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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 19:54
Journée mondiale de l'enfance le 20 novembre: 25 millions d'enfants menacés d'exclusion sociale en Europe (L'Humanité, jeudi 17 novembre 2017)
25 millions d’enfants menacés d’exclusion sociale en Europe
JEAN-JACQUES RÉGIBIER
JEUDI, 17 NOVEMBRE, 2016
L'Humanite
D’après le rapport de l’office de statistiques de l’Union européenne Eurostat, plus d’un enfant sur quatre est menacé de pauvreté ou d’exclusion sociale en Europe. Une situation qui s’est particulièrement dégradée au cours des 5 dernières années en Grèce et en Italie.

C’est un de ces chiffres qui nous rappelle au réel comme un coup de massue.
Plus du quart des enfants qui vivent dans l’Union européenne sont en voie d’exclusion sociale: très exactement 26,9% de la population âgée de 0 à 17 ans. Cette menace d’exclusion est mesurée par Eurostat à partir de critères très précis et quantifiables que sont les revenus et les conditions de vie des ménages dans lesquels vivent ces enfants. Elle concerne tout d’abord la pauvreté.

25 millions d’enfants européens vivent dans une famille pauvre, c’est-à-dire une famille dont les revenus ne dépassent pas 60% du niveau de vie moyen des familles du pays concerné.
Ce sont aussi des enfants qui, selon l’expression employée par Eurostat, sont « en situation de privation matérielle grave », c’est-à-dire que leurs conditions de vie sont fortement dégradées en raison des difficultés qu’affronte la famille. Concrètement, cela signifie par exemple que leurs parents ne peuvent plus payer leur loyer ou les factures de consommation courante dans les délais, ou bien qu’ils ne peuvent plus faire face à une dépense imprévue. Ce sont aussi des familles qui ne peuvent plus chauffer convenablement leur foyer, qui ne peuvent plus consommer de viande, de poisson, ou un équivalent  protéiné tous les deux jours, ou bien qui ne peuvent pas accéder à des biens courants comme la machine à laver, le téléviseur ou le téléphone.
Encore faut-il préciser que cette moyenne qui mesure l’exclusion sociale des enfants dans l’Union européenne masque des inégalités très fortes entre pays. D’un côté les pays très pauvres comme la Roumanie, où c’est presque la moitié des enfants qui vivent dans la pauvreté ( 46,8% ), ou bien la Bulgarie ( 43,7% ), de l’autre, certains pays du nord de l’Europe où le nombre d’enfants frappés par l’exclusion ne concerne guère plus d’un enfant sur 10, comme la Suède ( 14% ), la Finlande ( 14,9% ) ou le Danemark ( 15,7%.)
On remarquera aussi la situation particulièrement difficile de l’enfance en Grèce ( 37,8% des enfants en situation de pauvreté ), ainsi qu’en Espagne ( 34,4% ) et en Italie ( 33,5% ), ce qui signifie que dans ces pays, c’est plus d’un enfant sur 3 qui est menacé d’exclusion.
 
A noter qu’au Royaume-Uni, que l’on n’aurait pas tendance à considérer spontanément comme un pays en difficulté au vue de ses autres indicateurs économiques, le sort des enfants n’est guère plus enviable puisque plus d’un sur 3 ( 30,3% , à égalité avec l’Irlande ) est concerné par l’exclusion, une situation qui s’est d’ailleurs aggravée au cours des 5 dernières années ( 29,7% en 2010 .)
On ne remerciera jamais assez Ken Loach de continuer à nous montrer dans la réalité britannique de tous les jours, cette lente décomposition sociale qui résulte, depuis Tatcher, du creusement forcené des inégalités dans un pays riche qui ne jure que par la Bible libérale et la guerre aux droits sociaux, dont les victimes les plus fragiles sont, au bout du compte, les enfants. Il est vrai qu’au Royaume-Uni, cette réalité ne date pas d’hier puisqu’au XIXème siècle déjà, l’exploitation des enfants, contraints de travailler dans la grande industrie dès leur plus jeune âge, avait été porté à un tel niveau que la survie même de la classe ouvrière apparaissait menacée aux institutions médicales de l’époque, qui avaient tiré la sonnette d’alarme.
 
La France, comme l’Allemagne, ne figurent pas parmi les plus mauvais élèves du tableau, même si un enfant sur cinq continue à y être menacé, ce qui est encore beaucoup. Mais - et c’est un indice rassurant - dans ces deux pays, la situation s’est un peu améliorée au cours des 5 dernières années.
Elle s’est également très sensiblement améliorée en Pologne, pays qui vient de repasser légèrement au dessus de la moyenne européenne.
Ce n’est malheureusement pas le cas partout. On remarquera de ce point de vue la dégradation alarmante de la situation en Grèce , pays d’Europe où l’on enregistre la plus forte augmentation des indices qui mesurent la pauvreté des enfants depuis 2010 : près de 10 points en plus en 5 ans, faisant de la Grèce le 3ème pays d’Europe où le sort des enfants est le moins enviable. On jugera, d’après ces chiffres, les résultats délétères de la politique d’austérité imposée par l’Union européenne à la Grèce depuis plusieurs années.
A noter également la situation difficile pour les enfants en Espagne et en Italie, pays où la situation s’est également aggravée au cours
des 5 dernières années, contre la tendance générale qui prévaut en Europe, et qui est légèrement en amélioration.
 
Rôle crucial de l’éducation des parents
Bien sûr, cette tendance à la marginalisation sociale des enfants est en lien direct avec le chômage des parents, mais pas seulement, et c’est l’un des enseignements majeurs de cette enquête de l’organisme européen des statistiques.
Le niveau d’éducation des parents joue aussi un rôle déterminant.
On remarque ainsi que plus le niveau d’éducation des parents augmente et plus le risque d’exclusion sociale et de pauvreté des enfants diminue. Ce constat est valable dans absolument tous les pays européens.
Ce qui tendrait à prouver qu’une forte politique éducative est un puissant rempart contre la dégradation sociale, notamment - c’est ce que montre les chiffres - pour la génération qui vient. Moins les parents sont éduqués, et plus grand est le risque de voir leurs enfants sombrer eux aussi dans le déclassement.
Aujourd’hui, près des deux tiers (65,5%) des enfants dont les parents ont un faible niveau d’éducation ( premier cycle de l’enseignement secondaire, au mieux) sont menacés de pauvreté dans l’Union européenne. Cette menace ne touche qu’un tiers des enfants dont les parents ont un niveau d’éducation qu’on peut qualifier de moyen ( second cycle de l’enseignement secondaire ), et seulement 10% des enfants dont les parents ont suivi un enseignement supérieur.
Ce constat, évident pour les acteurs de terrain qui travaillent tous les jours dans le secteur social, est entièrement confirmé par les mesures et informations collectées au niveau européen par Eurostat. La Journée mondiale de l’enfance aura lieu dimanche prochain 20 novembre.
 
C’est un de ces chiffres qui nous rappelle au réel comme un coup de massue.
Plus du quart des enfants qui vivent dans l’Union européenne sont en voie d’exclusion sociale: très exactement 26,9% de la population âgée de 0 à 17 ans. Cette menace d’exclusion est mesurée par Eurostat à partir de critères très précis et quantifiables que sont les revenus et les conditions de vie des ménages dans lesquels vivent ces enfants. Elle concerne tout d’abord la pauvreté.
25 millions d’enfants européens vivent dans une famille pauvre, c’est-à-dire une famille dont les revenus ne dépassent pas 60% du niveau de vie moyen des familles du pays concerné.
Ce sont aussi des enfants qui, selon l’expression employée par Eurostat, sont « en situation de privation matérielle grave », c’est-à-dire que leurs conditions de vie sont fortement dégradées en raison des difficultés qu’affronte la famille. Concrètement, cela signifie par exemple que leurs parents ne peuvent plus payer leur loyer ou les factures de consommation courante dans les délais, ou bien qu’ils ne peuvent plus faire face à une dépense imprévue. Ce sont aussi des familles qui ne peuvent plus chauffer convenablement leur foyer, qui ne peuvent plus consommer de viande, de poisson, ou un équivalent  protéiné tous les deux jours, ou bien qui ne peuvent pas accéder à des biens courants comme la machine à laver, le téléviseur ou le téléphone.
Encore faut-il préciser que cette moyenne qui mesure l’exclusion sociale des enfants dans l’Union européenne masque des inégalités très fortes entre pays. D’un côté les pays très pauvres comme la Roumanie, où c’est presque la moitié des enfants qui vivent dans la pauvreté ( 46,8% ), ou bien la Bulgarie ( 43,7% ), de l’autre, certains pays du nord de l’Europe où le nombre d’enfants frappés par l’exclusion ne concerne guère plus d’un enfant sur 10, comme la Suède ( 14% ), la Finlande ( 14,9% ) ou le Danemark ( 15,7%.)
On remarquera aussi la situation particulièrement difficile de l’enfance en Grèce ( 37,8% des enfants en situation de pauvreté ), ainsi qu’en Espagne ( 34,4% ) et en Italie ( 33,5% ), ce qui signifie que dans ces pays, c’est plus d’un enfant sur 3 qui est menacé d’exclusion.
 
A noter qu’au Royaume-Uni, que l’on n’aurait pas tendance à considérer spontanément comme un pays en difficulté au vue de ses autres indicateurs économiques, le sort des enfants n’est guère plus enviable puisque plus d’un sur 3 ( 30,3% , à égalité avec l’Irlande ) est concerné par l’exclusion, une situation qui s’est d’ailleurs aggravée au cours des 5 dernières années ( 29,7% en 2010 .)
On ne remerciera jamais assez Ken Loach de continuer à nous montrer dans la réalité britannique de tous les jours, cette lente décomposition sociale qui résulte, depuis Tatcher, du creusement forcené des inégalités dans un pays riche qui ne jure que par la Bible libérale et la guerre aux droits sociaux, dont les victimes les plus fragiles sont, au bout du compte, les enfants. Il est vrai qu’au Royaume-Uni, cette réalité ne date pas d’hier puisqu’au XIXème siècle déjà, l’exploitation des enfants, contraints de travailler dans la grande industrie dès leur plus jeune âge, avait été porté à un tel niveau que la survie même de la classe ouvrière apparaissait menacée aux institutions médicales de l’époque, qui avaient tiré la sonnette d’alarme.
 
La France, comme l’Allemagne, ne figurent pas parmi les plus mauvais élèves du tableau, même si un enfant sur cinq continue à y être menacé, ce qui est encore beaucoup. Mais - et c’est un indice rassurant - dans ces deux pays, la situation s’est un peu améliorée au cours des 5 dernières années.
Elle s’est également très sensiblement améliorée en Pologne, pays qui vient de repasser légèrement au dessus de la moyenne européenne.
Ce n’est malheureusement pas le cas partout. On remarquera de ce point de vue la dégradation alarmante de la situation en Grèce , pays d’Europe où l’on enregistre la plus forte augmentation des indices qui mesurent la pauvreté des enfants depuis 2010 : près de 10 points en plus en 5 ans, faisant de la Grèce le 3ème pays d’Europe où le sort des enfants est le moins enviable. On jugera, d’après ces chiffres, les résultats délétères de la politique d’austérité imposée par l’Union européenne à la Grèce depuis plusieurs années.
A noter également la situation difficile pour les enfants en Espagne et en Italie, pays où la situation s’est également aggravée au cours
des 5 dernières années, contre la tendance générale qui prévaut en Europe, et qui est légèrement en amélioration.
 
Rôle crucial de l’éducation des parents
Bien sûr, cette tendance à la marginalisation sociale des enfants est en lien direct avec le chômage des parents, mais pas seulement, et c’est l’un des enseignements majeurs de cette enquête de l’organisme européen des statistiques.
Le niveau d’éducation des parents joue aussi un rôle déterminant.
On remarque ainsi que plus le niveau d’éducation des parents augmente et plus le risque d’exclusion sociale et de pauvreté des enfants diminue. Ce constat est valable dans absolument tous les pays européens.
Ce qui tendrait à prouver qu’une forte politique éducative est un puissant rempart contre la dégradation sociale, notamment - c’est ce que montre les chiffres - pour la génération qui vient. Moins les parents sont éduqués, et plus grand est le risque de voir leurs enfants sombrer eux aussi dans le déclassement.
Aujourd’hui, près des deux tiers (65,5%) des enfants dont les parents ont un faible niveau d’éducation ( premier cycle de l’enseignement secondaire, au mieux) sont menacés de pauvreté dans l’Union européenne. Cette menace ne touche qu’un tiers des enfants dont les parents ont un niveau d’éducation qu’on peut qualifier de moyen ( second cycle de l’enseignement secondaire ), et seulement 10% des enfants dont les parents ont suivi un enseignement supérieur.
Ce constat, évident pour les acteurs de terrain qui travaillent tous les jours dans le secteur social, est entièrement confirmé par les mesures et informations collectées au niveau européen par Eurostat.
 
La Journée mondiale de l’enfance aura lieu dimanche prochain 20 novembre.
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 18:35
Réfugiés climatiques, la crise du sicle (Marion d'Allard, 15 novembre 2016 - L'Humanité)
Réfugiés climatiques, la crise du siècle
MARION D’ALLARD
MARDI, 15 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Selon les estimations de l’ONU, 250 millions de personnes, seront, d’ici 2050, forcées de s’exiler à cause des bouleversements du climat. Un enjeu humanitaire et géopolitique majeur, pourtant soigneusement mis de côté dans les négociations internationales.  

Les changements environnementaux sont devenus l’un des principaux facteurs, sinon le principal, de migrations et déplacements de populations dans le monde. Ce préambule, posé conjointement par les chercheurs et les ONG, annonce l’ampleur d’un phénomène dont l’accélération met désormais la question des réfugiés climatiques au centre des enjeux humanitaires.
 
Alors que plusieurs dizaines de chefs d’État et de gouvernement, accompagnés par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, arrivent aujourd’hui à Marrakech, où, depuis une semaine, les négociateurs internationaux tentent de faire avancer la lutte contre le réchauffement climatique, la délégation américaine menée par John Kerry est particulièrement attendue, l’élection de Donald Trump, pourfendeur de la cause climatique, préfigurant un pas en arrière mortifère. Un an après la signature de l’accord de Paris, par lequel le monde s’est engagé à maintenir le réchauffement planétaire « bien en dessous des 2 °C », la mise en œuvre des mesures annoncées est au cœur de cette COP22. Il n’est plus temps de tergiverser. 
 

1. Derrière les catastrophes, des millions de déplacés

 
L’ONU annonce 250 millions de réfugiés climatiques à l’horizon 2050. Pour la seule année 2015, et d’après les chiffres de The Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC), 18,9 millions de personnes ont été déplacées sous le coup de phénomènes climatiques extrêmes. Bien sûr, « les mouvements de populations ayant pour origine l’environnement ont toujours existé dans l’histoire de l’humanité », explique François Gemenne, chercheur en sciences politiques et directeur exécutif du programme politique de la terre à Sciences-Po. « En revanche, poursuit-il, 85 % des événements climatiques extrêmes qui poussent les populations à l’exil sont désormais liés au réchauffement climatique. C’est une donnée nouvelle. »
 
Sur l’ensemble des populations déplacées pour des raisons environnementales, « 55 % fuiraient des inondations et 29 % des tempêtes », détaille pour sa part la Cimade (1). Selon François Gemenne, « trois grandes régions correspondant à trois types de phénomènes environnementaux sont particulièrement concernées par ces épisodes extrêmes ». Il s’agit de l’Afrique subsaharienne avec, en cause, les sécheresses et la dégradation des sols. Un impact catastrophique dans une région du monde où plus de la moitié de la population dépend de l’agriculture. L’Asie du Sud et du Sud-Est, région la plus peuplée du globe, se trouve, elle, la plus exposée aux typhons et autres tempêtes. À tel point que, dès 2007, le Groupe international d’experts sur l’évolution du climat alertait sur le fait que « les rendements des cultures en Asie centrale et du Sud pourraient chuter de 30 % d’ici le milieu du siècle ». Enfin, particulièrement exposés également, les petits États insulaires, dont la montée du niveau des mers menace jusqu’à l’existence même. Dans la liste figurent les archipels du Pacifique, les îles Marshall, la Polynésie, les Maldives, mais également les quelque 7 000 îles des Philippines et leurs 100 millions d’habitants, ou la Malaisie et ses 27 millions de Malaisiens. Toujours selon l’IDMC, l’Inde, la Chine, le Népal, les Philippines et la Birmanie figurent aussi en tête de liste des pays les plus vulnérables face au réchauffement climatique. Pour autant, ses effets frappent également les pays développés, « à l’instar de la montée du Danube, qui inquiète la plupart des États des Balkans, dont les Roms, vivant dans des conditions précaires et délaissés par les pouvoirs publics, sont les premiers à souffrir », complète la Cimade. Car, s’il est un dénominateur commun aux multiples réalités du changement climatique, c’est que les populations les plus vulnérables en sont les premières victimes. 
 

2. comment les définir, comment les dénombrer ? 

 
Temporaires ou définitifs, régionaux ou internationaux, les déplacements de populations liés aux bouleversements climatiques sont divers dans l’espace et dans le temps. Ils demeurent en conséquence très difficiles à quantifier. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), « l’impact météorologique de l’évolution du climat peut se traduire par deux facteurs migratoires distincts : les processus climatiques comme la hausse du niveau des mers, la salinisation des terres agricoles, la désertification et la rareté grandissante de l’eau, et les événements climatiques tels que les crues, les tempêtes et les inondations causées par la montée brutale du niveau des lacs glaciaires ». Cependant, et contrairement aux idées reçues, l’immense majorité – 95 % – de ces déplacements contraints se font à l’échelle nationale. Au Bangladesh, par exemple, les migrations internes sont « devenues une véritable stratégie de survie pour les populations », explique la Cimade, dans un pays « soumis à l’élévation du niveau de la mer, aux inondations, sécheresses, cyclones et érosions ». Derrière cette réalité, et c’est le cas aussi au Bangladesh, se trame également l’aggravation des situations de grande précarité. « Les gens partent pour survivre. Ils quittent un endroit vulnérable pour un autre endroit tout aussi vulnérable », indique François Gemenne. Pour eux, l’exil est sans fin. Mais pour d’autres, la situation oblige à passer les frontières, à s’établir ailleurs. 
 
Sur les bords du lac Tchad, dont l’assèchement pousse les communautés d’éleveurs à aller toujours plus loin chercher de l’eau, la situation confine à l’intenable. « En cinquante ans, le lac est passé d’une superficie de 25 000 kilomètres carrés à 2 500 à peine. Plus de 30 millions de personnes vivent sur ses rives de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche », raconte Hindou Oumarou Ibrahim, coordinatrice de l’Association des femmes peules autochtones du Tchad. Là-bas, la crise environnementale a créé « une situation explosive qui dégénère souvent en conflits régionaux, nationaux et même internationaux », poursuit-elle. Les migrations climatiques peuvent être temporaires, comme après une catastrophe naturelle. Elles peuvent aussi devenir tout ce qu’il y a de plus définitif. C’est le destin tragique auquel sont promis les habitants de certains États insulaires. Car, l’option de la disparition totale de certains territoires est désormais envisagée par les climatologues. « Le cas de certaines îles menacées d’engloutissement par la montée des eaux nous oblige, collectivement, à repenser la notion même de frontières géographiques. » Les populations insulaires devenant, de fait, apatrides, « comment considérer dès lors un État dont le territoire a disparu ? » interroge François Gemenne.
 

3. Les oubliés du droit international

 
Réfugiés, déplacés, migrants, il persiste un flou autour de la définition même de ceux que le changement climatique pousse sur les routes. En 1985, le Programme des Nations unies tente une première approche, estimant qu’est considérée comme réfugiée environnementale « toute personne forcée de quitter son habitation traditionnelle d’une façon temporaire ou permanente à cause d’une dégradation nette de son environnement qui bouleverse son cadre de vie et déséquilibre sérieusement sa qualité de vie ». Pour autant, cette définition ne fait pas consensus et les discussions internationales continuent d’achopper sur la question du statut de ces réfugiés climatiques. D’autre part, relève François Gemenne, « il reste compliqué de nommer globalement ces mouvements migratoires, tant les facteurs qui les provoquent sont multiples et souvent interdépendants ». Un agriculteur d’Afrique subsaharienne faisant face à la dégradation des sols (sécheresses, inondations, désertification…), décidant de s’installer en ville dans un premier temps et n’y trouvant pas de quoi gagner sa vie, tente de rejoindre l’Europe. Est-il considéré comme migrant climatique ou économique ? Le chercheur plaide pour une approche globale des flux migratoires sans « catégoriser » les réfugiés. Pour l’OIM, en revanche, cette catégorisation a son importance. « Savoir s’il faut qualifier les personnes déplacées par les changements du climat de “réfugiés climatiques” ou de “migrants climatiques” n’est pas seulement affaire de sémantique, explique l’organisation. Selon que l’on acceptera l’une ou l’autre définition, les implications au regard du droit international se traduiront par des obligations bien réelles pour la communauté internationale. »
 
À l’heure actuelle, la convention de Genève, signée en 1951 et relative au statut international des réfugiés, précise qu’il concerne toute personne faisant l’objet d’une « crainte bien fondée de persécution », excluant de fait les réfugiés du climat. Les choses commencent néanmoins à bouger. La Suisse et la Norvège sont à l’origine de l’initiative Nansen, adoptée en octobre 2015 par 109 États. Définissant un « agenda de protection », cette initiative vise à construire un cadre légal international sur la question des déplacés climatiques transnationaux. Elle n’est cependant toujours pas mise en œuvre. Les conférences climatiques peuvent être l’occasion de remettre l’ouvrage sur le métier. Pour autant, la création d’un statut spécifique ne saurait être considérée comme la « solution miracle », prévient François Gemenne. Et ne vaudrait d’ailleurs pas grand-chose sans la mise en œuvre de politiques nationales qui anticipent et protègent les populations concernées. Ainsi, poursuit le chercheur, « cette question des migrations climatiques ne serait plus appréhendée seulement comme une condition urgente de survie, mais pourrait être planifiée et vue comme une véritable stratégie d’adaptation pour l’avenir ». Pour s’en convaincre, « il suffit de voir ce qui se passe actuellement en Europe sur la question des réfugiés et à quel point une telle situation, lorsqu’elle n’est pas anticipée, peut confiner au chaos ». 
 
 
(1) Association de solidarité qui œuvre auprès des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.

 

Catastrophes naturelles : le bilan est pire que ce que l’on pensait
« L’impact économique et  humain des catastrophes naturelles est nettement plus important qu’on ne le pensait jusqu’ici », écrit la Banque mondiale dans un rapport publié
hier. En détail, l’institution estime que 26 millions de personnes basculent chaque année dans la pauvreté suite à des   vénements climatiques  extrêmes, dont le coût
global annuel est, par ailleurs, évalué à 520 milliards de dollars. Contrairement aux travaux précédents, les auteurs de ce rapport ont pris en compte, en plus des pertes matérielles, les pertes de « bien-être » des populations, relatives à la santé, à l’alimentation ou à l’éducation.
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 18:20
Les hommes du patronat dans l’ombre de la primaire de droite
VENDREDI, 18 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Suppression de l’ISF, des 35 heures, réduction des cotisations patronales… Les candidats reprennent tous à leur compte les revendications du Medef. Plongée dans le monde très perméable de la droite et des milieux économiques. 

Une Audi TT et de grosses berlines noires ont pris d’assaut la bourse du travail de Massy (Essonne). Étrange spectacle que celui qui s’est déroulé mardi soir dans cette salle, gérée par la municipalité de droite. Point de délégations de salariés, ni de banderoles, mais un meeting de PDG, une assemblée générale de petits patrons. À quelques jours du premier tour de la primaire de la droite, les équipes de François Fillon ont lancé une opération séduction vis-à-vis des réseaux de PME et d’entrepreneurs locaux. Et la vedette de la soirée, c’est Pierre Danon, ancien patron de Numericable et de British Telecom, chargé de piloter la préparation du programme économique du Thatcher de la Sarthe. À coups de « slides » et de diapositives, le manager égraine son plan de bataille pour mettre « fin au pacte de 1945 », au nez et à la barbe de l’union locale CGT, ou du syndicat CFDT sud-francilien de la métallurgie, dont le siège est situé dans le même immeuble. Triste symbole d’une campagne décomplexée...

« Notre priorité numéro 1, c’est de baisser les charges des entreprises ! » clame Pierre Danon. Comment ? En allant plus loin que le Cice de François Hollande. À ces 40 milliards de cadeaux aux entreprises, François Fillon en rajouterait 40 de plus, grâce à une baisse des cotisations patronales, de l’impôt sur les sociétés et à la suppression de l’ISF. Fini, aussi, le monopole syndical pour présenter des listes aux élections professionnelles, promet le bonimenteur des hautes sphères. Il n’oublie pas de vendre l’abrogation de la durée réglementaire de travail et le passage de 35 heures à 39 heures dans le secteur public, pour compenser la suppression de 500 000 fonctionnaires. « C’est aussi un point d’appui pour renégocier la durée de travail dans les entreprises », lâche-t-il, entre initiés. « Et s’il le faut, il saura envoyer l’armée pour débloquer des raffineries », fanfaronne Pierre Danon, qui vante un programme « coproduit » avec les milieux d’affaires. « Sur certains sujets, comme le logement, on avait quarante pros, chefs d’entreprise ou autres, qui ont travaillé pendant plus de neuf mois. »

Thibault Lanxade, vice-président du Medef, avoue son embarras... du choix

Seul regret : voir les idées de son champion pillées par ses adversaires. « Quand François Fillon a annoncé la hausse de la retraite à 65 ans, il y a trois ans, peu de monde en parlait encore. Aujourd’hui, ces idées ont commencé à s’imposer, et de nombreuses mesures sont reprises par ses concurrents. » Et c’est vrai que tous les candidats, de Sarkozy à Le Maire, en passant par Juppé, ont versé dans la surenchère libérale. Quels que soient les résultats de la primaire, on en connaît déjà le vainqueur : c’est Pierre Gattaz !

Suppression de l’ISF, attaque des 35 heures, réduction des charges patronales et baisse des impôts et de la dépense publique… Tous leurs programmes « reprennent les revendications que nous avons portées depuis plus de trois ans au Medef », a d’ailleurs reconnu publiquement Thibault Lanxade, vice-président de l’organisation patronale.

 

Le Secours catholique s’inquiète du programme de la droite
L’association rappelle la réalité de l’état du pays aux candidats à la primaire de la droite avec la publication d’un manifeste leur demandant de faire de la lutte contre la pauvreté une priorité. Véronique fayet, présidente du Secours catholique, par ailleurs ex-adjointe à la solidarité d’alain Juppé à la mairie de Bordeaux, rappelle dans une lettre adressée aux candidats qu’« il faut remettre les personnes vivant les situations de précarité au cœur des débats et de la  recherche de solutions ». une campagne contre les préjugés envers les personnes démunies est également prévue dans les prochaines semaines.

Le Secours Catholique s’inquiète du programme de la droite

L’association rappelle la réalité de l’état du pays aux candidats à la primaire de la droite avec la publication d’un manifeste leur demandant de faire de la lutte contre la pauvreté une priorité. Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, par ailleurs ex-adjointe à la solidarité d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, rappelle dans une lettre adressée aux candidats qu’ « il faut remettre les personnes vivant les situations de précarité au cœur des débats et de la recherche de solutions ». Une campagne contre les préjugés envers les personnes démunies est également prévue dans les prochaines semaines.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 17:26
Toujours plus pour les grands patrons
ALEXANDRA CHAIGNON
LUNDI, 14 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Des salaires dépassant les 500, 600 voire 900 smics… La rémunération des grands patrons français a flambé de 20 % en 2015.

En 2015, les revenus des grands patrons français ont connu des hausses record. Selon le dernier rapport du cabinet de conseil Proxinvest, la rémunération globale des dirigeants des 120 plus grandes entreprises françaises cotées à Paris (SBF 120), qui tient compte de l’ensemble des formes de rémunération (salaire fixe, bonus annuel, jetons, avantages en nature, stock-options et actions gratuites de performance), a augmenté de 20 %, pour atteindre 3,5 millions d’euros en moyenne, l’an dernier. Par comparaison, le salaire net annuel a augmenté de 2,2 % sur un an pour l’ensemble de la population !

Pour les plus grosses sociétés (celles composant le CAC 40), l’écart est encore plus flagrant : leur rémunération moyenne atteint 5 millions d’euros, soit une hausse de 18 %, « ce qui excède désormais la rémunération maximale socialement acceptable, définie à 240 smics par Proxinvest (soit 4,8 millions d’euros) », indique le cabinet de conseil aux investisseurs. Ce dernier note d’ailleurs que cette rémunération plafond souhaitée est aujourd’hui dépassée par 26 présidents exécutifs du SBF 120, contre 16 en 2014.

Et pour la première fois depuis 2005, le salaire des cinq patrons les mieux payés a dépassé les 10 millions d’euros par an. Le directeur général de Sanofi, Olivier Brandicourt, arrive en tête avec 16,8 millions d’euros, dont 7,2 millions de « prime de bienvenue » octroyée sous la forme d’indemnités et d’actions gratuites de performance. Ce qui équivaut à… 960 smics ! Quant à Carlos Ghosn, le PDG de Renault et de Nissan, il est troisième du classement avec un revenu de 15,6 millions d’euros, soit 891 smics… De fait, les résultats de leurs entreprises n’ayant pas grimpé autant, cette munificence s’explique par les gros paquets d’actions gratuites (+33 %), ainsi que les rémunérations variables (+23 %) accordées aux patrons.

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 07:17

La Fête de l’Humanité Bretagne a le plaisir de vous inviter au débat:  

 « Identité bretonne et langues de Bretagne, aujourd’hui et demain »

Samedi 3 Décembre 2016 à 17h45 à l’Agora de la Fête

 Avec Georges Cadiou Journaliste, Auteur de «La gauche et la revendication bretonne»

Erik Marchand Chanteur, Musicien, Fondateur du «Kreizh Breizh Akademi»

Vincent Roussel Vice-Président de Diwan

Modérateur : Ismaël Dupont, PCF, Secrétaire Départemental du Finistère

Fête de l'Humanité Bretagne: "Identité bretonne et langues de Bretagne, aujourd'hui et demain", débat du 3 décembre à 17h45 avec Georges Cadiou, journaliste et historien, Erik Marchand, musicien, Vincent Roussel, vice-président de Diwan
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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 06:53
Ouest-France, 18 novembre 2016

Ouest-France, 18 novembre 2016

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 06:44
Ouest-France, vendredi 18 novembre 2016

Ouest-France, vendredi 18 novembre 2016

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 13:43

 

Communiqué de la CGT

 

Élections TPE : les salariés méprisés,

la CNOV bafouée, les syndicats ignorés…

Le gouvernement se ridiculise !

 

La réunion de la commission nationale des opérations de vote (CNOV) convoquée, ce 16 novembre, n’aura été qu’une mauvaise farce !

Alors que cette instance avait la possibilité de prendre les dispositions pour permettre aux salariés des TPE de faire valoir leur droit d’expression à compter du 28 novembre 2016, comme le calendrier électoral le prévoyait, le gouvernement a préféré les prendre en otage d’une stratégie fort malavisée.

En effet, dès l’ouverture de la réunion et sans aucun débat, la presse annonçait le report des élections et les nouvelles dates.

Le ministère, au mépris de toute démocratie, bafouant le rôle de la CNOV, a pris une nouvelle décision unilatérale.

Pourtant, depuis des mois, la CGT et d’autres confédérations ont alerté le gouvernement et ses services, la Direction Générale du Travail (DGT), des risques occasionnés par la légèreté de leur contrôle sur les dépôts de listes.

Cette décision a entraîné la contestation des confédérations CGT, FO, CFE-CGC, CFTC et CFDT devant la justice, sans que la DGT n’anticipe et ne prenne les dispositions nécessaires à assurer le bon déroulement du scrutin !

Le ministère annonce donc que les élections se dérouleront du 30 décembre 2016 au 13 janvier 2017 ! Comment nous faire croire que l’expression la plus large des salariés est recherchée, dans le choix d’une telle période électorale ?

D’autant que le ministère a systématiquement pratiqué l’obstruction à toutes propositions constructives de la part de l’ensemble des confédérations, refusant même l’extension de la période de vote.

La CGT appelle l’ensemble des salariés des TPE à participer massivement aux élections et à voter pour les listes présentées par la CGT. C’est la meilleure réponse à apporter au gouvernement !

 

Montreuil, le 16 novembre 2016

Report des élections professionnelles dans les très petites entreprises: le gouvernement se ridiculise! (communiqué de la CGT)
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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 13:37
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Le collectif des "Utopistes en action" continue à demander la mise à disposition d'un collectif pour entreposer des vêtements et autres affaires pour les réfugiés et les friperies solidaires... Pour l'instant, aucun engagement ferme du côté de Jean-Luc Fichet et de la Communauté d'agglo

Le collectif des "Utopistes en action" continue à demander la mise à disposition d'un collectif pour entreposer des vêtements et autres affaires pour les réfugiés et les friperies solidaires... Pour l'instant, aucun engagement ferme du côté de Jean-Luc Fichet et de la Communauté d'agglo

Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)
Conseil communautaire du 14 novembre 2016: compte rendu personnel de Ismaël Dupont (et photos de Pierre-Yvon Boisnard)

Conseil de communauté électrique ce lundi 14 novembre, avec un président de Communauté qui a été très cassant et parfois à la limite de la correction avec les élus qui ont exprimé des désaccords, que cela soit Sarah Noll, et moi-même, à qui on a coupé la parole que je termine mon intervention contre l'augmentation des tarifs de bus (tickets et abonnements) plus rapidement et Sarah Noll, qui remettait en cause un manque d'ambition concrète derrière le plan Climat Energie, qui a été visée par des piques ad hominen fort peu courtoises.

Entre Jean-Luc Fichet et Agnès Le Brun, les rapports sont également à couteaux tirés et virent parfois à la bataille de chiffonniers… mais sans joie excessive.

***

Pour ma part, voici les interventions et votes importants que j'ai fait à ce Conseil Communautaire :

J'ai voté contre la modification du tableau des emplois et la création d'emplois au service eau et assainissement.

Je m'étais abstenu sur le transfert des compétences eaux et assainissement en 2017 à défaut de certitudes sur les conditions de bonne préparation de transfert et surtout sur les intentions de la Communauté d'agglomération en matière de volonté de construire une régie publique unifiée pour ces services.

Cette fois-ci, j'ai voté contre, comme les syndicats représentés au Comité Technique la semaine précédente, car la fiche d'impact pour les personnels (rémunération, grille indemnitaire, congés, acquis…) n'avait pas été transmise, alors que c'est une obligation légale du code des collectivités territoriales en cas de transfert des postes et qu'il y a une certaine inquiétude chez le personnel sur le maintien des acquis. Les déclarations orales rassurantes ne suffisent pas.

Agnès Le Brun et une partie de la droite morlaisienne se sont abstenus comme ils étaient contre un transfert d'activité pour l'eau et l'assainissement dès 2017, le jugeant précipité, Bernard Guilcher disant néanmoins que les vœux du SIVOM de Morlaix-St Martin des Champs avaient été globalement respectés.

 

Je me suis abstenu, seul avec Sarah Noll, sur la nouvelle gamme tarifaire pour Morlaix Communauté, trouvant que l'augmentation du ticket de bus, des carnets, et des abonnements. Était un bien mauvais moyen de développer l'usage des bus dans le pôle urbain. Voici en gros l'argumentation que j'ai développé :

«  Il y a plusieurs éléments dans la proposition de nouvelle tarification:

Des progrès indéniables :  le passage d'une tarification sociale subordonnée au statut et aux revenus à une tarification solidaire plus simple (et peut-être plus juste) subordonnée au quotient familial, et donc aux rapports entre les revenus globaux de la famille et le nombre de personnes dans la famille. Théoriquement, davantage d'habitants de Morlaix-Communauté devraient en bénéficier. La tarification solidaire devrait faciliter l'accès aux tarifs réduits, sur présentation d'un papier des allocations familiales avec le quotient familial, il n'y aura plus des bulletins de salaire, des justificatifs de domicile à produire qui faisaient que les démarches pouvaient être longues à aboutir et parfois compliquées.   En revanche la dégressivité du coût des abonnements en fonction du nombre d'enfants sera supprimée. 

Toutefois, 'à supposer qu'il y ait une offre avec une fréquence de bus et une rapidité acceptable, l'habitant de Plounéour Menez ou de Plourin serait peut-être d'accord de payer plus cher son ticket de bus (2€ - 2, 50€ par exemple) et qu'il était par contre moins logique de payer son ticket de bus 1€ ou maintenant 1€20 pour faire 1500 mètres en côte à Morlaix... Non pas qu'il faille en soi augmenter les tarifs du transport péri-urbain mais plutôt maintenir les tarifs du transport urbain et financer une augmentation qualitative et quantitative de l'offre de transport sur l'ensemble du territoire de Morlaix-Communauté. 

- La durée de validité du ticket serait augmentée à hauteur de 1h (aujourd'hui 30 mn), les carnets de ticket tarifs réduits seraient supprimées. 

- il y aura désormais des bus à circuler le dimanche (sur le pôle urbain Morlaix-St Martin) 

Mais la principale mesure et celle qui me semble la plus contestable dans cette nouvelle tarification des titres de transport concerne l'augmentation de 1 à 1,20€ du ticket unitaire et l'augmentation de 25€ à 28€ de l'abonnement mensuel au prix "normal", l'abonnement annuel augmentant dans les mêmes proportions. La justification annoncée est le souci d'équilibrer financièrement le surcoût pour la collectivité prévu du fait du passage à la tarification solidaire et de rester à un niveau d'équilibre du budget transport (6,5 millions) sans faire augmenter le versement depuis le budget général de Morlaix Communauté et en augmentant même les recettes tarifaires. Mais la recette tarifaire ne représente que 15 à 20 % du budget transport. Qu'est-ce qui est le plus important ? Faire des économies de bout de chandelle ou doper l'usage du transport en commun. Rentrer dans la question de la tarification par une voie étroite en privilégiant l'approche comptable au détriment d'une véritable politique pour doper la demande et l'usage des transports en commun, pour des raisons écologiques et de soutien au pouvoir d'achat, mais aussi de facilitation de la mobilité des citoyens, de qualité de vie (réduction du nombre de voitures circulant en ville). 

Par exemple, l'expérimentation de la gratuité des transports dans le pôle urbain, au moins certains jours, par exemple le samedi, semble avoir été exclue d'emblée alors que la proportion des recettes tarifaires dans le budget qu'il y a un vrai enjeu de mobilité, de fidélisation des usagers et de dynamisation du centre-ville de Morlaix. Certaines villes ont réalisé la gratuité des transports urbains, avec un effet tout à fait intéressant pour le développement de la circulation des citoyens en bus. C'est un débat compliqué où il y a du pour et du contre, mais cela aurait été bien de l'instruire en profondeur. Augmenter le prix de l'usage du bus, même si les tarifs ne risque pas d'avoir un effet très attractif pour augmenter l'usage de ce type de transport.Tout cela pour des recettes supplémentaires escomptées de l'ordre de 16 000€ annuel. Vraiment pas grand chose compte tenu du budget transport et de l'ampleur des enjeux. Cette nouvelle tarification me paraît donc témoigner d'un manque d'ambition sur le développement du transport en commun, comme le schéma de transport qui a été proposé au dernier Conseil de Communauté ».

Jean-Luc Fichet m'a donc interrompu dans ce propos, ce qu'il ne fait avec personne d'autre je crois, sous prétexte que j'étais trop long et que cela avait déjà été dit. Pouvoir discrétionnaire du président… En tout cas, je ne me suis pas laissé faire et j'ai conclu mon propos en lui disant que s'il voulait faire la conclusion à ma place, alors cela allait être en effet un peu trop long…

***

Je suis intervenu sur un avenant à la convention opérationnelle d'action foncière sur le pôle gare en poussant un coup de gueule par rapport à la politique de la SNCF et en demandant une action forte des élus du territoire pour la faire changer à matière de présence des agents au guichets et de desserte des trains.

«  Comme de nombreux autres usagers de la gare, comme les contribuables des collectivités de la région de Morlaix qui ont débloqué des millions d'euros pour l'aménagement du pôle gare, alors que la SNCF gardait la mainmise sur l'aménagement de la gare elle-même, je ne comprends pas que les guichets à la gare de Morlaix soient désormais fermés totalement le dimanche et subissent une réduction drastique des périodes de vente, avec, la plupart du temps, un seul agent dédié à la vente.

Les bornes de retrait automatiques, si elles permettent de supprimer des emplois (et la SNCF a supprimé au moins 1400 postes en 2016), ne remplacent pas les conseils et l'expertise d'un agent. Tout le monde n'a pas internet et n'est pas familiarisé avec les automates de vente ! Supprimer des affectations d'agents au guichet, c'est aussi augmenter les files d'attente.

De même, comment expliquer que le TGV partant de Paris à 6h56 (arrivée à Brest à 10h21) ne s'arrête pas à Morlaix ? Morlaix voit passer ce TGV matinal sans arrêt en gare. Le premier train arrivant à Morlaix en provenance de Paris n'arrive qu'à 11h05 dans la nouvelle grille horaire. L'augmentation de la rapidité du trajet Paris-Brest/ Brest-Paris ne doit pas se faire au détriment du pays de Morlaix qui a consacré des millions pour le financement de l'arrivée de la LGV et du développement du pôle gare. Il nous faut demander donc solennellement à la SNCF de revoir son plan de desserte des gares de manière à ce que notre ville et sa région ne soient pas sacrifiés et gardent une desserte TGV attractive et de rétablir pour les usagers des affectations d'agents au guichet le dimanche .

L'un après l'autre, Jean-Luc Fichet et Agnès Le Brun ont dit partagé mon exaspération et ma volonté que les élus du territoire interpellent la SNCF. 

Le vœu que j'ai préparé pour le conseil municipal du 17 novembre à Morlaix au nom de l'opposition devrait être voté par tout le Conseil Municipal et la demande a été faite en Conseil Communautaire que le vœu morlaisien soit envoyé aux autres communes de l'agglo pour faire l'objet d'un vote aussi dans leurs conseils municipaux, avant un dernier vote au Conseil Communautaire, des actes symboliques qui feront l'objet d'un envoi à la SNCF.

J'ai proposé à Jean-Luc Fichet de lire notre vœu que j'avais sous les yeux pour discussion et approbation immédiate mais il m'a répondu qu'il fallait avoir le temps d'en prendre connaissance et d'en avoir une version écrite distribuable.

Voeu présenté par l'opposition au Conseil Municipal de Morlaix le 17 novembre: en gare de Morlaix, la modernité, c'est aussi des trains et des agents!

 

 

 

 

 

 

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 10:15
Contribution programmatique du PCF aux Assises du service public à Montreuil du 19 novembre

Contribution du PCF aux Assises du service public à Montreuil

 

Préambule

Les services publics méritent mieux que le traitement qui leur est actuellement infligé. En effet dans un moment de crise profonde où se développent précarité, insécurité, inégalité mais aussi dans un moment de révolte où monte l’exigence d’une culture de partage, de justice et de solidarité, la question des services publics resurgit au cœur des débats comme une réponse incontournable structurante d’une nouvelle société plus humaine et solidaire.

En effet, un développement tout à fait nouveau des services publics est crucial pour répondre aux aspirations des citoyens, sortir des politiques d’austérité, contrecarrer les tendances déflationnistes liées à l’utilisation de la révolution informationnelle au service de la rentabilité financière, et ouvrir une issue à la crise de civilisation dont les dimensions sociales, économiques, financières, politiques, morales deviennent incontrôlables.

Qu’il s’agisse d’environnement et de transition énergétique, de sécurité, de justice, de santé, de formation, de recherche, ou de tout ce qui concourt au développement des capacités humaines, la réalisation de ces objectifs exige un développement considérable de l’emploi public et de la formation des agents chargés des services publics, ainsi que des investissements matériels et de recherche qui doivent l’accompagner.

L’état actuel de l’économie européenne et mondiale démontre que ce n’est possible que par la conquête de nouveaux pouvoirs décentralisés des salariés et des citoyens pour arracher les gestions d’entreprises et les politiques publiques aux griffes des marchés financiers.

Mise en concurrence avec le privé, suppression des moyens nécessaires à leur bon fonctionnement, privatisations au profit de grands groupes privés, tout dans la politique menée actuellement, en accord avec le MEDEF, concourt à leur marchandisation et à priver le citoyen de la possibilité d'intervenir pour que le service public réponde aux besoins de la population.

Inversons la machine capitaliste qui, depuis des décennies, au nom d’une concurrence libre et non faussée, sur l’autel de la libéralisation a donné aux prédateurs financiers des pans entiers de nos services : offensive contre les entreprises de service public, contre les systèmes publics, contre les services de proximité avec la réforme territoriale et la RGPP (Révision générale des politiques publiques) laissant sur le carreau les hommes et la planète.

Cette politique de mise en cause du service public s'allie en effet avec les réformes territoriales en cours pour éloigner le citoyen du lieu de prise de décision et avec la privation de moyens d'intervention les collectivités territoriales démocratiquement élues. Comment empêcher la fermeture du bureau de poste du quartier, la fermeture des urgences de l'hôpital voisin ou de la classe de l'école communale, quand les décisions sont prises dans des instances reculées, selon des procédures illisibles et qu'on nous objecte systématiquement la limitation drastique de l'enveloppe budgétaire au nom d'une austérité imposée par la charge excessive des dépenses publiques ?

C'est pourquoi, le rassemblement citoyen initié par Convergence nationale des services publics pour s'informer, intervenir et se mobiliser est indispensable. C'est bien un rassemblement de toutes les organisations intéressées, syndicats, associations, partis politiques, élus et citoyens, qui est nécessaire pour avancer. Des luttes se développent sur tout le territoire pour la défense du service public. En 2015, 10 ans après la 1ère manifestation pour la défense des services publics organisé par Bernard Defaix, président de Convergences, est organisée une nouvelle manifestation par Convergences services publics à Guéret  avec la participation de syndicats (CGT, Solidaires et FSU), de partis politiques (PCF et Front de gauche, EELV et des élus) et d'associations (ATTAC, associations de défense des droits des femmes...). Cette manifestation nationale a regroupé en juin 2015, 7 500 personnes et a permis de populariser cette lutte des services publics au moment où les collectivités territoriales sont particulièrement touchées par la réforme territoriale et les coupes budgétaires et que la révision générale des politiques publiques  et les réformes de l'hôpital, l'enseignement et les plans concernant le rail affectent gravement les services publics. A l’heure actuelle, la bataille sur le nouveau contrat de présence postale territoriale donne lieu à un appel national contre la suppression des bureaux de poste lancé à la fête de l’humanité, non compensée par des maisons de services au public ou par le dépôt des colis déposés dans les supermarchés et les bureaux de tabac! Alors que la Poste empoche le CICE !

C'est pourquoi, des propositions pour les services publics du XXIème siècle, portées à la connaissance de la population et débattues avec elle, portées à la connaissance du plus haut niveau de l'Etat et des parlementaires, peuvent nous rassembler et nous permettre d'avancer et de gagner grâce à notre mobilisation.

Vous trouverez ci-après les propositions que le PCF met en débat aux assises.

 

 

1) Des services publics pour répondre aux besoins humains

Garantir l'égalité

Les services publics sont essentiels pour la réponse aux besoins humains. En assurant un égal accès de tous à la santé, au savoir, à la culture, aux transports... ils sont un facteur de réduction des inégalités. C'est pourquoi nous combattons toutes les politiques qui contredisent cet objectif, les politiques d'austérité ainsi que les directives sur les services et toutes les libéralisations entreprises.

Faire de la défense et du développement de la sécurité sociale une priorité

Nous proposons un plan de défense et de développement de la sécurité sociale avec :

- Une révision des modes de couverture et prestations prévus pour les ayants droits dans les quatre branches pour une meilleure protection sociale :

  • concernant la branche maladie: reconquérir progressivement la généralisation de la prise en charge à 100% pour tous les soins en commençant par la prise en charge immédiate à 80% pour tous et à 100% pour les jeunes de moins de 25 ans.

  • concernant la branche vieillesse: garantir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein.

  • concernant la branche accident du travail: renforcer la médecine du travail en liaison avec les CHSCT, pour améliorer les conditions de travail de tous.

  • concernant la branche famille: étendre les prestations familiales par la création d'une allocation pour le premier enfant pour toutes les familles et la revalorisation des prestations pour le 2ème enfant pour réaffirmer le principe d'universalité.

- Le rétablissement de l'élection au suffrage universel des représentants des assurés sociaux dans les conseils d'administration des caisses de sécurité sociale.

- Le renforcement du financement de la sécurité sociale, notamment par la modulation du niveau des cotisations sociales patronales en fonction du développement de l'emploi, de la qualification et des salaires et l'extension des prélèvements sociaux à tous les revenus financiers au même niveau que les cotisations sur salaires.

 

Un plan de mobilisation pour la santé publique

L’égalité d’accès territorial de santé, suppose le maillage en centres de santé publics de chaque département. Nous défendons l’hôpital public, portons la nécessité d'une réforme de son financement et des maternités de proximité. Nous proposons l’élaboration d’une loi cadre de refondation d’une psychiatrie de secteur humaine et un grand service public du handicap et de la perte d’autonomie. Nous proposons notamment :

- L'abrogation des lois Bachelot et Touraine

- La suppression du numérus clausus et des quotas de formation

- Un moratoire sur les fermetures et démantèlement d'hôpitaux, la réforme du financement avec la suppression de la tarification à l’activité, la taxe sur les salaires, la TVA.

- Le développement de centres de santé de proximité

- La création d'un pôle public du médicament

- L'élaboration d'une loi cadre de refondation d'une psychiatrie humaine

 

Construire l'école de l'égalité

- Porter le budget de l’éducation nationale à 7% du PIB

- Pour enseigner des savoirs plus complexes à plus d’enfants, il faut du temps : droit à l’école dès 2 ans pour les familles qui le souhaitent ; allongement de la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans ; rétablissement de la demi-journée d’école supprimée en primaire ;  allongement du temps scolaire pour que toute l’école puisse se faire à l’école

- Faire le bilan des réformes libérales engagées par les précédents gouvernements ; Sortir de l’impasse des rythmes scolaires en repensant les temps éducatifs et les parcours pédagogiques et en créant un service public national déconcentré du loisir éducatif ; instauration de mesures immédiates d’accompagnement des nouveaux programmes en primaire et au collège ; suppression de la réforme actuelle du collège et ouverture d’une concertation pour la démocratisation de la réussite au collège

- Des personnels formés, partout : revalorisation des salaires et des métiers de l’Éducation nationale ; plan pluriannuel de création de postes ; création d’un dispositif de pré-recrutement des enseignant-e-s sous statut de la fonction publique, relance de leur formation initiale et continue

- Rétablissement d’une carte scolaire contraignante et démocratiquement construite, sectorisation de l’enseignement privé, suppression de l’obligation faite aux collectivités locales de le subventionner et intégration progressive de l’enseignement privé sous contrat au service public d’éducation nationale, construction d’une carte nationale des formations publiques ; création d’un observatoire national paritaire des inégalités ;

- Création d’un observatoire national des programmes composé d’acteurs-trices de l’éducation, d’élu-e-s et de citoyen-ne-s et chargé de faire évoluer les programmes en fonction des retours du terrain et de l’objectif de réussite de toutes et tous ; une même ambition pour tous les enfants : ce sont les programmes qui définiront les contenus et les objectifs de l’enseignement pour tous ; introduction des cultures technologique et professionnelle dans les programmes scolaires dès le début de la scolarité obligatoire.

 

 

Le partage des savoirs au cœur de l'Enseignement supérieur et la Recherche

- Évaluation pluraliste des politiques libérales débouchant sur l’identification de besoins immédiats et sur l’élaboration démocratique d’une nouvelle loi visant à libérer l’ESR à toutes les échelles des logiques de concurrence et de marchandisation du savoir.

- Réorienter les crédits affectés au Crédit Impôt Recherche vers la recherche publique.

- Donner à l’enseignement supérieur les moyens de sa démocratisation, permettre à la recherche de répondre aux défis de l’avenir : doublement du budget public de l’ESR sur la législature, développement de l’emploi scientifique : plan pluriannuel de dé-précarisation et création de 6000 postes statutaires de la fonction publique par an, revalorisation des salaires et des carrières

- Démocratisation des conseils d'administrations des universités et des organismes de recherche ; création de nouvelles instances populaires consultatives sur les choix technologiques et scientifiques.

 

Un plan de mobilisation pour les transports :

- La création d'un pôle national des transports publics favorisant le développement des transports collectifs et leur accès par toutes et tous, du transport ferroviaire et fluvial et du transport maritime côtier

- L'abrogation des lois de libéralisation du rail, de la loi Macron, lancement d'un processus de désendettement du système ferroviaire, fin des mesures de défiscalisation et exonération favorisant le transport aérien par les entreprises bas-coût.

- Le renforcement de la tarification sociale jusqu'à la gratuité en zone urbaine et la création de parking relais pour les voitures

- Le doublement, la généralisation et la modulation du « versement transport » payé par les entreprises

- La nationalisation des autoroutes, un moratoire sur les privatisations des ports et aéroports.

- Un plan d'investissements dans les aménagements cyclables

 

Pour garantir l'égalité de nouveaux grands services publics doivent être constitués en transformant les politiques publiques dans des domaines clés. Quelques exemples non exhaustifs :

 

- L'emploi avec la création d'un service public de l'emploi permettant la mise en place d'une sécurité d'emploi et de formation pour éradiquer le chômage et la précarité en permettant à chacun-e d'alterner tout au long de sa vie périodes d'emploi et périodes de formations dans une continuité de droits et de revenus.

- La petite enfance avec la création d'un véritable service public de la petite enfance de la naissance à 5 ans avec possibilité d'entrer à la maternelle dès 2 ans pour les enfants dont les parents le souhaitent.

- L'autonomie avec la création d'un service public de l'autonomie pour les personnes âgées

- Le logement avec la création d'un service public national et décentralisé du logement, de l'habitat et de la ville (pôle public financier, pôle public de construction, agence nationale foncière, renforcement de la loi SRU et nouvelles politiques publiques).

- La culture avec la création d'un grand service public de l’art, de la culture et de l’éducation populaire.

 

Des services de proximité

 

L'égalité d'accès suppose un réseau de services publics de proximité implanté sans discrimination sur tout le territoire et avec des guichets et une présence humaine suffisante pour répondre aux demandes de la population pour accéder à ses droits et utiliser facilement les services publics. Cela veut dire la remise en cause de tous les plans de suppression de bureaux de postes, hôpitaux, écoles... L'accès internet peut venir compléter ce réseau mais pas l'amputer. Les maisons de services au public présentant un mode dégradé d'accès au service public ne peuvent pas constituer une réponse digne de ce nom. Nous proposons :

  • Un plan pluriannuel de développement des administrations publiques et services publics dans les territoires suburbains et ruraux et la création d'un fonds national de soutien aux territoires fragiles pour la réouverture des administrations et services fermés : hôpitaux, écoles, tribunaux, postes, trésoreries...

  • Un plan de formation et de création de postes sous statut et la titularisation des personnels précaires exerçant dans les services publics.

  • La reconnaissance explicite par la loi de la priorité de l'usage de logiciels libres par les administrations, les services publics.

  •  

Un développement humain durable :

Les services publics participent à la conscience planétaire pour une société du bien vivre et du bien commun. Ils sont indispensables à la réalisation d’un nouveau mode de développement humain durable qui permette de répondre aux besoins sociaux en préservant les ressources naturelles et en développant les capacités des êtres humains au lieu de les exploiter comme le fait le capital mondialisé. Nous proposons :

  • Une nouvelle industrialisation liée au développement des services publics: l'énergie avec les énergies renouvelables, l'automobile propre, les transports urbains et ferroviaires, la rénovation thermique des bâtiments, l'agriculture paysanne, l'aérospatiale, la navale, le numérique, la réparation, l'économie circulaire et les matières recyclées.

  • La création d'un pôle public de l'énergie afin de mettre la filière à l'abri des logiques financières et d'en améliorer la maîtrise publique et citoyenne, de faire progresser la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

  • La création d'un service public national déconcentré de l'eau et des déchets pour accompagner les compétences des collectivités dans la création de régies démocratiques ou de sociétés coopératives d'intérêt collectif de l'eau et de la gestion des déchets.

  • Au niveau européen, l'abrogation des directives séparant la production des réseaux, l'autorisation des subventions croisées et des péréquations ; et la création de groupes publics européens prioritairement en matière d'énergie, de transport, de télécommunications, du recyclage et du traitement des déchets, du médical, de l'aérospatiale.

2) Des services publics gérés démocratiquement

La réappropriation sociale suppose, au-delà du transfert juridique de propriété au bénéfice de l’État ou d’une collectivité publique, une articulation étroite avec, d’une part, de nouveaux objectifs sociaux et écologiques, et, d’autre part, de nouveaux pouvoirs d’intervention des agents des services publics et de leurs usagers pour imposer de nouveaux critères économiques (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociaux (salaires, emploi, formation), écologiques (économies d’énergie et de matières premières) dans la gestion des services publics et dans l'organisation du travail.

Cela implique de préserver et de renforcer le statut de la fonction publique pour protéger les agents des pressions politiques, économiques clientélistes et garantir au citoyen un égal traitement. Il est urgent d'accéder aux demandes des syndicats sur la carrière des agents et leur rémunération, le dégel du point d'indice et d'ouvrir des concours d'accès à la fonction publique avec une rémunération des diplômés pour préparer les concours.

Cette nouvelle gestion démocratique et ce statut renforcé permettront de mobiliser les moyens financiers nécessaires, à commencer par le crédit bancaire et la création monétaire des banques centrales, pour le développement des services publics ou encore de promouvoir à l'opposé des logiques de concurrence une réelle coopération entre collectivités territoriales pour un développement coordonné des services publics.

 

3) Des services publics ayant les moyens de leur fonctionnement

 

Le développement des services publics entre radicalement en contradiction avec les normes de réduction des dépenses publiques imposées par le « Pacte de stabilité et de croissance », le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) et l’ensemble des normes d’austérité budgétaire en vigueur dans la zone euro. Ces normes doivent être combattues au niveau national comme au niveau européen. Il faut stopper les mesures d'austérité qui frappent les budgets publics des collectivités locales qui représentent une coupe de 7 milliards d'euros en 2016 et 2017.

Au contraire, des services publics tout à fait nouveaux, dans leur ampleur et dans leur fonctionnement, seraient précisément ce dont nos économies ont besoin pour combattre les tendances déflationnistes qui les minent et pour les rendre plus efficaces. Investir pour recruter et former des enseignants, des infirmières, des agents chargés de combattre l’évasion fiscale… voilà des dépenses d’avenir qui contribueront à créer plus de richesses, et donc de recettes publiques, pendant des années, et qui doivent donc être financées par l’emprunt, avec des taux d’intérêt faibles, voire négatifs. C’est seulement ainsi que nos économies pourront être libérées du coût des dettes contractées sur les marchés financiers. À une condition : que les dépenses ainsi financées servent effectivement à créer des richesses, et que l’argent public ne soit pas gaspillé sous forme de CICE et autres cadeaux au patronat.

Le Parti communiste propose de créer progressivement, à partir de mobilisations convergentes autour de projets concrets, un rapport de forces permettant d’imposer dans les faits la mobilisation de la création monétaire pour le financement d’investissements publics démocratiquement sélectionnés. C’est pourquoi il propose :

- la création, à l’initiative de la France et d’autres gouvernements européens, d’un fonds de développement économique, social, écologique solidaire européen pour le développement des services publics (http://www.economie-politique.org/sites/default/files/note_fdese_04_0.pdf). Le financement de cette nouvelle institution par une partie des centaines de milliards d’euros que la BCE déverse sur les marchés et sur les banques est compatible avec l’article 123, paragraphe 2 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

Les projets ainsi financés seraient sélectionnés par des procédures démocratiques décentralisées, s’appuyant sur des fonds régionaux et des conférences régionales pour l’emploi et la formation, et sur un pôle financier public assurant un fonctionnement cohérent, en réseau, de banques nationalisées et d’institutions telles que la Caisse des dépôts, BPI-France et la Banque européenne d’investissement.

Comme exemples de projets qui pourraient être financés par le Fonds de développement des services publics, on peut citer :

  • la modernisation des services publics ferroviaires en Europe

  • un plan pour sortir les hôpitaux de la misère

  • un « plan recherche – éducation »

  • un « plan réfugiés » pour mettre en place les moyens de les accueillir dignement en Grèce et dans les autres pays hôtes

  • un plan de développement de l’administration fiscale en Grèce

  • etc.

La création de cette nouvelle institution signifierait un changement radical dans les politiques économiques en Europe et contribuerait à construire le rapport de forces politique nécessaire pour changer les traités et refonder de fond en comble la construction européenne.

Outre la bataille contre l'austérité, les règles budgétaires actuelles et pour le fonds de développement pour financer les services publics, la France doit agir pour que les règles de la concurrence ne s'appliquent pas dans les secteurs correspondant aux besoins humains élémentaires assurés par les services publics nationaux (logement, santé, transports) et encourager les coopérations européennes entre services publics.

- la création d’un pôle public bancaire autour de la Caisse des Dépôts et Consigna­tions, de la Banque Publique d’Investissement, de la Banque postale, des banques mutualistes avec la nationalisation de la BNP Paribas et de la société générale. L’ac­tion de ces différentes institutions aurait pour objet de peser sur l’orientation du cré­dit et de l’épargne dans l’ensemble du système financier. Elle tirerait sa cohérence d’une nouvelle mission au service de la sécurisation de l’emploi et de la création de richesses dans les territoires.

- la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale et une grande réforme pour la justice fiscale basée sur une réforme de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés pour les rendre plus progressifs, plus justes.

 

Conclusion

Ces quelques propositions visent à enrichir le débat des ateliers des assises et à nourrir le manifeste en cours de rédaction. Nous espérons qu'elles seront à utiles à penser et mettre en chantier à travers des fronts d'idées, d'actions, de luttes sociales, le service public du XXIe siècle pour lequel de très nombreuses forces syndicales, associatives, ou politiques comme la notre, peuvent agir de manière complémentaire avec tous les agents et usagers des services publics.

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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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