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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 18:40
Eric Bocquet à Quimper à l'invitation de la section PCF de Quimper et de la fédération PCF Finistère dans le cadre de leur campagne de sensibilisation à l'ampleur des enjeux d'évasion fiscale et du livre écrit avec son frère Alain Bocquet: "Sans domicile fisc"

Eric Bocquet à Quimper à l'invitation de la section PCF de Quimper et de la fédération PCF Finistère dans le cadre de leur campagne de sensibilisation à l'ampleur des enjeux d'évasion fiscale et du livre écrit avec son frère Alain Bocquet: "Sans domicile fisc"

Une taxe exceptionnelle pour contraindre Amazon à la solidarité avec les commerces de proximité
Vendredi 6 Novembre 2020 - L'Humanité

Le sénateur communiste Eric Bocquet détaille la proposition d’une « contribution de solidarité » imposée aux « grands gagnants » de la crise qu’il a défendue au palais du Luxembourg cette semaine. Entretien.

 
Vous avez proposé cette semaine au gouvernement une taxe exceptionnelle sur Amazon. Quel serait son objectif ?

Eric Bocquet Il s’agit d’alimenter un fonds d’aide d’urgence aux commerces de proximité impactés par la pandémie. Car, à l’inverse de ces derniers, les grands groupes du numérique bénéficient du confinement, notamment Amazon s’agissant de la distribution de marchandises, les livres mais pas seulement. Les résultats d’Amazon sont absolument astronomiques cette année : 73 % de valorisation boursière depuis janvier 2020, pour atteindre les 1 650 milliards de dollars, l’équivalent du PIB de la Russie. Au premier trimestre, ses rentes ont augmenté de 26 %. L’idée est donc d’instaurer un principe de vases communicants. Une régulation est nécessaire : il faut solliciter la minorité de grands gagnants de cette pandémie pour soutenir la majorité de ceux qui en sont les perdants. Concrètement, il serait aisé pour l’État d’évaluer le chiffre d’affaires d’Amazon, puisqu’il paie la TVA. Il ne resterait qu’à définir un taux et une assiette pour mettre en œuvre cette contribution de solidarité que nous proposons.

La mobilisation s’accroît contre l’implantation de nouveaux entrepôts notamment dans le Grand Est. Quelle est l’ampleur de la distorsion par rapport au commerce de proximité ?

Eric Bocquet Le deuxième scandale est fiscal : les trois quarts des bénéfices d’Amazon ne sont soumis à aucune imposition parce que l’entreprise a implanté deux filiales au Luxembourg. Le tout, évidemment, avec l’accord bienveillant de ce pays qui pratique, au cœur de l’Europe, la concurrence fiscale à l’extrême. Amazon a d’ailleurs été désigné par les spécialistes comme l’entreprise du numérique qui a la politique fiscale la plus agressive. Comme l’Union européenne ne veut pas se mettre d’accord sur la taxation des Gafa et laisse chacun jouer son propre plan fiscal, on est de fait dans une logique de compétition pour attirer les capitaux, les grands groupes en proposant des montages scandaleux qui créent une distorsion incroyable. L’hypocrisie de l’UE touche à son comble avec beaucoup de discours sur cette question ou celle de la taxation des transactions financières, mais jamais rien qui avance. Le prétexte est toujours le même : ce serait trop compliqué. Les règles du jeu doivent changer, en particulier celle de l’unanimité. Sans remettre en cause la souveraineté fiscale des États, une majorité d’entre eux devrait pouvoir imposer des règles justes et équitables y compris aux multinationales. Il est plus que tant d’ouvrir le chantier de l’harmonisation fiscale, sans lequel la règle de la concurrence libre et non faussée restera de mise. Le résultat est là : les financiers sont gagnants, les États et les peuples, eux, sont perdants.

Le gouvernement répond qu’il travaille à une taxe Gafa au niveau européen, qui, à défaut d’accord, serait instaurée en France. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, est même allé jusqu’à les considérer comme « des adversaires des États ». Pourquoi cela ne vous paraît pas suffisant ?
 

Eric Bocquet Il ne faudrait pas s’arrêter au discours. Les prises de position volontaristes de Bruno Le Maire, nous les avons déjà entendues : on allait voir ce qu’on allait voir. Mais quand l’Allemagne dit non et que les États-Unis menacent de rétorsions les exportations françaises, on capitule. L’OCDE n’y arrive pas, le G20 non plus, l’UE ne veut pas y arriver. Depuis 10-15 ans on nous raconte les mêmes sornettes et la situation s’aggrave. Il faut engager le rapport de force. L’opinion – le consommateur, le contribuable, l’électeur - doit s’emparer de ces sujets parce qu’on ne fera pas bouger les États sans volonté populaire forte d’avancer vers la justice fiscale. L’UE, et ses 500 millions d’habitants, n’est pas une petite entité dans le monde. Si elle décide d’entrer unie dans cette bagarre qu’est l‘économie, elle peut peser mais encore faut-il vouloir mener ce combat ensemble et dans l’intérêt général. Je suis en revanche d’accord avec Bruno Le Maire lorsqu’il dit que ces grands groupes sont dangereux pour les États. Amazon investit dans la santé, Google s’intéresse à l’éducation… Ces groupes-là ont la puissance financière de beaucoup de pays, l’étape politique suivante est un monde où les affaires de 7 milliards d’humains sont gérées en direct – et sans impôts - par une centaine de multinationales en fonction, bien sûr, de leurs intérêts et non pas de l’intérêt général. C’est un enjeu politique et démocratique de fond.

Eric Bocquet: Une taxe exceptionnelle pour contraindre Amazon à la solidarité avec les commerces de proximité (entretien avec Julia Hamlaoui, L'Humanité, 6 novembre 2020)
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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 06:16

 

Malgré une rallonge prévue dans la loi de finance, pour les aides à la personne, l’augmentation des salaires comme le versement d’une prime Covid restent soumis à un jeu de ping-pong entre l’État et les départements.

Trop peu, trop tard. Après avoir dans un premier temps publié un projet de loi de finances dans lequel aucune revalorisation des aides à domicile n’était prévue, le gouvernement a fait marche arrière. Il a déposé un amendement proposant de verser 150 millions en 2021, et 200 les années suivantes, pour aider à revaloriser les rémunérations de ces salariés mal payés – dont le confinement a pourtant mis en évidence le caractère indispensable. « Oui, nous allons avancer avec volontarisme pour revaloriser les métiers et les salaires » s’est réjouie la ministre déléguée à l’Autonomie, Brigitte Bourguignon, après le vote de l’amendement à l’unanimité, le 23 octobre à l’Assemblée. Très insuffisant, jugent les professionnels du secteur. Ils estiment à 800 millions d’euros la somme nécessaire pour procéder à un vrai rattrapage, et redonner un peu d’attractivité à un secteur qui emploie à peu près 320 000 personnes . Ils s’inquiètent aussi que les montants ne soient débloqués que pour 2021, alors qu’avec le Covid, c’est maintenant que le secteur a besoin d’être revalorisé. Autre sujet qui alimente la méfiance : le refus de l’État d’agréer l’avenant 43, signé en février entre les syndicats et les patrons de la branche associative (qui représente 60 % du secteur) et qui prévoit 15 % d’augmentation.

Même les montants annoncés ont été accueillis avec scepticisme. Selon le gouvernement, les sommes débloquées vont permettre 2,5 % de hausse des salaires à court terme, pour aller ensuite vers 15 %. À l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) on calcule qu’on arrivera au mieux à 6 %. « C’est la conséquence de ce petit jeu dont sont victimes les salariés, à cause du double financement, estime son président, Pascal Champvert. Le gouvernement dit qu’il va mettre 150 millions, mais que le montant total sera doublé parce que les départements vont mettre la même somme au pot. Mais rien ne garantit qu’ils vont le faire ». La rémunération des Services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad) est à la charge des départements, qui reçoivent de l’État une partie du financement. Ce double système permet un jeu de ping-pong entre des acteurs dont aucun n’a vraiment envie de mettre la main à la poche. Interrogé par Le Monde, Frédéric Bierry, président de la commission des affaires sociales de l’Association des départements de France (AFD), l’a redit : « Il n’y a pas de fin de non-recevoir dans une discussion avec le gouvernement. Mais nous attendons par ailleurs des garanties financières et fiscales de l’État, face aux dépenses sociales qui flambent ».

« On n’a aucune confiance parce que nous avons l’expérience de telles annonces. À aucun moment nous ne pensons que l’État va vraiment débloquer 150 millions en 2021 et 200 millions après », note Pascal Champvert. L’expérience de la prime Covid a laissé des traces. Le 4 août dernier, Emmanuel Macron promettait aux « oubliés de la prime Covid » le déblocage par l’État de 80 millions d’euros, pour aider les départements à verser 1000 euros aux professionnels de l’aide à domicile, qui avaient continué leur service pendant le confinement. Déjà, il invitait les départements à en faire autant. Peine perdue : des mois plus tard, le versement de cette prime n’a pas du tout eu lieu dans bon nombre de territoires ; et quand elle l’a été, son montant a rarement atteint la somme promise. « J’ai travaillé durant le confinement… c’est un contrat de 106 heures par mois. Le département avait annoncé 515 euros maximum : j’ai perçu 390 euros. Ils cherchent encore à nous la baisser alors que l’on n’a travaillé. C’est une honte de calculer le nombre d’heures sur le terrain… » témoigne Coralie Carpentier, sur le site Faire Face.

Ces difficultés sur la prime s’ajoutent, pour les professionnels du secteur, au manque de matériel de protection pendant le confinement. « Près de Mulhouse on a vu des aides-soignantes allez chez des patients avec des sacs poubelles en guise de protection. Aujourd’hui, je suis chasseur de gants, et le département et l’ARS viennent d’annoncer qu’ils ne vont plus nous donner les masques, qu’on avait déjà en quantité insuffisante. Pourquoi on ne croit pas l’État ? Par expérience ! » dénonce Christian Cecchettani, directeur de services à domicile dans le secteur associatif à Belfort.

Cette hausse des salaires constitue pourtant une véritable urgence sanitaire. Alors qu’il est plus urgent que jamais de permettre aux personnes âgées de rester à domicile, pour ne pas encombrer les hôpitaux, l’aide à domicile connaît d’importants problèmes de recrutement. En moyenne, une aide à domicile gagne 900 euros par mois, pour un travail difficile avec des plages horaires très étalées, souvent le soir et le week-end, dans des départements ruraux. Pour ces travailleurs pauvres, dont une bonne partie sont des mères célibataires, la revalorisation promise par le gouvernement n’aboutit même pas à un rattrapage du SMIC, estime l’AD-PA. Cette situation aboutit à une fuite des plus compétents vers le secteur hospitalier ou même les Ehpad, où les rémunérations, bien que faibles, sont moins ridicules. « On demande aux aides à domicile de prendre en charge des personnes de plus en plus dépendantes, d’être de plus en plus performants, de faire de plus en plus de gestes médicaux. La seule chose qui n’a pas changé dans tout ça, c’est le salaire. Alors, on a beau tous faire des efforts pour rendre le métier attractif en prenant en compte les horaires, les vies de famille, les déplacements… nous n’arrivons pas à recruter » explique Rodolphe Leliard, directeur de services à domicile du secteur privé à Niort. « On se moque des salariés de l’aide à domicile, comme on se moque des personnes âgées, en organisant leur accompagnement par un personnel sous-payé et mal formé », s’énerve Pascal Champvert. Il demande le versement au plus vite des primes promises et l’alignement des salaires sur ceux pratiqués dans les Ehpad.

Camille Bauer

 

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7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 06:06
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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 08:47

 

C’est un petit pays dont on parle peu. Situé à 93 kilomètres au sud de la Sicile, il compte 450 000 habitants, fut, jusqu’en 1964, une possession britannique mais est devenu, en 2004, le plus petit état membre de l’Union européenne.

Ce pays a quand même fait parler de lui lors de la publication de l’enquête « Paradise papers » en 2017. Hormis un ensoleillement exceptionnel, on aurait pu y tourner le film d’Henri Verneuil en 1964, « Cent mille dollars au soleil » avec Belmondo et Ventura.

Certes, Malte se défend d’être épinglée comme paradis fiscal, elle se désigne dans la langue officielle du monde de la finance comme une « place offshore ». Pourtant, quand vous consultez le site officiel du pays, on vous vend très bien la « fiscalité attractive » et « la plus grande confidentialité ». En langage trivial, pas d’impôt, ni vu ni connu. On vous explique aussi qu’il n’y a aucun impôt sur les revenus non rapatriés à Malte, c’est-à-dire que les revenus stockés au Luxembourg, en Suisse, au Panama ou encore aux Caïmans ne seront pas taxés. C’est effectivement très attractif.

Alors, me direz-vous, qui peut bénéficier de cette clémence fiscale ? Eh bien il vous suffit d’acquérir la nationalité maltaise, et acquérir c’est le bon mot.

Malte propose à ses « investisseurs » d’acheter un passeport, c’est ouvert au monde entier, il n’est même pas nécessaire d’être résident de l’Union européenne. On a appelé ça, à un moment, les « golden visas » ! Cette pratique, évidemment, n’a d’autre but que de faciliter l’évasion fiscale, de blanchir des personnages sulfureux et à alimenter la corruption.

Ainsi donc, pendant que le monde se confine, s’inquiète et est accaparé par ce foutu virus, le fric se barre, encore et toujours. Dans ce système libéral, ces activités sont considérées comme essentielles.

Il y a quelques semaines de cela, l’île de Malte a été épinglée pour son opacité fiscale aux portes de l’Europe. Il lui est clairement reproché, dans ce rapport récent, de manquer de transparence quant à la propriété juridique et la comptabilité de certaines entreprises inactives enregistrées à Malte.

Il faut dénoncer l’hypocrisie de l’Union européenne sur ce sujet, Malte est un membre mais ne figure même pas sur la liste européenne des paradis fiscaux, liste d’ailleurs dont viennent d’être sorties les Iles Caïmans.

Dites-donc Bruxelles, ça va durer encore longtemps cette comédie ?

 

 

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 08:43

À l’évidence, mesdames, messieurs les ministres, la pandémie du covid-19 n’a pas les mêmes conséquences économiques pour les multinationales du numérique et les petits commerces de proximité, comme le montre le cas du géant Amazon. (Exclamations.)

De fait, jamais l’écart entre les petits commerces et ces géants technologiques n’aura été aussi grand.

Permettez-moi d’ajouter quelques chiffres à ceux qui ont été déjà cités : les records de valorisation s’enchaînent à Wall Street, qui connaît des hausses de 10, 20 et 50 milliards de dollars ; à la Bourse, depuis le 1er janvier 2020, la valeur d’Amazon a crû de 73,6 %, pour atteindre le chiffre astronomique de 1 650 milliards de dollars, l’équivalent du produit intérieur brut de la Russie – excusez du peu !

La fermeture imposée aux commerces de proximité va encore aggraver une situation de concurrence déloyale. Mais l’autre scandale réside dans les pratiques fiscales d’Amazon, qui ont été décrites comme les plus agressives des entreprises du numérique.

Grâce à des montages savants illégaux, accordés par nos amis du Luxembourg, près des trois quarts des bénéfices d’Amazon ne subissent aucune imposition. Cette situation est tout à fait inacceptable, plus encore au moment où les États manquent de moyens financiers pour faire face aux conséquences dramatiques de la pandémie.

Il est urgent de mener une bataille au plan international pour, enfin, taxer de manière effective les GAFA.

Au premier trimestre de cette année, les rentes d’Amazon ont augmenté de 26 %. Nous proposons qu’une disposition soit adoptée, dès le budget pour 2021 – texte actuellement en discussion au Parlement –, visant à instituer une taxe exceptionnelle sur les bénéfices d’Amazon. Les fonds ainsi récoltés viendraient alimenter un plan d’aide d’urgence aux commerces touchés, notamment aux librairies indépendantes.

Je conclurai mon propos avec cette citation de Victor Hugo : « La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner, laissez-le faire. » (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE et SER.)

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d’État chargé de la transition numérique et des communications électroniques.

M. Cédric O, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance et de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la transition numérique et des communications électroniques. Nous nous rejoignons absolument sur un point, monsieur le sénateur Bocquet : la nécessité d’une juste taxation des entreprises du numérique.

C’est pourquoi, vous le savez, la France s’est trouvée à l’origine des discussions sur le sujet au niveau de l’Organisation de coopération et de développement économiques, l’OCDE. Elle est leader sur la question de la taxation des entreprises du numérique à l’échelle européenne et a, par ailleurs, introduit elle-même sa propre taxe sur les services numériques. Le recouvrement de cette taxe avait été décalé, pour donner une chance aux négociations internationales ; celles-ci n’ayant pas abouti, je vous confirme que le recouvrement pour 2020 aura bien lieu.

Néanmoins, nous devons continuer à pousser ce sujet au niveau européen, parce que c’est le bon niveau.

À ce propos, mesdames, messieurs les sénateurs, je veux me réjouir avec vous de l’annonce faite par l’Union européenne, voilà quelques semaines : face à l’échec des négociations au niveau de l’OCDE, elle a annoncé vouloir reprendre cette question de la taxation du numérique à son niveau, afin que ces entreprises paient une juste taxation et contribuent ainsi à la solidarité nationale.

 

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 06:46

 

 

 

Madame la ministre, le Premier ministre a reçu, lundi, avec la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, les cinq centrales syndicales.

Celles-ci vous ont adressé une demande claire, unanime : le retrait définitif de votre réforme de l’assurance chômage. Cette réforme n’a qu’un but : économiser sur l’indemnisation du chômage. C’était déjà terriblement injuste, mais, devant le drame économique qui se joue, c’est indigne, c’est inhumain et c’est contraire à l’avenir des forces du travail, qu’il faut préserver.

C’est tellement vrai que vous n’osez pas appliquer cette réforme. Vous l’avez reportée de trois mois une première fois, puis maintenant une seconde fois. Mais vous persistez à vouloir l’appliquer plus tard. Pourquoi cet entêtement ? Des centaines de milliers d’emplois vont être détruits, menacés, fragilisés par la crise. On annonce près de 1,2 million de chômeurs supplémentaires l’année prochaine. Appliquer cette réforme aujourd’hui serait un scandale, parce que c’est l’inverse de ce qu’il faut : plus de protection sociale, et non pas moins !

Le plan de relance donne beaucoup d’argent aux entreprises, mais le Medef continue de demander des économies sur le chômage. C’est inacceptable.

Ma question est simple, madame la ministre : pourquoi refusez-vous d’entendre l’évidence ? Qu’attendez-vous pour abandonner cette réforme ? (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE et SER.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l’insertion.

Mme Brigitte Klinkert, ministre déléguée auprès de la ministre du travail, de l’emploi et de l’insertion, chargée de l’insertion. Monsieur le sénateur Pierre Laurent, la réforme de l’assurance chômage a, en effet, été abordée lundi, lors de la conférence du dialogue social organisée par le Premier ministre avec les partenaires sociaux.

Compte tenu de la situation sanitaire, il existe aujourd’hui un consensus pour reporter l’application de cette réforme.

Plusieurs sénateurs socialistes. Il faut l’annuler !

Mme Brigitte Klinkert, ministre déléguée. Le Gouvernement fait pleinement confiance au dialogue social et aux partenaires sociaux pour trouver de nouveaux équilibres. Il est prêt à adapter des paramètres à la nouvelle situation de l’emploi.

Pour autant, permettez-moi de vous le dire : cette réforme est une bonne réforme. (Exclamations sur les travées des groupes CRCE et SER.)

Elle repose sur deux piliers. Il s’agit, d’une part, d’encourager les entreprises à améliorer la qualité des emplois et, d’autre part, de s’assurer que ceux qui reprennent une activité sont mieux rémunérés que les demandeurs d’emploi.

Ces principes restent pertinents aujourd’hui, mais il faut évidemment tenir compte du nouveau contexte. C’est pourquoi nous avons annoncé un report de la réforme de trois mois supplémentaires.

L’objectif de ce report est de prendre le temps de discuter des paramètres avec les partenaires sociaux,…

Mme Cécile Cukierman. Les Français veulent de l’emploi !

Mme Brigitte Klinkert, ministre déléguée. … car le Gouvernement, mesdames, messieurs les sénateurs, est attentif aux difficultés que peuvent rencontrer certains demandeurs d’emploi, notamment les plus précaires.

Mme Éliane Assassi. Retirez la réforme, alors !

Mme Brigitte Klinkert, ministre déléguée. Je tiens d’ailleurs à rappeler que nous agissons depuis le début de la crise pour protéger tous les salariés et toutes les compétences. Nous avons mis en place en avril dernier un dispositif d’activité partielle d’une ampleur inédite, lequel a permis de préserver l’emploi de près de 9 millions de Françaises et de Français.

M. Pascal Savoldelli. Vous y croyez ?

Mme Brigitte Klinkert, ministre déléguée. Monsieur le sénateur, la situation exige, dans le moment singulier que nous traversons, que nous sachions nous rassembler. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI. – Exclamations sur les travées du groupe CRCE.)

Mme Éliane Assassi. Facile…

M. le président. La parole est à M. Pierre Laurent, pour la réplique.

M. Pierre Laurent. Madame la ministre, votre réponse n’est pas sérieuse. Si la réforme est bonne, il faut l’appliquer ; si elle est mauvaise, il faut la retirer ! (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE et SER.)

Je veux citer les chiffres qui ont été communiqués lors de la réunion. Selon les projections officielles qui ont été réalisées, si la réforme est appliquée au 1er janvier 2021, elle impacterait à la baisse les indemnités de 1,2 million de chômeurs. Elle permettrait d’économiser 1,5 milliard d’euros en 2021 et 2,6 milliards d’euros en 2022. On donne 100 milliards d’euros au plan de relance et on n’a qu’une obsession : économiser 2,5 milliards en 2022 sur le dos des chômeurs !

Ajouter de l’injustice à l’injustice est toujours une faute, mais, dans la situation actuelle,…

M. le président. Il faut conclure.

M. Pierre Laurent. … c’est une faute politique impardonnable.

 

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 06:44

 

Ancien chef du service de renseignements de sécurité à la DGSE de 2000 à 2001, Alain Chouet analyse les mutations de la menace constituée par le terrorisme islamiste. ENTRETIEN.

ALAIN CHOUETAncien officier du renseignement français

 

Spécialiste du Moyen-Orient, Alain Chouet était en charge du contre-terrorisme au moment des attentats du 11 septembre 2001. Dix ans plus tard, il a publié Au cœur des services spéciaux. La menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers (la Découverte, 2011).

 

Rue Nicolas-Appert, Conflans-Sainte-Honorine, église de Nice… La principale menace, en France, est-elle désormais incarnée par ce qu’on appelle le terrorisme low cost ?

ALAIN CHOUET Cela fait longtemps qu’on est entré dans l’ère du terrorisme low cost. Le terrorisme islamiste se décline de plusieurs façons. Il pouvait prendre la forme d’un assaut de groupe, quand il avait encore des bases arrière et pouvait former ses futurs acteurs. Quand cela n’est plus possible, ou plus difficile, il reste le terrorisme individuel, ou low cost, ce que certains chercheurs américains ont appelé les « loups solitaires ». Des idéologues, tout en gardant un pied dans la légalité, incitent des jeunes à passer à l’acte, sans leur donner forcément un ordre précis, en espérant bien que, sur la quantité de ceux qu’ils ont tenté de séduire, un le fera effectivement. On est en plein dedans. Al-Qaida ou l’EI n’ont plus d’implantation, de territoire, pour organiser des attaques d’ampleur. Donc, l’heure est aux attaques individuelles.

 

Sommes-nous condamnés à ce que de type d’attentats rythme désormais notre quotidien ?

ALAIN CHOUET Tant qu’on se contentera d’essayer de courir après les petites mains de la violence salafiste, on soignera, au mieux, les effets, mais pas les causes. Et on risque de courir pendant des siècles. Les causes, c’est l’influence néfaste exercée par les pétromonarchies du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Koweït…), qu’on s’obstine pourtant à considérer comme nos alliés. Ces nouvelles attaques suscitent une émotion légitime mais elles ne doivent pas nous surprendre. Et si on conserve un regard clinique sur le sujet, elles restent statistiquement bien moins nombreuses, et font moins de victimes que d’autres fléaux dans notre pays. Depuis 2012, le terrorisme a fait un peu moins de 300 morts en France. Dans le même laps de temps, environ 1 500 femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints… Par ailleurs, face à cette violence terroriste, le monde occidental fait figure de victime collatérale. Je me rends assez souvent en Irak : là-bas, le terrorisme, c’est en moyenne 30 morts par jour…

 

Cette nouvelle menace est-elle insoluble pour nos services de sécurité ?

ALAIN CHOUET Quasiment. Des jeunes radicalisés, il y en a sans doute plusieurs milliers en France. Mais distinguer, parmi ceux-là, l’infime minorité qui passera à l’acte, c’est plus que difficile. Il peut y avoir quelques signaux faibles, mais on ne peut pas suivre tout le monde non plus. Le renseignement technique, ça ne dit rien du secret des intentions. Et, par ailleurs, il faut des moyens humains pour l’exploiter.

 

La réforme du renseignement, en 2008, ne nous aurait pas facilité la tâche…

ALAIN CHOUET De fait, on a coupé les anciens RG en deux, entre, d’un côté, les « brillants cerveaux »de la DGSI, à Paris, et, de l’autre, les renseignements territoriaux, dans les départements. Or, comme souvent dans les tribus gauloises, entre ces différentes entités, l’information circule mal. On l’a vu avec Mohammed Merah. Les services de renseignements de Toulouse l’avaient repéré, avaient mis en avant sa dangerosité, mais, le temps que l’information remonte à Paris, soit évaluée, il était déjà passé à l’acte. Et un scénario comparable s’est, semble-t-il, reproduit avec l’agresseur de Samuel Paty, qui avait activement cherché une cible via Internet.

 

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 19:08
COVID-19 : EN PLEINE SECONDE VAGUE, MARTIN HIRSCH CHOISIT DE FERMER LES URGENCES DE L'HÔTEL DIEU ! - Communiqué de Pierre Laurent et Laurence Cohen, sénateurs communistes

COVID-19 : EN PLEINE SECONDE VAGUE, MARTIN HIRSCH CHOISIT DE FERMER LES URGENCES DE L'HÔTEL DIEU !

 

Le gouvernement a instauré un re-confinement, pour faire face à une seconde vague de la COVID-19, afin d'éviter une saturation des services du fait d'un manque criant de nos capacités hospitalières. Cet aveu d’échec devrait conduire Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP à renforcer les moyens et certainement pas à fermer les services des urgences de l'Hôtel-Dieu, hôpital de proximité par excellence, situé au centre de Paris !

 

Cette décision aberrante n'aidera en rien à la prise en charge des patient·es COVID et non COVID. Brandir l'argument d’une meilleure répartition des personnels paramédicaux est un faux prétexte.

 

L'hôpital Hôtel-Dieu de Paris, avec ses Urgences, est en capacité d'accueillir des patient·es atteints du coronavirus, de les évaluer, de les prendre en charge et de les hospitaliser si nécessaire. Il dispose de moyens humains compétents et techniques (scanner H24) à même de prendre en charge des patient·es dits « intermédiaires » (trop fragiles pour les renvoyer à domicile mais nécessitant une surveillance et/ou oxygénothérapie).

 

Les lits de cet hôpital sont indispensables également pour laisser libres ceux des autres services de soins et libérer ceux de réanimation pour les malades ne nécessitant plus de soins intensifs (soins de suite de réanimation).

De plus, il est impératif de désengorger et laisser libres les unités des autres hôpitaux qui doivent continuer à recevoir les patients hors COVID (cancérologie, pneumologie, urologie...) comme le rappelle le Conseil de l'Ordre des médecins.

Tous les témoignages des professionnels le prouvent, les déprogrammations de la première vague ont été dramatiques avec des pertes de chance majeures.

 

En pleine crise sanitaire et en nouveau risque d'attentat terroriste, l'heure est à l'ouverture de lits et de services ! La décision de l'AP-HP de fermer les urgences de l'Hôtel Dieu le 4 novembre prochain est inacceptable et sonne comme une provocation pour toutes celles et tous ceux qui se battent pour l'avenir de cet établissement.

 

C'est pourquoi, aux côtés d’élu·es locaux, nous nous rendrons le 6 novembre prochain, sur place, pour constater le nombre de chambres et locaux disponibles et non utilisés, dénoncer ce gâchis en ces temps de manque de lits et de capacités hospitalières.

 

En lien avec la CGT et des soignant·es, nous souhaitons montrer toute la pertinence de maintenir et développer l’Hôtel Dieu, hôpital au cœur de Paris avec des salles d'hospitalisation ouvrables immédiatement et des circuits de fluide (oxygène) opérationnels pour les unités de soins.

 

Laurence Cohen                                                                                       Pierre Laurent

Sénatrice du Val-de-Marne                                                                     Sénateur de Paris 

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 18:20
Enzo de Gregorio (photo Ouest-France, 2019)

Enzo de Gregorio (photo Ouest-France, 2019)

La contestation lycéenne une nouvelle fois muselée

Ce mardi 3 novembre, après la rentrée catastrophique de la vieille circulait un appel au blocage des lycées français. En région parisienne, une dizaine d’entre eux étaient bloqués, des événements de mêmes ampleurs ont eu lieu à Nantes, Besançon et de nombreuses villes encore.

Les lycéens répondaient tous à l’appel de deux syndicats lycéens l’Union Nationale Lycéenne et le Mouvement National Lycéen, qui n’ont eu de cesse depuis septembre d’alerter sur la situation sanitaire dans les établissements scolaire du secondaire. Entre protocole sanitaire allégé ou plutôt inexistant et un changement de doctrine permanent, les lycéens ne ce sentent pas en sécurité dans leurs établissements.

A l’annonce du confinement, E.Macron a annoncé le maintien des cours des lycées en présentiel avec un protocole sanitaire renforcé. Or, selon de très nombreux témoignages, de très nombreuses vidéos, les mesures supplémentaires n’étaient mises en œuvre.

A titre personnel, d’anciens camarades de lycée m’ont fait parvenir les images d’un lycée que je connais bien.

Sur ces vidéos on observe que le hall du lycée, seul abri de celui-ci quand il pleut, est bondé. Les centaines d’élèves se croisent pendant les récréations, la queue du self n’a rien à envier à la situation de l’année dernière. Seul point positif, tous les élèves sont porteurs du masque. Sans compter que dans une interview la proviseure de ce même lycée informe que le rectorat lui laisse une semaine supplémentaire afin de mettre en place un protocole strict, dans ces cas-là n’aurait-il pas fallu déplacer la rentrée d’une semaine afin de faire reprendre les élèves en totale sécurité ?

Face à tout cela, des centaines de lycéens ce sont réunis devant les lycées afin de protester contre l’insécurité constante qu’il y a au cœur de leur lycée. Au lendemain de la lecture de la lettre de Jaurès, nous aurions pu penser que le gouvernement serait compréhensif, il n’en est rien. Depuis ce matin, les images qui sont remontées et qui sont diffusées sur les réseaux sociaux, montrent une brutalité policière sans nom, qui ne sont sans rappeler celle de janvier dernier lors des manifestations contre les E3C, les images montrent mêmes des policiers en armes de guerre devant nos lycées devant des élèves de 15-16-17 ans.

Depuis ce matin, les informations qui sont remontées via les réseaux de militantisme lycéen disent que plusieurs dizaines de jeunes sont à cette heure en Garde à Vue. Leur tort, avoir manifester. A la sortie de ces GAV auront nous les mêmes témoignages que l’an dernier, je le crains..

Aurons-nous des condamnations de jeunes pour avoir simplement voulu étudier en sécurité? Je crains que oui. Le gouvernement semble avoir peur de la rébellion des jeunes, mais pour connaître de près nombre d’entre eux, pour échanger quasiment quotidiennement avec eux, le ras le bol est profond et cette situation, ne fait qu’accroitre la révolte en eux. Nous ne sommes qu’aux prémisses de cette révolte, à cette heure nul n’est capable de savoir où cela s’arrêtera.

Mais en décembre dernier je disais « nous sommes à l’aube d’une révolution menée par la jeunesse » et aujourd’hui, cette phrase est toujours vraie et ne demande qu’à être vérifiée mais les jeunes n’y arriveront pas seuls, il nous faudra tous les soutenir, les accompagner pour que la victoire ne soit pas uniquement celle de la jeunesse de France mais celle du peuple de France.

Alors pour finir mon propos, je paraphraserais Karl Marx, prolétaires de France, jeunes de France, unissons-nous !

Enzo de Gregorio

Militant du PCF et de la JC dans le pays de Morlaix.

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3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 17:55
Attaques terroristes / République : Déclaration de Fabien Roussel (PCF)
Attaques terroristes / République : Déclaration de Fabien Roussel (PCF)
 
Vous trouverez le lien de la vidéo : https://fb.watch/1xjTwLiCNQ/
 
 
13 jours après l'horrible assassinat de Samuel Paty, est survenu ce nouveau crime atroce, ce nouvel acte terroriste d'un fanatique islamiste, tuant trois de nos concitoyens à Nice.
 
Comme vous toutes et tous, je suis bouleversé, choqué. Je renouvelle ici tout mon soutien aux familles des victimes, aux enseignants et aux usagers de l'école publique aujourd'hui sous le choc, aux catholiques qui viennent d'être visés. Ces crimes sont impardonnables. Rien, absolument rien, n'excusera jamais pareille abomination.
 
A travers eux, à travers ce terrorisme islamiste, ce sont toutes nos valeurs qui sont attaquées.
 
Ces crimes ne doivent pas rester impunis, leurs complices et  tous ceux qui prêchent la haine doivent être sévèrement punis.
 
Notre pays fait face à une menace réelle, que nul ne peut nier.
 
L'islamisme, qui grandit dans notre pays, ne doit pas être confondu avec la pratique de l'islam et de la religion musulmane.
 
A la différence de nos compatriotes musulmans qui veulent vivre leur foi dans le respect de nos lois, ceux qui se réclament de l'islamisme veulent imposer leurs lois religieuses.
 
Ils poursuivent un objectif bien précis : prendre prétexte de la religion pour répandre la terreur. S'ils combattent notre République laïque, c'est parce qu'elle garantit à chacune et chacun la possibilité
d'exercer ses droits de citoyens quelles que soient ses origines ou sa religion.
 
Pour cela, ils prétendent diviser les Français, déclencher une nouvelle guerre de religion.
 
Restons unis, ne cédons pas à ces appels.
 
Évitons les surenchères guerrières, les amalgames. Des responsables politiques récupèrent malheureusement ces drames pour en rajouter, entretenant la confusion entre l'immigration, le droit d'asile, la nationalité et les religions.
 
Les réseaux sociaux deviennent ainsi le théâtre de ce climat d'une violence inouï. Quelques heures après le drame qui a couté la vie à Samuel Paty, des dizaines de sites français, d'extrême droite, diffusaient la photo de sa tête, appelant à venger le professeur en s'en prenant aux musulmans.
 
Bien sur, tout cela est interdit par des lois qui existent déjà.
 
Mais cela illustre le climat qui pousse des extrémistes à passer à l'acte. Comme ce militant d'extrême droite qui a mitraillé des fidèles musulmans à Bayonne, à l'automne 2019.
 
C'est pour cela que nous devons rester forts, soudés, unis autour des grandes conquêtes républicaines dont nous avons hérité avec la Révolution française. C'est ainsi que nous ferons reculer l'islamisme et ses réseaux, ainsi que tous les extrémistes qui veulent nous opposer les uns aux autres.
 
Oui l'heure est grave. Car en plus d'affronter une crise sanitaire,  économique et sociale, notre démocratie est attaquée, mise en danger.
 
C'est pourquoi, je le dis ici, le Parti communiste français ne cédera pas un pouce de terrain à l'obscurantisme. Il prendra toute sa part dans ce combat pour notre République laïque, pour faire vivre la paix civile, l'égalité et la fraternité.
 
Il répondra aussi présent, comme à chaque fois dans son histoire, pour construire avec d'autres l'indispensable rempart contre toutes les formes de fascisme pour lequel nos anciens n'ont pas hésité à verser leur sang.
 
Et nous sommes prêts à passer aux actes. Oui, passer aux actes.
 
Car il est urgent de faire vivre cette République, partout, dans tous les territoires, là où elle est déstabilisée, contestée, attaquée.
 
Oui, nous voulons préserver comme un trésor national cette laïcité qui garantit la liberté de conscience et de critique. Cette liberté d'expression, si originale dans le monde et même en Europe.
 
Oui, nous voulons affirmer la séparation intransigeante des religions et de l'État.
 
Oui, nous voulons faire vivre l'égalité entre les femmes et les hommes, nous voulons en finir avec toutes les formes de patriarcat et de discriminations, avec le racisme et l'antisémitisme.
 
La République française est celle qui doit garantir les droits de tous ses citoyens, sans distinction d'origines, de religions, de convictions, d'orientations sexuelles.
 
Il y a des mesures urgentes à prendre, pour sécuriser le pays, nos concitoyens, pour protéger chacun d'entre nous des appels à la haine qui circulent.
 
Il est tellement urgent de retrouver sur tout le territoire des gardiens de la paix, une police de proximité, des services de renseignement, efficaces et en nombre suffisant.
 
Il est urgent de redonner des moyens à ces hommes et ces femmes qui luttent contre la haine sur les réseaux sociaux, avec la plateforme PHAROS, qui est à la disposition de tous pour signaler les comportements
et contenus illicites sur internet.
 
Il est indispensable de s'en prendre aux trafics d'armes, de blanchiment d'argent, qui financent et alimentent des réseaux et des extrémistes de tous bords.
 
Mais il faut aussi, dès maintenant, assécher le terreau sur lequel pousse dans notre pays le terrorisme. Des enfants français sont aujourd'hui sous l'emprise de parents et de réseaux islamistes.
 
Bien souvent, ils grandissent dans ces ghettos, dans ces zones de non droit où se concentrent la pauvreté, l'exclusion et toutes sortes de trafics.
 
Nous devons réinvestir les champs perdus de la République. Il ne suffit pas d'en parler. Il faut le faire !
 
Dans de très nombreux quartiers, le chômage frôle les 50 % et la pauvreté s'est installée.
 
Au lieu d'investir ces quartiers, l'Etat s'est désengagé.
 
Chaque fermeture d'hôpital de proximité, de maternité, de bureau de poste, de trésorerie, d'arrêt de bus, d'école, de commissariat, est vécu comme un abandon.
 
Le vivre ensemble, l'accès au savoir et à la culture reculent.
 
La fermeture de tous ces services publics, l'absence d'une vraie politique de logement et de soutiens à la vie associative, ont ouvert la porte aux associations communautaristes.
 
Cette situation n'excusera jamais le passage à l'acte et les crimes innommables. Jamais. Mais ouvrons les yeux sur ces ghetto, sur ces reculs de l'Etat, sur ces inégalités qui permettent à des fanatiques de recruter.
 
Nos professeurs, nos instituteurs et institutrices sont bien souvent prêts à prendre toute leur part dans ce travail. Leur engagement est d'ailleurs bien mal récompensé, et cela depuis des années.
 
Il est temps de leur donner les moyens de faire leur travail, auprès de chacun de leurs élèves.
 
Réaffirmons avec force la liberté pédagogique des enseignants. À l'école, rien n'est objet de croyance mais tout est au service des savoirs et de leur transmission.
 
Plus que jamais, portons l'ambition d'une culture commune de haut niveau au sein d'une école émancipatrice pour toutes et tous, donnant à tous les jeunes les moyens de maîtriser leur avenir.
 
Depuis des années, ce gouvernement comme les précédents s'est attaqué à l'école publique. En faisant cela, ils ont favorisé l'essor des établissements privées confessionnels.
 
Il fallait « dégraisser le mammouth » ! Aujourd'hui, il n'a plus que la peau sur les os et nos enseignants s'en plaignent depuis longtemps !
 
Stop avec ces logiques d'austérité qui ont affaibli tout l'enseignement, de l'école jusqu'à l'université, au gré des politiques mises en œuvre ces dernières années.
 
Des moyens supplémentaires doivent lui être accordés pour lui permettre de déjouer les offensives intégristes de tous bords. Un plan d'embauches est nécessaire. Et nos enseignants doivent pouvoir bénéficier d'une formation de qualité, adaptée aux nouvelles missions qu'ils ont à accomplir.
 
Pour chaque signalement, ils doivent être soutenus par leur hiérarchie.
 
Donnons-nous un calendrier, des objectifs, des moyens pour que tous nos concitoyens, quelle que soit leur origine, aient les même droits.
 
Adressons-nous à la jeunesse de notre pays pour leur envoyer ce message clair, ce signe d'espoir qu'ils seront tous respectés, qu'ils auront accès à l'emploi à la formation, au logement, à la culture, avec des
salaires leur permettant de vivre dignement.
 
Ce travail-là prendra de longs mois, peut-être plusieurs années. C'est pourquoi nous devons commencer sans tarder, en agrégeant toutes les forces vives de notre pays, les associations, les élus locaux tous ceux
qui ont à cœur de faire vivre et prospérer notre idéal républicain.
 
Ce combat contre les reculs de la République exige enfin une autre politique internationale de la France.
 
 
Les insultes du président Erdogan, les expéditions punitives organisées par des groupuscule d'extrême droite turcs dans notre pays contre des Arméniens ne sont pas acceptables. Tout comme les appels à la haine
contre notre pays, contre le président de la République.
 
La France doit revoir ses relations avec ces dirigeants, ces monarques qui financent des réseaux islamistes et bénéficient en même temps du soutien de notre pays comme de l'Union européenne. Les ventes d'armes,
les conventions fiscales avantageuses, les relations d'amitiés se retournent aujourd'hui contre nous. Il faut y mettre fin !
 
Commençons par ne plus leur vendre d'armes, et à ne plus sièger au sein de l'Otan, aux côtés de Monsieur Erdogan, qui emprisonne ses opposants démocrates, massacre les kurdes, menace la Grèce et Chypre, soutient une guerre meurtrière contre les Arméniens dans le Caucase.
 
Mes cher·e·s ami·e·s,
 
L'heure est grave mais ne perdons jamais espoir. Car même dans les heures les plus sombres, le peuple de France a su trouver les ressorts qui lui ont permis de faire face.
 
Mettons l'argent, nos richesses, au service de tous ces défis, au service de l'être humain, au service de la Paix, de la fraternité, de l'égalité entre tous les concitoyens.
 
Plus que jamais, l'Humain d'abord.
 
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,
 
Paris, le 3 octobre 2020.
 

 

Attaques terroristes / République : Déclaration de Fabien Roussel (PCF)
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