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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:26
Femmes d'Alep, de Maha Hassan avec le concours d'Ismaël Dupont, Skol Vreizh, 488 pages, 22 €

Femmes d'Alep, de Maha Hassan avec le concours d'Ismaël Dupont, Skol Vreizh, 488 pages, 22 €

#femmesdalep - Femmes d'Alep dans les recommandations culturelles de L'Humanité
Récit Voix de femmes syriennes et douleur de l’exil
L'Humanité, Publié le Jeudi 2 Juin 2022

« Oui, je bois de l’alcool, je mange du cochon, je suis kurde et mon père était communiste. » Ainsi parle Maha Hassan, kurde née à Alep, écrivaine et journaliste de langue arabe, exilée en France en 2004, réfugiée en Bretagne. Femmes d’Alep, adapté par Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF dans le Finistère et premier maire adjoint de Morlaix, nous plonge, via des voix de femmes, dans l’histoire moderne de la Syrie. C’est un ouvrage sur et par les femmes. Celles nées dans « cette société orientale tyrannique » qui témoignent de leurs expériences « dans ce monde définitivement perdu que fut la Syrie d’avant la révolution et de la guerre civile ». À ce propos, retenons par exemple le terrible récit de Shiraz Darwich et songeons à l’émancipation des femmes.

Valère Staraselski

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:23
Kurdistan. Kobané sous la menace du président turc Erdogan (L'Humanité, Pierre Barbancey, 2 juin 2022)
Kurdistan. Kobané sous la menace du président turc Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan envisage une offensive militaire dans le Nord-Est syrien et met en balance son accord pour l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’Otan.

Publié le Jeudi 2 Juin 2022 Pierre Barbancey
 

Recep Tayyip Erdogan ne le cache pas. Il envisage une opération contre les Kurdes dans le nord de la Syrie. Une décision « actée sur le principe », a-t-il dit, dont les détails ont été étudiés la semaine dernière lors d’une réunion du conseil national de sécurité auquel participaient les responsables militaires et les services de renseignements.

Selon un communiqué de la présidence, diffusé à l’issue de cette réunion, « les informations ont été soumises et des mesures additionnelles ont été débattues à propos des opérations en cours dans le pays et en dehors de nos frontières contre les organisations terroristes, PKK/KCK-PYD-YPG, Fetö et Daech, et toute sorte de menaces contre notre unité nationale ».

Une opération baptisée « Griffe refermée »

Outre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et ses alliés, en particulier les Unités de protection du peuple (YPG) et le Parti de l’Union démocratique (PYD) en pointe dans la lutte contre le groupe « État islamique » (Daech selon l’acronyme arabe), le texte cite justement le mouvement djihadiste et celui du prédicateur Fethullah Gülen, installé aux États-Unis et accusé d’avoir ourdi la tentative de coup d’État de 2016 contre Erdogan.

Par ailleurs, l’armée turque mène depuis la mi-avril une nouvelle opération baptisée « Griffe refermée » dans le nord de l’Irak, visant des bases et camps d’entraînement du PKK dans la région autonome du Kurdistan d’Irak.

Erdogan prend soin de préciser que « les opérations en cours et qui seront lancées pour débarrasser nos frontières du sud de la menace terroriste ne visent en aucun cas l’intégrité territoriale de nos voisins et ­résultent de nos besoins en sécurité nationale ».

Une « zone de sécurité » de 30 km

(...)

Ankara, qui a déjà déclenché depuis 2016 trois opérations en Syrie contre les Unités de protection du peuple, alliées au PKK, veut créer une « zone de sécurité » de 30 km de large le long de sa frontière sud. « Nous allons nettoyer Tall Rifaat et Mambij », à l’ouest de l’Euphrate, a lancé Erdogan, mercredi 1er juin, devant le Parlement. Il a promis de procéder « étape par étape dans d’autres régions ». Les attaques pourraient également concerner la ville de Kobané et celle de Qamishli, considérée comme la capitale de l’Administration autonome du nord-est syrien créée par les Kurdes au-delà du seul Rojava (littéralement « l’ouest », c’est-à-dire le Kurdistan syrien).

Bras de fer avec Washington

« Qui va soutenir ces opérations légitimes de sécurité conduites par la Turquie et qui va tenter de s’y opposer, on verra bien », s’est exclamé le président turc devant les députés, prêt à un bras de fer avec Washington mais aussi Moscou. Si tant est que les deux grandes puissances tentent de l’en empêcher. La Turquie « n’attendra pas la permission » des États-Unis pour lancer une nouvelle offensive en Syrie, a-t-il précisé.­ Pour mémoire, il a signé, en 2019, un accord avec les Américains lui donnant le contrôle de certaines zones du nord de la Syrie.

Il a également rappelé mardi à son homologue russe, Vladimir Poutine, qu’un autre accord signé également en 2019 entre Ankara et Moscou prévoyait la création d’une telle zone « nettoyée du terrorisme », le long de la frontière turco-syrienne. « Sa création est impérative », a-t-il martelé.

Les États-Unis ont bien mis en garde Ankara contre le lancement d’une nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie, mais le ton est loin d’être ferme. « Nous condamnons toute escalade. Nous soutenons le maintien des lignes de cessez-le-feu actuelles », a fait mollement savoir Ned Price, porte-parole du département d’État américain. De même, la Russie est occupée sur un autre front.

Erdogan a compris que son pays, membre de l’Otan, avait une carte à jouer dans la situation créée par la guerre en Ukraine. Il peut mettre son veto à l’entrée de la Suède et la Finlande – qui ont envoyé des émissaires à Ankara – dans l’Alliance atlantique. Il les accuse d’héberger des « terroristes » du PKK et des YPG. Il a ainsi de quoi monnayer son approbation, tout en lançant son offensive. « Si l’on veut tout vendre pour une place dans l’Otan, eh bien, allons-y, mais moi je trouve que c’est indigne », dénonce la députée suédoise du Parti de gauche et d’origine kurde Amineh Kakabaveh.

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:19
« Le commerce d’armes françaises est d’une opacité considérable qui protège les principaux responsables » (Aymeric Elluin, L'Humanité, 3 juin 2022)
« Le commerce d’armes françaises est d’une opacité considérable qui protège les principaux responsables »

La France fait fi de ses engagements au profit de ses intérêts économiques. Elle n’hésite pas à fournir des pays comme l’Égypte ou l’Arabie saoudite, qui ont en commun de violer les droits de l’homme. Éclairage avec Aymeric Elluin, juriste en droit international.

Publié le Vendredi 3 Juin 2022
 

Dans son ouvrage, Ventes d’armes. Une honte française (Le passager clandestin, 192 pages, 14 euros), coécrit avec Sébastien Fontenelle, Aymeric Elluin, responsable du plaidoyer « Armes » à Amnesty International France, montre comment la France s’est imposée dans l’industrie de l’armement. Entre contrats lucratifs signés avec des régimes liberticides, absence de contrôles parlementaires et manque de transparence, le constat est édifiant.

En quoi les ventes d’armes constituent-elles « une honte française » ?

Dans les années 1960-1970, la France a construit une partie de son industrie de défense en fournissant des armes aux pires régimes. On peut citer le Portugal de Salazar, l’Espagne de Franco ou encore l’Afrique du Sud ségrégationniste. Plus récemment, on a constaté des transferts d’armes à l’Égypte, à l’Arabie saoudite ou aux Émirats arabes unis. Ces pays ont en commun de ne pas être respectueux des droits de l’homme et du droit international humanitaire lorsqu’ils utilisent des armes. Et la France a concouru à approvisionner ces régimes en toute connaissance de cause.

Comment la France est-elle devenue l’un des principaux marchands d’armes ?

Dans les années 1970, la France occupait le troisième rang en termes d’exportations d’armes. Place qu’elle va perdre, puis récupérer sous François Hollande. L’offre des fournisseurs français d’armes s’inscrit dans un paradigme historique. Dans les années 1970, avec la doctrine Debré, on voulait apparaître comme un acteur alternatif de la vente d’armes, en opposition aux deux blocs qui s’affrontaient pendant la guerre froide. On disait : « Nous ne ferons pas d’ingérence dans vos pays et nous ne regarderons pas l’utilisation finale des armes. » Et ça continue aujourd’hui. La France s’évertue à exporter des armes en Égypte, alors que le pays est confronté à des violations massives des droits de l’homme, et on ferme toujours les yeux sur ce qui se passe sur le terrain.

Pourquoi n’arrive-t-on pas à faire bouger les choses ?

Étant donné que nous avons un système parlementaire avec une majorité qui soutient systématiquement la présidence, les députés jouent peu le rôle de contre-pouvoir. L’article 24 de la Constitution devrait pourtant imposer aux parlementaires de contrôler l’action du gouvernement, y compris dans le champ des armes. Une autre difficulté est que le commerce d’armes françaises est d’une opacité considérable et protège les principaux responsables. Ce flou total me stupéfait, cela veut dire qu’il y a un pan entier de l’action publique, en France, qui échappe à tous les contrôles. Dans un système démocratique semi-parlementaire, bien qu’extrêmement présidentiel dans la pratique, cela pose question. Mais il y a une lueur d’espoir. On voit bien que, depuis 2018, un débat de fond monte dans l’opinion publique, notamment autour du conflit au Yémen et de la répression en Égypte. Il faut que les parlementaires de la prochaine législature s’emparent du rapport des députés Jacques Maire et Michèle Tabarot qui propose que le gouvernement soit plus transparent et qu’une délégation parlementaire soit créée pour contrôler les ventes d’armes.

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:14
Au Yémen, une guerre oubliée, alimentée par l’Occident (Pierre Barbancey, L'Humanité, 3 juin 2022)
Au Yémen, une guerre oubliée, alimentée par l’Occident

Les livraisons d’armes à l’Arabie saoudite ont nourri un conflit qui dure depuis sept ans au Yémen. Une trêve, entrée en vigueur le 2 avril, vient d’être renouvelée pour deux mois.

Publié le Vendredi 3 Juin 2022
 

La trêve, commencée le 2 avril, a offert un répit au Yémen. Outre un cessez-le-feu, relativement respecté, elle prévoyait une série de mesures devant alléger la souffrance de la population, notamment la réouverture de l’aéroport de Sanaa aux vols commerciaux, la facilitation de l’approvisionnement en carburant et la levée de sièges imposés à certaines villes.

L’ONU et les organisations humanitaires ont souligné l’impact positif de cette trêve sur la vie des Yéménites, notamment la baisse de moitié du nombre de victimes civiles et la possibilité offerte à des centaines d’habitants de la capitale, dont beaucoup de malades, de se rendre à l’étranger. À la fin de l’année 2021, le conflit avait déjà causé la mort de 377 000 personnes, victimes directes et indirectes. Près de 60 % de ces décès, soit environ 227 000 personnes, ont été dus notamment au manque d’eau potable, à la faim et aux maladies, selon un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), publié en novembre 2021.

Le 26 mars 2015, l’opération « Tempête décisive » était lancée par une coalition militaire de pays arabes (Émirats arabes unis, Égypte, Maroc, Soudan…) dirigée par l’Arabie saoudite. L’intervention, qui avait su opportunément se placer sous la protection d’une résolution de l’ONU, visait officiellement à éradiquer la rébellion initiée par les Houthis. Ces derniers avaient chassé du pouvoir le « président légitime » Abd Rabbo Mansour Hadi (il avait perdu la capitale Sanaa, conquise par l’alliance de l’époque entre les Houthis et l’ancien président Ali Abdallah Saleh). Des rebelles qui se sentaient territorialement lésés par les mesures gouvernementales, elles-mêmes directement liées à la réunification du pays en 1990 avec la marginalisation des populations du Nord.

Depuis, les puissances occidentales font mollement pression sur l’Arabie saoudite. Comment en serait-il autrement lorsqu’on sait que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont des soutiens essentiels de la principale pétromonarchie du Golfe ? Notamment avec l’aide apportée par leurs différents services de renseignements et surtout par les ventes d’armes.

Un autre front pour affaiblir l’Iran

Ces dernières années, les Saoudiens ont dépensé des milliards en armes de haute technologie. Les achats effectués sont impressionnants : des avions de combat F-15, des hélicoptères de combat Apache, des véhicules blindés de transport de troupes (APC) Piranha, des missiles air-air Iris-T à guidage infrarouge, des obusiers automoteurs Caesar à canon de 155 mm, des véhicules aériens sans pilote (UAV), des systèmes de détection aéroportés (AEW), des missiles de défense balistiques, des corvettes, des bâtiments de débarquement aérien et encore des missiles antichars. Malgré les témoignages et les preuves montrant comment ces armes sont utilisées directement dans le cadre de cette guerre, les chancelleries occidentales continuent à nier.

Si, à l’origine, la raison invoquée pour intervenir militairement au Yémen était la réinstallation au pouvoir de Hadi, le curseur s’est étrangement déplacé. Les Houthis sont accusés d’être soutenus par l’Iran. Ce qui permet de relancer la fameuse thèse de l’« affrontement » sunnites-chiites, présenté comme la clé de tous les conflits actuels dans la région. Les Iraniens sont aujourd’hui les alliés des Houthis en leur fournissant notamment du matériel militaire leur permettant d’atteindre le territoire saoudien, ce qui était loin d’être le cas au début du conflit. Mais cela permet aux Occidentaux et aux pays du Golfe d’ouvrir un autre front pour affaiblir l’Iran et, surtout, empêcher que le pouvoir yéménite ne tombe aux mains de groupes peu enclins à une alliance avec l’Arabie saoudite.

Jusqu’à présent, le gouvernement reprochait notamment aux rebelles de toujours encercler la grande ville de Taëz (Ouest). Pour leur part, les Houthis réclamaient des arrangements sur le versement des salaires des fonctionnaires ou encore les services de base dans les zones qu’ils contrôlent. Jeudi, les deux parties ont néanmoins accepté de renouveler la trêve pour « deux mois supplémentaires ».

Crimes de guerre au Yémen. Dassault, MBDA et Thales accusés de «complicité»

Trois ONG, soutenues par Amnesty International, ont déposé plainte devant une juridiction française contre des entreprises d’armement accusées de « complicité de crimes de guerre ». Les marchands de mort français pourraient être convoqués au prétoire.

Publié le
Vendredi 3 Juin 2022

C’est une guerre emblématique du cauchemar géopolitique qui vient. S’y entremêlent rivalités régionales et internationales, conflits politiques, tribaux et religieux locaux, et l’impitoyable lutte pour la captation des ressources fondamentales – en premier lieu l’eau et la nourriture –, dans un pays qui meurt littéralement de soif et de faim.

Officiellement commencée en 2014, dans la foulée du déclenchement des affrontements dans le Donbass entre l’armée ukrainienne et les forces séparatistes pro-Russes, la guerre au Yémen n’a pas bénéficié du même traitement médiatique que le conflit entre Kiev et Moscou. Seul le combat opiniâtre d’une poignée d’ONG et de parlementaires permet, à mille lieues des couloirs feutrés du Conseil de sécurité des Nations Unies, de faire émerger une exigence de paix et de fin à une spectaculaire logique d’impunité.

Une plainte au pénal devant le tribunal judiciaire de Paris

Trois d’entre elles, à savoir le Mwatana for Human Rights, le Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme (ECCHR) et l’association Sherpa, avec le soutien d’Amnesty International France, viennent de déposer plainte au pénal devant le tribunal judiciaire de Paris contre plusieurs entreprises d’armement françaises.

Parmi elles, Dassault Aviation, Thales Group et MBDA France, pointées pour leur éventuelle complicité dans les crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés au Yémen. Lesquels « auraient pu être commis du fait de leurs exportations d’armes vers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis », soit les deux pays piliers de la coalition sunnite, en guerre contre la rébellion houthie, elle-même soutenue par l’Iran chiite.

Plus de 8 milliards d’euros d'armes fournies par la France

Car, ce sont bien des avions français, dont des Mirage fournis et entretenus par Dassault, qui équipent l’essentiel de la flotte émiratie occupée à la destruction méthodique des ponts, des villes, du patrimoine architectural et des infrastructures civiles dans l’un des pays les plus pauvres au monde.

« Les frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont causé de terribles destructions au Yémen. Des armes produites et exportées par des pays européens, en particulier par la France, ont pu permettre ces crimes. Sept ans après le début de cette guerre, les innombrables victimes yéménites méritent des enquêtes crédibles sur tous les auteurs de crime s à leur encontre, y compris ceux qui sont potentiellement complices. Nous espérons que les tribunaux français pourront jouer un rôle de manière à combler l’actuel vide vertigineux en matière de responsabilité au Yémen », explique Abdulrasheed Alfaqih, directeur de l’organisation yéménite Mwatana for Human Rights.

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:11
Suppression du corps diplomatique : tout un symbole ! - Francis Wurtz, L'Humanité, 4 juin 2022
Suppression du corps diplomatique : tout un symbole !
Publié le Samedi 4 Juin 2022

Grève au Quai d’Orsay, ce 2 juin ! Le fait est suffisamment rare pour que l’on s’y arrête : il n’y a qu’un seul précédent (en 2003) dans toute l’histoire de ce ministère emblématique. Le malaise du « Quai » ne date pas d’hier, tant l’écart s’est creusé, année après année, entre l’ambition affichée en haut lieu d’une diplomatie universelle et les moyens, en recul constant, mis à la disposition de cette administration jadis si prestigieuse (diplomatie : – 30 % en dix ans ; défense : + 23 % en cinq ans !). Macron aura réussi à faire déborder le vase. L’ironie du sort veut que ce soit le président dont nombre de diplomates attendaient un sursaut en matière de politique étrangère qui assène à ce secteur le coup le plus rude : la suppression, par décret, du corps diplomatique ! Si cette « réforme » voit effectivement le jour, comme prévu, le 1 er janvier 2023, les futurs « conseillers des affaires étrangères » et autres « ministres plénipotentiaires », chargés de représenter la France dans le monde et d’analyser, en retour, les réalités internationales, en transformation perpétuelle – à une époque où les interdépendances impactent tous les domaines de la vie – ne seront plus des professionnels de la diplomatie. Ils seront choisis parmi les « administrateurs de l’État », vaste vivier de hauts fonctionnaires interchangeables : préfets, inspecteurs des finances ou… diplomate à Abidjan, à Bogota ou à Pékin !

Ancien parlementaire européen, j’ai pu, au gré de mes missions internationales, mesurer et apprécier – à de rares exceptions près – les compétences interdisciplinaires, la culture enrichie au fil des expériences successives et l’indispensable motivation à exercer ce métier si particulier, de nos diplomates. Maîtriser l’histoire des peuples, sinon leur langue ; être à l’aise dans les arcanes des relations internationales ; savoir gérer avec doigté des crises délicates ou des rapports de forces complexes, cela ne s’improvise pas. Être consul général à Jérusalem-Est, en charge du suivi des territoires palestiniens occupés et en négociations constantes avec les autorités israéliennes, ne s’apprend pas dans un institut chargé de former des « administrateurs » ! Représenter dignement la France au Brésil ou en Afrique du Sud a peu de choses à voir avec les prérogatives d’un préfet de région ! Siéger au Conseil de sécurité des Nations unies suppose d’autres affinités que d’exercer ses talents – au demeurant utiles, mais d’une tout autre nature – d’inspecteur des finances.

Cette décision, qui risque de faire de la France le seul grand pays sans diplomates professionnels, est tout un symbole : celui d’un déclassement de la diplomatie française au profit d’une illusoire « puissance » militaire ; celui d’un hyperprésidentialisme accordant au chef de l’État le privilège de nommer « ses » représentants à travers le monde ; celui, enfin, d’un mépris pour tout corps intermédiaire, fût-il aussi spécifique et indispensable que le corps diplomatique, les discours flamboyants ou les coups de com médiatiques du Prince tenant lieu de « parole de la France ». Toute notre solidarité aux diplomates en rébellion contre cette régression historique !

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 05:13

Clip officiel de campagne du PCF pour les élections législatives des 12 et 19 juin 2022

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 12:50
Eric Bocquet, Sénateur communiste du Nord lance l'alerte, avec d'autre sénateurs et sénatrices !
Depuis le rachat par General Electric de la branche énergie du groupe Alstom, la multinationale a mis en place un vaste système d’évasion fiscale entre la France, la Suisse et l’état américain du Delaware. Ce sont ainsi 800 millions d’euros de bénéfices qui ont été transférés en direction de ces deux paradis fiscaux.
⚠️« 97 % des profits de General Electric en France se sont envolés vers la Suisse » ⚠️
Pour plus d'informations, suivez Eric Bocquet⬇️
COURRIER AU MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DES FINANCES
General Electric et révélations d’évasion fiscale : une énième révélation, mais quelle réaction ?

Suite aux révélations parues dans la presse sur les pratiques d’optimisation et d’évasion fiscales du groupe General Electric, Eric Bocquet a souhaité interpeller Bruno Le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, pour connaître les suites qu’il compte donner à cette affaire.

Monsieur le Ministre,

De récentes révélations de la presse nous informent des pratiques fiscales de la multinationale américaine General Electric (GE).

Depuis le rachat par GE de la branche énergie du groupe Alstom, la multinationale a mis en place un vaste système d’évasion fiscale entre la France, la Suisse et l’état américain du Delaware. Ce sont ainsi 800 millions d’euros de bénéfices qui ont été transférés en direction de ces deux paradis fiscaux.

General Electric a créé une société à Baden en Suisse qui gérait les responsabilités commerciales. C’est ainsi que, par voie de conséquence, l’usine de Belfort a cessé d’être un « fabricant » pour devenir une simple « unité de fabrication », placée sous les ordres d’une société suisse. Ce tour de passe-passe permet à l’antenne suisse de revendre les turbines au client final afin d’en percevoir les bénéfices. Ce sont ainsi 97% des profits qui ont échappé à l’impôt dans notre pays.

Par ailleurs, cette stratégie d’optimisation fiscale s’appuie sur une autre filiale basée dans le Delaware, un état qui compte 950 000 habitants et 1,2 million de sociétés ! La moitié des entreprises américaines y ont leur siège social.

Les conséquences sont multiples. Le budget de la République perd des centaines de millions, les salariés perdent des parts d’intéressement et enfin les finances locales du territoire sont touchées par la diminution de la Contribution sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) à hauteur de 10 millions d’euros.

Je rappellerai enfin que le bilan de la multinationale américaine est désastreux, 5 000 emplois supprimés depuis 2015, dont 1 400 à l’usine de Belfort.

Monsieur le Ministre, quels contrôles ont été effectués par l’administration fiscale sur ce dossier ? Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre pour mettre fin à ce scandale d’évasion fiscale ? Allez-vous demander des comptes et des explications à cette multinationale ?

Dans l’attente de votre retour, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Éric Bocquet

 

 

 

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1 juin 2022 3 01 /06 /juin /2022 12:38

​Ils étaient entre 150 et 170 personnels du médico-social à être mobilisés contre les exclus de la prime Ségur, à Morlaix (Finistère), ce mardi 31 mai 2022. Symboliquement, ils ont enterré leur secteur devant la permanence électorale de Sandrine Le Feur, députée candidate à sa réélection

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 07:41
Le mardi 31 Mai 2022 est programmée une journée de mobilisation du secteur médico-social.
Dans le Finistère 3 rassemblements sont prévus : Brest - Quimper - Morlaix.
 
Le mardi 31 mai (11 h - Place des Otages à Morlaix), la CGT appelle à un rassemblement des salariés du social et du médico-social pour exiger la revalorisation de leurs métiers, à commencer par le versement à tous de la prime Ségur sans discrimination, et les moyens pour leurs établissements.
Soyons solidaires et soutenons leurs luttes qui sont les nôtres !
Soyons présents, en nombre, à ce rassemblement.

 

 

Soutien des communistes du Pays de Morlaix  à la mobilisation des salariés du social et du médico-social mardi 31 mai à Morlaix.
 
Le PCF Pays de Morlaix apporte son soutien aux salariés du sociale et du médico-social mobilisés pour une revalorisation de leurs métiers, et plus de moyens pour les exercer, et appellent à se joindre à leur rassemblement le mardi 31 mai  place des Otages à Morlaix. 
 

Politiques austéritaires se traduisant par un manque de moyens humains et de financements, dégradation des conditions de travail, absence de reconnaissance des professions du médico-social qui se sentent méprisées, ont provoqué une crise du recrutement jamais vue auparavant.

Ce qui aggrave encore les conditions de fonctionnement des établissements et le manque d’attractivité de ces métiers pourtant d’utilité publique.

Comme à l’hôpital, la situation est préoccupante : personnels épuisés, en arrêt maladie, usagers en difficulté, et ce sont les plus fragiles qui en supportent lourdement les conséquences : enfants, personnes âgées, en situation de handicap…

Rien d’étonnant quand les valeurs humaines doivent céder le pas à des logiques financières !

Comment peut-on tolérer que dans notre pays les 5 plus grandes fortunes aient doublé leur richesse depuis le début de la pandémie, et que dans le même temps des personnes ne puissent avoir l’aide et l’accompagnement indispensables à leur vie ?

Il est urgent de sortir des discours et des effets d’annonce des ministres successifs, et d’engager les moyens humains et financiers indispensables pour la santé, le social, les services publics.

Portons tous ensemble cette exigence !

 

 

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30 mai 2022 1 30 /05 /mai /2022 05:50

 

L’installation du nouveau gouvernement, jusqu’au second tour des élections législatives, manifeste une sorte de continuité contrairement à ce qu’avait laissé entendre M. Macron. Ça, c’était pour se faire élire !

 

Aujourd’hui, on prend l’essentiel des mêmes pour recommencer ou amplifier une gestion libérale et technocratique au service du monde de la finance et des grands groupes industriels. Nos concitoyens sentent plus ou moins confusément qu’il n’y aura aucune rupture. Et que ça ne joue pas en leur faveur. Laisser entendre que nos concitoyens joueront le jeu des institutions en donnant une majorité de députés au Président pour qu’il recule l’âge de la retraite à 65 ans et applique rapidement une super-austérité au nom de « la crise » reviendrait à se laisser enfermer cinq années encore dans une politique ultra-libérale. Une alternative à cette régression sociale et antidémocratique se présente avec les candidats de la coalition de gauche et écologistes. Les candidats de la NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale).

 

Avec la coalition macroniste, la crise démocratique risque de s’amplifier encore, avec tous les risques qu’elle comporte. Cette continuité dans le choix de l’équipe gouvernementale est aussi révélatrice du manque de vision du pouvoir et des forces qui le soutiennent. Et les premières déclarations des ministres - à commencer par la nouvelle hôte de Matignon - le confirment.

 

Or, nous entrons dans une période de fortes turbulences inimaginable au début de la campagne de l’élection présidentielle. Les conséquences mondiales de la pandémie, la guerre que mènent le pouvoir et l’armée russes contre l’Ukraine, les guerres intra-capitalistes avec l’accélération de la concentration des multinationales et du capital nous font entrer dans un monde plus instable et plus violent. Les risques sont sérieux que le monde entre en récession et qu’une famine va s’amplifier.

 

Il ne suffit donc pas d’accoler le mot « souveraineté » à la fin de l’intitulé des ministères de l’Industrie, de l’Économie ou de l’Agriculture pour résoudre les lourds problèmes qui s’avancent. Dans ce contexte, un gouvernement de la France, membre du Conseil de sécurité de l’ONU et septième économie mondiale, doit être capable de traiter les grands enjeux telle que la possible récession mondiale, de s’attaquer nettement aux défis climatiques en le liant aux enjeux de progrès sociaux et démocratiques, d’éviter la marche en avant vers la guerre, de tenir tête aux États-Unis qui, à la faveur de la guerre contre le peuple ukrainien, recommencent à dicter l’agenda des relations internationales pour soumettre l’Union européenne à ses stratégies.

 

Rien de tout cela au programme du « nouveau » gouvernement. La seule préoccupation du Président de la République est de manigancer ses discours pour s’assurer une majorité au Parlement.

 

Un tel contexte renforce encore la nécessité de la mobilisation immédiate pour le vote en faveur des candidats de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. C’est un engagement pour l’amélioration de la vie quotidienne de toutes les familles populaires.

 

Il convient partout par des actes militants, de faire mesurer l’enjeu des élections des députés le 10 juin prochain. Plus que jamais, il est indispensable d’agir pour une nouvelle répartition des richesses et une autre manière de les produire. En effet, faire ses courses aujourd’hui fait toucher du doigt les hausses permanentes des prix qui poussent les familles populaires au bord de la rupture. Les privations s’élargissent à de nouveaux produits en qualité comme en quantité. Le choc est là. Et il est violent. L’épargne populaire va considérablement ralentir et ceux qui en disposent voient sa valeur fondre comme neige au soleil, quand le taux de rémunération d’un livret A est aux alentours de 1% alors que l’inflation monte à 5%. Ceux qui doivent rembourser des crédits les paieront plus cher.

 

Un gouvernement de coalition de la gauche et des écologistes aurait pour tâche immédiate de permettre l’augmentation des salaires et des retraites les plus modestes, comme des prestations sociales. Il aurait également à agir sur les prix en prenant des dispositions drastiques contre les spéculateurs de tout poil qui profitent de la guerre aujourd’hui comme ils ont profité de la pandémie. Personne ne peut décemment soutenir et défendre que les propriétaires capitalistes de l’agro-alimentaire aient vu leur fortune augmenter d’un milliard tous les deux jours, alors que les gens ont du mal à remplir leur caddie.

 

De même, la précarité énergétique augmente alors que les grands groupes de l’énergie pétrolière, gazière et charbonnière (ceux qui polluent le plus) voient leurs profits augmenter de 45%. Voilà une illustration de la lutte des classes.

 

Une augmentation substantielle de la prime de rentrée scolaire est indispensable, de même que le blocage des loyers. En même temps, l'investissement réel et utile pour la transition écologique nécessite la mise en formation de millions de salariés de toutes professions et la création de millions de postes de travail. Un combat devrait être mené pour qu'à l'opposé de la période du Covid, la création de monnaie par la Banque centrale ne serve pas à l’augmentation de la rente des actionnaires et des plus fortunés, mais à l’économie réelle, aux services publics de la santé et de l’éducation.

 

Comment les autorités de l’Union européenne pourront-elles défendre encore longtemps qu’elles aient pu créer un fond commun pour la guerre et qu’elles ne le peuvent pas pour le mieux vivre des familles populaires, pour l’éducation et la santé. La mise en place d’un fonds européen, pour les services publics et la transition environnementale est plus nécessaire que jamais. Le 10 juin, l’enjeu est donc considérable dans chaque circonscription pour construire une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale de laquelle découlerait un vrai nouveau gouvernement, pour de vrais changements au service des classes populaires.

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