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22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 07:05
Ensemble Morlaix, contre les postures politiciennes des partisans de la division à gauche...

Nous avons lu dans la presse ce matin le communiqué de Morlaix Alternative Citoyenne annonçant qu'ils partiraient seuls à l'élection municipale en refusant l'union proposée par Morlaix en Commun et négociée ensemble pendant deux mois.

Les ficelles sont grosses...

Le refus de la démocratie citoyenne, le monopole des partis, il n'a jamais été question de ça. En dehors des 12 premiers colistiers proposés (6 de Morlaix en commun et 6 de Morlaix alternative citoyenne), les 21 autres pouvaient être des citoyens ou des membres d'organisation politique, et auraient fait acte de candidature, désignés ensuite par le comité de soutien sur la base d'une liste de consensus proposée par les premiers colistiers. Il y aurait eu sans doute une majorité de citoyens sans étiquette politique sur cette liste de rassemblement. Par ailleurs, le projet que nous avions proposé à Morlaix Alternative Citoyenne, et le mode de campagne sur lesquels nous nous étions mis d'accord, étaient centrés sur la démocratie de participation citoyenne: 

Le premier point de notre pré-programme soumis à la discussion auprès de MAC était:

1. Associer les citoyens aux prises de décision et démocratiser le fonctionnement de la municipalité:

Faire de la démocratie participative et de l'implication des habitants et des acteurs de la ville (associations, etc.) dans les choix de gestion, d'investissement, un des grands axes de notre mandat de gauche pour la ville est une priorité pour nous.

- des conseils de quartiers et des élus référents de quartier

- un conseil municipal des jeunes, un ou des budgets participatifs

- des commissions extra-municipales ouvertes aux associations et citoyens, des commissions municipales qui soient des lieux d'élaboration et de débat

- des assises de la ville avec les citoyens et associations

- une concertation large avant les grands projets et le vote du budget primitif qui pourra donner lieu à un compte rendu de mandat annuel et une projection sur les projets à venir.

- une relation de dialogue et de travail véritable avec les associations et le personnel municipal, les représentants syndicaux qui doivent être considérés comme des vrais partenaires, etc.

Nous voulons étendre cette conception d'une citoyenneté active et d'une démocratie de participation citoyenne et populaire à la communauté d'agglomération elle aussi selon des modalités que l'on devra définir ensemble et avec les autres équipes de gauche de Morlaix-Communauté.

 

Morlaix en commun a mis tous les ingrédients et fait tous les efforts pour aller à l'accord et l'unité car nous pensions qu'il le fallait objectivement pour Morlaix et les Morlaisiens et nous voulions unir toutes les compétences à gauche : un programme sur lequel Morlaix alternative citoyenne ne trouvait rien à redire, un mode de campagne sur lequel nous nous étions entendu en commun au cours de 4 réunions de négociation en deux mois, une parité dans les postes à responsabilité (6 premiers colistiers de chaque côté, parité au niveau des postes d'adjoints et de conseillers communautaires).

Pour la tête de liste, nous devions la désigner au sein des douze premiers colistiers et Morlaix alternative citoyenne ne nous a jamais fait de proposition alternative à celle que nous proposions, Jean Paul Vermot, qui a toute l'expérience et les compétences requises pour gérer la ville et qui a au moins eu le mérite de proposer sa candidature de manière franche et transparente, candidature que nous soutenions car nous savons que c'est un homme de dialogue avec des valeurs bien ancrés à gauche (service public, logement social...) qui est capable de composer avec la diversité politique de la gauche. Jean-Paul Vermot a par ailleurs une expérience de la direction de collectifs (Pôle Emploi, AFPA), de la négociation au sein de groupes communautaires, une connaissance des autres élus de gauche de Morlaix Communauté, une expertise technique sur un certain nombre de dossiers très importants pour Morlaix.

Les Morlaisiens ont de quoi être en colère que la gauche ne se soit pas entendu, mais clairement on a le sentiment que la Mac nous a joué un grand cinéma en disant et faisant croire qu'ils voulaient une seule liste à gauche ( tout en continuant a faire campagne chaque semaine sur le marché) alors qu'en son sein (et les effectifs ne sont pas pléthoriques : c'est 15 personnes qui ont décidé jeudi dernier à la majorité de refuser la fusion avec Morlaix en commun et la base d'accord que nous avions défini ensemble) une grande partie des colistiers, de Michel Le Saint à certains Insoumis, étaient de toute façon hostiles a un accord avec Jean Paul Vermot et le PS, en tout cas à une tête de liste de Jean Paul Vermot, sans avoir jamais la transparence et l'honnêteté de proposer une candidature en face.

C'est d'autant plus triste que la démocratie participative était l'axe premier et directeur du projet politique que Morlaix en commun a proposé a Mac... Les arguments de désunion évoqués de manière tendancieuse dans ce communiqué ce sont que des prétextes pour couvrir une ligne "intégriste" qui l'a emportée chez eux, très loin d'une vision pragmatique, d'une volonté de rassemblement et de servir les intérêts de la population en mettant enfin une majorité de gauche, diverse et c'est tant mieux, aux responsabilités grâce à un processus d'union face à la droite (3 listes probablement) et l'extrême-droite (une liste).

Lors de nos discussions, Morlaix alternative citoyenne n'a quasiment jamais parlé programme ni apporté d'idées sur le projet.

Ce n'était pas son souci: mais seulement, la forme, la forme, la procédure.

Il fallait à tout prix nous ramener non loin du projet décidé notamment par Michel Le Saint il y a un an et demi: une réplique de la coopérative citoyenne ou deux groupes auraient pu s'affronter dans une sorte de primaire interne pour la tête de liste, avec une proposition de désignation en décembre, qui nous laissait beaucoup de temps (!!!) pour faire campagne et tisser des rapports de confiance entre nous.

La condition du non-cumul des mandats pour le maire de Morlaix était très discutable sur le fond et venait de toute façon comme un prétexte pour ne pas aboutir.

Il y a toujours des élections pour la présidence de Morlaix co - les élus communautaires issus de MAC auraient pu voter de toute façon pour qui ils voulaient. Je n'ai pas de religion sur le sujet mais c'est le plus souvent un maire qui trouve la légitimité d'être élu président de Morlaix communauté, et ce ne serait pas défavorable mais au contraire une condition facilitante à la mise en œuvre de notre projet de gauche et aux intérêts de Morlaix que ce soit le maire de Morlaix. A condition bien sûr que ses idées et son projet nous conviennent.

Aujourd'hui, le jeu reste ouvert pour que notre liste de gauche l'emporte au second tour après un bon premier tour. En effet, il pourrait y avoir 3 listes de droite en plus de la liste d'extrême-droite si elles arrivent à se former. 

Jean-Philippe Bapceres, ancien élu Idées et Coopérative citoyenne, tendance verte,  conduira la liste La République en marche. Un choix bien opportuniste et surtout peu compréhensible sur le plan intellectuel et politique. Allez comprendre...

Le candidat malheureux à LREM, Emmanuel Métiviers du MODEM, envisagerait de faire une troisième liste de droite.

On en serait donc à 6 listes de 33 candidats si ça se fait : qui a dit que la politique n'intéressait plus personne?

Maintenant, les Morlaisiens pourront juger sur le sérieux des démarches et des projets, la capacité à n'être pas isolés au sein de Morlaix communauté sur un discours et une pratique qui fait peu de cas du reste du monde, sur la capacité à constituer une équipe municipale soudée, unie sur des valeurs de gauche et un projet local commun et non contre une autre partie de la gauche...

Ismaël Dupont, 22 octobre 2019

Depuis octobre 2018, le collectif pour les Municipales à Morlaix en Commun, regroupant Génération.s, le PS, le PCF, réfléchit à un programme de gauche sociale et écologiste pour la ville.

Voici les orientations sur lesquelles nous avons travaillé pour Morlaix.

Ce n'est qu'un pré-projet que nous allons continuer à travailler, et à approfondir pour les mises en œuvre concrètes, les priorisations, les chiffrages, le calendrier d'action, avec nos colistiers et citoyens, les citoyens, le monde associatif et les acteurs morlaisiens. 

Nous avons voulu ce programme à la fois bien ancré à gauche et réaliste, et susceptible de relancer la ville de Morlaix, en grande difficulté économique, sociale, démographique, des difficultés qui se sont aggravées depuis que Agnès Le Brun est maire.

Ce projet reste provisoire et à discuter avec les habitants de Morlaix qui nous apporteront d'autres propositions et idées, nous n'en doutons pas.

Nos propositions rentrent dans un cadre finançable sur les 6 ans à condition de renoncer à des projets pharaoniques et non prioritaires du type du funiculaire (il en est de même de la passerelle sur le Viaduc) et de rester dans le cadre d'une gestion financière sérieuse et rigoureuse, avec des mutualisations à prévoir avec Morlaix-Communauté (le Théâtre, Langolvas) et une volonté de réduire les impôts locaux qui sont élevés à Morlaix dans une trajectoire raisonnable.

Notre pré-projet pour la liste "Ensemble Morlaix. Pour une ville sociale, écologique et solidaire". Liste conduite par Jean-Paul Vermot et soutenue actuellement par les partis de gauche Génération.s, le PCF, le PS.

 

Notre projet à cette étape :

 

1. Associer les citoyens aux prises de décision et démocratiser le fonctionnement de la municipalité:

 

Faire de la démocratie participative et de l'implication des habitants et des acteurs de la ville (associations, etc.) dans les choix de gestion, d'investissement, un des grands axes de notre mandat de gauche pour la ville est une priorité pour nous.

- des conseils de quartiers et des élus référents de quartier

- un conseil municipal des jeunes, un ou des budgets participatifs

- des commissions extra-municipales ouvertes aux associations et citoyens, des commissions municipales qui soient des lieux d'élaboration et de débat

- des assises de la ville avec les citoyens et associations

- une concertation large avant les grands projets et le vote du budget primitif qui pourra donner lieu à un compte rendu de mandat annuel et une projection sur les projets à venir.

- une relation de dialogue et de travail véritable avec les associations et le personnel municipal, les représentants syndicaux qui doivent être considérés comme des vrais partenaires, etc.

Nous voulons étendre cette conception d'une citoyenneté active et d'une démocratie de participation citoyenne et populaire à la communauté d'agglomération elle aussi selon des modalités que l'on devra définir ensemble et avec les autres équipes de gauche de Morlaix-Communauté.

 

2. En lien avec Morlaix-Communauté, redynamiser la situation de l'emploi et de l'économie, travailler à la problématique du logement, des services publics et du bien vivre à Morlaix pour faire revenir et conserver des habitants.

 

Pour l'économie, nous pouvons envisager la création d'une agence de développement de l'économie dont les objectifs seraient l'animation des filières économiques (métallurgie, biotechnologies, construction, santé et soin, transition écologique, numérique, formation, etc.), la communication, le financement des projets, la création d'une ZAC d'activités sur le quartier de la gare pour y favoriser la création d'activités d'avenirs, la mise à disposition de locaux commerciaux pour aider les porteurs de projets, l'émergence de projets internationaux en appui avec la Métropole BMO (Inde, Cornouailles, Allemagne, Afrique), la reconquête de l'habitat avec un programme de rénovation en utilisant les outils d'achat public (Foncière de CDC Habitat ou outil propre).

Nous pensons aussi développer la formation aux nouveaux métiers du numérique et de l'informatique, gisement d'emplois importants, travailler tout particulièrement sur l'insertion des jeunes dans le travail en nous donnant des objectifs dont le niveau de satisfaction serait mesurable et en ne craignant pas d'expérimenter des dispositifs novateurs.

Nous examinons en ce moment la possibilité et les avantages d'une inscription dans la démarche « Zéro chômeur de Longue Durée », comme Saint Thégonnec-Loc Eguiner, et voulons d'une participation beaucoup plus active et revendiquée de la ville au service public de l'emploi, à l'insertion des jeunes dans la vie professionnelle, à la lutte contre le chômage de longue durée.

Des expérimentations ont été faites ailleurs qui peuvent être tentées ici, il y a aussi à innover localement pour faire reculer le chômage, la précarité et la pauvreté dans un des bassins d'emplois les plus sinistrés de Bretagne. Nous nous donnerons des objectifs et nos politiques en matière de réduction du chômage feront l'objet d'une évaluation régulière.

Nous renforcerons les mesures de prévention contre le risque inondation à Morlaix.

Ces objectifs fondamentaux pour l'avenir de la ville impliquent de travailler en étroite collaboration avec Morlaix Communauté dans le cadre d'une majorité de gauche, et donc de mettre notre projet en débat au niveau du groupe de gauche communautaire et de tenir compte aussi du travail communautaire en cours dans les différentes équipes de gauche des communes avoisinantes.

Nous voulons travailler à renforcer nos coopérations. Avant même de parler de fusion ou de grand Morlaix, on peut développer les projets, actions et achats communs, proposer la conférence du pôle aggloméré associant Saint-Martin-des-Champs, Plourin-les-Morlaix et Sainte-Sève, pour y développer toutes les collaborations possibles. Travailler aussi à avoir une relation plus confiante, franche et apaisée avec Morlaix-Communauté, en évitant les postures politiciennes qui sont celles de la majorité morlaisienne actuelle.

 

3. L'indispensable transition écologique est un moteur de développement économique en même temps que de qualité de vie et d'exemplarité pour faire face aux enjeux vitaux de la crise écologique et climatique.

Nous voulons le développement des circuits courts alimentaires sur la cuisine centrale et la commande publique, le Bio en commun (appui municipal dans l'accessibilité de tous au bio local), le développement des potagers, des arbres fruitiers et de la végétalisation, une halle des circuits courts alimentaires au centre-ville, un choix du « Zéro pesticide », le développement de la ville vers la promotion des déambulations et trajets piétons et cyclistes, le développement du transport en commun et de l'usage des bus par la gratuité du transport.

Nous voulons expérimenter l'extension du secteur piétonnier du centre-ville.

Nous veillerons à ce que nos espaces publics, rues, venelles ou trottoirs, parcs et jardins permettent à toutes et tous, valides ou handicapés, de se déplacer, se promener ou se rencontrer en toute quiétude, de jour comme de nuit. Il s'agira de veiller à la qualité des lieux, des revêtements, de l'éclairage et de l'accessibilité.

Un audit énergétique du patrimoine de la ville, couplé à un plan pluriannuel de travaux d'économies d'énergie sur les bâtiments municipaux, sont nécessaires.

Nous voulons également que notre liste défende la gratuité du transport en commun sur le pôle urbain et travaille dessus pour argumenter auprès des autres élus de Morlaix-Communauté, dans le cadre d'un contrat de majorité et d'un projet communautaire à construire ensemble, quitte à y aller progressivement (en commençant par exemple par la gratuité pour les – 26 ans par exemple, et gratuité de navettes haute fréquence dans le centre-ville reliées à des parkings). 

Il faut aussi travailler pour favoriser les mobilités et le désenclavement des quartiers sur les horaires, l'accès au transport en commun le dimanche, les dessertes des quartiers. Tout le plan de circulation sur Morlaix est à repenser.

 

4. Défense des services publics

 

Nous défendons la reprise en gestion publique du Transport en commun et une densification des offres de transport en commun sur le réseau péri-urbain, avec de nouvelles lignes et des fréquences et dessertes améliorées. C'est aussi une condition pour que les autres majorités en place à Morlaix Communauté acceptent de financer la gratuité du transport en commun.

Nous soutenons la création de la régie publique de l'eau de Morlaix-Communauté, outil nécessaire pour améliorer la qualité de l'eau, des réseaux, et préserver la ressource.

La qualité de vie à Morlaix passe aussi par la défense des services publics et de vrais moyens pour leur fonctionnement, comme à l'hôpital, la Poste, dans les écoles publiques, pour les liaisons ferroviaires pour le fret et les personnes et la relance de la ligne Morlaix-Roscoff, les Finances Publiques (notre majorité municipale devra résister aux politiques néo-libérales et d'austérité), mais aussi par la construction de nouveaux services publics.

En lien avec la médecine de ville et l'hôpital public, nous voulons étendre l'accès aux soins des Morlaisiens en envisageant la réalisation d'un centre de santé public multi-spécialités pouvant salarier des professionnels de santé. Ce centre de santé permettrait de sédentariser sur Morlaix et sa région des spécialistes et de lutter contre la raréfaction de certaines offres de soins tout en s'adaptant aux évolutions des métiers et des aspirations en terme de temps de travail et de manière de travailler des professionnels de santé.

 

5. Vie associative, jeunesse et sports

 

Nous voulons avancer rapidement sur le chantier d'une maison des associations. Trop d'associations peinent à obtenir des locaux pour exercer leurs activités, se réunir. Or, la richesse du tissu associatif est une des vraies forces de notre ville et un facteur de qualité de vie essentiel. Dans nos choix d'investissements, la création d'une maison des associations est fondamentale, qui pourrait comporter un accueil en lien avec le Resam et/ou les services de la ville permettant une mise à disposition de services et d'information pour les associations.

Nous voulons aussi une politique plus dynamique, participative ambitieuse pour la Jeunesse, son accès à la citoyenneté, aux loisirs, aux arts à la culture et aux sports : à réfléchir, des Tickets Sports à dynamiser avec des moyens supplémentaires (découvertes des sports et des arts avec les élèves), chèques vacances pour les jeunes (pour l'accès aux loisirs et à la culture), colos et camps de découverte sportive, culturelle, touristique à tarifs accessibles pour les familles.

Il nous semble prioritaire aussi de se pencher sur une rénovation en profondeur des locaux de la MJC pour accompagner le développement de ses activités, et son caractère central pour l'éducation populaire, la politique de mixité et d'accompagnement de la jeunesse vers le bien-être et l'émancipation dans la ville. Nous voulons construire avec MAJ, la MJC, Carré d'As, les services jeunesse de Morlaix Communauté, le 2 D, une politique jeunesse visant à la réussite, l'accès à la culture et aux loisirs, à une mixité respectueuse, l'apprentissage citoyen et l'émancipation des jeunes.

Dans le domaine de la politique sportive, il y a beaucoup à faire :

  • Au niveau de la promotion du sport (et de la santé), aider les associations à adapter leur système tarifaire pour permettre l’accès à la pratique au plus grand nombre. Encourager les clubs sportifs à mettre en place des opérations de type « tickets sport » pendant les congés scolaires. Possibilité à étudier de bourses en fonction du quotient familial pour encourager les pratiques sportives des jeunes.

  • Au niveau de l’initiation, renforcer les liens entre l’école et les clubs pendant le temps scolaire (intervenants extérieurs qualifiés), entre les accueils périscolaires, les accueils de loisirs et les clubs hors temps scolaire.

  • Au niveau des investissements, adapter et améliorer les infrastructures des pratiques sportives collectives en extérieur (terrains en herbe ou synthétique). Envisager un agrandissement et une rénovation de la piscine de la Boissière.

  • Au niveau de la relation entre la mairie et les clubs sportifs, installer (réinstaller ?) un dialogue facilité, direct (office des sports) qui permette une consultation régulière des acteurs locaux du sport.

 

6. Politique sociale, personnes âgées

 

A l'EHPAD de la Boissière, à Belizal, et dans les autres structures, nous voulons travailler à améliorer la qualité de la prise en charge des personnes âgées, à contenir ou réduire le prix du séjour, à favoriser le lien et la mixité intergénérationnelle, améliorer la formation des intervenants et des professionnels, l'accès aux droits et aux bien-être des personnes âgées en perte d'autonomie. C'est aussi pour cela que nous nous engageons par exemple à soutenir fortement les missions de l'ORPAM, à travailler sur la problématique de lutte contre l'isolement et d'accès aux services des personnes âgées. Nous réfléchissons à une mise en place à Morlaix de forme d'habitats partagés, en particulier pour les seniors.

Il nous paraît aussi important dans le domaine social de reprendre la réflexion sur l'épicerie sociale et sur d'autres dispositifs de lutte contre l'exclusion et la pauvreté. Il y a un projet global à définir, l'accumulation actuelle de dispositifs non coordonnés n'est pas satisfaisante.

De poursuivre, en concertation avec les habitants et en prenant en compte leurs points de vue, la réhabilitation de l'habitat locatif, HLM ou privé mais fréquenté par des habitants ayant des bas revenus. Oeuvrer pour la transition écologique de l'habitat social. De construire avec les acteurs publics et associatifs concernés un projet permettant de travailler à des dispositifs innovants et concertés pour lutter contre la pauvreté, l'exclusion.

Pour faire gagner du pouvoir d'achat aux citoyens morlaisiens, nous envisageons une démarche d'achat en commun et de négociation par la mairie de biens et de services utiles à la population.

 

7. La culture, un des atouts forts de Morlaix

Dans le domaine de la culture, on ne part pas de rien. Loin de là... La culture est le point fort de Morlaix, un de ses atouts essentiels en terme de qualité de vie, de richesse humaine, d'image et d'attractivité.

Le Théâtre du Pays de Morlaix connaît un vrai succès de fréquentation et d'estime, le projet SEW à la Manu est extrêmement ambitieux et prometteur, l'Espace des Sciences peut être un très bel outil de transmission et diffusion d'une culture technique et scientifique, en lien avec les enjeux écologiques contemporains. Le chantier de rénovation du musée est un projet qu'il faudra continuer à suivre de près pour faire en sorte que la ville tire le meilleur parti de ses investissements importants décidés par la majorité actuelle.

Et au-delà, il nous faudra accompagner et soutenir (parfois mieux qu'aujourd'hui) les associations culturelles, conventionnées ou non, particulièrement nombreuses, talentueuses et actives à Morlaix, être facilitateurs pour leurs initiatives, travailler sur la mise en cohérence. La ville doit être aussi moteur et initiatrice de projets pour des actions culturelles ambitieuses, faisant la place à la création, la culture vivante à volonté émancipatrice, donnant les moyens aux citoyens de penser et de rêver leurs vies. Une politique culturelle locale reste à définir avec ses priorités et une approche claire en termes d'objectifs car on ne peut pas faire que soutenir le réseau local, même si le terreau est important.

Nous souhaiterions donner plus d'exposition et de visibilité à nos artistes locaux, davantage valoriser les pratiques amateur (salon des artistes amateur l'été, participation des jeunes musiciens et musiciens amateur à des animations estivales, des vitrines pour les artistes.

Il pourrait être intéressant par exemple de continuer à valoriser l'image artistique de la ville autour du Street Art et de la Poésie, de mieux mettre en avant son patrimoine, son histoire maritime et commerçante.

Nous mettrons l'accent sur la démocratisation de l'accès à la culture (revenir à la gratuité du musée pour les Morlaisiens par exemple, s'intéresser à l'offre de transport pour l'accès aux évènements culturels), sur le fait que nous puissions aussi avoir des offres culturelles qui touchent toutes les couches de la population et les quartiers, et aux pratiques artistiques (pratiques tarifaires attractives).

Nous soutiendrons la création de l'école inter-communale de musique avec le souhait de nouveaux espaces d'accueil et souhaitons travailler à la baisse significative des tarifs du Patio et à l'augmentation de la capacité d'accueil pour l'enseignement musical et artistique.

 

8. Faire toute sa place à la culture bretonne et bretonnante à Morlaix

 

C'est à la fois un héritage à préserver, une réalité des pratiques en devenir porteuse d'identité et d'attractivité pour notre ouest breton (maison d'édition Skol Vreizh, Diwan, classes bilingues, KLT, pratiques des cours de breton, etc) et un vecteur de lien social. Nous voulons réaffirmer avec force l'identité bretonne de Morlaix car la spécificité et les différences d'un territoire sont porteuses de lien social et de richesse humaine, y compris dans les échanges et l'ouverture aux autres, à l'opposé d'une mondialisation économique qui appauvrit en homogénéisant. La richesse du tissu associatif lié à la langue et la culture bretonne dans la région de Morlaix, son implantation ancienne et sa vitalité en termes de pratiques et de productions, justifierait qu'on se penche à l'échelle de Morlaix-Communauté sur une « maison de la culture bretonne » (Ti Ar Vro), pouvant fédérer un certain nombre d'associations, mettre en commun des salariés, des services et des espaces.

 

9 - Droits de l'homme et solidarité internationale

 

Nous voulons aussi une municipalité qui organise l'accueil des réfugiés et migrants, conformément à sa tradition de solidarité, et qui promeuve la solidarité internationale, l'ouverture à l'international en partant des partenariats et projets existants et en les valorisant davantage (Palestine, Inde, Burkina Faso, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne...).

La défense des droits de l'homme nous semble essentielle comme valeur à défendre par notre municipalité de gauche.

Il ne s'agit là de pistes de politique municipale encore à préciser dans leur mise en œuvre que nous vous soumettons comme base d'accord et que nous espérons pouvoir proposer avec vous à la population morlaisienne en échangeant avec les habitants de Morlaix sur leurs attentes vis à vis de la nouvelle municipalité qui gèrera la ville en 2020 jusqu'en 2026.

 

10- Une pratique municipale des élus basée sur la proximité, l'écoute, la discussion, la bienveillance vis-à-vis des habitants, en vue d'une vie collective plus fraternelle et respectueuse de chacun.

 

 



 

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 11:16
Ouest France Brest - 19 octobre 2019

Ouest France Brest - 19 octobre 2019

Ouest France Brest - 19 octobre 2019
Brest. 150 militants rassemblés pour dire non à « la guerre d’Erdogan »

La Ligue des Droits de l’homme a rassemblé à Brest (Finistère) ce samedi 19 octobre, 150 militants venus manifester leur solidarité avec le peuple kurde, rempart contre Daech durant des années et aujourd’hui victime de l’agression turque.

« Jamais dans les récentes années les démocraties ne se sont trouvées confrontées à ce cas de figure catastrophique d’un membre clef de l’OTAN agressant un peuple libre, proteste Olivier Cuzon, de la Ligue des Droits de l’homme (LDH). Les Kurdes de Syrie, qui furent durant des années, avec les Peshmergas du Kurdistan irakien, les résistants les plus déterminés contre Daech son, depuis le 9 octobres, victimes du président turc Erdogan, qui a lancé son offensive contre le Kurdistan syrien. Et il l’a fait avec l’assentiment de Donald Trump qui avait pris soin d’annoncer, quelques heures plus tôt, qu’il donnait son feu vert à l’opération qui entamait le retrait de ses 2 000 forces spéciales. »

La LDH, soutenue par le Parti communiste, l’UDB et Europe écologie les verts, rappelle que la Turquie a été, durant les années de lutte contre Daech, « le passeur en chef des milliers de djihadistes ralliant la Califat ».

« Nous rendrons-nous complices de ce lâchage sans précédent d’un peuple ami et en lutte pour notre liberté ? », interroge Olivier Cuzon. La LDH demande aux autorités françaises d’agir maintenant pour arrêter cela.

 
Le Télégramme  - 19 octobre2019
Le Télégramme  - 19 octobre 2019

Le Télégramme - 19 octobre 2019

 
Le Télégramme  - 19 octobre2019
Kurdistan occidental. « Il faut arrêter l’engrenage »

 

Le rassemblement pro-kurde a eu lieu ce samedi, place de la Liberté, à Brest. (Le Télégramme/Thierry Dilasser) Une centaine de militants, d’élus ou de simples citoyens, s’est rassemblée ce samedi devant les marches de la mairie, place de la Liberté, pour dénoncer l’offensive lancée par le président Erdogan et la Turquie contre les Kurdes, le 9 octobre. « Il est temps de faire quelque chose », a simplement expliqué Olivier Cuzon, de la Ligue des droits de l’Homme qui avait appelé à la mobilisation. Soutenue par le PCF et la France Insoumise dans sa démarche, la LDH a ainsi réclamé aux autorités françaises d’agir pour « arrêter l’engrenage. Maintenant ! ». Et de soutenir pleinement les Kurdes syriens, ce « peuple ami » et l’un des plus déterminé face à Daech.
 
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Communiqué du Collectif pour la paix au Moyen-Orient

 

Le Collectif pour la paix au Moyen-Orient s'associe à l'appel de la Ligue des Droits de l'Homme à se rassembler Samedi 19 octobre 2019 à 14h30 Place de la Liberté à Brest, en solidarité avec le peuple Kurde, victime de l'agression de l'État turc au Rojava.

Erdogan, qui vient de perdre les municipales, choisit la guerre pour retrouver une légitimité, il s'attaque ainsi à une expérience démocratique originale dans la région (multi-confessionnalisme, autonomie des nationalités, avancées de droits des femmes …).

Nous exigeons l'arrêt immédiat de l'opération militaire Turque, un embargo total sur les armes en direction de la Turquie, des sanctions économiques contre le régime d'Erdogan.

Enfin, nous demandons que l'ONU intervienne pour imposer une force d'interposition entre la Turquie et la Syrie.

Organisations signataires :

Université Européenne de la Paix (UEP)

Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre (4ACG)

Association France Palestine Solidarité (AFPS)

Les Amitiés Kurdes de Bretagne

Ensemble !

Europe Écologie Les verts (EELV)

Parti Communiste Français (PCF)

Union Démocratique Bretonne (UDB)

Union syndicale SOLIDAIRES.

Brest. 150 militants rassemblés pour dire non à la guerre d’Erdogan
Brest. 150 militants rassemblés pour dire non à la guerre d’Erdogan
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 11:15
Ce que nous proposons à gauche pour Morlaix (Génération.s, PCF, PS)- Ensemble à gauche. Pour une ville sociale, écologique et solidaire

Depuis octobre 2018, le collectif pour les Municipales à Morlaix en Commun, regroupant Génération.s, le PS, le PCF, réfléchit à un programme de gauche sociale et écologiste pour la ville.

Voici les orientations sur lesquelles nous avons travaillé pour Morlaix.

Ce n'est qu'un pré-projet que nous allons continuer à travailler, et à approfondir pour les mises en œuvre concrètes, les priorisations, les chiffrages, le calendrier d'action, avec nos colistiers et citoyens, les citoyens, le monde associatif et les acteurs morlaisiens. 

Nous avons voulu ce programme à la fois bien ancré à gauche et réaliste, et susceptible de relancer la ville de Morlaix, en grande difficulté économique, sociale, démographique, des difficultés qui se sont aggravées depuis que Agnès Le Brun est maire.

Ce projet reste provisoire et à discuter avec les habitants de Morlaix qui nous apporteront d'autres propositions et idées, nous n'en doutons pas.

Nos propositions rentrent dans un cadre finançable sur les 6 ans à condition de renoncer à des projets pharaoniques et non prioritaires du type du funiculaire (il en est de même de la passerelle sur le Viaduc) et de rester dans le cadre d'une gestion financière sérieuse et rigoureuse, avec des mutualisations à prévoir avec Morlaix-Communauté (le Théâtre, Langolvas) et une volonté de réduire les impôts locaux qui sont élevés à Morlaix dans une trajectoire raisonnable.

Notre pré-projet pour la liste "Ensemble à gauche. Pour une ville sociale, écologique et solidaire". Liste conduite par Jean-Paul Vermot et soutenue actuellement par les partis de gauche Génération.s, le PCF, le PS.

Voici notre projet de gauche pour Morlaix à cette étape.

Il se précisera bien sûr et pourra évoluer en fonction du contenu de nos échanges avec les Morlaisiens.

1. Associer les citoyens aux prises de décision et démocratiser le fonctionnement de la municipalité:

Faire de la démocratie participative et de l'implication des habitants et des acteurs de la ville (associations, etc.) dans les choix de gestion, d'investissement, un des grands axes de notre mandat de gauche pour la ville est une priorité pour nous.

- des conseils de quartiers et des élus référents de quartier

- un conseil municipal des jeunes, un ou des budgets participatifs

- des commissions extra-municipales ouvertes aux associations et citoyens, des commissions municipales qui soient des lieux d'élaboration et de débat

- des assises de la ville avec les citoyens et associations

- une concertation large avant les grands projets et le vote du budget primitif qui pourra donner lieu à un compte rendu de mandat annuel et une projection sur les projets à venir.

- une relation de dialogue et de travail véritable avec les associations et le personnel municipal, les représentants syndicaux qui doivent être considérés comme des vrais partenaires, etc.

Nous voulons étendre cette conception d'une citoyenneté active et d'une démocratie de participation citoyenne et populaire à la communauté d'agglomération elle aussi selon des modalités que l'on devra définir ensemble et avec les autres équipes de gauche de Morlaix-Communauté.

2. En lien avec Morlaix-Communauté, redynamiser la situation de l'emploi et de l'économie, travailler à la problématique du logement, des services publics et du bien vivre à Morlaix pour faire revenir et conserver des habitants.

Pour l'économie, nous pouvons envisager la création d'une agence de développement de l'économie dont les objectifs seraient l'animation des filières économiques (métallurgie, biotechnologies, construction, santé et soin, transition écologique, numérique, formation, etc.), la communication, le financement des projets, la création d'une ZAC d'activités sur le quartier de la gare pour y favoriser la création d'activités d'avenirs, la mise à disposition de locaux commerciaux pour aider les porteurs de projets, l'émergence de projets internationaux en appui avec la Métropole BMO (Inde, Cornouailles, Allemagne, Afrique), la reconquête de l'habitat avec un programme de rénovation en utilisant les outils d'achat public (Foncière de CDC Habitat ou outil propre).

Nous pensons aussi développer la formation aux nouveaux métiers du numérique et de l'informatique, gisement d'emplois importants, travailler tout particulièrement sur l'insertion des jeunes dans le travail en nous donnant des objectifs dont le niveau de satisfaction serait mesurable et en ne craignant pas d'expérimenter des dispositifs novateurs.

Nous examinons en ce moment la possibilité et les avantages d'une inscription dans la démarche « Zéro chômeur de Longue Durée », comme Saint Thégonnec-Loc Eguiner, et voulons d'une participation beaucoup plus active et revendiquée de la ville au service public de l'emploi, à l'insertion des jeunes dans la vie professionnelle, à la lutte contre le chômage de longue durée. Des expérimentations ont été faites ailleurs qui peuvent être tentées ici, il y a aussi à innover localement pour faire reculer le chômage, la précarité et la pauvreté dans un des bassins d'emplois les plus sinistrés de Bretagne. Nous nous donnerons des objectifs et nos politiques en matière de réduction du chômage feront l'objet d'une évaluation régulière.

Nous renforcerons les mesures de prévention contre le risque inondation à Morlaix.

Ces objectifs fondamentaux pour l'avenir de la ville impliquent de travailler en étroite collaboration avec Morlaix Communauté dans le cadre d'une majorité de gauche, et donc de mettre notre projet en débat au niveau du groupe de gauche communautaire et de tenir compte aussi du travail communautaire en cours dans les différentes équipes de gauche des communes avoisinantes.

Nous voulons travailler à renforcer nos coopérations. Avant même de parler de fusion ou de grand Morlaix, on peut développer les projets, actions et achats communs, proposer la conférence du pôle aggloméré associant Saint-Martin-des-Champs, Plourin-les-Morlaix et Sainte-Sève, pour y développer toutes les collaborations possibles. Travailler aussi à avoir une relation plus confiante, franche et apaisée avec Morlaix-Communauté, en évitant les postures politiciennes qui sont celles de la majorité morlaisienne actuelle.

3. L'indispensable transition écologique est un moteur de développement économique en même temps que de qualité de vie et d'exemplarité pour faire face aux enjeux vitaux de la crise écologique et climatique.

Nous voulons le développement des circuits courts alimentaires sur la cuisine centrale et la commande publique, le Bio en commun (appui municipal dans l'accessibilité de tous au bio local), le développement des potagers, des arbres fruitiers et de la végétalisation, une halle des circuits courts alimentaires au centre-ville, un choix du « Zéro pesticide », le développement de la ville vers la promotion des déambulations et trajets piétons et cyclistes, le développement du transport en commun et de l'usage des bus par la gratuité du transport.

Nous voulons expérimenter l'extension du secteur piétonnier du centre-ville.

Nous veillerons à ce que nos espaces publics, rues, venelles ou trottoirs, parcs et jardins permettent à toutes et tous, valides ou handicapés, de se déplacer, se promener ou se rencontrer en toute quiétude, de jour comme de nuit. Il s'agira de veiller à la qualité des lieux, des revêtements, de l'éclairage et de l'accessibilité.

Un audit énergétique du patrimoine de la ville, couplé à un plan pluriannuel de travaux d'économies d'énergie sur les bâtiments municipaux, sont nécessaires.

Nous voulons également que notre liste défende la gratuité du transport en commun sur le pôle urbain et travaille dessus pour argumenter auprès des autres élus de Morlaix-Communauté, dans le cadre d'un contrat de majorité et d'un projet communautaire à construire ensemble, quitte à y aller progressivement (en commençant par exemple par la gratuité pour les – 26 ans par exemple, et gratuité de navettes haute fréquence dans le centre-ville reliées à des parkings). 

Il faut aussi travailler pour favoriser les mobilités et le désenclavement des quartiers sur les horaires, l'accès au transport en commun le dimanche, les dessertes des quartiers. Tout le plan de circulation sur Morlaix est à repenser.

4. Défense des services publics

Nous défendons la reprise en gestion publique du Transport en commun et une densification des offres de transport en commun sur le réseau péri-urbain, avec de nouvelles lignes et des fréquences et dessertes améliorées. C'est aussi une condition pour que les autres majorités en place à Morlaix Communauté acceptent de financer la gratuité du transport en commun.

Nous soutenons la création de la régie publique de l'eau de Morlaix-Communauté, outil nécessaire pour améliorer la qualité de l'eau, des réseaux, et préserver la ressource.

La qualité de vie à Morlaix passe aussi par la défense des services publics et de vrais moyens pour leur fonctionnement, comme à l'hôpital, la Poste, dans les écoles publiques, pour les liaisons ferroviaires pour le fret et les personnes et la relance de la ligne Morlaix-Roscoff, les Finances Publiques (notre majorité municipale devra résister aux politiques néo-libérales et d'austérité), mais aussi par la construction de nouveaux services publics.

En lien avec la médecine de ville et l'hôpital public, nous voulons étendre l'accès aux soins des Morlaisiens en envisageant la réalisation d'un centre de santé public multi-spécialités pouvant salarier des professionnels de santé. Ce centre de santé permettrait de sédentariser sur Morlaix et sa région des spécialistes et de lutter contre la raréfaction de certaines offres de soins tout en s'adaptant aux évolutions des métiers et des aspirations en terme de temps de travail et de manière de travailler des professionnels de santé.

5. Vie associative, jeunesse et sports

Nous voulons avancer rapidement sur le chantier d'une maison des associations. Trop d'associations peinent à obtenir des locaux pour exercer leurs activités, se réunir. Or, la richesse du tissu associatif est une des vraies forces de notre ville et un facteur de qualité de vie essentiel. Dans nos choix d'investissements, la création d'une maison des associations est fondamentale, qui pourrait comporter un accueil en lien avec le Resam et/ou les services de la ville permettant une mise à disposition de services et d'information pour les associations.

Nous voulons aussi une politique plus dynamique, participative ambitieuse pour la Jeunesse, son accès à la citoyenneté, aux loisirs, aux arts à la culture et aux sports : à réfléchir, des Tickets Sports à dynamiser avec des moyens supplémentaires (découvertes des sports et des arts avec les élèves), chèques vacances pour les jeunes (pour l'accès aux loisirs et à la culture), colos et camps de découverte sportive, culturelle, touristique à tarifs accessibles pour les familles.

Il nous semble prioritaire aussi de se pencher sur une rénovation en profondeur des locaux de la MJC pour accompagner le développement de ses activités, et son caractère central pour l'éducation populaire, la politique de mixité et d'accompagnement de la jeunesse vers le bien-être et l'émancipation dans la ville. Nous voulons construire avec MAJ, la MJC, Carré d'As, les services jeunesse de Morlaix Communauté, le 2 D, une politique jeunesse visant à la réussite, l'accès à la culture et aux loisirs, à une mixité respectueuse, l'apprentissage citoyen et l'émancipation des jeunes.

Dans le domaine de la politique sportive, il y a beaucoup à faire :

  • Au niveau de la promotion du sport (et de la santé), aider les associations à adapter leur système tarifaire pour permettre l’accès à la pratique au plus grand nombre. Encourager les clubs sportifs à mettre en place des opérations de type « tickets sport » pendant les congés scolaires. Possibilité à étudier de bourses en fonction du quotient familial pour encourager les pratiques sportives des jeunes.

  • Au niveau de l’initiation, renforcer les liens entre l’école et les clubs pendant le temps scolaire (intervenants extérieurs qualifiés), entre les accueils périscolaires, les accueils de loisirs et les clubs hors temps scolaire.

  • Au niveau des investissements, adapter et améliorer les infrastructures des pratiques sportives collectives en extérieur (terrains en herbe ou synthétique). Envisager un agrandissement et une rénovation de la piscine de la Boissière.

  • Au niveau de la relation entre la mairie et les clubs sportifs, installer (réinstaller ?) un dialogue facilité, direct (office des sports) qui permette une consultation régulière des acteurs locaux du sport.

 

 6. Politique sociale, personnes âgées

A l'EHPAD de la Boissière, à Belizal, et dans les autres structures, nous voulons travailler à améliorer la qualité de la prise en charge des personnes âgées, à contenir ou réduire le prix du séjour, à favoriser le lien et la mixité intergénérationnelle, améliorer la formation des intervenants et des professionnels, l'accès aux droits et aux bien-être des personnes âgées en perte d'autonomie. C'est aussi pour cela que nous nous engageons par exemple à soutenir fortement les missions de l'ORPAM, à travailler sur la problématique de lutte contre l'isolement et d'accès aux services des personnes âgées. Nous réfléchissons à une mise en place à Morlaix de forme d'habitats partagés, en particulier pour les seniors.

Il nous paraît aussi important dans le domaine social de reprendre la réflexion sur l'épicerie sociale et sur d'autres dispositifs de lutte contre l'exclusion et la pauvreté. Il y a un projet global à définir, l'accumulation actuelle de dispositifs non coordonnés n'est pas satisfaisante.

De poursuivre, en concertation avec les habitants et en prenant en compte leurs points de vue, la réhabilitation de l'habitat locatif, HLM ou privé mais fréquenté par des habitants ayant des bas revenus. Oeuvrer pour la transition écologique de l'habitat social. De construire avec les acteurs publics et associatifs concernés un projet permettant de travailler à des dispositifs innovants et concertés pour lutter contre la pauvreté, l'exclusion.

Pour faire gagner du pouvoir d'achat aux citoyens morlaisiens, nous envisageons une démarche d'achat en commun et de négociation par la mairie de biens et de services utiles à la population.

 7. La culture, un des atouts forts de Morlaix

Dans le domaine de la culture, on ne part pas de rien. Loin de là... La culture est le point fort de Morlaix, un de ses atouts essentiels en terme de qualité de vie, de richesse humaine, d'image et d'attractivité.

Le Théâtre du Pays de Morlaix connaît un vrai succès de fréquentation et d'estime, le projet SEW à la Manu est extrêmement ambitieux et prometteur, l'Espace des Sciences peut être un très bel outil de transmission et diffusion d'une culture technique et scientifique, en lien avec les enjeux écologiques contemporains. Le chantier de rénovation du musée est un projet qu'il faudra continuer à suivre de près pour faire en sorte que la ville tire le meilleur parti de ses investissements importants décidés par la majorité actuelle.

Et au-delà, il nous faudra accompagner et soutenir (parfois mieux qu'aujourd'hui) les associations culturelles, conventionnées ou non, particulièrement nombreuses, talentueuses et actives à Morlaix, être facilitateurs pour leurs initiatives, travailler sur la mise en cohérence. La ville doit être aussi moteur et initiatrice de projets pour des actions culturelles ambitieuses, faisant la place à la création, la culture vivante à volonté émancipatrice, donnant les moyens aux citoyens de penser et de rêver leurs vies. Une politique culturelle locale reste à définir avec ses priorités et une approche claire en termes d'objectifs car on ne peut pas faire que soutenir le réseau local, même si le terreau est important.

Nous souhaiterions donner plus d'exposition et de visibilité à nos artistes locaux, davantage valoriser les pratiques amateur (salon des artistes amateur l'été, participation des jeunes musiciens et musiciens amateur à des animations estivales, des vitrines pour les artistes.

Il pourrait être intéressant par exemple de continuer à valoriser l'image artistique de la ville autour du Street Art et de la Poésie, de mieux mettre en avant son patrimoine, son histoire maritime et commerçante.

Nous mettrons l'accent sur la démocratisation de l'accès à la culture (revenir à la gratuité du musée pour les Morlaisiens par exemple, s'intéresser à l'offre de transport pour l'accès aux évènements culturels), sur le fait que nous puissions aussi avoir des offres culturelles qui touchent toutes les couches de la population et les quartiers, et aux pratiques artistiques (pratiques tarifaires attractives).

Nous soutiendrons la création de l'école inter-communale de musique avec le souhait de nouveaux espaces d'accueil et souhaitons travailler à la baisse significative des tarifs du Patio et à l'augmentation de la capacité d'accueil pour l'enseignement musical et artistique.

8. Faire toute sa place à la culture bretonne et bretonnante à Morlaix

C'est à la fois un héritage à préserver, une réalité des pratiques en devenir porteuse d'identité et d'attractivité pour notre ouest breton (maison d'édition Skol Vreizh, Diwan, classes bilingues, KLT, pratiques des cours de breton, etc) et un vecteur de lien social. Nous voulons réaffirmer avec force l'identité bretonne de Morlaix car la spécificité et les différences d'un territoire sont porteuses de lien social et de richesse humaine, y compris dans les échanges et l'ouverture aux autres, à l'opposé d'une mondialisation économique qui appauvrit en homogénéisant. La richesse du tissu associatif lié à la langue et la culture bretonne dans la région de Morlaix, son implantation ancienne et sa vitalité en termes de pratiques et de productions, justifierait qu'on se penche à l'échelle de Morlaix-Communauté sur une « maison de la culture bretonne » (Ti Ar Vro), pouvant fédérer un certain nombre d'associations, mettre en commun des salariés, des services et des espaces.

9 - Droits de l'homme et solidarité internationale

Nous voulons aussi une municipalité qui organise l'accueil des réfugiés et migrants, conformément à sa tradition de solidarité, et qui promeuve la solidarité internationale, l'ouverture à l'international en partant des partenariats et projets existants et en les valorisant davantage (Palestine, Inde, Burkina Faso, Allemagne, Italie, Grande-Bretagne...).

La défense des droits de l'homme nous semble essentielle comme valeur à défendre par notre municipalité de gauche.

Il ne s'agit là de pistes de politique municipale encore à préciser dans leur mise en œuvre que nous vous soumettons comme base d'accord et que nous espérons pouvoir proposer avec vous à la population morlaisienne en échangeant avec les habitants de Morlaix sur leurs attentes vis à vis de la nouvelle municipalité qui gèrera la ville en 2020 jusqu'en 2026.

10- Une pratique municipale des élus basée sur la proximité, l'écoute, la discussion, la bienveillance vis-à-vis des habitants, en vue d'une vie collective plus fraternelle et respectueuse de chacun.  

 

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 10:29
Campagne contre la privatisation d'Aéroports de Paris - Stand pour un référendum sur ADP à Brest le samedi 19 octobre
Campagne contre la privatisation d'Aéroports de Paris - Stand pour un référendum sur ADP à Brest le samedi 19 octobre
Campagne contre la privatisation d'Aéroports de Paris - Stand pour un référendum sur ADP à Brest le samedi 19 octobre
Campagne contre la privatisation d'Aéroports de Paris - Stand pour un référendum sur ADP à Brest le samedi 19 octobre
Notre Collectif ADP a tenu un stand Place de la Liberté à Brest samedi 19 octobre de 14h à 17h avec un barnum, 2 ordinateurs ..., plus d'une vingtaine de personnes ont pu remplir sur place leur demande de référendum sur le site gouvernemental. Plusieurs centaines de tracts ont été diffusés, beaucoup de discutions et une visibilité indispensable vu le silence assourdissant des médias sur ce référendum.
 
Dimanche matin aux Marché de St Louis, de nombreux.ses camarades ont distribué le tract ADP de 9h30 à 13h, là encore beaucoup de discussions et un bon accueil.
 
Merci aux organisations qui ont envoyé du monde à ces deux initiatives, à reproduire. 4 camarades du PCF ont été présents toute l'après-midi sur le stand unitaire.
 
Photos Jean-Yves Cabon du PS

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 09:15
Éric Vuillard « La peine infligée à Vincenzo Vecchi est faite pour terroriser »
Lundi, 21 Octobre, 2019

Justice.  Membre du comité de soutien à l’ex-altermondialiste italien, le romancier Éric Vuillard interpelle sur le sens d’une sanction de douze ans de prison, dissèque les failles dans les mandats d’arrêt européens et appelle la justice française à ne pas s’y soumettre.
 

 

Lauréat du prix Goncourt en 2017, Éric Vuillard ne connaissait pas personnellement Vincenzo Vecchi, arrêté début août à Rochefort-en-Terre dans le Morbihan, détenu depuis et menacé d’extradition vers l’Italie. C’est une amie qui l’a alerté sur le sort de ce quadragénaire, condamné en 2012 à douze ans de prison pour sa participation aux mobilisations contre le G8 de Gênes, en 2001, et à une manifestation dénonçant un rassemblement néofasciste à Milan, en 2006. Le romancier est immédiatement devenu un des membres actifs du comité de soutien mis sur pied par les copains et les voisins de Vincenzo Vecchi en Bretagne. À quelques jours d’une audience décisive, jeudi 24 octobre, à Rennes, il lance un vibrant appel : pour lui, dans cette affaire, tout illustre la sombre conjonction entre la répression du mouvement social et le recul des libertés individuelles que nous refusons collectivement de regarder en face depuis une vingtaine d’années.

Deux mandats d’arrêt européens ont été émis par l’Italie à l’encontre de Vincenzo Vecchi, le premier pour les faits de Milan en 2006 et le second pour le contre-G8 de Gênes en 2001. Dans les deux cas, le jeune homme, à l’époque, a été condamné sur la base d’un délit de « dévastation et saccage » introduit par les fascistes dans les années 1930… Pour quelles raisons, d’après vous, la justice française ne peut-elle pas entériner ces condamnations ?

 

-

 

Éric Vuillard Ces condamnations s’appuient sur un principe, celui de l’incrimination collective, totalement étranger à notre droit. Normalement, la responsabilité pénale est personnelle : on ne peut être traduit en justice que pour des faits que l’on a commis soi-même. Il faut donc prouver, par des témoignages ou d’autres moyens, que la personne a commis un délit ou un crime. Mais Vincenzo Vecchi a été condamné sur d’autres bases, en vertu de dispositions du Code pénal italien datant de Mussolini. D’après ces textes, il suffit d’être identifié sur les lieux où se sont produits des dévastations et des pillages pendant une manifestation. À travers une simple photographie, si on croit vous identifier près d’une vitrine cassée, vous pouvez être reconnu coupable. De cette façon, on arrête et on condamne n’importe qui. C’est une manière de faire peur aux gens, de les empêcher de manifester. Si la France admettait la validité de ces mandats d’arrêt européens, cela signifierait qu’elle reconnaîtrait ce droit-là, totalement contraire à nos principes. Pour que ces deux mandats d’arrêt européens soient valables, ils devraient satisfaire au principe de la double incrimination : il faudrait que les deux droits nationaux, à la date des faits, soient assez semblables, c’est-à-dire que le même type d’infraction puisse aboutir, en France comme en Italie, au même type de condamnation. Or, en France, en 2001 ou en 2006, l’incrimination collective n’existe pas ; les magistrats français ont donc la possibilité de casser ces mandats d’arrêt européens.

Autre élément très problématique dans cette affaire, soulevé par le comité de soutien : Vincenzo Vecchi a déjà purgé la peine visée par l’un des deux mandats d’arrêt européens…

Éric Vuillard Absolument. Lors de la dernière audience, le 26 septembre, la défense a produit un document de la justice italienne prouvant que Vincenzo Vecchi a purgé la peine à laquelle il a été condamné pour sa participation à la contre-manifestation antifasciste de Milan en 2006. Il a fait sept mois de prison et le reste sous la forme d’une assignation à domicile. Ce document rend caduc le mandat d’arrêt portant sur les événements de Milan. En toute logique, la justice italienne aurait dû le retirer mais, au lieu de cela, elle a tenté de le justifier de façon assez alambiquée. L’idée est de faire passer Vincenzo Vecchi pour un récidiviste. Condamné pour la manifestation de Milan en 2006, il aurait « récidivé » au G8 de Gênes… en 2001 ! La justice italienne dévoie l’usage du mandat d’arrêt européen : elle admet que la peine est purgée, mais elle maintient ce mandat d’arrêt afin de tenter de justifier la peine de douze ans de prison qui concerne l’autre mandat d’arrêt, celui portant sur les événements de Gênes. Mais maintenir un mandat d’arrêt européen pour une peine déjà purgée, cela revient à détourner la procédure, à la corrompre.

À près de vingt ans du contre-G8 de Gênes, ce qui frappe également – et la menace d’extradition de Vincenzo Vecchi l’illustre –, c’est le décalage étourdissant entre les peines extrêmement lourdes infligées, en 2012, à une poignée de manifestants, dont Vincenzo Vecchi, et l’absolution pour les responsables policiers et politiques qui ont orchestré une répression sanglante…

Éric Vuillard Oui, à Gênes, la répression policière a été extrêmement violente. En 2017, le chef de la police italienne a lui-même reconnu que les policiers s’étaient rendus coupables d’« actes de torture ». Pour qu’un chef de la police en arrive à ce genre d’aveu, c’est que la répression a été hors normes. Et malgré la violence de celle-ci, malgré cet aveu, ce qui frappe, c’est l’asymétrie des peines. Pour les faits de Gênes, Vincenzo Vecchi est menacé d’une peine de douze ans de prison, alors que, dans les rangs de la police, les sanctions les plus sévères ont consisté en une suspension de la fonction publique pendant cinq ans. Pourtant, un manifestant est mort, tué par balles, des centaines de manifestants ont été grièvement blessés et il y a eu des actes de torture… Du côté des manifestants, les peines les plus lourdes concernent des attaques contre les biens, des enseignes saccagées, des vitrines cassées, des projectiles lancés. D’un côté, des dégâts matériels ; de l’autre, un mort. En principe, les sanctions les plus sévères punissent les violences physiques. Et là, c’est l’inverse.

Ce qui m’a particulièrement troublé ces dernières semaines, c’est l’effet qu’une lourde peine, douze ans de prison, peut avoir sur ceux qui en entendent parler. Douze ans de prison. C’est si considérable que cela crée une sorte d’effroi qui entrave la réflexion et interdit presque de s’identifier. Cet homme a bien dû commettre quelque chose, se dit-on, car un pays démocratique comme l’Italie ne condamnerait pas à une telle peine de prison pour rien. Eh bien, si !

Mais la littérature peut nous éclairer sur ce mécanisme, car elle vise à défaire ces réactions spontanées. Avec Jean Valjean, Victor Hugo déconstruit la crainte que l’on peut avoir du bagnard. Les peines lourdes ne sont pas toujours liées à un crime de sang. On peut n’avoir volé qu’une miche de pain. Ce n’est pas une fiction, c’est un fait divers dont Hugo s’est inspiré. Et il faut mille deux cents pages au XIXe siècle pour défaire la figure du bagnard, il faut nous faire traverser mille deux cents pages pour dissiper nos préjugés.

Or, avec Vincenzo Vecchi, nous avons affaire à une incrimination héritée de la période mussolinienne, cette incrimination est contraire aux principes élémentaires du droit, elle permet de condamner quelqu’un sans preuve, sur de simples photographies qui témoignent seulement qu’il était présent à la manifestation. Dans cette affaire, déclarer que « la peine est disproportionnée » ne convient pas, cette peine est délirante. Elle est faite pour terroriser.

À travers les menaces qui pèsent aujourd’hui sur Vincenzo Vecchi, vous appelez à ne pas nous « accoutumer au pire ». Qu’entendez-vous par là ?

Éric Vuillard Nous vivons une progressive destruction des libertés publiques. Chaque loi qui, depuis vingt ans, assure renforcer la sécurité de tous est une nouvelle atteinte aux droits fondamentaux. Ce qui arrive à Vincenzo Vecchi s’inscrit dans un mouvement de fond. Cette séquence s’est ouverte après le 11 septembre 2001. Mais Matteo Salvini, vice-président du Conseil et ministre de l’Intérieur en Italie, au moment où l’affaire Vecchi est relancée, ajoute à cette réduction de nos droits une tonalité encore plus inquiétante. Après la Seconde Guerre mondiale, nous avons vécu, pendant des décennies, en nous interrogeant sur la destruction des principes fondamentaux tout au long de l’entre-deux-guerres. Bien sûr, il ne s’agit pas du tout de dire que la situation actuelle nous amènera aux mêmes catastrophes. Mais, depuis la guerre, nous tâchions de regarder ce passé en face, nous tâchions de comprendre ce qui était arrivé pendant la montée du fascisme. Ce qui nous faisait défaut, c’était l’expérience de ce délitement. Notre trouble se manifestait souvent ainsi : « Comment a-t-on pu s’accommoder d’une telle dérive ? » C’était la question que nous nous posions. On ne saisissait pas bien le type de conscience ou de consentement à l’œuvre. On ne comprenait pas comment ces glissements s’étaient opérés… À présent, la situation s’est inversée : depuis près de vingt ans, on fait l’expérience d’une lente dégradation de nos libertés, des principes du droit, des droits fondamentaux.

Il est désormais possible d’assigner à résidence sans l’intervention du juge, l’état d’urgence a été prolongé deux années entières, une incarcération peut continuer alors qu’on a purgé sa peine, et la dénonciation moyennant rétribution a été pratiquée à grande échelle. Et puis, nous avons tous vu ces 150 enfants à genoux, les mains sur la tête, avec des policiers tout autour, et nous avons seulement qualifié cela d’« image choquante ». Ainsi, ce que l’on voyait auparavant sans le vivre, on le vit désormais sans le voir !

Qu’attendez-vous de la justice française dans l’affaire Vecchi ?

Éric Vuillard Il me semble que les magistrats français ont les moyens juridiques de ne pas se plier aux exigences de l’Italie : il y a la double incrimination que j’évoquais. C’est un moyen parmi d’autres. Les magistrats sont comme tout le monde, comme les écrivains, comme les journalistes : nous sommes responsables des décisions que nous prenons. Le droit, c’est un système de normes que l’on interprète. Prendre une décision qui fasse que, dans le droit français, n’entre pas la possibilité d’une incrimination collective, cela relève de leur responsabilité. Aux magistrats de ne pas se soumettre et de s’en tenir aux principes de leur discipline, protéger avant tout les libertés publiques, en interprétant le droit dans ce sens. Cela relève de leur liberté.

Éric Vuillard  Écrivain, auteur de la Guerre des pauvres, l’Ordre du jour et 14 Juillet (Actes Sud)

Entretien réalisé par Thomas Lemahieu

En frapper un pour en éduquer cent

Près de cent ans d’emprisonnement : c’est la peine globale que la Cour de cassation italienne a validé, en 2012, à l’encontre de dix manifestants présents à Gênes lors du contre-G8 de 2001, alors que tous les responsables politiques et policiers d’un véritable massacre – Carlo Giuliani, abattu par un gendarme, des centaines de blessés graves, humiliations, voire tortures – avaient, eux, bénéficié de classements sans suite ou de sanctions administratives… Vincenzo Vecchi, installé à Rochefort-en-Terre (Morbihan) depuis, fait partie de ces boucs émissaires. Lui-même a écopé de douze ans de prison : comme les autres, identifié après les événements sur la base de photos, il a été reconnu coupable de « dévastation et saccage », un délit introduit par les fascistes dans le Code pénal italien et réactivé par la droite depuis le début des années 2000, dans lequel la simple présence sur les lieux des incidents peut suffire, au nom du « concours moral », à justifier une dizaine d’années de prison ferme…

Éric Vuillard - La peine infligée à Vincenzo Vecchi est faite pour terroriser (L'Humanité, 21 octobre 2019)
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 08:58
Penser avec Marx aujourd’hui, tome IV : « Le communisme » ?, première partie Lucien Sève La Dispute, 670 pages, 40 euros

Penser avec Marx aujourd’hui, tome IV : « Le communisme » ?, première partie Lucien Sève La Dispute, 670 pages, 40 euros

Essai. La métamorphose pour une visée communiste marxienne
Lundi, 21 Octobre, 2019

Dans son quatrième tome de Penser avec Marx aujourd’hui, le philosophe Lucien Sève s’attache à faire vivre le communisme au présent, ce qui nécessite une lutte de classe de haute intensité.

«Faire à nouveau rêver du communisme. » C’est sur ces mots que s’achève le nouveau livre de Lucien Sève. Pour y parvenir, faire retour sur « la visée communiste marxienne », à laquelle, chose étonnante, peu d’ouvrages se sont confrontés sérieusement. Marx et Engels vont déterminer le contenu de la visée communiste en l’opposant nettement au socialisme. C’est l’une des thèses majeures du livre de Lucien Sève : chez Marx et Engels, socialisme et communisme renverraient à deux courants distincts. Le socialisme s’accommoderait de la différenciation hiérarchique des statuts et des revenus, le communisme viserait la complète égalité sociale, c’est-à-dire la société sans classe. Le socialisme miserait sur l’État et sur sa capacité à transformer la société d’en haut, le communisme poserait la nécessité du dépérissement de l’État, entendue comme transformation et appropriation par le plus grand nombre des pouvoirs publics, etc.

Le futur est déjà présent à l’état d’esquisse

Autre thèse décisive, le communisme est compris comme une « visée » et non comme un « projet ». Marx s’est toujours refusé à faire du communisme un idéal, il le définit comme le « mouvement réel qui met fin à l’état de choses actuel ». Qu’est-ce à dire ? Que le futur est déjà présent à l’état d’esquisse. Il faut déceler les potentialités révolutionnaires du présent et lutter pour qu’elles deviennent réelles. Il faut être capable de déceler par exemple, au cœur de la grande industrie sous commandement capitaliste, la possibilité historique d’une diminution du temps de travail. Plutôt que de forcer l’histoire, donc, tenter de « l’orienter du dedans, à partir de son trajet à elle ». On pourrait penser aujourd’hui à ce qui s’annonce dans la révolution numérique. Outre le développement des forces productives, Marx voit dans le développement de l’individualité humaine un présupposé décisif du passage à une autre société. L’histoire témoigne en effet, sur le long terme, d’une immense métamorphose de la façon d’être homme en société. De « l’animal-troupeau » de l’humanité tribale à l’époque de Marx, l’individualité s’est enrichie, elle a accédé à plus d’autonomie, ce qui laisse entrevoir la possibilité de l’auto-émancipation et de l’autogouvernement. Reste que l’approfondissement de l’initiative individuelle est entravé par le capitalisme, qui ne permet qu’à une infime minorité d’y accéder pleinement.

Mais dire que le communisme doit s’ébaucher dès à présent ne signifie pas, insiste Lucien Sève à la suite de Marx, que l’histoire nous y conduit de toute nécessité. Les esquisses émancipatrices n’éclosent pas spontanément, elles supposent pour devenir réalité une lutte de classe de haute intensité. Ce qui ne veut pas dire action insurrectionnelle de courte durée. Marx et Engels se départirent très vite de cette vision de la transformation. La révolution est un processus de longue haleine, toute une époque d’évolutions révolutionnaires, de luttes violentes ou non, de rapports de forces.

Mais, et c’est un point central pour Lucien Sève, si les présupposés historiques du passage à une autre société ne sont pas donnés, alors aucune transformation ne peut être à l’ordre du jour. Le risque est alors de céder à la tentation volontariste de forcer l’histoire pour faire advenir le nouveau. « Marx et Engels ont vu fondamentalement juste » quant à ce qu’il fallait viser, mais ils se sont mépris sur les délais et les difficultés. Le futur que le Manifeste prétendait imminent « était impossible à atteindre avant longtemps ».

«Nous sommes illettrés »

À partir de cette double préoccupation, visée communiste d’une part et « maturité objective » du passage à une autre société d’autre part, Lucien Sève propose une lecture du court XXe siècle. Lénine se situe de plein droit dans la visée communiste marxienne. Mais Lénine va faire preuve d’une impressionnante lucidité en comprenant rapidement « l’immaturité historique du com munisme ». Les présupposés du passage au communisme n’existaient pas en Russie. Les forces productives étaient dans un état de délabrement extrême ; l’individualité était encore insuffisamment développée : « nous sommes illettrés », « nous ne sommes pas assez civilisés », ne cessait-il de répéter. Le temps n’était donc pas encore venu où la gestion des affaires publiques allait être accessible au premier venu. La Russie de Lénine ne pouvait être communiste.

Les régimes socialistes qu’on trouvera ailleurs et après se caractériseront plutôt par leur non-communisme, estime Lucien Sève, même s’ils pouvaient présenter parfois ici ou là certaines avancées sociales. Rien de la visée communiste marxienne ne s’y retrouve, ni le développement de forces productives de haut niveau, ni la promotion de l’individualité, ni le dépérissement de l’État. Si bien que désigner ces régimes et la visée marxienne d’un même mot relève pour Lucien Sève d’une falsification.

Florian Gulli Professeur de philosophie
Essai. La métamorphose pour une visée communiste marxienne (Florian Gulli - lundi 21 octobre - L'Humanité)
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 08:52
Infographie Humanité - 18 octobre 2019

Infographie Humanité - 18 octobre 2019

Inégalités. Sous le quinquennat Macron, 9 millions de pauvres en France
Vendredi, 18 Octobre, 2019

Une étude de l’Insee met en avant une augmentation du nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. La plus forte progression depuis 2010, selon l’institut.

 

C’est la fin d’un secret de Polichinelle. Les réformes économiques et fiscales du gouvernement creusent les inégalités et accroissent la pauvreté. C’est ce que démontre une note de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) parue mercredi 16 octobre, intitulée « Estimation avancée du taux de pauvreté et des indicateurs d’inégalités ». Dans son étude, l’institut fait une évaluation du coefficient Gini, un outil statistique qui permet de calculer les écarts de revenus. En 2018, l’indice de Gini progresse de 0,005 point pour atteindre 0,294. C’est la première fois qu’autant de Français vivent sous le seuil de pauvreté depuis 2010.

Comment expliquer cette tendance sombre ? La hausse de l’indice de Gini est le fruit de la réforme du prélèvement forfaitaire unique (PFU), la flat tax qui limite à 30 % la taxation sur tous les revenus du capital. Cet allègement fiscal a généré un gain de 1 000 euros au profit des 5 % « les plus aisés », précise la note. Grâce au PFU, les versements des dividendes en 2018 ont largement grimpé à hauteur environ de 60 %, selon l’Insee. Rien qu’avec ces deux mesures, cet indice grimpe de 0,004 point. Le PFU est donc un mécanisme bien huilé pour aggraver les inégalités. Contrairement aux promesses du gouvernement, ces gains n’ont pas été réinvestis dans « l’appareil productif ». Point important, l’étude de l’Insee ne prend pas en compte les effets de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune.

Les plus bas revenus sont les grands perdants des politiques économiques et fiscales

À cette hausse des inégalités, s’ajoute la progression de la pauvreté. Cette augmentation est surtout portée par la baisse des APL dans les logements sociaux, selon l’Insee. Une diminution qui « aurait le plus fort effet sur l’évolution du taux de pauvreté (+0.4 point environ) », relève l’étude. Toutefois, cette hausse est à relativiser car elle ne prend pas en compte la baisse des loyers. Le taux de pauvreté est calculé seulement sur les revenus, une diminution des dépenses n’étant pas prise en compte. L’Insee estime ainsi que l’indice de pauvreté s’élève à 14,3 %, soit 0,2 point de plus qu’en 2017. Au total, pas moins de 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en 2018.

Les plus bas revenus sont les grands perdants des politiques économiques et fiscales. « Les mesures sur les prélèvements, comme la baisse de la taxe d’habitation, la bascule CSG/cotisations et l’extension du crédit d’impôt pour l’emploi de salariés à domicile aux retraités, bénéficieraient davantage aux ménages au-dessus du seuil de pauvreté », indique la note. Ces dispositifs « contribueraient donc à la hausse du seuil et du taux de pauvreté », ajoute l’Insee. Que ce soit la hausse de 50 euros en 2018 de l’allocation adulte handicapé, ou celle de l’allocation de solidarité pour les personnes âgées, revalorisée de 30 euros, ces mesures n’améliorent pas la situation des plus fragiles. Et les coupes successives dans les prestations sociales sont trop importantes pour compenser les pertes de revenu. « Avec 2 milliards mobilisés par an, la stratégie de lutte contre la pauvreté n’est pas à la hauteur des enjeux sociaux, c’est deux fois moins que les cadeaux fiscaux aux plus riches… Nous avons une pauvre politique pour les pauvres », a résumé Louis Maurin, fondateur de l’Observatoire des inégalités.

Les ultra-riches, eux, voient leur revenu en hausse de 2 % en 2020

Même si le gouvernement a lâché quelques miettes pour calmer les colères des gilets jaunes, les mesures fiscales annoncées restent favorables aux plus riches. C’est ce que souligne la nouvelle étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) de l’École d’économie de Paris, qui s’est penchée sur « les impacts du budget 2020 sur les ménages et les entreprises ». Pour les Français situés entre les 3 % et les 20 % les plus riches, le revenu augmente à hauteur de 1 %. Les ultra-riches, eux, voient leur revenu en hausse de 2 % en 2020, soit un gain de près de 4 500 euros. Le ruissellement promis par Emmanuel Macron fonctionne donc à merveille, pour les plus aisés.

Lola Ruscio
Inégalités. Sous le quinquennat Macron, 9 millions de pauvres en France (Lola Ruscio, L'Humanité, 18 octobre 2019)
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 08:44
Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen

Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen

Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen

Irène Frachon au débat de la fête de l'Huma Paris le 11 septembre 2016 sur l'espace PCF Bretagne sur le médicament avec Christiane Caro, Fabien Cohen

 Irène Frachon : « J’ai échappé de peu à la tromperie de Servier »
Jeudi, 17 Octobre, 2019
Alexandre Fache

Procès. Appelée à témoigner, mercredi, au procès du Mediator, la lanceuse d’alerte Irène Frachon a raconté son combat pour révéler un scandale sanitaire qui n’aurait jamais dû exister.

Les douze ans de combat d’Irène Frachon contre le Mediator du groupe Servier, depuis la première victime identifiée dans son service de pneumologie de l’hôpital de Brest, en 2007, jusqu’au mégaprocès qui se tient depuis le 23 septembre, et pour au moins six mois, au palais de justice de Paris, annonçait une audience fleuve, mercredi, à l’occasion du témoignage de la lanceuse d’alerte. Le moins que l’on puisse dire est qu’on n’a pas été déçu. Pas moins de trois heures se sont ainsi écoulées avant que la présidente, Sylvie Daunis, n’accorde une première pause, dans cette audience démarrée un peu après 13 h 30, devant une salle comble. Trois heures pendant lesquelles Irène Frachon est revenue méthodiquement sur sa découverte d’un scandale sanitaire parmi les plus retentissants que la France ait connus… et ses difficultés à le faire émerger, du fait du « déni inébranlable de Servier » et de l’attentisme coupable de l’Agence du médicament.
À l’audience, la pneumologue avait beaucoup de choses à dire

Pantalon beige et veste marron, la pneumologue est arrivée dans la salle 2.01 du palais de justice de Paris avec une petite valise à roulettes et une clé USB pour projeter des documents. « Je vais vous raconter comment je me suis inquiétée de la toxicité du Mediator et comment, en obtenant ou pas des documents, j’ai eu la confirmation de cette toxicité », a-t-elle résumé, en prévenant que son exposé serait sans doute « plus technique et plus complet » que celui couché par écrit dans son livre, publié en 2010, Mediator 150 mg, Combien de morts ? Technique, c’est sûr, son témoignage l’aura été, quand, à coups de schémas et de tableaux projetés sur l’écran de la salle – barbares pour le commun des mortels –, la pneumologue tentera d’expliquer les mécanismes d’action destructeurs des dérivés de la fenfluramine, dont deux furent retirés du marché (Isoméride et Pondéral) en 1997 en France, quand un troisième, le Mediator, allait poursuivre douze ans de plus sa carrière mortelle.

« Ça va, je ne vais pas trop vite ? » s’inquiétera à plusieurs reprises Irène Frachon en regardant la présidente, Sylvie Daunis. « Je vous préviendrai », répondra la magistrate une première fois, avant, deux heures plus tard, d’avouer : « Euh, non là ça ne va plus, on n’arrive plus à noter. » C’est que la pneumologue, dont l’histoire a été adaptée à l’écran en 2016 dans la Fille de Brest, mais aussi au théâtre dans la pièce Mon cœur, mise en scène en 2017, avait beaucoup, beaucoup de choses à dire. Après un petit exposé sur sa vision de la médecine, l’intérêt de la pharmacovigilance et ce qu’est une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), cette maladie rare devenue sa spécialité, Irène Frachon a raconté les prémices de sa salutaire découverte. « En 1990, j’arrive dans le service de pneumologie de l’hôpital Antoine-Béclère, LA référence en France pour les HTAP. J’ai été très frappée de voir l’inquiétude qui régnait dans ce service. » Les médecins voient arriver des cas de plus en plus nombreux de jeunes femmes touchées par cette maladie. Une véritable épidémie. Un article est publié en 1993, sans conséquence. « Servier ne veut rien entendre. Et les autorités de santé sont pétrifiées », constate Irène Frachon. Ça ne sera pas la dernière fois.

Et quand le groupe Servier ne veut rien entendre, il a des moyens bien à lui de le faire savoir, a aussi rappelé mercredi la lanceuse d’alerte. « Ses menaces étaient incroyables », a-t-elle raconté, citant les cas de ce journaliste du Parisien, Éric Giacometti, ou d’une juriste belge, soutiens de victimes de ces produits, qui ont reçu « des photos de leurs enfants devant leur école ». « Après ça, la juriste belge a complètement disparu du dossier », note Irène Frachon, qui évoque aussi les pratiques de « harcèlement » du groupe, de « falsification » des traductions de la littérature médicale ou, plus largement, de « pressions » sur l’ensemble de la chaîne de pharmacovigilance.
« Aujourd’hui, je suis comme les victimes, inconsolable »

Suffisamment pour exonérer l’Agence du médicament (Afssaps à l’époque), elle aussi au banc des accusés dans ce procès ? Certes pas. « La première fois que j’ai été reçue là-bas, en juin 2009, après mes alertes, on m’a dit de “faire court”, se souvient Irène Frachon. J’ai quand même suggéré qu’il fallait envisager le retrait du Mediator. On m’a dit : “Mais madame, on ne retire pas comme ça un médicament !” »

Cinq mois plus tard, la pneumologue obtiendra pourtant l’interdiction du produit de Servier, abattant un à un les obstacles mis sur sa route par le laboratoire et son allié alors au garde à vous, l’Agence du médicament. « La puissance de ce laboratoire faisait qu’il ne fallait pas trop y toucher », tente d’expliquer aujourd’hui la pneumologue, qui rappellera aussi, à l’audience, que « dénoncer ce scandale (l’avait) marginalisée de manière majeure dans le monde médical ».

Pressée par le tribunal d’en terminer avec sa déclaration liminaire, Irène Frachon a conclu, hier, par ces mots inquiets : « J’ai échappé de très peu à la tromperie de Servier. Ça me fait froid dans le dos de voir à quoi cela a tenu, à très peu de choses. Aujourd’hui, je suis comme les victimes, inconsolable. Des victimes qui ne pourront pas parler ici parce que Servier a acheté leur silence, en conditionnant les indemnisations à ce silence. J’espère que ce procès tardif sera utile pour protéger les patients face à la firme Servier. »
Alexandre Fache

Lire aussi:

Irène Frachon: Servier était plus puissant que l’Agence du médicament (Rozenn Le Saint, Médiapart, 22 septembre 2019)

Irène Frachon - 17 octobre 2019: J'ai échappé de peu à la tromperie de Servier (Alexandre Fache, L'Humanité, 17 octobre 2019)
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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 07:42
Municipales. La « liste de gauche » officialise

Il y a quelques jours, Matthieu Guillemot, élu d’« Une vraie gauche pour Carhaix », indiquait dans nos colonnes que « des pourparlers étaient d’actualité en vue de la constitution d’une liste de gauche » aux élections municipales de mars 2020 à Carhaix. Ce dimanche, un communiqué officialise la candidature de cette liste. « Soutenue par le Nouveau parti anticapitaliste, le Parti communiste, la Parti socialiste et la France insoumise dans un premier temps, cette liste de gauche a pour ambition de doter Carhaix et la communauté de communes d’élus à l’écoute des populations », est-il écrit.

« Dans un respect mutuel et sans hégémonie de l’une des composantes », cette liste se veut « ouverte à tous ceux et toutes celles qui ont à cœur les valeurs de gauche » avec l’objectif de gérer la commune « dans un souci social et écologique ». Elle entend par ailleurs œuvrer « avec l’ensemble des associations et être un interlocuteur soucieux d’un dialogue franc et respectueux ».

La liste, dont le nom sera dévoilé ultérieurement, indique qu’elle présentera les grandes lignes de son programme, dans les prochaines semaines et promet qu’elle « aura à cœur de gérer dans l’intérêt de toutes et de tous ».

Au moins deux autres listes seront en lice aux élections municipales de mars 2020 : celle du maire sortant Christian Troadec et la liste « Un temps d’avance pour Carhaix-Plouguer » menée par Jérôme Yvinec.


Contact
carhaixment.a.gauche@orange.fr

Élection municipale de 2020.

Communiqué

La presse s’en est fait l’écho. En mars 2020 une liste de gauche était envisagée. C’est chose faite.

Soutenue par le NPA, le PCF, le PS et la F.I, dans un premier temps, cette liste a pour ambition de doter Carhaix-Plouguer et la communauté de communes d’élus à l’écoute des populations.

Dans un respect mutuel et sans hégémonie d’une des composantes, cette liste se veut ouverte à tous ceux et toutes celles qui ont à cœur les valeurs de gauche.

L’objectif étant de gérer la commune dans un souci social et écologique. Cette liste de gauche entend œuvrer avec l’ensemble des associations et d’être un interlocuteur soucieux d’un dialogue franc et respectueux.

Dans les prochaines semaines, cette liste dévoilera les grandes lignes de son programme. Avec une pratique démocratique, cette liste aura à cœur de gérer dans l’intérêt de toutes et de tous.

Contact : carhaixment.a.gauche@orange.fr

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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 13:43
Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant, communistes et cégétistes, ce 20 octobre
Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant, communistes et cégétistes, ce 20 octobre

On oublie pas :

Le 22 octobre 1941, dans la carrière de Châteaubriant, 27 résistants tombaient sous les balles des pelotons d’exécution hitlériens.
Les 27 de Châteaubriant étaient des élus, des militants communistes, des dirigeants de la CGT.

Le plus jeune, le lycéen Guy Môquet, avait 17 ans. Ils avaient été arrêtés par la police française et choisis par le ministre de l’Intérieur de Pétain, le sinistre Pucheu, sur demande des autorités locales de la collaboration avec l’ennemi.

Parmi ces martyrs, deux montargois tombèrent sous les balles nazies, tous deux militants communistes, résistants : Raymond Laforge, instituteur à l’école Pasteur pédagogue du mouvement Freynet à Montargis et Raymond Tellier, élu d’Amilly artisan imprimeur rue du Loing à Montargis.

L’hommage que nous leur rendons, chaque année, rappelle le sens de l’engagement et du sacrifice qui fût le leur et celui de tous leurs camarades de la Résistance.

Un car partait du Finistère, de Concarneau, ce matin.

Nous n'oublierons jamais! : le 22 octobre 1941, à Châteaubriant, 27 otages choisis par Vichy pour être fusillés par l'armée allemande parce qu'ils étaient communistes et cégétiste

"A propos d'une ignominie: être dignes des 27": Pierre Le Rose rend hommage à Pierre Guéguin et Marc Bourhis, fusillés de Chateaubriant concarnois (L'Unité, journal communiste de Concarneau, novembre-décembre 1979)

Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant

Dimanche 20 Octobre 2019 aura lieu la commémoration de Châteaubriant.

Il y a 78 ans, le 22 octobre 1941, 50 résistants sont fusillés par l’armée allemande sur ordre du Führer Adolf Hitler, en représailles de la mort du Feldkommandant de Nantes, Karl Hotz, tué deux jours plutôt par des résistants français. Ce jour-là, à Châteaubriant, ce sont 27 résistants que l’armée allemande fusille.

 

Parmi eux, le célèbre Guy Moquet, âgé seulement de 17 ans, Jean Grandel, Maire de Gennevilliers, ou encore Jean-Pierre Timbaud, grand responsable de la CGT… L'écho de leur assassinat dépassa les frontières françaises, allant jusqu'à provoquer des réactions auprès de Churchill et Roosevelt. Ce jour-là, avec ce massacre, les nazis et le gouvernement français pensaient faire taire toute résistance, mais ce fut le contraire, beaucoup décidèrent de franchir le pas et entrèrent en résistance.

Cette cérémonie, organisée depuis la libération, rassemble des témoins de la seconde guerre mondiale, mais aussi des actrices et acteurs de la mémoire venu·e·s de toute la France.

 

A l'heure où le Parlement Européen adopte un texte mettant sur le même plan nazisme et communisme, rendant illégale "l'apologie du communisme", à l'heure où certain.e.s récupèrent l'histoire de la résistance pour justifier leur théorie nauséabonde, ou encore pour expliquer l'abandon de leurs alliés d'autrefois à l'ennemi... à l'heure où tout repère idéologique se perd, il est primordial que les communistes ne désertent pas le terrain mémoriel : c’est l'histoire de la France, mais c’est aussi notre histoire.

En effet, l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt a été créée par le MJCF, le PCF et la CGT. Depuis sa création, elle n'a cessé de faire vivre les valeurs de la résistance, et la mémoire de celles et ceux qui ont combattu, trop souvent au péril de leur vie, pour un idéal de société, que nous défendons encore aujourd'hui.

Se souvenir ce n'est pas ressasser le passé, c'est construire une société plus juste, en sachant d'où l'on vient. Car comme le disait Karl Marx "celui qui ne connait pas l'histoire est condamné à la revivre".

Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant, communistes et cégétistes, ce 20 octobre
Devoir de mémoire: commémoration des fusillés de Châteaubriant, communistes et cégétistes, ce 20 octobre
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