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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 13:07
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)
Photo de la tribune du congrès de l’Union Populaire Italienne en France qui s’est déroulé à Versailles le 12 mars 1939. De Bortoli est au centre. Au mur un portrait, très certainement celui du secrétaire Romano Cocchi. Communiqué par son fils, Edgard De Bortoli. (Maitron)

Photo de la tribune du congrès de l’Union Populaire Italienne en France qui s’est déroulé à Versailles le 12 mars 1939. De Bortoli est au centre. Au mur un portrait, très certainement celui du secrétaire Romano Cocchi. Communiqué par son fils, Edgard De Bortoli. (Maitron)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

 

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), fusillé le 22 août 1942 au stand de tir du ministère de l’Air à Paris (XVe arr.) ; artisan mosaïste ; militant communiste ; résistant membre de l’Organisation spéciale (OS) et des FTPF.

Né le 30 avril 1909 à San Quirino (Italie), Carlo De Bartoli arriva à Paris en mai 1925 avec son père et ses deux frères, pour fuir la misère et les violences fascistes. Cette année-là, il rencontra Aline, à Paris, venue elle aussi de sa Bretagne natale pour vivre une vie meilleure que celle de ses parents, agriculteurs sans terres. Ils se marièrent à la mairie du VIIIe arrondissement et eurent deux enfants : Sonia le 8 décembre 1934 à Saint-Brieuc, et Edgard le 7 juillet 1938 à Brest.
Ouvrier du bâtiment, il fut petit artisan dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor). Il vint à Brest en 1936, et adhéra aussitôt au Parti communiste, dont il devint un militant très actif. Il milita aussi beaucoup à l’Union populaire italienne qui regroupait en Bretagne nombre de militants antifascistes italiens et pour laquelle il organisa de nombreuses réunions dans le Finistère et les Côtes-du-Nord. Il participa très étroitement à la solidarité avec l’Espagne républicaine.
En 1939, il fit voter par les Italiens antifascistes de la région brestoise une motion où ils s’engageaient à défendre la France contre toute attaque fasciste, y compris de l’Italie mussolinienne. Quelques mois plus tard, fidèle à son attitude, il voulut s’engager dans l’armée française, mais il fut refusé car il était sans doute suspect aux yeux des autorités de la « drôle de guerre » ; de même on lui refusa la naturalisation française.
Fin 1939, il participa à la reconstruction dans la clandestinité du Parti communiste que le gouvernement Daladier venait d’interdire. Au début 1941, il se vit confier, par la direction du Parti communiste de Brest, l’organisation du Parti communiste dans le secteur du bâtiment. Ce secteur était en pleine expansion du fait de l’ampleur des travaux ordonnés par la Wehrmacht, la Kriegsmarine, et la Luftwaffe. Une main-d’œuvre à la recherche de travail affluait alors vers ces chantiers même si ce n’était pas de gaieté de cœur, car il n’y avait pas d’autres emplois dans la région brestoise. Charles De Bortoli organisa plusieurs groupes du Parti communiste parmi les gars du bâtiment. Puis il organisa un groupe de l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste, qui effectua des sabotages sur les chantiers, avec l’appui d’autres communistes. En mars 1941, il aurait participé à l’immersion en rade de Brest des corps de trois (ou cinq) soldats allemands abattus par un autre groupe de l’OS du PCF. En même temps, il menait une grande activité de propagande résistante communiste, en diffusant des tracts et journaux du PCF et du FN.
Carlo De Bortoli était domicilié à Brest (Finistère) au moment de son arrestation. Il travaillait alors à l’École navale de Brest. Ancien artisan, il était responsable de l’organisation armée au sein des travailleurs du bâtiment.
Entré dans la Résistance, il fut immatriculé aux FTP à partir d’avril 1942. Il fut arrêté le 28 avril 1942 à Brest par la police française et des inspecteurs allemands, en compagnie de Charles Cadiou, Yves Prigent et Mathurin Le Goff, tous de Brest, lors d’un transport de matériel d’imprimerie, vers 20 h 30. Condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Brest le 15 mai 1942 pour propagande anti-allemande, sabotages dans une base navale, et actes de franc-tireur, il fut interné à Brest du 28 avril au 24 juin, puis Rennes, du 25 juin au 24 juillet, et enfin à Fresnes du 27 juin au 22 août 1942, date à laquelle il a été fusillé (place Balard à Paris). Son corps fut jeté le jour même dans une fosse commune du cimetière parisien d’Ivry où 828 dépouilles de suppliciés furent découvertes à la Libération.
L’acte officiel de décès de Carlo de Bortoli fut prononcé par le ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre, le 19 décembre 1945, no 11.390. Homologué adjudant à titre posthume, médaillé de la Résistance, il fut cité à l’ordre du jour no 40 de la division comportant l’attribution de la Croix de guerre.
Sa femme Aline De Bortoli, responsable du Comité des femmes patriotes de Brest, recherchée par la Gestapo, dut fuir les bombardements sur Brest en février 1943 et se réfugia à Bréhand, dans les Côtes-du-Nord (Côtes-d’Armor), jusqu’à la Libération. Elle y poursuivit ses activités de résistance en tant qu’agent de liaison entre les maquis tout en diffusant tracts et journaux, hébergeant des résistants, récoltant matériel et nourriture pour les combattants. Elle fut par la suite vice-présidente de l’Association des anciens combattants de la Résistance (ANACR) du Finistère et responsable départementale de l’association des familles de fusillés et de massacrés de la résistance. Elle était « combattant volontaire de la Résistance ».

 

Sources

SOURCES : DMPA, BMC, dossier. – Le journal de la Résistance, 2004. – Fichier des fusillés, FNDIRP du Finistère Nord à Brest. – Eugène Kerbaul, 1918-1945, 1 640 militants du Finistère, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1988. – Eugène Kerbaul, Chronique d’une section communiste de province, Brest, janvier 1935-janvier 1943, Presses de l’imprimerie commerciale de Rennes, 1992.

Jean-Pierre Besse, Gilles Pichavant - Maitron

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 05:05
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

47/ Robert Jan (1908-1987)

 

Né le 18 octobre 1908 à Concarneau (Finistère), mort le 29 janvier 1987 à Concarneau ; officier mécanicien de la Marine marchande ; militant communiste du Finistère ; maire (1944-1947, 1977-1980) et conseiller général (1945-1949) de Concarneau.

Article de Christian Bougeard dans le Maitron:

Fils d’un marin, Robert Jan, fut adopté en qualité de Pupille de la nation en mai 1919. D’abord marin-pêcheur puis marin du commerce, il quitta la navigation en 1936 pour travailler dans une usine métallurgique en région parisienne. Mais rapidement Robert Jan accepta de naviguer sur les navires de la compagnie « France-Navigation » créée par le PCF pour soutenir et ravitailler en armes les républicains espagnols en lutte contre les nationalistes franquistes. Travaillant dans l’orbite du PCF, Robert Jan n’aurait adhéré au Parti qu’à la Libération selon Eugène Kerbaul qui précise aussi que ce marin n’aurait rejoint la Résistance qu’au début de 1944.

Il s’était marié en octobre 1939 avec Jeanne Gouzien.

Peu après la libération de Concarneau, grand port de pêche du Sud Finistère, un nouveau conseil municipal fut nommé le 4 septembre 1944. La ville dont le maire et conseiller général d’avant-guerre était le militant communiste Pierre Guéguin, destitué en 1939 et fusillé comme otage à Châteaubriant, le 22 octobre 1941, retrouva treize élus de la municipalité de gauche de 1935, élargie à des nouveaux venus, communistes, socialistes ainsi qu’à quelques personnalités résistantes. L’officier mécanicien communiste Robert Jan figurait parmi les nouveaux nommés, devenant adjoint au maire de la Libération, Alphonse Duot, patron pêcheur. Le 7 septembre 1944, Robert Jan devint aussi secrétaire du syndicat des marins de la CGT reconstitué dans la légalité.

Lors des élections municipales d’avril-mai 1945, la liste d’Union républicaine et antifasciste (union de la gauche) qui comptait trois femmes, remporta tous les sièges. Robert Jean fut élu maire communiste de Concarneau à l’unanimité et il le resta lorsqu’en septembre 1945 la ville fusionna avec la commune voisine de Beuzec-Conq. Dans la foulée, le 30 septembre 1945, Robert Jan fut élu conseiller général du canton de Concarneau, l’un des quatre conseillers généraux PCF du Finistère. L’orientation communiste de ce canton, le seul en Bretagne gagné par Pierre Guéguin en 1934, était confirmée à la Libération. Lors des élections à la 1re Assemblée constituante le 21 octobre 1945, la liste du PCF arriva en tête dans la cité avec 38,4 % des suffrages exprimés devant celle du MRP, 29,3 % et celle de la SFIO, 12,5 %.

Mais lors de la campagne pour des élections municipales d’octobre 1947, l’affrontement à gauche entre les communistes et les socialistes fut très violent : selon les Renseignements généraux un candidat socialiste fut même été molesté par des communistes, ce qui conduisit à un renversement d’alliance. Alors que la liste communiste de Robert Jan était arrivée en tête obtenant onze sièges, un accord du MRP (dix élus) et de la SFIO (six élus) fit perdre la mairie à Robert Jan au profit du socialiste Le Dervouet. Les communistes furent dès lors rejetés dans l’opposition. En mars 1949, Robert Jan ne se représenta pas aux élections cantonales, mais Concarneau resta dans le giron du PCF du fait de l’élection d’Albert Quelven*, instituteur à Lanriec. L’ancien maire reprit alors son métier d’officier naviguant.

Lorsqu’il prit sa retraite à Concarneau, Robert Jan renoua avec l’action politique et les fonctions électives. Aux élections municipales de 1971, il fut le seul communiste élu et en 1973, il redevint conseiller général de Concarneau jusqu’en 1979. En 1977, à la tête d’une liste d’union de la gauche il présida à nouveau aux destinées de la cité jusqu’à son retrait en 1980.

Depuis novembre 1988, une avenue porte son nom.

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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 08:47
Il naquit il y a cent ans - le poète communiste breton René Guy Cadou - Une vie de poésie intense (Ouest-France, 15 février 2020)
René Guy Cadou, une vie de poésie intense

Il est né il y a 100 ans. Mort à 31 ans, en 1951. Avec Hélène, qui lui a survécu soixante-trois ans, ils formaient un couple de poètes à (re)découvrir.

Une vie brève, tout entière habitée par la poésie. Un couple intense, avec une épouse, poétesse elle aussi, qui a consacré une partie de sa vie à cultiver sa mémoire littéraire…

René Guy Cadou est né le 15 février 1920, à Sainte-Reine-de-Bretagne, en Loire-Atlantique (on disait alors Loire-inférieure). Il est mort d’un cancer à 31 ans, en 1951. Hélène Cadou lui a survécu soixante-trois ans.

On ne devient ni riche ni forcément célèbre quand on fait métier de poésie (en plus de celui d’instituteur, comme son père : il faut bien manger). René Guy Cadou est pourtant quelqu’un qui compte dans l’histoire de la littérature du XXe siècle.

Il n’a que 16 ans quand il pousse la porte de la librairie de Michel Manoll, à Nantes. Manoll, lui aussi poète, l’encourage à écrire, l’introduit dans le monde littéraire, le met en contact avec des gens comme Max Jacob, Pierre Reverdy et bien d’autres. Manoll et Cadou font partie des fondateurs de l’École de Rochefort, groupe créé en 1941, en opposition à la poésie nationaliste prônée par le régime de Vichy, et prenant ses distances avec le surréalisme et André Breton.

Mais René Guy Cadou est avant tout un homme d’amitiés simples, qui n’a jamais voulu vivre à Paris, qui se plaît dans la compagnie de tonneliers ou de patrons de bistrots. Et surtout d’Hélène, la femme de sa courte vie, trois ans d’amour passionné, puis le mariage. Cinq années conjugales flamboyantes, comme s’il savait que sa vie finirait vite.

À quoi ressemble sa poésie ?  « J’écris comme je parle, en plein vent, et tiens à ce qu’on m’entende. Parle-moi du vin clair qu’on boit sans qu’on s’en aperçoive […] »,  disait-il en 1943, après avoir rencontré Hélène, « la désirable, la quotidienne, la présente ».

 

Mis en musique par Servat

Son écriture, proche de la nature, est accessible. Avec Hélène, il vit à Louisfert : « J’ai choisi ce pays à des lieues de la ville / Pour ses nids sous le toit et ses volubilis. » Mais il n’est pas benêt devant les petites fleurs. Dans Mourir pour mourir, il écrit : «   Ce serait beau de s’en aller un soir de mai / Parmi les chevaux blancs et les joueurs de palets […] Âgé ou peu s’en faut de nonante-dix ans. » 

Il joue. Voici Saint-Thomas :  « Poète ! René Guy Cadou ? Mais montrez-moi la trace des clous ! » Il est libre : « Vieil océan ! Ce n’est pas assez que Lautréamont t’ait chanté / Avec toute cette saloperie de littérature qui était sa propriété ». 

Il a été mis en musique et chanté par Gilles Servat et une vingtaine d’autres. Des rues, des écoles, des collèges, des bibliothèques portent son nom. La maison de Louisfert, en Loire-Atlantique, est devenue un petit musée, et le fonds littéraire est déposé à la médiathèque de Nantes.

À lire, Hélène ou le règne végétal, l’un de ses principaux ouvrages, toujours disponible aux éditions Seghers.

 

Il naquit il y a cent ans - le poète communiste breton René Guy Cadou - Une vie de poésie intense (Ouest-France, 15 février 2020)
CADOU René-Guy

Notice du Maitron: Guy Haudebourg

Né le 15 février 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 20 mars 1951 à Louisfert (Loire-Inférieure) ; instituteur, poète ; adhérent du Parti communiste français.

René-Guy Cadou était le fils de Georges Cadou et d’Anna Benoiston, mariés en 1910 à Piriac (Loire-Inférieure) où ils étaient instituteurs. Leur premier enfant, Guy-Georges, né en 1911, mourut à huit mois. Le premier août 1914, Georges Cadou partit pour la guerre où il fut blessé en octobre 1918. À l’automne 1919, avec sa femme, ils furent nommés à Sainte-Reine-de-Bretagne, village de Brière (Loire-Inférieure). Ce fut là que naquit René-Guy, le 15 février 1920, et qu’il fut baptisé le 5 avril. Il entra à l’école primaire dans l’école de ses parents, instituteurs à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Inférieure), avant de continuer ses études à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) où ses parents furent nommés en 1927. En 1930, son père fut nommé directeur d’une école primaire dans un quartier populaire de Nantes (Loire-Inférieure). La famille vint alors s’installer dans cette ville et, en octobre 1931, René-Guy Cadou fut inscrit au lycée Clemenceau de Nantes (Loire-Inférieure) où il poursuivit toutes ses études secondaires. Sa mère mourut en 1932 et son père se remaria en juillet 1934.
À Nantes, René-Guy Cadou devint l’ami de Michel Manoll qui le fit entrer en relation avec plusieurs poètes dont Max Jacob et Pierre Reverdy. En juillet 1936, il publia son premier poème dans une revue d’étudiants nantais. L’année suivante parut Brancardier de l’Aube. En septembre 1938, il passa la première partie de son bac après avoir redoublé sa première tout en continuant d’écrire et de publier. Après avoir raté la seconde partie de son bac philo en juin 1939, il l’obtint en septembre 1939 et entama d’éphémères études de droit. Pour se faire de l’argent, il devint trieur de courrier à la gare de Nantes. En janvier 1940, son père, retraité, mourut d’une maladie hépatique. René-Guy Cadou fut mobilisé dans le Béarn en juin 1940, puis fut hospitalisé avant d’être réformé en octobre 1940. Revenu dans la région nantaise, il décida de devenir instituteur tout en continuant la poésie et, le 16 décembre, fut nommé instituteur-suppléant (remplaçant) à Mauves-sur-Loire (Loire-Inférieure) où il resta vingt-cinq jours avant de rejoindre Bourgneuf-en-Retz du 10 janvier au 30 avril 1941. Le 1er mai, il fut nommé à l’école publique de Saint-Aubin-des-Châteaux (Loire-Inférieure), commune proche de Châteaubriant (Loire-Inférieure) où il fut renommé en septembre 1941. Le 20 octobre 1941, à la suite de l’exécution par de jeunes communistes du lieutenant-colonel Hotz, commandant allemand de la place de Nantes, cinquante otages furent désignés pour être fusillés à Nantes et à Châteaubriant. Le 22 octobre 1941, René-Guy Cadou croisa les camions emmenant 27 otages qui allaient être fusillés à La Sablière et assista à l’enterrement de certains d’entre eux à Saint-Aubin. Cet événement le marqua profondément - il écrivit un poème en leur honneur en octobre 1944 -, mais ce ne fut pas le seul drame dont il fut le témoin pendant la guerre puisqu’en juin 1944, il fut interpellé par une patrouille allemande qui encerclait le maquis de Saffré et qui allait massacrer la plupart des résistants.
Ayant passé sans succès le certificat d’aptitude professionnel d’instituteur en 1942, il continua à assurer des remplacements durant la guerre : Herbignac (Loire-Inférieure) à l’automne 1942, Saint-Herblon (Loire-Inférieure) de janvier à mars 1943, puis Clisson (Loire-Inférieure) d’avril à juillet 1943. C’est à cette époque qu’il fit la connaissance d’Hélène qui deviendra sa femme. Au début juin 1943, il fut maintenu réformé, ce qui lui permit d’échapper au service du travail obligatoire (STO). Lors des bombardements américains de septembre 1943, sa maison nantaise fut endommagée et Cadou échappa miraculeusement à la mort. En octobre, il fut nommé à Basse-Goulaine (Loire-Inférieure) où il resta jusqu’en avril 1944 avant de rejoindre Le Cellier (Loire-Inférieure) où il fit classe à des petits nazairiens repliés. Sa maison ayant été détruite lors de nouveaux bombardements, ce fut d’une mansarde qu’il assista à la libération de Nantes par les alliés le 12 août 1944. Enfin titulaire, à la rentrée 1945, il fut nommé instituteur-adjoint à Louisfert (Loire-Inférieure) près de Châteaubriant. René-Guy Cadou y resta jusqu’à sa mort en 1951 avec Hélène, devenue son épouse le 23 avril 1946, et devint l’ami du directeur de l’école, Joseph Autret*, résistant communiste qui le fit alors adhérer au Parti communiste (PCF). À partir de janvier 1947, René-Guy Cadou publia une critique littéraire intitulée « chronique du monde réel » dans Clarté, l’hebdomadaire communiste de Loire-Inférieure. En octobre 1947, Joseph Autret ayant quitté Louisfert, René-Guy Cadou devint directeur de l’école primaire et habita alors la maison d’école. Le 20 mars 1951, il mourut jeune, à Louisfert, d’un cancer qui durait depuis plusieurs années.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18331, notice CADOU René-Guy par Guy Haudebourg, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.
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16 février 2020 7 16 /02 /février /2020 06:51

 

Le 11 février à l’Assemblé nationale, les députés PCF ont rendu honneur à la mémoire du bâtisseur de la Sécu et du droit à la retraite, rappelant la modernité de son œuvre, que le chef de l’état, Emmanuel Macron, entend détruire.

Au milieu d’une salle de l’Assemblée nationale, Pierre Caillaud-Croizat sourit doucement depuis de longues minutes. Entouré de députés communistes, il se déclare « heureux d’être parmi ceux qui défendent le nom et l’œuvre de Croizat aujourd’hui ». En ce 11 février 2020, cela fait 69 ans jour pour jour que son grand-père Ambroise Croizat est décédé. « Lui rendre hommage ici au moment où le gouvernement veut détruire les retraites, contre l’avis des Français, nous semblait évident », indique André Chassaigne. Aux côtés du président du groupe GDR, Fabien Roussel honore la mémoire de celui qui fut ministre communiste du Travail de 1945 à 1947, bâtisseur de la Sécurité sociale et cheville ouvrière de la généralisation des retraites pour les Français. « Croizat a montré qu’il était possible de mener de grandes réformes dans ce pays, de belles réformes de progrès acceptées par la quasi-unanimité des Français, car véritablement dédiées à l’intérêt général », souligne le secrétaire national du PCF. « Quand on a un ministre qui vient du PCF et de la CGT, ça aide », ajoute-t-il, avant de rappeler que l’œuvre de Croizat peut être renforcée : « Notre pays est beaucoup plus riche aujourd’hui qu’en 1946. Il est possible d’aller encore plus loin. »

Ambroise Croizat a bâti la cotisation sociale en socialisant les richesses créées

Tel n’est pas le projet de Macron, qui veut en substance détruire la Sécu et vendre les retraites des Français. « Voir des députés LaREM brandir Croizat comme référence est scandaleux car leur projet est diamétralement opposé. Ils veulent la casse des retraites et la casse de nos garanties collectives », s’indigne au passage Frédéric Sanchez, secrétaire général de la fédération CGT métallurgie. Un poste autrefois occupé par Croizat, avant qu’il ne participe à la rédaction du programme du Conseil national de la Résistance et n’entre au gouvernement à la Libération. « Avant la Sécu, les Français vivaient dans la terreur de la maladie et de l’accident de travail, car, dès qu’ils étaient souffrants, non seulement ils n’étaient plus payés car ils ne pouvaient plus travailler, mais ils devaient en plus payer des sommes considérables pour se soigner, s’ils avaient une appendicite par exemple », raconte l’historien Michel Etiévent.

Croizat va réussir à conjurer cette « angoisse du lendemain » en bâtissant la Sécu avec les Français et les militants CGT. « Il a annoncé dans l’Hémicycle que les retraites ne devaient plus être l’antichambre de la mort mais une nouvelle étape de la vie, et c’est ce qui a été mis en place », apprécie Michel Etiévent, également biographe de Croizat. « Il a bâti la cotisation sociale, où chacun participe selon ses moyens et reçoit selon ses besoins, en socialisant les richesses créées », insiste Bernard Lamirand. Le président du Comité d’honneur Ambroise-Croizat raconte que le projet est né en 1936, quand Croizat, député du Front populaire et syndicaliste, a vu les adhésions à la CGT augmenter considérablement : « Avec tout l’argent récolté, il a appelé les fédérations à créer une maternité, une mutuelle, un centre de vacances… Il imaginait déjà une Sécu étendue à tous les Français. »

Et voulait aligner toutes les retraites vers le haut, « au lieu de niveler vers le bas les pensions comme l’entend Macron », insiste Pierre Caillaud-Croizat. « Nous ne manquerons pas de le rappeler et de défendre son œuvre lors des débats », conclut Fabien Roussel. Juste avant, André Chassaigne proposait d’accoler une plaque sur la place occupée par Croizat dans l’Hémicycle. « Cinquième travée, place 3 ! » a répondu Michel Etiévent en un éclair.

Aurélien Soucheyre

 

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 20:01
Quatre éclairs dans le sombre ciel mondial

La première lueur vient d'Italie où le Sénat a  levé l’immunité parlementaire du proto-fasciste Salvini pour son inhumanité vis-à-vis des migrants et la violation de la loi Italienne assurant l’accueil des réfugiés.

La seconde c’est le grand succès de nos amis historiques du Sinn Fein en Irlande. Ce parti et ses cadres sont merveilleux de patience, d’intelligence, de persévérance alors qu’ils ont tant subi avant l’accord de paix. Nous les côtoyons depuis très longtemps au Parlement européen, dans différentes relations politiques et amicales. J’ai, de surcroit, une émotion particulière quand je repense aux moments où le Parti communiste avait confié aux fédérations bretonnes d’entretenir des liens particuliers avec cette force durant ce qui s’appelait « la guerre civile ».

La troisième nous vient des États-Unis avec les scores de Bernie Sanders lors des premières élections primaires du Parti démocrate.

La quatrième raison de se réjouir c’est le résultat de ce nouveau sondage : 67% des nos concitoyens souhaitent que le projet gouvernemental de contre-réforme des retraites soit soumis à consultation dans le cadre d’un référendum. 67% c’est un niveau extrêmement important qui dit beaucoup de l’aspiration démocratique. Ceci ne peut que conforter les mouvements sociaux en cours qui ont la particularité désormais d’associer, voire d’unir, les classes travailleuses les plus populaires, les plus exploitées et des couches classifiées de moyenne. Cela donne aussi des forces aux parlementaires progressistes, qui mènent un admirable combat à l’assemblée nationale.

Il faudrait maintenant organiser des délégations larges de travailleurs, de citoyennes et de citoyens, de privés d’emploi, d’enseignants, d’avocats, de médecins et d’infirmières pour aller aux permanences parlementaires de députés de la majorité présidentielle, de façon pacifique pour une discussion politique simple.

« Madame la députée, Monsieur le député vous déplorez que la situation soit bloquée, nous aussi. Vous sentez bien que vos argumentaires sont fragiles. Vous êtes incapable de répondre aux questions qu’on vous pose comme le niveau des futures retraites et l’âge de départ parce que votre gouvernement ne vous donne pas ces éléments. Sans doute avez-vous découvert comme nous avec stupéfaction que la retraite ne serait même pas calculée sur le niveau des salaires mais sur un indice inexistant « un revenu moyen ». Par delà nos différences et nos oppositions, compte tenu de ce qui se passe, on doit convenir que tout ceci n’était pas dans le programme présidentiel ni même dans vos propositions de candidates ou candidats à la députation. Dans ces conditions vous devriez être d’accord pour que l’on consulte les citoyens par référendum. Il y aura un débat démocratique entre nous mais c’est le peuple qui tranchera. Vous pouvez donc voter la motion référendaire que proposent les députés communistes. »

Une telle démarche permettrait d’élargir encore les mouvements en cours, de faire découvrir les contenus des projets en débat à l’assemblée. Pour cela les documents de décryptage de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche sont une aide précieuse.

C’est le sens de mon éditorial de l’Humanité Dimanche cette semaine.
 
 
Patrick Le Hyaric: Les retraites méritent un référendum ! - L'Humanité, 13 février
Les retraites méritent un référendum !
Jeudi, 13 Février, 2020
 

Un président de la République est garant de l’intérêt général. M. Macron doit saisir l’occasion de le prouver. Quand plus de 61 % des citoyens refusent la destruction du système de retraite solidaire, il doit l’entendre. Il doit reconnaître que son projet est à l’opposé de son programme de campagne qui garantissait que l’âge de départ en retraite ne reculerait pas et que les pensions ne diminueraient pas (1).

Or, même les études d’impact bricolées montrent que la contre-réforme soumise à la commission spéciale du Parlement prévoit les deux. Et, jusque-là, aucun ministre ne l’a démenti. Dès lors qu’existe un tel écart entre les engagements et ce qui est réellement proposé, qu’une majorité de nos concitoyens le refuse, que tous les syndicats, d’une manière ou d’une autre, s’y opposent et que même des députés de la majorité présidentielle n’en veulent pas, il n’y a qu’un moyen de trouver un juge de paix : proposer au peuple de se prononcer par référendum.

L’enjeu est énorme. Il s’agit en effet de savoir comment des millions de personnes, sur plusieurs générations, vont vivre la période « d’après le travail » de leur existence. Il s’agit de savoir s’il est juste et efficace de briser l’un des piliers de l’État social qui repose sur 14 % des richesses produites. Et si la sixième puissance mondiale, dans laquelle la productivité du travail a été démultipliée, a aujourd’hui les capacités ou non de rénover son pacte social construit alors que la France était ruinée, dévastée, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le débat doit avoir lieu.

En mentant sur un projet de toute évidence conçu pour satisfaire les fonds de pension et appuyer la dynamique perverse du capital financier, le gouvernement a braqué les classes populaires, désormais rejointes par des fractions importantes et diverses des classes moyennes. En enrégimentant autoritairement sa majorité, même rétive, dans un projet de bouleversement de la société, il a aggravé les préventions et la méfiance à l’encontre d’une démocratie vécue comme représentative du seul pouvoir. Le groupe communiste au Parlement a raison de proposer une motion référendaire. Il est rejoint aujourd’hui par d’autres forces. Refuser ce référendum, ce serait refuser une part décisive de démocratie participative et humilier l’immense majorité des citoyens. Cela reviendrait à faire la part belle à l’extrême droite pour la faire grandir encore. Cet enjeu démocratique est de haute importance : celui de « faire France » non pas seulement ensemble, mais en commun, au nom de la République sociale.

La question à soumettre aux citoyens serait, contrairement aux allégations gouvernementales, d’une grande et claire simplicité : « Êtes-vous oui ou non pour le projet de réforme des retraites proposé par le gouvernement ? » Le débat public approfondi permettrait à chacune et chacun d’étudier toutes les hypothèses, de vérifier les chiffres, d’accéder aux études d’impact, aux analyses des syndicats, des partis, des associations. Le référendum se justifie donc. Tous les éléments sont réunis pour que la décision souveraine des Français soit précédée d’une belle et grande délibération collective, comme ils en furent capables en 2005 lors du référendum sur le projet de Constitution européenne.

Il ne s’agit pas ici d’une bataille de chapelles, ni d’arracher une quelconque reddition, mais bien d’obtenir une grande respiration démocratique. L’intérêt général le commande. Le gouvernement doit l’entendre ! « L’Humanité » et « l’Humanité Dimanche » contribuent à faire vivre cette demande démocratique.

(1) Son programme présidentiel stipule : « Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. »
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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 07:28
Décès de notre camarade Jean-Jacques Goussé à Concarneau - Obsèques ce samedi 15 février à 16h30 à Quimper
Une bien triste nouvelle...
 
Nous venons d'apprendre le décès de Jean-Jacques Goussé, adhérent au Parti à Concarneau, et mari de notre comptable bénévole si précieuse depuis des années, Marie-France Goussé.
 
Jean-Jacques Goussé est adhérent communiste depuis les années 68.
 
Originaire de Vitry-sur-Seine comme Marie-France, animateur de rue, il est arrivé dans le Finistère avec son épouse et sa famille en 1979, s'installant d'abord à Moélan-sur-Mer, puis en 1984 à Concarneau. Sa passion était la voile et la formation des jeunes en centre nautique, auprès des Glénans. Il termina sa carrière professionnelle comme directeur du service jeunesse à la mairie de Concarneau. 
 
Avec Marie-France, Jean-Jacques était devenu une figure de Concarneau. 
 
Depuis un an, il était atteint par une maladie orpheline et il est malheureusement décédé d'un arrêt cardiaque mercredi dernier à l'hôpital, à l'âge de 73 ans. 
 
Je veux exprimer toute notre sympathie et notre solidarité à Marie-France dans cette épreuve et cette peine terrible,et notre chagrin de voir disparaître Jean-Jacques.
 
Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère.
 
 
"Jean-Jacques a toujours défendu la laïcité et la solidarité. En 1968, il adhère au Parti communiste. Après un court passage dans une banque, il postule à un emploi d'animateur à la mairie de Vitry-sur-Seine. Il va rencontrer deux personnes qui vont l'aider à se construire. Il devient animateur de quartier, c'est-à-dire aider les jeunes, éviter les règlements de compte, découvrir les autres. Lors d'un voyage avec les jeunes, il tombe amoureux de la mer. Plusieurs fois, il revient à Rosbras et il y emmène sa famille. Un jour, Yvon Emery lui propose de travailler avec les classes de mer. Puis sa rencontre avec Robert Jan le décide à y travailler. Il participe avec l'équipe au développement de la voile scolaire. Il s'est bagarré pour que le projet de la maison des jeunes se réalise. Il termine sa carrière en tant que responsable pour la jeunesse à Concarneau. Pendant ce temps, il a participé au comité de jumelage de Concarneau et à d'autres associations. Il est élu comme secrétaire général quelques années. Il est le dernier président de l'association qui dirigeait le musée de la Pêche, avant que la CCA en prenne la gestion avec celui de Pont-Aven. Il fut admiratif du travail accompli par le personnel du musée pour devenir musée de France. Dernièrement, il faisait parti du comité de quartier du centre ville de Concarneau. Par sa vie, il a participé à la vie de la communauté"
Marie-France Goussé   
Jean-Jacques Goussé (photo Le Télégramme) - Jean-Jacques était notamment impliqué à Concarneau au comité des pêches et au comité de jumelage. Très impliqué depuis des années dans la vie concarnoise, Jean-Jacques Goussé vient de mourir, à l’âge de 73 ans. Exerçant la fonction de responsable du service animation et jeunesse à la Ville jusqu’à sa retraite, il s’était notamment investi de très nombreuses années au sein du comité de jumelage, dont il a longtemps porté la casquette de secrétaire général.

Jean-Jacques Goussé (photo Le Télégramme) - Jean-Jacques était notamment impliqué à Concarneau au comité des pêches et au comité de jumelage. Très impliqué depuis des années dans la vie concarnoise, Jean-Jacques Goussé vient de mourir, à l’âge de 73 ans. Exerçant la fonction de responsable du service animation et jeunesse à la Ville jusqu’à sa retraite, il s’était notamment investi de très nombreuses années au sein du comité de jumelage, dont il a longtemps porté la casquette de secrétaire général.

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15 février 2020 6 15 /02 /février /2020 07:20

Une rencontre avait lieu avec Thomas Portes la semaine dernière Samedi 8 Février à 10H30 autour d’un café au local de section du PCF. 5 Rue Henri Moreau, 29200 Brest, suivie d'une participation au forum social brestois de réflexion et formation sur la lutte contre l'extrême-droite.
 
Thomas Portes occupe actuellement le poste de chef de cabinet du maire (PCF) de Champigny (Val-de-Marne), il est responsable national du PCF en charge du collectif des cheminots, syndicaliste CGT et auteur de « Au coeur de la haine ».

C’est au printemps 2018 que Thomas Portes s’est vu assigné en justice par Génération Identitaire suite à un tweet où il réagissait et l’opération anti migrants du col de l’Echelle. Cette assignation n’était pas un hasard, mais le fruit d’une démarche réfléchie et assumée visant pour Génération Identitaire, à se mettre en scène sous les feux des médias, en envoyant au tribunal et tentant de criminaliser une nouvelle fois les migrants et ceux qui leur portent assistance. Dans le cas de Thomas c’est également le syndicaliste cheminot qui est dans le viseur. « Ce n’est pas moi mais eux qui devraient être poursuivie pour appel à la haine ! » écrit-il fort justement quand il évoque son futur procès.

Programme du Forum Social :

Forum Social Brestois

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 16:19

 

Le Parti communiste organise un grand meeting, où des femmes, premières concernées par la précarité, l’exploitation et les inégalités professionnelles, prendront la parole. Le vendredi 6 mars 2020, 19 h, à la Bellevilloise. Avec Fabien Roussel. « L’égalité professionnelle ça ne se négocie pas ! ». Et le 8 mars, jour de la grève féministe, nous manifesterons en France « On arrête toutes » !

 

PCF - Égalité professionnelle : la précarité se vit d’abord au féminin

Ce 8 mars 2020, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, sera une fois de plus celui de la lutte pour l’égalité professionnelle ! Bien que l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines ait valeur constitutionnelle et que l’égalité professionnelle soit inscrite dans plus de treize lois en France, de fortes inégalités existent dans l’emploi et l’insertion professionnelle, au travail et après, devant la retraite par exemple. Si les femmes ont toujours travaillé, elles ne disposent pas toujours de leur autonomie, et certaines sont maintenues sous la dépendance financière de leur conjoint. L’écart salarial moyen stagne aussi autour de 25 %.

C’est pourquoi la lutte pour l’égalité professionnelle constitue un levier de premier plan pour parvenir à une égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Le 8 mars sera marqué par la « grève féministe » et la manifestation « On arrête toutes » (de travailler, de briquer, de cuisiner, de consommer...) pour les droits des femmes et pour l’égalité, avec le collectif national droits des femmes, et à laquelle le PCF participe bien évidemment !

Dans leur vie professionnelle, les femmes subissent de nombreuses contraintes au travail, qui non seulement ne permettent pas de construire une carrière dans de bonnes conditions, mais en plus qui privent le monde du travail de talents et de forces considérables. Si le taux d’emploi des femmes et leur rémunération étaient égaux à ceux des hommes, le PIB de la France bondirait de 6,9 %.

Nous voulons conquérir l’égalité professionnelle : Les inégalités se sont réduites jusqu’en 1990 puis plus rien ! Les femmes travaillent, concentrées dans seulement 12 familles professionnelles sur 87 et qui sont non reconnues, et sous payées, alors que depuis plus de 30 ans elles sont plus diplômées que les hommes. Elles occupent des postes moins qualifiés, moins valorisés. La société patriarcale maintient les femmes dans un statut d’infériorité. Le patronat utilise le travail des femmes comme un laboratoire d’expérimentation afin d’étendre la précarité, la flexibilité et le temps partiel à l’ensemble du monde du travail.

Nous voulons établir l’égalité salariale : La situation se dégrade à toute vitesse pour le salaire des femmes en France à cause des politiques d’austérité et de dérèglement du droit du travail. En s’intéressant à la différence salariale, on s’aperçoit qu’en 2018 les femmes travaillaient gratuitement à compter du 12 novembre à 15 h 35, soit 10 jours plus tôt qu’en 2016.

Il faut reconnaitre le travail des femmes : L’invisibilité du travail des femmes est une construction sociale et il faut se battre partout et sans cesse pour démontrer que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas un supplément d’âme. Nous voulons une prise en compte du genre dans la prise en charge de la pénibilité dans les emplois « féminisés », aide à la personne, assistantes maternelles, puéricultrices, professeures des écoles, avocates, infirmières…

Nous voulons lutter contre le « plafond de verre » professionnel : Il cantonne les femmes sur les postes les moins qualifiés, avec les plus bas salaires, avec les possibilités d’évolution les moins importantes… La revalorisation des métiers dits « féminins » passe aussi par une revalorisation des déroulements des carrières. 55 % des hommes contre seulement 37 % des femmes font des heures supplémentaires. Outre le problème énorme que cette mesure pose pour les finances de la Sécurité sociale, cela contribue à renforcer les inégalités de revenus, l’inégale répartition des tâches ménagères, la charge mentale. Nous voulons la transparence des systèmes de rémunérations.

Nous voulons gagner les 32 heures pour toutes et tous et en finir avec les temps partiels imposés : 82 % des salariés qui ont un contrat à temps partiel sont des femmes. Ces postes sont donc aussi les postes où l’on subit le plus d’abus parce qu’on est plus vulnérable face à la hiérarchie, la clientèle ou à l’environnement professionnel. Ainsi, 56 % des agressions sexuelles arrivent sur le lieu de travail.

Nous voulons la mixité des métiers partout, on a toutes et tous à y gagner : L’assignation des femmes, dès le plus jeune âge, à certains métiers plutôt que d’autres : 48 % des femmes occupant un emploi sont cantonnées dans quatre secteurs d’activité : la santé et les services sociaux, l’éducation, l’administration publique et le commerce de détail. Une telle répartition des métiers est un poids mort pour l’avenir du pays, quand on sait, par exemple, les difficultés auxquelles s’exposent les jeunes femmes pour engager un cursus d’ingénieur alors que la France a besoin de 10 000 ingénieur·e·s supplémentaires par an.

En se donnant l’ambition de sécuriser l’emploi et la formation pour toutes et tous, le PCF intègre la lutte collective contre les inégalités, les stéréotypes sexistes et les discriminations subis par les femmes, notamment la précarité et le temps partiel imposé comme une priorité.µ

Hélène Bidard, membre du CEN.

 

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13 février 2020 4 13 /02 /février /2020 16:11

 

Pour le retrait, tapez 1. C’est notre revendication, celle du mouvement social, des organisations syndicales mobilisées... Elle demeure d’actualité.

Face à ce rejet massif de son projet, le gouvernement a décidé d’accélérer et de passer en force au Parlement. Le texte contient 29 ordonnances par lesquelles le gouvernement s’arroge le pouvoir législatif. La majorité a fait le dos rond, espérant voir passer l’orage. Elle fait mine de ne pas comprendre ce qui se passe dans le pays (ou ne le voit pas)

PCF - Le retrait ou le référendum

En commission spéciale, nous avons entendu des députés nier que leur projet n’ait pas de soutien populaire, affirmant trouver sur le terrain les marques d’un « soutien discret ». Le pari est de faire rentrer la rivière dans son lit en affichant une détermination sans faille et en enserrant le débat dans une procédure parlementaire au rabais.

Nous connaissons le rapport des forces au sein de l’Assemblée nationale. Pour autant, cela ne rend pas légitime une réforme qui suscite un tel rejet. C’est pourquoi, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine et les députés communistes ont proposé le dépôt d’une motion référendaire pour rendre la parole au peuple sur cette question si cruciale.

Nous ajoutons donc une touche tapez 2 : « Si vous ne retirez pas ce projet, et puisque vous pensez qu’il répond aux aspirations majoritaires, ayez donc le courage de le mettre en débat dans le pays. » Mais le mieux serait de taper 1. Évidemment. Y compris pour Emmanuel Macron, sans doute. Il devrait donc y réfléchir sérieusement et renoncer à taper 3 : Passage en force. Les conséquences pour nos retraites seraient d’une extrême gravité, mais le traumatisme démocratique profond, venant s’ajouter à une crise déjà considérable.

Ce d’autant que le gouvernement, déjà engagé dans une impasse politique est désormais aussi dans une impasse institutionnelle. Le Conseil d’État a rendu un avis cinglant et les débats actuels nourrissent la matière pour le Conseil constitutionnel. L’imprécision, l’impréparation, l’étendue des ordonnances, l’absence de réponses précises, la publicité mensongère contenue dans les principes généraux... Au bout du compte, j’accuse le gouvernement de ne vouloir discuter ni avec les syndicats, ni avec le Parlement. Ni avec les citoyennes et citoyens.

Deux réponses nous sont faites face à cette demande de référendum. D’abord, on nous demande quelle sera la question. Et d’égrainer : voulez-vous un système plus juste, voulez-vous un système plus lisible... Toutes sortes de vertus dont se pare le projet gouvernemental et qui ne seront pas au rendez-vous. La question est simple : Un projet est sur la table, en voulez-vous ? Ensuite, on nous objecte que le sujet est trop complexe pour être soumis à une procédure référendaire. Ainsi, il nécessiterait beaucoup de concertations et de discussions pour en maîtriser tous les tenants et aboutissants. On connaît la qualité du dialogue avec les organisations syndicales... Plus, c’est une manière d’expliquer que les citoyennes et citoyens de notre pays ne seraient pas assez intelligents pour comprendre et se prononcer. Cet argument est irrecevable et scandaleux. Les citoyennes et citoyens de ce pays, le monde du travail et de la création ne demande qu’une seule chose : s’en mêler.

La démocratie ne consiste pas en l’exercice d’une domination, fut-elle temporaire. C’est cette pratique antidémocratique, ajoutée à un projet antisocial, qui provoque une telle réaction populaire. Une pétition vient d’être lancée par l’Humanité pour exiger ce référendum. Elle a déjà été signée par de nombreux acteurs de la vie sociale, politique et culturelle. Cette pétition va contribuer à placer le pouvoir face à ses responsabilités, face à sa pratique, face à sa véritable nature. Elle va manifester ce désir profond de décider ensemble. Notre motion référendaire aura ainsi plus de poids encore, qui pourra elle aussi faire grandir cette exigence dans le débat public. Mesdames et messieurs les députés, si vous ne voulez pas taper 2, il n’y a qu’une seule solution : tapez 1 !

Pierre Dharréville, député des Bouches-du-Rhône, membre du CEN.

 

 

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 06:05
Pierre Dharréville :  nous utiliserons tous les leviers parlementaires pour combattre cette réforme  (L'Humanité, 6 février 2020)
Pierre Dharréville : « nous utiliserons tous les leviers parlementaires pour combattre cette réforme ».
Jeudi, 6 Février, 2020 - l'Humanité

Entretien. La bataille parlementaire vient d’entrer dans une phase décisive. Le communiste Pierre Dharréville explique ce que sera la stratégie de son parti pour contrer le gouvernement et ses ordonnances.

 

Pierre Dharréville Député PCF des Bouches-du-Rhône

La bataille continue. Le gouvernement a l’intention de faire rentrer la rivière dans son lit. La nôtre est de faire en sorte qu’il prenne la mesure du rejet massif de sa réforme dans le pays, et qu’il renonce à ce projet malintentionné. C’est le premier enjeu. Ensuite, l’arrivée du texte devant l’Assemblée nationale va permettre de continuer à mettre en lumière la gravité des mesures contenues dans le projet de loi, et qui parfois se cache dans les détails. L’examen en commission spéciale, qui commençait dès le 2 février, est l’occasion d’essayer de « désosser » le projet gouvernemental. Notre état d’esprit est de mener la bataille et de faire la démonstration de la dangerosité de ce projet. On sait déjà que, en dehors des éléments de langage qu’elle nous répète constamment, la majorité n’a pas beaucoup d’arguments à faire valoir.

Cette procédure réduit le délai dont nous disposons pour examiner le texte, le comprendre et préparer des propositions. Nous ne pouvons pas faire grand-chose contre cette contrainte. Elle supprime également la deuxième lecture du texte après le passage au Sénat. La volonté du gouvernement de faire entériner sa réforme en dépit de la contestation, majoritaire dans l’opinion, est donc claire. Nous utiliserons donc tous les outils à notre disposition dans ce débat parlementaire. Nous avons la possibilité de déposer des motions qui viendront en temps voulu. Ce qui est clair, c’est que nous déposerons une motion de censure. Dans les conditions actuelles, avec une opinion opposée sans ambiguïté à ce projet de réforme, nous aurons aussi la possibilité de déposer une motion référendaire, de façon à permettre aux citoyens de trancher par référendum. En attendant, nous allons déposer des amendements. Pour faire des propositions, pour supprimer les dispositions négatives de ce texte, et elles sont très nombreuses. Mais aussi pour limiter la portée d’un certain nombre de dispositifs de la réforme. Il s’agira de faire en sorte que la loi soit la moins mauvaise possible…

Les ordonnances nous privent de notre pouvoir législatif au profit de l’exécutif, qui se l’arroge. Nous allons les contester en bloc. Il est inadmissible de légiférer par ordonnances sur un sujet aussi fondamental, qui nous engage pour des décennies et qui a provoqué le mouvement social que l’on traverse depuis le 5 décembre. Nous allons essayer de les bloquer ou de les contrecarrer par d’autres propositions. Nous essaierons également d’obliger le gouvernement à dévoiler ses intentions cachées derrière ces ordonnances.

Nous avons déjà mené des batailles convergentes, dès le début du mandat d’Emmanuel Macron, contre les ordonnances de la loi travail. Nos groupes se sont réunis pour partager nos analyses et nos intentions. Le dialogue est clairement établi entre nous. D’abord, pour déclencher ensemble les dispositifs dont nous pourrions avoir besoin pendant le débat parlementaire. Ensuite, pour additionner nos contre-offensives respectives. Nous sommes déterminés à défendre également les exigences que nous avons exprimées dans la plateforme commune de la gauche. Elle est un point d’appui pour montrer qu’il y a une alternative au projet du gouvernement.

La droite est opposée à cette réforme, mais pas toujours pour les mêmes raisons que nous… On peut imaginer une convergence sur des éléments ponctuels, mais nous ne portons clairement pas le même projet. Les parlementaires de droite auraient souhaité une démarche commune contre la procédure accélérée. Ces questions de procédure font partie des convergences ponctuellement possibles.

Cela traduit d’abord une fébrilité, une fragilité de la part du gouvernement. Non seulement il fait face à un mouvement social puissant depuis plusieurs mois, mais de surcroît les plus hautes juridictions de la République, comme on l’a vu avec le Conseil d’État, critiquent sa méthode et en dévoilent les failles.

Le gouvernement n’a pas vraiment décidé d’en tenir compte… Il passe outre ces remarques. Mais, dans la suite des événements, il y aura des conséquences. Si le projet de loi devait continuer sa progression, le Conseil d’État nous a fourni tous les arguments pour saisir le Conseil constitutionnel. Ignorer l’avis du Conseil d’État est symptomatique de la manière de gouverner d’Emmanuel Macron. Sauf que nous sommes dans une démocratie, un État de droit et qu’il y a des règles à respecter. Lorsque cet avis critique des conditions d’examen du projet de loi, il y a déjà matière à contester devant le Conseil constitutionnel. La possibilité d’une invalidation est réelle. Mais ce n’est pas notre bataille d’aujourd’hui.

On peut surtout parler de régression civilisationnelle. La création de la Sécurité sociale et sa philosophie étaient un progrès civilisationnel considérable. Vouloir modifier ses fondements est un recul fondamental. La volonté du gouvernement à travers ce projet de loi est d’abîmer la solidarité entre les générations et la garantie des droits à la retraite. Il crée un système qui s’affranchit du principe selon lequel chacun participe selon ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins, en le remplaçant par un principe individuel selon lequel chaque euro cotisé donne les mêmes droits à la retraite. Il a les apparences de l’égalité, mais porte surtout la marque du libéralisme : son objectif est de ne pas accroître la part de richesses consacrées aux retraites et de faire travailler plus longtemps. Il n’y a aucun projet social dans ces deux lignes directrices, tandis que le taux de remplacement, le niveau des pensions sont totalement absents de cette réforme.

magali bragard

Entretien réalisé par Diego Chauvet
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