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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 06:43
Photo Pierre-Yvon Boisnard 16 11 2015

Photo Pierre-Yvon Boisnard 16 11 2015

Tout a commencé par une minute de silence émue, debout, en hommage aux 130 victimes des massacres terroristes de Paris, aux blessés et à leur famille.

La première délibération à l'ordre du jour ensuite était un avis sur le "Schéma départemental de coopération intercommunale" présenté en fin d'année par le préfet pour appliquer les objectifs d'agrandissement des communautés de commune ou d'agglomérations, de suppression des petits syndicats de gestion de l'eau et de secours au profit des mutualisations à marche forcée et d'un agrandissement des périmètres. Ce "Schéma départemental de coopération intercommunale" (document accessible sur le lien suivant: urlz.fr/2DYV) prévoyait comme projet de fusion et de transfert de compétences sur le territoire de Morlaix Communauté:

a) eau potable

Fusion du syndicat des eaux de Lanmeur, du syndicat des eaux du Val de Pen ar Stang et du SIVOM de Morlaix Saint Martin des Champs à Morlaix Communauté au 1er janvier 2017 (le syndicat des eaux du Val de Pen ar Stang et le Sivom de Morlaix Saint Martin des Champs ayant une compétence mixte eau et assainissement, leur fusion implique le transfert concomittant de la compétence assainissement).

b) assainissement collectif

Fusion du syndicat des eaux du Val de Pen ar Stang et du SIVOM de Morlaix Saint-Martin des Champs à Morlaix Communauté le 1er janvier 2017

c) GEMAPI

Fusion du syndicat mixte de gestion des cours d'eau du Tregor et du pays de Morlaix au syndicat mixte d'aménagement et de gestion du Haut Léon au 1er janvier 2017

d) Dissolution des syndicats d'incendie et de secours de Lanmeur et de St Thégonnec

e) Reprise par Morlaix Communauté du syndicat de voirie Lanmeur Plouigneau".

Au départ Jean-Luc Fichet et sa majorité comptaient bien aller très vite vers la gestion communautaire de l'eau potable et de l'assainissement pour, en tant que bons élèves de la Réforme Territoriale conçue par leur mentor, Marylise Lebranchu, bénéficier d'une baisse de dotation moins importante que pour les mauvais élèves, ce gouvernement maniant la carotte et le bâton sur fond de relation punitive aux collectivités locales, lourdement mises à contribution pour satisfaire les objectifs libéraux de baisse de la dépense publique et d'austérité que s'est fixé le gouvernement PS pour complaire au monde de la finance et respecter le Traité européen ultra-libéral (le TSCG, ce fameux traité Merkel-Sarkozy) qu'il a ratifié sans référendum en 2012.

Finalement, s'engager trop rapidement au transfert vers Morlaix-Communauté de la compétence gestion de l'eau assumée aujourd'hui par divers syndicaux inter-communaux, en raison des modes de gestion différents, des nombreuses complexités techniques de la mutualisation, et du poids financier des choix pris en termes de facilitation de ce transfert, s'est avéré trop hasardeux et le bureau des maires, sur pression notamment probablement de Morlaix (les élus du Front de Gauche avaient voté avec la droite une délibération en Conseil Municipal de Morlaix pour ajourner ce transfert), a décidé d'engager les élus communautaires à porter un avis négatif sur le transfert de ces compétences pour le 1er janvier 2017. C'était une sage décision.

Et c'est ce que j'ai commencé par dire lors de mon intervention, la première après la lecture et l'explication de la délibération:

" Je salue la sagesse de cette décision à laquelle je m'associe. Toutefois, sur le fond, il faut rappeler que ce "schéma départemental de coopération intercommunale" s'inscrit dans le cadre d'une réforme territoriale autoritaire qui poursuit des objectifs libéraux de réduction de la dépense publique plutôt que de renforcement de la qualité des réponses aux besoins locaux des habitants et de la démocratie de proximité. Cela passe paradoxalement souvent par de la recentralisation, avec les services de l'Etat à la baguette et des lois couperets pour empêcher les collectivités de garder leurs prérogatives et leur maîtrise sur leurs coopérations, par des mutualisations imposées par le chantage d'une baisse moindre des dotations d'Etat à court terme, chantage qui fonctionne d'autant mieux que ces baisses de dotations d'Etat sont d'une ampleur inédite: - 9% de dotations pour Morlaix en 2016 (-450000€), - 800 000€ pour Morlaix Communauté cette année... Le but: que les collectivités compriment leurs dépenses salariales, leurs dépenses d'investissement, qu'elles fusionnent ou suppriment des services locaux et mutualisent pour faire la peau à la France des 36000 communes, spécificité nationale et républicaine que pour notre part nous estimons être une chance et un élément important de notre lien social et de notre vitalité démocratique. Bientôt, beaucoup de mairies de communes rurales ne seront plus que des guichets d'état civil, les centres de décision s'éloignent du citoyen qui perd son lien avec les lieux de décision, son pouvoir de contrôle et d'information. Surtout, concrètement, on peut penser que le passage à marche forcée à la gestion à l'échelle communautaire de l'eau potable et de l'assainissement ne va pas servir l'objectif d'une gestion publique de l'eau, l'échelle de gestion étant très importante, comme le nombre de personnels impliqués, ce qui dans un contexte d'austérité et de volonté de comprimer la masse salariale, dans un contexte ou face à la technicité de certains dossiers les élus préfèrent se désengager sur les entreprises qui "savent faire" même si elles servent avant tout les actionnaires, va avantager les multinationales de l'eau. Or, il existe actuellement des syndicats travaillant en régie publique pour l'assainissement et l'eau potable sur le territoire de Morlaix Communauté. Pour la dissolution de l'autonomie des centres locaux de secours et d'incendie, on peut se demander si cela ne prépare par leur suppression pure et simple au profit d'une gestion plus centralisée et professionnelle. La proximité en matière de secours et d'incendie pour réagir à temps est essentielle. Les centres de secours et d'incendie sont aussi des éléments importants de la vitalité des territoires et du lien social. Pour notre part, au Front de Gauche et au Parti Communiste, nous ne voulons pas de cette réforme territoriale qui déshabille les communes et les services publics sans que cela soit justifié par une optimisation du service rendu aux habitants et une meilleure prise en compte de leurs besoins, mais seulement par un objectif d'économie et de réaménagement du territoire en pôles plus importants plus en moins en concurrence les uns avec les autres".

Jean-Luc Fichet a dit qu'il assumait tout à fait les objectifs de la réforme territoriale et de la mutualisation des compétences, moyen pour lui de mieux servir les habitants. Il a dit que ces débats lui rappelaient ceux qu'il y a eu 20 et 15 ans plus tôt sur les lois Chevènement et Voynet. Mêmes postures, mêmes arguments.

Agnès Le Brun a dit qu'elle était en partie d'accord avec moi, en partie pas d'accord. Elle n'a rien contre la loi Notre en tant que telle. Par contre, elle est pour la défense de cette communauté socle qu'est la commune. La plupart des communes sont prêtes à évoluer mais il ne faut pas que cela ne soit que descendant, que la directive vienne d'en haut. Il y a aussi une erreur fondamentale selon Agnès Le Brun: croire que + on fait grand, + on gère à l'échelon supérieur, moins ça coûte cher. Quand les choses se font brutalement, quand on va trop vite sur les transferts de compétence sur la collectivité plus importante, cela peut aussi coûter plus cher, le service que l'on rend aux habitants.

A l'issue de ce débat, la délibération pour refuser le plan de mutualisation de la préfecture a été refusé à l'unanimité.

Par rapport à la prolongation de la concession en DSP de l'aéroport Morlaix-Ploujean, j'ai évoqué la manifestation du samedi précédent contre la création de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes à Landivisiau et rappelé que, si cet aéroport devait se construire, il est à redouter que beaucoup de petits aéroports de proximité à l'ouest breton soient mis en difficulté et voient leur utilisation réduite. La fréquentation de l'aéroport de Morlaix n'étant déjà plus ce qu'elle était il y a 30 ans.

Sur la délibération relative aux lancements des études sur les modes de gestion des transports en commun à Morlaix Communauté et sur la construction d'un nouveau schéma de transport j'ai dit ma surprise de voir que le débat n'avait pas véritablement commencé alors que les échéances de terme du contrat DSP avec Kéolis et en affermage avec les compagnies de cars locales approchent. J'ai exprimé ma crainte qu'une nouvelle fois les études ne pré-programment la décision et dispensent du débat politique en amont que doivent avoir les élus pour construire notamment un réseau de transports périurbains qui colle aux défis écologiques et énergétiques et réponde aux besoins de mobilité de la population. Il faut plus de temps pour que les élus se saisissent de ce dossier et débattent, pas seulement au sein de la commission transports, mais aussi en conseil communautaire, et qu'ils reviennent vers les citoyens pour faire la remontée des besoins, des propositions d'amélioration, et que les citoyens soient associés à ces questions fondamentales pour l'avenir du territoire. J'ai regretté l'orientation vers une rédéfinition du schéma transports à moyens constants seulement, alors qu'une véritable ambition en matière de transports sur ce territoire impliquerait de revoir à la hausse le budget transports en commun. J'ai exprimé que ce budget transports devrait être une priorité de ce mandat, notamment par la création d'un réseau péri-urbain et rural de transport plus dense, régulier, accessible entre Morlaix et les autres communes périphériques de la Communauté, et entre les autres communes entre elles. Dans un cadre budgétaire contraint, il est à craindre que les améliorations ne se fassent qu'à la marge. Les transports devraient être intégrés à une réflexion plus large sur les politiques et les priorités de Morlaix Communauté.

En fin de conseil, j'ai lu la question orale du Front de Gauche sur l'avenir de Tilly Sabco - question que Jean-Luc Fichet m'avait accordé de poser 4 jours avant mais que contrairement aux usages, il n'a pas fait taper et imprimer pour tous les conseillers communautaires l'aient sous les yeux au moment d'en discuter, ce qui m'a obligé moi-même à lire la question orale sur le téléphone de mon voisin et collègue de l'opposition morlaisienne, Jean-Paul Vermot. J'ai précisé avant de lire la question qu'elle avait été envoyée avant l'annonce dans la presse de la nouvelle prise de participation de la CCI de Morlaix, désormais actionnaire majoritaire. La question gardait néanmoins une pertinence puisqu'elle amenait le Président à s'expliquer sur ce qui s'était passé les mois précédents, sur ce qu'avait fait Morlaix-Co pour rappeler aux actionnaires leurs devoirs d'investissements correspondant à leurs promesses de départ, sachant que Morlaix-Co est cautionnaire pour la CCI, et quels sont les perspectives d'avenir pour Tilly Sabco.

Question orale sur la situation à Tilly Sabco - présentée par Ismaël Dupont *

Le 16 juin 2014, lors de la reprise de l’entreprise Tilly Sabco par la nouvelle SAS Tilly Babco Bretagne, suite à la décision du tribunal de retenir l'offre MS Foods/Breizh Algae/CCI Morlaix, Morlaix-communauté avait pris la décision d’apporter sa caution à cette reprise sous la forme d'une garantie de 500 000€ pour la CCI de Morlaix, à l'époque actionnaire minoritaire avec 2 millions d'euros engagés dans un plan de reprise et de restructuration de Tilly Sabco, en cas de défaillance.

Le projet de reprise comportait plusieurs volets, notamment celui de la mise en place du “poulet sans antibiotique grâce aux algues”,ainsi que celui du “poulet Halal”.

Dans ce cadre la nouvelle direction de Tilly Sabco Bretagne, avait assuré à l'époque que le programme d'investissements pour la réorientation de l'activité de l'entreprise serait réalisé pour le mois de juillet 2015.

Après le dépôt de bilan, dont 120 salariés avaient fait les frais et qui s'étaient retrouvés sans réelles perspectives dans leur bassin d'emploi, nous espérions que la réorientation prise par les repreneurs au sein de la nouvelle entreprise Tilly Sabco Bretagne allait constituer l'amorce d'un virage dans le sens que nous préconisions, à savoir d'une part vers une production non exclusivement axée sur le poulet congelé export, et une orientation de la production dans le sens de la qualité et de la diversification.

Or, à ce jour, à moins de deux mois de la clôture du premier bilan de la SAS Tilly Sabco Bretagne, force est de constater que les engagements pris par la direction, dans son ensemble, n'ont pas été respectés, que les investissements promis n’ont pas été réalisés, et que l’on ne voit se dessiner aucune perspective sérieuse de réorientation de l'activité.

Notre préoccupation est donc très vive face à cette situation, qui est grave de conséquences, en premier lieu pour les salariés de l'entreprise Tilly Sabco Bretagne eux-mêmes dont l'emploi n'est pas garanti, mais aussi pour le secteur de l'agroalimentaire, ou de ce qu'il en reste, et bien entendu pour toute la vie économique et sociale de Guerlesquin , de Morlaix communauté, du département et de la région Bretagne dans son ensemble.

Pour ces raisons, je vous saurais gré, Monsieur le président, d’apporter votre éclairage sur la situation exacte et les difficultés éventuelles rencontrées par l'entreprise, et indiquer les dispositions concrètes que vous comptez prendre, dans le cadre de vos prérogatives, pour favoriser la réalisation des investissements promis et le démarrage de l'activité dans la direction qui était projetée.

* Cette démarche fait suite à la lettre adressée à la CCI par la section PCF du Pays de Morlaix et son secrétaire de section, Daniel Ravasio, lettre restée sans réponse même si la presse nous informe ce week-end des changements dans l'actionnariat et du manque de fiabilité de l'actionnaire OLMIX de Tilly Sabco que nous avions pressenti. Avec quelle garantie pour l'avenir de l'entreprise et les salariés? Quelle réflexion sur une nécessaire réorientation de l'activité? Quel droit de regard des salariés et prise en compte de leur point de vue et de leurs intérêts? 

Voici la première réponse de Jean-Luc Fichet:

" Cette question est importante. L'évolution du dossier Tilly Sabco est surveillée avec beaucoup d'attention. Des investissements étaient en effet prévus pour le milieu de l'année 2015 et n'ont pas été faits, ce qui génère beaucoup d'inquiétudes chez les salariés. Le dossier n'avance pas avec la société Olmix et le choix fait récemment a été que la CCI reprenne très temporairement l'actionnariat, et devienne majoritaire à 66%, à côté du groupe MS Food qui détient toujours 33% du capital. Tilly-Sabco Bretagne est aujourd'hui en position de lancer des investissements de 2,5 millions d'euros sur le poulet frais. Olmix n'est pas écartée du projet, la recherche sur le poulet aux algues continue, mais a besoin de temps, tandis que la société Tilly Sabco a besoin d'investissements immédiats. 220 emplois ont été maintenus sur le site; les personnes ayant perdu leur emploi sont toujours accompagnées dans leur recherche d'emploi par Sodie, installée dans un bureau de Morlaix-Communauté. L'objectif est de redonner sa pleine puissance à cet outil agro-alimentaire, et éventuellement d'augmenter le nombre d'emplois pour récupérer les emplois perdus. On a tout lieu d'être optimiste aujourd'hui quant aux décisions prises. Il y a une volonté de la CCI de faire très rapidement les investissements, ce qui va permettre d'avoir des conditions de travail optimisées. Morlaix Communauté avait apporté sa caution auprès de la CCI quand il a fallu soutenir la fiducie de Tilly Sabco avec Ecomiam sur les fonds de Daniel Sauvaget qui a deux entreprises en parallèle. Cette caution est toujours activée et s'appuie sur une société qui rejoint Ecomiam et fera l'objet d'un remboursement si le million d'euros de la CCI était mobilisé. Ces fonds ne sont pas mobilisés pour le moment et peuvent l'être pendant 5 ans. S'ils sont mobilisés, la caution de Morlaix Communauté vient à la hauteur de 500 000€. Pour l'instant, c'est le statut quo. L'aide de Morlaix Communauté est donc une aide financière par caution auprès de la CCI, la mise à disposition de locaux pour les personnes qui n'ont pas trouvé de travail, l'accompagnement à la recherche de nouveaux investisseurs, car la CCI n'a pas vocation à demeurer actionnaire de Tilly Sabco Bretagne. Son objectif est de trouver des partenaires privés pour les 33% du capital qu'elle vient de racheter à Olmix mais aussi pour les 33% restants de façon à ce que la société prenne son autonomie complète. Ce que l'on peut dire de Tilly Sabco aujourd'hui, c'est que le marché est là, il y a les compétences, les actionnaires qui sont présents, et les bonnes décisions sont prises. Les perspectives se dessinent, mais le poulet aux algues demandera plus de temps que prévu. On doit souligner l'implication remarquable de la CCI sur ce dossier".

Voici ma reprise d'intervention suite à la première réponse de Jean-Luc Fichet: "j'ai cru comprendre que pour qu'il y ait une relance des aides à l'investissement dans l'abattoir, il faudrait qu'aucun des actionnaires n'ait plus de 24% des parts. Il faudrait donc que la CCI se désengage de ses parts au profit de partenaires privés. Des noms circulent qui demandent à être confirmés. Il est tout de même regrettable que les salariés, dans leur droit d'observation, d'information, de contrôle, aient été tenus à l'écart de ces jeux et de ces différends capitalistes entre les différents actionnaires de Tilly-Sabco. Ils ont pendant des mois travaillé dans des conditions de sous-emploi sans savoir à quelle sauce ils allaient être mangés; la collectivité n'était pas là pour les rassurer ou leur donner des garanties, les représentants syndicaux n'avaient pas accès à toutes les informations. Cela pose largement la question du pouvoir de contrôle et d'intervention des salariés dans les entreprises. On ne peut plus faire une confiance aveugle au patron, quelle que soit sa réputation de bonnes intentions et de compétence".

Jean-Luc Fichet m'a demandé alors de "corriger mes propos". Selon lui, c'est: circulez, il n'y a rien à voir. "Les salariés ont été associés et informés. La situation est difficile. Les actionnaires sont présents. D'ailleurs Corinne Nicole, "déléguée" de la CGT, donne un avis très favorable à ces informations et se satisfait de toutes les décisions qui sont prises. Il y a lieu de croire, selon Jean-Luc Fichet, que si elle donne ce satisfecit, c'est qu'elle et son syndicat sont informés, comme le sont les autres syndicats. La collectivité joue pleinement son rôle pour Jean-Luc Fichet, maintenant, "ce sont les actionnaires qui décident de l'actionnariat et des investissements à faire", "il ne faut pas faire de procès là où il n'a lieu d'être".

Tout va donc pour le mieux, dans le meilleur des mondes!

photo Pierre-Yvon Boisnard 16 11 2015

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photo Pierre-Yvon Boisnard 16 11 2015

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 08:37

Lettre d’Infos N°27 du 18 décembre 2015 - éditorial

Surtout, ne changeons rien !

C’est ce que semblent penser les dirigeants PS et Républicains depuis le résultat des élections régionales. Pour eux, la progression du F Haine est pain béni. Ils en usent et en abusent à

grands coups de front républicain pour mieux imposer le front du libéralisme avancé. Ainsi, apprenait-on dès lundi matin, la suppression de 1400 postes à la SNCF, mais aussi que le Smic

horaire ne serait pas revalorisé en janvier prochain et que legouvernement entendait poursuivre sa politique anti sociale et sécuritaire. Ne changeons rien, on vous dit !

Les ronds de jambes de Valls et Hollande à l’égard de la droite se multiplient. Au point que le premier ministre se déclare plus proche de Jean-Pierre Raffarin que de Clémentine Autain : il a

au moins le mérite de la franchise…

Il en deviendrait presque risible si le F Haine ne cumulait pas 6,8 millions de voix lors de ce second tour, soit 28,21% des suffrages exprimés et 15,73% des inscrits. C'est davantage que le

nombre de voix récoltées au premier tour de l'élection présidentielle de 2012 quand Marine Le Pen avait alors recueilli 13,95% des voix des inscrits, soit 6 421 426 voix. Et même si sa progression est plutôt limitée ici qu’ailleurs, le F Haine se renforce aussi en Bretagne avec un score final de 18,9% des voix.

Les thèmes de l'extrême-droite dominent aujourd'hui la vie politique française. Les repères entre la droite et l’extrême-droite sont aussi brouillés que la politique du PS l’est avec celle de la droite classique.

Aujourd’hui, le PS et certains Républicains sont tentés de nous faire le coup du « pacte républicain pour l’emploi » pour contrer les hausses du chômage et ainsi battre ce F Haine que leur politique a tellement favorisé.

C’est comme pour l’état d’urgence, c’est pour notre bien et notre sécurité à tous ! Sauf que, comme pour l’état d’urgence qui met de côté nos libertés, cette alliance se fera sur le dos des

chômeurs, des retraités et de tous ceux qui resteront dans la galère et la précarité.

Pour la vraie gauche, la situation est encore plus difficile. Les repères sont tellement brouillés que nous n’avons pas puéchapper au désastre électoral. Nous y avons une part de responsabilités évidente et il va nous falloir tirer le bilan d’un tel échec. Mais en attendant, il y a urgence à remobiliser et à reconstruire un vrai mouvement social qui puisse rabattre les cartes de ce jeu politicien qui ne nous représente plus depuis longtemps.

François Rippe (Front de Gauche pays de Morlaix)

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19 décembre 2015 6 19 /12 /décembre /2015 06:29

Coordination Front de Gauche – mercredi 9 décembre 2015 à Pont de Buis

Présents : PCF : Erwan Rivoalan, Ismaël Dupont

Ensemble : Dominique Resmon, Guy Le Dem, François Rippe, Jean-Louis Griveau

Parti de Gauche : Quentin Marchand, Guilhem Grimal, Catherine Boudigou

Autres : Yves Jardin (Douarnenez), Noëlle Péoc'h (centre Finistère)

Excusés : Alain David...

Analyse du résultat du 1er tour et 1ères explications :

Ismaël : Ce 1er tour des élections régionales a été un désastre pour nous. Un désastre parce qu'on y assiste à une poussée sans précédent du vote FN, lequel se positionne plus que jamais comme relève possible du PS et de l'UMP, et comme le parti de ceux qui n'en peuvent plus de ce système d'alternance où les partis de pouvoir se succèdent en trahissant leurs promesses, sans changer leurs conditions de vie, en les dégradant toujours davantage. L'ampleur du vote FN trahit un recul idéologique, une droitisation réelle de la société sur certains thèmes (immigration, sensibilité aux thématiques sécuritaires, au discours contre « l'assistanat »). Le FN parvient à capitaliser sur la colère sociale dans les milieux populaires (contre l'Europe, le libéralisme), la banalisation de la xénophobie et aussi une certaine forme de vote de classe de la part de ceux qui, avec des petits revenus, des conditions de vie dégradées par le capitalisme, ne voient pas d'issue, et tournent leur ressentiment vers les étrangers, les classes moyennes urbaines, les élites politiques. Un vote de classe non progressiste bien sûr qui ne remet pas en cause les logiques et les intérêts du capitalisme, qu'il conforte au contraire en alimentant le vote utile ou « républicain » pour les libéraux au nom du moindre mal. Ce que nous redoutions est arrivé : installation du tripartisme, une gauche de gauche trop marginalisée dans le paysage pour capter un vote de rejet du système qui s'oriente davantage, dans les milieux populaires, chez les jeunes, les chômeurs, vers le FN ou l'abstention. Par rapport aux objectifs initiaux du Front de Gauche, on est dans l'échec total : disputer au PS sa position hégémonique à gauche, rééquilibrer le rapport de force à gauche, voire passer devant le PS, éviter que le vote contestataire se tourne prioritairement vers l'extrême-droite en donnant de l'espoir. C'est pour beaucoup un effet de seuil, si nous étions à 15 %, comme on pouvait l'espérer pendant les présidentielles, on aurait une autre dynamique électorale, on capitaliserait beaucoup plus sur le besoin de changement, comme cela s'est passé en Grèce, en Espagne, avec il vrai une autre ampleur de la crise et un autre mouvement social, un espoir qui n'existe pas actuellement. Par rapport à 2012, on ne progresse pas, bien au contraire, on est revenu en arrière. On n'a pas rassemblé sur ces élections régionales au-delà du socle de notre électorat, du premier cercle de sympathisants. Cela peut s'expliquer nationalement par un contexte peu favorable, les attentats, l'état d'urgence, qui a surtout profité au FN. Mais aussi et surtout par l'absence de visibilité du Front de Gauche, avec des configurations d'alliance différentes suivant les régions, des divisions et divergences affichées publiquement, un manque de continuité et de lisibilité dans notre stratégie, et, il faut dire les choses, une inexistence du Front de Gauche sur le plan national en dehors des périodes électorales. Il n'y a plus de travail programmatique avec le monde citoyen, syndical, associatif comme on l'avait amorcé avant 2012, les fronts des luttes et thématiques ne fonctionnent plus vraiment. Cela ne nous a pas servi. Déjà que les médias au service des puissances d'argent nous ignorent ou cherchent à nous discréditer, nous leur donnons de surcroît du grain à moudre. Le score du Front de Gauche en Bretagne est encore inférieur à la moyenne nationale: dans une région comme la grande Normandie, on fait 7%, en Bretagne on fait 3,7%. C'est très immérité par rapport à la campagne de Xavier Compain, et des autres têtes de liste, Catherine Boudigou et Sylvie Larue au premier chef, qui ont été à la hauteur, qui ont beaucoup donné, qui ont su travailler ensemble. Cela s'explique par des facteurs ne dépendant pas de nous : l'identité plutôt chrétienne-démocrate et maintenant sociale-démocrate mais toujours centriste de la Bretagne, où la gauche de la gauche n'est pas bien implantée. Le fait que les Bretons ont considéré que le bilan de la majorité de gauche à dominante PS au Conseil Régional était plutôt positif. L'aura dont a bénéficié Le Drian en tant que ministre de la défense en période de guerre et de risque terroriste. Nous en avons fait un thème de campagne contre cette politique mais il a pleinement bénéficié auprès des électeurs de son statut de ministre-candidat. Nous avons aussi eu des choses à nous reprocher dans cette campagne. On est parti en campagne bien tard, réellement à la mi-octobre sur le plan collectif. Nous n’avons pas pu convaincre EELV de la nécessité d’une alliance, et puis aussi dans nos discussions internes, sur le second tour notamment, plutôt que de nous concentrer sur l'objectif de faire le meilleur score possible au 1er tour pour construire un rapport de force plus favorable. Nos documents de campagne manquaient un peu de punch et de lisibilité, étaient sans doute trop écolos, trop intellos, même si j'étais pleinement en accord avec le contenu idéologique et programmatique de la campagne et si celui-ci était plutôt rassembleur au niveau du Front de Gauche. Nous n'avons pas réussi à capter une partie de l'électorat écologiste et surtout pas les gens tentés par l'abstention. Notre projet régional était peut-être aussi encore inabouti, pas assez construit, et élaboré pas assez tôt. La dimension régionale de la campagne des Verts était plus naturelle, vu qu'ils avaient des élus sortants et une légitimité à ce niveau là. Ils sont apparus en campagne médiatique dès le printemps. La division à l'intérieur du FDG sur le rapport au second tour a aussi eu pour effet ne pas mettre une partie de nos camarades dans la campagne, a eu un impact sur la motivation. La présence de Gérard Lahellec et Eric Berroche sur la liste de Le Drian a peut-être eu un effet de confusion sur une partie de nos électeurs dans certains coins, surtout quand localement, du coup, toute une partie des sections ou militants communistes ne faisaient pas campagne pour le Front de Gauche. Nous avons en tout cas un profond examen de conscience et une réflexion collective à avoir pour reconstruire un outil efficace pour mobiliser dans un contexte d'aggravation sans précédent de la situation politique et sociale. Je crois que le front de Gauche reste un point de départ et un outil incontournable, mais il faut que localement et nationalement on s'interroge sur les raisons de la désaffection des électeurs. L'enjeu est énorme avec le risque grandissant lié à un FN aux portes du pouvoir.

Quentin : Nous restons un peu trop dans le discours de l'entre soi. Il faut tenter d'adopter un autre discours, plus percutant, imagé, comme pour le tract pour l'abstention. A t-il été efficace ? Le tract sur les attentats : le contenu était bien, mais aussi bien trop long. Chute de EELV, électorat presque divisé par deux, pas seulement liée à son arrogance par rapport au Front de Gauche. C'est la chute de notre camp social. Cela ne fait pas la somme de ce qu'on représentait. C'est une stagnation, une décomposition qui pose question. Le positionnement sur le second tour aurait dû avoir lieu en amont pour mettre plus de militants au boulot, pour éviter les ambiguïtés. Il faut qu'on arrête d'aller avec le PS au second tour si on veut mobiliser. Là notre score est très décevant, je ne crois pas que ça soit à cause d'une ligne pas assez régionaliste. A Brest, avec une campagne très nationale aux départementales, on fait + de 5 %. On fait moins aux Régionales avec un périmètre de la liste plus large.

Noëlle : Un autre aspect important, le poids de l'abstention. Avec 50 % des électeurs, c'est la première force. Ce sont des jeunes, des ouvriers, qui ne vont pas voter. Les milieux populaires ne se déplacent plus, ne croient plus aux propositions des partis classiques. Notre premier tract n'était pas bon. On est parti trop tard en campagne : tout a été fait dans l'urgence. Pendant deux semaines, entre le premier tract régional et le 4 pages, on a strictement rien fait. Au niveau des médias, on a été boycotté. Les médias nationaux jouent la tripartition de l'espace politique entre le FN, le PS, l'UMP. Les médias régionaux nous ont exclu du club des 5 « grands» en retenant EELV et Troadec. Nous, nous étions considérés comme des « petits candidats ». Le score leur a donné raison mais ils ont aussi pu amplifier leur score et diminuer le nôtre. Dans le Centre-Finistère, là où on a pu faire plus de 10 %, c'est qu'on avait des élus sur la liste ou sympathisants du FDG (16 % à Botmeur, 12 % à Brennilis, 19 % à Berrien) mais les scores sont tout de même bien moins importants qu'aux Départementales, ce qui prouve qu'il n'y avait pas de dynamique. Troadec est parti au mois de juin, nous beaucoup plus tard. En octobre, à quelques jours de la date limite, on était encore bloqué pour faire notre liste et partir en campagne. Pendant ce temps, les tracts de Troadec arrivaient dans les boîtes aux lettres car ils avaient des moyens que nous n'avions pas. Nos documents de campagne n’étaient pas forcément adaptés à des électeurs peu politisés. Tout le monde ne s'est pas non plus pleinement impliqué dans la campagne. Je ressens tout de même une forte dégradation dans notre fonctionnement : tirages internes, différences de fond, manque de relais national et de dynamique nationale du Front de Gauche. Il faut que les choses se clarifient plus que ça.

Jean-Louis : Il y a des causes externes (attentats, situation générale) et aussi des causes internes (problèmes de logistique) à notre échec électoral. A 3 jours du dépôt des listes, on ne savait pas encore qui serait candidat, qui ne le serait pas. Le 4 pages de campagne dont on n'avait que quelques milliers d'exemplaires sur certains secteurs... Je comprends bien qu'on ait pris peur de financer trop de documents, mais il fallait tout de même faire les voix. En 2010, cela avait été dur à l'allumage pour la liste du Front Breton de Gauche, le périmètre de la liste était moins grand, mais on avait fonctionné avec un peu plus d'efficacité et de manière correcte. On a pas avancé depuis. Aujourd'hui, on se retrouve face à de vraies questions : Qu'est-ce que le Front de Gauche ? Que va-t-il devenir ? Là où on fait plus de 5 % dans le Pays bigouden, le secteur de Plouhinec, c'est dû aussi à la part historique de l'électorat PCF, ou/et alors à la réalité du travail politique fait par des collectifs Front de Gauche : Morlaix, pays bigouden, centre-Finistère. Il y a des endroits ruraux du Finistère comme à Locmélar où on fait 0 %: il faut sortir de nos tranchées. Travailler à une échelle géographique plus globale. Avant de parler d'avenir, il va falloir payer l'ardoise de cette campagne, en se gardant des moyens pour faire vivre un courant politique de gauche de gauche. Les Verts ont aussi pris une gamelle. Je pense que c'est le moment d'initier un certain nombre de rencontres politiques avec les Verts, le NPA. Ce qui est en jeu, c'est l'existence ou la disparition d'une gauche de gauche. Il faut réfléchir en termes de rassemblement. Le vote FN c'est aussi un vote de classe, comme l'a dit Ismaël. On a vu dans les bureaux de vote des gens manifestement paupérisés, voter FN, en ne prenant qu'un seul bulletin. Comment retrouver le lien avec les catégories marginalisées de la population ? Une candidate FN aux régionales promet qu'elle va supprimer les subventions à l'art contemporain et au FRAC, pour les bobos snobinards. C'est un discours redoutablement efficace. Une partie de la population est dans une désespérance telle que pour elle, les classes moyennes urbaines, toujours à gauche, sont vécues comme des ennemis de classe.

Erwan : Si on n’a pas été entendu, c'est que notre discours était parfois un peu incompréhensible aussi. Il y a des facteurs conjoncturels dans notre échec : on a passé notre temps à se pouiller sur la question d'un rassemblement éventuel avec le PS au second tour. Résultat, on fait moins de 5 %. Aujourd'hui, ce sont les Verts qui ne sont pas venus avec nous alors qu'on aurait probablement fait 10 % ensemble qui parlent de trahison à propos du PS. Il y a eu effectivement de gros problèmes de logistique dans cette campagne : c'est pas normal qu'on se retrouve avec 2000 tracts pour Brest, à devoir attendre 4-5 jours d'en imprimer d'autres pour pouvoir militer. La coordination à l'échelle régionale a été défaillante : on arrivait pas à se coordonner. Pour la réunion théoriquement régionale sur les économies maritimes à Brest, on a reçu peu de soutiens et on a dû se débrouiller tous seuls entre quelques brestois. Il y a eu un problème dans la manière de construire la campagne. Il y a beaucoup de gens qui considéraient que le Front de Gauche n'était plus crédible, en raison des changements de stratégie, en raison d'un discours et d'un mode d'existence national illisible. Et peut être aussi régional : on a parlé entre nous de choses qui sont peut-être importantes mais qui ne correspondent pas aux attentes des gens. Les gens qui souffrent de la crise et du système qui ont voté ont exprimé un vote de colère. Pour beaucoup d'entre eux, le FN représente une alternative à la domination capitaliste. C'est ressenti par certains comme un « vote d'amour », selon une expression d'un candidat FN : cela donne de l'espoir à des gens qui sont en souffrance sur le plan social. Le black-out des médias a joué aussi en notre défaveur : à Brest, pour le train de la COP 21, Tébéo et le Télégramme ont refusé de recueillir et de retranscrire les propos de Xavier Compain, seule tête de liste présente. Ils réfléchissaient avec le 5 majeur, avec EELV et Troadec. Cela a servi le score de EELV, qui n'avait personne sur le terrain pour militer. Dans le Finistère, sur le plan national, on ne peut plus passer notre temps à avoir des débats tacticiens. Il faut aller voir les gens dans les quartiers. Quand on discute avec les gens, passé une première réticence parfois, ce n’est pas si compliqué de les faire réfléchir. Il y a tellement de gens désorientés politiquement. Les gens sont déboussolés : on est en plein effondrement politique et individuel. A la question qu'est-ce qu'on va faire en janvier, oui il faut aller voir les syndicats, les forces de gauche qui refusent le capitalisme.

Guy : Tout n'a pas été négatif. Il y a eu du travail de fait. On revient de loin. Avec les frondeurs, on s'est un peu illusionné en croyant qu'on avait quelque chose à en tirer. Le vote FN, si c'est un vote de classe, c'est plus un vote de la classe moyenne que des classes populaires, disait Hervé Le Bras aujourd'hui dans le Télégramme. Au niveau des médias, cela a été l'ostracisme complet, comme l'ensemble du Front de Gauche sur le plan national. Il faudrait que nos directions aillent ensemble faire pression sur le CSA. Montrer que nous sommes vigilants par rapport à d'autres élections. Par ailleurs, jamais nous n'aurions dû accepter d'avoir un vote dans un état d'urgence. Cela pose un vrai problème démocratique que l'on n'a pas suffisamment dénoncé. C'est une erreur qui a été profitable à certaines organisations politiques.

Erwan : le PCF dans son communiqué d'après premier tour l'a dénoncé.

Catherine : pour la boutade, on peut se dire qu'il valait mieux faire 3,70 % que 4,99 %. C'est un premier tour d'élections régionales, où l'aspect régional et le peu de mobilisation de l'électorat doivent nous amener à tempérer le jugement sur l'état des forces et ce que pèse le Front de Gauche, et les constats déprimants qu'on peut tirer de ces résultats de 1er tour. Par exemple, le score du FN, on nous parle d'une poussée extraordinaire, sans précédent. Mais en 2012, le FN avait fait 6,4 millions de voix. Là, il fait 6 millions et 18000 voix. Le vote FN n'a pas augmenté, il a diminué. Il ne faut pas que nous nous laissions nous-mêmes manipulés par les médias qui nous ignorent. Le boycott des médias, cela a été une réalité. Il a fallu se battre pour que Tébéo nous invite au débat. On a réussi, pas à France 3, qui nous a fait débattre avec les petits candidats. Autant j'ai été épatée par l'engagement et l'investissement militant sur certaines réunions, autant je trouve que nous avons fait une campagne à l'ancienne. Dans nos réunions publiques, j'ai été frappée par l'âge avancé de nos militants et sympathisants : presque pas un jeune. Il n'est pas sûr que cette manière de faire de la politique convienne encore aux jeunes. Il faut davantage utiliser d'autres moyens innovants, les réseaux sociaux, des réunions de quartier dites Tupperware. D'autres moyens, d'autres modalités. Dès janvier, il faut aller voir les Verts qui sont sonnés par leur exclusion du Conseil Régional et leur score décevant pour eux. Il faut réfléchir à quel avenir on a en commun avec eux. Moi je suis frappée par l'influence que peuvent avoir les grands médias sur le vote des gens quelques jours avant l'élection : quand on parle de la COP 21 et du pape François à « plus belle la vie », cela sert les Verts. La télévision a servi la soupe aux Verts, au FN. Cela peut nous faire un mal terrible et on ne maîtrise pas. De plus, il faut bien se dire que nous avons fait campagne dans un contexte très particulier : l'état d'urgence, et face au ministre de la guerre, et donc de la protection de la population. Je ne doute pas qu'il y ait aussi des causes internes à notre échec, mais il faut aussi avoir ça en tête. On s'est tous bien battus, j'ai eu du plaisir à faire cette campagne avec vous, avec Xavier et Sylvie avec lesquels on s'est bien entendus. Après, il y avait des divisions dans les formations politiques : au Parti de Gauche, avec les séquelles du RCB, la fixation sur le second tour, et au PCF. Il y a eu un défaut d'unité dans les partis mais une belle amitié entre les composantes du FDG qui ont fait campagne. Après, moi je me suis toujours prononcée pour le fait que si on faisait plus de 5 % on n'aille pas manger dans la gamelle des socialistes. Cette méfiance par rapport à une alliance possible avec le PS au second tour nous a peut-être fait perdre des voix. Voir le meeting d'après premier tour entre Cosse, Coquerel, Laurent et Bartelone, cela me fait un peu mal. Dans ces Régionales, on a constaté un éparpillement de voix, sur des listes régionalistes, qui auraient peut-être été des voix de gauche. Dire que les jeunes votent FN, ce n'est qu'à moitié vrai, la plupart ne font pas de politique, et c'est justement le problème et notre défi. La classe ouvrière, je veux bien qu'on s'adresse prioritairement à elle, mais elle baisse aussi. Il ne faut pas être abattus : si on répond oui à la question « est-ce qu'il y a encore une place pour une gauche dans notre pays ? » alors on a notre place et un avenir. Après c'est vrai qu'on a eu un déficit d'organisation régionale : personne pour répondre aux différents courriers des associations, des syndicats. On ne savait pas qui faisait quoi. Le problème, c'est que les gens à l'animation régionale bossaient aussi, ils avaient un travail, et que les retraités étaient sur le terrain. La disponibilité pour être présent aux différentes rencontres a fait problème aussi. Maintenant, il faut un travail de fond : aller voir les syndicats, les associations.

François : Il y a des choses avec lesquelles je ne suis pas entièrement d'accord. Les médias, quand on pèse quelque chose dans le débat politique, ils viennent vers nous. Si ils servent la soupe à Troadec, c'est qu'ils estiment qu'il y une dynamique de son côté. Si le Front de Gauche avait meilleure santé, il aurait meilleure presse. Ne cédons pas à la facilité de régler nos comptes avec EELV en se disant qu’ils paient le juste prix de leur refus d’alliance. Eux seront verts de rage et nous rouges de colère, mais on n'avancera pas beaucoup. S'il y a une place pour une vraie gauche dans ce pays, elle passe par une alliance entre EELV et le Front de Gauche. Ismaël dit qu'on a fait une campagne pas assez sociale, trop écolo, trop intello-bobo, en réalité qu'on a fait une campagne pas assez communiste, à la manière des années 70. Je ne partage pas cette critique. Notre campagne a été dans la continuité de l’accord programmatique avec les Verts sur lequel nos militants avaient placé beaucoup d'espoir. Il faut se placer dans le cadre du débat national de ce qui se passe à gauche du PS. Le problème, c'est que l'affaire des attentats a blindé cette campagne : le traumatisme a été véritable, les répercussions ont été forte, le lien des gens d’ici avec Paris a été réel. Les socialistes n'ont globalement pas de bons résultats. Il y en a un qui a limité la casse, c'est Le Drian, peut être parce qu'il est le ministre de la Défense, de la guerre : il y a eu un retour d'une partie de l'électorat de gauche critique vis à vis de la politique de Hollande-Valls vers Le Drian à la faveur de ces attentats, c'est très net, sinon on ne s'explique pas ces résultats. On ne peut pas lier l'avenir de toute la gauche à la question du rapport avec le PS, c'est vrai. Mais il n'empêche qu'une partie du Front de Gauche n'a pas fait campagne. Pour certains à cause du non-accord avec EELV, pour d'autres, qui ont fait de la question du second tour un préalable de leur engagement dans la campagne. Mais aussi pour nous faire dire qu'on ne votera pas, plus jamais, PS. Ce débat là, reste très vif actuellement dans les composantes et les collectifs du FDG. Pendant ce temps, l'abstention continue, le FN accroit son pouvoir de nuisance, et tout de même, quand le FN fait 68 % dans un quartier populaire de Marseille où jusque là le Front de Gauche était très bien implanté, il y a quand même de quoi avoir peur... La conclusion pour moi, c'est qu'on n’a pas le choix, pour l’instant le seul outil que nous ayons à disposition pour peser sur la situation politique, c'est le Front de Gauche. On a un engagement commun. Il faut se dire si oui ou non on veut poursuivre ensemble, quitte à s'engueuler à tous les virages. Mais nous devons en faire un outil mieux perçu et plus utile. On a fait une campagne à la papa, 30 personnes à Brest, 40 à Plourin, 100 à Quimper, mais à l'arrivée : on se connaît tous. Le meeting à la fête de l'Huma, cela avait de la gueule, cela fait du bien dans sa vie de militant, mais on était entre nous.

Catherine : j'ai bien suivi le parti écologiste qui est passé d'une écologie politique progressiste à un vert-rouge qui a bien déteint à la lessive. Or, on ne peut plus être vert sans être rouge. Aujourd'hui, les Verts qui sont nés en Bretagne en 84 avec les Marées Noires, Plogoff, etc., viennent d'être écartés du paysage politique breton institutionnel en Bretagne. Il faut retourner vers eux.

Yves : il ne faut pas être trop catastrophiste. Cela partait tellement mal avec ces discours à n'en plus finir sur le 2nd tour, avec cette réunion de coordination où le PG devait nous fournir ses candidats et ne le faisait pas à défaut de tête de liste. On a failli ne pas faire de liste.

Ismaël : nuance, on avait des candidats, mais on a failli ne pas faire de liste avec le PG.

Yves : au final, on a réussi à faire une liste, à travailler ensemble. Il faut comparer le score conjugué de l'UDB et des Verts qui étaient ensemble en 2010 au score de Troadec/UDB et de EELV séparés en 2015 : c'est à peu près la même chose. Par rapport au FN, on a des choses à dire : le PS a une lourde responsabilité dans son ascension. Il ne faut pas oublier de remettre en cause aussi le rôle des médias par rapport au FN. Leur hypocrisie : on pousse des cris d'orfraie maintenant alors qu'on les a avantagé avant. Il faut voir aussi que dans les secteurs où des collectifs Front de Gauche existent et ont fait le boulot, on fait dans les 7-8 %. Mais il y a un vide total autour des villes. Là où il n'y a pas de collectifs FDG, il faut les mettre en place. Mettre dans le coup des gens qui ne sont pas encartés fait augmenter notre audience.

Erwan : Je ne disais pas que notre discours était trop écologiste, mais simplement qu'il n'était pas assez compréhensible. On a un problème de rapport au réel quand on a 6 millions de chômeurs et qu'on ne parle pas ou très peu de l'emploi. Il faut être plus percutant sur des choses simples. On a eu trop de documents trop longs, imbitables. Il faut qu'on soit moins dans la production de documents compliqués, plus dans la rencontre.

Noëlle : Les médias contribuent bien au façonnage des esprits. Nous dans notre campagne, on a pas été assez offensifs sur les enjeux essentiels : dénoncer le parti des riches, du capitalisme. Les responsables du désastre écologique, ce sont aussi les riches qui détruisent la planète. Je ne comprends pas l'expression « campagne à la papa » : nous on a été sur tous les terrains, dans les luttes, dans le Centre Finistère. Globalement, c'est vrai qu'on manque de moyens, de militants, de proximité avec les milieux populaires. Il faut mettre en priorité l'emploi, la précarité, les femmes.

Jean-Louis : il y a plein de gens qui sont à 300 % anticapitalistes. Il ne suffit pas de le proclamer. Il faut donner à voir le projet qu'on porte. Se demander comment on traduit en documents de campagne parlants pour la population un projet politique complexe. Le FDG ne peut avoir qu'un discours syndical ou para-syndical : il faut donner à voir ce qu'est la société anticapitaliste que nous voulons construire. On ne travaille pas assez sur le fond. Il faut bâtir un projet politique. Le FDG ne peut pas exister seulement à un mois de l'élection. Il faut rebondir, travailler le rassemblement à la gauche de la gauche, aller voir les Verts dès début janvier.

Ismaël : Je ne voudrais pas qu'on disqualifie les assemblées citoyennes, les réunions publiques, même si elles réunissent en grande majorité des militants, des gens déjà convaincus. Ce sont des moments où on parle des problèmes de la population, ou on fait de l'éducation populaire, ou on sort des discussions sur la stratégie pour parler des problèmes de fond. Cela a été un élément constitutif de la construction et des avancées du FDG en 2011-2012. C'est aussi ce qui fait à un moment le caractère enrichissant de l'engagement politique. On a pu aussi rencontrer des militants syndicaux et associatifs à l'occasion de ces réunions publiques. Je ne dis pas qu'il faut faire que ça, mais c'est important pour incarner une autre manière de faire de la politique. Les réseaux sociaux, internet, cela ne suffit pas. Par ailleurs, quand on fait une réunion publique thématique, on distribue des tracts dans le secteur, ça se sait, ce n’est pas inutile, cela peut mobiliser aussi les militants. Par rapport au second tour, je crois que nos listes, PCF-PG-Ensemble, réunis, ont eu raison de fusionner avec le PS en Ile-de-France et en Midi-Pyrénées, car sinon la victoire de la droite était incontournable et qu'on pouvait peser un peu. A défaut, notre électorat, une partie d'entre lui en tout cas, ne s'y serait pas retrouvé. Par contre, appeler à voter pour Le Drian, qui incarne la politique droitière et guerrière du gouvernement, qui n'accepte de travailler avec d'autres composantes de gauche que si elles sont couchées, alors même qu'on est éliminé et qu'il n'aurait pas voulu de fusion, je ne vois pas d'intérêt. Pour le PCF, nous avons organisé une consultation démocratique auprès de nos militants le samedi et le dimanche : le Finistère et le Morbihan étaient majoritairement pour ne pas donner de consigne de vote, les Côtes d'Armor et l'Ille et Vilaine davantage sur la ligne nationale d'appel à voter pour la liste de gauche restée en lice, contre la droite et l'extrême-droite. Je respecte les arguments en faveur de la logique de ce point de vue, même si dans le cadre de la Bretagne, cela ne m'apparaît pas la meilleure solution et cela contredit je crois aussi les idées programmatiques que nous avons portées dans la campagne.

François : je suis inquiet en voyant que notre camp social est en train de se diviser profondément dans le rapport au PS entre une frange radicale qui dit je ne voterait plus jamais pour le PS, en dehors d'un duel avec le FN (et encore) et ceux qui disent, on ne peut exclure la possibilité du rassemblement à certaines conditions. Si on essaie d'avoir une position et une seule, on risque d'avoir des difficultés. Même dans nos différentes composantes, il y a des débats, des divergences de vue, on n'est pas unanime. Cela dit, Pierre Laurent n'était pas obligé aller faire un meeting d'entre deux tours avec Bartolone… Le FDG a ses défauts, ses limites, mais on est obligé de faire avec sa diversité, de construire à partir de lui.

Le reste de la réunion a été consacré à la partie financière, le remboursement de la campagne électorale.

Prochaine réunion de la coordination FDG 29 le mercredi 20 janvier 2016

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 07:21

Ouest-France du vendredi 18 décembre:

"Les conseils de Lannéanou, Plougonven, Plouégat-Moysan et dernièrement Plourin-lès-Morlaix avaient fait part de leur désaccord concernant la décision de Morlaix Communauté de fermer des déchetteries. Des fermetures qui ne sont pas non plus du goût de la section plougonvenoise du Front de gauche qui monte au créneau:

"Après la poste il y a quelques mois, c'est au tour de notre déchetterie d'être en danger" dénonce le Front de Gauche dans un communiqué. "Sous couvert de mises aux normes, Morlaix communauté a pour projet de fermer la déchetterie de Plougonven, mais aussi celles de Plourin-les-Morlaix, Pleyber-Christ et Saint Thégonnec pour n'en créer que deux". Pointer "un coût exorbitant pour la dépollution, pesant sur les impôts et le pouvoir d'achat". Une décision qui "entraîne des problèmes environnementaux, sociaux, d'aménagement du territoire ainsi qu'économique pour notre commune". D'ores et déjà, les militantes appellent "à un mouvement en début d'année prochaine avec signature de pétition pour le maintien de la déchetterie" et auquel seront conviés les usagers des quatre déchetteries sur la sellette".

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 07:06

Parmi les changements dans les règles pour la campagne présidentielle introduits par Hollande et Valls, la règle de l'égalité du temps de parole entre la publication des listes et le démarrage de la campagne est remplacée par la règle de l'équité. Pour y veiller le CSA tiendra compte parait-il du poids des partis (sondages, résultats aux élections antérieures) et de "leur contribution à l'animation du débat électoral". L'égalité restera la règle uniquement durant les deux dernières semaines.

Ainsi le PS joue t-il à fond le jeu d'une tripartition de la vie politique où le FN jouerait le rôle d'épouvantail, avec une présence médiatique considérable, pour tenter d'éliminer la droite et de garder le pouvoir présidentiel in extremis. Son souci: marginaliser la vraie gauche qui en temps normal est complètement ostracisée par les médias privés aux mains des patrons du CAC 40 et publics aux ordres du pouvoir et qui ne pouvait que compter sur l'égalité du temps de parole aux présidentielles pour combattre le libéralisme à armes un peu plus "égales". Surtout, ne pas reproduire les angoisses de 2012, où à un moment donné, après être parti à 7% dans les sondages, Mélenchon et le Front de Gauche étaient annoncés à 18%. Mélenchon, dans un sondage paru cette semaine, est crédité de 12% des voix si la présidentielle avait lieu demain. Ce n'est pas certain qu'il soit le candidat de rassemblement de la gauche de la gauche mais c'est la preuve que les idées de transformation sociale, démocratique, écologique du Front de Gauche n'ont pas disparu dans la population.

Mais, justement, l'important est que les électeurs ne puissent entendre que trois discours: celui de l'extrême-droite, celui de l'ultra-libéralisme de la droite, celui du libéralisme de centre-droit du PS, assorti à une logique de moindre mal.

Déjà que les institutions avec les élections au scrutin majoritaire à deux tours sont excluantes pour certaines sensibilités politiques et sont beaucoup trop présidentialisées, cette règle accentue encore le caractère tout relatif de notre démocratie.

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 06:53

Entre 2013 et 2017, les dotations d'Etat auront diminué de la coquette somme de 53 millions d'euros. La ponction sera de 15,5 millions d'euros en 2016, identique à l'an passé, la dotation de fonctionnement étant en baisse de 8,5% par rapport à 2015. Les principaux concours de l'Etat sont gelés: dotation générale de décentralisation, fonds de mobilisation départemental pour l'insertion, dotation de compensation à la réforme de la taxe professionnelle...

Pourtant, les dépenses liés au versement du RSA augmentent avec la précarisation de la population, comme l'APA avec son vieillissement.

Les victimes collatérales de ce budget d'austérité pour le Finistère sont entre autre:

- l'accueil des sans-abris: le département met l'Etat devant ses responsabilités et ne compense plus le blocage des fonds par la préfecture pour répondre favorablement aux demandes d'hébergement faits auprès du 115. Actuellement, depuis le mois d'octobre, il n'y a pratiquement plus d'hébergement d'urgence des sans abris dans le Finistère, les moyens mensuels ayant été divisés par 4, l'Etat ne voulant pas mettre plus de moyens alors que la demande augmente. Déjà que les familles d'immigrés étaient laissées dans la rue, même avec des enfants, aujourd'hui, c'est tous les sans-abris qui sont livrés au froid la nuit. Scandaleux dans un pays qui se dit civilisé!

- le soutien à la jeunesse en difficulté: suppression des financements pour l'accueil des jeunes en difficulté.

- animation jeunesse. Le Conseil Départemental se désengage du financement du poste de coordinateur jeunesse sur la MJC de Morlaix, la mairie prenant le relais à sa charge.

Malgré cela, Maël de Calan, le conseiller départemental de la région de St Pol de Léon Roscoff, représentant d'une droite dure et ultra-libérale, donne des satisfecits à Manuel Valls pour les conséquences de ces baisses de dotation: mon groupe ne se réfugiera pas "derrière des attitudes politiciennes indignes en blâmant Manuel Valls quand il propose de réduire de 12 milliards les dotations aux collectivités locales".

Actuellement, cette année, la diminution des dotations pour les collectivités locales est de 3,7 milliards: alors imaginez 12 milliards!

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 06:13
Interventions d'Ismaël Dupont au conseil municipal de Morlaix du jeudi 5 novembre 2015

- Mise à jour du schéma départemental de coopération intercommunale: contre la fusion immédiate des syndicats des eaux dans le cadre de la loi Notre, la majorité de droite a construit une délibération qui rejetait le projet préfectoral. Le Front de Gauche a voté pour cette délibération, à la différence des élus PS et Coopérative citoyenne. "Les membres du Conseil municipal à la majorité (27 pour, 4 abstentions) se prononcent défavorablement sur le projet de calendrier anticipé de transfert des compétences eau et assainissement en précisant que la date de mise en oeuvre prévue au schéma départemental de coopération intercommunale doit être reportée au 1er janvier 2020, en raison de la programmation de travaux par le SIVOM Morlaix-St Martin des Champs qui devront être finalisés avant les fusions concernées.

Intervention Ismaël Dupont: "Concernant le Front de Gauche, nous sommes très réservés sur l'obligation légale qui est faite de fusionner la gestion de l'eau et de l'assainissement au niveau des communautés d'agglomération et sur la méthode qui conduit à cette fusion, qui est une méthode de chantage aux dotations, puisque les communes qui iront le plus vite dans cette fusion, et c'est un peu la même chose pour les fusions de communes, auront une baisse des dotations inférieure à celles qui traîneront un peu les pieds. Sur le principe, la fusion ou la gestion communautaire de l'eau et de l'assainissement peut présenter un certain nombre d'avantages, de mutualisation des moyens, mais si nous avons des réserves, c'est aussi parce nous avons la crainte que la fusion avec des structures, des équipements de plus en plus lourds à gérer, et dans un contexte d'austérité où les communes veulent alléger leur masse salariale, aboutisse à favoriser les multinationales de l'eau qui gèrent en délégation de service public.

Et nous pensons que ces craintes sont tout à fait fondées sur Morlaix-Communauté, notamment su on regarde ce qu'a pu faire Jean-Luc Fichet à Lanmeur par rapport à la reconduction du contrat avec VEOLIA. Donc, nous avons à la fois une réserve sur la méthode et une réserve sur le principe de la fusion obligatoire de ces compétences de gestion de l'eau et de l'assainissement, sachant que les communes ont tout à fait fait la preuve de leur capacité à coopérer sur un principe de volontariat, en fonction des réalités physiques aussi, de la proximité des sources et des lieux de captage d'eau, de la proximité des bassins versants, dans des SIVOM, dans des syndicats de coopération intercommunale volontaires.

Et il ne semble pas forcément opportun sur le plan technique, sur le plan du service rendu au citoyen, d'aller vers cette fusion obligatoire et systématique qui dépossède une nouvelle fois les communes d'une partie de leurs prérogatives. Au Front de Gauche, nous sommes attachés à cette France des 36000 communes et nous considérons que le mouvement qui vise à vider la démocratie de proximité de sa consistance est inquiétant par rapport à la vitalité du lien démocratique et par rapport au service rendu au citoyen, puisqu'à chaque fois ce qui est mis en avant c'est uniquement la rentabilité et la baisse des dépenses publiques".

- Débat d'orientation budgétaire 2016

Intervention Ismaël Dupont: "Ce qu'on peut observer en étudiant ces documents de préparation du Débat d'Orientation Budgétaire c'est que l'étau de l'austérité se resserre encore un peu plus cette année. En 2012, HOLLANDE annonçait une politique de redistribution, mais il semble bien que cette redistribution, elle concerne uniquement et elle bénéficie essentiellement au MEDEF et aux entreprises. Dans le projet de Loi de Finances 2016, il est prévu ainsi 33 milliards d'euros de mesures d'allègements fiscaux et sociaux dans le cadre du CICE et dans le cadre du Pacte de Responsabilité pour les Entreprises. Cela représente le volume total du produit de l'impôt sur les sociétés, donc l'impôt sur les sociétés est annulé par ces mesures d'exemption fiscale, pour les entreprises. Et cette donnée n'est pas hors sujet, parce qu'elle est à mettre en balance avec les 3,7 milliards d'euros qui sont retirés aux collectivités cette année encore. Moins 9% de dotations pour les collectivités, c'est un régime au pain sec qui est d'une sévérité délirante, surtout quand le but essentiel n'apparaît pas de réduire le déficit public.

Le déficit public ne se réduit d'ailleurs pas avec cette austérité imposée aux collectivités. C'est aussi toute la relance par l'activité économique qui est impossible quand les collectivités n'ont plus d'argent pour financer des investissements, pour maintenir et développer l'emploi, et donc cela produit plus de chômage.

Et ces cadeaux faits aux entreprises ne produisent, on le sait, aucune création d'emplois. Cela ne fait qu'élargir les marges de rentabilité.

Donc pour Morlaix ces baisses de dotation représentent cette année 470 000 euros en moins, contre 450 000 euros de dotations retirés en 2015. En tout, Monsieur Tigréat l'a dit, depuis 2014, c'est 1,4 million d'euros de manque à gagner pour la ville sur les dotations. Si la commune était le seul échelon impacté par cette politique d'austérité, dictée par les engagements européens de la France et la signature des traités ultralibéraux qui régissent maintenant le gouvernement des Etats européens, on pourrait s'en sortir à travers des cofinancements. Mais on voit parallèlement que Morlaix-Communauté perd également 2,6 millions d'euros en 3 ans de DGF. Cette année, Morlaix-Communauté perdra 880 000 euros. 880 000 euros de soustrait à Morlaix-Co, 470 000 euros de pertes pour la ville, moi j'appelle ça une purge. Elle a des conséquences évidemment sur la capacité des collectivités à se projeter dans l'avenir et à servir les citoyens.

Si on fait un bilan comparatif par rapport à ce qui se produisait avant 2012, on peut constater que l'austérité infligée aux collectivités par le gouvernement socialiste de Messieurs MACRON, VALLS, et HOLLANDE est 4 ou 5 fois supérieure à l'austérité imposée par le pouvoir SARKOZY-FILLON avant 2012 même si il faut rappeler qu'aujourd'hui, l'UMP appelle à des réductions de dépenses publiques et sociales 3 fois supérieures à ces 50 milliards d'économies imposés par le gouvernement socialiste.

Alors, avec ces données-là, évidemment, c'est compliqué d'avoir un budget ambitieux et effectivement l'orientation budgétaire qui nous est présentée ici manque singulièrement de souffle et d'ambition.

Cela peut s'expliquer par la contrainte de sobriété imposée par la baisse des dotations d'Etat, mais cette baisse des dotations d'Etat n'explique sans doute pas tout. Pour notre part, nous partageons le choix qui est fait par la collectivité de ne pas augmenter les impôts locaux, ceux-ci n'étant pas proportionnels aux revenus et étant, avec la TVA, parmi les impôts les moins justes. Surtout, le revenu de nos compatriotes, de nos concitoyens a baissé nous dit l'INSEE de 0,5% en moyenne cette année encore. Donc, au moment où les revenus des Français baissent en moyenne, il est difficilement acceptable d'augmenter les impôts locaux. En réalité, c'est d'une grande réforme fiscale dont on aurait besoin avec une augmentation du poids de l'impôt sur le revenu et une "redistributivité" accrue de l'impôt sur le revenu.

Parmi les conséquences de ces baisses de dotations sur la collectivité, il va y avoir évidemment l'obsession de la maîtrise de la masse salariale. Donc nous prenons au mot Madame le Maire quand elle dit qu'il n'y aura pas de non-remplacement systématique des départs à la retraite à la Ville de Morlaix. Il n'empêche que, quand on fait le calcul, le Débat d'Orientation Budgétaire part sur une hypothèse d'une augmentation naturelle des dépenses de personnel de 2% par an, liée à la réforme de la catégorie C et aux changements d'échelon, donc à des évolutions automatiques. Mais normalement l'évolution naturelle de la charge de fonctionnement ou de personnel, des dépenses de fonctionnement concernant le personnel, devrait être de 3% ou 4% et quand on lit le document du DOB, il est quand même question de gel des salaires, des avancements, des progressions de carrière, de l'absence d'embauches nouvelles et d'une réorganisation des services pour atteindre une productivité accrue, en d'autres termes, travailler plus pour gagner autant. Donc ça, évidemment, c'est une conséquence que l'on est obligé de regretter et de dénoncer même si tout n'est pas imputable à la collectivité.

Quand on regarde le plan pluriannuel d'investissement qui nous est proposé, on s'aperçoit qu'il, et c'est assumé dans les propos de la majorité, manque singulièrement de consistance par rapport aux besoins sociaux, dans la mesure où des chantiers qui devraient apparaître comme prioritaires, comme celui de la mise aux normes de la maison des associations, de la MJC, voire d'un déménagement de celle-ci, parce que c'est compliqué de remettre aux normes le bâtiment actuel, ou d'une nouvelle implantation de la bibliothèque Les Ailes du Temps, sont laissés de côté et quand on regarde les dépenses d'investissement en termes d'équipements culturels, on n'en voit aucune. Les seules dépenses d'investissement qui sont prévues dans le budget, c'est le projet de rénovation du musée, qui reste hypothétique aussi, parce que l'engagement des autres collectivités pour nous suivre sur ce projet de rénovation ne semble pas à l'heure actuel complètement acquis, en raison aussi des baisses de moyens dont elles sont victimes. Et l'aménagement du quartier de la gare, qui peine encore à sortir de sa gangue de projet. On constate bien la nécessité, compte tenu des moyens qui sont alloués, de revoir certaines ambitions à la baisse. Ceci dit, nous sommes convaincus qu'il y a certaines dépenses qui auraient peu être dû être considérées d'une autre manière et des dépenses d'usage pour la vie quotidienne des morlaisiens comme des équipements culturels, des équipements sociaux, qui auraient dû être priorisées par rapport à d'autres".

- A propos de la Convention Espace de Vie Pôle Gare et de l'installation de jeux pour enfants dans les quartiers de Morlaix

Intervention Ismaël Dupont: "Je crois que quand on interroge les morlaisiens, on est nombreux à reconnaître le travail qui est fait, en terme de cohésion sociale, par les services et Marie Simon-Gallouedec, et c'est un exemple. Par contre, pour ce qui est du Logis Breton et plus largement des espaces de vie de Morlaix, il y a beaucoup de morlaisiens qui disent qu'il manque, j'ai eu déjà l'occasion de le dire en commission Finances, des jeux pour enfants et notamment au Logis breton, où on a un grand espace avec de la pelouse qui pourrait être aménagé soit avec des buts de foot, de hand, des paniers de basket ou qui pourrait également, l'un n'empêche pas l'autre d'ailleurs, accueillir des jeux pour jeunes enfants parce qu'il y a beaucoup d'enfants dans ces immeubles. Il y a d'autres espaces comme le port, la place Cornic, qui pourraient accueillir des jeux pour enfants. Alors on nous dit que c'est cher, c'est vrai que c'est cher, on nous dit qu'il y a des dégradations, ça a pu se constater effectivement à un certain nombre de reprises, encore qu'il y a toute une éducation à faire aussi des riverains et des jeunes pour éviter ces dégradations mais, en termes d'appropriation collective de l'espace public et de l'espace commun et pour tisser un lien social intergénérationnel, je crois que ces espaces de jeux pour enfants sont vraiment très très importants parce qu'il y a aussi des personnes âgées qui s'arrêtent sur les bancs à proximité, il y a des échanges qui se créent, et on voit, ce n'est pas forcément propre à Morlaix, mais il y a des communes qui font des efforts quand même pour développer des nouvelles structures de jeux pour enfants et il y a beaucoup de pays aussi, notamment en Europe de l'Est, où ils sont beaucoup plus fréquents et créent iun climat de vie sociale à l'extérieur qui est plus important que chez nous. Par ailleurs, où en est-on de la promesse, que vous aviez faite en 2014, comme les deux listes de gauche aux municipales, d'un skate park à Morlaix. Est-ce que cela avance, où cela va t-il être installé et dans quel délai?"

Charlotte Julie a répondu que ce projet de skate park était toujours à l'étude: "un vaste projet qui demande beaucoup de réflexion pour qu'il ne soit pas mis n'importe où, pour qu'il puisse satisfaire un maximum d'utilisateurs et surtout qu'il ne gêne pas non plus tout ce qui est riverain. Ce n'est donc pas un projet qui aboutira en 2016 mais qui va aboutir en 2017 parce qu'un skate park ça demande des études, et des études ça se paie, donc il faut du financement par rapport à ça". Chantal Mingan a précisé que le délai de réflexion portait sur un questionnement sur le lieu le plus approprié.

- Modification du règlement intérieur des cantines scolaires

Intervention Ismaël Dupont:

"La modification du règlement des cantines scolaires a été présentée évidemment en commission enseignement et elle a été justifiée par la nécessité de réduire le gaspillage alimentaire en mettant en avant le fait que, l'an passé, je crois, selon une étude, il y aurait eu 6347 repas qui n'auraient pas été consommés dans les écoles publiques de Morlaix. Le chiffre parait énorme comme ça quand on le cite sur le plan annuel. Si on rapporte au nombre de jours de journées d'école, ça fait un peu moins d'une trentaine de repas gaspillés par jour et si on le rapporte au nombre d'écoles, ça fait à peu près 5 repas gaspillés par jour. C'est encore trop, je ne dis pas que ce n'est pas à considérer, qu'il ne faut pas combattre le gaspillage, mais ça ne représente pas non plus des volumes extraordinaires d'aliments gaspillés et jetés, ni d'ailleurs des volumes extraordinaires de repas non facturés aux familles et à la charge de la collectivité. Actuellement, le système est généreux, on va dire, très confortable pour les familles puisque les enfants lèvent la main chaque matin pour dire s'ils mangent ou non à la cantine. C'est à la charge de l'école, il me semble, de faire ce repérage quotidien et, du coup, ça permet aux familles de ne pas être dans l'obligation d'anticiper longtemps à l'avance le fait que leurs enfants ne mangeront pas à la cantine, tel ou tel jour. C'est surtout valable pour les familles qui, ordinairement, en fait, envoient leurs enfants manger à la cantine. Avec cette transformation du règlement intérieur, on imposerait aux familles de réserver entre 7 et 10 jours à l'avance, ou en tout cas d'indiquer entre 7 et 10 jours à l'avance que leurs enfants ne déjeuneront pas à la cantine, tel ou tel jour. Pour certaines catégories de parents, cela peut poser problème, je pense notamment aux parents qui travaillent en intérim ou qui ont des emplois précaires et qui sont amenés à réorganiser leur semaine sans forcément grande visibilité pour l'avenir, ça peut poser aussi problème pour les parents qui ont des enfants malades. Actuellement, quand un enfant est malade, la charge du repas qui n'a pas été consommé revient à la ville, là elle reviendrait aux parents. Si j'ai bien compris, mais peut-être que j'ai mal compris, les parents pourraient, avec un certificat médical, ne pas payer le repas non consommé en cas de maladie des enfants, seulement il faut savoir que tous les parents ne vont pas chez le docteur quand les enfants sont malades, soit parce qu'ils connaissent les maladies chroniques dont sont victimes les enfants et qu'ils sont capables de les traiter avec des médicaments qu'ils ont déjà, ou alors pour des raisons financières aussi parce qu'il y a un reste à charge en allant chez le docteur ou en achetant des médicaments.

Toujours est-il que je ne suis pas forcément pour l'immobilisme, d'ailleurs sur le coup, en commission enseignement, je ne m'étais pas prononcé contre ce changement de règlement des cantines scolaires mais, en y réfléchissant, en consultant aussi d'autres parents d'élèves, je trouve qu'on passe un peu d'un extrême à l'autre, c'est à dire d'un système qui est très avantageux pour les parents à un système qui devient beaucoup plus contraignant pour eux, à savoir le fait d'anticiper sur dix jours, par exemple, le fait que mamie va aller chercher les enfants à la sortie de l'école pour déjeuner avec eux et je pense qu'il y aurait peut-être possibilité d'informer, certes, 10 jours avant de son absence tel ou tel midi, donc la semaine précédente, mais de reconnaître la possibilité d'annuler un ou deux jours avant, cela permettrait de planifier l'achat des denrées alimentaires sans forcément préparer effectivement les repas. Et je voudrai aussi rappeler que les repas sont servis dans des barquettes collectives, c'est à dire que le nombre de repas consommés individuellement est peut-être plus difficile à établir que si c'était des portions individuelles".

Les élus du Front de Gauche - Michèle Abramovicz, Loïc Digaire, Ismaël Dupont - se sont abstenus sur cette délibération, les autres élus ont voté pour.

- Par rapport à l'indemnité de conseil allouée au trésorier municipal (3518 € en plus de son salaire normal et cumulable avec d'autres primes des collectivités dont il supervise les comptes):

Ismaël Dupont: "Ce n'est pas du tout une remise en cause du travail du Trésorier Municipal mais, on en a discuté en commission finances et en conseil municipal l'an passé, il nous semble illogique que cette indemnité puisse être cumulée entre plusieurs collectivités qui travaillent avec le Trésorier Municipal, qu'elle soit au montant maximum et que la répartition de cette indemnité dépende uniquement de la bonne volonté du Trésorier Municipal alors qu'il travaille avec des services. Donc quelque part cette indemnité nous semble être une sorte de survivance d'ancien régime où effectivement, les intendants, les trésoriers généraux, avaient un certain nombre de privilèges".

De son côté Michèle Abramovicz est intervenue aussi à plusieurs reprises dans ce Conseil Municipal:

- Pour préciser à propos du Compte rendu du Conseil Municipal précédent que, contrairement à ce que pouvaient laisser entendre des propos ambigus de Madame Le Maire, les associations de solidarité n'ont jamais été réunies pour voir comment gérer ensemble avec la collectivité le problème des réfugiés.

A propos du débat d'orientation budgétaire, pour poser des questions sur:

- la baisse de la TLPE, signe d'une perte d'activité commerciale?

- de nouvelles économies faites au détriment des subventions aux associations ou du personnel alors qu'il existe d'autres manières de faire des économies en amélioration l'organisation des services et des travaux, leur planification: " pour la Foire Haute et l'aménagement de Langolvas pour accueillir les forains, il y a eu des travaux qui ont été commencés pour enterrer les câbles électriques, pour avoir une alimentation enterrée, les fosses ont été creusées, les gaines posées. Cela, c'était, si je ne me trompe pas, à peu près 3 semaines avant l'installation des forains. Et puis ensuite, faute de planification, on est arrivé à 3 jours de l'arrivée des forains, rien n'avait été terminé. Les câbles n'étaient pas enterrés, ce qui fait que vous avez été obligés d'appeler une entreprise privée extérieure, ce qui a coûté très cher. Et des exemples comme ça, il y en a d'autres. Par ailleurs, on assiste à une multiplication des DSP qui coûtent cher pour des travaux qui pourraient être fait en interne, pour peu qu'on s'en donne les moyens. Cela veut dire qu'effectivement, il n'y a pas toujours les formations complètes, mais les formations, on peut les acquérir. Je me rappelle que lors d'une séance d'appel d'offre pour la réfection du toit de la piscine de la Boissière, j'avais demandé si ça ne pouvait pas être fait par des équipes techniques et on m'avait quasiment ri au nez en me disant qu'on déshabillerait les services techniques. Mais effectivement, quand on multiplie les appels à l'extérieur, au bout d'un moment, on a des services techniques qui se déshabillent vraisemblablement de plus en plus. Est-ce qu'en privilégiant les travaux faits en interne on n'aboutirait pas à une augmentation de l'emploi, ce qui ne serait pas négligeable, et puis à des économies, car les DSP coûtent très cher".

Michèle a rappelé ainsi que la prise en charge de la préparation du Plan Local d'Urbanisme par un cabinet d'étude avait coûté 150 000€ aux Morlaisiens alors que quelques années plus tôt, ce document avait été préparé en interne par les services et les élus. M. Guilcher et Mme Le Brun ont prétendu que c'était impossible et même une idée saugrenue, mais cela s'est déjà fait.

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 19:28

COP 21 : « Tout est inscrit, mais tout reste à faire » (Pierre Laurent)

L'accord de Paris sur le climat a finalement été adopté par les 195 délégations réunies au Bourget hier malgré quelques doutes qui se sont exprimés. Toutefois sa dimension universelle marque une étape importante cinq ans après l'échec de Copenhague auquel je participai également.

Sur les principes tout est inscrit : limiter à 2°C voire 1,5°C, si possible, la hausse de la température planètaire comme l'exigeaient les pays les plus vulnérables ; les 100 milliards de dollars, par an, d'ici 2020, dédiés aux mesures d'adaptation des pays en développement ; la clause de revoyure afin de rehausser régulièrement le niveau d'engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre comme financiers…

Pourtant tout reste à réaliser. On le sait les engagements actuels des pays sont plus proches des 3°C ce qui rendrait notre monde invivable ; la concrétisation des 100 milliards de dollars reste à être confirmé, la structuration du Fonds vert reste flou (dons, prêts subventions…) comme les modalités de sa répartition entre pays. Enfin si la nature de cet accord favorise l'engagement politique de chaque nation, il est très loin d'être juridiquement contraignant comme le revendiquait les peuples en décrétant l'état d'urgence climatique.

Bien des étapes restent donc à franchir. La première d'entre elle sera la ratification de l'accord par chaque pays après l'avoir traduit dans leur droit national.

La vigilance s'impose donc et c'est pour cette raison que j'ai participé hier après midi avec la société civile au rassemblement du Champs de Mars pour dire « Nous aurons le dernier mot ! ».

L'essentiel maintenant est d'engager la transition écologique et sociale vers une société sobre en carbone afin d'atteindre les objectifs de la COP 21 et de réduire les inégalités de développement dans le monde. Cette ambition commande que l'on sorte des politiques d'austérité en France et en Europe et un autre partage des richesses à l'échelle du monde.

Les propositions que nous avons formulées depuis des mois restent d'actualité. Nous voulons donner de la force au développement humain durable mondial qui, selon moi, ne peut voir le jour dans le cadre de l'économie libérale mondialisée. Nous continuerons donc à les faire vivre dans le débat politique en lien avec toutes les forces progressistes disponibles. Nous continuerons également d'agir en constante recherche de convergence avec les citoyennes et les citoyens ici, en Europe et dans le monde. Nous serons présents au côté des acteurs de la Coalition Climat 21, tout au long de l'année 2016, dans la perspective de la COP 22 à Marrakech au Maroc et du Forum Social Mondial à Quebec.

COP 21: tout est inscrit, mais tout reste à faire (Pierre Laurent)
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 19:25
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 17:31

A lire sur le Blog du PCF Pays Bigouden:

LE GUILVINEC se déclare à l’unanimité« Hors Traité Transatlantique » (TAFTA)

Dans le Finistère, onze communes se sont officiellement déclarées « horsTAFTA ». Il s’agit dans l’ordre chronologique :
Botmeur (19/05) –Trégunc (23/06) – Bannalec (26/06) – Saint Yvi (26/06) – Saint Rivoal (10/07) –Berrien (15/07) – La Feuillée (21/07) – Huelgoat (3/08) – Motreff (25/09) – Douarnenez (1/10) – Saint Jean Trolimon (8/10).
Lors de sa séance du 11 décembre 2015, le conseil municipal du Guilvinec, présidé par son maire Jean-Luc Tanneau, a décidé à son tour de se déclarer « hors traité transatlantique », dans un vœu adopté à l’unanimité.
Cette position devrait encourager les autres communes du pays Bigouden à se prononcer également contre les forfaitures qui se préparent dans les hautes sphères de l’Etat et de l’union européenne et qui de toute évidence toucheront nos territoires et notre art de vivre.

La Commission Européenne, après avoir conclu un accord de libre échange le 26 septembre avec le Canada (AECG, CETA en anglais), poursuit les négociations avec les Etats-Unis sur un traité identique appelé PTCI (ou TAFTA en anglais). Ces accords visent à instaurer un vaste marché dérégulé : le grand Marché Transatlantique (GMT). Négociés dans le plus grand secret, ils pourraient être ratifiés, le premier à la fin de l’année 2015, le 2ème en 2016, sans la moindre consultation des citoyens et des parlements tant nationaux que européen. C’est un déni de démocratie, A cela s’ajoute la négociation secrète d’un accord international sur les services TISA (en anglais), qui rendrait inopérants les services publics, en obligeant les Etats à accorder les mêmes subventions au privé. Ces accords s’appliqueront à tous les niveaux de l’Etat, y compris au niveau des communes. Le but de la négociation est d’aller au-delà même des accords de l’OMC, en particulier en obligeant les Etats et les collectivités locales à accorder au privé et aux entreprises étrangères tout avantage accordé au public et au local : ce qui rendra impossible financièrement le maintien des services publics (ce que l’accord TISA vient renforcer) et le soutien de l’économie locale.

Ces traités visent ensuite à réduire les « barrières non tarifaires » : ils prévoient en effet que les législations et normes (sociales, environnementales, sanitaires, phytosanitaires, techniques) soient « harmonisées » pour faciliter le libre-échange. Or les USA sont aujourd’hui en dehors des principaux cadres du droit international en matière écologique, sociale et culturelle, et même concernant le droit du travail. Ils refusent d’appliquer les conventions de l’OIT, le protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique, la convention pour la biodiversité, et les conventions de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Leurs normes et règlements sont beaucoup moins protecteurs pour les populations qu’en Europe. Ce marché libéralisé avec le Canada et les Etats-Unis tirerait donc toute l’UE vers le bas De plus, ces traités permettraient aux grosses entreprises, via le « mécanisme du règlement des différends » (RDIE/ISDS) d’attaquer devant une juridiction privée les Etats ou les collectivités locales qui ne se plieraient pas à ces exigences de dérégulation et limiteraient ainsi « leurs bénéfices escomptés » ! Elles pourraient réclamer de lourds dommages et intérêts à l’Etat ou aux communes, faisant exploser la dette publique.

Les multinationales pourraient ainsi forcer le gouvernement français à renoncer au moratoire sur les gaz de schiste, et à accepter la culture des OGM en plein champ, le bœuf aux hormones, le porc à la ractopamine ou le poulet lavé au chlore.

Ces traités limiteraient les capacités des Etats à maintenir des services publics (éducation, santé, etc.) et des activités préservées du marché, mais aussi à contrôler l’activité des multinationales à investir dans des secteurs d’intérêt général comme la transition énergétique.

Au-delà des échanges de marchandises, le Grand Marché Transatlantique (GMT) achèverait l’ouverture à la concurrence des échanges immatériels. Le projet d’accord prévoit d’introduire de nouvelles mesures relatives aux brevets, droits d’auteur, protections des données, indications géographiques et autres formes de ladite "propriété intellectuelle", faisant revenir par la petite porte le défunt ACTA (accord commercial anti-contrefaçon), refusé en juillet 2012 par les Euro députés suite à une large mobilisation des citoyens européens,

Par la signature de ces traités, serait réalisé le vœu de D. Rockefeller : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire »

Pour toutes ces raisons,

La commune du Guilvinec réunie en Conseil Municipal le 11 décembre 2015

- manifeste son opposition à ces deux traités (CETA et TAFTA) dont l’objectif vise avant tout la dérégulation, la marchandisation du monde et l’amplification de la concurrence,

- dénonce également la négociation de l’accord sur les services (TISA) qui vise à détruire la majorité des services publics,

- demande l’arrêt des négociations avec les Etats-Unis sur le PTCI-TAFTA et le rejet par la France de l’Accord Economique et Commercial Global (AECG/CETA) avec le Canada,

- refuse toute tentative d’affaiblir le cadre réglementaire local, national ou européen en matière d’environnement, de santé, de protection des travailleurs et des consommateurs - se déclare hors grand marché Transatlantique

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