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5 novembre 2024 2 05 /11 /novembre /2024 16:19

 

Le 2 novembre dernier, sur un plateau de télévision de la chaîne CNews, sans que quiconque, au nom des faits eux-mêmes, ait eu l’idée de lui porter la contradiction, Michel Onfray vient de tenir des propos aussi gravement injurieux qu’absolument infondés à l’égard du Parti Communiste Français et de la CGT : les syndicalistes cheminots et la « gauche de la SNCF » auraient été d’une passivité servile devant les injonctions de l’Occupant et des collaborateurs, exécutant tranquillement les ordres de mort qui leur étaient donnés.

M. Onfray a-t-il pris la peine de se renseigner quelques minutes avant de parler ? Il aurait appris que Pierre Semard, ancien secrétaire général du PCF et dirigeant, en 1939, de la fédération CGT des cheminots, a été fusillé en 1942 à la demande des nazis et élevé en 1949, malgré la guerre froide, au rang de lieutenant-colonel de la Résistance. Loin d’être un cas isolé, Semard est au contraire le symbole d’une profession qui, bien plus que toutes les autres, s’est engagée dans la Résistance. Les cheminots ont payé de leur sang leur engagement. Près de 9 000 ont péri dans des actes de résistance, 16 000 ont été blessés. 2 500 ont été déportés, dont 1 300 dans les camps nazis. 244 sont « morts au combat ». 112 d’entre eux ont été tués durant la Libération, ainsi que 87 cheminots résistants engagés à la Libération dans la nouvelle armée républicaine.

Les historiens ont montré que la Résistance cheminote a en effet été si large qu’elle a débordé le cadre des seuls cheminots syndiqués et communistes, mais c’est là où la CGT et le PCF étaient les plus forts que la Résistance fut la plus marquée. La seule démonstration que fait Michel Onfray en tenant de pareils propos, c’est sa volonté de réécrire l’Histoire.

Nous ne tolérerons jamais que soient ainsi effacés et niés ces hommes et ces femmes qui prirent tous les risques pour notre liberté, non sans en payer le prix le plus terrible. La liberté d’expression n’implique pas celle de diffamer.

Parti communiste français & Fédération CGT des cheminots

Le 4 novembre 2024. 

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4 novembre 2024 1 04 /11 /novembre /2024 13:50
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2 novembre 2024 6 02 /11 /novembre /2024 16:28
Cérémonie d'hommage aux Tirailleurs sénégalais passés par Morlaix et aux victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944 - 1er novembre 2024 à Morlaix
Cérémonie d'hommage aux Tirailleurs sénégalais passés par Morlaix et aux victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944 - 1er novembre 2024 à Morlaix
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Cérémonie d'hommage aux Tirailleurs sénégalais passés par Morlaix et aux victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944 - 1er novembre 2024 à Morlaix

Très belles cérémonies du souvenir du passage des 2000 tirailleurs sénégalais à Morlaix du 26 octobre à mi novembre 1944 et d'hommage aux victimes de Thiaroye du 1er décembre 1944. A l'ancienne corderie de la Madeleine, désormais bar des deux rivières avec la plaque commémorative de Sylvie Bozoc, où étaient cantonnés les 300 tirailleurs sénégalais révoltés du non paiement des primes ayant refusé d'embarquer sur le Circassia le 5 novembre et sur le square de la résistance de la place René Cassin. Les autres ont continué à revendiquer leurs droits sur le Circassia et à Thiaroye près de Dakar, ce qui leur a valu une répression coloniale expéditive avec le massacre de Thiaroye et des condamnations de la justice militaire. La ville de Morlaix a rendu hommage à ces tirailleurs africains avec des lectures de jeunes (lecture d'un tirailleur prisonnier de guerre à sa marraine de guerre morlaisienne par Alice, lecture d'un poème de Léopold Sedar Senghor par Victor), du maire Jean-Paul Vermot, de Anne Cousin, de M.Thierno Ibrahim Gueye de la fédération des associations des descendants des tirailleurs sénégalais de l'Afrique, de Bachir Sy directeur du festival Thiaroye 44 et représentant du maire de Thiaroye, absent pour raison de santé, et d'Ismaël Dupont en tant que conseiller départemental présent avec Gaëlle Zaneguy à tout ces moments d'hommage. L'historien de la colonisation Gilles Manceron, de la direction de la ligue des droits de l'homme, a ensuite contextualise le massacre de Thiaroye dans le contexte colonial français pour accompagner les deux expositions présentées en mairie de Morlaix.

***

Photos Jean-Luc Le Calvez, Patrick Gambache, Ismaël Dupont

 

Intervention d'hommage aux tirailleurs sénégalais passés par Morlaix et victimes pour certains du massacre colonial de Thiaroye Place René Cassin, square de la Résistance, Morlaix - 1er novembre 2024,

« Je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France. »

Les mots du poète Léopold Sedar Senghor dans son « Poème liminaire » lu par Victor sur les Tirailleurs sénégalais, ses compagnons d’arme et de captivité, résonnent encore aujourd’hui comme un programme.

Rendre hommage au passage des Tirailleurs sénégalais à Morlaix, ces 2000 soldats africains de l’Afrique Occidentale Française, l’AOF, venus de pays qui sont aujourd’hui le Sénégal, le Mali, le Niger, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et rappeler le souvenir du massacre colonial pour l’exemple qui attendait certains d’entre eux le 1er décembre au camp de Thiaroye, près de Dakar, et le faire avec nos amis sénégalais et des associations comme la Ligue des Droits de l’Homme, engagées pour l’amitié entre les peuples, les droits de l’homme, le refus du racisme, n’a rien d’innocent ni de banal.

C’est un acte d’engagement fort de la part de la ville de Morlaix et de notre communauté, un engagement contre l’amnésie, contre ces oublis volontaires, occultations et dénaturations du passé qui favorisent la répétition des mêmes drames, des mêmes souffrances, des mêmes erreurs, des mêmes fautes.

Un engagement pour l’amitié et la compréhension réciproque avec nos frères d’Afrique et du Sénégal avec lesquels nous partageons une histoire commune qui a sa part de beauté et de fécondité, d’enrichissements réciproques, mais qui est surtout marquée par l’iniquité et les violences de l’esclavage et du colonialisme, du paternalisme et du sentiment de supériorité qui les ont accompagnés.

Ces tirailleurs africains ont été massacrés, fauchés par des auto-mitrailleuses et les fusils de leurs pairs sur la froide décision préméditée de leurs propres officiers, les généraux nourris à la culture coloniale Marcel Dagnan et Yves de Boisboissel, commandant supérieur des troupes de l’AOF, un massacre colonial à Thiaroye au Sénégal qui annonce ceux de Sétif en Algérie 6 mois plus tard en mai 1945 et ceux de Madagascar en 1947.

Je suis de ceux qui comme le philosophe Vladimir Jankélevitch, considère que se souvenir et commémorer est un acte moral et, plus encore qu'un devoir, une exigence infinie. « L’oubli serait une injustice absolue »… Ce serait permettre de les tuer deux fois.

La mémoire est quelque chose qui nous incombe, quelque chose qui doit se perpétuer aussi par l’éducation, la transmission des connaissances et des expériences, mais aussi des valeurs, car notre responsabilité n’est pas simplement vis-à-vis des hommes du passé dont il ne faut pas oublier les sacrifices, l’héroïsme, les souffrances et les injustices qu’ils ont endurées pour notre liberté, mais aussi vis à vis de l’avenir et des générations nouvelles, à qui nous ne voulons pas léguer un monde marqué par la guerre, la haine, l’intolérance, l’intolérance, le refus de la solidarité et de la reconnaissance d’une universalité réelle de l’humanité qui exige de la fraternité et de l’entraide.

C’est donc ce que nous faisons aujourd’hui, et il faut remercier ceux qui nous ont permis de le faire.

D’abord les Sénégalais et les Africains descendants de tirailleurs qui ont entretenu cette mémoire héroïque et traumatique tout à la fois.

C’est Léopold Sédar Senghor, le poète et militant de la cause des colonisés avec Aimé Césaire, devenu chef d’État, c’est plus récemment Marcel Christophe Colomb Maléane, l’artiste qui a réalisé la magnifique fresque des Tirailleurs tombés en martyrs à Thiaroye dont une replique sur toile a été offerte à Anne Cousin par l’artiste, puis au musée de Morlaix par Anne Cousin.

C’est localement Anne Cousin qui a fait un beau travail de recherche et de d’engagement de la mémoire aussi pour faire connaître cet épisode oublié des liens entre les morlaisiens et les tirailleurs sénégalais, et le passage des tirailleurs à Morlaix. C’est la LDH qui l’a accompagné et qui a permis de réaliser cette semaine de commémoration comme la mairie de Morlaix.

140.000 « tirailleurs sénégalais » étaient mobilisés en 1940, dont 40.000 engagés dans les combats en métropole. Ce sont ces soldats africains qui vont payer le plus lourd tribut de sang dans les combats extrêmement violents de l'été 1940 : 17.000 d'entre eux vont mourir pour défendre le territoire français. Cela représente 38% des mobilisés africains combattant en France. C’est dire s’ils ont été exposés au feu et si les combats de mai-juin 40 n’étaient pas une partie de plaisir pour les soldats de l’armée française.

Sur les 70 000 soldats des Forces Françaises Libres, celles qui ont débarqué en Italie, en Corse et en Provence, 30 000 soldats sur étaient des tirailleurs africains en 1944.

Au total, on estime que 200 000 Africains participèrent à la guerre au côté de la France et pour la défense de son territoire et de sa liberté entre 1940 et 1944, et entre les deux dans les combats en Afrique, et 20 000 à 25 000 soldats africains environ y perdirent leur vie, soit 10 % d’entre eux. 200 000 histoires qui mériteraient d’être racontées.

A l’automne 1944, la guerre n’est pas terminée et le territoire français pas encore libéré – Morlaix l’est le 8 août, il y a 80 ans - quand les autorités décident de rapatrier les tirailleurs africains et de « blanchir l’armée » qui ira libérer l’Alsace et l’Allemagne de l’emprise du Nazisme, des tirailleurs africains démobilisés en tant que combattants tout récents, engagés notamment dans le débarquement de Provence en août 1944 et la libération du territoire national, ou en tant qu’ex prisonniers de guerre maintenus en France par volonté du vainqueur nazi qui craignait qu’une présence africaine ne contamine son territoire, tout à ses délires racistes de pureté.

Plus de 100 000 tirailleurs africains sont démobilisés en France, dont beaucoup de prisonniers de guerre qui ont passé leur 4 ans de captivité dans des conditions très difficiles sur le territoire national, ce que raconte très bien la bande dessinée de Kris et Fournier « Plus près de toi ». Les soldats arrivés en 1944 pour libérer la France sont remplacés par 50 000 FFI issus de la Résistance Intérieure qui s’intègrent à l’armée régulière. De Gaulle pensaient sans doute mieux les contrôler. Et l’armée américaine ne voulaient peut-être non plus pas trop d’africains dans l’armée française engagée en Allemagne. Rappelons que la présence des tirailleurs africains dans l’armée d’occupation de la Rhur et de la Sarre au début des années 20 avait été un motif de propagande pour les nationalistes allemands à l’international, non dénué de présupposés racistes.

Un navire britannique, le Circassia, est affrété pour ramener à Dakar des tirailleurs venus des centres de transit des troupes indigènes coloniales, et réunis à Morlaix, pour être embarqués. On est tout début novembre. Le port de Morlaix est choisi pour acheminer ces 2000 hommes pour un départ prévu le 4 novembre 1944.

2000 tirailleurs sénégalais arrivent donc à partir du 26 octobre à Morlaix, venus de La Flèche, Versailles, Rennes, Coetquidan, Cholet. On a prévu de les loger dans un cantonnement rue de Callac et dans la corderie de la Madeleine, au-dessus du cimetière Saint Charles et de la place Saint Nicolas. Les autorités militaires ont formellement défendu aux familles françaises d'héberger les troupes, mais « cette consigne ne sera pas respectée car les Morlaisiens vont vite constater que certains d'entre eux sont mal nourris et malades. Des familles vont leur donner alimentation et médicaments, prêter leurs cuisines, les héberger, les accueillir chaleureusement » ( Retour tragique des troupes coloniales, p. 39).

Ma mamie, Nicole Bévout, née Livolant, qui habitait avec sa famille à côté du terrain militaire de la Madeleine et des réservoirs, aujourd’hui Pors ar Bayec, fut du nombre avec sa maman. Et elle me l’a raconté. Les Africains mangent souvent la soupe le soir dans les familles, ils jouent avec les enfants, sont soignés et on leur permet même souvent de se reposer au chaud sur des vrais matelas dans les maisons du quartier populaire de la Madeleine. Certains d'entre eux fraternisent avec la population morlaisienne et correspondront avec des familles pendant des semaines, mais beaucoup aussi sont excédés par les épreuves endurées pendant leur captivité sous surveillance française et l'ingratitude de la France. Surtout, ils craignent de se faire rouler comme les soldats africains de la première guerre mondiale, revenus au pays après tant de sacrifices sans soldes ni pensions d'anciens combattants.

Anne Cousin raconte cet épisode dans son livre mais aussi l’excellente BD de Kris et Fournier « Plus près de toi », dans une des dernières pages de son deuxième volume. Et également l’historien Martin Moore dans l’adaptation de sa thèse Thiaroye 1944. Histoire et mémoire d’un massacre colonial, publiée aux Presses universitaires de Rennes, Martin Moure, Anne Cousin, Kris, que j’avais eu plaisir à côtoyer et inviter dans mon collège en 2017, à deux pas du Bar des Deux Rivières, l’ancienne corderie de la Madeleine où ont été détenus après s’être révoltés.

Avant le départ prévu le 4 novembre, les tensions et les inquiétudes s'exacerbent parmi les tirailleurs sénégalais et des incidents éclatent. Ce qui allume la mèche est le constat d'une inégalité de traitement entre les anciens prisonniers venant de Versailles, qui ont reçu des rappels de solde de 7000 anciens francs alors que les soldats africains d'autres centres de regroupement ont perçu seulement 2200 francs.

Le 28 octobre, un capitaine venu du Mans à Morlaix pour régler le rappel de solde est séquestré quelques instants par les sénégalais et doit se justifier sur ces déséquilibres constatés. Il peine à convaincre que ceux qui ont reçu moins de rappels de soldes seront payés à leur arrivée à Dakar. Finalement, à l'aube du 5 novembre, 300 hommes refusent d'embarquer sur le Circassia.

Pendant 6 jours, les Tirailleurs Sénégalais sont cantonnés dans la Corderie de la Madeleine (le bar des deux rivières place de la Madeleine aujourd’hui) jusqu'à ce que 100 gendarmes surarmés les réveillent brutalement à 6heures du matin le 11 novembre, les obligeant à sortir dans le froid, puis à revenir dans le bâtiment pour fouiller leurs bagages dans le noir, avant de les obliger d'acheminer tous leurs bagages à pied jusqu'à la gare de Morlaix, distante de 1,5km. Les Sénégalais se révoltent contre ce traitement brutal qui revient à les traiter comme des criminels et des coups de poings, des coups de crosse et des coups de feu sont échangés, faisant 8 blessés sérieux, dont un gendarme.

Dans l'édition du 18 au 25 novembre de l'hebdomadaire de tendance républicaine socialiste avec des sympathies communistes qui reparaît localement, L'Aurore, on s'émeut et s'indigne de la brutalité de l'armée vis à vis de ses Africains qui l'ont servi avec loyauté et qui ont tant sacrifié pour elle:

Le journal L'aurore titre: « 11 novembre sanglant à Morlaix: cent gendarmes tirent sur des Sénégalais désarmés (…). Deux mille Sénégalais récemment délivrés de camps de concentration et groupés à Morlaix attendaient depuis quelques jours leur départ pour l'Afrique. Après plus de quatre ans de captivité, leur arriéré de solde était très important, aussi en attendaient-ils le paiement avec fébrilité. Les 300 tirailleurs sénégalais indignés ayant refusé leur embarquement vont donc parvenir au camp de Trévé près de Loudeac dans les Côtes d'Armor (Côtes du Nord à l'époque) le 11 novembre 1944, et ils vont rester encore en rétention jusqu'au 18 janvier 1945, avant d'être transférés à Guingamp.

Pendant ce temps, leurs compagnons tirailleurs sénégalais sont embarqués pour Dakar et un climat d'agitation règne sur le bateau, puisqu'à chaque escale – Plymouth, Cardiff, Casablanca- les soldats demandent à ce qu'on leur paye leurs arriérés de soldes, tandis qu'on leur répond invariabalement qu'il n'y a pas assez de liquidités sur le moment dans les caisses et que leur réglera ce qu'on leur doit un peu plus tard. A Casablanca, pour calmer un peu le climat, on oblige 400 tirailleurs à débarquer.

Quand le Circassia arrive à Dakar le 21 novembre, les 1200 ex-prisonniers sont directement transférés au camp de transit de Thiaroye, ville proche de la capitale sénégalaise, avant de pouvoir regagner leurs pays d'origine. Là-bas, les tirailleurs sont très inquiets, craignant qu'on les disperse avant de leur verser leur dû, auquel ils devraient finalement renconcer, roulés dans la farine par une armée menteuse et manipulatrice comme la génération passée en 1918. A l'arrivée des tirailleurs à Thiaroye, le gouverneur général de l'Afrique Occidentale Française envoie un télégramme au ministère des colonies à Paris disant qu'il y a urgence à satisfaire les légitimes réclamations des soldats démobilisés en disant sinon qu' « il n'est pas impossible que incidents graves se produisent malgrés précautions prises... ».

C'est pourtant ce qui arrive. Ne voyant pas venir leur solde alors qu'on leur demande maintenant de reprendre le train en partance pour Bamako au Mali, 500 tirailleurs refusent de prendre le train et retiennent le général Dagnan, commandant la division Sénégal-Mauritanie pendant une heure dans sa voiture.

Le 1er décembre, entre 35 et 70 hommes selon les estimations les plus basses sont tués à la mitrailleuse à Thiaroye. Ils s’appelaient Saliou, Amar, Dayo, Amadou, Mao, Fara, Sikosio, Ibrahima N’Diaye, N’gour N’gour, Niadé Duazai, Sadiou Sène, M’Bap Senghor, et bien d’autres dont les identités ont été enfouies, cachées comme leurs corps. Ils avaient risqué leur vie et sacrifié des années de leur vie pour la défense de la France.

Plusieurs autres ont été condamnés de manière expéditive par la justice militaire dans un procès à charge à 10 ans d’emprisonnement. Leur crime : avoir réclamé leurs droits.

Des tirailleurs sénégalais passés par Morlaix et aussi très probablement, pour la petite histoire, des compagnons d’armes de mon grand-père maternel, paysan breton de Loire-Inférieure, Raymond Dupont, qui avait été en tant qu’appelé puis rappelé plusieurs années sergent-chef dans un régiment de tirailleurs sénégalais, d’abord à garder des républicains espagnols sur les plages des Pyrénées orientales à Argelès sur Mer dans des camps de concentration qui ressembleront sensiblement au sort réservé aux tirailleurs sénégalais fait prisonniers en France, gardés par la gendarmerie française, de 40 à 44, puis dans la drôle de guerre et la vraie guerre en mai-juin 1940, Raymond Dupont étant fait captif à Mirecourt dans les Vosges, en même temps que ses compagnons d’armes tirailleurs sénégalais, notamment Antoine Abibou et Doudou Diallo, mais envoyé en stalag de prisonnier de guerre en Allemagne, quand les tirailleurs africains sont eux envoyés prisonniers en France.

C’est pourquoi nous faisons aujourd’hui avec autant d’émotion cet hommage aux tirailleurs sénégalais, réparation d’un oubli et d’une injustice, signe de l’amitié et de la reconnaissance que nous leur portons, ainsi qu’à leurs descendants.

Ismaël Dupont, conseiller départemental du Canton de Morlaix, avec Gaëlle Zaneguy

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31 octobre 2024 4 31 /10 /octobre /2024 05:30

 

 

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27 octobre 2024 7 27 /10 /octobre /2024 07:55
Triste nouvelle: décès de notre camarade Yvette Le Bras, secrétaire de la section PCF de Roscoff
En ce jour, 26 octobre 2024, nous avons appris une triste nouvelle: le décès de notre camarade de Roscoff Yvette Le Bars, secrétaire de la section PCF de Roscoff et membre du Conseil Départemental du PCF dans le Finistère pendant plusieurs années.
Son départ nous peine.
Yvette était une institutrice de l'école publique originaire de Landerneau.
Elle a découvert toute petite le combat à gauche sur les épaules de son papa pendant les manifs du Front Populaire, alors que son papa enseignait lui-même la gymnastique, la musique, la géographie, sur un poste dans le secondaire à Sizun.
Un peu comme dans la photo de la jeune fille perchée sur les épaules de son papa avec son bonnet phrygien faite par Willy Ronis pendant le Front Populaire à Paris (une photo au format affiche qui était encadrée dans le salon d'Yvette et René).
 
A Sizun, jeune instit, Yvette était lectrice de Ouest-Matin, le journal régional communiste.
 
C'est comme ça qu'elle a rencontré son futur mari René, instit lui aussi, en 1955, quand René n'a pas pu acheter son journal le matin parce qu'une jeune institutrice l'avait devancé et que le commerçant lui a désignée la « camarade » inconnue jusqu'ici.
 
René, le grand amour et camarade d'Yvette, avait adhéré au Parti Communiste à la fin de la guerre d'Indochine alors qu'il préparait le bac Mat Elem à l'école Normale de Rennes. Il collait alors des affiches contre la guerre, protestait contre l'interdiction du journal communiste breton Ouest-Matin en diffusant l'Huma. Il venait de Goulien, dans le cap Sizun, près d'Audierne.
René et Yvette se sont mariés en 1956 et ont formé depuis un couple uni et complice.
Puis René a dû faire son service militaire. On lui a dit tout de suite de se tenir à carreau car son « dossier (de communiste) était marqué en rouge ». Il a dû partir en Algérie malgré des problèmes de santé et a contracté l’hépatite suite à des conditions de vaccination douteuses.
De retour d'Algérie, il avait perdu son poste à Sizun et René et Yvette ont dû partir pour Roscoff qui n'était pas alors une destination de rêve : petite école, logement de fonction délabré.
Depuis 1959, ils y vivent et se sont forgés tout un réseau de sociabilité et d'amitié.
René a été très investi à l'Amicale Laïque, à la Section du Parti Communiste, au SNI (syndicat national des instituteurs). Il a enseigné en cours élémentaire, en CP, en cours moyen, est devenu directeur d'école, a organisé des échanges avec l'Angleterre pour les enfants, et aussi des semaines de sports d'hiver, participait aux sorties voile, aux kermesses...
Même s'il était bien investi au niveau du Parti, sa fonction d'instituteur l'a bloqué pendant longtemps pour rentrer au Comité fédéral car il y avait déjà trop d'instituteurs, et qu'il fallait une diversité sociologique. Du coup, il servait de chauffeur Dédé Moat, la documentaliste de Perharidy, un puits de science, pour ces comités fédéraux.
René et Yvette Le Bars n'ont finalement intégré le comité fédéral que sur le tard sur proposition de Robert Doré, notre camarade du PCF Morlaix décédé au début des années 2010, au début des années 2000.
Yvette Le Bars a été candidate suppléante avec Ismaël Dupont aux cantonales de 2011 pour le PCF et le Front de Gauche sur le canton de Saint-Pol-de-Léon, une campagne menée avec beaucoup de plaisir, avec Yvette et René, et tous les copains de la section de Roscoff, modeste en nombre d'adhérents mais très chaleureuse. Le résultat avait été intéressant, notamment à Roscoff (6,56%) et à l'île de Batz (+10,71%).
 
La fédération du Finistère du Parti communiste remercie Yvette pour son engagement de 70 ans au service des idéaux de justice sociale et d'abolition des privilèges et de la pauvreté, d'égalité des droits et de défense des services publics du Parti communiste.
 
Nous la remercions pour son dévouement à faire vivre la section de Roscoff en organisant les réunions de section dans son salon, avec toujours le sens de l'accueil et de la générosité humaine, à 80 ans passés.
Yvette était une personne droite, dévouée, une militante communiste exemplaire. Et nous l'avons beaucoup appréciée.
 
Elle est décédée à l'âge de 92 ans, après avoir dû rentrer plusieurs années en EHPAD.
 
Elle et son mari René LE BARS (décédé en juin 2016) étaient des militants communistes infatigables dans le Léon et sur Roscoff.
I
ls étaient aussi des militants défenseurs de l’école Laïque.
 
Au nom de la fédération du Finistère et au nom de la section du Pays de Morlaix, englobant désormais les cellules de Roscoff et Lanmeur, Ismaël Dupont et Daniel Ravasio présentent leurs sincères condoléances à sa famille et à ses amis.
 
Un hommage sera rendu à Yvette Le Bars le lundi 28 Octobre à 14 h au cimetière de Roscoff.
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27 octobre 2024 7 27 /10 /octobre /2024 07:49
Urgence solidarité Liban: faites un don pour les réfugiés de Doha El Hoss avec le PCF Finistère
Avec le PCF Finistère engagez-vous pour venir en aide avec les réfugiés de guerre du Liban et les déplacés qui affluent dans la ville de Doha el Hoss au sud de Beyrouth. 2500 euros ont déjà été envoyés par la fédération PCF Finistère via Gladys Grelaud à son amie Charlène qui participe à l'organisation de l'aide aux déplacés sur place avec son mari. Cet argent a servi quotidiennement depuis 3 semaines à acheter des vivres pour des repas collectifs, des kits alimentaires de survie, des kits cuisine, des matelas. Dans un pays déjà sinistré par l'effondrement de son économie après les explosions du port de Beyrouth, la nouvelle agression d'Israël est une véritable catastrophe qui a produit déjà près de 1,5 millions de réfugiés. Les réfugiés qui arrivent à Doha el Hoss par dizaines de milliers ont souvent tout perdu, leurs maisons, leurs appartements, leurs biens, dans les bombardements israéliens, ou quittent le sud et des quartiers de Beyrouth intensément bombardes par les israéliens avec les armes americaines pour sauver leurs vies. Vous pouvez les aider en faisant un don pour les déplacés du Liban de Doha el Hoss à l'ordre de l'ADF PCF 29 à envoyer à la fédération PCF du Finistère - 5 rue Henri Moreau - 29 200 Brest. Ou bien en faisant un don par internet via le pot commun. Les besoins sont immenses : les libanais victimes de l'impérialisme et de la barbarie de leur voisin ont besoin de notre solidarité. https://www.lepotcommun.fr/pot/4rodnv8j
Pour un don en ligne
 
Voici le témoignage de Charlène la semaine dernière:
 

« Alors que vous n’en entendez probablement parler que sporadiquement, l’agression israélienne s’intensifie de manière continue au Liban. Pas un jour sans que le Sud, la Bekaa et Dahiye ne soient frappés. Et d’autres zones le sont également : comme à Gaza, ce sont maintenant des banques non alignées, les alentours des hôpitaux qui soit disant abriteraient des réserves financières du Hezbollah.

Tous les prétextes sont bons à défaut de vraies cibles !

Des zones civiles également, sous les mêmes prétextes fallacieux, et des points vitaux handicapant la population, comme par exemple hier soir un petit port de pêcheurs (à moins de 5km à vol d’oiseau de notre petite commune).

Les convois d’aides humanitaires (matelas, médicaments, nourriture, …) en provenance par la route de Syrie et d’Irak ont aussi été visés. Aujourd’hui s’ajoutent donc aux défis initiaux la demande croissante (davantage de déplacés qui arrivent de ces nouvelles zones dans nos quartiers) et les éléments climatiques liés à l’hiver qui s’installe. On estime le nombre de déplacés à plus de 40.000 personnes dans un rayon de 2 km autour de nous.

Et nous attendons très prochainement les gens qui s’étaient jusque-là repliés vers les plages, et qui ne pourront plus y séjourner encore longtemps. Notre bilan au bout de ces deux semaines est encourageant mais toujours bien en dessous des besoins du terrain.

Nous avons :
- distribué 4.660 matelas, moins de 500 oreillers, idem pour les couvertures
- distribué environ 350 kits hygiéniques (produits vaisselle, javel, …), notamment aux écoles qui connaissent une grande concentration de déplacés ainsi qu’aux familles logées en appartements.
- distribué 280 kits de matériel cuisine (casseroles, ustensiles de base et des ravitaillements d’une semaine afin d’alléger la pression sur nos cuisines) ; notre objectif étant d’autonomiser (près de 300 déjà) de plus en plus de familles afin d’éviter les déplacements et anticiper des conditions sécuritaires localement moins favorables.
- mis en route la seconde cuisine prise en charge pour le fonctionnement par des déplacés eux-mêmes (3équipes) et nous produisons environ 1500 petits déjeuners et 1500 second repas par jour, sauf un jour cette semaine où nous avons manqué de ressources pour compléter le repas, ainsi que pour celui de demain matin (donc nous avons choisi d’assurer le déjeuner uniquement en attendant de faire mieux à l’arrivée de soutien externe).
- organisé par zone la livraison des repas pour minimiser les rassemblements qui en plus d’être de potentielles cibles devenaient également sources de tensions pour nous ainsi que pour les déplacés !
- établi un dispensaire local (soins et distribution de médicaments et distribution de laits/couches pour bébés et enfants en bas âge) et engagé une équipe médicale professionnelle composée de bénévoles.
- construit quelques abris de fortune pour loger des familles.

Aujourd’hui, il y a toujours un manque cruel de matelas et d’oreillers, croissant malgré les approvisionnements du fait de l’afflux des nouveaux déplacés. Et les couvertures chaudes qui font défaut sont à présent une nouvelle urgence médicale (les nuits étant devenues très fraîches, ce qui n’était encore pas le cas il y a quelques jours).
Plusieurs écoles du quartier ont finalement ouvert leurs portes, mais pour autant, de nombreuses familles ne sont encore pas logées, et nous espérons ne pas atteindre le point où nous serions obligés de forcer les portes fermées d’appartements vides dont les propriétaires (absents) sont insensibles à la souffrance de leurs compatriotes ! »

Urgence solidarité Liban: faites un don pour les réfugiés de Doha El Hoss avec le PCF Finistère
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