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1 février 2026 7 01 /02 /février /2026 10:11
« Une déclaration de guerre » : le patronat veut créer un CDI pouvant être rompu facilement, les syndicats en colère

Le Medef, le syndicat des patrons, veut créer un CDI pouvant être rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes. Les syndicats sont vent debout contre ce projet.

CPE XXL, CPE déguisé : la proposition du Medef de créer un CDI pouvant être rompu plus facilement pour lutter contre le chômage des jeunes suscite ce samedi 31 janvier l’ire de la CGT et de l’Unef, cette dernière brandissant la menace d’une mobilisation massive.

Selon des documents remis mercredi aux organisations syndicales et consultés par l’AFP vendredi, la principale organisation patronale a proposé la création d’un CDI pouvant être rompu sans motif pendant les premières années, avec une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture.

 

Une discrimination pure et simple fondée sur l’âge

— Le syndicat Unef

Ce dispositif comporte des similitudes avec le Contrat première embauche (CPE), créé en 2006 par Dominique de Villepin alors Premier ministre, qui avait généré une mobilisation historique et amené le gouvernement à le supprimer avant son application.

 

Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert et réussit à faire pire que le CPE qui avait 2 ans de période d’essai, a réagi samedi la CGT dans un communiqué.

Selon des documents remis mercredi aux organisations syndicales et consultés par l’AFP vendredi, la principale organisation patronale a proposé la création d’un CDI pouvant être rompu sans motif pendant les premières années, avec une indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté du salarié en cas de rupture.

« Une déclaration de guerre » : le patronat veut créer un CDI pouvant être rompu facilement, les syndicats en colère
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29 janvier 2026 4 29 /01 /janvier /2026 06:38
Lettre de Stephane Peu, président du groupe communiste GDR à l'Assemblée Nationale, au président de la République suite aux propos racistes d'Arno Klarsfeld appelant à rafler les étrangers en situation irrégulière avec la même violence qu'aux USA
Lettre de Stephane Peu, président du groupe communiste GDR à l'Assemblée Nationale, au président de la République suite aux propos racistes d'Arno Klarsfeld appelant à rafler les étrangers en situation irrégulière avec la même violence qu'aux USA
Après les propos relatifs à l'organisation de "rafles contre les OQTF" tenus par Arno Klarsfeld, conseiller d'Etat, sur le plateau de CNews, nous avons attiré l'attention du Président de la République, sur leur gravité et leurs conséquences s'ils devaient rester sans suite.
Notre courrier à Emmanuel Macron 
Stephane Peu, président du groupe communiste GDR à l'Assemblée Nationale
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29 janvier 2026 4 29 /01 /janvier /2026 06:34
 Un plan d’urgence pour sauver les associations: Tribune collective d'élu.e.s dans L'Humanité du 28 janvier 2026

Le mercredi 28 janvier 2026 dans l'Humanité, publication de notre tribune collective : Un plan d’urgence pour sauver les associations.

Des centaines d’élu·es et d’acteur·rices de terrain alertent : sans les associations, c’est le lien social qui s’effondre.

 Austérité, baisse des subventions, précarisation de l’emploi associatif :
le secteur associatif est en danger.

Nous appelons à un plan d’urgence national pour garantir son autonomie, ses financements et sa mission d’intérêt général.

Les associations font vivre la solidarité, la culture, l’éducation populaire, la démocratie au quotidien.

Les défendre c'est défendre notre cohésion sociale et la République !

 

 Un plan d’urgence pour sauver les associations: Tribune collective d'élu.e.s dans L'Humanité du 28 janvier 2026
 Un plan d’urgence pour sauver les associations: Tribune collective d'élu.e.s dans L'Humanité du 28 janvier 2026
 Un plan d’urgence pour sauver les associations: Tribune collective d'élu.e.s dans L'Humanité du 28 janvier 2026
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21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 14:18
Le retour du 49.3 - Le billet politique de Fabien Gay
Sebastien Lecornu a annoncé le 16 janvier qu'il suspendait les débats budgétaires.
Le 19 janvier, il annonce le recours au 49.3, alors qu'il assurait y avoir renoncé en novembre dernier !
Rien n’a été laissé au hasard : ces derniers mois n'ont été qu’une mise en scène budgétaire par le gouvernement et ses allié.e.s, qui n'ont jamais eu l'intention de céder quoi que ce soit sur fond d'austérité.
Revenons sur les différents actes de ce nouveau passage en force budgétaire, à la sauce Lecornu.
 
ACTE I - RALENTIR LA PREMIÈRE LECTURE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE
 
Après avoir été premier ministre démissionnaire et sans gouvernement, Lecornu a finalement été renommé le 12 octobre 2025 : résultat, le projet de loi de finances a été déposé avec 15 jours de retard.
Suite aux travaux en commission, où la gauche avait réussi à faire adopter des amendements, les macronistes et leurs alliés ont multiplié les amendements en séance dans un objectif d'obstruction. En effet, cette prérogative est théoriquement conçue au bénéfice des groupes d'oppositions, qui n'ont pas la main sur la rédaction du texte, et pas aux groupes de la majorité, qui tiennent la plume.
Cette stratégie ne visait qu'à gagner du temps pour contraindre les débats à l'Assemblée Nationale.
Le texte final était donc impossible à adopter, car aucun accord n’avait été recherché par le gouvernement.
Sans grande surprise, il a donc été largement rejeté en novembre 2025.
 
PRATIQUE POUR PASSER AU SECOND ACTE !
 
ACTE II - LAISSER LES MAINS LIBRES AU SÉNAT
Sans vote à l'Assemblée, le Sénat a été saisi de la copie initiale du budget présentée par le gouvernement.
En commission comme en séance, les LR ont considérablement durci le texte, notamment en multipliant les cadeaux aux plus grosses fortunes et aux grandes entreprises ... tout en refusant des nouvelles sources de recettes.
Résultat, les mêmes personnes qui appellent à la rigueur ont aggravé le déficit au profit des plus aisés comme depuis 8 ans. Le texte qui a été voté par le Sénat n'avait donc aucune chance d'être adopté en Commission Mixte Paritaire.
 
ACTE III - LOI SPÉCIALE MINIMALISTE & CHANTAGE A L'URGENCE
 
En perspective d'absence de budget au 31 décembre 2025, le Parlement a été saisi d'une loi spéciale présentée par le gouvernement.
Comme l'avait fait Bayrou l'an passé, Lecornu a opté pour la vision la plus restrictive de cette loi spéciale, alors qu’il n’existe, dans les textes, aucune obligation en ce sens.
Le blocage actuel ne procède donc d'aucune fatalité : il est le fruit d'un choix délibéré fait par le gouvernement.
L'objectif était clair : il s'agit de mettre la pression sur le PS et les LR en pressurisant l'ensemble de l'appareil d’État et les collectivités locales, à l'approche des municipales, pour imposer coûte que coûte la purge budgétaire.
 
ACTE IV - PASSER EN FORCE
 
De retour à l'Assemblée, Lecornu savait qu’il ne pourrait pas imposer aussi facilement qu'au Sénat sa copie budgétaire.
Alors que les négociations sont censées être menées en commission, le gouvernement a multiplié les concertations et autre échanges informels qui affaiblissent encore davantage notre système parlementaire.
Lecornu n'a jamais eu l'intention de céder des avancées réelles en terme de justice sociale et fiscale : il a même fait le choix de renier sa promesse de renoncer au 49-3, qu'il avait brandi comme étendard de son mandat de premier ministre.
Son seul objectif est d'éviter à tout prix une censure, quitte à multiplier les tours de passe passe budgétaire qui ne trompent plus personne.
 
ACTE V - PRÉPARER LE TERRAIN POUR L’EXTRÊME DROITE
 
Le Macronisme atteint donc l'ultime stade d'autoritarisme que permet notre Constitution.
Et l'extrême-droite sort grande gagnante du chaos provoqué par les manœuvres d'un pouvoir à bout de souffle.
Le RN tente de faire oublier (outre les procès qui touchent ses cadres) qu'il a voté main dans la main avec le gouvernement des coupes de dépenses et les refus de nouvelles recettes, en brandissant la menace de censurer le gouvernement.
Cet exercice brutal du pouvoir, qui met à mal notre Parlement et l'ensemble de nos garde-fous démocratiques, prépare le terrain à l'extrême-droite : si elle devait arriver au pouvoir, elle n'aurait qu'à continuer le cap déjà tracé par son prédécesseur.
 
Fabien Gay, sénateur communiste et directeur de L'Humanité
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13 janvier 2026 2 13 /01 /janvier /2026 06:24
Les propos tenus aujourd’hui dans le journal Libération par notre ancien ministre de l’économie Eric Lombard sont édifiants:
«La Direction des finances publiques avait regardé: parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu !»
On ne peut plus ignorer ce problème aujourd'hui et plus personne de sérieux ne le nie : notre système fiscal échoue dramatiquement à faire contribuer les plus grandes fortunes du pays.
Les dernières statistiques disponibles sont celles de l'Institut des Politiques Publiques : en 2016, les 75 foyers fiscaux les plus riches (grosso modo, les milliardaires) se sont acquittés de montants négligeables d'impôts personnels : l'équivalent de 2 % de leur revenu.
10 ans plus tard, on peut craindre que le phénomène se soit accentué et généralisé : l’ancien ministre Eric Lombard évoque des milliers de personnes, parmi les plus riches du pays, qui ne déclareraient aucun revenu imposable.
Par ailleurs, il est clair que les masses en jeu sont encore plus fortes qu'il y a 10 ans, compte tenu de l'explosion de la fortune des ultra-riches: le patrimoine des 500 plus grandes fortunes est en effet passé de 200 milliards d’€ en 2010 à 1.200 milliards aujourd’hui.
Une multiplication par 6 en 15 ans !
Leur richesse atteint désormais l’équivalent de 42 % du PIB, contre 12 % du PIB en 2010.
En outre, l'impôt sur les sociétés – qui venait en partie compenser la faible imposition personnelle des ultra-riches en 2016 – a fortement baissé depuis, compte tenu de la baisse du taux d'IS de 33 % à 25 % et de la baisse de l'IS à l'étranger, principalement aux Etats-Unis.
Il est donc urgent de faire la lumière sur la réalité du phénomène aujourd'hui : combien les milliardaires français ont ils payé d'impôt en 2024 ?
Les personnes avec plus de 100 millions d'euros de patrimoine ? Etc.
Pour mettre fin au privilège fiscal des ultra-riches, il faut continuer à dissiper l'opacité qui entoure cette question:
L'Assemblée nationale doit exiger la transparence sur la contribution réelle des grandes fortunes à la solidarité nationale aujourd'hui.
Gabriel Zucman
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6 janvier 2026 2 06 /01 /janvier /2026 17:18
Fabien Gay - Sénateur de l'année 2025 pour le magazine Challenges
Fabien Gay est nommé sénateur de l’année par le magazine Challenges !
Une mise en lumière légitime d'une année de travail parlementaire marquée par le rôle de Fabien Gay dans la commission d’enquête qui a révélé le scandale des 211 milliards d'aides publiques aux grandes entreprises versés chaque année par l'Etat sans contrôle ni contreparties.
🚩 La reconnaissance d’un engagement pour la justice sociale et fiscale et l'intérêt général qui fait honneur à tous les communistes.
 
Passez à l’action vous aussi, signez la pétition:
 
 
***
 
Élu sénateur de l’année par le magazine Challenges.
Je remercie la rédaction pour « ce prix » qui doit ravir le nouveau propriétaire depuis quelques jours, Bernard Arnault. J’avoue que je ne m’y attendais pas… et surtout que j’en demandais pas tant !
Je le partage avec tout le groupe CRCE-K au Sénat, les membres de la commission d’enquête sur les 211 milliards d’aides publiques aux entreprises dont le président Olivier Rietmann et, au-delà, avec tous les syndicalistes, travailleurs et travailleuses qui luttent dans leurs entreprises et sur le terrain pour changer les règles : plus de transparence, de suivi, d’évaluation et de conditionnement des aides !
En 2026, ensemble, on continue le combat !
 
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2 janvier 2026 5 02 /01 /janvier /2026 07:00
Interview d'Aymeric Seassau, responsable à la nouvelle industrialisation du PCF, et élu nantais, dans l'Humanité: "le patronat organise le grand déménagement de notre industrie".

Interview d'Aymeric Seassau, responsable à la nouvelle industrialisation du PCF, et élu nantais, dans l'Humanité: "le patronat organise le grand déménagement de notre industrie".

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30 décembre 2025 2 30 /12 /décembre /2025 08:45
Inflexible - editorial de Sébastien Crepel dans l'Humanité du 30 décembre 2025
Inflexible 
Édito de l'humanité du 30/12/2025
 
Loin de nous l’idée de jouer les rabat-joie. Mais la lucidité commande de regarder les choses en face : les élections municipales des 15 et 22 mars prochains s’annoncent très périlleuses. Dans de nombreuses villes où la gauche aurait toutes ses chances en s’unissant, ses forces partiront divisées au premier tour, sans que l’on n’en cerne bien la justification.
Pis encore, elles pourraient aussi s’affronter au second tour, au risque de faire le lit de la droite ou du RN, qui en profiterait alors pour s’imposer dans des triangulaires sans être majoritaire en voix. Cette désunion ne sera pas seulement le fait de villes à (re) prendre à la droite, mais également, dans une poussée quasi suicidaire, de communes actuellement dirigées par des maires de gauche.
Comme souvent en pareille situation, la responsabilité est partagée. Le PS et LFI se disputent la première marche du podium dans la course à qui se montrera le plus inflexible. Dans Politis, Jean-Luc Mélenchon confirmait, en novembre, cette attitude en ne ciblant que ses « partenaires » de gauche.
« Les communistes ne proposent rien si ce n’est la reconduction des sortants », osait le fondateur de LFI, comme si ce principe qui a fait ses preuves pour garder des villes à gauche pouvait être balayé d’un revers de main. Les socialistes ne sont pas en reste en excluant tout « accord national » avec LFI, qui n’espérait que ça. « Comment comptent-ils gagner sans nous ? » raille Jean-Luc Mélenchon.
Ce dernier, comme Olivier Faure, enjoint l’autre de donner des gages entre les deux tours. « Nous n’accepterons pas (de) porter leurs valises », taclait le leader de LFI. « Ce sera à l’insoumis Sébastien Delogu (à Marseille) de dire ce qu’il veut faire », répondait en écho le chef des socialistes dans l’Humanité.
L’oubliée de ces rivalités est la population. À quoi bon la sommer de choisir entre « deux gauches » si c’est pour la livrer à la droite ? La capitale cristallise cette situation, où les sondages font craindre un jeu de massacre. « Il ne faut pas qu’un socialiste soit maire de Paris », a affirmé la tête de liste LFI, Sophia Chikirou. C’est malheureusement une ambition partagée par Rachida Dati.
 
Sébastien Crépel
 
Éditorialiste de l'Humanité
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30 décembre 2025 2 30 /12 /décembre /2025 08:37
Controverse sur les 211 milliards d’aides aux entreprises : Michelin restitue 4,3 millions d’euros à l’État (L'Humanité, 26 décembre 2025)

Le géant industriel français Michelin a reversé 4,3 millions d’euros à l’État, confirme un arrêté paru vendredi 26 décembre au Journal officiel. Interpellée fin septembre par le sénateur communiste et directeur de « l’Humanité » Fabien Gay, l’entreprise rembourse finalement « le gain correspondant à ces crédits d’impôt » débloqués à la suite de l’acquisition de huit machines-outils, au départ destinées à son site de La Roche-sur-Yon, depuis fermé.

Comme annoncé début octobre, le géant français de la fabrication de pneus Michelin a reversé 4,3 millions d’euros sous forme de « don » à l’État français. La décision été entérinée vendredi 26 décembre, par un arrêté paru au Journal officiel.

Cette somme « correspond à des crédits d’impôt perçus par Michelin au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), un dispositif en vigueur en France de 2013 à 2021 », a rappelé le fabricant auprès de l’Agence France-Presse (AFP).

Michelin prouve ainsi – contrairement aux affirmations des gouvernements macronistes successifs, comme de leurs relais médiatiques et politiques les plus zélés – que le conditionnement des aides publiques versées aux entreprises peut être une réalité.

Six machines-outils destinées au site de La Roche-sur-Yon envoyées à l’étranger

« Est accepté le don d’une somme d’argent d’un montant de 4 300 000 euros, effectué par virement bancaire en date du 11 décembre 2025, consenti au ministère de l’Économie », indique le Journal officiel. Michelin avait perçu, en 2017, plusieurs millions d’euros au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

En cause : l’annonce de l’acquisition de huit machines-outils, qui étaient destinées au site de La Roche-sur-Yon (Vendée). Au final, seules deux d’entre elles ont bien été installées sur le territoire français ; les autres ayant été envoyées en Espagne et en Roumanie.

L’usine de La-Roche-sur-Yon a, elle, fermé ses portes en décembre 2020. Michelin affirme avoir décidé, « par souci de responsabilité, de restituer à l’État le gain correspondant à ces crédits d’impôt, compte tenu de la fermeture ultérieure du site ».

Ce remboursement est loin de sortir de nulle part. Le géant industriel réagit à la tribune du rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les aides publiques aux entreprises et directeur de l’Humanité, Fabien Gay, publiée, le 30 septembre dernier, dans les colonnes de Libération.

« En novembre dernier, le groupe Michelin annonçait la fermeture des sites de Vannes (Morbihan) et de Cholet (Maine-et-Loire), entraînant le licenciement de 1 254 salarié·e·s, conduisant le premier ministre de l’époque, Michel Barnier, à s’interroger devant le Parlement : ”À quoi sert l’argent public accordé aux grands groupes ?”, interpellait alors le sénateur communiste. Une question largement partagée par nombre de salarié·e·s, de syndicats et d’élu·e·s : est-il acceptable que des entreprises bénéficient d’aides publiques et versent, dans le même temps, des dividendes, procèdent à des rachats d’actions et détruisent des emplois ? »

Pour rappel, les contours légaux du CICE ne prévoient aucun mécanisme de remboursement. « Pour la première fois sous la Ve République, un grand groupe du CAC 40 reconnaît, sous la pression politique et citoyenne, qu’il doit rendre de l’argent public lorsque les engagements initiaux ne sont pas respectés, s’est réjoui le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel. Ce remboursement démontre une chose essentielle : la conditionnalité des aides publiques n’est ni une utopie ni un slogan, mais une exigence démocratique, sociale et économique. »

À Bercy, on indique que la procédure de remboursement « a fait l’objet d’une expertise approfondie et a été validée comme juridiquement et budgétairement conforme ». Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Fabien Gay « salue cette démarche de Michelin (…) réalisée sans contrainte judiciaire ». L’élu communiste estime que ce choix du groupe industriel « démontre qu’il est possible de conditionner les aides publiques à des contreparties réelles en termes d’emploi, de maintien de l’activité en France et de non-délocalisation ». En espérant que l’exemple Michelin ne reste pas isolé.

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30 décembre 2025 2 30 /12 /décembre /2025 08:33
Aide publique aux entreprises - Regonfler la loi. Editorial de Laurent Mouloud dans L'Humanité, 28 décembre 2025

Michelin ne s’est pas dégonflé. Dans un arrêté paru vendredi 26 décembre au Journal officiel, le groupe de pneumatiques a remboursé 4,3 millions d’euros à l’État. Une somme qui correspond au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) que l’entreprise avait perçu pour l’achat de huit machines-outils destinées au site de La Roche-sur-Yon, mais dont six ont été expédiées en Espagne et en Roumanie avant que l’usine vendéenne ferme ses portes.

Ce détournement d’argent public avait été souligné lors de la commission d’enquête parlementaire menée en tant que rapporteur par le sénateur communiste et directeur de l’Humanité, Fabien Gay. À l’époque, le patron de Michelin, Florent Menegaux, ne pouvant nier l’évidence, avait estimé « pas anormal » que sa société le rembourse. Il a tenu parole.

Ce geste n’est pas que symbolique. Il crée un précédent qui doit servir d’électrochoc. Les aides versées aux entreprises – 211 milliards d’euros en 2023 – représentent le premier poste budgétaire de l’État. Censées soutenir l’emploi et l’investissement, elles sont pourtant distribuées sans contreparties. Et s’évaporent, pour une part, en dividendes, rachat d’actions, voire – paradoxe suprême – en plan de licenciements et en fermeture de sites.

Ce scandale discret mine la justice sociale et alimente la défiance. Derrière chaque euro public, un citoyen paie et attend que cet argent serve le bien commun. Pas la destruction industrielle et la rente de quelques-uns. Les entreprises ne peuvent être exonérées de comptes à rendre et des « efforts » que l’État impose, chaque jour, au reste des citoyens et travailleurs.

La conditionnalité des aides publiques est une nécessité démocratique, éthique, sociale et économique. Et le cas Michelin montre que cela est possible. Mais l’exemplarité ne peut pas reposer sur la seule bonne volonté des entreprises.

Il revient à l’État d’instaurer des règles par la loi : lier ces aides à des engagements sociaux et environnementaux, contrôler leur usage, exiger leur remboursement en cas de tricherie. Cet encadrement, loin de disqualifier le soutien aux entreprises, permettra de le légitimer aux yeux de tous. Et surtout de le rendre efficient.

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