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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 05:40

 

Avec près de 40000 emplois directs en France, la plaisance peut-elle dynamiser le littoral quand les activités anciennes sont en déclin ?

*Dominique Gontier est spécialiste des questions maritimes

L’évolution de notre société entraîne, avec le développement des zones côtières, celui de la pratique des loisirs nautiques et de la plaisance ; l’ensemble a un fort impact sur l’économie. Ainsi la mer, cet espace dangereux, est-elle utilisée comme espace de détente et de distraction, ce qui nécessite des équipements comme des ports, et donc des politiques publiques pour les mettre en place.

Ces nouvelles activités sont-elles pour autant une réponse à l’abandon des ports de pêche par des navires professionnels devenus rares? Certains pourtant misent sur le secteur de la plaisance, quitte à implanter le plus de ports possible. Mais ce secteur a une dynamique propre dans les domaines économique, social et culturel.

 

En quelques années, le nombre de bateaux immatriculés en France a dépassé le cap du million, pour s’établir à 1 004 408 ; il était de 955 656 en 2011. Les données statistiques ont évolué depuis 2011, mais la mise à jour de 2016 ne fait que confirmer les tendances précédentes. L’essentiel de la flotte de plaisance est composé de navires à moteur (74,5 %) et d’embarcations de moins de 6 m (75 %). La place des industries nautiques de loisirs dans l’économie française reste mal connue, et les études conduites par la Fédération des industries nautiques (FIN) s’apparentent plus à du lobbying qu’à autre chose. La construction navale compte 5 400 entreprises, dont de très gros chantiers. La production est essentiellement tournée vers l’exportation (76,8 %), et parmi les navires immatriculés entre 2015 et 2016 plus de 27 % d’entre eux le sont au titre de sociétés anonymes ou de sociétés de leasing. Dès lors on voit bien que le lien au territoire, en termes de politiques publiques et d’aménagement, est particulièrement distendu.

Les chantiers de plaisance représentent quelque 40 000 emplois directs, bien loin en nombre de ceux qui ont disparu notamment dans la pêche hauturière. Par exemple, on compte sur les doigts des deux mains les emplois liés à la création du port de plaisance du Port-Rhu à Douarnenez, ville où l’on dénombrait 5000 inscrits maritimes dans l’immédiat aprèsguerre. Pour conduire des politiques publiques qui aient du sens et répondent aux questions posées il importe de cesser urgemment de croire que l’on va remplacer la flotte de pêche et les secteurs économiques associés par la plaisance. Les Schtroumpfs lorrains n’ont jamais remplacé les sidérurgistes.

Des plaisanciers divers

Si le yachting, comme on disait, a été longtemps réservé aux couches les plus aisées de la société, les conquêtes sociales, le droit aux loisirs, l’émergence des mouvements d’éducation populaire, les comités d’entreprise, les clubs municipaux ont largement ouvert le droit à la mer et aux pratiques nautiques sous toutes leurs formes. Il serait malgré tout hasardeux d’établir un lien direct entre la taille des bateaux et les catégories socioprofessionnelles. Le poids des catégories sociales intermédiaires dans les pratiques nautiques est un des marqueurs des changements de ces dernières décennies. En effet, une coque semi-rigide de 6 m munie d’un moteur de 100 CV coûte cher à l’achat, à l’usage et à l’entretien. Cela dit, l’évolution des technologies avec, dans les années 1950, l’utilisation du contreplaqué pour la construction de petites unités relativement bon marché et la véritable explosion du « plastique » (en fait fibre de verre et résine époxyde) a véritablement emballé ce marché. N’oublions pas non plus le poids, sur la zone littorale, de pratiques locales populaires fortement implantées et tournées uniquement vers la pêche à travers ceux que l’on surnomme, à Douarnenez par exemple, les « papys casquettes ». Férus de pêche à proximité des côtes, souvent retraités, ils sont un élément déterminant de l’animation à l’année des ports.

Les ports et les politiques publiques d’équipement

Les ports de plaisance et de pêche sont gérés par les collectivités locales, le conseil général ; ils sont aidés par des subventions de la région et de l’Europe. Ainsi, il y a une dizaine d’années, deux projets de ports de plaisance, à Primel-Plougasnou et au Guilvinec, étaient lancés par les collectivités locales toutes tendances confondues. Aux côtés des maîtres d’ouvrage, dépassant les clivages politiques, on trouvait des usagers, des élus, des associations de plaisanciers et des citoyens, persuadés que ces équipements lourds non seulement répondent encore à une demande insatisfaite, mais peuvent aussi se substituer aux activités traditionnelles en déclin, relançant une forme de dynamique économique vertueuse créatrice d’emplois locaux. Ces projets se sont heurtés à l’opposition frontale de certains plaisanciers, d’associations de défense de l’environnement et de bon nombre d’élus. Leur réalisation tarde. Par ailleurs, il faut remarquer que les ports de plaisance construits dans les années 1970 ne pourraient plus voir le jour aujourd’hui. Réalisés dans d’anciennes vasières, zones de reproduction des populations de poissons et d’abri des juvéniles, les boues de dragage étaient alors dispersées en mer ou à terre sans aucun contrôle qualitatif ; d’autres furent installés en limite du trait de côte, parfois sur l’estran dans le secteur intertidal. Tous posent désormais des problèmes de gestion technique parfois insolubles et toujours d’un coût élevé. Ils ont toujours été accompagnés d’opérations immobilières d’importance, seul moyen de tendre vers l’équilibre financier du projet.

Des évolutions possibles

Or on estime le temps d’utilisation moyen annuel des bateaux de plaisance habitables à une semaine en Manche Atlantique et à la moitié en Méditerranée. Ajoutons que sans les « papys casquettes », les ports seraient plus encore ce qu’ils sont, d’immenses garages à bateaux. Enfin, cerise sur le gâteau, mais ceci va avec cela, on repère dans les chantiers, sur les terre-pleins, dans les jardins, sous des hangars un nombre significatif de bateaux abandonnés. La question de leur déconstruction se pose et entraîne avec elle une autre question : comment construire des embarcations recyclables ? Les changements de pratique et, surtout, leur diversification condamnent donc ce modèle unique très impactant, d’un point de vue environnemental et financier, dans sa construction et sa gestion.

Faire autrement

Comme dans bien des domaines, la question se pose depuis plus de temps qu’on ne le croit, et de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui interpellent ce modèle. Appréhender les loisirs nautiques dans leur complexité et prendre en compte leurs évolutions nécessite de se dégager de la vision unilatérale et lobbyiste des industriels… et de tenir compte de ce que les loisirs nautiques ont leur propre logique. Faut-il continuer à construire des bateaux non ou sous-utilisés ? C’est une question qui fâche… Elle concerne pour l’essentiel les navires de plaisance habitables de croisière côtière ou hauturière. Ce segment de navires est particulièrement touché en termes de sous-utilisation. Cette sous-utilisation est liée à l’âge du capitaine – la forte connotation masculine de ces pratiques nautiques – , au besoin de découvrir d’autres bassins de navigation, parfois lointains, à l’engouement pour les supports légers simples d’utilisation et de mise en œuvre rapide. Il faut donc sortir de la vision « un jardin personnel/une tondeuse personnelle » ou un bateau de croisière pour chaque propriétaire et redonner ses lettres de noblesse à la multi – propriété et/ou à la navigation en club. La gestion des ports de plaisance doit s’adapter et favoriser les navires à forte utilisation (tarifs préférentiels, services portuaires innovants et ciblés…).

Enfin, il faut suivre avec beaucoup d’attention et accompagner les recherches pour la réalisation de navires et de supports à faible impact environnemental, de la construction à la déconstruction, et dont une partie de la matière première – la fibre de lin par exemple – peut être produite localement. Il est donc urgent de promouvoir les changements technologiques inévitables, les évolutions des entreprises et de valoriser les cabinets d’architectes navals qui travaillent sur des navires compatibles avec ces nouveaux critères.

 

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 05:34

 

Le premier round de négociations sur la politique agricole commune s’achève. Après l’accord du Conseil européen mercredi, les eurodéputés doivent se prononcer ce 23 octobre.

Elle brasse des milliards d’euros, dessine les paysages européens, détermine le goût de nos aliments comme la survie des paysans ou le bien-être des animaux. A priori, la PAC est technique, mais il faut se plonger dans son fonctionnement pour en comprendre toutes les conséquences. « C’est le premier budget de l’UE, elle oriente toute notre agriculture et notre alimentation pour les sept prochaines années », résume Mathieu Courgeau, président de la Plateforme pour une autre PAC, qui réunit 43 organisations de producteurs, consommateurs et défenseurs du bien-être animal et de l’environnement.

La réforme de la politique agricole commune, commencée il y a plus de deux ans, arrive enfin à un premier dénouement. « Ce 23 octobre, nous aurons les trois positions : celle de la Commission européenne déposée en juin 2018, celle du Conseil européen dévoilée le 21 et celle du Parlement », continue le paysan. Autant de propositions différentes… qui seront ensuite encore âprement négociées dans ces trilogues pour aboutir en juin 2021. « Là, nous aurons réellement la future architecture de la PAC post-2020 », continue le paysan.

Toujours est-il que, avant le vote du Parlement européen, les signaux envoyés n’auguraient rien de bon, ni pour les paysans ni pour l’environnement. Dans ce jeu d’influence, le poids lourd, c’est le Conseil européen. À sa sortie, après deux jours d’intenses négociations, le 21 octobre, les 27 ministres de l’Agriculture s’en sont pourtant largement félicités. « C’est une PAC plus verte mais surtout plus juste », a commenté Julien Denormandie, reprenant les mots de sa consœur d’outre-Rhin.

L’enveloppe budgétaire réservée à la PAC, elle, avait déjà été tranchée en juillet : 386 milliards d’euros, à des niveaux comparables à ceux du précédent budget (2013-2020), en euros courants. Mais, en euros constants, il faut compter avec une baisse de 40 milliards. Reste que Conseil et Parlement s’écharpent désormais sur la manière dont ils vont être distribués.

« Pas très justement », répond Nicolas Girod, le porte-parole de la Confédération paysanne. Dans son viseur : les aides à l’hectare. Il faut bien comprendre que ce sont « elles qui poussent à l’agrandissement, à la spécialisation et à la simplification de l’agriculture. En somme à son industrialisation », explique Mathieu Courgeau. Dans la dernière PAC, les États devaient obligatoirement plafonner les aides ou les redistribuer sur les premiers hectares. La France avait choisi cette dernière option sur les 52 premiers hectares – la taille moyenne d’une exploitation en France à l’époque. « Dans l’accord négocié, ils deviennent facultatifs. Cela va donc renforcer les rentes de situation », décrypte Nicolas Girod.

Un vote sans débat démocratique

Du côté du « vert », seule bonne nouvelle : les écorégimes, de nouvelles primes versées dans le cadre du premier pilier (les aides directes) pour une participation à des programmes environnementaux plus exigeants, sont obligatoires. Mais, là encore, seuls 20 % de ces aides directes y seront consacrés, selon l’accord. Le Parlement européen, lui, s’est mis d’accord sur 30 %. Autrement dit, dans le meilleur des cas, l’ensemble ne représenterait que 15 % du budget total de la PAC, se désole Mathieu Courgeau, qui n’y voit pas matière à se réjouir.

À Strasbourg, le vote attendu le 23 au soir a déjà en partie échappé au débat démocratique. L’accord négocié entre les socialistes et démocrates, Renew (dont LaREM) et la droite (PPE) le 21 octobre est a minima. Reste encore 600 amendements attendus. « Mais trois groupes ont décidé à eux seuls qu’une question aussi déterminante que la future politique a gricole commune ne valait pas un débat démocratique », confiait l’eurodéputée de la Gauche unitaire européenne Manon Aubry dans ces colonnes (lire notre édition du 21 octobre).

« Même si, traditionnellement, le Parlement est plus ambitieux que le Conseil, on est très loin de réorienter massivement les pratiques agricoles vers la transition agroécologique », souligne pour sa part Mathieu Courgeau. Le système a montré ses limites : il ne rémunère pas 50 % de ses producteurs, oblige 8 millions de Français à avoir recours à l’aide alimentaire et a fait disparaître 70 % des insectes en trente ans.

 

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 05:27

 

Cotisations impayées, payes gonflées artificiellement… les diverses fraudes patronales au chômage partiel sont d’autant plus inquiétantes que l’inspection du travail est à bout de souffle.

Deux cent vingt-cinq millions d’euros ou plusieurs milliards ? L’ampleur de la fraude patronale au chômage partiel varie beaucoup selon les estimations. La première, celle du gouvernement, est le résultat de 50 000 contrôles. La seconde est celle de la CGT travail-emploi-formation professionnelle. «  Fin septembre, plus d’un million d’entreprises avaient demandé des indemnisations au titre du chômage partiel, explique Simon Picou. Un rapport de 1 à 20 avec le nombre de contrôles effectués. Même en supposant que les contrôles ont ciblé en priorité les demandes suspectes, on peut estimer la fraude à plusieurs milliards », affirme ce membre du bureau national de la CGT inspection du travail.

Deux à trois millions de personnes ont continué à travailler

Un courrier d’alerte d’un inspecteur d’Île-de-France qu’a pu consulter l’Humanité va dans le sens des estimations les plus hautes. Il montre que, sur la seule journée du 2 septembre et sur un seul département, 96 demandes ont été bloquées pour suspicion de fraude, pour un montant cumulé de 1  154 000 euros. Les fraudes sont diverses : des entreprises sans numéro de Siret, qui ne payaient même pas de cotisations, des usurpations de numéro de Siret pour toucher les indemnités à la place de vraies entreprises, des patrons qui gonflent artificiellement les salaires ou leur masse salariale, qui s’inventent carrément des salariés… Et l’argent public touché s’envole parfois directement dans d’autres pays. « Le gouvernement parle de “délinquance ingénieuse”, mais ce sont des fraudes grossières, s’agace Simon Picou. Ce dispositif est une passoire. On demande moins de justifications à un employeur, pour toucher parfois des sommes à 5 ou 6 chiffres, que ce qu’il faut pour constituer un dossier de RSA ! Et on demande aux collègues de faire toujours plus de contrôles, c’est comme écoper la mer avec une écuelle trouée. »

Il faut ajouter à ces fraudes tous ces salariés qui ont travaillé « gratuitement » tandis que leur employeur encaissait l’argent public. Car, selon les enquêtes statistiques menées par l’Ugict-CGT, puis par le cabinet d’expertise Technologia, entre un quart et un tiers des salariés placés en activité partielle déclarent avoir continué en tout ou en partie à travailler, soit deux à trois millions de salariés.

« Les collègues des unités de contrôle sont sous pression »

Il reste aujourd’hui moins de 1 900 inspecteurs du travail en France. Ce qui fait dire à la CGT que s’il y a bien un chiffre qui est surestimé dans la communication gouvernementale, c’est celui des contrôles. « 50 000 auraient été effectués entre juin et septembre, consacrés uniquement à la fraude à l’activité partielle, c’est plus que la totalité des contrôles de l’inspection du travail réalisés en 2019 sur la même période ! Qui peut y croire ? » questionne Simon Picou. Car il faut aussi effectuer tous les contrôles habituels, puis tous ceux qui sont liés aux conditions de travail en cette période de pandémie. « Les collègues des unités de contrôle contre le travail illégal subissent une énorme pression, déplore le cégétiste. Certains sont même sommés d’abandonner des procédures sur des traites d’êtres humains pour faire du chiffre sur la fraude au chômage partiel. »

 

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23 octobre 2020 5 23 /10 /octobre /2020 05:37

 

Rappel de la saison précédente traitée dans le numéro 825 du 2 septembre 2020 de CommunisteS :    En janvier 2016, la ministre de la Santé pré-macronienne Marisol Touraine fait voter une loi sur la création d’un « système national des données santé », prélude à une marchandisation de ces données.

 

 

En juillet 2019, sous l’impulsion de Cédric O et Agnès Buzyn avec la loi de juillet 2019, le « système national » devient une « plateforme » dénommée en bon français « health data hub ». Sa mise en œuvre est confiée à Jean Aubert dont les « liens intérêts » (sic) avec Iqvia, le plus gros marchand de données de santé aux États-Unis, sont explicites (1). Hors de toute règle de marché public et profitant de l’état d’urgence sanitaire, Cédric O impose Microsoft comme maître-d’œuvre de la plateforme des données de santé de 67 millions de Français, c’est-à-dire l’hébergement mais aussi les outils logiciels d’analyse et de traitement des données. Cédric O justifie son choix en faveur de Microsoft en arguant mensongèrement que les Français ne savaient pas faire. Rappelons qu’après le retrait des États-Unis la fondation Bill Gates est devenue avec la Chine le principal bailleur de fonds de l’OMS.

La fin de la 1re saison est marquée par les réserves de la CNIL et de ANSI (2), les protestations des professionnels de santé et des acteurs du logiciel libre, réunis dans des collectifs comme InterHop, et la fureur des entreprises informatiques françaises après les propos humiliants du petit marquis O.

La saison 2 commence par une saisine en juin 2020 du Conseil d’État par le collectif Santénathon (3), regroupant des acteurs français du logiciel libre et de l’« open data », des organisations de soignants, UFMICT-CGT et l’UGICT-CGT, pour bloquer la décision du gouvernement au nom du droit à la protection de la vie privée.

Le 16 juillet, la Cour de justice de l’Union européenne entre en scène en cassant l’accord sur les données personnelles entre les États-Unis et la Commission européenne, en considérant qu’il ne protégeait pas assez les citoyens européens face à l’extra territorialité des lois étatsuniennes.

En s’appuyant sur la décision de la Cour de justice européenne, Santénathon opère une seconde saisine du Conseil d’État le 16 septembre.

Le 8 octobre, dans un mémoire (4) adressé au Conseil d’État, la CNIL confirme les éléments motivant la saisine. Cet avis de la CNIL a obligé le gouvernement à prendre en urgence un arrêté le 9 octobre, précisant « qu’aucun transfert de données à caractère personnel ne peut être réalisé en dehors de l’Union européenne ». (5)

Mais malgré cette manœuvre de dernière heure, le 14 octobre le Conseil d’État reconnait que l’accord entre l’État français et Microsoft permet au gouvernement des États-Unis d’accéder aux données de santé des Français. Si le Conseil d’État s’est pour l’instant refusé à arrêter totalement le projet, il a demandé au « Health Data Hub » et à Microsoft de conclure encore de nouveaux avenants à leurs contrats, et de prendre encore des précautions supplémentaires, sous le contrôle de la CNIL. Il a indiqué être dans l’attente d’une solution qui permettra d’éliminer tout risque d’accès aux données personnelles par les agences gouvernementales des États-Unis, autorités américaines, renvoyant notamment à un appel d’offre en direction d’un prestataire français ou européen.

Cette situation a contraint Cédric O à manger son chapeau devant les sénateurs en déclarant : « Nous travaillons avec Olivier Véran (…) au transfert du Health Data Hub sur des plateformes françaises ou européennes. »

Cependant, comme pour l’instant le transfert de données vers Microsoft n’est pas stoppé et comme l’on connaît le peu de crédibilité que l’on peut accorder à la parole gouvernementale, le collectif Santénathon entend ne pas lâcher l’affaire en la portant maintenant sur le fond auprès du Conseil d’État afin d’enterrer définitivement l’accord avec Microsoft.

Pour sa part, le PCF propose la création d’un service public des données de santé associant expertises des soignants, organismes de recherche publics et entreprises nationales, assis sur une renaissance industrielle de notre pays, et participant à la construction d’une souveraineté numérique de la France dans le cadre de coopérations européenne et internationale. Il mettra cette proposition en débat le 23 novembre dans un Webinaire sur l’avenir des données de santé dans le cadre des lundis des États généraux de la révolution numérique qu’il organise.

Yann Le Pollotec, responsable de la commission Révolution numérique et informationnelle

1. https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/12/24/donnees-de-sante-conflit-d-interets-au-c-ur-de-la-nouvelle-plate-forme_6023918_3244.html

2. Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

3. https://www.santenathon.org/

4. https://cnll.fr/documents/35/OBSERVATIONS_DE_LA_CNIL_8_OCTOBRE_2020.pdf

5. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042413782

 

Document vidéo pour aller plus loin

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 13:07
Combattre le terrorisme islamiste. Faire triompher la République démocratique et sociale - Déclaration du PCF, 20 octobre 2020
DÉCLARATION DU PCF
 
 
Combattre le terrorisme islamiste. Faire triompher la République démocratique et sociale
 
 
Le terrorisme islamiste a encore frappé. Il vient de s’attaquer à l’École et donc à l’avenir de nos enfants et de notre pays. Notre émotion et notre indignation sont immenses face à l’abominable assassinat de Samuel PATY, professeur d’histoire et d’enseignement civique de Conflans-Sainte-Honorine.
 
Le Parti communiste français s’associe au deuil de la famille, des proches et des élèves de cet enseignant. Il assure ses collègues, le monde enseignant, la jeunesse du pays, aujourd’hui sous le choc, de son entière solidarité dans l’épreuve.
 
Jusque dans la méthode utilisée pour assassiner Samuel PATY, la décapitation qui rappelle les moyens les plus barbares mis en œuvre par le jihadisme, le terrorisme islamiste vient de nous rappeler qu’il menait une guerre de tous les instants contre les valeurs fondamentales de la République : la séparation intransigeante des religions et de l’État ; la laïcité qui garantit la liberté de conscience et de critique ; la liberté d’expression, de création et le droit à la critique de toute religion ; l’égalité entre des citoyennes et des citoyens que ne
doivent distinguer ni leurs origines, ni leurs religions, ni leurs convictions intimes.
 
Ce terrorisme islamiste a un objectif : répandre la terreur sur toutes et tous, s’attaquer à la démocratie et à l’École publique. Ce faisant, il cherche à s’imposer aux musulmans qui sont aussi ciblés par ses discours et actes meurtriers, diviser les Français en suscitant une nouvelle guerre de religion, encourager les réactions racistes et identitaires qui peuvent venir légitimer son projet théologico-politique.
 
Comme l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine le démontre, ce terrorisme s’appuie sur des réseaux se revendiquant d’un islamisme politique, qui se prétend sans lien avec le jihadisme, mais dont la propagande
l’alimente. Cette menace doit être combattue sans réserve.
 
Évidemment, de tels actes apportent de l’eau au moulin des forces les plus réactionnaires, qui y trouvent une nouvelle justification de leurs discours autoritaires et de leurs politiques sécuritaires, de leurs appels à la discrimination envers les musulmans, les réfugiés, les immigrés. Ce discours de haine peut à son tour conduire à des crimes et à des attentats à caractère raciste.
 
Nos compatriotes de confession musulmane, dans leur immense majorité, sont meurtris par les entreprises des forces obscurantistes car ils vivent leur foi dans le respect des lois de la République qui leur garantissent ce droit.
 
Engager une politique intérieure à la hauteur de la menace qui pèse sur nos concitoyens en préservant les droits et libertés.
 
Ceux qui ont soutenu ou contribué à l’assassinat de Samuel PATY doivent être identifiés et sans délai déférés devant la justice. Les prêcheurs de haine, les fanatiques qui appellent au meurtre, les  jihadistes doivent être poursuivis, mis hors d’état de nuire, condamnés sévèrement.
 
La protection de la population doit se faire en préservant les libertés publiques et la démocratie. Sinon, ce serait donner raison aux terroristes qui par leurs discours et leurs actes meurtriers s’attaquent à la liberté elle-même.
 
Les moyens doivent être donnés aux pouvoirs publics, au renseignement, à la police et à la justice de déjouer les campagnes haineuses, telle celle dont a été l’objet Samuel PATY jusqu’à son assassinat. Avant de décider de nouvelles lois, il faut avant tout évaluer notre corpus juridique actuel. Plusieurs enjeux doivent être instruits et des mesures prises pour protéger nos concitoyens des individus radicalisés ou déjà condamnés, faire respecter la loi sur tout le territoire et sur les réseaux sociaux, ou encore répondre efficacement à l’hybridation de profils criminels et terroristes.
 
Ainsi, concernant le futur projet de loi sur le « séparatisme islamiste», nous refuserons toute mesure opportuniste qui ne donnerait pas d’instrument supplémentaire au pays pour agir. Nous ne laisserons pas le
pouvoir, sous la pression des forces de droite et d’extrême droite, instrumentaliser la laïcité. Nous défendrons la loi de 1905 qui est un pilier de notre République.
 
Le ministre de l’Intérieur vient en outre d’annoncer sa volonté de dissoudre diverses associations. Le nécessaire combat contre l’idéologie islamiste développée à travers certaines structures ne saurait toutefois
s’affranchir de l’État de droit. Une décision de dissolution doit donc être fondée sur des considérants juridiques incontestables, et s’opérer, comme le veut la Constitution, sous le contrôle de l’institution
judiciaire.
 
Pour les communistes, la sécurité passe par une politique permettant d’assécher le terreau auquel s’alimentent l’intégrisme et le terrorisme.
 
Répondre à la hauteur de ce crime, c’est surtout engager une politique de justice sociale et d’égalité réelle entre les citoyens, de développement des services publics, de perspectives d’emploi pour la jeunesse, de lutte contre les discriminations, le racisme qui mine le vivre-ensemble et la ghettoïsation de certains quartiers et villes.
C’est par une nouvelle démocratie donnant effectivement les moyens au peuple dans toute sa diversité de construire son avenir que nous combattrons le plus efficacement ce terrorisme. Ensemble, faisons
triompher une République démocratique et sociale.
 
Alors que l’école de la République vient de subir une attaque meurtrière, nous réaffirmons avec force la liberté pédagogique des enseignants et notre ambition pour le renforcement de l’école publique,
à laquelle il est donné mission de former la jeunesse à l’esprit critique. À l’école, rien n’est objet de croyance mais tout est au service des savoirs et de leur transmission. Plus que jamais, portons l’ambition d’une culture commune de haut niveau au sein d’une école émancipatrice pour toutes et tous, donnant à tous les jeunes les moyens de maîtriser leur avenir.
 
Depuis des mois, le gouvernement s’attaque à l’école publique. Profitant de la crise sanitaire, il affaiblit les programmes, réduit les disciplines, favorise l’individualisation des parcours. Le repli identitaire est favorisé comme l’enseignement privé. C’est à la racine du mal qu’il faut s’attaquer.
 
Pour cela, il faut en finir avec l’austérité qui a affaibli tout l’enseignement, de l’École jusqu’à l’Université, au gré des politiques mises en œuvre par les gouvernements successifs. Des moyens supplémentaires doivent lui être accordés pour lui permettre de déjouer les offensives intégristes de tous bords. Un plan d’embauches est nécessaire. Et nos enseignants doivent pouvoir bénéficier d’une formation de qualité, adaptée aux nouvelles missions qu’ils ont à accomplir. Ils doivent être soutenus par leur hiérarchie face à toutes
les entreprises obscurantistes.
 
Ce combat contre les reculs de la République exige également une autre politique internationale de la France, car le jeu des grandes puissances, à commencer par la France, a largement fait le jeu des
courants intégristes, d’origine wahhabite ou salafiste. Les gouvernements successifs, dont le pouvoir actuel, ont une responsabilité en la matière, en ayant apporté soutien politique et aide militaire à des États liés au terrorisme dans le but de permettre aux grandes firmes capitalistes de conquérir des marchés et de réaliser des nouveaux profits.
 
Ensemble, combattons l’intégrisme d’où qu’il vienne ainsi que le terrorisme islamiste, sans céder un pouce de terrain aux menées qui cherchent à profiter du contexte pour encourager les stigmatisations
racistes ou religieuses.
 
Organisations syndicales, associations démocratiques et laïques, partis de gauche, nous étions avec les enseignants, dans tout le pays, ces samedi 17 et dimanche 18 octobre. A toutes et tous et à nos concitoyens, nous proposons d’agir ensemble pour faire reculer la terreur obscurantiste et faire progresser les principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité, de laïcité qui fondent notre République.
 
 
PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS,
 
Paris, le 20 octobre 2020.
 
La fédération du Finistère du PCF invite ses adhérent-es et ami-es à participer aux rassemblements qui auront lieu ce mercredi 21 octobre à :
 
- Brest : place de la Liberté, à 18 h
 
- Guipavas : sur le parvis de la mairie, à 17 h 45
 
- Landerneau : devant l’école Ferdinand-Buisson, à 18 h
 
- Morlaix : place des Otages, à 15 h
 
- Carhaix : square des sœurs Goadec, à 18 h
 
- Crozon : place Léon-Blum, à 18 h
 
- Melgven : rue du Stade, à 11 h
 
- Concarneau : devant l’hôtel de ville, à 11 h 45
 
- Quimper : place Saint-Corentin, à 18 h
 
- Quimperlé : devant la mairie, à 18 h
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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 12:30
Photo Rodolphe Thirard

Photo Rodolphe Thirard

Photo Jean-Luc Le Calvez

Photo Jean-Luc Le Calvez

Photo Jean-Luc Le Calvez

Photo Jean-Luc Le Calvez

Morlaix, 17 octobre, 15h - Rassemblement d'hommage à Samuel Paty, cet enseignant d'histoire-géo assassiné pour avoir fait son travail
Morlaix, 17 octobre, 15h - Rassemblement d'hommage à Samuel Paty, cet enseignant d'histoire-géo assassiné pour avoir fait son travail
Morlaix, 17 octobre, 15h - Rassemblement d'hommage à Samuel Paty, cet enseignant d'histoire-géo assassiné pour avoir fait son travail
Morlaix, 17 octobre, 15h - Rassemblement d'hommage à Samuel Paty, cet enseignant d'histoire-géo assassiné pour avoir fait son travail
Morlaix, 17 octobre, 15h - Rassemblement d'hommage à Samuel Paty, cet enseignant d'histoire-géo assassiné pour avoir fait son travail
Face à la folie meurtrière, à la surenchère des idéologies de haine.
 
Je suis Samuel. Nous sommes cette République de laïcité, de liberté, d'égalité, de fraternité.
 
Comme à Brest et à Quimper, et partout en France, de nombreux enseignant.e.s (collège Mendès France, du Château, Tanguy Prigent à St Martin des Champs, Tristan Corbière, Lycée de Carhaix, etc), citoyen.nes, élu.e.s se sont rassemblé.e.s devant le kiosque à Morlaix à 15h ce samedi pour 17 octobre dans un geste spontané d'expression d'une émotion collective et de besoin de discussion et d'unité pour rendre hommage à notre collègue Samuel Paty, ce prof d'histoire-geo assassiné pour avoir fait son travail d'éducation à la liberté intellectuelle, à la liberté d'expression et aux valeurs de laïcité.
Nous sommes ensemble, et nous serons toujours ensemble pour refuser les dérives sectaires et la violence politique intolérable véhiculée par des idéologies politiques obscurantistes!
Pour défendre nos valeurs républicaines de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité!!!
Tous ensemble, unis dans le respect de notre diversité, continuons de faire vivre la richesse de notre République laïque, défendons notre liberté d’expression et ne cédons pas un pouce de terrain aux fanatiques et à tous ceux qui chercheront à imposer la haine et à diviser notre peuple.
Ce rassemblement a été "organisé" très rapidement. Un autre rassemblement public d'hommage, de recueillement et de défense des valeurs de tolérance, de respect, de liberté intellectuelle de notre République et de l'école publique aura lieu devant la mairie de Morlaix le jour de l'hommage national.
 
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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 10:36
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière

Plusieurs camarades finistériens (Brest, Scaër, Morlaix, Plouigneau, St Thégonnec...) étaient à Châteaubriant ce dimanche 18 octobre, et parmi eux 5 camarades du PCF Morlaix, pour les 79 ans de l'exécution des otages le 22 octobre 1941 par les nazis, 27 prisonniers dont le seul tort était d'être communistes et qui ont été livrés à l'occupant par le sinistre ministre de Vichy Pucheu.

Ian Brossat prenait la parole dans la carrière pour y représenter le Parti communiste français.

L'hommage aux vingt-sept fusillés , à la Carrière des fusillés, au lieu-dit la Sablière, ce dimanche 18 octobre à Châteaubriant était placé sous l’autorité d’Odette Nilès, présidente de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt.

Châteaubriant, 18 octobre. Ian Brossat avec nos camarades et amis de Morlaix, Walden Gauthier, lycéen, militant des jeunesses communistes, 16 ans, et Lucienne Nayet, présidente du Réseau du Musée National de la Résistance de Champigny-sur-Marne, pour l'hommage aux 27 fusillés communistes de la Sablière de 1941. Photo Mariane Gauthier-Destable. Jean-Luc Le Calvez

 

Le 22 octobre 1941, à Chateaubriant, 27 résistants, choisis par Vichy, furent fusillés par les nazis. 
Des hommes,syndicalistes et politiques, dont « on dira que c’était des communistes » pour reprendre les mots d’Aragon qui leur a rendus hommage.

https://www.humanite.fr/node/371693

"A propos d'une ignominie: être dignes des 27": Pierre Le Rose rend hommage à Pierre Guéguin et Marc Bourhis, fusillés de Chateaubriant concarnois (L'Unité, journal communiste de Concarneau, novembre-décembre 1979)

Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
Châteaubriant - 18 octobre 2020 - hommage à nos camarades pour le 79e anniversaire des exécutions des 27 otages communistes de Châteaubriant à La Sablière
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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 07:31
Disparition: l'écrivain et dramaturge breton Ricardo Montserrat est décédé à Concepcion, au Chili, à 66 ans (Jérôme Skalski, L'Humanité, 19 octobre)
Disparition. Ricardo Montserrat, le cœur à l’ouvrage collectif
Lundi 19 Octobre 2020

L’écrivain et dramaturge s’est éteint ce week-end à Concepcion, au Chili, à l’âge de 66 ans. Homme engagé, au singulier comme au pluriel, il avait animé des dizaines d’ateliers de création, afin que ceux à qui on ne donne jamais la parole prennent la plume et s’expriment.

 

« Mon ami, mon camarade, écrivain et dramaturge Ricardo Montserrat avec qui j’ai tant fait et tant échangé est décédé (…) d’un arrêt cardiaque à Concepcion au Chili, où il était parti vivre depuis trois ans », écrit Babouse dans l’hommage que rend le journaliste et dessinateur à celui qui, souligne-t-il, « était de ceux qui redonnent un peu de foi en cette vacharde putassière Humanité. »

 

Né en 1954 à Saint-Brieuc de parents antifascistes espagnols catalans exilés en Bretagne, Ricardo Montserrat Galindo se rend au Chili en pleine dictature pour, en tant que professeur de langue à l’Alliance française de Concepcion, s’engager par le théâtre et l’écriture contre le régime de Pinochet.

De Lorient à Roubaix, avec les chômeurs

De retour en France au début des années 1990, il poursuit son engagement par la littérature, le théâtre et le cinéma, avec des œuvres abordant aussi bien le thème de la mémoire politique et historique que celui des résistances sociales. Animateur d’ateliers d’écriture tels ceux qui formèrent la base de la série des Aventures de Nour et Norbert, portée par Colères du présent, il signera une vingtaine d’autres romans écrits en collaboration, dont Zone mortuaire, rédigé avec quatorze chômeurs du quartier Kervenanec de Lorient, qui sera publié en 1997 dans la collection « Série noire », ainsi que Ne crie pas, coécrit avec des salariés privés d’emploi de Roubaix et paru dans la même collection en 2000, qui servira de base au scénario de Sauve-moi, film réalisé par Christian Vincent la même année.

« Je suis revenu en France en 1990, après avoir vécu une dictature politique au Chili. Je me suis aperçu que l’on parlait aux chômeurs français de la même manière que la dictature parlait à ses opposants, qu’elle nommait les “antisociaux” : “Taisez-vous, laissez-nous agir, attendez, tout ira bientôt mieux.” Ils étaient considérés comme totalement hors jeu, quasiment morts », expliquait-il à l’Humanité au lendemain de son expérience roubaisienne, le 20 novembre 1999.

Un « accoucheur de mots qui permettait aux gens de se raconter »

« Ricardo a accompagné Colères du présent pendant plusieurs années, notamment sur le volet “éducation populaire” de l’association », explique François Annicke : « Sous son chapeau et de sa petite voix souriante, il savait emmener un groupe dans une aventure d’écriture collective et susciter l’envie d’écrire chez ceux à qui on ne donne que rarement la parole. Se qualifiant lui-même de maïeuticien, d’accoucheur de mots, il permettait aux gens de se raconter et d’imaginer des histoires communes. » « La collection qu’il a créée avec Colères du présent et les éditions Baleine, Nour et Norbert,  a laissé des traces chez de nombreuses personnes qui parlent encore de ce lien fort et original que Ricardo savait nouer avec elles », souligne le coordinateur de Colères du présent. « Tu vas pouvoir retrouver tous ceux qui t’ont manqué si fort même quand ils étaient vivants », écrit pour sa part Reynaldo Montserrat Galindo en hommage à son frère disparu : « Sûr que tu vas leur tendre la main là où leur enfance et leurs rêves se sont cassés, dans les Pyrénées. Va, mon frère, chante avec Neruda et Jara, tu avais déjà rejoint leur pays… et puis Durruti et les écrivains des Brigades internationales, et Blum et Anaïs Nin, et Alfred Jarry. »

Vivant à Saint-Malo non loin de Saint-Cast, dormant « tout au fond du brouillard », et de Cancale, où René Vautier passa ses derniers moments, Ricardo Montserrat était retourné au Chili depuis trois ans. Il avait 66 ans. 

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 07:18
Samuel Paty, un enseignant apprécié, attaché à l’autre et au dialogue - Nadège Dubessay et Alexandra Chaignon, L'Humanité, 19 octobre 2020
Samuel Paty, un enseignant apprécié, attaché à l’autre et au dialogue
Lundi 19 Octobre 2020

Un professeur discret mais investi. À l’écoute de ses élèves et adepte du débat. Samuel Paty n’avait qu’un objectif en tête : encourager ses élèves et les pousser à l’esprit critique.

 

De l’avis de tous, il était positif, très souriant, un prof à l’écoute et adepte du dialogue. Un collègue réservé, mais « attaché à l’autre, à l’humain », qui encourageait toujours ses élèves. Samuel Paty avait d’ailleurs mal vécu le confinement. Car pour l’enseignant d’histoire-­géographie, transmettre passait avant tout par le face-à-face. Par cette envie tenace de faire travailler l’esprit critique de ses élèves. « Toujours dans le respect et l’intelligence », témoigne un parent d’élève du collège du Bois-d’Aulne, là où enseignait Samuel Paty.

« Liberté, égalité, fraternité »

Depuis son assassinat tragique, les messages ne cessent d’affluer. Car ce père de famille de 47 ans, petit, lunettes scotchées sur le nez, cheveux bruns toujours coupés court et portant bien la chemise, était surtout connu pour son investissement auprès de ses élèves. « Il était à fond dans son métier » qu’il « aimait vraiment beaucoup », se souvient Martial pour l’AFP. « Il voulait vraiment nous apprendre des choses. De temps en temps, on faisait des débats, on parlait. » C’est ainsi que défilent sur les réseaux sociaux des images d’une exposition de dessins préparée par l’enseignant avec ses élèves l’année dernière, sur le thème « Liberté, égalité, fraternité ». Logique. Pour celui qui aimait le débat.

Logique aussi pour celui qui, chaque année, montrait les caricatures de Mahomet dans le cadre du programme de l’enseignement moral et civique (EMC) afin d’aborder la liberté d’expression de la presse. Un sujet « sensible », estime Martial, qui avait assisté au même cours trois ans auparavant. Et cette année particulièrement. Car cette fois, le père d’une élève publie un message sur les réseaux sociaux ainsi qu’une vidéo dans laquelle il qualifie le professeur de « voyou » et appelle à son renvoi. Dans la foulée, il porte plainte contre Samuel Paty.

« Monsieur Paty n’était pas dans son assiette »

La suite, terrible, on la connaît. Les vacances scolaires de la Toussaint débutaient tout juste. Vers 17 heures, ce vendredi 16 octobre, on le retrouve décapité dans une rue proche du collège. Et ce qu’observe Myriam, pour l’AFP, l’une de ses élèves, c’est qu’après le message lancé par ce parent d’élève, « monsieur Paty n’était pas dans son assiette ». Un autre parent en est convaincu, il explique à l’AFP : « Il n’a pas fait ça pour créer des polémiques ou pour manquer de respect aux petits ou pour faire de la discrimination. » Son fils, qui entamait sa deuxième année de cours avec Samuel Paty, lui a dit : « Il était supergentil, ce monsieur. »

L'émotion après l'attentat de Conflans : « C’était juste un prof qui faisait son boulot »
Lundi 19 Octobre 2020

Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie au collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, a été décapité vendredi soir parce qu’il avait montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Dans cette ville moyenne des Yvelines, c’est le choc et l’incompréhension.

 

« Je suis traumatisée, choquée. Jamais je n’aurais pensé qu’un acte comme celui-ci pourrait arriver, surtout ici. » Élève en classe de 3 e au collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Sarah* ne s’en remet pas. Les yeux rougis, elle est venue, samedi, avec plusieurs copines et copains, rendre hommage à son ancien prof d’histoire, Samuel Paty, sauvagement assassiné la veille dans une rue proche du collège, pour avoir, selon les premiers éléments de l’enquête, montré des caricatures de Mahomet à ses élèves. Un choc dans cet établissement scolaire réputé calme, posé au cœur d’un des quartiers pavillonnaires de cette ville de 35 000 habitants du nord-ouest parisien. « C‘est un collège moyen, situé dans un quartier ni favorisé ni défavorisé », comme le décrit un professeur d’une cinquantaine d’années, qui enseigne dans un autre collège de la ville. « Jamais on n’aurait pu imaginer ça. Ça veut dire que ça peut arriver partout… », souffle-t-il, submergé par l’émotion.

 

Devant le bâtiment, massivement sécurisé par un cordon de CRS, élèves, parents, professeurs, mais aussi de nombreux anonymes, déposent, dans un va-et-vient incessant, des fleurs, des messages d’adieu, d’appel à la tolérance, au respect de la laïcité. Quelques affichettes proclament « je suis enseignant ». À 15 h 30, une minute de silence est décrétée. Soudain, plus un mot, plus un bruit. Seuls des sanglots accompagnent ce moment de recueillement intense.

Le choc, la peur et l’incompréhension

« Un ami qui l’a eu avant-hier m’a dit qu’il avait l’air heureux, il rigolait avec eux », rapporte avec tristesse Maëlin, en 4 e, visiblement très touchée. « Vendredi soir, poursuit-elle, on a eu un message du collège, nous informant que le prof était mort, qu’on pouvait venir, et qu’on pouvait avoir un soutien psychologique. Je pense que je vais sans doute en avoir besoin. » Dorine, jeune collégienne de 6 e, parle, elle, de « la peur » qu’elle a ressentie. « S’il avait fallu retourner au collège lundi, je n’aurais pas pu, j’aurais eu peur d’y aller », avoue la jeune fille. À ses côtés, sa mère confirme : « Hier soir, elle a entendu des sirènes, c’était sans doute Emmanuel Macron qui arrivait sur place, elle était paniquée… »

Icon Quote Il nous avait parlé des caricatures de Mahomet. Il nous avait dit, avant de les montrer que, si on ne voulait pas les voir, on pouvait sortir. (...) Il essayait de nous expliquer pourquoi il y a eu des attentats en France.

Une ancienne élève de Samuel Paty

Mais là, devant ce collège sans histoire, c’est surtout l’incompréhension qui domine. Sarah se souvient d’un professeur « apprécié » : « Je l’ai eu l’année dernière. Il nous avait parlé des caricatures de Mahomet. Il nous avait dit, avant de les montrer que, si on ne voulait pas les voir, on pouvait sortir. Il ne forçait personne. Il essayait de nous expliquer pourquoi il y a eu des attentats en France. » « Il faisait ça tous les ans, renchérit Maëlin. C’était au programme de l’enseignement moral et civique. On parlait de la liberté d’expression par rapport à l’attentat de Charlie Hebdo. »

Cette année, cependant, ce sujet a pris une ampleur inattendue : un père d’élève a posté sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle il qualifie l’enseignant de « voyou » qui « ne doit plus rester dans l’Éducation nationale » et invite d’autres parents d’élèves à se mobiliser. Un signalement était d’ailleurs parvenu jusqu’à Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, première association de parents d’élèves. « On avait été alerté par des parents d’élèves qu’une vidéo circulait sur les réseaux sociaux, confirme le militant. Par crainte d’un trouble à l’ordre public, on avait averti le maire, qui m’a répondu que tous les moyens avaient été pris. »

« Avec les réseaux sociaux, on savait très vite qui c’était, la victime »

Les élèves aussi ont vu monté « la pression ». « Quand j’ai vu sur les réseaux les mots ‘prof’, ‘Bois d’Aulne’, ‘caricatures’, je savais direct qui c’était, le prof. Je me suis dit, c’est monsieur Paty. C’était le seul qui faisait un cours où il parlait de l’islam, où il montrait des caricatures », raconte Lisa, 13 ans, en classe de 4e. « Jusqu’à cette année, il ne s’était jamais rien passé », précise Sarah. « Certains élèves se sont sentis discriminés. Leurs parents s’en sont mêlés. J’ai vu les discussions sur Snapchat. Ça parlait beaucoup de ça dans les couloirs. Je trouvais cela inadmissible. C’était juste un prof qui faisait son boulot, qui parlait juste de liberté d’expression », déplore Lisa « Même si le sujet peut paraître choquant pour certains, ce n’était pas une raison pour faire du mal à ce prof », lâche Ilies*.

Icon Quote Ma fille pleure beaucoup. On parle beaucoup avec elle, mais on a du mal à trouver les mots. 

Un parent d'élève

La suite ne va pas être facile. « Ma fille pleure beaucoup. On parle beaucoup avec elle, mais on a du mal à trouver les mots », reconnaît un père d’élève. Pour tenter de protéger ses deux garçons, collégiens tous les deux, un autre parent leur a « interdit de se prononcer sur les réseaux sociaux. Je ne leur interdis pas d’y aller. J’estime juste qu’ils ne sont pas matures pour comprendre la différence entre musulmans et islamistes radicaux. » La mère de la jeune Dorine, elle, lui a interdit le visionnage des images. « Trop de violence. D’autant que deux de ses copines ont vu des images du corps. »

Devant le collège, beaucoup de professeurs s’interrogent sur « l’après » et l’onde de choc provoquée par cet attentat. « Une minute de silence ne suffira pas. Même si les enfants parlent pendant les vacances, ça va ressurgir à la rentrée », répètent-ils. Une professeur d’arts plastiques d’un autre collège, le hashtag « #jesuisprof » épinglé au revers de sa veste, les larmes aux yeux, se désespère : « Notre rôle, en tant que prof, c’est d’aider les élèves à développer leur esprit critique. Apporter du débat, de la divergence. Là, c’est un tournant. On a blessé toute une génération d’élèves. Sans parler des profs. »

*Les prénoms ont été modifiés

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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 07:08
Un rapport édifiant. Aides publiques pendant la crise : voici ce qu'en font les entreprises du CAC40 (Cyprien Boganda, L'Humanité - 13 octobre 2020)
Un rapport édifiant. Aides publiques pendant la crise : voici ce qu'en font les entreprises du CAC40
Mardi 13 Octobre 2020

Un tiers des sociétés du CAC 40 ont versé des dividendes alors que des milliers de leurs salariés étaient rémunérés sur fonds publics via le chômage partiel… D'autres ont supprimé des postes malgré tout l'argent public reçu. Un rapport démontre à quoi ont servi les aides versées par l'État pendant la crise. Décryptage.

 

Depuis mars, le gouvernement a ouvert en grand les vannes des aides publiques, crise économique oblige. Jusqu’ici, il était compliqué d’avoir une vision d’ensemble de l’utilisation de cette manne. L’Observatoire des multinationales tente de lever un coin du voile avec un rapport, publié ce lundi, qui fournit quelques chiffres chocs. Un tiers des entreprises du CAC 40 ont distribué des dividendes pendant la période, pour un montant total de 30,3 milliards d’euros. Huit firmes ont même augmenté les dividendes versés par rapport à l’année dernière. Un tiers du CAC 40 a versé des dividendes alors que des milliers de leurs salariés étaient rémunérés sur fonds publics via le chômage partiel…

300 milliards d’euros de prêts garantis par l’État

Dans son rapport, l’Observatoire des multinationales commence par rappeler par quels canaux la manne publique a été distribuée : « Près de 300 milliards d’euros de prêts garantis par l’État, plan d’urgence à 110 milliards d’euros dont 7 milliards d’euros pour Air France et 5 milliards pour Renault, plan tourisme, plan automobile, plan aéronautique, relocalisation industrielle, baisses d’impôts, 100 milliards pour le plan de relance, chômage partiel pour 31 milliards, reports ou annulations de charge sociales et fiscales (76  milliards)… Les sommes annoncées sont d’une ampleur inédite. »

Certaines aides ont pris des formes indirectes, et sont passées largement sous les radars médiatiques : c’est le cas des plans de rachats massifs d’obligations d’entreprises par la Banque centrale européenne (BCE). Grands bénéficiaires : Total, Sanofi, Schneider Electric ou Air Liquide. Ce soutien discret permet à certaines multinationales – comme Total – de claironner qu’elles n’ont jamais bénéficié de l’aide des pouvoirs publics français…

À quoi a servi tout cet argent ? Le gouvernement n’a jamais formellement empêché aux grandes entreprises de continuer à distribuer des dividendes. Comme on pouvait s’y attendre, il a donc fallu s’en remettre à la « générosité » de leur direction. « Seul un petit tiers du CAC 40 (treize firmes) a annulé ou suspendu le versement des dividendes initialement prévus, écrit l’observatoire. Il s’agit essentiellement des grandes banques (BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale), qui y ont été indirectement obligées pour pouvoir avoir accès au refinancement bancaire via la BCE, ainsi que de grands groupes ayant un urgent besoin d’aides publiques pour survivre à la période (Airbus, PSA, Renault, Safran). » À l’inverse, huit groupes ont augmenté le montant de leurs dividendes : Teleperformance (+ 26,3 %), Vivendi (+ 20 %), Schneider Electric (+ 8,5 %), Danone (+ 8,2 %), Dassault Systèmes (+ 7,7 %), Total (+ 4,7 %), Sanofi (+ 2,6 %), Air Liquide (+ 1,9 %).

Près de 60 000 suppressions d’emplois

Sur le plan social, le bilan est tout aussi édifiant. Selon les données récoltées par l’Observatoire des multinationales, les boîtes du CAC 40 ont déjà annoncé près de 60 000 suppressions d’emplois, dont le quart en France. S’il est impossible de dresser la liste ici, on peut néanmoins citer quelques cas : 15 000 chez Renault, 7 500 chez Air France, 1 700 chez Sanofi, 2 000 chez Valeo, etc. « Si les annonces de plans sociaux au sein des poids lourds du CAC 40 font grand bruit, il ne faut pas oublier que leurs salariés ne sont pas forcément les plus exposés, note l’observatoire. Ceux de leurs fournisseurs et sous-traitants subissent de plein fouet à la fois les conséquences directes de la crise et celles des ’’plans d’économies’’ mis en œuvre par les grands groupes. »

Pour ses auteurs, le rapport de l’Observatoire des multinationales apporte de l’eau au moulin de tous ceux qui réclament des contreparties aux aides publiques. « Nos données appellent deux exigences, résume l’économiste Maxime Combes. La première, c’est un débat général sur les conditions sociales et environnementales au versement de l’argent public à des entreprises privées. La seconde, c’est un besoin urgent de transparence sur l’utilisation de ces fonds. Dans notre rapport, nous avons tenté de faire un tableau récapitulant l’ensemble des aides publiques, pour chaque grande entreprise. Certaines colonnes sont remplies de points d’interrogation : on est incapable, par exemple, d’avoir des informations sur le montant des reports de cotisations sociales consentis aux entreprises. C’est ahurissant, au regard des sommes en jeu ! »

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