellent au rassemblement et à la mobilisation la plus large pour faire élire les candidats communistes, présents au second tour. Ils s'opposeront avec force et détermination à la politique anti-sociale d'Emmanuel Macron, qui participeront à toutes les mobilisations sociales et politiques pour reconstruire un espoir et une perspective de gauche pour la France.
Vous pouvez compter sur ces femmes et ces hommes pour faire entendre vos attentes et vos luttes à l'Assemblée nationale.

 

Fréderic Scibor, secrétaire de section PCF à Pau: 

Aujourd'hui un seul personnage est heureux : Mélenchon : "Cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas vu Jean-Luc Mélenchon de si bonne humeur. Dimanche 11 juin, aux Docks du Sud, la salle marseillaise réservée pour cette soirée du premier tour des législatives, le chef de file de La France insoumise est sur un petit nuage." dixit le Monde.

Voilà. Il y a un tas de cendre et il pense pouvoir en être au sommet. Il est heureux.

 

Communiqué de Jean-François Téaldi candidat PCF/FG 2e tour 6e circonscription Alpes Maritimes:

Le résultat de la gauche radicale est catastrophique dans cette 6e circonscription des Alpes-Maritimes. 
Les 3006 voix portées sur notre candidature et celle de la France insoumise marquent un recul de 4500 voix par rapport au score de Mélenchon à la présidentielle. 
Le parachutage d'une candidate FI contre un conseiller municipal de terrain en phase avec les luttes, a empéché de créer une dynamique qui aurait surement permis de retrouver voire d'amplifier les 12% obtenus par Mélenchon. 
La seule bonne nouvelle est l'élimination du candidat du Front National.

Pour le second tour devant le risque de voir Macron disposer d'une majorité écrasante à l'Assemblée Nationale et d'avoir ainsi les mains libres pour mettre en œuvre sa politique libérale, sa politique anti-sociale et en premier lieu de casser le code du travail par ordonnances dès cet été, j'appelle à faire barrage à la candidate d'En Marche. 
Nous serons dans la rue dès le 19 juin aux côtés des syndicats qui appellent à manifester contre la casse du code du travail.
L'heure est à la mobilisation sociale et politique pour reconstruire un espoir et une perspective de gauche en France.

Ancien responsable de la CGT de l'audiovisuel, candidat du PCF dans les Alpes Maritimes

 

Patrice Carvalho, député PCF-Front de Gauche de l'Oise pendant 5 ans battu au premier tour avec un candidat France Insoumise face à lui:   

Je remercie les électrices et les électeurs, qui m’ont accordé leur confiance, ainsi que toutes celles et ceux qui se sont investis dans cette campagne.
Le résultat n’est évidemment pas à la hauteur de leurs attentes, puisque j’arrive en 3e position et suis donc éliminé du second tour.
Le niveau de l’abstention (50%) est le premier élément marquant de ce scrutin. A force de s’entendre dire que M. Macron disposerait d’une écrasante majorité absolue à l’Assemblée nationale, beaucoup d’électeurs ont considéré que les jeux étaient faits et qu’il était inutile de se déplacer ;
Je rassemble 6963 voix, soit 18,9%. A l’évidence, si la « France insoumise » avait opté pour l’union, nous serions au deuxième tour pour affronter la candidate d’« En marche » et nous aurions éliminé le Front National. C’est donc une lourde responsabilité prise par la FI, dont toute la campagne a, par ailleurs, été exclusivement dirigée contre moi.
Nous nous retrouvons donc au second tour à devoir arbitrer entre « En marche » et le FN.
Chaque électeur se déterminera en conscience sur ce qu’il convient de faire.
Nous sommes, en réalité, face à deux impasses.
D’un côté, une candidate, qui ira grossir les rangs d’une majorité parlementaire écrasante aux ordres et dont les Français ne tarderont pas à découvrir la brutalité de la politique libérale qui sera mise en œuvre, de l’autre, un candidat qui se nourrit d’une France fracturée où l’ennemi est le voisin et qui se délecte de la situation à mesure qu’elle se dégrade.
Aucune perspective d’avenir ne surgira ni d’un côté, ni de l’autre. Elle ne viendra que de la mobilisation contre les mesures anti-sociales que le gouvernement s’apprête à prendre.

 

Ian Brossat, adjoint communiste au logement à Paris, candidat battu au premier tour aux élections législatives à Paris:

Nous payons le prix des trahisons de François Hollande et celui de la division. Deux catastrophes qui ont créé de la déception et donc de l’abstention. Le quinquennat désastreux qui s’achève aura créé de lourdes désillusions dans le peuple de gauche, au point que ses composantes réalisent aujourd’hui le score le plus faible de la Ve République. Jean-Luc Mélenchon, fort de sa très belle campagne et de son score du 23 avril, avait le choix : il pouvait tendre la main à Benoît Hamon, Yannick Jadot, Pierre Laurent. Il pouvait être l’architecte de l’unité de la gauche. Nous aurions alors pu faire élire des dizaines de députés pour s’opposer à la casse sociale promise par Emmanuel Macron. Il a fait le choix inverse : celui de la bunkerisation. Lui et ses lieutenants se sont enfermés dans la quête de la pureté, refusant tout compromis. Résultat, par rapport au premier tour de la présidentielle, La France insoumise est le mouvement qui perd le plus de voix, avec 64 % de déperdition. Il faut en tirer toutes les leçons. On ne gagne jamais seul, et encore moins contre tout le monde. (...)  J’ai bon espoir que les députés du PCF et de FI puissent former un groupe pour que la gauche s’exprime à l’Assemblée. C’est essentiel alors que la nouvelle majorité a d’ores et déjà déclaré la guerre aux salariés à travers les ordonnances de réforme du code du travail. Très rapidement, nous jetterons toutes nos forces dans les mobilisations sociales, derrière les syndicats, pour empêcher les régressions en vue. Et nous le ferons tous ensemble. Mais nous devrons aussi reconstruire la gauche dans nos quartiers. Nous avons de grands chantiers devant nous pour redonner de l’espoir. (...).  Il est encore temps de faire le bilan de la division. Aucune des forces qui composent la gauche ne peut prétendre incarner seule une opposition suffisante. Nous devons créer un arc suffisamment fort pour tenir tête à ce rouleau compresseur bleu horizon élu par défaut. Communistes, Insoumis, écologistes, socialistes frondeurs : nous devons privilégier ce qui nous unit plutôt que ce qui nous sépare. Pour recréer l’espoir, l’unité est la seule recette.

Déclaration de Monique Pinçon-Charlot.

« Je remercie vivement toutes celles et ceux qui m’ont accordé leurs suffrages. Je suis bien sûr déçue du résultat mais heureuse d’avoir porté, à travers na candidature à ces élections législatives, la lutte contre les inégalités économiques et sociales induites par la classe des oligarques. Celle-ci va désormais disposer de tous les pouvoirs pour finir de détruire le code du travail, les droits sociaux et les services publics. La victoire des plus riches n’est pas victorieuse, c’est une caricature des institutions de la Ve République qui signe la fin du régime parlementaire au profit d’une monarchie présidentielle en décalage total avec ce qui a été vendu au Français, à savoir la modernité et le changement ! Décidément, comme le disait de Duc d’Elbeuf, c’est avec du vieux qu’on fait du neuf.

Notre combat à Michel et moi continue, soyez assuré-e-s de notre détermination !

Merci encore de votre soutien et à bientôt !

Monique Pinçon-Charlot, le 12 juin 2017 »

 

Déclaration Marie Pierre Vieu et Vincent Ricarrère, candidats Ensemble ! PCF Front de Gauche- 2ème circonscription des Hautes Pyrénées

Au lendemain du 1er tour des législatives, nous tenions à remercier l’ensemble des 2214 électeurs qui nous ont accordé leur suffrage. Nous sommes bien sûr conscients de la faiblesse de notre résultat, qui n’a rien à voir avec le niveau d’engagement qui a été celui des communistes et des militants du Front de Gauche dans cette 2ième circonscription des Hautes Pyrénées.

Il est malheureusement des moments dans l’histoire où quoi que l’on fasse, la démagogie est triomphante et l’absence d’horizon partagé renforce un désarroi qui pousse soit à s’éloigner du vote, soit à se jeter dans les bras du premier-ère venu-e ! Cela vaut bien sûr nationalement comme localement.

Après le premier tour, nous nous heurtons au risque majeur d’avoir une Assemblée Nationale dont 80 % du nombre de sièges reviennent aux candidats d’Emmanuel Macron, voire 90 % avec les députés Les Républicains. Nous en mesurons toutes les conséquences pour la vie démocratique de notre pays ainsi que sur l’amplification des politiques libérales et d'austérité qui vont être menées et nous conduire vers une casse sociale généralisée.

Nous n’accorderons pas dimanche 18 juin nos suffrages aux candidat-e-s d’En Marche ou qui se réclament de la majorité présidentielle !

Dès aujourd’hui nous appelons à combattre la casse du Code du travail par ordonnances, la hausse de la CSG, la diminution drastique du nombre des fonctionnaires, la remise en cause des services publics, comme des moyens des collectivités territoriales, la restriction de nos libertés publiques, l'amplification des politiques de soutien à la finance.

Dès aujourd’hui encore nous appelons à la reconstruction d’une gauche d’opposition à la politique Macron/Philippe dans la diversité et dans le respect de ses cultures, sensibilités et visages. La désunion et les comportements hégémoniques ne doivent pas nous amputer demain de refonder un espoir collectif !

 

Jean-Michel Galano, philosophe communiste, Paris: 

"Parti unique, gouvernement des banques, imbrication du Medef et de l'Etat, état d'urgence permanent. Avec l'approbation de 15% des inscrits. L'abstention : 2/3 des jeunes, 57% des chômeurs, 66% des salariés. Ça va très, très vite craquer ce cirque."

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 07:50

Premier de sa circonscription, le candidat du Parti communiste, André Chassaigne, fera face à Sébastien Gardette de la République en Marche. Il est candidat à sa réélection. Il est député de la 5ème circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2002.

Avec 34,85 % des voix dans la cinquième circonscription du Puy-de-Dôme (le candidat de France Insoumise fait 6,82%, celui du PS 3,22%), le candidat du Parti communiste sera présent au second tour face à Sébastien Gardette de la République en marche. Ce dernier arrive deuxième avec 29,27 % des voix. 
"On a au niveau national un bouleversement complet, on appelle ça un tsunami. Le premier constat que je peux faire c'est qu'ici on a une forte résistance, explique André Chassaigne. Je crois que pour l'essentiel, c'est dû au travail que nous avons fait sur cette circonscription plus près des habitants. Aujourd'hui, nous avons cette reconnaissance. Donc nous ne sommes pas balayés, bien au contraire. Tout en ayant conscience que le second tour exigera une très forte mobilisation, en particulier en faisant appel à tous les abstentionnistes".
Notons que 48 000 inscrits se sont abstenus pour ce premier tour des élections législatives dans la circonscription, ce qui représente près de 47 % des inscrits. 

Sur le département, le candidat est le seul qui portera les couleurs du parti communiste dimanche 18 juin. Sur l'Auvergne, ils sont deux à accéder au second tour, avec Jean-Paul Dufrègne dans la 1ère circonscription de l'Allier.  
André Chassaigne est candidat à sa réélection. Il est député de la cinquième circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2002. S'il est élu, il entamera son quatrième mandat. "Dédé" est connu dans les 132 communes de sa circonscription. Favori pour conserver son mandat, le candidat communiste reste méfiant face à l'engouement pour le parti du président de la République, la République en Marche, d'Emmanuel Macron. 


André Chassaigne suivi de près par La République en Marche


"Je suis tellement usé que j'ai été classé comme étant le député qui a le candidat le plus actif du mandat précédent par le magazine Capital. Et je suis tellement usé que je pense avoir un contact permanent et quotidien avec les habitants de la circonscription, évoque André Chassaigne, sur le plateau de France 3 Auvergne, dimanche 11 juin 2017. S'il fallait que je remette en question la pratique je mets en oeuvre, j'aurais des problèmes parce que je travaille pour mettre en lien direct les attentes des habitants de la circonscription et mon travail de député parlementaire".

André Chassaigne, député PCF-Front de Gauche, arrive en tête dans sa circonscription du Puy-de-Dôme, à l'issue du premier tour avec 34,85% des voix, devant En Marche
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 06:51

Élections législatives – 1er tour

Déclaration du Parti communiste français                          

Le Parti communiste français remercie les 524 candidat-e-s qu'il a soutenus ou présentés en France métropolitaine. Il remercie chaleureusement l'ensemble des militantes et militants qui ont mené une campagne exemplaire et combative. Merci aussi aux centaines de milliers d'électrices et d'électeurs qui leur ont fait confiance.

Les résultats du premier tour des élections législatives qui nous sont parvenus à l'heure où nous écrivons, confirment ce que nous exprimions à 20 heures lors des premières estimations.

La fracture démocratique est le premier sujet d'inquiétude. L'abstention, qui atteint un niveau historique de 50 %, n'a fait qu'augmenter depuis 2002, date de l'inversion du calendrier plaçant les élections législatives après l'élection présidentielle et rabaissant ainsi les enjeux de cette élection et le rôle du Parlement au profit de la seule élection présidentielle.

Il est urgent de revoir les institutions de notre pays, de redonner toute sa place à l'élection législative dans le débat démocratique et d'instaurer la proportionnelle à toutes les élections.

Les résultats confirment le risque de voir le parti d'Emmanuel Macron disposer d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale sans rapport avec son influence réelle dans le pays. Il aurait ainsi les mains libres pour mettre en œuvre sa politique libérale.

Il est nécessaire et urgent de se mobiliser au second tour pour barrer la route de l'Assemblée aux candidats du Front national : leurs idées de haine, de racisme, d'exclusions ne doivent pas rentrer à l'Assemblée. Il est nécessaire et urgent de se mobiliser pour faire barrage aux candidats d'En Marche ! ou qui se réclament de la majorité présidentielle, à ceux des Républicains qui soutiendront toutes les régressions sociales.

Les candidat-e-s soutenu-e-s par le Parti communiste français seront présents au second tour de l'élection législative dans l'Allier avec Jean-Paul Dufrègne, dans les Bouches-du-Rhône avec Pierre Dharréville, dans le Cher avec Nicolas Sansu, dans le Nord avec Alain Bruneel et Fabien Roussel, dans le Puy-de-Dôme avec André Chassaigne, en Seine-Maritime avec Hubert Wulfranc, Sébastien Jumel et Jean-Paul Lecoq, dans la Somme avec François Ruffin, en Haute-Vienne avec Pierre Allard, dans les Hauts-de-Seine avec Elsa Faucillon, Yasmine Boudjenah, en Seine-Saint-Denis avec Stéphane Peu, Marie-George Buffet et Clémentine Autain.

Nous appelons au rassemblement et à la mobilisation la plus large pour faire élire ces candidats qui s'opposeront avec force et détermination à la politique anti-sociale d'Emmanuel Macron, qui participeront à toutes les mobilisations sociales et politiques pour reconstruire un espoir et une perspective de gauche pour la France.

Vous pouvez compter sur ces femmes et ces hommes pour faire entendre vos attentes et vos luttes à l'Assemblée nationale. 

 

Paris, le 11 juin 2017

Elections législatives - 1er tour: déclaration nationale du Parti Communiste français
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 04:40
Jean-Paul Lecoq

Jean-Paul Lecoq

Bastien BOCQUEL.

Largement en tête dans sa ville de Gonfreville-l’Orcher, Jean-Paul Lecoq prend la première place du premier tour des législatives dans la 8e circonscription de Seine-Maritime. Devant Béatrice Delamotte, candidate de La République en marche.

Les résultats de la 8e circonscription de Seine-Maritime donnent le maire communiste de Gonfreville-l’Orcher en tête des suffrages. Il affrontera Béatrice Delamotte, candidate de La République en marche lors du second tour.

Jean-Paul Lecoq (Parti communiste) : 25,83 %

Béatrice Delamotte (La République en marche) : 22,50 %

Damien Lenoir (Front national) : 14,48 %

Sébastien Tasserie (Les Républicains) : 13,48 %

François Panchout (La France insoumise) : 12,26 %

Catherine Troallic (Parti socialiste) : 6,09 %

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 04:31

Le Parisien, 11 juin 2017: 

Jacqueline Fraysse (Gauche citoyenne) ne verra pas de communiste lui succéder à l’Assemblée. Isabelle Florennes (MoDem) et Camille Bedin (LR) s’affronteront au deuxième tour.

Des larmes dans l’hôtel-de-ville de Nanterre, ce dimanche soir, quand le maire Patrick Jarry (Gauche citoyenne, apparenté PCF) annonce les résultats du premier tour sur sa ville. Et surtout la défaite de la gauche, qui perd avec la 4e circonscription (Nanterre-Suresnes) un siège occupé depuis vingt ans par la députée Jacqueline Fraysse (Gauche citoyenne).

Au second tour ne restent que la candidate En Marche ! Isabelle Florennes (Modem), adjointe au maire de Suresnes, et la candidate Les Républicains, Camille Bedin, élue d’opposition à Nanterre. La première a une telle avance sur la seconde (43,52% contre 14,13%), que la victoire de la candidate Macron ne fait guère de doute.

 

La gauche absente du deuxième tour pour 168 voix

La défaite de la gauche s’est pourtant jouée à peu de voix. « Il manque 168 voix à Zahra Boudjemaï pour être au deuxième tour », a précisé à regrets Patrick Jarry. La candidate soutenue par le maire et le PCF n’obtient que 13,66% des voix. Pour le maire de Nanterre, c’est la candidature de Rossana Morain (FI), 9,41% des voix sur la circonscription, qui est responsable de l’élimination de la gauche.

« Cette division s’est révélée un poison mortel, estime l’édile. Elle a empêché toute dynamique locale, elle a jeté le trouble chez bon nombre d’électeurs, elle aboutit aujourd’hui à un désastre alors qu’un espoir était né. »

Jacqueline Fraysse, la députée sortante, nuance les attaques du maire : « il y a eu un raz-de-marée pour Macron, dangereux pour la démocratie, et une désaffection très forte, une abstention énorme dans les quartiers populaires. La division de la gauche n’a fait que se rajouter. »

Isabelle Florennes salue « une très bonne surprise »

Du côté de la candidate En Marche, on n’imaginait pas un tel score. « On est très heureux du résultat, c’est une très bonne surprise qui confirme l’accueil que nous avions reçu sur le terrain », se félicite Isabelle Florennes, qui reconnait avoir profité à Nanterre de la division à gauche et avoir constaté « un élan très fort à Suresnes ».

Quant à Camille Bedin (LR), elle fourbit déjà ses armes pour rattraper son retard. «Je vais faire campagne sur le thème de la sincérité et du renouvellement : j’ai 31 ans et je travaille dans le privé, moi, alors qu’Isabelle Florennes était assistante parlementaire de son sénateur de père. » Ambiance.

Découvrez les résultats officiels au fil de la soirée ce dimanche 11 juin en cliquant ici.

Les candidats de la circonscription : Zahra Boudjemaï (DVG), Alexis Martin (EELV), Rossana Morain (LFI), Magalie Gigot (UPR), Camille Bedin (LR), Laurent Fantino (Divers), Joey Robin (Allons enfants), Laurent Strumanne (LO), Laurent Salles (FN), Mathilde Eisenberg (NPA), Habiba Bigdade (PS), Isabelle Florennes (LREM), Antoine Brunet (POI), Shahnissar Mahmood (DLR), François Lonc (Caisse claire), Anne Le Baut (Civitas), Patrick Boukhedimi (NP), Aristide Gauhy (NP).

Les enjeux du scrutin

Le siège de député occupé depuis vingt ans par Jacqueline Fraysse (Gauche citoyenne) va-t-il échapper à la gauche ? Il y a quelques mois encore, la candidate républicaine Camille Bedin pensait avoir ses chances, mais aujourd’hui, la candidate En Marche, Isabelle Florennes, pourrait avoir des raisons d’espérer. La gauche nanterrienne n’a en effet pas réussi à se rassembler derrière une candidature unique pour succéder à Jacqueline Fraysse, qui ne se représente pas. Le PCF et les proches du maire de Nanterre, Patrick Jarry, soutiennent Zahra Boudjemaï (DVG), dont il est le suppléant. Et une autre adjointe de Nanterre, Rossana Morain, a été investie par une partie des militants et l’état major de la France insoumise.

Les deux femmes font campagne dos à dos. Jacqueline Fraysse a participé aux débats des deux candidates, assurant qu’elle soutiendra celle qui sera au second tour. « J’espère qu’on trouvera un accord à l’entre-deux-tours », a confié Rossana Morain pendant la campagne. « La question est de garder la circonscription à gauche, reconnaît Zahra Boudjemaï (DVG). Le premier tour va donner les tendances, pour le second, on se mettra autour de la table ». La gauche pourra compter au second tour avec les voix des socialistes (le PS a fait 7,74% aux présidentielles), menés par Habiba Bigdade.

Mais la circonscription n’est pas gagnée d’avance. Si Mélenchon y a fait un bon score (33 % à Nanterre, 16,6 % à Suresnes), Macron aussi (27,7 % à Nanterre, 34,1 % à Suresnes). La dispersion des voix à gauche, mais également le taux d’abstention élevé annoncé chez les électeurs de Mélenchon, pourraient être favorables aux candidates de droite, Camille Bedin surtout à Suresnes, où elle est soutenue par le maire LR Christian Dupuy, et Isabelle Florennes sur les deux communes.

Résultats des élections présidentielles dans la circonscription. Premier tour : Emmanuel Macron (34,74%), François Fillon (31,89%), Jean-Luc Mélenchon (14,07%), Marine Le Pen (7,28%), Benoît Hamon (6,63%). Second tour : Emmanuel Macron (86,14%), Marine Le Pen (13,86%).

Résultats des législatives 2012. Au premier tour : Jacqueline Fraysse (FG) 29,9%, Christian Dupuy (UMP) 27,8%, Yacine Djaziri (PS) 22,3%, Laurent Salles (FN) 8,8%, Laure Foulon (EELV-PS) 3,2%. Au deuxième tour : Jacqueline Fraysse (FG) 59,1% ; Christian Dupuy (UMP), 40,9%.

Zahra Boudjemaï, candidate PCF, a obtenu 13,66% dans la circonscription de Jacqueline Fraysse, qui ne se représentait pas

Zahra Boudjemaï, candidate PCF, a obtenu 13,66% dans la circonscription de Jacqueline Fraysse, qui ne se représentait pas

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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 03:00

Un exemple des effets des pratiques politiques de Mélenchon et de l'absence d'accord de la gauche de transformation sociale aux élections législatives. 

 

Le député communiste sortant Patrice Carvalho, l'un des très rares ouvriers de l'Assemblée, réélu en 2012 lors d'une triangulaire,  est éliminé dès le 1er tour par la présence d'une candidate insoumise.

Mélenchon a présenté 3 candidats successivement dans cette circonscription , il tenait vraiment à ne pas lâcher le morceau !

 

Le 1er venait de chez Asselineau, un peu gênant...Le 2ème a été changé, on ne sait pourquoi. La 3ème a fait 7%, elle n'avait aucune chance d'être élue, mais elle a empêché Carvalho d'être devant le FN :

comme à peu près partout, en raison du taux important d'abstentions, seule la candidate Macron a été qualifiée avec plus de 12,5% des inscrits, ensuite le FN, 2ème, a été automatiquement qualifié, Carvalho 3ème est donc éliminé, ce sera un second tour En Marche-FN

Législatives : les résultats dans la 6ème circonscription de l'Oise :

BUREAU-BONNARD Carole  LREM - 29,81%
CAMBON Garry  DIV - 0,38%
CARVALHO Patrice  PCF - 19,62%
DE VALROGER Eric  LR - 14,91%
GUINIOT Michel  FN - 21,29%
ISKIN Jean-Marc  LO - 0,96%
MARZUCCHETTI Caroline  EELV - 2,78%
MINET Géraldine  FI - 7,4%
ROGEZ Véronique  DLF - 2,07%
VERYEPE Marie  UPR - 0,78%

Oise: la présence d'une candidate France Insoumise face à Patrice Carvalho élimine le député communiste du second tour (19,6%) et produit un second tour FN-En Marche
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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 04:21
Pierre Laval

Pierre Laval

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron

 

MODERNE MACRON ?

Billet d’Alain BERGEOT de République & Socialisme

                                              

Avec l'élection de Macron on voudrait nous faire accroire que l'ère de la modernité est enfin advenue. Voilà, entre parenthèse, à quoi peut conduire le"dégagisme".

Si "l'histoire ne se répète pas, elle peut, parfois bégayer" (Karl Marx). Et, comparaison n'est pas raison. Mais, je ne peux m'empêcher à propos de ces fameuses ordonnances annoncées de manière anodine, de songer aux décrets-lois de... Pierre Laval. Bien entendu, tout un chacun connaît son histoire, je ne vais pas m'étendre sur le zélé collaborateur. Par contre, peut-être cet angle du personnage est-il moins connu, en cette date anniversaire, à un jour près.

 

HIER:

Le 07 juin 1935, Pierre Laval, pour la deuxième fois, venait d'être nommé Président du Conseil. Les conséquences du krach boursier de Wall Street, se font sentir en France avec un peu de retard, mais elles se poursuivent dans les années 30. Dès son arrivée au pouvoir, Laval aggrave encore la situation:

1) Un décret du 09 juillet prévoit un comité ministériel "chargé de rechercher et de proposer toutes mesures tendant à la suppression ou à la réduction des dépenses".

La presse s'en félicite. Le journal "Le Temps" (l'équivalent du Monde aujourd'hui) relate, dans un article du 20 juillet " La réduction des dépenses publiques, parce qu'elle allège les charges qui pèsent sur la production, parce qu'elle rend l'aisance au marché des capitaux, parce qu'elle tend à remettre en marche le mécanisme du crédit, ne peut qu'accroître le pouvoir d'achat de l'ensemble des consommateurs".

2) Le 16 juillet les décrets-lois sont lancés. Les principales mesures:

* pour les fonctionnaires et les services publics, un prélèvement de 3% à 10% sur les traitements et indemnités.

* prélèvement de 10% sur la retraite du combattant.

*allongement d'un an à l'avancement d'échelon.

*Diminution des retraites de 5 à 10%.

 

 

 

AUJOURD'HUI:

Le 07 mai 2017, Macron est élu président de la République. Les décrets-lois ont été remplacés par la procédure des ordonnances dans la constitution de 1958, qui ont besoin d'être ratifiées par le parlement.

Les conséquences de la crise financière des "subprimes" (prêts accordés à des ménages américains qui ne remplissaient pas les conditions pour souscrire un crédit immobilier) impactent aussi la France encore en 2017.

Macron veut aller vite pour remplir la lettre de mission que les marchés financiers lui ont donnée.

*Dès le 14 juin le projet de loi d'habilitation, première procédure du vote parlementaire, va être envoyé au conseil d'Etat le 14 juin!

*Dès cet été, casse du Code du travail.

* Dès le 20 septembre Adoption du paquet d'ordonnances au Conseil des ministres!

*Dès l'automne, adoption d'un budget d'austérité, en s'attaquant aux effectifs des fonctionnaires et aux dépenses publiques.

Diviser pour mieux régner :

*Dès le début 2018, augmentation de la CSG de 1,7%. Pour la première fois, sous la 5ème République, 6 retraités sur 10 vont voir leur pension de retraite amputée.

   En son temps Raymond Barre avait fustigé les fonctionnaires, en les baptisant du terme de « privilégiés », pour les opposés aux salariés du privé ; Macron suit ce chemin tordu, en jouant les actifs, jeunes de préférence, contre les retraités, qui seraient « aisés », voire « nantis » !

La preuve du mensonge avec ces deux exemples de retraités… « aisés »:

- une retraitée percevant 1480 € de pension mensuelle, payera un supplément annuel  de CSG de 302 €. Alors qu’une active percevant cette même somme aura une diminution de 263 € de ses cotisations annuelles.

- Un retraité percevant une pension mensuelle de 2500 € payera un supplément annuel  de CSG de 510 €, alors qu’un actif percevant cette même somme aura une diminution de  444 € de ses cotisations annuelles.

Dans le même temps, avec l’exonération des détenteurs d’actions, l’ISF, qui rapporte peu (5,2 milliards en 2016) sera divisée par deux.

Dimanche 08 juin, que chacune, chacun de nous se mobilise pour stopper ce gouvernement dans son élan « ultra-thatchérisé » en votant pour :

Jacques RANNOU

qui fera de l’Assemblée Nationale la caisse de résonance des espoirs et des luttes des Citoyennes et des Citoyens de la 8ème circonscription du Finistère !

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 04:12
Roger Héré, président du Comité de soutien à Ismaël Dupont et Muriel Grimardias, prenant la parole à notre réunion publique en mairie de Morlaix le mercredi 7 juin

Roger Héré, président du Comité de soutien à Ismaël Dupont et Muriel Grimardias, prenant la parole à notre réunion publique en mairie de Morlaix le mercredi 7 juin

 
Dans sa dernière livraison de mai 2016, l’union fédérale des retraités CGT des Finances publiques nous fait part de son avis sur la question de la CSG.
 
Elle indique clairement qu’il ne faut ni étendre, ni moduler, ni fusionner la CSG, mais tout simplement la supprimer !
 
Elle rappelle que la CSG a été adoptée en 1990 par Michel Rocard (avec l’aval de tout l’appareil du PS de l’époque, y compris ses députés ou sénateurs d’alors, dont Mélenchon) par le biais de l’article 49-3contre l’avis de tous les syndicats à l’époque (sauf la CFDT) et du seul PCF pour ce qui est des partis .
 
Actuellement Mélenchon et Hamon sont d’avis de fusionner la CSG avec l’impôt sur le revenu, ce que continue de refuser la CGT en toute cohérence.
 
La CSG, CRDS, et les prélèvements sociaux qui y sont associés constituent un instrument de casse du système de protection sociale pensé par le CNR et mis en place en 1945 par Ambroise Croizat, ministre communiste.
 
C’est favoriser le glissement de la cotisation sociale vers l’impôt et au passage d’exonérer le patronat du financement de la sécu.
 
Fusionner la CSG avec l’impôt sur le revenu, c’est la pérenniser et poursuivre cette logique de casse d’un système novateur que, malgré tous les coups portés, le monde entier continue de nous envier.
 
Avec constance le PCF a toujours défendu cette idée et continue de le faire aujourd’hui. Ainsi ses candidats sont  les seuls à  vraiment défendre les intérêts du peuple de France.
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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 04:00
Asile et immigration: les premiers faux pas du quinquennat Macron
 PAR 

Les associations de défense des droits des étrangers dénoncent la réponse sécuritaire apportée par Gérard Collomb au retour des migrants à Calais. Elles redoutent la poursuite d’une politique « déshumanisante » qu’elles jugent inefficace et dangereuse.

Par petites touches, l’orientation de la politique d’asile et d’immigration du nouvel exécutif, un mois après l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, commence à apparaître.

Alors que l’exode vers l’Europe de dizaines de milliers de ressortissants du Moyen-Orient et d’Afrique subsaharienne se poursuit (plus de 72 000 arrivées par voie de mer et de terre en 2017) et que les migrants continuent d’affluer à la frontière franco-italienne, à Paris et dans le Calaisis, les signaux vont dans le même sens : celui d’une absence de rupture avec la politique menée sous François Hollande, elle-même dans la continuité de celle conduite au cours de la décennie passée par Nicolas Sarkozy.

Les associations de défense des droits des étrangers interrogées par Mediapart s’inquiètent de cette logique répressive qui semble s’imposer, contre la réalité des faits, comme la seule voie possible à chaque recomposition gouvernementale.

 

À Calais, des policiers bloquent l'accès des migrants à un point de distribution de repas, le 1er juin 2017 © ReutersÀ Calais, des policiers bloquent l'accès des migrants à un point de distribution de repas, le 1er juin 2017 © Reuters

 

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a pourtant d’abord laissé entendre qu’il se distinguerait de ses prédécesseurs en étant l’un des seuls à saluer l’accueil réservé par l’Allemagne aux réfugiés et en affirmant qu’Angela Merkel avait« sauvé l’honneur de l’Europe ». Cherchant à élargir son électorat vers la droite, le candidat d’En marche! a ensuite recentré son discours sur la réduction des délais d’examen des demandes d’asile dans le but de faciliter l’expulsion rapide des personnes déboutées.

Présidente de la Cimade, association d’obédience protestante qui intervient dans les centres de rétention administrative (CRA), Geneviève Jacques a assisté à la formulation de cet « en même temps » cher au chef de l’État lorsque la Fédération protestante l’a reçu avant son élection. « Il a commencé, se rappelle-t-elle, par des propos positifs sur le fait que la France n’était pas envahie, que les arrivées n’allaient pas s’arrêter puisque les causes des départs n’avaient pas disparu et qu’il fallait mettre en place une politique d’intégration digne de ce nom. Malheureusement, il a conclu sur la nécessité de renvoyer systématiquement les déboutés du droit d’asile, ce qui est non seulement irréaliste – aucun gouvernement n’y est parvenu – et inhumain –, une telle politique aboutissant à pousser des milliers de personnes dans la clandestinité. D’autres voies d’accès au séjour doivent être ouvertes pour empêcher que ne se reconstitue indéfiniment la catégorie des “ni-ni”, ces étrangers ni expulsables, ni régularisables. »

Depuis son arrivée à l'Élysée, Emmanuel Macron n’a pas eu l’occasion de s’exprimer officiellement sur les questions d’asile et d’immigration. Mais il a déjà fait un faux pas remarqué, lors d’un déplacement le 1er juin au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique d’Étel, dans le Morbihan, avec une « blague » sur les kwassa-kwassa qui « pêchent peu » mais « ramènent du Comorien ». « C’est mal passé », confirme le maire EELV de Grande-Synthe, Damien Carême, fer de lance des élus locaux appelant à un changement de cap de la politique migratoire.

 

Quatre jours plus tard, c’est le ministre de l’intérieur qui fixe le nouveau cadre. Et l’on comprend que le renouvellement n’est pas pour maintenant. Aux entraves des forces de l'ordre aux distributions d’eau et de repas à Calais (lire le reportage d’Haydée Sabéran), Gérard Collomb répond par l’envoi de policiers supplémentaires sur place. Dans unentretien au Parisien, le 5 juin, l’ancien maire de Lyon, qui avait déclaré à propos des populations roms, dans le sillage de Manuel Valls, qu’elles n’avaient « pas vocation à s’intégrer dans le pays », livre ses « priorités ».

D’emblée, il met l’accent sur la nécessité de « réprimer les atteintes à l’ordre public et[de] lutter contre les filières de passeurs », afin que « Calais et le Dunkerquois ne demeurent pas des lieux de fixation et que les “jungles” ne s’y reconstituent pas ». En recourant à l’expression de « point de fixation », répétée en boucle par les autorités depuis la destruction du bidonville, il confirme la politique d’invisibilisation menée depuis 15 ans – sans résultats – dans la région.

Après l’opération de « démantèlement », à l’automne dernier, les pouvoirs publics avaient refusé de considérer la proposition faite par plusieurs acteurs du secteur d’ouvrir des structures de transit dans les environs, comme si la disparition des cabanons et la dispersion des migrants dans des centres d’accueil et d’orientation (CAO) éloignés de la zone allaient suffire à épuiser les raisons de leur passage dans le Calaisis.

« Le tout répressif n’est pas la solution ! Ne retombons pas toujours dans les mêmes travers ! », tempête Damien Carême, qui fustige le harcèlement policier dont font l’objet les quelque 600 migrants revenus à Calais. « Ces pratiques sont inhumaines ! », s’exclame-t-il. Au Secours catholique, Laurent Giovannoni, responsable des droits des étrangers, déplore le « déni de réalité » du gouvernement. « On ne s’attendait pas à des miracles, mais pas non plus à cette répression absurde, qui est contraire au respect des droits des personnes. Depuis la prise de fonction d’Emmanuel Macron, rien ne change, tout continue comme avant », regrette-t-il.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les exilés, comme à Calais, sont de retour à Grande-Synthe. Après l’incendie qui a ravagé, le 10 avril 2017 (lire notre article), le camp humanitaire ouvert par le maire et Médecins sans frontières, la plupart des réfugiés avaient été mis à l’abri dans des CAO. Mais certains s’étaient évanouis dans la nature, tandis que d’autres ont fait depuis leur apparition. Environ 300 Kurdes d’Irak ont ainsi trouvé refuge, ces dernières semaines, au Puythouck, qui signifie « mare aux grenouilles » en flamand, une réserve naturelle régionale constituée d’un lac et de bois. « Nous devons ouvrir des lieux d’accueil, pas seulement à Grande-Synthe, mais partout dans la région. De mon côté, je suis prêt à héberger jusqu’à 150 personnes, mais l’effort doit être collectif. Ce que j’attends du nouveau gouvernement, c’est qu’il cesse de parler d’appel d’air et mette en place avec les collectivités territoriales et les villes une vraie politique d’accueil. » « Le premier ministre Édouard Philippe a reçu 350 Syriens au Havre, je suppose que cela l’a sensibilisé à la question », espère-t-il. « La répression fait le jeu du FN », martèle-t-il, rappelant que Grande-Synthe est la seule ville entre Dunkerque et Lille à ne pas avoir placé Marine Le Pen en tête au premier tour de l’élection présidentielle. « Quand on travaille avec les habitants, cela marche. Tous les maires ayant accueilli des réfugiés vous le dirons, l’implication des citoyens crée des solidarités », assure-t-il.

« La crise humanitaire est le résultat du sous-calibrage délibéré des politiques d’accueil »

Après la nomination de Gérard Collomb place Beauvau le 17 mai, Damien Carême a aussitôt cherché à le rencontrer. « À 15 heures, le gouvernement était formé, à 19 heures je lui ai demandé un rendez-vous », raconte-t-il. Un premier échange téléphonique a eu lieu le 2 juin, dans l’attente d’une réunion en bonne et due forme. « Mon objectif est de le convaincre que l’appel d’air est un fantasme. Lorsqu’on a ouvert le camp à Grande-Synthe, en mars 2016, 1 300 personnes étaient hébergées. Cinq mois plus tard, elles n’étaient plus que 700. Leur nombre a ré-augmenté au moment du démantèlement de Calais. Aujourd’hui, il n’y a plus de camp, et pourtant les migrants sont revenus : leur présence sur la route migratoire correspond à des réalités qui n’ont rien à voir avec l’appel d’air. »

Cette logique de l’appel d’air, la Cimade tente de la déconstruire depuis longtemps.« L’approche sécuritaire accrédite l’idée que l’immigration est une menace », souligne Geneviève Jacques, qui rappelle avoir écrit au président de la République, dès son élection, pour lui demander de dissocier les questions d’asile et d’immigration des questions de sécurité et de terrorisme. « Le choix de Stéphane Fratacci comme directeur de cabinet de Gérard Collomb nous inquiète », indique-t-elle, notant que ce conseiller d’État a été secrétaire général du funeste ministère de l’immigration et de l’identité nationale entre 2009 et 2012. « Nous souhaitons que seul l’octroi des titres de séjour relève du ministère de l’intérieur, la santé, le logement, l’insertion et les visas devant être pris en charge par les ministères compétents, dans une optique d’inscription du droit des étrangers dans le droit commun. »

Dans son entretien au Parisien, le ministre de l’intérieur affirme sa détermination à poursuivre les renvois de migrants en vertu du règlement de Dublin III, qui fait du premier pays d’entrée dans l’Union européenne l’État responsable de la demande d’asile. Cette orientation va à l’encontre des attentes de la plupart des associations, qui demandent l’arrêt des transferts, car ils placent les demandeurs d’asile dans des situations d’errance administratives (voir leur campagne #stopdublin). « Il faut en finir avec cette politique qui symbolise l’absence totale de solidarité européenne. Depuis 30 ans, le chacun pour soi prévaut », regrette Laurent Giovannoni, au Secours catholique.

À Médecins du monde, Jean-François Corty s’étonne de l’absence de réaction du quai d’Orsay à la suite du récent attentat à Kaboul, au cours duquel 150 personnes ont perdu la vie. « On attend toujours la remise en cause de l’accord signé par l’Union européenne avec l’Afghanistan autorisant le renvoi massif de ses ressortissants », dit-il (lire également le communiqué de la Cimade). « On attend une réelle alternance avec la politique répressive mise en œuvre au cours des dernières années, poursuit-il. Mais les premiers signes ne sont pas rassurants. Que ce soit à Calais, à La Roya ou sur la route des Balkans, la crise humanitaire actuelle est le résultat du sous-calibrage délibéré des politiques d’accueil. Il faut inverser la tendance, cesser ces politiques déshumanisantes, prendre conscience que des milliers de personnes risquent leur vie pour venir en Europe et ouvrir des voies d’accès légales. »

Cette revendication de « corridors humanitaires » est partagée. À l’échelle intérieure, elle se double d’une exigence de mesures visant à faciliter l’insertion économique et sociale des migrants. « Nous demandons la généralisation des titres de séjour autorisant à travailler, ainsi que le transfert des moyens mobilisés pour les actions sécuritaires peu ou pas efficaces en faveur de cours de langue et de formations professionnalisantes, comme cela se fait en Allemagne avec succès », indique Geneviève Jacques, qui a formulé une demande de rendez-vous auprès du président de la République. Comme Jean-François Corty, la présidente de la Cimade espère enfin convaincre son interlocuteur d’en finir avec le délit de solidarité des personnes venant en aide aux réfugiés, et, à l’inverse, de valoriser les actions de la société civile, les plus à même, selon elle, de faire barrage aux réactions de repli et de xénophobie.

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