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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 05:43

 

En offrant ses faveurs « à la libre entreprise et l’économie de marché », Yannick Jadot, député européen EELV, engage son parti dans une rupture politique autant qu’économique. Et laisse entendre, faussement, que la crise environnementale pourrait se résorber dans l’économie libérale.

L’écologie est-elle soluble dans l’économie libérale ? La question est maintenue en suspens depuis la campagne des élections européennes et encore plus depuis leur conclusion. En décochant 13,5 % des voix le 26 mai, Yannick Jadot, tête de liste d’EELV, n’a pas uniquement créé une demi-surprise (depuis mars, des sondages laissaient entrevoir la possibilité d’un « coup » électoral pour la formation verte). Il a rebattu les cartes d’une écologie politique qui avait finalement réussi à choisir son camp : la gauche. Ce temps a passé, ne cesse plus d’assurer le chef de file désormais élu, qui plaide pour une écologie centrale. Une écologie qui ne serait plus ni de gauche, ni de droite, mais à même d’interpeller « toutes les familles de pensée qui se sont forgées dans un monde infini pour libérer la notion de développement de l’illusion productiviste et croissanciste », notait, dès septembre dernier, Julien Bayou, porte-parole du parti, interviewé par le média en ligne le Vent se lève. Épinglée, derrière ces mots, une gauche qui, pour défendre des valeurs sociales et solidaires, s’est construite sur des visées productivistes qu’elle partage à la droite.

Prétendue indépendance idéologique

Le PS, le PC, la FI sont dans la ligne de mire d’une partie des cadres d’EELV. Surfant sur une aspiration qui, cet hiver, a fait descendre dans la rue des citoyens de toutes obédiences pour exiger des décideurs qu’ils mettent en actes l’urgence climatique, ils autoproclament aujourd’hui leur indépendance idéologique comme un rempart à la crise environnementale. Quitte à jeter avec l’eau du bain une bataille antilibérale que les Verts avaient peu ou prou faite leur.

Née en bonne et due forme en 1974 avec la candidature de René Dumont à l’élection présidentielle, héritière antiproductiviste d’une pensée de gauche post-soixante-huitarde, tiers-mondiste, féministe, pacifiste, théorisée dans sa portée anticapitaliste par le philosophe Félix Guattari, l’écologie de gauche n’en est pas à son premier déboire. « Le premier à la remettre en cause a été Antoine Waechter », rappelle Paul Ariès, politologue et penseur de la décroissance. En 1986, celui qui se hissait alors à la tête des Verts engageait la formation sur le terrain du « ni-ni » politique, déjà ponctué d’alliances avec le centre droit. « C’est Dominique Voinet qui, en 1993, marquera leur retour dans le girond de la gauche », reprend l’essayiste. Un come-back sacré par leur participation au gouvernement gauche plurielle du premier ministre socialiste Lionel Jospin, en 1998. Identifié comme un supplétif au PS, le parti a longtemps peiné à trouver ses propres marques. Mais chaque fois qu’il l’a fait, c’est à gauche que le fer a battu. Daniel Cohn-Bendit, Jean-Vincent Placé ou plus récemment, Pascal Canfin, Pascal Durand et François de Rugy : ce sont ceux à qui cela ne convenait pas qui, souvent, sont sortis des rangs.

Est-ce à dire que Yannick Jadot signe, avec vingt-cinq ans de recul, la victoire d’Antoine Waechter ? « Non seulement, mais cela va encore au-delà », estime Paul Ariès. « Il introduit une seconde mutation idéologique. Le ni-ni de Waechter était purement politique. Celui de Jadot est également économique, qui réhabilite l’économie de marché comme un partenaire à part entière de la lutte environnementale, au détriment de l’économie sociale et solidaire, ce tiers-secteur qui restait un pilier de l’idéologie écologiste. »

Certes, le député européen module ses propos en fonction de son public. « Il faut transformer le modèle de développement, sortir du capitalisme financier, combattre ce libéralisme prédateur », déclarait-il au magazine écolo et altermondialiste Reporterre le 14 mars dernier.

Une autre tonalité transpirait, quinze jours plus tôt, dans les colonnes du Point, où le candidat vert vantait « la libre entreprise et l’innovation », ou encore les compétences de Michel Barnier, vice-président du très libéral Parti populaire européen et candidat à la tête de la Commission européenne.

Ses salutations à l’économie de marché lui ont valu jusqu’aux égards du Medef qui, après avoir auditionné plusieurs candidats aux européennes, l’a jugé le plus convaincant de tous. Yannick Jadot « n’était pas dans l’écologie punitive et il a su parler du rôle des entreprises », estimait, fin mars, le syndicat patronal.

Cette réhabilitation, en outre, ne se fait pas sans un cortège d’autres ruptures. Sémantiques, quand le terme d’innovation technologique ou financière, cher au libéralisme, a pris le pas sur celui de créativité, prisé par le secteur de l’écologie sociale et solidaire. Rupture dans la chaîne des responsabilités, aussi, alors que l’idée du « tous partenaires » pour sauver le climat élimine l’idée de lutte des classes.

Or, au niveau mondial, « les 10 % les plus riches sont responsables de près de la moitié des émissions, et les 1 % les plus riches émettent à eux seuls plus de carbone que la moitié la plus pauvre de la planète », rappelle Thomas Piketty, économiste et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, dans une chronique parue dans le Monde la semaine dernière.

« La transition écologique doit absolument être sociale », abonde Dominique Méda, philosophe et sociologue française. « À la fois par souci de l’efficacité – on ne fera pas la transition contre les gens – comme l’a parfaitement montré la révolte des Gilets jaunes, insiste-t-elle. Mais aussi parce que le souci de justice doit continuer de nous obséder. »

Celle qui a fait du travail et de la post-croissance ses sujets d’études va même plus loin, assurant que la reconversion écologique peut permettre de faire mieux en matière d’égalités. « La reconversion écologique va consister en une vaste restructuration industrielle. Des secteurs entiers vont fermer, d’autres, plus intensifs en main-d’œuvre vont se développer. Ce processus peut être très créateur d’emplois. D’une part, parce qu’une agriculture sans pesticides, des processus moins coûteux en énergie exigent plus de travail. D’autre part, parce que nous pouvons le distribuer et le partager comme on l’a fait avec la première loi Aubry, en réduisant collectivement la durée du travail. »

« Écologie positive » martelée

À entendre Yannick Jadot, enfin, le système, rappelé à l’ordre par une société politiquement œcuménisée, pourrait faire amende honorable et racheter ses fautes. Tout en se disant favorable « à la libre entreprise et l’économie de marché », le député européen martèle ainsi son envie d’une « écologie positive, pragmatique », qui viserait les solutions concrètes, tel le développement des énergies renouvelables.

En charge de l’Observatoire des multinationales, Olivier Petitjean n’y croit pas. « D’abord, parce que la visée du capitalisme est de faire des profits, dont la maximisation est incompatible avec la crise climatique et sociale que nous traversons », explique-t-il. Certes, dans le sillage de la COP21 et de la signature retentissante de l’accord de Paris, les grandes compagnies des secteurs les plus polluants ont fait mine de revoir leurs trajectoires. « Ce changement de discours des multinationales, entre autres pétrolières, est incontestablement lié à la pression de la société, mais il traduit un détournement du problème », poursuit le spécialiste. D’abord, parce qu’en arrière-plan des discours ­surnage toujours, en contrepartie, le refus de toute contrainte imposée par les États. Surtout, « les analyses réalisées montrent que toutes les annonces faites en matière de développement des énergies vertes masque le fait que de nouveaux gisements de pétrole et de gaz continuent à être ouverts chaque année ».

In fine, aucune des grandes ­compagnies mondiales n’a encore, à ce jour, mis le pied sur une trajectoire d’émission compatible avec une limitation de la hausse des températures de moins de 2 °C.

Marie-Noëlle Bertrand

 

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 05:42

 

Peu épargnées par les premières années du quinquennat, ces deux catégories se retrouvent à nouveau visées par les mesures annoncées mercredi par le premier ministre. Les syndicats sont vent debout.

Si « l’acte II du quinquennat sera celui de la justice sociale », comme l’a affirmé mercredi Édouard Philippe lors de son discours de politique générale, les chômeurs et les retraités vont le sentir passer. Ces populations n’avaient pourtant pas été épargnées par l’acte I. Suppression des allocations-chômage au bout de deux refus d’« offre raisonnable » d’emploi pour les premiers. Désindexation des pensions sur l’inflation et augmentation de la CSG pour les seconds. Le deuxième épisode évoqué par le premier ministre s’annonce encore pire et a fait unanimement bondir, hier, les syndicats.

Le gros loup de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans

Il en est ainsi de la prochaine réforme des retraites attendue en septembre. S’appuyant opportunément et par anticipation sur le rapport du Conseil d’orientation des retraites, dévoilé en intégralité ce jeudi et renvoyant à 2042, voire 2056, la possibilité d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, le premier ministre a repris à son compte une mesure déjà évoquée il y a six mois par son ministre du Budget : l’établissement d’un âge « pivot » ou « d’équilibre » afin de pousser les Français à « travailler plus longtemps ». Après avoir touché le taux de prélèvement sur les pensions, puis les niveaux des pensions, le gouvernement attaque le régime par son troisième bout : l’âge légal de départ. En biaisant : pas touche aux 62 ans. En revanche, une décote des pensions de 5 % devrait être instaurée pour ceux qui liquideraient leurs droits entre 62 et 64 ans, quel que soit leur nombre d’années travaillées, afin de les obliger à cravacher jusqu’à 64 ans, âge à partir duquel le taux plein leur serait accordé. Pour la CGT, « l’équation est simple : partir à 62 ans avec une pension de misère ou tenter de travailler plus longtemps pour obtenir au moins 1 000 euros si votre patron le veut bien ! En clair, pour Macron et le patronat, l’objectif est de repousser l’âge de départ à la retraite pour ne pas avoir à la payer ».

Des centaines de milliers de chômeurs sans indemnisation

D’autant qu’Édouard Philippe envisage d’« inciter à travailler plus longtemps ». Des incitations qui se révèlent punitives pour ce qui est de la réforme de l’assurance-chômage annoncée pour le 18 juin. Les cadres, qui cotisent bien plus (42 % des ressources du régime général) que les allocations qu’ils touchent (15 %), verront leurs indemnisations diminuer. « On passe d’un régime donnant droit au maintien du niveau de vie des salariés à un système de filet de sécurité minimum avec des indemnités plafonnées et conditionnées », déplorent dans une pétition commune l’Ugict-CGT et la CFE-CGC. Quant aux 20 % seulement de chômeurs indemnisés sur les 11 millions de sans-emploi et en emploi précaire, leur nombre devrait encore diminuer tant les conditions d’accès à toute allocation vont se restreindre. Six mois travaillés et cotisés sur 24 seraient demandés au lieu des actuels 4 mois sur 28 (sur 36 pour les plus de 53 ans). « Alors que 87 % des embauches sont en CDD et de plus en plus courts, cela reviendrait à éjecter des centaines de milliers de chômeurs de toute indemnisation », dénonce la CGT chômeurs.

Synthétisant tous ces courroux, la CFDT estime que l’instauration d’un « âge d’équilibre » rendrait « inacceptable » le projet de réforme des retraites et déplore que la future réforme de l’assurance-chômage demande des « efforts considérables à tous les chômeurs ».

Stéphane Guérard

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 09:19

Fabien Roussel répond au Premier ministre pour le groupe GDR à la suite de sa déclaration de politique générale du mercredi 12 juin 2019

Monsieur le Premier Ministre,


Le cap que vous venez de définir ne vas pas répondre aux urgences de notre pays ni à la majorité de nos concitoyens.
Alors voilà à l’opposé, la déclaration de politique générale que nous vous proposons.


D’abord l’urgence pour notre industrie menacée:
Il faut envoyer un signal fort, solennel et tout faire pour que la France ne laisse plus tomber une seule de ses usines ! 
General Electric, Whirlpool Amiens, Arjowiggins, Renault, Ford Blanquefort, Ascoval… ces piliers de notre industrie sont stratégiques pour notre pays. Ils doivent faire l’objet d’une décision spéciale et d’une intervention directe de l’Etat.
Avec nous, l’industrie et les circuits courts deviendront une priorité nationale, un enjeu de souveraineté, tant pour notre économie que pour relever le défi climatique. Car un pays sans industrie est un pays sans avenir. 
Et quand on produit local, c’est bon pour l’emploi mais aussi pour le climat.
Nous définirons ainsi une politique industrielle ambitieuse pour notre pays. Des filières stratégiques seront protégées, à l’opposé du pillage et de la vente de nos bijoux de famille à des fonds de pensions !
C’est pourquoi nous ferons gagner du temps et de l’argent aux français en annulant la privatisation d’ADP et de la Française des Jeux.
ADP est stratégique pour notre pays, pour notre compagnie nationale, pour notre sécurité et même pour tenir nos engagements climatiques! Vous n’êtes vraiment pas à la page en voulant le privatiser. 
L’urgence, c’est aussi la santé. C’est pourquoi nous mettrons en place immédiatement un plan en faveur de nos hôpitaux publics et de nos EPHAD, sans oublier les Outre Mer, où la situation sanitaire est aussi alarmante.


D’abord en revenant sur toutes les fermetures de lits, de services d’urgences, de maternité organisés depuis votre arrivée au pouvoir ! Ensuite en y mettant les moyens financiers avec un plan d’embauche pour répondre aux besoins: il manque au moins 100 000 emplois, à pourvoir au plus vite !
L’urgence c’est le pouvoir d’achat, c’est la lutte contre la vie chère, en Métropole comme en Outre Mer : 
Nous proposerons, au 1er juillet, une hausse de 20% du SMIC, en deux ans, dans le privé comme dans le public.
Et nous mettrons en place dès cet été une conférence nationale des salaires pour que l’ensemble des salariés en bénéficient.
La hausse des salaires doit venir des entreprises et non pas de nos impôts comme vous le faites ! Car c’est toujours les classes moyennes qui paient ! 
Nous disons que les grandes entreprises en ont les moyens, elles qui distribuent aussi généreusement les dividendes aux actionnaires : 57 milliards d’euros en 2018 pour celles du CAC 40, en hausse de 12%.
Ces entreprises-là, lit-on dans la presse, « ont enfin tourné la page de la crise financière ». Il est grand temps que leurs salariés puissent le faire eux-aussi.
Quant aux petites et moyennes entreprises, elles bénéficieront enfin d’un accompagnement de l’Etat, réel, y compris dans leurs investissements grâce à un pôle public bancaire qui prêtera à taux 0% en fonction de leurs engagements pour l’emploi et la planète. Rien à voir avec vos aides publiques et vos exonérations de cotisations tous azimut que vous distribuez allègrement, sans contrepartie, aux pollueurs, aux Géants du numérique, aux Carrefour, Auchan et consorts qui licencient malgré tout !
Nous proposerons aux partenaires sociaux de créer le CDI du 21eme siècle, intégrant la formation et digne d’un vrai contrat de travail.
Ce sera autre chose que vos CDD, vos contrats UBER ou Intérimaires qui précarisent encore plus les femmes, les jeunes, les salariés.
Nous ferons rimer « travail » avec « sécurité » et « dignité » au lieu de « précarité » et « pauvreté » comme vous le faites ! 
La justice pour tous, c’est aussi la justice pour les plus fragiles, comme pour nos retraités.
Nous déciderons d’aligner au niveau du SMIC les allocations de solidarité en faveur des plus démunis, des personnes handicapées, des retraités pour que plus personne ne vive en dessous du seuil de pauvreté.
Nous mettrons en chantier une réforme des retraites pleinement innovante, à la hauteur des enjeux de notre siècle.
Nous fixerons comme objectif une pension accessible dès 60 ans, avec 75% de son dernier salaire ou au niveau du SMIC.
Nous préférons offrir une nouvelle vie aux retraités et permettre aux jeunes de les remplacer plutôt que de leur promettre de travailler plus comme vous le faites.
Au MEDEF comme chez vous, le dogme c’est « Travaillez plus », alors que nous sommes au 21ème siècle, à l’ère des robots et avec 5,5 millions de chômeurs !
L’urgence, elle est aussi démocratique :
Et nous voulons y répondre sans tourner autour du pot !
Tout le monde est d’accord pour mettre en place un référendum d’initiative citoyenne. Cela doit se faire vite et de manière accessible.


Mais l’enjeu, c’est aussi de renforcer le pouvoir du Parlement.
Nous mettrons en place une assemblée constituante pour écrire, avec nos concitoyens, la nouvelle République tant attendue et tourner la page de la monarchie présidentielle. Nous mettrons les citoyens au centre de la république, les citoyens et la commune comme l’échelon principal de la démocratie, le premier service public de France.
Enfin nous répondrons à l’exigence de justice fiscale par la révolution fiscale : elle est indispensable pour financer les mesures d’urgences que je viens d’évoquer.


D’abord nous rétablirons l’ISF et nous annulerons une série de mesures et niches fiscales coûteuses telles que le CICE, le crédit impôts recherche, la flat tax, la niche Coppé. Il y a là au bas mot 50 milliards à récupérer…
Et nous mettrons en place un impôt juste, progressif, sur tous les revenus, y compris ceux du capital.
Pour que les gros paient gros et que les petits paient petit; pour que les richesses que nous produisons soient plus justement réparties.
Nous déciderons de mener une lutte sans merci contre la fraude et l’évasion fiscale et d’en faire une grande cause nationale, de l’inscrire dans notre Constitution. Pas besoin d’un énième rapport. La triche est là, sous vos yeux !
Le manque à gagner pour notre pays est compris entre 80 et 100 milliards d’euros.

Avec une liste réelle des paradis fiscaux, avec le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales, avec plus de moyens humains à Bercy, à la justice et avec la case prison assurée pour tous les corrompus et les délinquants en col blanc, je peux vous assurer que nous allons changer de braquet dans ce domaine !
En mettant tout en œuvre pour récupérer de telles sommes, nous aurions ainsi des ressources nouvelles pour nos services publics, pour nos écoles, pour une audacieuse politique de la mer digne de notre rang de 2eme puissance maritime mais aussi pour enclencher la transition écologique.
Car l’urgence, c’est aussi et surtout le climat:
Nous proposons de revenir sur la privatisation de la SNCF et de baisser la TVA sur les transports collectifs.
Là où vos choix conduisent à la fermeture de petites lignes et à la multiplication des cars et des camions sur la route, nous, nous prônons un doublement du fret ferroviaire et la gratuité des transports en commun partout où c’est possible.
Nous proposons d’engager un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments, au rythme de 500 000 par an, en y mettant les financements publics correspondants. 
Enfin nous voulons répondre au problème de la vie chère. J’ai parlé des salaires, du travail, de la solidarité.
Mais il y a des factures qui ne cessent d’augmenter !! Et la hausse de 5,9% sur leur facture d’électricité, la plus importante depuis la privatisation d’EDF est insupportable !!
D’autant que depuis 2003, les actionnaires ont touché 21,3 milliards d’euros. L’exaspération fiscale des Français, elle vient surtout de là, de ce sentiment d’être pris sans cesse pour des vaches à lait, quand une infime minorité s’en met plein les poches. Nous reviendrons sur cette hausse et nous baisserons immédiatement la TVA sur l’électricité pour la ramener à 5,5%, comme pour de nombreux produits de première nécessité.


Monsieur le Premier ministre,
Oui le capitalisme est à bout de souffle. Mais vous ne proposez rien d’autre que d’y rester ! Le chemin que vous nous proposez a été mille fois parcouru. Il nous conduit à une impasse, pour nous comme pour la planète !
Nous voulons sortir de ce chemin, du dogme de la concurrence libre et non faussée. Nous voulons protéger la planète, partager les richesses, et mettre le bonheur de chaque citoyen au cœur de la République !


Voilà notre projet, aux antipodes de ce que vous venez de nous présenter. C’est pourquoi nous refusons de vous accorder notre confiance.

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 18:41
Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France
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Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France

Intervention d'Ismaël Dupont, hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy en gare de Morlaix, 12 juin 2019, 16h: 

Merci à vous tous d'être présents à ce moment d'hommage à Henri Rol-Tanguy.

Merci d'abord à Jean Rol-Tanguy de nous faire l'honneur de sa participation à notre hommage, le fils de Henri Rol-Tanguy et de Cécile Rol-Tanguy, qui vient de fêter ses 100 ans, et qui était résistante de la première heure elle aussi. Jean qui est président du Comité parisien de la Libération.

Merci à Sylvaine Vulpiani, conseillère régionale, à Jerôme Pasquels qui représente ici le sénateur Jean-Luc Fichet, qui aurait aimé être présent mais dont la présence est requise au Parlement, à Nathalie Bernard, maire de Plougasnou, commune de résistance, et vice-présidente aux Transports à Morlaix-Communauté, à Yvon Primel, maire adjoint de Morlaix aux anciens combattants, et Jerôme Stephan, collaborateur de Mme le Maire de Morlaix Agnès Le Brun, à l'institut d'histoire sociale de la CGT représenté par Alain et Anne-Marie Quesseveur, à Jean-Claude Cariou, vice-président de l'ANACR 29, à Guy Hervy, membre du bureau du Musée National de la Résistance, aux nombreux syndicalistes, de la CGT, de FO, présents ici, aux divers élus, militants politiques (PCF bien sûr mais aussi Génération.s, PS, UDB, Ensemble) et associatifs présents : le Mouvement de la Paix, Amnesty International, etc.

Merci à Glenn Le Saoût a qui nous devons la bonne idée de cet hommage aujourd'hui.

Que ceux que j'ai oubliés veuillent bien m'excuser.

Et mes remerciements les plus chaleureux iront à Guy Denning, cet artiste de street art anglais, connu internationalement, résidant aujourd'hui dans les Monts d'Arrée à La Feuillée qui dédie aujourd'hui à Rol-Tanguy une œuvre magnifique.

Merci à vous d'être présents dans votre diversité à cet hommage proposé et organisé par le Parti communiste français à son illustre camarade, et à une grande figure de la résistance, sur une place qui porte son nom, depuis 2003, notamment parce que Rol Tanguy est né en gare de Morlaix, le 12 juin 1908, il y a 111 ans. Morlaix a été la première ville a dénommé une place ou une rue Rol Tanguy début 2003 quelques semaines après la mort du grand résistant.

Nous voulons honorer l'action et la mémoire de Rol-Tanguy, en tant que personne, pour son courage et la valeur d'exemplarité de ses engagements pour la République, des idéaux d'égalité et de justice sociale, contre le fascisme et des régimes qui supprimaient les libertés démocratiques et instaurait le racisme et l'intolérance en règle.

Mais à travers Rol-Tanguy, ce sont aussi les combattants et artisans de la Résistance que nous voulons saluer, en ce 75e anniversaire des combats de la Libération dans lesquels les résistants français et bretons ont payé un si lourd tribut, la férocité de l'ennemi aux abois étant portée à son comble. On estime à 35 000 le nombre de FFI en activité après le 6 juin 1944 en Bretagne. On compte 3743 déportés dans la Bretagne à 5 départements (à l'époque, avec la Loire-Inférieure) dont la moitié périrent, autour de 2700 résistants bretons fusillés, des milliers de tués au combat dont 204 FFI dans les poches de Lorient et St Nazaire.

Nous saluons bien sûr tous les Résistants dans la diversité de leurs sensibilités et de leurs actions, des circonstances de leur entrée dans l'action clandestine et patriotique. C'est à eux qui nous devons d'avoir gardé intact une flamme d'espoir et de dignité dans les années sombres de la libération et d'avoir rendu possible le retour de la liberté et de la démocratie en France, mais aussi le retour de la Paix qui était leur horizon.

Nous saluons aussi aujourd'hui particulièrement la résistance intérieure et populaire, et la résistance communiste, pas toujours mise au premier plan dans les discours mémoriels et l'approche de l’État. C'est un euphémisme...

Pas un seul résistant communiste au panthéon !...

Et Hollande et Macron sont loin de corriger l'oubli et l'injustice. Est-ce normal quand on connaît leur poids dans les effectifs de la résistance, dans la lutte armée intérieure, et le lourd tribut qu'ils ont payé, entre les dizaines de milliers de fusillés, de torturés et de déportés de l'OS et des FTP, des FTP-MOI que commanda Rol-Tanguy en région parisienne en 1942?

Martha Desrumaux, Marie-Claude Vaillant Couturier, Danielle Casanova, Charlotte Delbo, Missak Manouchian, Guy Moquêt, Rol-Tanguy, il n'y avait que l'embarras du choix... Et pourtant, on a préféré honoré la résistance gaulliste, socialiste, bourgeoise... Comme si les communistes ne devaient pas entrer dans la grande histoire de la nation française, comme s'il fallait minimiser leur apport à la libération... De la même manière, on ne parle que de l'appel du 18 juin à la Résistance alors que d'autres appels ont eu lieu au printemps et à l'été 40, notamment celui de Charles Tillon.

Et toujours ce discours lancinant, mensonger et révisionniste pour minimiser le sens et le caractère patriotique et national de la Résistance communiste en prétendant qu'elle n'a débuté qu'à l'été 41 après l'invasion de l'URSS, voir, comme dernièrement Riolo face à Ian Brossat dans une émission de RMC, en prétendant que les communistes étaient des collaborateurs au début de la guerre!

Ce qui est faux bien sûr. Le simple fait de dénoncer la politique collaborationniste, réactionnaire et anti-démocratique de Vichy et de garder une activité communiste était un acte de résistance en 40-41 à l'heure où le PCF était interdit et très fortement réprimé, sous le dernier gouvernement de la 3e République déjà dirigé par Daladier… De nombreux militants, syndicalistes, l'ont payé de leur vie, dont les fusillés de Châteaubriant, le jeune Guy Moquêt.

Même minimisation d'ailleurs, en bonne logique (anti-communiste), de l'apport des soviétiques à la libération de l'Europe, malgré leurs 22 millions de morts et les victoires décisives obtenus à un prix exorbitant pour stopper les Nazis. Est-il normal de n'attribuer qu'aux alliés américains et anglais de l'OTAN la libération de la France ? Un débarquement réussi en Europe de l'ouest et une progression pour libérer le territoire français étaient-ils envisageables sans la progression des soviétiques et leur contre-offensive en Europe de l'est ? Pourquoi ne pas avoir invité le chef d'Etat russe, quoiqu'on en pense par ailleurs, aux cérémonies du débarquement ?

Avant de parler de ce que fut la vie de Rol-Tanguy, ouvrier et de militant ouvrier, cégétiste et communiste, devenu un héros des Brigades Internationales et de la Résistance, le maître d’œuvre de l'insurrection du peuple parisien et de la libération de Paris, deux mots aussi sur le contexte dans lequel cet hommage s'inscrit.

Pour nous le souvenir de la résistance et des résistants est un devoir de mémoire, une justice que nous leur devons, certes, mais pas seulement une fin en soi… Notre approche n'est pas muséale ou patrimoniale, ou simplement patriotique.

C'est parce que nous avons toujours de l'adhésion et la foi foi dans les valeurs et les idéaux d'humanisme et de progrès qu'ils portaient et qui fondaient leur engagement pour une société plus juste, une République sociale, égalitaire et fraternelle, une démocratie rénovée que nous sommes en colère et inquiet face aux menaces et politiques brunes qui ressurgissent en France et en Europe, et plus largement dans le monde, et face à la destruction progressive de l'héritage du Conseil National de la Résistance : la Sécurité Sociale gérée par les travailleurs, le système des Retraites par répartition, les grands services publics et entreprises nationalisés, le pluralisme de la presse, le contrôle parlementaire de l'exécutif, l'ambition de contrôle et de limitation des pouvoirs financiers, etc.

Le combat des résistants, celui en tout cas des FTP, n'était pas seulement un combat pour libérer la patrie, même si c'était aussi et surtout ça qui fédérait la résistance : c'était un espoir d'une société nouvelle, plus juste, et un combat à mort contre la trahison intérieure, y compris d'une bonne partie du patronat, les idées réactionnaires de Vichy, les idées racistes et fascistes des collaborateurs, pour une société libérée de la domination de classe, qui inspirait beaucoup de résistants.

Rol-Tanguy le dit en 2000 dans une préface au livre d'André Guérin « Chronique de la résistance » :

« Libérer la patrie et la faire plus belle et plus forte, généreuse et unie. La Résistance a conçu en termes d'action ce qui reste à jamais la réalité et l'efficacité de sa mission, sa vue juste de la pleine et entière délivrance nationale. En ce printemps 1944, le programme du Conseil National de la Résistance éclairait le chemin du combat qui menait à la véritable libération du pays et de la nation, à leur totale rénovation, à la démocratie la plus large ».

L'écrivain François Mauriac disait après guerre : « Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée ».

Aujourd'hui, à trop se détourner des attentes d'une vie digne des classes populaires, à trop livrer à la finance les biens publics et à la précarité les garanties collectives, on risque de faire le jeu des pires aventures et du retour en force de l'extrémisme nationaliste et xénophobe.

Mais revenons à Rol-Tanguy.

Henri Tanguy est né un peu par hasard en gare de Morlaix. Sa mère, blanchisseuse, a accouché précipitamment alors qu'elle devait probablement regagner Brest en train, Brest où le père était officier marinier. La famille a aussi été installée temporairement dans d'autres ports, Toulon et Cherbourg pendant l'enfance de Henri Rol-Tanguy.

C'est à Brest à 13 ans que Henri arrête l'école. Il devient télégraphiste pour les PTT à Brest mais il n'est pas titularisé. Il est embauché dans une entreprise de taxis, puis comme téléphoniste, et enfin comme apprenti mécanicien.

Sa mère estime que son avenir et celui de son frère Joseph n'est pas assuré à Brest à l'hiver 1923-1924, elle rejoint Paris avec ses enfants. Ayant été tourneuse d'obus pendant la guerre de 14 à l'arsenal de Toulon, elle se fait embaucher chez Renault comme métallurgiste tandis qu'Henri est engagé chez Talbot.

Puis en 1925 Henri Tanguy est embauché comme métallier chez Renault à Boulogne Billancourt et la même année il adhère aux Jeunesses Communistes, à l'âge de 17 ans, et au syndicat CGTU. Sa participation à la grève générale chez Renault Billancourt entraîne son licenciement en mai 1926. Il travaillera ensuite comme métallo dans différentes usines, dont Breguet où il crée après les émeutes nationalistes et anti-parlementaires de 1934 menaçant la République une cellule communiste et un syndicat CGTU.

En 1935 il membre du bureau des Jeunesses communistes à Paris et participe à des affrontements avec l'extrême-droite.

C'est dans son entreprise de chaudronnerie à Montrouge que Rol Tanguy vit la grève de mai-juin 1936 et il est licencié à la fin du conflit. A l'automne hiver 1936, et début 37, il est un des animateurs de la solidarité avec l'Espagne républicaine face au coup d'état franquiste. En février 1937, il peut enfin rejoindre l'Espagne comme volontaire des Brigades Internationales après plusieurs demandes infructueuses, compte tenu de la dégradation de la situation militaire pour les Républicains.

En raison des compétences acquises pendant son service militaire (notamment en Algérie, dans un bataillon disciplinaire, en 1929), il est nommé commissaire politique de l’arsenal d’Albacete, du parc auto des Brigades internationales, enfin de l’usine n° 1 où l’on fabriquait les grenades et réparait les automobiles. Puis il fut désigné, avec grade de capitaine, responsable à la main-d’œuvre étrangère dans les usines qui se montaient en zone républicaine.

Les Brigades Internationales recrutées en France, c'était 15 000 volontaires, dont 8000 Français et 7000 étrangers, environ 250 Bretons, dont Albert Rannou et Jean-Louis Primas qui jouèrent ensuite un grand rôle dans la résistance finistérienne et furent fusillés avec 17 autres camarades le 17 septembre 1943 au Mont Valérien. Albert Rannou, fusillé à 27 ans, et c'était un des plus anciens de la bande, qui écrivait dans sa dernière lettre à ses parents : « J'ai lutté durant toute ma courte existence pour le bonheur des travailleurs et pour que la paix règne en ce monde... » Terminant sa lettre déchirante, écrite le jour de sa mort, par « Vive la France, vive le Parti communiste. Paix- Liberté - Justice ».

Mais, en octobre 1937, il fut rappelé en France, pour accomplir une période de réserve. A son issue, il reprit ses fonctions syndicales, notamment les actions de solidarité avec la République espagnole. De retour à Albacete en février 1938, André Marty l’ayant réclamé, il fut nommé commissaire politique du Bataillon d’instruction des volontaires francophones, à Villanueva de la Jara. En avril 1938, pendant la marche à la mer des troupes franquistes, Henri Tanguy fut chargé de l’acheminement à Barcelone des volontaires internationaux présents à Albacete et dans sa région (environ 1 200), mission qu’il accomplit la veille de la coupure en deux de l’Espagne républicaine, le 15 avril. Il assura ensuite le commissariat politique de la nouvelle base des Brigade internationales mise en place à Olot, mais quelques semaines plus tard, cette dernière ayant été dissoute, A. Marty le désigna commissaire politique de la 14e Brigade, « La Marseillaise ».

Blessé le 18 juin 1938 d’une balle dans la poitrine, au retour d’une visite de bataillon, il reprit son poste après quelques jours passés à l’hôpital, refusant d’attendre l’extraction du projectile. Il participa à la grande offensive de l’Ebre, à Tortosa et dans la Sierra Caballs, de juillet à septembre 1938, date de relève des Brigades.

Revenu en France en novembre, à la dissolution des Brigades, Henri Tanguy reprit ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du Parti communiste. En avril 1939, l’ancien brigadiste épousa sa marraine d’Espagne, Cécile Le Bihan, fille du militant syndicaliste et communiste, résistant FTP mort en déportation, François Le Bihan*. Le couple eut quatre enfants.

Après avoir accompli son devoir militaire, Rol-Tanguy rentre dans la clandestinité en 1940 après les premières arrestations de militants communistes suite au pacte germano-soviétique et aux décrets d'interdiction et de répression du mouvement communiste sous Daladier. Dès août 41, il organise la mise en place des groupes armés en région parisienne qui donnent naissance en février 42 aux FTP. Rol-Tanguy devient le responsable militaire dans la direction des FTP en région parisienne. Identifié après l'arrestation d'autres dirigeants en mai 42, il migre dans la région Anjou-Poitou où il commande les FTP. A cette époque, il est aussi chargé de mission en Bretagne et à Bordeaux.

Fin 43 Henri Tanguy passa en octobre à l’état-major des FFI de la région Parisienne qui regroupait onze départements autour de Paris, où il représentait les FTP. Successivement responsable de l’action immédiate, du troisième bureau (« opérations »), puis sous-chef de l’état-major, enfin chef régional en mai 1944, il était à la veille du débarquement allié du 6 juin 1944, colonel chef de la région P1 (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise), qu’il baptisa « Ile-de-France ».

Il prit alors son dernier pseudonyme Rol, nom d’un militant d’Épinay-sur-Seine, combattant des Brigades internationales, tué pendant la bataille de l’Ebre peu de temps après avoir été nommé commandant du bataillon « Commune-de-Paris ».

Le 19 août 1944, en qualité de chef régional des FFI, Rol-Tanguy donna l’ordre de l’insurrection parisienne. Il reçut, avec le général Leclerc, la reddition du général Von Choltitz — commandant la garnison allemande du Grand-Paris — le 25 août.

Le 18 juin 1945, il est élevé au rang de compagnon de la Libération par le Général de Gaule qui le respectait beaucoup.

Avant le passage du Rhin, le 31 mars 1945, Rol-Tanguy rejoignit le 151e régiment d’infanterie issu de la Brigade de Paris formée par le colonel Fabien, participa à la campagne Rhin-Danube en tant que lieutenant-colonel.

A la fin de la guerre, Rol-Tanguy rentre dans l'armée même si, dans le climat de guerre froide, après 48, ses engagements communistes vont contribuer à ce qu'il soit partiellement placardisé et bloqué dans son avancement.

 Invité occasionnel du Comité central du PCF à partir de 1947 — en tant que militaire il ne pouvait y intervenir — Henri Rol-Tanguy en devint membre de 1964 à 1987. Il avait été candidat du PCF aux élections législatives de 1962 à Paris (XXe arr.).

Élu en juillet 1946, lors du 23e congrès, président d’honneur de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants), il assura également la coprésidence de l’ANACR (association nationale des anciens combattants de la résistance) et la présidence de l’AVER (association des volontaires de l'Espagne Républicaine).

Aujourd'hui, c'est une satisfaction pour nous que cet hommage à ce militant ouvrier qui a joué un rôle essentiel aux premières loges de l'histoire et qui est né à Morlaix puisse avoir lieu. Nous aimerions que la plaque d'hommage à Rol-Tanguy, très dégradée, et placée dans un endroit peu visible et éloigné du passage et des regards, puisse être restaurée ou remplacée et installée dans un endroit plus digne de cette action historique et de cet engagement, et de la décision de donner le nom de Rol-Tanguy à cette place, une des portes d'entrée de Morlaix. 

 

Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France
Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France
Résistance. Un hommage pour ses 111 ans (photo Le Télégramme, 12 juin 2019)

Résistance. Un hommage pour ses 111 ans (photo Le Télégramme, 12 juin 2019)

Résistance. Un hommage pour ses 111 ans  (Le Télégramme, 12 juin 2019)

Il aura fallu attendre deux ans pour que réapparaisse le panneau « Place colonel Rol-Tanguy » devant la gare, la « faute » aux travaux de rénovation. Le 12 juin, pour les 111 ans de sa naissance, un hommage appuyé a été rendu à ce militant communiste, héros de la Résistance, membre de l’état-major des FFI, combattant volontaire en Espagne et ancien président de l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance). Après le discours-fleuve d’Ismaël Dupont, son fils Jean Rol-Tanguy, divers élus et militants de gauche, ainsi que Guy Denning, un artiste anglais auteur d’un portrait du héros, ont déposé des gerbes devant la stèle érigée en bas de la nouvelle passerelle.

Un hommage a été rendu à ce héros de la libération, né en gare de Morlaix il y a 111 ans. | OUEST-FRANCE

Un hommage a été rendu à ce héros de la libération, né en gare de Morlaix il y a 111 ans. | OUEST-FRANCE

Le 12 juin 1908, Rol-Tanguy, héros de la Libération de Paris, naissait en gare en Morlaix

Ouest-France, 12 juin 2019

111 ans plus tard, à Morlaix (Finistère), un hommage lui a été rendu, en présence de son fils, Jean Rol-Tanguy.

Mercredi 12 juin 2019, 111 ans jour pour jour après sa naissance à Morlaix (Finistère), un hommage a été rendu à Henri Rol-Tanguy, résistant ayant participé à la Libération de Paris en août 1944.

Un accouchement précipité

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, a retracé la vie du militant communiste, « l’un des dirigeants des Brigades internationales puis, pendant l’Occupation, héros de la Résistance ».

L’occasion d’apprendre que les liens entre Rol-Tanguy et Morlaix tiennent du hasard total. Le jour de sa naissance, sa mère, blanchisseuse, est en chemin pour Brest – où son époux, officier marinier, est alors basé -, quand elle perd les eaux à la gare de Morlaix. Henri naîtra sur place.

Depuis 2003, la place de la gare porte son nom et une stèle – pas assez visible selon Ismaël Dupont – y est installée. Mercredi, une gerbe a été déposée, en présence d’élus, militants communistes et cégétistes, d’un représentant des Anciens combattants et d’un membre du bureau du Musée de la Résistance nationale.

Le fils du colonel Rol-Tanguy, Jean Rol-Tanguy, avait également fait le déplacement, tout comme l’artiste de street-art anglais Guy Denning, résidant aujourd’hui dans les monts d'Arrée.

Depuis 2003, la place de la gare porte son nom et une stèle – pas assez visible selon Ismaël Dupont – y est installée. Mercredi, une gerbe a été déposée, en présence d’élus, militants communistes et cégétistes, d’un représentant des Anciens combattants et d’un membre du bureau du Musée de la Résistance nationale.

Le fils du colonel Rol-Tanguy, Jean Rol-Tanguy, avait également fait le déplacement, tout comme l’artiste de street-art anglais Guy Denning, résidant aujourd’hui dans les monts d'Arrée.

Il a réalisé une toile représentant le résistant. « Ce tableau est à la disposition de la mairie et de la gare pour l’exposer », glisse Ismaël Dupont.

Un hommage a été rendu à ce héros de la résistance et de la libération, né en gare de Morlaix il y a 111 ans. | OUEST-FRANCE

Un hommage a été rendu à ce héros de la résistance et de la libération, né en gare de Morlaix il y a 111 ans. | OUEST-FRANCE

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 11:30
Rol-Tanguy - Soyons nombreux à son hommage à Morlaix, place Rol-Tanguy, à 16h ce mercredi 12 juin pour l'anniversaire de sa naissance en gare de Morlaix il y a 111 ans, et les 75 ans des combats de la Libération

Une œuvre magnifique de l'artiste anglais Guy Denning en hommage à Rol-Tanguy sera inaugurée place Rol-Tanguy à Morlaix, devant la gare, à l'occasion de l'hommage que nous rendrons à ce grand militant ouvrier, communiste et cégétiste, combattant volontaire des Brigades Internationales en Espagne, dirigeant de la résistance FTP et FFI, né à Morlaix en 1908 et décédé en 2002. 

 

La cérémonie aura lieu à 16h en gare de Morlaix en présence notamment de:

- Jean Rol-Tanguy, fils d'Henri et Cécile Rol-Tanguy, président du comité parisien de la Libération

- l'artiste de street art anglais Guy Denning, breton d'adoption, résidant dans les Monts d'Arrée

- Sylvaine Vulpiani, conseillère régionale

- Jean-Claude Cariou, vice-président de l'ANACR 29 (qui ramènera une gerbe pour Rol Tanguy de la part de l'ANACR)

- Guy Hervy, membre du bureau du Musée de la Résistance nationale

- des élus et militants de gauche, dans leur diversité, des militants de la paix, des anciens combattants, des militants de la mémoire de la résistance

- le représentant du sénateur Jean-Luc Fichet, excusé car en session parlementaire à Paris, Jérôme Calmels

- un représentant de la majorité municipale de Morlaix

- des syndicalistes de la CGT, de l'institut d'histoire sociale de la CGT, de FO 

- de nombreux militants et sympathisants communistes

- et tous les citoyens qui voudront honorer ce grand résistant

Ismaël Dupont prononcera un discours d'hommage à Rol-Tanguy et sur le sens de l'évènement au nom du PCF. 

 
Le Télégramme, l'info vous suit partout Morlaix
Résistance. Hommage au colonel Rol-Tanguy, mercredi à la gare
Publié le 08 juin 2019 à 19h03
 
Quelques jours après l’anniversaire des 75 ans du débarquement allié en Normandie, un hommage commémoratif au colonel Rol-Tanguy sera organisé ce mercredi 12 juin, à 16 h, sur la place qui porte son nom, à la gare, pour les 111 ans de sa naissance.
Militant ouvrier morlaisien, cégétiste et communiste, Henri Tanguy, dit Rol-Tanguy (Théo Rol était un de ses compagnons d’armes pendant la Guerre d’Espagne, tombé face aux troupes franquistes), fut un des dirigeants des Brigades Internationales, puis, pendant l’Occupation, un héros de la Résistance. Membre de l’État-major des FFI au titre des FTP, il commanda l’insurrection populaire menant à la Libération de Paris en août 1944. Après la guerre, il fut longtemps président de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance.
Cet hommage aura lieu en présence de Jean Rol-Tanguy, un de ses enfants. La fédération finistérienne du PCF, ainsi que la section locale de Morlaix, appellent tous les citoyens, élus, qui se reconnaissent dans ces valeurs de résistance face à l’extrême droite, et dans l’idéal de République sociale et démocratique rénovée portée par le Conseil national de la Résistance, à y participer.
Communiqué du PCF pays de Morlaix - 6 juin 2019
 
Place Rol-Tanguy, gare de Morlaix, mercredi 12 juin, à 16h, hommage commémoratif pour l'anniversaire des 111 ans de sa naissance au colonel Rol-Tanguy, militant ouvrier, héros de la Résistance et des Brigades Internationales, ancien président de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance.
 
Nous célébrons à partir de cette semaine l'anniversaire des 75 ans du débarquement allié et des combats de la libération qui firent tant de victimes dans les rangs de la Résistance, en Bretagne notamment.
 
Parmi les Bretons qui ont joué un rôle de tout premier plan dans la Résistance Nationale figure Henri Tanguy, dit Rol-Tanguy (Théo Rol était un de ses compagnons des Brigades Internationales tués dans la bataille de l'Ebre), membre de l'état major des FFI au titre des FTP, commandant les FFI en Ile-de-France pendant les combats de la Libération.   
 
Henri Rol-Tanguy est né à Morlaix le 12 juin 1908 il y a 111 ans. Ce fut un très grand militant ouvrier, cégétiste et communiste, dirigeant dans les Brigades Internationales pendant la guerre d'Espagne et grand dirigeant de la Résistance qui commanda l'insurrection populaire menant à la Libération de Paris en août 1944.  
 
Henri-Rol Tanguy est décédé à Paris le 8 septembre 2002 après une vie d'engagement bien remplie. A ce moment, Morlaix a été une des premières villes à lui consacrer en hommage à ce que furent son action historique et son importance dans le rétablissement de la République une rue ou une place, en l'occurrence, la place de la gare, place Rol-Tanguy.
 
Alors que le fascisme et l'extrême-droite sont redevenus des menaces véritable pour le vivre-ensemble, les valeurs humaines et démocratiques en France et en Europe, au moment où le Président de la République continue par soumission aux forces de l'argent à détruire méthodiquement l'héritage de la République sociale issue des combats de la Résistance, l'héritage social et démocratique du Conseil national de la Résistance, le Parti Communiste Français - la section du pays de Morlaix et la Fédération du Finistère - appellent tous les citoyens, élus, qui se reconnaissent dans ces valeurs de la Résistance à rendre hommage à l'engagement de Henri Rol-Tanguy, et, à travers lui, aux idéaux de République sociale et démocratique rénovée portée par le Conseil National de la Résistance.
 
 
 
Tous les citoyens, élus, associations, militants syndicaux et des droits de l'homme, anciens combattants, amis de la Résistance qui veulent rendre hommage à Rol-Tanguy sont invités à participer à l'hommage rendu à Henri Rol-Tanguy le 12 avril 2019 à 16h.
 
Cet hommage à Rol-Tanguy le jour de l'anniversaire de sa naissance est d'autant plus nécessaire que, malgré la rénovation de la Gare de Morlaix, qui a pourtant coûté des millions d'euros, la petite plaque d'hommage datant de l'inauguration de la place, est aujourd'hui très dégradée et dans un triste état, cantonnée dans un endroit éloigné, peu visible et peu reluisant, la dignité et la visibilité de l'hommage rendu sur la place de la gare à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, posant question, et étant insuffisante.     
 
***
Henri Rol-Tanguy  fut un des dirigeants de la Résistance qui a organisé la Libération de Paris. Paris a été libéré par l'insurrection de son peuple.  Après quatre ans sous le joug allemand. L'action armée des résistants unis au sein du F.F.I. conjuguée avec le soulèvement de la population parachevée par les blindés  de Leclerc a chassé l'occupant et conduit à la signature de l'acte de la capitulation auquel participe Rol-Tanguy. "Nous avons donné le coup de grâce à l'ennemi, mais Paris était déjà aux mains des Parisiens"   (Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe). Le premier détachement Leclerc et celui du Capitaine Dronne étaient composés de républicains espagnols. Juste retour des choses... Comme des milliers d'autres militants français, Henri Tanguy, alors syndicaliste CGT de la métallurgie, ouvrier chez Citroën, et communiste, s' est engagé dans les Brigades Internationales pour défendre la république espagnole contre Franco qui était appuyé par les nazis et les fascistes italiens. Son courage, son combat pour un monde de Liberté, d'Egalité, de Fraternité sont des exemples pour notre époque et il importe que les générations présentes, jusque-là épargnées par les tempêtes de l'histoire, n'oublient pas ce que le rétablissement de la démocratie et la lutte contre le fascisme doivent au dévouement de ces hommes pétris d'idéal et d'altruisme qui ont su dire non à la fatalité de la régression et de la barbarie. Henri Rol Tanguy a su aussi s'engager dans les batailles de l'après-guerre: la reconstruction et l'application du programme de transformation sociale et économique bâti par le CNR. Henry Rol-Tanguy fut longtemps président de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance et il eut l'occasion de revenir de nombreuses fois à Morlaix à ce titre. La femme de Rol-Tanguy, Cécile, résistante elle aussi, est encore vivante, et à 100 ans, continue à porter les valeurs de la résistance et du devoir de mémoire.
 

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 11:29
Henri Rol-Tanguy, stratège décisif de la libération de Paris (L'Humanité, Jérôme Skalski, 19 août 2014)
Henri Rol-Tanguy, stratège décisif de la libération de Paris
Mardi, 19 Août, 2014

Combattant des Brigades internationales en Espagne et figure de premier plan de la Résistance, cet ouvrier métallo communiste et syndicaliste devenu colonel, commandant des FFI de l’Île-de-France, symbolise toute une génération combattant le joug fasciste.

Des brigades d’Espagne à celles des maquis. La figure de Henri Rol-Tanguy est à l’unisson de celles de ses milliers de camarades qui, au feu de leur jeunesse, allièrent une conscience rare des enjeux de leur époque à une décision d’action peu commune. Parmi eux, il fut néanmoins l’un des premiers par cette élection tacite qui, dans la Résistance, distribuaient les rôles dans le drame vécu, en dépit de l’âge souvent. La valeur n’attend pas le nombre des années, déclare Don Rodrigue dans le Cid de Corneille. Rol, le pseudonyme qu’Henri Tanguy choisit en mémoire de Théophile Rol, compagnon de combat fauché par les balles de Franco et de ses alliés fascistes pendant la prise de la Sierra de Cavalls en Catalogne, en septembre 1938, fusionne avec son nom. Le chemin de Théophile Rol, jeune capitaine du bataillon Commune de Paris, de la brigade la Marseillaise, ne le conduisit pas en propre devant Valence et Madrid pour l’abattement du règne du « Caudillo par la grâce de Dieu » et le relèvement de la République en Espagne. Mais, tel le Cid des légendes, accolé au nom de Tanguy, lui-même blessé d’une balle dans la poitrine en juin 1938 sur le front de l’Èbre, à Paris, pour celui de la République en France et sa libération du joug nazi, fasciste et collaborationniste. Car tel est le nom de Rol-Tanguy, évocation d’un homme, d’une amitié et d’une génération et, lui qui mourut le 8 septembre 2002 à Paris, d’un idéal antifasciste, républicain et communiste toujours actuel.

En 1935, il est licencié 
pour fait de grève

Né en 1908 à Morlaix, d’un père marinier et d’une mère blanchisseuse, Henri Rol-Tanguy devient ouvrier métallurgiste à l’âge de quatorze ans. Arrivé en région parisienne, il embauche chez Talbot puis chez Renault où il entre, en 1925, comme tôlier en carrosserie. Il se syndique à la CGTU et adhère aux Jeunesses communistes. Sa participation aux grèves de mai 1926 dans les usines de Louis Renault lui vaut son premier licenciement. Passionné de cyclisme, il participe à diverses courses sur les pistes du Vélodrome d’Hiver, du Parc des Princes et du Stade Buffalo. Pour ne s’être pas inscrit à temps sur les listes de recensement, le jeune ouvrier sportif se retrouve cependant à Oran, en 1929, comme soldat première classe par mesure disciplinaire. Il en sortira avec une formation de mitrailleur, de mécanicien, de télémétreur et d’armurier. En septembre 1930, de retour à Paris, il retrouve le chemin de l’usine. Chez Nessi à Montrouge et chez Breguet, rue Didot, d’où il est licencié pour fait de grève en 1935. Désormais « marqué à l’encre rouge », portes des usines fermées, Henri-Rol-Tanguy devient secrétaire du syndicat des travailleurs de la métallurgie CGT de la région parisienne en octobre 1936 et anime la campagne de solidarité avec les républicains espagnols. L’année suivante, il s’engage en Espagne dans les rangs des Brigades internationales. Il est bientôt nommé responsable de la Main-d’œuvre immigrée (MOI), avec grade de capitaine. Le 15 avril 1938, alors que les troupes franquistes marchent vers la Méditerranée, il est nommé commissaire politique du bataillon la ­Marseillaise et participe à la bataille de l’Èbre avant de revenir en France. Ils étaient 15 000 à avoir rejoint les Brigades internationales depuis la France, 8 000 Français, 7 000 étrangers. En avril 1939, Henri-Rol-Tanguy épouse sa marraine de guerre en Espagne, Cécile Le Bihan, secrétaire au syndicat des métaux CGT, avec qui il aura quatre enfants. Mais les retrouvailles du printemps 1939 sont de courte durée. Le soldat Tanguy reçoit son ordre de mobilisation en août. Il sera des combats de 1940, cité à l’ordre de son régiment, avant de recevoir son avis de démobilisation. Fait compagnon de la Libération le 18 juin 1945 par le général de Gaulle, devenu militaire d’active avec le grade de lieutenant-colonel, Henri-Rol-Tanguy sera affecté au cabinet militaire du ministre de la Défense nationale en avril 1947 avant d’occuper différentes fonctions dans l’armée. Il prend sa retraite en 1962. Président de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance et de l’Amicale des anciens volontaires français en Espagne républicaine, il sera membre du Comité central du PCF de 1962 à 1987. Il repose à Monteaux, dans le Loir-et-Cher.

1941, l’occupant recourt à la torture comme arme de guerre totale

Au lendemain du 18 juin 1940, c’est le colonel Rol-Tanguy qui s’esquisse encore cependant dans l’armée des ombres naissante. Son épouse, Cécile Rol-Tanguy, participe à la réunion au cours de laquelle est décidée l’organisation de comités populaires à Paris. Il est chargé pour sa part d’organiser les militants communistes dans le sud de la capitale et de sa banlieue et contribue à créer l’organisation spéciale du PCF, l’OS et future FTPF. Le 5 octobre, Rol entre dans la clandestinité. En mars 1941, il est nommé responsable de Paris rive gauche et de la banlieue sud. En août 1941, avec Raymond Losserand et Gaston Carré, il est chargé de constituer des groupes armés en région parisienne. La répression allemande fait rage avec ses exécutions et son recours à la torture comme armes de guerre totale. Rol est muté dans l’ouest, en Anjou et en Poitou, pour prendre part au commandement des FTP. Après différentes missions, il revient à Paris en mars 1943. Avec Joseph Epstein, il assure notamment la publication du journal clandestin Franc-Tireur parisien. Il est muté en septembre au Comité d’action contre la ­déportation. Au mois d’octobre, il est désigné comme représentant des FTP à l’état-major des Forces françaises de l’intérieur pour les 14 départements de la région parisienne avant d’être nommé chef militaire régional le 
1er juin 1944. Le 19 août, c’est en tant que colonel qu’il adressera l’appel à l’insurrection générale de Paris au nom des FFI depuis son PC de Montrouge. Et c’est lui qui en coordonnera l’action jusqu’à la réception, avec le général Leclerc, en tant que commandant des Forces françaises de Paris, de la capitulation de von Choltitz le 25 août 1944. En accord avec son état-major, il a été un acteur essentiel de l’échec de la trêve et c’est lui qui envoie le commandant Cocteau auprès de l’armée américaine, acte décisif de la bataille de Paris, pour faire accepter la marche de la 2e DB du général Leclerc sur Paris. Henri Rol-Tanguy poursuivra les combats dans la première armée du général de Lattre de Tassigny jusqu’à la capitulation allemande.

 
Jérôme Skalski
Henri Rol-Tanguy, stratège décisif de la libération de Paris (L'Humanité, Jérôme Skalski, 19 août 2014)
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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 11:17

La belle initiative que vous organisez à Morlaix en hommage à Rol-Tanguy me remet en mémoire sa venue dans le Finistère en 1984 à l'initiative de la fédération du Sud-Finistère du PCF qui l'avait invité à présider un repas fédéral dans la salle d'un restaurant de Melgven.

Il y prononça une allocution rappelant le rôle des communistes dans la Résistance, en Bretagne particulièrement, où ils furent parmi les premiers à se dresser contre l'occupant et ses collaborateurs.

Il évoqua aussi la mémoire de plusieurs d'entre eux qu'il avait connu personnellement.

Il souligna également  la place des communistes finistériens dans le soutien à la résistance espagnole républicaine  contre les fascistes à laquelle prirent part dans les brigades internationales plus de 250 combattants originaires de Bretagne.

Environ 500 communistes et sympathisants participèrent à ce repas fraternel plein de souvenirs et de chaleur humaine autour de cette grande figure des combats démocratiques et émancipateurs de notre temps.

Ci-joint la seule photo que j'ai retrouvée de cet événement.

Avant ce repas Henri Rol-Tanguy avait déposé une gerbe au monument aux morts de la 2ème guerre mondiale sur les allées de Locmaria à Quimper en compagnie de toutes les associations d'anciens résistants de Cornouaille qui étaient présentes avec leurs drapeaux. Cette cérémonie à laquelle plus de 300 personnes participèrent avait été organisée en lien avec les services de l'ONAC à la Préfecture.

Souvenir de Rol-Tanguy dans le Sud-Finistère à Melgven en 1984 pour un repas du PCF Sud-Finistère- par Pierre Rainero
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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 07:32
Pour un retour à l’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence
dans le Finistère.
 

Brest (place de la Liberté) 

Quimper (place de la résistance)

le mercredi 12 juin à 18h30

 
 
Qu’est-ce que l’hébergement d’urgence ?
L’hébergement d’urgence est un dispositif d’aide et d’accompagnement pouvant être délivré aux personnes sans abri et en difficulté sociale. Pour le solliciter, il faut faire le 115 qui est un numéro d’urgence comme l’est le 18 pour les pompiers, ou le 15 pour le Samu. Ce dispositif, ainsi prévu pour mettre à l’abri les personnes sans ressources lorsque cela est possible, est un dispositif de l’État mais dont l’organisation se fait à l’échelle du département.
 
Sur le principe, la plateforme du 115 s’appuie alors généralement sur les disponibilités des CHRS ou des prises en charges hôtelières pour mettre à l’abri les personnes sans ressources. Malheureusement, il n’y a pas toujours assez de place pour toutes les personnes qui appellent le 115, et les « gestionnaires » de la plateforme ne parviennent pas à trouver une solution dans toutes les situations.
 
Aujourd’hui nous ne sommes (même) pas là pour évoquer ou dénoncer le manque de place d’hébergement à l’échelle du territoire… Les structures autour de la table aujourd’hui veulent par contre dénoncer le fait que, depuis une date assez récente, dans le département, le 115 (ou plutôt le dispositif d’hébergement d’urgence), ne repose plus sur son principe fondamental qui est celui de l’inconditionnalité.
 
Ça veut dire quoi l’inconditionnalité ?
Ça veut dire que tout le monde peut appeler le 115. Ça veut dire que toute personne à la rue, sans ressource, en difficulté, peut solliciter l’aide à l’hébergement de ce dispositif. On peut (malheureusement) lui répondre qu’il n’y a plus de place, mais on ne peut pas lui répondre qu’elle n’y a pas droit !
 
Or, aujourd’hui dans le Finistère, la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale), sous les ordres du Préfet, donne comme consigne aux gestionnaires du 115 de ne pas traiter ou solutionner les appels provenant de personnes étrangères sans-papiers ou en cours de démarche pour obtenir une régularisation. Aujourd’hui, dans le Finistère, les salarié-e-s du 115 sont contraint-e-s de répondre aux étranger-e-s sans-papiers à la rue, et quelque-soit leur « détresse », qu’ils-elles ne peuvent pas avoir d’hébergement d’urgence. Ces salarié-e-s étaient d’ailleurs récemment en grève pour dénoncer ces consignes préfectorales.
 
Pourtant, la loi sur le logement de 2014 et le Code de l’Action Sociale et des Famille prévoient que : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence  » (art. 345.2.2). Cette loi est ainsi régulièrement bafouée par la préfecture du Finistère.
 
Nous, associations et collectifs qui conseillons et accompagnons des femmes victimes de violences, des personnes sans-papiers, des jeunes majeur-e-s isolé-e-s, etc., dénonçons ces consignes territoriales, qui sont discriminatoires et donc racistes. La préfecture n’a pas à poser la condition de la régularité de séjour pour autoriser l’accès au dispositif d’hébergement d’urgence ! Et nous exigeons alors que soit rétablit le principe de l’aide inconditionnelle à l’hébergement d’urgence pour toute personne qui en a besoin.
 
Nous appelons à nous rassembler/manifester, à
Brest (place de la Liberté)
et à Quimper (place de la résistance)
le mercredi 12 juin à 18h30.
Nous appelons toutes les structures et groupes, mobilisé-e-s sur cette question, à nous rejoindre.
 
Signataires au 08.06.2019 : 100 pour un toit Cornouaille, 100 pour un toit de Landerneau, 100 pour un toit de Quimperlé, 100 pour un toit Saint Pol, Abri côtier urgence femmes de Concarneau, Abri Côtier de Quimperlé, Accueil des réfugiés dans le Cap, ADJIM Accompagnement des jeunes isolés migrants, Cimade du Finistère, Collectif Adé-Brest, Collectif aidons les réfugiés Brest, Collectif citoyens solidaires de Cornouaille, Droit d’asile Quimper, Digemer, EELV Kemper Kerne, France Insoumise de Quimper, Fraternité Douarnenez, Fraternité Quimper, FSU 29, PCF BREST et QUIMPER, Ligue des droits de l’Homme du Finistère, Morlaix-libertés, Nouvelle Donne Finistère, NPA 29, PCF29, Planning familial 29,Solidarité Côte des Légendes, le Temps partagé, Travesias, Zéro personne à la rue…
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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 07:09
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant
Mardi de l'éducation populaire - photos de la Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant

Devant une trentaine de personnes, une très belle conférence chantée de Roger Héré, Patricia Paulus et Jean- François Verant, dans le cadre de nos mardis de l'éducation populaire ce 11 juin, avec des tableaux historiques, des documents vidéo et iconographiques présentés par Roger Héré, qui avait aussi sélectionné le répertoire de chansons de luttes originales composées entre 1916 et 1920.  

Pour les 100 ans qui approchent du parti communiste français, retour en chansons et en analyse historique de la situation politique et sociale, internationale, entre 1917 et 1920, qui a conduit à la création du parti communiste.

Des magnifiques témoignages de l'inventivité, de la colère et de la combativité populaire, de très belles voix et une ambiance chaleureuse au local du PCF Morlaix.

La guerre, la protestation contre ses boucheries et son absurdité, les mutineries, la remise en cause des illusions du chauvinisme, la révolution bolchevique, la coalition contre la révolution, la révolution spartakiste en Allemagne réprimée par les sociaux-démocrates de droite à l'aide des corps francs d'extrême-droite, les révoltés de la Mer Noire avec André Marty, les réactions à la chambre bleu horizon, l'émergence d'un mouvement social féminin chez les midinettes notamment réclamant la semaine anglaise (5 jours et demi payés 6 jours) et d'une grande volonté de paix et de transformation sociale, autant de thèmes que subliment ces chansons trop méconnues.

 

“Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, éléments d’histoire et de contexte"
 
Interprétation des chansons de lutte et musique: Roger Héré - Patricia Paulus - Jean-François Vérant 
 
Tableaux historiques ponctuées de chants:
 
" La semaine anglaise"
"Ce n'est pas en France"
"Tragique ballade des tranchées"
"Chanson de Craonne"
"Hanging and the old barbed wire"
"Salut aux marins de la mer noire"
"Odessa Valse"
"C'est nous les vainqueurs"
"Le lion populaire"
 
La conférence des Mardi de l'éducation populaire à suivre aura lieu le mardi 2 juillet à 18h au local du PCF Morlaix avec Bérénice Manach, auteur du "Livre de Nella" (Skol Vreizh, 2019), sur l'histoire de sa mère, d'origine italienne, avec un père communiste et anti-fasciste émigré un temps en URSS, et de ses histoires d'amour belles et tragiques avec Emilio, communiste déporté et exécuté lors des purges de Staline, puis Etienne Manach, et co-éditrice du magnifique Journal Intime de son père, Etienne Manach, paru également aux éditions Skol Vreizh.
 
" Etienne, Emilio et Nella, trois destins exceptionnels marqués par le communisme et les tragédies du 20e siècle"
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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 06:30
Fabien Roussel: Allons plus loin, la gauche se reconstruira dans l'action : entretien à l'Humanité Dimanche sur les enseignements et les suites des élections européennes, 6 juin 2019
Fabien Roussel : « Allons plus loin. La gauche se reconstruira dans l’action »
Jeudi, 6 Juin, 2019
 
Dans un entretien accordé à l’Humanité Dimanche, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF voit dans le scrutin des élections européennes, un « point de départ » pour le mouvement communiste, et pour la gauche qu’il appelle à l’action commune. « C’est maintenant que tout commence… ».

Quels sont, pour vous, les grands enseignements des élections européennes ?

Emmanuel Macron, après avoir siphonné les voix du PS en 2017, siphonne celle de la droite en 2019 et réussit à imposer son parti dans le paysage politique en faisant de l’extrême droite son vrai-faux adversaire. Nos concitoyens ne pourraient plus faire autrement que de choisir entre l’extrême droite et le libéralisme à la sauce américaine. C’est terrible comme situation politique, parce que les forces progressistes sont diminuées. Qu’elles soient unies ou non, elles sont affaiblies.

Les Français, à 50 %, sont restés chez eux et ne sont pas allés voter. Le Rassemblement national et Macron font chacun 5,5 millions de voix, quand 22 millions de Français ne sont pas déplacés pour aller mettre un bulletin dans l’urne. Je dénonce l’hypocrisie et la complicité de ces ultralibéraux au service de la finance qui prennent le risque de faire basculer notre pays et de le livrer à l’extrême droite. Les députés En marche ! se présentent comme un rempart contre l’extrême droite, dénoncent les dangers que représente le RN pour notre pays, mais dans les couloirs de l’Assemblée ou sur les plateaux télé, s’embrassent et cultivent leur complicité. Le RN et LaREM ont besoin l’un de l’autre. C’est extrêmement inquiétant.

Il y a aussi la politique menée par Macron…

Au lendemain de l’élection, nous tombent dessus en trois jours : la vente de Renault aux italiens ; l’annonce du plan social à Belfort ; et la liquidation de Whirlpool à Amiens. Évidemment que ça favorise la colère, la haine envers les puissants et les responsables politiques. Sauf que, aujourd’hui, la colère s’exprime avec un bulletin de vote RN. L’affaire General Electric est grave. Qu’il ne nous dise pas qu’il ne savait pas ! Macron a dit à son ancien conseiller, qui en est le directeur général, « attends la fin des élections pour annoncer le plan social ». Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. C’est corruption et complicités ! Ce n’est pas l’impuissance de l’État que je dénonce mais sa complicité.

Comment interprétez-vous le score décevant du PCF ?

Le principal enseignement, c’est que, lorsque les Français sont en colère, ils utilisent le bulletin RN et non celui de la gauche ou du Parti communiste. Nous devons faire l’analyse de cette situation. Comment construire les conditions pour recréer l’espoir pour que, demain, nous, la gauche, soyons la solution. Une gauche anticapitaliste, une gauche qui s’attaque au modèle économique. Une gauche qui remet en cause les logiques économiques actuelles.

Dans cette campagne, nous avons réussi à mobiliser les militants. Nous avons réussi à convaincre des soutiens très divers au-delà des rangs du Parti communiste. Beaucoup de responsables syndicaux, d’intellectuels se tournent de nouveau vers nous. Nous disposons d’une force qui est là, qui est riche et diverse. De plus en plus de gens croient, comme nous, qu’il faut profondément changer de modèle économique. C’est un acquis important de cette campagne que nous devons à notre présence à cette élection. Mais force est de constater que nous ne sommes ni rentrés dans le cœur des quartiers populaires, ni dans celui des ouvriers, des employés, des familles qui n’arrivent plus à vivre avec moins de 2 000 euros.

Pourquoi est-ce dans les catégories sociales les moins aisées que nous faisons le moins de voix ? Nous devons comprendre pourquoi et résoudre ce problème. Nous devons aller parler aux abstentionnistes et à ceux qui utilisent un autre bulletin que le nôtre, pour leur dire que c’est le système qu’il faut changer en profondeur et que le Parti communiste apporte des réponses. Il faut que l’on redevienne une force politique qui parle prioritairement au monde du travail, aux classes populaires, aux salariés, aux employés et plus globalement à tous les exploités, qu’ils en aient conscience ou pas. Le plaisir fut grand de mener cette campagne. Nous avons été fiers d’utiliser le vote communiste pour exprimer ces idées, d’aller convaincre. Maintenant, allons plus loin.

Macron veut installer le clivage « progressistes contre populistes », le RN joue les « mondialistes contre les souverainistes », la France insoumise oppose le « peuple » et l’« oligarchie », n’est ce pas la preuve que le clivage gauche-droite est dépassé ?

Je pense qu’il faut redonner du sens à ce clivage-là. Quelle gauche ? La question fondamentale, c’est comment réussir à reprendre le pouvoir sur la finance ? Les financiers et ceux qui défendent le capital agitent toutes les peurs : celle de l’extrême droite, celle de l’étranger, celle de l’avenir de la planète… Certaines de ces problématiques sont légitimes mais on ne peut pas les dépasser sans jamais remettre en cause le système. C’est donc là le cœur de la question qui est posée à la gauche. Est-ce qu’on peut trouver des points d’accord pour commencer à remettre en cause les fondements de ce système économique ?

Autrement dit remettre du contenu de classe dans le clivage gauche-droite ?

La gauche doit prendre conscience, et nous avec, que les capitalistes sont très forts. Ils ont gagné une manche ces dernières années. Nous devons l’analyser lucidement, nous mettre autour de la table et nous poser la question de comment reprendre la main. Je n’ai pas la prétention aujourd’hui d’avoir la réponse seul. Mais il faut avoir cette humilité-là. Ce que je sais, c’est que nous sommes très forts pour dénoncer les capitalistes, les financiers, ceux qui dominent. Mais beaucoup moins forts pour parler et convaincre ceux qui sont exploités, ceux qui sont dominés.

Le monde du travail est fort quand il est uni. Nous devons changer ce modèle économique pour remettre l’homme et la planète au cœur de tous les choix. Unis, nous serons plus forts pour reprendre le pouvoir sur la finance et décider de nos vies. Ce n’est pas qu’une question d’addition, c’est une question de bataille idéologique.

Dans ce contexte, la question écologique devient de plus en plus centrale…

Il faut s’adresser à la jeunesse, à ceux qui ont placé l’écologie en tête de leurs préoccupations et leur dire qu’il n’y aura pas de politique écologique sans remettre en cause le modèle économique. Le capitalisme vert, ça n’existe pas. J’ai toujours dit que cette question devait être une priorité pour nous. Le Parti communiste français, c’est l’humain et la planète d’abord. C’est clair.

La seule solution pour exprimer l’urgence écologique n’est pas le bulletin Vert. Le PCF a des propositions et un projet communiste qui répond au défi écologique et climatique. Nous devons montrer leur lisibilité et leur cohérence. C’est un problème de culture politique, de prise de conscience. Nous devons convaincre les jeunes et, pour cela, nous devons être encore plus nombreux. Nous appelons donc à un renforcement important de notre parti en nombre d’adhérents pour avoir plus de moyens humains, pour aller parler dans les lycées, les universités, les usines et les entreprises, pour convaincre de l’urgence à changer de modèle de société.

Au soir des européennes, un camarade est venu me voir et m’a dit : « C’est maintenant que tout commence. » J’ai apprécié cette formule. Cette campagne est un point de départ.

En 2017, la France Insoumise ne faisait plus référence à la gauche. En 2019, les Verts ne font plus référence à la gauche et ils arrivent en tête. La notion de gauche a-t-elle fait son temps selon vous ?

Je ne crois pas qu’il s’agisse pour nous de faire pareil. La gauche, si elle est disqualifiée dans les urnes, existe toujours dans les têtes. Comme la droite, qui a bien compris que Macron pouvait devenir son nouveau poulain. Cela dit, ces élections posent un certain nombre de questions et il va falloir prendre le temps de la réflexion. Je veux prendre le temps de me poser, d’écouter, d’étudier, de parler avec les militants. Je vais entamer une tournée des entreprises pour aller à la rencontre de ces salariés du public et du privé, échanger avec eux. Pour entendre leurs mots, ce qu’ils vivent dans leurs entreprises.

Mais n’est-on pas à la fin d’un cycle, y compris pour la gauche ?

Oui, la gauche peut disparaître et il peut y avoir demain un paysage politique structuré entre l’extrême droite qui fait peur et les démocrates qui seraient les sauveurs. Ça serait terrible. Pour déjouer ce piège, il faut faire ce qu’ont fait nos anciens en 1789 ou lors la Commune de Paris, il faut se remettre à rêver d’un projet d’émancipation humaine égalitaire. Un programme, ça ne suffit pas. Il faut réussir à se projeter dans un rêve humaniste, progressiste, communiste qui redonne envie de s’engager en politique au sens noble. Pas pour une boutique mais pour un projet de société.

Allez-vous rencontrer les autres forces de gauche prochainement ?

Oui, mais ça ne réglera pas tout. C’est facile de se retrouver avec des forces de gauche autour d’un café pour se mettre d’accord ou se dire qu’on n’est pas d’accord. C’est autrement plus difficile d’aller convaincre 10 millions d’électeurs qu’il est possible de changer la société ensemble. Je l’ai dit à Jean-Luc Mélenchon et Olivier Faure, je suis disponible pour discuter avec tout le monde sans préalable et sans dire qu’on a une réponse toute faite.

Après, il va y avoir des élections municipales. C’est un scrutin local, que les Français aiment bien. Le mode de scrutin permet les rassemblements les plus larges. Créons les conditions partout pour faire gagner des majorités qui vont porter des idées nouvelles et produire des actes nouveaux. Des élus qui vont défendre des services publics locaux, la gratuité des transports, l’écologie… qui vont se battre pour redonner des moyens aux communes et battre la droite de Macron et l’extrême droite.

Mais la gauche, ça ne peut pas être que des alliances électorales. Comment fait-on pour empêcher la privatisation d’ADP ? Comment fait-on pour gagner un moratoire sur toutes les fermetures de services dans les hôpitaux publics ? Pour que la ligne Perpignan-Rungis, le train des primeurs, ne ferme pas ? Pour empêcher les fermetures d’usines ? C’est concret, c’est maintenant et ça change la vie des gens. On peut mener ces batailles ensemble, gagner ensemble dans le respect des identités de chaque force. « C’est dans l’action que la gauche se reconstruira. »

Je pense que, aujourd’hui, il y a besoin surtout de rassembler celles et ceux qui veulent transformer radicalement la société. Il faut aller plus loin que la « gôche » avec un accent circonflexe. Produisons les idées qui vont nous permettre de sortir du capitalisme, une rupture heureuse avec la société actuelle vers une nouvelle société. Des gens qui veulent le faire, il y en a chez les insoumis, chez les Verts, chez les socialistes et chez les communistes bien sûr, mais il y en a beaucoup plus en dehors de nos partis !

Il s’agit moins d’additionner des forces politiques que d’additionner les idées, les gens et produire des actes. Quand les gilets jaunes disent que les politiques, « c’est de la merde », et qu’il y a trop de députés. Quand j’entends des responsables syndicaux qui disent : « La politique, ça ne m’intéresse pas, j’en fais pas. » C’est ça qui doit nous préoccuper. Il faut les convaincre qu’il faut qu’ils s’intéressent à la politique. Parce que d’autres le font et construisent leur avenir à leur place. Ce sera long mais c’est incontournable pour changer le rapport de forces dans notre pays. Oui, c’est maintenant que tout peut commencer.

Entretien réalisé par Stéphane Sahuc et Cédric Clérin
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