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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 04:44
Hommages au compositeur communiste et anti-fasciste grec Mikis Theodorakis, décédé le 2 septembre 2021
Disparition. Mikis Theodorakis, une vie comme une odyssée
Vendredi 3 Septembre 2021

L’immense compositeur grec est mort à 96 ans. Résistant face au nazisme puis face aux colonels, engagé politiquement, il fut un compositeur prolifique qui a écrit des centaines d’opéras, d’oratorios, de musiques de chambre ou de variété.

 

Sa vie est une odyssée peuplée de tempêtes, de fantômes, de pièges et de lumières. Devant l’immensité de son œuvre, protéiforme, impressionnante, devant son engagement politique, on ne peut que s’incliner devant un homme, un artiste qui, contre vents et marées, a redonné à son pays, la Grèce, la place qui lui revient dans le concert des nations.

Une vie orchestrée avec fougue

Mikis Theodorakis a été de tous les combats, orchestrant sa vie avec cette fougue, cette joie que l’on retrouve dans ses musiques. Jamais dans la demi-mesure, toujours dans l’éclat d’un opéra, d’un oratorio, d’une symphonie où les percussions rythment des mélodies d’une richesse musicale infinie. Il est Zorba, cet homme qui au bout du désespoir danse le sirtaki sur une plage en ruines parce que « l’homme doit avoir un grain de folie, ou alors il n’ose jamais couper les cordes et être libre ». C’est Zorba qui lance cette phrase à son jeune ami anglais dans le film de Michael Cacoyannis. Peu de monde se souvient de l’histoire mais la mémoire populaire a retenu cette scène finale où Zorba, Anthony Quinn, apprend à son compagnon d’infortune à danser le sirtaki, une danse qui n’existait pas et spécialement créée pour le film. Les deux hommes se tiennent par les épaules et entament une danse de tous les diables pour conjurer leur échec et défier la fatalité. Zorba est Mikis. Mikis est Zorba. Une espèce de folie, une soif d’écrire et de composer, de diriger les plus grandes formations symphoniques du monde, des chœurs majestueux, comme d’écrire, avec la même passion, des chansons populaires inspirées du folklore de son pays.

Écoutez la musique de Serpico, le film de Sidney Lumet réalisé en 1973. Écoutez Alone in the Apartment… Un vieil air de jazz new-yorkais joué par un orchestre de bal fatigué, un peu comme Serpico (Al Pacino). Écoutez, regardez, observez sa direction du Canto General, cet immense poème épique de quinze mille vers écrit par Pablo Neruda qui raconte l’histoire de l’Amérique latine joué à Santiago du Chili en 1993. Mikis, la chevelure grise en bataille, dirige avec un plaisir contagieux cet oratorio. Celui-là même qu’il avait dirigé sur la grande scène de la Fête de l’Humanité en 1974, soit un an après le coup d’État militaire de Pinochet au Chili. Peut-être existe-t-il des images de ce moment, qui sait… Ceux qui y étaient s’en souviennent.

On ne peut dissocier l’artiste de l’homme politique. Alors qu’il donne son premier concert à l’âge de 17 ans, il s’engage, dans un même mouvement, dans la résistance contre le nazisme. Nous sommes en 1941. Un an après, Theodorakis est arrêté une première fois, torturé mais parvient à s’échapper. À la Libération, il est de tous les combats contre les royalistes grecs. Sauvagement battu lors d’une manifestation populaire en 1946, il sera déporté deux fois à l’île d’Ikaria puis transféré dans un « centre de rééducation » sur l’île de Makronissos. Il survivra aux pires châtiments et parviendra à sortir vivant de cet enfer à ciel ouvert.

À Paris, il suit les cours de Messiaen au conservatoire

En 1950, il obtient ce que les occupations allemande et italienne l’avaient empêché d’obtenir, son diplôme en harmonie, contrepoint et fugue. Il a déjà composé une dizaine de musiques de chambre, fondé son premier orchestre et créé, à Rome, son ballet Carnaval grec en 1953. Un an après, il s’installe à Paris, suit les cours d’Eugène Bigot pour la direction et Messiaen pour la composition au conservatoire. Ses musiques de ballets, les Amants de Teruel, le Feu aux poudres et Antigone, sont auréolées de récompenses.

Au total, il signera les bandes originales de plus d’une trentaine de films et autant pour le théâtre, des centaines de mélodies sur des textes de poètes tels que Georges Séféris, Iakovos Kambanéllis, Yannis Ritsos, Federico Garcia Lorca et, plus tard, Pablo Neruda…

Des « chansons populaires savantes »

Il retourne en Grèce en 1960 avec le projet de composer des « chansons populaires savantes » pour s’adresser au plus grand nombre. Compositeur prolifique et flamboyant, reconnu, admiré par ses pairs, croulant sous les récompenses, Mikis fut longtemps communiste ou compagnon de cœur et de route, on ne sait plus, ardent patriote, au sens noble du terme, pour défendre la Grèce face aux royalistes puis aux colonels qui voulaient faire main basse sur le pays. Toujours debout face à une Europe méprisante à l’égard de son pays, de son histoire.

Ces dernières années, il s’était éloigné des communistes, puis de la gauche, s’était retrouvé ministre dans un gouvernement de coalition avec la droite. Il fut accusé d’antisémitisme pour ses prises de position en faveur du peuple palestinien, accusations instrumentalisées quelques années après en France par une droite revancharde. Le 27 juin 2012, l’Humanité publia un texte où il récusait avec fermeté ces accusations.

Ces derniers temps, malade, il vivait retiré de la vie publique, souvent hospitalisé. Il nous reste ses musiques, des milliers de partitions écrites par un homme révolté, un génie musical qui aura consacré toute sa vie à la musique, à la liberté.

Le 20ème siècle perd aujourd’hui l’une de ses plus belles figures. En près d’un siècle d’existence, Mikis Theodorakis en aura été l’une des balises, un combattant de tous les instants, un créateur inépuisable et largement estimé à travers le monde.

Jeune combattant antifasciste dans les rangs des partisans communistes de la résistance grecque à l’occupant nazi et fasciste, il fut arrêté et torturé pendant la seconde guerre mondiale, puis une nouvelle fois atrocement mutilé pendant la guerre civile par les forces monarchistes armées par la Grande-Bretagne.  Parallèlement, et non sans courage et abnégation, il entame des études de musique qui le porteront plus tard au firmament des compositeurs européens.

La fin de la guerre civile lui offre l’occasion de parfaire son apprentissage de la musique, à Paris où il observe et apprend des avant-gardes artistiques. S’ouvre alors une riche période artistique faite de rencontres, des compositions originales, symphoniques, concertantes, de scène et chambristes, et d’inoubliables musiques de films. Theodorakis le Grec se replonge dans le folklore national et en tire une nouvelle manière de composer, offrant au monde tout un héritage musical et mettant en musique les vers de Yannis Ritsos et Odysséas Elýtis, poètes majeurs de la littérature mondiale.

Il fait une nouvelle fois l’expérience de la clandestinité lorsque les colonels grecs instaurent une dictature fascisante en 1967. Il deviendra une nouvelle fois le porte-parole de la résistance grecque à travers le monde, sillonnant scènes et pays pour partager ses créations artistiques inspirées par la tragédie que vivait son peuple et organiser la solidarité internationaliste. Nous avons eu, à cette époque, l’honneur de le compter à plusieurs reprises à la Fête de l’Humanité où il proposait à un public populaire des œuvres exigeantes. Il recevait en échange, et avec lui l’ensemble de ses camarades grecs, la solidarité indéfectible de tout un peuple militant.

Jusqu’à récemment, l’homme, entier et parfois provoquant, ne lésinait sur aucun engagement pour un monde plus juste et fraternel, luttant fermement contre l’asphyxie du peuple grec organisée par l’Union européenne et les institutions financières.

A l’image de nombre de ses contemporains, Mikis Theodorakis aura conjugué culture et engagement dans le sillon du mouvement communiste international. Il aura mis ses dons et sont talent au service des causes antifascistes, contre les dictatures d’extrême-droite couvées par les Etats-Unis dans le monde entier. C’est une conscience du siècle passé que nous pleurons aujourd’hui. Puissent son œuvre et son action lui survivre longtemps. 

Patrick Le Hyaric, directeur du journal L'Humanité, ancien député européen communiste

Piero Rainero, ancien adjoint PCF à Quimper et ancien secrétaire départemental du PCF Finistère, dans le Ouest-France du 3 septembre:

Piero Rainero livre un souvenir personnel d’un concert donné à Lavrio, cité grecque proche d’Athènes, à l’occasion de la construction du jumelage entre Quimper et Lavrio.

Une chorale finistérienne dirigée par Jean Golgevit interpréta Le Canto General, « magnifique ode à la liberté de Pablo Neruda mis en musique par Míkis Theodorákis. […] Au cours du concert, un vieux monsieur prit le micro et avec émotion nous relata son séjour avec Míkis Theodorákis dans le camp de concentration de l’île de Makronissos située juste en face du lieu où nous nous trouvions. C’était un des lieux où les colonels au pouvoir emprisonnaient leurs opposants, 80 000 communistes grecs y furent internés. […] Nous n’imaginions pas, nous dit en substance ce vieux monsieur, lorsque, enfermés dans ce sinistre camp, nous regardions les lumières du port de Lavrio, qu’un jour serait donné ici un tel concert, car la musique de Theodorakis était interdite en Grèce par la dictature des colonels. Un tonnerre d’applaudissements ponctua son propos. »

« Un lieu à Quimper au nom de Míkis Theodorákis »

« Ce vieux monsieur, ami de Míkis Theodorákis, nous fit l’honneur de dîner à notre table après le concert et remercia avec chaleur le chœur breton pour son interprétation du Canto General, et la municipalité de Quimper de l’époque, initiatrice de cette belle entreprise qui a perduré à travers le jumelage et la chorale.

Il serait légitime que Quimper garde la mémoire de ce grand artiste en donnant son nom à un lieu significatif de notre ville. »

Ouest-France, 3 septembre 2021

 

Mort du compositeur Míkis Theodorákis, l’adieu grec

 

 

Le musicien grec, figure de la gauche, infatigable défenseur de la démocratie et inventeur du sirtaki, est mort jeudi à 96 ans. Un deuil national de trois jours a été décrété par Athènes.

 

par Fabien Perrier - Libération

publié le 2 septembre 2021 à 17h46

 

S’il est un Grec dont la vie semble s’être confondue jusque dans sa chair avec l’histoire de son pays, c’est bien Míkis Theodorákis. Il n’est pas une manifestation de la gauche grecque qui se déroule sans que les haut- parleurs diffusent les compositions de ce musicien à la renommée internationale. Pas un meeting sans que soit reprise en chœur l’une de ses 1 000 mélodies. La moindre de ses sorties en public était guettée comme celle d’un dieu attendu de tous. Jeudi matin, le compositeur grec est mort à l’âge de 96 ans. Ses musiques, dont le sirtaki, ont conquis le monde entier. Par son parcours politique et ses faits de Résistance, cet homme de gauche, membre du Parti de la gauche européenne, s’est battu pour la démocratie en Grèce, tout en dénonçant sur la scène internationale les horreurs commises de façon répétée dans ce petit bout d’Europe. Son parcours mêlant intimement musique et engagement politique a été et reste une source d’admiration et d’inspiration pour une grande partie des Grecs. Míkis Theodorákis était, peut-être, le dernier héros grec.

 

 
   
 

 

 

L’homme semblait immortel : il avait survécu à la mise au ban et à la torture dans son pays. Né le 29 juillet 1925 dans une famille aisée, il apprend dès l’âge de 7 ans à chanter des hymnes byzantins de tradition ancienne puis, à 12 ans, il se met au violon et compose ses premières chansons. A 14 ans, il compose la Chanson du capitaine Zacharias en s’inspirant d’un texte du poète grec Nanos Valaoritis. La chanson devient l’hymne de la Résistance grecque quand le pays est envahi par les nazis. Míkis Theodorákis, qui suit en cachette des cours au conservatoire d’Athènes, est parmi les premiers à s’y engager.

Par deux fois, il est jeté en prison et torturé. Au contact de ses codétenus, le jeune homme découvre les théories marxistes et décide d’adhérer au Parti communiste. A la Libération, le pays sombre dans la guerre civile de 1946 à 1949. Sa lutte contre la prise de pouvoir par les contre-révolutionnaires lui vaut à nouveau d’être torturé et emprisonné. Lors d’une manifestation à Athènes au cours de laquelle la foule avait entonné la Chanson du capitaine Zacharias, il est tabassé, envoyé à la morgue et, alors que les journaux annoncent sa mort, ses camarades parviennent à le faire transférer à l’hôpital. Il survit, mais le passage à tabac lui laisse des séquelles comme la perte partielle de la vue. Malgré tout, il poursuit son engagement. Quand, en 1947, le Parti communiste grec est interdit, Míkis Theodorákis est déporté sur des îles prisons, notamment Ikaria, il découvre le rébétiko, la musique traditionnelle grecque. Et quand, en 1949, il refuse de signer une déclaration de repentir pour être libéré, il est transféré sur une autre île prison, Makronissos, où il est de nouveau torturé. Sur cette île, il entend chanter un autre détenu, Grigóris Bithikótsis, qui deviendra l’un de ses interprètes les plus fameux. Malgré les conditions de détention, il continue de travailler la musique. «A tous les moments difficiles de mon existence, la musique a frappé à ma porte, elle est entrée et a ravi la moitié de moi-même.

L’autre moitié restait parmi les hommes et leurs immondices. Il fallait

soutenir le regard de la violence, ne pas fléchir devant tant de laideur», livre- t-il dans le premier tome de son autobiographie, les Chemins de l’archange (1989). Il fait d’ailleurs de la musique un véritable acte de Résistance en enseignant le solfège à ses camarades, organisant une chorale et composant une symphonie qui est interprétée devant les autres détenus. Après sa libération, il réussit le concours final du conservatoire d’Athènes en 1950.

 

 
   

 

 

 

Musique et politique imbriquées

En 1954, le miraculé obtient une bourse d’études pour étudier au conservatoire de Paris, où il suit les cours d’Eugène Bigot et d’Olivier Messiaen. Il revisite alors la musique sérielle en adjoignant de nombreux éléments de la musique traditionnelle grecque, notamment en prenant «le meilleur du rébétiko, de notre musique populaire, pour le transmuer dans un genre nouveau digne à tout point de vue du peuple grec», explique-t-il. Sa musique devient également un moyen de rendre accessible, à travers ses chants, la littérature grecque des XIXe et XXe siècles ou d’autres poètes grecs tels qu’Odysséas Elytis, Georges Séféris, ou encore Yánnis Rítsos.

En s’inspirant de la musique classique et en y mêlant les airs folkloriques comme les instruments traditionnels grecs, notamment le bouzouki, Míkis Theodorákis renouvelle progressivement la musique populaire. Mais ce sont, sans doute, ses compositions de bandes originales qui lui donneront une aura internationale. Et encore, musique et politique sont étroitement imbriquées, comme en témoigne le film de Costa-Gavras, tiré de Z, le livre de Vassílis Vassilikós. Le récit porte sur l’assassinat du député de la Gauche démocratique grecque unifiée (EDA), Grigóris Lambrákis. Theodorákis fut l’un de ceux qui ont veillé à son chevet en 1963. Il fonde ensuite la Jeunesse démocratique Lambrakis, qui deviendra alors la plus forte organisation politique du pays. Enfin, il composera, en 1969, la musique du film Z. Il est aussi l’auteur de la musique des Amants de Teruel interprétée par Edith Piaf, en 1962. En France, Míkis Theodorákis est aussi rendu célèbre grâce aux traductions et interprétations de ses chansons par un autre Grec, originaire d’Egypte : Georges Moustaki.

Parallèlement, le compositeur génial et frénétique poursuit ses activités politiques. En 1964, il est élu député sur le siège auparavant occupé par Lambrákis. La même année, il crée le sirtaki, perçu aujourd’hui comme un air traditionnel grec. Il s’agit pourtant d’une musique inventée en 1964 pour le film Zorba le Grec, réalisé par Michael Cacoyannis. Cette danse est inspirée par deux rythmes folkloriques : le hassapiko et le sirtos chaniaotikos. Elle diffuse un idéal de liberté et une joie de vivre qui font d’elle, au final, l’incarnation de la danse grecque. Elle révèle définitivement Míkis Theodorákis au grand public.

Retour triomphal

Mais pour ce progressiste, une nouvelle fois, l’horreur arrive : en 1967, les colonels s’emparent du pouvoir et font régner la dictature pendant sept ans. Sa musique est interdite par le gouvernement grec sous peine de poursuite pénale. Quant à l’artiste, entré dans la clandestinité, il est déporté au camp de concentration d’Oropos. Il doit son exil à une campagne de solidarité impulsée par les compositeurs Dmitri Chostakovitch et Leonard Bernstein, le dramaturge Arthur Miller ainsi que de nombreuses personnalités politiques, comme Jean-Jacques Servan-Schreiber qui le ramène en France. Depuis Paris, il combat la junte en créant le Conseil national de la Résistance (EAS). A la même époque, il rencontre Pablo Neruda dont il met en musique le Canto general, en 1971. Ainsi, il donne un nouvel écho à l’hymne à la liberté des peuples d’Amérique du Sud tout en traçant un parallèle avec la nécessité, pour le peuple grec, de se libérer d’un pouvoir dictatorial. Le Canto general est en tournée pendant trois ans, et produit dans 18 pays. Un orchestre populaire, mêlant bouzoukis, guitares, pianos, percussions, accompagne les vers en espagnol, dans une fusion culturelle qui porte également un message politique : la nécessité d’unir les forces opposées à la dictature. Ce message, Theodorákis le répète dans des conférences et lors de ses rencontres avec les leaders politiques.

Le 17 novembre 1973, l’histoire s’accélère en Grèce : les étudiants de l’école polytechnique sont dans la rue. Dimitris Papachristos, voix de la radio de polytechnique à l’époque et figure emblématique de la gauche grecque, se souvient : «Les chars étaient près de l’école polytechnique. Il y avait des morts dans les affrontements. Quelqu’un a éteint les lumières, par erreur. J’ai cru que l’armée était entrée dans l’établissement. Alors j’ai chanté l’hymne national et j’ai terminé l’émission en disant : “La lutte continue, chacun avec ses armes.” Puis j’ai mis une chanson de Míkis Theodorákis.» Le 24 juillet 1974, la dictature tombe en Grèce ; Míkis Theodorákis est accueilli triomphalement dans son pays. De retour, l’ex-exilé peut mesurer sa notoriété : «Nous voulions aller dans sa maison près de Corinthe, mais sur la route, les gens le reconnaissaient, l’arrêtaient, lui parlaient. Et nous, nous aidions à descendre les panneaux des colonels», raconte Laokratia Lakka, militante de la gauche grecque et amie de la famille Theodorákis. En octobre de la même année, il donnera des concerts devant plus de 80 000 personnes. Incontestablement, il est devenu un héros grec.

Chantre de la «grécité»

Dès lors, la figure tutélaire des résistances reprend son engagement sur la scène politique nationale tout en conservant une stature de figure internationale. En 1977, il compose même, pour le Parti socialiste français, la musique de l’hymne du Congrès de Nantes. En 1981, il est élu député du KKE, le Parti communiste grec ; il le reste jusqu’en 1986.

 

Régulièrement, ses positions lui valent de violentes critiques et Paris apparaît pour lui comme un refuge. Malgré tout, Míkis Theodorákis multiplie les prises de parole en public et poursuit la composition, ce qui fait de lui un chantre de la «grécité» sur le plan musical et politique.

 

 D’ailleurs, quand la crise grecque éclate, en 2010, il lance un nouveau mouvement politique, Spitha («l’Etincelle»). Il multiplie les meetings en Grèce, très suivis. En 2012, il est blessé par des gaz lacrymogènes lors d’une violente manifestation devant le Parlement d’Athènes. En 2018, quand le gouvernement d’Aléxis Tsípras trouve un accord avec la République de

Macédoine voisine, Míkis Theodorákis le dénonce… Lui qui avait pourtant soutenu le Premier ministre de la gauche grecque en 2015. «Míkis a apporté de la lumière à nos âmes. Il a marqué avec son œuvre la vie de ceux qui ont choisi la route de la démocratie et de la justice sociale», a partagé sur les réseaux sociaux Aléxis Tsípras.

 

Un deuil national de trois jours a été déclaré en Grèce par le Premier ministre, Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle Démocratie, droite). Mais il n’y aura pas de funérailles nationales. Ultime engagement de Míkis Theodorákis : c’est le KKE qui l’enterrera à La Canée, en Crête, ville de naissance de son père. Pour la chanteuse grecque Haris Alexiou, c’est un «adieu à un dieu, à un siècle de Grèce».

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 05:50

 

Nouveau service public de l’emploi, revenu étudiant de 850 euros net, grand plan pour l’éducation… À l’occasion de la sortie de son livre, Ma France, le candidat du PCF à la présidentielle détaille le « pacte » qu’il propose à la jeunesse.

Dans son premier livre, intitulé Ma France et ­publié ce jeudi (le Cherche midi, 16,50 euros), Fabien Roussel invite la nouvelle génération à passer un « pacte » et formule une série de propositions pour en finir avec la précarité. Le prétendant du PCF à l’Élysée refuse de s’aligner sur les quelques mesurettes brandies face aux jeunes et remisées au placard sitôt le scrutin clos. Entretien.

Dans votre ouvrage, vous hissez la jeunesse au rang de priorité. Lors de précédentes présidentielles, nombre de candidats lui ont fait des promesses. En quoi votre démarche se veut différente ?

Fabien Roussel On a entendu les promesses, mais on voit surtout dans quel état nos jeunes étudient et la précarité qui les touche. Un sur cinq est au chômage. Et la crise a accentué leurs difficultés. Il ne s’agit pas juste d’aligner quelques mesures, mais d’élaborer un plan sur plusieurs années qui leur ­garantisse de pouvoir se former et leur donne la possibilité de participer pleinement à la reconstruction du pays face aux urgences écologiques et sociales. C’est pourquoi je propose de passer un pacte avec la jeunesse. Je souhaite qu’il y ait des milliers de rencontres dans les villes, les villages, sur les lieux de travail, non seulement avec les jeunes, mais aussi les actrices et les acteurs de l’éducation, les élus locaux, les syndicats, les associations… et au printemps nous en rendrons compte et nous formaliserons ce pacte écrit à des milliers de mains.

Face à la précarité et au chômage amplifiés par la pandémie, vous dénoncez les dispositifs existant comme la garantie jeunes, que mettez-vous sur la table ?

Fabien Roussel Les réponses du gouvernement se résument à des coups de pouce, du saupoudrage. La garantie jeunes qu’il veut développer, c’est 497,50 euros sous condition et « apprenez à survivre avec ça ». C’est ­indécent de la part d’un président qui a tout fait pour que les premiers de cordée et les grandes fortunes s’enrichissent. Les jeunes sont méprisés. Nous voulons tout l’inverse. Avec la création d’un nouveau service public de l’emploi, je veux un travail, ou une formation, garanti pour chacun de nos 800 000 jeunes qui sortent de l’école chaque année, assorti d’un salaire correspondant à leur diplôme. Ce ne sont pas les besoins qui manquent dans le public comme dans le privé. D’un côté, nous avons besoin de médecins, de chercheurs, d’ingénieurs, de métallurgistes, d’ouvriers… De l’autre côté, la jeunesse regorge de forces vives et ne demande qu’à être utile pour la société. Les jeunes ne doivent plus être une variable d’ajustement, mais un levier pour nous permettre de vivre mieux et de progresser. Nous devons planifier les besoins de personnel dans les services publics. C’est pourquoi nous voulons mettre en place des plans de prérecrutements.

Et dans le privé, comment contraindre les entreprises à des embauches en CDI et ­correctement rémunérées ?

Fabien Roussel Le gouvernement met sur la table annuellement – hors crise – 140 milliards d’euros d’aides publiques, dont les deux tiers vont aux plus grosses entreprises. Cet argent public, voire le crédit bancaire accordé aux grandes multinationales, doit être conditionné à la création d’emplois, à de la formation, à la relocalisation de l’activité. Est-il normal qu’un ingénieur diplômé se voit proposer des salaires à 1 800 euros net après cinq ans d’étude ? Et ils ne sont pas les plus mal lotis. Les patrons ont beau jeu de se plaindre que les Français ne ­répondent pas aux offres d’emploi, est-ce qu’ils les proposeraient à leurs propres ­enfants ? Le monde économique a une responsabilité importante et il doit s’engager. J’invite d’ailleurs Geoffroy Roux de Bézieux à en débattre avec moi.

Vous défendez l’idée d’un « revenu étudiant de 850 euros », pourquoi ce choix qui coûterait, selon vos estimations, de 20 à 23 milliards ?

Fabien Roussel C’est donner les moyens de l’autonomie à chaque jeune. Une allocation de 850 euros net par mois leur permettrait de poursuivre leurs études sans être obligé de travailler. Elle compterait plusieurs ­niveaux en fonction de l’attribution d’un logement ou non, des ressources des étudiants… À défaut, elle pourrait être plus importante. Son financement doit reposer sur deux sources : une nouvelle cotisation sociale et une part du budget de l’État. C’est aussi inciter les entreprises à embaucher ces jeunes, puisqu’elles auront contribué à financer leur formation.

Quid alors de l’extension du RSA aux moins de 25 ans défendue par les organisations de jeunesse et que le gouvernement refuse ?

Fabien Roussel Nous soutenons le RSA jeunes mais pour répondre à l’urgence immédiate, le temps de créer ces filières, de réindustrialiser, d’ouvrir ces prérecrutements… Mon ambition pour le pays, ce n’est pas de proposer le RSA comme horizon aux jeunes : 584 euros pour lesquels la droite voudrait en plus qu’ils bossent. Nous souhaitons redonner du sens au travail, répondre aux immenses besoins de la société, sortir d’un système d’accompagnement du chômage.

La rentrée scolaire démarre ce jeudi. Vous proposez d’investir 5 milliards de plus par an pour l’école publique, où irez-vous les chercher et à quoi seraient-ils consacrés ?

Fabien Roussel La crise sanitaire a révélé et accentué la crise de notre école. Le gouvernement n’a rien fait pour protéger les enfants et les personnels de ses conséquences. Pire, la rentrée va se faire avec 1 800 postes d’enseignants en moins dans nos collèges et lycées. En quatre ans, 7 500 postes ont été supprimés. Et le gouvernement profite de la crise pour casser le bac et avancer vers une éducation à plusieurs vitesses. Il faut inverser ces logiques pour donner à la France la jeunesse la mieux formée. Il faut mieux reconnaître le métier d’enseignant en revalorisant les salaires autrement que par une prime. Du CP à la terminale, les classes ne doivent pas compter plus de 20 à 25 élèves. Cela nécessite de construire des établissements et de prérecruter 90 000 enseignants. Je propose aussi d’allonger le temps passé à l’école à 32 heures par semaine. Plus de temps pour apprendre en classe, c’est plus de temps pour donner du sens aux apprentissages, varier les activités, résoudre les difficultés… et c’est aussi une manière de libérer le reste du temps, d’en finir avec les devoirs pour mettre tous les enfants sur un pied d’égalité. Alors je le dis clairement : il faut augmenter le budget de l’État. Celui de l’éducation nationale doit passer de 55 milliards à 80 milliards en l’espace de cinq ans. Le gouvernement Macron a fait un cadeau de 20 milliards par an au capital, je propose de les récupérer et d’en consacrer 5 à l’école.

Emmanuel Macron est depuis mercredi à Marseille, après les drames liés au trafic de drogue. C’est une réalité à laquelle une partie de la jeunesse est confrontée, que lui dites-vous ?

Fabien Roussel Si on veut offrir des jours heureux aux jeunes dans toute la France, les grandes villes, les banlieues comme la ­ruralité, nous devons leur offrir les mêmes droits. À Marseille, il faut plus de moyens pour la justice, mettre en place une vraie police de proximité. Mais, face à ce fléau, ça ne suffira pas. Dans notre pacte, nous proposons un statut social pour nos jeunes qui, à partir de leurs 18 ans, leur garantira les mêmes droits au logement, aux transports, au sport et à la culture, à la santé… Nous voulons pour cela créer partout des maisons pour la jeunesse avec de nouveaux moyens. C’est la mission de la République 

 

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 05:46

 

Cette question était le titre d'un des ateliers organisés par le secteur international lors des universités d'été. Une nouvelle fois, les questions migratoires sont au cœur de l'actualité.

 

 

Aujourd'hui ce thème est abordé à partir de l'Afghanistan, hier c'étaient la Syrie et la Libye, auparavant à partir de la Tunisie avec un cynisme récurrent qui parle de flux migratoire et jamais d'humains.

Comme souvent, concernant ce sujet, il est nécessaire de rappeler quelques réalités. La première étant que l'immense majorité des réfugiés, des déplacés vont dans les pays limitrophes. Par exemple, l'essentiel des réfugiés afghans sont et seront accueillis par le Pakistan et l'Iran, tout cela dans de très mauvaises conditions d'accueil et de vie.

Nécessaire de rappeler aussi que la politique migratoire est une politique nationale et non européenne qu'aucun État ne veut transférer, en particulier la politique des visas et de condition de l'obtention du droit d'asile. Il est aussi utile de rappeler que les conditions d'obtention du droit d'asile en France se sont considérablement durcies suite à une frénésie de lois ces dernières décennies.

Ainsi la politique de la France est assez similaire à l'ensemble des pays de l'Union européenne : fermeture des frontières, valider les murs qui se construisent, rejet des bateaux de sauvetage en Méditerranée, durcir les conditions d'obtention du droit d'asile, multiplier les reconduites dans le pays d'origine, maintien des CRA (Centre de Rétention Administrative), respect des accords honteux de l'Union européenne avec des pays comme la Turquie pour « sous-traiter » les accueils de réfugiés ou même avec l'Afghanistan en 2019 qui à ce moment-là était défini par l'UE comme un pays sûr, ce qui permettait de faire des reconduites dans le pays d'origine. En 2019, la France a renvoyé plus de 400 personnes en Afghanistan.

La France a stoppé les retours d'Afghans seulement en juin 2021.

Le taux de protection de la France c'est-à-dire le taux d'acceptation du statut de réfugiés ou de protection subsidiaire est depuis plusieurs années aux alentours de 25 % après les études de dossier de l'Ofpra et de 35 à 40 % après les recours de la CNDA.

"Les maires communistes ont signé une tribune disant oui à l'accueil et se disant prêts à le faire dans leur ville."

Par exemple, en 2020, il y a eu 95 600 demandes (mineurs inclus) dont 86 620 premières demandes et 8 830 demandes de réexamens. Parmi ces demandes 10 100 venaient d'Afghanistan, 5 800 de Guinée, 5 050 du Bangladesh, 4 950 de Côte d'Ivoire, 3 970 du Nigéria.

Seulement 33 000 dossiers acceptés soit 23,7 % par l'Ofpra et 37,7 % après recours auprès de la CNDA.

En 2019, c'étaient 132 700 demandes dont 10 015 Afghans et 46 200 personnes qui ont obtenu le droit d'asile.

Aujourd'hui, il y a donc une certaine hypocrisie de la part du gouvernement Macron qui fait semblant d'ouvrir les portes de la France aux réfugiés Afghans alors qu'il les a fermées pendant toutes ces années. La palme de l'hypocrisie revient à la ministre Marlène Schiappa qui demande aux maires de joindre les actes à la parole au sujet de l'accueil de réfugiés alors que l'État se repose complètement sur les politiques volontaristes des maires.

En effet, les maires communistes ont signé une tribune disant oui à l'accueil et se disant prêts à le faire dans leur ville, c'est aussi le cas de la plupart des maires de grandes métropoles comme Marseille.

Mais pour l'instant, ces volontés politiques se font à budget constant et aucun accompagnement de l'État ne vient appuyer les budgets des villes. Et malgré cela, des projets naissent, des lieux d'accueil se construisent comme l'a expliqué Audrey Garino, adjointe à la mairie de Marseille, chargée des affaires sociales, de la lutte contre la pauvreté et de l'égalité des droits.

Cécile Dumas

Responsable-adjointe du secteur international

Chargée des enjeux migratoires

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2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 05:39

 

Ecrit avec la collaboration de Laurent Watiez, ancien journaliste à La Voix du Nord, « Ma France. Heureuse, solidaire et digne » de Fabien Roussel vient de sortir aux éditions Le cherche midi.

Dans l’avant-propos l’auteur rappelle d’une formule un thème qui est en quelque sorte le cœur de son ouvrage : en France aujourd’hui, « la solution, c’est le monde du travail. Et le problème, c’est la finance ! » Il y précise également que ce livre « ne constitue pas pour autant mon programme. J’aurai d’autres occasions de le présenter dans sa globalité et sa cohérence. J’ai fait plutôt le choix de raconter ici des combats, des événements, des rencontres qui ont marqué mon engagement, pour rendre le récit vivant ».

 

 

« Ma France » se compose de sept parties.

Un : « Un Nordiste à la tête du PCF » : l’homme se présente, ses origines, son histoire, son adhésion ; il raconte la tenue du congrès communiste d’Ivry, en 2018, un congrès vu des « coulisses » selon son expression.

Deux : « La présidentielle, la droite et la gauche ». La question de l’utilisation de l’argent, qui appelle « un débat de fond » entre la gauche et la droite est ici fortement développée. « J’aimerais être le candidat qui ressemble le plus à la grande majorité de nos concitoyens. Le peuple est divers mais il y a quand même une bonne part des Français qui ne se sentent pas représentés aujourd’hui. Ce sont ceux qui composent le monde du travail ou qui aspirent à y entrer. Je voudrais qu’ils disent : Tiens, lui, il me ressemble, il parle comme moi, il parle de ce que je vis. » Une idée qu’il reprend plus tard : « Notre ambition, c’est de redevenir le parti du monde du travail, qui défend les classes populaires, à toutes les élections, dans tous les combats, pour lui donner de la force. Cela servira au monde syndical comme à toute la gauche ! »

Trois : « Cette France du travail que j’aime ». L’auteur revient notamment sur le tour de France des entreprises qu’il a entrepris depuis plusieurs années, sur les formes de surexploitation et de ravages du capitalisme ordinaire comme à Bridgestone où « on tue des gens, on abîme la société en créant du chômage de masse, on casse la dignité ouvrière » ; sur la manière dont l’Europe libérale met « les ouvriers de différentes nationalités en concurrence entre eux », crée de la haine et du racisme.

Quatre : « La France de l’évasion et des profiteurs ». Ce chapitre est consacré à la triche fiscale. Au passage, Fabien Roussel rend hommage aux frères Bocquet, Alain et Eric, dont les travaux sur l’évasion fiscale font autorité. On apprend que ces auteurs publient en cette rentrée une suite en quelque sorte à leur fameux opus « Sans domicile fisc »,qui s’intitule « Milliards en fuite. Manifeste pour une finance éthique ».Détaillant les manœuvres frauduleuses des possédants, Fabien Roussel interroge : « Pourquoi ne pas créer un hashtag : Balance ton fraudeur fiscal ? »

Cinq : « Un communisme durable ! » Pour l’auteur, « le grand défi auquel nous sommes confrontés, c’est répondre à l’urgence sociale et à l’urgence écologique avec la même exigence, la même énergie. » Dans ce chapitre, il est entre autres question de Big Pharma, de la malbouffe (« Je suis un communiste opposé au productivisme ! »), de la rénovation des logements, des enjeux énergétiques, des transports. Une question revient fortement : « …l’importance de produire en France ce que nous consommons en France ».

Six : « Redonner confiance à la jeunesse ». « Je veux passer un pacte avec la jeunesse et lui donner la priorité dans notre campagne. Avoir la jeunesse la mieux formée au monde, lui donner la liberté de travailler et de vivre heureuse, de s’émanciper au travail, d’élever des enfants. N’est-ce pas là le plus beau des projets que nous avons à bâtir ensemble, en y mettant tous les moyens ? Dans ce monde court-termiste, c’est révolutionnaire. Mais j’assume ! »

On notera ici qu’une sorte de fil rouge (il y en a d’autres) court tout le long du livre, une idée-force qui revient régulièrement : pour changer, changer vraiment et bousculer le système, il faut donner aux travailleurs, aux citoyens plus de pouvoirs d’intervention et singulièrement le droit des salariés de dire leur mot sur les choix de l’entreprise. Je rappelle que dans le dernier baromètre du Cevipof sur l’état de l’opinion, au printemps, la question la plus plebiscitée par les sondés est la suivante : « Trouvez-vous juste que le salarié donne son avis dans l’entreprise ? » 97% de oui.

Sept : « Construire la détente internationale » : l’auteur évoque l’aide au développement, les impératifs de la coopération internationale, les conflits en cours, le budget militaire. « N’ayons pas peur des autres. La mondialisation au service du capitalisme n’est source d’aucun progrès. Elle mène tout droit l’humanité dans le chaos et l’injustice. Ne cédons pas pour autant à la tentation du repli sur soi. L’heure est venue de s’ouvrir encore plus aux autres, de construire de nouvelles relations internationales, généreuses à l’égard des populations en souffrance, ambitieuses pour le développement économique, protectrices pour l’environnement et guidée par un seul grand dessein : la promotion de la paix dans le monde ».

G.S.

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2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 05:27

Fabien Roussel invité de la matinale de CNEWS

2022 l'année des communistes ? Fabien Roussel était l'invité de BFMTV

 

Fabien ROUSSEL à la Matinale d'Europe 1

Fabien ROUSSEL sur la matinale d'Europe 1

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 05:51

 

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 05:33

 

Les études et témoignages s’accumulent pour dénoncer la nocivité de ces produits financiers étiquetés « climat » ou « responsables », qui vont pour plus de la moitié d’entre eux à l’encontre des accords de Paris à la COP21.

La finance verte n’est pas encore mûre pour exploser. Mais elle donne des signes de faiblesse qui commencent à inquiéter ses promoteurs. De plus en plus nombreux à miser sur son développement pour conserver leurs taux de profitabilité, les fonds et banques craignent les dommages sur cette finance dite durable. Or, les craquèlements qui se font jour font mauvais genre à deux mois de la tenue de la COP26 à Glasgow.

Dernière alarme en date, l’étude publiée par Influence Map en fin de semaine dernière chiffre le peu d’effets tangibles de cette branche de l’industrie financière que le minis­tère français de l’Économie prend lui-même avec des pincettes sur son site en la désignant comme « une notion qui définit les actions et opérations financières favorisant la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique ». L’ONG s’est attelée à étudier combien parmi les « equity funds » ESG, ou fonds de gestion d’actifs et de pension dont les produits respectent des critères écologiques, sociaux et de bonne gouvernance, sont en accord avec les préconisations édictées par la COP21 de 2015. Résultat : 71 % des 593 fonds ESG, brassant la bagatelle de 265 milliards de dollars d’actifs, sont en contradiction avec les accords de Paris. Quant aux 130 fonds dits climat et leurs 67 milliards de dollars d’actifs, 55 % agissent à l’encontre du scénario du degré et demi de réchauf­fement maximal fixé par la conférence des parties de l’ONU il y a six ans. Les noms de multinationales des énergies fossiles, comme Total, Chevron, ExxonMobil ou Halliburton, apparaissent même parmi les sociétés soutenues par ces fonds climat.

« On vend de la poudre de perlimpinpin »

Le think tank britannique n’appelle pour autant pas au démantèlement de ces produits financiers frelatés. Adossé à des organisations philanthropiques, il s’est donné pour tâche de rendre plus éthiques les marchés. D’autres commencent à s’en charger. Et pas des moindres, puisqu’il s’agit de promoteurs de la finance verte repentis. Tariq Fancy est le premier du genre. En mars dernier, l’ex-responsable de 2018 à 2019 des « fonds durables » gérés par BlackRock, premier gestionnaire financier au monde avec 7 000 milliards de dollars d’actifs, a confié son vague à l’âme dans son Journal secret d’un investisseur durable« Au début, explique celui qui a activement participé à la popularisation de ces produits étiquetés verts ou soutenables (1), je me suis dit que la finance durable consistait à vendre de la poudre de perlimpinpin à un cancéreux. Cela peut jouer le rôle d’un placebo susceptible d’améliorer un peu sa santé. Aujourd’hui, je pense que c’est bien pire que cela car non seulement on vend cette poudre de perlimpinpin aux marchés financiers comme un remède à leurs dérives, mais de plus son emballage marketing, noble et trompeur, empêche le patient de poursuivre sa thérapie et le cancer dont il souffre continue à faire ses ravages. »

Dernièrement, Desiree Fixler, responsable de septembre 2020 à début 2021 du développement durable de DWS, a accusé son ancien employeur d’avoir surestimé le poids de ses actifs estampillés ESG. Cette affaire de bidonnage, prise au sérieux par les gendarmes des Bourses de New York et Francfort, sème le trouble alors que DWS est le principal gestionnaire d’actifs « verts » en Allemagne, le deuxième en Europe derrière le français Amundi. Elle relance en tout cas les critiques sur le peu de fiabilité de ces produits financiers supposés plus vertueux que les classiques.

En compagnie d’Alain Grandjean, président de la Fondation Nicolas Hulot, Julien Lefournier avait déjà bien documenté les tares du système dans l’Illusion de la finance verte (l’Atelier), sorti en mai dernier. « C’est du marketing, une mise en scène des banques et fonds pour améliorer leur image après le krach de 2008 et dire “on fait quelque chose pour le climat”. La finance verte s’ajoute quelques critères sociaux ou écologiques à sa convenance pour se distinguer. Mais elle n’échappe pas à la responsabilité fiduciaire qui lui impose de faire fructifier l’argent que vous lui confiez, ni à la maximisa tion des rendements. » Pour cet ancien trader sur les marchés « classiques », ces produits pseudo-responsables « font croire que les marchés peuvent changer les choses. Mais le changement systémique ne viendra que de l’imposition par les États de règles et de normes que les industriels et financiers devront appliquer. Pour l’heure, c’est du greenwashing généralisé qui prolonge le statu quo sur le climat ».

(1) Traduction Novethic.

 

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 05:30

 

À deux mois de la COP 26, qui se tiendra à Glasgow, calculer rigoureusement le bilan carbone de la conversion de l’Europe à la voiture électrique impliquerait de prendre en compte celui de la construction des véhicules. Il a été totalement occulté par la Commission européenne dans sa proposition faite aux États membre de l’Union européenne d’interdire la vente de véhicules à moteur thermique à partir de 2035.

 

Gérard Le Puill. Photo Joël Lumien

Par Gérard Le Puill

Depuis Bruxelles le 14 juillet, Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, demandait aux pays membres de l’UE d’interdire la vente des voitures neuves à moteur thermique dès 2035 au lieu de 2040. Cela afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Elle annonçait aussi une taxe carbone sur les carburants fossiles, histoire de ponctionner les ménages pour les pousser à acheter une voiture électrique. Voilà qui réduira encore le revenu disponible des salariés les plus modestes qui n’ont souvent pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour se rendre au travail.

Tel que présenté par la Commission, l’objectif de neutralité carbone en Europe est inatteignable du fait, notamment de la place prise par la route au détriment du rail que cette même Commission ne remet pas en cause. Dans le monde, la sidérurgie est responsable de 7,6 % des émissions de CO2. Or la pollution de cette industrie est précédée par celle de l’amont dans l’extraction des matières premières. Il faudra millions de tonnes de différents métaux pour produire les véhicules électriques équipés de grosses batteries. Une fois fabriquées, il faudra alimenter les véhicules en électricité dont une partie proviendra de la combustion du charbon et du gaz. Une autre partie proviendra de productions agricoles dédiées qui entreront en concurrence avec la production alimentaire, comme cela se pratique déjà.

Et le charbon allemand alimente l’Alsace en électricité

En France, le gouvernement garde l’objectif de réduire la production électrique de nos centrales nucléaires à 50 % de notre mix énergétique en 2035, contre 70 % aujourd’hui. Cela se traduira par un recours accru aux énergies fossiles, ou d’origine agricole, chaque fois que les éoliennes et les panneaux photovoltaïques verront leur production chuter faute de vent et de soleil. Avant la fermeture des deux tranches de la centrale nucléaire de Fessenheim, cette dernière vendait de l’électricité en Allemagne quand les éoliennes et les panneaux solaires d’outre Rhin manquaient de vent et de soleil. Depuis leur fermeture, les entreprises et les ménages de l’est de la France consomment de l’électricité provenant des centrales à charbon allemandes quand la production de l’éolien et du solaire baisse de ce côté-ci du Rhin. Ce n’est donc pas en réduisant la place du nucléaire que l’on réduira le bilan carbone de notre production électrique alors que la consommation d’électricité devra augmenter pour alimenter les véhicules électriques en nombre croissant tandis que la consommation du numérique continuera de croître également.

Une voiture électrique doit parcourir 40.000 kilomètres avant de moins polluer qu’une voiture à moteur thermique durant son cycle de vie. La France compte aujourd’hui quelque 40 millions de véhicules dont 32 millions de voitures particulières. Les remplacer par autant d’autres équipées d’un moteur électrique se traduira par une forte croissance des émissions annuelles de CO2 bien après 2035. Si, comme actuellement, 4 millions de véhicules à moteur thermique retirés du marché en Europe continuent d’être vendus en Afrique chaque année, ce commerce alimentera aussi le réchauffement de la planète.

Quel sera le prix de la voiture électrique dans 20 ans ?

Selon les cimentiers français, « une tonne de ciment produite chez nous ne devrait plus générer que 503 kilos de CO2 en 2030 contre 660 kilos en 2015 ». Mais on coulera toujours plus de ciment pour bâtir les nouvelles usines. On augmentera aussi l’utilisation du béton, du cuivre et des métaux issus des « terres rares » pour construire puis sceller les éoliennes qui alimenteront en partie le parc de véhicules électriques avant comme après 2035. Il reste enfin à voir où, et à quel prix, on trouvera le fer, le cuivre, l‘étain et tous les autres matériaux pour électrifier un parc mondial d’environ 1,2 milliard de véhicules dans le but proclamé d’atteindre la neutralité carbone en 2050 ! Dans 20 ans, la voiture électrique sera peut-être hors de prix, suite au manque de matières premières résultant de cette conversion accélérée, laquelle sera aussi destructrice d’emplois en France via les délocalisations dans les pays à bas coûts de main-d’œuvre.

Mais alors comment se fait-il que ces questions liées à la croissance exponentielle de l’utilisation du fer, du cuivre et de quantité d’autres métaux provenant des « terres rares » ne soient pas évoquées par la Commission, comme par nos principaux médias, dans le cadre de cette conversion à la voiture électrique ? Ce silence est surprenant alors que de nombreuses « start-up » tentent de se positionner dans la production des voitures électriques et que les grandes firmes se lancent aussi sur ce marché.

Vers des faillites et des suppressions d’emplois

Dans un dossier de deux pages consacré à ce sujet le 17 août dernier, le quotidien « Les Échos » évoquait « la voie des SPAC (spécial purpose acquisition company) » empruntée par ces « start-up » « pour lever des fonds » afin de produire des voitures électriques. Ce journal précisait qu’en « fusionnant avec des coquilles vides déjà cotées en Bourse, elles ont réussi à trouver les milliards de dollars nécessaires pour se lancer. Aucune de ces sociétés n’a toutefois encore livré le moindre véhicule (…) il faudra encore plusieurs années pour distinguer les gagnant des perdants (…) d’autant que les constructeurs traditionnels se sont réveillés ces derniers mois, suscitant à nouveau l’intérêt des marchés avec leurs ambitions dans la voiture électrique », lisait-on dans ce journal.

En France, au nom de la conversion rapide à la voiture électrique, ces grands groupes réduisent déjà les commandes de pièces chez leurs sous-traitants dans plusieurs régions du pays et les poussent au dépôt de bilan. Ce mouvement risque de s’accélérer dans les prochaines années. Guidée par la seule course aux profits, cette conversion accélérée à la voiture électrique se traduira par un bilan social et environnemental désastreux au bout du compte. Surtout qu’il n’est jamais question de réduire la circulation sur route au profit du rail en France, en Europe et dans le monde.

Se pose enfin la question du niveau de compétence de la Commission européenne pour bâtir un projet économique cohérent, qu’il s’agisse de la voiture électrique ou d’un sujet comme la réforme de la Politique agricole commune. Elle est composée d’un commissaire nommé par pays membre soit un total de 27. Mais, depuis des décennies, ce sont des milliers de lobbyistes présents à Bruxelles, payés par des multinationales et, de ce fait, potentiellement corrupteurs, qui fournissent à la Commission des projets en phase avec les intérêts privés que ces mêmes lobbyistes sont chargés de défendre.

La connivence est telle que certains commissaires deviennent eux-mêmes des lobbyistes à l’issue de leur passage à la Commission. Ce fut notamment le cas de José Manuel Barroso, ancien Premier ministre du Portugal, puis président de la Commission européenne entre 2004 et 2014 !

 

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1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 05:15

 

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31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 05:21

 

Le gouvernement multiplie les freins à l’accès aux soins pour toutes et tous partout ! L’hôpital public se désagrège avec un laisser-faire manifeste du gouvernement, satisfait de cette casse du service public au profit des établissements privés sous la coupe des fonds de pension.

Saluons les mobilisations, en plein été, des populations, à Sarlat, à Luçon : elles ont tout le soutien de la Coordination.

Avec la vaccination obligatoire pour les soignants et le pass sanitaire, le gouvernement a réussi le tour de passe-passe de déplacer les mobilisations sur un champ douteux : ce n’est pas la vaccination qu’il faut combattre, dont l’intérêt est scientifiquement prouvé (comme en témoigne tristement l’explosion de l’épidémie en Martinique et en Guadeloupe chez des jeunes non vaccinés) mais le contrôle social et les atteintes aux droits du travail que le gouvernement en profite pour installer !

Il cherche aussi à masquer les difficultés de la vaccination : Christophe Prudhomme rapporte sur sa page Facebook, que si un médecin de l’hôpital Avicenne convainc un patient de se faire vacciner, il ne peut passer à la pratique, faute de vaccin !

Et à faire oublier la mise en pl ace prochaine du Forfait Patient Urgence, qui devra être payé par tous les patients, se présentant dans un service d’urgence sans que cela ne soit suivi d’hospitalisation : une mesure discriminatoire pour toutes celles et ceux qui n’ont pas accès à un médecin généraliste en urgence, ou qui ont besoin de soins que ceux-ci ne pratiquent pas, sans parler des risques sanitaires majeurs en freinant des consultations devant des symptômes pouvant traduire une affection grave.

Devant le succès de la pétition contre ce Forfait Patient Urgence que certains de nos comités ont fait signer sur les marchés, devant les hôpitaux… elle est maintenant en ligne : signez là, partagez la !

 

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