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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 05:36

Anti-européens et nationalistes oui, mais pas jusqu'au point de ne pas considérer l'Europe et les contribuables européens comme des vaches à lait pour financer le salaire des collaborateurs!

L’Union européenne réclame 339.000 euros à Marine Le Pen

31 OCTOBRE 2016 | PAR MARINE TURCHI

Mediapart et Marianne révèlent que l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) demande le recouvrement de 339 000 euros versés « indûment » à Marine Le Pen, pour l'emploi de deux assistants à Strasbourg. L'OLAF explique à Mediapart qu'il« surveille[ra] étroitement les actions prises à la suite de ses recommandations ».Sur la base de son rapport, le parquet de Paris a élargi son enquête préliminaire sur les soupçons d’emplois fictifs d’une vingtaine d’assistants parlementaires FN. 

 

 

L'office de lutte antifraude européen (OLAF) a demandé en août au parlement européen de lancer une procédure de recouvrement à l’encontre de Marine Le Pen, selon une enquête de Mediapart et Marianne. La présidente du FN est soupçonnée d’avoir employé de manière fictive, sur des fonds européens, deux assistants parlementaires, Catherine Griset et Thierry Légier. L’organisme chiffre à 339 946 euros le « préjudice financier » à l’Union européenne. L'avocat de Marine Le Pen annonce deux référés.

À cette procédure administrative européenne s'ajoute un volet judiciaire français. L'OLAF a transmis le 26 juillet son « rapport d'enquête administrative » à la justice française, qui enquête depuis mars 2015 sur les salaires versés à des assistants d'eurodéputés frontistes depuis le début du mandat, en juillet 2014. Sur la base de ce rapport, le parquet de Paris a étendu fin août son enquête préliminaire pour « abus de confiance » à des faits couvrant désormais la période 2010-2016, à cheval sur l'ancienne et la nouvelle mandature.

Le 29 juillet, un premier courrier à en-tête de l'OLAF est arrivé sur le bureau de Marine Le Pen. L'Office anti-fraude estime que 339 000 euros lui auraient été « indûment » versés pour rémunérer deux de ses assistants parlementaires. L'organe de contrôle s'appuie sur l'article 33 des mesures d'application du statut des eurodéputés (MAS), qui stipule que les fonds débloqués pour employer les assistants doivent correspondre à une activité « directement liée à l'exercice du mandat parlementaire des députés ». En clair, les assistants ne doivent pas être rémunérés pour travailler au sein d'un parti.

Le 30 septembre, la présidente du FN reçoit un second courrier, signé cette fois du secrétaire général du parlement européen, Klaus Welle. Le fonctionnaire, se fondant sur le rapport de l'OLAF reçu le 2 août, lui demande d'apporter des explications ou des preuves de travail de ses assistants. Marine Le Pen – qui n'a pas répondu à nos questions – avait un mois pour fournir ses éléments ou observations, elle n'a rien transmis. « Sur le fond, nous n’avons pas le rapport de l’OLAF, de quoi voulez-vous que nous discutions ? »[avec l'administration du parlement – ndlr], justifie à Mediapart son avocat, Marcel Ceccaldi.

 

Le 12 octobre, il a demandé au parlement et à l'OLAF, par lettres recommandées, la communication de ce rapport. « Je n'ai eu aucune réponse », s'indigne l'avocat, affirmant que l'organisme avait déjà lancé une première enquête « en juin 2014 ». « L'OLAF commence son enquête en mars 2016 et la conclut en juillet, juste avant le début de la campagne présidentielle. Et sa directrice est promue à la commission européenne quatre semaines après ! Marine Le Pen na jamais été entendue. C’est abracadabrantesque, cest une violation délibérée de lÉtat de droit, une opération montée par lexécutif allemand du parlement pour museler ceux qui sont critiques envers le fonctionnement de lUnion européenne. »

Si Marine Le Pen reste silencieuse, le parlement lui demandera de rembourser ces 339 000 euros, soit directement, soit par une retenue sur son indemnité d'eurodéputée, en application de l'article 68 du MAS. Cette procédure n'est pas suspensive, mais la présidente du FN dispose de plusieurs recours : les questeurs, le bureau du parlement, ou, en dernier ressort, la Cour de justice de l'UE.

Marcel Ceccaldi prépare deux référés « contre le secrétariat général et contre lOLAF »devant la justice européenne, et organisera une conférence de presse dans les deux prochaines semaines à Bruxelles, aux côtés de l'avocat belge de Marine Le Pen, Ghislain Dubois. « Nous allons tout mettre sur la table : les procédés de lexécutif du parlement, ceux de lOLAF, dont lindépendance est une pantalonnade, mais plus largement la question du fonctionnement de lUE. Nous allons utiliser la règle de droit pour nous opposer à leurs pratiques », assure-t-il.

L'OLAF pointe du doigt les salaires touchés par deux assistants: Catherine Griset (298 392 euros au total) et Thierry Légier (41 554 euros). Vieille amie et ex-belle sœur de Marine Le Pen, Catherine Griset a été, entre décembre 2010 et mi-février 2016, son assistante parlementaire « accréditée » à temps plein, c'est-à-dire qu'elle devait travailler dans les murs du parlement, entre Bruxelles et Strasbourg. Sauf qu'elle était parallèlement la cheffe du secrétariat de la présidente du FN, puis sa cheffe de cabinet, au siège du parti, à… Nanterre. 

« OLAF a consaté que votre assistante n'a pas rempli certaines de ses obligations contractuelles et statutaires », notamment « l'obligation d'assistance directe dans les locaux du parlement européen à un député », écrit Klaus Welle dans son courrier adressé en septembre à Marine Le Pen, et publié par Challenges lundi soir. Catherine Griset avait assuré au Parisien concilier les deux tâches « grâce au télétravail », sans préciser si elle cumulait deux salaires, ou si le parlement européen couvrait son travail au siège du FN. En février 2016, elle est devenue simple assistante « locale », c'est-à-dire implantée dans la circonscription. Depuis vendredi, elle n'apparaît plus parmi les collaborateurs de Marine Le Pen sur le site du parlement.

Thierry Légier, lui, a été l'assistant « local » de l'eurodéputée entre octobre et novembre 2011, sous l'ancienne mandature. Ce colosse d'un mètre quatre-vingt-dix, ancien parachutiste, a assuré pendant vingt ans la protection de Jean-Marie Le Pen, avant de devenir le garde du corps de Marine Le Pen. Klaus Welle souligne sa« rémunération horaire de 64 euros », « extrêmement élevée » comparée à celle de 39 euros « d’un précédent contrat pour des tâches similaires »

« Le travail des assistants ne peut être seulement législatif, c'est un travail général sur des études, des médias, des messages reçus de circonscription », plaide de son côté Me Ceccaldi. Interrogé lundi soir sur BFMTV, Florian Philippot préfère y voir une « affaire assez comique sur le fond »« On reproche à Marine Le Pen d'avoir une assistante. Elle est l'assistante de Marine Le Pen depuis longtemps, tous vos collègues le savent. Elle n'est pas son jardinier, sa nounou ». Marine Le Pen est « eurodéputée de minuit à 24 heures (sic), du 1er janvier au 31 décembre », a-t-il ajouté.

 

Gendarme de l'Union européenne, l'OLAF n'est pas un organe judiciaire, il réalise des enquêtes administratives puis fait des recommandations. Il transmet ensuite ses conclusions à l'autorité nationale compétente, s'il estime que des poursuites sont justifiées. Après la publication de cet article, l'organisme a expliqué à Mediapart ne« pouvoir faire aucun commentaire à ce stade », mais il confirme avoir clôturé, en juillet 2016, « une enquête liée à une possible mauvaise utilisation par le Front national des fonds européens dédiés à l'assistance parlementaire ».

L'office européen confirme aussi avoir « envoyé son rapport final contenant des recommandations financières au Parlement européen, afin que tous les fonds de l'UE indûment versés soient retournés au budget de l'UE », et précise « surveill[er] étroitement les actions prises à la suite de ses recommandations »Il précise avoir « étroitement coopéré avec la justice française », par exemple en « assistant la police judiciaire française dans la réalisation de plusieurs recherches sur les bureaux et les maisons privées liées au Front national », dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte en France.

Au parlement, nos questions sont restées sans réponse. Sollicité, son président, Martin Schulz, n'a pas voulu faire de commentaire et nous a renvoyés vers les services de communication, qui nous ont fait savoir que « le parlement européen ne souhait[ait] pas réagir à ce stade ».

320 000 euros réclamés à Jean-Marie Le Pen, 270 000 euros à Bruno Gollnisch

Ce n'est pas la première fois que l'utilisation par Marine Le Pen de l'enveloppe européenne attire l'attention du parlement. En juillet 2012 déjà, les services financiers avaient questionné la présidente du FN sur l'embauche de deux de ses assistants, Louis Aliot et Florian Philippot, comme Mediapart l’avait révélé. L'eurodéputée les avait employés en pleine campagne, à temps partiel, comme assistants « locaux », alors qu’ils étaient parallèlement vice-présidents du parti, mais aussi directeurs de sa campagne présidentielle, puis porte-parole du FN aux législatives.

À l’époque, le parlement avait cru bon de rappeler l'article 43, qui souligne que les fonds débloqués pour financer le travail des assistants parlementaires « ne peuvent servir directement ou indirectement à financer des contrats établis avec des groupes politiques du Parlement ou des partis politiques »« La durée horaire modeste de leurs contrats d’assistance parlementaire permet de concilier deux activités professionnelles », avait répondu Marine Le Pen dans un courrier. Le parlement avait renoncé à éplucher les agendas d’Aliot et Philippot, jugeant que la présidente du FN profitait d'un certain flou juridique concernant la catégorie des assistants « locaux ».

Aujourd'hui, elle n'est pas la seule frontiste visée par une demande de recouvrement. En janvier, le parlement européen a réclamé 320 000 euros à Jean-Marie Le Pen et 270 000 euros à Bruno Gollnisch, pour avoir respectivement employé, sous la précédente mandature (2009-2014), Jean-François Jalkh, vice-président du parti, et Guillaume Lhuillier, le directeur de cabinet du fondateur du FN. Dans son courrier, adressé à Jean-Marie Le Pen, le secrétaire général du parlement soulignait que « pour l’ensemble de la septième législature, M. Le Pen ne fournit ni explication ni preuve du travail d’assistance parlementaire réalisé par M. Jalkh ».

« Il y a un certain climat depuis un an, on le voit avec l’affaire des assistants, le parlement européen nous réclame une somme astronomique et c’est exécutoire », se plaignait en juin le conseiller de Le Pen, Lorrain de Saint-Affrique, interrogé par Mediapart. « Il y a les injonctions fiscales, l'enquête préliminaire [sur le patrimoine de Jean-Marie Le Pen – ndlr], les perquisitions, et l’OLAF. » De son côté, Bruno Gollnisch fustige « une procédure politique et persécutoire » et annonce : « Moi qui étais un député relativement économe, j'ai décidé de dépenser l'intégralité des enveloppes de frais désormais ! ». Les deux élus ont engagé des recours devant la cour de justice européenne. Trois autres eurodéputées frontistes sont également visées, d'après Me Ceccaldi : Sophie Montel, Dominique Bilde, Mylène Troszczynski.

 

organigramme du FN (Médiapart)

organigramme du FN (Médiapart)

C'est la publication du nouvel organigramme du Front national, en février 2015, qui a alerté le parlement européen. En croisant ce document avec les contrats des assistants, les services du parlement ont découvert que sur les 82 personnes occupant des fonctions officielles dans l'appareil frontiste, 20 étaient des collaborateurs d’eurodéputés (4 « accrédités » et 16 « locaux »). Sur ces vingt, dix ont fourni dans leur contrat de travail au parlement l'adresse du siège du Front national à Nanterre. Tout comme neuf autres assistants parlementaires, qui ne figurent pas, eux, dans l'organigramme. Au total, ce sont donc 29 assistants frontistes – sur 63 – dont la situation était susceptible de poser problème, selon le parlement.

C'est sur cette base que le président du parlement européen, Martin Schulz, a saisi l'Olaf en mars 2015, conformément au règlement de l'institution. Parallèlement, le président social-démocrate allemand écrivait à la ministre de la justice française de l'époque, Christiane Taubira. Dans son courrier, consulté par Mediapart, M. Schulz évoque « une possible utilisation frauduleuse de fonds européens », et pointe des « salaires versés à des assistants qui ne compenseraient pas un travail effectif pour le Parlement et pourraient financer de façon indue les activités d'un parti politique ».

Le 24 mars 2015, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire qu'il confie à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Pendant plusieurs mois, les enquêteurs réalisent un travail d'épluchage et de recoupement des agendas, badges électroniques et contrats d'une quarantaine d'assistants parlementaires frontistes, pour identifier les situations potentiellement problématiques. Il s'agit concrètement de déterminer, pour chaque assistant, s’il a effectivement consacré tout ou partie de son temps de travail au mandat européen de son député. L'enquête se resserre sur une vingtaine d’assistants. 

Début 2016, une série de perquisitions est menée au siège du Front national et aux domiciles de plusieurs collaborateurs, avec l'assistance des enquêteurs de l'OLAF, qui participent à l'exploitation des ordinateurs saisis. Fin août, le parquet de Paris, destinataire du rapport de l'organisme européen, élargit le champ de son enquête préliminaire à la période 2010-2016. Les enquêteurs français doivent maintenant faire le tri dans les informations transmises par l'OLAF, et établir les faits qui sont susceptibles d'être poursuivis, ceux qui ne le sont pas, et ceux qui sont prescrits (au-delà de trois ans).

De son côté, le Front national dénonce depuis le départ « une opération politique » du socialiste allemand Martin Schulz, « directement pilotée par François Hollande et Manuel Valls » pour « surveiller et intimider l’opposition patriote ».

Le parti de Marine Le Pen est-il le seul à tenter de maximiser la manne européenne ? Dans une longue enquête publiée en mai 2014, Mediapart avait déjà mis en lumière plusieurs cas problématiques d’eurodéputés français – au PS, à l'UMP, au Parti de gauche –, suspectés d’employer leurs assistants à d’autres fins qu’un simple travail de collaborateur européen. Dans plusieurs partis (au-delà même des Français), des situations posent – ou ont posé – problème, à des degrés divers.

La pratique est ancienne. L'écologiste Gérard Onesta, un ancien vice-président du parlement européen, qui a coécrit le règlement interne de l'institution, avait racontéà Mediapart « les capacités d'imagination de certains députés pour contourner le règlement » au fil des années. Mais selon lui, « avec le FN, il semble que l'on n'est plus dans le tripatouillage marginal, mais bien plutôt dans le montage massif, systématique, industriel ».

En passant de trois à vingt-trois eurodéputés après les élections de 2014, le Front national a en tout cas réalisé une bonne opération budgétaire – à rebours de son discours de dénonciation des institutions européennes(lire notre article). Car ces nouveaux élus touchent chacun 6 400 euros net mensuels, bénéficient de défraiements jusqu'à 4 320 euros, mais aussi d'une enveloppe maximale de 23 392 euros chacun pour payer chaque mois leurs assistants. Au total, ce sont 97 personnes (20 eurodéputés et 77 assistants) qui sont aujourd'hui rémunérées grâce aux fonds européens,d'après nos calculs. Et le groupe parlementaire que le FN est parvenu à créer en juin 2015 – Europe des nations et des libertés (ENL) – lui permet de toucher des subventions supplémentaires : 3 222 261 euros pour l’année 2016.

Outre cette affaire des assistants, le Front national ou ses dirigeants sont visés par deux autres enquêtes judiciaires. En octobre, le parti frontiste, son trésorier, l'un de ses vice-présidents et plusieurs proches de Marine Le Pen, ont été renvoyés en correctionnelle dans l'affaire du financement de ses campagnes législatives de 2012. Les déclarations de patrimoine de la présidente du FN et son père font par ailleurs l'objet d'une enquête préliminairediligentée par le parquet national financier.

 

 

 

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 05:27
Cette année encore, des centaines de sans abris sont morts dans la rue

Sur le site de RFI - avec l'AFP

Chaque année, le nombre de SDF augmente dans les rues de France. Entre 2001 et 2012, on a noté une augmentation de 50% du nombre de personnes sans domicile fixe. Si leur nombre est assez simple à calculer, la mortalité de cette population à risque de décès prématuré reste compliqué à estimer. Entre janvier 2008 et décembre 2010, 6.730 SDF sont morts dans les rues, plus de 2.000 par an. C'est ce que révèle une nouvelle estimation publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS). 

Cette nouvelle étude qui aboutit à estimer ces décès à 6.730 au cours de cette période 2008-2010, est basée sur des recoupements entre les données du Collectif les morts de la rue et celles de la base nationale des causes médicales de décès du Cépi-DC Inserm. Selon le rapport du Collectif les morts de la rue, rendu public le 12 novembre, les personnes décédées (498 en 2014) qu'il avait pu répertorier, étaient majoritairement des hommes (88%), morts en moyenne à 49 ans, alors que l'âge moyen de décès des hommes dans la population générale s'établit à 79 ans. Le collectif a estimé à cette occasion n'avoir recensé qu'entre 1/5e et 1/6e des disparitions de SDF. 

De plus en plus d'enfants dans la rue

Le BEH consacré à ces populations relève notamment "un accroissement des familles ayant des enfants" au cours de la dernière décennie. Parmi ces sans domicile, près d'un tiers sont des enfants, un quart des adultes travaillent, mais ont des emplois le plus souvent précaires, peu qualifiés et mal rémunérés, rappelle le bulletin. 

Le nombre de familles sans logement est estimé à 10.280 en Ile-de-France, selon les premiers résultats de l'enquête EnFams 2013, consacrée exclusivement à ces familles, également publiée dans le BEH. 

Près de la moitié des familles étaient monoparentale, 22% ayant au moins 3 enfants, selon l'enquête. La majorité souffrait de malnutrition, avec une forte fréquence d'"insécurité alimentaire", d'anémie (50% des mères et 38% des enfants)...

***

Sur le site du Figaro

L'année n'est pas encore terminée, mais le collectif Les Morts de la Rue a déjà recensé le décès de 323 personnes vivant dans la rue. Selon l'association, la moyenne d'âge des personnes décédées est de 49 ans.

Depuis le début de l'année 2016, au moins 323 personnes sans domicile fixe sont décédées dans la rue. Le collectif Les Morts de la Rue , dresse une liste, actualisée chaque semaine, qui recense les informations sur ces SDF victimes de la rue. Âge, date, lieu de décès et quelques fois un nom, le collectif tente par ce bias d'alerter les pouvoirs publics. «On est choqué par ce qui se passe. Tout le monde est amené à mourir un jour, mais en moyenne un homme a une espérance de vie qui se situe autour de 79 ans. Pour les personnes qui vivent dans la rue c'est 49 ans», confie Nicolas Clément, président du collectif. Si ce chiffre est déjà important, il n'est cependant que partiel, l'année n'étant pas encore terminée.

Cette liste est établie à partir de différentes sources. «Il y a certaines associations qui nous transmettent les avis de décès. Certains riverains qui nous alertent ou encore la police et les hôpitaux. Cette liste est donc incomplète mais elle permet d'alerter sur la situation», explique Cécile Rocca, coordinatrice au sein du collectif Les Morts de la Rue.

Si le collectif refuse de faire une estimation du nombre de morts attendus à la fin de l'année dès maintenant, Nicolas Clément précise que depuis plusieurs années «on est autour de 500 décès par an». «C'est un chiffre dont on est sûr. Mais ce dont il faut avoir conscience, c'est que ce chiffre est très incomplet. Selon une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), il pourrait y avoir entre 2700 et 2800 décès de sans domicile fixe par an».

Cette année, la moyenne d'âge des personnes mortes dans la rue est pour l'instant de 48,2 ans. Soit un peu moins que les années précédentes. Dans sa liste, on note également la très faible présence de femmes, évalué à 8%.

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 12:09
Voilà le tract de la CGT concernant la journée nationale du 8 novembre prochain. Il n'y aura pas de rassemblement sur Morlaix, l'USD Finistere a décidé d'organiser une manif commune à Quimper devant l'ARS.

Une opération escargot est prévue de Châteaulin à Quimper.

Pour la défense de l’hôpital public et nos conditions de travail, Mobilisons nous le mardi 8 novembre! 

Mouvement national.
L’hôpital et ses personnels sont attaqués de toute part, avec une accentuation sans précédent
sur la période 2010/2016.
Un seul objectif : la déstructuration du système hospitalier français. En seulement 6 ans deux lois complémentaires ont atteint leur objectif et eu des conséquences néfastes : la loi HPST (Hôpital, Patient, Santé, Territoire), la loi Santé (dite de modernisation du système de Santé).
Au CHPM soignants et patients subissent de plein fouet cette vision purement économique
et administrative entraînant suppression de postes, suppression de lits, dégradation de la qualité des soins, maltraitance institutionnelle... on assiste à un nivellement vers le bas de nos conditions de travail sous prétexte fallacieux d'économie, on pousse les titulaires à partir en disponibilité ou pire à démissionner pour s'échapper de cet enfer créé par notre direction.
Alors que notre direction insiste sur ses difficultés à recruter, on apprend que les demandes
de mutation pour venir au CHPM ne sont pas prises en compte ( La CGT du CHPM reçoit des
candidatures spontanées par mail car leur demande initiale formulée à la direction reste lettre morte)
 

Jusqu'à quand allons nous accepter de nous faire tondre ??
Jusqu'à quand allons nous subir cette politique managériale inhumaine pour permettre à nos
pontes de se gaver de primes pour bons et loyaux services à l'ARS ??
Notre Direction attend t-elle des suicides (comme il y en a eu dans plusieurs hôpitaux de
France) au sein de nos collègues pour se rendre compte du mal qu'elle impose ??

Il est important de se mobiliser massivement pour montrer le ras le bol des agents du CHPM , cela n'a que trop duré !!!
(Préavis déposé pour la Journée complète ou débrayage de 14h à 15h)

Rassemblement à Quimper devant l'ARS, lieu de convergence décidé pour le Finistère
opération escargot depuis Châteaulin (l'horaire de débrayage est pour montrer notre soutien au mouvement pour ceux qui ne pourront pas se joindre au cortège)

Pour la défense de l'hôpital public et nos conditions de travail, mobilisons-nous le mardi 8 novembre à Quimper, rassemblement devant l'ARS ! (CGT Centre hospitalier public pays de Morlaix)
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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 09:09
Fresque de Diego Rivera , Palais national du Mexique, L'épopée du peuple mexicain (1929-1935)

Fresque de Diego Rivera , Palais national du Mexique, L'épopée du peuple mexicain (1929-1935)

Frida Kahlo et Diego Rivera au cours d'une manifestation du 1er mai 1929 (photo de Tina Modotti)

Frida Kahlo et Diego Rivera au cours d'une manifestation du 1er mai 1929 (photo de Tina Modotti)

Une nouvelle ère s'ouvre au Mexique quand la révolution contre la dictature du président Porfirio Diaz, élu pour la septième fois, éclate, avec l'insurrection menée par Madero, Emiliano Zapata, Pancho Villa. Vont suivre dix années de guerre civile terrible qui vont faire un million de morts au bout desquels une stabilité relative va finir par s'installer.

La septième élection que brigue Diaz met le feu aux poudres. Le 20 novembre 1910, « l’apôtre de la révolution », Francisco Ignacio Madero, déclencha une insurrection. Commençait alors dix ans d’une guerre civile qui fait un million de mort.

C’est finalement Alvaro Obregons qui, ayant assassiné Zapata le 10 avril 1919, met fin à ces dix années de lutte. 

"A partir de 1920, avec la création d'un ministère des affaires culturelles au Mexique sous la direction de José Vasconcelos, l'alphabétisation fut non seulement poussée, mais un vaste mouvement de renouveau culturel fut en même temps mis en branle. Son but était l'assimilation sociale et l'intégration culturelle de la population indienne ainsi que le recouvrement d'une culture mexicaine autonome. Alors que les éléments culturels indiens avaient été refoulés depuis la conquête espagnole et que l'art académique influencé par l'Europe avait été encouragé depuis le XIXe siècle jusqu'à la Révolution, la réorientation ne tarda plus. Beaucoup d'artistes, qui avaient trouvé dégradante l'imitation des modèles étrangers jusque-là courante, réclamèrent désormais un art mexicain indépendant détaché de l'académisme. Ils exigèrent que l'on se souvienne de ses origines mexicaines et que l'on revalorise l'art populaire" (Andrea Kettenmann, Frida Kahlo 1907-1954: Souffrance et passion, Taschen).     

L'exposition du Grand Palais consacrée aux artistes mexicains apporte une grande bouffée d'air frais aux musées de peinture parisiens, des couleurs chatoyantes et une beauté brute, violente, renvoyant à la vie, à l'histoire vibrante et au peuple. On y découvre ou y redécouvre des artistes extraordinaires, profondément originaux, qui avaient un engagement social et  révolutionnaire très fort.  

Auparavant, au début du siècle, plusieurs artistes mexicains vont trouver aussi leur inspiration à Paris, ville des avant-gardes au début du XXe siècle, comme le très grand Diego Rivera qui s'installe à Montparnasse en 1911 et restera dix ans, partageant un temps le même immeuble que Mondrian. A Montparnasse, il fréquente Pablo Picasso et Fernand Léger, deux artistes qui deviendront communistes comme lui. André Salmon décrit Rivera alors comme "un géant bafouilleur, modérément chevelu mais échevelé, barbu suffisamment, montrant les dents, costaud jusqu'à faire impression mais mal bâti; quelque chose comme un gorille abonné aux séances de croquis d'une Académie..."

Un "gorille" épicurien beau parleur et jouisseur et un homme à femme. Comme en témoigne la beauté de ses conquêtes, Lupe sa seconde femme, Guadalupe, "au port de reine, un rien hautaine, la démarche d'un félin" qui fait l'admiration de Edmund Winston, le grand photographe américain amant de Tina Modotti vivant avec elle à Mexico de 1923 à 1926, Frida Kahlo, bien sûr, sa seconde femme, et ses conquêtes passagères comme la belle artiste italienne Tina Modotti. Diego Rivera rencontra Frida Kahlo en 1929 grâce au cercle communiste de Tina Modotti et du réfugié cubain Julio Antonio Mella.         

Edmund Winston dans son journal raconte ses soirées avec Diego Riviera et Lupe: 

"19 novembre, le soir. Diego et Lupe Rivera étaient chez nous, roucoulant, cette fois, comme des tourtereaux. Ce sont des "nino" par ci, "nina" par là. Elle arborait un nouveau collier de corail. Elle plaisante: "A Guadalajara, tout le monde prenait Diego pour mon père. Quand je disais que c'était mon mari, on me demandait: comment peut-on épouser un tel éléphant?"  

" 7 décembre. Chez Monna et Rafael pour le chocolat, lequel est servi à six heures l'après-midi, au lieu de cinq heures, pour le thé. Présence d'un sénateur mexicain et de sa guitare, charro (cow-boy) élancé et chic. Il s'est battu deux ans aux côtés de Villa, pendant la Révolution. Chacun, ici, semble avoir participé aux combats. "Villa était sans doute l'homme le plus aimé des Mexicains, nous confie le sénateur. C'était une personnalité exceptionnelle, qui a mené un juste combat pour les opprimés". Et nous qui, aux Etats-Unis, grâce à la presse censurée, prenions Villa pour un gangster! Lupe et le sénateur fredonnent tout au long de la soirée des chansons populaires mexicaines, quelques-unes à la mémoire et à la gloire de Pancho Villa. Diego est présent. Je l'examine avec attention. Son six-coup et sa cartouchière, prêts à servir, contrastent étrangement avec son sourire avenant. On l'a surnommé le Lénine de Mexico. Ici les artistes sont proches du Parti Communiste.. Rivera possède de petites mains délicates, celles d'un artisan. Ses cheveux se dégarnissent autour du front, laissant un vide de près de la moitié de son visage, sorte de dôme majestueux, large, étiré. Chandler, sidéré par Diego, ses formes imposantes, son rire contagieux, son énorme pistolet, me demande: "S'en sert-il lorsqu'on critique ses oeuvres?"   

Rentré au Mexique en 1922, Diego Rivera va devenir un des très grandes peintres muralistes mexicains, avec le français émigré au Mexique Jean Charlot, Orozco, Siqueiros, peintre communiste comme Rivera.

   

  

 

Diego Rivera à Paris

Diego Rivera à Paris

Guadalupe Marin - la seconde femme de Diego Rivera (ils se sont mariés en 1922)

Guadalupe Marin - la seconde femme de Diego Rivera (ils se sont mariés en 1922)

Tina Modotti (1924) - portrait d'Edmund Winston

Tina Modotti (1924) - portrait d'Edmund Winston

Diego Rivera et Frida Kahlo en 1932

Diego Rivera et Frida Kahlo en 1932

Diego Rivera (1886-1957) - Portait d'Alfonso Best Maugard (réalisé à Paris en 1913)

Diego Rivera (1886-1957) - Portait d'Alfonso Best Maugard (réalisé à Paris en 1913)

Paysage zapatiste (1913, Paysage zapatiste) - à cette époque les paysages et portraits cubistes de Diego Rivera rivalisent avec ceux de Picasso que Rivera n'hésitera pas d''ailleurs à accuser de plaggiat

Paysage zapatiste (1913, Paysage zapatiste) - à cette époque les paysages et portraits cubistes de Diego Rivera rivalisent avec ceux de Picasso que Rivera n'hésitera pas d''ailleurs à accuser de plaggiat

Portrait de Ramon Gomez de la Serna (DIego Rivera, 1913)

Portrait de Ramon Gomez de la Serna (DIego Rivera, 1913)

vendeuses d'arums

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Diego Rivera - fresque sociale représentant la vie (idéalisée) des Indiens dans le Sud du Mexique

Diego Rivera - fresque sociale représentant la vie (idéalisée) des Indiens dans le Sud du Mexique

Mexique enchanté, Mexique maudit, Mexique de l'art et de la culture révolutionnaires: une exposition magnifique au Grand Palais à Paris sur les artistes du Mexique entre 1900 et 1950
Diego Rivera: "L'homme à la croisée des chemins" (1924) - fresque au Rockefeller Center de New York ( Rivera y introduit le portrait de Lénine)

Diego Rivera: "L'homme à la croisée des chemins" (1924) - fresque au Rockefeller Center de New York ( Rivera y introduit le portrait de Lénine)

Pan American Unity (1940), Diego Rivera

Pan American Unity (1940), Diego Rivera

Frida Kahlo représentée sur "Pan American Unity"

Frida Kahlo représentée sur "Pan American Unity"

Autoportrait de Frida Kahlo (vers 1938) - "The Frame" - pour l'exposition Mexique organisée par André Breton à Paris en 1939, petit format avec des ornements floraux

Autoportrait de Frida Kahlo (vers 1938) - "The Frame" - pour l'exposition Mexique organisée par André Breton à Paris en 1939, petit format avec des ornements floraux

"Les deux Frida" (1939): ce tableau fascinant et atroce peint peu après le divorce de Frida Kahlo avec Diego Rivera exprime toute la souffrance de l'artiste, divisée entre elle-même, dont le coeur est mis à nu

"Les deux Frida" (1939): ce tableau fascinant et atroce peint peu après le divorce de Frida Kahlo avec Diego Rivera exprime toute la souffrance de l'artiste, divisée entre elle-même, dont le coeur est mis à nu

Frida Kahlo (1940): "Autoportrait aux cheveux coupés"

Frida Kahlo (1940): "Autoportrait aux cheveux coupés"

Frida Kahlo, après sa rupture en 1939, se remarie avec Diego Rivera en 1940 à San Francisco. Cette photo bouleversante prise à l'hôpital ABC de Mexico où Frida séjourna 9 mois suite à la dégradation de son état de santé date de 1950: Frida est opérée 7 fois de la colonne vertébrale et passe neuf mois à l'hôpital. Elle mourra dans sa maison bleue en 1954 tandis que Rivera mourra la même année que Malcom Lowry, l'auteur de "Au-dessous du volcan", en 1957. Frida Kahlo avait adhéré au Parti Communiste Mexicain en 1948. Elle était déjà un compagnon de route, s'engageant dans la solidarité avec les républicains espagnols, même si elle avait hébergé Léon Trotski et sa femme Natalia Sedova en 1937. Diego Rivera était allé à Moscou en 1927, Siqueiros en 1928.

Frida Kahlo, après sa rupture en 1939, se remarie avec Diego Rivera en 1940 à San Francisco. Cette photo bouleversante prise à l'hôpital ABC de Mexico où Frida séjourna 9 mois suite à la dégradation de son état de santé date de 1950: Frida est opérée 7 fois de la colonne vertébrale et passe neuf mois à l'hôpital. Elle mourra dans sa maison bleue en 1954 tandis que Rivera mourra la même année que Malcom Lowry, l'auteur de "Au-dessous du volcan", en 1957. Frida Kahlo avait adhéré au Parti Communiste Mexicain en 1948. Elle était déjà un compagnon de route, s'engageant dans la solidarité avec les républicains espagnols, même si elle avait hébergé Léon Trotski et sa femme Natalia Sedova en 1937. Diego Rivera était allé à Moscou en 1927, Siqueiros en 1928.

"Sueno de la Malinche" - le rêve de Malinche (la femme aztèque de Cortès) de Antonio Ruiz (1939): huile sur bois 30 x 40 cm

"Sueno de la Malinche" - le rêve de Malinche (la femme aztèque de Cortès) de Antonio Ruiz (1939): huile sur bois 30 x 40 cm

la marchande de fruits - Olga Casta (1931) - tableau présent à l'exposition du Grand Palais

la marchande de fruits - Olga Casta (1931) - tableau présent à l'exposition du Grand Palais

Francisco Goita, Tata Jesuchristo (1925-1927) - Francisco Goita donne une image non idéalisée, emprunte d'un dégoût profond de la violence et des horreurs de la guerre, de la révolution mexicaine

Francisco Goita, Tata Jesuchristo (1925-1927) - Francisco Goita donne une image non idéalisée, emprunte d'un dégoût profond de la violence et des horreurs de la guerre, de la révolution mexicaine

Francisco Goita, paysage de Zacatecas avec pendu (1914)

Francisco Goita, paysage de Zacatecas avec pendu (1914)

"La Révolution, le peuple en armes: Les Soldats de Zapata" - David Alfaro Siqueiros, fresque du musée national d'histoire à Mexico

"La Révolution, le peuple en armes: Les Soldats de Zapata" - David Alfaro Siqueiros, fresque du musée national d'histoire à Mexico

Les funérailles de Caïn - le poulet sacrifié représente le capitalisme (1947)

Les funérailles de Caïn - le poulet sacrifié représente le capitalisme (1947)

Notre Image Actuelle - 1947, Siqueiros

Notre Image Actuelle - 1947, Siqueiros

Siqueiros 1945: Nouvelle Démocratie - la Démocratie inquiète et douloureuse se libère du fascisme après la victoire contre les nazis

Siqueiros 1945: Nouvelle Démocratie - la Démocratie inquiète et douloureuse se libère du fascisme après la victoire contre les nazis

David Alfaro Siqueiros naît à Chihuahua (nord du Mexique) en 1896. Il a 13 ans quand ses parents partent s'installer à México. Comme Orozco, il est étudiant à l'école des Beaux-arts de Mexico, anciennement Académie "Sans carlos" ainsi qu'à l'école de Peinture Santa Anita. Comme beaucoup d'autres jeunes, c'est un idéaliste qui ne supporte plus la dictature étouffante de Porfirio Díaz. En 1914, il décide de s'engager aux côtés des révolutionnaires. A 20 ans, il est sous-lieutenant de l'Armée Constitutionnaliste. Il reste quatre ans et devient gradé. Cette expérience guerrière le marquera profondément et influencera son œuvre. Comme il le dira lui-même : « Sans cette participation à la Révolution, il n'aurait pas été possible plus tard de concevoir et de réaliser le mouvement pictural moderne mexicain ». Oui, de cette révolution politique naîtra une révolution artistique qui se concrétisera dans les fresques de Siqueiros mais aussi dans celles de Rivera, d'Orozco, d'O'Gorman... En 1919, il part en Europe. Il visite Paris où il peut y rencontrer Diego Rivera qui s'y trouve déjà depuis quelques années. Cette amitié lui permet de rencontrer les cercles artistiques alors en pleine ébullition à Paris. Il aiguise aussi sa conscience politique et sociale au contact des théoriciens et des activistes de tous bords. En septembre 1922, on le retrouve à Barcelone, où il publie un « Manifeste pour un Art Révolutionnaire Mexicain ». Le ton est donné...

L'énorme colonel - portrait de David Alfaro Siqueiros (1896- 1974)

L'énorme colonel - portrait de David Alfaro Siqueiros (1896- 1974)

Ethnographie - peinture de Siqueiros (1928)

Ethnographie - peinture de Siqueiros (1928)

José Clemente Orozco, Hispanic -America from The Epic of American Civilization - Baker Library - Dartmouth College, 1932-1934

José Clemente Orozco, Hispanic -America from The Epic of American Civilization - Baker Library - Dartmouth College, 1932-1934

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 06:02
Tredeurden, 30 octobre: plus d'un millier de manifestants contre l'extraction de sable (article Ouest-France et photos de Pierre-Yvon Boisnard)

Répondant à l’appel du collectif du Peuple des dunes de Batz à Bréhat, un millier de personnes se sont rassemblées, ce dimanche matin, sur la plage de Tresmeur à Trébeuden pour manifester leur opposition à l’extraction de sable en baie de Lannion. Un message adressé à la Compagnie armoricaine de navigation à quelques jours de la réunion du comité de suivi qui doit se tenir le mois prochain.

 

Près de 1500 personnes ont participé ce dimanche matin au rassemblement organisé par le Peuple des Dunes de Batz à Bréhat.

Album photos : Pas touche au sable

 

 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 17:13
Etre jeune communiste en 2016 (Capucine Tissot, Le Journal du Dimanche - 28 octobre 2016)

Ils viennent de s’engager au PCF mais peinent à se faire entendre dans le débat politique. Rencontre avec des militants qui luttent contre les préjugés sur l’histoire de leur parti.

"Dehors!" C’est ainsi qu’a été accueilli Romain, 17 ans, un après-midi de septembre. "Je me souviendrai de ce jour toute ma vie. Je rentre des cours, ma mère m’attend dans le salon, mon ordinateur sur la table. À sa mine, je comprends tout de suite…" Elevée dans une famille où l’on vote à droite depuis des générations, Romain se revendique communiste. Des idées incompatibles avec celles de son entourage, qui lui demande de quitter la maison! "Le temps d’annoncer la nouvelle aux autres et surtout de la digérer", se rappelle-t-il.

"Etre jeune communiste en 2016, c’est difficile", avoue aussi Guénolé Fournet, coordinateur national en charge de la vie des départements au Mouvement des jeunes communistes français (MJCF). La faute à l’histoire du parti, selon Vincent Bouget, secrétaire départemental du Gard : "Il y a une image du PCF que l’on traîne et qu’il est impossible de déconstruire. Pourtant, nous n’avons pas à nous excuser de ce qui a été l’histoire du Parti communiste." Ce passé aura valu à Romain des remarques blessantes de la part de ses camarades de classe : "C’est arrivé qu’on me surnomme 'le stalinien' au lycée. Les autres en rigolent, et je rigole aussi pour faire bonne figure, mais en vérité, c’est vexant à la longue."

"Avec la loi Travail, nous avons accru notre présence locale"

Depuis la chute du bloc soviétique, le PCF enchaîne les très mauvais scores aux élections. En 2007, la dernière candidate à la présidentielle, Marie-George Buffet, réunissait 1,93% des suffrages au premier tour, un plus bas historique. "Comme il n’y aura pas de président communiste en France, c’est difficile pour certains jeunes militants de s’engager à 100%", assure Nicolas Cossange, élu conseiller régional. Hugo Touzet, 23 ans, secrétaire de section dans le 18e arrondissement de Paris, est plus optimiste : "Le changement ne se fera pas en un claquement de doigts, mais rien n’est impossible. Il suffit de regarder les victoires électorales de la gauche en Amérique Latine au début des années 2000 ou même en Europe avec Syriza et Podemos, pour se rendre compte que les choses peuvent parfois évoluer très vite."

Le changement serait-il déjà en marche? Nicolas Cossange, 30 ans et conseiller régional dans le Languedoc-Roussillon, l’assure : "Il y a une évolution notable depuis la contestation contre la réforme des retraites en 2010. Cette année-là, il y a eu une explosion d’inscriptions dans les Jeunesses communistes." De même, lors de la mobilisation contre la loi Travail au printemps dernier : "Entre février et juillet, nous sommes passés de 13.000 à 15.000 adhérents au MJCF et avons accru notre présence locale sur des villes et des départements où nous n’étions pas encore tout à fait présents", reprend Guénolé Fournet du MJCF. A Nîmes par exemple, où la jeunesse communiste avait disparu en tant qu’organisation depuis plusieurs années, « nous avons réussi à la faire renaître grâce à cette mobilisation", confirme Vincent Bouget, secrétaire départemental du Gard. Du coup, Guénolé Fournet reste optimiste : "Notre avenir est à l’image de la période historique que nous traversons, pétrie de contradiction. Mais avec la volonté et la combativité, nous y arriverons. Nous avons de beaux jours devant nous."

 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 16:58
Libre-échange: la tentation autoritaire
29 OCTOBRE 2016 | PAR MARTINE ORANGE

Pressé d’effacer l’affront wallon, le conseil européen a prévu de signer le traité de libre-échange avec le Canada, dès dimanche. L’épisode a cependant souligné un complet divorce avec la société civile européenne. Le temps de la mondialisation heureuse est achevé.

 

Il fallait laver l’affront wallon au plus vite. Les différents parlements régionaux belges avaient à peine donné leur accord au texte amendé que le président du conseil européen, Donald Tusk, annonçait la signature du traité entre le Canada et l’Union européenne. Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, se félicitait de son côté de l’accord trouvé et annonçait sa venue à Bruxelles. L’accord sur le CETA sera signé dès dimanche.

En précipitant les événements, les responsables européens espèrent redonner à l’Union européenne sa crédibilité entamée. Après la Grèce, le Brexit, la crise sur les réfugiés, cette nouvelle contestation a mis à mal l’appareil européen. De nombreuses critiques se sont élevées sur son fonctionnement, sa capacité à négocier des traités commerciaux.

Signer le CETA au plus vite est une façon d’apporter la démonstration que l’Union européenne, quoi que ses détracteurs aient pu en dire ces derniers jours, est toujours en pleine possession de ses pouvoirs. C’est une manière de réduire la contestation wallonne à rien : un énième rebondissement dans la vie politique compliquée belge, de la lutte entre Wallons et Flamands, une manœuvre de ces socialistes wallons « obtus et ringards ».  

Le premier ministre belge, Charles Michel, comme les représentants flamands se sont d’ailleurs empressés d’accréditer cette thèse : « Pas une virgule n’a bougé dans le texte du CETA », a assuré le chef du gouvernement belge devant le parlement, jeudi soir. Une thèse que reprennent à leur compte les responsables européens. Rien d’important n’a été concédé aux parties wallonnes, puisqu’il est possible dès le lendemain de mettre en œuvre le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne.

Préoccupés à défendre leur légitimité, les responsables européens n’ont désormais qu’une obsession : tout faire pour que pareil blocage ne se reproduise plus, pour qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer la machine européenne. Des conservateurs demandent déjà que les modes de négociation soient changés, que les traités commerciaux soient de la compétence exclusive de la commission et du parlement européens, sans que les États puissent dire leur mot sur le processus.

 

À Bruxelles, on attend avec impatience l’arrêt de la cour européenne de justice sur le traité commercial avec Singapour. Si celle-ci tranche que cet accord est de la compétence exclusive de la commission, comme tous les technocrates européens l’espèrent, alors la voie sera libre : ils n’auront plus de compte à rendre aux parlements nationaux et pourront engager les pays de l’Union européenne comme bon leur semble. Berlaymont (le siège de la Commission européenne) aura alors tout pouvoir.

La tentation autoritaire des responsables européens, leur désir de passer en force sont bien là. La façon dont ils vont gérer les demandes belges permettra d’en mesurer l’ampleur. Car quoi qu’ils en disent, des engagements ont bien été pris : sur la protection des services publics, sur les OGM, sur les mécanismes de protection des marchés agricoles en cas de déséquilibre. Surtout, les régions wallonne, germanophone et celle de Bruxelles ont imposé que les tribunaux arbitraux soient transformés en cour publique internationale avec des juges dont les mandats seraient encadrés. Et avant toute chose, elles ont exigé que la cour européenne de justice se prononce sur la compatibilité de cette cour avec les principes constitutionnels européens. Le fait même que la commission européenne n’ait jamais posé la question à la cour européenne de justice laisse penser que les choses ne vont peut-être pas de soi.

Que vont faire les responsables européens de tous ces engagements pris ? Vont-ils accepter de les mettre en application, en concédant que d’autres pays exigent les mêmes traitements et garanties ? Ou, pour préserver l’intégrité du traité, vont-ils décider de tout ignorer, maintenant que la crise est passée et que l’accord est signé : les promesses, comme chacun le sait, n’engageant que ceux qui les reçoivent ? La réponse à cette question est redoutée.

Imaginer que tout va redevenir comme avant ou encore mieux qu’avant, avec une commission dotée de tous les pouvoirs face aux États, comme des responsables européens semblent en caresser l’idée, serait une lourde erreur. Car même si le conseil européen veut feindre de l’ignorer, la crise de légitimité des instances européennes face à la société civile européenne est bien plus grande que celle à l’égard des pays partenaires, même s’il semble pressé de ne répondre qu’à ces derniers.

La contestation belge a recueilli un écho et un soutien inattendu auprès de toutes les opinions publiques européennes. Celles-ci n’adhèrent plus à la mondialisation heureuse, tant vantée depuis vingt ans. Le CETA est signé, alors que 70 % des Wallons et des Français s’y disent opposés. Des manifestations contre le CETA et le Tafta ont lieu dans toute l’Europe. En Allemagne, plus de 300 000 personnes ont défilé dans tout le pays pour dénoncer ces traités de libre-échange, début octobre. L’accord avec le Canada fait d’ailleurs l’objet de multiples recours d’associations devant la cour constitutionnelle de Karlsruhe. Et celle-ci n’a donné qu’un accord provisoire sur ce traité, se réservant de se prononcer plus tard sur sa conformité avec les principes constitutionnels allemands.

Le malaise de la société civile devant ces grands accords commerciaux, dont les seuls bénéficiaires évidents sont les multinationales, gagne les partis politiques. Dès septembre, le ministre allemand de l’économie, le socialiste Sigmar Gabriel, s’est déclaré opposé au Tafta, entraînant à sa suite les socialistes français. Aujourd’hui, celui-ci reconnaît que même le CETA pose problème et que les opinions publiques n’ont peut-être pas été suffisamment prises en compte. Des renversements s’esquissent aussi au parlement européen : des élus socialistes, notamment allemands, qui s’étaient prononcés en faveur du traité de libre-échange avec le Canada, paraissent tentés de reconsidérer leur position. 

La commission et le conseil européen peuvent toujours décider de passer en force contre les opinions publiques, de s’asseoir sur les oppositions et les refus de la société civile, comme ils l’ont fait lors des référendums irlandais, français et néerlandais. Le désamour à l’égard de l’Europe n’en sera que plus grand. En refusant tout débat, tout compromis, ils courent le risque d’accélérer encore la décomposition de l’Union. Sans retour possible.

 

 

Libre-échange: la tentation autoritaire ( Martine Orange, Médiapart - 29 octobre 2016)
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 16:45
Communiqué du PCF Centre-Finistère: Richard Ferrand ou la carte du néo-libéralisme ultra à la mode Macron

COMMUNIQUÉ du PCF

30 octobre 2016 

M. Richard FERRAND Député de notre 6ème circonscription adoubé au poste de Secrétaire Général du mouvement « en marche » d’Emmanuel MACRON.

Ce n’est pas pour nous surprendre, lui qui a été le rapporteur de la loi éponyme de l’ancien ministre.

Que reste-t-il de socialiste à M. FERRAND lui qui approuve les paroles et les actes de l’ancien banquier d’affaires, dont le programme nous ferait revenir au début du 20ème siècle et qui ose dire tout le mal qu’il pense de notre modèle social? Tout un programme ! Son programme.

M. FERRAND, sentant le vent du boulet pour les législatives, change de casaque en bon carriériste qu’il est.

Député, Conseiller Régional, Président du groupe socialiste à la Région, toujours en activité professionnelle et maintenant Secrétaire d’un mouvement qui ne tardera pas à devenir un Parti.

Le respect des électeurs passe par un travail au plus près d’eux et non dans un cumul de mandats pour lesquels il ne peut y avoir de travail sérieux.

Le PCF a une conception autre de la politique.

Communiqué du PCF Centre-Finistère: Richard Ferrand ou la carte du néo-libéralisme ultra à la mode Macron
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 12:20
"Fondamentalement, M. Fillon est un colon. Il a la même philosophie, il se considère comme un être supérieur par rapport aux "sauvages" auxquels on a appris ce qui lui semble bon à ses yeux"

"Fondamentalement, M. Fillon est un colon. Il a la même philosophie, il se considère comme un être supérieur par rapport aux "sauvages" auxquels on a appris ce qui lui semble bon à ses yeux"

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR SÉBASTIEN CRÉPEL
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
HUMANITE.FR
 

Le syndicaliste guadeloupéen Elie Domota expose dans l’Humanité ce qu’il n’a pas pu dire au candidat à la primaire de la droite sur France 2, jeudi soir, après les déclarations de l’ancien premier ministre évoquant un « partage de culture » à propos de la colonisation.

Invité ce jeudi soir à s’exprimer sur France 2 en direct depuis la Guadeloupe pour apporter la contradiction à François Fillon dansl’Emission politique, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) Elie Domota n’a pas pu développer son argumentation face au candidat à la primaire de la droite et du centre, la chaîne l'empêchant de s'expliquer jusqu'au bout. Cela est d'autant plus regrettable qu'il accusait l’ancien premier ministre d’avoir tenu des « propos racistes » dans son discours à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe), le 28 août. L’Humanité a contacté l’ancien animateur de la grève générale de 2009 en Guadeloupe pour lui proposer d’exposer dans nos colonnes ce qu’il n’a pas pu dire à l’ancien premier ministre.

Vous avez accusé jeudi François Fillon d’avoir tenu des propos racistes quand il a déclaré à Sablé-sur-Sarthe, le 28 août : « La France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord », mais les téléspectateurs de France 2 n’ont pas pu entendre la fin de votre réponse. Qu’entendez-vous par là ?
Elie Domota
 Lors de la préparation de l’émission, France 2 m’avait assuré que je disposerais d’un temps de parole pour développer mes arguments, mais cela n’a pas été le cas. Ce que je voulais dire à François Fillon, c’est que ces propos sont tenus par trop de responsables politiques. Il faut rappeler qu’en 1635, lorsque des mercenaires sont envoyés par Richelieu, ils ont pour mission de coloniser la Guadeloupe et la Martinique. Il s’ensuit une longue décennie d’assassinats, de viols de meurtres et de massacres des Indiens sur l’île. C’est comme cela que le royaume de France est devenu propriétaire de la Guadeloupe, par le sang et par le meurtre. François Fillon appelle cela le « partage de la culture » ; moi, j’appelle cela conquête coloniale, meurtre et vol des terres. La France est alors allée chercher des Africains pour les déporter et les réduire en esclavage durant 400 ans. Toujours en vertu du « partage de la culture » selon M. Fillon, ont ensuite été organisés de véritables « élevages de nègres » pour en finir avec les révoltes d’esclaves, car Il est plus facile de dominer un être humain dès la naissance que de dominer un adulte qui connaît ses origines pour créer un être soumis. Il faut attendre la Révolution française pour que la première abolition de l’esclavage voie le jour en Guadeloupe. Mais en 1802, les troupes de Napoléon rétablissent l’esclavage. J’aurais aussi voulu rappeler à François Fillon que cette guerre a coûté aux forces guadeloupéennes des milliers de victimes avec, cerise sur le gâteau, plus de trois cents décapités en place publique à Pointe-à-Pitre. La France n’a certes pas inventé la décapitation, mais elle l’a commise contre des Guadeloupéens, qui étaient des Français. C’était encore la République à l’époque ! Et en 1848, lors de la deuxième abolition de l’esclavage, la République a déclaré que c’était une atteinte à la dignité humaine, mais elle a indemnisé les propriétaires, et non leurs victimes. La colonisation, c’est la violence pour s’approprier le bien d’autrui, parce qu’on considère qu’autrui est inférieur. Cette conception perdure, camouflée dans une prétendue mission civilisatrice de la France, de Jules Ferry à Nicolas Sarkozy, Manuel Valls ou François Fillon aujourd’hui. Fondamentalement, M. Fillon est un colon. Il a la même philosophie, il se considère comme un être supérieur par rapport aux "sauvages" auxquels on a appris ce qui lui semble bon à ses yeux.

François Fillon vous a répondu que si la colonisation vue selon les « critères d’aujourd’hui » est effectivement condamnable, il refuse la « repentance », estimant que la France n’a inventé ni l’esclavage ni la colonisation, que bien d’autres pays ont aussi pratiqués. N’est-ce pas relativiser le crime qu’a constitué la colonisation ?
Elie Domota 
Tout à fait, il est même dans une attitude d’apologie de crime contre l’humanité. Imagine-t-on François Fillon déclarer que les troupes allemandes sont venues occuper la France pour partager leur culture germanique ? Jamais cela ne lui viendrait à l’esprit. Mais à l’égard des Noirs en général, le négationnisme est toléré. François Fillon doit cesser de vanter pour autrui ce qu’il ne voudrait pas pour lui-même. On ne demande à personne de pleurer sur notre sort. M. Fillon, tout comme l’ensemble des Français, ne sont ni responsables ni coupables de cette histoire, mais ils en ont hérité, et le gouvernement français, quel que soit son bord politique, doit l’assumer et ne pas se voiler la face en prétendant que, sous prétexte qu’ont été construits des routes, des chemins de fer et des dispensaires, la France a oeuvré au développement du pays. Car la colonisation repose toujours sur le principe que le colonisé est inférieur à vous, que sa culture et sa musique, sa langue ne sont rien, et qu’au final lui-même n’est rien, et qu’il faut donc lui imposer votre langue, votre religion, vos coutumes. C’est une entreprise de déshumanisation, de négation des individus. Tuer des gens et prendre leur bien n’est pas du partage de culture, en 1635 comme en 2016.

A Sablé-sur-Sarthe, François Fillon a également déclaré que l’école ne devrait pas « apprendre aux enfants à comprendre que le passé est source d'interrogations » et à « faire douter de notre histoire ». N’est-ce pas là aussi une volonté de nier, jusque dans les programmes scolaires, ce qu’a été réellement la colonisation ?
Elie Domota
 On retrouve cette pression sur l’enseignement de l’histoire visant à exonérer la France de ses responsabilités en tant que puissance coloniale et esclavagiste, et même, à la limite, à rendre les victimes responsables de leur situation. Un exemple : en mai 2015, François Hollande est venu inaugurer le mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre. Qu’y voit-on ? Que ce sont les Africains qui ont vendu leurs frères, et que les Européens, passant par là, les ont donc achetés comme esclaves. Comme si les bateaux étaient arrivés par hasard ! Deuxième chose, il est dit que c’est grâce à la religion chrétienne que les Noirs sont sortis de l’idolâtrie. Rien sur la bulle du pape Nicolas V qui, en 1454, a encouragé le pillage des terres et les meurtres des païens ! L’apprentissage est aussi une question de domination.

Vous avez demandé à François Fillon qu’il se prononce en faveur de l’annulation des textes qui, à partir de 1848, indemnisent les anciens propriétaires d’esclaves, mais il a refusé, au nom, là aussi, de son désaccord avec la « repentance »…
Elie Domota
 Cela n’a rien à voir avec la repentance. Nous demandons une remise en état pour que le vivre-ensemble ait un sens. Nous disons à M. Fillon : êtes-vous prêts à annuler ces textes pour oeuvrer à une redistribution des terres pour que nous vivions dans une société plus juste et équitable, et à cette question il répond non. A partir de 1848, le pouvoir des propriétaires blancs a été renforcé, et les anciens esclaves ont été jetés dans la précarité, et aujourd’hui, nous sommes toujours dans la même configuration. Les héritiers des maîtres d’esclaves sont propriétaires des usines, ils siègent dans les conseils d’administration des banques, et les descendants d’esclaves sont pour la plupart ouvriers. Nous demandons que toutes les terres acquises de façon criminelle fassent l’objet d’une redistribution. Comment peut-on venir nous parler, sinon, de liberté, d’égalité et de fraternité ?

Quelles actions envisagez-vous pour obtenir cette « remise en état » ?
Elie Domota 
Nous avons demandé en mai 2015 au tribunal de nommer un groupe d’experts pour évaluer le préjudice subi par les colonisés, et de mettre à l’étude une réforme agraire pour la redistribution des terres acquises dans le cadre de l’esclavage et de la colonisation. Nous avons accompagné cette requête de deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) pour savoir si les textes qui prévoient l’indemnisation des propriétaires d’esclaves sont conformes à la Constitution française. En droit français comme dans le droit international d’ailleurs, le criminel ne peut pas tirer bénéfice de son crime, il est sanctionné et et la victime est indemnisé. Mais un an et demi plus tard, nous n’avons toujours pas de réponse. Le dossier est encore devant le tribunal de Pointe-à-Pitre, alors qu’il faut en moyenne deux mois à une QPC pour être présentée devant la Cour de cassation…

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 11:49
«	Les managers viennent beaucoup plus de l’extérieur et sont juste là pour réduire les effectifs. Je ne perçois plus l’âme de La Poste là-dedans./» photo marta nascimento/rea Marta NASCIMENTO/REA

« Les managers viennent beaucoup plus de l’extérieur et sont juste là pour réduire les effectifs. Je ne perçois plus l’âme de La Poste là-dedans./» photo marta nascimento/rea Marta NASCIMENTO/REA

« Tous les agents, du facteur jusqu’au haut cadre, sont sur un siège éjectable »
VENDREDI, 28 OCTOBRE, 2016
L'HUMANITÉ
 

Poussé à bout par sa hiérarchie, puis déclaré inapte par l’entreprise, avant d’être mis en retraite anticipée, Laurent, 53 ans, ancien responsable territorial, estime que l’entreprise a voulu se débarrasser de lui à cause de son profil de cadre à l’ancienne.

«J’adorais mon job. » Laurent (1) pourrait être un retraité épanoui. Mais, quand il évoque ses dernières années de vie professionnelle à La Poste, sa voix déverse un filet d’amertume. Haut responsable dans une direction territoriale, le fonctionnaire est aujourd’hui sur le banc de touche. Déclaré inapte par l’entreprise, il ne se résout pas à sa mise à la retraite forcée. Tout dérape en 2009. Une de ses filles, adolescente, rencontre des difficultés. Laurent se dégage du temps pour s’occuper d’elle et l’accompagner à ses rendez-vous médicaux. Une requête visiblement insoutenable pour sa hiérarchie. « On m’a dit : “Tu choisis, c’est ton enfant ou ton job !” Après ça, on m’a emmerdé tout le temps. Mon directeur me dénigrait publiquement alors qu’il s’était retrouvé du jour au lendemain à manager des chefs d’établissement sans formation. D’un coup, je ne faisais plus le travail comme il fallait. On essayait de me recaser sur d’autres postes. » Oppressé, Laurent enchaîne les insomnies. Et broie du noir. Il dort une à deux heures par nuit. Mais refuse de se mettre en arrêt maladie. En 2012, il finit par être hospitalisé d’urgence pour « un burn-out complet ».

« Je refuse de donner des ordres et de fliquer les agents »

Avant cette rupture, sa carrière était un long fleuve tranquille. Bosseur, classé parmi les meilleurs directeurs au niveau national, il se souvient avec fierté avoir remporté toutes sortes de challenges : « Je faisais toujours plus que ce qu’on me demandait. » Selon lui, la pluie soudaine de reproches n’est pas sans liens avec la stratégie de rentabilité accrue de La Poste et ses restructurations accélérées depuis le début des années 2000. Pour répercuter les réductions de coûts et les suppressions d’emplois, la fermeté est de mise chez les dirigeants.

Jusqu’ici, ce cadre à l’ancienne avait toujours appliqué les directives à sa manière. « On n’appréciait plus ma conception de l’encadrement copain-copain. Je refuse de donner des ordres et de fliquer les agents. Je devais être plus distant, mais ce n’est pas ma nature. La chose qui intéresse la direction du groupe, c’est les gains de productivité. »

Quand il revient de maladie, en 2014, c’est la douche glacée. En guise de comité d’accueil, il se retrouve dans un bureau isolé, à effectuer deux tâches en deux mois. On lui dit qu’il ne peut plus former de managers car, en 24 mois d’absence, il aurait perdu ses compétences. Laurent replonge. Le couperet de La Poste va vite tomber. « Je suis déclaré inapte par l’entreprise alors que mon médecin dit le contraire. Je serai bientôt mis à la retraite d’office avec 57 % de mon salaire, comme je n’ai pas assez cotisé. J’ai trois enfants, dont deux étudiants, et un prêt en cours. »

Laurent ne se définit pas comme un militant. Il a lui-même diligenté des restructurations pour le compte du groupe. Mais ne se reconnaît pas dans ces méthodes expéditives. « On m’a écarté parce qu’on ne voulait pas que je mette mon nez dans les projets. Avant, quand il s’agissait de transformer un bureau en agence postale communale, on allait discuter avec le maire, avec les agents transférés dans d’autres bureaux, on faisait des simulations, des tests ; aujourd’hui, ça ne se passe plus comme ça. Il n’y a plus de concertation. Ils s’en foutent de laisser les gens au bord de la route. Les managers viennent beaucoup plus de l’extérieur et sont juste là pour réduire les effectifs. Je ne perçois plus l’âme de La Poste là-dedans. »

D’autant que, pris entre le marteau et l’enclume, Laurent est lui-même victime du jeu de chaises musicales. En son absence, le train des restructurations permanentes n’a pas épargné son secteur. « À mon retour d’arrêt maladie, il n’y avait apparemment plus de poste de libre pour mon grade. » Si certains se retrouvent le bec dans l’eau, d’autres cadres, déstabilisés par les orientations stratégiques, prennent aussi la tangente. « Un de mes collègues a préféré redevenir facteur plutôt que de rester à son poste. Un autre a tout lâché pour devenir chauffeur routier. » Face à cette descente aux enfers, les mots de la DRH de la branche courrier évoquant La Poste comme « une entreprise qui prend en compte l’humain », sur RTL, le 7 octobre dernier, résonnent comme une provocation à ses oreilles. Même s’il se consacre à ses petits-enfants et avale les kilomètres en vélo, le quinquagénaire ne digère pas cette blessure. « On m’accuse aussi injustement de harcèlement moral. J’ai bien compris que l’entreprise avait tout fait pour ne plus me voir. »

Brisé dans son attachement aux valeurs de service public, il a décidé de contester sa mise à l’écart devant la justice. Dénouant le nœud de pudeur au fond de sa gorge, il tranche : « Le traitement que m’a infligé La Poste est antisocial. Cela peut arriver à n’importe qui. Tous les agents, du facteur jusqu’au haut cadre, sont sur un siège éjectable. »

 

 

 

Appel d'élus et de syndicalistes pour la Poste, service public pour toutes et tous

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www.lapostepourtouspartout.fr

 

Lire aussi: 

La poste: une direction timbrée... et violente (L'Humanité, 27 octobre 2016): Appel pour la défense du service public de La Poste

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