commenter cet article …
/image%2F1489059%2F20230703%2Fob_d3a7c7_capture-d-ecran-2023-07-03-a-19-07.png)
LETTRE DE FABIEN ROUSSEL AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
Vous trouverez ci-dessous un courrier envoyé par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord, au Président de la République à propos de l'offensive turque dans le Rojava et de la situation des kurdes.
Agression militaire turque contre les kurdes : Fabien Roussel écrit au Président de la République
Devant le ministère de la Santé, les députés et sénateurs communistes ont dévoilé hier leurs propositions « d’urgences ». Ce texte de loi ambitionne de redonner un nouveau souffle à un système de santé abîmé par des politiques d’austérité.
En plein mouvement social des paramédicaux, les parlementaires communistes ont présenté, hier, leur proposition de loi pour sortir de la crise des urgences et de l’hôpital. Depuis dix-huit mois, des élus PCF ont sillonné de nombreux territoires à la rencontre des soignants, des syndicats et des usagers. « Le constat est accablant : les hôpitaux et les Ehpad sont à genoux ! a lancé la sénatrice PCF Laurence Cohen devant le ministère de la Santé. Cela a des conséquences sur la qualité des soins, mais le gouvernement Macron continue les restrictions budgétaires. » « Cette crise majeure de l’hôpital est présente sur l’ensemble du territoire, c’est une grande question nationale », a abondé son homologue à l’Assemblée nationale, le député Pierre Dharréville.
Face à ce climat social explosif, les communistes défendent 43 mesures « d’urgence pour la santé et les hôpitaux ». L’un des volets du projet de loi porte sur le maintien du service public hospitalier. Cette exigence passe par la mise en place d’un « moratoire » sur les fermetures d’établissements, de services et de lits hospitaliers. Comme le rappelle Laurence Cohen, « le gouvernement dit ne pas “fermer les hôpitaux”, mais partout, des services, des lits ferment à cause des restrictions budgétaires ». La tendance est lourde : 39 % des maternités ont disparu depuis 1995, et les soignants se battent ici et là pour sauver des services hospitaliers, comme les urgences ou la chirurgie. Jugés peu rentables, les hôpitaux de proximité voient leurs services fermer les uns après les autres. « Ils sont aujourd’hui des coquilles vides », dénonce l’élue communiste. Pour garantir l’égalité d’accès aux soins, les parlementaires PCF défendent une refonte des petites structures basée sur « des activités obligatoires de médecine d’urgence, de chirurgie et d’obstétrique ».
L’autre gros morceau concerne le financement de l’assurance-maladie. Pour investir dans la santé, les parlementaires communistes proposent de fixer la hausse de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam) à 4,5 % en 2020. Son relèvement permettrait de dégager des recettes supplémentaires à hauteur de 5 milliards d’euros, notamment pour « embaucher 100 000 agents hospitaliers et titulariser les contractuels ». Les communistes le savent bien : la crise de l’hôpital et des urgences est le résultat des Ondam passés, qui ne correspondent pas à l’évolution des besoins croissants de l’hôpital public et de la santé. Et le gouvernement récidive : en l’état, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020 ne prévoit pas de hausse globale des dépenses de santé. La cure d’austérité sera toujours aussi sévère pour les hôpitaux. « Le gouvernement ne répond pas du tout à l’urgence, a estimé le député PCF Alain Bruneel. Et le déficit de la Sécurité sociale s’élève maintenant à 5 milliards d’euros. Avec les allègements de cotisations, le gouvernement tue la Sécurité sociale ! »
À rebours de cette logique, les communistes font des propositions pour renforcer le financement de la Sécu. Ils préconisent, par exemple, la fin « progressive » sur deux ans de l’allègement de cotisation patronale Cice qui représente un « coût annuel de 22,1 milliards d’euros pour l’assurance-maladie », la disparition du « dispositif Fillon », qui représente un manque à gagner de « 23 milliards d’euros pour la Sécurité sociale en 2018 ». Ils défendent également la suppression de la taxe sur les salaires, prélevée sur les établissements publics de santé, pour dégager « 4 milliards d’euros ». Cette somme permettrait de financer des réouvertures, des créations de postes et des hausses de salaires dans l’ensemble des services. Une ambition aux antipodes des mesures dévoilées par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, depuis les mobilisations aux urgences et à l’hôpital. « Nous sommes aux côtés des personnels hospitaliers et des pompiers en lutte », a souligné le député Alain Bruneel.
"Le verdict est tombé. Entre 9 et 13 ans de prison pour les #prisonnierspolitiquescatalans. Jusqu’où la purge et le déni des droits de l’Homme? La France doit faire entendre la voix de la liberté, l’UE doit agir. Rester silencieux c’est désormais être complice. #Liberté et vite" (Marie-Pierre Vieu, conseillère régionale communiste, députée européenne communiste de 2017 à 2019)
Ex-députée européenne, l’éditrice d’Arcane 17 publie le livre Catalans, un recueil de nouvelles en solidarité avec les détenus politiques catalans.
Qu’est-ce que ces condamnations disent de l’état de nos démocraties ?
Elles sont mal en point. Examinons la séquence en Europe. Une résolution vient d’être adoptée qui dit que « communisme égale fascisme ». Au Kurdistan, on observe l’incapacité de l’Union européenne (UE) à dire quelque chose du fait du chantage de Recep Tayyip Erdogan. À Strasbourg, 200 députés européens de droite extrême viennent d’être élus. Et désormais, le silence de l’UE et de ses États membres face à ces condamnations. La question des droits de l’homme et des libertés est mise à mal partout. Si Emmanuel Macron et la France se taisent sur ce qui se passe en Espagne, cela signifie que nous sommes complices.
Comment se fait-il que les État peinent à résoudre démocratiquement la question de la montée des régionalismes ?
Les régionalismes peuvent conduire, selon l’histoire, à un mouvement de liberté, de progressisme, ou tout le contraire. En Europe, on observe une accélération des politiques libérales, les traités de libre-échange, la mise en concurrence avec les travailleurs détachés, une mise à mal des droits fondamentaux, mais également des cultures locales. Dans un contexte de montée des colères, peut resurgir la question de l’identité nationale ou régionale. Ces mouvements s’inscrivent dans le cadre d’un développement du libéralisme et de l’incapacité des États à régler ces questions-là par le dialogue.
Pourquoi avoir pris l’initiative d’un livre de solidarité avec les prisonniers politiques catalans ?
Députée européenne, je participais à la plateforme de dialogue sur la Catalogne. J’ai l’intime conviction qu’il faut sortir de cette question par le haut. Je n’ai jamais pris parti dans le débat sur l’indépendance. J’ai toujours pensé que la question était d’aménager constitutionnellement la Catalogne dans l’Espagne en passant par le dialogue entre l’État central et cette région ; et que les peuples doivent s’autodéterminer. Face aux arrestations, je me disais qu’il fallait faire monter un mouvement d’opinion. D’où ce livre. Notre parti pris a été de demander à quinze auteurs de raconter des histoires, de rédiger des nouvelles noires, pour témoigner de notre solidarité. Ce choix de la fiction était le moyen de tout dire sans filtre. On a demandé aux auteurs de se placer du point de vue des droits de l’homme. Lorsqu’on lit les quinze fictions de l’ouvrage, il ressort une idée-force. On n’est pas, en Espagne, sortis du franquisme.
Le PCF condamne fermement la décision du Tribunal suprême d'Espagne d'infliger à des responsables politiques catalans de lourdes peines de prison pour « sédition ». C'est un déni démocratique : il est inadmissible de judiciariser des processus politiques ; c'est un déni de justice : les droits de la défense au cours du « procès » ne furent pas respectés et que dire de la présence de Vox, le parti d'extrême-droite, parmi les parties civiles ? Ce verdict démontre que, sans évolution démocratique régénératrice des institutions espagnoles, la répression, l'étouffement des libertés et le déni de l’État de droit peuvent reprendre le dessus.
Le PCF soutient les forces de gauche politiques, sociales, citoyennes, en Catalogne et dans le reste de l'Etat espagnol qui se mobilisent pour exiger la libération immédiate des prisonniers pour motif politique. L'heure est à la relance urgente du dialogue politique entre les institutions de l’État espagnol et les autorités catalanes ; elle est aussi à la lutte contre les forces de droite et d'extrême-droite qui cherchent à profiter du conflit catalan pour imposer une véritable régression démocratique.
Le PCF réaffirme sa solidarité avec le Parti Communiste d'Espagne, le PSUC Viu, la Gauche Unie et les autres forces et confluences progressistes qui luttent en Catalogne et en Espagne pour porter l'objectif d'un nouvel modèle territorial reflétant le caractère plurinational de l'Etat et d'une république fédérale.
Douze dirigeants indépendantistes catalans ont été condamnés au total à plus de cent quatre ans de prison. Une réponse répressive à la crise politique ouverte par le référendum d’octobre 2017.
Ils étaient en préventive depuis bientôt deux ans, et voilà qu’avec la sentence prononcée par le Tribunal suprême, ils pourraient grosso modo y rester une décennie encore. Hier matin, sept magistrats de la plus haute juridiction espagnole ont condamné neuf dirigeants des partis et du mouvement citoyen indépendantistes catalans, reconnus coupables de « sédition » – un délit politique de premier plan en Espagne –, aggravée pour quelques-uns de « malversations », à des peines de prison allant de treize à neuf ans. L’accusation de « violences concertées » a, elle, été écartée par le tribunal qui ne dépeint pas le processus d’indépendance unilatérale comme une insurrection.
Parmi les plus emblématiques de ces « prisonniers politiques » – selon une expression partagée, au-delà des rangs pro-indépendantistes, au sein de la gauche espagnole (Podemos et Izquierda Unida) –, il y a Oriol Junqueras, ex-vice-président de l’exécutif catalan, dirigeant de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), élu député européen en mai dernier, malgré son emprisonnement, mais aussi Raul Romeva, ex-ministre de la Catalogne et dirigeant de la coalition indépendantiste, et Carme Forcadell, l’ex-présidente du Parlement catalan, ainsi que les Jordis – selon leur sobriquet affectueux (Jordi Sanchez et Jordi Cuixart) –, les deux leaders des mouvements citoyens pro-indépendance (Assemblée nationale catalane et Omnium). Trois autres responsables politiques, restés en liberté jusque-là, se sont vus infliger, pour cause de « désobéissance », une peine d’un an et huit mois de prison ferme. Tout comme quelques-uns de ses proches, Carles Puigdemont, ancien président de centre-droit de la Generalitat – le gouvernement catalan –, en exil depuis la mise en branle de l’appareil judiciaire espagnol contre les indépendantistes, échappe au verdict, mais un nouveau mandat d’arrêt européen et international à son encontre a été émis hier par les autorités espagnoles.
Cent quatre années et six mois, au total, dans les geôles espagnoles pour avoir, sans rechercher de consensus général, tenté de mettre sur pied la république catalane… C’est l’aboutissement de la gestion exclusivement judiciaire et répressive, mais si peu politique, de la crise ouverte par le mouvement indépendantiste qui, disposant d’une majorité au Parlement régional et donc régnant à la Generalitat, a poussé la confrontation avec Madrid jusqu’à organiser, le 1er octobre 2017, un référendum d’autodétermination, en dehors du cadre constitutionnel espagnol, puis à adopter une déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne, le 27 octobre de la même année. Selon ses organisateurs, malgré les multiples brutalités policières le jour du référendum, 2,4 millions d’électeurs, soit plus de 40 % du corps électoral, avaient participé au scrutin et 90 % d’entre eux s’étaient prononcés en faveur du oui à l’indépendance.
À Barcelone et dans toute la Catalogne, la nouvelle de ces condamnations a fait l’effet d’une bombe. Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue, à l’appel des partis, des syndicats et des associations indépendantistes, mais également d’une plateforme baptisée « Tsunami démocratique » et animée, via une messagerie cryptée, par des militants anonymes. Les grandes artères de la capitale catalane ont été rapidement envahies et bloquées par les manifestants, ainsi que les autoroutes, les gares et l’aéroport. Symbole de l’émoi à Barcelone, le club emblématique de la ville, le Barça, dénonce dans un communiqué les condamnations : « La prison n’est pas la solution, écrivent ses dirigeants. La résolution du conflit que vit la Catalogne passe exclusivement par le dialogue politique. »
Alors que des forces policières de tout le pays ont afflué sur la Catalogne ces derniers jours, la droite (Parti populaire et Ciudadanos) pousse, au contraire, les socialistes espagnols (lire ci-contre), toujours aux affaires avant de nouvelles élections législatives en Espagne dans les prochaines semaines, à durcir encore le ton face au regain des mobilisations indépendantistes. Successeur de Mariano Rajoy à la tête du PP – premier ministre espagnol à l’automne 2017 et tenant de la ligne de confrontation répressive avec les indépendantistes catalans –, Pablo Casado a proposé, hier, à ses homologues du Psoe et de Ciudadanos de ratifier un pacte garantissant que « les délinquants prisonniers catalans ne bénéficieront jamais de la moindre mesure d’aménagement pénitentiaire ou d’une remise de peine ». Même vindicte irascible du côté d’Alberto Rivera, le leader du parti ultralibéral Ciudadanos, qui s’est allié à la formation d’extrême droite Vox pour gouverner la région de Madrid…
Mis en difficulté par les conséquences judiciaires de leur référendum d’autodétermination, mais pas vraiment affaiblis dans les urnes – les républicains de gauche de l’ERC ont, avec le renfort de quelques personnalités venues des rangs communistes ou municipalistes, supplanté dans leur camp le centre-droit de Carles Puigdemont, mais, au total, les indépendantistes demeurent légèrement majoritaires à Barcelone –, les forces nationalistes catalanes comptent en profiter pour relancer la machine, alors que leurs leaders condamnés annoncent d’ores et déjà des recours contre leurs condamnations. « À ceux dont la seule volonté est de faire du mal, nous disons que rien n’est terminé aujourd’hui, écrit Oriol Junqueras dans un courrier depuis sa prison rendu public par son parti. Vous n’avez ni vaincu ni convaincu. Nous reviendrons et nous reviendrons encore plus forts. N’ayez aucun doute, nous reviendrons et nous gagnerons. » Dans ce concert de déclarations va-t-en-guerre, quelques voix tracent des chemins pour sortir la Catalogne et l’Espagne de l’impasse de la répression. C’est le cas d’Ada Colau, la maire de Barcelone, qui n’est ni avec les indépendantistes catalans ni avec les nationalistes espagnols : « Nous sommes aujourd’hui confrontés à la pire version de la judiciarisation de la politique, avec la cruauté », dénonce-t-elle, en exprimant sa solidarité avec les condamnés et leurs familles. Dirigeant de Podemos, Pablo Iglesias appelle, sans masquer ses désaccords avec les indépendantistes catalans, à bifurquer radicalement : « Nous devons emprunter avec sensibilité et intelligence la voie de la réconciliation sans exclure aucune solution… Les mêmes recettes qui nous ont portés ici ne seront pas celles qui nous en sortiront. » Eurodéputée communiste, membre de la coalition Izquierda Unida, Sira Rego dénonce un verdict « disproportionné » qui « ne permet pas de résoudre la situation en Catalogne ». « L’opposition politique ne devrait jamais être poursuivie, rappelle-t-elle. Face à ceux qui continuent à chercher leur revanche, nous continuerons d’exiger un dialogue politique avec une autre hauteur de vue. »
Communiqué publié par Nicolas Garcia, secrétaire départemental du PCF des Pyrénées Orientales, le 13 octobre avant le verdict:
En Catalogne tout le monde retient son souffle en attendant le verdict qui s’annonce sévère à l’encontre des prisonniers politiques catalans qui depuis bientôt deux ans sont en prison préventive. Leur tort est d’avoir défendu pacifiquement des positions politiques, d’avoir soutenu et permis l’organisation d’un référendum proposant la république catalane. Ils en avaient reçu le mandat du suffrage universel en obtenant la majorité absolue au parlement de Catalogne. Désormais ils risquent 15 à 20 ans de prison pour sédition et rébellion. Le président de la Generalitat de Catalunya, Carles Puigdemont et quelques autres se trouvent à Waterloo ou dans un autre pays étranger. A l’instar de la totalité de nos sénateurs et députés communistes, nous exigeons la libération des prisonniers politiques victimes d’une parodie de procès et considérons que la solution au problème politique de la catalogne en Espagne ne peut être que politique. Dans aucun pays du monde la répression et les sanctions contre des responsables politiques, citoyens, associatifs ou syndicaux qui revendiquent démocratiquement et pacifiquement, ne sont acceptables. Comme tant d’autre peuples, le peuple catalan a le droit de décider librement de son avenir. La France et l’Europe doivent agir et vite pour exiger le dialogue et la solution politique, car dans le pays qui nous est le plus proche, l’irresponsabilité de la justice et de l’État espagnols, ainsi que la sanction qui s’annonce pourraient mettre le feu aux poudres. Le PCF66 appelle ses militantes et militants à manifester pour la liberté et la démocratie en toutes circonstances.
Après le suicide d’une des leurs, ces professeurs de Seine-Saint-Denis signent une lettre ouverte pour réclamer au ministre l’ouverture d’un « dialogue réel ».
Aulnay, Bondy, Bobigny… La liste est impressionnante. Et il sera difficile pour Jean-Michel Blanquer de l’ignorer. Trois semaines après le suicide de leur collègue dans son école de Pantin, 200 directrices et directeurs d’école de Seine-Saint-Denis signent lundi, avec leur identité complète, une longue lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale pour lui réclamer l’ouverture d’un « dialogue réel ». Le 23 septembre, le corps de Christine Renon, 58 ans, avait été retrouvé dans le hall de la maternelle Méhul. Deux jours plus tôt, juste avant de se donner la mort, cette enseignante, « solaire » et « hyper-investie » selon ses collègues, avait pris le soin d’écrire une lettre de trois pages où elle détaillait son « épuisement », la solitude des directeurs, l’accumulation de tâches « chronophages », les réformes incessantes et contradictoires.
Face à ce drame, l’attitude de Jean-Michel Blanquer a été d de l’ignorer, ne concédant qu’un tweet de soutien où il ne citait même pas le nom de l’enseignante… Puis, après le 3 octobre, où des milliers d’enseignants se sont mobilisés à travers la France pour rendre hommage à Christine Renon, le ministre s’est dit « prêt » à « améliorer la situation des directeurs d’école ». Comment ? En recyclant certaines des mesures délétères – dont un nouveau statut de directeur d’école – qu’il avait échoué à faire voter lors de l’examen, cet été, de son texte sur « l’école de la confiance »…
Une tentative d’« instrumentalisation » à laquelle la lettre ouverte de ce jour entend répondre. La missive résonne d’une profonde colère. « Comment avez-vous pu, par votre absence d’écoute, permettre que notre collègue en vienne à ce geste ultime ? » interrogent ces enseignants.
Dans ce courrier, ils se disent « oppressés par une institution obsédée par la mesure et le contrôle » et « submergés de tâches administratives », ils décrivent une « mission qui n’a plus de sens car elle est mise à mal par des injonctions de plus en plus déconnectées de la réalité et des besoins de nos élèves et de nos écoles ». Estimant être, bien souvent, « le dernier service public encore fonctionnel dans leur quartier », ils réclament « d’ouvrir un dialogue réel et concret », afin que les « réformes à marche forcée cessent ». Parmi leurs revendications, l’augmentation significative des temps de décharge de classe pour les directrices et directeur d’école. Ou encore la création d’emplois statutaires d’aide administrative à l’école avec des agents formés et en contrat pérenne. « Il est urgent de reconstruire le respect du travail de chacun mis à mal par des réformes et le “new management public” destructeurs alors que c’est de considération, de soutien et de protection dont ont besoin les enseignants », concluent-ils. Jean-Michel Blanquer va-t-il leur répondre ?
Laurent Mouloud
200 professeurs de Seine-Saint-Denis signent une lettre ouverte adressée à leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer.
Monsieur le Ministre,
Nous nous adressons à vous en tant que directrices et directeurs de Seine Saint Denis. Le geste de notre collègue Christine Renon a mis tragiquement la lumière sur la souffrance au travail des enseignants, en particulier celle de ceux chargés de la mission de direction d’école.
Pourtant ce n’est pas faute de vous avoir interpellé à de nombreuses reprises via nos représentants syndicaux dans les instances, via nos mobilisations du printemps dernier contre les EPSF notamment. Nous sommes en colère ! Comment avez-vous pu, par votre absence d’écoute, permettre que notre collègue en vienne à ce geste ultime ?
Nous sommes des professionnels investis dans cette mission que nous avons choisie pour être avant tout les animateurs d’un collectif de travail : le conseil des maîtres.
Notre mission n’a plus ce sens car elle est mise à mal par des injonctions de plus en plus déconnectées de la réalité et des besoins de nos élèves et de nos écoles. Les personnels sont oppressés par une institution obsédée par la mesure et le contrôle qui remet constamment en cause le travail des équipes s’il a le malheur de ne pas correspondre aux attentes et préconisations du moment. Nous sommes traités comme des objets de réforme et non comme des professionnels concepteurs avec une éthique et des valeurs.
Nous sommes submergés de tâches administratives qui ne nous permettent plus de faire vivre nos projets d’école. Or dès que vous avez pris vos fonctions votre gouvernement a supprimé nos aides administratives au lieu d’en faire un vrai métier pour des personnels sur le chemin du retour à l’emploi !
Dans un département comme le nôtre où l’ensemble des services publics partenaires de l’école est exsangue, nous sommes seuls face aux situations de crise que vivent nos élèves. Nous représentons pour leurs familles le dernier service public encore fonctionnel dans leur quartier. Nous ne pouvons pas pallier les défaillances et manques de services sociaux, médicaux, de logement, de protection de l’enfance ou encore de justice.
L’institution que vous représentez nous doit une protection et un soutien. Et non pas, comme c’est le cas désormais, une suspicion et une remise en cause de nos décisions.
Depuis 2 ans, vous avez mené des réformes à marche forcée, sans jamais tenir compte de notre avis. Réformes qui heurtent notre professionnalisme et qui pour certaines bafouent nos valeurs et notre éthique.
Et enfin, quel mépris d’instrumentaliser le geste de notre collègue pour, à nouveau, proposer le statut de supérieur hiérarchique des directeurs. Et ce, le jour même de notre grève massive et de ses obsèques ! Le manque de reconnaissance dont souffre notre mission n’aura pas pour réponse un statut qui nous isolerait encore plus de nos collègues. Nous ne souhaitons pas être « les soldats » de votre politique ! Nous avons choisi notre métier, notre mission pour permettre à tous nos élèves de bénéficier du meilleur service public d’éducation possible. Et vous nous rendez cette tâche impossible.
C’est dans la dignité et l’unité que nous, directrices et directeurs de Seine Saint-Denis vous demandons d’ouvrir un dialogue réel et concret. Pour remplir nos missions, nous voulons que vos réformes à marche forcée cessent. Que vos prescriptions pédagogiques à tous les niveaux arrêtent de mettre à mal nos collègues que vous transformez en simples exécutants de méthodes et autres guides colorés. Pour nous soulager dans notre quotidien, nous souhaitons également l’augmentation significative des temps de décharge en fonction des besoins définis par le conseil des maîtres et la création d’emplois statutaires d’aide administrative à l’école pour des agents formés et en contrat pérenne.
Il est urgent de reconstruire le respect du travail de chacun mis à mal par des réformes et le « new management public » destructeurs alors que c’est de considération, de soutien et de protection dont ont besoin les enseignants.
Veuillez croire, monsieur le Ministre, en notre engagement et en notre mobilisation pour le service public d’éducation nationale.
Le budget qui permet aux établissements d’aider les familles en grande difficulté va passer de 59 à 30 millions d’euros.
Sans doute un effet du « en même temps » macronien ? Alors qu’il se gargarise dans les médias de la mise en place de petits déjeuners gratuits, le gouvernement s’apprête, en toute discrétion, à sabrer dans les aides aux parents d’élèves les plus précaires. C’est en tout ce que nous apprennent la publication des « bleus budgétaires », ces documents qui détaillent les dépenses pour chaque mission de l’État. Les crédits consacrés aux fonds sociaux des établissements scolaires, qui avaient été portés à 59 millions d’euros par le précédent gouvernement, et maintenus à ce niveau en 2018 et 2019, devraient être de 30,6 millions d’euros en 2020… Révélée par Jean-Paul Delahaye, ancien directeur général de l’enseignement scolaire et auteur d’un rapport intitulé « Grande Pauvreté et réussite scolaire », l’information n’est pas une bonne nouvelle pour les familles pauvres. Alloués aux établissements pour soutenir la scolarité des élèves démunis, ces fonds aident à payer les transports, le matériel scolaire, les sorties ou encore les soins indispensables, comme des lunettes ou un appareil auditif…Cette baisse n’est pas une première. Entre 2002 et 2012, sous les présidences de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, ces fonds sociaux étaient passés de 73 à 32 millions. À la manœuvre, les ministres Gilles de Robien et Luc Chatel, tous deux flanqués d’un certain Jean-Michel Blanquer… Cette fois, le gouvernement va tenter de la jouer plus fine. La baisse attendue pour 2020 sera camouflée par une entourloupe budgétaire. Aux 30,6 millions d’euros alloués, le ministère va ajouter les reliquats de fonds sociaux non consommés des années précédentes. De quoi afficher une somme finale inchangée par rapport à 2019… Pirouette cynique qui révèle, au passage, que 30 millions d’euros de fonds sociaux n’auraient pas été utilisés par les établissements, alors que les besoins sont là. « Trop d’établissements, estime Jean-Paul Delahaye, n’ont pas encore de volet social dans leur projet, alors même que la pauvreté a des conséquences lourdes dans la vie des élèves. » Et ce n’est pas le gouvernement qui va les y contraindre…

Le PCF condamne fermement la décision du Tribunal suprême d'Espagne d'infliger à des responsables politiques catalans de lourdes peines de prison pour « sédition ». C'est un déni démocratique : il est inadmissible de judiciariser des processus politiques ; c'est un déni de justice : les droits de la défense au cours du « procès » ne furent pas respectés et que dire de la présence de Vox, le parti d'extrême-droite, parmi les parties civiles ? Ce verdict démontre que, sans évolution démocratique régénératrice des institutions espagnoles, la répression, l'étouffement des libertés et le déni de l’État de droit peuvent reprendre le dessus.
Le PCF soutient les forces de gauche politiques, sociales, citoyennes, en Catalogne et dans le reste de l'Etat espagnol qui se mobilisent pour exiger la libération immédiate des prisonniers pour motif politique. L'heure est à la relance urgente du dialogue politique entre les institutions de l’État espagnol et les autorités catalanes ; elle est aussi à la lutte contre les forces de droite et d'extrême-droite qui cherchent à profiter du conflit catalan pour imposer une véritable régression démocratique.
Le PCF réaffirme sa solidarité avec le Parti Communiste d'Espagne, le PSUC Viu, la Gauche Unie et les autres forces et confluences progressistes qui luttent en Catalogne et en Espagne pour porter l'objectif d'un nouvel modèle territorial reflétant le caractère plurinational de l'Etat et d'une république fédérale.
Sous la pluie, une quarantaine de personnes se sont retrouvés au kiosque à Morlaix samedi 12 octobre, comme partout en France, pour dénoncer l'invasion par la Turquie du nord de la Syrie administrée par les Kurdes qui y ont mis en place une forme de gouvernement démocratique, laïc et progressiste, multiculturel, après avoir combattu Daech au sol.
Roger Héré, élu PCF à Plouigneau et membre du comité de section du PCF pays de Morlaix, a exprimé la position des communistes face au lâchage des Kurdes par les américains et l'OTAN et le soutien de la section PCF du Pays de Morlaix au peuple kurde agressé par Erdogan et ses supplétifs islamistes, soutien qui réclame aussi de la France un arrêt des ventes d'armes à la Turquie et une action résolue pour le retrait des troupes turques qui veulent écraser le peuple kurde et pratiquer une politique de nettoyage ethnique au nord de la Syrie au profit de visées impérialistes.
Hevrin Khalaf, secrétaire générale du Parti Syrien pour le futur a été assassiné aujourd'hui par des mercenaires djihadistes, forces auxiliaires de l'armée turque, sur la route entre Qamichli et Minbej, Rojava.
Femme. Démocrate. Pacifiste. Kurde. Quatre raisons pour être exécutée pour Erdogan.
Stop à l'agression permanente du peuple kurde et de son aspiration à la liberté et à la démocratie.
ça y est, c'est la rentrée pour les Mardis de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix, qui proposent une conférence par mois hors été depuis janvier 2018, et ont réuni plusieurs centaines de personnes avec pour but essentiel le partage des savoirs, des expériences et réflexions, à partir de conférences d'éducation populaire.
Le Mardi 15 octobre à 18h, nous proposerons un visionnage collectif du film de Gilles Balbastre "Main basse sur l'énergie" avec ensuite un échange sur le film avec Bernard Jasserand, ancien salarié d'EDF et syndicaliste.
Depuis 2007, le secteur de l'énergie est entièrement ouvert à la concurrence. Mais il faut remonter encore dans le temps, à la fin des années 90, pour connaître une série de lois libérales qui va démembrer pierre après pierre le service public incarné par EDF et GDF.
Faute d'information, le citoyen lambda mesure mal les conséquences de cette dérégulation.
La hausse exponentielle des factures, l'accroissement de la précarité énergétique, sont la partie visible de l'iceberg. La partie immergée, la plus importante, est peu perceptible. Les médias une fois de plus ne se donnent la peine de l'éclairer.
Et pourtant nos concitoyens seraient en droit d'être un minimum informés sur ce qu'on peut nommer « un vaste hold-up », qui se déroule sous nos yeux mais en dehors de notre compréhension.
Peu d'entre nous savent au fond que nous nous sommes mis à remplir les poches d'une infime minorité et que l'électricité, est devenu en grande partie un polar de série B.
« Main basse sur l'énergie » se propose de visiter en six épisodes, à partir du feuilleton culte des années 60, les Incorruptibles, les années passées où a prospéré en quelque sorte une maffia de l'énergie avec ses nouveaux gangsters, ses politiciens plus ou moins véreux et ses résistants, les nouveaux Eliot Ness, garants d'un service public de l'énergie plus que jamais indispensable.
Ce film de Gilles Balbastre est produit avec l'aide de la CGT Mines-Energie et de "Là-bas si j'y suis"
Le 26 novembre 2019, la prochaine invitée des Mardis de l'éducation populaire du PCF Morlaix sera l'écrivaine d'origine allemande Saskia Hellmund, auteur de "La fille qui venait d'un pays disparu" et de "Pays perdu, pays choisi" qui nous parlera de sa jeunesse en RDA à l'occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin.
D'autres conférences sont prévues les mois suivants sur les enjeux écologiques et la crise climatique, la Palestine et le Proche-Orient, la littérature et l'histoire, la philosophie, les sciences.
Rappels de nos derniers mardis de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix :
Janvier 2018, le philosophe Jean-Michel Galano sur la philosophie de Karl Marx
Mars 2018, Greg Oxley sur la Révolution Française
Avril 2018, l’écrivaine Maha Hassan sur la littérature, la révolution et la guerre en Syrie
Mai 2018, le journaliste Gérard Le Puill sur l’agriculture et le réchauffement climatique
Mai 2018, encore, l’ingénieur Yann Le Pollotec sur la révolution numérique
Juillet 2018, Marie-Noëlle Postic et Lucienne Nayet sur l’antisémitisme et son histoire
Novembre 2018: l’essayiste, romancier et journaliste Valère Staraselski sur le thème: « Aragon, entre littérature et politique, la liaison délibérée ».
Décembre 2018: la sociologue et romancière Anne Guillou, auteur chez Skol Vreizh en 2018 de « Une embuscade dans les Aurès »: La Guerre d’Algérie (1954-1961), blessures intimes.
Janvier 2019: Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, avocate, sur l'enjeu de la justice et des réformes de la justice
Février 2019: conférence de l’historien Pierre Outteryck sur la belle figure de Martha Desrumaux, résistante, déportée, dirigeante du mouvement ouvrier, communiste et cégétiste, du Nord
Mars 2019. Retour de Palestine avec nos trois camarades de l'AFPS, en mission de solidarité au camp de réfugiés de Jalazone: François Rippe, Thierry Seigland, Yann Crenn
Avril 2019: Maryam Madjidi, écrivaine prix Goncourt du premier roman, prix étonnants voyageurs 2018, sur "Marx et la poupée" et sa jeunesse de réfugiée iranienne, fille de militants communistes chassés par la dictature islamiste en Iran.
Mai 2019: l'historien Jean-Paul Sénéchal sur le Front Populaire dans le Finistère
Juin 2019: 1917-1920: Histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire confronté à la guerre, en chansons, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant. "De la première guerre mondiale à la création du PCF, éléments d'histoire et de contexte".
Juillet 2019: Bérénice Manac'h sur "Le livre de Nella": une jeunesse dans une famille de réfugiés italiens communistes et dans l'URSS de Staline
Voir aussi: