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La décision du tribunal des activités économiques de Nanterre de prononcer la liquidation judiciaire de Brandt, dernier fabricant de gros électroménager en France, est un séisme industriel et humain. Plus de 700 salariés, à Saint-Jean-de-la-Ruelle, Vendôme et en Île-de-France, apprennent aujourd’hui qu’ils seront licenciés au 1ᵉʳ janvier. Ce choix marque une défaite de plus pour la France industrielle – mais surtout, il révèle l’impasse structurelle de décennies de politiques de désindustrialisation.
Le PCF tient d’abord à exprimer toute sa solidarité aux salarié·es et à leurs familles. Nous saluons le courage et la détermination des travailleurs et travailleuses qui ont porté un projet de SCOP ambitieux, capable de sauver une grande partie des emplois et de préserver les deux sites de production. Le rejet de ce projet est incompréhensible et inacceptable.
Brandt est un symbole de la production dans notre pays. Brandt, c’est :
• un siècle de savoir-faire industriel français,
• 98 % de la production de cuisson réalisée en France,
• un acteur stratégique pour notre souveraineté industrielle.
La liquidation de ce fleuron montre une nouvelle fois que laisser faire le marché mène à la casse sociale et à la dépendance économique.
Il faut déclarer l'état d'urgence industrielle et construire un pacte d'avenir pour la France !
Ce drame confirme l’urgence d'un moratoire sur les plans de licenciements et des mesures fortes telles que l'interdiction à l’importation des produits interdits de production en France et des barrières techniques efficaces (concernant le bilan carbone, l'obsolescence programmée, la sécurité, la cybersécurité…).
Le PCF appelle le gouvernement à cesser de verser à chaque nouvelle annonce des larmes de crocodiles et à prendre enfin les décisions structurelles qui s’imposent.
L'heure est à reconstruire un modèle productif national fondé sur la souveraineté, l’emploi et la transition écologique.
Le PCF propose :
1. Un État stratège qui protège les capacités industrielles du pays
Le refus du tribunal de soutenir le projet de SCOP malgré les engagements financiers publics démontre les limites du cadre actuel.
– Nous demandons une réforme immédiate des procédures de cession et de liquidation, afin que les projets porteurs d’emploi – notamment coopératifs – soient prioritaires.
– Nous proposons la création d’un fonds d'avances de 100 milliards d'euros dès 2026, capable de prendre temporairement le contrôle d’entreprises stratégiques en difficulté pour éviter les destructions irréversibles.
2. Des droits nouveaux pour les salariés.
La SCOP Brandt aurait pu vivre. Ce sont les salariés qui détenaient le projet industriel le plus solide.
– Le PCF revendique un droit de préemption des salariés sur leur outil de travail en cas de cession ou liquidation, avec appui financier automatique d’un pôle public bancaire.
– Nous portons également un nouveau statut de l’entreprise, intégrant le droit d’intervention des travailleurs dans la gestion.
3. Planifier la réindustrialisation et la transition écologique.
Brandt fabriquait des biens durables, réparables, compatibles avec une politique de sobriété matérielle. Sa disparition tourne le dos à toute stratégie de transition.
– Nous proposons une planification nationale des filières du durable et du réparable : électroménager, électronique, machines-outils, batteries, matériaux.
– Ces filières doivent être sécurisées par la relocalisation des composants clés, soutenue par le pôle public de l’énergie et un grand plan de formation.
– Une nouvelle politique énergétique doit permettre de multiplier par deux la production d’électricité décarbonée d'ici à 2050 et de réduire fortement les coûts de l’énergie pour nos entreprises comme pour les ménages.
4. Protéger l’emploi et les territoires.
Vendôme, Saint-Jean-de-la-Ruelle, Saint-Ouen-l’Aumône : autant de bassins de vie frappés de plein fouet.
— Nous demandons que l’État prenne des mesures immédiates pour préserver les sites.
– Plus largement, nous portons une sécurisation de l’emploi et de la formation, permettant à chacun de ne jamais perdre son salaire ni ses droits dans les transitions industrielles.
Le PCF appelle à un sursaut national !
La liquidation de Brandt n’est pas une fatalité économique : c’est le résultat d’un système qui préfère la concurrence au bien commun, et l’impuissance publique à la souveraineté nationale.
Le PCF sera aux côtés des salariés dans toutes les mobilisations à venir.
Nous demandons au gouvernement de réexaminer immédiatement toutes les options pour sauver l’outil industriel.
Mais surtout, nous réaffirmons que la France doit se doter d’une stratégie de réindustrialisation cohérente et planifiée, fondée sur les propositions de notre Pacte pour l’avenir de la France.
Nous pouvons et nous devons reconstruire une France qui produit, qui protège et qui planifie.
Paris, le 11 décembre 2025
Parti communiste français.
La guerre est un marché. Et dans le système actuel, ce marché fonctionne comme une gigantesque pompe aspirante : il capte la richesse produite par le travail collectif pour la transformer en dividendes privés.
Chaque euro d'argent public injecté dans l'industrie de la défense, qui se traduit aujourd'hui par une explosion des cours de bourse, est un euro soustrait à la reproduction de notre société.
La hausse des tensions géopolitiques ne doit pas être une variable d'ajustement pour le taux de profit des actionnaires. C'est une rente de situation, une spéculation sur la destruction.
Avec le groupe CRCE-K, je dépose la Proposition de loi n°150 pour intervenir directement sur ces flux financiers.
Notre texte pose trois verrous contre cette logique d'accumulation :
La captation de la rente : Une imposition massive (jusqu'à 41%) sur les surprofits des maîtres d'œuvre de la défense. L'argent généré par la commande publique doit revenir au public.
Le frein à la spéculation : Une surtaxe sur les transactions financières et les plus-values latentes. La valorisation boursière fondée sur l'anticipation de conflits armés est du capital fictif que nous devons neutraliser fiscalement.
La réallocation matérielle : L’article 4 crée un Fonds national. Il s’agit de transférer concrètement ces capitaux du secteur de la destruction vers les infrastructures vitales : l'école, l'hôpital, la recherche et la rénovation thermique.
Il s'agit de reprendre le contrôle sur les ressources. L'argent existe, il circule, mais il s'accumule au mauvais endroit. Notre rôle de législateur est de dévier ce flux : des coffres de l'industrie de l'armement vers les besoins concrets de la population.
Marianne Margaté, sénatrice PCF de Seine-et-Marn
Retrouvez le texte complet et le détail du dispositif fiscal via le lien en premier commentaire.
Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes
Public Sénat, le
Nuit du 21 au 22 novembre, l’Assemblée nationale repousse la partie recettes du projet de budget. Un seul député émet un vote favorable. 125 heures de débats parlementaires sont envoyées à la poubelle. Un sentiment d’immense gâchis nous envahit, au vu d’abord de l’échec d’une pratique parlementaire se substituant au 49-3, au vu aussi du gros travail fourni par les députés et qui se trouve réduit à néant. « Tout ça pour ça ! » serait-on tenté de commenter. Comme en physique, les forces contraires se sont équilibrées et finalement annulées mutuellement.
Depuis plusieurs semaines déjà, le grand public n’arrive plus à suivre. Le rythme quasiment quotidien de mise en débat de nouveaux amendements a rendu difficile l’appropriation de leurs enjeux fondamentaux par le plus grand nombre. Quant aux votes, leur logique était parfois difficile à décrypter… Ceux reflétant l’appréciation des groupes parlementaires sur le texte de l’amendement et lui seul n’ont pas été les plus nombreux.
Ils ont moins souvent obéi à des stratégies de fond clairement affirmées qu’à des tactiques ponctuelles influencées soit par la technique parlementaire soit par la situation politique générale et le positionnement des uns et des autres quant à l’exigence ou pas d’une nouvelle dissolution, voire d’une hypothétique démission du président de la République.
Résultat ? Alors que nous avons vécu plusieurs semaines de débats sur des sujets essentiels, susceptibles de faire grandir la démocratie et l’intérêt de la population pour la politique, c’est le contraire qui s’est produit. L’attentisme, voire pire, a gagné du terrain au lieu d’une plus grande motivation des citoyens à s’impliquer dans un débat et des choix qui les concernent au premier chef. Tout aussi préoccupant, le sentiment grandit que le débat pluraliste et contradictoire serait moins efficace que des décisions autoritaires et centralisées. On sait à quel point cela peut être dangereux, encore plus quand l’extrême droite est aussi près du pouvoir.
Il est donc plus que temps de redonner sens à la situation et d’ouvrir des pistes pour l’engagement citoyen, sans oublier celles pour des liens renforcés entre les élu.es et leurs mandants. À cet égard, une relecture des débats parlementaires, une mise en cohérence des amendements déposés et du sens des votes intervenus est plus que nécessaire. D’autant que les forces de gauche se sont montrées plus souvent désunies que rassemblées. Il leur revient pourtant d’ouvrir ensemble une perspective pour changer radicalement la situation de notre pays.
Pendant quelques semaines, on a espéré qu’une page nouvelle puisse s’ouvrir au vu de la richesse du débat public, notamment sur la taxe Zucman, sur les questions de justice fiscale et sociale, sur la mise à contribution du capital, toutes propositions ouvrant la voie de politiques économiques alternatives. Dans ce court laps de temps, les idées et valeurs de gauche ont repris des couleurs et pu faire un bout de chemin dans les consciences.
C’est ce fil qu’il faut aujourd’hui reprendre pour tisser autour de lui un lien de confiance et d’espoir. Les très fortes mobilisations des 10 et 18 septembre n’ont pas été des coups d’épée dans l’eau. Il y a toujours une disponibilité des forces vives de notre pays pour renouer avec la combativité nécessaire à des changements fondamentaux. Encore faut-il vouloir résolument ouvrir ce chemin. À ce prix, le travail parlementaire de ces derniers mois n’aura pas été vain.
Chronique de Maryse Dumas dans L'Humanité Magazine du 29-30 novembre 2025
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Aujourd’hui, une nouvelle fois, les syndicats sont dans la rue. L’objet de leur mécontentement : les budgets qui vont plomber le quotidien des travailleurs. 27 milliards d’euros d’économies à réaliser en 2026, 148 milliards sur six ans, nous dit le pouvoir. Et après des semaines de débat parlementaire, force est de constater que la trajectoire budgétaire reste une « folie fiscale ». Mais pas celle qu’aiment dénoncer les grands patrons.
Car pour trouver cet argent, va-t-on s’attaquer aux 211 milliards d’euros d’aides publiques versés aux entreprises sans aucun contrôle ? Va-t-on raboter la niche Dutreil, qui permet aux plus riches de léguer ou de donner leur entreprise en ne payant quasiment pas d’impôts, soit 5 à 8 milliards de manque à gagner pour l’État en 2024 ? Va-t-on revenir sur la baisse des impôts de production, soit 10 milliards qui n’ont absolument servi à rien ? Va-t-on s’attaquer à l’évasion et à la fraude fiscale, qui coûtent de 80 à 100 milliards d’euros par an ? Va-t-on taxer les ultra-riches, ces 500 familles dont la fortune est passée de 6 % du PIB en 1996 à 42 % du PIB aujourd’hui, soit 1 228 milliards d’euros ?
Il y a là de quoi boucler les budgets, voire les augmenter. Voilà qui crédibilise, au passage, la proposition du PCF d’un pacte d’avenir pour la France avec un plan de dépenses publiques, de formation, d’embauches et d’investissement à 500 milliards d’euros pour les cinq prochaines années.
Mais non et c’est folie. « L’effort », ce sont les classes populaires et moyennes qui vont seules le supporter. Doublement des franchises fiscales, augmentation des taxes sur l’électricité et le gaz, taxe sur les revenus des apprentis, gel des salaires et minima sociaux, suppression de l’abattement fiscal des retraités, baisse des budgets de la santé, augmentation du nombre de jours de carence…
Cette trajectoire budgétaire de classe est bien sûr plébiscitée par la Macronie, la droite et le patronat. Mais également par le Rassemblement national. Le soi-disant parti favorable au social « pour les Français » a fait la démonstration qu’en réalité il était contre le social, que ce soit pour les étrangers ou les Français. Et que loin d’être un parti patriote il était avant tout le parti des riches et celui des émigrés fiscaux.
Excellent édito de Philippe Rio maire de Grigny, président de la coopérative des élus communistes, élu meilleur maire du monde en 2021, ce jeudi 4 décembre dans l'humanité reprenant les idées et exemples abordés dans son discours à Lanester dimanche pour la Fête de l'Humanité Bretagne
La mise en examen de Sophie Binet est le résultat d'une plainte de Sophie de Menthon, symbole de la frange la plus réactionnaire de la bourgeoise patronnale.
S'attaquer à la secrétaire générale de la #CGT, c'est une offensive contre les militant-e-s syndicaux qui se battent au quotidien pour les droits des travailleurs dans les entreprises et les services.
C'est une remise en cause grave de la démocratie sociale au cœur d'un débat budgétaire qui se traduit par une guerre sociale faite aux plus fragiles d'entre nous.
À l'heure où la réalité de la société française exige la justice fiscale. L'offensive médiatique et politiques des ultra-riches est scandaleuse qui s'apparente à une rupture des principes de l'unité de la République. En ce sens, ils sont bien les rats qui quittent le navire.
Chacun-e, travailleurs, citoyens, élu-e-s, doit être aux côtés de Sophie Binet et de l'ensemble des militant-e-s de la CGT.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a été mise en examen pour « injures publiques » après avoir comparé les grands patrons menaçant de délocaliser leurs entreprises à des « rats qui quittent le navire ». La centrale syndicale dénonce, dans un communiqué, une « énième procédure-bâillon » et une « attaque d’un degré inédit » alors qu’il s’agit de « la 5e procédure judiciaire contre un membre du bureau confédéral en 2 ans ».
L'Humanité, 2 décembre 2025
Si on était taquins, on dirait qu’« on ne peut plus rien dire »… Parce que les grands patrons n’aiment pas voir leur image écornée. Ce sont des gens susceptibles. Au point de porter plainte si une dirigeante syndicale a l’audace de les qualifier de « rats (qui) quittent le navire » dont « le seul objectif est l’appât du gain ». Pour cette comparaison, et comme le veut une procédure quasi-automatique, Sophie Binet est mise en examen pour « injures publiques ».
La secrétaire générale de la CGT l’a elle-même annoncé sur France Inter ce mardi matin : « J’étais extrêmement choquée parce qu’en disant cela, je n’ai fait que mon travail de syndicaliste, à savoir dénoncer les inégalités de répartition des richesses et le fait que les milliardaires paient toujours moins d’impôts et ne se sentent plus responsables de l’emploi en France. »