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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 19:16

Que Viva Fidel, intepretada por Celina González y Reutilio Cancin

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 17:53
Pierre-Jean Berrou, Gaston Balliot, Bruno Jullien (maire de Plobannalec-Lesconil) et Jean Kervision

Pierre-Jean Berrou, Gaston Balliot, Bruno Jullien (maire de Plobannalec-Lesconil) et Jean Kervision

Pays bigouden. Résistance : un site pour ne pas oublier

 

 Le Télégramme 24/11/2016

 

 http://www.letelegramme.fr/finistere/pont-labbe/resistance-un-site-pour-ne-pas-oublier-24-11-2016-11304508.php

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, le Pays bigouden a été un haut lieu de la Résistance. Trois Bigoudens, anciens enseignants, viennent de lancer un site dédié qui, s'il rend d'abord hommage au courage de ces résistants, entend prolonger leur souvenir auprès des jeunes générations.

 

 « Il faut que les jeunes connaissent cette histoire », lance Jean Kervision. Cette histoire, c'est celle de la Seconde Guerre mondiale, de l'occupation allemande dans le Pays bigouden et de cette résistance qui s'organise sur le territoire bigouden. Une histoire que Jean Kervision, qui a été instituteur et adjoint au maire du Guilvinec, a bien connue. « J'ai subi la rafle du 12 août 1944 » qui marquera les populations de Guilvinec et de Treffiagat, dont il est originaire. Jean Kervision n'a que 16 ans. Le souvenir est toujours aussi intact. Hier, c'est à Plobannalec-Lesconil, commune qui paya elle aussi un lourd tribut, que Jean Kervision, le Guilviniste Pierre-Jean Berrou, géographe, auteur de nombreuses publications sur l'histoire du Guilvinec et le Loctudiste Gaston Balliot ont présenté, à l'occasion de son lancement, un site Internet consacré à la guerre et la résistance dans le Pays bigouden. Un site dont l'objectif est de « rendre public une foule de documents sur la période de 1940-1944 dans le Pays Bigouden rudement mis à l'épreuve », précise Gaston Balliot. Histoire de rendre hommage au courage de ces hommes et femmes. Histoire également de prolonger leur souvenir auprès des plus jeunes.

 
 
La foule rend hommage aux fusillés de Lesconil

 « Tous les documents que l'on avait, fallait surtout pas qu'ils soient perdus, surtout dans l'ambiance actuelle », lance Gaston Balliot. Le site revient sur ces cinq années, des premiers clandestins de 1940 aux fusillés de La Torche en passant par l'usine à galets de Tréguennec. Au texte s'ajoutent les photos, comme celle, impressionnante, de l'inhumation provisoire des fusillés de Lesconil dans le cimetière de Plobannalec. La photographie, prise du haut du clocher de l'église, montre une foule compacte de Bigoudènes en coiffe. Il y a aussi ces photos des fusillés de Poulguen. « Ils venaient de tout le Finistère et ont été regroupés à Poulguen où les Allemands avaient un stand de tir. Ils ont été fusillés et ont été enterrés là », raconte Jean Kervision. Les photos de 1944 racontent la découverte des fosses communes, l'exhumation des corps, montrent ces cercueils numérotés à même la dune et l'hommage rendu dans le cimetière de Penmarc'h.

  

 Documents recherchés

 Une grande part des articles publiés en ligne est issue d'un travail mené dans les années 1980. Jean Kervision a l'idée de proposer dans les bulletins municipaux du Guilvinec, dont il est alors adjoint au maire, des papiers historiques. Il demande à Pierre-Jean Berrou, qu'il a connu sur les bancs de l'école, d'agrémenter ces bulletins par des papiers historiques. Au fil des années, il raconte dans Ar Gelveneg l'histoire des Guilvinistes dans la France libre, les rafles de 1944, la libération au Guilvinec. Parallèlement, il écrit, dans la revue Cap Caval, l'histoire des fusiliers marins bigoudens de la France libre. De son côté, Jean Kervision, responsable du « Travailleur bigouden », organe de la section bigoudène du Parti communiste français côtoie bon nombre de résistants dont Jean Le Brun, Jean Désiré Larnicol et Guillaume Bodéré. Trois figures dont les biographies présentes dans le « Maitron », dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social dont il est un des rédacteurs. En ligne, on retrouve ces biographies et de nombreuses autres. « Il y en a une quarantaine », explique Gaston Balliot. C'est lui qui, devant la masse de documents, a eu l'idée de les rassembler sur un même site. Lequel ne demande qu'à s'enrichir. « Nous n'avons pas beaucoup de renseignement sur le haut Pays bigouden », avance Pierre-Jean Berrou. Témoignages et documents sont les bienvenus.

 

 Site inernet avec formulaire de contact :

 

 https://bigouden1944.wordpress.com/

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 17:51
FIDEL: l'album photo Castro...
FIDEL: l'album photo Castro...
FIDEL: l'album photo Castro...
FIDEL: l'album photo Castro...
FIDEL: l'album photo Castro...
Fidel Castro, Gorbatchev, Raul Castro en 1986 (photo Jean-Marc Nayet)

Fidel Castro, Gorbatchev, Raul Castro en 1986 (photo Jean-Marc Nayet)

Avec Arafat

Avec Arafat

FIDEL: l'album photo Castro...
Avec Mandela

Avec Mandela

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 17:45
Ces 638 fois où la CIA a voulu se débarasser de Fidel Castro (Le Monde, 26 novembre 2016)

 

Stylo et cigares empoisonnés, LSD, poison pour faire tomber sa barbe… la CIA a tout essayé pour de tuer ou faire disparaître le dirigeant cubain.

LE MONDE | 


 

 

C’est une des plus grandes ironies de l’histoire. Le jour de l’assassinat du président américain John Kennedy, le 22 novembre 1963, un responsable de la CIA confiait un stylo empoisonné à une « taupe » cubaine pour qu’il l’utilise contre Fidel Castro, alors l’ennemi juré des Etats-Unis. Pourtant, au même moment, un émissaire de Kennedy rencontrait le numéro un cubain pour tenter de trouver des moyens d’améliorer les relations entre la grande puissance et son petit voisin. Cette anecdote, révélée en 1975 par une commission du Sénat américain (la « Commission Church »), montre qu’après la prise de pouvoir par Castro et jusqu’en 1965 la CIA, la principale agence de renseignements américaine, a cherché à se débarrasser de lui en encourageant, voire en soutenant, des projets d’assassinat.

Avant de songer à l’élimination physique, la CIA a d’abord tenté de le discréditer en s’attaquant à son image, durant les dernières années de la présidence de Dwight D. Eisenhower, de mars à août 1960. Avec des projets rocambolesques : il y a eu l’idée de disperser un produit chimique aux effets similaires à celui du LSD dans un studio de télévision où Castro devait enregistrer un discours, ou bien d’imprégner une de ses boîtes de cigare avec le même produit…

Poison anti-barbe

Certains ont même pensé à s’attaquer à sa barbe, telle Dalila coupant les cheveux à Samson. N’avait-il pas dit lors d’une interview avec une télévision américaine juste après son arrivée au pouvoir : « Ma barbe signifie plein de choses pour mon pays. » Un projet baptisé « La Barbe » fut lancé : il prévoyait de saupoudrer les chaussures du « comandante » avec un produit chimique dépilatoire… L’idée était de mener cette action lors d’un voyage à l’étranger, dans l’hôtel où le dirigeant cubain descendrait. On comptait sur le fait qu’il mettrait ses chaussures dans le couloir pour les faire cirer. Des tests furent menés sur des animaux, mais le projet fut abandonné, car Castro annula son déplacement.

La commission Church a recensé au moins huit projets d’assassinats, avec le recours parfois à des membres de la pègre de Las Vegas et aux Cubains anticastristes exilés à Miami. En 1975, Fidel Castro remettait au sénateur George McGovern une liste de 24 tentatives d’assassinat à son encontre, accusant la CIA. Dans un documentaire de 2006, des anticastristes recensent jusqu’à 638 projets d’attentats…

La plupart n’ont pas été mis à exécution, mais les moyens auxquels ses auteurs avaient pensé sont dignes des meilleurs romans d’espionnage : des plus classiques, comme des fusils très puissants, aux plus élaborées comme des pilules empoisonnées, le fameux stylo ou des armes bactériologiques…

Un documentaire produit par la chaîne britannique Channel 4 était revenu en 2006 sur ces infractueuses tentatives.

Début 1963, les services techniques de la CIA ont mené ainsi des tests pour contaminer une tenue de plongée, car Fidel Castro aimait pratiquer la plongée sous-marine. Les agents étudièrent même la possibilité de piéger un coquillage là où le dirigeant cubain aimait nager, mais aucun n’était assez grand pour abriter un explosif. Les renseignements américains avaient également un contact avec une « taupe » située au plus haut niveau du pouvoir cubain. Il lui fut remis un stylo empoisonné, puis on lui confia une cache d’armes, mais les relations furent rompues en 1965 pour des raisons de sécurité.

On imagina également d’empoisonner les cigares préférés du dirigeant cubain. Ces projets furent menés, à l’occasion, en impliquant des membres de la mafia de Las Vegas et des anticastristes cubains exilés à Miami par l’intermédiaire d’un ancien membre de la CIA, Robert Maheu.

L’échec de la baie des cochons

Les dirigeants de la CIA avaient-ils le soutien des présidents américains ? La commission n’a pas pu répondre à cette question. En tout cas, sous l’administration Eisenhower fut lancé le projet de renverser le régime cubain en envoyant des exilés cubains à Cuba. Le programme fut approuvé en mars 1959 par le président Eisenhower. Des camps d’entraînements furent mis en place au Guatemala. Peu après sa prise de fonction, en février 1961, le président Kennedy approuva le projet. Le 17 avril 1961, 1 400 exilés cubains débarquaient dans la baie des cochons, sur la côte sud de Cuba. Mais ce fut un échec total. Peu après, les Etats-Unis lançaient l’Opération Mongoose (mangouste) pour tenter de déstabiliser le régime castriste.

Après les révélations de la Commission Church, qui condamna ce genre de pratiques, certains anticastristes n’abandonnèrent pas leur espoir de tuer leur principal ennemi. En vain. Lorsqu’il s’est rendu aux Etats-Unis en 1979 pour donner un discours devant l’ONU, dans l’avion, les journalistes lui demandèrent s’il portait un gilet pare-balles. Fidel Castro ouvrit sa chemise sur son torse nu et lança : « J’ai un gilet moral. »

Fidel Castro est finalement mort de vieillesse vendredi 25 novembre, déjouant tous les pièges de ses ennemis.


Le Monde.

 

 

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 17:10
photo Malou Créach

photo Malou Créach

"Vivre et travailler autrement... avec la CGT!"

" L'affiche de la cgt avec David BOWIE est surtout la pochette de l'album "Héroes" de 1977. Photographe Masayayoshi Surita (voir l'expo de 2015 à Paris)

Album enregistré en Allemand en rapport au mur de Berlin. Affiche collector en effet..."

 

(Jean-Luc Le Calvez)

Photo Jean-Luc Le Calvez

Photo Jean-Luc Le Calvez

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 16:59
Le premier Fidel Castro (1926- 1961) par Jean Ortiz: de l'école jésuite à la révolution marxiste (L'Humanité, 4 août 2016)
Fidel Castro est mort
JEAN ORTIZ
JEUDI, 4 AOÛT, 2016
HUMANITÉ DIMANCHE
Fidel Castro est mort, vendredi 25 novembre à La Havane, à l'âge de 90 ans. Celui qui a défié la superpuissance américaine pendant plus d'un demi-siècle, avait cédé le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006 après une hémorragie intestinale.
C'est d'ailleurs ce dernier qui a annoncé son décès à l'antenne de la télévision nationale.
Nous republions ici  "Fidel Castro. De l'école jésuite à la révolution marxiste", une lecture, par Jean Ortiz, de l'itinéraire du leader cubain qui permet de comprendre comment Castro était devenu Fidel.

La mythification, comme la guerre idéologique, déforme toujours l’itinéraire complexe du leader cubain. Pour beaucoup, ce « communiste souterrain » aurait caché son jeu pour « trahir la révolution ». L’hypothèse ne résiste pas à l’analyse historique. L’étude de la jeunesse du « Comandante », né il y a 90 ans en août 1926, s’avère incontournable pour déceler à la fois la cohérence et les contradictions de ses engagements, pour comprendre comment Castro est devenu Fidel...

Il avait tout pour être un « héritier » ; il est un transfuge de sa classe. Fidel Alejandro Castro Ruz naît hors mariage, le 13 août 1926. Ce troisième fils d’un père espagnol, Angel, venu combattre les partisans de l’indépendance de l’île, et de sa servante cubaine, Lina Ruz, épouse illégitime, a tout pour devenir lui-même un oligarque, un grand propriétaire terrien comme papa, à Birán, actuelle province de Holguín. Dix mille hectares. Ils seront en partie confisqués par la révolution, puis « cédés » par la famille Castro.

Le garnement joue dans les dépendances de la « finca » avec les fils des paysans pauvres qui triment sans répit pour son père (300 familles). Le solide gaillard se rend vite compte que ses copains vivent misérablement, sont maltraités ; les relations avec le patriarche, sa brute de père, se tendent. Castro confiera à Ignacio Ramonet qu’il devint révolutionnaire à partir précisément de cet environnement d’enfance. Doué, le jeune Castro étudie, comme tous les fils de bonne famille, chez les Jésuites, d’abord à Santiago, ensuite au collège Belén à La Havane. Ses maîtres l’éveillent, dirait-on aujourd’hui, à la citoyenneté.

À l’automne 1945, il s’inscrit à la fac de droit de La Havane. Rebelle sans cause précise, il fait le coup de poing et de feu contre les bandes d’ultras. Il se politise à grande vitesse, acquiert une conscience révolutionnaire et prend souvent la parole dans le patio ou sur les escaliers de l’université. Le 6 novembre 1947, il y proclame une sorte de programme patriotique ; la frustration d’une pseudo-indépendance nationale, de surcroît tardive (1899), le hante. Le jeune étudiant marche en tête des manifestations contre le gouvernement corrompu et « vendu » de Grau San Martin. Dans ce chaudron idéologique, il lit Marx et se familiarise avec ses idées. Faire la révolution. Orateur hors pair, il milite à la puissante Fédération des étudiants universitaires (FEU), et se fait rapidement connaître, à tel point que « trois ans plus tard, il sera déjà un homme politique en vue à Cuba. À La Havane, Castro était déjà Fidel » (1).

Castro s’engage dans la vie publique en 1947 ; il rejoint le très anticommuniste, petit-bourgeois et populiste Parti du peuple cubain (PPC), plus connu sous le nom de Parti orthodoxe. Son leader, Eduardo Chibas, au programme social progressiste, dénonce la corruption et jouit d’une grande popularité. Chaque semaine, il s’adresse aux Cubains dans une émission à Radio CMQ. Fidel reste « orthodoxe » pendant huit ans, y compris après le suicide en direct à la radio, en 1951, du charismatique Chibas, destiné à « réveiller » le peuple. En 1948, présent à Bogota pour un congrès étudiant, Castro participe au Bogotazo, le soulèvement populaire provoqué par l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, candidat « libéral » favori aux élections à venir. De retour à Cuba, candidat du PPC à la députation, le jeune juriste semble promis à une carrière politique chez les « orthodoxes ».

Le coup d’État militaire de Fulgencio Batista, pour le compte de Washington, le 10 mars 1952, à trois mois d’élections que le PPC allait sûrement gagner, modifie toute la donne. Bogota, La Havane, l’intervention des États-Unis renforcent Castro dans son anti-impérialisme. Dès l’installation de la sanglante dictature (20 000 morts entre mars 1952 et décembre 1958), Castro part en guerre contre elle. La voie électorale se ferme. Peu à peu, il s’oriente vers une stratégie insurrectionnelle, de guerre de guérilla, dans le droit fil de l’histoire cubaine, de l’héritage des deux guerres d’indépendance.

Castro a conscience de prolonger la pensée et l’action du « héros national » José Marti, son inspirateur et modèle mort au combat le 19 mai 1895. À cette époque, Castro est d’abord « martinien », porteur d’un « nationalisme » radical hérité du patrimoine historique cubain, teinté de « socialisme utopique ». Pour José Marti, les États-Unis constituaient déjà, au XIXe siècle, « le pire danger qui menace notre Amérique ». La formation – incomplète – de la nation cubaine, dans ce contexte, acquiert une dimension anti-impérialiste. Le « fidélisme » apparaît alors comme « une synthèse pragmatique, un mélange d’un peu de Marx, de Engels, de Lénine, assez de Che et beaucoup de José Marti » (2). Sur cet « avant 1959 », Castro dira qu’il « avait peut-être deux millions de préjugés petits-bourgeois » (3).

Le 26 juillet 1953, sous les ordres de Castro, 131 jeunes partent à l’assaut de la symbolique forteresse militaire, la caserne de Moncada à Santiago. L’opération, destinée à provoquer un soulèvement populaire, échoue et la petite troupe est décimée : 6 morts au combat, 49 survivants torturés, puis massacrés. L’acharnement des tortionnaires et le courage inouï de ces jeunes confèrent à l’action un impact national, émotionnel et politique considérable. Le Parti socialiste populaire (PSP, communiste) qualifie, lui, l’assaut de « tentative de putsch aventuriste ». Le PSP traîne une réputation entachée de collaboration depuis le gouvernement de Front populaire avec Batista, dans lequel il eut deux ministres de 1942 à 1944.

Le 16 octobre 1953, Fidel Castro, avocat, assume lui-même sa défense lors du procès des assaillants. Sa célèbre plaidoirie-programme devient historique sous le titre « L’histoire m’acquittera ». Durant deux heures, l’accusé défend une cause collective et s’attribue le rôle d’accusateur, accable le tyran, démonte les mécanismes néocolonialistes d’exploitation, de domination, plaide pour un « gouvernement révolutionnaire », se pose en héritier de José Marti, qu’il qualifie d’« auteur intellectuel de l’assaut à la Moncada ». Il avance des réformes sociales inspirées du programme réformiste « orthodoxe », en appelle à saint Thomas d’Aquin pour légitimer le droit du peuple à démettre un tyran (4). Le discours, improvisé, est reconstitué et circule clandestinement. Il vaut à son auteur une large reconnaissance politique, notamment celle, unanime, de la communauté intellectuelle.

Castro, plus populaire que jamais, écope de 15 ans de prison. Un fort mouvement populaire arrache une loi d’amnistie et obtient, au bout de 21,5 mois, la libération de celui qui, pour les Cubains et bien au-delà, est désormais « Fidel ». En août 1955, il publie le premier manifeste du Mouvement du 26 juillet (mouvement créé après l’assaut) : réforme agraire, industrialisation, rétablissement de la Constitution de 1940, construction de logements, baisse des loyers, réformes économiques et ­sociales progressistes, nationalisation des services publics…

La répression oblige, en janvier 1956, Fidel et les militants les plus marqués à émigrer au Mexique. Ils y préparent une expédition armée pour renverser Batista. Au Mexique, il se définit comme « un marxiste en pensée », ce que contestera implicitement le Che. Dans une lettre de la Sierra à René Ramos Latour (Daniel), dirigeant « santiaguero » du Mouvement du 26 juillet, datée du 14 décembre 1957, Che écrit : « J’ai considéré Fidel comme un authentique leader de la bourgeoisie de gauche. »

Le 2 décembre 1956, sur le « Granma », un vieux rafiot exigu, 82 hommes embarquent pour « libérer Cuba ». Une traversée infernale de 7 jours et un débarquement catastrophique sur la côte orientale. Repéré par l’armée, le petit groupe est quasiment anéanti. Fidel, une nouvelle fois, et son frère Raul, s’en sortent. Ils parviennent à gagner la Sierra Maestra et mettent en place la guerre de guérilla.

C’est autour de cette Armée rebelle (fidéliste), le vecteur le plus révolutionnaire, le moins anticommuniste, que se forge une sorte de front antidictatorial, scellé au mois de juillet 1957 par le manifeste de la Sierra, puis par le pacte de Caracas (juillet 1958). En régime de monoculture en crise, les couches rurales se sont prolétarisées, la petite-bourgeoisie s’est radicalisée ; la classe ouvrière n’a pas « dirigé » le processus mais lui a servi de base. Les préjugés anticommunistes freinent. Le Mouvement du 26 juillet lui-même voit l’Armée rebelle, selon Fidel, « comme des agitateurs ». En mai 1958, il déclare au journaliste nord-américain Jules Dubois : « Je n’ai jamais été et ne suis pas communiste. Si je l’étais, je serais suffisamment courageux pour le proclamer » (5).

La guerre de guérilla dure 25 mois ; 300 guérilleros affrontent 12 000 soldats. L’opération militaire de Batista (« Fin de Fidel ») tourne à la débâcle. Le 8 janvier 1959, en pleine guerre froide, Fidel et sa légende entrent dans La Havane, acclamés par une « marée humaine » (6). Fidel le fédérateur, le libérateur, symbole de nation

Le 16 avril 1961, à La Havane, la foule se presse aux obsèques des victimes des raids aériens ennemis. Les bombardements de la CIA clouent au sol la petite aviation cubaine, tandis que se prépare l’invasion de la baie des Cochons par 1 400 exilés mercenaires, écrasés en 66 heures. Dans son discours des funérailles, Fidel appelle à défendre « notre révolution socialiste ». Il a attendu deux ans et demi après la victoire de l’Armée ­rebelle pour se réclamer du socialisme. Le long mûrissement du leader, l’expérience, vécue, de la nature de l’impérialisme, l’évolution des conditions objectives et subjectives, les enjeux et problèmes de l’époque ont « radicalisé » Fidel. En devenant communiste, il a contribué à son tour à radicaliser le processus révolutionnaire. L’agression des États-Unis a accéléré cette interaction dialectique. La révolution répond à chaque mesure hostile de Washington par l’approfondissement des changements. Un exemple : la loi 851 du 6 juillet 1960 réplique à la suppression de la quote-part d’importation de sucre cubain par la nationalisation des propriétés et des banques nord-américaines à Cuba.

Lorsque Kennedy impose le blocus total de l’île, l’aide de l’Union soviétique permet à Cuba de tenir. Y avait-il une alternative aux liens avec l’URSS, à l’entrée en 1972 dans le Comecon ? Ils lui offrent les moyens d’un développement social, éducatif, sanitaire, remarquable, mais ne remettent pas en cause la monoculture. Cuba est désormais réserve sucrière du « camp socialiste ». En 1991, Fidel déclare : « Nous avions déifié l’Union soviétique. » Il porte désormais un regard critique sur une période ambivalente.

Les discours politiciens sur « la trahison » de Fidel ou sur son « communisme souterrain », son « machiavélisme », relèvent de la propagande et occultent l’évolution fascinante du « Comandante » Fidel.

(1) « Les Quatre Saisons de Fidel Castro », de J.-P. Clerc, Éditions du Seuil, 1996.
(2) « Fidel », de V. Skierka, éditions Martinez Roca, 2002.
(3) « Le Socialisme à la cubaine », de J. Ortiz et G. Fournial, Éditions sociales, 1983.
(4) « L’histoire m’acquittera », de F. Castro, traduit et annoté par J.-F. Bonaldi, Éd. le Temps des cerises, 2013.
(5) « Journal de la révolution cubaine », de C. Franqui, Éditions du Seuil, Paris, 1976.
(6) Castro, Fidel, « les Chemins de la victoire. Mémoires », Éditions Michel Lafon, 2012. À consulter également : « Biographie à deux voix », F. Castro, I. Ramonet, Fayard/Galilée, 2007.
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 11:07
Solidarité dans le Finistère avec les réfugiés du camp de Jalazone. 6 heures pour la Palestine à BREST le 26 novembre

L’AFPS du Nord Finistère est engagée depuis 2012 dans un partenariat avec une association du camp de Jalazone, proche de Ramallah. Nous menons diverses actions pour pérenniser ce projet, soutenu par la municipalité de Brest. Lors d’une récente mission sur place, nos amis du GL voisin de Morlaix ont aussi engagé des contacts dans le camp pour créer un partenariat. 
Dans le cadre de la Quinzaine de solidarité internationale, nous organisons une journée de soutien au camp.

Afps Nord Finistère, vendredi 25 novembre 2016

Samedi 26 novembre: 6 heures pour la Palestine à Brest en solidarité avec le camp de Jalazone (16h-22h)
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 11:00
Mort de Fidel Castro: Pierre Laurent salue un des dirigeants du mouvement de l'émancipation humaine (Europe 1)

Le secrétaire national du Parti communiste français rappelle que Fidel Castro "a libéré son peuple en 1959".

Fidel Castro, décédé vendredi soir, "restera dans l'Histoire" comme "l'un des dirigeants du mouvement d'émancipation humaine", qui a notamment "tenu tête à l'impérialisme américain", a réagi samedi le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Pierre Laurent.

"Il a tenu tête à l'impérialisme américain". Fidel Castro "a libéré son peuple en 1959, à l'époque où l'île était en quelque sorte le bordel et le casino des riches Américains. Et puis il a tenu tête à l'impérialisme américain. Dans le monde entier, dans l'Amérique centrale et latine, c'est un homme qui a beaucoup compté", a déclaré Laurent sur iTELE. "Ca a été dans le XXe siècle, l'un des dirigeants du mouvement d'émancipation humaine. La révolution qu'il a menée a eu lieu à l'époque de la décolonisation et s'inscrivait dans ce mouvement de restauration de la souveraineté des peuples. C'est ça qui restera dans l'Histoire", a poursuivi le sénateur de Paris.

"Son frère a été dans l'équipe de la Révolution dès le début". "Pour le reste, il y a des changements déjà en cours à Cuba (...) Je pense que ce mouvement de transformation va s'approfondir dans les mois qui viennent", a poursuivi le dirigeant communiste, soulignant que "la situation a évolué, y compris dans l'affrontement avec les Etats-Unis. "Son frère (Raul Castro) a été dans l'équipe de la Révolution dès le début. Ils sont évidemment différents, ne serait-ce que d'un point de vue personnel, et Raul a tenu un rôle moins en évidence pendant les premières décennies de la révolution, mais ils sont animés de la même volonté de maintenir la voie du socialisme à Cuba et de le faire en essayant d'approfondir régulièrement les voies démocratiques", selon Laurent.

"L'image qui va rester, c'est celle de la prise du pouvoir, de la prise du palais de la Moncada, de la révolution de 1959, celle où il a libéré son peuple. Et les images de Fidel et le Che vont également rester dans l'Histoire", a ajouté Pierre Laurent. La Moncada est en fait la caserne que Fidel Castro et ses partisans ont en vain tenté de prendre d'assaut le 26 juillet 1953. Cette date est devenue le nom du mouvement révolutionnaire du dirigeant cubain arrivé au pouvoir un peu moins de six ans plus tard.

 
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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 10:57

Jean Ferrat - Cuba Si Une Chanson pour Cuba et ses Habitants (1967)

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 09:31
Handicap: 1599 familles en attente de solution dans le Finistère (Carole Tymen - le Télégramme, 26 novembre 2016)
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