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En ce 28 juin, 386 384 signatures en ligne sur le site du ministère de l'intérieur contre la privatisation d'ADP.
Vous aussi, signez, en vous munissant de votre numéro de carte d'identité et de passeport.
Vœu pour un référendum contre la privatisation d'ADP - Aéroports de Paris
Conseil Communautaire de Morlaix-Communauté du 1er Juillet 2019
Présenté par : Ismaël Dupont
Le Président de la République et le Gouvernement ont pour objectif de privatiser complément les Aéroports de Paris (ADP) – qui gèrent Roissy Charles de Gaule, Orly, Le Bourget – un groupe dont l’État est actuellement actionnaire à 50,6 %. La privatisation d'ADP a été votée par la loi Pacte au printemps 2019. Outre ADP, elle prévoit aussi la vente de ENGIE et de la Française des Jeux. Ils rapportent à eux trois 800 millions d'euros par an à l’État : 173 millions de dividendes pour l’État l'an passé pour ADP. ADP est la deuxième valeur boursière détenue par l’État après EDF.
Ce projet soulève une très forte opposition dans tout le pays, à l'Assemblée Nationale et au Sénat..
En effet, la maîtrise publique de nos plus grands aéroports nationaux est un enjeu d'intérêt national avec une forte dimension stratégique, économique et sécuritaire. 86 % des aéroports dans le monde sont sous contrôle public, dont 100 % aux États-Unis.
Si ADP est privatisé, quel impact sur l'aménagement du grand Paris ? Sur une augmentation des coûts des prestations pour les compagnies aériennes et les usagers ?
Pour privatiser, l’État devra payer les actuels actionnaires minoritaires d'ADP à hauteur de 1 milliard. Parmi eux, le groupe Vinci, qui est candidat au rachat ! ADP est le principal hub d’Air France, le privatiser c’est faire courir des risques à la compagnie nationale. La privatisation d'ADP fait peser de lourdes menaces sur les conditions de travail des salariés de l'entreprise.
Un exemple devrait inciter le président de la République à plus de prudence : le précédent de la vente de l'aéroport de Toulouse. Vendu pour 308 millions d'euros à un groupe chinois sans aucune expérience en matière aéroportuaire et composé à 51% d''une entreprise publique chinoise et à 49% d'un fonds d'investissement Hong Kongais domicilié dans un paradis fiscal - les îles vierges britanniques - il a été revendu 200 millions d'euros plus cher après que les actionnaires en aient vidé les caisses. Cette privatisation a été épinglée par la Cour des comptes.
Les compagnies aériennes se sont déclarées défavorables à la privatisation car elles craignent une augmentation des coûts pour eux et donc une répercussion sur les prix des billets. L'association internationale du transport aérien a en effet mené une étude sur près de 90 aéroports internationaux qui confirme que les aéroports privatisés sont plus chers que ceux restés dans le giron public
A l’initiative des parlementaires PCF, FI, PS et LR, la représentation nationale a réussi à imposer un Référendum d’Initiative Partagée (RIP) sur la reconnaissance du caractère de « service public national » des aérodromes parisiens, proposition d'un RIP validé le 9 mai dernier par le Conseil Constitutionnel. Il faudra réunir avant le 12 mars 2020 4,7 millions soutiens à la loi cosignée par 248 parlementaires de gauche et de droite qui consacre ADP comme un service public national, donc non cessible au privé.
Si ces 4,7 millions de signatures sont recueillies, le gouvernement se trouvera l'obligation de consulter les Français sur ce projet. Il va être possible de s'opposer à une nouvelle privatisation et au bradage du patrimoine public au profit exclusif des intérêts privés.
C'est un enjeu de maîtrise publique d'un secteur stratégique pour notre pays, un enjeu de démocratie, et aussi un enjeu financier pour l’État car ADP est rentable et permet d'investir des millions chaque année dans le service public.
En tant qu'élus de Morlaix-Communauté, nous nous sentons concernés par la possibilité que puisse se tenir ce Référendum d'initiative partagée et souhaitons que les habitants de la communauté d'agglomération puissent s'exprimer sur ce sujet.
En tant qu'élus de Morlaix-Communauté, nous exprimons notre refus de la vente et de la privatisation complète d'ADP, une question qui nous concerne tous.
Conseil communautaire de Morlaix-Co d'avril 2018 avec présence du comité de défense de l'hôpital - photo Pierre-Yvon Boisnard
Ordre du jour du prochain conseil communautaire de Morlaix-Communauté du 1er juillet 2019 à 18h
- Information relative aux décisions prises par délégation par le Président de la communauté d'agglo
- Culture: présentation de la phase d'avant-projet définitif de la scénographie de l'espace des sciences (plan de financement approuvé à l'unanimité par le conseil de communauté du 22 mars 2014 pour un montant global de 9,1 millions d'€ HT, portés depuis à 9,4 millions d'€ HT).
- ZAE Aéropôle de Morlaix: Cession de terrain à la société Sermetta (extension de bâtiments d'environ 11 000 m2 prévue en 2019-2020 - un projet industriel pour un investissement prévu de 10 millions d'euros). Morlaix Communauté devrait réaliser des travaux d'extension du bassin de rétention des eaux pluviales pour augmenter son volume. Le coût prévisionnel est prévu à 235 000 € HT. Le prix de vente proposé pour le terrain est de 15€ HT le m2 et le projet pourrait bénéficier, dit la délibération, d'une aide à l'immobilier d'entreprise plafonnée à 150 000€.
- Requalification et extensions de la zone de Keriven à Saint-Martin des Champs (75 entreprises, 600 salariés).
- Zone de Keriven, cession d'un terrain d'environ 7200 m2 au groupe SPIE Probia Ingenierie (20€ HT/ m2)
- Zone de Kerviven, cession de terrain à la société Bondu (négoce de levures): 9500 m2 pour 20€/m2
- ZAC Saint-Fiacre: Avenant à la convention d'aménagement - prolongation de la durée de concession d'aménagement avec la SAFI jusqu'en décembre 2020
- Cession d'un local à Henvic à la SARL Serdo (Maison et services)
- Centre de ressources techniques de Morlaix (CRT): Attribution d'une subvention ACI 2019 (30 000€)
- Convention de programmation et de suivi des déploiements de la fibre optique pour tous (de type FTTH) Morlaix et Saint-Martin des Champs entre Etat/ collectivités/SFR
- Avenant de prorogation à la convention d'objectifs 2016-2019 de la Maison du Tourisme
- Approbation du compte administratif 2018 de la Maison du Tourisme
- Attribution d'une subvention à la CCI MBO Morlaix pour l'opération: "Ma Bretagne, c'est par ici!" (10 000€ proposé)
- Linéotim: tarification solidaire. Actualisation des tranches du quotient familial. Adoption du guide d'instruction pour l'accès aux droits à la réduction. Actualisation des niveaux de quotient familial tenant compte de la revalorisation de certains minima sociaux au bénéfice des usagers pour qu'ils ne perdent pas les tarifs réduits auxquels ils avaient droit.
- Déchets: changement de repreneur pour les cartons et cartonnettes.
- Sotraval SPL et SEML Rapports d'activité 2018
- Tarifs 2019 Eau potable pour la commune de Pleyber-Christ
- Conventions de partenariat 2019 avec le Syndicat mixte du Haut Léon pour les actions GEMAPI et hors GEMAPI du Bassin Versant de la Penzé
- SAGE Baie de Lannion. Comité du bassin versant du léguer. Financements 2019
- PLU de Morlaix - Approbation de la modification n°2 relative au projet de chaufferie bois
- Institution de la commission locale du site patrimonial remarquable de Morlaix
- Programmation travaux HLM 2019 (à Morlaix, 79 logements à La Boissière et 30 logements à La Cité d'Aumont concernés pour un montant prévisionnel des travaux de 2 millions d'€
- Portail de cartographie de l'occupation du parc social
- Modification des des critères de l'aide à l'accession à la propriété pour les aides communautaires à l'habitat privé.
- Expérimentation d'un service de rade au port de Primel
- Demande de soutien à la candidature du Parc Naturel Régional d'Armorique au label "Géopark UNESCO"
- Zones de préemption départementale au titre des espaces naturels sensibles: étude pour la mise à jour des périmètres à Carantec, Locquirec, et la création d'un périmètre à Plouégat-Guerrand
- Attribution de subventions aux centres sociaux (Ti an Oll, Ulamir, Carré d'As
- Décisions budgétaires modificatives
- Avenant à la convention ADEUPa (conseil en urbanisme)
- Avenant n°6 au contrat de territoire 2014-2020 pour l'évolution du soutiens aux projets SEW, salle Omnisports de Lanmeur, Station d'épuration et réseaux de transfert sur la commune du Cloître St Thégonnec
- Mandat spécial pour le déplacement d'élus en Cornouailles
- Révision du catalogue des tarifs. Espace Aquatique et Auberge de Jeunesse
- Révision des statuts de Morlaix-Communauté pour les actions hors GEMAPI
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Lire aussi:
Voici un résumé de mes interventions et de mes votes au dernier conseil communautaire du 13 mai 2019:
- 1°) Sur une augmentation de la contribution forfaitaire de 6 600€ pour la DSP de l'espace aquatique communautaire de Plourin-les-Morlaix (géré par l'UCPA Sport Loisirs), consécutif à un différentiel de 90 000€ par rapport au budget prévisionnel lié à un manque de recettes en 2018 de - 57 000€ pour les entrées piscine grand public, de - 20 000€ sur les activités, et de -13 000€ par rapport au prévisionnel en équilibre, j'ai rappelé ma proposition faite au dernier conseil communautaire, en contrepartie du soutien légitime de Morlaix-Communauté à un équipement utile aux loisirs populaires et à l'apprentissage de la nage et de la natation pour tous, une politique tarifaire plus incitative pour les enfants des familles à faibles revenus et pour ces familles elles-mêmes, lesquels bénéficient pour certaines actuellement d'une aide de 4000 € du secours populaire pour l'accès de tous à la piscine, alors que l'accès de tous à la piscine devrait être garanti par la collectivité qui la subventionne fortement, et non par une association solidaire qui a par ailleurs beaucoup d'autres engagements. Au dernier conseil communautaire, il m'avait été répondu par Thierry Piriou que ma demande ferait l'objet d'un examen prochain pour envisager une réflexion sur les tarifs, la même réponse a été faite aujourd'hui par le président de Morlaix-Communauté. J'ai également interrogé une démarche de communication vis-à-vis des écoles et des habitants, une réflexion précise sur l'accessibilité de la piscine par les scolaires par les transports en commun, de manière à retrouver une fréquentation plus importante de l'espace aquatique afin de justifier pleinement les fonds publics investis dedans. Christian Le Manac'h est aussi intervenu sur l'insuffisance à prévoir de l'augmentation de la contribution forfaitaire annuelle de 6 600€ par rapport au montant du déficit. J'ai voté malgré tout cette délibération, adoptée à l'unanimité.
- 2°) Sur le logement social, et le projet de démolition des immeubles des Jardins du Launay à Kerfraval pour faire 63 nouveaux logements pour les Genêts d'Or, j'ai pointé l'absence de communication, de prise en compte suffisante des intérêts et du besoin d'information et de concertation des locataires sur ce dossier, depuis 3-4 ans, par le bailleur social Aiguillon, certains locataires ne s'étant pas vu encore proposé de solutions de relogement adaptées, et ayant eu beaucoup de difficultés à avoir des interlocuteurs et des réponses à leurs interrogations pendant des mois et depuis des années.
- 3°) Seul parmi les conseillers communautaires, j'ai voté contre la recapitalisation de la SEM du Golf de Carantec et la décision d'annuler 87 048€ d'actions de Morlaix-Communauté (4836 actions de 18€), soit autant d'argent définitivement perdu pour elle, pour venir combler des pertes de 109 000€ pour le golf ces 4 dernières années, assorti d'un réengagement de 82 440€ de Morlaix Communauté en actions dans la somme, qu'on est pas sûr de pouvoir retrouver au bout du compte, soit un engagement potentiel de 169 000€ et effectif de 87 048€ pour un golf qui compte 280 abonnés et 300 licenciés à l'association sportive. J'ai justifié ma décision en disant que je n'avait rien contre cette pratique sportive et les gens qui la pratiquaient mais que le modèle économique du financement public d'un golf, et son caractère prioritaire par rapport à une pratique sportive qui est aujourd'hui souvent majoritairement le fait de catégories aisées, pouvait être remis en cause. En disant qu'il y avait pour moi d'autres priorités, soutien à des pratiques sportives populaires, démocratisation des pratiques sportives, soutien au transport public, au social, à la justice sociale. A part moi, tous les élus présents ont voté pour cette annulation de 87 000€ d'actions (concédés donc définitivement à la SEM du golf, qui existe depuis 2011, et cette recapitalisation).
- 4°) Sur la plate-forme régionale de covoiturage OuestGo, plateforme publique régionale gratuite pour les usagers alternative à blablacar pour le covoiturage, notamment sur des trajets courts et de proximité, j'ai dit mon soutien à la proposition de financement à la hauteur de 1500€ en demandant si on pouvait en attendre des retours de connaissance sur l'usage du covoiturage sur le territoire, les fréquences, les trajets, les différents types d'usagers et en soulignant tout de même que le co-voiturage ne devait pas avoir vocation à remplacer des solutions de transport en commun défaillantes ou abonnées, notamment le transport par car péri-urbain sur le territoire de Morlaix Communauté, dont je réclame la densification et la diversification de l'offre depuis 2014, et j'en ai souligné à cette occasion que je regrettais la décision de ne pas inviter le collectif citoyen pour le développement du transport en commun sur Morlaix Sud à la réunion de bilan des expérimentations des lignes 36+ et 40+ sur Plourin, Plouigneau, Plougonven, et des secteurs non desservis de Morlaix, ce collectif ayant fait la preuve de son expertise nourrie d'un contact direct avec les usagers, potentiels ou avérés, et de sa capacité à faire des propositions concrètes pour améliorer la fréquentation des bus.
- 5°) Sur la révision des modalités d'abonnement sur le parking longue durée du pôle d'échange multimodal de la gare de Morlaix, je me suis abstenu en rappelant mon opposition au stationnement payant sur la gare (la mise sous barrière n'imposait pas le stationnement payant) qui a des conséquences pour les usagers du train (financières ou de l'ordre de la complication du stationnement), pour les habitants des rues proches de la gare, qui voient des voitures d'usagers du train compliquer le stationnement pour leur propre véhicule.
J'ai remarqué que pour moi, comme pour beaucoup de Morlaisiens et d'usagers de la gare, les 13 millions d'euros investis dans le pôle gare, dont près de la moitié par Morlaix-Communauté, n'avaient pas produit un réel gain d'accessibilité de la gare et du transport ferroviaire du fait d'un aménagement mal pensé, notamment pour le parking, le dépose-minute, moins pratique, un parvis immense qui ne sert pas à grand chose. J'ai dénoncé le paradoxe qu'il y avait à proposer des abonnements payants à un parking sous barrière aux riverains de la gare pour remplir un parking rempli qu'à 50 ou 60% parce que payant, et à rendre très restrictif l'accès aux stationnements dans les rues (zones bleues pour les non riverains, verbalisations) aux abords de la gare pour contrebalancer les effets pervers de ce stationnement payant tout autour de la gare.
J'ai été le seul à m'abstenir sur cette délibération qui s'appuyait sur un prenez acte du stationnement payant à la gare.
Interventions d'Ismaël Dupont, conseiller communautaire communiste (Morlaix) - conseil de communauté du 1er avril 2019:
Première intervention – démocratie locale
en début de séance, j'ai signalé en le regrettant que les compte rendus du conseils de communauté précédents nous arrivent très tardivement (le dernier mis en ligne sur le site de Morlaix Communauté date du 5 novembre 2018 au 1er avril 2019 alors qu'il y a eu deux conseils communautaires depuis). De la sorte, il nous est impossible d'approuver le compte rendu du dernier conseil communautaire ou de faire des remarques dessus en début de nouveau conseil comme cela se fait en conseil municipal. J'ai aussi signalé que les ordres du jour des conseils communautaires ne sont pas communiqués sur le site de la communauté d'agglo (annoncés souvent au dernier moment dans la presse, moi je les publie dès que je peux dans le Chiffon Rouge mais cela me demande un temps important de réécriture, …).
Rien n'est fait semble t-il pour encourager les citoyens à venir assister à nos assemblées et leur faciliter la compréhension et le suivi des débats. J'ai demandé à nouveau, pour la troisième fois depuis 2014, qu'on puisse filmer les séances du conseil communautaire et mettre un lien vidéo avec les débats sur le site de Morlaix Communauté car la lecture des compte rendus de délibérations ou de débats peut être fastidieuse et ingrate.
Le public est rare dans nos conseils communautés : pourtant il importe pour la réalité et la qualité de la démocratie locale que les citoyens puissent s'informer des débats sur l'utilisation des dizaines de millions d'euros, produit de leurs impôts, que gèrent les élus communautaires et sur les débats de leur assemblée de communauté. A Morlaix, les conseils sont filmés depuis deux ans et demi. Il n'y a pas énormément de vues mais on peut revoir facilement l'ensemble des débats, interventions et votes des conseils municipaux.
C'est une trace pour mémoire et un moyen d'intéresser aussi à la vie locale, voire de faire venir plus de citoyens pour suivre nos assemblées. Hier, il n'y avait qu'une personne dans le public, Pierre-Yvon Boisnard lui-même !!!
Deuxième intervention – adoption du compte administratif
J'ai souligné que le document de présentation synthétique du compte administratif réalisé 2018 présenté et commenté par le nouveau vice-président aux finances Jean-Michel Parcheminal était beaucoup plus lisible que le dossier d'accompagnement du budget primitif qu'on aurait à voter ensuite, 236 pages avec une présentation analytique sans réelle regroupement et des milliers de lignes de chiffres plus difficile à lire que l'Ancien Testament (une présentation synthétique du budget primitif 2019 a été faite finalement, mais pas envoyée en avance aux conseillers communautaires : elle était présente sur les tables et consultable au moment du conseil communautaire).
J'ai dit que ce compte administratif 2018 témoignait d'un certain point de vue d'une bonne situation financière car les recettes sont en légère hausse et l'excédent est important (11 millions d'euros brut, 5 millions d'€ d'épargnes de gestion) mais qu'on pouvait avoir aussi une autre lecture de ce document : une communauté à l'aise une certaine opulence, dans un territoire qui l'est beaucoup moins et qui a plus que jamais besoin d'une grande qualité de services rendus à la population.
Et de ce point de vue, j'ai souligné que les politiques en matière de transport, de soutien aux associations, sportives notamment, au secteur des personnes âgées, était encore très perfectibles. J'ai donné deux exemples pour soutenir l'idée qu'il y avait un risque à ce que le projet de territoire serve à limiter le droit d'entrée à l'éligibilité aux subventions pour nombre d'associations et que l'on ne prête qu'aux riches ou à des gros associations qui sont déjà bien soutenues dans leurs missions.
J'ai donné l'exemple du récent refus difficilement explicable d'accorder une subvention de 800 euros à l'association Dont Acte qui met en place depuis plusieurs années un festival littéraire et artistique rue des Cent Marches dans le quartier de la gare, mettant ainsi en valeur les artistes locaux, de grand talent, et un quartier qui est stratégique sur la redynamisation du quartier de la gare, et une association qui pourtant voit sa demande de subvention refusée pour l'instant.
J'ai aussi parlé d'une réflexion à avoir sur un soutien communautaire aux associations sportives en donnant l'exemple du Morlaix Saint Pol Gym qui sur 400 adhérents n'a qu'une cinquantaine de morlaisiens et qui est pourtant principalement soutenu par la ville, quand l'essentiel de son budget vient des adhérents. Comme ce club, beaucoup d'associations sportives basées à Morlaix ont une dimension de territoire. Les soutenir permettrait aussi de rencontre l'accès aux inscriptions plus accessible à toutes les familles.
Troisième intervention - Ouverture d'une ligne de crédit pour une étude sur un nouveau bâtiment communautaire
J'ai demandé des éclaircissements sur ce projet et sa justification - Guy Pouliquen et Thierry Piriou ont répondu sur la nécessité d'offrir des locaux plus adaptés au service environnement, de regrouper les services. J'ai demandé aussi s'il y avait des informations sur un troisième département de l'IUT et un éventuel élargissement de l'emprise de l'IUT sur l'actuel bâtiment de Morlaix-Communauté à la Manu. On m'a répondu (Agnès Le Brun) qu'un troisième département pouvait se concevoir dans les locaux actuels de l'IUT. J'ai alors posé le problème d'une bibliothèque universitaire et d'un espace de travail et d'information à concevoir pour les étudiants de Morlaix, pourquoi pas sur le site de la Manu. J'ai voté cette ligne de crédit pour une étude et une construction de projet d'un nouveau bâtiment communautaire qui semble justifiée par les nouvelles compétences de Morlaix Communauté et les besoins du service et un loyer élevé payé actuellement par Morlaix-Co à la CCI (182 000€ en tout/ an pour le 1er et le 2e étage, 222 000€/an pour l'ensemble des loyers).
Quatrième intervention - Vote du budget primitif 2019
J'ai voté pour le budget tout en disant que je ne partageais pas l'ensemble des choix et orientations de la communauté (en matière de manque d'ambition de la politique transport par exemple - réseau, gratuité - ou de stationnement payant à la gare) parce que je trouve qu'il y a eu l'an passé et cette année des choix d'investissements que je juge importants pour Morlaix et le territoire: à la Manu avec le projet SEW/c et l'espace des sciences qui vont amener du dynamisme, de l'attractivité, avec la montée en puissance du soutien communautaire à l'enseignement artistique et musical, avec une option envisagée sérieusement de la construction d'une école de musique et artistique communautaire, avec la prise de compétence en régie de la gestion de l'eau.
Le budget a été voté à l'unanimité.
J'ai remarqué que pour ce qui était de la DSP sur l'espace aquatique de Plourin-les-Morlaix, où Morlaix Communauté prévoit de mettre 10 000€ de plus cette année, il y avait de quoi soutenir davantage un accès de tous les enfants et publics à la piscine et de ne pas laisser une association comme le Secours Populaire, qui reçoit 1300 personnes par an à Morlaix, financer pour plusieurs milliers d'euros un accès à la piscine pour les enfants des familles ayant moins de revenus, alors que ce devrait être le rôle de la communauté de prévoir d'emblée des dispositions tarifaires permettant à tout le monde d'aller à la piscine.
Le Président Thierry Piriou a dit que cette proposition allait être prise en compte et examinée.
Cinquième intervention - redressement de Global Sea Food au Diben et achat par Jean-François Jacob, ex président de la SICA, avec Bezhin Breizh
Je me suis abstenu (seul) sur la délibération d'autorisation de cession de terrain en rappelant le triste historique de crises d'activité et de destruction d'emplois depuis 97 entre Intermarché, Capitaine Houat, Global Sea Food, avec à chaque fois beaucoup d'argent public qui n'a pas été retrouvés, ni conditionné à un droit de regard sur la gestion de ces entreprises, ni traduit en emplois pérennes. J'ai dit que les conditions du rachat par JF Jacob n'était pas sans poser de lourdes interrogations: une gestion économique pas forcement reluisante de ses affaires dans le secteur de Roscoff, une société au capital initial de 10 000€ qui reçoit une aide colossale de 500 000€ de la région, alors qu'il suffit d'un emprunt bancaire pour capitaliser. L'homme aux écus, là, vit au crochet du panier percé de la collectivité. Bien sûr, on souhaite une reprise d'activité sur ce site, mais pas dans la réédition des mêmes erreurs, pas avec une débauche d'argent public que l'on n'est pas sûr de retrouver au bout du compte et qui ira probablement alimenter surtout des profits privés. On peut être échaudé par les exemples récents de Gad, Tilly, et Global Sea Food. Yves Moisan a confirmé que Global Sea Food avait reçu une avance remboursable de 300 000€, dont 75 000€ venant de Morlaix, le reste de la région, et qu'avec le redressement judiciaire (21 emplois détruits, avec des salariés qui n'ont pas bénéficié de PSE), Morlaix-Co n'avait pas beaucoup de chance de récupérer ces 75 000€. Il a dit que l'argent de la région servait à remettre en état l'outil nécessaire (nouvelle pompe d'eau de mer, remise en état des bassins) pour de la culture marine.
Sixième intervention - sans me prononcer sur l'utilité et les retombées pour les territoires sur les opérations de communication et de mise en contact des entreprises de la French Tech Brest+, émanation de la Technopole Brest Iroise, à qui nous avons attribué une subvention de 12 500€, j'ai remarqué l'aspect complètement incompréhensible et ronflant du sabir managérial servi dans la délibération que l'on avait à voter, avec son lot de néologismes, d'anglicismes: "Demo Day", "French Tech Diversité", "animer l'écosystème", "management opérationnel de la French Tech", "Ticket to Pitch à bord du Pont Aven"...
Septième intervention - J'ai dit mon interrogation sur l'aide de 20 000€ accordée par Morlaix-Communauté à la CCI pour l'organisation de l'étape roscovite de la Solitaire du Figaro (35 000€ demandé, alors que l'étape est à Roscoff), non parce que je doute des répercussions en terme de publicité, d'image du territoire, et même de public, mais parce que ce type d'évènement sportif professionnel génère déjà beaucoup de profit avec les publicités, les sponsors du sport business, et s'adosse à des entreprises capitalistes (groupes de presse, groupe de jeux d'argent) qui vont un peu facilement à la chasse au subvention en faisant une sorte de chantage sur les collectivités: je ne viens pas si tu ne viens pas à la caisse.
Huitième intervention - à propos de la subvention accordée au Roudour de 76 500€ pour l'organisation de trois soirées d'arts de rue à Plougasnou (24 août), Plouigneau (1er septembre), Plounéour-Menez (8 septembre), j'ai rappelé la perte sèche qu'avait été le départ du FAR et la suppression du festival des Arts dans la rue à Morlaix, qui avait tout de même un autre impact culturel et touristique, sur l'image et la renommée de Morlaix et sa région, évoquant les belles affiches de Dantec visibles au Baiser de l'hôtel de ville Place de Viarmes. Agnès Le Brun a piqué une colère froide en me reprochant de faire de la démagogie de campagne électorale, d'idéaliser le passé, et en faisant comme si Morlaix avait la même attractivité l'été aujourd'hui qu'avec le FAR, en prenant les commerçants ou d'autres compagnies de théâtre à témoin sur la lassitude prétendue vis-à-vis des organisateurs du festival des arts dans la rue liquidé en 2009.
Neuvième intervention - Par rapport au festival Panoramas, j'ai évoqué les surcoûts liés à la législation en terme de sécurité, et de protection sonore, la belle réussite d'estime et de fréquentation d'un festival qui attire énormément de jeunes bretons, du festival le plus jeune de Bretagne et de France sans doute, et qui constitue un bel atout pour notre territoire.
Dixième intervention - Réagissant par une remise en cause par la majorité de droite morlaisienne (par la voix de Marlène Tilly) du besoin de surveillance et de contrôle sur les retombées réelles des subventions données dans le cadre des activités du RESAM et de Jeunes en TTTrans et de son lieu de vie jeunesse 18-30 expérimental du 2B voie d'accès au port, j'ai dit mon enthousiasme pour ce projet innovant et très riche de sens pour la jeunesse qui développe l'autonomie, la mixité, la construction collective des jeunes, avec une proximité des partenaires du monde associatif et jeunesse. Il y avait beaucoup de jeunes à la soirée de lancement où j'ai eu la chance d'être présent avec Glenn Le Saoût, et on a pu percevoir tout le potentiel et l'audace de ce projet.

La Cour suprême devait examiner, hier, une demande de remise en liberté de l’ancien président de gauche. Les agissements de l’ex-juge et désormais ministre de la Justice, Sergio Moro, sont contestés par ses pairs.
On ne compte plus les mauvais rebondissements de l’affaire Lula. Et le dernier épisode n’est pas de nature à corriger le déni de démocratie dont est victime l’ancien président du Brésil (2003-2010). La deuxième cour du Tribunal suprême fédéral (STF) devait examiner, hier, la demande d’Habeas Corpus déposée par ses avocats, l’an dernier. Lundi, la juge et présidente de cette instance, Carmen Lucia, a annoncé qu’elle retirait la requête de remise en liberté de Lula de l’ordre du jour pour la reporter à la reprise de leur session, en août prochain. Avant de se raviser. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la session du STF n’était toujours pas achevée, et une volte-face de dernière minute n’était pas à exclure. À l’heure où le pouvoir judiciaire brésilien est ébranlé, le STF confirme sa prise de parti dans la conjuration tentaculaire qui, après avoir destitué la présidente de gauche Dilma Rousseff, a écarté le leader historique du Parti des travailleurs du jeu politique brésilien, en l’empêchant de se présenter à la présidentielle de l’an dernier. Depuis avril 2018, Lula se trouve derrière les barreaux, après avoir été condamné à une peine de plus de 9 ans de prison pour un triplex dont il n’a jamais été propriétaire et ce, au mépris de la présomption d’innocence. Il est désormais de notoriété publique que le juge anticorruption Sergio Moro a manqué à tous ses principes. Les récentes révélations du site The Intercept Brasil concernant des messages échangés entre le désormais ministre de la Justice du président d’extrême droite Jair Bolsonaro et les représentants du parquet, dont le procureur Deltan Dallagnol, témoignent de « graves irrégularités » lors de l’enquête « Lavage express ».
Les Nations unies à nouveau saisies
« Non seulement Sergio Moro a conduit les procédures en toute partialité, mais c’est en réalité lui qui a dirigé l’accusation, au mépris des règles les plus fondamentales de la procédure au Brésil (…) Il a manipulé les mécanismes de la délation récompensée, orienté les travaux du ministère public, exigé le remplacement d’une procureure qui ne lui donnait pas satisfaction, et dirigé la stratégie de communication de l’accusation (…) Cette stratégie a été poursuivie de façon secrète, en étroite collaboration avec le parquet. Cela s’ajoute au fait que Sergio Moro avait placé sur écoute les avocats de Lula et décidé de son propre chef de ne pas respecter une décision d’un juge d’appel ordonnant la mise en liberté de Lula, violant ainsi la loi de manière éhontée », dénoncent d’éminentes personnalités du monde judiciaire, dont Baltasar Garzon et Mireille Delmas-Marty dans une tribune publiée dans le Monde du 25 juin.
Au Brésil, le malaise est palpable. Trente juges ont demandé, lundi, à l’Association des juges fédéraux la suspension du ministre Sergio Moro, informe la Folha de São Paulo. « Les conduites rapportées sont totalement contraires aux principes éthiques et aux règles juridiques qui doivent régir l’action d’un magistrat ; lorsqu’un juge agit de manière partiale au point de confondre son action avec celle d’un organe accusateur, la crédibilité du pouvoir judiciaire est mise en échec », déplorent-ils.
Pour la première fois depuis le début de l’affaire, le rapporteur de l’ONU sur l’indépendance du pouvoir judiciaire, Diego Garcia-Sayan, a lui aussi fait part de ses inquiétudes quant aux attaques proférées par Sergio Moro lors de son audition par la commission justice du Sénat, où il s’en est pris au journaliste Glenn Greenwald, à l’origine des révélations. À cette occasion, le protégé de Jair Bolsonaro, sans qui sa victoire à la présidentielle aurait été impossible, s’est défendu de tout écart de conduite. Pourtant, rappelle Diego Garcia-Sayan, « les principes d’intégrité et de neutralité » ont été rompus durant l’enquête.
Les avocats de l’ancien chef d’État ont décidé de saisir à nouveau les Nations unies concernant les agissements illégaux de Sergio Moro. La défense du célèbre prisonnier politique entend également dénoncer les récentes pressions exercées par les forces armées et le gouvernement sur le pouvoir judiciaire afin d’empêcher toute libération de Lula.
Cathy Dos Santos

Présenté aujourd’hui devant l’Assemblée nationale, le texte censé donner un coup d’accélérateur à la politique climatique de la France déçoit ceux qui espéraient une hausse de l’ambition.
Rarement discussion parlementaire aura si bien collé, si ce n’est avec son temps, du moins avec le temps. Alors que la canicule attaque l’été à la racine, l’Assemblée nationale se penche, à compter d’aujourd’hui, sur le projet de loi énergie-climat. Quinze ans après que la France s’est dotée de son premier plan stratégique de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), le texte vise à donner un coup d’accélérateur à une transition énergétique qui piétine. En 2015, la loi relative à la croissance verte avait établi plusieurs objectifs en ce sens. Le nouveau projet entend les remanier à l’aune de ceux adoptés dans le cadre de l’accord de Paris. Et, déjà, des dents grincent, en dépit d’ambitions qui se veulent appétissantes.
Atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 : tel est le nouvel engagement avancé par l’État, qui marque aussi une nouvelle manière d’envisager le problème. Jusqu’à présent, les objectifs de la France en matière de réduction de GES s’affichaient de façon nette et facilement calculable : la loi de 2015 avait acté celui de les avoir réduits de 40 % d’ici à 2030 (par rapport à 1990) et divisés par quatre en 2050 (objectif baptisé facteur 4). L’opération n’est plus aussi aisée dans la nouvelle configuration proposée.
Techniquement, il s’agit de faire en sorte que, dans une trentaine d’années, la France, via ses activités industrielles et ses infrastructures, n’émette pas plus de GES qu’elle ne peut en absorber, entre autres grâce à ses puits de carbone naturels – forêts, zones humides, etc. Or, l’envergure de ces derniers fluctue rapidement dans l’espace et le temps, et avec elle leur capacité d’absorption. En février, à l’heure de présenter le projet, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, affirmait qu’atteindre la neutralité carbone en 2050 impliquait d’avoir divisé par huit le niveau d’émissions du pays. Amendé en commission parlementaire, le texte n’évoque plus qu’« un facteur supérieur à six ». Il déçoit d’autant plus ceux qui misaient sur des efforts importants de la part de l’Hexagone que l’échéance de 2050 sonne à leurs oreilles comme une néfaste remise à plus tard. Les ONG rassemblées au sein du Réseau action climat (RAC) espéraient avancer cette échéance à 2040 : elles n’ont pas eu gain de cause, pas plus qu’elles n’ont obtenu, pour l’heure, le renforcement des engagements à court terme.
De fait, le projet a beau inscrire « l’urgence écologique et climatique » en tête de ses objectifs, il déçoit, et les mesures envisagées concrètement déçoivent à l’avenant. Les ONG environnementales ne sont pas seules, au reste, à manifester leur frustration. Par exemple, face au rejet de la proposition d’interdire progressivement la mise en location des passoires thermiques, ces logements impossibles à chauffer, consommateurs d’énergie et générateurs de précarité.
Côté production énergétique, le projet de loi laisse, enfin et là encore, beaucoup d’acteurs sur leur faim. Le flou maintenu autour de la fermeture des centrales à charbon de Cordemais et du Havre est de nature à ne satisfaire personne, à commencer par les travailleurs des centrales, qui manifestaient la semaine dernière à l’appel de la CGT pour exiger « une information large pour tous les salariés impactés par ces fermetures ». La validation du report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener la part du nucléaire à 50 %, contre plus de 70 %, enfin, divise les forces sociales. Certaines y voient un répit accordé à une énergie de fait décarbonée. D’autres un nouveau report de l’essor des énergies renouvelables.
Marie-Noëlle Bertrand
Samuel Churin
Mardi 18 juin 2019, a eu lieu un événement qui fera date dans l’histoire des droits sociaux. Le 18 juin 2019, ce n’était pas un appel plein d’espoir pour organiser la résistance, mais des annonces qui constituent, sans aucune contestation, la plus grave attaque contre les plus précaires. Vous ne trouverez pas d’équivalent dans l’histoire. Mardi 18 juin 2019, le gouvernement, par les voix d’Édouard Philippe et de Muriel Pénicaud, a osé décrire par le menu et très tranquillement la manière dont il allait faire plus de 3 milliards d’euros d’économies en trois ans sur les plus pauvres à travers la réforme de l’assurance-chômage. Pour tous les salariés à l’emploi discontinu (sauf pour les intermittents), cette réforme est tragique. Vous pensez peut-être que j’exagère, que je surjoue la pièce. Et pourtant !
Je vais essayer d’expliquer assez simplement l’ampleur des dégâts. Le dossier est technique et bon nombre de travailleurs pauvres mesureront l’étendue du massacre uniquement lorsque la réforme sera appliquée en 2020. Je ne retiendrai que trois points parmi beaucoup d’autres.
1 - Les critères d’accès
Aujourd’hui, pour accéder à l’assurance-chômage dans le régime général (hors annexes 8 et 10), il faut avoir travaillé au minimum 4 mois sur les 28 derniers mois. Avec la réforme, la période minimale de travail pour accéder à l’assurance-chômage sera donc ramenée à 6 mois sur 24. Cela peut paraître négligeable, ces 2 « petits mois » supplémentaires, mais quand vous êtes un salarié avec des pratiques discontinues, c’est beaucoup. Et les intermittents du spectacle en savent quelque chose. Ce changement de critères d’accès empêchera des centaines de milliers de travailleurs de bénéficier de l’assurance-chômage.
2 - Le massacre du montant de l’indemnité journalière
Ce point est passé presque inaperçu. Et pourtant, c’est de loin le plus terrible. « Les indemnités chômage seront désormais calculées sur le revenu mensuel moyen du travail, et non sur les seuls jours travaillés comme aujourd’hui. » Cette phrase résonne comme une sorte de banalité, mais elle aura des conséquences tragiques. Actuellement, quelqu’un qui travaille 1 jour sur 2 au Smic jour a son indemnité calculée sur la base du Smic jour. Donc, le jour où il a un mois entièrement chômé, son indemnisation mensuelle sera basée sur le Smic. Et il en va de même s’il travaille 1 jour sur 3. Pour calculer l’indemnité journalière (IJ), on se base sur son prix de journée travaillée. Dorénavant, avec la réforme, ce salarié à travail discontinu aura son indemnité calculée sur la base d’un demi-Smic s’il travaille 1 jour sur 2, d’un tiers s’il travaille 1 jour sur 3, etc. Si ce mode de calcul était mis en place pour les intermittents, l’immense majorité des indemnités journalières ne dépasserait pas 20 euros, soit 600 euros par mois en cas de mois entièrement chômé !
3 - Le malus pour les employeurs de salariés aux pratiques discontinues
Le bonus-malus fonctionnera de la manière suivante : plus le nombre de salariés qui s’inscrivent à Pôle emploi après avoir travaillé pour une entreprise est important par rapport à son effectif, plus une entreprise paiera de cotisations patronales à l’assurance-chômage.
Cette façon de faire est en place aux États-Unis et a des conséquences bien perverses, à commencer par le non-recours aux droits. En clair, un deal est passé entre l’employeur et son salarié afin que ce dernier ne s’inscrive pas à Pôle emploi. Ainsi, l’employeur ne paye pas de malus pour le salarié, en échange de quoi il lui promet de lui donner du travail. Si le salarié ne se plie pas à cette demande, il ne l’embauche plus. Le non-recours aux droits sera une « belle » manière, assez radicale, de faire des économies sur le dos des plus fragiles.
Vous l’aurez compris, j’espère, cette réforme est la plus importante baisse de droits et de « pouvoir d’achat » jamais appliquée en France. Elle est ciblée principalement contre les plus fragiles des précaires. Et pourtant : le chômage étant une telle honte, les chômeurs étant considérés comme des parias coupables d’être au chômage, cette attaque ne déclenchera aucune manifestation importante.
Nous, intermittents du spectacle, sommes épargnés. Nous savons, intimement, en quoi l’assurance-chômage est essentielle pour nos vies. Nous pouvons, mieux que quiconque, mesurer le désarroi, la détresse et l’extrême pauvreté à laquelle nos collègues intermittents de l’emploi seront confrontés. Nous avons été épargnés pour cette fois, mais nous ne resterons pas éternellement protégés dans notre réserve d’Indiens, à l’écart de cette politique néolibérale qui exclut systématiquement les plus pauvres.
L’assurance-chômage nous concerne tous. Faisons en sorte, au moins en diffusant l’information, que cette réforme soit dénoncée et que ce gouvernement réponde de ses actes.
Comédien et membre de la Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France
Catherine Wihtol de Wenden
L’élection d’un nouveau Parlement européen et la poursuite des épisodes de morts en Méditerranée, des murs, des camps et des situations d’illégalité du séjour dues aux migrations appellent une nouvelle politique concertée entre les États européens entre eux et entre les institutions européennes et les États, contrairement à la crise passée, marquée par le défaut de solidarité entre les pays européens et le manque de confiance entre les États et la Commission de Bruxelles.
Tout d’abord, une remise à plat complète de la politique européenne d’immigration et d’asile, compte tenu de ses dysfonctionnements, s’impose, en questionnant le principe du renforcement des frontières extérieures de l’Europe. La suppression des accords de Dublin II sur l’asile, en débat depuis quinze ans, est nécessaire, car le principe « one stop, one shop » (tout demandeur d’asile doit obligatoirement demander l’asile dans le premier pays européen où il a mis le pied) ne fonctionne pas car ce système ruine l’insertion future des nouveaux arrivants qui ne souhaitent pas rester dans ce pays sans réseaux de connaissances familiales ou de compatriotes, ni perspectives d’insertion professionnelle.
Tout demandeur d’asile en Europe doit en outre avoir les mêmes chances d’avoir une réponse uniforme à sa demande quel que soit le pays européen auquel il s’adresse, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui car chaque pays conserve un pouvoir d’appréciation de la situation de crise dans le pays de départ où des considérations politiques, diplomatiques, commerciales peuvent interférer alors que la transparence entre pays européens serait de mise.
Ensuite, l’Europe doit suivre les lignes tracées par le pacte de Marrakech de 2018, « pour une immigration sûre, organisée et régulière », c’est-à-dire ouvrir davantage ses frontières à l’immigration de travail légale dans les secteurs non pourvus par les nationaux. Cette disposition permettrait de résoudre la difficulté de faire la part des profils de demandeurs d’asile et de migrations économiques. Les migrants cherchant du travail ne seraient plus obligés de se présenter sous le jour d’une demande d’asile (avec beaucoup de risques d’être déboutés) du fait de la suspension, depuis 1974, de l’immigration de travail salarié, ou de faire appel à des passeurs en Méditerranée et de traverser la Libye avec le concours des trafiquants en s’exposant à des formes d’esclavage et à la mort en mer (2 275 en 2018).
Enfin, face à l’ampleur des échecs des politiques de reconduction à la frontière, de retour, des dispositions répressives et dissuasives et au coût de l’approche sécuritaire des migrations, il convient au contraire de considérer celles-ci comme un phénomène banal, correspondant à une tendance structurelle du monde et non à une pratique criminelle. Les migrants fuient les inégalités dans un monde interdépendant, les crises et les conflits, le chômage massif des jeunes, la gestion politique de pays faillis, la corruption, l’absence d’espoir. Or, l’inégalité du droit à la mobilité qui dépend du passeport (soumis ou non à l’obligation de visa) est l’une des inégalités les plus mal vécues dans le monde d’aujourd’hui, qui considère la mobilité comme une forme de modernité et de développement humain. Il n’est plus possible d’imaginer un monde où seuls les habitants du nord de la planète peuvent circuler librement et un monde du Sud contraint à rester derrière ses frontières en attendant un hypothétique développement futur car le développement est lui-même lié aux migrations. Le droit à la mobilité est l’un des droits émergents de ce début du XXe siècle.
Juriste, politologue, directrice de recherche au CNRS
Pour signer, sur la page Internet dédiée et mise en place par le ministère de l’Intérieur, tout commence par une case à cocher, « Je soutiens ». Cliquer ensuite sur « Suivant ». Se munir d’une pièce d’identité, inscrire ses prénoms, nom, date et lieu de naissance, mais aussi commune de vote. Pour ce faire, quelques détails sont à avoir en tête : mettre une majuscule aux prénoms, ne pas mettre de virgule entre deux prénoms mais un espace, mettre une majuscule et des tirets à la commune de résidence. Après signature, veiller à garder précieusement le récépissé car même en respectant ces consignes le résultat n’est pas garanti. Il existe également un autre moyen : remplir un formulaire papier, à imprimer et déposer dans les chefs-lieux de canton.
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Des hommes et des femmes s’automutilent ou tentent de se suicider dans les centres de rétention administrative (CRA). D'autres se révoltent face à la violence et aux humiliations. Des lignes rouges ont été franchies par le gouvernement dans sa politique d'expulsion à tout prix. Adressons un message clair au ministre de l'Intérieur : "Monsieur Castaner, votre politique d’enfermement en rétention a franchi la ligne rouge".
Les hommes, les femmes et les enfants enfermé·e·s dans les centres de rétention administrative français* sont dans une situation de désespoir rarement égalée. Des personnes étrangères s’automutilent ou tentent de se suicider dans les CRA. Au cours de ces quinze derniers mois, deux hommes se sont donné la mort dans ces lieux où l’administration enferme des personnes pour les expulser du territoire français. D’autres se révoltent ou expriment leur désespoir à travers des lettres publiques, des grèves de la faim, des émeutes ou des tentatives d’incendie. Ces actes qui se multiplient à une fréquence inédite sont le résultat d’une politique inacceptable qui a conduit à une situation extrêmement alarmante.
La Cimade, qui intervient dans 8 CRA pour accompagner les personnes enfermées dans l’exercice de leurs droits, prend l’initiative d’interpeller publiquement le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, premier responsable de ce choix d’utiliser l’enfermement en rétention comme outil principal d’une politique d’expulsion. Cette politique du gouvernement banalise la privation de liberté des personnes étrangères.
22 organisations engagées en faveur des personnes migrantes et réfugiées se sont associées à cette lettre ouverte qui pointe du doigt les effets catastrophiques de la loi Asile et Immigration de septembre 2018, qui a notamment doublé la durée maximale de rétention. Cette loi permet désormais d’enfermer toutes les personnes visées durant trois mois, ce qu’aucun gouvernement français n’avait jamais jusqu’alors proposé. Or, les statistiques sont formelles : enfermer plus longtemps ne permet pas d’expulser plus. En revanche, être privé·e de liberté derrière des barbelés pendant 90 jours, c’est subir une machine à enfermer qui brise des vies, notamment celles d’enfants, dans un environnement carcéral oppressant.
La Cimade avec 21 organisations interpellent le ministre de l’Intérieur pour lui demander de :
Associez-vous à ces demandes, envoyez la lettre ouverte à Christophe Castaner. Refusons les violences faites aux personnes enfermées en rétention.
Merci -
Lettre ouverte et pétition initiées par La Cimade avec le soutien de Médecins du Monde, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), Amnesty International France, le GISTI, le CCFD-Terre Solidaire, Emmaüs France, le Syndicat des avocats de France (SAF), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), le Comède, le Secours islamique, ADDE, le MRAP, l’ACAT, le Syndicat de la magistrature, le Secours Catholique – Caritas France, l’Uniopss, la Fasti, Le Collectif des morts de la rue, Emmaüs Solidarité, l’Observatoire Citoyen du CRA de Palaiseau et l’Anafé.
*Rétention administrative : enfermement des personnes étrangères (hommes, femmes et enfants) pour le seul fait qu’elles ne sont pas en règle d’un point de vue strictement administratif. En vue de leur expulsion, elles sont privées de liberté par l’administration et subissent un traitement carcéral, alors qu’elles n’ont commis aucune infraction au sens pénal.
L’indignation est unanime contre ce coup de rabot géant permettant d’économiser 3,4 milliards d’euros en trois ans sur le dos des plus fragiles.
Pour Denis Gravouil, en charge des questions d’emploi à la CGT, « le gouvernement est allé plus loin que ce que demandait le Medef en reculant l’entrée dans l’indemnisation à 6 mois travaillés sur les 24 derniers mois. On sait que 300 000 personnes vont sortir de l’indemnisation. Au total, avec la réforme du mode de calcul des allocations (non plus basées sur le salaire journalier de référence, mais sur le salaire moyen), 800 000 personnes perdront ou n’auront plus de droits ». Ce changement des règles de calcul va avoir des effets dévastateurs pour les précaires cumulant emplois et allocations. Philippe Tixier, secrétaire de la CGT intérim, pointe des conséquences massives sur le porte-monnaie. « Un intérimaire qui a travaillé 15 jours et était indemnisé le restant du mois pourrait toucher jusqu’à deux fois moins d’allocations qu’avant. La chasse aux précaires est ouverte ! » Selon lui, les travailleurs temporaires, mis à mal par les deux dernières conventions Unédic, ont déjà perdu 30 % de leur revenu de remplacement. « On veut nous forcer à prendre n’importe quel boulot, ce sera de l’intérim subi, à n’importe quel prix, même à des conditions de santé et de sécurité déplorables. »
Ces mesures austéritaires censées réduire le déficit de l’Unédic et accélérer son désendettement pourraient achever d’anéantir le système. Comme l’explique Malika Zediri, porte-parole de l’Apeis (association de chômeurs) : « Bientôt, l’indemnisation par l’assurance-chômage sera réduite à peau de chagrin. On va placer les gens dans une situation de survie », constate-t-elle. La énième petite phrase méprisante sur les privés d’emploi d’Emmanuel Macron, il y a trois jours, assurant que, si les personnes avaient envie de travailler, « il y avait des offres », est mal passée. « En ce qui me concerne, Pôle emploi m’a proposé une heure de travail par semaine pour faire du ménage. Là, à 59 ans, j’ai réussi à obtenir un CDD », raconte la militante. Cette précarité dont il est très compliqué de sortir, avec 9 embauches sur 10 qui sont des contrats à durée déterminée, Pierre Garnodier, de la CGT chômeurs, l’a aussi expérimentée. Surveillant dans l’éducation nationale, le jeune homme ne compte plus les contrats de 3 mois qu’il a enchaînés : « C’est la peur du lendemain, cela a un effet psychique certain. Ce projet du gouvernement est barbare, sachant qu’un chômeur sur quatre touche moins de 800 euros par mois et que le chômage tue 14 000 personnes par an. »
Présentée comme l’une des maigres contreparties du plan, l’annonce de 1 000 recrutements pour 3 ans à Pôle emploi par la ministre du Travail est loin d’avoir rassuré les conseillers. « On aurait préféré des CDI », note Magalie Amaouz, élue SUD emploi travaillant dans une agence du 19e, qui rappelle que 800 équivalents temps plein sont supprimés à Pôle emploi cette année. « On va être chargé d’appliquer la réglementation, mais ce n’est pas comme ça que je vois ma mission de service public », soupire-t-elle, déplorant au passage que l’accompagnement spécifique des « permittents » (cumulant emplois et salaires) soit désormais transféré au secteur privé… Quant à Michel Brevart, du bureau national du SNU Pôle emploi, il est fatigué du discours officiel : « Quand le gouvernement parle de chômeurs (percevant salaires et allocations) qui s’installeraient dans leur situation, qui toucheraient 100 %, voire 200 % de l’équivalent de leur ancien salaire, c’est un mensonge ! » Pour maintenir la pression, la CGT appelle à une journée d’action interprofessionnelle le 24 septembre prochain.