D'abord, l'écart, la faille, entre une poignée de riches qui deviennent plus riches et la masse des pauvres qui s'enfoncent ou craignent l'enfoncement, ne cesse de croître, jusqu'au vertige.
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D'abord, l'écart, la faille, entre une poignée de riches qui deviennent plus riches et la masse des pauvres qui s'enfoncent ou craignent l'enfoncement, ne cesse de croître, jusqu'au vertige.
Malade, assuré… Comment votre budget santé changerait si François Fillon était élu président
http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-fillon/malade-assure-comment-votre-budget-sante-va-changer-si-francois-fillon-est-elu-president_1944593.html
Publié le 03 décembre 2016- Le Télégramme
C'est une très mauvaise nouvelle pour Brennilis, et plus largement pour les monts d'Arrée. L'usine locale de la Société lampaulaise de salaisons (ex-Salaisons de l'Arrée), le principal employeur du territoire, s'apprêterait à fermer ses portes dans trois mois. En revanche, selon nos informations, il n'y aurait pas de plan social.
Les 75 salariés, auxquels il convient d'ajouter la vingtaine de personnes en CDD longue durée qui doivent être titularisées, seraient en effet reclassés à Lampaul-Guimiliau ou Quimper. Deux sites qui appartiennent au même propriétaire, la Financière Turenne Lafayette, numéro français de la charcuterie, dont la présidente et actionnaire unique, Monique Piffaut, est décédée cette semaine à l'âge de 78 ans. « On a appris cette fermeture la semaine dernière, quelques jours avant sa mort. On n'a pas le choix : ou on bouge ou on est virés », confirme un salarié aux plus de deux décennies d'usine à Brennilis, qui souhaite garder l'anonymat.
Interrogé, Alexis Manac'h, maire de la commune, affirmait ne pas avoir eu de confirmation officielle de cette restructuration par la direction générale du groupe parisien. « Mais si c'est le cas, c'est un gros coup dur économique pour le secteur, les monts d'Arrée n'étant déjà pas très bien lotis en terme d'emploi ».
Hier après-midi, Philippe Beuve, directeur du site de Lampaul-Guimiliau, qui chapeaute aussi celui de Brennilis, n'a pas souhaité communiquer sur le sujet. Pas plus que le groupe Financière Turenne Lafayette, qui emploie 3.200 salariés sur 21 sites industriels.
À travers des acquisitions successives, sa P-DG Monique Piffaut avait réussi à en faire un acteur majeur dans trois filières de l'agroalimentaire : plats cuisinés, salaisons et foie gras, avant de s'attaquer au segment de la charcuterie.
Le groupe détient un impressionnant portefeuille de références telles que Paul Prédault, William Saurin, Garbit, Panzani, Petitjean, Soulié, Montagne noire ou les jambons Madrange. Cette année, Monique Piffaut avait été classée 166e plus grande fortune de France par la magazine Challenges (400 M€).
Israël-Palestine: le fiasco de l'initiative française
Lancée début 2016, l’initiative française au Moyen-Orient était destinée à relancer le dialogue entre Israéliens et Palestiniens. L’opposition d’Israël et l’incapacité de Paris à assumer politiquement son projet ont rendu impossible l’organisation de la conférence internationale prévue.
C'était une forte probabilité, c’est désormais une certitude. La conférence internationale qui devait se réunir à Paris, avant la fin 2016, pour réanimer le processus de paix moribond entre Israël et les Palestiniens n’aura pas lieu. Une table ronde sera peut-être organisée aux environs de Noël, mais elle ne servira qu’à sauver les apparences puisque les principaux intéressés n’y seront pas réunis. Dans le silence embarrassé de ses promoteurs à l’Élysée et au Quai d’Orsay, l'« initiative française » pour la paix au Moyen-Orient est donc sur le point de rejoindre le cimetière des échecs de François Hollande.
Rien n’est pour l’heure officiel. Mais l’opposition réitérée par Israël et, aux États-Unis, les incertitudes nées de l’élection de Donald Trump semblent des obstacles infranchissables. D’autant que, au cours des cinq mois qui se sont écoulés depuis la conférence ministérielle préparatoire de juin, Paris s’est montré incapable d’assumer politiquement son projet, mais aussi de construire et de consolider autour de cette initiative un consensus international assez solide pour faire fléchir le gouvernement israélien. Et cela tandis que surgissaient, dans le monde arabe ou en Russie, des propositions concurrentes ou parasites pour l’instant tout aussi stériles.
Malgré l’expérience et l’implication de l’émissaire chargé depuis février 2016 de piloter cette initiative, Pierre Vimont, ancien ambassadeur aux États-Unis et responsable du service diplomatique de l’Union européenne, l’exécutif, sur ce dossier comme sur nombre d’autres, s’est montré dès le départ timoré et vulnérable aux pressions. Notamment à celles d’Israël et de ses relais d’influence à Paris.
Conçue à la fin de 2015 sous l’autorité de Laurent Fabius, puis adoptée et développée à partir de février 2016 par son successeur au ministère des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, cette initiative obéissait, a priori, à d’excellentes intentions. Elle avait pour but de proposer une solution originale pour sortir la négociation israélo-palestinienne du coma dans lequel elle est plongée depuis l’échec de l’ultime tentative du secrétaire d’État américain John Kerry en avril 2014.
Au dispositif diplomatique utilisé depuis 1993 – un dialogue israélo-palestinien sous parrainage américain – Paris proposait de substituer un face-à-face israélo-palestinien sous supervision internationale. Organisé selon un calendrier rigoureux, cela devait permettre d’en finir avec la stratégie de procrastination utilisée à répétition par Israël. Assorti d’incitations diverses pour les deux parties, ce projet auquel Washington et Moscou n’avaient pas fait obstacle était soutenu par les Nations unies, l’Union européenne et la Ligue arabe. Il avait recueilli l’approbation des dirigeants palestiniens pour de multiples raisons. Reposant sur les termes de référence acceptés depuis longtemps par les Palestiniens, il convergeait avec la stratégie palestinienne d’internationalisation de la négociation et de recours aux Nations unies. Et il permettait, surtout, d’en finir avec le rôle dominant de Washington, de moins en moins considéré par les Palestiniens comme un intermédiaire impartial.
Pour des raisons diamétralement opposées, le projet français avait été, dès le départ, rejeté par Israël. Fort de son usage impuni, depuis des années, de la stratégie du statu quo, à l’abri duquel il poursuit et développe la colonisation de la Cisjordanie occupée, au point de rendre illusoire la création d’un État palestinien, le gouvernement de Benjamin Netanyahou se bornait à rappeler sa position constante : nous sommes prêts à ouvrir avec les Palestiniens un dialogue direct, sans conditions. Position d’autant plus facile à tenir pour le premier ministre israélien qu’il est adossé à une population plus réservée que jamais à l’idée de coexister avec un État palestinien et au sein de laquelle le “camp de la paix” résiste difficilement à l’intolérance du plus grand nombre.
Avant de formuler officiellement son initiative, Paris n’ignorait évidemment pas que cette position de principe israélienne constituait pour ce projet un obstacle majeur. Mais Laurent Fabius croyait avoir trouvé un levier pour vaincre l’obstination israélienne. À la veille d’abandonner ses fonctions, il avait brandi la menace de reconnaître l’État de Palestine si l’initiative française échouait en raison d’un refus israélien. Ce qui avait provoqué l’indignation de Benjamin Netanyahou et de ses alliés. « Israël est favorable aux négociations directes avec les Palestiniens mais s’oppose à toute tentative de prédéterminer le résultat des négociations », avait répliqué le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, Emmanuel Nahson.
Pour convaincre Paris de renoncer à cette menace, Benjamin Netanyahou n’avait pas hésité à mobiliser l’ancien chef de l’État, Shimon Peres, alors âgé de 92 ans, et à l’envoyer en France avec mission d’expliquer à ses amis socialistes qu’ils devaient agir dans cette affaire avec la plus grande circonspection. Message reçu. Quelques jours après cette visite, Jean-Marc Ayrault s’était livré à une reculade remarquée : « Il n’y a jamais rien d’automatique, avait-il déclaré. La France prend cette initiative, va l’exposer à ses partenaires, et donc c’est la première étape, il n’y a pas de préalable. » En clair : contrairement à ce qu’avait avancé Laurent Fabius, la France ne reconnaîtrait pas automatiquement l’État de Palestine, si son initiative échouait.
Ni Israël ni les Palestiniens n’étaient invités à participer à cette première conférence destinée à dresser un état des lieux du conflit, à faire le point des négociations précédentes, à arrêter la composition et le rôle d’un groupe de suivi et à ébaucher les modalités de la seconde conférence, autour, cette fois, des principaux intéressés. Mais les dirigeants israéliens considéraient la simple tenue de cette première réunion comme un début d’ingérence internationale. Ils s’étaient donc lancés dans une vaste offensive diplomatique préventive destinée à montrer aux amis d’Israël que l’initiative française était dangereuse pour la sécurité de l’État juif car Paris avait du conflit une vision biaisée. De ce point de vue, le vote par la France, à la mi-avril, d’une résolution de l’Unesco condamnant la politique d’Israël à Jérusalem-Est fut, pour Benjamin Netanyahou et ses conseillers, une divine surprise.
Consacré essentiellement à la sauvegarde du « patrimoine culturel palestinien et du caractère distinctif de Jérusalem-Est », ce texte déplorait notamment la poursuite des fouilles par Israël, « la puissance occupante, dans Jérusalem-Est et en particulier à l’intérieur et aux alentours de la vieille ville » et « les irruptions persistantes d’extrémistes de la droite israélienne et de forces en uniforme sur le site de la mosquée Al-Aqsa/Al-Haram Al-Sharif ». La France figurait, avec la Russie, l’Espagne et la Suède, parmi les 33 pays qui avaient voté en faveur de la résolution. L’Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni, parmi les 6 pays qui avaient voté contre.
Au lieu d’assumer son vote et de faire observer que la plupart des faits condamnés par la résolution avaient déjà été relevés dans des documents des Nations unies et dénoncés par les rapports annuels des diplomates de l’Union européenne à Jérusalem, Paris – deuxième reculade – avait choisi de renier sa signature en affectant d’avoir voté ce texte par inadvertance. Explication peu crédible, le document ayant été transmis au Quai d’Orsay plus de deux semaines avant le vote. Qu’importe. François Hollande, Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault et même Bernard Cazeneuve déplorèrent publiquement le « texte fâcheux » à la « formulation malheureuse, maladroite ».
Dans les deux semaines qui suivirent, le premier ministre puis le ministre des affaires étrangères se rendirent à Jérusalem pour faire amende honorable devant Benjamin Netanyahou qui venait de constituer, grâce à l’appui de l’extrême droite et des colons, le gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël. Difficile, dans ces conditions, pour Paris, d’espérer infléchir en quoi que ce soit la position israélienne.
Le document de travail communiqué à la trentaine de pays qui devaient participer à la conférence ministérielle du 3 juin, première étape de l’initiative française, reflétait d’ailleurs la prudence, c’est-à-dire la faiblesse, de la position française. Certes, ce “non-papier” rappelait que « la solution à deux États [était] la seule option viable » pour résoudre le conflit et soulignait que cette solution était « menacée au point d’être rendue presque impraticable par le développement incessant de la colonisation, y compris dans les zones les plus sensibles ».
Mais il se gardait de citer les dossiers essentiels, dont la plupart sont minés par les positions intransigeantes d’Israël : tracé des frontières, arrangements et garanties de sécurité, destin des réfugiés, partage de Jérusalem, questions des colonies et des échanges de territoires, répartition des ressources en eau. Et, surtout, il ne prévoyait aucun dispositif de pressions, voire de sanctions, pour faire respecter le calendrier des négociations et les décisions éventuellement adoptées.
Malgré cette accumulation de concessions, le “non-papier” français allait encore trop loin pour obtenir l’approbation des amis d’Israël. Le 3 juin, à la fin de la conférence ministérielle préparatoire, à laquelle avaient participé les représentants de 29 pays et organisations internationales (ONU, Union européenne, Ligue arabe), il ne restait plus du texte français qu’un communiqué de moins de vingt-cinq lignes, vigoureusement édulcoré sous l’influence, notamment, des États-Unis et de plusieurs pays de l’Union européenne. Après avoir constaté que « le statu quo n’est pas durable », les signataires accueillaient favorablement « l’offre de la France de coordonner l’effort des pays intéressés et d’organiser une conférence régionale avant la fin de l’année ». La conférence, en d’autres termes, n’avait accouché que d’un projet de conférence… Troisième reculade.
Il restait donc six mois à Paris pour organiser cette deuxième conférence, avec la participation, cette fois, des Israéliens et des Palestiniens, et maintenir en vie son « initiative ». Malgré l’aval, fin juin, du Conseil des affaires étrangères de l’UE, puis le soutien, début juillet, du Quartet, l’affaire s’annonçait mal.
Mais la perspective de l’élection présidentielle américaine et de la fin du mandat de Barack Obama laissait flotter un climat d’incertitude propice à toutes les rumeurs. Spéculant sur l’inimitié – réelle – entre le président américain et le premier ministre israélien et sur le dépit – tout aussi réel – de Barack Obama, face à l’échec de ses tentatives de médiation entre Israéliens et Palestiniens, des sources crédibles de la Maison Blanche et du Département d’État affirmaient qu’Obama avait l’intention de faire un geste spectaculaire en rapport avec le conflit israélo-palestinien avant de quitter la présidence.
L’interminable négociation entre les États-Unis et Israël, en cours depuis des mois, sur le renouvellement de l’aide financière américaine à l’armée israélienne semblait d’ailleurs offrir à Obama un levier exceptionnel pour agir sur le gouvernement Netanyahou. Alors que l’accord en cours (2009-2018) allouait à Israël un total de 30 milliards de dollars, l’accord signé en septembre porte sur un montant de 38 milliards, soit une augmentation de 20 %. C’est-à-dire l’aide militaire la plus généreuse de toute l’histoire des États-Unis.
En échange, Israël s’était engagé à ne pas construire de nouvelle colonie en Cisjordanie. Trois semaines après la signature de l’accord, alors que Barack Obama était en vol à destination de Tel-Aviv pour assister aux obsèques de Shimon Peres, le gouvernement israélien approuvait la construction de 300 nouveaux logements dans la colonie de Shilo, en Cisjordanie. À elle seule, cette séquence indiquait à quel point il était irréaliste d’attendre d’Israël la moindre concession.
Si Washington, son protecteur historique, n’était pas parvenu à obtenir même une trêve de la colonisation, et acceptait sans réagir un camouflet humiliant, comment Paris, loin de disposer des mêmes atouts, pouvait-il espérer obtenir, avant la fin de l’année, une volte-face d’Israël ? Sans l’avouer, le Quai d’Orsay avait intégré, dès septembre, la quasi-certitude d’un refus israélien, donc de l’impossibilité de réunir la seconde conférence et de maintenir en vie l’initiative française.
L’important étant, selon un familier du dossier, de « redonner du souffle à la solution à deux États », l’émissaire français planchait sur des options de substitution reposant notamment sur l’activation du volet économique de l’initiative ou la mobilisation, dans les deux camps, des ONG et des associations favorables à la coexistence des deux États. C’est à ce moment que la résolution sur Jérusalem, adoptée en avril par l’Unesco, est revenue devant le Conseil exécutif de l’organisation pour être définitivement adoptée. Pour éviter les critiques adressées par Israël et ses amis au texte d’avril, les promoteurs du texte – Palestine, Égypte, Algérie, Maroc, Liban, Oman, Qatar et Soudan – avaient accepté de le modifier. Le document rappelait donc, à deux reprises, que la Vieille Ville de Jérusalem et ses remparts, mais aussi le tombeau des Patriarches à Hebron et la tombe de Rachel à Bethléem, « revêtent une importance religieuse pour le judaïsme, le christianisme et l’islam ».
Peine perdue. Non seulement plusieurs pays qui avaient voté en faveur du texte, parmi lesquels la France, ont choisi cette fois de s’abstenir – quatrième reculade –, ce qui n’a pas empêché la résolution d’être adoptée, mais Benjamin Netanyahou, sans même discuter le fond de la résolution, a sur-le-champ manifesté son indignation en affirmant que « l’Unesco avait perdu le peu de légitimité qui lui restait », avant de décider le retrait de son ambassadeur de l’organisation culturelle internationale. Début novembre, après cette ultime escarmouche où Paris avait, une nouvelle fois, reculé face à Israël, le sort de l’initiative française était définitivement scellé.
En visite à Jérusalem, pour une dernière tentative de relance du projet, l’émissaire français Pierre Vimont se heurtait à un mur. « On ne parviendra à un accord que par des négociations directes entre Israël et l’Autorité palestinienne, lui répétaient le conseiller à la sécurité nationale, Jacob Nagel, et le représentant spécial du premier ministre, Yitzhak Molcho. Israël ne participera donc à aucune conférence internationale quelle qu’elle soit, qui irait à l’encontre de cette position. »
Sèchement éconduit, contraint d’admettre son échec, Paris était fondé à manifester un mécontentement ostensible. Sa réponse fut, au contraire, une manifestation de coopération militaire inédite : durant deux semaines, en novembre, des avions de combat israéliens participèrent, pour la première fois dans l’histoire des relations entre les deux pays, à des manœuvres communes avec des Rafale de l’armée de l’air dans le ciel corse.
L’échec du projet français était pourtant d’autant plus clair que les informations en provenance de Washington, au lendemain de l’élection de Donald Trump, ne laissaient espérer aucun soutien américain. « Il est très peu probable, rapportaient les diplomates français, que Barack Obama prenne une dernière initiative à propos du processus de paix au Moyen-Orient. Pour deux raisons. Parce que, après la victoire de Trump, il tient à ce que la transition se déroule dans la sérénité, sans polémiques. Et parce que le dossier du processus de paix n’est la première priorité ni pour le gouvernement sortant, ni pour la prochaine équipe au pouvoir. »
Refus ferme et définitif d’Israël. Retraite en bon ordre de Washington. Passivité du monde arabe. Attentisme russe. Inconséquences et reculades françaises en série. Il ne reste plus aujourd’hui à Jean-Marc Ayrault et François Hollande qu’à annoncer officiellement l’échec de l’initiative française.
Le Collectif de Soutien aux Migrants de Roscoff organise la projection du documentaire "La Mécanique des Flux"
Le JEUDI 15 DECEMBRE à 20h45
au Cinéma Saint Barbe de Roscoff
Tarif unique de 5€, dont la moitié sera reversée au Collectif.
https://www.facebook.com/ collectifrefugiesmigrantspaysd emorlaix/photos/a. 1039391949457089.1073741828. 1039377342791883/ 1253362698060012/?type=3& theater
Plus d'info sur le documentaire : http://www. lamecaniquedesflux.com/film
François Hollande, ou le passé d'une illusion
François Hollande a donc annoncé hier qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle 2017.
C'est la conséquence de l'échec politique, social, économique des choix engagés par lui et son gouvernement et bon nombre des parlementaires socialistes tout au long de ces cinq dernières années, trahissant le mandat que leur avait donné les électeurs de gauche et les idées fondatrices de la gauche.
Signature sans renégociation ni référendum du Pacte budgétaire européen Sarkozy-Merkel (TSCG) qui fait du libéralisme et de l'austérité les clefs de voûte des politiques publiques en Europe et donne un droit de censure à la Commission européenne sur les budgets votés par les représentants du peuple dans les Parlements nationaux, allongement de l'âge de départ en retraite, fragilisation de services publics essentiels comme l'hôpital, mise au pain sec des collectivités locales, réforme des territoires et des régions administratives anti-démocratiques, ANI, loi Macron, loi El Khomri créant les outils pour déréguler le code du travail au profit des patrons, la politique de l'offre, le CICE avec ses 40 milliards de cadeaux donnés aux entreprises, absence de vraie réforme fiscale redistributive sinon l'augmentation de la TVA et plafonnement de l'impôt sur les hauts revenus en faveur des plus riches, criminalisation du mouvement social et syndical, déchéance de nationalité et état d'urgence prolongé, politique atlantiste dictée par les marchands de canons et bienveillante jusqu'à la caricature avec les intérêts des pétromonarchies réactionnaires du Golfe, argent gaspillé dans le renouvellement de notre force de frappe nucléaire en contradiction avec nos engagements internationaux.
Aujourd'hui, il n'y a guère que le MEDEF, insensible à l'augmentation de la pauvreté, du chômage et des inégalités, qui distribue des satisfecits à François Hollande.
Jamais depuis Guy Mollet, l'expédition impérialiste de Suez et les pleins pouvoirs donnés à l'armée pour « pacifier » l'Algérie et torturer à tour de bras, une expérience de pouvoir de la gauche n'aura été aussi catastrophique, aussi contraire aux idéaux originels de la gauche et aux intérêts des Français.
La monarchie présidentielle s'est encore renforcée avec Hollande qui voulait d'une majorité et d'un parlement godillots et qui n'a pas craint d'imposer une loi travail minoritaire dans l'opinion et chez les députés de gauche par plusieurs recours au 49-3.
François Hollande est responsable d'une aggravation de la crise de la politique, de la crise de confiance des français vis-à-vis de la politique et tout particulièrement de la gauche.
Aujourd'hui, tous deux sans doute candidats aux Présidentielles, Manuel Valls et Emmanuel Macron représentent la continuité vis-à-vis de cette politique de centre-droit acquise au néo-libéralisme et aux intérêts de la finance, prête à anticiper l'effort de destruction des conquêtes ouvrières et sociales de la droite dure.
Les militants, cadres, élus socialistes n'ont, dans leur grande majorité, pas voulu ou su résister à cette politique qui mène la gauche au naufrage et nourrit l'abstention et le vote pour le Front National. Beaucoup d'entre eux étaient pourtant opposés à la vigueur de ce détournement à 180 degrés vis-à-vis des idées matricielles de la gauche.
L'exemple de la débâcle en Europe des autres partis sociaux-libéraux, et surtout des dégâts qu'ils ont pu commettre sur leurs systèmes sociaux et le rapport de force politique et idéologique, aurait dû aussi les faire réfléchir.
Aujourd'hui, il est temps que tout le monde à gauche se ressaisisse et tire les leçons de l'échec politique et social des orientations sociale-libérales pour reconstruire une gauche plus forte et rassemblée sur des bases de rupture avec les pratiques du passé. Une gauche qui ait le courage de s'attaquer aux intérêts capitalistes, de démocratiser la République et l'Europe, de remettre en cause l'austérité et les traités libéraux de l'Union Européenne, de défendre les travailleurs, de lutter contre la désindustrialisation et le chômage, de partager les richesses pour financer des services publics et une protection sociale du XXIe siècle.
C'est notre responsabilité. Aujourd'hui, face à la montée de la pauvreté, de la xénophobie, des logiques ultra-libérales de guerre aux classes populaires, de la réaction de droite et d'extrême-droite, plus que jamais, c'est socialisme (le vrai!) ou barbarie.
Ismaël Dupont, secrétaire départemental du Parti Communiste Français du Finistère
élu PCF Front de Gauche à Morlaix et Morlaix-Communauté
L’inscription du délit d’entrave numérique à l’IVG a franchi une première étape importante avec son adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale.
Le débat a été l’occasion pour les élu-e-s les plus réactionnaires de vilipender leur opposition à l’IVG, remettant ainsi en cause la loi Veil.
Nous ne doutons pas que lors de la navette parlementaire, avec son examen au Sénat, la semaine prochaine, sera tout autant le lieu de ces expressions bafouant les droits des femmes.
Les communistes, au parlement comme dans la rue, portent, eux, la voix de cette avancée sociale, nécessaire, au regard de toute cette propagande numérique anti-IVG.
Il est plus que temps de sécuriser ce droit, remis en cause par des sites internet pseudo-officiels, qui tentent par tous les moyens d’interdire l’accès à l’IVG, de dissuader les femmes à faire ce choix, de les culpabiliser.
Nous ne laisserons pas les sphères les plus conservatrices, revenir sur cet acquis des féministes.
L’IVG est un droit individuel et collectif, obtenu de haute-lutte, et sera à coup sûr, l’un des sujets de la campagne des Présidentielles. Le « champion « de la droite, soutenu notamment par la manif pour tous, s’étant déclaré contre cette liberté pour les femmes.
A l’opposé, les communistes proposent que ce droit soit garanti par la Constitution, comme un droit inaliénable.
Laurence Cohen, Co-Responsable nationale du PCF " Droits des femmes et Féminisme",
intervention introductive Ismaël Dupont - PCF - fête de l'Huma 2016 (vidéo Daniel Ravasio)
Intervention Jean-Marc Cléry - FSU - fête de l'Huma 2016 (vidéo Daniel Ravasio)
Intervention de Paolig Combot, président d'Ar Falz - fête de l'Huma Paris 2016 (vidéo Daniel Ravasio)
Intervention de Stéphanie Stoll, présidente de Diwan - fête de l'Huma Paris 2016 (vidéo Daniel Ravasio)
Et à la fête de l'Humanité Bretagne ce week-end:
Samedi 3 décembre, 18h : « Identité bretonne et langues de Bretagne »
Rencontre-débat avec Georges Cadiou, journaliste, historien, auteur notamment de « L'hermine et la croix gammée », « La gauche et la revendication bretonne », Erik Marchand, chanteur, musicien, fondateur de la Kreiz Breizh Akademi, Vincent Roussel, vice-président de Diwan, et une représentante de Radio Bro Gwened. Débat préparé par Jean-Pierre Fouillé.
La sécurité sociale, les retraites par répartition, les nationalisations, le statut des fonctionnaires, la reconstruction du pays dans un effort d'égalité et de justice sociale... C'était le gouvernement de la Libération, celui de De Gaulle, mais dans un contexte d'écrasement politique de la droite et de la grande bourgeoisie, trop compromises dans la collaboration, avec un Parti Communiste à 30% des suffrages et des ministres communistes d'extraction ouvrière et de courage qui ont remodelé le visage de la France et ont été à l'origine de la République Sociale, cette même république sociale que les Pompidou, Giscard, Mitterrand après 83, Chirac, Sarkozy, Hollande, n'ont cessé de grignoter ou de pilonner à force de vénérer le veau d'or de la finance et de prendre leurs conseils, non chez les travailleurs, mais chez les technocrates aux ordres de la bourgeoisie.
Aujourd'hui, c'est Fillon qui veut donner le coup de grâce à ce visage humaniste, social, égalitaire de notre démocratie en supprimant la Sécurité Sociale, développant les retraites par capitalisation, revenant sur la durée légale du travail, en privatisant à tour de bras et vidant les services publics de leur substance. Si vous voulez d'une société à l'américaine, ou revenir au XIX e siècle, votez pour cette droite de la revanche sociale et de la morgue des riches, ou faites tout pour lui laisser le champ libre! On s'en rapproche à grand pas, et certains ne pensent qu'à leurs petits intérêts de boutique ou d'égos!
1944-1946 : pour la première fois, les communistes participent au pouvoir. Pendant cette période, riche de changements politiques profonds, les cinq ministres communistes vont provoquer une véritable cassure dans la manière d’envisager une nouvelle politique au service de l’humain.
Le 31 août 1944, alors que les troupes alliées se battent encore sur le sol français, le général de Gaulle forme le premier gouvernement provisoire. Il compte deux communistes : François Billoux et Charles Tillon. Le 13 novembre 1945, le deuxième gouvernement du général de Gaulle est caractérisé par l’entrée de cinq ministres communistes : Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul et Charles Tillon. Les ministres communistes vont devenir acteurs de l’invention sociale, provoquant une véritable cassure dans la manière d’envisager une nouvelle politique au service de l’humain.
Toutes les conditions sont réunies en 1945 pour une rupture : un programme inspiré du Conseil national de la Résistance sous-tendu par la volonté de mettre l’homme au centre de tous les choix ; un rapport de forces pour l’appliquer – 29,9 % des voix au PCF, 5 millions d’adhérents à la CGT ; une classe ouvrière grandie par sa lutte héroïque dans la Résistance ; un patronat déconsidéré par sa collaboration. S’y ajoutent des hommes issus du mouvement ouvrier et capables d’incarner ce mouvement. Des conditions repérables au fil des grands moments de notre histoire sociale et qui fondent tout changement majeur.
Dès la mise en place du deuxième gouvernement de De Gaulle, en novembre 1945, l’objectif est de mettre en application, dans un pays ruiné, les dispositions du programme du CNR. Son préambule résonne aujourd’hui d’une actualité brûlante : « Nous réclamons l’instauration d’une véritable démocratie sociale, impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie et le retour à la nation des moyens de production, de l’énergie, des richesses du sous-sol… » Empruntons, pour ce faire, le sillage de deux ministres à l’œuvre, sans doute deux des grands innovateurs sociaux du siècle : Ambroise Croizat et Marcel Paul.
Le soir même de sa nomination au ministère du Travail, Croizat, fils de manœuvre, secrétaire de la fédération CGT des métaux, donne le sens de son combat. Ses premiers mots sont pour le peuple : « Ministre du Travail, j’entends demeurer fidèle à mon origine, à mes attaches ouvrières, et mettre mon expérience syndicale au service de la nation. » Son discours signe la force du changement : « Nous mettrons l’homme à l’abri du besoin. Nous en finirons enfin avec les angoisses du lendemain ! » Il lance parallèlement un appel au peuple mobilisé, à l’irruption d’une dynamique sociale nécessaire au changement : « Il n’y a pas de politique efficace sans l’accompagnement d’un peuple vigilant. Rien ne pourra se faire sans vous. Le changement n’est pas qu’une affaire de lois. Il réclame votre participation dans la rue, la cité, l’entreprise. Il demande vos mains ! »
Cet appel s’accompagne d’une forte présence sur le terrain, qui rompt avec la politique clanique et électoraliste de la IIIe République. François Billoux le rappelle dans son livre, Quand nous étions ministres : « L’essentiel du temps de nos ministres se passait en réunions directes au cœur des entreprises, dans les hôpitaux, les municipalités. Il s’agissait de vraies discussions, où les gens apportaient leurs propositions, leurs solutions. » Les premiers pas d’une démocratie participative qui aboutit à la création de 138 caisses de Sécurité sociale gérées par les travailleurs.
Même exigence au ministère de la Production industrielle, où Marcel Paul, le jour de son investiture, s’adresse ainsi aux hauts fonctionnaires : « On ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les articles du Code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre ! » Et les électriciens et gaziers, devenus par le biais de la nationalisation, selon les mots de Paul, « acteurs, citoyens, gérants de leur entreprise », redonneront à la France l’énergie qui lui manquait. « À développement économique à la hauteur des ambitions de la nation, il faut un statut social à la hauteur des besoins des hommes. » Cette phrase de Paul, étonnante de modernité, traverse la politique mise en place sous l’inspiration du CNR.
L’objectif est clair : allier l’essor économique au progrès social. D’où le statut des électriciens et gaziers du 22 juin 1946, celui des mineurs, ou, avec Croizat, l’institution d’une vraie « protection sociale » qui offre les moyens d’espérer des lendemains sereins. Là est l’innovation première de la pratique des ministres communistes à la Libération. Il faut y ajouter la capacité à mener de pair deux politiques : l’une faite de grandes idées transformatrices de la société à long terme (l’instauration de la Sécurité sociale, par exemple) ; l’autre, d’une politique de satisfaction immédiate des besoins des gens : doublement du montant des allocations familiales, institution de la retraite, lois sur les heures supplémentaires, augmentation des salaires, création de la fonction publique… Un corpus de lois sociales impressionnant donne au peuple français la dignité de son identité sociale…
(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale, suivi de Lettres de prisons 1939-1941.
La Sécurité sociale « Outre le fait qu’elle ouvre le droit à la santé pour tous, la Sécurité sociale a pour objectif de relever la France de ses ruines. Elle offre au salarié une tranquillité sociale qui lui permettra de reconstruire le pays à l’aune de ses besoins. » Ainsi s’exprime Ambroise Croizat, inaugurant le nouveau système de Sécurité sociale en 1945. « Nous bâtirons un plan de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence au cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail avec gestion des intéressés et de l’État. » Croizat reprend l’article 21 de la Déclaration des droits de l’homme de 1793 qui établissait le droit au travail et à la santé. Cent trente-huit caisses sont édifiées en moins de huit mois sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. Quatre principes charpentent l’institution. L’Unicité : tous les « risques sociaux » sont regroupés dans une seule caisse en proximité des assurés ; la Solidarité : pilier de l’édifice qui est financé par les richesses créées dans l’entreprise ; l’Universalité ; la Démocratie.