Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 08:25
La destinée des mots, parfois, nous déconcerte, nous étourdit. Ainsi les mots « peuple » et « populisme », tels qu'on les emploie aujourd'hui. En 1927, Louis Guilloux publia « La maison du peuple » pour rendre hommage aux ouvriers de Saint-Brieuc qui, contre la vindicte bourgeoise, avaient bâti un foyer de lutte et d'éducation. Le même, en 1942, reçut le prix « populiste » pour « Le pain des rêves ». Je me rappelle m'en être entretenu avec lui, à la fin de sa vie
Populiste, disait-il, ça me va bien si cela évoque le monde dont je suis issu, mais je n'ai nul besoin d'aller vers lui à la manière des populistes russes qui souhaitaient arracher les moujiks à leur ignorance. Moi, j'ai ça dans les veines, point final. Aujourd'hui, l'épithète a basculé. Il ne s'agit plus d'aimer les petits mais de s'appuyer sur eux, sur leurs frustrations, sur leurs émotions, leurs rages et leurs peurs, pour disqualifier les corps intermédiaires et la caste des dirigeants. À cela, deux explications.

D'abord, l'écart, la faille, entre une poignée de riches qui deviennent plus riches et la masse des pauvres qui s'enfoncent ou craignent l'enfoncement, ne cesse de croître, jusqu'au vertige.

Ensuite, les politiciens, malgré les élections, se comportent plus en professionnels qu'en mandataires. Ils s'accrochent ou tentent de s'accrocher, et conçoivent la vie publique comme une carrière. Alors les démagogues de tout poil se targuent d'être les vrais représentants du peuple aux abois, d'incarner sa colère contre « le système ». Et ce processus est d'autant plus aigu que « ceux d'en haut » disent et redisent qu'on n'a pas le choix, qu'il n'est aucune alternative, que la pente de leur action est mono-directionnelle, que la dette, c'est la dette, que l'austérité, c'est l'austérité, que le monde, c'est le monde, et autres fatalités. Ils ont oublié la maxime de Machiavel : contenter le peuple et ménager les grands. Le deuxième terme, ils l'appliquent, ô combien.
Mais le contentement du peuple passe à l'as et les populistes rappliquent avec leur miroir aux alouettes. J'aimerais, moi, qu'on déleste le peuple de ces mirages, qu'on lui rende sa noblesse et son rôle. Quand La Bruyère ou Victor Hugo déclaraient « Je suis peuple », ils étaient aux antipodes du « populisme » de maintenant. La démocratie, par essence, est participative. Ou n'est que faux semblant.
 
Courant d'ère d'Hervé Hamon: vive le peuple! (Le Télégramme, dimanche 4 décembre)
Partager cet article
Repost0
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 08:21
Partager cet article
Repost0
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 08:03
Société lampaulaise de salaisons. Le site de Brennilis devrait fermer

Publié le 03 décembre 2016- Le Télégramme

 

C'est une très mauvaise nouvelle pour Brennilis, et plus largement pour les monts d'Arrée. L'usine locale de la Société lampaulaise de salaisons (ex-Salaisons de l'Arrée), le principal employeur du territoire, s'apprêterait à fermer ses portes dans trois mois. En revanche, selon nos informations, il n'y aurait pas de plan social.

« Ou on bouge ou on est virés »

Les 75 salariés, auxquels il convient d'ajouter la vingtaine de personnes en CDD longue durée qui doivent être titularisées, seraient en effet reclassés à Lampaul-Guimiliau ou Quimper. Deux sites qui appartiennent au même propriétaire, la Financière Turenne Lafayette, numéro français de la charcuterie, dont la présidente et actionnaire unique, Monique Piffaut, est décédée cette semaine à l'âge de 78 ans. « On a appris cette fermeture la semaine dernière, quelques jours avant sa mort. On n'a pas le choix : ou on bouge ou on est virés », confirme un salarié aux plus de deux décennies d'usine à Brennilis, qui souhaite garder l'anonymat.

Interrogé, Alexis Manac'h, maire de la commune, affirmait ne pas avoir eu de confirmation officielle de cette restructuration par la direction générale du groupe parisien. « Mais si c'est le cas, c'est un gros coup dur économique pour le secteur, les monts d'Arrée n'étant déjà pas très bien lotis en terme d'emploi ».

 

66e plus grande fortune de France

Hier après-midi, Philippe Beuve, directeur du site de Lampaul-Guimiliau, qui chapeaute aussi celui de Brennilis, n'a pas souhaité communiquer sur le sujet. Pas plus que le groupe Financière Turenne Lafayette, qui emploie 3.200 salariés sur 21 sites industriels.

À travers des acquisitions successives, sa P-DG Monique Piffaut avait réussi à en faire un acteur majeur dans trois filières de l'agroalimentaire : plats cuisinés, salaisons et foie gras, avant de s'attaquer au segment de la charcuterie.

Le groupe détient un impressionnant portefeuille de références telles que Paul Prédault, William Saurin, Garbit, Panzani, Petitjean, Soulié, Montagne noire ou les jambons Madrange. Cette année, Monique Piffaut avait été classée 166e plus grande fortune de France par la magazine Challenges (400 M€).

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 07:52
Israël-Palestine: le fiasco de l'initiative française (René Backmann- Médiapart, 4 décembre 2016)

Israël-Palestine: le fiasco de l'initiative française

Par René Backmann

Lancée début 2016, l’initiative française au Moyen-Orient était destinée à relancer le dialogue entre Israéliens et Palestiniens. L’opposition d’Israël et l’incapacité de Paris à assumer politiquement son projet ont rendu impossible l’organisation de la conférence internationale prévue.

C'était une forte probabilité, c’est désormais une certitude. La conférence internationale qui devait se réunir à Paris, avant la fin 2016, pour réanimer le processus de paix moribond entre Israël et les Palestiniens n’aura pas lieu. Une table ronde sera peut-être organisée aux environs de Noël, mais elle ne servira qu’à sauver les apparences puisque les principaux intéressés n’y seront pas réunis. Dans le silence embarrassé de ses promoteurs à l’Élysée et au Quai d’Orsay, l'« initiative française » pour la paix au Moyen-Orient est donc sur le point de rejoindre le cimetière des échecs de François Hollande.

Rien n’est pour l’heure officiel. Mais l’opposition réitérée par Israël et, aux États-Unis, les incertitudes nées de l’élection de Donald Trump semblent des obstacles infranchissables. D’autant que, au cours des cinq mois qui se sont écoulés depuis la conférence ministérielle préparatoire de juin, Paris s’est montré incapable d’assumer politiquement son projet, mais aussi de construire et de consolider autour de cette initiative un consensus international assez solide pour faire fléchir le gouvernement israélien. Et cela tandis que surgissaient, dans le monde arabe ou en Russie, des propositions concurrentes ou parasites pour l’instant tout aussi stériles.

Malgré l’expérience et l’implication de l’émissaire chargé depuis février 2016 de piloter cette initiative, Pierre Vimont, ancien ambassadeur aux États-Unis et responsable du service diplomatique de l’Union européenne, l’exécutif, sur ce dossier comme sur nombre d’autres, s’est montré dès le départ timoré et vulnérable aux pressions. Notamment à celles d’Israël et de ses relais d’influence à Paris.

Conçue à la fin de 2015 sous l’autorité de Laurent Fabius, puis adoptée et développée à partir de février 2016 par son successeur au ministère des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, cette initiative obéissait, a priori, à d’excellentes intentions. Elle avait pour but de proposer une solution originale pour sortir la négociation israélo-palestinienne du coma dans lequel elle est plongée depuis l’échec de l’ultime tentative du secrétaire d’État américain John Kerry en avril 2014.

Au dispositif diplomatique utilisé depuis 1993 – un dialogue israélo-palestinien sous parrainage américain – Paris proposait de substituer un face-à-face israélo-palestinien sous supervision internationale. Organisé selon un calendrier rigoureux, cela devait permettre d’en finir avec la stratégie de procrastination utilisée à répétition par Israël. Assorti d’incitations diverses pour les deux parties, ce projet auquel Washington et Moscou n’avaient pas fait obstacle était soutenu par les Nations unies, l’Union européenne et la Ligue arabe. Il avait recueilli l’approbation des dirigeants palestiniens pour de multiples raisons. Reposant sur les termes de référence acceptés depuis longtemps par les Palestiniens, il convergeait avec la stratégie palestinienne d’internationalisation de la négociation et de recours aux Nations unies. Et il permettait, surtout, d’en finir avec le rôle dominant de Washington, de moins en moins considéré par les Palestiniens comme un intermédiaire impartial.

Pour des raisons diamétralement opposées, le projet français avait été, dès le départ, rejeté par Israël. Fort de son usage impuni, depuis des années, de la stratégie du statu quo, à l’abri duquel il poursuit et développe la colonisation de la Cisjordanie occupée, au point de rendre illusoire la création d’un État palestinien, le gouvernement de Benjamin Netanyahou se bornait à rappeler sa position constante : nous sommes prêts à ouvrir avec les Palestiniens un dialogue direct, sans conditions. Position d’autant plus facile à tenir pour le premier ministre israélien qu’il est adossé à une population plus réservée que jamais à l’idée de coexister avec un État palestinien et au sein de laquelle le “camp de la paix” résiste difficilement à l’intolérance du plus grand nombre.

Avant de formuler officiellement son initiative, Paris n’ignorait évidemment pas que cette position de principe israélienne constituait pour ce projet un obstacle majeur. Mais Laurent Fabius croyait avoir trouvé un levier pour vaincre l’obstination israélienne. À la veille d’abandonner ses fonctions, il avait brandi la menace de reconnaître l’État de Palestine si l’initiative française échouait en raison d’un refus israélien. Ce qui avait provoqué l’indignation de Benjamin Netanyahou et de ses alliés. « Israël est favorable aux négociations directes avec les Palestiniens mais s’oppose à toute tentative de prédéterminer le résultat des négociations », avait répliqué le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, Emmanuel Nahson.

Pour convaincre Paris de renoncer à cette menace, Benjamin Netanyahou n’avait pas hésité à mobiliser l’ancien chef de l’État, Shimon Peres, alors âgé de 92 ans, et à l’envoyer en France avec mission d’expliquer à ses amis socialistes qu’ils devaient agir dans cette affaire avec la plus grande circonspection. Message reçu. Quelques jours après cette visite, Jean-Marc Ayrault s’était livré à une reculade remarquée : « Il n’y a jamais rien d’automatique, avait-il déclaré. La France prend cette initiative, va l’exposer à ses partenaires, et donc c’est la première étape, il n’y a pas de préalable. » En clair : contrairement à ce qu’avait avancé Laurent Fabius, la France ne reconnaîtrait pas automatiquement l’État de Palestine, si son initiative échouait.

Valls puis Ayrault font amende honorable

Ni Israël ni les Palestiniens n’étaient invités à participer à cette première conférence destinée à dresser un état des lieux du conflit, à faire le point des négociations précédentes, à arrêter la composition et le rôle d’un groupe de suivi et à ébaucher les modalités de la seconde conférence, autour, cette fois, des principaux intéressés. Mais les dirigeants israéliens considéraient la simple tenue de cette première réunion comme un début d’ingérence internationale. Ils s’étaient donc lancés dans une vaste offensive diplomatique préventive destinée à montrer aux amis d’Israël que l’initiative française était dangereuse pour la sécurité de l’État juif car Paris avait du conflit une vision biaisée. De ce point de vue, le vote par la France, à la mi-avril, d’une résolution de l’Unesco condamnant la politique d’Israël à Jérusalem-Est fut, pour Benjamin Netanyahou et ses conseillers, une divine surprise.

Consacré essentiellement à la sauvegarde du « patrimoine culturel palestinien et du caractère distinctif de Jérusalem-Est », ce texte déplorait notamment la poursuite des fouilles par Israël, « la  puissance occupante, dans Jérusalem-Est et en particulier à l’intérieur et aux alentours de la vieille ville » et « les irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne et de forces en uniforme sur le site de la mosquée Al-Aqsa/Al-Haram Al-Sharif ». La France figurait, avec la Russie, l’Espagne et la Suède, parmi les 33 pays qui avaient voté en faveur de la résolution. L’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni, parmi les 6 pays qui avaient voté contre.

Au lieu d’assumer son vote et de faire observer que la plupart des faits condamnés par la résolution avaient déjà été relevés dans des documents des Nations unies et dénoncés par les rapports annuels des diplomates de l’Union européenne à Jérusalem, Paris – deuxième reculade – avait choisi de renier sa signature en affectant d’avoir voté ce texte par inadvertance. Explication peu crédible, le document ayant été transmis au Quai d’Orsay plus de deux semaines avant le vote. Qu’importe. François Hollande, Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault et même Bernard Cazeneuve déplorèrent publiquement le « texte fâcheux » à la « formulation malheureuse, maladroite ».

Dans les deux semaines qui suivirent, le premier ministre puis le ministre des affaires étrangères se rendirent à Jérusalem pour faire amende honorable devant Benjamin Netanyahou qui venait de constituer, grâce à l’appui de l’extrême droite et des colons, le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Difficile, dans ces conditions, pour Paris, d’espérer infléchir en quoi que ce soit la position israélienne.

Le document de travail communiqué à la trentaine de pays qui devaient participer à la conférence ministérielle du 3 juin, première étape de l’initiative française, reflétait d’ailleurs la prudence, c’est-à-dire la faiblesse, de la position française. Certes, ce “non-papier” rappelait que « la solution à deux États [était] la seule option viable » pour résoudre le conflit et soulignait que cette solution était « menacée au point d’être rendue presque impraticable par le développement incessant de la colonisation, y compris dans les zones les plus sensibles ».

Mais il se gardait de citer les dossiers essentiels, dont la plupart sont minés par les positions intransigeantes d’Israël : tracé des frontières, arrangements et garanties de sécurité, destin des réfugiés, partage de Jérusalem, questions des colonies et des échanges de territoires, répartition des ressources en eau. Et, surtout, il ne prévoyait aucun dispositif de pressions, voire de sanctions, pour faire respecter le calendrier des négociations et les décisions éventuellement adoptées.

Malgré cette accumulation de concessions, le “non-papier” français allait encore trop loin pour obtenir l’approbation des amis d’Israël. Le 3 juin, à la fin de la conférence ministérielle préparatoire, à laquelle avaient participé les représentants de 29 pays et organisations internationales (ONU, Union européenne, Ligue arabe), il ne restait plus du texte français qu’un communiqué de moins de vingt-cinq lignes, vigoureusement édulcoré sous l’influence, notamment, des États-Unis et de plusieurs pays de l’Union européenne. Après avoir constaté que « le statu quo n’est pas durable », les signataires accueillaient favorablement « l’offre de la France de coordonner l’effort des pays intéressés et d’organiser une conférence régionale avant la fin de l’année ». La conférence, en d’autres termes, n’avait accouché que d’un projet de conférence… Troisième reculade.

Il restait donc six mois à Paris pour organiser cette deuxième conférence, avec la participation, cette fois, des Israéliens et des Palestiniens, et maintenir en vie son « initiative ». Malgré l’aval, fin juin, du Conseil des affaires étrangères de l’UE, puis le soutien, début juillet, du Quartet, l’affaire s’annonçait mal.

Mais la perspective de l’élection présidentielle américaine et de la fin du mandat de Barack Obama laissait flotter un climat d’incertitude propice à toutes les rumeurs. Spéculant sur l’inimitié – réelle – entre le président américain et le premier ministre israélien et sur le dépit – tout aussi réel – de Barack Obama, face à l’échec de ses tentatives de médiation entre Israéliens et Palestiniens, des sources crédibles de la Maison Blanche et du Département d’État affirmaient qu’Obama avait l’intention de faire un geste spectaculaire en rapport avec le conflit israélo-palestinien avant de quitter la présidence.

Reculades françaises en série

L’interminable négociation entre les États-Unis et Israël, en cours depuis des mois, sur le renouvellement de l’aide financière américaine à l’armée israélienne semblait d’ailleurs offrir à Obama un levier exceptionnel pour agir sur le gouvernement Netanyahou. Alors que l’accord en cours (2009-2018) allouait à Israël un total de 30 milliards de dollars, l’accord signé en septembre porte sur un montant de 38 milliards, soit une augmentation de 20 %. C’est-à-dire l’aide militaire la plus généreuse de toute l’histoire des États-Unis.

En échange, Israël s’était engagé à ne pas construire de nouvelle colonie en Cisjordanie. Trois semaines après la signature de l’accord, alors que Barack Obama était en vol à destination de Tel-Aviv pour assister aux obsèques de Shimon Peres, le gouvernement israélien approuvait la construction de 300 nouveaux logements dans la colonie de Shilo, en Cisjordanie. À elle seule, cette séquence indiquait à quel point il était irréaliste d’attendre d’Israël la moindre concession.

Si Washington, son protecteur historique, n’était pas parvenu à obtenir même une trêve de la colonisation, et acceptait sans réagir un camouflet humiliant, comment Paris, loin de disposer des mêmes atouts, pouvait-il espérer obtenir, avant la fin de l’année, une volte-face d’Israël ? Sans l’avouer, le Quai d’Orsay avait intégré, dès septembre, la quasi-certitude d’un refus israélien, donc de l’impossibilité de réunir la seconde conférence et de maintenir en vie l’initiative française.

L’important étant, selon un familier du dossier, de « redonner du souffle à la solution à deux États », l’émissaire français planchait sur des options de substitution reposant notamment sur l’activation du volet économique de l’initiative ou la mobilisation, dans les deux camps, des ONG et des associations favorables à la coexistence des deux États. C’est à ce moment que la résolution sur Jérusalem, adoptée en avril par l’Unesco, est revenue devant le Conseil exécutif de l’organisation pour être définitivement adoptée. Pour éviter les critiques adressées par Israël et ses amis au texte d’avril, les promoteurs du texte – Palestine, Égypte, Algérie, Maroc, Liban, Oman, Qatar et Soudan – avaient accepté de le modifier. Le document rappelait donc, à deux reprises, que la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts, mais aussi le tombeau des Patriarches à Hebron et la tombe de Rachel à Bethléem, « revêtent une importance religieuse pour le judaïsme, le christianisme et l’islam ».

Peine perdue. Non seulement plusieurs pays qui avaient voté en faveur du texte, parmi lesquels la France, ont choisi cette fois de s’abstenir – quatrième reculade –, ce qui n’a pas empêché la résolution d’être adoptée, mais Benjamin Netanyahou, sans même discuter le fond de la résolution, a sur-le-champ manifesté son indignation en affirmant que « l’Unesco avait perdu le peu de légitimité qui lui restait », avant de décider le retrait de son ambassadeur de l’organisation culturelle internationale. Début novembre, après cette ultime escarmouche où Paris avait, une nouvelle fois, reculé face à Israël, le sort de l’initiative française était définitivement scellé.

En visite à Jérusalem, pour une dernière tentative de relance du projet, l’émissaire français Pierre Vimont se heurtait à un mur. « On ne parviendra à un accord que par des négociations directes entre Israël et l’Autorité palestinienne, lui répétaient le conseiller à la sécurité nationale, Jacob Nagel, et le représentant spécial du premier ministre, Yitzhak Molcho. Israël ne participera donc à aucune conférence internationale quelle qu’elle soit, qui irait à l’encontre de cette position. »

Sèchement éconduit, contraint d’admettre son échec, Paris était fondé à manifester un mécontentement ostensible. Sa réponse fut, au contraire, une manifestation de coopération militaire inédite : durant deux semaines, en novembre, des avions de combat israéliens participèrent, pour la première fois dans l’histoire des relations entre les deux pays, à des manœuvres communes avec des Rafale de l’armée de l’air dans le ciel corse.  

L’échec du projet français était pourtant d’autant plus clair que les informations en provenance de Washington, au lendemain de l’élection de Donald Trump, ne laissaient espérer aucun soutien américain. « Il est très peu probable, rapportaient les diplomates français, que Barack Obama prenne une dernière initiative à propos du processus de paix au Moyen-Orient. Pour deux raisons. Parce que, après la victoire de Trump, il tient à ce que la transition se déroule dans la sérénité, sans polémiques. Et parce que le dossier du processus de paix n’est la première priorité ni pour le gouvernement sortant, ni pour la prochaine équipe au pouvoir. »

Refus ferme et définitif d’Israël. Retraite en bon ordre de Washington. Passivité du monde arabe. Attentisme russe. Inconséquences et reculades françaises en série. Il ne reste plus aujourd’hui à Jean-Marc Ayrault et François Hollande qu’à annoncer officiellement l’échec de l’initiative française.       

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 07:38
Projection du film "La Mécanique des Flux" au cinéma Sainte Barbe de Roscoff le jeudi 15 décembre à 10h45 (collectif de soutien aux migrants)

Le Collectif de Soutien aux Migrants de Roscoff organise la projection du documentaire "La Mécanique des Flux"

Le JEUDI 15 DECEMBRE à 20h45

 au Cinéma Saint Barbe de Roscoff

 Tarif unique de 5€, dont la moitié sera reversée au Collectif.
 
https://www.facebook.com/ collectifrefugiesmigrantspaysd emorlaix/photos/a. 1039391949457089.1073741828. 1039377342791883/ 1253362698060012/?type=3& theater

 Plus d'info sur le documentaire : http://www. lamecaniquedesflux.com/film

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 13:54

François Hollande, ou le passé d'une illusion

François Hollande a donc annoncé hier qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle 2017.

C'est la conséquence de l'échec politique, social, économique des choix engagés par lui et son gouvernement et bon nombre des parlementaires socialistes tout au long de ces cinq dernières années, trahissant le mandat que leur avait donné les électeurs de gauche et les idées fondatrices de la gauche.

Signature sans renégociation ni référendum du Pacte budgétaire européen Sarkozy-Merkel (TSCG) qui fait du libéralisme et de l'austérité les clefs de voûte des politiques publiques en Europe et donne un droit de censure à la Commission européenne sur les budgets votés par les représentants du peuple dans les Parlements nationaux, allongement de l'âge de départ en retraite, fragilisation de services publics essentiels comme l'hôpital, mise au pain sec des collectivités locales, réforme des territoires et des régions administratives anti-démocratiques, ANI, loi Macron, loi El Khomri créant les outils pour déréguler le code du travail au profit des patrons, la politique de l'offre, le CICE avec ses 40 milliards de cadeaux donnés aux entreprises, absence de vraie réforme fiscale redistributive sinon l'augmentation de la TVA et plafonnement de l'impôt sur les hauts revenus en faveur des plus riches, criminalisation du mouvement social et syndical, déchéance de nationalité et état d'urgence prolongé, politique atlantiste dictée par les marchands de canons et bienveillante jusqu'à la caricature avec les intérêts des pétromonarchies réactionnaires du Golfe, argent gaspillé dans le renouvellement de notre force de frappe nucléaire en contradiction avec nos engagements internationaux.

Aujourd'hui, il n'y a guère que le MEDEF, insensible à l'augmentation de la pauvreté, du chômage et des inégalités, qui distribue des satisfecits à François Hollande.

Jamais depuis Guy Mollet, l'expédition impérialiste de Suez et les pleins pouvoirs donnés à l'armée pour « pacifier » l'Algérie et torturer à tour de bras, une expérience de pouvoir de la gauche n'aura été aussi catastrophique, aussi contraire aux idéaux originels de la gauche et aux intérêts des Français.

La monarchie présidentielle s'est encore renforcée avec Hollande qui voulait d'une majorité et d'un parlement godillots et qui n'a pas craint d'imposer une loi travail minoritaire dans l'opinion et chez les députés de gauche par plusieurs recours au 49-3.

François Hollande est responsable d'une aggravation de la crise de la politique, de la crise de confiance des français vis-à-vis de la politique et tout particulièrement de la gauche.

Aujourd'hui, tous deux sans doute candidats aux Présidentielles, Manuel Valls et Emmanuel Macron représentent la continuité vis-à-vis de cette politique de centre-droit acquise au néo-libéralisme et aux intérêts de la finance, prête à anticiper l'effort de destruction des conquêtes ouvrières et sociales de la droite dure.

Les militants, cadres, élus socialistes n'ont, dans leur grande majorité, pas voulu ou su résister à cette politique qui mène la gauche au naufrage et nourrit l'abstention et le vote pour le Front National. Beaucoup d'entre eux étaient pourtant opposés à la vigueur de ce détournement à 180 degrés vis-à-vis des idées matricielles de la gauche.

L'exemple de la débâcle en Europe des autres partis sociaux-libéraux, et surtout des dégâts qu'ils ont pu commettre sur leurs systèmes sociaux et le rapport de force politique et idéologique, aurait dû aussi les faire réfléchir.

Aujourd'hui, il est temps que tout le monde à gauche se ressaisisse et tire les leçons de l'échec politique et social des orientations sociale-libérales pour reconstruire une gauche plus forte et rassemblée sur des bases de rupture avec les pratiques du passé. Une gauche qui ait le courage de s'attaquer aux intérêts capitalistes, de démocratiser la République et l'Europe, de remettre en cause l'austérité et les traités libéraux de l'Union Européenne, de défendre les travailleurs, de lutter contre la désindustrialisation et le chômage, de partager les richesses pour financer des services publics et une protection sociale du XXIe siècle.

C'est notre responsabilité. Aujourd'hui, face à la montée de la pauvreté, de la xénophobie, des logiques ultra-libérales de guerre aux classes populaires, de la réaction de droite et d'extrême-droite, plus que jamais, c'est socialisme (le vrai!) ou barbarie.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du Parti Communiste Français du Finistère

élu PCF Front de Gauche à Morlaix et Morlaix-Communauté

François Hollande, ou le passé d'une illusion
Partager cet article
Repost0
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 13:09
IVG: la droite et l'extrême-droite montrent à nouveau leur vrai visage (Laurence Cohen, PCF)

Droit à l’IVG : la droite et l’extrême droite montrent à nouveau leur vrai visage

 

L’inscription du délit d’entrave numérique à l’IVG a franchi une première étape importante avec son adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale.

Le débat a été l’occasion pour les élu-e-s les plus réactionnaires de vilipender leur opposition à l’IVG, remettant ainsi en cause la loi Veil.

Nous ne doutons pas que lors de la navette parlementaire, avec son examen au Sénat, la semaine prochaine, sera tout autant le lieu de ces expressions bafouant les droits des femmes.

Les communistes, au parlement comme dans la rue, portent, eux, la voix de cette avancée sociale, nécessaire, au regard de toute cette propagande numérique anti-IVG.

Il est plus que temps de sécuriser ce droit, remis en cause par des sites internet pseudo-officiels, qui tentent par tous les moyens d’interdire l’accès à l’IVG, de dissuader les femmes à faire ce choix, de les culpabiliser.

Nous ne laisserons pas les sphères les plus conservatrices, revenir sur cet acquis des féministes.

L’IVG est un droit individuel et collectif, obtenu de haute-lutte, et sera à coup sûr, l’un des sujets de la campagne des Présidentielles. Le « champion « de la droite, soutenu notamment par la manif pour tous, s’étant déclaré contre cette liberté pour les femmes.

A l’opposé, les communistes proposent que ce droit soit garanti par la Constitution, comme un droit inaliénable.

 

Laurence Cohen, Co-Responsable nationale du PCF " Droits des femmes et Féminisme",

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 12:44

intervention introductive Ismaël Dupont - PCF - fête de l'Huma 2016 (vidéo Daniel Ravasio)

Intervention Jean-Marc Cléry - FSU - fête de l'Huma 2016 (vidéo Daniel Ravasio)

Intervention de Paolig Combot, président d'Ar Falz - fête de l'Huma Paris 2016 (vidéo Daniel Ravasio)

Intervention de Stéphanie Stoll, présidente de Diwan - fête de l'Huma Paris 2016 (vidéo Daniel Ravasio)

Et à la fête de l'Humanité Bretagne ce week-end:

Samedi 3 décembre, 18h : « Identité bretonne et langues de Bretagne »

Rencontre-débat avec Georges Cadiou, journaliste, historien, auteur notamment de « L'hermine et la croix gammée », « La gauche et la revendication bretonne », Erik Marchand, chanteur, musicien, fondateur de la Kreiz Breizh Akademi, Vincent Roussel, vice-président de Diwan, et une représentante de Radio Bro Gwened. Débat préparé par Jean-Pierre Fouillé. 

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 20:55
Photo de Maurice Thorez et Ambroise Croizat sortant de l'hôtel Matignon en 1946

Photo de Maurice Thorez et Ambroise Croizat sortant de l'hôtel Matignon en 1946

La sécurité sociale, les retraites par répartition, les nationalisations, le statut des fonctionnaires, la reconstruction du pays dans un effort d'égalité et de justice sociale... C'était le gouvernement de la Libération, celui de De Gaulle, mais dans un contexte d'écrasement politique de la droite et de la grande bourgeoisie, trop compromises dans la collaboration, avec un Parti Communiste à 30% des suffrages et des ministres communistes d'extraction ouvrière et de courage qui ont remodelé le visage de la France et ont été à l'origine de la République Sociale, cette même république sociale que les Pompidou, Giscard, Mitterrand après 83,  Chirac, Sarkozy, Hollande, n'ont cessé de grignoter ou de pilonner à force de vénérer le veau d'or de la finance et de prendre leurs conseils, non chez les travailleurs, mais chez les technocrates aux ordres de la bourgeoisie. 

Aujourd'hui, c'est Fillon qui veut donner le coup de grâce à ce visage humaniste, social, égalitaire de notre démocratie en supprimant la Sécurité Sociale, développant les retraites par capitalisation, revenant sur la durée légale du travail, en privatisant à tour de bras et vidant les services publics de leur substance. Si vous voulez d'une société à l'américaine, ou revenir au XIX e siècle, votez pour cette droite de la revanche sociale et de la morgue des riches, ou faites tout pour lui laisser le champ libre! On s'en rapproche à grand pas, et certains ne pensent qu'à leurs petits intérêts de boutique ou d'égos!

Libération : quand les ministres communistes changeaient la vie
MICHEL ÉTIÉVENT, ÉCRIVAIN
VENDREDI, 23 NOVEMBRE, 2012
L'HUMANITÉ

1944-1946 : pour la première fois, les communistes participent au pouvoir. Pendant cette période, riche 
de changements politiques profonds, les cinq ministres communistes vont provoquer une véritable cassure dans la manière d’envisager une nouvelle politique au service de l’humain.

Le 31 août 1944, alors que les troupes alliées se battent encore sur le sol français, le général de Gaulle forme le premier gouvernement provisoire. Il compte deux communistes : François Billoux et Charles Tillon. Le 13 novembre 1945, le deuxième gouvernement du général de Gaulle est caractérisé par l’entrée de cinq ministres communistes : Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul et Charles Tillon. Les ministres communistes vont devenir acteurs de l’invention sociale, provoquant une véritable cassure dans la manière d’envisager une nouvelle politique au service de l’humain.

Toutes les conditions sont réunies en 1945 pour une rupture : un programme inspiré du Conseil national de la Résistance sous-tendu par la volonté de mettre l’homme au centre de tous les choix ; un rapport de forces pour l’appliquer – 29,9 % des voix au PCF, 5 millions d’adhérents à la CGT ; une classe ouvrière grandie par sa lutte héroïque dans la Résistance ; un patronat déconsidéré par sa collaboration. S’y ajoutent des hommes issus du mouvement ouvrier et capables d’incarner ce mouvement. Des conditions repérables au fil des grands moments de notre histoire sociale et qui fondent tout changement majeur.

Dès la mise en place du deuxième gouvernement de De Gaulle, en novembre 1945, l’objectif est de mettre en application, dans un pays ruiné, les dispositions du programme du CNR. Son préambule résonne aujourd’hui d’une actualité brûlante : « Nous réclamons l’instauration d’une véritable démocratie sociale, impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie et le retour à la nation des moyens de production, de l’énergie, des richesses du sous-sol… » Empruntons, pour ce faire, le sillage de deux ministres à l’œuvre, sans doute deux des grands innovateurs sociaux du siècle : Ambroise Croizat et Marcel Paul.

Le soir même de sa nomination au ministère du Travail, Croizat, fils de manœuvre, secrétaire de la fédération CGT des métaux, donne le sens de son combat. Ses premiers mots sont pour le peuple : « Ministre du Travail, j’entends demeurer fidèle à mon origine, à mes attaches ouvrières, et mettre mon expérience syndicale au service de la nation. » Son discours signe la force du changement : « Nous mettrons l’homme à l’abri du besoin. Nous en finirons enfin avec les angoisses du lendemain ! » Il lance parallèlement un appel au peuple mobilisé, à l’irruption d’une dynamique sociale nécessaire au changement : « Il n’y a pas de politique efficace sans l’accompagnement d’un peuple vigilant. Rien ne pourra se faire sans vous. Le changement n’est pas qu’une affaire de lois. Il réclame votre participation dans la rue, la cité, l’entreprise. Il demande vos mains ! »

Cet appel s’accompagne d’une forte présence sur le terrain, qui rompt avec la politique clanique et électoraliste de la IIIe République. François Billoux le rappelle dans son livre, Quand nous étions ministres : « L’essentiel du temps de nos ministres se passait en réunions directes au cœur des entreprises, dans les hôpitaux, les municipalités. Il s’agissait de vraies discussions, où les gens apportaient leurs propositions, leurs solutions. » Les premiers pas d’une démocratie participative qui aboutit à la création de 138 caisses de Sécurité sociale gérées par les travailleurs.

Même exigence au ministère de la Production industrielle, où Marcel Paul, le jour de son investiture, s’adresse ainsi aux hauts fonctionnaires : « On ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les articles du Code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre ! » Et les électriciens et gaziers, devenus par le biais de la nationalisation, selon les mots de Paul, « acteurs, citoyens, gérants de leur entreprise », redonneront à la France l’énergie qui lui manquait. « À développement économique à la hauteur des ambitions de la nation, il faut un statut social à la hauteur des besoins des hommes. » Cette phrase de Paul, étonnante de modernité, traverse la politique mise en place sous l’inspiration du CNR.

L’objectif est clair : allier l’essor économique au progrès social. D’où le statut des électriciens et gaziers du 22 juin 1946, celui des mineurs, ou, avec Croizat, l’institution d’une vraie « protection sociale » qui offre les moyens d’espérer des lendemains sereins. Là est l’innovation première de la pratique des ministres communistes à la Libération. Il faut y ajouter la capacité à mener de pair deux politiques : l’une faite de grandes idées transformatrices de la société à long terme (l’instauration de la Sécurité sociale, par exemple) ; l’autre, d’une politique de satisfaction immédiate des besoins des gens : doublement du montant des allocations familiales, institution de la retraite, lois sur les heures supplémentaires, augmentation des salaires, création de la fonction publique… Un corpus de lois sociales impressionnant donne au peuple français la dignité de son identité sociale…

(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale, 
suivi de Lettres de prisons 1939-1941.

La Sécurité sociale « Outre le fait qu’elle ouvre le droit à la santé pour tous, la Sécurité sociale a pour objectif de relever la France de ses ruines. Elle offre au salarié une tranquillité sociale qui lui permettra de reconstruire le pays à l’aune de ses besoins. » Ainsi s’exprime Ambroise Croizat, inaugurant le nouveau système de Sécurité sociale en 1945. « Nous bâtirons un plan de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence au cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail avec gestion des intéressés et de l’État. » Croizat reprend l’article 21 de la Déclaration des droits de l’homme 
de 1793 qui établissait le droit au travail et à la santé. Cent trente-huit caisses sont édifiées en moins de huit mois sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. Quatre principes charpentent l’institution. L’Unicité : tous les « risques sociaux » sont regroupés dans une seule caisse en proximité des assurés ; la Solidarité : pilier de l’édifice qui est financé par les richesses créées dans l’entreprise ; l’Universalité ; la Démocratie.

 

Partager cet article
Repost0
1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 20:29
Ousmane Sow: le scuplteur des hommes debout, est mort (L'Humanité, 1er décembre 2016)
Ousmane Sow, le sculpteur des hommes debout, est mort
AVEC AFP
JEUDI, 1 DÉCEMBRE, 2016 - L'Humanite
Ses sculptures monumentales de guerriers ont fait le tour du monde : figure majeure de l'art contemporain africain, le Sénégalais Ousmane Sow, décédé jeudi à l'âge de 81 ans à Dakar, a magnifié les grands peuples du continent noir.
En France, le grand public l'a découvert en 1999 lors d'une rétrospective sur le Pont des Arts à Paris. Ses guerriers Masaï du Kenya, ses lutteurs de l'ethnie Nouba du sud Soudan, ses Indiens d'Amérique, colosses figés dans le mouvement, au regard intense, attirent alors plus de trois millions de personnes.
"Jamais un gamin ne m'a demandé ce que mes sculptures voulaient dire. Je sculpte des hommes. J'ai tellement peur qu'on ne me comprenne pas, ou qu'on interprète mal ce que je dis, que je parle très directement. C'est la même chose en art", disait Ousmane Sow, du haut de son 1,93 m.
Né le 10 octobre 1935 à Dakar, le sculpteur n'a "jamais rêvé d'être un artiste", confiait-il en 2009. "Peut-être cela a été une chance. J'ai fait ça par plaisir".
A l'école, ce fils de comptable se plaisait à tailler de petites figurines dans des blocs de calcaire. Puis il s'est intéressé au fil de fer. Quand il part à 22 ans pour la France, il ne pense pas un instant à en faire un métier. A Paris, Ousmane Sow a parfois faim et froid. Il fait tous les métiers, puis devient infirmier et finalement kinésithérapeute. Une formation qui lui confère une parfaite connaissance des muscles et de l'anatomie dont il ne cessera de se servir plus tard pour ses créations. Après l'indépendance du Sénégal en 1960, Ousmane Sow revient s'installer dans son pays, avant de monter un cabinet à Montreuil, en banlieue parisienne. Il sculpte toujours pour son plaisir mais jusqu'à l'âge de 50 ans, détruit ses oeuvres, par manque de place notamment.
Un jour, un ami attire l'attention du Centre culturel français de Dakar sur ces sculptures et celui-ci lui consacre une exposition en 1987. Un succès, et le début d'une carrière fulgurante pour cet homme libre, qui n'a "jamais eu de patron". Ce "saut dans l'inconnu", il le représenta sur son épée lorsqu'il fut en 2013 le premier Africain à rejoindre l'Académie des Beaux-arts en tant que membre associé étranger. La série des Nouba, inspirée par les photos de Leni Riefenstahl, est présentée à la Documenta de Kassel en 1992, marquant l'entrée d'Ousmane Sow dans la cour des grands artistes contemporains. Trois ans plus tard, il expose au Palazzo Grassi, à l'occasion du centenaire de la Biennale de Venise.
Il poursuit son exploration des peuples africains avec "Les Masaï", "Les Zoulous", puis "Les Peuls", avant de s'intéresser aux Indiens d'Amérique à travers la mythique bataille de "Little Big Horn".
Ses sculptures monumentales aux tons bruns-ocres, cet homme massif les crée à partir d'une mixture secrète, macérée pendant plusieurs années et appliquée sur des ossatures de fer, de paille et de jute. Toujours sans modèle. "La kiné m'a libéré du corps parfait. Je peux me bander les yeux et faire un corps humain de la tête aux pieds", confiait le sculpteur, qui réalisait aussi des bronzes de ses oeuvres.
Ousmane Sow a aussi exploré la sculpture de grandes figures ayant marqué sa vie - Victor Hugo, de Gaulle, Mandela - et rêvait d'un "Musée des grands hommes". Au côté de ces personnalités, il voulait voir figurer son père, Moctar Sow, décédé en 1956. "Il m'a appris à avoir une énorme confiance en moi", disait-il. Sa dernière oeuvre est une tête monumentale de 2 m de diamètre, commande de la République du Sénégal. Ousmane Sow "emporte avec lui rêves et projets que son organisme trop fatigué n'a pas voulu suivre", a souligné sa famille, précisant qu'il avait fait ces derniers mois plusieurs séjours à l'hôpital à Paris et à Dakar.
 
Lire aussi :
 
Interview de Ousmane Sow par Pierre Barbancey le 30 mars 1999 dans L'Humanité
 
Les géants d'Ousmane Sow traversent les continents

Sur le pont des Arts à Paris, le sculpteur sénégalais présente notamment ses dernières statues consacrées à la bataille de Little Big Horn. Un travail spectaculaire, par les formes et les matériaux utilisés.

Né en 1935 à Dakar (Sénégal), Ousmane Sow ne pratique la sculpture que depuis une douzaine d'années. D'abord kinésithérapeute, il commence par fabriquer des marionnettes avec tout ce qui lui tombe sous la main, pour raconter des histoires. Très vite, il met au point son propre " produit ", dont il conserve jalousement le secret, et se lance dans la sculpture de grande dimension : les guerriers animistes noubas (sud du Soudan), les Massaïs (ethnie du nord du Kenya), les Zoulous et les Peuls. On peut en voir certaines sur le pont des Arts, accompagnant ses dernières productions, consacrées à la célèbre bataille de Little Big Horn, dernière victoire remportée par les Sioux, les Arapahos et les Cheyennes sur le VIIe de cavalerie du général Custer, en 1876.

Qu'est-ce qui vous a conduit à la réalisation de " Little Big Horn "? 

Ousmane Sow. Je me suis d'abord intéressé aux ethnies africaines. Little Big Horn, c'est une bataille, mais ce qui m'intéressait avant tout, c'est la vie des Indiens. Comme je ne voulais pas faire des Indiens dans leur vie quotidienne comme cela s'est passé pour les Peuls, il a fallu les replacer dans une situation conflictuelle. Ça me permettait de leur donner un mouvement, d'où le choix de Little Big Horn. Pour moi, ce n'est pas seulement un fait historique. Je voulais parler des Indiens en action.



Vous avez traité les Noubas, les Massaïs, les Zoulous puis les Peuls. Là, vous traversez l'Atlantique, à la rencontre des Indiens. Quel a été votre cheminement ?

Ousmane Sow. Les Indiens sont plus près des Africains que bien d'autres peuples. Il n'est qu'à considérer leur mode de vie, leurs croyances. Cette vie quotidienne s'apparente à celle des tribus africaines. Il y a donc une logique, une continuité dans mon travail. Ça me permet de ne pas seulement parler de nous. Je ne pense pas que, sur le pont des Arts, là où ils sont, il y ait un paradoxe. Ça ne tranche pas avec les peuplades africaines qui y sont aussi exposées.



Comment avez-vous organisé les scènes que l'on peut voir sur le pont des Arts ?

Ousmane Sow. Je les ai imaginées. Pour les hommes, ce n'était pas trop difficile. Mais pour les chevaux qu'il fallait empiler, il fallait trouver un certain écartement, donner un point d'appui pour recevoir le cheval qui allait venir dessus. Ça, je n'avais pas cette possibilité parce que, même si j'ai de la place à Dakar, là où je conçois mes sculptures, je n'en ai pas suffisamment pour les mettre en scène comme sur le pont. Il y a eu une part de chance.

Pierre Barbancey. Lorsque vous avez conçu le projet " Little Big Horn ", saviez-vous qu'elles étaient destinées au pont des Arts ?

Ousmane Sow. Il y avait un projet d'exposition qui me paraissait utopique. Je savais les difficultés à les installer dehors et surtout à un tel endroit, qui chevauche deux arrondissements de Paris. Ma compagne, Béatrice Soulé, a réussi à obtenir les accords. C'est l'idéal d'avoir un pont comme le pont des Arts, le bien nommé. C'est extraordinaire. Vous vous rendez compte de la puissance évocatrice de ce pont.


Pierre Barbancey. Vous avez beaucoup plus l'habitude de travailler sur des corps humains. Cette fois-ci, vous intégrez des animaux. Comment avez-vous abordé ce nouveau sujet ?

Ousmane Sow. Le cheval est un être parfait. Mais il ne faut pas le décrire tel qu'il est. Il faut essayer de tricher un peu, d'exagérer quelques traits pour arriver à le faire vibrer. J'ai pris le parti de l'humaniser pour lui donner - je n'ose pas dire la vie - un peu de souffle. Quand on donne un caractère à un visage, c'est la même chose. À partir du moment où le caractère cohérent est donné, on ne sait plus ce qui a été modifié. Mais, si vous n'aviez pas osé le faire par petites touches, peut-être seriez-vous passé à côté de pas mal de choses.

La technique n'est pas la même. Quand on fait cela, on est habité par d'autres propos qu'on a du mal à expliquer la tête froide, à moins d'être un professeur. L'art, c'est la liberté, la liberté d'expression. L'essentiel est que ça plaise à celui qui le fait, avant.


Pierre Barbancey. Dans votre travail de sculpture proprement dit, à quelles explorations nouvelles vous a conduit " Little Big Horn " ?

Ousmane Sow. Cela m'a permis de me libérer de mes réserves vis-à-vis de la couleur. Il y avait des habits, des instruments, des chevaux à réaliser. Donc, pour la première fois, j'ai utilisé une gamme de couleurs assez significatives. Auparavant, je me cantonnais à deux ou trois couleurs maximum. C'est une nouveauté pour moi.

C'est une question de mûrissement. Il faut qu'il y ait une certaine compréhension de ce qu'on veut transmettre comme langage. Si on prend la sculpture comme mode d'expression, je pense qu'introduire des couleurs alors qu'on ne le faisait pas avant paraît tout à fait naturel. Je ne voulais pas dramatiser la guerre à outrance. C'est une scène dramatique qui part de la confrontation de deux êtres, même deux races. Il fallait adoucir un peu, en ne mettant volontairement pas de sang, pas de plaies sur les corps. En ne mettant pas que du bleu pour les soldats. Il ne fallait pas non plus exagérer parce que ce n'était pas carnaval.

Il est des couleurs qui peuvent donner l'atmosphère de guerre tout en développant une certaine tranquillité. Ce n'était pas calculé. C'est quelque chose que j'ai voulu introduire. En réalité, en commençant à travailler, je n'étais pas tellement téméraire sur les couleurs. En construisant ma maison, je me suis laissé aller à la peindre de toutes les couleurs. J'ai trouvé ça agréable, donner de la couleur aux choses. Mais je n'ai pas transigé sur ce que je voulais dire. À partir de ce moment, les couleurs devenaient anecdotiques. C'est pour le regard, pour le plaisir de faire des mélanges. Si les formes avaient été ratées, la couleur n'aurait été d'aucun secours. La couleur, c'est un support. J'ai essayé de traduire la vie courante, sans faire de misérabilisme, c'est-à-dire rien que du noir ou du marron ou du bleu. Ça aurait été glacé.


Pierre Barbancey. Après cette expérience, la couleur va désormais vous accompagner ?

Ousmane Sow. Je n'ai pas de préjugés. Je peux revenir à quelque chose de monocolore. Je vais peut-être attaquer une nouvelle série, consacrée aux Égyptiens. Il y a énormément de couleurs, je vais peut-être reconduire ce que j'ai fait ici. Je ne sais pas encore.

Pierre Barbancey. En revanche, vous avez continué à utiliser le même type de matériau...

Ousmane Sow. C'est variable. Il y a tout de même une base, un produit contenu dans un fût qui macère pendant de longues années. Mais, une fois sortie, je peux ajouter, retrancher, épaissir, fluidifier. Je fais ce que je veux avec ce matériau de base. C'est la chance que j'ai. Lorsque vous êtes en face d'un bloc qu'il faut tailler, si vous loupez votre coup, vous faites un trou. Moi, je peux faire avec autant de finesse que possible.

Pierre Barbancey. La sculpture traditionnelle sénégalaise, et plus généralement africaine, vous influence-t-elle ?

Ousmane Sow. Quelque chose d'insensible. Quand on voit mes sculptures, même si je traite des Blancs, on s'aperçoit que c'est un Africain qui a travaillé. C'est en cela que je suis un sculpteur africain, alors que je m'adresse à tout le monde. Il y a quelque chose qui est en moi. Je suis un sculpteur d'Afrique mais pas d'art africain. Je crois que mon travail dépasse l'Afrique.

Entretien réalisé par Pierre Barbancey
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011