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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 15:50
Les communistes finistériens lancent une campagne pour un autre modèle agricole et agro-alimentaire, pour l'encadrement des marges de la grande distribution et pour un revenu décent pour les agriculteurs

Ces premières semaines de septembre, les communistes finistériens font leur "rentrée". (Encore que certaines sections n'ont pas chômé cet été avec par exemple les 3 fêtes du Pays Bigouden, la fête de l'Isole à Scaër, les fêtes de Fouesnant!)

La crise agricole et notamment porcine fait rage et elle est loin d'être terminée. Nos camarades de la CGT du secteur agro-alimentaire pensent même qu'il s'agit d'une vaste opération de restructuration industrielle à l'échelle européenne.

Cette situation touche notre région de plein fouet. En Bretagne 40% des emplois industriels dépendent de l'agro alimentaire.

L’activité de production de viande de boucherie est fortement concentrée en Bretagne, les quatre premières entreprises réalisant 70 % du chiffre d’affaires du secteur.

L’industrie régionale se positionne au premier rang des régions et dégage 30 % du chiffre d’affaires national réalisé par les entreprises françaises de production des viandes de boucherie et des produits d'abattage. En 2010, la Bretagne a produit plus de 132 500 tonnes de gros bovins et plus de 1,3 million de tonnes de porcs.

Autant dire que ce dossier est hyper sensible. Le fédération du PCF Finistère a donc édité un tract à plusieurs milliers d'exemplaires que l'on peut diffuser sans modération en cette fin de semaine.

L'idée est de proposer dans le même temps la vignette de la Fête de l'Huma, à une semaine de l’événement et l'Humanité Dimanche en participant à la vente de masse.

Crise agricole: des solutions justes pour les éleveurs et les consommateurs, c'est possible, c'est maintenant qu'il faut les imposer!

La grande distribution écrase les paysans sans profit pour les consommateurs

1. Avec des prix moyens des fruits et des légumes de plus en plus élevés, la recommandation « Mangez 5 fruits & légumes » est tout à fait inaccessible pour un très grand nombre de familles. 43 % des français en mangent insuffisamment.
2. Pourtant nombreux sont les producteurs qui n'arrivent pas à joindre « les deux bouts. » Les revenus des agriculteurs ont diminué de 25 % ces deux dernières années.
3. Les marges excessives de la grande distribution en sont la principale cause. Les grandes enseignes réalisent des marges de 30 à 50 % sur les produits frais : un kilo de cerises vendue 6 € le kilo rapportent seulement 0,90 € au paysan.
4. Les parlementaires , Députés et Sénateurs du PCF/Front de Gauche ont déposé une proposition de loi permettant l'encadrement des marges de la grande distribution et garantissant
un juste prix aux consommateurs et une juste rémunération aux paysans.

L'argent de nos impôts gave les gros industriels au détriment de leurs salariés et des paysans: l'exemple du Finistère!

« Cessez de gaver à coup de millions d'euros l'agro-industrie exportatrice sans se préoccuper de la qualité du travail (des salariés de l'agro, des éleveurs) et des productions..... Un groupe comme Bigard, rappelait... lors d'une conférence de presse à Pontivy les camarades CGT de l'agro-alimentaire, dont notre ami Michel Le Goff, a pu racheter SOCOPRA et CHARAL ces dernières années grâce à l'exploitation des salariés, l'augmentation de la productivité, les spéculations financières et les opérations fiscales qui spolient la nation, les exonérations de charges sociales et autres CICE, la pression sur les prix d'achats aux éleveurs. Et après, ce même groupe nous dit, car la loi de la jungle capitaliste est bien faite, que le coût du travail
est trop élevé en France, qu'en Allemagne on achète le porc 28 centimes moins cher et en Hollande 38 centimes moins cher. Et on limite ses achats avec la Cooperl de cochons pour faire tomber le prix du Porc, quitte à causer la ruine chez les éleveurs.
»

(Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF du Finistère).

DOUX: « Merci ça va! »

Non la « crise » ce n'est pas pour tout le monde..
Après avoir viré 1000 salariés, touché en 15 ans 1 000 000 000 d'€ d'argent public (oui 1 milliard c'est beaucoup de zéros...) on est aujourd'hui « fortement bénéficiaire » et on peut
vendre ses parts ... Morale: « les pertes pour tous, le profit pour quelques-uns! »

La crise porcine n'est que la dernière manifestation d'une politique au profit des gros industriels et distributeurs

Concentration effrénée des filières de production et de transformation, démantèlement des outils de régulation du marché européen au profit d'une concurrence soit disant libre et non faussée, travailleurs sur exploités dans les abattoirs, dumping social et environnemental, cours du d’achat du porc inférieurs aux coûts de production...Tous les ingrédients de la crise de l’agriculture capitaliste sont réunis.
Le gouvernement s'est installé dans les annonces incantatoires et la réunionite. La droite subitement amnésique tente de faire oublier que c’est elle qui a fait le choix de la non régulation des prix agricoles en France et au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce il y a maintenant 30 ans.
C'est elle aussi qui, du temps de Sarkozy, a inventé la mal nommée Loi de Modernisation Economique qui permet, depuis 2008, à la grande distribution d’étrangler ses fournisseurs.
Parce qu’il faut de vraies réponses pour sortir de la libre concurrence, du dumping social et
rémunérer le travail paysan, le Parti Communiste Français par la voix de ses députés déposera à l'Assemblée Nationale une proposition de loi qui prévoit notamment:
• la tenue d'une Conférence annuelle sur les prix agricoles,
• l'obligation d’indication d’origine des produits alimentaires,
• l encadrement des marges distributeur avec coefficient multiplicateur en seront les
outils.
Pour affronter avec courage l’Europe de la spéculation, la proposition de loi visera notamment à
instaurer des prix indicatifs rémunérateurs et des stocks de sécurité alimentaire.


ON PEUT, ON DOIT FAIRE AUTREMENT!


Les communistes avancent 4 propositions :


1. Produire en quantités suffisantes une alimentation saine et accessible. Face au défi alimentaire, la production agricole doit être soutenue par de nouvelles politiques publiques. L’indépendance alimentaire doit être garantie. La relocalisation des productions doit privilégier la satisfaction des besoins humains.

2. Vivre dignement de son travail. Des paysans justement rémunérés sont la condition d’installation de jeunes.

Cette exigence vaut pour les salariés de l’agroalimentaire. Cela passe par des prix
rémunérateurs garantis, la planification de la production et la régulation des marchés, la production et la répartition des terres agricoles, le soutien public aux exploitations et aux filières les plus fragiles. La redistribution de la valeur ajoutée au bénéfice des producteurs est essentielle.

3. Engager la transition écologique de l’agriculture.
À la culpabilisation d’un secteur empêtré dans le productivisme nous proposons d’en sortir par le haut par :
• la promotion de bonnes pratiques agronomiques, aptes à maintenir durablement des
rendements équilibrés et réalistes;
• la diversification des productions ;
• l'amélioration de la complémentarité entre culture et élevage.
• l'orientation de la recherche agronomique vers ce nouveau développement.

4. Promouvoir un aménagement équilibré des territoires.

Les paysans sont des acteurs économiques et sociaux majeurs des espaces ruraux européens. Le rôle qui est le leur dans l’aménagement des territoires doit être reconnu, soutenu et encouragé par une politique de maintien des services
publics. Les enjeux alimentaires interpellent nos civilisations. Ils appellent un nouveau mode de
développement. C’est le sens de la contribution à l'écriture du projet d’émancipation humaine que vient de formuler le PCF : « La France en commun ». Nous invitons le monde agricole, les salariés, les citoyens, à construire des majorités d'idées et de projets alternatifs sans attendre.
L'occasion nous est donnée lors des élections régionales de porter un autre avenir pour l'agriculture bretonne.

C'est le goinfrage de la grande distribution qu'il faut bloquer !

"L'appel à la bonne conduite commerciale des GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) par le
gouvernement est un emballage vide. Lorsque qu'on est de gauche il faut être courageux!
Dans ses 15 mesures immédiates pour la France, le PCF veut encadrer les marges de la grande distribution ! Un coefficient pourrait être appliqué dès maintenant à tous les produits de base, garantie d'un juste prix pour consommateurs comme pour les paysa
ns".

Extrait du communiqué de Xavier Compain, chef de file du PCF en Bretagne pour les Élections
Régionales

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 10:51
Sébastien Crépel
Vendredi, 28 Août, 2015
L'Humanité

Plus que ses arguments sur la sortie de l’euro, qui est un sujet de débat à gauche, c’est la complaisance de l’intellectuel envers le parti d’extrême droite et sa prétendue démocratisation qui choque, au travers de sa proposition d’un « front » incluant la formation de Marine Le Pen.

Aux prises avec son père qui s’apprête à lui gâcher sa rentrée politique, Marine Le Pen a reçu un renfort inespéré. Un intellectuel respecté, réputé de gauche qui plus est, apporte sa caution à son entreprise de banalisation du Front national en envisageant de l’inclure dans un large « front » avec des forces démocratiques. C’est la surprise de rentrée que lui a offerte l’économiste Jacques Sapir, au détour d’un entretien accordé au Figaro Vox, le 21 août. Des propos qu’il a réitérés, jeudi matin, sur France Inter.

Dans une version longue de l’interview du Figaro uniquement consultable sur son blog, Jacques Sapir, militant anti-euro de longue date, estime que la crise grecque est l’occasion d’une « clarification importante » sur le sujet. Affirmant que le « démantèlement de la zone euro » est la « tâche prioritaire » de l’heure, il prône une « stratégie de large union, y compris avec des forces de droite », qui posera « à terme, la question des relations avec le Front national, ou avec le parti issu de ce dernier ».

Une assez mince définition des « principes républicains »

Plus que ses arguments sur la sortie de l’euro, qui est un sujet de débat à gauche, c’est sa complaisance envers le parti d’extrême droite qui a choqué. « On ne peut plus nier que le FN ait changé », a-t-il déclaré à Libération, le 24 août. La preuve, selon lui : « Dans (le discours officiel du FN), voilà plusieurs années que l’on ne relève aucun caractère raciste ou xénophobe. » La suite est proprement stupéfiante : « Ce parti juge, certes, qu’il faut faire une distinction entre les Français et les autres. (...) C’est une question d’appréciation. »

Le FN et sa « préférence nationale » ainsi normalisés, restait à donner un brevet de respectabilité républicaine au FN. C’est chose faite dans un autre entretien accordé au très conservateur magazine Causeur. La consultation des adhérents du FN sur le sort de Jean-Marie Le Pen suffit à Jacques Sapir pour affirmer que des « principes républicains et démocratiques sont à l’œuvre en son sein ». Dès lors, poursuit-il, la « question est de savoir s’il intégrera assez de principes républicains pour que l’on admette que des relations, mêmes distantes, avec lui sont possibles ». Comme on le voit, la définition des « principes républicains » pour Jacques Sapir est assez mince. Le droit du sol et l’abolition de la peine de mort, deux fondamentaux honnis du FN, n’en font pas partie : « Le droit du sol a déjà été amendé (ce que je n’approuve pas) et la peine de mort existe dans de nombreux pays », répond-il à un de ses contradicteurs sur Twitter. Mais la gauche, elle, est sommée de renoncer au « sectarisme, (aux) procès d’intention et (aux) anathèmes », explique-t-il encore au Figaro Vox. Soit, à peu de mots près, la rhétorique de victimisation utilisée par la direction du FN…

Pourtant, Jacques Sapir ne peut ignorer que c’est cette même Marine Le Pen qui a fait de son père, en 2011, le « président d’honneur » (sic) du FN pour « l’ensemble de son œuvre », comme le rappelle le spécialiste de l’extrême droite, Jean-Yves Camus, dans le Monde du 22 août. Ni que « le fond (des) amitiés et (les) réseaux (de Marine Le Pen) n’ont rien à envier à (ceux de) son père en termes d’idéologie », et qui font que « le FN n’est pas devenu un parti comme un autre », selon Sylvain Crépon, un autre spécialiste et universitaire.

C’est bien, au fond, ce qui attise la critique d’Éric Coquerel : « Toute alliance avec le FN serait une aberration. Leur nation n’est pas la nôtre », rappelle le coordinateur du Parti de gauche (PG) sur Twitter. Et de développer, dans Libération du 25 août : le FN « vise les immigrés plutôt que la finance ». On pourrait aussi rappeler ce qu’en disait, le 12 mars 2013, l’ex-responsable du PG François Delapierre, décédé en juin : « Le FN est un parti ethniciste. (…) Pour nous, à l’inverse, la France n’est pas une nation ethnique. Le peuple français est un peuple politique. Ceux qui le composent sont venus de partout. »

Jacques Sapir ne dit rien de ces antagonismes. Ni de la négation de la lutte des classes par le FN à la base de sa vision corporatiste de la société, que traduisent ses positions antisociales sur les syndicats, les fonctionnaires, les déficits publics, les impôts, le droit du travail. Cette question de la division de la société en classes qui transcende les divisions nationales est complètement négligée par Jacques Sapir, comme si son objectif de sortie de l’euro avait pris le pas sur tout authentique projet internationaliste dont le FN est un adversaire enragé. « Les masques sont tombés, considère Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Sapir sert la soupe à un parti qui se nourrit du chaos en Europe mais qui ne souhaite surtout pas que des solutions soient apportées. Marine Le Pen est du côté de ceux qui maintiennent les verrous que nous voulons faire sauter. » Et le dirigeant communiste de rappeler que « pas une seule fois, on n’a vu le FN aux côtés du peuple grec et des migrants », au centre, cet été, des deux grandes crises de la construction européenne.

Faute inexcusable et leurre complet

Jacques Sapir pousse la provocation jusqu’à invoquer pour son « front » l’exemple du Conseil national de la Résistance (CNR), qui rassemblait « des communistes aux militants de l’Action française » (AF). À cela près que le CNR – dans lequel l’AF, ralliée à Pétain, n’a jamais siégé, à la différence du PCF – unissait des sensibilités politiques diverses dont étaient précisément exclus les ancêtres idéologiques du FN, dans un but commun : chasser le fascisme, et appliquer un important programme démocratique, économique et social approuvé par ses composantes.

C’est toute la différence avec la focalisation unique sur la « sortie de l’euro », qui n’est pas en soi un projet politique de progrès. Non seulement elle n’en est pas une garantie, mais elle peut être la première pierre de son exact contraire. Jacques Sapir lui-même l’admet, en reconnaissant que « des politiques néfastes pour les économies peuvent être mises en œuvre hors de l’euro ». C’est précisément ce qui interdit tout « front » commun avec le FN, qui ne se distingue en rien des programmes d’austérité européens, allant jusqu’à reprendre dans son programme « l’obligation d’un déficit structurel égal à zéro ».

Du point de vue même d’un partisan de la sortie de l’euro comme Frédéric Lordon, qui cloue au pilori les « invraisemblables alliances avec l’extrême droite » de Jacques Sapir, ce dernier dessert en fait la cause qu’il prétend servir. Pour l’Économiste atterré, non seulement la « faute » de Sapir est « inexcusable », mais elle est un leurre complet : le FN est « aussi ce par quoi l’euro se maintient », par le rôle d’épouvantail qu’il joue pour « le parti eurolibéral »… Dans ce contexte, le « front » proposé par Sapir ne peut qu’alimenter l’entreprise de discrédit qui consiste, pour les tenants de l’Europe actuelle, à tirer un trait d’égalité entre FN et Front de gauche.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 06:22

A La Rochelle, Valls et ce qui reste du PS se muent en parti démocrate

Deux mois après le congrès de Poitiers, le parti socialiste continue son évolution vers le centrisme. Assumant une rupture stratégique définitive avec les partis de gauche, le premier ministre a tracé lors de son discours de clôture les contours d’un « rassemblement des progressistes ».

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 05:38

La scandaleuse censure opérée par les médias " aux ordres " tout ce week-end pour freiner l'élan donné par le PCF au rassemblement le plus large possible dans la lutte contre l'austérité et pour un vrai changement sera une fois de plus vaincue par la combativité et l'intelligence de ses militants et de ses amis .

https://www.youtube.com/watch?v=KcctdfDiiTQ

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 07:53

Le maire de Motreff, José Le Guélaff, était candidat aux départementales en 2015 sur une liste Front de Gauche-NPA avec Marie-Pierre Coant, Mathieu Guillemot, Noëlle Péoc'h. Ils avaient réalisé le très bon score de 16,8%

Aujourd'hui, il continue à incarner une résistance du Centre-Bretagne au néo-libéralisme et au règne sans partage de la finance en Europe et dans le monde en accueillant un débat sur les dangers et le contenu présumé du Traité Grand Marché Transatlantique le mercredi 16 septembre à 18h.

Venez nombreux! Ensemble, résistons contre le coup de force contre la démocratie, le droit social et environnemental que constitue TAFTA.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 06:16

"Une digue a sauté", estime Jean-Pierre Denis, le directeur de La Vie, l'hebdomadaire catholique progressiste et humaniste. Le diocèse de Fréjus-Toulon invite aujourd'hui Marion Maréchal Le Pen aux Universités d'été de Sainte-Beaume. La candidate aux élections régionales du FN dans la région PACA s'exprimait dans une tribune "Politique et médias".

Une décision que le père Louis-Marie Guitton, un des organisateurs justifie par l'évolution du paysage politique dans le Var. "Le paysage politique est ce qu'il est ici. Un tiers des électeurs votent maintenant pour le Front national", explique le responsable de l'Observatoire socio-politique du diocèse (OSP), organisateur de l'événement, avant de trancher: "Cette année, il nous a semblé difficilement justifiable de ne pas l'inviter."

D'autant que Marion Maréchal est catholique, qu'elle a participé à la "Manif pour tous" contre le droit au mariage pour les homosexuels.

Travail, Famille, Patrie, il fut un temps où l'Eglise de France et le Vatican étaient très proches de la révolution réactionnaire, anti-juive, anti-communiste, anti-francs-maçons, du régime de Vichy.

On pensait ces temps révolus, et c'est le cas pour ce qui concerne le pape François, peut-être un des chefs d'Etat mondiaux qui porte la parole la plus progressiste actuellement (c'est dire s'il y a peu de chefs d'Etat positionnés sur le terrain de l'égalité, de l'humanisme et de paix), et la majorité sans doute des évêques et des prêtres de France, inspirés par la réforme humaniste de Vatican II, mais il est très certainement des pans importants et montants de l'église, inspirés par l'Opus Dei, les communautés les plus traditionalistes, qui rêvent à travers l'ascension de l'extrême-droite d'une nouvelle alliance de la "fille année de l'église" avec le Catholicisme le plus traditionaliste, rêve mêlé d'une forme de paranoïa face au métissage et à "l'islamisation" de la France.

Car l'argument du "ils pèsent 30%, on ne peut pas ne pas les inviter à débattre" ne tient pas. L'église n'est pas un organe de presse qui en démocratie doit donner la parole à tous les partis autorisés à présenter des candidats aux élections. Normalement, elle porte des valeurs qui ne relèvent pas simplement de l'ordre moral, de la tradition, mais aussi de la solidarité universelle, de l'amour: inviter une des étoiles montantes d'un parti xénophobe, qui a osé se réjouir des naufrages de migrants en Méditerranée en disant que c'était autant de "racailles de moins" dans nos banlieues, au moment où des milliers de réfugiés politiques gagnant l'Europe sont en train de mourir victime de la politique de répression et de refoulement de l'immigration de l'Europe, n'est en rien anodin. Ce n'est peut-être pas le cautionner, mais c'est le normaliser, le banaliser, ce que, en dehors des intégristes sympathisants de l'extrême-droite, l'église officielle s'était toujours refusé à faire en France.

Souhaitons que les hommes de foi s'indignent de cette rupture et qu'elle ne crée pas une nouvelle acceptation par les institutions chrétiennes des partis xénophobes héritiers du fascisme.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 06:12

Israël et territoires occupés : le désengagement de Veolia, une vraie victoire

http://www.france-palestine.org/Israel-et-territoires-occupes-le-desengagement-de-Veolia-une-vraie-victoire

La nouvelle est confirmée : Transdev, filiale de Veolia environnement et de la Caisse des dépôts, vient de céder toutes ses participations dans le tramway de Jérusalem à des investisseurs israéliens, qu’il s’agisse de sa participation de 5% dans le consortium propriétaire des équipements ou de l’opérateur du tramway, Connex Jérusalem, dont elle était actionnaire à 100%. Ainsi se concrétise le désengagement annoncé de Veolia du marché israélien et des territoires occupés. Il n’y a plus désormais aucune participation française dans cette infrastructure coloniale puisqu’Alstom avait lui-même dû revendre ses 20% de participation dans Citypass en août 2013 à des investisseurs israéliens. C’est un signe significatif de l’isolement international d’Israël auquel conduit la colonisation.

L’AFPS a chèrement payé le combat politique et judiciaire mené depuis 2007 aux côtés de l’OLP contre la participation de Veolia à la colonisation, en particulier avec sa participation au tramway colonial de Jérusalem. Elle apprécie d’autant plus la portée de ce retrait qui constitue une vraie victoire pour l’ensemble du mouvement international Boycott Désinvestissement Sanctions et pour tous ceux, à travers le monde, qui défendent le droit international.

Nous constatons qu’il n’a pas été simple pour Veolia de mener à terme son projet de désengagement de l’ensemble de ses activités du marché israélien. Ce retrait risque de s’avérer fort coûteux pour l’entreprise qui avait fait un bien mauvais choix en investissant dans un projet qui violait le droit international. On l’a vu aussi tout récemment avec Orange, le désengagement, fût-il pour une simple licence de marque, a toujours un coût.

Les entreprises françaises doivent en tirer toutes les leçons. Investir en effet sur un marché où sont massivement violés droits de l’homme et droit international comporte des risques graves tant du point de vue juridique qu’en terme d’image et de communication. Le gouvernement français doit faire passer avec plus de force un message clair aux entreprises : tout investissement qui participe, même indirectement, à la colonisation viole le droit international et les conventions de Genève et doit être proscrit.

Israël et territoires occupées: le déménagement de Véolia, une vraie victoire (communiqué AFPS)
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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 11:31

Un fort courant travaille EELV pour se démarquer de la ligne néo-libérale- sécuritaire du gouvernement VALLS-HOLLANDE qui n'a rien fait de sérieux pour l'écologie depuis des années, et pour chercher à construire des alliances contre l'austérité, sur le modèle de la coalition Syrisa, et avec le Front de Gauche notamment, plusieurs alliances étant sur le point d'être conclues dans des régions en vue des régionales de décembre prochain...

C'est un réel espoir pour les électeurs et les militants de gauche qui n'en peuvent plus de l'arrogance et du caractère réactionnaire de la politique de Hollande, Valls et Macron.

Celui de s'unir dans la gauche de gauche pour tenter de passer devant le PS aux Régionales par endroit, et peut-être aussi, rêvons un peu, devant le PS aux Présidentielles, avec bien sûr un risque réel aussi que le FN accède au second tour, risque qui existe de toute façon quoiqu'il arrive, du fait des conséquences catastrophiques et du caractère anti-démocratique de la politique de François Hollande, qui a trahi dans les grandes largeurs ses promesses faites à l'électorat populaire en 2012.

Celui de se rassembler à la gauche du PS au moins pour contester l'hégémonie du PS sur la gauche, parti qui comporte un certain nombre de militants aux idées de gauche mais aussi des dirigeants qui mènent sans état d'âme une politique de droite, et une politique de classe au service du capital.

Mais tout le monde ne l'entend pas de cette oreille à EELV... Jean-Vincent Placé et François de Rugy, les ci-devants députés irremplaçables qui ne doivent soi-disant rien à leur parti pour leur élection, mais en réalité tout au PS qui leur a laissé la place en 2012, ont décidé de franchir le Rubicon en affichant clairement leur raison:

- Se battre contre la politique de Hollande et de Valls en tentant l'association avec le Front de Gauche pour combattre la politique des austéritaires et des socio-libéraux, c'est être "gauchiste".

- Si la gauche doit conserver et conquérir le pouvoir, c'est forcément derrière le PS et ses dirigeants qui ne rendent plus aucun compte à leur parti et mènent une politiquement diamétralement opposée à ce qu'est la nature du socialisme.

- Il fait plus chaud du côté de la force. Etre réaliste, c'est être du bon côté du manche. Les autres sont des rêveurs, nous on sait pourquoi on fait de la politique, c'est pour en bouffer.

- Si on quitte EELV et milite pour que les écologistes fassent d'Hollande leur candidat de 1er tour aux prochaines présidentielles, il y a des bonnes places à prendre: un petit accessit ministériel, plus de probabilité d'être réélu en 2017 à l'ombre du PS qui saura se montrer reconnaissant.

Et voilà nos deux petits toutous qui rejoignent la niche socialiste... Bon débarras, penseront certains. Cela donnera peut-être encore plus de force à l'intérieur des Verts à ceux qui veulent s'allier au Front de Gauche.

Et pendant ce temps, Emmanuel Macron, l'Ange de la désolation pour les travailleurs, l'homme au beau sourire de tueur pour les gens de peu, celui que l'on façonne dans les belles écoles de l'élite bourgeoise, trouve lui que le PS, c'est encore trop à gauche, démodé et passéiste, et décide de passer sa fin de vacances avec ses vrais amis à l'Université d'été du Medef, chez les grands patrons, ces Français propres sur eux et souvent un peu sales à l'intérieur qui, comme Macron en a tracé le programme, n'ont pas eu même besoin de rêver de devenir millionnaires adolescents, car ils l'étaient déjà dans la plupart des cas. Le maquereau Gattaz a été satisfait de la danse du ventre de son petit gardon mignon aux reflets d'argent: des allègements de charges, des crédits d'impôt il pleuvra, les salariés l'auront dans le cul en se découvrant bientôt trop payés, trop protégés, dans les beaux discours du ministre de l'économie et de la finance, sur les manchettes des journaux et de BFM TV, et surtout, surtout, on ne s'attaquera pas à vos niches ni à vos paradis fiscaux. La faute au coût du travail, pas du capital... J'ai bien retenu la leçon, chefs ! J'espère qu'après la banque Rotschild et la bande à Manuel Valls, il restera un peu de place pour moi au paradis des égoïstes sans scrupule aux cols amidonnés.

Et pendant ce temps là cet été, des centaines de milliers de français ont crevé la dalle, n'ont pas eu les moyens de partir en vacances, ont galéré au chômage ou dans des emplois dévalués par les conditions de travail, victimes de la précarité ou de l'hyper-exploitation. Le dégoût monte, la colère gronde, pas forcément annonciatrice de bonnes nouvelles ou ruptures progressistes.

Mais tout va très bien, Madame la Marquise, ces beaux messieurs bien à l'aise dans leur beau linge pensent à leur ventre...

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28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 06:21
Elias Duparc: soutenir Syrisa pour un gouvernement Tsipras de résistance (L'Humanité)

http://blogs.mediapart.fr/blog/elias-duparc/260815/soutenir-syriza-pour-un-nouveau-gouvernement-tsipras-de-resistance

Soutenir Syriza pour un nouveau gouvernement Tsipras de résistance

26 AOÛT 2015 | PAR ELIAS DUPARC

La signature d’un mémorandum par le gouvernement grec de gauche radicale suscite une considérable vague de débats dans toutes les composantes de la gauche européenne. Partout, l’expérience Syriza ouvre les yeux et les bouches sur les combats à mener pour les forces de transformation sociale : que faire ? En Grèce, risquant un vote de défiance à la Vouli, Alexis Tsipras a démissionné pour laisser son peuple trancher à nouveau et tenter de remporter une majorité solidifiée. Syriza entend gagner un soutien populaire majoritaire pour former un gouvernement de résistance à l'austérité malgré le cadre mémorandaire. Dans la foulée, la « plateforme de gauche » a quitté Syriza pour former un nouveau parti, « Unité populaire », qui préconise une sortie de l’euro alors même que nombre de dirigeants allemands et européens continuent de chercher le Grexit.

Chacun a pris conscience de la lourde défaite que les institutions et les gouvernements européens, menés par l’Allemagne, ont infligé au gouvernement grec de gauche radicale et donc au peuple grec martyrisé par l’austérité depuis 2010. Aux termes de l’accord du 13 juillet, trente cinq mesures, dont une grande majorité de mesures ultralibérales et récessives contraires au programme de Syriza, devront être implémentées par le nouveau gouvernement quel qu’il soit[1]. L’espoir de transformer l’Europe, l’euro, d’enfin mener une politique en faveur des salariés et des classes populaires s’est heurté au mur du capital. Mais cette nouvelle donne est contradictoire. À l’inverse de ce que prétendent certains anciens soutiens devenus en quelques jours dénonciateurs impitoyables, le gouvernement Tsipras a également remporté des victoires notables.

Des victoires dans la défaite

Le combat de six mois pendant lesquels les dirigeants grecs ont utilisé tous les moyens possibles et imaginables pour sortir de l’austérité a d’abord mis en lumière le fonctionnement totalitaire de la zone euro. Qui, aujourd’hui, peut encore vendre le « rêve européen » que la droite et la social-démocratie tentaient encore de nous fourguer il y a quelques mois ? Moscovici, qui vante dans son blog les mesures austéritaires au nom de la modernité ? C’est toute la patiente construction idéologico-institutionnelle des libéraux et des milieux d’affaire qui est balayée. Cinquante années de propagande sur « l’Europe de la paix », de la démocratie ou de « l’économie sociale de marché » sont parties en fumée. Au lendemain du 13 juillet, l’Europe des puissances d’argent est apparue pour ce qu’elle est : un monstre technocratique au service des seuls intérêts des conservateurs, de la finance et de l’Allemagne. Les efforts de la diplomatie allemande pour faire oublier que l’Union européenne sert principalement les intérêts du capital allemand sont aujourd’hui ruinés.

Contraint d’accepter, au terme d’un chantage inouï mené par des gouvernements conservateurs coalisés, un plan dont une large part avait été refusée par référendum quelques jours plus tôt, le gouvernement grec a apporté la démonstration que le néolibéralisme n’est plus compatible avec la démocratie[2]. Alexis Tsipras a tout fait pour mettre transparence et démocratie au centre du jeu : quel autre chef d’Etat européen a saisi le Parlement européen, injectant de la politique à haute dose dans la seule instance un tant soit peu démocratique de l’Union ?

Ces victoires idéologiques sont à mettre au crédit du combat du peuple grec, comme d’ailleurs la reconnaissance désormais quasiment universelle que les politiques d’austérité sont inefficaces et destructrices. Les droites européennes (et les sociaux-démocrates) auront, à l’avenir, encore plus de peine à entonner leur éternel refrain des « indispensables économies budgétaires ». C’est du reste la raison pour laquelle l’ex-premier ministre réclame l'implication du Parlement européen dans le contrôle de la mise en œuvre de l'accord[3]. Il veut que chaque force politique, dans chaque pays, soit contrainte de se positionner et d’évaluer les politiques d'austérité qui, sans doute aucun, feront à nouveau la preuve de leur nocivité à tous les plans. La lutte contre l’austérité doit continuer, pour les Grecs comme pour les Français et tous les européens. C’est ce qui peut et doit nous rassembler dans la durée.

Grâce au surgissement du gouvernement Syriza et du vent démocratique qu’il a porté, une rupture idéologique au sein même des forces dominantes a été mise en lumière : entre grexit et « irréversibilité de l’euro », le capital et ses représentants hésitent. Et s’il est douloureux de concéder que ce sont Syriza et Alexis Tsipras qui, quoiqu’ayant remporté une victoire historique sur un programme de fin de l’austérité et des memoranda, vont devoir être ceux qui mettent en place un troisième plan cruel, il faut souligner la défaite symétrique du docteur Schaüble. Celui qui a tant affirmé qu’il n’y aurait ni nouveau plan d’aide ni « haircut » ni maintien de la Grèce dans l’euro a dû faire passer dans son pays un plan d’aide de près de 90 milliards sur trois ans avec un futur volet de restructuration partielle de la dette, mangeant son chapeau devant une droite allemande elle-même divisée et une social-démocratie de plus en plus déconsidérée.

Enfin, le gouvernement d’Alexis Tsipras a remporté début août une « victoire dans la défaite » importante et étrangement passée sous silence : un allègement du cadre austéritaire qui enserre le pays. En effet, alors que les exigences annuelles d’excédents budgétaires étaient fixés à 1% du PIB pour 2015 et 2% pour 2016 dans l’accord du 13 juillet, ils seront finalement respectivement de 0,25 et de 0,5%. Avec le déblocage de 83 milliards d’euros de fonds européens (dont une grande partie retournera toutefois aux créanciers), des marges de manœuvre existent pour relancer l’appareil productif grec détruit.

Ces premiers gains sont certes maigres au vu la situation de la Grèce et de l’ampleur de la défaite dans le combat contre l’austérité. Mais ils ne sont pas négligeables après six petits mois de gouvernement pour la gauche radicale. Comme le dit Tsipras lui-même, « Si quelqu’un a le sentiment que la lutte des classes est une évolution linéaire et se remporte en une élection et que ce n’est pas un combat constant, qu’on soit au gouvernement ou dans l’opposition, qu’il vienne nous l’expliquer et qu’il nous donne des exemples ». De fait, partout et à toute époque, il a fallu au mouvement ouvrier des années de lutte héroïque pour arracher des victoires. Et c’est bien à la lumière de l’expérience du mouvement révolutionnaire qu’apparaît la nécessité de soutenir Syriza pour un gouvernement Tsipras de résistance.

On n’abandonne pas ses alliés dans la défaite !

L’un des apports les plus essentiels de l’expérience Syriza, et qui montre du reste qu’elle est strictement hétérogène à la social-démocratie, c’est le constat maintes fois réitéré que le gouvernement seul n’est pas à même de transformer les choses. Tsipras : « Nous savons que gagner les élections ne signifie pas, du jour au lendemain, disposer des leviers du pouvoir. C’est un combat constant. Mener le combat au niveau gouvernemental ne suffit pas. Il faut le mener, aussi, sur le terrain social ».

Loin de se situer sur cette position de nécessaires luttes sociales de la base au sommet, l’alternative que veulent incarner les scissionnistes d’« Unité populaire » constitue un déni de la réalité des rapports de force et des enjeux de pouvoir. S’il apparaît comme séduisant et intellectuellement facile de prôner la rupture avec l’euro et l’Europe, ce refus d’une lutte globale de longue haleine pour promettre des gains immédiats et des solutions miracles par décrets gouvernementaux n’a rien de nouveau dans le mouvement ouvrier, et surtout rien de révolutionnaire[4]. Or, comment nier que la transformation de la société ne peut s’opérer que dans la durée, dans la lutte, avec de nécessaires défaites transitoires entraînant des compromis douloureux[5] ? Si l’épisode de Brest-Litovsk est volontiers utilisé par Syriza pour illustrer le « dilemme coercitif » devant lequel son gouvernement était placé[6], l’exemple du Chili d’Allende est également pertinent. Après six mois de gouvernement socialiste, a-t-on vu en 1971 les composantes les plus à gauche de la coalition partir avec armes et bagages et accuser le président chilien de « trahison » parce qu’il n’avait pas pu mettre en œuvre son programme socialiste à cause du feu nourri de la droite chilienne et des Etats-Unis ? A-t-on entendu les communistes chiliens repeindre le président en « capitulard » lorsqu’il a dû ouvrir son gouvernement aux militaires en 1973 tant la pression putschiste était forte ? On n’abandonne pas la guerre sous prétexte que le mouvement a perdu une bataille, fût-elle importante ! C’est pourtant exactement ce que font les scissionnistes de la plateforme de gauche (qui cherchaient de toutes les façons depuis le début l’occasion de faire sécession, comme l’a affirmé le secrétaire général de Syriza démissionnaire, Tassos Koronakis). De la même façon, il est inconcevable d’abandonner ses alliés parce qu’ils ont un genou à terre. C’est pourtant exactement ce que font ceux qui, en France, retirent leur soutien à Syriza pour applaudir l’ex-plateforme de gauche.

En cela, le mouvement opéré par « Unité populaire » est conforme à la mission historique du courant trotskyste, cette instance de division de la gauche de transformation sociale vouée à permettre à la droite de reprendre le pouvoir. Si le gouvernement d’Alexis Tsipras a temporairement échoué, ce n’est pas parce qu’il a refusé des alternatives, qu’il a « trahi » ou qu’il s’est rendu à la raison de ses adversaires, c’est du fait d’un rapport de force européen éminemment défavorable, d’une isolation internationale complète. « La vérité est qu'on ne peut pas choisir la forme de guerre qu'on veut, à moins d'avoir d'emblée une supériorité écrasante sur l'ennemi, et on sait ce qu'a coûté en pertes humaines l'obstination des états-majors à ne pas vouloir recon­naître que la guerre de position était « imposée » par les rapports généraux des forces qui s'affrontaient », écrit Antonio Gramsci[8]. Face à la puissance de l’Europe libérale, quelle autre guerre choisir qu’une guerre de position ? L’objectif qui doit être le notre n’est donc pas le repli hors de la lutte européenne (consacrant alors Schaüble seul maître à bord avec ses alliés populistes comme sociaux-démocrates) mais bien l’intensification de la lutte internationale et aussi pays par pays contre l’austérité et l’autoritarisme pour pousser le rapport de force à notre avantage. Hausser nos ambitions et l’intensité de la lutte pour rompre avec l’Europe merkelienne, voilà le programme de la gauche radicale européenne après le 13 juillet. C’est d’autant plus indispensable que, pour la première fois depuis des décennies, de sérieux espoirs existent.

Car quel est le bilan de ces douze derniers mois pour la gauche de la gauche européenne ? Une percée anti-austéritaire en Écosse avec le SNP ; un mouvement de masse en Irlande contre la privatisation de l'eau avec le Sinn Fein désormais tout proche d’une victoire historique ; le premier gouvernement de gauche radicale élu en Grèce ; des maires de gauche anti-austérité à Madrid, Barcelone et Dublin, Belfast, Cork et un parlement régional animé par Die Linke en Thuringe ; une vague sans précédent de grève en Allemagne, avec déjà deux fois plus de jours de grève en 2015 qu'en 2014 ; la montée d'une gauche radicale unie en Slovénie qui arrive en tête de certains sondages cet été ; le développement d'un mouvement de masse pour la victoire d'un candidat socialiste à la tête du Labour (Jeremy Corbyn) en passe de l'emporter… Dans ce contexte de dynamique internationale, les progressistes doivent faire bloc avec Syriza pour qu’ils reconstruisent une majorité dans laquelle ils pourront être à l’avant-garde du combat européen qui commence.

Réélire un gouvernement de lutte

Pourquoi renouveler notre soutien à Syriza et à Alexis Tsipras après la signature du troisième mémorandum ? Parce qu’ils lutteront pied à pied contre l’austérité dans le cadre économique contraint où la Grèce est placée depuis 2010. Ils réaliseront des réformes fondamentales contre l’oligarchie grecque comme la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale et la mise à contribution des grands médias privés via la vente des fréquences. Ils prendront des mesures sociales compensatoires en direction des classes populaires tout en continuant le combat européen contre l’accord. Obtenir des concessions des créanciers est possible : c’est déjà le cas sur le montant des surplus budgétaires annuels, ce le sera aussi sur le reprofilage de la dette.

A l’inverse, « l’alternative de gauche » par la sortie de l’euro et la dévaluation de la nouvelle drachme entraînera l’appauvrissement du peuple grec du fait de la super-austérité dont elle est synonyme[9] et de l’approfondissement de l’instabilité économique qui détruit chaque jour l’activité. Transformer la société et mener des politiques de rupture ne doit pas conduire la gauche à renoncer à sa vocation centrale de protéger les populations de la violence du capitalisme. Les Grecs n’aspirent pas à s’appauvrir mais à retrouver leur dignité. Cela passe non pas par le jusqu’au-boutisme suicidaire face à des ennemis trop puissants mais, dans ce contexte de crise économique extrême, par des investissements, du pouvoir d’achat, de la relance de l’activité, etc. C’est aussi cette stabilisation qui peut permettre le redéploiement des luttes sociales de la base au sommet. Seuls 20% des grecs souhaitent que soit envisagé un plan de retour à la drachme. L’enjeu n’est pas d’aller à toute force à la rupture, mais d’amener la majorité du peuple au combat contre l’austérité. Comme l’écrit Lénine, « Toute la tâche des communistes est de savoir convaincre les retardataires, de savoir travailler parmi eux et non de se séparer d'eux par des mots d'ordre "de gauche" d'une puérile invention ».

La place des progressistes français et, parmi eux, des communistes, est bel est bien aux côtés de Syriza, dont le PCF est l’allié véritable. Soutenir nos camarades grecs en lutte, c’est l’inverse de renoncer au combat, c’est accepter de s’inscrire dans une bataille âpre, longue, ingrate, comme les communistes en ont mené des dizaines dans leur histoire. C’est prendre la bonne mesure des rapports de force, en Europe comme en Grèce, et choisir nos combats en conséquence (« Vous êtes tenus de surveiller d'un œil lucide l'état réel de conscience et de préparation de la classe tout entière (et pas seulement de son avant-garde communiste), de la masse travailleuse tout entière (et pas seulement de ses éléments avancés) », écrit encore Lénine). C’est empêcher que le premier gouvernement de la gauche radicale élu dans la zone euro[10] soit contraint de rendre le pouvoir à la droite au bout de six mois. C’est refuser les facilités que proposent de conserve les mauvais prophètes de la sortie de l’euro et les capitulards sociaux-démocrates apôtres de l’austérité. C’est ne pas être illusionné par les solutions miracles brandies par de prétendus dépositaires de « l’unité populaire » dont la tâche est au contraire à l’évidence de diviser le peuple et la gauche. C’est, pour reprendre les mots d’Alexis Tsipras, emprunter, avec les grecs, « une voie très accidentée faite de combats constants et de revendications, afin de réussir le mieux possible pour les intérêts du peuple ». En avant !

[1] Il s’agit toutefois en plusieurs points d’un programme « moins désastreux » que ceux entérinés par les gouvernements droite-PASOK : libellé en droit européen et non en droit anglais, il comprend, au milieu de mesures globalement destructrices, quelques points positifs pour les populations (pas de privatisation de l’opérateur de distribution d’électricité, pas de rétablissement des franchises médicales de 5€ pour toute consultation hospitalière supprimées par le gouvernement Tsipras, des objectifs d’excédents primaires fortement modérés…). Lire
http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-le-retour-a-la-realite-des-creanciers-497630.html

[2] Au même moment, le passage en force de la loi Macron au parlement français en fournissait une autre illustration.

[3] Lire http://www.humanite.fr/sia-anagnostopoulou-en-grece-et-en-europe-nous-sommes-plutot-au-debut-de-la-lutte-qua-la-fin-581992

[4] A ce titre, il est piquant de noter que la « solution » de la sortie de l’euro s’inscrit typiquement dans le cadre social-démocrate : il s’agit d’une décision de sommet excluant l’intervention des travailleurs et ne reposant sur aucun enjeu de lutte sociale spécifique. C’est du reste pourquoi elle est prônée par des économistes essentiellement non-marxistes, du social-chauvin Jacques Sapir au « spinoziste » Frédéric Lordon. Lire un point-de-vue marxiste sur le sujet : http://www.humanite.fr/grece-europe-pour-un-vrai-plan-b-580326

Soulignons d'ailleurs que jamais, durant la campagne précédant le référendum du 5 juillet, aucun responsable du gouvernement ou de Syriza, ni de la majorité ni de la plateforme de gauche, n'a affirmé que le « Non » signifiait un « non à l'euro ». Parler de « front du OXI » pour qualifier le parti des scissionistes est une imposture pure et simple.

[5] Le tort de Syriza est-il, alors, d’avoir promis sans détour avant l’élection « la fin de l’austérité » et l’arrêt des mémorandums, sous-estimant ainsi la violence des adversaires et le caractère profondément défavorable des rapports de force, induisant même l’idée que l’accès aux responsabilités permettrait la modification rapide du cadre des politiques économiques ?

[6] Alexis Tsipras : « Vous savez, le compromis est un élément de la réalité politique et un élément de la tactique révolutionnaire. Lénine est le premier à parler de compromis dans son livre La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme ») et il y consacre plusieurs pages pour expliquer que les compromis font partie des tactiques révolutionnaires. Il prend dans un passage l’exemple d’un bandit pointant sur vous son arme en vous demandant soit votre argent, soit votre vie. Qu’est censé faire un révolutionnaire ? Lui donner sa vie ? Non, il doit lui donner l’argent, afin de revendiquer le droit de vivre et de continuer la lutte. Nous nous sommes retrouvés devant un dilemme coercitif. Ce chantage est cynisme : soit le compromis – dur et douloureux – soit la catastrophe économique – gérable pour l’Europe, pas au niveau politique, mais économiquement parlant – qui pour la Grèce et la gauche grecque aurait été insurmontable. » Entretien à la radio Sto Kokkino, 29 juillet 2015.http://www.humanite.fr/alexis-tsipras-le-peuple-grec-tente-de-sechapper-de-la-prison-de-lausterite-rattrape-il-ete-place

Lire aussihttps://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-03c7.htm

[8] A lire ici :https://www.marxists.org/francais/gramsci/works/1933/machiavel10.htm

[9] Lire, en espagnol, l’analyse d’Alberto Garzon (Izquierda Unida) sur le sujet : http://larepublica.es/2015/08/22/alberto-garzon-habia-alternativas-a-lo-que-ha-hecho-syriza-en-grecia/

[10] En réalité le deuxième : les communistes d’AKEL ont dirigé Chypre durant la période 2008-2013, subissant d’ailleurs un coup d’état financier de la part de la BCE et de l’Eurogroupe encore plus violent que celui mené contre les Grecs.

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 10:53
S'occuper des vieux, c'est se préoccuper de l'avenir de chacun: pour un droit d'alerte, appel de Jean Dréan à créer enfin des conditions d'accompagnement dignes pour la personne âgée

Sur une loi pas à la hauteur - contestée: adaptation de la société au vieillissement.

Pour la majorité des citoyens, cette loi passe à côté d'une ATTENTE MAJEURE: une prise en charge par la solidarité nationale.

Il y a urgence à remettre à l'ordre du jour les exigences exprimées sur un problème sociétal majeur que le pays doit affronter: le vieillissement.

En effet malgré les orientations politiques et les opérations d'enfumage, les Français ne voient rien venir. Il en est ainsi d'une loi qualifiée fourre-tout dite loi Macron, imposée par la force du 49/3

- Des chiffres du chômage: triturant les statistiques de pôle emploi. Voilà la nouvelle technique gouvernementale pour faire baisser le chômage.

Il risque d'en être ainsi de cette loi en gestation de longue date. Alors qu'il y a une extrême urgence: comme le clame sur les chaînes publiques le Président des Associations des Directeurs d'Etablissement, "la situation est dramatique et va devenir catastrophique".

Il faut un plan d'urgence.

Par exemple sur le Finistère l'agitation des personnels en charge des 4 maillons de la chaîne de vie des personnes âgées a trouvé large écho dans la presse. Une multitude d'appels au secours et de témoignages souvent poignants.

Pour rappel les deux les plus significatifs pleins de conviction et de dignité.

- Ceux sous les propres fenêtres de l'ex- Président du Conseil Général Maille: "dignité pour les vieux - respect, considération pour les personnels, halte à la maltraitance institutionnelle qui s'installe".

- Ceux de Morlaix: 800 personnes s'époumonant "Halte au travail à la chaîne. Néfaste pour la qualité de vie de la personne âgée, néfaste pour la sérénité, l'équilibre des personnels".

Par le plus malheureux des hasards, Monsieur le Préfet du Finistère confirmait la nécessité, la justification de ce vent de révolte "avec la réduction des dépenses publiques nous aurons des choix douloureux à faire pour les personnes, les familles".

Et voilà qu'en période estivale le calme serait revenu dans le monde du silence. N'est-on pas en droit de s'interroger sur ce "calme artificiel"?

Qu'en est-il de la rotation des personnels (service -aide-soignant) embauchés en remplacement des congés statutaires: sont-ils formés? Quel statut? Quelle expérience confirmée de la personne âgée? Pourquoi un service réduit les samedis, les dimanches? Quels moyens pour pallier aux incidents, aux accidents de la vie courante?

L'humain aurai-il des temps de relâche? Quelle réserve de personnels compétents?

A l'occasion de la canicule n'a t-on pas entendu des propos contradictoires confirmant la nécessité d'une vigilance absolue. Une situation à risques qui ne fera que s'aggraver. Pour confirmation s'imprégner des directives de Pierre Maille aux gestionnaires: "avec moins, faites plus".

Pour décider d'une réflexion concertée devant conduire à l'action, "pour une loi de progrès social" analysons quelques propos de presse provoqués par le coup de chaleur de nos aînés. Et ceci malgré les "opérations d'enfumage" de Mmes Touraine et Rossignol.

- Dans les résidences on n'a pas un moment de répit. Avec un ratio de personnel médiocre on travaille à la chaîne.

- Madame la Ministre se veut rassurante: "situation maîtrisée"

- Le Président de Samu-Urgence n'est pas de cet avis: "situation critique, alarmante".

- Le Président de A.D.P.A: L'essentiel des leçons du drame de 2003 n'a pas été tiré: l'inertie des pouvoirs publics face à la crise.

- VALLS dans sa superbe en appelle à la solidarité

- A.D.P.A l'a pris au mot et réitère la proposition de la création de 200 000 emplois. C'est un impératif éthique et ce serait en même temps une réponse à la crise économique.

La presse nous apprend qu'un délégué de A.D.P.A entamait "à pied" un tour de France de l'aide aux personnes âgées. Pour défendre leur cause. Faire émerger des points de convergence et de divergence. Tout en rappelant l'urgente nécessité de créer 200 000 emplois!

Il y a donc urgence à se rassembler, à travailler ensemble, à situer clairement les responsabilités d'une situation intolérable. Faisons notre coup de colère du président Chanvert: les politiques n'ont pas su ou voulu anticiper le vieillissement.

Ensemble, imposons-leur de voter enfin une loi de progrès social.

'Gagner partout et pour tous le bien vieillir dignement en citoyen à part entière".

Pour raison de santé de mon épouse nous avons rejoint une EHPAD en connaissance de cause. Je salue le courage de tous les personnels, leur engagement, leur dévouement pour un salaire qui n'est pas à la hauteur des exigences.

ENSEMBLE, USAGERS, FAMILLES, PERSONNELS, GENS DE PROGRES

TRAVAILLONS A L'ELABORATION D'UNE VERITABLE CIVILISATION DE LA PERSONNE AGEE, ou selon dernier congrès de la Gériatrie tout ou presque reste à inventer.

Jean Dréan (UL CGT Quimper - 9, allée Samuel Piriou, 29000 Quimper)

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