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2 janvier 2020 4 02 /01 /janvier /2020 06:53

 

La République nous appartient, sans distinction d’origine, de condition, d’apparence, de croyance, de sexe ou de genre. Chaque année depuis 2010, Mediapart demande donc à un·e citoyen·ne de remplacer et de précéder le président en place dans l’exercice des vœux présidentiels.

Pour 2020, les humoristes Charline Vanhœnacker et Guillaume Meurice, accompagnés à la guitare par Frédéric Fromet, nous offrent en chanson les vœux joyeux et moqueurs d’une présidence paritaire.

Les accueillir tous les trois à Mediapart, c’est aussi manifester notre soutien aux personnels de Radio France en lutte contre le plan de suppression de postes au sein de la radio publique, mouvement qu’ils soutiennent et auquel ils participent. Charline Vanhœnacker co-anime avec Alex Vizorek l’émission « Par Jupiter ! » sur France Inter, dans laquelle Guillaume Meurice a son moment et Frédéric Fromet sa chanson.

Chaque matin, les auditeurs de France Inter peuvent écouter le billet de Charline Vanhœnacker. Elle est l’auteure d’un savoureux Bonjour la France ! et, plus récemment, la co-auteure, avec Guillaume Meurice et la dessinatrice Cami, du premier Cahier de vacances de Manu. Pour tout savoir des activités de Guillaume Meurice, et notamment la tournée de son nouveau et décoiffant spectacle The Disruptives, rendez vous sur son site officiel. De même pour Frédéric Fromet.

Ce trio succède dans cet exercice citoyen et mediapartien à Stéphane Hessel (vœux de résistance pour 2011), Moncef Marzouki (vœux d’espoir pour 2012), Édouard Martin (vœux de lutte pour 2013), Ariane Mnouchkine (vœux d’épopée pour 2014), François Morel (vœux de courage pour 2015), Océanerosemarie (vœux de paix pour 2016), Assa Traoré (vœux de fraternité pour 2017), Sandrine Rousseau (vœux de liberté pour 2018) et Vincent Verzat (vœux de lucidité, solidarité et radicalité pour 2019).

En bonus, ce bêtisier du tournage, dans le studio de Mediapart :

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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 06:50
Message de soutien aux cheminots en grève. « Face à ce crime contre l’humanité, vous êtes là ! »
Lundi, 30 Décembre, 2019

Les sociologues, anciens directeurs de recherche au CNRS, Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon étaient invités à participer à l’assemblée générale des cheminots d’Amiens le 27 décembre dernier. Ils ont adressé un message de soutien que nous publions ci-dessous.

 

Merci de nous avoir invités, en ce 27 décembre 2019, à votre Assemblée Générale intersyndicale à Amiens, la ville natale d’Emmanuel Macron, le fondé de pouvoir d’une oligarchie capitaliste chargé de la prédation de ce « pognon de dingue » que représentent  les cotisations sociales de la Sécurité sociale et notamment celles de la branche retraite, aujourd’hui directement menacée.

Vous venez de voter la reconduction de la grève des cheminots de votre secteur jusqu’au 2 janvier 2020. Votre courage fait notre admiration.  L’un de vous a rappelé  cette maxime d’Henri Krasucki «  La régression sociale ne se négocie pas, elle se combat ! », sonnant si juste à l’heure de la destruction de la retraite basée sur la solidarité entre les générations avec un montant juste et garanti pour tous.  La retraite individualisée par points sera aux risques et périls de chacun, mais assurera de nouveaux profits aux  financiers et spéculateurs de haut vol. Ceux-ci veulent le beurre, avec les milliards d’euros des cotisations sociales, l’argent du beurre, avec la disparition d’une solidarité créee à la Libération à un moment où les patrons se faisaient  tout petits après l’engagement de beaucoup d’entre eux au service de la collaboration avec le Maréchal Pétain, et le sourire des cheminots, des travailleurs et des intellectuels.

De tout cela les coffres-forts ambulants des beaux quartiers ne doivent rien avoir!

Le combat est en effet vital pour contrer le processus de déshumanisation engagé par les parasites du capitalisme dont la richesse n’est dûe qu’à l’exploitation des salariés et des travailleurs. Pourtant ceux-ci sont  stigmatisés de « coûts » et  de« charges », tandis que les détenteurs des titres de propriété, dont ils ont en général hérités, se sont auto-proclamés les seuls « créateurs de richesses ». Les 10 milliardaires qui possèdent 90 % des médias français mènent une propagande, une guerre idéologique pour que cette croyance dans la bienfaisance des riches, aboutisse à diviser les pauvres entre eux.

Les difficultés induites par le blocage des transports, en ces moments rituels des fêtes de fin d’année, doivent être acceptées comme dérisoires par rapport à la gravité de la guerre de classe que les plus riches mènent contre les pauvres. Les armes de cette guerre sont celles utilisées par la police contre les manifestants, mais aussi celles idéologiques et linguistiques relayées par  tous les « chiens de garde » chargés de mitrailler la langue venimeuse de l’expertise et du chiffre. Vous, syndicalistes, citoyens et cheminots, vous êtes engagés courageusement dans un bras de fer contre les rapaces qui exigent que vos vies  soient les moins coûteuses et les moins longues possibles. L’espérance de vie des hommes modestes est aujourd’hui, en France, de 71,7 années contre 85 pour les hommes aisés, soit 13 ans de vie volés au nom de l’argent-roi.

Vous êtes  donc notre fer de lance dans le  blocage de l’économie réelle dont les vautours sont bien incapables d’assurer  le fonctionnement.

Ce combat contre la réforme des retraites, conçue par un amiénois aux dents longues, est un peu celui de la dernière chance avant l’accélération de la mise en place d’un processus d’esclavagisation « moderne »  à l’échelle de la planète. Le capitalisme est entré dans la phase néolibérale où la finance mène la danse macabre et mondialisée de la violence de classe. Tous les secteurs de  la vie sont désormais soumis à la marchandisation au  seul profit des actionnaires ! Le vivant, sous toutes ses formes, humaine, animale et végétale, sera bientôt  exclusivement entre leurs mains et leurs algorithmes. Le dérèglement climatique dont les capitalistes, qui ont pillé les ressources naturelles pour s’enrichir, sont les seuls responsables, constitue leur ultime arme pour éliminer la partie la plus pauvre de l’humanité devenue inutile à l’heure des robots et de l’automatisation généralisée. L’intelligence artificielle régnera alors sur une planète au service des riches survivants, une fois que les ouragans, tempêtes, inondations et incendies gigantesques auront fait le sale boulot.

C’est ce qui explique que les émissions de gaz à effet de serre augmentent toujours plus et que les milliardaires du monde entier se construisent des bunkers hautement sécurisés. Nous ne sommes pas dans le même bateau !

Face à ce crime contre l’humanité, vous êtes là, dans le froid, sur le parvis de la gare d’Amiens avec ce  réveillon de Noël partagé dans la solidarité d’un combat juste, citoyen et courageux pour le meilleur du peuple de France. Nous sommes fiers d’être avec vous.

Travailleurs du rail, responsables politiques avec la  présence du député François Ruffin, et intellectuels de la sociologie, notre présence conjointe et complémentaire, confirme la conscience partagée que la lutte pour le retrait définitif et sans concession de la réforme des retraites  mise au point par un ex-banquier d’affaires, constitue le nœud décisif qui empêchera l’irréversibilité de  la descente aux enfers des travailleurs.

L’unité et la solidarité doivent monter en puissance et en visibilité, tels sont nos vœux les plus chers pour la nouvelle année !

PS : Nous sommes rentrés chez nous le cœur léger mais avec un sac à dos alourdi par le cadeau des cheminots. Un livre de 2 kilos qui présente un à un les cheminots victimes de la répression menée par les autorités des nazis allemands et le régime de Vichy au cours de la seconde guerre mondiale. 2672 notices biographiques nous font pénétrer dans la vie de ces héros du rail qui ont permis la victoire sur la bête immonde. Tout un symbole dans l’actualité macroniste !

Message de soutien aux cheminots en grève.  Face à ce crime contre l’humanité, vous êtes là ! - Monique et Michel Pinçon-Charlot, L'Humanité, 30 décembre 2019
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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 06:25

 

Emmanuel Macron avait demandé une trêve de Noël sans rien proposer en échange. Il continue depuis à taper sur les grévistes et les opposants à la réforme des retraites.

Ils sont malins, au gouvernement. Emmanuel Macron s’est retranché dans le fort de Brégançon (Var) et certains ministres sont à l’étranger. Mais, à les entendre, ils se trouveraient toujours à Paris. « Le gouvernement est à la tâche, sans relâche, à la disposition de chacune et de chacun, chaque heure et chaque jour. Il n’y aura pas de trêve pour le gouvernement », promettait Macron avant les fêtes. À la tâche, sans relâche, mais à distance, surtout pour défendre la réforme des retraites et combattre le mouvement social.

Les ministres, où qu’ils soient, ne sont pas en reste pour diaboliser les syndicats et les grévistes. « Les fêtes de fin d’année doivent être respectées », a lancé juste avant Noël Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État aux Retraites. « Il est des moments dans la vie d’une nation où il est bon de savoir faire trêve pour respecter les ­familles », a estimé le chef de l’État juste avant les fêtes. C’est pourtant le gouvernement lui-même qui a lancé sa réforme en pleine période de Noël, dans l’objectif et dévitaliser et de délégitimer toute contestation sociale, au plus grand mépris des « familles » et de l’ensemble des Français.

« Nous ne reviendrons pas sur la suppression des régimes spéciaux »

Ils se lamentent aujourd’hui de ne pas avoir obtenu de trêve de Noël. Mais qu’ont proposé les ministres ? « Nous attendons une prise de conscience progressive du compromis qui a été mis sur la table », plaide l’entourage du premier ministre. Quel compromis ? « Ce n’est pas le gouvernement qui l’a refusé ! » assène Laurent Pietraszewski. Facile, puisque rien n’a été proposé aux syndicats. « Nous ne reviendrons pas sur la suppression des régimes spéciaux », affirme d’ailleurs le secrétaire d’État. Il n’y aura pas « de réintégration des critères pénibilité », ni « d’augmentation des cotisations ». Pourquoi ? « Le patronat n’accepterait pas », souffle la communication du gouvernement. On voit bien qui tient le manche ici : hors de question de porter une mesure refusée par le Medef, mais si elle est combattue par l’ensemble des syndicats, là, tout va bien ! Macron a d’ailleurs, selon le Journal du dimanche, fustigé la CFDT lors du dernier Conseil des ministres en pestant contre « ceux qui ont une idée généreuse de la réforme, qui s’attribueraient les bonnes nouvelles et qui renverraient la question financière ».

Tout est dit. Cette réforme n’est pas « généreuse » et ne contient aucune « bonne nouvelle » pour les Français, malgré le récit imposé par l’exécutif, qui tente de décrocher un à un les grévistes, métier par métier, en proposant un chèque. Cela « va se compter en milliards (…) mais le jeu en vaut la chandelle », estime la députée LaREM Olivia Grégoire, qui appelle de ses vœux un « régime universel » en réalité taillé pour repousser l’âge de départ, baisser les pensions et diriger les Français vers des systèmes de retraite privés. Pour montrer l’exemple, Macron a même renoncé à sa retraite de président. « Que ceux qui critiquent Macron en fasse (sic) autant », ont twitté de nombreux macronistes, dont le député Fabien Matras. Et donc, à quoi doivent renoncer ceux qui n’ont qu’une retraite de non- président ?

Aurélien Soucheyre

 

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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 06:15
Le tribunal de commerce valide le plan de continuation de l'Humanité - le journal de Jaurès est sauvé une nouvelle fois! - pat Patrick Le Hyaric, 27 décembre 2019
Le tribunal de commerce valide le plan de continuation de l’Humanité
Vendredi, 27 Décembre, 2019

Par Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité

 

Nous avons reçu, jeudi 26 décembre, les conclusions définitives du tribunal de commerce de Bobigny, à la suite de l’audience solennelle qui s’est tenue le 18 décembre dernier. Elles sont très positives.

Le tribunal constate les considérables efforts que nous avons déployés en appliquant un plan d’économies tel que nous l’avons annoncé dès le début du mois de mars. Il dépasse les 3,5 millions d’euros. Les projections de recettes de ventes de journaux, d’abonnements, de publicité se réalisent et les résultats de la Fête de l’Humanité seront en progrès sur ceux de l’année 2018. Les mobilisations des lectrices et lecteurs ainsi que de nombreux amis ont permis d’améliorer la trésorerie de plus de 4 millions d’euros. Merci, une nouvelle fois, très chaleureusement, à toutes celles et ceux qui ont ainsi participé aux campagnes de dons et de souscriptions. Le tribunal a également constaté l’ampleur inédite des efforts que produisent les créanciers privés et publics. Ils décident d’abandonner 75 % de leurs créances. Fait rarissime qui manifeste la volonté d’une multitude d’acteurs économiques et de partenaires de voir perdurer et se développer l’Humanité comme élément important du débat démocratique et du pluralisme des idées et de la presse. L’actuelle mobilisation de la rédaction pour décrypter, analyser les conséquences de la contre-réforme des retraites, les reportages qu’elle produit sur le mouvement en cours, en soutien à celui-ci, en administrent la preuve avec éclat.

En contrepartie, nous devrons d’ici la fin du mois de mars prochain payer les 25 % de dettes ainsi renégociées. Notre trésorerie, même si elle doit être encore confortée, le permet. Il est décidé que le remboursement d’une partie de créances publiques sera étalé sur deux années et le reliquat d’autres dettes sur dix ans.

Constatant les bons résultats obtenus, le tribunal a déclaré la sortie de l’Humanité de la période d’observation et de redressement entamée le 7 février dernier et a accepté le plan de continuation de la société et de l’ensemble de ses activités.

Désormais, l’Humanité sort donc de la mauvaise passe dans laquelle elle se trouvait et affronte l’avenir dans des conditions nouvelles. Évidemment, cette décision du tribunal de commerce, l’engagement des lectrices et lecteurs, d’amis et de soutiens, celui de celles et de ceux qui y travaillent, celui des créanciers, les efforts de nos partenaires nous obligent au plus haut point. Il n’y a pas de « continuation » de l’Humanité sans penser son développement dans les conditions nouvelles de notre temps : modification des modes d’accès à l’information et de lecture, mais surtout intensification de la guerre idéologique dans laquelle les idées de la République sociale, de la laïcité, de la souveraineté populaire, de la solidarité et de l’en-commun sont battues en brèche et ouvrent la terrible voie aux extrêmes droites. Ce péril trop sous-estimé appelle à renforcer l’Humanité, à élargir son audience et sa diffusion. Heureusement, les mouvements mondiaux en cours pour la justice sociale, la justice climatique, les droits humains et la démocratie sont porteurs d’espoir. Fidèle à son fondateur, Jean Jaurès, l’Humanité prouve chaque jour qu’elle est de ce combat. Son importante mission au service de l’information, du débat, de la connaissance, des révélations, de la défense des intérêts populaires contre l’emprise du capitalisme financiarisé, mondialisé, sur les vies humaines, les menaces sur la paix et l’environnement mériterait d’être plus connue.

La décision du tribunal comporte également des exigences à notre égard. Évidemment, celle de ne plus contracter de dettes et de nous conformer strictement au remboursement des créances retenues, celle de communiquer une situation trimestrielle de nos comptes aux deux commissaires à l’exécution du plan qu’il nomme dans sa délibération, celle de « renforcer les fonds propres de la société de 1 à 2 millions d’euros au cours de la première année, afin de consolider la trésorerie » et de reconstituer le capital social du groupe. Nous ouvrons sans tarder la possibilité de le réaliser – tout en conservant notre indépendance – en créant un fonds de dotation permettant de recueillir cette somme en 2020. Au sein de ce fonds, nous créons le club des « amis-actionnaires » de l’Humanité, parrainé par des personnalités attachées au pluralisme, à l’existence et au développement de l’Humanité. Ce fonds sera partie prenante du capital dans le semestre à venir. Nous donnerons vers la fin du mois de janvier des informations sur ces projets. Nous proposons jusqu’à la mi-janvier aux lectrices et lecteurs d’offrir un abonnement à une personne de leur entourage intéressée par la découverte de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche et de recueillir 1 000 adresses de jeunes à qui nous ferons découvrir l’Humanité numérique dans les semaines à venir.

Ainsi peuvent être créées les conditions d’un nouveau départ pour l’Humanité. Remerciement à toutes celles et ceux qui nous ont accompagnés et soutenus dans la difficile épreuve que nous venons de traverser.

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 06:37

Dans le cadre du plan d’action proposé par l’intersyndicale départementale, il a été décidé d’organiser des distribution de tracts sur Morlaix.

Une distribution est organisée le samedi 28 décembre 2019 sur le marché de Morlaix.

MOBILISONS NOUS JUSQU'AU RETRAIT DE LA REFORME (CGT - FSU - FO - SOLIDAIRES)
MOBILISONS NOUS JUSQU'AU RETRAIT DE LA REFORME (CGT - FSU - FO - SOLIDAIRES)
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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 06:16
LA MAIN MISE D'EMMANUEL MACRON SUR LES MÉDIAS EN FRANCE

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 06:03

 

La tentation autoritaire [article paru le 18/09/19]

 

On doit s’interroger sur cette démocratie libérale qui suscite un tel rejet et qui risque de nous entraîner, tôt ou tard, dans de désastreuses aventures. La démocratie, la vraie, ne peut pas être antisociale.

Voilà une enquête d’opinion comme on nous en propose régulièrement, qui dessine à gros traits un portrait robot du Français moyen, qui ne croit plus en ceci ou en cela, qui a le moral en berne, veut être mieux protégé, et juge son pays en déclin… L’exercice a évidemment ses faiblesses (1). Il brasse des généralités. « Les » députés, « les » médias, « les » syndicats subissent tous le même opprobre. Au diable les nuances et le pluralisme ! Le mort saisit le vif.

Mais ce prisme déformant nous permet tout de même d’apercevoir quelques réalités. L’urgence écologique, par exemple, est bien là, désormais installée dans la conscience collective. Même si la moitié des personnes interrogées ne veulent pas que le combat contre le réchauffement climatique se fasse au détriment du social. Mais une autre réalité, très inquiétante celle-là, se confirme d’année en année. Une remise en cause de la démocratie, et son corollaire, une fascination pour la figure chimérique du chef. Un Bonaparte ou un général Boulanger qui mettrait au travail les chômeurs, puisque ceux-ci, nous dit le sondage, ne font pas les efforts nécessaires pour retrouver un emploi, et qui fermerait nos frontières aux migrants, puisqu’on ne se sent plus vraiment « chez soi ».

Dans cet imaginaire glaçant, l’autorité et la répression finiraient par régler les effets de la crise sociale, faute de régler la crise sociale elle-même. On pense à la fameuse formule de Pascal : « Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. » Et on est frappé au passage par la porosité entre ces réponses et une partie du discours macronien… Il paraît donc que 36 % des Français seraient dans cette disposition d’esprit. Ceux-là, nous dit-on, ne croient plus dans la démocratie. Face à ce constat, on peut s’en tenir à une condamnation morale de ces « mauvais citoyens ». Ce fut longtemps le choix de la gauche.

Inversement, on peut, comme l’extrême droite, flatter leur obscurantisme, au nom du « peuple-qui-a-toujours-raison ». La première attitude est contre-productive ; la seconde est criminelle. Ni ceci ni cela, donc. Mais on doit s’interroger sur cette démocratie libérale qui suscite un tel rejet et qui risque de nous entraîner, tôt ou tard, dans de désastreuses aventures. La démocratie, la vraie, ne peut pas être ce système menteur qui nous parle d’égalité et d’universel, quand toute une politique dit le contraire. Elle ne peut pas être antisociale. L’affaire des retraites illustre parfaitement cette contrefaçon. Tous les mots sont pipés. La notion de privilège n’est utilisée que pour diviser. Dans le schéma libéral, les privilégiés ne sont jamais les super-riches. Et que dire de l’égalité ? C’est Rousseau mal revisité par Macron.

On se pince quand deux mots révolutionnaires, comme égalité et universalité, sont au cœur de l’argumentaire gouvernemental pour justifier une réforme injusteComme si les régimes spéciaux n’avaient pas été conçus après-guerre pour corriger des inégalités inhérentes à la pénibilité des métiers, aux irrégularités d’horaires, et à la faiblesse des salaires. Comme si la retraite à 55 ans des conducteurs de métro ne venait pas en compensation d’une vie passée dans un tunnel, avec le stress de professionnels qui, chaque jour, ont la responsabilité de milliers de vies humaines.

Prétendre créer une égalité de traitement au travers du seul système de retraite alors que tout, par ailleurs, produit de l’inégalité relève de l’imposture. Si le gouvernement se mêlait vraiment d’égalité, il agirait sur d’autres leviers. Il n’aurait pas supprimé l’impôt sur la fortune. Il se préoccuperait d’imposer plus fortement les revenus financiers. Il relèverait les taux des tranches supérieures de l’impôt (solution notamment préconisée par Thomas Piketty). Il irait peut-être jusqu’à fixer un seuil de richesse, comme le suggère la Fondation Copernic (2). Nous sommes évidemment très loin de tout ça. Et lorsque Jean-Paul Delevoye promet des compensations salariales à ceux qui renonceront à leur régime de retraite, il demande grossièrement de lâcher la proie pour l’ombre. L’insincérité de cette réforme saute aux yeux. Comme l’insincérité du discours gouvernemental en général. Un discours entièrement déterminé par l’obsession de contraintes budgétaires qu’il faut tenir sans toucher à la répartition des richesses.

Rarement on a eu plus qu’aujourd’hui le sentiment qu’une politique n’avait pour objectif que de circonvenir l’opinion. À mesure que se profile la probabilité d’une mobilisation sociale qui pourrait égaler celle de l’hiver 1995, le gouvernement multiplie les subterfuges qui aggravent la crise de confiance. La réforme, nous dit-on, ne s’appliquerait qu’en 2040. En espérant que la lutte des classes sera soluble dans le temps. Et, plus grave encore, Emmanuel Macron ressort le joker sarkozyste de l’immigration pour embarquer l’opinion dans un combat douteux. Où l’on voit que la démocratie libérale entretient avec les idées antidémocratiques une intimité plus étroite qu’il y paraît. Il serait évidemment absurde, et même irresponsable, de faire de Macron un dictateur. Mais il n’est pas exagéré de dire que la crise de confiance qu’il provoque peut annoncer de sombres lendemains

 

par Denis Sieffert

(1) Enquête Ipsos Sopra-Steria avec la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne. Cf. Le Monde du 17 septembre.

(2) Lire Vers une société plus juste, un manifeste publié par la fondation Copernic, 110 pages, 10 euros.

Lien : https://www.politis.fr/articles/2019/09/la-tentation-autoritaire-40817/

 

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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 02:31
NIVEAU DE VIE. PAR POINTS OU NON, LA RÉFORME N’ÉPARGNE PERSONNE (L’HUMANITE - Vendredi 27 Décembre 2019 - Pierric Marissal)

 

Si le passage à la retraite à points frapperait les plus jeunes, les autres seraient aussi touchés par le projet du gouvernement. Ce dernier exige de réaliser 30 milliards d’euros d’économies d’ici à 2030, qui se concentreront sur les personnes nées entre 1960 et 1975.

Vous pensiez être épargné par la réforme des retraites, car le passage au système à points ne vous concerne pas ? C’était sans compter la mise en place de l’âge pivot, la solution privilégiée par l’exécutif pour couper dans les dépenses. Parmi les grands enfumages du gouvernement, affirmer que les personnes nées avant 1975 ne seront pas concernées peut tenir la palme. Le premier ministre a ainsi affirmé sa volonté de mettre en place des « mesures d’équilibre » avant la généralisation du système à points (en 2037), lesquelles toucheront les personnes nées entre 1960 et 1975. En se basant sur les prévisions du Conseil d’orientation des retraites (COR), il entend réaliser 30 milliards d’économies à l’horizon 2030 à leurs dépens.

Un système de bonus/malus

« Voilà encore une preuve que le débat démocratique n’est pas clair du tout. Le gouvernement tente de faire croire aux gens qu’ils ne sont pas concernés par la retraite en refusant de donner des clés concrètes de compréhension, et ce, alors qu’une grève d’ampleur est en cours », dénonce Agathe, porte-parole de Nos retraites. Ce collectif citoyen vient de publier un rapport édifiant, dédié aux conséquences que la réforme aura sur les actifs nés avant 1975. La mesure qui a été présentée mercredi 11 décembre par Édouard Philippe vise à instaurer un âge pivot, aussi appelé « âge d’équilibre », à 64 ans. Son principe est d’inciter à partir plus tardivement en pénalisant les départs à 62 ans, et ce, quelle que soit la durée de cotisation, via un système de bonus/malus.

Le rapport du COR précise les contours d’une telle mesure, sous le nom d’ « âge minimal du taux plein ». C’est, parmi tous les scénarios possibles, celui que le gouvernement entend mettre en place progressivement, dès 2022, trimestre par trimestre, jusqu’en 2027. Le vice a été poussé jusqu’à demander aux syndicats de statuer eux-mêmes sur la progressivité de la mesure et des bonus/malus, alors que tous y sont fermement opposés. En moyenne, il faudra repousser l’âge de départ à la retraite de quatre mois par an entre 2022 et 2027. « Même mise en place sur cinq ans, la violence sociale de la mesure sera réelle. Il faudra travailler plus longtemps, sous peine de subir une perte sèche de la pension », assure Agathe. « Plus des deux tiers des personnes nées entre 1960 et 1975 seraient ainsi concernées : elles verraient leur décote s’aggraver ou leur surcote diminuer », a calculé le rapport.

Selon les cas types présentés par le collectif Nos retraites, il leur faudrait travailler de cinq à huit trimestres supplémentaires, sous peine de voir le montant de leur pension baisser de près de 10 %. Seules les personnes qui, à l’âge d’équilibre, n’atteignent pas encore le nombre de trimestres donnant droit à un taux plein, ou celles qui devaient déjà partir à la retraite à 67 ans, ne subiraient pas les effets négatifs de cette mesure. « La mise en place d’un âge pivot pénaliserait en outre les personnes disposant d’un petit salaire de référence (la moyenn e des salaires des vingt-cinq meilleures années – NDLR) et d’une carrière longue (à temps partiel par exemple), qui devront attendre non seulement une carrière complète, mais également l’âge de 64 ans pour bénéficier des minima de pension », poursuit le rapport.

Un étau d’austérité

Et puis la froide réalité des chiffres doit se confronter au vivant. À l’espérance de vie en bonne santé qui plafonne à 63 ans. Au fait qu’à peine un senior sur deux est encore en emploi lorsqu’il part à la retraite. « À partir d’un certain âge, on n’est plus les bienvenus dans les entreprises, on est poussés vers la sortie, remarque Agathe. Il faut réaliser que ceux qui sont partis dans des dispositifs de préretraite, comptant sur une indemnité et deux années de chômage, risquent de se retrouver aux minima sociaux, car, avec la mise en place de l’âge pivot, ils devront travailler six mois, voire un an de plus que ce qu’ils avaient calculé. Cela va générer toujours plus de précarité. »

Cet étau d’austérité qui entend corseter le système de retraite restera si la réforme passe. Par points ou non, tout le monde est concerné. C’était le but avoué de la commande passée par Matignon au COR, l’été dernier, de calculer « la contribution que pourrait apporter chacun des trois leviers que sont le montant de la pension moyenne, l’âge moyen de départ à la retraite et le taux de prélèvement, au redressement de l’équilibre financier en 2025 », dit l’ordre de mission. Le conseil a dû y répondre, tout en modérant ses propres conclusions : « Le fait que le système de retraite présente un déficit en 2025 n’implique pas nécessairement pour tous les membres du COR que celui-ci doive être résorbé à cette échéance par des mesures d’économies. De même, le fait que ce rapport présente l’impact chiffré de potentielles mesures ne signifie pas que celles-ci soient considérées comme opportunes par tous. »

Le COR n’avait pourtant pas oublié de rappeler que les réserves constituées au sein des régimes de retraite s’élevaient, au 31 décembre 2017, à 136,9 milliards d’euros. Mais aussi que la dette sociale, qui sera remboursée en 2025, dégagera 16 milliards d’euros par an pour les caisses de la Sécurité sociale. Deux autres scénarios ont été écartés d’emblée par l’exécutif. La hausse des cotisations – ou la fin des exonérations de cotisations patronales accordées ces dernières années – fâcherait trop les amis du pouvoir. Une désindexation des pensions aurait engendré immédiatement trop de précarité et de colère. Restaient donc les mesures d’âge.

Pierric Marissal

 

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 04:25
PCF - Donnez vous les moyens de la victoire : Souscrivez aux caisses de grèves !

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Caisse de grève de la CGT

Caisses de grève de Solidaires

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Site internet FO

Tribune de soutien des artistes et intellectuels (avec liens sur les différentes cagnottes en ligne)

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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 04:21
FAITES A VOS ENFANTS LE PLUS BEAU DES CADEAUX (Info Com CGT)

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