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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:21
« Que ma mort apporte l’espoir, poèmes de Gaza » - Poètes et poètesses de Gaza publiés aux éditions Libertalia, Orient XXI
Voici un poème de la première partie du livre « Que ma mort apporte l’espoir, poèmes de Gaza », poème écrit par une femme, Neeamat Hassan, sous les bombardements le 26 octobre 2023
 
ÊTRE MÈRE À GAZA
 
Être mère à Gaza
C’est ne pas dormir
C’est tendre l’oreille
Dans le noir
Tâter ses moindres franges
Trier un à un tous les sons
En choisir un, de quoi créer
Un conte à sa mesure
En faire une berceuse
Et quand tout le monde dort
Se dresser comme un bouclier
Face à la mort
Être mère à Gaza
C’est ne pas pleurer
C’est ramasser la peur
La colère
Et les prières
À pleins poumons
Attendre que les avions
Finissent de rugir
Pour libérer le soupir
Être mère à Gaza
C’est ne pas pouvoir être comme toutes les autres mères
C’est faire du pain frais grâce au sel de ses yeux
Et voir ses tout-petits mangés par la patrie
 
Neeamat Hassan
 
« Que ma mort apporte l’espoir, poèmes de Gaza », Libertalia, ORIENT XXI, poème sélectonné et traduit par Nadia Yafi
« Je rêve d’une mort retentissante, laissez-moi mourir comme je l’entends »
 
Par Haïdar Al Ghazali
 
Texte écrit le 27 octobre 2023
Là, maintenant, personne ne pourra me pleurer, personne ne pourra composer d’éloge funèbre, mon corps ne sera sans doute même pas retrouvé, et personne ne pourra donc m’enterrer, l’air libre sera ma tombe et le témoin de cette tombe un simple nuage, qui fera de l’ombre aux enfants, et ils grandiront.
Dieu merci, ils n’ont pas pu inclure l’air dans le blocus, ce qui me laisse encore la possibilité d’écrire cette folie, certes je ne suis pas libre dans cette absence, je ne suis pas libre puisqu’à tout moment exposé à une mort silencieuse, dont personne ne saura rien, je ne suis pas libre si je ne peux choisir ma mort, et pourtant je reste libre en mourant, alors allez-y détruisez toujours plus, faites exploser encore davantage, labourez donc la terre avec la mort, toute la terre, notre terre est une immense flûte de roseau, plus on y creuse de trous et plus elle est capable d’exhaler de nouvelles mélodies, de ces maqâms de l’impossible retour des ruines.
Il est maintenant vingt heures quinze, je vais me coucher, je vais préparer mon corps pour le missile impromptu qui l’explosera. Je vais préparer mes souvenirs, préparer mes rêves à devenir cette petite ligne de brève, ou ce simple numéro dans un dossier. Pourvu que le missile vienne dans mon sommeil, afin que je ne ressente aucune douleur ; voilà donc nos ultimes souhaits dans la guerre, une pitoyable conclusion de nos rêves grandioses.
Je quitte la frayeur de la famille vers mon matelas en me posant la question suivante : qui donc disait déjà au Gazaoui que le dormeur ne souffrait pas ? Et je me suis endormi. »
Haïdar Al Ghazali
 
« Que ma mort apporte l’espoir, poèmes de Gaza », Libertalia, ORIENT XXI, poème sélectionné et traduit par Nadia Yafi
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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:14
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan

Une rencontre littéraire de haut vol ce soir à la librairie Les Deferlantes animée par Lenaïg Jezequel avec le romancier palestinien de langue française Karim Kattan, auteur de "l'Eden à l'aube" chez Elysad publié cette année ainsi que, chez le même excellent éditeur, de "Préliminaires pour un verger futur" (2017), le "Palais des deux collines" , publie en poche en 2024. Un trentenaire né à Jérusalem, et ayant grandi sous occupation à Bethléem, tout en lucidité, humour, vivacité, intelligence et modestie, nous emportant dans son imaginaire métissé. Karim Kattan a également réalisé la postface de l'indispensable Que la mort m'apporte l'espoir. Poèmes de Gaza, poésies gazaouies traduites et sélectionnées par Nadia Yafi et éditées chez Libertalia/Orient XXI.

Ismaël Dupont, 21 mars 2025

Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan

Résumé de l'Eden avant l'aube, le dernier roman de Karim Kattan, aux éditions Elysa: 

"Alors qu’un étrange vent de sable ensevelit le pays, deux hommes se croisent chez tante Fátima. Dans Jérusalem, ville labyrinthe, on se séduit chaque nuit en imaginant des histoires de jinns, de lions et de chevaliers.
En cette saison démoniaque, Gabriel et Isaac s’aiment, se perdent et se retrouvent, puis décident, en dépit du sable et des checkpoints, de partir en vacances… Mais n’est-ce pas un projet fou dans un pays morcelé ?
De Jérusalem à Jéricho, puis au mystérieux village où l'on oublie de mourir, jusqu'aux piscines de Salomon, c’est une aventure amoureuse, une recherche de lumière et de liberté.
Karim Kattan, auteur magicien, nous raconte de sa voix enchanteresse le ravissement de Gabriel et d’Isaac dans leur Palestine ardue, baroque et fabuleuse."

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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:11
Trump: symptôme de la décomposition américaine - Revue Cause Commune n°42, Janvier/ février 2025 - Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine à l’université Paris-Nanterre.
Par

Les États-Unis viennent d’élire Trump pour la deuxième fois : pourquoi les classes populaires désertent-elles les partis dits « centristes » ou « modérés » pour choisir l’extrême droite ou ceux que l’on appelle d’une désignation problématique les « populistes » ?

Les néolibéraux américains sont souvent prompts à insulter les classes populaires, que ce soit Hillary Clinton qui les appelle deplorables (minables, pathétiques) ou Joe Biden qui reprend un terme trumpiste pour les qualifier d’« ordures » s’ils votent pour Donald Trump.

L’insulte psychologisante tient lieu d’analyse mais, à gauche, il est crucial de comprendre le pourquoi de cet exode vers les politiques du pire de ceux qu’aux États-Unis on appelle la « classe moyenne » mais que l’on peut désigner collectivement comme les travailleurs, voire la classe ouvrière. Les analyses du philosophe allemand Axel Honeth ou de son homologue américain, Michael Sandel, sur la reconnaissance ou la « condescendance méritocratique » sont pertinentes ici.

Le Monde diplomatique du mois de décembre 2024 a publié un graphique montrant pour qui les Américains et les Américaines avaient voté. Il ressort très clairement que les populations diplômées ont voté pour Kamala Harris alors que les non diplômés ont choisi Trump. Les moins fortunés ont également donné une courte majorité à Trump. La deuxième élection de Trump acquise avec cette fois une majorité des voix, contrairement à 2016, étant donné le caractère non démocratique du mode de scrutin américain, est un point d’aboutissement d’un long cycle historique.

Le néolibéralisme des démocrates

Depuis les années du New Deal de Franklin Roosevelt, le Parti démocrate était considéré comme le parti de la classe ouvrière et l’est resté, au moins sur le plan électoral, jusqu’à la présidence Clinton (1993-2001). Le triomphe politique du néolibéralisme s’accompagne d’une lente érosion des résultats électoraux des démocrates, érosion un temps enrayée par les succès de Barack Obama (2009-2017). Si le néolibéralisme a commencé à envahir les systèmes politiques à partir des succès de Margaret Thatcher (1979-1990) en Grande-Bretagne et de Ronald Reagan (1981-1989) aux États-Unis, il avait été théorisé bien avant. Barbara Stiegler a retracé l’histoire du néolibéralisme américain dans l’ouvrage intitulé Il faut s’adapter (Gallimard, 2019).

« Le discours de la diversité détaché d’une problématique de luttes sociales déplace les lignes de combat : les adversaires ne sont plus les capitalistes ou plus généralement le monde des affaires mais cette rhétorique peut conduire à la formation de structures identitaires. »

Bill Clinton, qui avait été élu avec les voix de la classe ouvrière, a pris des décisions qui ont eu des effets catastrophiques sur les revenus et la situation économique générale des classes défavorisées. Il a notamment validé les accords de libre-échange de l’ALENA, signés par son prédécesseur George Bush père (1989-1993). Ces accords ont permis la délocalisation des productions industrielles, en particulier vers les maquiladoras du Mexique, usines employant des travailleurs mexicains payés dix fois moins cher que les travailleurs américains qui eux ont perdu leurs emplois bien rémunérés dans des entreprises
fortement syndicalisées. Bien évidemment la délocalisation capitaliste entraîne la désindustrialisation des États-Unis, hors secteur armement. Un président démocrate a donc pris une part directe dans la paupérisation de la classe ouvrière. À la fin de son second mandat, Clinton a fait entrer la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il s’agissait alors, à nouveau, de produire à bas coûts en Chine puis d’importer des produits bon marché. La logique néolibérale insistait sur les économies que les travailleurs américains pouvaient réaliser en achetant ces produits chinois.

La balance commerciale entre la Chine et les États-Unis n’a cessé de se dégrader mais, puisque le dollar est la monnaie de réserve du monde, les économistes ne considéraient pas que c’était un problème. Pour les travailleurs qui voyaient fuir leurs emplois vers le Mexique ou la Chine, il était évidemment impossible de voir les avantages supposés de la « mondialisation heureuse », selon le titre d’un ouvrage d’Alain Minc. Les travailleurs qui ont perdu leur emploi ou ont dû accepter un emploi plus mal payé ne peuvent se réjouir des avantages des consommateurs pris dans leur globalité.

« Trump le démagogue parvient à donner l’impression de s’intéresser aux classes populaires, alors même qu’il mène la lutte des classes depuis sa position de privilégié réactionnaire. »

Biden a fait campagne en 2020 en utilisant des arguments auxquels les classes populaires sont sensibles mais, pas plus qu’Obama, il n’a cherché à instaurer une assurance maladie universelle ou à légiférer sur le salaire minimum.

Le discours public américain, surtout de la part des démocrates, parle de diversité raciale ou d’orientation sexuelle mais oublie ou marginalise le discours en matière de classes sociales, qui pourtant n’ont pas disparu, et Trump le démagogue parvient à donner l’impression de s’intéresser aux classes populaires, alors même qu’il mène la lutte des classes depuis sa position de privilégié réactionnaire. La conscience de classe a eu tendance à s’estomper lors des années de la montée du néolibéralisme pour être remplacée par des combats autour du racisme, du sexisme et de l’homophobie. Mais le parcours de Bernie Sanders montre pourtant qu’une analyse de classe pourrait facilement s’imposer à nouveau.

Comprendre la défaite de Kamala Harris

Après l’élection, le sénateur Sanders a formulé une analyse tout à fait pertinente : « Il n’est pas très surprenant qu’un parti démocrate qui a abandonné les gens de la classe ouvrière découvre que la classe ouvrière l’a abandonné. » Il ajoute : « Alors que les dirigeants du Parti démocrate défendent le statu quo, les Américains sont en colère et veulent du changement. Et ils ont raison. »

L’analyse de Sanders a le mérite de remettre la problématique de la lutte des classes dans le débat public. Une campagne américaine se déroule sous le règne de l’argent et cette fois-ci les démocrates ont dépensé plus que les républicains.

Les dépenses militaires des États-Unis, les plus importantes au monde, qui s’élèvent à plus de 900 milliards de dollars (et plus si on inclut les dépenses liées aux problèmes médicaux des soldats), orientent l’économie vers le secteur des armements au détriment de la santé et de l’éducation. Les États-Unis ont dépensé 182 milliards de dollars pour la guerre en Ukraine et plus de 18 pour soutenir Israël dans ses guerres et crimes de guerre au Moyen Orient.

Un autre aspect à considérer : l’influence de l’inflation sur les budgets des classes populaires, un aspect négligé par les économistes qui évoquent plutôt la bonne santé de l’économie américaine. Les prix de l’essence, de l’alimentation et de l’immobilier ont explosé affectant donc en premier lieu les plus défavorisés et la classe moyenne.

« Il n’est pas très surprenant qu’un parti démocrate qui a abandonné les gens de la classe ouvrière découvre que la classe ouvrière l’a abandonné. » Bernie Sanders

Trump a fait mine de s’intéresser aux problèmes de la classe ouvrière, tandis que Harris a voulu plaire à ses donateurs et conseillers et n’a même pas évoqué ces problèmes et que Biden a remis une couche de mépris social. Le philosophe Michael Sandel parle dans son analyse des résultats de l’élection d’« élites méritocratiques » qui expriment à la fois leur « triomphalisme méritocratique » et leur « condescendance méritocratique ». Il existe une expression en anglais qui résume assez bien le type de relations que le Parti démocrate entretient avec la classe ouvrière : add insult to injury (ajouter l’insulte à la blessure). Les détériorations réelles des conditions de vie pour la majorité de la population sont aggravées par des discours suintant le mépris social et l’arrogance.

Le discours de la diversité détaché d’une problématique de luttes sociales déplace les lignes de combat : les adversaires ne sont plus les capitalistes ou plus généralement le monde des affaires mais cette rhétorique peut conduire à la formation de  structures identitaires.

Disparition de la gauche ?

Si l’on conçoit la gauche comme étant une force d’opposition au capital, celle-ci a presque disparu aux États-Unis, sur le plan politique. Sur le plan syndical, le taux d’appartenance à un syndicat est d’environ 10% des travailleurs, soit deux fois moins qu’en 1983. Le syndicat des Teamsters (chauffeurs routiers) a envoyé un représentant à la convention républicaine. Le choix des démocrates de se détourner de la classe ouvrière a ouvert la voix aux républicains pour exprimer leur mécontentement.

Si le taux de syndicalisation est bas, il faut cependant noter un nombre élevé de grèves et le renouveau de certains syndicats comme celui de l’automobile (UAW, United Auto Workers). On pourra lire à ce propos l’article d’Alec Desbordes dans Recherches internationales (n° 130) : «  Aux États-Unis : la lutte industrielle comme nouvelle phase du syndicalisme ? ». Le renouveau de la gauche passera par les syndicats qui ne peuvent durablement se tromper d’adversaire.

Sur l’immigration il y a de multiples facteurs dont celui de la responsabilité des États-Unis par leurs sanctions punitives, mais notons aussi que le monde des affaires est fortement favorable à une immigration dite « illégale » pour avoir une main-d’œuvre docile et sous-payée.

Les guerres, qui de fait représentent un transfert d’argent des contribuables américains vers le secteur de l’armement, affectent les classes populaires par l’intermédiaire des impôts et de l’inflation.

Par ailleurs, les statistiques du chômage seraient, selon certains économistes dissidents, de 24% et donc bien plus hauts que les chiffres officiels, ce qui explique la perception justifiée des classes populaires concernant leurs baisses de revenus.

En conclusion on peut donc dire que les démocrates ont créé les conditions de leur défaite et que Trump le démagogue n’est que le symptôme d’une société en décomposition qu’il n’a pas créée. 

Pierre Guerlain est professeur de civilisation américaine à l’université Paris-Nanterre.

Cause commune n° 42 • janvier/février 2025

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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:00
Combattre le racisme, conquérir l'égalité le 22 mars! Manifestons dans le Finistère!

Combattre le racisme, conquérir l'égalité le 22 mars! Manifestons dans le Finistère!

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21 mars 2025 5 21 /03 /mars /2025 06:39
Inauguration de la rue « Mélinée et Missak Manouchian, résistante et résistant » à Brest samedi 22 mars
Inauguration de la rue « Mélinée et Missak Manouchian, résistante et résistant » à Brest samedi 22 mars
Inauguration de la rue « Mélinée et Missak Manouchian, résistante et résistant » à Brest samedi 22 mars
RDV à l’angle du 15, rue Coat ar Gueven
Samedi 22 mars 2025 à 11h
Hommage à ces combattants antifascistes, FTP-MOI, morts pour la liberté. Leur mémoire est un combat d’aujourd’hui.
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21 mars 2025 5 21 /03 /mars /2025 06:29
Ian Brossat : « Taper sur l’Algérie, c’est se faire du mal à nous-mêmes » - L'Humanité, 20 mars 2025
Ian Brossat : « Taper sur l’Algérie, c’est se faire du mal à nous-mêmes »

Le sénateur communiste Ian Brossat dénonce l’instrumentalisation des rapports entre la France et l’Algérie par la droite qui demande une révision des accords de 1968 avec l’Algérie.

Ian Brossat : « Taper sur l’Algérie, c’est se faire du mal à nous-mêmes » - L'Humanité, 20 mars 2025
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21 mars 2025 5 21 /03 /mars /2025 06:26
Victoire: la proposition de résolution trans-partisane de Ian Brossat visant à mettre fin au sans-abrisme des enfants adoptée au Sénat!

Que des milliers d’enfants dorment à la rue dans la 6e puissance économique du monde est une honte absolue.

Ce soir au Sénat, nous avons fait adopter à l’unanimité une résolution transpartisane pour y mettre fin.

Le gouvernement ne peut plus détourner le regard. Il y a urgence.

Ian Brossat

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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 16:27
Face à la reprise monstrueuse des bombardements contre Gaza, RENDEZ-VOUS CE SOIR 18 mars À 18H 30 AU KIOSQUE PLACE DES OTAGES POUR UN RASSEMBLEMENT.
Face à la reprise monstrueuse des bombardements contre Gaza, RENDEZ-VOUS CE SOIR 18 mars À 18H 30 AU KIOSQUE PLACE DES OTAGES POUR UN RASSEMBLEMENT.
URGENCE GAZA - URGENCE PALESTINE : STOP GENOCIDE !
Après avoir entretenu pendant les 2 mois de cessez-le-feu un génocide à bas bruit en Palestine, Israël a repris cette nuit les bombardements massifs de la population civile faisant au moins 400 morts, des centaines de blessé-es, un véritable carnage !
Ces bombardements de masse font suite au nouveau blocage de l'accès l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, à la privation d'énergie pour ses habitants, aux assassinats quotidiens des Palestinien.ne.s en Palestine occupée, à l'agression militaire de grande ampleur de la Cisjordanie, au déplacement forcé de 40 000 réfugié.e.s palestinien.ne.s de Jénine et Tulkarem dont les camps ont été rendu inhabitable, au nettoyage ethnique de la Palestine.
ÇA SUFFIT !
Crimes de guerres, crimes contre l'humanité, crime d'apartheid, crime de génocide : il faut arrêter Israël !
LE GÉNOCIDE DU PEUPLE PALESTINIEN DOIT PRENDRE FIN !
L'AFPS appelle à réagir partout en France et sera présente dans les rassemblements unitaires ce mardi 18 mars
Liberté, justice et paix pour le peuple palestinien !
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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 16:00
Présence sur X, situation en Palestine, relation avec l'Algérie: intervention d'Ismaël Dupont au conseil national du PCF ce samedi 15 mars
Mon intervention au Conseil National du PCF samedi 15 mars 2025, dans l'échange du matin suite au rapport de Fabien Roussel sur la situation internationale.
 
Ismaël Dupont (fédé du Finistère):
 
Le débat est intéressant et je partage notamment le contenu des propos d'Ozer, de Hoël, de Nathalie, Amar et Cécile.
Je voudrais soulever trois points dans mon intervention.
Pour le premier, je me fais le porte-voix d'un camarade du Finistère qui interroge le sens de la présence du parti et de ses porte-paroles et militants sur le réseau social X détenu par le milliardaire d'extrême-droite Elon Musk, principal soutien de Trump. Je n'ai pas de réponse définitive et catégorique à la question mais il faut se la poser: Peut-on combattre l'extrême-droite en s'exprimant sur les médias de l'ennemi? Est-ce nous qui les utilisons ou eux qui nous utilisent? Ne les légitime t-on pas en même temps qu'on espère progresser dans le rapport de force politique en s'exprimant dessus parce qu'ils sont suivis? Cela vaut aussi pour interroger notre expression dans les médias de Bolloré ou d'autres milliardaires d'extrême-droite.
 
Le deuxième point concerne le projet de déclaration du PCF sur la situation internationale. Je suis en accord avec celle-ci globalement mais je trouve qu'on ne va pas assez fort, qu'on ne laisse pas assez de place, qu'on ne va pas assez loin, à la hauteur de ce qui se passe actuellement, sur l'écrasement des aspirations nationales et du droit à l'existence du peuple palestinien.
 
Pourquoi ne dénonçons-nous pas clairement le projet israélien d'annexion de la Cisjordanie? On a assisté il y a quelques jours à l'évacuation complète en quelques heures, sous la menace de la mort, de 40 000 réfugiés dans 3 camps de réfugiés à Tulkarem, Nur Shams, Jénine, pour que l'armée israélienne puisse détruire à son aise les infrastructures et les maisons, une fois de plus, le but étant de briser la résistance morale de la jeunesse palestinienne et de rendre la vie dans les camps de réfugiés et en Cisjordanie proprement invivable. Demain ce sera probablement Jalazone, Balata, El Arroub, ou d'autres camps de réfugiés avec lesquels nos communes françaises ont des jumelages, des partenariats de solidarité, souvent initiés par l'AJPF et des élus communistes ou progressistes. Et on en parle pas. Depuis octobre 2023, en dehors des dizaines de milliers de morts à Gaza et de la destruction complète de l'enclave palestinienne, c'est près d'un millier de jeunes qui ont été tués en Cisjordanie, majoritairement dans les camps de réfugiés. Le nettoyage ethnique de la Palestine, c'est aussi l'expulsion des bédouins de Cisjordanie, dans la vallée du Jourdain et au sud d'Hébron. C'est la torture systématisée et documentée contre les prisonniers politiques palestiniens, détenus arbitraires et sans procès équitable le plus souvent. C'est l'hallucinant projet de l'administration américaine qui après avoir détruit Gaza en livrant en continu ses armes de mort à Netanyahou ambitionne de transformer Gaza en Riviera de la Méditerranée orientale, avec il y a deux jours une proposition abjecte faite à des pays africains pour déporter la population palestinienne de Gaza au Soudan ou en Somalie. Dans ce contexte, il y a une vraie nécessité d'élever la voix, de soutenir la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanction contre Israël et son gouvernement de criminels de guerre et l'objectif d'arrestation et de jugement par la Cour Pénale Internationale de Netanyahou et de son état-major génocidaire.
 
Enfin, un troisième point. Dans le texte de déclaration il manque, je pense, et je rejoins ce qui a été dit sur la Françafrique battue en brèche, et il n'y a pas à le regretter, une référence à nos liens à restaurer avec les pays francophones, anciens peuples colonisés. Il faut retrouver une ambition forte pour la francophonie, des partenariats et des coopérations, la restauration de liens culturels et politiques, d'échanges universitaires, d'accès facilité au territoire, notamment avec les pays d'Afrique, et notamment avec l'Algérie. Nous devons dénoncer l'hystérie anti-algérienne portée par la droite, le gouvernement, et l'extrême-droite, comme l'a fait Ian Brossat dans un bon discours au Sénat, la menace de remise en cause des accords de 1968, ce discours de phobie de l'Algérie et des Algériens qui renvoie au refoulé colonial, au passé des crimes coloniaux qu'une partie de la société française ne veut pas voir en face. Nous avons une histoire singulière avec l'Algérie, plus grand pays francophone d'Afrique, un pays voisin, et des millions de citoyens qui ont une double origine et appartenance entre notre pays et l'Algérie... Nous ne pouvons laisser le conflit s'installer et se renforcer durablement entre nos deux pays.
 
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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 07:00
Histoire d'Algérie: comment, sortis de leurs bagnes, les députés communistes reprenaient le travail de formation des militants en Algérie pendant la seconde guerre mondiale (Henri Alleg, Mémoire algérienne)

Des députés communistes combattants de l'idéal révolutionnaire pendant l'occupation et la seconde guerre mondiale. Lu dans "Mémoire algérienne" de Henri Alleg (stock 2005): 

" en février 1943, vingt-sept députés communistes français parmi ceux qui avaient été déchus de leurs mandats, puis déportés en Algérie et emprisonnés au bagne de Maison-Carrée après leur procès tenu à huis-clos en mars 1940, étaient libérés les premiers et je fis connaissance avec eux. Des centaines d'autres militants ne verront les portes des camps de concentration s'ouvrir pour eux que des semaines plus tard. Au début juillet, un des porte-parole des vingt-sept, François Billoux, député de Marseille, dans un article de "Liberté", le journal qu'ils lancèrent alors (qui deviendra l'organe officiel du parti communiste algérien), rappelait tous les efforts qu'ils avaient dû déployer pour arracher aux geôles et aux camps tous les prisonniers et internés français et algériens... Ce n'est que huit mois après le débarquement que le dernier prisonnier sera libéré et que tous les clandestins pourront enfin se montrer à visage découvert. " Quelques mois plus tard, le groupe de députés communistes français libérés de Maison-Carrée décident d'organiser avec une dizaine de militants une école clandestine des cadres du parti communiste en Algérie dans un appartement modeste au rez-de-chaussée d'un immeuble assez vétuste d'Hussen-Dey dans la banlieue est d'Alger. Henri Alleg, engagé dans l'action clandestine de résistance du parti communiste en Algérie sous Vichy, participe à cette école des cadres: "Nos professeurs étaient choisis parmi les députés libérés. Il aurait été bien difficile d'en trouver de meilleurs. C'étaient des hommes qui avaient déjà de longues années d'expérience militants derrière eux, des connaissances solides de la théorie marxiste et de l'histoire du mouvement ouvrier international. L'un d'eux, Étienne Fajon, que je devais retrouver des années plus tard comme directeur de L’Humanité, avait été responsable de l'éducation à l'échelon national du PCF et avait dirigé beaucoup d'écoles et de stages. Il accordait une importance primordiale à l'étude de la théorie pour la formation des militants révolutionnaires et, de son premier métier d'instituteur, il avait conservé aussi la passion d'enseigner. Quelle que fût la difficulté du sujet, il savait le traiter aussi rigoureusement et clairement que possible, sans jamais oublier le niveau d'instruction de chacun de ses élèves dont certains ne maîtrisaient pas complètement la langue française. Un ancien ouvrier metallo, André Parinaud, lui servait d'adjoint. Il avait été interné au camp de concentration de Bossuet, au sud de Sidi Bel Abbes, en Oranie, puis s'en était évadé sur décision de la direction communiste du camp. Parinaud était ce type d'homme que formaient à cette époque les partis communistes et que je n'avais pas encore rencontrés. Des militants issus des milieux ouvriers, plongés depuis des années dans la lutte quotidienne en même temps que portés par un profond idéal. Surprenants autodidactes, ils s'enrichissent constamment de nouvelles connaissances historiques, économiques et politiques mais aussi de la fréquentation d'auteurs anciens et modernes, convaincus qu'on ne saurait être un véritable communiste sans s'efforcer d'apprendre encore et toujours. La durée de l'école était courte - deux semaines drôlement - et les termes "stage de formation accélérée" auraient sans doute mieux convenu. Elle avait surtout pour objet de "nous apprendre à apprendre" et, en un sens, ce fut pour moi une extraordinaire révélation... Les discussions passionnées qui naissaient entre les "élèves" et les "profs" aiguisaient un extraordinaire désir d'en savoir toujours davantage et confirmaient le sentiment exaltant que, de révolte anarchisant que j'étais encore, j'apprenais à devenir un révolutionnaire conscient en mesure de prendre sa place dans le grand combat des hommes pour "changer le monde". 

Henri Alleg, Mémoire algérienne (Stock, 2005 - p. 84 à 86)

 

A lire:

Histoires d'Algérie : Blanche et André Moine, militants communistes du PCA pendant la guerre d'Algérie

La grande aventure d'Alger Républicain, par Henri Alleg, Abdelhamid Benzine, Boualem Khalfa

Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale et les travaux pionniers de Pierre-Jean-Le Foll-Luciani - par Malika Rahal) 

D'une guerre civile à l'autre... - La guerre civile en France (1858-1962) par l'historien américain Grey Anderson (La Fabrique, 2018)

Témoignage - L'itinéraire de Michel Tanguy, instituteur morlaisien communiste en Algérie pendant la guerre d'Algérie

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

Histoires d'Algérie: Djamila Boupacha, militante FLN défendue par Gisèle Halimi et dont Picasso fit une icône de la lutte des Algériens

Communist'Art: Anne Greki, poétesse algérienne (1931-1966)

Histoires d'Algérie: Colette Grégoire dite Anna Greki, poétesse, communiste, militante de l'indépendance: l'amour et la rage au coeur

Histoires d'Algérie - Fernand Iveton: militant communiste algérien décapité pour l'exemple en février 1957

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

A Khenchela, les colonialistes ont arrêté un instituteur français à titre d'otage - Marie Perrot, L'Humanité, 11 novembre 1954

Histoires d'Algérie - "Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien" (PUR, 2012)

Histoires d'Algérie - La militante du PCA Gaby Gimenez, arrêtée et torturée par Vichy puis pendant la guerre d'Algérie

Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran

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