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8 décembre 2024 7 08 /12 /décembre /2024 12:07

Un succès pour notre vente solidaire de légumes ce samedi matin rue Fleming au Relecq-Kerhuon. Pour le PCF, il faut assurer à tous une alimentation de qualité, abordable et des prix rémunérateurs pour les producteurs. La même vente était aussi menée ce jour par nos Camarades à Landerneau. Ces opérations seront renouvelées...

Pierre-Yves Liziar, secrétaire de section du PCF Le Relecq-Kerhuon, élu communiste du Relecq-Kerhuon

Succès pour les ventes solidaires de légumes du PCF Relecq-Kerhuon et Landerneau ce samedi 5 décembre
Succès pour les ventes solidaires de légumes du PCF Relecq-Kerhuon et Landerneau ce samedi 5 décembre
Succès pour les ventes solidaires de légumes du PCF Relecq-Kerhuon et Landerneau ce samedi 5 décembre
Succès pour les ventes solidaires de légumes du PCF Relecq-Kerhuon et Landerneau ce samedi 5 décembre

ON A TOUT VENDU !

A 1 euro le kg :

- 50kg de pommes de terre.
- 5kg de patates douces.
- 10kg de carottes.
- 40kg d'oignons.
- 10 kg de pommes.

A 1 euro la pièce :

- 15 potimarrons.
- 15 têtes de choux fleurs.

Et des œufs (1 euro les 6).

 

Philippe Van Acker, de la cellule communiste de Landerneau, avec ses camarades sur la photo.

Succès pour les ventes solidaires de légumes du PCF Relecq-Kerhuon et Landerneau ce samedi 5 décembre
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8 décembre 2024 7 08 /12 /décembre /2024 11:59
" Les luttes des Penn Sardin, quelques souvenirs…." - par Piero Rainero

Les luttes des Penn Sardin, quelques souvenirs….

Ma mère Marie-Thérèse Moulac avait 14 ans à l’époque et travaillait aux Établissements Bézier. Le Bézier qui était alors le responsable du syndicat patronal des industriels de la conserve et dont le Préfet du Finistère, dans une note au Ministère du Travail qui fut rendue publique par le journal « Le Temps » , disait qu’il était « Le plus impopulaire et détesté de tous. »

Ma mère, comme les autres Penn Sardin, n’avait rien oublié.

Elles parlaient toutes de ce mouvement avec une légitime fierté. Évoquant « les conditions de travail très dures », les « petits salaires » et « la misère des gens », « l’autoritarisme flirtant avec la violence du patronat », leur participation aux manifestations, aux confrontations avec les gendarmes à cheval dans les petites rues du port, la tentative d’assassinat du maire communiste, Daniel le Flanchec, par des malfrats recrutés à Paris et grassement payés par les industriels pour semer le désordre dans la ville, les meetings aux Halles et les chants entonnés en chœur dans les usines et qu’elles chantaient encore, 50 ans après, avec la même émotion et la même colère qu’au temps de leur jeunesse. Je me souviens d’une réunion de la section du PCF de Douarnenez, au tout début des années 70, où une Penn Sardin entonna plusieurs de ces chansons reprises par l’assemblée dont le maire Michel Mazéas.

Lorsque certaines d’entre elles étaient surprises dans les ateliers à chanter, elles étaient immédiatement « mises à la porte ». Dans le pays bigouden, des chefs d’entreprise allaient jusqu’à faire signer des engagements à ne pas chanter des chansons comme par exemple ce chant ouvrier né dans le Nord de la France dans la seconde moitié du 19ème siècle et devenu emblématique de la lutte des sardinières :

 

« Saluez, riches heureux,

Ces pauvres en haillons,

Saluez, ce sont eux

Qui gagnent vos millions. »

 

Lorsque la fatigue et le manque de sommeil font tomber les paupières, que les gestes mécaniques ininterrompus, mille fois répétés pendant des heures, engourdissent les doigts et rendent les mains maladroites, chanter faisait oublier la dureté du travail dans le froid, l’humidité, le bruit incessant des machines, et les odeurs âcres, irritant les yeux et la gorge, de l’huile de friture et des viscères de poissons qui imprégnaient les vêtements.

Chanter donnait de l’énergie, de l’espoir, faisait vivre la solidarité, la confiance, comme un support, un moteur, de la conscience entre ces ouvrières, tout en étant l’affirmation d’une forme de résistance.

Le chant est un moyen d’expression universel pour porter la colère, la tristesse, la joie, l’espérance.

Les esclaves noirs chantaient dans les champs de coton aux USA.

«  On se battait pour notre dignité, tout simplement, et la dignité c’était pour nous des salaires décents qui nous permettent de vivre normalement et des conditions de travail plus humaines. » Combien de fois n’ai-je pas entendu cela dans les propos de ces Penn Sardin douarnenistes que j’ai rencontrées. Le mot qui revenait le plus dans leurs récits était celui de « dignité ».

Cette grève dont on parlait peu jusque dans les années 70, sinon que dans les familles de ses derniers acteurs et témoins, eut en son temps, un grand retentissement national.

Marcel Cachin alors député de la Seine et directeur de « L’Humanité » se déplaça à Douarnenez où il s’adressa aux grévistes en breton. Ma mère et d’autres s’en souvenaient très bien. Une ouvrière me dit un jour à ce propos : « Ça nous avait marqué un Parisien qui parlait breton. » Elles ignoraient alors que Marcel Cachin était un Breton bretonnant de Paimpol.

Ce mouvement des Penn Sardin est, depuis quelques années, l’objet d’études et de travaux universitaires. Sociologues, historiens, chercheurs, étudiants publient livres et articles qui rencontrent un large écho. Des journalistes recherchent les documents d’époque pour en faire des documentaires. Des conférences sont organisées, des cercles culturels montent des spectacles, de jeunes musiciens écrivent des chansons sur lesquelles dansent les générations nouvelles.

Il n’y a pas de plus bel hommage qui puisse être rendu à toutes ces combattantes pour le respect des droits humains qui ont écrit, il y a un siècle, cette belle page des luttes ouvrières en Bretagne.

Au front du profit « des capitalistes de la conserve » ainsi que Marcel Cachin nomma dans une intervention à la tribune de l’Assemblée Nationale les patrons d’usines de Douarnenez, elles opposèrent, pendant 46 jours, le front uni des luttes sociales pour la justice et le progrès.

Et elles furent victorieuses.

 

Piero Rainero.

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8 décembre 2024 7 08 /12 /décembre /2024 11:03
Décembre 2024: le maire communiste de Douarnenez, Daniel Le Flanchec, destitué (Ouest-France, 8 décembre 2024)
Décembre 2024: le maire communiste de Douarnenez, Daniel Le Flanchec, destitué (Ouest-France, 8 décembre 2024)
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5 décembre 2024 4 05 /12 /décembre /2024 13:58
600 à 700 manifestants à Morlaix pour défendre les services publics et la fonction publique face aux orientations ultra-liberales de Macron.
600 à 700 manifestants à Morlaix pour défendre les services publics et la fonction publique face aux orientations ultra-liberales de Macron.
600 à 700 manifestants à Morlaix pour défendre les services publics et la fonction publique face aux orientations ultra-liberales de Macron.
600 à 700 manifestants à Morlaix pour défendre les services publics et la fonction publique face aux orientations ultra-liberales de Macron.
600 à 700 manifestants à Morlaix pour défendre les services publics et la fonction publique face aux orientations ultra-liberales de Macron.
600 à 700 manifestants à Morlaix pour défendre les services publics et la fonction publique face aux orientations ultra-liberales de Macron.
600 à 700 manifestants à Morlaix pour défendre les services publics et la fonction publique face aux orientations ultra-liberales de Macron.

600 à 700 manifestants à Morlaix ce jeudi 5 décembre 2024 pour défendre les services publics et la fonction publique face aux orientations ultra-liberales de Macron. Un défilé entre la place des Otages et le Poulliet, centre des impôts, puis jusqu'à la sous-préfecture, avec beaucoup d'actifs fonctionnaires en grève.

Il y a eu 3000 manifestants à Brest selon le Télégramme et le Ouest-France, et le PCF y a distribué 800 tracts dans la manifestation. Et 800 manifestants à Quimper. Une manifestation était également prévues à Douarnenez et Quimperlé qui ont réuni des centaines de manifestants, soit plus de 5000 manifestants en tout dans le Finistère.

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5 décembre 2024 4 05 /12 /décembre /2024 13:49
Après la censure du gouvernement Barnier : « Ne laissons pas la France sans un gouvernement qui réponde aux attentes exprimées dans les urnes » - Tribune de André Chassaigne, Cécile Cukierman, Fabien Roussel dans l'Humanité
Par André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-Kanaky au Sénat, et Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.
 
La crise politique est profonde. L’emploi de l’article 49.3 par le premier ministre Michel Barnier pour faire adopter son budget a déclenché une motion de censure et entraîné la chute de son gouvernement. Une première depuis 1962. Depuis lors, jamais un gouvernement issu du camp battu aux législatives n’avait été nommé. La chute du gouvernement était écrite d’avance.
Pendant des mois, nous pourrions discuter des responsabilités de chacun, sans pour autant trouver une issue à cette crise. Cette situation inédite sous la Ve République est le choix d’un seul homme, celui du président de la République, de dissoudre l’Assemblée nationale à l’issue du scrutin des européennes, puis de nommer cinquante jours plus tard un premier ministre issu des rangs de LR pour maintenir son cap politique, au mépris du message des urnes.
Nous désirons, avec d’autres, sortir de l’impasse et répondre aux préoccupations de nos concitoyens, de nos entreprises, de nos collectivités, ainsi que des acteurs de la vie associative.
Nous sommes parfaitement conscients qu’aucune coalition ne détient la majorité absolue à l’Assemblée nationale, ce qui contraint chaque groupe et chaque force politique à travailler ensemble sur des compromis pour avancer. La seule question posée aujourd’hui est le sens dans lequel nous devons avancer.
Ce gouvernement, sans légitimité authentique, a choisi de se tourner vers l’extrême droite. Pourtant, plusieurs de ses ministres ont été élus au second tour des dernières élections grâce au front républicain et au désistement de la gauche.
C’est une des raisons de notre censure, mais c’est aussi et surtout à cause des mauvais choix inscrits dans ses budgets.
Perte de revenus pour les retraités, les citoyens, les communes, les départements, les régions, perte de subventions pour les associations, perte de fonds pour nos hôpitaux, l’éducation, manque de moyens pour la justice, la sécurité, la transition écologique…
Comment laisser passer un tel budget qui provoquera de la colère chez tous ceux qui voient leur pouvoir d’achat une fois de plus affecté ? Comment accepter un budget qui conduira notre pays à une récession dramatique alors que des deux côtés de l’Europe, aux États-Unis comme en Chine, l’heure est à des investissements massifs des États pour protéger et doper l’économie, la consommation, la croissance ? Personne ne parle de la dette aux États-Unis, alors qu’elle est bien plus importante qu’en France.
C’est pourquoi le Parti communiste français, ses parlementaires, appellent à sortir de ces logiques et à construire rapidement un pacte républicain, social, respectant les choix exprimés par les citoyens et apportant des réponses immédiates à leurs demandes.
Lors des élections législatives, de nombreux députés ont été élus grâce à l’appui du front républicain. Les députés issus de la coalition du NFP sont arrivés en tête. Dans leur diversité, nos concitoyens ont exprimé des exigences élevées pour protéger leur pouvoir d’achat, garantir le service public, et surtout pour un changement de politique !
Travaillons à ce changement et ne laissons pas la France sans un gouvernement qui réponde aux attentes exprimées dans les urnes.
Nous ne demandons pas la mise en œuvre de tout notre programme. Nous appelons à la construction d’un pacte social et formulons 6 propositions qui nous paraissent essentielles : abrogation de la réforme des retraites, indexation des salaires et des pensions sur l’inflation, baisse du coût de l’énergie, soutien aux services publics, aux collectivités, à l’industrie et une diplomatie active en faveur de la paix. Créons les conditions d’un gouvernement capable de construire des majorités autour de la justice sociale et des valeurs républicaines.
Il est temps que le président de la République regarde à gauche de l’Hémicycle et respecte le Parlement, les Français.
Nous serons toujours là pour engager ces discussions et trouver un chemin pour répondre aux urgences de notre pays, en mettant d’abord l’accent sur la défense des intérêts du peuple.
Après la censure du gouvernement Barnier : « Ne laissons pas la France sans un gouvernement qui réponde aux attentes exprimées dans les urnes » - Tribune de André Chassaigne, Cécile Cukierman, Fabien Roussel dans l'Humanité
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5 décembre 2024 4 05 /12 /décembre /2024 06:37
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5 décembre 2024 4 05 /12 /décembre /2024 06:30

 

Le gouvernement de Michel Barnier vient d’être censuré.

C’est la conséquence logique du choix irresponsable du président de la République et du Premier ministre de porter un budget contre le monde du travail et les catégories populaires, budget qui poursuit une politique massivement rejetée par le pays pour continuer à servir les hauts revenus et les revenus du capital.

Les forces du Nouveau front populaire et l’ensemble des forces de gauche ont la responsabilité de contribuer à une alternative politique qui s'appuie sur les exigences qui grandissent dans le pays en travaillant à la construction des convergences nécessaires avec les salariés et leurs organisations syndicales, le monde associatif et l'ensemble des forces vives du pays.

Le PCF appelle les travailleurs et travailleuses, les étudiants, la jeunesse, les retraités, les élus locaux engagés pour le service public, à agir ensemble, à refuser la dictature des marchés financiers et à construire des rassemblements populaires et majoritaires pour gagner un changement de politique. Il appelle à participer massivement aux prochaines journées d’action syndicales : dès demain, le 5 décembre aux côtés des agents publics, les 9 et 10 décembre avec les dockers, le 11 décembre avec les cheminots, le 12 décembre avec les salariés mobilisés pour l’emploi.

Ensemble, mobilisons-nous pour battre la politique mise en œuvre au sommet de l’État par les forces de droite et d’extrême droite et gagner la mise en place d’un gouvernement capable de construire des majorités sur la base des propositions que le Nouveau front populaire a défendu pendant les élections et capables de conjurer la crise économique, de répondre aux exigences populaires et de relever les défis sociaux, écologiques, économiques, politiques et internationaux qui sont devant nous.

Dès maintenant, le PCF appelle à la prise de mesures d’urgence, fortes et indispensables, répondant aux attentes de nos concitoyens et concitoyennes :

  1. Abroger la réforme des retraites
  2. Augmenter les salaires et les pensions, garantir l’égalité professionnelle femmes-hommes
  3. Un plan de pré-recrutement dans les services publics (santé, éducation, transports, sécurité, justice…)
  4. Un plan d’urgence pour l’emploi et le développement de l’industrie française et de l’agriculture
  5. Baisser de 30% le coût de l’énergie, geler les loyers et relancer les politiques climatiques
  6. Renouer avec une action diplomatique de la France pour la paix.

Face aux dégâts des politiques capitalistes, une seule issue s’impose : émanciper nos économies de leur dépendance envers les marchés financiers en imposant une autre utilisation de l’argent des banques et des banques centrales, au service du développement des capacités de tous les êtres humains, et non plus de la rentabilité du capital.

C’est le chemin que propose le Parti communiste français pour faire refluer la résignation et la division du monde du travail, combattre l’escroquerie de la politique du Rassemblement national, aboutir à la reconquête d’une majorité politique de transformation sociale et écologique.

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4 décembre 2024 3 04 /12 /décembre /2024 11:28
Anicet Le Pors : « Le capitalisme n’a pas le pouvoir d’empêcher l’unité de destin du genre humain »

L’ancien ministre Anicet Le Pors, 93 ans, l’affirme : le temps joue pour le camp progressiste. Celui qui fut l’un des bâtisseurs de la fonction publique revient sur l’état de la bataille idéologique actuelle et ne doute pas que, malgré les difficultés, l’avenir sera aux conquêtes démocratiques et sociales.

Aurélien Soucheyre, 29 novembre 2024 - L'Humanité magazine

L’ancien ministre communiste de la Fonction publique (1981-1984) n’a eu de cesse d’œuvrer à une transformation sociale et radicale de la société, cherchant à ce que les citoyens s’emparent de leur destin en liant conquêtes économique, démocratique et sociale. Après avoir été météorologiste, économiste, juge de l’asile, conseiller d’État, ou encore responsable du programme constitutionnel du PCF, il a reçu « l’Humanité » chez lui, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), pour un dialogue sur la crise démocratique en cours, la situation de la gauche, et les modalités futures de la lutte des classes. Bien la mener passe à ses yeux par prendre à bras-le-corps la question des services publics.

Que pensez-vous de la période politique que nous traversons, alors que Macron a fait de la casse sociale son mantra et que l’extrême droite progresse partout dans le monde ?

Elle est brouillonne. Le vrai n’émerge pas d’évidence. Mais c’est une sacrée époque : je crois que dans vingt ans nous dirons qu’elle était particulièrement intéressante, parce qu’elle porte les contradictions très haut, et qu’il y a un gigantesque travail intellectuel à mener sur plusieurs décennies pour en sortir. Avec le macronisme, nous vivons la poursuite d’un fouillis, d’un désordre, et surtout d’un pourrissement qui n’est pas achevé. La dissolution de juin elle-même ne constitue pas un événement, mais une étape de plus dans la phase de décomposition dans laquelle nous sommes depuis la chute des grands paradigmes du XXe siècle.

L’effondrement communisme revendiqué a quelque part masqué ceux qui frappent le néolibéralisme et la social-démocratie, pour qui il y avait nécessité à se reconstruire, mais personne n’a rien fait. Je dis tout cela sans nihilisme, ni pessimisme. Je suis même plutôt optimiste. Mais nous sommes aujourd’hui en bas-empire, et les bas-empires sont toujours des périodes où il se passe des choses surprenantes et significatives.

Je crois que nous n’avons pas encore les clés pour tout décortiquer, ni prévoir quel événement, ou quelle catastrophe, pourra constituer un point de bascule et de renaissance. D’un côté, le capitalisme est de plus en plus tenté d’utiliser le populisme et de s’allier à l’extrême droite pour conserver le pouvoir, quitte à foncer dans le mur.

De l’autre, la gauche est désorientée et ne va pas assez loin. Elle s’investit beaucoup sur le féminisme et l’écologisme, sans parvenir à un paradigme unifié. Cela risque de durer : on ne fabrique pas un corpus idéologique comme le marxisme sur un coin de table. Nous devons trouver une nouvelle théorie globale, prenant bien sûr en compte les questions du féminisme, de l’écologie, de la démocratie et du pouvoir économique, mais avec une unicité théorique dans laquelle chaque composante s’incarnera sans s’écarter des autres, au risque d’éclater le tout pour se radicaliser en un seul et unique paradigme.

Sur quelle base pourrait selon vous démarrer ce nouveau travail théorique ?

Je crois que la question des services publics peut constituer le socle d’un nouveau paradigme global. Les services publics peuvent fédérer la société tout entière. Il y a une véritable attente de tous les citoyens sur ce sujet. Or, cette attente est contrariée par le marché, qui veut des retours sur investissements, quand le service public ne recherche et ne produit que de l’efficacité sociale. Le développement des services publics pose également la question primordiale de la propriété, et de l’intérêt général. Il constitue, de plus, un défi immense aux yeux des dominants, car malgré leurs efforts pour fragiliser les services publics ils sont obligés de suivre un mouvement de fond.

Sur le long terme, les gouvernements, y compris les plus libéraux, ne parviennent pas à véritablement faire machine arrière. Les crédits augmentent parce que la société se socialise objectivement de plus en plus. Les dominants essaient d’en faire le moins possible, de casser et de marchandiser à chaque occasion, mais, de leur point de vue, ils patinent. Le mécontentement de la population qui n’a pas de services publics au niveau de la croissance de ses besoins met par exemple Emmanuel Macron dans une position intenable. Il fustige d’un côté le « pognon de dingue » donné aux services sociaux, et se fait de l’autre côté le chantre du « quoi qu’il en coûte » quand les besoins sont là. Je crois donc qu’il y a ici une très bonne piste pour reconstruire un paradigme…

Et pourtant, la gauche échoue pour le moment à faire la démonstration qu’elle est la plus crédible pour développer les services publics…

Parce qu’il n’y a pas assez de débats ! Parce que la gauche ne va pas assez loin et ne met pas la barre assez haut ! On a du mal à imaginer que, dans les années 1970, le problème numéro un qui faisait débat était celui des nationalisations et de la propriété publique. Aujourd’hui, plus personne n’en parle, ou presque. Mais qu’est-ce que l’on attend pour porter la nationalisation de tout ce qui relève de l’intérêt général et de la souveraineté citoyenne ?

Il n’y aura pas de services publics dignes de ce nom sans propriété collective et publique. Le travail n’est pas suffisamment fait aujourd’hui dans le camp du progrès. Ce n’est pas parce qu’au Nouveau Front populaire ils ont fait un programme en quatre jours que cela va faire l’affaire. C’est bien, il fallait le faire dans l’urgence.

Mais maintenant ? Quelle stratégie de conquête commune et sur quel programme ? Le programme commun de la gauche, dans les années 1970, c’était autre chose. Des années de travail… Plus de 600 personnes rien qu’à la commission économique du PCF ! J’ai vécu tout cela de manière euphorique et constructive. Même si, avec la distance, je vois quelles sont les limites de ce que nous avons fait. C’était un excellent programme, mais il ne convient plus du tout, car nous étions restés très gaulliens, enfermés dans une vision de l’économie hexagonale et monopoliste d’État. Or, nous avons aujourd’hui besoin de penser la question de la propriété publique et celle des services publics à l’international. C’est criant concernant l’énergie, par exemple.

Ce programme peut-il servir de base pour un réarmement idéologique de la gauche ? Que faire de l’héritage séculaire du mouvement ouvrier et révolutionnaire pour préparer l’avenir ?

Bien sûr, le programme commun peut aider, mais cela ne suffira pas. Il faut innover, inventer. La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1789, la Constitution de 1793 et le préambule de celle de 1946 sont trois textes sublimes, mais nous sommes en 2024 ! Karl Marx est une source de réflexion quasi inépuisable, mais il n’est peut-être pas le mieux placé pour nous parler de quelles institutions nous avons besoin aujourd’hui en France. Le programme du Conseil national de la Résistance est lumineux. Les résistants avaient très bien compris la nécessité de conquérir le pouvoir économique. Mais il est trop pensé à l’échelle hexagonale pour répondre aux enjeux de notre époque.

On ne peut donc pas se contenter d’appliquer des bouts de notre héritage : il faut s’en servir de carburant pour aller plus loin, beaucoup plus loin. N’oublions pas que la fin du patriarcat, à obtenir le plus vite possible, ne mettra pas forcément fin au capitalisme. N’oublions pas non plus qu’il n’y a pas que le capital qui détruit la planète, même s’il le fait actuellement avec une rapidité phénoménale.

Nous devons donc phosphorer beaucoup plus que nous ne le faisons. Il nous faut de l’audace, et il nous faut rechercher l’efficacité. J’ai par exemple longtemps cru que le mot de « communisme » était à protéger. J’ai changé d’avis : ce mot aura toujours une charge positive pour moi, mais elle est devenue inutilisable et interdit tout espoir révolutionnaire dans le temps présent. Dans l’immédiat, il nous faut trouver un autre mot-clé pour porter la transformation sociale.

Vous dites que le néolibéralisme est en crise, et que les dominants n’ont pas les coudées franches. Pourtant, le capital absorbe toujours plus de richesses créées par le travail, au détriment des travailleurs, avant de faire payer la note aux citoyens. Dans son budget, Michel Barnier prévoit 40 milliards d’économies…

Il n’est pas dans le pouvoir du capitalisme d’empêcher l’unité de destin du genre humain, c’est-à-dire la nécessité de voir les choses en commun. Notre époque, contrairement à ce qui se dit, est celle des coopérations, des interdépendances, d’une information diffusée en temps réel sur toute la planète, des solidarités. C’est une terre qui se socialise, qu’on le veuille ou non. Je suis persuadé que tout ce qu’arrachent actuellement les dominants est à regarder sur une période assez courte : sur le temps long, la dynamique n’ira pas dans leur sens. Je dis d’ailleurs depuis des années que personne n’arrivera à vraiment baisser le taux des impôts et des prélèvements obligatoires.

Pourtant, Emmanuel Macron a supprimé l’ISF, instauré la flat tax, baissé les impôts, mis en place des centaines de milliards d’euros de crédits d’impôts sans aucune contrepartie… En Angleterre, Margaret Thatcher avait fait de même…

Ce n’est pas contradictoire avec ce que je dis… Emmanuel Macron comme Thatcher avant lui ont voulu revenir sur tout ce que leur classe avait perdu. Ils ont cherché à satisfaire ceux qui ont le pouvoir économique, mais cela n’empêche pas la demande beaucoup plus volumineuse des gens qui sont dans leur grande masse les utilisateurs des services publics. L’exigence du peuple sur ce sujet est bien supérieure à celle des dirigeants des grandes entreprises. C’est cela qui va l’emporter sur le long terme. Nos défaites sur un temps donné valent moins que nos victoires à venir. La grande question est de savoir quel en sera le prix, mais la lame de fond est pour nous. Il en va de même concernant la fonction publique.

Mais la Cour des comptes préconise de supprimer 100 000 fonctionnaires. Le nouveau ministre de la Fonction publique, Guillaume Kasbarian, dit vouloir « débureaucratiser » la France… La réforme de 2019 d’Olivier Dussopt organise le contournement de la fonction publique avec la possibilité de recourir largement à des contractuels. Nos adversaires ne sont-ils pas en train d’inverser le rapport de force ?

Le nombre de fonctionnaires au début du XXe siècle, c’était 200 000 agents publics, fonctionnaires et assimilés. Quand Maurice Thorez est devenu ministre de la Fonction publique à la Libération et qu’il a créé le statut, nous sommes passés à un 1,1 million de fonctionnaires, dont 50 % de contractuels. Quand je suis arrivé à mon tour au gouvernement en tant que ministre de la Fonction publique, en 1981, il y avait 2,1 millions fonctionnaires d’État. Quand je suis parti, c’était 4,6 millions de fonctionnaires. Aujourd’hui c’est 5,7 millions, avec 20 % de contractuels. Ils peuvent hurler autant qu’ils veulent contre les fonctionnaires et la fonction publique, s’attaquer en permanence au statut, comme ils le font, à l’échelle de l’histoire, nous progressons.

Il ne faut pas regarder que nos vies : Philippe le Bel sépare le pouvoir de Dieu du pouvoir du roi, et le monarque se dote d’un appareil d’État à ses ordres qui s’est sans cesse renforcé. À tel point que, des siècles plus tard, Louis XIV dit : « Je meurs mais reste l’État. » Effectivement : nous n’avons alors plus besoin de roi, et la Révolution française supprime le roi !

Il reste l’État et les citoyens qui s’organisent et se dotent d’agents nouveaux, car nous passons alors du « fonctionnaire sujet » au « fonctionnaire citoyen », au service de l’intérêt général. Il y a ensuite des reculs, mais la dynamique est là, renforcée plus tard par Maurice Thorez puis par moi-même. Bien sûr, Reagan et Thatcher ont fait beaucoup de mal.

J’ai vécu personnellement le tournant de la rigueur de François Mitterrand. Je vois bien ce que veut faire Macron et ce que voulait faire Nicolas Sarkozy avant lui : moins de fonctionnaires, des fonctionnaires dévalorisés et précarisés, et des fonctionnaires aux ordres. Mais je le redis : sur le temps long, la demande de services publics de qualité, et donc de « fonctionnaires citoyens » pour les faire vivre, sera la plus forte, quels que soient les reculs à venir.

Et je trouve à ce sujet très intéressant que le Nouveau Front populaire ait choisi Lucie Castets comme candidate pour Matignon alors que c’est une grande spécialiste et une grande défenseuse des services publics. Malheureusement, Emmanuel Macron s’est livré à un déni de démocratie de plus…

Comment voyez-vous la suite immédiate ?

Emmanuel Macron est un fondé de pouvoir fondamentalement et professionnellement incompétent. Il a un mépris souverain du monde du travail et du peuple. Il ne conçoit pas qu’il y ait un pouvoir local et méprise les maires. Le Parlement pour lui n’est qu’une chambre d’enregistrement.

Le gouvernement est à ses yeux un secrétariat. Et il se qualifie lui-même de Jupiter au-dessus de tout cela. Il est profondément rétrograde et réactionnaire. Il n’a ni l’histoire comme de Gaulle, ni la compétence politique comme Mitterrand. Il a donc beaucoup contre lui. Le malheur, c’est qu’il tombe dans une période où les crises peuvent utiliser des hommes nuls. Il ne laissera aucun souvenir.

Michel Barnier est un bon manœuvrier. Mais il ne durera que quelques mois. Au fond, l’épisode Macron est surtout une manifestation de crise des dominants, le grand danger étant, je le disais déjà en 2017, une jonction des néolibéraux et de l’extrême droite. À la gauche de se montrer à la hauteur. Je lui souhaite beaucoup de courage : la lutte des classes n’a jamais été quelque chose de simple…

 

Entretien paru dans l'Humanité magazine du 29-30 novembre 2024

Propos d'Anicet Le Pors recueillis par Aurélien Soucheyre, pour l'Humanité magazine

 

Anicet Le Pors : « Le capitalisme n’a pas le pouvoir d’empêcher l’unité de destin du genre humain »
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3 décembre 2024 2 03 /12 /décembre /2024 17:01

 

La section PCF du pays de Morlaix et les élu-es communistes apportent tout leur soutien à la mobilisation des personnels de la Fonction Publique et appellent à participer à la manifestation du jeudi 5 décembre à 11 h Place des Otages – Morlaix.

Nos ministres, dont les liens avec les grands intérêts privés sont manifestes, ne cachent pas leur détestation des fonctionnaires, qui seraient des privilégiés.

On se demande bien par quelle aberration nous avons tant de mal à recruter infirmières, enseignants, agents de nos services publics locaux !

Les annonces se succèdent : augmentation des jours de carence ; gel du point d’indice ; suppression de la GIPA ; suppressions de postes ; fermetures de services ; …

Nos services publics, même affaiblis par les politiques suivies depuis des années, sont encore dérangeants pour ceux pour qui tout doit être marchandise et source de profit.

Car la raison d’être d’un service public est d’être au service de l’intérêt général, de faire du commun, de répondre aux besoins de la population, plus particulièrement des personnes fragilisées par les conditions sociales, l’âge, l’isolement, la maladie, le handicap, de répondre aussi aux grandes missions comme la santé, l’éducation, l’action climatique...

Nous mesurons dans les situations de crise, pandémie, catastrophes environnementales, mais aussi au quotidien combien nous avons besoin de nos services publics et de leurs agents.

Ce n’est pas un hasard si la Fonction publique et le statut des fonctionnaires, sans cesse attaqué depuis, sont nés à la Libération, comme la Sécurité Sociale, dans la continuité du programme de progrès social et humain du Conseil National de la Résistance, et ont été mis en place par des ministres communistes.

Face à ce gouvernement Macron-Barnier qui réserve ses coups à nos services publics et à leurs agents, tandis qu’il épargne la finance et les grandes fortunes, les communistes appellent à faire front, usagers et agents, pour défendre et améliorer nos services publics.

Nous serons aux côtés de l’ensemble des agents publics de l’État, de l’hôpital, des collectivités territoriales, aujourd’hui attaqués et méprisés, pour exiger qu’on leur donne les moyens d’exercer leurs métiers et leurs missions au service de l’intérêt général et des populations.

 

 

 

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3 décembre 2024 2 03 /12 /décembre /2024 06:52
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