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15 avril 2021 4 15 /04 /avril /2021 05:09
Ouest-France, 13 avril 2021 - Portrait et interview d'Eugène Davillers Caradec

Ouest-France, 13 avril 2021 - Portrait et interview d'Eugène Davillers Caradec

Eugène Davillers-Caradec, le benjamin des élus morlaisiens, 22 ans, conseiller municipal délégué a l'urbanisme, membre des JC et du PCF, et un garçon étonnant, curieux de tout et aux grandes qualités humaines. Quand on dit que les rockers ont du coeur... Son portrait et son interview dans le Ouest-France, 13 avril 2021.

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 14:11
Philippe Rio, maire communiste de Grigny, maire de classe mondiale (L'Humanité, 12 avril 2021)
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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 14:05
Défense des langues régionales - Tribune des élus communistes de Brest
Les élus communistes de Brest - Jacqueline Héré, Mathilde Maillard, Jean-Michel Le Lorc'h, Eric Guellec, Anne-Catherine Cleuziou, Sandra Le Roux, Taran Marec

Les élus communistes de Brest - Jacqueline Héré, Mathilde Maillard, Jean-Michel Le Lorc'h, Eric Guellec, Anne-Catherine Cleuziou, Sandra Le Roux, Taran Marec

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 13:43
Numerus clausus - le billet d'humeur du docteur Christophe Prudhomme, L'Humanité, 14 avril
Christophe Prudhomme
 
Billet d'humeur de la semaine
 
Numerus clausus
Le gouvernement nous a annoncé la fin du numerus clausus afin de pouvoir former plus de médecins. Une nouvelle fois, il a menti. Alors que tous les indicateurs sont au rouge pour le nombre de médecins dans les années à venir, des milliers de jeunes qui sont inscrits pour la première fois en première année des études de santé vont être jetés comme des malpropres au mois de juin. En effet, pour cette année de transition, des places sont réservées pour les étudiants qui pourront pour la dernière fois redoubler, mais cela se fera au détriment des nouveaux entrants. De fait, près de 90 % des inscrits vont se voir refuser l’entrée en deuxième année. Une des raisons invoquées par les présidents d’université est le manque de moyens pour accueillir plus d’étudiants. Visiblement, le « quoi qu’il en coûte » ne vaut pas pour la formation des futurs médecins. Des associations d’étudiants et de parents d’étudiants se sont créées pour dénoncer ce scandale, mais ils ne rencontrent que peu d’échos. Il faut les soutenir pour obtenir une augmentation substantielle du nombre de places cette année. Cette situation est d’autant plus révoltante que les directions d’hôpitaux sont bien contentes d’avoir des étudiants à disposition pour remplacer le personnel manquant dans les hôpitaux dans cette période de crise. Sans eux, les hôpitaux ne pourraient pas tenir le choc.
Nous en avons assez des effets d’annonce de ce gouvernement qui sont contredits par les faits. Non, le numerus clausus n’a pas été supprimé. Seule une réforme a modifié les modalités de sélection pour l’entrée dans les études de santé, mais le nombre de médecins formés n’augmente pas suffisamment pour répondre au besoin d’une population qui croît et qui vieillit. Monsieur Macron, ce ne sont pas les cabines de téléconsultations que veulent nous vendre les Google et compagnie qui pourront remplacer les professionnels de santé sur le terrain. La technique ne peut servir qu’à améliorer la qualité de la prise en charge des patients, mais rien de pourra jamais remplacer le contact humain et le nécessaire rapport de confiance qui doit s’établir entre le soigné et le soignant.
 
Dr Christophe Prudhomme
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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 17:57
Françafrique: l'assassinat de Thomas Sankara - Dossier de Marc de Miramon dans L'Humanité, 9 avril 2021
Afrique. Assassinat de Thomas Sankara : la France complice
Vendredi 9 Avril 2021

De nouveaux éléments renforcent l’hypothèse d’une complicité de Paris dans la mort de l’ancien président du Burkina Faso en 1987. À Ouagadougou, le 13 avril, la justice devrait enfin annoncer la tenue d’un procès.

 

C’est l’un des épisodes les plus obscurs de la tumultueuse histoire entre la France et ses anciennes colonies du continent africain. Le 15 octobre 1987, le capitaine Thomas Sankara, héros de la révolution burkinabée au pouvoir depuis le 4 août 1983, était assassiné au Conseil de l’entente à Ouagadougou par des putschistes aux ordres de Blaise Compaoré. La chute de ce dernier à l’automne 2014, au terme d’un authentique soulèvement populaire, va permettre l’ouverture d’une instruction judiciaire qui arrive enfin à son terme : le 13 avril, la justice du « pays des hommes intègres » doit annoncer la tenue d’un probable procès pour juger les acteurs présumés du meurtre, exécutants et commanditaires.

Une équipe de « spécialistes » français venus faire le ménage

La séquence pourrait s’avérer explosive, tant l’instruction a mis en lumière de nouveaux éléments incriminant entre autres la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, pilier de la Françafrique, ainsi que des complices français. Plusieurs militaires burkinabés acteurs ou témoins du coup d’État ont attesté sur procès-verbal de l’arrivée d’une équipe de « spécialistes » français pour faire le ménage. « Dès le lendemain, le 16 octobre 1987, Jean-Pierre Palm (un des hommes de Compaoré – NDLR) est venu, accompagné d’un Blanc qui serait un technicien plus un autre qui serait un capitaine français dénommé Baril (…). Notre chef de service aurait déploré qu’on emmène ces Français inspecter notre service et nos installations qui avaient été équipés par des Soviétiques et le personnel formé par les Rus ses, les Algériens et les Cubains », explique l’un d’entre eux. Un autre renchérit : « Comme l’exige la procédure nous avons pris les archives d’écoute concernant Blaise Compaoré et Jean-Pierre Palm que nous nous sommes partagées (afin de) procéder à leur destruction. Ce dernier en personne est venu dans notre service, accompagné de Français, avant même de prendre le commandement, à la recherche des preuves qu’il était sur écoute. »

Un troisième poursuit : « Notre chef, le lieutenant Tibo, passait nous encourager. Jusqu’au jour où le capitaine Jean-Pierre Palm est venu dans notre bureau avec des Blancs, probablement des Français. Un d’entre eux a dit au capitaine Jean-Pierre de m’arrêter. » Jean-Pierre Palm lui-même confirme l’information sur procès-verbal : « C’est une mission française qui était là et qui demandait à faire le point des matériels des forces armées. Ils étaient à la gendarmerie et dans d’autres corps je pense. C’est la présidence (burkinabée – NDLR) qui les avait envoyés, à la gendarmerie, et ils sont venus me rencontrer. Ils se sont intéressés aux transmissions. » Une partie de ces PV extraits de l’instruction, que nous avons pu consulter en intégralité, a déjà été publiée ces dernières semaines dans l’excellent journal burkinabé Courrier confidentiel.

Mais ni le bimensuel spécialisé dans l’investigation, ni les procès-verbaux n’apportent de précision sur l’identité de ce « capitaine Baril » qui évoque le sulfureux Paul Barril, ancien numéro 2 du GIGN reconverti dans le privé via sa société Secrets. Lui-même n’est plus en état de confirmer ou infirmer. Atteint de la maladie de Parkinson, « il ne va pas bien du tout, il est en Suisse et a du mal à parler, à écrire ou à composer un numéro de téléphone », témoigne un de ses proches. Sa présence dans l’équipe de « nettoyeurs » français affaiblirait l’hypothèse d’une participation directe de la DGSE, et renforcerait celle d’une cellule de barbouzes opérant, comme Paul Barril, dans les circuits parallèles de la Françafrique. « Il n’a jamais travaillé pour la DGSE, c’est totalement exclu », explique un cadre de l’époque de la « piscine » située boulevard Mortier : « Barril travaillait toujours pour lui-même, souvent contre les intérêts de la boîte, tout en racontant partout qu’il était un soldat de l’ombre au service des intérêts français. Ce qui est parfaitement inexact. »

« Barril n’aimait pas du tout Thomas Sankara »

Mais l’assassinat de Thomas Sankara coïncidait avec la volonté générale de l’État français et de ses obligés du continent africain de le chasser du pouvoir, quoi qu’il en coûte. À la tête du dispositif qui va sceller sa chute figure donc la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, chasse gardée – avec le Gabon d’Omar Bongo – du tout-puissant Jacques Foccart, patron de la cellule Afrique de Matignon, de retour aux affaires après la victoire de Jacques Chirac aux législatives de mars 1986. « Tant que Foccart était vivant, ces deux pays étaient inaccessibles à Barril, mais pas le Burkina Faso », affirme l’avocat Robert Bourgi, homme clé des réseaux Foccart de l’époque, qui juge plausible la présence du sulfureux capitaine au lendemain du coup d’État : « Barril n’aimait pas du tout Thomas Sankara, qu’il accusait d’être un ennemi de la France, contrairement à Foccart, qui avait pour lui une véritable estime », jure-t-il. Au mois d’août 1987, Robert Bourgi assure avoir été missionné par son patron Foccart pour faire passer un message au président burkinabé. « Dites-lui d’être très prudent, de se méfier. Essayez de l’appeler par une ligne sécurisée pour lui transmettre l’information. » Menace ? Mise en garde ? Sans doute un peu des deux.

La galaxie françafricaine oscillait entre rejet et fascination pour la figure Sankara, brillante, éloquente et charismatique. Et le révolutionnaire est parfaitement au fait des menaces qui pèsent sur sa vie, tant les alertes arrivent de toutes parts. « Houphouët-Boigny, dans l’intimité, admirait Sankara car il lui rappelait sa propre jeunesse quand il était proche du Parti communiste et que les Français voulaient sa peau », explique Robert Dulas, à l’époque conseiller du président ivoirien : « Mais le temps avait passé et le ’’Vieux’’ avait compris qu’il était préférable de pencher du côté de la force. Je me souviens d’une conversation dans son bureau avec Omar Bongo au bout du fil, et Houphouët lui disait : “Le petit, il n’a pas compris. Fidel Castro, il a les Russes derrière lui mais le petit il n’aura que les jeunes pour l’accompagner. Ce n’est pas suffisant, il n’a pas encore ass is son pouvoir qu’il s’attaque déjà aux Blancs.” »

Tout le monde a d’abord tenté de séduire le bouillant capitaine Sankara, et évidemment de le corrompre. Un de ses proches se souvient avoir été missionné pour accueillir deux femmes à la base aérienne de Ouagadougou, qui jouxte l’aéroport, chacune portant une mallette bourrée d’argent envoyée par Houphouët-Boigny pour soudoyer Thomas Sankara et le numéro 2 du pays, « Brutus » Blaise Compaoré. « Thomas a refusé la mallette par éthique personnelle et il a renvoyé la dame à Abidjan. Blaise a gardé l’argent, et il a épousé Chantal. » La future première dame Chantal Compaoré, Franco-Ivoirienne très liée à la famille d’Houphouët-Boigny, a depuis suivi son mari en exil en Côte d’Ivoire, pays qui n’a pas d’accord d’extradition avec le Burkina Faso.

L’étau se resserre avec la cohabitation Chirac-Mitterrand

Pour Guy Delbrel, autre « compagnon de lutte » du président burkinabé aujourd’hui consultant, entre autres pour Air France, tous les présidents de l’époque procédaient ainsi : « Thomas m’a raconté avoir reçu 450 millions de francs CFA expédiés par Denis Sassou-Nguesso pour la tenue d’un scrutin, accompagnés d’un petit mot qui disait : “Camarade Thomas, organise des élections et gagne-les. Voilà ce que respectent les Blancs.” »

Mais peu importe l’éventuel verdict des urnes ou l’assise populaire du président, l’étau se resserre inexorablement avec la cohabitation Chirac-Mitterrand. Le premier ministre et patron du RPR ne cache pas l’aversion que lui inspire le trublion du pré carré françafricain. Au lendemain de son assassinat, Jacques Chirac va pourtant verser des larmes de crocodile : « C’est un des pays les plus pauvres du monde qui devrait rassembler toute son énergie pour essayer, avec l’aide de la France, l’aide internationale, de se développer, de répondre à ses misères et à ses malheurs, plutôt que de perdre son énergie dans les coups d’État permanents (…). Je le regrette beaucoup. » Un an plus tôt, le Burkina Faso avait parrainé une motion en faveur de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie aux Nations unies et Jacques Chirac avait immédiatement envoyé une note vengeresse à son ministre de la coopération Michel Aurillac, révélée par le Canard enchaîné : « Trop, c’est trop. Il convient d’en tirer les conséquences et d’aller au-delà de ce que nous avions envisagé pour ce qui concerne la réduction de l’aide à ce pays pour 1987. » À la même période, il livre cet avertissement explicite au journaliste Elio Comarin – aujourd’hui décédé –, dont il croit deviner les sympathies sankaristes : « Dites à votre ’’petit’’ capitaine qu’il range ses abattis (abats de volaille, pattes et ailes coupées – NDLR), d’ici six mois on se sera occupés de lui. »

« Tuez Sankara et des milliers naîtront »

À ces pressions extérieures se conjuguent les menaces internes. Blaise Compaoré, devenu l’homme lige d’Houphouët-Boigny au cœur de la révolution burkinabée, ne cache plus son ambition de détrôner son « meilleur ami » Thomas Sankara. Boukari Kaboré, dit « le Lion », qui refusera de rendre les armes après le coup d’État de Compaoré, raconte l’une de ses dernières conversations avec le capitaine-président : « Pour impliquer tout le monde dans la sécurité de l’État, on avait demandé à la 5e région militaire commandée par Blaise Compaoré de se déporter sur Diébougou pour sécuriser la frontière. Ce qu’il n’a jamais fait. Compte tenu de la situation de l’époque, j’avais proposé au président Thomas Sankara d’arrêter Blaise Compaoré. Il a catégoriquement refusé, en disant que nous ne devions pas trahir l’amitié. Je lui ai dit que s’il mourait, la révolution allait mourir en même temps : lui était convaincu que la révolution n’allait pas mourir »

« Tuez Sankara et des milliers naîtront », croyait dur comme fer Thomas Sankara, prêt au sacrifice suprême plutôt que de trahir celui qu’il considérait en dépit des évidences comme son ami. Mais la mort du Che africain n’a pas l’effet escompté. Enfin assis sur le trône tant convoité, « Blaise » enterre les acquis de la révolution puis annonce sa « rectification ». Et le Burkina Faso enfin rentré dans le rang devient progressivement le centre névralgique des coups tordus de la Françafrique (lire page 6), tandis que la Côte d’Ivoire, orpheline d’Houphouët-Boigny en décembre 1993, sombre à son tour dans l’instabilité et les coups d’État.

Blaise Compaoré, homme clé des basses œuvres de Paris
Vendredi 9 Avril 2021

Le cerveau présumé de l’assassinat de Thomas Sankara a transformé Ouagadougou en capitale des déstabilisations régionales.

 

La mort de Thomas Sankara intervient en 1987, au crépuscule de la Françafrique, dont la raison d’être remonte aux origines de la guerre froide. Après avoir – comme Moscou l’a fait au nom de l’émancipation des peuples – soutenu le processus de décolonisation pour affaiblir l’Empire français, Washington se ravise au lendemain des indépendances et impose un accord tacite. Paris peut conserver la mainmise sur ses anciennes colonies à condition que les régimes néo­coloniaux constituent autant de boucliers à la progression d’une « contagion » communiste que les États-Unis, qui n’ont pas encore de bases militaires sur le continent africain, peinent à contenir.

Gageons que l’assassinat du révolutionnaire burkinabé n’a pas ému outre mesure les stratèges de Washington, tant ses discours dénonçaient autant l’impérialisme français que « yankee », fustigeaient le fardeau de la dette, l’appauvrissement des pays du Sud grâce à la spéculation sur le prix des matières premières, qui réduisait les économies nationales à leur seule vertu utilitaire sur les marchés internationaux.

Comme un poisson dans l’eau

Dans ce nouvel environnement post-guerre froide, Blaise Compaoré se sent comme un poisson dans l’eau. L’autosuffisance alimentaire atteinte par la « révolution » sankariste cède le pas à l’extension de la monoculture du coton – dont le Burkina Faso devient le principal exportateur à l’échelle du continent –, mais le nouvel homme fort nourrit d’autres ambitions. Le crépuscule de Félix Houphouët-Boigny, qui décède fin 1993, laisse un grand vide que Blaise Compaoré va s’appliquer à combler.

Ouagadougou devient la base arrière des hommes de Charles Taylor, chef de guerre puis président du Liberia, mais aussi du Front révolutionnaire uni (RUF), la milice qui coupait les bras des enfants au Sierra Leone, qui installe aussi son quartier général dans la capitale burkinabée. En 2000, un rapport de l’ONU évoquera même la présence de soldats de Compaoré dans les rangs du RUF, qui bénéficie de l’expérience et des formations dispensées à Pô, centre d’entraînement de l’armée et des parachutistes de Blaise.

Ébranlement de la Côte d’Ivoire

On le retrouve aussi en Angola, aux côtés de Jonas Savimbi, le chef de guerre soutenu par l’Afrique du Sud de l’apartheid et icône de l’ancien chef des services secrets français Alexandre de Marenches, qui le considérait comme le « De Gaulle africain » (sic), quand Thomas Sankara n’avait que mépris pour ce soldat de l’Occident soutenu par toutes les forces réactionnaires du continent.

Mais l’opération la plus emblématique demeure la déstabilisation de la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo, réalisée en parfaite entente avec les Français. En septembre 2002, quelques mois à peine après la réélection de Jacques Chirac et la fin de la cohabitation avec Lionel Jospin, le mouvement rebelle ivoirien du MPCI (Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire), rebaptisé par la suite Forces nouvelles, attaque les villes du nord de la Côte d’Ivoire avec des équipements militaires fournis par le Burkina Faso. Au lieu de respecter l’accord de défense qui lie les deux pays, Paris décide d’utiliser ses 2 500 soldats présents sur place pour figer les positions des belligérants et imposer une négociation politique à Laurent Gbagbo. On connaît la suite : au printemps 2011, le président ivoirien insoumis à la France est finalement chassé du pouvoir par les rebelles, cette fois directement appuyés par les militaires déployés par Paris.

Mort de Thomas Sankara. La (très) décevante coopération de Macron
Vendredi 9 Avril 2021

À rebours des promesses du président français, l’entraide judiciaire entre Paris et Ouagadougou n’a pas beaucoup aidé les magistrats burkinabés.

 

Face à des étudiants réunis à Ouagadougou le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron avait promis de déclassifier « tous les documents produits par les administrations françaises pendant le régime de Thomas Sankara et après son assassinat, pour être consultés aux demandes de la justice burkinabée ». Vu la position de force de la France à l’époque, sa proximité avec la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny et les relations étroites que Paris va nouer par la suite avec le régime de Blaise Compaoré (1987-2014), les magistrats en charge du dossier attendaient beaucoup de cet engagement sans fard du président français. La déception s’est révélée à la hauteur des espérances. « Nous avons reçu des tonnes de papier », euphémise une source judiciaire à Ouagadougou. « Mais ce sont des archives classiques, il n’y a rien de très secret, ni de très confidentiel. Les deux premiers lots étaient constitués de documents éparses venant du ministère de l’Intérieur, du Quai d’Orsay, des renseignements généraux, ou quelques notes sans intérêt des services secrets. »

Parmi ces dernières, la note déclassifiée (I-397.177) qui fait état d’un complot « projeté par Thomas Sankara pour éliminer Blaise Compaoré, Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani, prévu pour le 15 octobre 1987 à 20 heures », soit quelques heures à peine après l’assassinat de Thomas Sankara. En clair, selon cette note des fins limiers français, Blaise Compaoré aurait presque agi en état de légitime défense ! Une autre source judiciaire précise n’avoir « pas encore eu accès à un troisième lot, qui est arrivé à la fin de l’année 2020, après que le juge d’instruction a rendu son ordonnance de clôture, et non sans avoir bataillé pendant près d’un an pour l’obtenir ».

Thomas Sankara, réhabilité en héros national

En attendant un improbable réveil de Paris, chacun pourra spéculer sur les raisons profondes de cette très timide coopération judiciaire, qui intervient au moment où l’image de la France se dégrade dans la bande sahélienne en général et au Burkina Faso en particulier. À Ouagadougou, la figure de Thomas Sankara a été totalement réhabilitée en héros national et tous les responsables politiques ou presque revendiquent son héritage. « C’est une grave erreur de jugement », estime Bruno Jaffré, biographe de Thomas Sankara (1), pour qui « cette coopération très décevante risque de provoquer encore plus de dégâts que la vérité elle-même, quelle qu’elle soit ». M. d. M.

(1) Dernier ouvrage paru : l’Insurrection inachevée, Burkina 2014, Syllepse 2019.
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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 15:10
Au Sénat, le groupe communiste vote contre la loi dite sur les séparatismes (Fabien Gay, 13 avril 2021)
⭕️ J’ai voté contre le projet de loi sur le « respect des principes de la République », tout comme l’ensemble du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste ⭕️
Ce texte, qui s’est d’abord appelé « lois sur les séparatismes » avant de s’appeler « pour le renforcement des principes de la République » marque un basculement dans la relation entre la puissance publique et les cultes et modifie le caractère de la loi de 1905 de stricte séparation entre les Églises et la puissance publique. Elle modifie aussi la loi de 1901 sur les associations en demandant à ces associations de signer un contrat… pour s’engager à respecter la loi. Une garantie bien illusoire, car celles et ceux qui ne veulent pas respecter la loi se moquent pas mal de signer un papier disant qu’ils respecteront la loi… qu’aussitôt signé ils ne respecteront pas !
Ce texte créé aussi un fichier de 17 millions de personnes, puisque chaque personne qui voudra souscrire une licence dans un club sportif sera à présent soumise à une « clause d’honorabilité » sans qu’on ne sache très bien en quoi celle-ci consiste…
Mais le pire, c’est que ce texte vient dans un contexte général où une partie des droites et de l’extrême droite, bien aidés par la puissance médiatique, continue la stigmatisation et les banalisations de propos racistes envers nos compatriotes musulmans.
D’ailleurs, la séance publique au Sénat aura donné lieu, triste gloire, au concours Lépine de l’amendement le plus stigmatisant : pour la 3ème fois en deux ans, l’interdiction pour les mamans voilés d’accompagner les enfants en sorties scolaires ; l’interdiction des drapeaux étrangers lors des mariages ; les prières dans les couloirs de l’université (surtout qu’elles sont fermées depuis un an, et que le dernier incident de ce type remonte à 2015) ; couper les allocations familiales aux parents dont les enfants sont absents à l’école… La liste est longue, trop longue…
Le ministre de l’Intérieur se plaignait sur un chaîne télévisuelle du service public que l’extrême droite était trop molle. Nous espérons que la droite sénatoriale l’aura bien rassasié.
En revanche, lorsque nous avons voulu aborder « le séparatisme » entre les riches et les pauvres, et l’évasion fiscale alors que d’impôt est un devoir citoyen : ce n’était pas le moment.
Lorsque nous avons voulu parler des discriminations subies par nos compatriotes en raison de leur origine, classe sociale, couleur de peau, orientation sexuelle… et qui font que des millions de nos compatriotes ont des difficultés d’accès à l’emploi, à un logement… : ça n’existait pas, et ce n’était pas le moment.
Lorsque nous avons voulu dire que la République devait s’incarner partout, en premier lieu par nos services publics qui désertent nos quartiers populaires, nos territoires ruraux et ultra-marins, terreau de la montée de la misère, de la pauvreté et révélateur d’inégalités républicaines : pas à l’ordre du jour.
Quand nous avons voulu parler de nos relations diplomatiques avec un certain nombre de pays qui financent eux-mêmes le terrorise : le sourire était gêné.
Alors oui, la montée de l’intégrisme, de l’obscurantisme religieux et du terrorisme est une affaire sérieuse et le combattre doit être l’affaire de toutes et tous. Depuis 30 ans, d’ailleurs, quasi chaque année, le Parlement a adopté un texte accentuant toujours la surveillance. Mais cela ne suffira pas.
« Il faut bien que la société regarde ces choses puisque c’est elle qui les fait », écrivait Victor Hugo dans Les Misérables. Nous pourrions ajouter ; c’est elle qui les fait, en laissant une partie de la population sur le bas-côté, en cultivant l’entre-soi et l’élitisme, en laissant toujours plus à quelques-uns, et toujours moins à la majorité, en tuant le rêve et en excluant, en asséchant les services publics et l’éducation…
C’est à la racine du mal qu’il faut s’attaquer, au grand désordre mondial, aux guerres et à la misère qui prospère, aux sources de financements dont les petits trafics d’ici irriguent aussi le terrorisme mondial, et puis renforcer la République partout, nos services publics, les moyens dans l’éducation, pour nos associations. L’affaire est sérieuse est doit être traitée sans caricature, sans stigmatisation.
Pour toutes ces raisons, j’ai voté contre ce texte, comme l’ensemble de mon groupe.
Fabien Gay
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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 15:05
5 ans à peine pour défaire un système archaïque d’oppression des femmes : nous exigeons plus de moyens pour une loi plus efficace - Une tribune du front féministe pour l'abolition de la marchandisation des corps
5 ans à peine pour défaire un système archaïque d’oppression des femmes : nous exigeons plus de moyens pour une loi plus efficace

 

Lundi 12 Avril 2021

Une tribune du  Front Féministe pour l'Abolition de la Marchandisation des Corps

 

Cela fait 5 ans que la loi du 13 avril 2016 est entrée en vigueur. Nous ne pouvons encore  aujourd'hui que nous en réjouir. Elle  redonne aux femmes espoir, courage et dignité. Cette loi interdit lachat dactes sexuels, elle pénalise les clients prostitueurs et renverse ainsi la charge de la responsabilité. Elle renforce la lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains et permet un accompagnement des survivantes de la prostitution vers une vie digne, avec des droits: droit de disposer de son corps, droit au logement, papiers, formationsAutre aspect fondamental de la loi, le délit de racolage a été supprimé ; ce nest donc plus la personne en situation de prostitution qui est en infraction et qui est poursuivie.

Nous affirmons que le système prostitutionnel est un système dune grande violence. Nous refusons que quiconque puisse disposer dun corps contre de largent, ici en France mais aussi dans le monde.

Si nous estimons que les moyens ne sont pas encore à la hauteur des besoins (et des ressources), nous sommes convaincues que cette législation aide à inverser les rapports de domination et que la honte a le visage de ceux qui veulent disposer et posséder le corps des filles et des femmes à tout prix.

Cette loi a le mérite d’envoyer un message clair: nul ne peut se prévaloir de son pouvoir et de son argent pour obtenir d’une autre personne un accès marchand à son corps. Elle révèle par ailleurs les inégalités structurelles, entretenues, voulues qui existent entre les femmes et les hommes, les pauvres et les riches, celles et ceux qui nauraient dautres options que la vente de leurs corps pour survivre.

Cette loi, dans son application, doit permettre de déconstruire, de renverser certaines idées reçues.Nous sommes choquées de voir repris et cités dans des rapports et autres textes gouvernementaux les termes de travail sexuel, métier sexuel, service sexuel, termes utilisés par des associations non respectueuses de la loi abolitionniste et reprises par les instances de l’État, banalisant ces termes, invisibilisant les violences et souffrances vécues, faisant fi des personnes concernées et portant atteinte à leur dignité.

Malgré cette loi, nous restons vigilantes à toutes dérives : une ministre a récemment envisagé de permettre aux personnes handicapées d’avoir recours à des assistant.e.s sexuel.le.s, alors même que le Conseil consultatif national déthique avait déjà rendu un avis défavorable en 2012. Elle indique quelle veut lever un tabou, mais de quoi parle-t-on ?

De la sexualité des personnes en situation de handicap ou de lopportunité de légaliser la prostitution? Ce sont encore une fois des hommes qui demandent à avoir un libre accès au corps des femmes contre de largent : en 2020,

95% des demandes d’assistance sexuelle formulées auprès de l’APPAS (Association pour la promotion de laccompagnement sexuel) proviennent d’hommes. Et quen pensent les grandes oubliées : les femmes handicapées?

Ce type de proposition ne cherche pas à améliorer les conditions de vie des personnes en situation de handicap mais les enfermerait plutôt dans un misérabilisme sexuel où le seul recours à leur solitude et à leur désir daffection serait finalement lachat dun acte sexuel tarifé. Nest-ce pas une manière de les renvoyer et de les maintenir à lécart du reste de la société ?

D'autre part, c’est auprès de populations déjà précarisées que les recruteurs vont constituer leurs bataillons d’assistant.e.s sexuel.le.s : dans les métiers du soin à la personne et/ou de laide à domicile; ce sont majoritairement des femmes dont beaucoup sont issues de limmigration. Dans l'exercice de leurs fonctions, les travailleuses subissent déjà du harcèlement sexuel, des remarques graveleuses, des gestes déplacés; leurs conditions de travail sont difficiles, elles sont peu rémunérées, peu reconnues, essentialisées; leur rôle fondamental de premières de corvées est invisibilisé. Dans laide à la personne, toutes les professions médicales et paramédicales sont présentes à côté des aides à domicile. On peut alors légitimement se demander comment elles devront réagir quand un patient-client prostitueur leur réclamera ce type de ”soin”.

Celles qui refusent seront-elles pénalisées, sanctionnées ? Comment concevoir et imaginer que des formations vont être dispensées, à qui dailleurs? Sous quelles formes? Tout comme les femmes pauvres, les aides-soignantes, les infirmières nont pas signé pour ce genre de prestations, elles nont pas à être mises à la disposition des hommes. Regardons maintenant la dimension internationaliste et capitaliste du non-respect de la loi.

93% des personnes en situation de prostitution en France sont d’origine étrangère (Ministère de l’Intérieur), fuyant la misère et la guerre, espérant trouver une vie meilleure ailleurs. Dans leur écrasante majorité, ce sont des femmes, elles ne parlent pas ou très peu français, souvent elles nont pas de papiers et ont difficilement accès aux soins, à des droits élémentaires et aux aides sociales de lEtat. Elles sont victimes de la traite et de violences sexuelles et physiques commises par des hommes qui transgressent la loi, artisans du patriarcat et du capitalisme. Le corps des femmes est, à leurs dépens, source de grands profits économiques, beaucoup de pays réglementaristes intègrent dailleurs le montant estimé de la prostitution dans leur PIB (5% aux Pays-Bas), considérant que cest une production comme une autre.

Le système prostitutionnel n’enrichit pas les exploitées, il profite aux prostitueurs, aux proxénètes, aux réseaux mafieux et à leurs complices. Cest une véritable industrie néolibérale qui se développe et sexporte partout dans le monde, les femmes et les enfants sont considérées comme des marchandises et les chiffres donnent le vertige : déjà en 2004 lUnicef estimait à 2 millions le nombre denfants victimes de prostitution dans le monde

La pédocriminalité est ainsi le terreau de la prostitution : l’âge d’entrée en prostitution est de 13 ans en moyenne. Les Etats endettés sont encouragés par le Fonds Monétaire International à développer un tourisme de masse, souvent associé à une industrie du commerce du sexe florissante (“Prositution, la mondialisation incarnée”, Richard Poulin). Le triomphe des valeurs libérales, la banalisation et l’acceptation de la vente des corps humains, au nom du “choix”, entraînent des conséquences catastrophiques et la traite humaine creuse encore plus lécart entre les pays riches et les pays pauvres. Par ailleurs, certains parmi ceux qui dénoncent les inégalités et injustices que produit le capitalisme, sont prêts à revendiquer lappropriation et la marchandisation du corps des femmes comme choix pour échapper à lexploitation salariale. Or il serait temps que les femmes se voient proposer autre chose que violences, tortures et psychotraumatismes comme alternatives aux métiers précaires.

Surtout quand elles sont 92% à dire vouloir sortir de la prostitution. Si certaines peuvent par ailleurs participer à la satisfaction de la logique patriarcale, tout cela nourrit in fine lextrême violence du système prostitueur. Si le vote de cette loi a effectivement été une belle avancée, elle reste malheureusement peu, et mal, appliquée. La demande des clients prostitueurs ne baisse pas, les sanctions sont loin dêtre uniformément appliquées sur le territoire français, et loffre déjà présente sur internet, se renouvelle sans cesse. Laide proposée en sortie de prostitution est inférieure au RSA, et les dispositifs de la loi, notamment de prévention, restent peu connus.

Le manque de volonté politique et d'engagement des pouvoirs publics est patent. Entre autres :  les femmes en situation de prostitution subissent encore des pressions de la part de la police, notamment à Toulouse, avec une Mairie qui prend des arrêtés municipaux illégaux pour les chasser et les pénaliser pour “stationnements gênants” au lieu de pénaliser les clients prostitueurs

les financements pour les associations qui accompagnent les femmes qui veulent sortir de la prostitution sont insuffisants

Il nexiste toujours pas de politique de santé publique qui soit dédiée aux personnes en situation de prostitution, ni de formation spécifique pour les policiers, ni même de communication auprès du grand public : où sont les campagnes nationales de sensibilisation pour faire connaître la loi ?

Quelle est la politique dinformation au niveau des scolaires et des jeunes ? Quelle est la politique de formation des éducateur.rice.s ? A cet égard, nous déplorons léchec flagrant des politiques publiques de protection de lenfance (ASE), rares sont les enfants qui échappent à ce sort. Nos luttes féministes sont multiples, diverses, mais nous avons lobjectif de faire disparaître toutes les formes de violences qui jettent les femmes dans la pauvreté, la soumission, laliénation, la prostitution. Nous voulons un monde juste pour toutes les filles et les femmes, un monde débarrassé des violences masculines et du profit capitaliste.

Nous exigeons de l’État et de nos gouvernants qu’ils mettent en place tous les moyens financiers et juridiques pour que cette loi s’inscrive dans le réel, qu’elle ne soit pas une posture vide de sens.

Mettons tout en oeuvre pour abolir la plus archaïque et violente exploitation faite aux femmes. N’attendons pas 5 ans de plus !

Non la prostitution n’est pas un métier, elle ne diminue pas les risques de viols, mais elle est bel et bien une atteinte à la dignité humaine-

Maldy B., survivante toulousaine de la prostitution.

Contact : ffamc31@gmail.com

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 14:53
Le communiste quimpéroise Piero Rainero. (Photo d’archives Le Télégramme/Jacky Hamard)

Le communiste quimpéroise Piero Rainero. (Photo d’archives Le Télégramme/Jacky Hamard)

Le Télégramme, 13 avril 2021
Le Quimpérois Piero Rainero : « Les députés communistes bretons engagés dès 1947 pour le breton »

Après le socialiste Bernard Poignant, l’ancien élu communiste quimpérois Piero Rainero revient sur l’engagement historique, qu’il estime méconnu, des députés communistes bretons pour les langues régionales.

« Le texte de loi du député socialiste du Tarn Maurice Deixonne de 1951 a été précédé par la proposition déposée à l’Assemblée Nationale le 16 mai 1947 par les députés communistes bretons Pierre Hervé, Gabriel Paul, Alain Signor pour le Finistère, Hélène Le Jeune et Marcel Hamon pour les Côtes-du-Nord (NDLR : actuelles Côtes d’Armor) et Louis Guéguen pour le Morbihan. S’y était associé l’un des fondateurs historiques du Parti communiste, le breton Marcel Cachin, très attaché à la langue de sa Bretagne natale, qu’il appelait affectueusement ma petite patrie bretonne », rappelle le Quimpérois Piero Rainero.

« C’était en 1947, il y a plus de 70 ans ! »

Ce texte des parlementaires communistes de 1947 sur la langue bretonne, suivi en 1948 d’un autre concernant le catalan puis élargi aux différentes langues régionales, très en avance pour son époque, s’articulait sur un socle de propositions. Parmi celles-ci, rappelle Piero Rainero : « abroger l’interdiction du breton dans les écoles publiques ; favoriser l’emploi du breton en classe chaque fois que cela pouvait être profitable à l’enseignement ; mettre en place des cours de breton dans les écoles normales (Saint-Brieuc, Quimper, Brest et Vannes) dès la rentrée de 1947 pour former les enseignants ; assurer l’ouverture de cours facultatifs de breton dans les collèges et lycées ; accorder la possibilité de prendre le breton comme seconde langue, ou en épreuve facultative, au baccalauréat dans l’académie de Rennes ».

« C’était en 1947, il y a plus de 70 ans ! », insiste le communiste quimpérois.
 

« Espérons que la loi portée par Paul Molac connaîtra un meilleur sort »

« Quand il s’agit de désigner le rapporteur de ce projet de loi de 1947, la candidature du député communiste costarmoricain Marcel Hamon, qui commanda en 1944 les FTP des 14 départements de l’Ouest - c’est lui qui traduisit en 1936 l’Internationale en breton -, fut écartée au profit de celle du député socialiste Maurice Deixonne, la candidate MRP Marie-Madeleine Dienesch retirant opportunément la sienne », rapporte Piero Rainero.

« Après bien des manœuvres et des atermoiements, c’est finalement sous la signature de Maurice Deixonne que fut présentée, en 1951, la proposition de loi qui porte son nom. Le contenu de la loi Deixonne était très largement en retrait par rapport à l’ensemble des propositions communistes de 1947, ce qui provoqua alors des débats assez vifs entre communistes et socialistes… », poursuit-il.

La loi portée par Paul Molac s’inscrit dans une suite de propositions sur la langue bretonne et les langues régionales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Espérons qu’elle connaîtra un meilleur sort que celles qui l’ont précédée.

Car la vigilance s’impose, des ministres importants du gouvernement du président Macron ont exprimé clairement leur désaccord avec ce texte dont ils ne voulaient même pas qu’il soit débattu par les députés », conclut Piero Rainero.

(*) La loi Deixonne (1951) est la première loi française relative à « l’enseignement des langues et dialectes locaux ».

Après la publication dans vos colonnes de plusieurs articles concernant le vote à l’Assemblée Nationale de la nouvelle loi sur les langues régionales, je voudrais revenir sur un point d’histoire trop méconnu:

Le texte de loi du député socialiste du Tarn Maurice Deixonne de 1951 a été précédé par la proposition déposée à l’Assemblée Nationale le 16 mai 1947 par les députés communistes bretons  Pierre Hervé, Gabriel Paul, Alain Signor, pour le Finistère, Hélène Le Jeune et Marcel Hamon pour les Côtes-du-Nord, et Louis Guéguen pour le Morbihan, auxquels s’était associé l’un des fondateurs historiques du Parti Communiste, le breton Marcel Cachin, très attaché à la langue de sa Bretagne natale, qu’il appelait affectueusement « ma petite patrie bretonne ». *

Les promoteurs de cette proposition de loi visant à organiser un enseignement de la langue bretonne  et à « développer toutes nos richesses culturelles », se référaient aux valeurs de la Résistance, fortement enracinée dans la Bretagne bretonnante, et s’inscrivaient dans une démarche transpartisane.

Ce texte des parlementaires communistes de 1947 sur la langue bretonne, suivi en 1948 d’un autre concernant le catalan puis élargi aux différentes langues régionales, très en avance pour son époque, s’articulait sur un socle de propositions  telles que :

- Abroger l’interdiction du breton dans les écoles publiques.

- Favoriser l’emploi du breton en classe chaque fois que cela pouvait être profitable à l’enseignement.

- Initier à la culture, à la littérature, aux arts populaires bretons.**

- Prévoir la budgétisation d’achat d’ouvrages sur la richesse culturelle bretonne dans les établissements publics.

- Mettre en place des cours de breton dans les écoles normales (Saint-Brieuc, Quimper, Brest et Vannes) dès la rentrée de 1947 pour former les enseignants.

- Assurer l’ouverture de cours facultatifs de breton dans les collèges et lycées.

- Accorder la possibilité de prendre le breton comme seconde langue, ou en épreuve facultative, au baccalauréat dans l’académie de Rennes.

 

C’était en 1947 il y a plus de 70 ans !

 

Quand il s’agit de désigner le rapporteur de ce projet de loi de 1947, la candidature du député communiste costarmoricain Marcel Hamon, qui commanda en 1944 les FTP des 14 départements de l’Ouest (c’est lui qui traduisit en 1936 l’Internationale en breton), fut écartée au profit de celle du député socialiste Maurice Deixonne, la candidate MRP Marie-Madeleine Dienesch retirant opportunément la sienne.

Après bien des manœuvres et des atermoiements, c’est finalement sous la signature de Maurice Deixonne que fut présentée en 1951 la proposition de loi qui porte son nom.

Le contenu de la loi Deixonne était très largement en retrait par rapport à l’ensemble des propositions communistes de 1947, ce qui provoqua alors des débats assez vifs entre communistes et socialistes.

Les communistes prirent de nombreuses autres initiatives pour les langues et cultures régionales, comme la proposition de loi de Jacques Chambaz du 18 juin 1975 *** relative à la langue et à la culture bretonnes, ou celle présentée le 14 octobre 1988 par Guy Hermier sur les langues de France et les cultures régionales.

La loi portée par Paul Molac s’inscrit donc dans une suite de propositions sur la langue bretonne et les langues régionales depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.

Espérons qu’elle connaîtra un meilleur sort que celles qui l’ont précédée.

Car la vigilance s’impose, des ministres importants du gouvernement du président Macron ont exprimé clairement leur désaccord avec ce texte dont ils ne voulaient même pas qu’il soit débattu par les député-e-s.

La diversité linguistique et culturelle de notre pays est une vraie richesse, sa préservation et son développement requièrent une ambition nationale.

Ce combat est loin d’être terminé.

Piero RAINERO.

 

* Ce projet de loi des députés communistes avait reçu le soutien du groupe des députés du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) qui était apparenté au PCF et dont le Président était Félix Houphouët-Boigny qui allait devenir Président de la Côte – d’Ivoire.

**Après la guerre, un théâtre en breton itinérant a été développé par Pierre-Jakez Hélias et des instituteurs communistes bretonnants, comme Albert Trividic et Henri Donnard d’Audierne.

*** Cette proposition de loi fut préparer par un groupe de travail conduit par Louis le Roux (secrétaire régional du PCF) auquel participèrent notamment pour le Finistère les universitaires communistes brestois spécialistes de celtique Yves le Berre et Jean le Dû, Michel Mazéas maire de Douarnenez, Jean-Pierre Jeudy conseiller général du canton de Carhaix, Jean-Marie Plonéis docteur es-lettres spécialiste de la toponymie bretonne et élève du chanoine Falc’hun. Elle fut rendu publique lors de la venue à Quimper de Georges Marchais et Jacques Chambaz dans le cadre d’une rencontre avec les représentants du monde culturel breton.

Après la publication dans vos colonnes de plusieurs articles concernant le vote à l’Assemblée Nationale de la nouvelle loi sur les langues régionales, je voudrais revenir sur un point d’histoire trop méconnu.

Le texte de loi du député socialiste du Tarn Maurice Deixonne de 1951 a été précédé par la proposition déposée à l’Assemblée Nationale le 16 mai 1947 par les députés communistes bretons  Pierre Hervé, Gabriel Paul, Alain Signor, pour le Finistère, Hélène Le Jeune et Marcel Hamon pour les Côtes-du-Nord, et Louis Guéguen pour le Morbihan, auxquels s’était associé l’un des fondateurs historiques du Parti Communiste, le breton Marcel Cachin, très attaché à la langue de sa Bretagne natale, qu’il appelait affectueusement « ma petite patrie bretonne ». *

Les promoteurs de cette proposition de loi visant à organiser un enseignement de la langue bretonne  et à « développer toutes nos richesses culturelles », se référaient aux valeurs de la Résistance, fortement enracinée dans la Bretagne bretonnante, et s’inscrivaient dans une démarche transpartisane.

Ce texte des parlementaires communistes de 1947 sur la langue bretonne, suivi en 1948 d’un autre concernant le catalan puis élargi aux différentes langues régionales, très en avance pour son époque, s’articulait sur un socle de propositions  telles que :

 

- Abroger l’interdiction du breton dans les écoles publiques.

- Favoriser l’emploi du breton en classe chaque fois que cela pouvait être profitable à l’enseignement.

- Initier à la culture, à la littérature, aux arts populaires bretons.**

- Prévoir la budgétisation d’achat d’ouvrages sur la richesse culturelle bretonne dans les établissements publics.

- Mettre en place des cours de breton dans les écoles normales (Saint-Brieuc, Quimper, Brest et Vannes) dès la rentrée de 1947 pour former les enseignants.

- Assurer l’ouverture de cours facultatifs de breton dans les collèges et lycées.

- Accorder la possibilité de prendre le breton comme seconde langue, ou en épreuve facultative, au baccalauréat dans l’académie de Rennes.

 

C’était en 1947 il y a plus de 70 ans !

 

Quand il s’agit de désigner le rapporteur de ce projet de loi de 1947, la candidature du député communiste costarmoricain Marcel Hamon, qui commanda en 1944 les FTP des 14 départements de l’Ouest (c’est lui qui traduisit en 1936 l’Internationale en breton), fut écartée au profit de celle du député socialiste Maurice Deixonne, la candidate MRP Marie-Madeleine Dienesch retirant opportunément la sienne.

Après bien des manœuvres et des atermoiements, c’est finalement sous la signature de Maurice Deixonne que fut présentée en 1951 la proposition de loi qui porte son nom.

Le contenu de la loi Deixonne était très largement en retrait par rapport à l’ensemble des propositions communistes de 1947, ce qui provoqua alors des débats assez vifs entre communistes et socialistes.

 

Les communistes prirent de nombreuses autres initiatives pour les langues et cultures régionales, comme la proposition de loi de Jacques Chambaz du 18 juin 1975 *** relative à la langue et à la culture bretonnes, ou celle présentée le 14 octobre 1988 par Guy Hermier sur les langues de France et les cultures régionales.

 

 

 

 

La loi portée par Paul Molac s’inscrit donc dans une suite de propositions sur la langue bretonne et les langues régionales depuis la fin de la 2ème guerre mondiale.

 

Espérons qu’elle connaîtra un meilleur sort que celles qui l’ont précédée.

Car la vigilance s’impose, des ministres importants du gouvernement du président Macron ont exprimé clairement leur désaccord avec ce texte dont ils ne voulaient même pas qu’il soit débattu par les député-e-s.

 

La diversité linguistique et culturelle de notre pays est une vraie richesse, sa préservation et son développement requièrent une ambition nationale.

Ce combat est loin d’être terminé.

 

Piero RAINERO.

 

 

* Ce projet de loi des députés communistes avait reçu le soutien du groupe des députés du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) qui était apparenté au PCF et dont le Président était Félix Houphouët-Boigny qui allait devenir Président de la Côte – d’Ivoire.

 

**Après la guerre, un théâtre en breton itinérant a été développé par Pierre-Jakez Hélias et des instituteurs communistes bretonnants, comme Albert Trividic et Henri Donnard d’Audierne.

 

*** Cette proposition de loi fut préparer par un groupe de travail conduit par Louis le Roux (secrétaire régional du PCF) auquel participèrent notamment pour le Finistère les universitaires communistes brestois spécialistes de celtique Yves le Berre et Jean le Dû, Michel Mazéas maire de Douarnenez, Jean-Pierre Jeudy conseiller général du canton de Carhaix, Jean-Marie Plonéis docteur es-lettres spécialiste de la toponymie bretonne et élève du chanoine Falc’hun. Elle fut rendu publique lors de la venue à Quimper de Georges Marchais et Jacques Chambaz dans le cadre d’une rencontre avec les représentants du monde culturel breton.

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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:37
Présidentielle 2022: le PCF reprend sa liberté (Le Télégramme, 12 avril 2021)
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12 avril 2021 1 12 /04 /avril /2021 06:20
Voilà notre ambition et notre pari : une parole forte et sincère pour réarmer et faire grandir la gauche avec une candidature pour le monde du travail et pour la jeunesse (Bora Yilmaz)
Bora Yilmaz- sur sa page Facebook:
 
Par une mobilisation technique et collective inédite, nos 96 fédérations ont permis ce week-end la réunion à distance de 1000 délégués de toute la France.
 
Dans le strict respect des précautions sanitaires, nous avons déconfiné le débat démocratique.
 
À une très large majorité, notre conférence nationale a décidé de présenter Fabien Roussel a l’élection présidentielle de 2022.
 
Pourquoi, en pleine crise sanitaire et alors que plane lourdement la menace d’un nouveau duel Macron/Le Pen ? Une menace que nous prenons bien sûr très au sérieux.
 
Ce même week-end, une enquête d’opinion révélait qu’en l’état actuel de la situation politique, quand bien même un candidat de gauche accéderait au second tour face à Marine Le Pen, aucun ne serait susceptible de battre la candidate d’extrême-droite. Un constat terrible.
Ce ne sont pas tant ses divisions (même si elles y contribuent) qui affaiblissent la gauche que les déceptions et les colères qu’elle a suscitées ces dernières décennies, par ses renoncements à affronter les diktats du capital et de la finance toute puissante, ses renoncements à défendre les intérêts de celles et ceux qui vivent de leur travail, ses renoncements à améliorer la vie des classes populaires.
Voilà notre ambition et notre pari : une parole forte et sincère pour réarmer et faire grandir la gauche avec une candidature pour le monde du travail et pour la jeunesse, pour de nouvelles conquêtes démocratiques de la cité à l’entreprise, pour la sécurisation des parcours d’emploi et de formation, pour une réindustrialisation au service de la transition écologique, pour éradiquer la fraude et l’évasion fiscale, pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, pour une lutte implacable contre les discriminations racistes qui divisent.
Une candidature pour celles et ceux qui, toujours plus nombreux, ne participent plus, ni aux mobilisations sociales, ni aux élections.
Une candidature de la solidarité internationale face aux égoïsmes nationaux et à la concurrence entre les nations, comme nous l’avons affirmé mercredi dans le nord de notre département avec Fabien Roussel, nos amis belges, luxembourgeois et allemands, à propos des vaccins.
Voilà notre conception du rassemblement : faire grandir les mobilisations populaires et les prises de conscience autour de propositions concrètes qui répondent aux urgences et aux besoins. Faire de ces propositions le socle d’un rassemblement pour un pacte d’engagements et une majorité politique aux élections législatives.
Sans ces mobilisations populaires et sans ces prises de consciences, la question de l’union de la gauche et des écologistes en restera réduite à une parade hypocrite d’écuries présidentielles qui ne conçoivent le rassemblement que comme un ralliement à leurs champions auto-proclamés et clivants, qui ne raisonnent qu’en termes de parts d’un marché électoral qui se réduit à chaque échéance. Et elle ne trouvera aucune réponse à la hauteur de la gravité du moment dans lequel nous nous trouvons.
L’heure est grave, la tâche lourde et ambitieuse, mais c’est avec enthousiasme et détermination que les dizaines de milliers de militantes et de militants communistes vont s’y atteler dans les semaines et les mois qui viennent, comme ils s’engageront dans toutes les mobilisations sociales et tous les rassemblements pour les échéances électorales départementales et régionales.
 
Bora Yilmaz,
enseignant, élu communiste à Nancy, secrétaire départemental du PCF en Meurthe-et-Moselle, chef de file communiste sur la liste d'union dans le grand Est
(avec Hulliya Turan, adjointe communiste à Strasbourg et secrétaire départementale du PCF en Alsace).
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