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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 09:23

GESTION DE L’EAU

Lundi 1er février le conseil municipal était invité à se prononcer par vote sur le type de gestion de l’eau pour les douze années à venir. Régie publique ou bien délégation privée.

Vote de principe selon l’intitulé de la question. Or, après l’intervention de l’Élue en charge du dossier, une nouvelle fois à charge contre une régie municipale, il ne fait aucun doute que les dés sont jetés.

Nous tenons à rappeler que l’eau est un bien public et qu’elle n’a pas lieu d’être considérée comme étant une marchandise quelconque.

Pour notre part, nous considérons que le débat sur un sujet aussi important n’a pas vraiment eu lieu.

Cette question aurait dû mériter plus de publicité auprès de nos concitoyens.

La France est une exception. Alors qu’au niveau mondial la gestion de l’eau est à 80% confiée au public chez nous c’est l’inverse, 80% au privé. Ainsi, l’argent public a permis à un groupe comme VÉOLIA de devenir une multinationale. Même aux USA connu pour son ultra libéralisme la gestion est à 80% public.

L’argument « massue » de la municipalité serait qu’en cas de sinistre la régie municipale ne serait pas à la hauteur. « Nous ne pouvons courir le risque de ne pas approvisionner nos industriels en cas de rupture de canalisation ». Les villes de Lyon, Toulouse, Bordeaux, Biarritz, Paris, Angers pour ne citer qu’elles, bien connues comme étant des villes à résidences pavillonnaires sont revenues au service public.

Le temps nous est compté nous dit M. le Maire. Pourquoi n’a-t-il lancé le débat au cours du second trimestre 2015. Pourquoi n’a-t-il organisé une votation citoyenne sur cette question. Une promesse de sa campagne électorale pourtant.

L’Élu d’opposition de la liste une vraie Gauche pour Carhaix a demandé le report du vote sur cette question afin de débattre avec la population.

Refusé ! Rien, niet, que nenni et qui m’aime me suive. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait les conseillers de la majorité municipale, sans piper mot.

Section PCF de Carhaix

Gestion de l'eau à Carhaix: communiqué de la section PCF de Carhaix
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 09:07
La France, ses paysages et sa loi Macron: signez la pétition pour refuser la France moche des panneaux publicitaires

Panneaux publicitaires : refusons la « France moche » de Macron !

Dans le cadre de la loi « Croissance » dite Loi Macron, le gouvernement s’apprête à adopter en catimini un décret assouplissant fortement les règles d’implantation des panneaux publicitaires.

Au travers de dérogations écrites sur mesure par et pour le lobby de la publicité, des centaines de milliers de panneaux illégaux vont être légalisés !

Une consultation publique, qui se terminera le 09 février à minuit, vous permet de vous opposer à ce projet de décret.

Nous comptons sur vous : signez la pétition !
http://decret-macron.agirpourlenvironnement.org/

NON à l'installation de panneaux publicitaires géants de 50 m² à proximité de nombreux stades !

Ce décret prévoit de généraliser les panneaux de 50 m² (contre 12 m² actuellement) situés à proximité des 53 stades de plus de 15 000 places. Initialement, cette mesure avait été envisagée dans le cadre de l’EURO2016. Or, seule une dizaine de stades accueillera les équipes européennes… !

NON à l’installation de panneaux scellés au sol de grand format dans plus 1500 villes de France !

Pire, le projet de décret prévoit de généraliser les panneaux de 4x3 mètres dans les villes de moins de 10 000 habitants, espace où ils étaient jusqu’à présent interdits !

Plus de 1500 villes seraient ainsi concernées par cette modification.

NON au passage de 12 m2 à 16 m2 de la surface maximale des panneaux publicitaires

Enfin, depuis la loi Grenelle, la surface dédiée à la publicité ne peut excéder 12 m² (ce qui est déjà trop !). Depuis le 13 juillet 2015, plusieurs centaines de milliers de publicités sont ainsi devenues illégales. Le projet de décret soumis à la consultation du public indique, en son article 4 que « la surface totale des publicités de 12 m² ne peut en tout état de cause dépasser 16 m² ». En gros, ce qui est illégal ne peut en tout état de cause être illégal !

NON à la multiplication des publicités lumineuses dans de très nombreuses agglomérations de moins de 10 000 habitants.

Parce que rien n’est trop beau pour faire les yeux doux au lobby de la publicité, l’installation des publicités lumineuses seraient facilitée ! Moins d’un mois et demi après la Conférence climatique de Paris, la loi Macron s’apprête donc à généraliser des dispositifs publicitaires dont la consommation électrique représente l’équivalent de 3 familles de 4 personnes ! Gaspillage pour les uns, appel à la responsabilité pour les autres.

NON à l'augmentation de la surface de la quasi-totalité des panneaux publicitaires et enseignes !

Ce projet de décret est inacceptable et risque, s’il est adopté en l’état, d’enlaidir encore un peu plus l’entrée de nos villes.

La mobilisation citoyenne doit faire plier le Gouvernement : signez la pétition.

ou
http://decret-macron.agirpourlenvironnement.org/

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 07:56

Selon les statistiques officielles, 6,2 millions de personnes sont au chômage. Pour 2,5 millions d'entre eux, cela dure depuis plus d'un an. Les personnes les plus touchées : les ouvrier-e-s, employé-e-s, les jeunes, les personnes sans diplôme, les parents isolés (85% de femmes), les habitant-e-s des zones urbaines sensibles et les immigré-e-s.

Le chômage est évidemment associée à la pauvreté des familles: 8,5 millions de pauvres en France si on se base sur le critère de 60% du revenu médian.

Pour les chômeurs indemnisés (ils et elles sont une minorité), l'indemnité moyenne est de 1100 euros brut par mois (entre 980 et 1050 € net par mois). 63% des chômeurs indemnisés touchent une allocation inférieure à 1800€ brut par mois. 27% des chômeurs renoncent à des soins médicaux pour raisons financières.

Dans la lignée de la Cour des comptes (voir ici), le gouvernement Hollande-Valls a annoncé qu'il pensait réduire les allocations chômage. Les conséquences pour les personnes concernées ? Difficultés sociales, pauvreté, problèmes de santé, moins de loisirs pour les enfants... Dans cette situation, chercher et trouver du travail relève de la mission impossible.

A nouveau, le gouvernement reprend à son compte une veille revendication du Medef (déjà ici, en 2014).

Début 2014, Hollande était pourtant sur un tout autre registre: "Ce n'est pas à un moment où il y a un taux de chômage élevé qu'il faut réduire les droits des chômeurs". Deux ans plus tard, le discours est différent au moment où syndicats et patronat doivent se retrouver autour du 20 février pour renégocier la prochaine convention qui arrive à échéance le 1er juillet.

La dette du régime d'assurance chômage (29,4 milliards) a été creusée par un chômage de masse causé par les politiques libérales menées depuis 35 ans: austérité, absence de soutien aux salaires, libre-échange avec son cortège de délocalisations, de pression sur l'emploi, acceptation des licenciements boursiers, suppressions d'emplois dans les services publics et anciennes entreprises publiques (110 000 à la Poste depuis 12 ans, 30 000 postes supprimés à la SNCF depuis 2000), conséquences de la crise financière de 2008 qui est une résultante des prélèvements trop importants opérés par le capital et du grossissement de l'économie spéculative.

Est est liée aussi à des années de politiques d'exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires pour le patronat, politique inefficace du point de vue de l'emploi mais qui creuse les déficits de l'assurance chômage.

Le chômage à un haut niveau en France est voulu par le patronat et les puissances financières, et les élites politiques et technocratiques qui gèrent leurs intérêts: c'est un moyen de faire pression sur les salaires, les conditions de travail, de plonger les salariés dans la crainte, la résignation, d'enrayer leur combativité, de leur faire accepter n'importe quel poste.

C'est aussi une conséquence de notre acceptation des règles ultra-capitalistes de la mondialisation libérale et de l'Europe des marchés.

Sinon, il suffirait d'alléger le temps de travail: passage au 32 h. Au lieu de ça, on casse les 35h, on allonge la durée de travail jusqu'au départ à la retraite, ce qui au demeurant crée plus de chômeurs à indemniser de manière automatique puisque beaucoup d'employeurs considèrent qu'à 50-55 ans, on est plus assez performants. Il suffirait de réduire les prélèvements du capital. De relever les salaires pour relancer la consommation, l'activité économique et l'embauche. Les gains de productivité importants de ces dernières années ont été absorbés par les profits financiers. En 1980, le capital accaparait 30% du PIB des pays de l'OCDE, aujourd'hui c'est passé à 40%. Pour la France, cela représente une baisse de 200 milliards d'euros par an qui ne sont plus affectés à la rémunération du travail mais à celle du capital.

Patrice Cohen-Séat dans son dernier essai Peuple! La lutte des classes au XXIe siècle résume ainsi: "Globalement, l'avantage pris par le capital dans le partage des richesses se traduit donc par une forte insuffisance de la "demande", et constitue l'une des principales causes du cancer économique et social qui ronge nos sociétés: fermeture d'entreprises ou de sites et baisse de l'emploi, déséquilibre des comptes sociaux des dépenses de protection sociale, baisses des rentrées fiscales et coupes sombres dans les dépense publique, développement extravagant de la dette, etc. C'est un cercle vicieux récessif qui affecte tous les volets de la demande privée et publique et étouffe l'économie européenne".

Le chômage de masse jette un discrédit sur les institutions, le système politique et social, plonge toute une partie de la population et des classes populaires dans le désarroi et le rejet du politique, mais cela ne profite pas à des forces politiques qui pourraient et veulent remettre en cause la domination des politiques capitalistes.

Remettre en cause les allocations chômage, en France comme en Angleterre et ailleurs, en les rendant plus dégressives, en durcissant leurs conditions d'obtention, en radiant les chômeurs, est un moyen pour les néo-libéraux de mettre à disposition une armée de réserve précarisée pour accepter des boulots au rabais: travailler en de-deçà de ses qualifications, accepter des petits boulots, postes sous-payés, des CDD, des temps partiels imposés... Pour les néo-libéraux, la misère doit être l'aiguillon de l'acceptation du travail exploité ou dévalorisé.

Les formations bidons qui ne mènent à rien ont aussi pour but de maquiller les vraies statistiques du chômage.

Pôle Emploi sert de terrain d'expérimentation aux politiques néo-libérales depuis des années. Bientôt, les chômeurs ne seront plus reçus que le matin, ils devront constituer leurs dossiers d'indemnisation tous seuls par internet, avec le risque de ne pas y avoir droit s'il manque des pièces. L'accompagnement des chômeurs est complètement deshumanisée par les réformes structurelles à Pôle Emploi. Les chômeurs qui "valent le coup" car pouvant potentiellement trouver du travail rapidement sont sous-traités par des filiales privées.

Ce système est fou, humiliant pour les chômeurs, insupportable humainement.

Nous ne devons plus supporter ce mépris des chômeurs, qui sont des victimes d'une politique globale, non des profiteurs de quoique ce soit!

Ismaël Dupont.

Voir aussi la pétition de Caroline de Haas sur internet, à signer bien sûr:

Bonjour,

comme sans doute beaucoup d'entre vous, j'ai découvert ce matin que le gouvernement envisageait de baisser les indemnités des chômeurs et des chômeuses.

Autour de moi, des ami-e-s, des ancien-ne-s collègues, des membres de ma famille, galèrent à trouver du boulot. Et le montant des indemnités, lorsqu'elles existent, ne permet souvent pas de chercher du travail dans de bonnes conditions. En regardant d'un peu plus près, les chiffres montrent que la situation est la même pour une immense majorité des personnes qui cherchent du boulot (voir l'infographie ci-dessous).

J'ai publié ce matin une lettre ouverte à Myriam El Khomri, ministre du Travail pour lui demander de renoncer. Signez et partagez la lettre en cliquant ici !

N'hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus,

A bientôt,

Caroline De Haas, militante féministe

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 19:38

Préface au livre de Patrice Cohen-Séat: Peuple! Les luttes de classes au XXIe siècle

1-

Le monde est "Tout à la guerre, à la vengeance, à la terreur", écrivait Arthur Rimbaud (Qu'est-ce que pour nous mon cœur? 1872). Paradoxalement, la France, l'Europe, l'Amérique, semblent vivre dans un îlot de paix garanti par leurs opérations extérieures (les attentats du 13 novembre 2015 ne sont, hélas, qu'une des conséquences de ces actions extérieures). Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d'Arabie n'enjoignait-il pas les grandes puissances à multiplier les conflits secondaires pour éviter le conflit central?

Restons en France.

Son exemple vaut pour tous les autres pays occidentaux.

L'absence de guerre sur le territoire français n'est qu'une illusion, un faux-semblant exalté pour nous égarer. L'oligarchie politico-financière à la tête de l'Etat mène une guerre où l'adversaire n'est pas l'autre, la puissance étrangère, mais le citoyen salarié, cet "ennemi payé" selon Kafka. Cette guerre contre la classe ouvrière - la "working class" des Anglais - n'est pas une guerre déclarée avec déploiement de troupes, de tanks, d'aviation de combat mais une guerre secrète menée sous l'impulsion de petits groupes de droite comme de gauche (la distinction perd ici tout sens) gagnés aux thèses néo-libérales les plus extrêmes. Cette guerre sociale dévaste la société par la promotion d'un chômage de masse, d'une pauvreté endémique, l'élimination de l'égalité au profit de la charité, l'oubli de l'exploitation au profit de l'exclusion, l'anéantissement de toutes les lois de protection des salariés, du code du travail, de la justice prud'homale, la ruine des services publics au nom du dieu Profit, ce dieu unique auquel tout doit être sacrifié pour le bonheur d'un très petit nombre contre la multitude. En son temps déjà, Jonathan Swift relevait dans Les voyages de Gulliver: "Le riche profite du travail du pauvre et il y a mille pauvres pour un riche. La masse de notre peuple est forcée de vivre dans la misère, travaillant tous les jours pour un pauvre salaire, et permettant à quelques-uns de regorger de tout (Voyage chez les Houyhnhms).

La balkanisation sociale, professionnelle, culturelle, ethnique, religieuse, le démembrement de l'Etat-Providence, la napalmisation médiatique de toutes les idées progressistes, l'ultra-libéralisme déifié sont les effets les plus visibles de cette "stratégie du choc" si bien décrite par Naomi Klein. Cette désorganisation générale est pensée, voulue, exécutée par le gouvernement aux ordres du patronat et soutenue par les medias domestiques. C'est une tornade de lois, de décrets, de réformes qui ravage la société, la fragmente et fait apparaître le pays tout entier comme un immense verre brisé, un champ de ruines. Nous avançons désormais dans un tourbillon de marnes, de vases, de sédiments comme les noctambules, les mains tendues à la recherche d'un espoir disparu sous les nuées. Et dans cette tourmente dont l'obscurité nous cerne, beaucoup perdent tout repère politique et s'offrent à la première main qui se tend, fut-celle de l'extrême droite.

C'est dire s'ils se noient, s'ils perdent la tête.

Nous sommes dans un entre-deux, dans une époque intermédiaire, un nouveau Moyen Age, ou au creux de la vague, si l'on préfère les métaphores maritimes. Peut-être dans un entre-deux guerres, l'une manifeste, l'autre larvée, toutes les deux meurtrières.

Qu'émergera de ces ténèbres fangeuses?

Une Renaissance (une révolution) ou une Apocalypse (une dictature politico-financière)?

Bien audacieux qui se risquerait à le dire aujourd'hui?

2-

Combien de Unes hebdomadaires ont-elles annoncé la fin de l'histoire, la fin des paysans, la fin de la lutte des classes, la fin des ouvriers, la fin de l'Europe, la fin de l'Occident, la fin des intellectuels, la fin du capitalisme, la fin, la fin, la fin... Comme si proclamer la Fin, la scander, l'affirmer permettait à la fois de l'appeler de ses vœux et d'exorciser la peur que cette idée provoque.

Mais tenons cela pour dit: la Fin est proche.

Dès lors, nous vivons dans un temps paradoxal où à la fois le culte de la vitesse est absolu (l'informatique, l'information, les transports, le travail, la vie, tout doit aller toujours plus vite) et en même temps l'attente d'une fin est prodigieuse. Il y a apparemment une contradiction entre cette "attente" et cette "vitesse" mais la contradiction n'est qu'apparente puisque cohabitent dans le même corps social l'appel mortifère à la fin et le désir manifeste de s'y précipiter.

A nouveau, les deux grandes tendances qui travaillent souterrainement l'humanité depuis la nuit des temps resurgissent et s'opposent en pleine lumière: l'apocalyptique et le millénarisme. Pour certains - les apocalypticiens - cette conviction de connaître de son vivant la Fin des temps (conviction qui animait aussi bien les premiers chrétiens que les premiers musulmans), c'est l'espoir d'un anéantissement et d'une résurrection dans la gloire de Mammon, le dieu de l'argent, leur dieu. En termes politiques, c'est l'attente que le capitalisme triomphe en tant qu'ultime stade de l'organisation humaine, son indépassable horizon où le marché et la démocratie se confondent; où la quête perpétuelle du profit s'apparente au sacrifice expiatoire que la divinité financière réclame quotidiennement.

Pour d'autres - les millénaristes- cette Fin est un commencement, une espérance. Leurs luttes doivent en favoriser le passage vers un renouvellement, une régénérescence de la société pour mille ans; c'est l'espoir révolutionnaire de remettre en marche le train du peuple paralysé par la peur; de renverser le capitalisme et de transformer le monde, selon l'injonction de Marx.

3-

Révolution ou Apocalypse?

Dans un cas comme dans l'autre, de l'alpha à l'omega de ces questionnements, il y a la guerre.

Déjà dans Querela pacis, Erasme de Rotterdam écrivait en 1515: "Le comble de l'infamie, c'est qu'il y a des princes, sentant leur autorité faiblir par une paix trop longue et l'union de leurs sujets, qui s'entendent en secret, de façon diabolique, avec d'autres princes qui, lorsque le prétexte est trouvé, provoquent la guerre afin de tout diviser par la discorde de ceux qui vivaient étroitement unis et de dépouiller le malheureux peuple, grâce à cette autorité sans fin que donne la guerre". Les princes d'aujourd'hui ne sont pas différents de ceux du XVIe siècle. Eux aussi "s'entendent en secret"; eux aussi divisent tout "par la discorde"; eux aussi dépouillent "le malheureux peuple"; eux aussi s'appuient sur "cette autorité sans fin que donne la guerre".

La guerre: il y a celle de l'histoire, celle de 1939-1945 après laquelle de nombreux détenteurs de capitaux en France, en Europe, aux Etats-Unis, furent obligés - pour un temps- de faire profil bas pour avoir activement collaboré avec l'Allemagne nazie. Tandis que se mettait en place ce qu'on appellera l'Etat-Providence, les capitalistes allaient se refaire une virginité et préparer leur revanche. On peut fixer le point de départ de cette reconquête en 1947, lorsque Frédérich Hayek publie La Route de la servitude, manifeste anti-communiste qui sera un grand succès de librairie. La pensée d'Hayek qui toujours "préférera une dictature qui soutient le marché qu'une démocratie qui le récuse" mise sur orbite mondiale par le trio Thatcher - Reagan - Blair est aujourd'hui devenu la doxa d'une majorité de gouvernements occidentaux et Waren Buffet peut fanfaronner que s'il y a une lutte des classes ce sont eux (les capitalistes) qui l'ont gagnée! Leur revanche est accomplie.

Il y a la guerre des mots, l'écrasement de la société par le langage vidé de son sens, retourné comme un gant, ramené à la pauvreté insultante du slogan, voire du jingle publicitaire, quand le coût du travail efface l'idée de salaire, que le plan de sauvegarde de l'emploi masque le plan de licenciement, quand les syndicalistes deviennent des "partenaires" sociaux, que le gouvernement ultra-libéral se prétend "socialiste" etc.

Il y a la guerre idéologique, l'enfermement du monde derrière le mur toujours plus haut du : "Il n'y a pas d'alternative" proclamé sur tous les tons, dans tous les lieux par les politiques stipendiés par les forces les plus réactionnaires et les puissances financières.

Il y a la guerre de l'information étouffée sous la propagande. En France, la quasi totalité des medias est aux mains de huit milliardaires: Serge Dassault, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré, Patrick Drahi, Martin Bouygues, Xavier Niel (et ses deux associés Pierre Bergé et Matthieu Pigasse); sans compter François-Henri Pinault, propriétaire du Point. Dans ce cercle fermé, gouverné par le capital, la lobotomisation des consciences est à l'oeuvre quotidiennement, les mensonges journalistiques propagés comme des vérités révélées et reproduits à tout-va dans la presse papier, à la radio, à la télévision.

Il y a la guerre écologique, la destruction de la nature, des océans, l'exploitation de la terre et des hommes jusqu'à épuisement, "la vraie guerre de civilisation qui se mène dans le pays et plus largement sur la planète" comme le rappelait le sociologue Edgar Morin (Le Monde du 4 novembre 2014).

Inutile de poursuivre l'énumération, de quelque côté que l'on se tourne: la guerre surgit, s'établit et prospère, en France comme en Europe ou aux Etats-Unis.

Cette guerre est une guerre fantôme.

C'est un spectre d'autant plus redoutable que l'ennemi ne se montre jamais à découvert. S'il y a une armée des ombres, c'est bien celle-là! Jaurès déjà le constatait: "...la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes se dérobe, s'évanouit dans une sorte d'obscurité".

4-

Le rôle de l'Etat est a minima de garantir la paix ou, si l'on veut, d'éviter la guerre. Cette paix -qui doit aussi être une paix civile- repose sur le pilier central de la devise de la République: l'égalité. Or, l'Etat, en tant que garant de la paix et de l'égalité, est diffamé au nom d'une raison supérieure qui ne veut considérer la société qu'en termes de profits et de pertes. Le problème des gouvernements actuels (de la droite à tendance néo-fasciste à la droite néo-libérale dissimulée sous le faux-nez socialiste) n'est plus de savoir si une politique est juste -même pas morale, juste - et cohérente avec le mandat reçu des électeurs mais de savoir ce qu'elle peut rapporter. On est passé d'un engagement de conviction à une politique de rapport, comme les maisons du même nom. Cette financiarisation de l'action publique est une victoire majeure du néo-libéralisme. Un néo-libéralisme qui, régi par le seul intérêt privé, s'affranchit de toute légitimité démocratique.

En France nous ne sommes évidemment pas dans une dictature ni dans une théocratie mais - et c'est tout aussi grave- nous vivons désormais dans un régime post-démocratique, voire post-républicain. Les suffrages sont sans conséquences et les élections maintenues uniquement pour amuser la galerie. Les décisions se prennent dans les conseils d'administration, dans les cabinets ministériels, dans les cercles fermés ou les puissants se cooptent, dans le secret. Dorénavant les choix des dirigeants politiques et économiques priment sur le résultat du scrutin (le meilleur ou le pire exemple étant le référendum de 2005 où la volonté des Français a été bafouée par le parlement). La grande crainte de Robespierre qu'à "l'aristocratie de l'argent" s'impose aujourd'hui comme une réalité tangible. Les pouvoirs financiers qui sont à la manœuvre non seulement impulsent mais mieux encore dirigent la politique dont les représentants élus n'ont plus - ce n'est rien de le dire! - qu'une fonction de représentation. Aujourd'hui, le président, ses ministres et ceux qui les soutiennent ne sont que les caudataires des détenteurs du pouvoir économique, des ventriloques qui répètent ce que leur dictent les organisations patronales. ...

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 18:54

Les femmes font massivement face aux violences sexuelles sur le chemin de l’exil

"À la gare de Presevo en Serbie pour aller en Croatie, le 20 janvier 2016. © Reuters Les femmes fuyant leur pays sont toutes ou presque la cible de violences sexistes le long de leur parcours migratoire. Mediapart a documenté cette réalité qui suscite une relative indifférence. Dans les pays d'accueil, y compris en France, la réaction des pouvoirs publics est quasi inexistante."

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 18:46

Les communes ont leur mot à dire sur le changement des compteurs d’électricité et de gaz parce qu’ils leur appartiennent. Du coup refuser un Linky et un Gazpar st possible. Explications et dernières nouvelles.

« Le compteur Linky est arrivé, avec lui de nombreuses questions » titrons-nous dans notre article http://www.humanite.fr/le-compteur-linky-est-arrive-avec-lui-de-nombreuses-questions-591538 annonçant le début de leur déploiement.

Nous y expliquons qu’il était difficile voire impossible de refuser l’installation de ce compteur controversé. La raison est, précisions-nous, « que les compteurs n’appartiennent pas aux « abonnés-clients » mais aux distributeurs (ERDF en étant le principal) ».

Ca a généré un bon nombre de courriels des lecteurs, parmi eux celui d’un conseiller municipal de Saint-Macaire (Gironde). Leur intérêt est qu’ils posent tous la question de la propriété des compteurs d’électricité mais aussi de gaz et d’eau.

Ce qui est certain est qu’ils ne sont pas la propriété des propriétaires ou locataires des lieux où ils sont installés. C’est ERDF ou un autre distributeur qui seraient donc propriétaires du compteur et qui pourraient ainsi y accéder (article 29 de la loi de transition énergétique du 17 août 2015) et changer le compteur existant pour un Linky (décret n° 2010-1022 du 31 août 2010).

« Non, selon le courriel que nous a envoyé Stéphane Lhomme, conseiller municipal de Saint-Macaire. Les compteurs appartiennent aux collectivités locales (communes, intercommunalités) qui les concèdent à ERDF. Beaucoup d’entre elles l’ignorent. Les Linky appartiennent donc aux communes, c’est un fait avéré et non discuté. De ce fait cela pose la question du remplacement d’office des compteurs par ERDF, sans l’accord du propriétaire des lieux. »

Cette information est confirmée par Charles Antoine Gautier, chef du département Energie de la FNCCR (fédération nationale des collectivités concédantes et régies). Dans un entretien à Maire Info, le journal de l’AMF (association des maires de France), dont on peut prendre connaissance ici http://www.maire-info.com il confirme que « les collectivités concédantes du réseau d’électricité sont propriétaires des compteurs actuels et des Linky qui commencent à se mettre en place. ERDF n’en est que le concessionnaire. »

La raison de ce débat sur la propriété des compteurs Linky est due, selon lui, à un problème de financement que les communes ne peuvent assumer seules. Exact, sauf que c’est le consommateur qui va casquer.

Rappelons que la pose du Linky et la dépose de l’ancien compteur sont gratuites, de même que le compteur lui-même. Cependant un décret du 31 août 2010 relatif aux dispositifs de comptage sur les réseaux publics d’électricité prévoit que le financement soit assuré par les consommateurs via le TURPE (tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité) à raison de 1 à 2 euros par mois prélevés sur les factures d’électricité… jusqu’à atteindre le coût du compteur Linky (de 120 à 240 euros).

Sans oublier la CSPE (contribution au service public de l’électricité) qui est passé à 27 centimes d’euro par kWh le 1er janvier 2016 et qui sert aussi à financer ce type de dispositif.

Alors, ça change quoi pour les consommateurs que les communes soient propriétaires des compteurs ?

Et bien, les conseils municipaux peuvent prendre une délibération s’opposant à l’installation de Linky chez les habitants avec leur appui… à l’exemple de Saint-Macaire qui a également refusé Gazpar, l’alter-égo de Linky pour le gaz. La délibération du conseil municipal de Saint-Macaire peut être lue avec intérêt en pièce jointe.

Il est également possible de demander à son maire de refuser l'installation d'un Linky comme d'un Gazpar ou son retrait si celui-ci a été installé selon les explication et la lettre type (à envoyer au maire) à télécharger icihttp://refus.linky.gazpar.free.fr/contacter-maire-demander-retrait.htm

Par ailleurs, la loi de transition énergétique ne sanctionne pas le refus individuel de changer son compteur existant contre un Linky. Il faut le savoir même si ERDF prévoit de la contourner.

En effet, le conseiller municipal de Saint-Macaire révèle que « la CRE (commission de régulation de l’énergie) a prévu de taxer 19 euros HT par mois le relevé manuel des compteurs à tous ceux qui refusent Linky (dont le relevé se fait à distance). » C'est probablement illégal et davantage une menace qui nemanquera pas de faire l'objet de poursuite devant les tribunaux.

En toile de fond, c'est la suppression ou la compression de nombreux emplois chez les distributeurs et les fournisseurs d'énergie et d'eau.

Informations complémentaires

- modèle de lettre de refus de Linky et explications

http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/nouveau-compteur-erdf-linky-la-51806

- le refus de la commune de Saint-Macaire (délibération en pièce jointe)

http://www.20minutes.fr/sante/1743423-20151203-energie-commune-veut-bannir-compteurs-linky-gazpar

- la lettre du maire de Varennes-sur-Seine s'opposant aux Linky et Gazparhttp://www.varennes-sur-seine.fr/images/stories/documents/affichages/compteurs.linky3_.pdf

- site consacré au refus de compteurs Linky et Gazpar par les communes et nombreuses infos utiles pour les usagers http://refus.linky.gazpar.free.fr

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 17:53
Communiqué du PCF d'Aix après la manifestation des identitaires à Aix en Provence

Après la manifestation des identitaires à Aix en Provence.

Hier s'est déroulée à Aix une manifestation dans le plus pur style de l'extrême droite la plus sombre à la date anniversaire de l'accession d'Hitler à la chancellerie d'Allemagne.

Munis de flambeaux, comme les SA le 30 janvier 1933, les individus participants à la marche revendiquée par Génération identitaire sur Internet ont clamé leur amour de "l'identité aixoise", encadrés par la police.

Que les autorités, en plein état d'urgence laissent se dérouler pareille offense à la République est profondément scandaleux.Voilà plus d'un an que des groupuscules d'extrême droite sous diverses étiquettes : Jeunesses nationalistes, Génération identitaire, Action française, troublent l'ordre public à Aix : tentative d'incendie de local du PCF en pays d'Aix, agression de militants jeunes communistes, perturbation de rassemblement de militants des droits de l'homme, irruption dans une conférence à l'IEP puis menaces de mort sur un parlementaire socialiste et coup porté à son collaborateur.

Maintes plaintes déposées et à ce jour, aucune suite concrète. Ces mêmes personnes peuvent donc parader en toute quiétude, emmenées par un identitaire candidat pour le Front national lors des dernières départementales et crier leur amour de Guillaume de Provence "libérateur de la Provence face aux Sarrasins" !

Nous réitérons notre demande de dissolution de tous les groupuscules violents, et en appelons aux autorités pour qu'un terme soit mis aux provocations comme aux actes répréhensibles. À peine maquillée derrière des revendications "culturelles", cette manifestation raciste est une injure aux habitantes et aux habitants d'Aix, notre ville qui compte sur ses monuments aux morts bien des noms de résistants, parmi lesquels de nombreux communistes.

Aix doit être une ville ouverte et fraternelle. Nous ne les laisserons pas faire.

A lire aussi dans "La Marseillaise":

Aix-en-Provence. Exactions « françaises » dans l’impunité

Les membres de groupes d’extrême droite multiplient les agressions sur des citoyens, militants et élus. Une marche identitaire a eu lieu samedi semant un peu plus le trouble.

Ce n’est pas un hasard si la centaine de jeunes d’extrême droite a défilé samedi 30 janvier dans les rues d’Aix à l’appel de Génération identitaire, flambeaux et slogans à l’appui. Avançant des revendications culturelles pour maquiller une marche « promotionnelle » là où le groupuscule prône en fait la haine et la terreur.

« Le 30 janvier », rappelle le communiqué de la section communiste locale, qui exige la dissolution de ces groupuscules violents, « est la date anniversaire de l’accession d’Hitler à la chancellerie d’Allemagne ». Un fait d’autant plus troublant que la manifestation aixoise a obtenu l’accord préfectoral et était encadrée ce soir-là par la police municipale : « Que les autorités, en plein état d’urgence, laissent se dérouler pareille offense à la République, est profondément scandaleux », dénoncent les communistes qui ont réagi aussitôt.

Cette marche lancée par Jérémy Piano (candidat FN aux dernières élections départementales), si « tranquille » apparaisse-t-elle, vient s’ajouter à une liste d’agressions en recrudescence dans la cité du Roy René, par des groupuscules gémellaires notamment l’Action française. En quelques mois, les exactions -répréhensibles pourtant- se sont multipliées : tentative d’incendie de local du PCF à Aix, agression des jeunes militants communistes, perturbation de rassemblement des militants des droits de l’Homme (cercle de silence), irruption dans une conférence à l’IEP, mais aussi menaces de mort sur le Député socialiste Jean-David Ciot et nombreux coups portés à son attaché parlementaire, au directeur du Théâtre d’Aix, ou encore sur des citoyens lambda.

Que fait la police ?

En tout, plus d’une dizaine de plaintes déposées au commissariat d’Aix depuis un an mais demeurées sans suite malgré les expertises médicales, les ITT (incapacités temporaires de travail) subies par les victimes, les films et témoins prouvant l’agression des responsables démasqués et ce sans parler des distributions de tracts incitant à la haine, en toute impunité, du côté des allées Provençales, chaque samedi matin.

Un climat d’autant plus délétère que tous ces groupuscules de Génération identitaire à l’Action Française se targuent sur les réseaux sociaux de participer à des manifestations fascisantes en Allemagne notamment.

Quelques semaines après la demande de dissolution de l’Action française (faction dont les membres s’affichent avec ceux du Front national et de Génération identitaire, par le Député socialiste Jean-David Ciot, la question de la préhensibilité des groupuscules néo-fascistes est plus que d’actualité. D’autant plus dans une République qui entend se prémunir de toute forme de menaces terroristes et où la réponse du Ministre de l’Intérieur est toujours vivement attendue.

Houda Benallal (La Marseillaise, le 1er février 2016)

Maquillage culturel pour une marche identitaire « raciste »

En mettant la culture provençale en avant de leur marche samedi soir, les militants de Génération identitaire ont voulu maquiller le réel motif extrémiste, célébrant le libérateur, Guillaume de Provence (955-993) ou s’appropriant Frédéric Mistral(1830-1914) dans la même confusion…

Mais pour le spécialiste Hervé Guerrera et élu du Partit occitan, l’histoire provençale est ici galvaudée : « Aix a été capitale de Provence de 2 siècles après Guillaume de Provence. Si ces jeunes en font une icône c’est parce que ce descendant de Boson, qui était avant tout le comte d’Arles, a combattu les Sarrasins. » Et de préciser : « Si ces jeunes se revendiquent de l’identité provençale, c’est faux, car l’identité provençale est héritière des démocraties grecque et romaine dans sa forme la plus originale, d’où les agoras, forums, etc. Il y a toujours eu en Provence une forme de liberté communale. »

Une marche identitaire que l’élu de l’opposition, membre du Groupe « Démocratie pour Aix » (DPA), n’est pas le seul à dénoncer. Lucien-Alexandre Castronovo, qui siège dans le même Groupe, réagit : « Lorsque les militants de l’Action française agressent, ils sont camouflés. Samedi soir, les jeunes identitaires très proches de l’AF défilaient à visages découverts pour banaliser leur message, ce qui est très inquiétant. Ces nouvelles formes de résurgences de l’extrême droite sont à suivre de plus près par les autorités. »

Et alors que du côté de la police, certains murmurent leur indignation face à la lenteur de traitement des plaintes déposées, la section du Parti communiste aixois dénonçait hier : « Maintes plaintes et à ce jour, aucune suite concrète. Ces mêmes personnes peuvent donc parader en toute quiétude, emmenées par un identitaire candidat pour le FN lors des dernières départementales et crier leur amour deGuillaume de Provence "libérateur de la Provence face aux Sarrasins" » ! « À peine maquillée derrière des revendications "culturelles", cette manifestation raciste est une injure aux habitantes et aux habitants d’Aix. »

Houda Benallal (La Marseillaise, le 1er février 2016)

À savoir

1 an d’agressions par les militants de l'Action Française qui ont roué de coups des jeunes communistes, perturbé un cercle de silence et une réunion contre le FN à l’IEP, frappé une jeune femme, menacé de mort un Député socialiste, porté de nombreux coups à 6 militants et citoyens. En tout, plus de 10 plaintes déposées.

Parti socialiste. Les élus socialistes de Marseille dénoncent les liens du Maire de secteur Front national, Stéphane Ravier, avec le groupuscule fasciste de l’Action Française. Celui-ci soutenait que « les militants de l’AF sont exemplaires » et qu’il est « très heureux et très fier de ces jeunes gens ». Pour les élus PS, « Stéphane Ravier doit désormais s’expliquer sur ses liens avec ces prédicateurs de la haine ».

Dissolution. Exigée d’abord par les communistes il y a plus d’un an, la dissolution de l'Action française a été demandée le 2 décembre 2015 par le Député PS Jean-David Ciot auprès du Ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, suite aux agressions du groupuscule à l’Institut d’études politiques, interrompant une conférence organisée par le PS. La réponse du Ministre est toujours attendue.

La Marseillaise, le 1er février 2016

Communiqué du PCF d'Aix après la manifestation des identitaires à Aix en Provence
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 17:32
Compteur Linky: beaucoup de bruit pour presque rien (journal du net)
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 14:55
« Ce n'est plus la gauche qui gouverne »

L'HUMANITE

Lundi 1er Février 2016

Pierre Laurent : entretien

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, estime que François Hollande n'étant « ni le candidat naturel ni le candidat légitime de la gauche en 2017 », « la clef, c'est l'engagement populaire ».

Vous avez salué le départ du gouvernement de Christiane Taubira. En quoi est-il une bonne nouvelle pour ceux qui, à gauche, contestent la politique menée par Valls et Hollande ?

PIERRE LAURENT

Je ne dirais pas une « bonne nouvelle ». C'est un geste salutaire face à la dérive du pouvoir. C'est le signal clair que ceux qui souhaitent le respect des valeurs de gauche n'arrivent plus à cohabiter avec un pouvoir qui leur a tourné le dos. La décision du président et de son premier ministre d'aller coûte que coûte au vote de la révision constitutionnelle marque la fin d'une période pendant laquelle nombreux sont ceux qui ont espéré, parfois malgré toutes les évidences, que le retour à des orientations de gauche serait possible. Aujourd'hui, tous les ministres qui ont exprimé des réserves au nom du respect des engagements pris en 2012 sont partis. Ce n'est plus la gauche qui gouverne, mais deux hommes, François Hollande et Manuel Valls. Les forces de la gauche sociale et politique doivent bâtir un nouveau projet.

Le jour du départ de sa ministre, Manuel Valls a tenté de rassurer tant sur l'état d'urgence « nécessairement borné dans le temps » que sur la déchéance de nationalité. Pourquoi les contestez-vous ?

PIERRE LAURENT

D'abord, il faut bien comprendre qu'avec la prolongation de l'état d'urgence, la révision constitutionnelle et la réforme de la procédure pénale ¬ puisque les trois sont proposées en même temps ¬, nous entrons bel et bien dans un état d'urgence durable. Nous contestons cette logique parce qu'elle est dangereuse à double titre : elle est inefficace dans la durée face au terrorisme et elle est dangereuse pour la République et nos libertés. Le gouvernement prétend que pour combattre le terrorisme, il faut restreindre les libertés et intensifier la guerre. C'est l'engrenage dans lequel Daech veut nous entraîner. Il ne faut pas lui offrir cette victoire. Pour gagner la bataille contre le projet politique et guerrier de l'Organisation de « l'État islamique », il faut unir les Français, protéger nos libertés et construire la paix. La déchéance de nationalité pour les binationaux, puisqu'ils seraient les seuls visés, est une rupture d'égalité inacceptable, qui viendrait s'ajouter à des fractures territoriales et sociales de plus en plus graves. Les fondements d'égalité de la République sont sapés dans tous les domaines. Nous refusons en bloc cette logique.

Ces dispositions semblent pourtant rencontrer l'approbation de l'opinion. Vous en décriez la logique mais est-il possible de faire face à la menace terroriste sans restreindre les libertés ?

PIERRE LAURENT

J'ai conscience du très grand travail d'explication et de conviction que nous avons à mener. La menace de nouvelles attaques est réelle. Les Français sont donc à juste titre sensibles au besoin de conforter la sécurité du pays. Mais je leur dis : les mesures de police nécessaires ne suffiront pas dans la durée. Le gouvernement doit agir dans deux autres directions et il ne le fait pas. La France devrait être en pointe pour construire des solutions de paix dans la région au lieu de maintenir des relations complices, par exemple avec le pouvoir turc qui alimente ces guerres. Par ailleurs, si nous voulons assécher le terreau qui permet à Daech de recruter des jeunes Français sur le territoire national, il faut redonner toute sa force à la Ré l'emploi, l'égalité, le vivre-ensemble, la laïcité. Ces combats-là sont laissés à l'abandon par les politiques d'austérité et de division nationale. C'est sur ces principes que nous voulons rassembler les Français pour restaurer la sécurité de vie pour tous, faire reculer la peur et non pas l'instrumentaliser.

Au vu des derniers chiffres, ce sont 700 000 chômeurs de plus que compte la France depuis 2012. Les dernières annonces sur l'emploi de François Hollande sont-elles condamnées à l'échec ?

PIERRE LAURENT

Comment pourraient-elles inverser la tendance alors même qu'il ne s'agit que d'amplifier la même logique ¬ baisser par tous les moyens le coût du travail, les salaires, les protections des salariés pour faciliter les licenciements ¬, le recours à la précarité ? Si les patrons sont libres, ils embaucheront, voilà la thèse. Le résultat, c'est un gâchis humain et financier monstrueux. Avec le CICE, par exemple, nous aurons « grillé », à la fin de l'année 2016, 40 milliards d'euros pour un résultat de 700 000 à 800 000 chômeurs supplémentaires. Ces politiques ont échoué et continueront d'échouer pour le seul profit des plus gros actionnaires qui sacrifient l'intérêt général pour maintenir dans la guerre économique mondiale leurs marges financières et leurs dividendes.

Le projet de réforme du Code du travail présenté comme une « simplification » s'inscrit-il, à vos yeux, dans cette logique de déréglementation ?

PIERRE LAURENT

Tout à fait. Le rapport Badinter est un leurre extrêmement dangereux. Les 61 grands principes par lesquels il entend remplacer le Code du travail actuel paraissent formidables sur le papier mais, derrière la belle vitrine, c'est la porte ouverte à la réécriture totale des droits sociaux vers le bas. L'ensemble des droits collectifs du monde salarié sont visés. Cela n'aboutira pas à la libération de la création d'emplois, mais à la libération totale des possibilités de licencier et d'exploiter les travailleurs dans des conditions qui nous ramèneraient plusieurs décennies en arrière. Il est temps d'ouvrir un grand débat de société : allons nous rester enfermés dans cette guerre du tous contre tous, ou repensons-nous collectivement un autre avenir pour une société sans chômage ?

C'est le sens de la campagne du PCF « Zéro chômeurs - tous travailleurs » que vous avez annoncés lors de vos vœux ?

PIERRE LAURENT

C'est plus qu'une campagne. C'est un axe central pour un nouveau projet de société. Dans tous les domaines, nous devons envisager les choses autrement, car la société marche sur la tête et l'une des grandes ambitions, avec la protection de la planète, est de construire une société sans chômage. Je propose que le Parti communiste, lors de son congrès en juin, en fasse l'une de ses décisions majeures en proposant de repenser tous les fondamentaux de notre société. Le travail, l'emploi, l'éducation pour tous doivent être au coeur de ce projet. C'est possible. Ceux qui nous disent que nous sommes obligés d'entrer dans la guerre économique pour protéger les emplois nous mentent. Nous ne cessons d'abdiquer nos principes devant les exigences des marchés et des multinationales, et l'emploi recule mois après mois, année après année. Les paysans sont poussés au désespoir parce qu'on ne paye pas le travail paysan à sa juste valeur. La révolution numérique, qui permettrait de réduire le temps de travail, n'est utilisée que pour promouvoir « l'ubérisation », c'est-à-dire la déréglementation généralisée du travail. Pour nous, cette révolution peut au contraire nous permettre de construire un nouvel âge de la Sécurité sociale, qui sécuriserait l'emploi et la a tout au long de la vie. Évidemment, cela nécessite de mobiliser l'ensemble des richesses disponibles : les immenses sommes détournées par les banques et les marchés financiers doivent revenir à la société.

Vous avez dit votre solidarité avec les salariés de Goodyear condamnés à de la prison ferme pour avoir retenu deux cadres lors d'un mouvement social...

PIERRE LAURENT

La condamnation des Goodyear est un scandale pur et simple. J'invite à amplifier la signature de la pétition et la mobilisation pour exiger leur relaxe, notamment à l'occasion du rassemblement prévu jeudi, au Trocadéro. La bataille pour la relaxe des Air France doit elle aussi se poursuivre. L'offensive du patronat et du gouvernement contre les droits des salariés et des syndicats est devenue systématique, la dernière en date étant l'invention par la ministre du Travail d'un référendum contournant les accords majoritaires. Il faut s'en inquiéter au plus haut point.

Vous vous êtes dit ouvert à la proposition d'une primaire en vue de 2017, comment le PCF entend éviter le piège de la personnalisation et du « vote utile » ?

PIERRE LAURENT

Les appels à une primaire citoyenne de la gauche ouvrent un débat salutaire. Je ne méconnais pas les doutes et les interrogations sur un tel processus. Mais je crois qu'il faut réfléchir à partir de l'essentiel, sans croire à une quelconque solution miracle. Soyons clairs : nous sommes dans une situation politique très dangereuse. Je n'oublie pas les régionales. Si rien ne bouge, ce qui s'est passé en Paca et dans le Nord peut se produire à l'échelle nationale. Alors que les forces vives de la gauche politique et sociale ne peuvent plus se reconnaître dans la candidature de François Hollande, ou une autre défendant les mêmes choix, on veut nous enfermer dans un scénario dans lequel il serait présenté comme le seul à pouvoir porter les couleurs de la gauche au second tour face à la menace réelle du Front national. Cela ouvrirait la porte au détournement de toutes les voix de gauche au service de la recomposition libérale souhaitée par Hollande et Valls. C'est ce scénario que refusent dans leur très grande masse ceux qui signent les appels à une primaire à partir d'un constat et d'une volonté : François Hollande n'est ni le candidat naturel ni le candidat légitime de la gauche en 2017. Il faut donc construire un autre projet et une autre candidature. Alors, oui, toutes les questions sont là : personne ne sait si cette primaire est possible, son périmètre n'est pas défini, les risques de personnalisation au détriment du débat de projet existent... Mais je crois que la chance de rouvrir un large débat à gauche et dans le peuple doit être absolument saisie. La clef, c'est l'engagement populaire, et nous pouvons jouer un rôle moteur pour cela. Je prends ma part en organisant à partir de ce soir les forums publics que j'ai baptisés « les lundis de gauche ».

Le Front de gauche est-il appelé à jouer un rôle, alors que Jean-Luc Mélenchon semble prendre position pour être candidat ?

PIERRE LAURENT

Nous avons construit le Front de gauche pour que se lève une dynamique de toute la gauche sur un projet de rupture avec l'austérité. Allons-nous tourner aujourd'hui le dos aux forces disponibles pour une telle construction, alors même qu'elles n'ont jamais été aussi nombreuses ? Je compte donc sur l'engagement de toutes les formations du Front de gauche. Jean-Luc Mélenchon dit sa disponibilité pour être candidat. Pourquoi pas, mais pourquoi refuser d'inscrire cette proposition dans un processus collectif large où le projet comme la candidature peuvent être discutés ? Cela, je ne le comprends pas.

Certains y opposent notamment la possible participation, s'il s'agit d'une primaire, de François Hollande...

PIERRE LAURENT

Le piège est grossier. François Hollande veut être intronisé par le pouvoir sacré des institutions qui ferait du président sortant le candidat naturel. Il fera tout pour torpiller toute autre initiative à gauche. Nous devons briser ce cercle infernal et subvertir cette logique présidentielle. Les signataires des appels à la primaire que j'ai rencontrés sont motivés par le désir d'ouvrir la voie à un débat et un autre processus de candidature. Unir nos efforts, c'est se donner une chance de parvenir à déverrouiller le « tripartisme ». C'est une bataille, et je ne propose pas de nous prosterner devant une primaire qui descendrait du ciel. J'invite les communistes, les militants du Front de gauche à prendre des initiatives pour faire entrer dans le débat les forces populaires, qui risquent, sinon, d'être spectatrices de l'autoproclamation des candidats.

2016 sera aussi une année de congrès pour le PCF. Après celui de 2013, où il s'agissait notamment de définir « un communisme de nouvelle génération », quels en seront les enjeux ?

PIERRE LAURENT

Ce congrès, compte tenu des circonstances, ne peut qu'être exceptionnel. Nous allons le préparer dans l'action. D'abord, pour construire une offre forte et claire pour 2017. Le congrès aura à tirer un bilan des initiatives prises pour cela et à décider souverainement en conséquence. Deuxièmement, nous travaillons à un grand texte populaire pour dire le chemin d'émancipation que nous proposons à notre société. C'est à cet effort de conception et de formulation que nous allons consacrer une part importante de notre congrès. Enfin, le Parti communiste a beaucoup changé ces dernières années. Des générations nouvelles l'ont investi. Je crois qu'il est prêt à devenir une force politique nouvelle, capable de faire autrement de la politique, tel qu'y aspirent des millions de gens qui, comme nous, n'en peuvent plus de la sclérose actuelle du système. C'est le troisième objectif que nous donnons à ce congrès.

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 20:46
Netanyahu accuse Ban Ki-moon d’"encourager le terrorisme"

Le secrétaire général de l’ONU a vivement critiqué la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, appelant à un gel des constructions.

Le Point avec AFP, mercredi 27 janvier 2016

Après les critiques de Ban Ki-moon évoquant devant le Conseil de sécurité la frustration grandissante des Palestiniens face à l’occupation israélienne, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé mardi le secrétaire général de l’ONU d’« encourager le terrorisme ». « Les commentaires du secrétaire général de l’ONU encouragent le terrorisme », a dit Benjamin Netanyahu dans un communiqué. « Il n’y a aucune justification du terrorisme. Les assassins palestiniens ne veulent pas bâtir un État, ils veulent détruire un État. »

174 morts depuis octobre

Ban Ki-moon a vivement critiqué mardi la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, appelant à un gel des constructions. La « frustration de Palestiniens s’accroît sous le poids d’un demi-siècle d’occupation et de paralysie du processus de paix », a-t-il dit en s’adressant au Conseil de sécurité lors d’un débat sur le Proche-Orient. La poursuite de la colonisation « est un affront fait à la population palestinienne et à la communauté internationale (...) et soulève des questions fondamentales sur l’engagement d’Israël envers une solution à deux États », Israël et un État palestinien, a ajouté le secrétaire général de l’ONU.

La Cisjordanie occupée ainsi que Jérusalem et Israël sont secoués depuis le 1er octobre par des violences qui ont fait 159 morts du côté palestinien et 25 du côté israéliens= depuis le 1er octobre, selon un décompte de l’Agence France-Presse. Un Américain et un Érythréen ont également été tués dans les violences. La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d’attaques. Ban Ki-moon a aussi réitéré mardi sa condamnation des attaques menées depuis plusieurs mois par des Palestiniens contre des civils israéliens, et des tirs de roquettes sur Israël depuis Gaza.

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