commenter cet article …
/image%2F1489059%2F20230703%2Fob_d3a7c7_capture-d-ecran-2023-07-03-a-19-07.png)
/image%2F1489059%2F20220520%2Fob_3bd63c_pcf-0-logo-couleur-largeur.jpg)
L’espoir au présent
Les 12 et 19 juin prochains, un vent d’espoir peut se lever sur la France.
/image%2F1489059%2F20220520%2Fob_f18a38_visuel-conf-nupes-programme.jpg)
Emmanuel Macron n’a remporté la présidentielle qu’à la faveur de la volonté majoritaire du pays de barrer la route à l’extrême droite.
En se rassemblant pour les législatives, la gauche rend aujourd’hui possible la mise en échec du président de la République et de son programme de casse sociale, la défaite de très nombreux députés de droite et d’extrême droite. La conquête d’une majorité de gauche à l’Assemblée nationale devient possible pour relayer les attentes du mouvement populaire.
Avec les propositions de « La France des Jours heureux », le PCF et son candidat Fabien Roussel ont travaille avec l’ensemble des forces de gauche au programme partagé que nous défendrons ensemble. Ils ont particulièrement insisté sur la nécessité de se doter de moyens financiers et de pouvoirs à la hauteur des objectifs sociaux et écologiques avancés. D’où la place du travail et de l’emploi au cœur des politiques publiques à déployer, en sécurisant l’emploi et la formation… D’où l’engagement pour la retraite à 60 ans, en intégrant les périodes d’études et de non travail dans le calcul des années de cotisation nécessaires pour une pension à taux plein. D’où l’exigence d’une République sociale, laïque, universaliste et démocratique, qui se déploie partout avec des services publics pour toutes et tous… D’où l’importance accordée à la réappropriation publique et sociale de grandes entreprises concernées telles EDF et Engie, comme au besoin d’un pôle public financier avec la nationalisation de banques privées pour conduire une politique réellement transformatrice… D’où l’accent mis sur un nouveau mode de développement, solidaire et écologique, qui suppose un mix énergétique nucléaire/renouvelable, la réindustrialisation de la France et la nationalisation de grands groupes stratégiques, ainsi que de nouveaux pouvoirs d’intervention des citoyens et des salariés sur l’économie… D’où enfin la demande que la France use de son siège au Conseil de sécurité pour faire naître des coopérations solidaires entre les peuples et prévaloir le droit international et la paix, en Europe autant qu’en Palestine ou au Sahara occidental, et dans la levée du blocus de Cuba…
Certains de ces points figurent parmi nos objectifs communs, d’autres resteront à débattre entre les groupes de gauche au sein de la prochaine Assemblée. Le plus important est que nos compatriotes puissent voir leurs vies changer dès l’été, et qu’avec les mobilisations populaires la colère se transforme en une force puissante de changement.
Ian BROSSAT - Léon DEFFONTAINES - Marie-Jeanne GOBERT - Christian PICQUET - Évelyne TERNANT - Vincent Boulet
Par Laurent Mouloud
Aura-t-on assez de professeurs à la rentrée prochaine ? La réponse est non. Et depuis dix jours, les résultats des concours de recrutement d’enseignants témoignent de l’ampleur du désastre. En mathématiques, 816 candidats « admissibles » pour 1 035 postes à pourvoir. En lettres, 720 pour 755 postes. En allemand, 83 pour 215… Dans toutes les matières, le même recul vertigineux s’observe, avant même l’écrémage des épreuves d’admission en juin, qui ne fera qu’amplifier la saignée. Le ministère tente de faire illusion. Ce trou d’air était prévu, se défend-il. Et ne serait qu’une conséquence de la nouvelle réforme du recrutement avec un concours en master 2 (et non plus en master 1), appauvrissant mécaniquement le vivier de candidats. De nouveaux postes auraient donc été programmés pour 2022, en sachant, discrètement, qu’ils ne seront pas tous pourvus ? On n’ose y croire…
N’en déplaise au gouvernement, cette crise du recrutement n’a rien d’un phénomène conjoncturel, mais dit tout du saccage de la profession opéré depuis cinq ans par Jean-Michel Blanquer. Un cocktail de mesures délétères qui désespère les vocations. Déjà sous-payée par rapport à leurs homologues européens, la moitié des professeurs n’a obtenu aucune revalorisation. Et celle lâchée pour les débutants s’apparente à un cache-misère : auréolés de leur bac + 5, ils entrent dans le métier avec un salaire égal à 1,1 fois le Smic ! À cela s’ajoutent la baisse constante – et démotivante – du nombre de postes ouverts au concours et une réforme de la formation initiale qui repousse d’un an l’espoir d’une rémunération. Difficile de faire plus rebutant.
Mais ne soyons pas naïfs. Cette politique s’inscrit dans un processus délibéré et patient de casse de la fonction publique. Avec notamment le développement des recrutements hors statut : en dix ans, la part des contractuels est passée de 8 % à 14 % parmi les professeurs du secondaire. En arrière-plan ? Faire entrer la sacro-sainte logique concurrentielle dans la gestion des enseignants, que les néolibéraux rêvent en exécutants flexibles et dociles de « bonnes pratiques » pédagogiques prémâchées. Une dérive ordolibérale de l’école dont les aspirants fonctionnaires font les frais. Et que la macronie voudrait bien prolonger cinq ans…
Prochaines rencontres déjà prévues autour de Femmes d'Alep de Maha Hassan et Ismaël Dupont:
- Vendredi 20 mai, 20h30, Salle de conférence de la Médiathèque à Lannion
- Samedi 4 juin, 16h, Librairie D'un Livre à l'Autre à Avranches
- Samedi 11 juin, Maha Hassan à Toulouse, invitée du Festival Soeurcières par Osez le féminisme! Rencontre-dédicace
- Samedi 18 juin, 11h-12h30, Librairie "Librairie et curiosités" à Quimper
L’assassinat de la journaliste dans le camp de réfugiés de Jénine et le déchaînement de violences policières israéliennes lors de son enterrement ne doivent rien au hasard. C’est la marque de la politique coloniale. La Cour pénale internationale doit être saisie.
Sitôt connue la mort de notre consœur, abattue dans le camp de réfugiés de Jénine, en Cisjordanie occupée où l’armée israélienne menait un raid, le premier ministre, Naftali Bennett, s’est écrié : « Il semble probable que des Palestiniens armés soient responsables de la mort malheureuse de la journaliste. » Son ministre de la Défense, Benny Gantz, assurait même avec l’aplomb d’un arracheur de dents qu’ « il n’y avait eu aucun tir (de l’armée) en direction de la journaliste ».
Vendredi, à Jérusalem, des milliers de Palestiniens participaient avec tristesse et dignité aux obsèques de Shireen. À la sortie du cercueil de l’hôpital Saint-Joseph à Jérusalem-Est, secteur de la ville également occupé par Israël, la police a pénétré dans l’enceinte de l’établissement et chargé une foule brandissant des drapeaux palestiniens.
Le cercueil a failli tomber des mains des porteurs frappés à coups de matraque, avant d’être rattrapé in extremis, selon des images des télévisions locales. Mais, là encore, si les policiers israéliens ont fait usage de la force, c’est parce qu’ils « avaient été exposés à la violence des émeutiers, ce qui les a poussés à recourir à la force », explique sans honte leur hiérarchie.
Dans les deux cas, l’assassinat de la journaliste puis le matraquage de la foule lors de ses obsèques ont provoqué un rare tollé. Ces scènes, où l’on voit les forces de sécurité israéliennes faire vaciller le cercueil, « font froid dans le dos, rappelant la brutalité infligée aux personnes endeuillées lors de funérailles de militants contre l’apartheid », dénonce ainsi Mamphela Ramphele, présidente de la Fondation Desmond-Tutu, consacrée au regretté archevêque sud-africain et prix Nobel de la paix. Elle déplore « la violence, le sentiment de haine et le mépris de la dignité humaine » affichés.
Une fois n’est pas coutume, le « meurtre » de la journaliste d’Al-Jazeera a été condamné à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, qui réclame une « enquête transparente et impartiale ». Même son de cloche à Washington. « Nous condamnons fermement le meurtre de la journaliste américaine Shireen Abu Akleh », a tweeté le porte-parole du département d’État américain. L’Union européenne a condamné « l’usage disproportionné de la force et le comportement irrespectueux de la police israélienne » durant les obsèques. La représentation française à Jérusalem a jugé « profondément choquantes » les « violences policières ». Autant dire que les responsables israéliens n’ont pas envisagé une enquête de gaieté de cœur. Ils tergiversent, réclament que leur soit remise la balle afin de réaliser un examen balistique – ce que refusent les Palestiniens. « Les autorités israéliennes ont commis ce crime et nous ne leur faisons pas confiance », a déclaré le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Une commission d’enquête indépendante démontrera certainement la culpabilité d’un soldat israélien dans le meurtre de Shireen Abu Akleh ou dans l’ordre d’attaquer le convoi funéraire. Mais la question essentielle est la suivante : que faisait l’armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine là où, il y a exactement vingt ans, elle avait déjà perpétré un massacre ? Pourquoi la police israélienne était-elle dans l’enceinte de l’hôpital de Jérusalem-Est ? Tout simplement parce qu’Israël occupe les territoires palestiniens et que sa nature coloniale implique d’annihiler toute résistance, partout.
La mort de la journaliste ne peut masquer la répression en cours depuis des années et son aggravation ces dernières semaines. Fadwa Khader, membre de la direction du Parti du peuple palestinien (PPP), a été blessée, jeudi, lors d’une manifestation. Un Palestinien est mort, dimanche, des suites de blessures subies lors de tirs de l’armée israélienne, deux jours plus tôt. Un autre a succombé, samedi, à ses blessures infligées lors de heurts avec la police israélienne en avril, sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. Depuis 2000, au moins 55 journalistes palestiniens ont été tués par les forces d’occupation et 16 d’entre eux sont actuellement emprisonnés.
Quant au blocus contre la bande de Gaza, il se poursuit depuis plus de quinze ans maintenant. Magnanimes, les Israéliens ont autorisé, dimanche, le passage aux travailleurs de cette enclave palestinienne après environ deux semaines de fermeture, pour qu’ils viennent travailler… en Israël. Preuve, s’il en fallait une, du sentiment d’impunité de Tel-Aviv, la construction prochaine de près de 4 500 logements dans des colonies en Cisjordanie a été approuvée le lendemain même de l’assassinat de Shireen Abu Akleh.
Il existe aujourd’hui 5,7 millions de réfugiés palestiniens répartis entre la Cisjordanie, la bande de Gaza, la Jordanie, le Liban et la Syrie. Israël mène une guerre de tous les instants contre la population palestinienne : bombardements sur Gaza, incursions militaires, bouclage des villes et des villages, destructions de maisons en Cisjordanie. Les journalistes sont des témoins, donc des cibles. Mais les Palestiniens ont besoin d’actes, pas de paroles. Ils rejettent le « deux poids, deux mesures » des Occidentaux, celui qui, avec le même cocktail Molotov, fait du Palestinien un terroriste et de l’Ukrainien un résistant. Qui fait décider de sanctions contre la Russie mais laisse impuni Israël. C’est aussi sans doute ce qui a déclenché une réaction ulcérée dans les pays du monde entier.
Les États européens, France en tête, pourraient saisir la Cour pénale internationale (CPI), comme la ratification du statut de Rome leur en donne la possibilité, pour examiner les possibles crimes de guerre, sans attendre une enquête du procureur qui déciderait éventuellement de la saisie de la CPI. Ils pourraient également reconnaître l’État de Palestine, décider un certain nombre de mesures, comme des sanctions, pour imposer à Israël le respect du droit international et des résolutions de l’ONU. Sans cela, inutile de parler d’une solution à deux États. Et inutile de s’émouvoir du décès d’une journaliste. Sa mort porte un nom : occupation.
La nouvelle union populaire écologique et sociale rassemblée dans le Finistère.
Ce mardi 18 mai 2022, la NUPES réunissait ses candidats finistériens qui ont déposé leur candidature cette semaine.
La page du quinquennat Macron, et de sa nouvelle Première ministre Elisabeth Borne, doit être tournée : la violence sociale qu’ils ont fait subir et qu’ils prévoient est inacceptable.
Rassemblés pour porter une politique résolument sociale et écologique à l’Assemblée, nous sommes prêts et déterminés à l’emporter dans notre département : le SMIC à 1500 euros net, la retraite à 60 ans, la planification écologique, la conquête de nouveaux droits sont nécessaires.
Unis dans la perspective majoritaire d’une victoire de ce programme, nous appelons les citoyens du Finistère à nous rejoindre en votant pour les candidats de la NUPES ces 12 et 19 juin. Un autre monde est toujours possible. La victoire est à portée de main.#legislatives2022 #Nupes
Yann Foucher et Eugénie Cazaux (à droite sur la photo), candidats investis au départ par le PCF à Quimper et à Brest-centre, représentaient lors de ce rassemblement unitaire les communistes finistériens (qui n'auront pas de candidat, ni titulaires, ni suppléants, de leur parti au titre de la NUPES comme dans les Côtes d'Armor ou en Ille-et-Vilaine) à la présentation des candidats d'union de la gauche du département.
Les Mutins de Pangée sortent un premier coffret consacré à la filmographie magistrale de René Vautier. Une œuvre pionnière et prolifique que cette coopérative d’édition et de production – et plateforme VOD – a contribué à faire sortir de l’oubli. Entretien avec son cofondateur, Olivier Azam.
Depuis 2005, les Mutins de Pangée détonnent dans le paysage des plateformes de VOD. Leur ligne éditoriale se caractérise par des choix singuliers et audacieux, à contre-courant d’un cinéma commercial, aussi indigeste qu’indigent. Ils comptent, dans leur catalogue, des films du patrimoine constitutifs de l’histoire sociale et populaire. On y trouve ceux de René Vautier, du groupe Medvedkine ou ceux réalisés par la belle équipe des Mutins : « Des Idées de génie ? », de Brice Gravelle, sur le patron de Gifi, « Howard Zinn, une histoire populaire américaine », de Daniel Mermet et Olivier Azam, ou « Hacking Justice », sur Julian Hassange. Nous avons rencontré Olivier Azam, réalisateur, cofondateur, avec Laure Guillot, des Mutins.
Dans une coopérative de production, d’édition et de diffusion. Les Mutins découlent de notre histoire avec Zalea TV, première chaîne de télévision libre créée en 2000 et de notre histoire avec le cinéma. En 2005, nous créons Les Mutins pour être un outil de production de films qui s’inscrit dans les traditions coopératives de cinéma. Cela signifie que nous ne sommes pas à la recherche de profit à redistribuer à des actionnaires, ce qui nous donne une grande liberté de choix. C’est parce que nous avons d’abord voulu réaliser nos films pour le cinéma que nous avons fondé la coopérative : nos films sont tellement longs à fabriquer que, entre deux projets, nous nous sommes tournés vers l’édition DVD, puis nous avons fondé la plateforme de VOD CinéMutins.
Et archéologues. J’aime l’archéologie de l’archive, le recyclage, l’Histoire. Je fais de l’Histoire toute la journée, que ce soit comme éditeur ou réalisateur. C’est primordial de connaître l’Histoire. Quand tu connais l’histoire des luttes, que tu l’as en mémoire, c’est pas mal pour mener les luttes aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’avoir un regard figé sur le passé, aussi glorieux soit-il, mais de savoir tirer les leçons du passé pour construire le présent.
[video:https://www.youtube.com/watch?v=9XV6ZiCRJ3Q]
Oui, elle a été chargée de l’édition des deux coffrets. Le premier, 4 DVD, soit 17 films, tous restaurés, dont « Avoir 20 ans dans les Aurès », est accompagné d’un livret de 190 pages avec des entretiens, une iconographie très riche, des contributions d’universitaires, des articles de presse. Un travail effectivement colossal. Le deuxième volume sera consacré à la Bretagne. J’ai connu René Vautier pendant les vingt dernières années de sa vie. Nous avons commencé à diffuser à l’antenne de Zalea TV ses films censurés. Il faut se souvenir que René Vautier a été le cinéaste le plus censuré du cinéma. Son parcours, son engagement parlent pour lui. Il a toujours été à l’avant-garde. Il a été le premier cinéaste anticolonialiste. Il a 21 ans quand il réalise « Afrique 50 », lorsqu’il débarque en Afrique de l’Ouest en 1949, à la demande de la Ligue de l’enseignement, pour un reportage sur les conditions de vie dans les villages. Très vite, il va filmer là où les autorités coloniales ne voulaient pas qu’il filme, faisant un pied de nez au décret Laval, toujours en vigueur, qui interdisait de filmer sans le consentement du gouverneur. Vautier était un franc-tireur tendance Fanfan la Tulipe. Un côté un peu naïf dans un monde où chacun calcule. Le côté frondeur et frontal de Vautier est incompatible avec le système de production et de diffusion d’un film, mais il a eu raison de revendiquer et d’assumer son engagement.
René Vautier a été blacklisté, ses films saisis, coupés… Il a même fait de la prison pour avoir tourné « Afrique 50 ». Mais il n’a jamais renoncé à son cinéma. Toutefois, parler de Vautier à partir du seul prisme de la censure, c’est oublier qu’il a été avant tout un grand cinéaste. On lui a aussi collé l’étiquette de « militant » pour mieux le marginaliser. Ça permettait de ne pas traiter le sujet, en prétendant que ce n’était pas de l’art puisque ses films ne rentraient dans aucune case du catéchisme culturel. Vautier a été peu soutenu par la profession. Or il a apporté quelque chose au cinéma dans sa façon de filmer. Une liberté qu’il s’est toujours refusé de monnayer. La contrainte l’a obligé à inventer. Ses films n’obtenaient jamais de visa ? Il allait les tirer à l’étranger. Sur la couverture du livret qui accompagne le coffret, on a repris ces mots : « Votre nom : Vautier. Votre vie : la liberté ! Votre cinéma : engagé ! Votre parole : enragée ! »
Au contraire ! Tout le travail que nous réalisons sur les DVD, les coffrets, n’existe pas sur les plateformes. Cela a à voir avec la conservation des films. Un DVD, c’est une trace, cela veut dire que le film, peu importe lequel, est sauvé. Gardez donc vos lecteurs DVD ! Se débarrasser des DVD, c’est aussi effacer la mémoire. On n’est pas à l’abri d’un bug géant et alors, tout disparaîtrait sur le Net. La dématérialisation ne garantit pas la survie d’un film. Et puis, un DVD présenté dans un coffret avec un livret, c’est un bel objet. Je ne sais pas combien de temps on va pouvoir continuer à en faire. On résiste mieux que le marché et, depuis les confinements, on a constaté un regain d’intérêt. Si on voulait réellement soutenir l’édition DVD, il faudrait lui appliquer une TVA identique à celle des livres et le prix unique, ce qui empêcherait Amazon de casser les prix quand ils veulent et de tuer les éditeurs. Mais c’est un choix politique.
Sur CinéMutins, je mets au défi le spectateur de s’ennuyer ! Le catalogue est effectivement très varié. On récupère des films qui restent une seule semaine en salle. On a quelques films porteurs sortis au cinéma récemment, comme « la Panthère des neiges » ou « Debout les femmes ! » Mais aussi des films passés plus inaperçus au cinéma ou rares (un quart de notre catalogue est composé d’inédits en exclusivité), des films qui racontent les luttes sociales, le monde paysan, le féminisme, en privilégiant la démarche artistique comme critère premier de nos choix. Loin de la caricature du cinéma « militant », ou d’une certaine forme de communautarisme idéologique, la ligne que nous essayons de tenir aux Mutins de Pangée, c’est l’idée que chaque individu, chaque spectateur est un être complet, sensible et intelligent, qui a besoin d’émotions et de raison, de rires et de larmes, de se sentir appartenir au monde ou de pouvoir s’en isoler pour penser ou rêver, selon les moments… Notre but est de faire découvrir, de susciter la curiosité, d’amener celui qui vient pour un film vers d’autres, plus confidentiels. Je fais un parallèle entre la malbouffe et Netflix. Quand je vais chez Netflix, j’ai l’impression d’entrer dans un McDo : c’est attirant, tu penses que c’est pas cher, tu regardes une série et tu es gavé. Pas question de culpabiliser. Disons que c’est une question d’hygiène mentale. Les Mutins de Pangée, c’est du commerce équitable !
/image%2F1489059%2F20220518%2Fob_e1aaf7_huma.jpg)
Suite à la décision prise par l’Inde de suspendre ses exportations, le prix de la tonne de blé tendre est monté à 438 € dans la journée d’hier. En France, le prix de la tonne de blé, rendue au port de Rouen pour l’exportation, cotait 385 € le 10 mai contre moins 270 € en février dernier et 230 € en mai 2021. La sécheresse en cours dans de nombreux pays, ajoutée au laisser faire de décideurs politiques des pays occidentaux, risque d’aggraver la situation.
Le vendredi 13 mai, le service communication de FranceAgriMer, rendait public le compte rendu de la réunion de son « Conseil spécialisé en grandes cultures » qui s’était tenu deux jours plus tôt. Ce conseil fait le point une fois par mois sur l’état des cultures céréalières de l’année et sur l’évolution des ventes et des stocks de la récolte de l’année précédente. La première phrase de ce texte d’analyse était ainsi rédigé : « Malgré le conflit russo-ukrainien qui s’enlise et met à mal les exportations ukrainiennes, FranceAgriMer a révisé à la baisse ses prévisions d’exportation de blé français, en raison du ralentissement de la demande chinoise et de la cherté qui limite les achats des pays importateurs (…) FranceAgriMer a révisé à la baisse ses prévisions d’exportations françaises de blé tendre à 9,25 millions de tonnes vers les pays tiers et à moins de 8 millions de tonnes vers l’Union européenne ».
Cela se traduisait par des prévisions exportations en recul de 310 000 tonnes sur l’exercice en cours, par rapport aux prévisions du mois précédent. Mais c’était suffisant pour indiquer que « le stock de blé français s’alourdirait ainsi à plus de 3,2 millions de tonnes en fin de campagne, au plus haut depuis 2015, en dépit du conflit russo-ukrainien qui s’enlise et les difficultés de l’Ukraine à acheminer ce qui lui reste à exporter ». Néanmoins, FranceAgriMer notait qu’après « un tassement courant avril, les prix du blé meunier sur Euronext sont en effet repartis à la hausse et dépassent à nouveau les 400 € la tonne : 418 € le 16 avril et 406 € le 6 mai ».
Hier matin, on apprenait le prix de la tonne de blé tendre avait dépassé 438 € dans les pays membres de l’Union européenne et que cette nouvelle hausse spéculative dans les salles de marché était consécutive à la décision prise par l’Inde de suspendre ses exportations de blé. Jusque-là, la part de l’Inde représentait 12 % des exportations mondiales de blé. Ce pays avait exporté plus de 7 millions de tonnes de blé en 2021 et comptait en exporter 10 millions de tonnes cette année. Mais l’Agence France Presse (AFP) écrivait hier que cette interdiction d’exporter est « destinée à assurer la sécurité alimentaire nationale du pays de 1,4 milliard d’habitants et à garantir l’approvisionnement de ses vastes programmes sociaux, notamment la distribution mensuelle d’aliments de base gratuits et subventionnés à des millions de familles pauvres ». L’AFP citait le secrétaire indien au commerce qui a justifié l’arrête des exportations en ces termes : « Nous ne voulons pas que le blé aille d’une manière non réglementée où il risque d’être thésaurisé et ne pas être utilisé aux fins que nous souhaitions qu’il serve, à savoir, les besoins alimentaires des pays et populations vulnérables », a expliqué monsieur Subrahmanyam.
Face à l’arrêt des exportations de l’Ukraine depuis près de trois mois et à la flambée des cours qui a aussitôt démarré dans les salles de marché, de nombreux pays importateurs nets de blé tendre, dont l’Égypte, ont suspendu leurs importations pour deux raisons que l’on peut qualifier de complémentaires. Disposant au début du mois de mars d’un stock de blé permettant d’approvisionner sa population de plus de 100 millions d’habitants durant sept à huit mois, l’Égypte a fait de choix de ne plus être aux achats dans l’espoir de voir baisser le prix mondial du blé tendre au bout quelques semaines. Elle a aussi choisi, comme d’autres pays importateurs de la même région, de ne pas acheter du blé français dont le taux de protéines dépasse rarement les 11 % contre plus de 12 % pour les blés de l’Ukraine et de la Russie. Il semble déjà acquis que cette stratégie d’attente sera finalement payée au prix fort par les pays importateurs nets de blé tendre à l’ère du capitalisme mondialisé qui laisse les pleins pouvoirs aux spéculateurs.
Mais revenons à l’Inde. Dans la dépêche publiée hier matin par l’AFP, on lisait également ceci : « La canicule de mars dernier, la plus chaude jamais enregistrée en Inde, imputée au changement climatique, avec des températures parfois supérieures à 45 degrés Celsius, a affecté les régions productrices de blé dans le nord de l‘Inde. Selon les estimations, la production de cette année devrait diminuer d’au moins 5 % par rapport aux 109 millions de tonnes récoltées en 2021 ».
Voilà qui semble justifier la décision du gouvernement indien de suspendre toute exportation de blé pour le moment. Mais en fin de la même dépêche de l’AFP on peut aussi lire ceci : « Réunis à Stuttgart, en Allemagne, les ministres de l’Agriculture du G7 ont aussitôt critiqué cette décision, craignant de voir s’aggraver la crise des matières premières. Si tout le monde commence à imposer de telles restrictions à l’exportation ou même fermer les marchés, cela ne fera qu’aggraver la crise et cela nuira aussi à l’Inde et à ses agriculteurs », a déclaré le ministre allemand de l’Agriculture Cim Özdemir.
Pour ce ministre, le libre-échange et la spéculation sont préférables à la régulation. Quel qu’en soit le prix pour les millions de gens menacés par la famine en cette année 2022. Car la sécheresse en cours risque d’aggraver situation sur le marché mondial du blé, comme sur celui des céréales secondaires et des graines à huile.
/image%2F1489059%2F20220518%2Fob_80f5b5_huma.jpg)
Les températures mondiales battent des records, la sécheresse menace jusqu’en France, mais les industries du pétrole et du gaz prévoient d’étendre, partout, leurs activités. The Guardian vient de publier une enquête révélant l’existence de 195 gigantesques projets qui relâcheraient chacun « l’équivalent d’environ dix-huit ans d’émissions mondiales actuelles de CO2 ».
L’accord de Paris finira-t-il froissé, jeté au fond de la corbeille à papier ? Alors que l’Organisation météorologique mondiale (OMM, rattachée à l’ONU) affirme dans son dernier bulletin que le seuil d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C a désormais 50 % de risques d’être dépassé dans les cinq prochaines années, The Guardian vient de publier une enquête révélant l’existence de 195 bombes climatiques. Ces gigantesques projets pétroliers et gaziers, dont 60 % seraient déjà en cours d’exploitation, relâcheraient chacun « au moins un milliard de tonnes de CO2 au cours de leur durée de vie », relèvent les auteurs de l’enquête, « soit l’équivalent d’environ dix-huit ans d’émissions mondiales actuelles de CO2 », résume le quotidien britannique.
« Tant que nous continuerons à émettre des gaz à effet de serre, les températures continueront à augmenter. » Petteri Taalas, le secrétaire général de l’OMM, a beau réaffirmer l’évidence, répéter que le seuil fixé par l’accord de Paris à 1,5 °C « n’est pas une statistique choisie au hasard » mais « indique le point à partir duquel les effets du climat seront de plus en plus néfastes pour les populations et pour la planète entière », les géants des énergies fossiles (responsables de 80 % des émissions de gaz à effet de serre), eux, poursuivent leur course folle à l’expansion.
En pole position, les États-Unis, le Canada et l’Australie recensent le plus grand nombre de ces projets, devant le Moyen-Orient et la Russie. Par ailleurs et à eux seuls, les mastodontes ExxonMobil (États-Unis) et Gazprom (Russie) – dont la moitié des projets d’expansion concernent l’Arctique – ambitionnent de parvenir à extraire des sous-sols 192 millions de barils de pétrole supplémentaires dans les sept années à venir, « soit l’équivalent d’une décennie des émissions actuelles de la Chine », expliquent les auteurs.
Parmi les « bombes » les plus dangereuses figurent l’immense projet d’expansion du North Field, gisement offshore de gaz au large du Qatar, les activités d’extraction d’hydrocarbures non conventionnels de Montney Play en Alberta (Canada) ou encore la construction d’un gigantesque gazoduc et d’une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) offshore au Mozambique.
En tout, les 12 plus grandes compagnies de pétrole et de gaz au monde, sociétés d’État (Qatar Energy, Gazprom ou l’Aramco) comme sociétés privées (ExxonMobil, TotalEnergies, Chevron, Shell ou BP), envisagent de dépenser plus de 100 millions de dollars chaque jour (96 millions d’euros) et ce, pendant dix ans, pour se développer. Plus alarmant encore, 70 % des grandes entreprises américaines du secteur projettent d’étendre l’exploitation des hydrocarbures de schiste et les forages de très grande profondeur.
L'inde et le Pakistan suffoquent, l’Éthiopie n’a pas vu tomber la pluie depuis dix-huit mois… Et pendant qu’en sous-main l’industrie des combustibles fossiles joue avec le climat mondial pour engranger des profits, les responsables politiques, eux, multiplient les grands discours sur l’impératif d’une transition écologique. En réalité, de permis d’explorer délivrés en subventions publiques accordées, les États valident ces projets et renoncent, en somme, à atteindre les objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixés. L’accord de Paris en est le plus criant exemple.