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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 07:19
M. HERE Roger Conseiller municipal PCF-Front de Gauche à Plouigneau
Plouigneau le 5 février 2016

Communiqué

Plusieurs Ignaciens se sont émus, à juste titre, à la lecture de la dernière livraison du journal municipal l'Ignacien, distribué dans les boîtes aux lettres en fin de semaine dernière et en début de cette semaine.

Dans un article en rubrique « Société », l'auteur, de la majorité municipale, dans des analyses et commentaires qui n'engagent que lui, fait état qu'une « croissance exponentielle de la population africaine, inéluctable...va entraîner une émigration de plus en plus importante...vers les pays perçus comme les plus favorisés».

Il indique, toujours selon lui, qu'une seule alternative est dès lors possible :

- soit les plus favorisés (nous en France sous-entendu, ndlr) acceptent la situation au risque « d'être sinon totalement envahis tout au moins de subir une immigration massive...quitte à perdre leur propre identité » ;

- soit « la défense de l'identité constitue-t-elle un devoir sacré, au titre de la préservation de l'hérédité, de la descendance, de la culture ? Quitte à condamner à l'errance sinon à la mort, les candidats à l'immigration ? »

Il ajoute ensuite qu'il faut trancher cette question.

En premier lieu poser le problème de la sorte, de façon binaire où il ne nous est présenté qu'une seule alternative comme possible, dans une analyse pseudo scientifique qui n'engage que son auteur, est totalement irrecevable.

Clairement, une telle présentation des problèmes démographiques n'a pour autre but que faire peur. Comme par hasard cette présentation est faite dans un contexte où le problème des migrants, fuyant les guerres, la misère et le chaos, est posé avec une grande acuité (la photo du petit Alan figure d'ailleurs dans l'article de l'Ignacien). En réalité tout ça n'a pour autre but que faire peur, et provoquer des réflexes sécuritaires, identitaires, de relpi sur soi, visant au rejet des populations immigrées dans leur ensemble.

Clairement aussi, ces propos ne peuvent qu'être rapprochés de ceux tenus il y a un an tout juste lors de la cérémonie des vœux par Mme le Maire de Plouigneau quand elle indiquait à propos des événements du 7 janvier 2015 « ...Peut-on faire cohabiter pacifiquement deux populations se comptant par millions d'individus (5 ou 6 pour les uns, 50 à 55 pour les autres) aux pratiques et aux conceptions culturelles si différentes, et parfois si opposées. »

Tout cela participe du rejet de l'autre, de la cristallisation des problèmes autour de la question de l'immigration, favoriser les réflexes xénophobes.

Cela vient alimenter tout ce qui est véhiculé par une droite de plus en plus droitisée et une extrême droite à l'affût, et pour qui, finalement, tout ça est pain bénit.

Au plan national ces expressions réitérées influent aussi sur les positions de plus en plus frileuses de la France, évoluant dans une direction de plus en plus sécuritaire imprimée par notre gouvernement Valls/Macron. En effet, la politique d'immigration et d'asile de Hollande et de Manuel Valls ne diffère pas significativement de celle de Nicolas Sarkozy.

Comment ne pas voir aussi, pour la question des migrants, la responsabilité des gouvernements successifs de la France, et sa part de responsabilité, à travers ses interventions militaires directes, ses ventes d'armes, son soutien à des régimes autoritaires, ses politiques néo-coloniales de domination, dans la déstabilisation de régions musulmanes, arabes et africaines dont viennent une grande partie des réfugiés aujourd'hui. Tout comme l'Union européenne et les États membres devraient s'interroger sur leurs propres responsabilités dans ce qui a conduit ces hommes et ces femmes à fuir leur pays devant la violence et la pauvreté. Il en est ainsi des conflits qui ensanglantent l'Afghanistan, l'Irak, la Libye où l'OTAN, les USA et plusieurs états européens comme la France sont directement impliqués.

La Syrie où, depuis des années, les freins mis à la recherche d'une solution politique, ont conduit à la fuite de centaines de milliers de Syriens qui s'ajoutent aux millions déjà déplacés ou réfugiés dans les pays voisins.

Mais il y a aussi les conséquences des accords de libre-échange entre l'UE et des pays africains qui ont imposé des politiques libérales prédatrices, déstructurant des économies déjà fragiles et poussant à l'exode de populations, notamment jeune et féminine, vers une Europe porteuse d'espoirs

Toutes choses que l'auteur de l'article se garde bien de développer et qui constitue pourtant l'essence des problèmes qui poussent des populations à fuir la misère et la guerre, et toutes politiques qu'il se garde bien de critiquer.

Mais non , l'auteur n'y voit que menaces sur notre identité (Nadine Morano avait parlé de son côté de race blanche).

Mais, au fond, qu'est-ce qu'une identité nationale, sinon le produit de l'apport de toutes celles et de tous ceux qui ont fait l'histoire sociale et économique de notre pays, quelle que soient leurs origines et la couleur de leur peau. Tous, français d’origine ou d’adoption appartiennent à notre identité nationale. Depuis les Celtes, pour ne remonter que jusque là, notre identité s’est en effet forgée de multiples origines, de multiples cultures, de multiples richesses. Pour n'en citer que quelques uns, Manoukian et ses camarades du FTP-MOI, n'ont pas hésité à prendre les armes et à entrer dans la Résistance pour défendre les valeurs d'un pays dont ils n'avaient même pas la nationalité et sont morts sous les balles de l'occupant nazi pour que les français puissent plus tard manger leur pain blanc en toute sérénité (ce pain que viendraient soi-disant manger les immigrés). Beaucoup d'autres, d'origine étrangère, naturalisés ont fait la fierté de notre pays et ont contribué à forger notre identité sociale. Car en fait nous n'avons qu'un dénominateur commun, c’est notre identité humaine. C’est celle-là que nous devons revendiquer.

Roger Héré au Conseil Municipal de Plouigneau, assis au centre avec Dominique Guizien (EELV) à sa gauche: c'était déjà, après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, lors d'une protestation publique contre des propos inspirés des discours anti-immigration et du choc des civilisations tenus par le maire de Plouigneau lors de la cérémonie des vœux de 2015

Roger Héré au Conseil Municipal de Plouigneau, assis au centre avec Dominique Guizien (EELV) à sa gauche: c'était déjà, après les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, lors d'une protestation publique contre des propos inspirés des discours anti-immigration et du choc des civilisations tenus par le maire de Plouigneau lors de la cérémonie des vœux de 2015

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:09
France d'abord - édition bretonne, août 1944 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944, p.2 (archives Pierre Le Rose)

France d'abord - édition bretonne, août 1944, p.2 (archives Pierre Le Rose)

Morceaux choisis, mais toute le bulletin vaut qu'on y consacre du temps de lecture:

Ordre du jour du colonel Courtois, Commandant des F.T.P.F de l'Ouest aux officiers, sous-officiers, et soldats

La bataille pour la Libération de la Bretagne et des départements limitrophes tire à sa fin.

En quelques semaines, les Forces Françaises Intérieures de l'Ouest dont les F.T.P ont liquidé à peu près seules les forces allemandes qui occupaient la région.

L'ennemi traqué de tous les côtés s'est groupé en quelques îlots d'une importance variable en général sur les côtes. Ces îlots seront attaqués et anéantis.

Tout l'intérieur de la presqu'île bretonne est libéré sauf la forêt de Paimpont (Ile et Vilaine).

(...) Les F.T.P pénétraient les premiers dans St Brieuc, Lannion, Corlay, Bourbriac, Callac, Moncontour, Perros-Guirec, Pontivy, Quintin, Broons, Plemet, Uzel, Plouguenast, Rostrenen, Mael-Carhaix, Le Moustoir, Les Forges, Vannes, Hennebont, Baud, Guéméné, Carhaix, Ploermel, Bubry, Colpo, Ste Anne d'Auray, le camp de Meucon, Locminé, Josselin, Chateauneuf du Faou, Quimper, Quimperlé, Bannalec, Le Huelgoat, St Malo de Beignon, Quetquidan et des dizaines de villages et chefs lieux de canton.

(...) Trois belles opérations montrent de quelle audace ont fait preuve les Francs-Tireurs et Partisans bretons:

1°) celui qui s'est livré entre Chateaulin et Carhaix, sur la route stratégique qui va de la presqu'île de Crozon à Rennes. Une division de parachutistes allemands était cantonnée dans l'ouest du Finistère, dans la région de Chateaulin Sizun. Cette division voulut à l'annonce des blindés américains se grouper et se déplacer vers l'est en passant par Carhaix.

Les F.T.P commencent par en empêcher le rassemblement qui devait avoir lieu à Chateaulin. Des éléments de cette division réussissent cependant à s'engager sur la route de Carhaix. Les engagements violents se produisent le long de la route Chateaulin-Carhaix. La colonne allemande, tronçonnée en cinq morceaux est presqu'entière clouée sur place. La tête de colonne, forte de 2000 hommes environ, a pu cependant arriver à Carhaix où elle rencontra les Américains. L'engagement le plus violent entre F.T.P et boches a lieu à Pont-Triffin. Des F.T.P ont tenu là, 4 jours, contre des cavaliers cosaques, des blindés boches, tuant 300 ennemis.

2°) Un bataillon en formation est surpris par les allemands dans les environs de Mael-Carhaix. A l'aube nos gars se voient encerclés. Ils décident de livrer combat dans toutes les directions, section par section, et le soir tout le bataillon s'est dégagé. Les boches laissent 120 morts et 80 blessés sur le terrain. Les F.T.P perdirent 7 hommes.

3°) Les F.T.P.F ont délivré Hennebont après des combats acharnés. Hennebont à 10 km de à l'est de Lorient, couvre cette dernière ville ont sont concentrés 20 000 allemands. Les boches ont défendu Hennebont avec acharnement; de violents combats de rue ont eu lieu, à la grenade, et à la mitraillette. Les F.T.P.F ont fait la preuve à Hennebont qu'aucune forme de combat ne les prenait au dépourvu. (...)

Aujourd'hui, les F.T.P.F sont en nombre devant Paimpol, devant la presqu'île de Crozon, devant Lorient, où l'on prépare à livrer l'ultime assaut aux boches restés en Bretagne.

Les Francs-Tireurs et Partisans peuvent être fiers de ce qu'ils ont fait pour la libération de leur province ainsi que pour celle de la France. Si l'infanterie américaine a pu éviter de venir en Bretagne c'est parce que les patriotes bretons, dont une grande partie sont des F.T.P. ont nettoyé eux-mêmes leur maison. Les radios anglaises et américaines l'ont souligné à juste titre....

Les Belles Actions F.T.P.F

(...)

Les femmes bretonnes ont occupé une place d'honneur dans le combat: des centaines de jeunes femmes et jeunes filles ont assuré les liaisons sous le feu de l'ennemi et ont fait elles-mêmes le coup de feu.

Un exemple entre mille:

Le 25 juin 1944, le sous chef de la Cie. GILBERT était chargé d'une mission. A son retour ne pouvant rejoindre la Cie. il dut se replier; l'agent de liaison DANIELLE fut chargé de le rejoindre. Après un parcours de 30 km, elle réussit après bien des difficultés à le toucher à St Tugdual, bien que cette commune fut encerclée par les allemands: l'encerclement dura 48h. Pendant ce laps de temps, elle assura la sécurité de GILBERT par les renseignements qu'elle lui fournissait. Pour cela elle allait au bourg de St Tugdual, Le Croisty et dans les communes environnantes (elle fut arrêtée trois fois). Munis des renseignements nécessaires GILBERT et DANIELLE partirent à la nuit et parvinrent à franchir le barrage allemand.

Les allemands étaient 1500 environ. DANIELLE armée d'une mitraillette dont elle connaissait le fonctionnement traversa avec GILBERT le barrage. Elle témoigna d'un courage et d'un dévouement exemplaires, pendant les 60 kilomètres parcourus pour rejoindre la Cie.

Imprimerie H.Lestic - Locminé

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 13:08
Appel du 10 juillet 1940, L'Humanité clandestine: Jacques Duclos et Maurice Thorez

Appel du 10 juillet 1940, L'Humanité clandestine: Jacques Duclos et Maurice Thorez

La Libération de Concarneau a été l'oeuvre de trois groupes de Résistance, constitués suivant leurs vicissitudes propres, ne se connaissant pas à l'origine, en raison même des nécessités de la sécurité de chacun.

Dès 1940:

Le Jeudi 20 juin 1940, à midi, les Allemands pénètrent dans la ville. Les semaines suivantes, c'est le retour au foyer de ceux qui ont pu échapper aux camps de prisonniers (1,8 millions de soldats français, dont 137 000 bretons, ont pris le chemin des stalags et des oflags d'Allemagne et d'Autriche). Parmi eux, de nombreux militants du Parti Communiste Français, dont Alain Le Lay, secrétaire régional du Finistère-Morbihan et responsable à Concarneau. Ses efforts tendront à rassembler les militants et les jeunes pour répondre aux directives qui viennent du centre avec lequel la liaison est bientôt établie. A Nantes, le représentant du Comité Central est Marcel Paul, qui préside à la réorganisation du parti. C'est le futur ministre de la Libération et Président National des Anciens Déportés (au début des années 1960). Les choses ne sont pas faciles.

Des militants influents sont arrêtés depuis la "drôle de guerre" et le pacte germano-soviétique approuvé par le PCF le 25 août 1939: Jean Ropars (qui mourra en 1948 des suites de sa déportation), Joseph Le Coz, Scouazec, gérant de "La Bretagne" également.

Marcel Paul, résistant communiste, futur membre du comité international de résistance de Buchenwald et ministre à la libération

Marcel Paul, résistant communiste, futur membre du comité international de résistance de Buchenwald et ministre à la libération

Pierre Guéguin, maire communiste de Concarneau, fusillé à 45 ans en 1941 dans la carrière de Chateaubriant

Pierre Guéguin, maire communiste de Concarneau, fusillé à 45 ans en 1941 dans la carrière de Chateaubriant

 

Le jour où l'Assemblée Nationale (Chambre des députés et sénat) à Vichy donne les pleins pouvoirs à Pétain, malgré le courageux vote contre de 84 députés et sénateurs (les élus communistes avaient déjà été destitués, 3 élus du Finistère ont refusé d'abdiquer face au renversement de la démocratie et de la République: le sénateur-maire Le Gorgeu à Brest, les socialistes Jean-Louis Rolland à Landerneau et Tanguy Prigent à Saint Jean du Doigt), l'appel de Maurice Thorez et Jacques Duclos du 10 juillet 1940 proclamant dans L'Humanité clandestine (interdite en août 1939) "Le Peuple de France ne sera pas un peuple d'esclave" qui parviendra bientôt va faciliter l'organisation du travail clandestin face aux Allemands: l'appel s'élève contre "ces hommes qui ont voulu la guerre et préparé la défaite".

"Il n'y a, dit l'appel, de paix véritable que dans l'indépendance des peuples". Dans sa deuxième partie, l'appel précise: "C'est seulement autour de la classe ouvrière ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage parce que l'avenir lui appartient, c'est seulement autour de la classe ouvrière guidée par le Parti Communiste, parti de propreté, d'honneur et d'héroïsme, que peut se constituer le Front de la liberté, de l'indépendance et de la renaissance de la France".

Albert Ouzoulias, ancien résistant communiste chargé dès 1941 dans la liaison avec la résistance de l'Ouest et notamment nantaise, rapporte dans Les Bataillons de la Jeunesse (éditions sociales, 1967), que le journal anglais Daily Telegraph du 20 décembre 1940 reconnait que malgré le pacte germano-soviétique, c'est du Parti Communiste persécuté par la République finissante et capitularde de Daladier puis par Vichy que vient le premier appel à la révolte contre Vichy et l'occupation: "Le seul parti existant quoique illégal est le Parti Communiste et plus de mille de ses militants ont été arrêté le mois dernier. Ils distribuent des tracts antiallemands qui font appel au sentiment patriotique des Français". Deux mois plus tard, un journal de la collaboration dans le Nord de la France, Le Journal d'Amiens, fait le même constat: "Alors que sous le poids de la défaite tous les partis ont renoncé à toute action collective, les communistes seuls ont maintenu leur organisation, seuls ils s'adressent au peuple et tentent de l'enrôler. Il y a là danger plus grand qu'on ne pourrait le croire en haut lieu. Certes, tant que l'armée d'occupation sera sur notre sol, l'ordre y sera maintenu avec vigueur, mais après?".

Jacqueline Sainclivier dans un article "La Résistance en Bretagne: une identité spécifique?" des Actes du colloque de 2001 sur "Bretagne et identités régionales pendant la Seconde Guerre Mondiale" (Centre de Recherche Bretonne et Celtique de l'UBO, sous la direction de Christian Bougeard, 2002) note que contrairement aux affirmations d'une historiographie non communiste de guerre froide à tendance révisionniste prétendant que l'effort de résistance des communistes aurait commencé seulement après l'invasion de l'URSS le 22 juin 1941, beaucoup de communistes sont entrés en Résistance dès l'été 1940.

Malgré le trouble créé chez des militants anti-fascistes par le pacte germano-soviétique, cela a été facilité par l'entrée dans la clandestinité et une première expérience de persécution qui a commencé du temps même de la République, avant le régime de Vichy. Le 7 mars 1940, 3400 militants communistes ont été emprisonnés, des milliers d'autres ont été jetés dans des camps de concentration, 8000 fonctionnaires appartenant au Parti Communiste ont été victimes de sanction. Le 19 mars 1940, "dressant le bilan de la répression anticommuniste, Sarraut, ministre de l'Intérieur, déclare: "Nous allons voir, maintenant, ce que j'appelerai volontiers de cette expression triviale: le tableau de chasse du gouvernement". Ce "tableau" ne paraissant toutefois pas suffisant à son successeur, le socialiste Sérol, celui-ci décrète la peine de mort contre les Français suspects de propagande communiste, en avril 1940. Léon Blum avait écrit dans Le Populaire"J'ai le sentiment que la majorité de notre parti trouvera la dissolution du Parti Communiste Français naturelle et légitime". (Histoire vraie de la déclaration de guerre, Pierre Durand, Supplément à l'Humanité du 30 septembre 1959). Déjà Blum avait justifié en août 1939 l'interdiction de L'Humanité et du journal communiste Ce Soir  par Daladier. 

En Bretagne mais aussi ailleurs en France. Albert Ouzoulias cite ainsi une affiche du préfet de Seine-et-Oise Marc Chevalier datée du 23 août 1940 qui se plaint en ces termes de l'activité des communistes sans son département:

" Habitants de Seine-et-Oise,

(...) Je donne un premier avertissement aux fauteurs de troubles qui.. poursuivent leur campagne de haine et d'agitation par des tracts et des affiches anonymes... Les manifestations de cet ordre, dès qu'elles seront découvertes dans une commune de Seine-et-Oise, entraîneront, à titre de sanction, l'internement administratif des principaux militants communistes résidant dans la commune. Des actes de sabotage continuent à s'exercer contre le matériel des armées d'occupation. Je ne saurais assez blâmer ces tentatives aussi lâches que stupides... Celui qui se livre à ces gestes criminels est un mauvais citoyen...

Vous ne servirez utilement votre pays, tout en gagnant l'estime des autorités d'occupation, avec lesquelles je collabore en toute loyauté pour la défense de vos intérêts, que par votre attitude correcte, disciplinée, digne de la réputation et des traditions françaises."

A Paris, dans le XVIIe arrondissement, le jeune Guy Môquet dont le père, Prosper Môquet, député communiste, est interné depuis le 10 octobre 1939, organise une vingtaine d'adhérents de la Jeunesse Communiste et couvre l'arrondissement de papillons anti-allemands et anti-Vichy dès septembre 1940. Il est d'ailleurs arrêté le 13 octobre 1940, torturé pour passer aux aveux sur les amis de son père, emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, puis envoyé à Châteaubriant. Le jeune communiste Jacques Grinbaum, 20 ans, est aussi arrêté pour des graffitis anti-allemands et patriotiques autour du Sacré Coeur: il sera fusillé avec Gabriel Péri et 92 autres camarades au Mont-Valérien, le 15 décembre 1941.

Les rapports hebdomadaires de la Gestapo sont aussi significatifs. Celui du 30 septembre 1940 s'exprime ainsi: "Pour mettre un terme à tout nouvel accroissement de la propagande communiste à Paris, la police parisienne appliquera des mesures préventives qui consistent à arrêter et interner dans un camp tous les dirigeants et militants communistes actifs connus à Paris". Le Bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 21 octobre 1940 publie un arrêté du préfet de police Langeron: "Toutes découvertes de tracts clandestins sur le territoire d'une commune de la Seine entraînera l'internement administratif d'un ou plusieurs communistes notoires résidant sur le territoire de cette commune". Marcel Déat, toujours cité par Albert Ouzoulias, confirme dans un éditorial de l'Oeuvre du 6 novembre 1940 le danger et le caractère de résistance à l'occupation de la propagande communiste: "Nos communistes sont redevenus nationalistes. Leurs tracts clandestins ont des conclusions entièrement parallèles aux propos gaullistes. Il n'est question que de la libération et de l'indépendance de la France et l'on nous assure que seul le communisme lui restituera sa pleine souveraineté".

Néanmoins il y a une ambiguïté résiduelle dans les tracts du Parti Communiste à l'été et au début de l'automne1940: tout en étant anti-fasciste, anti-Vichy, anti-allemand, en parlant de liberté et d'indépendance, ils parlent tout de même de lutte pour la paix, et attestent d'une forme d'égalité entre l'impérialisme allemand et anglais. 

En juillet 40, à Concarneau, le triangle de direction du Parti Communiste clandestin est constitué et tient sa première réunion au bois de Kerguerès. Il comprend René Lijour, Eugène Le Caignec et Joseph Berthou.

A Concarneau, le travail de propagande, la diffusion des tracts notamment, ne s'arrêtera jamais. Mais dès cet été 1940, les actions de sabotage contre les installations allemandes commencent. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Yves Le Gall (qui mourra à Rennes en revenant de déportation), Jean Trolez, entre autres, Eugène Le Bris participent à de nombreuses opérations: déboulonnage des voies ferrées (en mai 1942) et à la destruction des lignes téléphoniques (à l'initiative de Charles Tocquer, responsable des jeunes). Des soldats nazis sont attaqués. La nuit est parfois troué d'explosions: c'est la grue de la gare qui saute (en août 1942), ou bien un transformateur ou un poteau à haute tension.

La loi de Vichy du 16 novembre 1940 permet d'"épurer" plusieurs communes bretonnes de personnalités de gauche (Saint-Brieuc, Dinan, Saint-Malo, Saint-Servan, Fougères, Vannes), dont Concarneau. Le maire de Concarneau Pierre Guéguin avait déjà été destitué en octobre 1939 par l'Assemblée Nationale du Front Populaire qui avait levé l'immunité des élus communistes après le pacte de non agression germano soviétique, en même temps que 316 autres maires communistes, et 2778 élus communistes déchus de leur mandat.

Le 9 mai 1941, Victor Louarn, jeune militant communiste est arrêté, puis Fanch Tollec. Alors que le premier est jugé à Paris, le second passe au tribunal à Quimper.

 

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction.

Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, militant trotskiste, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Le groupe Libération à Concarneau

A partir de septembre 1940, l'instituteur brestois, originaire de Concarneau, Pierre Coroller, recolte des renseignements sur les ouvrages défensifs et offensifs de la région qu'il transmet à des groupes locaux de résistance à Brest. Il collabore sur place à Concarneau avec le docteur Nicolas et avec une professeur d'EPS, Mademoiselle Le Bastard. Avec M. Kervahut, dit Kervoas, instituteur en retraite à Penhars, Coroller fonde le groupe Libération au 2ème trimestre 1942, dirigé sur place par le Docteur Nicolas qui connaît bien la population  et organise le recrutement. Le groupe transmet des plans des défenses de Concarneau et de la région. Cette activité de renseignement permit aussi sans doute d'abattre à Concarneau le 18 décembre 1943 avec un avion descendant en piqué un bateau ravitailleur de sous-marin qui fut coupé en deux et coulé en quelques instants, alors qu'il contenait des vivres pour 8 mois. Louis Le Bourhis servira d'agent de liaison pour le Docteur Nicolas avec Mademoiselle Le Bastard, et Monsieur Chauveur se charge du recrutement avec le docteur. Le mouvement prend une certaine ampleur au premier trimestre 1943 et s'étend à Trégunc, Melgven, Beg-Meil, Névez. Il regroupe plus de notables et d'"hommes d'ordre" (le colonel Krebs, à la tête d'une entreprise de construction navale, maire de Lanriec, le Maréchal des Logis Le Romancer, le lieutenant de réserve Jean Jaffrezic, des gendarmes) que les autres mouvements de résistance. Le Docteur Nicolas sera emprisonné en février 1944.    

 

Le groupe Vengeance Action de Concarneau

Dès 1941, un groupe de jeunes Concarnois qui avaient l'occasion de fréquenter Georges Martin, un meneur d'homme qui n'hésita pas le 16 août 1942 à inviter les 2000 personnes présentes à la fête d'athlétisme de Moros à se révolter contre l'occupation allemande, se décidèrent à entrer dans la Résistance. Un premier noyau regroupe sous l'autorité de George Martin Marcel Yvonnou, Arsène et François Herlédan, Paul Corribras, Albert et Jacques Gloaguen, Louis Lozach. L'affiliation du Groupe au Réseau "Vengeance Action", qui se spécialisera dans les Renseignements, les faux papiers d'identité (avec Paul Corribras à la baguette), la récupération et l'évacuation des aviateurs alliés (une douzaine d'aviateurs durent ainsi évacués sur Brest, via Quimper), et existant d'abord à Concarneau sous la direction d'André Le Floch, représentant de commerce rue Amiral Courbet, se réalise le 1er avril 1943. Comptant d'abord huit hommes en août 1942, ce groupe qui s'agrandit de mois en mois comptera au moment des combats pour la libération de la ville de Concarneau 260 combattants. Georges Martin et ses hommes effectueront plusieurs sabotages avant le débarquement allié en Normandie. Il s'intégrera après le débarquement aux F.F.I sous la direction du chef d'escadron Rincazaux et de son adjoint, le capitaine Bourhis. Le 6 août 1944, les audacieux résistants du groupe Vengeance action, au nombre de 6, sous la direction de Georges Martin, constituant le commando "Ma Salver" tentèrent d'immobiliser au port en barrant le chenal les bateaux allemands. L'opération ne réussit pas comme prévu. Le bataillon FFI issu du groupe réussit à faire 80 russes enrolés par les Allemands prisonniers à Trégunc le 6 août 1944. 

 

   

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Il y a chez ceux qui sont en liberté la volonté de poursuivre le combat de leurs frères arrêtés, déportés, abattusn torturés, exécutés. Il y a la volonté de la population d'exprimer son hostilité au nazisme, il y a la confiance née des premiers revers de l'armée nazie. Stalingrad, de Novembre 42 à février 43, stimule la combativité des français. 

En septembre 1943, quelques jeunes concarnois, en contact avec les étudiants de l'Ecole Primaire Supérieure (E.P.S) de Quimperlé, constituent le premier groupe de F.T.P, rattaché à la "compagnie Sous-Marin Curie". 

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français).

Le 1er groupe de F.T.P.F de Concarneau comprend Yves Le Moal, qui vient de terminer ses études au collège de Quimperlé, André Le Cras (Fredo), toujours élève dans l'établissement, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie avec le grade de capitaine), Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt, José Le Goff.

Ce groupe est rattaché à la Compagnie Sous-Marin Curie dont le commandement est assuré par Cabellic (Commandant Fernand) qui mourra le 31 août 1944 à l'hôpital de Quimperlé à la suite des blessures reçues le 15 juillet au combat de Kernabat en Scaër. 

Le recrutement des F.T.P se fait à petit pas. Forts de l'expérience des anciens, la sécurité préside à tout engagement. Il s'agit de former des volontaires dans le but d'opposer aux troupes d'occupation ainsi qu'au gouvernement de Vichy une résistance maximum par des actions très variées allant de la distribution de tracts et de journaux clandestins jusqu'à l'attaque de soldats allemands isolés. Sur le plan national, les F.T.P, regroupés dans l'Armée Secrète, forment les groupes de combat du Front National.

Avant de signer son acte d'engagement "jusqu'à la libération totale du sol national", le nouveau membre prend connaissance du Code d'Honneur des F.T.P. Il signe de son "nom de guerre" et reçoit un numéro matricule. Le cloisonnement, très rigoureux, est, si possible, triangulaire. Trois groupes de 8 forment un détachement, commandé par un chef de détachement. Les groupes n'ont aucun contact entre eux. 4 détachements de 25 hommes forment une compagnie ayant à sa tête un commandant de compagnie assisté de deux adjoints: un adjoint aux effectifs, un adjoint au matériel.   

L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Parallèlement à la constitution des F.T.P, le Front National de lutte pour la libération et l'Indépendance de la France était créé à Concarneau. Sous l'impulsion d'Alphonse Duot fils, qui avait réussi à établir le contact avec la direction régionale par l'intermédiaire de Remi Nedelec. Des tracts parvenaient à Concarneau fournis par les Cheminots du dépôt de Quimper.   

De nombreux signes comme la progression des armées alliées sur tous les fronts et l'activité de l'aviation américaine donnent la certitude que l'année 1944 sera décisive. Il est temps de préparer la Libération. Dans ce but, des efforts sont entrepris dans 3 directions: l'armement, le carburant, l'argent. 

Répartis au centre du département du Finistère, dans une zone délimitée, en gros, par Scaër-Carhaix et Châteauneuf, les maquis F.T.P étaient nombreux, unitairement peu importants, mais très mobiles. N'allaient au maquis que les F.T.P dont la sécurité était menacée. Mais ces maquis ne pouvaient vivre uniquement sur le terrain, il leur fallait de l'argent. D'abord, il fallait penser aux familles sans ressources du fait de l'absence du père maquisard. Il fallait aussi prévoir les évènements qui s'annonçaient. C'est pourquoi il fut décidé de constituer un "trésor de guerre" en s'appuyant sur des "visites de courtoisie" aux banques, perceptions, caisses d'épargne. Ces prélèvements étaient toujours suivis d'un reçu, après acheminement de l'argent à l'Etat-Major de Quimper, souvent dans les 24 heures.  

 

Les combats de la Libération

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes.

Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libérateurs.

Au printemps 1944, les F.T.P possèdent deux mitraillettes STEN et quelques pistolets.  

Avec quelques révolvers, les F.T.P passaient pourtant à l'action. Un allemand isolé fût descendu à Kérandon et son révolver récupéré. 

Le travail d'explication continuait. Les résistants, qualifiés de "terroristes" par les autorités de collaboration et les allemands, étaient de moins en moins isolés, surtout après que beaucoup de jeunes aient rejoint la résistance suite à leur décision d'échapper au S.T.O. Mais ils devaient encore se légitimer auprès de la population en insistant sur les questions du ravitaillement, de la pénurie dûe aux réquisitions de l'occupant. 

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine. "L'étincelle" est le journal des jeunes communistes. Les Résistants communistes diffusent aussi du matériel national clandestin: "L'avant garde", "L'Humanité" , "France d'abord", le Journal des F.T.P. Les dernières lettres de Guy Môcquet, Gabriel Péri, Daniele Casanova, sont reproduites. Tout est mis en oeuvre pour que la population soit présente dans l'action libératrice.  

Les tracts après avoir insisté au printemps sur les questions du ravitaillement, de la pénurie due à l'Occupant, montraient maintenant la nécessité de l'insurrection armée et de l'union nécessaire de toute la population contre les Allemands et les collaborateurs. Un journal local du Front National, "L'Insurrectionnel", fut alors édité. Il exaltait les patriotes, les appelait au combat. 

La police et la gendarmerie furent longtemps hostiles aux patriotes. Après une démarche d'Yves Boudigou, des gendarmes entrèrent en contact avec les résistants et leur action commune permit de mettre un terme à l'activité des pilleurs de fermes. 

Il faut signaler les actions hardies des F.T.P contre le dépôt allemand de la Criée de la Croix (devenu par la suite Atelier municipal) qui permit la récupération d'armes et grenades pour la Résistance, le coup de main faisant main basse sur 1 800 litres de carburant (essence et gasoil), en pleine nuit, à la soute du Petit-Château en Ville Close... Le carburant est aussitôt transporté à la Forêt-Fouesnant et Quimper par Georges Le Coz au volant de son camion et enterré sur place. Les parachutages promis se font attendre. Plusieurs fois, les coordonnées pour parachutages ont été transmis à Londres mais les Anglais refusent de parachuter dans la zone côtière. 

Après le débarquement, du renfort est demandé pour un parachutage à Kernabat, à Scaër. Dans la nuit du 14 au 15 juillet 1944, trouveront là-bas la mort, trois membres de la compagnie Leclerc: Etienne Millour, le commandant de la Cie Leclerc, Louis Massé et Hervé, de La Forêt. E. Millour sera remplacé à la tête de la Cie par A. Le Cras. C'est qu'il y avait déjà eu un parachutage au même endroit dans la nuit du 8 au 9 juillet. Cette imprudence fait que le 15 juillet à 6h, deux bataillons allemands de sécurité, formés au front de l'est, affrontent les F.T.P, encore sur le terrain avec leurs 35 containers tombés à 0h30. Cette attaque du parachutage repoussera au 8 août l'armement de la compagnie.  

Il fallait songer aussi au rétablissement de la légalité républicaine. Le Conseil National de la Résistance, groupant toutes les organisations et Partis, montrait l'exemple de ce qui devait être fait. 

Le Gouvernement Provisoire d'Alger (avec dans son sein "le catholique de Menthon et le communiste Grenier" disait l'un des tracts à la population) faisait des couvertures pour un dialogue avec les groupes "Vengeance" et "Libération" dont l'activité était maintenant connue. 

Des réunions eurent lieu pour constituer un Comité Local de Libération. Dans le bois de Kernéac'h, un après-midi, son programme fut mis au point. Il portait sur le retour à la légalité républicaine (mise en place du Conseil Municipal de 1939 en application d'une ordonnance du gouvernement provisoire), sur les problèmes du ravitaillement, sur le concours nécessaire de toute la population. Un appel du Comité de la Libération fut placardé, en plein jour, par un groupe de F.T.P, au nez des Allemands. 

Une entrevue eut lieu avec Fily, mais celui-ci fut réticent à la mise en place du Comité de Libération, dont la présidence était confiée à Alphonse Duot père (adjoint au maire de Pierre Guéguin) et le secrétariat à Pierre Le Rose. François Herledan (blanchisseur) représentant le Parti Socialiste, Julien Larsonneur la CGT, etc... Le dimanche après-midi, le 6 août, une assemblée plénière eut lieu au café des Sables Blancs. 

Le 8 août 1944, Quimper est libéré, la compagnie Leclerc rejoignait cette Ville où elle allait recevoir l'armement léger nécessaire. Le jeudi 10 août, deux destroyers anglais poursuivent un bateau allemand et tirent sur Concarneau. 

Le 12 août, trois compagnies F.T.P du Bataillon La Tour d'Auvergne, dont la 5e (Leclerc), la 1ère, la 3ème prennent position au nord de Concarneau, conjointement avec une compagnie FFI de Rosporden, commandée par le capitaine Mercier. Ils tiennent tout le secteur s'étendant de la route de Quimper aux Sables Blancs. Le PC est installé au Poteau-Vert. Les F.T.P ont à leur tête le capitaine Gaston (Jos Kervarec) qui commande le bataillon depuis la disparition de Fernand.

Le 13 août, le Commandant Otto décrète l'état de siège à Concarneau et menace dans un placard, d'incendier la ville si la résistance attaque. Les nazis sont bloqués. Le 16, des chars américains arrivent, accompagnés d'une batterie d'artillerie. Le lendemain matin, ils bombardent la ville. Deux compagnies de F.T.P et des éléments de la milice patriotique (recrutée par le Front National) participent à l'action et pénètrent à l'intérieur de la ville espérant être suivis par les chars U.S. Louis Guillerme, Georges Le Coz, Réné Rioual détruisent un petit poste aux abords de la Kommandantur.

Georges Le Coz est blessé par des éclats de grenade. A la demande des américains, les F.T.P descendent la côte de Lanadan entourant les chars afin d'attaquer le blockaus de la propriété Toiray. Bientôt les Allemands du Blockaus ripostent. Donnard, de Quimper, de la 3e Compagnie F.T.P est tué. On compte 17 blessés parmi les résistants. Mais les chars américains se replient et les F.T.P doivent décrocher. Qualques dizaines de prisonniers allemands, du matériel récupéré, sont le bilan de la journée. La Milice Patriotique pourra être équipée et deviendra à ce moment là la 7ème compagnie de F.T.P. 

Les agents de liaison Lisette Jaffrezic, Yvonne Herledan et Simone Cosqueric, feront preuve d'une grande activité durant ces journées. Elles iront jusqu'à distribuer des tracts aux Allemands leur demandant de se rendre. Madame Hanselot effectuait aussi à partir de juin 1944 la liaison Concarneau-Bénodet pour le compte de la résistance. Le café de Charlotte Kernéis à Concarneau servait de boîtes aux lettres depuis le début 44 jusqu'à la libération pour les F.T.P. 

Le 18, le capitaine de Corvette Otto, commandant de la place, se rend aux Américains avec une partie de la garnison. L'artillerie américaine et les chars bombardent la ville. Des groupes d'habitants commencent à évacuer Concarneau tandis que les usines Cassegrain, Rodel, et quelques maisons sont en flamme. 

Le 19 août, les F.T.P, poussés par les Américains, amorcent une attaque. Tout le bataillon est dans l'affaire mais l'artillerie nazie se déchaîne, clouant les combattants au sol. Les chars américains ne viennent pas. Le repli est ordonné. Quand ils reviennent à leur base, les F.T.P ne trouvent plus les Américains, partis pour Lorient.   

Charly, interprète de la Kommandantur, avec un camion équipé de plaques de blindage et d'un canon à tir rapide, se déplace dans les divers points de la ville, arrosant Kérandon, Kernéac'h, La Maison Blanche. Louis Tudal sera grièvement blessé à la cuisse. 

Quatre jours se passent en escarmouches. Dans la nuit du 24 au 25, de violentes explosions se font entendre. Un court et violent bombardement allemand a lieu. Une patrouille de la 7ème compagnie, sous les ordres de Paul Sabersmann, ukrainien, déserteur de l'organisation Todt, pénètre dans la ville. Elle est vide. Dans la nuit, les Allemands ont évacué par la mer vers Lorient. 

Les F.T.P descendent la ville déserte. Les compagnies F.T.P sont cantonnées à l'hôtel de Cornouaille, l'Hôtel de la Mer et l'Hôtel Beau-Rivage. Au cours d'une réunion avec le Comité de Libération le Conseil Municipal est remis en place. Alphonse Duot (père) est le Maire de la Libération; 

Quelques jours plus tard, Concarneau arborait un air de fête. Des drapeaux français et alliés garnissaient toutes les fenêtres. Les libérateurs de la ville allaient recevoir un hommage mérité.     

 

La plupart des informations sont issues des notes sur la résistance et la libération à Concarneau, Pierre Le Rose, 1964. 

  

   

Carte du Comité Départemental de la Libération de Pierre Le Rose

Carte du Comité Départemental de la Libération de Pierre Le Rose

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

La lutte se développe, mais les communistes paient un lourd tribut à la répression vichyste en 1941 et 1942

Alain Le Lay va et vient, organise les groupes de l'"Organisation Spéciale" (O.S) dans le département. La liaison avec le Centre est assurée par le "Père Georges" (Venise Gosnat, adjoint au maire d'Ivry). A une réunion de direction à Kerviniou, Alain Le Lay donne des indications sur l'organisation du travail clandestin.

En septembre 1941, la police de Vichy, au service des Allemands, sous les ordres du commissaire SOUTIF, va démanteler l'organisation clandestine du Parti et des Jeunesses Communistes et les groupes armés de l'Organisation Spéciale.

En septembre 1941, Berthou échappe à une arrestation de la police de Vichy venu à son domicile. Il est hébergé par Pierre Guillou jusqu'à Décembre et, clandestin, devra quitter le département. Entre-temps, Eugène Le Bris l'aura remplacé au triangle de direction. Après son retour à Toulmengleuz, il sera arrêté en septembre 1942. François Tallec sera arrêté une seconde fois et réussira à s'évader. Esprit Jourdain, arrêté le même jour, mourra en déportation. Théophile Louarn, après l'arrestation de son frère, demandera à s'engager dans l'action résistante.

L'arrestation de Pierre Gueguin, Maire Communiste destitué de Concarneau, et de Marc Bourhis, leur exécution à Chateaubriant avec d'autres internés communistes et cégétistes dont Guy Môquet le 22 octobre 1941 en représailles de l'assassinat du lieutenant colonel Hotz à Nantes le 20 octobre 1941 par des résistants communistes parisiens, suscite une émotion profonde à Concarneau et une prise de conscience de l'occupation nazie.

Une manifestation spontanée a lieu au cimetière sur les tombes des familles.

Le 2 octobre 1941, des inscriptions badigeonnent les murs du Grand Hôtel et de l'entreprise Marscesche "A bas Laval", "Nous voulons du pain". Arrêté le 2 octobre, Fanch Caignec réussira à s'évader.

Au printemps 1942, le "Père Georges" (Venise Gosnat) organisateur régional du Parti Communiste prend contact directement avec René Lijour et lui annonce une prochaine arrivée d'armes. Un sous-marin anglais attendra aux Glénans que les Résistants viennent en prendre livraison. Le mot de passe est donné. Contact est pris avec Guillaume Bodere et son camarade Baudry (agent de liaison fusillé au mont Valérien). Les deux résistants se font reconnaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers pris en charge sont débarqués sur la côte bigoudène où trois membres du groupe dont René Lijour viendront les prendre pour les transporter dans la ferme du Vourgoat, en Melgven, chez Daoudal (également fusillé au Mont-Valérien). Des parachutages sont annoncés.

 

En septembre 1942, 35 résistants de Concarneau, communistes pour la plupart, sont mis hors de combat.

Le combat continue. Carduner tente de faire sauter le Pont-Minaouët. Il sera arrêté en septembre 1942 et mourra à Dachau. Mme Le Breton est arrêtée et déportée. Joseph Berthou, résistant du même groupe et syndicaliste, est arrêté à Thouars et fusillé à Poitiers le 3 décembre 1942.

Eugène Le Bris se rend à Nantes pour délivrer un camarade arrêté. D'une audace folle, il pénètre dans le bureau du juge Le Bras, l'abat avec son arme et libère son ami. En septembre 1942, ils sont arrêtés tous deux alors qu'une grande rafle de la Police de Vichy permet l'arrestation de presque toute l'organisation.

Alain Le Lay mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Son arrêtés également Esprit Jourdain (mort en déportation), Daoudal (il sera fusillé), Fanch Touchard aussi (qui après sa première arrestation avait été relâché), André Herlédan, Armand Villard, Christophe Digoust, Charles Huchon, Jacques serre, Yves Le Gall (qui meurt en revenant de déportation), Joseph Dréano, Arthur Rioual, Mathias Lorc'h, Eugène Le Caignec, Louis Guiffant (de Trégunc), Yves Trichard, Jo Le Gall, Jean Bourbigot, Jean Trolezz, Charles Tocquet, André Herledan (père et fils), Louis Péron, Charles Dolliou, les frères Huon, Marie Jeanne Bodere.

René Lijour ayant réussi à échapper à l'arrestation, une vaste opération de police est montée le dimanche 27 pour perquisitionner à son domicile. Sa femme Lucie Lijour sera arrêtée et déportée.

Réné Lijour et quelques militants ayant réussi à passer entre les mailles du filet, la propagande allait pouvoir continuer.

Remi Nedellec, en contact avec Quimper, faisait parvenir les tracts. Le cheminot François Le Beux, au dépôt de Quimper, en fournissait également. Il devait mourir tragiquement sur sa machine lors d'une attaque de l'aviation anglaise.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés, sous l'égide du Secours Populaire, fut constituée et alimentée par des dons en argent et en nature.

La liaison avec René Lijour, malade, est reprise par Mme Le Caignec et Mme Duot. Les indications sont les suivantes: la haine de l'occupant s'est développée, il est mis en échec à Stalingrad, les conditions sont créées pour élargir le combat. La question de la création du Front National et de ses groupes de combat, les F.T.P.F, est posée.

 

Les F.T.P.F de Concarneau

La liaison reprise par René Lijour par Alphonse Duot (fils) qui était également en contact avec Robert Jan, un travail de réorganisation fut entrepris aussitôt en tenant compte de la nécessité de sauvegarder la sécurité de chacun des résistants. Une difficulté subsistait: la coupure avec le centre. Elle allait durer un certain temps, mais qu'importe, le travail fut entrepris quand même. A côté du groupe du Parti Communiste fut formé un groupe des Jeunes Communistes organisé en triangle pour les nécessités de la sécurité, dont Pierre Le Rose assure la direction jusqu'à la Libération.

Du matériel de propagande fut diffusé et affiché, notamment un journal: "L'étincelle", du nom du journal où écrivait Lénine.

Le recrutement devint intensif. Les jeunes de vingt ans et moins se constituèrent en groupe de F.T.P (Francs-Tireurs et Partisans Français). Il y avait parmi eux André Le Cras (Frédo), Yves Le Moal, Baptiste Pascal, Marcel Lancien, Paul Carduner, Henri Joncourt (tué ensuite en Algérie), José Le Goff. L'activité du groupe se développant, les contacts purent être établis avec l'état-major F.T.P d'une part, avec la direction du Parti Communiste d'autre part.

Le Commandant André (Louis Stephan, prisonnier évadé) vient bientôt à Concarneau. Les visites de Botch (Yves Boudigou) l'un des principaux responsables F.T.P étaient fréquentes. Les réunions avaient lieu dans la campagne, dans un champ, dans un bois. Le point était fait de la situation, de l'état des forces. Le "père Henri" (cheminot retraité du dépôt d'Auray), responsable régional du Parti Communiste et Leduc (entrepreneur à Plestin-les-Grèves), Capitaine F.T.P, vinrent également à l'époque à Concarneau.

Le grand problème, face au recrutement, était le manque d'armes. Deux groupes F.T.P de huit hommes s'organisèrent à Concarneau et un troisième groupe de huit également à la Forêt. Les chefs de groupes seuls se connaissaient. Ce cloisonnement assurait la sécurité, car les Résistants avaient tirés les leçons des expériences passées. Ces trois groupes appartenaient à la Compagnie "Sous-Marin Curie" du Sud-Finistère, mais formèrent bientôt la Compagnie Leclerc, le recrutement de nouveaux résistants s'étant intensifié. La Compagnie comprenait un chef de détachement, un responsable aux effectifs et un responsable au matériel. Elle était rattachée au Bataillon de La Tour d'Auvergne à Quimper. Les deux groupes concarnois avaient pris le nom de Pierre Guéguin et Marc Bourhis.

C'est Etienne Millour, de Fouesnant, qui en prit le commandement. La Compagnie étant en partie composée d'éléments de La Forêt et de Fouesnant. Les jeunes de ces localités allaient payer lourdement les combats libéra

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:44
Août 1946, 1er congrès national de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France (couverture de la revue imprimée à cette occasion): Pierre Le Rose a dû participer à ce Congrès avec des centaines d'autres jeunes issus de la Résistance

Août 1946, 1er congrès national de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France (couverture de la revue imprimée à cette occasion): Pierre Le Rose a dû participer à ce Congrès avec des centaines d'autres jeunes issus de la Résistance

Au travail et à l'effort pour la Renaissance de la France: avec Daniel Trellu et André Le Roy, secrétaire nationaux de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France

Au travail et à l'effort pour la Renaissance de la France: avec Daniel Trellu et André Le Roy, secrétaire nationaux de l'Union de la Jeunesse Républicaine de France

A la conquête d'un avenir meilleur...

A la conquête d'un avenir meilleur...

Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
Une de la revue éditée par l'UJRF: janvier-février 1946

Une de la revue éditée par l'UJRF: janvier-février 1946

Daniel Trellu et Madeleine Vincent: deux patriotes dignes de confiance (Notre Jeunesse, revue éditée par l'Union de la Jeunesse Républicaine de France)

Daniel Trellu et Madeleine Vincent: deux patriotes dignes de confiance (Notre Jeunesse, revue éditée par l'Union de la Jeunesse Républicaine de France)

Toutes les Jeunes Filles de France ont leur place dans nos rangs ("notre Jeunesse", revue de l'UJRF, janvier-février 1946)

Toutes les Jeunes Filles de France ont leur place dans nos rangs ("notre Jeunesse", revue de l'UJRF, janvier-février 1946)

Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)
4ème de couverture de "Notre jeunesse", revue éditée par l'UJRF (janvier-février 1946)

4ème de couverture de "Notre jeunesse", revue éditée par l'UJRF (janvier-février 1946)

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 08:18
Cette eau-forte de Picasso figure à l'exposition de la suite Vollard qui se tient actuellement à Baden-Baden (Lettres Françaises n°1040, du 30 juillet au 5 août 1964)

Cette eau-forte de Picasso figure à l'exposition de la suite Vollard qui se tient actuellement à Baden-Baden (Lettres Françaises n°1040, du 30 juillet au 5 août 1964)

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 07:20
Crozon: Compteurs Linky: il y a de l'électricité dans l'air (Le Télégramme, 6 février)
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 13:54
Serge Halimi

Serge Halimi

L'échange de compliments a surpris. Le 17 décembre dernier, le président russe Vladimir Poutine a marqué une préférence pour l'un des candidats de la primaire républicaine américaine, le milliardaire new-yorkais Donald Trump. Le qualifiant d'"homme brillant et plein de talent" il a fait de lui "le grand favori de la course présidentielle".

Loin de récuser un tel hommage, pourtant susceptible de lui nuire dans un parti où les néo-conservateurs, nombreux, se demandent s'ils exècrent davantage la Russie ou l'Iran, M. Trump a réagi avec chaleur: M. Poutine "dirige vraiment son pays, c'est un leader énergique, ce qui le distingue de beaucoup de ceux que nous avons chez nous".

M. Trump a également promis que, s'il devenait président des Etats-Unis, il s'entendrait volontiers avec le dirigeant russe.

La sympathie que se portent ces deux hommes à poigne est confortée par leur mépris commun pour l'actuel locataire de la Maison Blanche, M.Poutine "n'aime pas du tout Obama, se réjouit M. Trump, il ne le respecte pas".

En général, les intérêts des Etats l'emportent sur les affinités éventuelles entre leurs dirigeants. Mais quand l'économie mondiale déraille, quand les cours du pétrole s'écroulent, quand les attentats meurtriers se multiplient, il n'est ni étonnant ni indifférent que les valeurs d'ordre, d'autorité, et les hommes forts, cyniques et brutaux, occupent la scène. Partisans d'une restauration patriotique et morale, nostalgique d'un roman national, ils élèvent la voix, bandent leurs muscles, déploient leurs troupes.

Installer une clôture en acier le long des frontières de son pays avec la Serbie et la Croatie a profité politiquement au premier ministre hongrois Victor Orban, tout comme l'annexion de la Crimée a consolidé le pouvoir de M. Poutine et la répression meurtrière des Kurdes conforté le président turc Recep Erdogan. De la même façon, lorsque M. Trump recommande le rétablissement de la torture aux Etats-Unis ou que son concurrent républicain Ted Cruz exige que l'Amérique substitue à ses bombardements trop ciblés contre l'Organisation de l'Etat islamique un "tapis de bombes" sur les zones (et les civils) qu'elle contrôle, l'un et l'autre gagnent en popularité dans leur camp. Le dédain envers les intellectuels, les universitaires et leur "politiquement correct" leur servirait même d'argument supplémentaire.

C'est peut-être aussi parce qu'ils ont remarqué ce genre de phénomènes que les dirigeants français parsèment volontiers leur discours de "réponse ferme" et "demande d'autorité", accroissent les prérogatives de la police au détriment de celles de la justice et accueillent avec flegme des dizaines de décapitations d'opposants en Arabie Saoudite.

Les promesses de paix et de prospérité de la modernité capitaliste avaient déjà chaviré avec la débâcle financière de 2008. A présent, c'est au tour de sa culture, de son esprit, de ses dirigeants à la civilité onctueuse et trompeuse. La "mondialisation heureuse" se voulait rationnelle, fluide, globale, connectée. Sa faillite ouvre la voie aux "hommes en colère" et aux chefs de guerre.

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 13:44
Plouigneau: le bulletin municipal fait polémique (Marine Wioland, Le Télégramme du samedi 6 février): Roger Héré et des habitants dénoncent les propos anti-immigration de Bernard Le Vaillant
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 13:41
Le Télégramme, samedi 6 février 2016

Le Télégramme, samedi 6 février 2016

Ouest-France, samedi 6 février 2016

Ouest-France, samedi 6 février 2016

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 07:15

A en croire Robert Badinter, son rapport remis le 22 janvier dernier au premier ministre se limiterait à "définir les principes essentiels du droit du travail" conformément à la mission qui lui a été confiée le 22 novembre. Charge ensuite au législateur de rédiger, sur cette base, un nouveau Code conforme aux "transformations profondes qu'engendrent, dans la société contemporaine, la révolution du numérique et l'irrésistible mondialisation des échanges".

En somme, Robert Badinter n'aurait donné que le coup d'envoi d'une entreprise d'adaptation de la législation aux conditions du 21e siècle. En réalité, derrière ces précautions langagières, les 61 articles de ce qui est présenté comme le préambule du futur code du travail que le gouvernement prévoit d'achever de rédiger d'ici à 2018 ouvrent bel et bien la porte au dynamitage redouté de l'actuel.

D'une part, parce qu'en définissant le droit du travail comme "la volonté d'assurer le respect des droits fondamentaux de la personne humaine au travail" et en passant sous silence le lien de subordination du salarié à l'employeur, Robert Badinter efface le rapport de domination et d'exploitation, dont la reconnaissance est un des fondements du droit actuel.

D'autre part, parce que la rédaction souvent ambiguë des articles autorise toutes les remises en cause des droits actuels des salariés.

Premier exemple, l'article 14 stipule que "le Code du travail peut prévoir une période d'essai d'une durée raisonnable". Mais qu'est-ce qu'une "durée raisonnable"? Du point de vue du patron ou du salarié? Celle-ci pourra t-elle excéder la durée actuelle de 4 mois au maximum?

Deuxième exemple, l'article 59, en affirmant que les litiges doivent être "portés devant une juridiction composée de juges qualifiés", pourrait très bien entraîner la disparition des prud'hommes.

Troisième exemple, l'article 33 sur la durée du temps de travail assure qu'elle continuera à être fixée par la loi mais sa rédaction ambiguë laisse le champ libre à une remise en cause des 35 heures. Substituant à la notion de "durée légale" celle de "durée normale", il précise qu'une "durée différente" pourra s'appliquer en cas de signature de convention ou d'accord collectif. Autrement dit, la "durée normale" pourrait ne pas toujours être la même suivant les entreprises ou les secteurs d'activité, et le seuil de déclenchement des heures supplémentaires pourrait varier en conséquence. En ce qui concerne les heures supplémentaires justement, le même article 33 affirme un "droit à la compensation". Or, une compensation ne prend pas forcément la forme d'une majoration salariale.

Le rapport Badinter donnera lieu à la présentation en Conseil des Ministres d'un projet de loi le 9 mars prochain par la ministre du travail, Myriam El Komri.

Le premier ministre a d'ores et déjà décidé de mettre en oeuvre l'article 33. "La dérogation à la durée légale du temps de travail n'est plus une transgression", a t-il déclaré, en précisant que le texte devra fixer "un niveau de compensation".

Le projet de loi portera également sur la négociation collective. Alors que le rapport Badinter n'est pas en reste sur le sujet, proposant par exemple à l'article 57 que désormais "les clauses d'une convention ou d'un accord collectif s'appliquent aux contrats de travail" sans que le salarié n'ait son mot à dire, Myriam El Khomri propose que des référendums puissent être instaurés pour contourner l'opposition à un accord de syndicats majoritaires.

Avec le chantage à l'emploi et au chômage, ou la carotte d'une légère augmentation de la rémunération en cas d'acceptation d'un temps de travail plus important et d'une flexibilité plus grande exercée par l'employeur, on imagine ce que ça peut donner...

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