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8 janvier 2025 3 08 /01 /janvier /2025 05:00
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7 janvier 2025 2 07 /01 /janvier /2025 15:57
Ils étaient Charlie. 10 ans après, toujours debout - éditorial de L'Humanité de Fabien Gay
[Éditorial de l'Humanité du 7 janvier 2025] Toujours debout !
Dix ans déjà. Nous n’avons rien oublié. Cabu, Charb, Tignous, Wolinski, Honoré, Elsa Cayat et leurs collègues ont été assassinés par des terroristes islamistes, porteurs d’un projet obscurantiste et rétrograde. Trois jours d’horreur se sont ensuivis, de Montrouge à Dammartin-en-Goële en passant par le bain de sang visant nos compatriotes juifs à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Nous pensons à chaque victime, à chaque blessé traumatisé par ces événements.
Nos camarades et amis de Charlie Hebdo, dont nombre d’entre eux étaient collaborateurs de l’Humanité et des acteurs assidus de la Fête de l’Humanité, sont morts car ils dessinaient. Depuis des années, avec leur crayon, ils racontaient les vicissitudes de nos vies et de la société, caricaturaient les puissants, la vie politique, les religions. Sous leur plume, le dessin devenait une œuvre d’art pour nous faire rire, nous interroger, nous émouvoir, nous irriter même.
Politiques, subversives et blasphématoires, leurs œuvres pouvaient déplaire, être débattues, c’était d’ailleurs leur but. Rien ne justifie l’assassinat de leurs auteurs. Menacés depuis des années, sous protection policière, ils refusaient de courber l’échine devant les ennemis de la liberté et les fanatiques de la haine et de la réaction. Ce 7 janvier 2015, c’est aussi la République laïque, sociale, universelle, nos valeurs et notre histoire qui ont volontairement été attaquées. Qu’a-t-il été fait depuis ?
Pour combattre les obscurantistes religieux, il est impératif que notre République reste unie, fraternelle et solidaire en commençant par refuser les amalgames. Les terroristes du Bataclan, ceux qui ont décapité Samuel Paty ne doivent en aucun cas être associés à la communauté musulmane. Refusons la haine de l’étranger, de l’arabe et des musulmans, prônée par l’extrême droite, qui partage, en réalité, le même rejet de l’autre que les fondamentalistes religieux.
Depuis dix ans, le niveau du débat public s’est considérablement affaibli, le racisme et la haine de l’autre ont été décomplexés, les vérités alternatives et les désinformations, propulsées par de puissants algorithmes sur les réseaux sociaux. Des médias télévisuels alliés de l’extrême droite s’érigent même en champions de la liberté d’expression dans une inversion incroyable des valeurs. Pour notre part, nous continuons à mener le combat pour le droit à l’information, mais aussi pour la liberté de création artistique et culturelle, éléments moteurs d’un projet émancipateur de société.
L’esprit Charlie est celui de l’art irrévérencieux, il nous incombe de le porter, toujours et encore, en dénonçant ce monde brutal et injuste. Dix ans plus tard, nous sommes toujours debout et nous choisissons le chemin de la paix et de la fraternité humaine.
🖊️ Fabien Gay
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7 janvier 2025 2 07 /01 /janvier /2025 06:44

 

Pour la liberté d'expression, 2015-2025 : Toujours Charlie !
RDV Mercredi 8 janvier 2025 à 19h.
Espace Niemeyer - Place du Colonel Fabien.
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7 janvier 2025 2 07 /01 /janvier /2025 06:27

 

 

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5 janvier 2025 7 05 /01 /janvier /2025 07:56
Activité obligatoire, sanctions, absence de moyens… la réforme du RSA entre en vigueur et inquiète les syndicats et associations (L'Humanité, 2 janvier 2025, Hayet Kechit)
Activité obligatoire, sanctions, absence de moyens… la réforme du RSA entre en vigueur et inquiète les syndicats et associations

Inscription d’office à France Travail, activité obligatoire, sanctions… un bouleversement est en cours pour les allocataires du revenu de solidarité active, avec la mise en œuvre à compter du 1er janvier de la loi plein emploi. Syndicats et associations dénoncent un risque de travail gratuit et une atteinte aux droits humains.

Hayet Kechit - L'Humanité, 2 janvier 2024

La réforme, inscrite dans la loi plein emploi de décembre 2023, expérimentée depuis près de deux ans dans 18 territoires et étendue à 47 nouveaux bassins d’emploi en mars 2024 imposerait en outre, d’ici le mois de juin, selon des modalités qui restent à fixer par décret, la création d’une nouvelle sanction, dite « suspension-remobilisation ».

Jamais à court de jargon technocratique, l’exécutif appelle ça un « accompagnement rénové ». Concrètement, les 1,8 million d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA) sont désormais, depuis le 1er janvier 2025, inscrits d’office à France Travail et tenus, pour une large partie d’entre eux, de s’acquitter d’au moins 15 heures d’activité hebdomadaire, via « un contrat d’engagement ».

La réforme, inscrite dans la loi plein emploi de décembre 2023, expérimentée depuis près de deux ans dans 18 territoires et étendue à 47 nouveaux bassins d’emploi en mars 2024, imposerait en outre, d’ici le mois de juin, selon des modalités qui restent à fixer par décret, la création d’une nouvelle sanction, dite « suspension-remobilisation ». En d’autres termes, les allocataires pourraient se voir couper les vivres, s’ils ne se plient pas à l’obligation de ces quinze heures d’activité.

Rupture avec des principes fondamentaux

Une disposition imposée au forceps lors des débats au Parlement, au mépris des alertes lancées par les élus de gauche, les associations, les syndicats, et la Défenseure des droits, qui dénoncent unanimement une « mesure infantilisante et stigmatisante », en rupture avec les principes fondamentaux au cœur du système français de protection sociale.

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) l’a pour sa part réaffirmé dans une déclaration rendue publique, le 19 décembre 2024, où elle s’insurge contre une mesure jugée « attentatoire aux droits humains ». À savoir : le droit à des « moyens convenables d’existence » prévu dans le préambule de la Constitution de 1946 et le droit à « une insertion sociale et professionnelle librement choisie » inclus dans la charte sociale européenne. L’institution pointe en outre « une relégation inacceptable des droits humains derrière les priorités économiques dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques sociales ».

Des personnes « en mode survie »

Un basculement également dénoncé par la CGT. « Cela n’a aucun sens d’imposer quinze heures d’activité à des personnes qui sont en mode survie », pointe ainsi Francine Royon (CGT France Travail), qui alerte par ailleurs sur le risque d’une brèche ouverte sur du « travail forcé et gratuit ». Dans la panoplie d’activités recouvrant ces quinze heures imposées sont ainsi citées notamment des « immersions en entreprise ».

« On nous parle de mise en situation en entreprise. Cela voudrait donc dire sans contrat de travail ? Et donc des périodes d’essai déguisées sans rémunération ? » interroge Denis Gravouil, secrétaire confédéral CGT. Pour l’instant, force est de constater que le flou demeure, dans un contexte d’incertitude budgétaire. Les décrets d’application, tombés in extremis les 30 et 31 décembre, ne répondent pas aux interrogations soulevées par les syndicats, notamment sur les moyens pour gérer cet afflux de nouveaux inscrits. « Jusqu’au 29 décembre au soir, on ne savait pas comment cela allait se passer », pointe ainsi Francine Royon.

Absence de moyens

Ces textes annoncent la répartition des allocataires en deux sections : l’une dite « G », pour ceux dont le dossier est en attente d’être enregistré dans l’une des catégories prévues par l’opérateur public. La seconde, dite « F », concernerait ceux dont la situation sociale jugée compliquée pourrait les dispenser de recherche d’emploi. Une catégorisation jugée « absurde » par Denis Gravouil, qui pointe le fait que 40 % des allocataires du RSA, ceux qui sont le moins éloignés de l’emploi, étaient déjà inscrits à France Travail, avant la mise en œuvre de cette réforme.

Quant à l’accompagnement promis, le cégétiste n’y voit que du « pipeau » : « Thibaut Guilluy (le directeur général de France Travail – NDLR) sait parfaitement qu’il n’a pas les moyens d’assurer cet accompagnement. » Et pour cause, la suppression de 500 équivalents temps plein, prévue dans le cadre du projet de loi de finances 2025, pèse toujours sur les agents, dans un contexte où les restrictions budgétaires restent le paradigme du gouvernement Bayrou.

Pour Francine Royon, si une partie de l’accompagnement sera à la charge des départements, eux-mêmes sous le coup de possibles restrictions budgétaires drastiques, cette réforme imposera nécessairement une surcharge de travail aux agents de France Travail, chargés de l’inscription, de la répartition de ces nouveaux demandeurs d’emploi et d’une partie de cet accompagnement. Denis Gravouil voit toutefois dans l’ajournement à juin de la mesure de « suspension-remobilisation », le signe d’une prise de conscience de ces limites et d’un infléchissement de l’exécutif : « Ils n’ont pas les moyens de la coercition prévue par la loi. C’est révélateur du changement de climat politique. Fin 2023, on était dans le macronisme triomphant. Il y a désormais une volonté de temporiser, par crainte de voir la résurgence d’une révolte comme celle des gilets jaunes. »

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5 janvier 2025 7 05 /01 /janvier /2025 07:53
Réforme du RSA: Travail gratuit - Editorial de Marion d'Allard dans L'Humanité du 3 janvier 2024

Voilà donc, à nouveau, une vieille lune de la droite devenue, par l’entremise de la Macronie, une réalité bien concrète. Depuis le 1er janvier, les allocataires du RSA doivent s’acquitter de 15 heures de travail hebdomadaires pour percevoir leur dû. Sinon ? Sanctions. Introduite dans la loi dite de « plein emploi » à la faveur d’un amendement déposé par des députés « Les Républicains », la généralisation de cette mesure, testée dès mars 2023 dans une vingtaine de territoires et étendue un an plus tard, va désormais impacter la vie quotidienne de près de 1,8 million de personnes.

Pour ses promoteurs, cette réforme du RSA va dans le sens de « ce qui fonctionne », comme l’affirmait récemment la toute nouvelle ministre du Travail. Le discours est rodé. Non, « il ne s’agit pas de travail gratuit », assénait encore Astrid Panosyan-Bouvet, exhortant à sortir de « l’idéologie » sur « ce genre de sujet ». Fermez le ban.

Reste que le conditionnement du versement d’un revenu minimum censé permettre à ceux qui n’ont rien de simplement survivre questionne autant qu’indigne. Sur la forme d’abord. À juste titre, les syndicats s’alarment de l’inscription d’office des bénéficiaires du RSA sur les listes de France Travail sans que ni budget supplémentaire ni renfort de personnel ne soient prévus pour les accompagner au mieux.

Doigt mouillé et marche forcée. Mais, sur le fond, la philosophie d’une telle mesure est plus inquiétante encore. En ce qu’elle naît, d’abord, de la fausse certitude que chacun des bénéficiaires du RSA a la capacité de travailler. En ce qu’elle entérine, aussi, bel et bien une forme de travail gratuit : quinze heures d’un labeur non rémunéré pour ce qu’il est, mais effectué en raison de ce que représente celui qui perçoit l’aide sociale.

Avec sa réforme du RSA, le gouvernement fait d’une pierre trois coups : offrir de la main-d’œuvre gratuite aux entreprises ; diminuer – du fait des sanctions qui suspendront les versements – la note globale pour les finances publiques ; faire baisser artificiellement les chiffres du chômage pour s’en autocongratuler. Loin, bien loin d’un accès juste à un emploi de qualité et bien rémunéré.

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24 décembre 2024 2 24 /12 /décembre /2024 08:30
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21 décembre 2024 6 21 /12 /décembre /2024 06:50

 

 

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21 décembre 2024 6 21 /12 /décembre /2024 06:40

 

Le Premier ministre a proposé de classer les formations politiques en trois cases.

Celle du dialogue avec le gouvernement, celle du soutien au gouvernement, enfin celle du dehors et du chaos.

Nous avons rappelé que la démocratie est exigeante.

Nous sommes aujourd’hui dans l’opposition à un Premier ministre non issu de la gauche parce que nous en contestons la légitimité démocratique.

Nous n’avons jamais été et ne serons jamais dans une opposition chaotique.

La force d’une démocratie c’est la vitalité et le respect de son opposition. La force d’une démocratie c’est le respect du suffrage universel. La force d’une démocratie c’est sa capacité à entendre et mettre en oeuvre la volonté de changement majoritaire chez nos concitoyens.

Nous avons exprimé notre solidarité avec tous les habitants de Mayotte et l’impérieuse nécessité d’une reconstruction d’ampleur au plus vite.

Nous avons exprimé notre profond désaccord sur la volonté de certains de poursuivre l’examen d’un projet de loi de finances déposé par un gouvernement démissionnaire, dont la première partie a été rejetée à l’Assemblée nationale, et dont la première partie au Sénat a été frappée d’une seconde délibération évacuant toutes mesures progressistes.

L’urgence budgétaire n’est pas celle d’un budget à tout prix mais celle d’un budget emprunt de justice sociale et fiscale.

Nous avons pleinement conscience des urgences et nous avons proposé de réunir, dès le gouvernement nommé, le Parlement pour examiner un projet de loi portant diverses dispositions spéciales en matière fiscale et sociale.

Ainsi nous pourrions délibérer au plus vite sur l’indexation du barème de l’impôt, le chèque restaurant, l’abonnement transports, les aides agricoles, le PTZ, et répondre à l’urgence de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie et des territoires ultramarins.

Nous actons la volonté de replacer les partenaires sociaux au cœur d’une réflexion sur les retraites mais dénonçons la volonté de ne pas abroger et de continuer à appliquer une loi largement rejetée par nos concitoyens.

L’heure est grave pour notre pays, nos concitoyens sont inquiets, ils voient leur pouvoir d’achat se réduire, leurs emplois supprimés ou menacés. Il y a urgence à remettre le Parlement au cœur de la vie démocratique de notre pays, à bâtir des politiques ambitieuses au service de tous.

Nous ne serons jamais de ceux qui donneront les clés de la république au RN. Nous serons toujours de ceux qui agiront pour le progrès social et l’égalité des territoires.

La démocratie est exigeante. Elle oblige ceux qui gouvernent à prendre à bras le corps l’exigence de changement. La continuité serait un signe de mépris envoyé à nos concitoyens.

C’est dans cette perspective que les communistes, les parlementaires communistes prendront toutes leurs responsabilités et agiront dans les jours et les semaines à venir.

Déclaration du 19 décembre de 2024 de
Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-K au Sénat,
Stéphane Peu, député de la Seine-Saint-Denis
et de Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 16:47
Nomination de Bayrou, démission de Macron… Comment LFI compte surfer sur la crise politique - L'Humanité, Cyprien Caddéo, 19 décembre 2024

La nomination de François Bayrou à Matignon conforte les insoumis dans leur stratégie de faire porter à Emmanuel Macron la responsabilité du blocage. Avec, pour objectif, une présidentielle anticipée dont profiterait Jean-Luc Mélenchon.

Cyprien Caddeo , L'Humanité, 19 décembre 2024

Le calendrier est posé au milieu du siège de la France insoumise, entre une pyramide de cartons et des piles de tracts, symboles d’un QG en état de « campagne permanente ». Marqué au Velleda, on y lit le plan de bataille suivant : « Mars : démission de Macron. Mi-avril : Mélenchon président. Fin avril : dissolution. Mi-mai : 400 députés FI. Juin : France = paradis. » Le tout relève bien sûr de la boutade entre militants, jusqu’à prédire que l’un des leurs finira premier ministre. Mais derrière la blague, il y a un fond de vérité.

Car, au risque de braquer leurs partenaires du Nouveau Front populaire (NFP), les insoumis jouent leur propre agenda politique, tourné vers une présidentielle anticipée, dès 2025. S’il défend toujours publiquement la nomination d’un gouvernement NFP – sans y croire un instant –, le mouvement mise sur l’enlisement politique pour augmenter le niveau de colère dans le pays.

« Ils cherchent à organiser le chaos pour que Macron n’ait d’autre choix que de partir »

Il est bien aidé, en cela, par le refus catégorique d’Emmanuel Macron de nommer un premier ministre issu de la coalition de gauche. « Au final, qu’il n’y ait pas de premier ministre NFP, ce n’est pas un échec pour nous, glisse un cadre insoumis. Car, depuis les législatives, on a réussi à faire monter le niveau de crise politique dans le pays. » Un député FI abonde : « Le plan se déroule comme prévu, on a même un petit peu d’avance », avec la chute de Michel Barnier.

C’est ainsi qu’il faut aussi lire le refus des insoumis de participer à toute rencontre à l’Élysée ou à Matignon, où François Bayrou a convié l’ensemble des groupes parlementaires. « Nous ne voulons pas jouer le jeu des lignes rouges ou vertes, tranche la présidente du groupe, Mathilde Panot. Bayrou sera censuré, Macron devra s’en aller. »

La FI, qui a amorcé en vain une procédure de destitution du chef de l’État, mise toujours sur sa démission, arguant que 64 % des Français y sont favorables. Problème : le président a exclu de démissionner. Pour le politologue Rémi Lefebvre, la stratégie insoumise est « claire comme de l’eau de roche : ils cherchent à organiser le chaos pour que Macron n’ait d’autre choix que de partir ».

« Même certains macronistes disent que cela va passer par sa démission, assure le député FI Antoine Léaument. Il peut même faire un coup de poker pour se représenter (malgré la limite de deux mandats – NDLR) en s’appuyant sur des proches du Conseil constitutionnel, qui sera renouvelé en mars. » Les insoumis se tiennent donc prêts à lancer une campagne express à tout moment et ont même commencé à sonder les élus locaux pour sécuriser les 500 signatures, qu’il faudra trouver en un temps très court (deux semaines) dans le cas d’une élection anticipée.

Les alliés du NFP pas « obsédés » par la présidentielle

Leurs partenaires du NFP, qui ont eux accepté d’entrer dans le jeu des discussions avec l’exécutif, leur reprochent leur stratégie radicale. « À force de ne rien vouloir lâcher sur rien, à la fin tu n’as rien », ironise la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, dans l’émission Backseat. « Nous n’avons pas, comme eux, l’obsession présidentielle », tacle pour sa part André Chassaigne, chef de file des députés communistes.

« Si les autres forces du NFP ne veulent pas de présidentielle anticipée, c’est que personne n’y est prêt, sauf nous », grince un parlementaire FI. « Ils ont le programme, le candidat, quand les autres devront passer par des primaires ou choisir un mode de désignation, dans un temps très contraint, et ça, ils le savent », rappelle Rémi Lefebvre.

Même s’il n’est toujours pas officiellement candidat, tout le monde sait bien que Jean-Luc Mélenchon portera la bannière FI. « Il a l’expérience et la force de caractère pour y aller », assure Mathilde Panot. Le 15 décembre, sur M6, l’intéressé a de toute façon tranché : « Il y aura une candidature insoumise. Nous la proposerons en candidature commune à nos alliés ! » Une façon de tordre le bras à ses partenaires, quitte à risquer à nouveau un éparpillement à gauche, ce qui ne les inquiète pas plus que cela.

En campagne permanente, la FI entend ainsi politiser le « peuple » et offrir à Jean-Luc Mélenchon un duel avec Marine Le Pen, parachevant la prophétie faite par l’insoumis en 2014 : « À la fin, ce sera eux (le RN) ou nous. » Mais les Français préféreront-ils le candidat de gauche à l’extrême droite au second tour ? « La stratégie de la bordélisation est efficace au premier tour pour mobiliser son camp mais inopérante quand il faut rassembler au second », estime Rémi Lefebvre.

« J’ai rencontré à chaque présidentielle des gens qui disaient ”plus jamais Mélenchon”, mais, une fois dans l’isoloir, c’est autre chose », balaie le député Antoine Léaument. Pour le moment, tout cela relève de la politique-fiction, Emmanuel Macron ne comptant pas de sitôt quitter son palais, même s’il est sous pression comme jamais depuis 2017.

 

 

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