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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 12:17
Plusieurs élus Les Républicains veulent faire interdire des affiches de prévention contre le Sida au motif qu'elles mettent en scène des homosexuels
Plusieurs élus LR veulent faire interdire des affiches de prévention contre le sida

mercredi 23 novembre 2016

Plusieurs maires Les Républicains partent en guerre contre une campagne nationale de prévention du VIH. Laquelle campagne a le don de leur déplaire, car mettant en scène des couples d’hommes.

Ainsi, plusieurs maires de droite, comme celui d’Angers Christophe Béchu ou celui d’Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza ont joué de leur pouvoir de police locale pour faire retirer une campagne pourtant parrainée par le ministère de la Santé. Ailleurs, des affiches ont été vandalisées. Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite et du centre, a demandé au Premier ministre de les retirer. Sur BFM Paris lundi dernier, Bruno Beschizza se justifie par son inquiétude de "messages subliminaux d’accouplement" qui entraineraient "une certaine confusion dans l’esprit" d’un « enfant de cinq ans ». Pour la droite plus que jamais sous la coupe morale de la Manif pour tous, « on est dans autre chose que dans la prévention. C’est centré sur un type de sexualité », avoue Christophe Béchu. La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a annoncé "saisir la justice" après la "censure" par "certains maires" d’une campagne de prévention contre le sida montrant des couples homosexuels, les élus jugeant les affiches contraires "aux bonnes moeurs" ou "provocantes". "Pour la santé publique et contre l’homophobie, je saisis la justice après la censure par certains maires de la campagne de prévention du VIH", a écrit la ministre sur le réseau social Twitter, en réaction notamment à un arrêté d’interdiction pris par la municipalité d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, dirigée par un maire Les Républicains.

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 11:58

Les députés Front de gauche ont voté Contre

L’Assemblée Nationale adopte le budget 2017

mercredi 23 novembre 2016

L’Assemblée nationale a voté ce mardi 22 novembre 2016, (287 voix pour, 243 voix contre, 22 députés se sont abstenus) l’ensemble du projet de loi de finances pour 2017 en première lecture.

Ont voté contre à gauche, 13 députés du Front de Gauche: 

  • François Asensi
  • Huguette Bello
  • Alain Bocquet
  • Marie-George Buffet
  • Jean-Jacques Candelier
  • Patrice Carvalho
  • Gaby Charroux
  • André Chassaigne
  • Marc Dolez
  • Jacqueline Fraysse

 

 

Des députés socialistes frondeurs (11 se sont abstenus dont Aurélie Filippeti, Laurent Baumel): 

  • Christian Paul
  • Gérard Sebaoun

 

Pouria Amirshahi, Philippe Noguès, députés socialistes en rupture 

Isabelle Attard ex Nouvelle Donne 

Les députés écologistes se sont abstenus: Duflot, Mamère... 

 

Le Projet de Loi de Finances 2017, sous réserve de sa transmission, fera l’objet, jeudi 24 novembre 2016, d’une discussion générale en séance publique. Cette discussion ouvre traditionnellement l’examen du projet de loi de finances au Sénat. Mercredi 16 novembre 2016, la commission des finances du Sénat s’est réunie pour examiner les articles de la première partie du projet de loi de finances pour 2017. Elle a donné mandat au rapporteur général pour rédiger une motion tendant à opposer la question préalable sur l’ensemble du projet de loi de finances.

Cette motion, déposée au nom de la commission, sera débattue en séance publique mercredi 30 novembre 2016.e. Nous voterons contre ce projet de budget."

Les députés Front de Gauche, une nouvelle fois, ont voté contre le budget d'inspiration libérale et autoritaire présenté par le gouvernement de François Hollande

Les députés Front de Gauche, une nouvelle fois, ont voté contre le budget d'inspiration libérale et autoritaire présenté par le gouvernement de François Hollande

Les députés Front de gauche ont voté CONTRE. Explication de vote par Gaby Charroux :

"Nous voici au terme de l’examen de ce projet de loi de finances pour 2017, dernier budget du quinquennat. Le temps est donc venu de prendre du recul pour faire le bilan de la politique budgétaire menée depuis 2012. Soyons francs : ce quinquennat aura été celui d’un transfert inédit de fiscalité. En effet, le choix exclusif d’une politique de l’offre, fait dès 2012 et amplifié en 2014, aura conduit à diminuer de plus de 30 milliards d’euros les prélèvements sur les entreprises et à augmenter de 20 milliards d’euros environ les prélèvements sur les ménages. 

Avec la hausse du taux de CICE et la baisse programmée du taux de l’impôt sur les sociétés, adoptées dans ce budget, ce choix est, malheureusement, conforté. Dès lors, messieurs les ministres, que va-t-il rester de notre impôt sur les sociétés dont le rendement sera deux fois moindre que celui de la moyenne des pays de l’OCDE ? Autre question : ce transfert massif – et douloureux –des prélèvements des entreprises vers les ménages, qui s’accompagne d’une TVA désormais en surpoids, a-t-il été bénéfique pour l’emploi et la cohésion sociale ? Malheureusement non ! En quatre ans et demi, le chômage comme la précarité n’auront cessé de croître. L’erreur manifeste aura été de croire et de faire croire que la compétitivité des entreprises dépendait exclusivement du prix du travail, je dis bien de son prix car le travail n’est pas un coût !

Or c’est par l’investissement, l’innovation et la formation que notre pays doit se singulariser. C’est par un mode de développement fondé sur la transition écologique, la réussite éducative ainsi qu’un véritable accompagnement dans l’emploi tout au long de la vie que nous parviendrons à proposer un chemin d’espérance et d’optimisme à nos concitoyens. Ce chemin est, pour le moment, coupé par une fracture territoriale, silencieuse et pourtant si douloureuse, qui s’aggrave : la métropolisation a contribué à accroître les inégalités sociales et le sentiment d’abandon.

La baisse des investissements publics, en particulier à l’échelon local, qui a subi une baisse drastique et indifférenciée de ses moyens, a été lourde de conséquences pour nos territoires. Bien sûr, nous avons salué certains efforts nécessaires, en matière de police, de gendarmerie et de justice, pour assurer la sécurité de nos concitoyens. Nous avons également soutenu le rattrapage concernant l’éducation nationale, même si un effort supplémentaire reste nécessaire. Ce soutien, nous l’avons apporté en responsabilité, ce dont nous nous félicitons, compte tenu de ce que d’aucuns promettent ! Contrainte de faire de la surenchère pour pouvoir se démarquer politiquement, la droite annonce, selon les goûts, entre 80 et 110 milliards d’euros de diminution de dépenses publiques, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur notre capacité à répondre aux défis du temps présent. C’est une ineptie au moment où toutes les grandes institutions prônent un desserrement des politiques d’austérité qui font tant de mal aux plus fragiles.

Mais si nous en sommes là, messieurs les ministres, si nos concitoyens font preuve d’un tel rejet à l’égard de la politique menée depuis 2012, c’est tout simplement parce que le chemin choisi n’a pas été à la hauteur de leurs attentes et de vos engagements.

En refusant de toucher à une ligne du Traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance – TSCG – et donc en refusant de porter le fer contre l’orthodoxie européenne qui fait des 3 % de déficit l’horizon indépassable, notre pays s’est mis dans l’impasse.

En ne portant pas une véritable réforme fiscale posant la progressivité et la justice comme valeurs cardinales, modulant les prélèvements des entreprises en fonction de l’utilisation des bénéfices et décourageant la rente, le Gouvernement est resté dans le couloir de l’ordolibéralisme ambiant.

Le prélèvement à la source n’est en aucun cas une réforme fiscale. Source de complexité, qualifié par certains d’usine à gaz, il présente des risques importants en matière de confidentialité et d’efficacité du recouvrement en associant un tiers à la collecte, en l’occurrence l’entreprise, dont ce n’est pourtant pas le rôle. Pis, le prélèvement à la source pourrait être pour la droite le cheval de Troie d’une flat tax, un impôt proportionnel qui toucherait uniformément les plus riches et les plus pauvres, ce qui constituerait un désastre social.Dans sa philosophie, ce budget ne diffère pas des précédents.

Au terme de cette législature, il signe la déception de ne pas avoir ouvert un autre chemin : celui d’une création et d’une répartition plus égalitaires des richesses, celui du progrès et de l’ambition, celui de l’innovation et de l’espoir.C’est pour avoir oublié sa volonté de battre en brèche une finance internationale toute-puissante, c’est pour avoir pris le parti de la doxa libérale que le Gouvernement, entraînant toute la gauche, a perdu une grande partie du peuple. L’urgence est telle que la résignation comme la satisfaction seraient une faute. Nous voterons contre ce projet de budget. 

 

Bilan de mandat et rapport d'activité des députés du Front de Gauche de 2012 à 2017

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 11:12
Gracchus Bafeuf

Gracchus Bafeuf

Gracchus Babeuf, né le 23 novembre 1760
lu sur la page Facebook de Robert Clément


Gracchus Babeuf par Claude Mazauric dans l'Humanité

 

1760-1797.

Il appartient à la catégorie des penseurs de la réorganisation de la société fondée sur la remise en cause du "droit de propriété". Il est considéré comme le premier protagoniste du communisme contemporain.

Vous souvenez-vous de ce film britannique qui évoquait la vie du chancelier d'Angleterre, Thomas Morus, l'ami et l'hôte d'Érasme, l'immortel auteur de l'Utopie, un film auquel avait été donné ce beau titre : Un homme pour l'éternité ?

C'est en pensant à ce film que m'est venu à l'esprit le désir, à mon tour, de situer Babeuf dans l'infinie durée où s'exprime la gratitude à l'égard de ceux qui ont combattu pour l'émancipation humaine.
De quoi donc, le dénommé François-Noël Babeuf, plus connu sous le prénom de « Gracchus», né picard en 1760, devenu parisien après 1789, condamné à mort à l'âge de trente-sept ans en 1797, est-il devenu, depuis deux cent douze ans, le symptôme ou l'incarnation, le symbole ou l'annonce, voire le manifeste toujours vivant ?

Doit-on le tenir pour le prophète exalté d'une sorte de « communisme » inter-âges qui occuperait une sorte d'à-côté, en parallèle à la grande histoire, celui des idées et des utopies sociales, de Platon à Lénine, vaste champ où se seraient illustrés entre autres, Thomas Morus, Campanella, Morelly (qu'on tenait pour être en réalité Denis Diderot car on ne prête qu'aux riches !), Étienne Cabet, William Morris et tant d'autres ? Pourquoi pas : Babeuf occupe effectivement sa place, qui est majeure, dans cette lignée-là et son nom s'inscrit à l'évidence, dans la suite des grands penseurs de l'inévitable réorganisation des sociétés, fondée sur la remise en question du fameux « droit de propriété » dont l'effet sera toujours d'établir l'inégalité entre les humains, comme le constatait tout simplement en 1777 un procureur du roi de Nantes qui déclarait qu'en vertu du « droit naturel », « celui qui est payé est subordonné à celui qui paie ».

Pourtant, Babeuf lui-même n'a jamais usé de l'énoncé « communisme » pour dire ses « rêves » (sic) ou préciser son projet ; sans doute, n'ignorait-il pas le mot qui était déjà en usage plus ou moins restreint, ici ou là. Mais il lui préféra des expressions plus concrètes, plus en harmonie avec les aspirations populaires que la Révolution avaient promues en formules de rassemblement politique : « bonheur commun », « égalité réelle » ou « parfaite », « communauté des biens et des travaux » ou « propriété commune » ; il préconisait l'

« association entière », exigeait l' « administration commune » au service des « co-associés », etc. Car Babeuf ne rêva pas seulement de transformer la société en en proposant le modèle théorique : il entreprit de s'y consacrer pratiquement et c'est bien ici, dans ce choix, que se montre son inépuisable originalité. Découvrant les immenses possibilités que recélait l'invention de la démocratie politique, laquelle fit irruption dans l'histoire des hommes avec la Révolution française, il n'eut de cesse de se servir du levier de la « politique », pour tenter de produire du réel à partir de l'idéel.

À cette fin, dès le mois de juillet 1789, il chercha à utiliser tous les leviers, ceux de l'information, celui de l'invention d'un mode d'écriture, de publication et de discours, l'art de semer l'agitation dans la foule, de favoriser la mobilisation des « frères », des « amis », et de tous les « autres » si possible, pour faire élire les plus déterminés aux postes clés et contraindre le gouvernement, bientôt celui de la République, à transformer l'ordre social à seule fin de fonder sur la valeur de « fraternité » les rapports entre des individus humains, devenant libres, oui « libres », parce qu' « égaux ».

En vérité, ce sont ses disciples posthumes, entre 1830 et 1840, qui ont fini par appeler « communisme » le corps de doctrine que Babeuf, avec ses amis les « Égaux », avait élaboré dans l'urgence et la chaleur des affrontements qui suivirent l'effondrement accéléré, après le 9 thermidor, du gouvernement révolutionnaire de l'an 2 de la première République. En quoi, ils ont fait de Babeuf le premier protagoniste du combat communiste contemporain pour l'égalité et le libre développement de chacune et chacun, condition première du « bonheur commun ».Vous ferais-je confidence ? C'est en 1958, à l'instigation d'Albert Soboul, que je suis entré dans l'univers de Babeuf dont je ne connaissais que quelques textes lus rapidement dans l'anthologie alors publiée dans la collection « les Classiques du peuple » par Claude et Germaine Willard. Cette découverte a réorienté mon existence. Depuis plus d'un demi-siècle : je ne me suis jamais éloigné de Babeuf, non pour me retrancher de l'actualité du monde mais au contraire pour mieux m'y impliquer.

Aujourd'hui, il est de bon ton de renoncer aux héritages culturels et de tenir pour vieilleries dépassées ce pour quoi nos pères et mères et nos frères d'espérance, naguère, ont combattu. Tel politicien ambitieux, maire périparisien d'une ville qui n'existait pas à l'époque de Babeuf et de surcroît « député », trouve un air dépassé au « socialisme » qui, selon lui, ferait très « dix-neuvième siècle » et propose aux siens de s'en affranchir ; tels autres, très proches de moi, assommés (on les comprend) par le rude et inacceptable échec des entreprises historiques issues de la révolution russe d'octobre 1917, du mot « communisme » dont on pensait qu'il en incarnait la substance, voudraient en faire abstraction.

On y renoncerait : dans la communication politique naturellement, mais aussi dans la programmation affichée d'une transformation sociale dont les prémisses apparaissent dans le cours même des luttes populaires, et même dans l'imaginaire des protagonistes. Billevesées que tout cela ! L'histoire, toute l'histoire est en nous, en chacune et chacun, et en nous tous collectivement : renoncer à s'inscrire dans son histoire, c'est renoncer à soi-même. En prolongeant le meilleur des ambitions émancipatrices venues du plus loin, et sans rien ignorer des étroitesses de naguère, des impasses et des échecs, des errements, des malfaçons et des crimes, c'est alors qu'on dégage le plus clair des horizons.

Revenons à Babeuf. François-Noël, son prénom de baptême, paraissait à ses yeux, symbole de soumission à la longue histoire de l' « Ancien Régime » cléricalo-monarchique. Comme d'autres révolutionnaires de son temps, il décida donc de s' « impatroniser » (sic) autrement. Le 5 octobre 1794, donnant le titre de Tribun du peuple au journal qu'il venait de fonder, comme étant, selon lui, la « dénomination la plus équivalente à celle d'ami ou de défenseur du peuple », Babeuf choisit simultanément de se prénommer « Gracchus ». Il justifia son choix par l'hommage qu'il voulait rendre aux Gracques, les fameux tribuns du peuple qui avaient voulu, de 133 à 121 avant Jésus-Christ, distribuer les terres du « domaine public » aux citoyens pauvres et accorder à tous les Latins la citoyenneté romaine. Babeuf s'en explique devant les lecteurs de son journal : « Je justifierai aussi mon prénom. J'ai eu pour but moral, en prenant pour patrons les plus honnêtes gens à mon avis de la République romaine, puisque c'est eux qui voulurent le plus fortement le bonheur commun ; j'ai eu pour but, dis-je, de faire pressentir que je voudrais aussi fortement qu'eux ce bonheur, quoiqu'avec des moyens différents. »
Entendons le sens des mots de Babeuf. Un « but moral » : que serait en effet la politique sans la morale ? Posture, cynisme, hypocrisie... « Les plus honnêtes gens de la République romaine » : s'inscrire dans la continuité du combat historique, même soldé d'un échec retentissant en son temps, pour l'émancipation humaine...

Mais avec « des moyens différents » : contemporain du siècle des Lumières, Babeuf met la question de la révolution sociale à l'ordre du jour de son temps, lequel se situe à l'orée du nôtre.
Oui, convoquons notre Babeuf d'hier, pour le présent et pour l'avenir...

Ce qui veut dire l'éternité" !

Claude Mazauric

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 09:56
RÉFUGIÉS EN FRANCE : SORTIR DE L’IMPASSE DE L’ACCUEIL

Le centre humanitaire de la Mairie de Paris vient d’ouvrir mais de lourdes incertitudes planent sur la capacité de ce dispositif à résoudre la crise de l’accueil de milliers de personnes sollicitant l’asile à Paris et contraintes de vivre à la rue dans des conditions dégradantes.

Pourtant l’accueil des personnes qui fuient les persécutions ou les conflits dans leur propre pays est un impératif moral. C’est surtout une obligation juridique dictée par la Constitution française, le droit européen et la convention de 1951 relative au statut des réfugiés que la France a ratifiée.

Les organisations de la Coordination française pour le droit d’asile dont fait partie notre organisation appellent le Gouvernement français à prendre enfin des réformes d’ampleur. Ces mesures sont indispensables pour mettre un terme à la situation désastreuse d’hommes, de femmes et d’enfants qui, après les violences ou la persécution à l’origine de leur départ et les dangers de l’exil, doivent subir des conditions de vie indignes dans notre pays.

Lire aussi : le sort des enfants réfugiés en France

Les mesures à prendre sont simples, mais elles exigent lucidité et courage politique :

DES MESURE IMMÉDIATES

Mettre fin aux opérations de dissuasion exercées à l’encontre des personnes qui attendent dans des conditions dégradantes d’obtenir un rendez-vous auprès des plateformes d’accueil et des préfectures. En parallèle d’évacuations organisées, les autorités chassent régulièrement les réfugiés installés dans les espaces publics, procèdent à leur arrestation et privent même certains d’entre eux de leur liberté en les plaçant en centre de rétention, en vue de leur renvoi forcé du territoire. Ces pratiques d’intimidation et de répression sont d’autant plus inacceptables que la situation de ces personnes dans ces conditions est intégralement imputable aux autorités françaises. Ces personnes doivent être présumées réfugiées.

Les départements et l'aide sociale à l'enfance doivent prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les enfants non accompagnés qui se retrouvent à la rue. La minorités des enfants est souvent remise en cause. Leurs conditions d’accueil d’urgence sont déplorables et les délais pour décider de leur protection sont disproportionnés au regard des enjeux. Le fait qu’un enfant ne peut être éloigné du territoire ne doit pas l’exclure de la procédure d’asile.

Prendre en charge immédiatement les personnes dont l’état de santé nécessite un suivi particulier. L’application de plus en plus restrictive du droit à une protection maladie, ainsi que la multiplication des refus et retards de soins à l’encontre des exilés dans les hôpitaux publics conduisent à des situations graves, qui débordent largement les capacités des centres de soins « humanitaires ». Les services de la sécurité sociale doivent appliquer les procédures d’instruction rapide. Ces procédures permettront aux personnes malades d’accéder aux services de santé de droit commun. Dans l’attente, les dispositifs PASS (Permanences d’accès aux soins de santé) des hôpitaux publics doivent être dotés des moyens nécessaires, notamment d'interprétariat professionnel et de prise en charge de la santé mentale pour accomplir leur mission d’accès inconditionnels aux soins pour les personnes démunies.

Signer la pétition : la France doit faire le choix de l'accueil !

DES MESURES STRUCTURELLES

Mettre à disposition des préfectures concernées les moyens nécessaires pour que les demandes d’asile soient enregistrées dans les délais légaux.

 Les textes européens exigent de la France que l’enregistrement des demandes se fasse dans un délai de 3 jours ouvrés. A Paris et à Cayenne, il est aujourd’hui de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. Les exilés qui vivent à la rue dans des conditions dégradantes sont victimes de l’incapacité structurelle de l’administration à enregistrer rapidement les demandes.

Accélérer l’ouverture de places dans les Centres d’accueil pour demandeurs d’asile – seul dispositif assurant un suivi juridique. 

Les textes européens exigent que la France offre des conditions d’accueil décentes à tous les demandeurs d’asile. Il y a aujourd’hui près de 100 000 demandeurs d’asile en France et le dispositif d’accueil dédié ne permet d’héberger que 40% d’entre-eux. La France ne fait pourtant pas face à une hausse exceptionnelle du nombre de personnes en demande d’asile (+20% en 2016). Si le Gouvernement souhaite réaliser son objectif d’héberger 80% d’entre elles, il doit doubler le nombre de places prévues pour la fin de 2017 (60 000 places).

Permettre aux personnes demandeurs d’asile de vivre de façon autonome : rétablir le droit effectif au travail, à la formation linguistique et à la formation professionnelle.

Pour favoriser l’autonomie des personnes, il faut avant tout revaloriser le montant de l’allocation pour demandeur d’asile afin qu’elles puissent se loger par elles-mêmes. Mais il est surtout nécessaire de rétablir les droits et les dispositifs permettant aux demandeurs d’asile de travailler, de suivre une formation linguistique et de bénéficier d’une formation professionnelle.

Réfugiés en France: sortir de l'impasse de l'accueil (Amnesty International)
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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 07:03
Boris Le Lay, le blogueur néo-nazi, localisé au Japon (Le Télégramme, 22 novembre 2016)

Le Télégramme - "On a retrouvé Boris Le Lay"


Plusieurs de nos ami-e-s, militant-e-s syndicaux, associatifs et politiques ont été insulté-e-s, fiché-e-s et menacé-e-s  par ce personnage cultivé et intelligent mais abject moralement et à demi fou qui rêve de ressusciter les massacres et l'idéologie raciste et anti-humaniste, anti-démocratique du IIIe Reich. 

 

Les procédures sont en cours, depuis plusieurs années pour certaines…
 
Il semble que les pouvoirs publics aient quelques velléités de lui mettre des bâtons dans les roues à défaut de pouvoir l’empêcher de nuire complètement.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 22:00
Droite : le troisième homme dans une position du favori
GÉRARD LE PUIL
LUNDI, 21 NOVEMBRE, 2016
HUMANITE.FR

Le vote des près de 4 millions de Français qui ont participé hier au premier tout de l’élection primaire de la droite pour désigner son candidat à l’élection présidentielle a donné lieu à plusieurs surprises. Alors que l’on attendait un second tour Juppé-Sarkozy, voire Juppé contre Fillon, ce sera finalement un match Fillon-Juppé, le premier ayant un avantage de plus de quinze points sur le second à l’issue de ce premier tour. La remontée va être compliquée pour le maire de Bordeaux. Il reste à comprendre les raisons de la remontée fulgurante de Fillon, déjouant les pronostics des sondeurs.

Il se disait avec raison que le projet de François Fillon était le plus thatchérien de tous avec la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, la retraite à 65 ans, puis à 67 ans éventuellement, la suppression des 35 heures pour revenir à 39 sans forcément payer davantage les travailleurs, les ménages devant subir parallèlement une hausse de la TVA de 3% afin d’offrir de nouveaux cadeaux aux entreprises en doublant ce qu’elles reçoivent aujourd‘hui du budget de l’Etat à travers le CICE.

Mais, comme tous les candidats ont joué à « plus à droite que moi tu meurs», rien de prouve que le projet ultralibéral de Fillon soit la cause principale de son succès construit pour une bonne part dans les derniers jours de cette campagne électorale. Des électeurs positionnés sur le choix d’un des six autres candidats ont basculé en faveur de François Fillon durant les derniers jours de campagne. Pourquoi ? Il a neuf ans de moins qu’Alain Juppé et cette différence d’âge a pu jouer en défaveur du doyen dans cette compétition. Les positions fondées sur la recherche permanente de clivages politiciens de Nicolas Sarkozy ont fini par jouer en sa défaveur et sont probablement venues améliorer le score de Fillon.

L’effondrement de Bruno Le Maire dans les derniers jours d’une campagne au cours de laquelle il n’a joué que sur sa différence d’âge a finalement montré que ses électeurs potentiels qui étaient plus de 10%  en cours de campagne sont tombés à 2,4% via le résultat des urnes. « Le renouveau c’est Bruno » a fini par convaincre les électeurs que ce Bruno n’était qu’un rigolo, se jouant encore et toujours la carte jeune comme unique argument de campagne. Nathalie Kosciusko-Morizet, avec le numérique - dans lequel son frère a fait fortune - en guise de programme, n’a jamais décollé dans les sondages. Copé jouait la carte de la droite décomplexée. Il n’a jamais dépassé  2% d’intentions de vote pour finir à 0,4%  devancé d’un point par Poisson.

Juppé mal engagé pour l'emporter

On peut penser que les positions de François Fillon qui se voulaient gaulliennes sur les grands dossiers internationaux ont pesé davantage au cours des derniers débats télévisés sur le choix des électeurs que son programme économique ultralibéral. Alors que la diplomatique française a été très atlantiste depuis l’élection de François Hollande à l’Elysée, dire, par exemple, comme l’a fait Fillon à plusieurs reprises, qu’il faut dialoguer avec la Russie pour tenter de trouver une solution à la guerre contre Daech en Syrie comme en Irak lui a fait gagner des voix au détriment de ses concurrents bien plus flous ou plus absents sur ce sujet. Comme François Fillon a pris des voix à tous ses concurrents durant les derniers jours de campagne, on voit mal comment Alain Juppé pourra remonter son handicap d’une quinzaine de points d’ici dimanche prochain. Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il voterait Fillon, de même que Laurent Wauquiez et Rachida Dati, tout en ne donnant pas de consigne de vote. On peut d’ailleurs penser que les électeurs les plus motivés pour voter Sarkozy au premier tour le seront moins pour participer au scrutin du second tour dès lors que leur champion n’y figure plus.

Notons enfin que France 2 et TF1 organisent en commun un débat de 2H30 le jeudi 24 novembre entre les deux finalistes. D’ici là, les sondeurs, bien que mal remis de leurs pronostics d’avant le premier tour, auront d’autres indications à donner.

François Fillon: permanent politique depuis 1976

François Fillon est né le 4 mars 1954 dans la Sarthe. Sa carrière professionnelle a débuté en 1976 comme attaché parlementaire du député UDR Joël Le Theule. Suite à la mort brutale de son mentor, il devient député RPR de la Sarthe en 1981, année de l’arrivée de François Mitterrand à l’Elysée. Plus tard, il sera successivement ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche dans le gouvernement de cohabitation de Balladur de 1993 à 1995, puis ministre des Technologies de l’Information et de la Poste dans le gouvernement Juppé de 1995 à 1997. Suite à la réélection de Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen en 2002, il devient ministre des Affaire sociales et du Travail de 2002 à 2004 dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Absent du gouvernement de Dominique de Villepin, François Fillon se fera élire sénateur de la Sarthe en septembre 2005, un poste qu’il abandonnera pour devenir le Premier ministre de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012. Craignant de ne pas être élu député dans sa circonscription de Sablé dans la Sarthe après la victoire de François Hollande sur Nicolas Sarkozy en 2012, il se fait parachuter à Paris dans la circonscription de Jean Tibéri, ancien maire de Paris. Ce qui fait dire ce matin à Rachida Dati après avoir annoncé qu’elle votera pour lui dimanche prochain : « Oui, j’ai trouvé au moment où il s’est présenté à Paris alors qu’il était député de la Sarthe depuis de nombreuses années, j’ai trouvé ça mal élevé ».

On le voit, trouver un travail bien rémunéré n’a jamais été un souci pour François Fillon, permanent politique à vie, bénéficiant de places réservées depuis quarante ans. Dépourvu de tout souci de fin de carrière s’il devient président de la République à 63 ans, il peut allègrement proposer de « réduire le nombre de fonctionnaires, aligner le statut des fonctionnaires sur le régime général, augmenter le temps de travail dans la fonction publique ». Lui n’aura jamais connu la précarisation, pas plus que l’exercice d’un vrai métier pour gagner sa vie.

Journaliste et auteur
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 22:00

Morlaix

Politique. Pour Ismaël Dupont « la gauche doit se rassembler »

Le premier tour de la primaire de la droite et du centre a fait réagir l'élu morlaisien Ismaël Dupont, secrétaire départemental du Parti Communiste français (PCF) dans le Finistère. « En votant en maqsse pour François Fillon, dimanche, l'électorat de droite a fait le choix d'un candidat ultra-libéral et d'une ligne ultra-droitière » constate t-il dans un communiqué.

« Pour éviter le scénario catastrophe hautement probable d'un second tour des présidentielles entre la droite extrême et l'extrême-droite, il y a un impératif : rendre possible l'accession d'un candidat de gauche au second tour.

Notre responsabilité est de tout mettre en œuvre pour construire une candidature de gauche suffisamment rassembleuse et collective pour faire plus de 30 % au premier tour. Cela demande un esprit de responsabilité de la part des uns et des autres. Cela demande aussi que les socialistes comprennent qu'ils ne peuvent plus s'appuyer sur Valls et Hollande, et encore moins sur Macron, car c'est cette pseudo-politique de gauche libérale autoritaire et régressive, sans le moindre cap de progrès social et de combat contre les féodalités économiques qui nous conduit aujourd'hui au bord de l'abîme ».

Le Télégramme, 22 novembre 2016

 

Le communiqué envoyé à la presse hier, dans sa version intégrale:

 
François Fillon, en pole position pour être candidat de la droite : victoire du candidat de l'extrême-droite des Républicains
 
L'électorat de droite a fait le choix d'une ligne ultra droitière pour la bataille des présidentielles et la politique qui serait conduite dans les 5 ans à venir..
 
Certains retiennent l'élimination de Sarkozy du second tour des Primaires et son retrait de la vie politique. On ne peut que s'en réjouir en effet tant le bilan de son quinquennat était calamiteux et tant le personnage est connu comme cynique, prêt à toutes les instrumentalisations.
 
Agnès Le Brun tente de camoufler la défaite politique que représente pour elle les 17,5 % réalisés à Morlaix par Nicolas Sarkozy (contre 45 % à Fillon, 31 % à Juppé), son champion dont elle était la porte-parole sur les questions d'éducation, en parlant d'un rejet contre la personne et non contre le programme, se positionnant ainsi à droite toute derrière Fillon dans les nouvelles conditions du second tour pour essayer de peser quelque chose face à son rival de droite pour l'investiture des législatives, Maël de Calan, porte-parole de Juppé qui se voyait déjà sur les rails d'une grande carrière politique et qui doit être très déçu lui aussi.
 
«Pour le deuxième tour, je voterai François Fillon. Il est de la même famille que Nicolas Sarkozy, celle qui rejette l'eau tiède et veut un programme fort et tranché », annonce Agnès Le Brun.
 
C'est on ne peut plus clair ! L'eau tiède, c'est le candidat de centre-droit Alain Juppé. Ce que veut la maire de Morlaix, c'est la droite dure !
 
Or, Fillon est un candidat sans véritable charisme, qui appartient très manifestement à la grande bourgeoisie et qui représente ouvertement ses intérêts.
 
C'est un candidat ultra-libéral qui se revendique ouvertement de l'héritage de Margaret Thatcher, propose de supprimer l'ISF, veut réduire de 110 milliards les dépenses publiques, supprimer 500 000 ou 600 000 postes de fonctionnaires, augmenter le taux de TVA de deux points, allonger l'âge de départ minimal à la retraite à 65 ans, faire revenir le temps normal de travail à 39 heures tout en permettant aux entreprises de négocier pour faire travailler leurs salariés jusqu'au plafond européen de 48 heures.
 
Fillon était aussi le candidat de la Manif pour tous, partisan de la restauration d'un« ordre moral » indexé sur une prétendue nature et sur les valeurs chrétiennes traditionnelles. C'est aussi le candidat de la « fierté française », du refus de toute repentance vis-à-vis de l'esclavage, du colonialisme et de ses guerres.
 
Aujourd'hui, on ne peut qu'être très inquiet, si la victoire de Fillon se confirme au second tour des primaires de la droite, sur l'issue d'un éventuel second tour entre François Fillon, ce représentant assumé de l'oligarchie et de la grande bourgeoisie et Marine Le Pen, dont le programme apparaîtra sûrement, sur un plan économique moins défavorable aux intérêts des classes moyennes et populaires.
 
En tout cas, il y a un impératif démocratique et social fondamental à tout mettre en œuvre parmi les citoyens et les forces politiques attachés à une certaine idée de la France, fondée sur les valeurs d'égalité, de liberté, de fraternité, de laïcité : rendre possible l'accession d'un candidat de gauche au second tour afin d'éviter le scénario catastrophe hautement probable d'un second tour des présidentielles entre la droite extrême et l'extrême-droite. Notre responsabilité est de tout mettre en œuvre pour construire une candidature de gauche suffisamment rassembleuse et collective pour faire plus de 30 % au premier tour des élections présidentielles le 23 avril 2016.
 
Cela demande un esprit de responsabilité de la part des uns et des autres.
 
Cela demande aussi que les socialistes comprennent qu'ils ne peuvent plus s'appuyer sur Valls et Hollande, et encore moins sur Macron, car c'est cette « pseudo politique de gauche » libérale autoritaire, régressive, présidentialiste monarchiste, sans le moindre cap de progrès social et de combat contre les féodalités économiques, qui nous conduit aujourd'hui au bord de l'abîme.
 
 
Ismaël Dupont
 
élu d'opposition à Morlaix (Front de gauche), élu communautaire
Secrétaire départemental du PCF 
 

 
 
 
 

 

Morlaix: Politique. Pour Ismaël Dupont "la gauche doit se rassembler" (Le Télégramme, mardi 22 novembre)
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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 19:49
Une dizaine de personnes s'étaient réunies devant le commissariat en soutien. | Photo : Ouest-France.

Une dizaine de personnes s'étaient réunies devant le commissariat en soutien. | Photo : Ouest-France.

L'homme mis en cause justifie sa colère par des difficultés d'organisation depuis la mise en place du menu unique à l'école. Selon la police, le parent d'élève aurait eu des mots violents à l'encontre des agents de la mairie.

Ce mardi, vers 17 h, une dizaine de personnes se sont rassemblées devant le commissariat, en soutien à un homme placé en garde à vue. Celui-ci reconnaît s'être « un peu échauffé »récemment en mairie. La police parle de trois faits d'outrage et menace de crime ou délit. Le parquet décidera des poursuites éventuelles.

Demande de dialogue

Cet épisode intervient neuf mois après la disparition du menu de substitution dans les cantines publiques morlaisiennes, pour les enfants de confession musulmane et végétariens. 

L’homme mis en cause déplore des difficultés d’organisation. « Si je suis passé régulièrement à la mairie, c’était pour demander des aménagements. Par exemple, que les repas avec porc soient prévus un jour fixe dans la semaine, pour qu’on puisse anticiper les jours où mes enfants ne mangeront pas à la cantine. » Avec un comité de soutien, ils demandent « qu’un dialogue se noue avec la maire ».

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 19:28
Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF avec Anne Sabourin

Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF avec Anne Sabourin

Intervention de Lydia Samarbakhsh, lors de la 18e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers

 

Chers camarades,

Je tiens tout d’abord à remercier la direction et le département International du Parti communiste du Vietnam pour l’organisation de la 18e Conférence internationale des partis communistes et ouvriers, et la qualité de l’accueil qui nous a été réservé.

J’adresse à tous les participants le salut fraternel chaleureux de Pierre Laurent, secrétaire national, et de la direction du PCF.

Le contexte de nos travaux est marqué par une forte exigence. Celle d’envoyer un signal d’espoir aux millions de travailleurs, aux peuples, aux jeunes et aux femmes, premières cibles des injustices, du monde entier qui luttent pour une société et un monde plus justes et plus humains.

Pour renforcer nos relations et approfondir nos échanges, cela implique de nous donner pour règle commune le strict respect de nos approches et de nos expériences respectives, et de nous concentrer sur nos compréhensions et des objectifs communs.

Au quotidien et dans la durée, le PCF consacre ses efforts à ouvrir, je cite notre résolution de congrès, «un processus de transformation sociale fondé sur les luttes, la bataille idéologique et les conquêtes de pouvoirs. Ensemble, nous pouvons bâtir un nouveau mode de développement productif, social et écologique, portant l’exigence féministe à l’égalité, l’aspiration à l’autonomie de chacune et chacun, l’appropriation et le partage des savoirs, des informations, des arts et des cultures», enfin pour ce qui nous concerne en France, nous voulons avec toutes les forces de gauche et citoyennes disponibles relever le défi de la refondation de la politique et de la République, et de la refondation de l’Europe.

Nous avons réaffirmé à notre dernier Congrès en juin 2016 qu’ «Au XXIe siècle, le grand dessein de l’humanité est d’en finir avec toutes les formes d’exploitation, de domination et d’aliénation, de l’homme par l’homme, de l’homme sur la femme, de l’activité humaine sur la nature.» C’est le mouvement que nous nommons pour notre part, le «communisme de nouvelle génération».

Je concentrerai mon intervention sur les enjeux devant lesquels nous sommes placés en France et dont l’issue aura un impact au plan européen comme international.

La politique menée depuis 2012 a persévéré dans le choix des politiques d’austérité et d’attaques contre les droits des travailleurs, et nous nous trouvons à la veille d’une année électorale importante avec les élections présidentielle et législatives de 2017.

Elles interviennent dans un contexte économique et social désastreux pour les catégories populaires et de crise européenne approfondie.

La fin de mandat du président François Hollande voit se profiler le danger sérieux non seulement de voir la droite reconquérir le pouvoir mais de la voir adossée à une extrême droite plus forte que jamais depuis 70 ans.

Les politiques d’austérité et anti sociale menées par les gouvernements européens et imposée par les traités européens ont conduit l’Union européenne à une crise que les dirigeants européens eux-mêmes qualifient d’existentielle.

Il n’y aura pas de statu quo possible.

Trois conceptions de la construction européenne s’affrontent:

  • une conception ordolibérale qui veut pousser les logiques libérales à leur terme au risque de déboucher sur une «Europe» à plusieurs vitesses selon une partition Nord-Sud;
  • une conception d’extrême droite de divisions qui veut se saisir des risques de dislocation du cadre libéral européen, de destruction de l’Europe, pour accélérer une dynamique de conquête du pouvoir dans chacun de nos pays et alimenter la compétition entre les nations;
  • et la 3e conception est celle que nous défendons «l’option de la reconstruction d’une Europe de coopération, de solidarité, d’une Europe de souveraineté qui doit laisser plus de place aux pouvoirs de chaque nation de négocier démocratiquement son insertion dans cette Europe de solidarité. Nous parlons d’une Europe à géométrie choisie, c’est-à-dire une Europe où la participation au projet européen doit, à chaque fois, être librement consenti par les pays.»

Cette 3e conception est confrontée à l’exigence de plus grandes et plus fortes convergences de luttes et d’actions populaires au plan européen pour renverser le rapport de forces aujourd’hui largement favorables aux marchés financiers et au patronat.

Même s’il y a encore beaucoup à faire, les derniers événements sur le CETA montrent que les forces existent pour ce combat, et que des victoires sont possibles ouvrant sur de nouvelles phases de l’affrontement avec le capital.

Devant les échéances électorales, nous travaillons à unir les forces de la gauche antilibérale et antiaustérité pour faire émerger une alternative non seulement à la droite mais au gouvernement et président sortants.
Ces derniers ont trahi jusqu’aux principes et valeurs de la gauche en menant une politique aux ordres du patronat et des marchés financiers, en aggravant les coupes budgétaires, la casse de l’outil industriel national, et en relançant une politique interventionniste en Afrique, au Proche-Orient.

Les projets de la droite pour la France et l’Europe ne permettent en aucun cas de banaliser la perspective de leur retour au pouvoir.

Si la France basculait massivement en 2017 à droite et à l’extrême droite cela aurait les pires conséquences pour l’Europe et le monde: l’exemple de la Grande-Bretagne et des conséquences du Brexit doit alerter ceux qui pensent naïvement que la colère seule, sans perspective ni espoir de transformation profonde, apporterait un changement bénéfique à notre peuple.

Les forces sociales-libérales et réactionnaires alimentent une profonde crise politique, démocratique et des institutions qui détournent des élections de plus en plus de citoyen-ne-s et travailleurs qui ont intérêt à s’unir sur un projet de transformation sociale. Divisés et démobilisés, les travailleurs restent sous la coupe de politiques faites par et pour le patronat et les marchés financiers.

Mais pour que l’espoir et la mobilisation reviennent, il est nécessaire que le mouvement populaire s’impose dans le débat politique pour tourner la page des cinq ans de pouvoir de François Hollande et bâtir un projet politique de gauche pour le pays fondé sur ses aspirations et exiences.

Ces derniers mois nous avons donc organisé à l’échelle du pays une campagne de consultation de masse sur les grandes questions sociales, économiques et politiques que les catégories populaires veulent imposer à l’ordre du jour de la campagne électorale.

Nous sommes allés à la rencontre de 400 000 personnes. 65 000 femmes et hommes ont rempli un formulaire énonçant leurs priorités, et nous allons prendre de nouvelle initiatives pour développer en profondeur ce travail politique à la fois d’élaboration et de rassemblement.

Nous lançons dans une semaine notre campagne électorale en proposant 7 axes d’action remettant les besoins humains, sociaux et écologiques au coeur de l’action politique et des enjeux des prochaines élections.

  • PRENDRE LE POUVOIR SUR LA FINANCE: avec la création d’un pôle public bancaire et la nationalisation de la BNP-Paribas et de la Société générale.

     
  • INVESTIR POUR DEMAIN: avec l’abrogation de la loi El Khomri au profit d’une loi de la sécurisation de l’emploi et de la formation, du passage aux 32h et de la retraite à 60 ans.

     
  • L’EGALITE FEMMES-HOMMES MAINTENANT! avec un renforcement immédiat des dispositifs contraignants pour l’égalité salariale et professionnelle.

     
  • UNE FRANCE PROTECTRICE ET SOLIDAIRE: avec un plan de relance des services publics et lutte contre les inégalités (suppression de la TVA sur les produits de 1ère nécessité et l’interdiction des coupures d’énergie et d’eau, et des expulsions locatives pour cause de précarité).

     
  • PRODUIRE AUTREMENT: avec la création d’1 million d’emplois dans les filières d’avenir: l’énergie avec notamment les énergies renouvelables, l’automobile propre, les transports urbains et ferroviaires, la rénovation thermique des bâtiments, l’agriculture paysanne, l’aérospatiale, la navale et le numérique.

     
  • DE LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE AU RENOUVEAU DE LA POLITIQUE: la réduction des pouvoirs du Président de la République et la suppression du 49-3 au profit d’un renforcement de ceux de l’Assemblée et la stricte limitation du cumul des mandats accompagnée d’un statut de l’élu.

     
  • L’OFFENSIVE POUR CHANGER L’EUROPE: l’abrogation du traité budgétaire européen, quitte à retirer la signature de la France, au profit d’une loi anti-dumping social et de la création d’un fonds européen pour l’investissement et la création d’emplois.

Enfin, nous préparons le lancement de deux campagnes populaires qui touchent aux enjeux internationaux et au combat internationaliste.

L’une pour la paix et la culture de paix pour viser la construction d’un mouvement de masse pour la paix par l’appropriation populaire des grands enjeux internationaux et européens pour imposer, en la rendant incontournable, l’aspiration populaire de paix et sécurité collective, et un changement de politique internationale et européenne de la France — ce qui commencerait pour la France par quitter l'OTAN, lutter pour sa dissolution, et travailler avec l'ONU pour la mise en œuvre de cadres régionaux et multilatéraux de coopération et de sécurité collective.

L’autre «Pour une France solidaire et une France, terre d’hospitalité» pour les migrants par une bataille politique et idéologique afin de faire prévaloir, et rendre visible, un contre-discours aux appels à la haine et la violence de l'extrême droite, en même temps que nous aidons à la mobilisation pour des solutions politiques d’urgence et durables fondées sur l’exigence de solidarités à développer dans toute la société, et avec les migrants en France comme dans l'UE avec la Grèce et l'Italie, qui paient au prix fort le poids insoutenable des directives de Dublin et de l'austérité européenne.

Chers camarades,

Si le Parti communiste français participe à la 18e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers comme il participe à toutes les initiatives qui contribuent à renforcer les liens entre forces de gauche et révolutionnaires, c’est parce que nous croyons fermement que tout le monde a besoin de tout le monde dans nos combats à l’échelle nationale, régionale et notre engagement internationaliste contre la domination capitaliste.

Nous sommes maintenant à un stade où a grandi de manière significative la conscience des inégalités insoutenables que le capitalisme crée; cela nous appelle à jouer notre rôle pour unir toutes les forces progressistes - dans le plein respect de leur diversité - et de promouvoir des solutions politiques transformatrices pour une nouvelle phase de développement du genre humain.

Hanoï, 18e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers
28 au 30 octobre 2016

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 13:06
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